Jeux de mains, jeux de cinéma

Après un été à parler d’Europe au cinéma et de #docenvacances, voici à nouveau un compte-rendu de lecture cinéphile.

Le livre (ou plutôt les livres) dont je vais vous parler ce mois-ci, m’ont permis d’attendre patiemment le retour de Blow Up après sa pause estivale.

À nouveau encensons Blow Up

J’en ai déjà abondamment parlé, et ceux qui me suivent sur Twitter savent que tous les mardis soir, je guette les dernières vidéos de Blow Up. Chaque semaine j’attends avec impatience le Top 5 ou les Bio express.

Donc, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est quoi Blow Up ?

(et pour ceux qui connaissent, vous allez comprendre dans quelques paragraphes pourquoi j’en parle à nouveau)

Blow Up, ce sont 2 à 4 vidéos par semaine, de différents formats et dont très vite le cinéphile, amateur ou confirmé, ne pourra plus se passer.

  • d’abord, il y a le Top 5, de Luc Lagier, mon format préféré, et qui fétichise complètement le cinéma. Ce format, c’est l’équivalent « Où est Charlie ? » du cinéma. Quand vous aimez le cinéma et que vous en découvrez le thème chaque mardi soir, vous commencez par spéculer. Prenons un exemple, ça sera plus clair…

Lorsque la vidéo apparaît dans la liste des chaînes auxquelles je suis abonnée, évidemment je vois en premier l’image : Le Cercle des poètes disparus. Un professeur au cinéma, c’est évidemment le professeur Keating, Robin Williams, qui lit du Shakespeare, Ô capitaine mon capitaine, Carpe Diem et Robert Frost.

Cette image, c’est juste le point de départ. Une mise en bouche. À partir de là, Luc Lagier, avant même que je lance la vidéo, déclenche dans ma tête toute une foule d’associations d’idées. Je vois Petite feuille dans Les Quatre cent coups, je vois les enseignantes de Diabolo Menthe, Bernard Giraudeau en professeur d’allemand dans La Boum, et, même si ce n’est pas un professeur, Sean Connery dans À la rencontre de Forrester.

Du coup, quand je lance la vidéo, je confronte ma petite liste personnelle, à la liste souvent bien plus conséquente de Luc Lagier. Et je vois si sur le Top 5 nous nous rejoignons. Parfois oui, parfois non, mais c’est toujours une belle découverte. Par exemple, encore une fois, sur les professeurs au cinéma, j’aurais choisi pour le numéro 1 Jean-François Stévenin dans L’Argent de poche, et son discours final.

Passons aux autres formats (j’évoque ici ceux qui me plaisent particulièrement)…

  • après le Top 5, il y en a deux que je mets sur le même plan, avec toujours Luc Lagier en voix off. Si je les regroupe, c’est évidemment parce qu’ils se ressemblent. Ce sont les « C’est quoi ? » et les « Bio express ». Les deux s’intéressent à des personnalités du cinéma, et profitent de l’actualité cinématographique pour leur tailler le portrait. L’un des derniers en date, le portrait de Nicole Kidman pour le Festival de Cannes 2017 :

  • autre format : les « Redécouvertes » et le « Zapping », comment avoir envie de voir ou de revoir un film en quelques minutes.
  • il y a ensuite les vidéos de Thierry Jousse, consacrées plus spécifiquement aux bandes-originales de films. Je les regarde tout autant que les autres, mais je n’ai pas toujours suffisamment d’érudition et de culture musicale pour les apprécier à leur juste valeur.

Mes deux autres formats de prédilection, moins réguliers, sont :

  • « Face à l’histoire », qui revient sur la carrière d’un réalisateur ou d’un acteur et sur son rapport aux films historiques. Ils peuvent aussi s’appuyer sur un personnage historique ou des événements pour voir ce que le cinéma en a fait.

  • Enfin, le format qui me fait jubiler, c’est « Les Introuvables » de l’impayable Trufo, qui cherche des films introuvables et qui entraîne le spectateur dans des sphères cinématographiques inconnues ! Je l’ai découvert avec le « Vous connaissez Have you heard ? d’Alfred Hitchcock ? », que je ne désespère pas, en tant que profdoc, d’intégrer à une séance sur la désinformation (peut-être en EMC ou en Arts visuels) et que j’avais déjà proposé dans une séance sur la rumeur…

Avec ce format, on ne sait jamais où Trufo va nous emmener, c’est déjanté, loufoque, une pépite de cinéphilie chaque semaine, un régal pour les yeux et les oreilles !

Et donc le livre dont je vais vous parler maintenant m’a fait penser à Blow Up, tout comme Blow Up aujourd’hui revenu de sa pause estivale me fait penser à ce livre…

Le Corps au cinéma

Car Blow Up, en particulier dans le Top 5 de Luc Lagier, s’est intéressé et nous a fait nous passionner pour des objets, des couleurs, des métiers, des animaux, mais aussi des éléments du corps humain. Il fait de nous chaque semaine des fétichistes, comme Hitchcock dans Fenêtre sur cour faisait de nous des voyeurs (ce que nous étions déjà sans l’assumer pleinement, assis devant l’écran à scruter les histoires des autres).

Si je fais la liste des éléments mentionnés, voilà ce que ça donne : les chauves au cinéma, les larmes au cinéma, la bouche au cinéma, les yeux au cinéma, les pieds au cinéma, les cheveux au cinéma et… les mains au cinéma.

L’image qui donne l’aperçu de cette vidéo, c’est la même que sur la couverture de mon livre, qui porte exactement le même titre : Les Mains au cinéma, de Sandrine Marques, publié en juin 2017 aux éditions Aedon – La Septième obsession, dans la collection Détails (titre des plus prometteurs).

Cette image, c’est celle de Charles Laughton dans La Nuit du chasseur.

Disons-le tout de suite, j’ai beaucoup apprécié ce livre, qui a suscité chez moi beaucoup d’envies cinématographiques, en particulier pour des films que je n’avais jamais vu.

J’ai beaucoup aimé l’introduction, avec les influences sur le cinéma de la peinture et de la sculpture, et avec l’évocation de travaux manuels, et des 24 portraits d’Alain Cavalier.

Dans un chapitre dont j’emprunte le titre pour cet article, « Jeux de mains, jeux de vilains », j’ai retrouvé deux films d’Hitchcock, Psychose et Marnie.

J’ai adoré l’évocation de M le maudit et d’Edward aux mains d’argent. J’ai moins apprécié l’évocation de Spiderman et de la main qui jouit, mais parce que j’étais agacée de cette propension (ou de cette faiblesse) qu’ont certains auteurs de voir des allusions sexuelles partout, qu’elles y soient ou non. Et si j’avais été emballée par un ouvrage, dont j’ai fait la critique, qui évoquait le sexe dans le cinéma d’Hitchcock, je n’ai pas vraiment été convaincue par l’idée de l’auteur sur cette main de l’homme araignée qui éjacule du fil… mais ce n’est que mon avis.

Par contre deux chapitres m’ont particulièrement frappée, et m’ont vraiment donné envie de voir les films dont l’auteur me parlaient.

Le premier, c’est Les Mains d’Orlac, de Robert Wiene, qui raconte comment un pianiste amputé des deux mains, se fait greffer les mains d’un assassins et comment ces dernières le rendent progressivement fou. J’ai trouvé l’histoire géniale, et l’auteure a réussi à me captiver avec ce film muet de 1924 !

Le second film m’a intrigué, parce que j’étais persuadée d’avoir déjà entendu ça quelque part : L’Inconnu de Tod Browning. Un criminel recherché par la police se réfugie dans un cirque et tombe amoureuse d’une femme qui ne supporte pas que les hommes la prennent dans leur bras. Du coup il décide de se faire couper les deux bras.

Où avais-je déjà entendu ça ? Cette histoire tournait et tournait encore dans ma tête. Et d’un seul coup j’ai retrouvé la référence, chez un autre fétichiste !

C’est dans La Femme d’à côté que François Truffaut place cette histoire dans la bouche de Gérard Depardieu, qui la raconte à Madame Jouve :

Et du coup en refermant le livre, je me suis dit, un peu rapidement, que son grand absent, c’était bien François Truffaut.

Puis j’ai réfléchi, Truffaut, ce qu’il aime (et ce que ses personnages aiment), ce sont les jambes des femmes, et à la rigueur ce qu’on voit comme mains, ce sont celles des hommes qui les caressent…

Je me suis dit que, comme Blow Up, Sandrine Marques organisait ses associations d’idées et jouaient avec ses films fétiches. D’ailleurs, en revoyant la vidéo « Les mains au cinéma », j’ai vu des films qui n’étaient pas dans le livre. Tout comme dans le livre sont mentionnés des films qui échappent à la sélection de Blow Up.

C’est ce que j’ai gardé de la lecture et du visionnage : ce moment de plaisir et de partage où les auteurs font cette petite liste mentale sur laquelle on coche les présents et on rajoute, en bas, nos absents.

Enfin, ce que j’ai gardé, c’est le nom de cette collection, Détails, et je me suis dit que c’était à nouveau quelque chose à guetter, la sortie de nouveaux détails, aux éditions Aedon – La Septième obsession. J’espère que cette promesse sera tenue !

Voilà pour ce livre, que je vous recommande, si vous aimez le cinéma et les détails, si vous êtes obsessionnels et secrètement (ou non) fétichistes et si vous aimez faire des listes.

L’eau à la bouche

Un petit mot pour finir sur le second livre dont j’avais promis de parler, mais l’article commence à être long. Il s’agit du nouvel opus  du GastronoGeek : 37 recettes inspirées de séries cultes.

J’avais déjà mentionné son premier ouvrage, et j’ai été ravie de retrouver Thibaud Villanova pour ce nouveau livre de recettes entièrement consacré aux séries télévisées, de Twin Peaks à Stranger Things.

Je profite de ces quelques mots pour vous signaler la chaîne YouTube du Gastronogeek :

Et sur ces mises en bouche et bonnes recettes, je vous dis à bientôt sur Cinéphiledoc !

Bonne dégustation !

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@doc_ludo et #LudoDOC

Une fois n’est pas coutume, voici un nouvel article juste après la rentrée, pour vous présenter un nouveau projet.

#LudoDOC, qu’est-ce que c’est ?

C’est l’histoire de 3 professeurs documentalistes, qui se retrouvent à Ludovia14, dont j’ai parlé dans l’article précédent.

La première profdoc trouve qu’il y a plus de professeurs documentalistes à Ludovia que les années précédentes. La deuxième profdoc n’est pas d’accord.

Du coup, la troisième profdoc dit aux deux autres qu’il faudrait un signe de reconnaissance, et un hashtag, pour se reconnaître à Ludovia comme professeurs documentalistes, et se réunir de manière conviviale.

Ça, c’est l’idée initiale.

 

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Après quelques cogitations, le hashtag est trouvé : #LudoDOC.

Viennent aussi les premiers doutes : on est pas un vrai collectif (et alors, on peut le devenir !), les autres collectifs, ce sont des disciplines avec des membres qui se connaissent d’avant (et alors, on est pas moins doué et motivé qu’eux).

Et puis, il y a une quatrième profdoc qui souffle l’idée : pourquoi ça ne durerait que le temps de Ludovia, votre histoire ?

Inversons Ludovia, soyons #LudoDOC toute l’année !

Du coup, la troisième profdoc revoit sa copie : elle propose que l’on crée un collectif de profs docs, autour du numérique et des apprentissages ludiques (ludovia, ludo, ludiques, vous suivez ?), de la créativité et de l’innovation.

Elle décide de prendre le pouls d’autres copains sur cette idée, on l’encourage. Elle décide de lancer un compte Twitter dédié (@doc_ludo) qui permettrait de valoriser Ludovia, de préparer l’édition de l’année suivante, de faire de la veille sur les sujets indiqués ci-dessus, et de partager des ressources.

Et aujourd’hui, elle vous présente le bébé.

Et vous, vous êtes #LudoDOC ou pas ?

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#Ludovia14 : avant, pendant, après

Comme promis dans mes précédents articles, voici un article sur le vif de mon 3e Ludovia, avant de reprendre les publications régulières de Cinéphiledoc.

Dès demain je serai, comme l’année dernière, à l’université d’été Ludovia, à Ax-les-Thermes. La thématique de cette année est : « Partages, échanges et contributions avec le numérique ».

J’ai fait mon premier Ludovia il y a deux ans, j’avais publié à cette occasion un petit abécédaire qui faisait le compte-rendu de cette expérience. L’an dernier, pas d’abécédaire, mais un premier article en trois temps, comme l’indiquait le titre.

Dans « Avant », vous retrouverez mon petit programme personnel, les petits points de rendez-vous que je me suis fixée, les explorcamps et tables rondes auxquels je tenterai d’assister (et qui ne correspondent pas toujours à mon formulaire d’inscription, mais l’université étant assez détendue, je ne me fais pas trop de soucis…) mais aussi, pour cette année, l’explorcamp que j’animerai moi-même.

La rubrique me sert aussi d’aide-mémoire personnel, mais elle peut varier très vite, en fonction des derniers mails reçus ou au gré de mes caprices.

Si vous êtes dans les parages, je porterai chaque jour des t-shirts de geeks ou de lectrices… Pas besoin d’en dire plus, vous me reconnaîtrez certainement en les voyant.

Dans « Pendant », vous trouverez des mises à jour de cet article que j’essaierai de faire au fur et à mesure, même si je ne garantis rien.

Enfin, dans « Après », vous trouverez le vendredi ou le lundi suivant Ludovia, des productions, Storify, cogitations, ressentis, etc.

Avant

Mardi 22 août

  • J’arrive par la navette qui part de Toulouse Blagnac à 11h et quelques… Je pense démarrer Ludovia en douceur, en posant mes affaires et en « prenant le pouls » de cette nouvelle édition.
  • 16h-17h : j’irai certainement, cependant, assister aux communications scientifiques faites en salle de conférence :
  1. Florence Canet : Offrir sa veille en partage, Quelles pratiques pour le veilleur 2.0 ?
  2. Laure Carbonnel :  Manières de partager le savoir : le cas de la diffusion de données ethnologiques et ses limites.
  • Ayant été conquise par les présentations en Pecha-Kucha de l’an dernier, j’y retournerai cette année avec plaisir :

20h30 : Aspects pratiques de Ludovia par Aurélie Julien, chef de projet

21h00 : Soirée PechaKucha et autres surprises sur le thème de l’année Partages, échanges & contributions avec le numérique Avec comme intervenants : Thierry Karsenti, Margarida Roméro, Marcel Lebrun, Ange Ansour, Roberto Gauvin, Michel Guillou, JB Piacentino Qwant.

Mercredi 23 août

Le mercredi matin, j’ai prévu de me partager entre les explorcamps et une table-ronde de 11h30 à 12h30, j’attends toujours la thématique prévue pour cette table-ronde.

9h00-10h00 :

  • Explorcamp : Delphine Barbirati, formatrice, AC Grenoble et Michel Guillou citoyen numérique : Publier un commentaire : critiquer pour s’exprimervoir le résumé.

11h00-12h30 : Table ronde culture numérique codes : « sujet » et problématique à venir.

11h30-12h30 :

  • Cyril Mistrorigo, professeur de lettres modernes, AC Limoges invité d’honneur Nouvelle Aquitaine : Le projet Science-Fiction, voir le résumé.

Pour l’après-midi, de 14h à 15h, je serai sur mon Explorcamp, et j’espère vous y voir nombreux !

14h-15h : Lire en affiches et QR-codes au CDI ou sur un tiers lieuvoir le résumé.

15h15-16h15 :

  • Marie Soulié professeur de lettres modernes, AC Bordeaux, invité d’honneur Nouvelle Aquitaine : Utiliser la réalité virtuelle en cours de françaisvoir le résumé.
  • Caroline Gerber professeur de lettres, AC Toulouse et Sandrine Geoffroy professeur documentaliste, AC Toulouse : Book-trailers et booktubes, devenir un lecteur-acteur !, voir le résumé.

17h30-19h : j’assisterai à la table-ronde Collectifs d’enseignants connectés qui se tient à l’espace forum du parc : Les collectifs d’enseignants connectés : entre soi ou nouveaux acteurs de la formation ?

Jeudi 24 août

Matin : j’assisterai principalement aux Explorcamps.

9h-10h : Bruno Vergnes professeur de français, AC Bordeaux invité d’honneur Nouvelle Aquitaine : La classe comme communauté de partage, voir le résumé.

10h15-11H15 : Eric Hitier, professeur des écoles, AC Orléans-Tours : Projet EcoL@b : espace-s, usage-s, circulation-svoir le résumé.

J’essaierai de faire un tour sur le Kiosque à projets de la DNE (11h15-12h15) dans l’espace forum du parc.

Après-midi : à nouveau quelques Explorcamps.

14h00-14h30 : Audrey Démonière –Experte Doc DNE  : Partager son expérience de lecture dans un environnement numérique. 

14h30-15h00 : Brigitte Pierrat DGESCO-DNE : Identifier des ressources et valoriser les travaux en académie : la stratégie veille / diffusion des comptes disciplinaires Twitter d’éduscol et de la DNE. 

Puis la table-ronde « Pratiques pédagogiques » de 15h15 à 17h, ce qui sera la dernière manifestation à laquelle j’assisterai.

Je resterai sur place le soir, puisque je ne reprend la navette pour Toulouse que le vendredi matin. J’espère dans tous les cas avoir le plaisir de vous croiser, et comme l’an dernier, je mettrai cet article à jour au fur et à mesure de cette nouvelle édition de Ludovia !

Pendant

Mardi 22 août

(cette partie d’article sera illustrée et les liens seront ajoutés lorsque je bénéficierai d’une meilleure connexion)

Après-midi : Je suis arrivée vers 14h à Ax-les-Thermes via la navette de Toulouse, après 2h de trajet. Comme mon hébergement n’était pas disponible avant 16h, j’ai pu assister à une partie de la conférence de François Taddéi « Vers une société apprenante ».

J’ai ensuite assisté aux communications scientifiques, dont certaines ne figuraient pas comme annoncées dans le programme, mais j’ai pu voir celle que j’attendais, la communication de Florence Canet :  « Offrir sa veille en partage, Quelles pratiques pour le veilleur 2.0 ? »‬, en compagnie d’Anne Delannoy.

Elle y expliquait les processus de veille parfois inconsciente quotidiens des internautes et de partage, le tout s’appuyant sur des travaux de Louise Merzeau et sur des enquêtes de pratiques.

Je mets en lien un article qu’elle a fait suivre suite à cette intervention :

http://www.cairn.info/revue-i2d-information-donnees-et-documents-2017-2-p-70.htm

Pour clôturer cette riche et chaude après-midi, je me suis soumise au délicat exercice de l’interview, une première pour moi si l’on exclut celle réalisée il y a deux ans par une de mes élèves de 3eme. Celle-ci était animée par François Jourde, dont j’ai pu vraiment apprécier la gentillesse, et portait sur mon explorcamp du lendemain. J’en ajouterai le lien en fin d’article dès qu’il sera disponible.

Soirée

J’ai suivi sur Twitter une partie des Pecha-Kucha, puisque j’étais encore en train de dîner lorsqu’ils ont commencé. J’ai ensuite assisté à deux d’entre eux : celui de Margarida Romero sur les usages créatifs du numérique, et celui de Roberto Gauvin qui abordait entre autres les notions de traces, de réseaux sociaux, et le numérique à l’école.

La fatigue commençant à se faire sentir, j’ai abdiqué pour les dernières présentations, que j’essaierai de rattraper via Twitter, puisque des assidus de Périscope, comme Nicolas Le Luherne, me permettent d’y avoir accès en différé.

Mercredi 23 août

Matin :

  • 9h :

J’ai assisté à l’explorcamp de Michel Guillou et Delphine Barbirati : « Publier un commentaire : critiquer pour s’exprimer »

L’explorcamp abordait les notions de liberté d’expression et de commentaire, et donnait des pistes d’usages pédagogiques du commentaire.

Comment commenter / dialoguer sont une amorce d’éducation aux médias pour les élèves ?

Les intervenants donnaient en exemples différents types de commentaires en prenant en compte les profils des internautes : simples observateurs ou commentateurs, et en considérant 3 types de réactions : les Lurkers – gens extrêmement connectés (reluqueur) qui ne commentent pas, ne disent rien : (90%) – ceux qui s’expriment (9%)  et ceux qui s’impliquent (1%).

On devient commentateur par encouragement, accompagnement, simplicité technique, perspective de gratification. À partir de ce constat, les pistes pédagogiques suivantes étaient évoquées : commenter sur un blog, sur un wiki, sur un pad ou sur une plateforme de lecture, lancer un forum, aider à la lecture en commentant, devenir le correcteur d’un autre sur un pad, proposer une question et attendre plusieurs réponses.

  • 11h30 :

J’ai voulu aller assister au projet Science-fiction de Cyril Mistirigo, mais il était absent, à ma grande déconvenue.

Je suis donc allée à l’explorcamp consacré aux Défis Twitter en histoire-géo par Olivier Quinet et Guillaume Veyret. Ils présentaient l’utilisation de Twitter entre différentes classes de collèges avec des Défis de questions / réponses, des exercices d’argumentation, et comme espace de révision.

Cet atelier m’a beaucoup plu et j’essaierai de le proposer à mes collègues d’histoire-géo comme piste d’expérimentation en EMC avec les élèves.

Après-midi

  • 14h :

J’ai présenté mon Explorcamp (vous trouverez la présentation sous la rubrique « Après ») J’ai été un peu déstabilisée par le fait de disposer d’une heure entière – je pensais devoir faire 2 fois une demi-heure, mon exposé était donc un peu court, mais j’ai eu un public très agréable et assez éclectique (prof doc bien sûr, français, philo, physique chimie, techno et premier degré).

  • 15h15 :

je pensais donc, puisque j’étais convaincue du format 2 fois une heure, que je pourrais assister à la présentation de Sandrine Geoffroy et Caroline Greber, et à celle de Marie Soulié. Je suis donc restée à la présentation de Sandrine et Caroline sur les Booktrailers et les booktube.

Je rajoute ci-dessous le lien du Padlet associé à leur présentation.

Made with Padlet

J’ai assisté à distance au lancement de la consultation Eduscolab sur les 27 fiches de compétences EMI réalisées par les IAN documentation, puis je suis allée à la table ronde Les collectifs d’enseignants connectés : entre soi ou nouveaux acteurs de la formation ? à l’origine prévue dans l’espace forum du parc et déplacée suite aux orages dans la salle de conférence.

Cette table ronde, qui faisait interagir le public via beekast.com, revenait notamment sur la labellisation, sur le partage, sur les communautés, les ressources et les réseaux, offrait des résonances amusantes avec les usages connectés des participants (nos propres usages). J’ai d’ailleurs retrouvé dans le public – chose qui ne m’arrive pas pour la première fois – quelqu’un que je suivais et qui me suivait sur Twitter, sans que nous ne nous connaissions ou ayons déjà échangé.

C’est avec cette approche résolument optimiste (si propre à l’esprit de Ludovia, et ce malgré la pluie) que s’est clos ma deuxième journée.

Jeudi matin :

  • 9h :

J’ai assisté à l’explorcamp de Bruno Vergnes « La classe comme communauté de partage » qui présentait une expérimentation dans le collège innovant Pierre Emmanuel de Pau. Il soulevait les problématiques suivantes : l’organisation de l’espace peut-elle améliorer le climat de la classe en s’adaptant aux différents publics et en impliquant les élèves dans l’organisation de l’espace classe.

La réorganisation de l’espace n’est que la partie émergée de l’iceberg et implique également des changements de gestes professionnels. Le petit clin d’œil aux profs docs était que pour Bruno Vergnes, l’espace idéal d’un établissement, c’est le CDI !

  • 11h :

Dans la continuité de cet Explorcamp, je suis allée assister à la table ronde sur les Espaces d’apprentissage et de formation animée par Catherine Bizot, avec à nouveau Bruno Vergnes et Vincent Faillet, qui présentait sa classe mutuelle.

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Après-midi :

  • 14h :

J’ai assisté à une partie de la conférence de Marcel Lebrun « Quels apprentissages pour une école toute la vie durant à l’ère du numérique ». J’ai dû m’éclipser un moment pour retrouver mon portable que j’avais laissé sur la table d’un explorcamp. J’ai trouvé cette conférence passionnante. J’ai fait quelques captures de son intervention que je rajouterai plus tard.

Je suis ensuite allée voir le début de l’intervention d’Audrey Démonière-Rouvel et de Nicolas Princen sur « Partager son expérience de lecture dans un environnement numérique avec Glose », puis j’ai filé à la dernière table ronde que je m’étais fixée sur les Pratiques pédagogiques, avec comme intervenants Marcel Lebrun à nouveau, Sophie Edouard, Florence Raffin et Marc Lopes, moment qui abordait notamment les traam et la classe inversée.

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Enfin, après un détour aux bains du Couloubray, je suis allée à la soirée de clôture (remise des prix ludovia et banquet).

Après

J’ai particulièrement apprécié cette troisième expérience de Ludovia, je m’y sens de plus en plus dans mon élément et je suis ravie de ce petit retour au travail qui garde encore un parfum de vacances, et qui donne tant de motivation, d’idées et d’envie pour l’année qui vient.

J’ai aussi beaucoup aimé voir (ou revoir) quelques collègues, et pour certains les rencontrer et échanger avec eux pour la première fois. J’en oublie certainement mais, dans le désordre : Florence Canet, Anne Delannoy, Delphine Barbirati, Michel Guillou, Véronique Gardair, Bénédicte Langlois, Corinne Atlan, Elsa Pujos, Sandrine Geoffroy, Magali Bossuyt, François Jourde, Jean-François Ceci, Nicolas Le Luherne, Christophe Caron…

Et évidemment, Ludovia ne serait pas ce qu’il est sans l’incroyable gentillesse et l’accueil des organisateurs, en particulier Aurélie Julien.

Pour conclure cet article, 3 petites choses :

  • l’interview avec François Jourde

  • la présentation de mon Explocamp :
  • le moment Twitter que j’ai posté suite à cette édition 2017 :

Bonne fin de vacances à tous et à l’an prochain ! #Ludovia15

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Hors-série 2 : #DocEnVacances

Dans ce second hors-série de l’été, place au fourre-tout, à l’imagination et à la mutualisation !

Commençons par le hashtag du titre : #DocEnVacances.

#DocEnVacances

Qu’est-ce que c’est, #DocEnVacances ? Eh bien c’est un hashtag presque inventé (je dis presque car je n’ai vu qu’une personne l’utilisant avant elle sur Twitter, et ce n’était pas l’acception dans laquelle nous l’entendons) par Isabelle Poulain.

Elle a commencé à l’utiliser en octobre 2016 pour signaler quelques lieux qui, dans ses pérégrinations, lui donnaient des idées ou faisaient rêver la #profdoc qu’elle avait pourtant mise en pause au plus profond d’elle-même.

Au début de l’été, inspirée par Sandrine Duquenne qui m’avait suggéré un hors-série sur les bibliothèques, j’ai proposé à Isabelle de transformer le hashtag #DocEnVacances en Padlet où tous les profdocs pourraient déposer leur contribution et leurs souvenirs de vacances.

Curieuse façon d’occuper les vacances, me direz-vous… mais beaucoup de choses en vacances, dans nos activités (ou nos non-activités) peuvent nous donner des idées qui influencent notre quotidien : lectures, sorties, visites, expositions…

En vacances en Norvège, je me suis demandée à quoi pouvait ressembler la bibliothèque de Bergen… évidemment, je n’en aurais pas eu l’idée si je n’étais pas passée devant. Et je me suis du coup convaincue de mettre à la rentrée un jeu d’échecs à disposition des élèves sur une des tables du CDI.

Et bien évidemment, comme vous pourrez le constater dans la suite de cet article, les deux expositions que j’ai décidé d’aller voir cet été à Paris avaient un lien direct avec l’imaginaire que j’ai de mon métier, certes très subjectif, mais tout à fait professionnel.

Trêve de discours, voici le Padlet réalisé pour recenser les contributions des #DocEnVacances !

Made with Padlet

Merci aux contributeurs et contributrices ! Je rajoute régulièrement les tweets où figure le hashtag sur le Padlet. N’hésitez pas à participer et à le faire vivre !

Je poursuis donc cet article avec les quelques lieux que, par hasard ou par choix, j’ai découvert cet été et qui ont nourri mon côté #DocEnVacances.

La Caverne aux livres d’Auvers-sur-Oise

C’est à l’occasion d’une sortie avec une amie, Héloïse (qui d’ailleurs ferait une super profdoc), que j’ai trouvé ce lieu incroyable. Nous étions parties évidemment pour visiter la chambre de Van Gogh, toutes les deux imprégnées de sa peinture et nous remémorant un épisode haut en couleurs de Doctor Who

En revenant du cimetière et en descendant la rue de l’église, nous sommes tombées sur la Caverne aux livres, une librairie des plus atypiques : à la fois librairie ancienne et musée, elle est installée dans une gare désaffectée, et propose à la vente plus de 100 000 livres d’occasion qui envahissent la gare et aussi les wagons immobilisés à quai.

J’ai posté quelques images sur le Padlet, j’en ai tweetées d’autres, je poste avec cet article l’ensemble de mes photos, et ce qui a retenu mon attention : classification, pénalités de retard, rayon cinéma, policiers…

Héloïse a acheté quelques livres et a eu du mal à se retenir de repartir avec un wagon entier 😉 elle a ainsi pu échanger avec le libraire, un passionné fort bavard mais, d’après son ressenti, quelque peu hautain…

Néanmoins, pour les amoureux des livres, la Caverne reste un lieu immanquable et qui fait résonner en nous le paradoxe bordélique et maniaque du bibliothécaire / archiviste / documentaliste.

« Une expérience du chaos » aux Archives nationales

Le 3 août, je suis allée voir les deux expositions que je ne voulais pas manquer cet été. La première était organisée par les Archives nationales. J’en avais eu connaissance via Twitter, et son affiche, avec son côté « Fahrenheit 451 », m’avait tout de suite interpellée.

Un petit extrait de Truffaut (ça fait toujours du bien) avant l’affiche ?

Voici donc l’affiche en question :

Je suis arrivée pour l’ouverture, j’ai donc eu droit à une visite d’exposition quasi privée, avec un événement insolite : une dame des archives est venue me voir, avec le fascicule de l’expo, et s’est confiée à moi. La veille, une de leurs collègues était décédée, victime d’un drame passionnel, étranglée par son conjoint.

Mais revenons-en à l’exposition. Photographies interdites à l’intérieur, c’est bien dommage, car « Une expérience du chaos » est passionnante. Elle retrace les périodes difficiles de changement de régimes, de guerres et de révolutions où les archives sont mises en péril.

L’exposition est concentrée sur deux salles et sur quatre époques clefs : Révolution et empire, Commune, Première guerre mondiale et Seconde guerre mondiale, avec entre autres des « événements archivistiques » tels que la destruction des archives de la noblesse ou la spoliation des collections et des biens culturels par les nazis.

L’ensemble est captivant, et lorsque l’on s’attarde sur chaque document, on peut y passer quasiment une heure et demie. L’entrée plein tarif coûte 6€, et l’on peut visiter le reste des archives nationales ouvertes au publiques.

Je n’ai évidemment pas pu prendre de photos, à part quelques-unes de l’extérieur, et du reste du musée, et je me suis rabattue sur le catalogue, dont le prix reste accessible et qui présente une grande partie des documents de l’exposition.

J’ai également visité les autres salles, au rez-de-chaussée et au premier étage, qui sont pour certaines assez impressionnantes : on y retrouve l’édit de Nantes, le testament de Louis XVI, la dernière lettre de Marie-Antoinette, ou encore des cahiers de doléances.

Le tout m’a fait rappelé une magnifique exposition que j’avais visitée lors d’un voyage à Rome sur les archives du Vatican, « Lux in Arcana » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Archives_secr%C3%A8tes_du_Vatican).

« La bibliothèque, la nuit » à la BnF

La seconde exposition que j’ai visitée est celle de la BnF, qui va amener de ma part le plus de digressions et d’imaginaires. Il s’agit de « La bibliothèque, la nuit », une expérience incroyable d’immersion quasi complète en réalité virtuelle.

Même préparé, on ne s’attend pas à ce qu’on va découvrir durant cette exposition.

Avant d’y aller, j’avais échangé avec une amie (toujours Héloïse) sur les bibliothèques, réelles ou fictives, qui peuplent notre imaginaire : celle de Doctor Who, celle des Jedis dans Star Wars, ou encore celle d’Harry Potter,

et s’y étaient ajoutés le cimetière des livres oubliés de L’Ombre du vent ou encore la bibliothèque du Nom de la rose, d’Umberto Eco.

Avec en prime une petite vidéo de Blow Up !

Là encore, pour cette exposition, photos non autorisées, et même pas de catalogue pour conserver une image quelque peu fidèle de l’expérience. Pour le coup, c’est frustrant.

Une première salle, où j’ai réussi à prendre quelques photos :

La seconde salle reconstitue la bibliothèque privée d’Alberto Manguel, dont le livre La Bibliothèque, la nuit, est la principale source d’inspiration de cette exposition. On entend la voix de Manguel, qui évoque l’univers d’une bibliothèque privée et comment son organisation reflète l’univers intime et la personnalité de celui qui y déambule. Déjà on rêve.

Et puis on décolle complètement et on oublie tout ce qui se passe autour de nous : installés dans la troisième salle, avec casque et lunettes de réalité virtuelle, on visite 10 bibliothèques, d’Alexandrie à celle du capitaine Nemo, en passant par la bibliothèque du parlement d’Ottawa, où s’envolent depuis les pages d’un livre d’ornithologie, une multitude d’oiseaux…

C’est magique, il n’y a pas d’autres mots.

Rappelés à la réalité (la vraie, celle-là), on sort, et à la librairie de la BnF, on tente de trouver quelques traces qui pourront servir de souvenir. Mais je l’ai dit, pas de catalogue…

Par contre, des présentoirs assez sympas qui rappelleront au profdoc sa préparation du CAPES (en tout cas, cela m’a rappelé la mienne !) :

J’y ai trouvé le livre de Manguel, évidemment, et un autre livre qui paraît des plus alléchants : Le Palais des archives, d’Isabelle van Welden.

J’y ai retrouvé mes livres préférés de la préparation au CAPES : le Penser / Classer de Georges Perec, De Bibliotheca, La Sagesse du bibliothécaire, Des bibliothèques pleines de fantômes, et j’ai vu quelques pépites, dont un livre, La Bibliothèque invisible, qui recense les livres fictifs.

Venir à la BnF m’a rappelé combien j’aimais les bibliothèques, quelles qu’elles soient, et les expositions virtuelles, celles de la BnF, bien-sûr, mais aussi celles de la Cinémathèque française (on ne se renie pas).

Voilà pour cet article, majoritairement #profdoc, enfin le #profdoc amoureux des livres et plus proche du bibliothécaire et de l’archiviste… mais pas d’inquiétude, mon côté numérique et pédagogique refera surface dans quelques semaines à Ludovia14 !

À la Catherine de Jules et Jim

D’ici là, je ne peux conclure cet article sans une parenthèse cinéphile, puisqu’un monument du cinéma français s’est éteint il y a quelques jours, précédé par un autre monument, Claude Rich, immense acteur élégant et savoureux…

Les deux mériteraient un article entier. Pour Claude Rich, dont j’ai aimé l’ironie dans Les Tontons flingueurs, l’élégance du Souper, la truculence de La Fille de D’Artagnan, et l’odieuse vieillesse du Crime est notre affaire, voici un extrait des Acteurs :

Et pour Mademoiselle Jeanne Moreau, que dire ? que retenir ? Évidemment, ce numéro de Blow Up qui lui rend merveilleusement hommage :

mais surtout, éternellement, Jules et Jim, où elle rayonnera avec le sourire énigmatique d’une statue à tout jamais :

Peut-être à une occasion reviendrai-je plus en détail sur cette immense carrière et sur cette immense comédienne.

Si je considère ces disparitions (j’y ajoute celle de Simone Veil il y a quelques semaines) avec mon oeil de #profdoc, à nouveau changeant de casquette, j’étudie la façon dont l’information m’est parvenue : à chaque fois par une notification ou un coup d’oeil sur mon smartphone.

À chaque fois les mêmes réactions : voir les noms et les hashtags arriver en Trending Topic sur Twitter, tweeter et retweeter des infos et des vidéos, puis étudier la façon dont les différents médias traitent cette information :

  • presse papier ;
  • télévision ;
  • radio ;
  • presse en ligne

Avec pour chaque disparition la façon dont l’information a été « relancée », « réactivée » par des réactions et des hommages :

  • pour Simone Veil, les funérailles nationales et l’annonce, après une pétition, de son entrée au Panthéon aux côtés de son mari ;
  • pour Claude Rich, un silence assourdissant, faisant lui aussi l’objet d’une pétition de Gilles Jacob et amenant l’audiovisuel public à lui rendre plus correctement hommage ;
  • enfin, peut-être influencée par cette réaction cinéphile, mais peut-être simplement conscient du monument qui disparaissait, l’hommage quasi immédiat à Jeanne Moreau, avec des rediffusions de ses films sur Arte, France 5 et France 2, pour ne citer que ces trois chaînes.

Voilà la façon dont, même en vacances, l’actualité m’a marquée, et dont le côté cinéphile a, une nouvelle fois, été influencé par le côté #profdoc (à moins que ce ne soit l’inverse).

Je vous souhaite une belle fin d’été, et vous dis à bientôt, à Ludovia. Comme l’an dernier, je publierai un article que je tenterai de mettre régulièrement à jour. Pour ceux qui seront de la fête, mon intervention sur un explorcamp se déroulera le mercredi 23 août de 14h à 15h. J’espère vous y croiser !

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Hors-série 1 : voyages en cinéma

Voici, après quelques semaines de tergiversations, le premier hors-série de l’été 2017 de Cinéphiledoc. Je ne ferai cet été que deux hors-série, celui-ci, et un autre qui paraîtra aux environs du 20 août.

Les années précédentes, je m’y prenais toujours relativement en avance pour choisir une thématique de hors-série pour tout l’été : j’ai évoqué les enfants parlant de leurs parents célèbres, les romans sur le cinéma, puis les liens entre cinéma et autres arts ou disciplines, le cinéma dans différents pays, et enfin l’an dernier, certains couples mythiques du cinéma.

Cette année, je reprends un thème que j’apprécie beaucoup : comment le cinéma nous permet de nous approprier des lieux que nous n’avons pas encore visité, ou, lorsque nous les avons déjà visité, de nous en souvenir.

Plus simplement : comment le cinéma nous fait voyager.

Histoire d’une thématique glissante…

Cette année, mes pas (et un avion) m’ont portée jusqu’à Bergen. Sandrine Duquenne (@spdocs) me conseillait donc de faire un hors-série sur la Norvège au cinéma.

Problème : hormis peut-être un ou deux films dont je reparlerai plus bas, je ne connaissais aucun film évoquant la Norvège.

Je me suis alors penchée sur les films et les séries évoquant la culture scandinave, et plus précisément les vikings. J’ai lu le très beau livre de François Amy de la Bretèque, Le Moyen-âge au cinéma, dans lequel il revient notamment sur le film Les Vikings, avec Kirk Douglas, mais aussi sur l’un de mes films scandinaves préférés : Le Septième sceau de Bergman.

J’en profite pour dire que j’adore cette collection sur le cinéma proposée par Armand Colin…

J’ai parcouru l’ouvrage en anglais The Vikings on film : essays on depictions of the nordic middle ages, dirigé par Kevin J. Harty. Un ouvrage des plus complets et érudits (avec une pointe d’humour) et allant jusqu’à évoquer Astérix et les Normands

Le principal souci pour la plupart des films regroupés dans ces deux ouvrages (a fortiori pour le deuxième) était que je n’en avais pas vu la moitié.

J’ai donc décidé de faire encore glisser ma thématique en vous proposant deux présentations sur les films et les séries télévisées faisant voyager le spectateur, le tout ponctué de quelques photos de Bergen et de quelques extraits de films.

Pour ces deux présentations, j’ai utilisé Genially. Comme j’ai déjà beaucoup parlé sur ce blog de l’Italie et de l’Espagne (en gros de l’Europe du sud), en hommage à l’enseignante de prépa qui m’a fait détester la géographie mais m’a rendue curieuse en me donnant un cours d’une année entière sur les pays de la mer Baltique, je me concentrerai sur cette partie du nord de l’Europe, en l’élargissant juste un petit peu par endroit…

Un dernier mot, pour la réalisation de ces présentations, j’ai été inspirée par cette infographie :

https://geediting.com/blog/most-iconic-book-set-in-every-country/

Si je me concentre pour l’instant sur l’Europe, j’ai bon espoir de pouvoir vous proposer un de ces jours les équivalents pour les autres continents.

Cinédépayse Europe

Dans la présentation ci-dessous, en cliquant sur le nom du pays, vous trouverez le film qui a retenu mon attention.

Comme indiqué plus haut, je ne détaille pas plus les pays du sud de l’Europe, je me concentrerai sur les pays du nord dans mes descriptions et dans les ajouts de vidéos…

(j’en profite pour indiquer que je ne prends pas en compte l’Europe politique sur cette carte, et oui, il y a la Russie, parce que j’arrête l’Europe à l’Oural, parce que la carte que j’ai choisie était comme ça, et parce que je voulais absolument caser Le Docteur Jivago)

Commençons d’ailleurs par ce dernier !

  • Russie : Le Docteur Jivago (1965), réalisé par David Lean, avec Omar Sharif, Julie Christie et Géraldine Chaplin. J’ai toujours trouvé ce film merveilleux, moins pour l’histoire d’amour d’un type incapable de se décider entre deux femmes, et dont le caractère est relativement exaspérant, que pour la peinture de la Russie (paysages et politique) entre 1913 et les années 1950.

  • Pologne : Le Pianiste (2002) de Roman Polanski. Ce film est bouleversant, et il est porté par un Adrien Brody impeccable. Il raconte l’histoire du pianiste juif polonais Władysław Szpilman et sa survie dans le ghetto de Varsovie pendant la seconde guerre mondiale.

  • Allemagne : La Vie des autres (2006) de Florian Henckel von Donnersmarck. Le film réunit tout ce que j’apprécie dans un film : un scénario intelligent, des personnages attachants, une histoire captivante : en 1984 à Berlin-Est, Gerd Wiesler, capitaine de la Stasi — au matricule « HGW XX/7 » dans cette police secrète de la RDA — se voit confier la tâche de surveiller le dramaturge Georg Dreyman.

  • Suède : Le Septième sceau (1957) de Ingmar Bergman. Un film qui a considérablement aidé à ma fascination pour les échecs, même s’il n’a en rien amélioré mon jeu ! Au 14e siècle, un chevalier et son écuyer, après dix ans passés aux croisades, sont de retour en Suède où fait rage une épidémie de peste. Sur une plage déserte le chevalier rencontre la Mort et lui propose une partie d’échecs afin de retarder l’échéance, le temps de trouver des réponses à ses problèmes métaphysiques.

  • Norvège : Nos meilleures années (2003) de Marco Tullio Giordana. Et là vous allez me dire que je triche. Oui, la majeure partie du film se déroule en Italie, et j’aurais très bien pu utiliser ce film pour l’Italie, justement. Mais dans Nos meilleures années, qui évoque l’histoire de deux frères, Matteo et Nicola, et leur famille, entre 1960 et les années 2000, c’est en Norvège que décide de se rendre Nicola à la fin de ses études, allant jusqu’au Cap Nord. Et ce film est pour beaucoup dans mon envie depuis longtemps de découvrir ce pays.

  • Danemark : L’Étau (1962) d’Alfred Hitchcock. J’étais étonnée de trouver parmi les films que j’ai pu voir l’un d’eux se déroulant au Danemark. Mais L’Étau, cette histoire complexe d’espionnage en pleine crise entre les États-Unis et Cuba, a bien quelques scènes à Copenhague, avant de nous faire voyager entre États-Unis, Cuba et France. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, je vous recommande le film, et son casting impressionnant.

  • Royaume-Uni : The Queen (2006) de Stephen Frears. Et oui, j’ai prévenu que j’élargissais l’Europe du Nord. Mais j’aurais pu aussi mettre Le Discours d’un roi, qui est tout aussi parfait comme film à l’anglaise.

  • Irlande : Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick. Je termine ce petit panorama par l’Irlande, avec ce film de Kubrick dont j’ai déjà abondamment parlé sur ce blog, et qui lui aussi nous fait bien voyager, de l’Irlande à l’Autriche et à la Prusse, puis à l’Angleterre.

Petit ajout (10 août 2017)

Après une conversation avec des amis sur les zombies au cinéma (auxquels Blow Up a d’ailleurs consacré une vidéo), je me suis souvenue d’un film se déroulant en Norvège. Je ne m’en étais pas souvenue et ne l’avait pas mentionné parce que ce n’est pas le genre de film dont je suis familière.

Il s’agit de Dead Snow, film norvégien sorti en 2009. J’ai déjà consacré un article aux vampires au cinéma, je m’y connais moins en matière de zombies, même si j’ai beaucoup aimé un film comme World war Z, ou un nanard comme Cockneys VS Zombies, ainsi qu’une série comme IZombie. Ce qui m’a fait apprécié Dead Snow, c’est sa composante humoristique, et son regard comique sur le déroulé d’un film d’horreur.

Un groupe d’étudiants en médecine décide de passer les vacances de Pâques dans un chalet perdu au milieu des montagnes. Très vite, ils se retrouvent confrontés à des soldats zombies de la Seconde Guerre mondiale victimes d’une malédiction, et les étudiants vont devoir se muer en combattants pour leur propre survie.

… à découvrir ou à redécouvrir !

Voilà pour ce petit tour d’horizon, je vous laisse vous balader seuls dans le reste de l’Europe si le coeur vous en dit, passons maintenant aux séries, pour lesquels le choix a été parfois plus difficile, et parfois plus restreint…

Sériedépayse Europe

Voici déjà la présentation :

Évidemment, pour certains pays, j’ai dû un peu tricher, mais j’ai eu aussi quelques petites surprises. Pour éviter de surcharger l’article en vidéos, voici donc un petit aperçu de ce qu’il y a sur la carte (à enrichir, je suis preneuse de toutes les idées) :

  • France : Kaamelott (je triche, c’est censé se dérouler en Bretagne – donc en Grande-Bretagne – et comme vous le savez, comme la Bretagne est une île, les ennemis arrivent par… milliers).
  • Royaume-Uni : pas moyen de me décider entre Downton Abbey et The Crown, et un bon petit lot d’autres séries historiques…
  • Italie : The Borgias. Attention, pas la merde produite par Canal +, mais la série produite par Showtime avec Jeremy Irons dans le rôle du Pape. À voir aussi : la série Les Médicis, avec Dustin Hoffman dans le rôle de Côme l’Ancien.
  • Croatie : Game of Thrones. Oui, j’ai dit que j’avais triché, mais Dubrovnik en Croatie a été utilisé comme l’un des lieux de tournage pour Port-Réal, donc bon…
  • Allemangne : Deutschland 83 : l’une des séries qui est encore sur ma liste des « à voir ».
  • Danemark, là c’est la surprise : Rita. Une série danoise savoureuse (disponible sur Netflix) sur une prof complètement déjantée. Et ça donne aussi un aperçu assez sympa du système éducatif danois.
  • Norvège et Suède (j’ai regroupé pour faire bonne mesure) : Vikings. J’avais adoré les premières saisons de cette série historique, en particulier le personnage de Lagertha. Il faudrait que je prenne le temps de continuer…
  • Islande. À nouveau une petite triche, pour caser cette fois-ci Sense8, la géniale série des soeurs Wachowski. Certes, ça ne se déroule pas exclusivement en Islande, loin de là, et ne cherchez pas, c’est impossible à résumer.

Voilà pour ce petit tour d’Europe des séries, j’espère pouvoir en voir d’autres qui me permettront d’enrichir cette carte.

J’espère en tout cas vous avoir donné envie de voir ou de revoir de belles choses, et de faire un petit tour d’Europe de chez vous.

En attendant le prochain (et dernier) hors-série de l’été, je vous laisse avec cette photo de Bergen :

À très bientôt !

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