Etiquette d'archives: CAPES

Au soleil du CDI…

La fin de l’année approche et, avec elle, les questions inévitables du professeur documentaliste. Le professeur d’histoire, de français, de mathématiques, aura toujours à coeur :

  • la fin de son programme
  • les conseils de classe
  • les bulletins à remplir
  • comment faire tenir tranquilles 30 loustics alors que les manuels ont été rendus depuis une à deux semaines ?

Pour le professeur documentaliste,  les choses sont parfois sensiblement différentes :

  • récupérer tous les livres empruntés
  • finir son bilan d’activités
  • commencer fébrilement son inventaire
  • tout en mettant la dernière main aux projets qui ont attendus patiemment la fin de l’année pour s’organiser…
B. de Souza - Improbables librairies, improbables bibliothèques

B. de Souza – Improbables librairies, improbables bibliothèques

Les affres du petit-déjeuner

J’ai déjà évoqué dans un article précédent ce projet organisé en collaboration avec une collègue de SVT et l’infirmière : l’opération « Petit déjeuner au collège ». Ce projet a connu des retards successifs, des couacs dus à des différences d’emplois du temps. Fin avril, il a enfin démarré : avec une classe de cinquième, il s’agissait de travailler sur l’importance du petit-déjeuner – un comble pour moi qui ai longtemps fait figure de mauvaise élève en la matière.

Les élèves devait faire des exposés à partir de ce thème : « Bien manger le matin, pourquoi ? », « L’hygiène bucco-dentaire », « L’équilibre alimentaire », « Les familles d’aliments », « Petit déjeuner du monde ».

Je me servais de ce projet pour étudier avec les élèves la notion de copier-coller et la structure d’un article de Wikipédia, séance qui n’a pas très bien fonctionné mais qui m’a tout de même donné l’idée de quelques correctifs

Au retour des vacances, à la mi-mai, cependant, j’ai dû reprendre le projet avec l’infirmière, la collègue de SVT étant arrêtée. J’ai dû récupérer les exposés (ou pas), sous leurs différentes formes (ou absence de forme) : diaporamas, panneaux d’expositions, dossiers. Cela va du travail non rendu au diaporama parfait, en passant par le copier-coller.

A partir des documents rendus par les élèves, nous avons donc décidé de fabriquer, à destination de la classe actrice du projet, un set de table plastifié sur le petit déjeuner, que j’ai réalisé sous format PDF :

petit déj set de table

Les autres classes de cinquième, qui bénéficient également de l’opération – toutes les cinquièmes viennent prendre un petit déjeuner au réfectoire la semaine prochaine – recevront un mini-dossier que j’ai conçu :

Petit déjeuner dossier

Le monument à sa gloire

C’est ainsi qu’un ami prof doc surnomme le bilan d’activités. Pour les néophytes et les profanes, le bilan d’activités est le document qu’est sensé produire tous les ans un prof doc digne de ce nom, et qui résume toutes les tâches qu’il a accomplies au sein du collège durant l’année scolaire.

Pour la structure de ce bilan, je me suis inspirée de l’excellent article de Perrine, sur son blog Bruits et chuchotements. J’ai d’abord rappelé quelques éléments propres aux missions du professeur documentaliste et aux priorités que j’avais établies en début d’année, puis j’ai repris les points énoncés par Perrine :

  1. L’accueil et l’accès aux ressources
  2. L’organisation du système d’information
  3. Le développement des collections
  4. Les actions de formation
  5. La contribution à l’ouverture culturelle de l’établissement

J’ai cependant rajouté un dernier point : veille, formations et publications professionnelles. Je considère en effet que cela permet de montrer un certain recul par rapport à notre métier, le besoin d’une formation continue et… je peux ainsi évoquer Cinephiledoc comme outil hybride mais tout de même professionnel !!!

Bref, voilà la bestiole sous sa forme à peu près définitive :

Bilan d’activités CDI 2012 2013

Nouvelles en désordre

Pour finir, voici pêle-mêle quelques nouvelles cinéphiles et doc :

  • je n’ai pas trouvé encore de livres à critiquer pour le mois de juin – vous me direz, j’ai encore le temps. Par contre, j’ai quelques petites idées sympas de hors-séries pour cet été, je n’en dis pas plus !
  • j’ai une seule et unique élève de 3e cinéphile, et qui a brillamment passé son épreuve d’histoire des arts, bien qu’elle ne soit en France que depuis un an. Je n’ai pas pu résisté : je lui ai acheté, avec mes petits sous, un livre sur le cinéma, avec lequel j’ai réinvesti l’idée des post-its (ou comment donner à une petite de quinze ans des idées de films pour les vingt ans à venir).
  • le journal du collège avance péniblement. Mon équipe vient tous les mardis et me réclame à goûter : de 17h à 18h, visiblement, c’est l’heure de la fringale. Ce soir j’ai craqué, j’ai rapporté une tablette de chocolat.
  • Félicitations aux nouveaux lauréats du CAPES externe de documentation, dont les résultats sont tombés hier.
  • enfin, pour les cinéphiles, n’oubliez pas, vous avez jusqu’à début août pour aller voir l’exposition Jacques Demy à la Cinémathèque : ne loupez pas les superbes archives et les costumes de Peau d’âne. J’ai voulu convaincre une amie d’y aller en chantant, mais elle m’a laissée entendre qu’elle n’avait pas envie de se faire lapider ou d’être responsable d’une catastrophe climatique…

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Premier round !

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Aujourd’hui à 12h15, ils sont tombés, les résultats de l’écrit au CAPES externe de documentation. Après un mois d’attente, voici la fin de ce premier round. Alors je profite de cet article pour adresser un message personnel à une camarade de formation qui tentait une nouvelle fois l’aventure et qui a remporté ce premier round. Il s’agit également d’une de mes fidèles lectrices et commentatrices. Ce message pourra paraître quelque peu démesuré dans son enthousiasme, et je vous suggère de boucher vos oreilles mentales si vous ne voulez pas vous détruire les tympans :

« OOOUUUUAAAAIIIISSSS Camille !!!! You did it, girl ! You did it ! Tu gères, la miss !!!! »

Voilà pour l’enthousiasme débordant. Cet article est également l’occasion de rappeler quelques petites choses :

  1. Le ministre de l’éducation nationale a lancé depuis le 10 décembre une campagne de recrutement de 43000 enseignants, campagne également destinée à redorer le blason, à booster la motivation envers une profession qui, même si l’on est un optimiste chevronné et que l’on voit la vie en rose, n’attire plus autant qu’avant, il faut bien le constater. Comme le rappelle Philippe Watrelot dans sa revue de presse du même jour, ce sont cette année 22100 postes qui sont ouverts aux concours externes, contre 16000 en 2012. Je suis nulle en pourcentage, mais pour ceux qui passent les concours j’y vois tout de même un bon signe, notamment pour ceux qui auraient l’estime de soi au ras des chaussettes : YES, YOU CAN !
  2. Qui dit plus de postes aux concours externes, dit, en toute logique, plus de postes en documentation. Cette année, 200 postes pour le CAPES externe, 55 à l’interne, 20 au troisième concours. Quand on pense que l’année dernière, il n’y avait que 157 postes pour l’externe, on a encore une bonne raison de se dire que ceux qui ont passé l’épreuve du feu de l’écrit vont bien réussir à gérer les oraux, surtout s’ils s’y sentent plus à l’aise que devant les redoutables compositions et autres questions d’épistémologie…
  3. D’ailleurs, mais j’y reviendrai lorsque le sujet sera d’une actualité plus fraîche, voilà de quoi sont composés ces oraux, pour le CAPES externe :
  • La première épreuve est la construction à partir d’un sujet fondé sur des éléments des programmes de collège ou de lycée (voie générale ou professionnelle), d’une séquence pédagogique : y sont détaillés le niveau concerné, les liens avec les programmes, les objectifs, les notions abordées et les productions attendues ainsi que l’évaluation. A cette trame pédagogique s’ajoutent une bibliographie et deux documents que devra justifier le candidats et dont il devra faire l’analyse documentaire.
  • La deuxième épreuve est en deux temps : un exposé à partir d’un dossier traitant une question relevant des sciences de l’information ou des dispositifs propres à l’éducation ; une question sur « Agir en fonctionnaire de la République de manière éthique et responsable ».

Pour ces deux épreuves, les candidats ont environ 5 mois pour se préparer. En attendant, ils vont pouvoir profiter des fêtes pour faire redescendre un peu la pression…

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Simba, Mufasa et Nicholas Carr

Disney

Disney

Vendredi, j’ai fini mes séances de méthodologie de recherche sur Internet avec les élèves de troisième. Pour la plupart, ces séances se sont bien passées. Elles sont éclairantes sur les habitudes de recherche des collégiens. Pour rappel, je leur demande de faire une recherche simple sur Google, avec un mot ou une expression : « énergie », « source d’énergie », « développement durable », « environnement », « effet de serre », « pollution ». En fonction des résultats proposés par Google, je demande à chaque groupe de choisir un résultat différent. A partir de là, plusieurs constatations :

Ils savent que Google leur permet de faire une recherche sur Internet, mais ils ne savent pas ce qu’est un moteur de recherche. Il faut traduire clairement Google = moteur de recherche.

Lorsque s’affiche la page de résultats, ils ne trouvent pas spontanément le nombre de résultats et seraient prêts à les compter. D’où leur surprise de voir combien de résultats il y a à leur recherche.

environnement

Ensuite, la navigation est assez fluide, bien qu’ils ne fassent pas la différence entre site web et page web. Leur donner un résultat différent permet de faire un tour assez large des sites Internet possibles, du site institutionnel au site de presse, en passant par Wikipédia.

En ce qui concerne Wikipédia, cela reste l’un de leurs sites de prédilection, et je ne vois pas pourquoi je le diaboliserais. Pour moi, c’est un bon outil de recherche, que j’utilise quasi quotidiennement, le plus souvent juste pour vérifier quelque chose – la généalogie des Valois et le lien de parenté entre Louis XII et François Ier.

Par contre, ils ne savent pas où trouver les dates de dernières mises à jour, ni à quoi sert l’onglet discussion des articles et ne se souviennent pas d’avoir vu les bandeaux qui émettent des réserves sur certains d’entre eux :

citation sources wikipédia

ébauche

Ils connaissent Wikipédia grâce à un résultat sur Google, qui les dirige directement vers un article en particulier, mais ils  n’en connaissent ni la structure, ni les outils, ni la page d’accueil. C’est sur l’information de surface, sur la « Une », sur la première page qu’ils se concentrent. Première page des résultats de recherche et première page du résultat précis qu’ils auront choisi. Ce comportement va un peu à l’encontre du butinage que l’on attend d’eux d’ordinaire. On pense qu’ils naviguent allègrement de lien en lien et de page en page, mais le plus souvent, ce que j’ai constaté, c’est ce recours à la première page comme une sorte de refuge contre la surinformation.

Dans un article paru en 2009, « Est-ce que Google nous rend idiots ? » (Is Google making us stupid ?), Nicholas Carr s’était insurgé contre cette information de surface, allant jusqu’à la diaboliser. Il opposait surface et profondeur, lecture papier et lecture numérique, avec cet oeil critique qu’a chaque génération pour la génération qui la suit. Refrain habituel, passé versus présent, ceci tuera cela, la cathédrale et le livre, le cinéma et la télévision, le papier et Internet.

La première fois que j’ai lu cet article, une phrase a surtout retenu mon attention, parce que je trouve que, vulgairement parlant, elle envoie du bois :

« Auparavant, j’étais un plongeur dans une mer de mots. Désormais, je fends la surface comme un pilote de jet-ski. »

Cette petite phrase magique, avec son rien de poésie et son vague écho de querelle des anciens et des modernes, était devenue, lorsque je préparais le CAPES, une sorte de phrase fétiche que j’étais capable de ressortir dans n’importe quel sujet de composition. Invariablement, quelle que soit la question, revenait le pilote de jet-ski. C’était presque devenu un défi, comme les blagues de certains élèves qui consistent à tous placer dans un devoir le même mot ou la même phrase. Ce n’était pas seulement le rythme de la phrase qui me plaisait, les images que Nicholas Carr utilise, ou le rendu de cette phrase lorsqu’on la prononce le plus rapidement possible. Je n’ai d’ailleurs jamais cherché à savoir ce qu’elle donnait en version originale, jusqu’à maintenant : « Once I was a scuba diver in the sea of words. Now I zip along the surface like a guy on a Jet Ski. » Même efficacité. Zip !

C’était aussi le sentiment exprimé, cette langueur de la plongée opposée à cette rapidité du jet-ski. Surfer sur Internet : l’impression d’une fulgurance, qui fait que chaque page mettant un peu plus de deux secondes pour se charger nous rend impatients. Surfer, traverser des vagues et des vagues d’informations, et selon Nicholas Carr, n’en rien retenir, ou presque. Effectivement, on a souvent l’impression de rester en surface, lorsque l’on surfe. Mais je ne pense pas que l’on sorte de l’eau aussi sec que lorsque l’on y est entré. On y boit pas la tasse, mais l’on reçoit toutes ces gouttelettes qui, par moments s’évaporent ou qui, parfois, s’imprègnent, nous pénètrent, nous hydratent. La différence, c’est que certains ont la capacité de retenir en eux ces quelques gouttelettes et que les autres les laissent s’évaporer, les laissent glisser comme sur des écailles. Pilote passif ou pilote actif ?

Reste à savoir à quelle catégorie appartiennent les élèves, et je pense que, comme tout le monde, ils ont chacun une manière propre de s’informer, un profil d’infolettrés (j’emprunte cette notion à un collègue, qui distingue deux types d’infolettrés : le type Hermione Granger, qui creuse, fouille dans les bouquins, plonge et approfondit pour faire le tour d’une question, et le type Sherlock Holmes, capable de recueillir l’information à partir des indices en présence). Rien ne se restreint à un profil type et aucune des deux attitudes n’interdit l’autre. Tout est affaire de curiosité.

Pour finir, en guise de post-scriptum, explication du titre : ma fâcheuse tendance à utiliser la phrase de Nicholas Carr comme la citation inévitable d’une composition, m’avait faite surnommer Mufasa durant la formation au concours, par certaines de mes comparses, qui invoquaient en prière l’esprit de saint Nicholas : « sssCarr, mon frère, aide-moi ! »

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Entre éthique et étiquette…

Après des heures de suspense insoutenable, j’ai enfin découvert sur quoi mes camarades et futurs collègues avaient sué sang et eau, et tout en passant une bonne partie de la journée à tamponner, indexer et couvrir mangas et romans de la dernière commande avant janvier, je me suis demandée ce que moi-même j’aurais pu produire sur de tels sujets.

Je rappelle que le CAPES externe de documentation est composé à l’écrit de deux épreuves : une composition et une étude sur dossier, suivie d’une question d’épistémologie des sciences de l’information. Procédons par ordre :

La composition. Les candidats devaient s’appuyer sur ce texte : « Valeurs du bibliothécaire (addendum) : un décalogue ? » de Bertrand Calenge, publié sur son blog le 16 avril 2012, pour exposer, je cite « votre réflexion sur la définition d’une éthique du documentaliste ». Pour plus de facilité, et pour ceux qui ont la flemme de lire cet article en entier, je reprends les 10 commandements proposés par Bertrand Calenge :

  1. Tu voudras identifier les besoins de connaissance dans ta communauté
  2. Tu vérifieras l’authenticité des savoirs que tu proposes
  3. Tu garantiras la mémoire de ta communauté en son actualité
  4. Tu structureras et organiseras les savoirs
  5. Tu proposeras tous les savoirs sans en restreindre aucun de ta propre initiative
  6. Tu feras dialoguer ces savoirs par leur mise en relation critique
  7. Tu seras médiateur des connaissances en respectant l’individualité des besoins de chacun
  8. Tu favoriseras le partage des connaissances
  9. Tu engageras ta compétence et ta responsabilité dans les entreprises collectives poursuivant ces objectifs
  10. Tu veilleras à être toujours curieux des tensions qui agitent la société, et curieux des savoirs d’hier, des savoirs d’aujourd’hui, des projections de l’imaginaire

Déjà je dois dire que ce sujet me paraît très beau : il met en question la responsabilité du bibliothécaire, et par extension du documentaliste, comme passeur de culture. Les dix commandements me rappellent les droits du lecteur que mentionne Daniel Pennac dans Comme un roman. Selon moi, ce type de sujet présente deux difficultés : la première, c’est de tomber dans le piège d’un discours pontifiant et moralisateur du style « Fais pas ci fais pas ça ». La seconde, comme me le signalait ma copine cobaye de cette année, c’est qu’on a l’impression, face à ce genre de sujet, de devoir tout dire et du coup d’avoir du mal à dire quelque chose.

Déjà, je vais essayer de reformuler ces préceptes afin de mieux m’approprier ce sujet. Quatre d’entre eux concernent la politique documentaire : étude du contexte et du terrain (1), mise en place d’un calendrier (3), prise en compte des besoins et usages d’un public (7) et travail en équipe et en concertation (9). Cinq concernent la mise à disposition des ressources : vérification des sources (2), organisation (4), choix non arbitraire des ressources proposées (5), réflexion et complémentarité de ces ressources (6). Enfin, le dernier concerne la veille professionnelle et l’actualisation des connaissances (10).

Peut-être le candidat pouvait-il dans un premier temps reformuler et approfondir ces différents commandements, en évitant la paraphrase et en faisant un historique, s’il le peut, de cette question d’éthique du documentaliste, en distinguant également le bibliothécaire du documentaliste. Il peut ainsi, entre autres, s’appuyer sur les cinq lois de Ranganathan :

  1. Les livres sont faits pour être utilisés
  2. À chaque lecteur son livre
  3. À chaque livre son lecteur
  4. Épargnons le temps du lecteur
  5. Une bibliothèque est un organisme en développement

Il pouvait aussi s’appuyer sur les ouvrages de Yves-François Le Coadic, notamment Usages et usagers de l’information, qui décrit le changement de paradigme, d’une approche orientée professionnel à une approche orientée usager et qui prend aussi en compte le « non usage », c’est-à-dire les publics qu’il faut attirer, faire venir.

Ensuite, il fallait, selon moi, évoquer le rôle et les responsabilités du professeur documentaliste, depuis la circulaire de mission, qui reprend certains points évoqués par Bertrand Calenge, jusqu’au rapport Durpaire de 2004 sur les politiques documentaires en établissement scolaire. Il aurait également fallu aborder, pêle-mêle, les compétences professionnelles des enseignants (agir de manière éthique et responsable), les attentes face aux transformations de l’information (surinformation, infopollution, protection de l’identité numérique, auto-référencement) et des usages, et la place de l’éthique dans la gestion et la diffusion de l’information numérique (sélection, mutualisation, publication).

L’étude de dossier et la question. L’étude de dossier était sur la littérature de jeunesse. Je n’ai pas connaissance des documents qui le composaient, mais j’imagine qu’il fallait aborder la place de la littérature de jeunesse, son évolution dans les CDI et la société en général, l’importance de la prise en compte des attentes des élèves et les possibilités pédagogiques de cette littérature.

La question portait sur le dépôt légal. Bien sûr il fallait revenir sur l’histoire du dépôt légal (bibliothèque d’Alexandrie, François Ier), ses conditions (quels supports concernés, quelles institutions : les départements de la BNF, CNC, INA pour l’audiovisuel) et ses enjeux : conservation, protection du droit d’auteur (DADVSI, propriété intellectuelle), communication… On pouvait comparer (c’est une supposition) avec le dépôt de brevets pour les inventions et aborder les aspects curieux ou amusants de cette question : l’enfer de la bibliothèque nationale de France, rassemblant les textes censurés, le projet de Paul Otlet de créer au début du 20e siècle un « Mundaneum » rassemblant l’ensemble des connaissances humaines dans un seul lieu (surnommé depuis l’Internet de papier), les collections de la Cinémathèque – ça c’est ma marotte personnelle. J’oublie certainement beaucoup de choses, mais on pouvait également ouvrir sur la question du référencement des documents sur Internet (annuaires, moteurs de recherche, BNF, mais aussi référencement par les Internautes).

Voilà, si d’autres veulent s’y frotter et si j’ai oublié des choses capitales, n’hésitez pas !

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L’épreuve du feu

Pour un certain nombre de courageux – dont une amie à qui j’adresse tout mon soutien et mes bonnes ondes du moment (ce  qui pourrait se traduire par : « Vas-y cocotte, on y croit ») – les deux journées de demain et de mercredi seront consacrées au CAPES de documentation. Deux épreuves de cinq heures pour faire ses preuves.

C’est aussi l’occasion de rappeler que non, le seul concours que passent les professeurs documentalistes n’est pas une course chronométrée que remporte celui ou celle qui couvre un livre le plus rapidement. Lorsque j’ai parlé à une de mes connaissances de mon intention de passer le CAPES, elle m’avait répondu d’un ton méprisant que je n’allais quand même pas « passer ma vie à coller des étiquettes sur des livres ». Mais non, nous ne sommes pas que des manutentionnaires et il ne suffit d’appuyer sur un bouton pour que nous « crachions » des livres.

Lorsque l’on prépare le concours, ou plus exactement lorsque l’on assiste aux premiers cours de préparation, on ne se doute pas de la variété des missions qui sont attendues de nous : gestion d’un centre de documentation, et donc d’un budget, veille culturelle et mise en place de partenariats, organisation de séquences pédagogiques, promotion de la lecture,  veille professionnelle, mises à jour des connaissances en matière d’information et publication d’outils en ligne. En gros, on attend l’élaboration d’un projet cohérent permettant de relier toutes ces missions au contexte dans lequel on exerce.

Depuis deux ans, comme pour tous les autres CAPES, la préparation du concours se fait dans le cadre d’un Master des métiers de l’enseignement. L’écrit du CAPES de documentation est composé de deux épreuves :

  1. une composition à partir d’un texte et portant sur un sujet relevant des sciences de l’information et de la communication ;
  2. une étude d’un sujet de politique documentaire relative à un établissement scolaire du second degré suivie d’une question se rapportant à l’histoire, aux enjeux et à l’épistémologie de la documentation.

La première épreuve est une sorte de dissertation qui prend appui sur un court texte théorique. A partir de ce texte, on pose une question aux candidats, sur laquelle ils doivent argumenter. Cette composition requiert entre autres des connaissances approfondies bien-sûr en sciences de l’information, sur les penseurs et l’actualité de la diffusion et de la recherche d’informations (Internet, usages individuels et collectifs, réseaux sociaux), sur les différentes formes de pédagogies, et sur l’histoire et l’actualité du métier de documentaliste.

La seconde épreuve est en deux parties. La première partie est une étude sur dossier (composé d’une dizaine de documents). Il s’agit de réfléchir à une question concrète, dans un contexte particulier. Le candidat devra produire un plan de classement et une note de synthèse, qui devront témoigner de ses connaissances sur les dispositifs et l’actualité de l’éducation nationale et les missions du professeur documentaliste. Cependant, à l’intérieur de la note de synthèse, il ne devra pas prendre parti ou commenter les documents. C’est seulement durant la conclusion qu’il pourra approfondir la question et apporter son point de vue personnel sur le sujet. La difficulté tient donc en partie de cette différence de postures : neutralité dans le corps de la note de synthèse, réflexion personnelle dans la conclusion.

La deuxième partie de cette épreuve est une question sur l’histoire, l’évolution et les enjeux propres à un élément des sciences de l’information et de la documentation. Le candidat doit connaitre les grands théoriciens de la documentation, avoir certaines notions de philosophie, de sociologie, de pédagogie, de bibliothéconomie (normes et langages documentaires) et de littérature, savoir définir et comparer les éléments qui composent cette question. En 2011, la question portait sur les classifications décimales. En 2012, sur les dictionnaires et encyclopédies.

Si je reviens deux ans en arrière, voilà ce qui me servait pour préparer les différentes épreuves : les derniers textes et les rapports parus sur la profession ainsi que les plus anciens (rapports Durpaire, PACIFI, circulaire de missions), les textes parus sur le numérique et les pratiques culturelles (publications d’Olivier Donnat, rapport Fourgous). La fréquentation assidue de Savoirs CDI, d’Eduscol, du Café pédagogique. La lecture de quelques incontournables théoriques, de Yves-François le Coadic à Alexandre Serres, mon préféré restant Sciences de l’information et philosophie, de Marie-France Blanquet. Le suivi de quelques blogs (Pascal Duplessis, Olivier Ertzscheid, Olivier Le Deuff, Philippe Watrelot, etc.) de revues et de listes de diffusion professionnelles. Il fallait aussi avoir ne serait-ce qu’une vague idée des dernières évolutions du Web, des langages documentaires (normes, UNIMARC, métadonnées) et des outils de veille et de publication (blogs, forums, réseaux sociaux, portails netvibes, pearltrees…). J’en oublie certainement.

C’est en repensant à tout cela que je tiens à exprimer tous mes encouragements aux candidats de cette session et que j’ajoute juste ceci : « Courage, les amis, c’est bientôt fini ! »

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