Etiquette d'archives: bande dessinée

BD et cinéma

Voici le compte-rendu de lecture du mois de mars.

Je profite pour rédiger cet article de mon regret présent, à savoir le 3e volume d’Enrico Giacovelli sur le cinéma comique américain, dont la sortie, initialement prévue pour février, est désormais annoncée pour la mi-avril.

J’avais réussi, prenant mon mal en patience, le mois dernier, à évoquer les deux petits livres sur Le Parrain et Les Sept samouraïs, mais j’ai été trop prise pour pouvoir fouiner dans les librairies ces derniers temps, du moins dans le rayon cinéma.

J’en profite donc, je le redis, pour rédiger cet article qui me faisait envie depuis longtemps, mais qui va encore susciter quelques regrets de ma part…

BD et cinéma, d’un côté mais pas de l’autre

En effet, cela fait longtemps que pour mes articles cinéphiles, je cherche non seulement dans les rayons documentaires, dans les romans (je ne désespère pas de trouver un bon roman de science-fiction sur le cinéma, je crois que Connie Willis l’a déjà écrit, mais il est pour l’heure introuvable*), mais aussi dans le rayon bandes-dessinées et mangas.

*pour les curieux de Connie Willis, l’auteur de Blitz, voici un résumé de son roman Remake, sorti en 1994, que je rêve de dénicher :

Alis rêve de danser. Elle rêve de devenir la reine des claquettes dans une vraie comédie musicale. « Mais réveille-toi, ma pauvre petite ! » lui dit Tom.
     Car à Hollywood, il y a longtemps qu’on ne tourne plus de films, qu’on n’emploie plus d’acteurs. Depuis la révolution infographique, on ne fait plus que des remakes. On prend les vieux films et on les censure, ou on les trafique. Et c’est ainsi que Marilyn donne la réplique à Tom Cruise ou que Charlie Chaplin tombe amoureux de Sharon Stone…
     En ce moment, le job de Tom consiste à « nettoyer » les classiques (c’est-à-dire visionner les versions originales et couper toute image où apparaissent alcool, tabac ou drogue). Travail de titan : c’est fou la quantité de bourbon ou de champagne que consommaient les héros des films d’antan ! Soudain, évoluant aux côtés de Fred Astaire, il reconnaît… Alis ! Mais non, voyons, ce n’est pas possible ! Ce film a été tourné en 1949 !
     A moins que…
Et voici la couverture, qui fait tout autant rêver, en tout cas moi :

Je suis souvent revenue sur mes méthodes pour trouver des livres, j’ai évoqué ma veille sur le sujet, les maisons d’éditions que j’affectionne, les moments où, en dernier recours, je me rabats sur internet et où je commande un livre sans l’avoir feuilleté avant, je n’ai pas besoin de m’étendre là-dessus à nouveau.

À moins d’être complètement passée à côté d’une pépite, jusque-là, je n’avais pas remarqué que la BD évoque beaucoup le cinéma.

L’inverse est évidemment vrai, la bande-dessinée inspire le cinéma, qui adapte tous les ans tout un stock de bandes-dessinées et de comics, jusqu’à saturation.

Je ne suis pas sectaire et je comprends qu’on souhaite rendre hommage à un univers graphique en l’adaptant à l’écran… mais Boule & Bill ? le Marsupilami ? Les Profs ? et dernièrement Gaston Lagaffe ? Évidemment ça n’exclut pas les réussites (critiques et/ou commerciales) mais parfois j’aimerais que certains héros restent sur le papier… et je me demande quel scénario on pourra tirer de l’humour tout « slapstickien » de Gaston Lagaffe…

Le papier, revenons-y. Si, en faisant quelques recherches, j’ai trouvé des films inspirés de la bande-dessinée, et si j’ai eu quelques infos sur Wikipédia, je n’ai pas toujours trouvé l’inverse, à savoir le cinéma qui inspire la bande-dessinée.

Il y a bien le divin et regretté Gotlib, et son Cinémastock en deux volumes, où il parodie avec délectation des univers cinématographiques connus (films d’aventures, de chevalerie, adaptations littéraires…)

 

Mais je lui préfère définitivement ses Dingodossiers, où il décortique davantage l’univers du cinéma, des acteurs, des réalisateurs, bref… le making of.

Voici donc ci-dessus ma planche préférée de Gotlib, consacrée au cinéma.

Et plus récemment ?

Et bien rien qui retienne mon attention. Mais peut-être me suggérerez-vous quelques titres.

J’ai néanmoins trouvé un article sur le sujet : http://www.comixtrip.fr/tops/top-10-bd-cinema/ et où le Cinémastock de Gotlib figure en bonne place.

Je n’ai trouvé que ce top, mais régulièrement je parcours encore les rayons BD des librairies, à la recherche d’une perle rare qui évoque l’univers du cinéma.

Hommage au cinéma

C’est au CDI que j’ai trouvé mon bonheur, avec l’une de nos acquisitions récentes : La Parole du muet : 1. Le géant et l’effeuilleuse, paru chez Grand Angle en avril 2016.

Je me souviens certes l’avoir aperçu dans les rayons au moment de sa sortie, mais sans doute prise par un autre ouvrage à ce moment, je ne lui avais pas donné sa chance.

À tort, car cette bande-dessinée répondait à toutes mes attentes. BD à six mains – Laurent Galandon pour le scénario, Frédéric Blier (Blier ? voilà un nom bien cinématographique) aux dessins, et Sébastien Bouet aux couleurs – elle rend hommage dès sa première de couverture au cinéma et ne le quitte plus.

Vous pouvez en suivant ce lien lire les premières pages.

L’histoire ?

Le lecteur suit les aventures de Célestin, un gentil géant naïf, lassé de décevoir son père comme clerc de notaire, qui quitte la Province et part s’installer à Paris pour faire du cinéma, avec pour tout bagage une cinéphilie de 1927 qui rappelle celle d’Henri Langlois, et une bonhomie qui ne le quitte pas.

Dans ces coulisses du cinéma encore muet, on croise bonimenteurs, projectionnistes, vedettes, accessoiristes, et les petites mains côtoient les grandes vedettes, que ce soit sur la pellicule ou dans les studios parisiens.

Au détour d’un hall de gare, on aperçoit Méliès dans son magasin de jouet, Méliès déjà sacralisé par Martin Scorsese dans Hugo Cabret, et remis à l’honneur, mais avec la douceur du clin d’oeil, dans cette jolie planche :

Les personnages, esquissés avec délicatesse, sont tous aussi attachants les uns que les autres, et sont tous inoubliables à leur manière : le « bon gros géant » qu’est Anatole, qui a des allures d’Hitchcock avant l’heure, le nain incollable en caméras et en techniques, le pianiste ancien combattant, le propriétaire de salle qui arrondit ses fins de mois avec des projections clandestines réservées aux adultes, et la petite effeuilleuse sourde et muettes qui lit sur les lèvres…

Des créatures fragiles, des freaks touchants de démesure, plongés dans une usine à rêves encore à son adolescence mais déjà impitoyable.

C’est simple, beau, et efficace.

Pour parachever ce beau moment de lecture, on trouve à la toute fin de l’album quelques planches documentées sur le cinéma :

Je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même si le coeur vous en dit, je n’en ai mis qu’un extrait.

Même tardive, cette découverte m’a beaucoup plu, et je vous la recommande d’autant plus que le second tome est annoncé pour début avril.

Je ne lui consacrerai sans doute pas un article entier, mais j’en toucherai quelques mots avant ou après l’ouvrage d’Enrico Giacovelli, si celui-ci daigne sortir un jour !

Sinon, j’ai bien autre chose dans mes étagères, que j’ajouterai en fonction du temps que j’ai, soit à la fin de cet article d’ici la fin du mois, soit dans le prochain.

Avant de me plonger dans la semaine de la presse et ses multiples séances, je vous laisse confortablement installés en compagnie de Gaston, qui vous bercera jusqu’au prochain article #profdoc !

À bientôt !

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Un rallye librairie : pourquoi pas ?

bibliotheque-chat

Depuis un petit moment, inspirée par ma blogueuse de Berlin, je prévois, j’annonce et je promets un article sur la lecture et sur les librairies. J’ai commencé à y réfléchir fin novembre, mais, une chose en amenant une autre, un projet succédant à un autre, j’ai repoussé lectures et librairies de semaines en semaines… jusqu’à aujourd’hui. Mais la fréquentation des librairies étant généralement antérieure à l’activité de lecture, je me concentre sur les premières et repousse à nouveau la seconde.

J’en profite : j’ai envoyé aujourd’hui par mail mon Buzz de Mermoz pour la semaine suivante, mon exposition pour la journée de l’amitié franco-allemande est prête et déjà consultée par les premiers élèves, et je ne peux pas mettre à jour mon portail E-SIDOC en raison d’une opération de maintenance. Je peux donc me consacrer à ce rallye librairies. Les principales librairies que j’ai fréquenté jusqu’à maintenant sont soit seine-et-marnaises, soit parisiennes.

On peut penser beaucoup de choses sur Melun : personnellement, je l’ai toujours trouvée sinistre comme ville. Si j’essaye de faire abstraction de cet a priori, je dirais juste que je la trouve beaucoup moins vivante, comme ville « de province », que Fontainebleau, alors que Melun est une préfecture. Cependant, s’il y a quelque chose qui me plait à Melun, ce sont deux de ses librairies : la librairie Pollen, et la librairie L’Escalier.

Pour L’Escalier, c’est à la fois la configuration des lieux, et l’accueil, agréable et de bon conseil, qui me plaisent. Elle est située dans le centre-ville, juste à côté de l’église Saint Aspais. Il faut monter quelques marches, et l’on se retrouve dans un petit univers sur deux étages. Je n’ai d’ailleurs jamais compris si le nom « L’Escalier », c’était à cause des quelques marches, ou à cause de l’escalier en colimaçon qui permet d’accéder au rayon des beaux livres, au premier.

Pour Pollen, c’est davantage une question de coup d’oeil et de curiosité. Je ne connais pas énormément de librairies qui se trouvent sur des péniches. Rien que pour ça, il faut aller y faire un tour.

Il aurait fallu aussi parler de la Bande des six nez, une librairie spécialisée en BD, également située à Melun, mais l’accueil n’y est pas très sympathique (on se demande si le gérant veut faire des affaires)… je préfère parler d’une autre librairie spécialisée BD, que j’ai déjà mentionnée, et qui, elle, se trouve à Paris :

Bulles en tête

Il s’agit de Bulles en tête, située rue des Dames, juste derrière le boulevard des Batignolles, métro Rome. Non seulement le fond est impressionnant, elle est incroyablement bien fournie, mais les vendeurs y sont super sympas et donnent d’excellents conseils. Il m’est déjà arrivé de ressortir avec quatre ou cinq bandes dessinées. Au sous-sol, il y a des expositions d’affiches et de dessins. Pour plus d’infos, voir sur la page Facebook de la librairie et leur site Internet.

L’une de mes découvertes récentes, c’est la librairie L’antre monde, rue du Chemin vert, métro Père Lachaise. Elle est spécialisée science fiction, fantasy et ésotérisme. Une vraie mine d’or pour les passionnés. Un temple dédié à George Martin, Philip K Dick, Asimov, Terry Pratchett, Bram Stoker et tant d’autres… Elle est gérée par une libraire très dynamique et qui adore papoter (ou en tout cas qui préfère papoter que prendre sa pause déjeuner). Plus d’infos là encore sur sa page Facebook, sur son site Internet et sur son blog.

Pour les cinéphiles comme moi, il y a aussi la librairie de la Cinémathèque française et l’inévitable librairie Ciné Reflet, rue Monsieur le Prince, à deux pas de la Sorbonne. Si jamais vous voulez dénicher une rareté cinématographique (les aventures d’Antoine Doinel, introuvable ailleurs), allez-y, laissez votre numéro. Dès que le libraire aura mis la main sur la perle rare qui vous fait défaut, il vous passera un coup de fil. Ne pas y aller si l’on veut faire des économies.

En librairie anglophone, il y a bien-sûr Shakespeare and Company, sur les quais juste en face de Notre Dame, que l’on aime pour son côté fouillis et pêle-mêle. Mais je lui ai toujours préféré WH Smith, rue de Rivoli, métro Concorde, où j’avais trouvé une superbe édition de Rebecca, de Daphné du Maurier, et l’autobiographie de Chaplin en VO.

Sinon, en généraliste, parmi les parisiennes, j’en retiens une seule : L’Humeur vagabonde, rue du Poteau dans le 18e. Une librairie qu’on aime surtout pour le nom, et ensuite pour l’accueil, s’il n’a pas changé depuis. Elle se trouve à deux pas de la pizzeria Rossini, rue Damrémont, restaurant tenu par un sosie de Roberto Benigni et sa famille, qui fait selon moi la meilleure cuisine italienne que j’ai pu trouver en France. Vous manquez de soleil en ce moment ? Allez vous acheter un livre à l’Humeur vagabonde et manger des pâtes chez Rossini.

On me demandera : et les librairies de l’Essonne alors ? Je suis en contact avec la librairie Atout Papier de Savigny sur Orge, pour mes commandes, et le gérant est très gentil et efficace. Par contre, je n’ai pas encore réussi à trouver le temps de m’y arrêter pour voir à quoi elle ressemblait.

Voilà, je l’ai fait mon article sur mes librairies fétiches. J’attends l’équivalent berlinois maintenant !

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Les yeux plus gros que le ventre

Après les entrées – foie gras, saumon, fruits de mer en tout genre – les viandes en sauces, après les plateaux de fromage, les montagnes de macarons, et les parts de bûches glacées, après les libations d’alcools en tous genres, du champagne au rhum rapporté de la Réunion et servi en digestif… enfin, c’est le moment de faire une pause. Bonne année 2013, en attendant la galette !

Ayant passé près des trois quarts de ces deux dernières semaines autour d’une table, je ne m’étonne pas, du coup, que mon programme de lecture, lui aussi gargantuesque, ait subi un régime drastique. D’autant que, chose promise, chose due, parmi les cadeaux déposés par Papa Noël, j’ai reçu en majorité des livres. L’attrait de la nouveauté s’est révélé plus fort que la voix de la conscience. Et justement, la plupart de ces livres étant des nouveautés, je n’ai pas résisté au plaisir de les présenter.

Généralement, lorsque l’on veut m’offrir des livres, voilà de quelle manière on s’y prend : soit l’on se réfère à une liste que je fournis (c’est plus prudent, on ne risque pas de m’offrir ce que j’ai déjà), soit avec hardiesse, et presque de l’inconscience, on se lance dans l’inconnu, gardant quand même en tête trois ou quatre lignes de conduite. Pas de livres pour le travail (dans ce domaine là, je ne mélange pas travail et plaisir), mais : cinéma, littérature, bande dessinée. Les livres que l’on m’a offert cette année ont trait au cinéma et à la bande dessinée, et mes proches n’ont suivi aucune liste. Les surprises, c’est chouette aussi.

1°) Cinéma :

Tout feu tout flamme

D’abord un pavé magnifique, très bien illustré, qui s’adresse à la fois aux amateurs et aux connaisseurs : Tout feu tout flamme. C’est, comme l’indique son sous-titre, une « traversée du cinéma français avec Olivier Barrot », éditée aux Cahiers du cinéma. Généralement, les ouvrages des Cahiers du cinéma sont une référence pour les cinéphiles, et ils sont également très bien écrits et illustrés. Celui-ci présente toutes ces qualités. Sa traversée est subjective, non exhaustive, mais captivante, depuis l’invention du cinéma par les frères Lumières jusqu’au succès de The Artist. Une belle trouvaille.

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Tout aussi belle que ce livre plus léger mais tout aussi captivant, consacré à un mythe du cinéma américain : il s’agit de 5e avenue, 5 heures du matin, de Sam Wasson, publié aux éditions Sonatine. Cet ouvrage retrace toute l’histoire du film Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany’s). Pour l’instant, je l’ai juste parcouru, j’en ai lu quelques passages, mais je le conseille à tous les admirateurs de Truman Capote, d’Audrey Hepburn et du cinéma et de la société américaine des années 50-60. Sans doute un livre à emporter en voyage à New-York, pour les chanceux globe-trotters.

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Enfin, un livre hybride et qui servira de transition avec mes bandes dessinées. La personne qui me l’a offert a remarqué chez moi, ces derniers temps, un intérêt croissant pour les personnages de l’univers Marvel – encouragé par l’addiction progressive à la série The big bang theory et par les soirées passées devant X-Men. Il m’a donc offert L’Encyclopédie Marvel : l’encyclopédie complète des personnages de l’univers Marvel. Le livre est très bien fait, un vrai pavé lui aussi : tous les personnages de Marvel y sont référencés, sauf, et c’est la seule chose que je regrette, ceux de Batman et de Superman, qui font l’objet d’une encyclopédie à part (c’est une tentation de plus pour moi). Et cela tombe sous le sens, puisque, comme me l’a aimablement signalé un collègue, ces derniers sont des DC Comics et non des Marvel, ce que mon enthousiasme pour les super-héros avait zappé. Mais bon, on retrouve tous les Avengers, les personnages de Spiderman, et tous les X-Men. De quoi approfondir ses connaissances, avec une histoire complète du personnage, son CV, son parcours et sa carte d’identité.

2°) Bandes dessinées

SCORPION_10

Un classique, du moins pour moi. Le tome 10 des aventures du Scorpion : Au nom du fils. J’adore les histoires de pirates, de bandits, etc. et tout ce qui se rapporte à un arrière-plan historique, avec aventures ou fantastique. Retrouver le Scorpion, son insolence et son petit côté sulfureux (quand je pense qu’une élève a traité un des livres du CDI de « pornographie » parce qu’il y avait le mot zizi dedans, et quelques allusions à la chose, je me dis qu’il n’en faut pas beaucoup pour les émouvoir), c’est comme retrouver L’Epervier, Barracuda, De Capes et de crocs ou Long John Silver : ça se dévore.

7PISTOLEROS

Enfin, une petite découverte de la série des sept : Sept pistoleros. Cette BD est un hommage aux westerns : sept bandits retraités sont choisis comme appâts par des bureaucrates de l’est pour nettoyer l’ouest de toute sa faune indésirable. Scénario bien mené, références appuyées à Clint Eastwood et à d’autres, et une scène culte en hommage aux Tontons flingueurs. J’avais déjà beaucoup aimé dans la même série les Sept missionnaires. Celui-ci se dévore moins, il se savoure davantage.

Voilà, Papa Noël a été généreux en livres cette année (mais il l’est toujours). Comment, un sujet sur les librairies ? Ah oui c’est vrai, ça vient, ça vient…

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Le quotient émotionnel

Aujourd’hui, je devais accompagner, avec trois autres collègues, deux classes à une séance de cinéma, dans le cadre du dispositif Collège au cinéma. Ce dispositif permet aux élèves de découvrir trois films dans l’année, qu’on leur fait étudier en détails, en partenariat avec les cinémas locaux. Pour plus de précisions, voir le site du CNC.

Pour des raisons logistiques que je n’approfondirais pas – en gros, vive les compagnies de bus et leur manque d’organisation – il a fallu improviser une séance de secours dans la plus grande salle du collège, équipée d’un TNI (tableau numérique interactif) et d’un vidéoprojecteur, grâce à un collègue habitant à proximité et possédant le DVD du film que les élèves étaient censés regarder, ceci au mépris des questions de droit. Il fallait trouver une solution, on a fait ce qu’on a pu.

Le film concerné : Le Tombeau des lucioles de Isao Takahata, sorti en 1996. C’est un film très émouvant, que je n’avais jamais vu jusque là, et beaucoup des personnes à qui j’en avais parlé me disaient avoir été bouleversées par cette histoire :

le tombeau des lucioles

Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, un adolescent de quatorze ans et sa petite soeur de quatre ans, Setsuko, orphelins, vont s’installer chez leur tante à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait comprendre qu’ils sont une gêne pour la famille et doivent mériter leur riz quotidien. Seita décide de partir avec sa petite soeur. Ils se réfugient dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais bientôt la nourriture commence cruellement à manquer.

Après la projection, je discutais avec un collègue de l’importance, chez les Japonais, de l’imaginaire des catastrophes. Lors du tsunami, je me souviens de l’intervention d’un libraire spécialiste en bandes dessinées qui expliquait l’omniprésence des catastrophes naturelles et des apocalypses dans les mangas par le traumatisme des deux bombes atomiques. Il pensait notamment à ce manga consacré à un survivant, Gen d’Hiroshima. Mais même dans les mangas de science-fiction, comme 20th century boys, on retrouve cette thématique de fin du monde, et l’on peut faire remonter cela à la peinture japonaise, en particulier celle de Katsushika Hokusai :

The_Great_Wave_off_Kanagawa

La particularité du Tombeau des lucioles, comme de la plupart des films que je connaisse des studios Ghibli, c’est, pour faire front aux situations dramatiques ou effrayantes, l’usage permanent de la poésie et de la mélancolie. C’est ce que j’apprécie surtout dans les films d’Hayao Miyazaki, notamment Le Voyage de Chihiro et Le Château ambulant.

Dans le Tombeau des lucioles, le temps est comme suspendu : on redoute la catastrophe, on l’anticipe, mais elle se produit avec douceur, et c’est ce qui rend l’émotion encore plus insoutenable. L’histoire de ces deux enfants confrontés à l’absurdité des bombardements et à la malnutrition, obligés de survivre et de voler, c’est l’histoire de Europa Europa (un jeune garçon juif et son errance dans l’Europe dominée par Staline et Hitler), de Jeux interdits (une petite fille survivante de l’Exode qui trouve refuge chez des fermiers), mais c’est une histoire transfigurée par la beauté des lumières et des paysages.

Et cela m’amène à ma question : la manière dont les ados gèrent l’émotion, en dehors d’une salle de cinéma, dans le noir et le silence – ce qui aurait été un tout autre contexte. Extérieurement, on dirait qu’ils ont le quotient émotionnel d’un tas de briques, et certaines situations qui nous paraissent insupportables les font rire : des morts, des bombardements, des explosions, des enfants obligés de se prendre en charge, de se nourrir, d’avancer… Sur le moment, c’est vrai, je ne comprends pas leurs réactions, j’ai même du mal à y voir une manière de se protéger ou une forme de pudeur.

Mais ce quotient émotionnel varie selon la situation et le contexte, et les échelons intermédiaires sont nombreux lorsque l’on décide d’un film qu’il fait réfléchir ou qu’il est bouleversant. Le même film à quelques mois d’intervalle me paraîtra l’un ou l’autre.

Ces infimes variations peuvent-elles tout expliquer ou tout excuser, je ne pense pas. Mais sans doute manifester une émotion quelconque, la reconnaître et l’assumer nécessite davantage de maturité que je ne le croyais…

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Tenir salon

rat-de-bibliotheque

Jusqu’à hier se tenait à Montreuil le Salon du livre et de la presse jeunesse, avec comme thématique l’aventure. Ce salon a lieu tous les ans à l’automne, et il fait partie de certaines de ces rencontres et manifestations qui sont des passages obligés pour les professeurs documentalistes, les autres étant :

  • le festival international de la bande dessinée, à Angoulême (faut pouvoir y aller) du 31 janvier au 3 février 2013. En 2013, ce sera la 40e édition de ce festival. La sélection officielle et le programme sont déjà disponibles à cette adresse, ainsi que les accréditations, pour les petits chanceux !
  • le salon du livre, du 22 au 25 mars 2013, à la porte de Versailles. Pour les infos, la liste des auteurs présents (site progressivement mis à jour), c’est par ici.
  • la Semaine de la presse et des médias à l’école (cette année du 25 au 30 mars 2013, avec pour thème « Des images pour informer »). Cette semaine est l’une des occasions de sensibiliser les élèves à la lecture critique des médias, du journal papier à la presse en ligne, en passant par la télévision. Pendant cette semaine, les centres de documentation réceptionnent des journaux et des magazines gratuitement, reçoivent de la documentation pédagogique et peuvent travailler en partenariat avec les professionnels des médias.

En ce qui concerne Montreuil, c’est la 2e fois que je m’y rend. Je l’apprécie surtout parce que, contrairement au salon de la porte de Versailles, j’ai davantage l’impression qu’il est à taille humaine. La seule chose qui me chiffonne un peu, c’est la date : le budget des établissements étant établi sur l’année civile, et non sur l’année scolaire, je trouve difficile de faire des dépenses à cette période de l’année, ce même budget étant généralement déjà clos. J’ai donc récupéré un petit lot de catalogue d’éditeurs, pour me donner des idées d’achats dès qu’il y aura à nouveau des sous.

Par contre, je ne pense pas avoir encore suffisamment de bons réflexes. Lorsque l’on va dans ces salons, on en prend plein les mirettes, c’est un vrai supplice de Tantale. Mais ce que j’ai rapporté n’est pas ce qu’on peut faire de mieux en matière d’originalité : je me suis contentée des dernières demandes des élèves sur le cahier de suggestions – en effet, sur mon bureau, ils peuvent me dire ce qu’ils aimeraient trouver au CDI. J’ai donc rapporté le tome 5 d’Aya de Yopougon :

aya de yopougon

Cette bande dessinée plait beaucoup aux élèves. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’une jeune fille de 19 ans, vivant à Abidjan, à la fin des années 70. Généralement à la fin du volume on trouve des petites infos comme un lexique de vocabulaire et des recettes de cuisine. J’ai pris le tome 5, qui manquait, avant de pouvoir acheter le tome 6, qui est le dernier paru.

Autre achat BD qui m’était réclamé avec insistance, et qui, lui, est une nouveauté, le tome 6 de Lou :

Lou

C’est l’histoire d’une petite fille et de ses aventures, et qui plait beaucoup aux filles, évidemment, comme Maïa ou Les Nombrils (même si ces dernières sont aussi pas mal consultées par les garçons). Les élèves attendent d’ailleurs impatiemment la suite.

La petite tentative de faire lire autre chose, pas forcément une nouveauté, s’est traduite chez moi par l’achat d’un roman de Terry Pratchett : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants, que j’ai achetée aux éditions L’Atalante (j’aime beaucoup cette maison d’édition dont j’ai d’ailleurs embarqué le catalogue).

Le fabuleux Maurice

C’est une réécriture du joueur de flûte de Hamelin, avec l’esprit délirant et plein d’humour de Terry Pratchett. Malheureusement, pour l’instant, il n’a pas tenté d’amateurs, mais je ne désespère pas, sachant que ma lectrice la plus fidèle, une petite sixième, est en ce moment plongée dans L’Etrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman.

Voilà pour mes achats, et pour ma visite, qui était tout de même un peu trop expédiée à mon goût, mais j’entends réparer cela l’année prochaine. En effet, j’aime prendre mon temps pour préparer et installer les choses, j’aime quand elles sont bien peaufinées, j’attends donc avec impatience de pouvoir organiser une sortie et une rencontre dès l’année prochaine, avec collègues et élèves.

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