Etiquette d'archives: Hayao Miyazaki

Promenade cinéphile d’automne

Avant de parler sur ce site (il faut que je m’habitue, même si l’en-tête reste toujours « blog ») de calendrier de l’avent, de stage, de formation à la recherche et de désinformation, voici une petite promenade parmi mes lectures cinéphiles de cet automne.

Cet article ne sera pas forcément très long, en effet je compte publier un dernier compte-rendu de lecture début décembre, consacré comme il se doit à Star Wars (puisque nous verrons une dernière fois sur grand écran une Carrie Fisher épargnée d’un double numérique…).

Collection BFI / Akileos : la suite

Durant une bonne partie du mois de novembre, j’ai poursuivi mes lectures de la collection du British Film Institute, traduite et publiée chez Akileos.

Après Rio Bravo, que j’avais adoré, et Retour vers le futur, qui m’a quelque peu laissée sur ma faim, je me suis plongée dans les deux livraisons suivantes (je garde celle consacrée à Star Wars pour mon mini compte-rendu de décembre, vous l’aurez compris…).

Ces deux livraisons étaient, dans le désordre (puisqu’elles sont numérotées 6 et 9 dans la collection) : Le Voyage de Chihiro, de Andrew Osmond et Blade Runner, de Scott Bukatman.

Les deux lectures, chacune à leur manière, m’ont emballée et m’ont plongée dans l’univers cinématographique de ces deux films, aussi différents soient-ils, à la perfection !

  • Le Voyage de Chihiro

Comme avant pu le faire plus succinctement l’ouvrage consacré aux studios Ghibli dont j’ai parlé plus tôt dans l’année, le petit livre d’Andrew Osmond revient sur la genèse du film, en s’attardant davantage sur les influences de Miyazaki.

Évidemment, cela n’enlève rien à la qualité du premier ouvrage, car il analysait chacun des films du studio, quand celui publié chez Akileos se concentre sur Chihiro.

Osmond alterne l’étude de certaines scènes du film (la fameuse scène dans le train), les influences de Miyazaki (dont Alice au pays des merveilles, Le Roi et l’oiseau…) la genèse du film, la production, les méthodes de travail du réalisateur et l’ambiance des studios, la réception du film enfin, une sorte de rêve éveillé quelque peu décousu, mais auquel le rêveur adhère tout même à chaque instant, en pleine connaissance de cause.

En effet, Osmond revient sur certaines incohérences du scénario, qui ont déconcerté les critiques à la sortie du film. Il n’en demeure pas moins que Chihiro reste un bijou, un morceau de rêve dans lequel j’ai eu envie de me replonger dès ma lecture achevée.

Ce n’est pas mon Miyazaki de prédilection. Je lui ai longtemps préféré Le Château ambulant, dont la copie en DVD a fini par souffrir à force d’être regardée, et dont j’adore les personnages secondaires : Navet et Calcifer. Et j’ai un faible pour Porco Rosso, que j’ai découvert à la sortie du dernier Miyazaki, Le Vent se lève.

Mais revenons-en à ce petit livre. Ce qui intéresse surtout Osmond, c’est le personnage de Chihiro à proprement parler, son évolution, d’une adolescente grincheuse et renfermée en aventurière.

L’évocation suit Chihiro pas à pas, et c’est aussi ce qui donne envie de revoir le film et son univers foisonnant, ses bains et ses chaufferies, ses repas gargantuesques, le vieux Kamaji et ses noiraudes, son sans-visage, les employés grenouilles, Bô, les trois têtes bondissantes, Yubaba et Haku…

Voilà pour cette première lecture.

  • Blade Runner

L’autre ouvrage publié en octobre / novembre par Akileos est Blade Runner, de Scott Bukatman.

Même plaisir à la lecture, même envie – pas encore réalisée cependant – de revoir le film (même si depuis, j’ai vu et apprécié la suite, Blade Runner 2049, réalisée par Denis Villeneuve.

L’analyse de Scott Bukatman m’a fait penser à un livre que j’ai eu l’occasion de découvrir il y a plusieurs années, et je me suis demandée d’ailleurs si l’auteur n’y avait pas participé…

Il s’agissait de La Ville au cinéma, une encyclopédie publiée par Les Cahiers du cinéma, sous la direction de Thierry Jousse et Thierry Paquot.

Pourquoi ai-je pensé cela, alors que finalement, ce n’était pas le cas ? Parce que Scott Bukatman accorde une grande place dans son analyse à la façon dont la ville est filmée dans Blade Runner.

Autre film, autre voyage… et dont les évocations entrainent le lecteur, au-delà d’une ville toute en contrastes, brumes, obscurités et lumières, vers d’autres lieux et d’autres lectures.

On y suit le tournage évidemment, on y retrouve Fritz Lang et son Metropolis comme l’une des sources d’inspiration, mais on s’attache aussi aux pas des réplicants, entre vie et illusion, à nouveau rêve et réalité, cinéma et vérité.

Pour ce mois de novembre, voici donc deux belles lectures et deux escapades dans des mondes mi-rêvés mi-cauchemardés.

Et si on parlait de Clouzot ?

Enfin ma dernière lecture de novembre n’en est pas une. Je ne l’ai même pas commencée. Il s’agirait presque de ce qu’on pourrait appeler une erreur de casting.

Cette fin d’année a été l’occasion de rendre hommage au cinéaste Henri-Georges Clouzot, disparu en 1977. Cela a donné lieu à des rétrospectives et des publications.

En tant que cinéaste, mais également par sa personnalité, Clouzot m’a toujours fascinée.

J’ai adoré les quelques films que j’ai pu voir de lui : Quai des orfèvres, Le Corbeau et surtout Les Diaboliques.

Je garde en mémoire cette anecdote d’une spectatrice parlant à Hitchcock, à peu près en ces termes :

« Depuis que j’ai vu Les Diaboliques, je ne peux plus prendre de bain. Maintenant que j’ai vu Psychose, je ne peux plus prendre de douche. Que me suggérez-vous ? »

Réponse sans appel d’Hitchcock : « Le nettoyage à sec. »

J’ai donc cherché parmi les publications récentes quelque chose qui me raconte à la fois la vie de Clouzot, et qui me donne un aperçu, avec une iconographie relativement riche, de sa filmographie.

Le livre que j’ai trouvé est certainement un excellent livre, Le Mystère Clouzot, publié par la Cinémathèque française. Mais les auteurs axent leur analyse de Clouzot autour d’un film que je n’ai pas vu, Le Mystère Picasso.

Je ne peux donc ni parler correctement du film, ni, à plus forte raison, parler correctement du livre.

Il faudra que je vois ce film ou que je trouve autre chose, sur Clouzot, à me mettre sous la dent.

En attendant, je vous souhaite un bon mois de décembre, je vous parlerai très prochainement de deux petits ouvrages très intéressants sur Star Wars, avant mon compte-rendu #profdoc de mes activités entre le 27 novembre et le 22 décembre.

À bientôt sur Cinephiledoc.com !

Laisser un commentaire

Classé dans Bibliothèque cinéphile

Retour en enfances

Pour ce compte-rendu cinéphile du mois d’avril, je vous propose une exposition, deux livres et un coffret qui ont tous en commun de mettre les enfants à l’honneur.

Contrairement à un précédent article, dans lequel il s’agissait de retrouver, derrière le personnage, l’enfant devenu adulte qui l’avait incarné, ce sont cette fois les visages fictifs qui auront la part belle.

Depuis le 29 mars, en effet, la Cinémathèque française propose une exposition, « Mômes & Cie », et j’ai pris l’habitude d’attendre ces expos avec impatience et de vous en faire un compte-rendu sur ce blog.

Pour préparer cette visite – et cet article – je me suis demandée qui incarnait pour moi le mieux un enfant au cinéma. J’ai écarté les grands classiques, non pas volontairement, mais parce que j’ai pu suffisamment en parler dans d’autres articles.

J’ai laissé le Kid avec Charlot, Antoine Doinel avec son copain René, et tous les personnages de dessins animés, pour les retrouver peut-être un peu plus tard.

Et j’ai préféré laisser la place à Toto, qui pour moi reste à la fois l’un des enfants les plus espiègles du cinéma italien, avec sa petite bouille malicieuse, et véritablement l’enfance de ma propre cinéphilie…

Évidemment, c’est toujours particulier d’entendre Philippe Noiret doublé en italien, mais la magie reste la même… Un gamin minuscule, qui aime le cinéma comme un fou, qui nous fait découvrir tout un pan du cinéma international de 1945 à 1980 (je taille large) et qui ne se doute pas de sa propre vocation.

J’ai repensé aussi au film collectif Enfances, sorti en 2007 et racontant l’enfance de six grands réalisateurs (Hitchcock, Bergman, Tati, Renoir, Welles, Fritz Lang)… je me suis dit que j’aimerais qu’un jour, ce petit bijou sorte en DVD…

Fidèle à mon habitude et avec ces visages en tête, je suis allée voir l’expo de la Cinémathèque.

Mômes et Cie

Le matin même du jour où j’avais décidé de respecter cette tradition cinémathécale (adjectif en cours de définition avec Léo Paget), la chronique PopNCo de Rebecca Manzoni sur France Inter, consacrée à E.T., m’avait mise dans le bain.

https://www.franceinter.fr/emissions/pop-co/pop-co-12-avril-2017

J’ai profité d’un temps quasi estival pour venir à cette expo, et en arrivant à Bibliothèque François Mitterrand, j’ai marché jusqu’au parc de Bercy, ce qui m’a permis de tomber directement sur l’entrée de la cinémathèque :

Je n’ai pas pris beaucoup de photos à l’intérieur : comme une friandise, l’exposition se savoure, se déguste avec les yeux, assis ou allongés par terre.

Dans les différentes salles, les différentes émotions de Vice-versa, moins le dégoût et plus le courage. Un grand écran, des décors minimalistes. La première salle dans laquelle on débouche, c’est la Joie, et j’ai été accueillie par le Kid.

Tout de suite on est saisi. Des grandes salles avec les émotions, des plus petites salles annexes avec des photos, affiches, citations. Quelques costumes, comme la robe couleur de lune de Peau d’âne et la robe du magicien du Voyage dans la lune de Méliès. Un Nimbus 2000 flottant dans les airs.

Pour finir une dernière salle, « À vous de jouer », avec un grand mur à crayonner à la craie, Kirikou sortant de la brousse, une lanterne magique, Persepolis à faire défiler.

Simplement, efficacement, cette exposition pour les enfants et ceux qui le sont restés, vous ramènent directement en enfance. Je n’ai pas regretté le voyage, loin de là.

Et cette fois-ci, j’ai cédé à la tentation et ai pris le catalogue de l’exposition.

1001 visages, 1001 prénoms…

Vous me direz, je n’ai pas compté…

C’est un beau livre qui appelle à la nostalgie, ce catalogue d’exposition. Enfance et cinéma : d’Antoine à Zazie a été co-édité par les éditions Actes Sud et la Cinémathèque française, et est paru en mars 2017.

L’essentiel de l’ouvrage est pensé comme un abécédaire, qui ne commence pas tout à fait à Antoine et ne finit pas tout à fait à Zazie. Comme de juste pour une publication de la Cinémathèque, il s’ouvre sur une préface de son président, Costa-Gavras, et de son directeur général, Frédéric Bonnaud.

Suivent trois témoignages de cinéastes : Christophe Honoré, Michel Ocelot et Nicolas Philibert, ainsi qu’une très belle citation de François Truffaut, présence tutélaire et indispensable, puisque réalisateur des Quatre cents coups, de L’argent de poche et de L’Enfant sauvage.

Le lecteur ne sera donc pas étonné de retrouver Antoine Doinel – car Antoine ne peut être (presque) que lui – Victor, Julien ou Patrick en tournant les pages…

Quelques impressions au fil des pages…

Retrouver Alexandre, avec son théâtre de marionnettes et sa lanterne magique, son air à la fois lunaire et boudeur, et se souvenir de la découverte pas si lointaine de Fanny et Alexandre, d’Ingmar Bergman.

Voir évoquée la Alice de Alice au pays des merveilles et se dire que, même si chez Tim Burton, c’est Alan Rickman qui fait la voix de la chenille, c’est tout même le Disney que je préfère…

Se dire que c’est logique que ce soit Serge Toubiana qui signe le texte sur Antoine Doinel…

Sourire en lisant le texte de Mathieu Macheret sur le Voyage de Chihiro, parce qu’il fallait bien qu’il y ait un film de Miyazaki dans le lot.

Frissonner en repensant à Sixième sens et à cette réplique mémorable « Je vois des gens qui sont morts ».

Suivre Harry Potter des romans de J.K. Rowling à la saga cinématographique avec Christophe Honoré.

Fredonner « A spoonful of sugar » et espérer que son bureau se range tout seul, comme la chambre de Jane et Michael dans Mary Poppins.

Se rappeler la première fois où l’enfance passe de l’insouciance à l’horreur dans Au revoir les enfants

Avec Charlot, courir sur les toits pour retrouver le Kid, ramassé par les services sociaux.

Revoir Persepolis.

En tombant sur Matilda, croire avoir affaire à l’adaptation du roman de Roald Dahl alors qu’il s’agit d’un film de Paul Newman…

Se remettre du choc de la petite Paulette orpheline de Jeux interdits, et de cette musique hypnotique à la guitare.

Éclater de rire à la mine quelque peu alcoolisée de Petit Gibus dans La Guerre des boutons d’Yves Robert (et pas les remakes ultérieurs).

Voir avec plaisir un film de Wes Anderson représenté : Moonrise Kingdom.

Refermer le livre avec le dialogue entre Gabrielle Sébire, commissaire de l’exposition, et Patrick Bouchain, son directeur artistique.

Que dire de plus ?

Comme la plupart des catalogues d’exposition de la Cinémathèque, il s’agit là d’un très bel ouvrage, pensé comme une galerie de portraits.

Justement, le seul petit regret serait que des photos, j’aurais aimé en avoir plus, et c’est une surprise, cette étonnante sobriété dans un ouvrage sur les enfants au cinéma. Mais c’est un regret qui s’oublie vite, tant le livre suscite en lui-même d’images et de souvenirs…

Il m’a d’ailleurs immédiatement fait penser à un autre ouvrage que je venais d’acheter…

Chihiro, Totoro, Mononoké

La mode est aux documentaires consacrés aux films d’animations, pas seulement en livres, mais aussi en vidéo.

Dans les rayons des librairies, est-ce la célébration d’un anniversaire quelconque, mais on retrouve un certain nombre de livres sur l’univers Disney (et j’espère qu’un jour, Taschen éditera en format poche le très beau livre qu’il a consacré aux archives Disney).

Plusieurs fois, la chaîne Arte a diffusé un magnifique documentaire sur Walt Disney, en deux parties. Je n’ai pas trouvé de vidéo d’extrait, et ce documentaire n’existe (pour l’instant ?) pas en DVD, mais voici le lien vers sa version VOD sur le site de la chaîne :

http://boutique.arte.tv/f10870-walt_disney_deux_parties

Il fallait bien que les studios Ghibli fassent eux aussi l’objet d’un documentaire – même si par le passé, au moins un beau livre consacré à Miyazaki avait été publié.

C’est le cas ici, et je rassure tout de suite les économes, voici qui vous donnera un bel aperçu, exhaustif et à la hauteur, des studios Ghibli.

Hommage au studio Ghibli : les artisans du rêve est un ouvrage collectif publié en mars 2017 et co-édité par Ynnis et Animeland.

Le livre, agréable et coloré, s’ouvre sur les biographies des deux membres fondateurs du studio : Hayao Miyazaki et Isao Takahata.

S’ensuit une présentation succincte mais complète de la genèse de Ghibli et de ses premières oeuvres : Nausicaä et Le Château dans le ciel. Puis l’ouvrage se contente de suivre la chronologie et les productions successives, de manière simple et efficace, avec pour chaque période, une page d’introduction :

Totoro et le Tombeau des lucioles, sortis simultanément, Kiki la petite sorcière, les « années fastes » avec notamment Porco Rosso et Princesse Mononoké, le « sacre de Miyazaki » avec Le Voyage de Chihiro et Le Château ambulant (mon préféré),

la relève puis le retour de Miyazaki avec Le Vent se lève.

Après l’étude des oeuvres les plus récentes, viennent l’interview de trois anciens animateurs des studios, tout un chapitre sur l’univers musical de Ghibli, avec un compositeur emblématique : Joe Hisaishi, des articles qui étudient le style, les personnages féminins, l’univers étendu (musée, exposition, produits dérivés), et enfin une vingtaine de pages d’illustrations hommages.

En 130 pages, ce petit livre réussit avec élégance et virtuosité son hommage à l’univers Ghibli et se révèle un indispensable pour tous les amoureux du studio. Non seulement, il donne envie de revoir tous les films les uns après les autres, mais il n’oublie pas de rappeler l’influence d’un film en particulier sur Miyazaki et Takahata : Le Roi et l’oiseau, de Paul Grimault et Jacques Prévert.

Détail ? Pas si je veux vous toucher un dernier mot d’un coffret déniché dans une de nos grandes enseignes…

Le Roi et l’oiseau, encore et toujours

Le 11 avril, il y a 40 ans, disparaissait Jacques Prévert. Est-ce la raison pour laquelle ce coffret était en vente ? Pas que je sache…

© Gebeka Films

Prévert, c’est l’oiseau, impertinent, qui fait fi de la royauté, poète et libérateur. Le Roi et l’oiseau est sorti deux ans après la mort de Prévert, et il a tout d’une oeuvre testamentaire, prenante, émouvante et inoubliable.

Pour ceux qui souhaiterait découvrir ou redécouvrir l’une des plus belles contributions du poète au cinéma (avec Les Enfants du Paradis), guettez ce coffret, vous y trouverez évidemment le film, des documentaires, la bande originale, des facs-similés, des partitions et l’affiche du film entre autres…

Et pour ceux qui souhaiteraient d’abord en savoir plus, quoi de mieux qu’un numéro de Blow Up :

Espérant avoir réveillé votre âme d’enfant avec toutes ces images, je vous dis à bientôt sur Cinéphiledoc !

Laisser un commentaire

Classé dans Bibliothèque cinéphile

Hors-série 2-2015 : cinéma asiatique

Après un petit intermède de lectures historiques, voici le deuxième hors-série de l’été de Cinephiledoc. Après le cinéma hispanique traité dans l’article précédent (et qui était surtout l’occasion de parler de Pedro Almodóvar), ce nouvel article sera consacré, vous l’aurez compris, au cinéma asiatique.

HORS-SÉRIE

Comme pour le cinéma espagnol, je proposerai un certain nombre de références principales :

  • livres (ceux que j’ai choisis et ceux que j’aurais pu choisir) ;
  • sites internet, articles et classements.

Enfin, à chaque fin d’article, je donnerai trois suggestions de films sur le sujet, en tentant également de proposer un film ayant un regard extérieur sur le sujet, à savoir l’Asie vu par l’œil d’un cinéaste d’un autre continent.

Cinéma asiatique

Évidemment, lorsque l’on me parle de cinéma asiatique, la première image qui me vient en tête, c’est – en plus des anime japonais que je regardais à la télévision étant petite :

le seul film chinois (ou pour être exacte, américano-taiwanais) que je suis allée voir au cinéma à l’époque, Tigre et dragon. En effet, comme l’explique la référence principale que j’ai choisie pour cet article :

Détesté ou aimé, Tigre et dragon est souvent le seul film « chinois » que le grand public cite. Il symbolise l’entrée de la tradition chinoise dans le cinéma commercial international.

J’avais adoré la délicatesse de ce film, ses décors, les guerriers virevoltants, et les deux acteurs principaux, Chow Yun-fat et Michelle Yeoh.

Je n’ai pas retrouvé mes scènes préférées sur YouTube, je me contente donc de l’extrait ci-dessus.

Depuis ces premiers souvenirs, ma vision du cinéma asiatique s’est quelque peu enrichie, même s’il reste, bien entendu, de nombreux manques. L’ouvrage principal que j’ai choisi pour cet article permet au néophyte ou à l’amoureux du cinéma asiatique une très bonne vision d’ensemble bien qu’il date déjà de 2008.

Quel livre choisir ?

Cela fait plusieurs mois que je recherchais une référence sur le sujet : soit un livre sur le cinéma japonais (c’était ma première idée, et le livre recherché était le suivant :

Le_cinema_japonais

soit un livre plus précisément sur Hayao Miyazaki :

miyazaki

Finalement, n’ayant pas réussi à me procurer le premier, et m’étant arrêté sur un sujet beaucoup plus large que le second, à savoir le cinéma asiatique, c’est le livre ci-dessous que j’ai choisi :

dictionnaire cinéma asiatique

Il s’agit du Dictionnaire du cinéma asiatique, publié aux éditions Nouveau monde sous la direction d’Adrien Gombaud : une somme de plus de 600 pages (une belle bête qui, certes, ne rentrera pas dans votre sac de plage, mais vous fera agréablement voyager si vous restez chez vous).

En effet, comme le précise la quatrième de couverture, en plus de 400 entrées et 600 photos, ce dictionnaire propose un tour d’horizon de cet univers cinématographique des plus riches que constitue le continent asiatique dans son ensemble.

Des pays, des formes et des visages

Dans son introduction, Adrien Gombaud rappelle la complexité et la diversité de ce cinéma par le seul titre qu’il lui donne : « Cinéma asiatique / Cinémas d’Asie », mais également par ces quelques lignes :

Nous ne sommes pas géographes et nous n’avons pas voulu dresser une carte d’état-major. Ce parcours est beaucoup plus buissonnier. Il épouse un large espace qu’en Occident nous désignons couramment par « cinéma asiatique ». Ce champ s’étend de l’Inde au Japon à l’est et à l’Indonésie au sud. Une approche plus rigoureusement scientifique du mot « Asie » nous aurait valu d’inclure des pays aussi essentiels que la Turque, l’Iran ou Israël. Mais avouez qu’au check-in un tel livre n’aurait pas été admis dans la soute à bagages.

Un peu plus loin, il rappelle :

Sans être exhaustif, ce livre se veut juste une sorte de fil d’Ariane dans l’immensité, un phare à l’horizon. À vous désormais de mettre cap à l’est, par le chemin qu’il vous plaira.

Buissonnier, fil d’Ariane, cap à l’est, et j’en choisis le chemin, tout évoque l’invitation au voyage, et ce dictionnaire tient ses promesses. Bien qu’il ne soit pas géographe, il propose tout de même en fin d’ouvrage une carte du continent, et pour chaque pays, une entrée résumant l’essentiel de son histoire et de son industrie cinématographiques.

On s’en voudrait de reprocher à un tel livre de ne pas être exhaustif, tant son propos est riche, foisonnant et captivant : on y retrouve aussi bien des réalisateurs et des acteurs, que des films, des techniques et des objets déterminants de la culture asiatique.

Le lecteur se familiarisera avec les plus grands films de ce cinéma – le premier mentionné est À l’ouest des rails de Wang Bing, le dernier Voyage à Tokyo d’Ozu Yazujiro. Il découvrira les filmographies d’Akira Kurosawa, d’Ang Lee, de Wong Kar-Wai. Il croisera les stars de Bollywood, Chow Yun-fat, Jackie Chan, Michelle Yeoh, Bruce Lee ou encore Jet Li.

Il apprendra également une foule de détails sur cette culture : l’action director (chorégraphie des scènes d’action), les anime, l’importance des câbles et des trampolines, la représentation des castes indiennes, le chambara (film de samouraï), les studios Ghibli, Godzilla, Hiroshima, les sabres, le sari, le shaolin, les Triades, le wu xia pian (film mêlant action, aventure, suspense, bravoure, romance et fantastique comme Tigre et Dragon) ou enfin les yakuza.

Il oubliera vite qu’il n’y a pas trouvé une entrée consacrée à son film préféré et se laissera guider par le fil d’Ariane, dans un univers tout en couleurs et en contrastes.

Suivre Chihiro dans son voyage

Après mes premiers souvenirs liés aux dessins animés et à Tigre et dragon, l’unique nom qui me vient à l’esprit lorsqu’on m’évoque le cinéma asiatique, c’est celui de Hayao Miyazaki. C’est celui, en tout cas, qui est le plus présent dans ma DVDthèque.

Le premier film que j’ai vu de ce réalisateur était le Château ambulant, dont j’avais adoré les incroyables mécaniques, les décors soignés, et les personnages secondaires irrésistibles – dont le génie du feu, Calcifère :

J’en ai vu bien d’autres depuis, du naturel Princesse Mononoké à l’enfantin Ponyo sur la falaise, jusqu’au dernier, mélancolique et contemplatif Le vent se lève. Hayao Miyazaki nous entraine toujours dans des incroyables voyages, et deux d’entre eux, avec le Château ambulant, complètent mon panthéon personnel. Il s’agit du Voyage de Chihiro, bien entendu :

Le second, que j’ai revu juste avant d’aller au cinéma voir Le Vent se lève, était Porco Rosso :

Partant d’un pays ou d’une culture cinématographique, j’ai une fois de plus digressé vers un réalisateur. M’étant je pense suffisamment arrêté sur ce très beau Dictionnaire du cinéma asiatique, je passe sans tarder aux ressources en ligne que j’ai pu trouver.

Sites, articles et classements

Cinemasie propose une base de données très riche consacrée au cinéma asiatique : 10000 œuvres, 11000 personnalités, l’actualité, des fiches, des revues et des ouvrages sur le sujet, entre autres. http://www.cinemasie.com/fr/

Ciné-Asie est un blog personnel sur l’actualité du cinéma asiatique, disponible à cette adresse : http://www.cine-asie.fr/ Il propose notamment des Top sur le sujet, notamment celui-ci, les 50 films asiatiques qu’il faut avoir vu avant la fin du monde : http://www.cine-asie.fr/2012/06/21/les-50-films-asiatiques-quil-faut-avoir-vu-avant-la-fin-du-monde-15/

Asia-Film.fr est un site dédié à la découverte du cinéma asiatique, proposant des sous-rubriques par pays (et l’une d’elles exclusivement sur le cinéma d’animation), des trailers, des critiques… Bien que le site semble rencontrer quelques problèmes d’accessibilité, j’en donne tout de même l’adresse : http://www.asiafilm.fr/

Wikipédia propose une catégorie consacrée au cinéma asiatique, dans laquelle on peut retrouver les différentes industries et histoires cinématographiques, par sous-continents puis par pays. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_asiatique

Enfin les sites Vodkaster et Sens critique proposent tous deux un classement des meilleurs films asiatiques :

Pour ma part, il est temps de donner les trois films qui m’ont fait faire le plus beau voyage, hormis ceux de Hayao Miyazaki.

Trois chemins vers l’est

Tout d’abord je tiens à m’excuser de présenter quasi exclusivement des films soit chinois, soit japonais, que je connais beaucoup mieux, au détriment d’un cinéma tel que celui de Bollywood. Je profiterai également de cette petite sélection pour évoquer, comme promis, un film proposant un regard extérieur sur l’Asie, et pour ajouter, opportunément, à la suite de cette liste, deux exemples d’anime qui m’ont particulièrement plu dernièrement.

  • Je commence par un film que j’ai déjà évoqué l’an dernier, mais qui m’a résolument marquée par sa beauté, son histoire, ses décors et le jeu de ses acteurs. Il s’agit d’Après la pluie, film de 1999 réalisé par Takashi Koizumi d’après un scénario écrit par Akira Kurosawa, l’histoire captivante d’un samouraï sans maître, dans le Japon du XVIIIe siècle.
  • Le second film, c’est celui que j’ai retenu pour un « regard extérieur », Anna et le roi, d’Andy Tennant avec Jodie Foster et Chow Yun-fat. Ce n’est sans doute pas celui que quelqu’un d’autre aurait retenu, mais je me souviens surtout des couleurs et du choc des cultures, entre Occident et Orient, avec cette rencontre entre une professeur d’anglais et le roi de Siam.
  • Le troisième est mon film d’animation préféré après les films de Miyazaki, Paprika de Satoshi Kon, qui raconte l’invention de machines permettant d’entrer dans les rêves des gens et dont les dessins sont juste magnifiques :

Pour finir, comme promis, voici les deux anime qui me plaisent particulièrement, tant pour leur histoire que pour leur qualité visuelle :

Voilà pour ce petit voyage vers l’est… à très bientôt pour une autre destination !

1 Commentaire

Classé dans Bibliothèque cinéphile

Réalisateurs, à vos actes manqués…

Le film et les hasards de sa fabrication

Aucun film ne montre plus clairement que La Nuit américaine, de François Truffaut – auquel j’avais déjà consacré un article – toutes les motivations humaines, techniques, artistiques et économiques nécessaires à la fabrication d’un film… Aucun film ne montre plus clairement aussi à quel point ces facteurs humains, techniques et économiques peuvent être des obstacles à ce que ce film voie le jour.

Dans ce film sur le tournage d’un film, on perçoit tout ce qui est « sur le fil », tout ce qui est soumis à un ensemble, tout ce qui fait qu’une seule pièce de la mécanique enclenchée peut mettre à mal un équilibre déjà précaire, depuis les moments de découragement du réalisateur :

(…) On peut faire des films avec n’importe quoi. (Il a pris un Nice matin et lit les gros titres de première page) On peut faire un film avec «Kissinger, mission fructueuse»… «La greffe cardiaque»… «Le bijoutier qui blesse sa femme d’un coup de feu»…

jusqu’à la mort accidentelle d’un des éléments clefs du film :

Depuis que je fais du cinéma, j’ai toujours redouté ce qui vient d’arriver : le tournage arrêté par la mort d’un acteur. En même temps qu’Alexandre, toute une époque du cinéma va disparaître. On abandonne les studios, les films se tourneront dans la rue, sans vedette et sans scénario. On ne fera plus de film comme Je vous présente Paméla.

Le livre dont je vais vous parler aujourd’hui présente quelques-uns des plus grands projets avortés du cinéma. Des rêves qui ont marqué l’esprit d’un réalisateur – voire de plusieurs – et qui n’ont jamais pu être portés à l’écran.

Le petit détail dans la préface

Il s’agit de l’ouvrage Les Plus grands films que vous ne verrez jamais, ouvrage dirigé par Simon Braund, écrivain anglo-saxon, et paru en octobre 2013 aux éditions Dunod. C’est un très beau livre, assez dense, bien illustré et agréable à lire, malgré quelques petites incohérences (presque) vite oubliées.

les-plus-grands-films-que-vous-ne-verrez-jamais-simon-braund-editions-dunod

La préface, à partir d’un exemple célèbre qui a failli être abandonné, celui des Dents de la mer, nous confronte au sujet sous un angle captivant :

En plus du plaisir d’imaginer ce que ces films auraient pu donner, on peut se demander, s’ils étaient sortis, quel aurait été leur impact sur la carrière des artistes impliqués et sur l’histoire du cinéma. Prenez par exemple le Napoléon de Kubrick. Le film s’annonçait comme un projet énorme qui aurait occupé Kubrick durant tout le début des années 1970. Ce qui veut dire qu’Orange mécanique (1971), film essentiel pour la vie personnelle et professionnelle de son auteur et pour la culture populaire de l’époque, n’aurait sans doute jamais vu le jour. (…)

D’une certaine façon, les films qui vont vous être présentés permettent d’esquisser une histoire alternative du cinéma. (…)

«Faire un film, c’est comme monter dans une diligence», a dit Steven Spielberg, pensant sans doute aux Dents de la mer. «Au début, vous espérez faire un voyage agréable. Mais au bout d’un moment, vous n’avez plus qu’une seule envie : arriver.» Vous découvrirez ici des films qui ne sont pas arrivés à bon port. (…) Des films, en un mot, qui ont perdu leurs roues, nous laissant errant parmi les débris, à nous demander ce qui se serait passé s’ils étaient arrivés à destination.

Toute la fin de cette longue citation m’a laissé un arrière-goût étrange. Certes, voici une façon superbe de présenter le parti pris d’un ouvrage. Mais ce n’est pas pour rien que j’ai cité ces quelques phrases précisément. Et ce n’est pas pour rien non plus que j’ai mentionné La Nuit américaine au début de cet article. Car, si jamais Spielberg a pu dire une chose pareille à propos des Dents de la mer, film sorti en 1975, il citait – et c’est plus que probable – une phrase de Ferrand, incarné par François Truffaut, dans La Nuit américaine, sortie en 1973 :

Un tournage de film, ça ressemble exactement au trajet d’une diligence au Far West. D’abord, on espère faire un beau voyage et puis très vite on en vient à se demander si on arrivera à destination.

Vous pouvez dire que je pinaille, mais tout de même : rendons à César ce qui est à César. Et à Claude Lacombe ce qui est à Claude Lacombe.

Voyage dans les greniers du cinéma

Il n’en reste pas moins que Les plus grands films que vous ne verrez jamais est un livre captivant, né certainement d’une idée lumineuse : faire connaître les projets les plus fous des maîtres du septième art.

Les films sont présentés chronologiquement, par décennies, depuis le Napoléon rêvé par Charles Chaplin dans les années 20, jusqu’à l’adaptation du roman Potzdamer Platz, qui devait être réalisée par le regretté Tony Scott en 2012.

Toutes les déconvenues, les déceptions, les malchances qui empêchent la sortie d’un film, sont décrites dans cet ouvrage : manque de temps, manque d’argent, incompréhension entre différents univers (artistiques, financiers), mort d’un acteur ou d’un réalisateur…

Le film peut également être arrêté à différents stades de sa fabrication : depuis la simple idée, le simple rêve formulé par le réalisateur, jusqu’au projet quasi achevé, auquel il manque parfois une scène, voire complètement terminé, et qui dort dans des cartons.

Dans ce livre, on retrouve aussi bien le projet qu’un homme a voulu accomplir durant toute sa vie artistique, personnelle et professionnelle, que les réalisateurs «multi-récidivistes» de films que nous ne verront jamais – parmi eux, Hitchcock, Orson Welles ou encore Ridley Scott.

Certains de ces projets sont passés à la postérité dans des circonstances malheureuses : Something’s got to give de George Cukor, interrompu par la mort de Marilyn Monroe, L’Enfer de Clouzot, mettant en scène Romy Schneider et Serge Reggiani, véritable gouffre financier orchestré par un tyran, et stoppé net lorsque Clouzot fait une crise cardiaque. Ou encore le Don Quixote d’Orson Welles et le Voyage de G. Mastorna de Fellini, que j’ai déjà eu l’occasion de mentionner.

Pour chaque film, l’ouvrage raconte la genèse du projet, les étapes de mise en route (scénario, casting, négociations d’un budget, constitutions d’archives…), les obstacles et ce qui a entraîné l’arrêt, plus ou moins brutal, du projet. Pour chacun d’eux, également, a été conçue une affiche fictive – excellente idée qui suscite la tentation de donner une réalité (toute virtuelle) à ce que nous ne verrons jamais.

Exemple d'affiche fictive.  Source : http://www.lesplusgrandsfilms.com

Exemple d’affiche fictive.
Source : http://www.lesplusgrandsfilms.com

À la fin de chaque projet, une note sur 10 correspond à la chance – parfois inexistante – que nous avons d’un jour voir sortir ce film. Généralement cette note ne va pas au-delà de 5, même pour les projets les plus récents. Enfin, les auteurs nous indiquent toujours ce qui a eu lieu «après» pour le réalisateur, les acteurs, les scénaristes, et de quelle manière ce film avorté a pu nourrir leur carrière et la hanter.

Même si cet ouvrage reste mené d’une façon magistrale, on peut regretter qu’il se consacre presque exclusivement à des réalisateurs hollywoodiens et / ou anglo-saxons, malgré quelques exceptions notables : Eisenstein, Bresson, Clouzot, Fellini, Sergio Leone ou Louis Malle (évidemment, ceux qui me connaissent bien, savent que j’aurai aimé qu’on me parle de 00-14, le dernier projet de Truffaut).

Cependant, on ne peut s’empêcher, en refermant ce livre, de rêver à ce qu’aurait pu être ces films qui ne verront jamais la lumière – ainsi l’auteur gagne-t-il son pari :

  • en effet, on ne peut que déplorer l’absence d’un Napoléon tourné par Kubrick, lorsque l’on considère à quel point ce dernier excellait dans les films historiques, tels que Spartacus et Barry Lyndon. Si l’on peut se consoler avec le Napoléon de Guitry – et encore – les productions récentes (avec un Christian Clavier simiesque) ne nous laissent guère d’espoir tant en matière de qualité cinématographique que de fidélité historique… Une seule solution, revoir Barry Lyndon : qualité excellente, et proximité historique de la période napoléonienne !
  • découvrir que Hayao Miyazaki aurait pu réaliser une adaptation de Fifi Brindacier, alors que l’on a passé son enfance devant l’adaptation débilitante pour la télévision, et que Miyazaki a annoncé qu’il arrêtait la réalisation, c’est un crève-coeur, tout de même. En s’émerveillant devant Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro ou Le Château ambulant, on attend également l’ultime projet du maître japonais : Le Vent se lève !

Le vent se lève

  • enfin, même si j’ai adoré Gladiator, je ne regrette absolument pas que la suite n’ait jamais pu sortir, étant donné le scénario délirant sur lequel elle s’appuyait : un Maximus ressuscité d’entre les morts qui vient à la rescousse de chrétiens persécutés. Il est rassurant que Russell Crowe et Ridley Scott se soient tournés vers d’autres horizons cinématographiques.

Bref, ce livre fourmille de films qui auraient pu exister, délirants, exorbitants, passant d’une main à l’autre, dans le labyrinthe des studios et le dédale des formalités administratives et financières, au milieu des conflits d’intérêts et de personnalités.

Mais pour ces quelques chefs d’oeuvres que nous ne verront jamais, combien de films négligeables sortent ou ne sortent pas, combien de merveilles avons-nous raté et combien nous en reste-t-il encore à voir ?

  • Sur le film L’Enfer, de Clouzot, voir le très beau livre de Serge Bromberg, Romy dans L’Enfer, paru en 2009 aux éditions Albin Michel.
  • Sur le dernier projet de Truffaut, 00-14, voir le livre publié par son scénariste Jean Gruault, sous le titre Belle époque, et paru en 1996 chez Gallimard.
  • Sur Orson Welles et ses multiples projets avortés, j’ai déjà eu l’occasion de mentionner le très beau livre que lui a consacré sa fille Chris Welles, ainsi que le très bel ouvrage paru aux éditions des Cahiers du cinéma, Welles au travail, de Jean-Pierre Berthomé et François Thomas.
  • Enfin, sur le retour impossible de Greta Garbo au cinéma, et le magnifique livre que lui avait consacré René de Ceccatty, Un renoncement, voir l’article publié en avril sur Cinephiledoc.

5 Commentaires

Classé dans Bibliothèque cinéphile