Chercher dans le réel

Aujourd’hui, j’ai (enfin)  fini mes séances de découverte du CDI avec les élèves de sixième. Je distingue ici « séances de découverte » et « initiation à la recherche ». Pour moi, les séances de découverte sont le moment essentiel où les élèves – et si possible tous les élèves, et là c’est le cas – peuvent s’approprier le lieu CDI. Elles répondent à la simple question « Où je trouve quoi ? » Ces séances sont l’occasion de faire venir les élèves, pour mieux les faire revenir.  L’initiation à la recherche, c’est l’étape suivante, durant laquelle, mettant à profit les projets avec les autres disciplines ou intervenant seul, on participe à la construction, par l’élève, d’une démarche de recherche, d’analyse, ou de production documentaires. Personnellement, je trouve maladroit l’usage du terme « initiation », pour quelque chose qui s’apprend au quotidien, et que, même en tant que professionnel, on ne cesse jamais de construire.

J’ai donc organisé mes séances de découverte en trois temps. Durant la première heure, j’ai travaillé avec les élèves sur les « mots du CDI », à l’aide d’une fiche que j’ai déjà mentionnée dans cet article. Ils font ce premier exercice assez rapidement, ce qui permet après de s’attarder plus longuement sur les fictions (romans – avec une section dédiée aux romans policiers, et une à la science-fiction, contes, théâtre et poésie). C’est le second temps. Je leur donne différentes cotes, ils doivent retrouver le livre auquel appartient telle cote.

Enfin, ils reviennent au CDI pour une deuxième heure, gentiment cédée par un collègue d’histoire géographie, et cela me permet de leur expliquer le classement des livres documentaires, grâce à cette fiche d’exercices :

Séance exercice 6e documentaires

Je pars avec eux des ouvrages où l’on trouve des « informations vraies », contrairement à la fiction : dictionnaires, encyclopédies, documentaires. J’explique le classement, les codes couleurs. L’année dernière, j’utilisais la notion d’arbre pour expliquer la classification : des grands thèmes (le tronc), des thèmes plus précis (les branches), les thèmes les plus spécifiques (les feuilles). Je n’étais pas très convaincue par cette approche. Cette fois-ci, je préfère parler de thèmes familles, de parents et d’enfants. Enfin, j’aborde plus succinctement la recherche sur Internet, en leur faisant retrouver l’adresse URL d’un site… j’espère pouvoir développer cela à un autre moment. En fin de séance, je distribue cette fiche de cours, que je leur fais lire :

Séance cours 6e documentaires

Evidemment, l’efficacité de la séance et les notions abordées diffèrent en fonction des groupes. Avec certains, j’ai tout juste le temps de faire remplir la fiche exercice et de lire la fiche cours. Avec d’autres, j’ai pu profiter de leur rapidité pour aborder en fin d’heure des sujets comme la presse, les journaux spécialisés, les moteurs de recherche ou encore Wikipédia. Un groupe a vu sa séance reportée jusqu’à aujourd’hui, pour des problèmes d’emploi du temps. Un autre est revenu avec le collègue d’histoire pour travailler sur les héros de la mythologie.

Qu’ont-ils retenu ? Que vont-ils forcément oublier ? De quoi vont-ils peut-être se souvenir ?… Nous verrons bien. L’idéal pour moi serait de les faire revenir pour les mettre en contact avec un logiciel de recherche (BCDI, ou E-SIDOC si je parviens à l’installer après la Toussaint, et franchement je préférerais) et les outils documentaires que j’ai créés pour eux (pearltrees). Le plus important, bien-sûr, étant qu’ils reviennent.

5 Commentaires

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5 Responses to Chercher dans le réel

  1. Les souvenirs que j’ai de « séances de découverte » et « initiation à la recherche » sont tous chiants à mourir. Je préférais venir soloter le CDI tranquillou sur ma pause midi. Enfin, j’pense que tu as dû rendre ça un peu plus attractif que ma vieille dame du CDI relou… j’en doute pas, même

    • Ton commentaire met deux choses en avant. D’abord, il met l’accent sur le cliché « vieille dame du CDI » dont souffre cette profession encore aujourd’hui. Sans vouloir jouer les militantes, je peux dire qu’étant donné que la plupart des gens ayant entre 18 et 50 ans, moi comprise, ont connu, au moins une fois dans leur parcours scolaire, le cliché de la « vieille doc », même les jeunes et les prof doc « nouvelle génération » souffrent encore de ce cliché, et ont peur de finir comme ça. Changer les habitudes, c’est dur…
      Ensuite, les séances de découverte et d’initiation sont un passage obligé. Elles font partie des missions du professeur documentaliste, même si ce dernier peut avoir différents profils : tu pourras aussi bien avoir affaire au pédagogue par excellence, à l’amoureux de la lecture et de la culture, à l’amateur de BD et de mangas, au « veilleur », au pro de la technologie, ou au catalogueur fou… C’est un métier multi-facettes, dont on essaye de porter aussi bien toutes les casquettes !
      Mes séances de découverte et d’initiation ne sont pas parfaites, et on ne peut pas toujours intéresser tous les élèves. J’essaye de les faire participer le plus possible et de rendre les choses « prenantes ». Mais il y a une différence, je pense, entre ceux qui veulent améliorer leurs séances imparfaites, et ceux qui s’en contentent.

  2. Pour rebondir à ta réponse du commentaire de Lise, et comme le dirait ma principale : « l’important, c’est le sens que l’on donne à ses actions »

  3. Je sais que ce cliché a la vie dure. N’empêche, j’ai rencontré (bien trop) de ce genre de personnages, qui ne donnent pas envie de retourner se perdre dans les bouquins du CDI.
    Ce qui me gênait, en tant qu’élève (et qui plus est, dévoreuse de livres) c’était le caractère rébarbatif des séances de découverte et d’initiation obligatoires, avec une personne déconnectée de la réalité (un n’ordinateur, kezako?).
    Je suppose (et j’espère) que la nouvelle génération est 1) plus consciente du monde dans lequel vivent les élèves: hyper connecté, hyper stimulés, hyper informés 2) et s’adaptent en conséquence 3) mais aussi écoutent le feedback des élèves sur les activités proposées.

    • Je pense qu’il y a une marge entre essayer de former les élèves à des questions d’information et de documentation, faire appel à leur culture (savez-vous comment marche Wikipédia ? êtes-vous capable de repérer l’adresse URL d’un site et ses auteurs ? comment gérez-vous votre identité numérique ?) et les prendre pour des imbéciles (un ordinateur, kezaco ?).
      C’est pour cela que la nouvelle génération est non seulement sensibilisée à l’environnement et aux usages des élèves – même si elle doit parfois s’adapter à un espace qui n’est pas encore pensé par rapport à cet environnement et à ces usages – mais elle doit aussi innover, se former et s’informer pour ne pas les perdre de vue.

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