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Blog pour cinéphiles et profs docs

Catégorie : Ecriture (Page 1 sur 3)

Bullet journal : an trois

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2022.

Pour la troisième année consécutive, j’ai décidé de consacrer ce premier article de janvier à un sujet pas vraiment cinéphile et pas tout à fait profdoc (quoique).

À nouveau, comme l’an dernier, je précise qu’il s’agit ici d’un simple compte-rendu d’expérience, sur des méthodes de travail et d’organisation que j’ai adoptées, et que ce compte-rendu n’est absolument pas injonctif.

Je ne reviendrai pas ici sur les raisons qui m’ont fait adopter le bullet journal, je les développe suffisamment dans l’article de janvier 2020.

Je ne vais pas non plus revenir sur mes sources d’inspiration, que j’ai pu évoquer dans le même article.

L’an dernier, j’avais pu me rendre compte à quel point le bullet journal s’était révélé un allié précieux du confinement et du télétravail.

Cette année, ce sont encore d’autres aspects et d’autres trouvailles, tant sur le plan personnel que professionnel, qui me persuadent de consacrer généralement un jour entier au mois de décembre à préparer le carnet de l’année suivante.

Encore une fois, cet article sera très illustré et il sera organisé, comme l’an dernier, en quatre parties :

  • la forme
  • le fond
  • allié du quotidien et nouvelles rubriques
  • un petit bilan annuel

La forme

  • Le carnet

En 2019, j’avais utilisé la référence suggérée par Solange te parle (voir article de janvier 2020) : un Leuchtturm 1917 à couverture verte avec index, pagination et une rubrique « Future log », la seule rubrique imposée de tout le carnet.

En 2020, j’ai utilisé un carnet Quo Vadis à couverture rouge, mais avec exactement les mêmes caractéristiques que le précédent, si ce n’est que j’ai fait le « Future log » moi-même, que j’ai indiqué les rubriques qui m’avaient été utiles dans le carnet de 2019, et que le Quo Vadis, au lieu des 240 pages du Leuchtturm, n’en proposait que 215, ce qui m’avait fait me sentir un peu à l’étroit…

En 2021, j’ai donc repris la référence initiale, un Leuchtturm 1917 cette fois à couverture violette, format A5 avec pointillés, de 250 pages, qui n’était pas estampillé « bullet journal » mais en offrait toutes les caractéristiques.

Au terme de ces trois années, je commence à avoir mes petites habitudes et je m’y tiens : j’ai commandé début décembre 2021 le prochain carnet, à couverture jaune foncé.

  • L’écriture

Concernant l’écriture, j’avais acheté en 2019 des feutres Faber-Castell noirs tailles S, F et B. Globalement les B servent pour écrire les titres, les F pour tracer des lignes, et les S pour écrire au quotidien.

J’écris quasiment tout en noir et j’ai conservé cette habitude. Malgré une petite touche de couleur en 2020 pour distinguer lycée et télétravail, j’ai beaucoup moins utilisé les surligneurs en 2021.

Je glisse à chaque déplacement dans mon sac une petite trousse toute fine dans laquelle on retrouve généralement deux S, deux F, deux B, un crayon à papier, une gomme et un correcteur. Sur mon bureau une règle complète généralement cet équipement.

Le fond

Gestion du temps

Pour la gestion du temps et l’organisation, j’ai conservé de l’année passée une rubrique « future log » sur laquelle j’ai mon calendrier annuel, et j’utilise toujours une double page par mois. Dès que j’arrive à la fin du mois en cours, je prépare le mois suivant.

Sur cette double-page consacrée aux mois, j’ai pris l’habitude cette année de distinguer un peu mieux le professionnel du personnel, aussi bien en ce qui concerne l’aspect « agenda », que l’aspect « to-do-list ».

Pour les semaines j’ai maintenu le même mode de fonctionnement que les années passées : une double page par semaine pendant les périodes travaillées, une double page par quinzaine pendant les vacances.

Dès que j’arrive à la fin de la double page en cours, même chose, je prépare la double page suivante (j’aime bien anticiper, donc généralement les tableaux à gauche et à droite de la double page sont prêts le vendredi de la semaine d’avant, et j’ajoute simplement après jour par jour les choses à faire au fur à mesure).

Organisation

Le recul cette fois de deux ans m’a permis de voir de quelles rubriques j’avais le plus besoin, celles que je pouvais regrouper, et celles dont je pouvais me passer.

Contrairement aux années passées où je reportais systématiquement dans l’index chaque double-page, j’ai choisi de ne plus y noter les semaines, ce qui était loin d’être parlant.

Concrètement, lorsque je crée une double-page deux hypothèses s’offrent à moi :

  • soit c’est une rubrique de routine (semaine, quinzaine) et une fois qu’elle est passée, je n’ai pas forcément besoin d’y revenir (sauf éventuellement pour mon article profdoc où j’essaye de faire le recensement de toutes mes activités professionnelles du mois en cours)
  • soit c’est une rubrique exceptionnelle (lectures, liste, boite à idées, séances élèves) que j’ai besoin de retrouver rapidement : je l’ajoute donc au sommaire.

Je n’ai donc plus besoin, comme l’an dernier, de surligner les pages les plus souvent consultées.

Sur le mois je fais un suivi de ce que j’ai fait en terme de tâches ménagères, d’occupations, et, avec le suivi de ma consommation d’essence, un simulacre de budget. Je note aussi mon temps de sport quotidien sur cette page.

Par semaine, j’ai aussi quelques tâches que je note dans une rubrique « À faire » : passer à la poste, retirer des réservations à la médiathèque, appeler telle ou telle personne, réserver des transports, prendre des rendez-vous…

Organisation du travail

Pour cette année, j’ai donc repris et rassemblé les rubriques suivantes :

  • une boîte à idées qui rassemble des idées d’actions au CDI, des idées d’ouvrages à commander, quelques points de réunions, d’autres pistes d’articles et de réflexions, mais sur lequel on peut aussi retrouver des titres d’ouvrages de cinéma (comme quoi cette rubrique n’est pas très bien rangée…)
  • le suivi des séances avec les élèves (même s’il m’arrive de le négliger, au profit de l’agenda partagé du CDI sur l’ENT) et la prise en notes de quelques exposés d’élèves
  • les choses à ne pas oublier pour le ministère (avec quelques réunions prises en notes et le calendrier de programmation des tweets @eduscol_DOC), des rubriques TraAM et séminaire des IAN
  • les articles à publier sur LudoDOC et les parcours de profs docs
  • le déroulé de mes stages et le calendrier prévisionnel de mes formations et des autres activités à l’extérieur
  • le suivi de mes cours pour le master 2 de Montpellier
Loisirs, culture et sport

Pour le sport, les loisirs et la culture, j’ai également repris un certain nombre de rubriques et j’en ai réorganisé d’autres

  • Culture 2021 avec les films, séries télévisées, expositions et musées, concerts 

J’ai associé à cette rubrique une rubrique « (Re)vu, lu, écouté », ce qui me permet de distinguer ce que je découvre complètement, et ce vers quoi je vais retourner. J’ai rassemblé les anciennes rubriques « J’ai appris » et « Vécu » pour économiser de la place.

J’opte l’an prochain pour une nouvelle organisation : je vais fondre quasiment toutes ces double-pages en une seule : CULTURE, avec à gauche les nouveautés et événements / à droite les relectures et revisionnages… en espérant qu’elle me satisfasse.

J’ai gardé deux rubriques déjà existantes : « À voir / à écouter » et « En ligne (anciennement) Sur YouTube », même si j’ai tendance à ne pas être très assidue pour les remplir… Je vais certainement fondre cette rubrique « en ligne » dans une rubrique de veille.

  • Blog 2021 avec les articles à publier sur Cinéphiledoc

J’ai gardé pour ce domaine une rubrique « Veille blog » pour faire un suivi des ouvrages sur le cinéma qui peuvent m’intéresser pour le blog, même si, comme je l’ai dit plus haut, j’ai tendance à noter ce genre de choses un peu n’importe où, dans les boites à idées ou dans les listes « à lire »…

  • Autres listes

J’ai gardé deux rubriques à l’identique : une rubrique plus superficielle « Liste d’envies », qui canalise mon shopping, et deux rubriques « Prêts » et « Emprunts ». J’ai également une double-page, pas très fournie, de recettes de cuisine.

  • Lectures

Enfin, j’ai conservé mes deux rubriques dédiées à la lecture :

  1. « À lire », que je coche au fur à mesure (et qui m’empêche de craquer sur tout et n’importe quoi en librairie)
  2. Et une rubrique « Lectures » où je reporte de la première rubrique ce que j’ai lu, où j’indique ce qui me sert pour le blog et ce que j’ai aimé.

Le bullet journal comme allié du quotidien

Cette année j’ai été confrontée à des situations – aussi bien sur le plan personnel que professionnel – qui exigeaient beaucoup en terme d’organisation, et à nouveau, j’ai pu constater à quel point ce fichu petit carnet s’avérait un allié efficace !

Que vous ayez des démarches administratives à gérer, des piles de papier à renvoyer sous enveloppe, un emménagement à effectuer, ou simplement un escape game à réaliser, avec ce petit carnet et ses pointillés vous avez simplement l’impression que tout devient plus facile !

Sans compter la joie que procure à chaque fois le fait de cocher une nouvelle tâche effectuée, et le rocher de Sisyphe semble (même un bref instant) un peu plus léger à pousser…

Je vous propose ci-dessous deux exemples, l’un personnel :

  • un aménagement avec des plans

Pour moi qui suis nulle en dessin, j’étais très fière de mes petits gribouillages avec tel et tel meuble qui va à tel et tel endroits…

j’ai d’ailleurs réutilisé le procédé pour demander à un ami qui a pour habitude de travailler le bois de me fabriquer un meuble sur mesure :

l’autre professionnel :

  • le déroulé de l’escape game Olympe de Gouges, que je vous avais présenté en novembre dans l’article profdoc

C’est cette petite liste qui me permettait de voir globalement la construction de mon scénario et les énigmes que je voulais faire résoudre aux élèves.

Petit bilan annuel

Voilà donc de nouveaux arguments, en faveur de ce mode de fonctionnement, et que j’ajoute au bilan de cette année.

Je ne peux que recommander le bullet journal à tout ceux qui chercheraient un nouvel outil pour différentes raisons (organisation, aide-mémoire, gestion du temps, détox numérique).

J’ai inauguré à la mi décembre mon nouveau Bullet Journal pour l’année 2022. Je l’ai préparé pour ce début janvier, en y inscrivant les rubriques qui me sont devenues indispensables, en reportant les lectures 2021 que je n’ai pas faites, et en préparant la rentrée.

J’ai réorganisé, comme indiqué plus haut, certaines rubriques, et je verrai si ces petits aménagements me conviennent mieux que les précédents…

Voilà pour mes petits secrets de méthode de travail, qui je l’espère vous seront utiles.

Encore une belle année à tous et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Bullet journal : an deux

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2021.

Pour la deuxième année consécutive, j’ai décidé de consacrer ce premier article de janvier à un sujet pas vraiment cinéphile et pas tout à fait profdoc (quoique).

À nouveau, comme l’an dernier, je précise qu’il s’agit ici d’un simple compte-rendu d’expérience, sur des méthodes de travail et d’organisation que j’ai adoptées, et que ce compte-rendu n’est absolument pas injonctif.

Je ne reviendrai pas ici sur les raisons qui m’ont fait adopter le bullet journal, je les développe suffisamment dans l’article de janvier 2020.

Je ne vais pas non plus revenir sur mes sources d’inspiration, que j’ai pu évoquer dans le même article.

Cet article sera très illustré, parce que j’ai eu l’occasion à certaines périodes de l’année 2020, de prendre régulièrement en photo le bullet journal que j’utilisais, et il sera organisé, finalement, en quatre parties :

  • la forme
  • le fond
  • le bullet journal comme allié du confinement et du télétravail
  • un petit bilan annuel

La forme

  • Le carnet

En 2019, j’avais utilisé la référence suggérée par Solange te parle (voir article de janvier 2020) : un Leuchtturm 1917 à couverture verte avec index, pagination et une rubrique « Future log », la seule rubrique imposée de tout le carnet.

En 2020, j’ai utilisé un carnet Quo Vadis à couverture rouge, mais avec exactement les mêmes caractéristiques que le précédent, si ce n’est que j’ai fait le « Future log » moi-même, que j’ai indiqué les rubriques qui m’avaient été utiles dans le carnet de 2019, et que le Quo Vadis, au lieu des 240 pages du Leuchtturm, n’en propose que 215.

C’est la principale difficulté que j’ai rencontrée avec le Quo Vadis : un nombre de pages plus restreint, ce qui me contraignait vraiment dans son utilisation. Je me sentais très libre avec le Leuchtturm, j’ai laissé plusieurs double-pages vierges à la fin, et j’avais donc opté pour un carnet un peu plus mince en 2020, mais pour m’y sentir finalement très à l’étroit, me demandant dès le mois de juin si je pourrai finir l’année avec.

En 2021, je reprends donc la référence initiale, qui me satisfait pleinement, et avec laquelle je serai parfaitement à mon aise.

  • L’écriture

Concernant l’écriture, j’avais acheté en 2019 des feutres Faber-Castell noirs tailles S, F et B. Globalement les B servent pour écrire les titres, les F pour tracer des lignes, et les S pour écrire au quotidien.

J’écris quasiment tout en noir et j’ai conservé cette habitude, cependant j’ai un peu plus utilisé des surligneurs en 2020 pour pouvoir me repérer, j’aurai l’occasion d’y revenir un peu plus bas.

Le fond

Gestion du temps

Pour la gestion du temps et l’organisation, j’ai conservé de l’année passée une rubrique « future log » sur laquelle j’ai mon calendrier annuel, et j’utilise toujours une double page par mois. Dès que j’arrive à la fin du mois en cours, je prépare le mois suivant.

Pour les semaines j’ai maintenu le même mode de fonctionnement que l’an passé : une double page par semaine pendant les périodes travaillées, une double page par quinzaine pendant les vacances.

Dès que j’arrive à la fin de la double page en cours, même chose, je prépare la double page suivante (j’aime bien anticiper, donc généralement les tableaux à gauche et à droite de la double page sont prêts le vendredi de la semaine d’avant, et j’ajoute simplement après jour par jour les choses à faire au fur à mesure).

Organisation

Le recul d’une année m’a permis de voir de quelles rubriques j’avais le plus besoin, celles que je pouvais regrouper, et celles dont je pouvais me passer. Comme le Quo Vadis commence avec une page unique, je l’ai utilisé pour indiquer les rubriques de 2019 à y reporter au fur à mesure, et j’ai pu rassembler (au moins pour le début d’année) les rubriques qui concernent le travail, celles qui concernent la culture et les loisirs.

Sur l’index j’ai commencé à surligner les pages où je me rends le plus souvent pour mieux pouvoir les retrouver : il s’agit principalement des pages culture, lectures et des pages dédiées au blog.

Sur le mois je fais un suivi de ce que j’ai fait en terme de tâches ménagères, d’occupations, et, avec le suivi de ma consommation d’essence, un simulacre de budget.

Par semaine, j’ai aussi quelques tâches que je note dans une rubrique « À faire » : passer à la poste, retirer des réservations à la médiathèque, appeler telle ou telle personne, réserver des transports, prendre des rendez-vous…

Organisation du travail

Pour cette année, j’ai donc repris et rassemblé les rubriques suivantes :

  • un pense-bête sur les choses à faire au et pour le CDI (une boîte à idées un peu fourre-tout pour le blog, le CDI, etc.)
  • un suivi des séances avec les élèves (avec parfois des comptes-rendus de séances, des notes prises pendant les exposés…)
  • un calendrier de mes formations et de mes réunions (avec aussi parfois dans cette rubrique des comptes-rendus, des notes manuscrites quand je n’ai pas envie d’ouvrir un document sur ma tablette)
  • les choses à ne pas oublier pour le ministère
  • la programmation des tweets sur @eduscol_doc
  • la programmation des activités et des articles à publier sur LudoDOC
Loisirs, culture et sport

Pour le sport, les loisirs et la culture, j’ai également repris un certain nombre de rubriques et j’en ai réorganisé d’autres

  • Culture 2020 avec les films, séries télévisées, expositions et musées, concerts 

J’ai associé à cette rubrique une rubrique « (Re)vu, lu, écouté », ce qui me permet de distinguer ce que je découvre complètement, et ce vers quoi je vais retourner.

J’ai rassemblé les anciennes rubriques « J’ai appris » et « Vécu » pour économiser de la place. J’ai gardé deux rubriques déjà existantes : « À voir / à écouter » et « Sur YouTube », même si j’ai tendance à ne pas être très assidue pour les remplir…

  • Blog 2020 avec les articles à publier sur Cinéphiledoc

J’ai ajouté pour ce domaine une rubrique « Éditeurs de cinéma à surveiller et nouvelles publications » pour faire un suivi des ouvrages sur le cinéma qui peuvent m’intéresser pour le blog.

  • Autres listes

J’ai gardé deux rubriques à l’identique : une rubrique plus superficielle « Liste d’envies », qui canalise mon shopping, et deux rubriques « Prêts » et « Emprunts ».

  • Sport

Concernant le sport, je fonctionnais précédemment avec une rubrique mensuelle qui recensait mes différentes activités (vélo, marche, participation à des cours collectifs…). Avec le confinement et la fermeture de la salle de sport, j’ai supprimé cette rubrique et j’ajoute simplement mon temps de sport quotidien sur la page du mois en cours.

  • Lectures

Enfin, j’ai conservé mes deux rubriques dédiées à la lecture :

  1. « À lire », que je coche au fur à mesure (et qui m’empêche de craquer sur tout et n’importe quoi en librairie)
  2. Et une rubrique « Lectures » où je reporte de la première rubrique ce que j’ai lu, où j’indique ce qui me sert pour le blog et ce que j’ai aimé.

Le bullet journal comme allié du confinement et du télétravail

J’étais déjà très très accro à ce nouveau mode d’organisation, que j’ai adopté maintenant depuis janvier 2019. Mais ce qui a achevé de me convertir, c’est toute la période de mars à juillet 2020.

En effet, mon bullet journal m’a permis d’avoir un aperçu de ma période de confinement, de télétravail à temps plein, puis de reprise au lycée en temps partagés : 2 à 3 demi-journées par semaine sur place, et le reste du temps en télétravail.

Je l’ai utilisé dès le début du confinement :

et j’ai pu y ajouter durant toute cette période les appels, les mails, et les différentes publications, que ce soit sur le portail E-SIDOC du CDI, sur les différents blogs de l’ENT, sur les différents comptes Twitter, la veille et les autres activités.

J’ai indiqué progressivement quelles activités professionnelles (stages, formations, réunions) avaient dû être annulées à cause du confinement.

Globalement, on voit que les semaines sont bien remplies, sauf pour les périodes de vacances, même si j’ai gardé une petite activité professionnelle en avril :

Au fur à mesure, j’ai commencé aussi à surligner les différents temps, surtout lorsqu’il a fallu retourner au lycée pour certaines demi-journées : je pouvais distinguer les séances pédagogiques avec les élèves (à distance) et les temps prévues au lycée.

J’ai gardé ce même mode de fonctionnement jusqu’aux grandes vacances :

Pendant les grandes vacances, j’ai à nouveau repris un fonctionnement par quinzaines, jusqu’au 31 août.

Globalement, pendant la période de confinement et de télétravail, le bullet journal m’a vraiment aidée à m’organiser, à rationaliser mes activités sans culpabiliser, et plus que jamais, à dissocier mon temps de travail et mes temps de pause.

Petit bilan annuel

Voilà donc un nouvel argument, en faveur de ce mode de fonctionnement, et que j’ajoute au bilan, plus que positif, de cette année.

Je ne peux que recommander le bullet journal à tout ceux qui chercheraient un nouvel outil pour différentes raisons (organisation, aide-mémoire, gestion du temps, détox numérique).

J’ai inauguré à la mi décembre mon nouveau Bullet Journal pour l’année 2021, que j’ai choisi encore plus soigneusement que celui de cette année, pour les raisons évoquées plus haut. Je l’ai préparé pour ce début janvier, en y inscrivant les rubriques qui me sont devenues indispensables, en reportant les lectures 2020 que je n’ai pas faites, et en préparant la rentrée.

Voilà pour mes petits secrets de méthode de travail, qui je l’espère vous seront utiles.

Encore une belle année à tous et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Un an de Bullet journal

Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2020.

Comme annoncé au mois de novembre et au mois de décembre, voici un article un petit peu particulier et que plusieurs personnes m’ont demandé depuis un moment.

En effet, depuis un an maintenant, j’ai radicalement changé mes méthodes de travail et je voulais revenir là dessus pour en expliquer le pourquoi et les avantages.

Je vais exposer ici quelques petits secrets de méthode de travail, dont se servent déjà, j’ai pu le constater, un certain nombre d’enseignants (papier ou en ligne, premier ou second degré).

Je ne cherche donc pas à révolutionner les choses, mais à faire un compte-rendu d’expérience.

Quelques raisons…

Si j’ai décidé de me lancer dans cette aventure du Bullet journal, c’est pour plusieurs raisons, plus ou moins évidentes.

  1. remplacer plusieurs éléments par un seul. Avant, j’avais des notes sur mon portable, un Google agenda dans lequel je notais scrupuleusement mes réunions, séances élèves, formations…, un carnet papier dont je me servais en réunions et formations, un Trello avec mes To-do-lists, divers documents en ligne qui me servaient d’aide-mémoire professionnels, et des post-its, et des papiers et autres feuilles volantes… autant dire que mon bureau, mon sac (et ma tête) étaient assez bordéliques, même si extérieurement j’ai l’apparence de quelqu’un d’assez organisé et ordonné (ce que pourrait démentir Mme Vina, mon instit de CE2, le jour où elle a voulu retrouver un de mes cours dans mon casier à l’école…). Je voulais quelque chose aussi qui reste assez libre dans sa forme, pas aussi contraignant qu’un agenda et tout de même moins anarchique que des notes.
  2. me souvenir de ce que je vois / fais / lis. Lorsqu’on me posait la question avant, j’avais un peu du mal à me souvenir au-delà de six mois des films, séries télévisées, expos, que j’avais vus, en dehors des plus évidents. J’avais du mal à me rappeler de mes lectures et c’est pour cela que l’an dernier, j’avais commencé à les noter sur mon portable, mais cela ne me satisfaisait pas entièrement.
  3. mieux organiser mon temps. Je sais que je passe pour une hyperactive insomniaque, mais c’est loin d’être le cas. Par contre, j’ai du mal à m’arrêter de travailler et je peux être souvent frustrée par le fait d’arrêter une tâche en cours de route. Du coup, cela m’a permis d’établir correctement ce que je peux faire en un jour, une semaine ou un mois, et cela m’a aussi permis de profiter pleinement de mes temps de loisirs. Ça paraît idiot dit comme ça, mais c’est réellement le cas.
  4. avoir une détox numérique. J’ai eu une période où je rentrais chez moi le soir et où, sur le canapé, j’avais la télévision allumée, l’ordinateur sur l’accoudoir, le portable à la main et la tablette sur les genoux. J’ai voulu regagner un peu d’attention en lisant plus, en faisant du sport et en utilisant un outil de travail 100% papier. Donc, certes, j’ai remplacé une addiction (aux écrans) par une autre (à ce carnet que je traine maintenant partout). Mais il fait partie de mon petit temps de déconnexion journalier et cela a été des plus salutaires.

Sauter le pas

Ce qui m’a fait réellement sauter le pas, au-delà de ces diverses considérations, c’est de voir mon compagnon, qui fait un métier scientifique, utiliser cette méthode que je considérais comme des plus littéraires. Il a accepté de me montrer en juillet dernier quelques pages de son bullet journal et j’ai vite été convaincue que c’était ce qu’il me fallait.

Après, restait le défi de tenir la distance : j’ai souvent décidé d’utiliser tel ou tel outil pour le lâcher au bout de quelques semaines ou de quelques mois.

D’abord, sur les conseils de mon compagnon, j’ai consulté le site du créateur du bullet journal, que vous retrouverez ici :

https://bulletjournal.com/

Et je me suis abonnée à sa chaîne YouTube :

https://www.youtube.com/bulletjournal

J’ai feuilleté le livre qu’il a publié :

https://bulletjournal.com/pages/book

Et c’est principalement cette page de son site que j’ai consultée :

https://bulletjournal.com/pages/learn

Mais ce qui m’a aidé et a été déterminant, ce sont les deux vidéos de Solange te parle :

  • la première publiée il y a 3 ans :

  • la seconde ici :

Après je ne suis pas du tout allée voir les merveilles esthétiques que font certains sur Instagram avec leur bullet journal, d’abord parce que je ne voulais pas me donner des complexes et ensuite parce que cela ne correspondait absolument pas à mes objectifs. Néanmoins, si vous avez un tempérament d’artiste, allez regarder, c’est assez fabuleux.

Donc en janvier, je me suis lancée, et j’ai du coup remplacé une organisation par année scolaire, adoptée depuis… et bien depuis que je vais à l’école… par une organisation par année civile.

Ça ressemble à une bonne résolution dit comme ça, et c’est vrai que je suis assez fière de moi d’avoir tenu avec cet outil qui, finalement, me correspond.

Mon mien, à quoi il ressemble

À partir de la mi janvier 2019, mon entourage s’est donc habitué à me voir trainer partout ce petit carnet vert. J’ai commandé sur Amazon la référence suggérée par Solange : un Leuchtturm 1917 à couverture verte avec index, pagination et une rubrique « Future log », la seule rubrique imposée de tout le carnet.

J’ai acheté des feutres suggérés par mon compagnon : des Faber-Castell noirs tailles F et B (j’ai aussi un S mais dont je ne me sers quasiment jamais).

Et je me suis lancée avec angoisse, parce que je suis gauchère et j’espérais que les feutres séchaient vite, parce que, comme à peu près tous les gauchers, j’ai tendance à écrire en ayant la main qui passe assez vite sur la zone où je viens d’écrire, donc après c’est tout sale.

Heureusement, malgré quelques débuts hésitants, j’ai vite trouvé mes habitudes et mon confort.

Mon entourage s’est étonné de me voir adopter un outil non numérique et, de surcroît, d’écrire tout en noir. Mais cela m’a donné une certaine rigueur, et j’ai converti plusieurs personnes à cette méthode (certaines autres attendaient cet article pour se lancer) : un coucou à Audrey, Floriane, Johanna, et Bénédicte !

Gestion du temps

Pour gérer mon temps, j’utilise la rubrique « Future log » sur laquelle j’ai mon calendrier annuel.

Ensuite j’ai une double page par mois, et une double page pour chaque semaine (pour les vacances j’utilise une double page par quinzaine). Dès que j’arrive à la fin du mois, je prépare la page consacrée au mois suivant.

 

Pour les semaines, j’aime bien avoir deux semaines de prêtes, au moins les doubles pages, avec les objectifs que je me suis fixés, sur lesquelles j’ajoute les choses à faire au fur et à mesure jour par jour.

Organisation du travail

J’ai progressivement ajouté plusieurs rubriques en lien avec le travail :

  • la programmation des tweets sur @eduscol_doc
  • l’organisation du collectif #LudoDOC
  • les articles à publier sur Cinéphiledoc
  • un pense-bête sur les choses à faire au et pour le CDI
  • les choses à ne pas oublier pour le ministère
  • une boîte à idées un peu fourre-tout pour le blog, le CDI, etc.
  • un calendrier de mes formations et de mes réunions
  • un suivi des séances avec les élèves avec aussi parfois des tableaux de progression sur certains projets (en SNT et en STS principalement)

Tout cela ne se suit pas, c’est vraiment au gré de mes besoins et des pages, et cela s’étale sur les plus de 200 pages utilisées de 2019.

Gestion du quotidien

Sur le mois je fais un suivi de ce que j’ai fait en terme de tâches ménagères, d’occupations, et, avec le suivi de ma consommation d’essence, un simulacre de budget.

Par semaine, j’ai aussi quelques tâches que je note dans une rubrique « À faire » : passer à la poste, retirer des réservations à la médiathèque, appeler telle ou telle personne, réserver des transports, prendre des rendez-vous…

Loisirs et sport

Enfin pour mes activités culturelles, j’ai plusieurs rubriques que je remplis avec assiduité :

  • Culture 2019 avec les films, séries télévisées, expositions et musées, concerts

 

  • Les rubriques « J’ai appris », « À voir, à écouter », « Sur YouTube » ou « Vécu » : j’y indique ce qui retiens mon attention, et aussi les faits marquants (incendie de Notre-Dame, etc.), j’y ai ajouté tardivement une rubrique avec ce que je relisais, revoyais, réécoutais.
  • Un mémento Hercule Poirot, dans lequel j’ai indiqué pour chaque aventure sa date de parution, si je l’ai lue ou pas encore, si je l’ai vue en film ou série télévisée et si je l’ai aimée

  • Une rubrique plus superficielle « Liste d’envies », qui canalise mon shopping
  • Deux rubriques « Prêts » et « Emprunts »
  • Une rubrique mensuelle avec mes activités sportives : vélo, marche, participation à des cours collectifs…
  • Enfin mes deux rubriques lectures :
  1. « À lire », que je coche au fur à mesure (et qui m’empêche de craquer sur tout et n’importe quoi en librairie)
  2. Et une rubrique « Lectures » où je reporte de la première rubrique ce que j’ai lu, où j’indique ce qui me sert pour le blog et ce que j’ai aimé.

Bilan

La tenue scrupuleuse de ce premier carnet en 2019 m’a permis d’établir une page de bilan :

Concernant mes impressions, je n’ai que du positif à retirer de cette expérience, et je ne peux que la recommander à tout ceux qui, pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, chercheraient un nouvel outil.

J’ai inauguré à la mi décembre mon nouveau Bullet Journal pour l’année 2020, un carnet Quo Vadis à couverture rouge, mais avec exactement les mêmes caractéristiques que le précédent. Je l’ai préparé pour ce début janvier, en y inscrivant les rubriques qui me sont devenues indispensables, en reportant les lectures 2019 que je n’ai pas faites, et en préparant la rentrée.

Voilà pour mes petits secrets de méthode de travail, qui je l’espère vous seront utiles.

Encore une belle année à tous et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Lettre à la Femme d’à côté

Il y a deux mois, dans le cadre de l’exposition consacrée à François Truffaut à l’occasion des 30 ans de sa disparition, la Cinémathèque française et le magazine Télérama ont lancé un concours d’écriture, Lettre à la Femme d’à côté, auquel j’ai participé.

Ma lettre n’a malheureusement pas été retenue parmi les trois lauréates sélectionnées par le jury, et dont la lecture est disponible ici. C’est pourquoi je la publie aujourd’hui sur Cinephiledoc. J’espère que cette lettre à Mathilde, personnage captivant de La Femme d’à côté, vous plaira.

Chère Mathilde,

Qu’il est étrange de se mettre à t’écrire, toi que j’ai rencontrée tardivement, et que je trouvais si intimidant de côtoyer.

la femme d'à côté

J’avais certes croisé beaucoup de tes sœurs déjà, Colette, Fabienne, Christine, Catherine, Anne et Muriel, Marion… mais il y en avait peu dont l’intensité m’impressionnait autant que la tienne. Et pourtant je restais en retrait, spectatrice, voyeuse, car intervenir plus directement dans cette histoire aurait été comme une effraction. J’aurais eu l’impression de trahir un secret, et je redoutais presque cette proximité tout autant que je la recherchais.

Je n’ai pas l’habitude d’écrire des lettres – ou plutôt j’en ai eu l’habitude et, comme beaucoup je suppose, je l’ai perdue. Mais je me suis souvenue que cette habitude-là, tu ne l’avais pas prise. Elle n’aurait été qu’un témoignage de plus de l’absolu de ton caractère. Une redondance.

Alors qu’il fallait à tout prix que cette passion, cette intransigeance des sentiments, ce refus de tout compromis, soient détachés de tout ce qui aurait pu paraitre désuet. Il fallait que tu vives aujourd’hui, et de toute éternité, et de ton univers, les lettres ne faisaient pas partie.

Je me souviens davantage de coups de téléphone, de conversations interrompues brutalement et de ligne occupée. Des lettres ? Aucune.

femme d'à côté

Parce que tu ne faisais plus partie de celles qui écrivent leur passion. Tu faisais partie de celles qui la vivent pleinement. Et pourtant, à l’instant où j’écris ces mots, je me rends compte à quel point il est injuste de dire que Anne et Muriel, ou que Catherine, vivaient moins intensément leur passion que toi.

Encore une fois, je ne parviens pas à t’écrire comme il le faudrait. Je pourrais dire une foule de choses. Je pourrais t’expliquer à quel point tu m’as émue, bouleversée, marquée. A quel point j’ai voulu faire mien ce message, mienne cette épitaphe à laquelle tu n’auras pas droit, « Ni avec toi, ni sans toi ». Mais la pudeur, la timidité, et même le regard des autres, ne pouvaient que m’en empêcher.

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Il n’y a que toi, Mathilde, pour l’incarner, mais qui pourrait te prendre pour modèle sans trembler ? Qui pourrait tout autant redouter de vivre ta vie et craindre de ne pas l’avoir vécue ?

Et puis, pardonne-moi, mais cette lettre, j’aurais voulu l’écrire à un autre. Attends, attends. Cet autre, j’aurais voulu lui dire que son cinéma m’a éveillée à la vie, a éduqué mon regard, a forgé mon être, m’a appris à aimer les livres, le cinéma, les êtres disparus et les êtres entiers tels que toi. Je lui aurais dit qu’il a été mon grand frère, mon fils, mon père.

J’aurais voulu lui dire je ne sais combien de choses, que bien sûr, il m’aurait été impossible de formuler si, par un hasard irréel, j’avais été mise en sa présence. Une fois encore, la réalité, et la pudeur, auraient retenu mes mots…

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Pourtant, j’aurais tant voulu lui dire… alors je le dis à toi, messagère sans concession. Et cette lettre que, du coup, je ne t’écris pas, si jamais tu le croises, remets-la lui.

Voilà un petit article un peu court, et qui sort de l’ordinaire… Mais j’aurais regretté qu’il reste au fin fond de mon ordinateur, sans le partager avec vous.

Il m’a d’ailleurs donné envie de partager quelques textes, que je publierai de temps à autre, à l’occasion, dans la rubrique « Écriture » de ce blog, en plus des habituelles critiques cinéphiles et des habituelles réflexions professionnelles.

À bientôt !

Formes et couleurs du brouillon

Après avoir lu mon article sur les post-its et les marques-pages, l’insatiable Eva m’a soufflé cette idée : « Et pourquoi pas un article sur les brouillons ? ». Nous passons un temps certain à nous souffler mutuellement des idées d’articles. Je lui avais suggéré : Pourquoi tu ne le ferais pas, cet article sur les brouillons ? « Prends-le, tu feras un super truc », m’a-t-elle rétorqué, tout en me promettant de me donner des idées, si jamais je séchais… Portée par cet enthousiasme contagieux, je me suis donc lancée.

Mythologie du brouillon

Le brouillon, c’est un élément indispensable et trop souvent négligé de l’écriture. A tort, le brouillon est réduit à l’univers de l’école (cahier de brouillons), de la confusion et du désordre (brouillé, brouillon, brouillard) et de la blague biblique (Eve et Adam, le brouillon et le chef d’oeuvre, que l’on soit homme ou femme, chacun son point de vue).

Bref, le brouillon est un mal aimé. Documentairement parlant, il n’a pas de statut à part entière. Pourtant, on pourrait lui en trouver un : document pré-primaire ? anté-scriptural ? désordre informationnel précédant l’ordre imprimé ? Cette désaffection ne s’arrête pas à son statut.

Lorsque l’on voit ce mot écrit quelque part, on a l’impression d’une erreur. Je viens de l’écrire neuf fois depuis le début de cet article, je crois déjà que je l’orthographie de manière incorrecte. Le brouillon fait mal aux yeux, qu’il s’agisse du mot ou de la chose. Trop de o, trop de l. Trop de ratures, trop de fouillis !

Manuscrit de L'éducation sentimentale

Manuscrit de L’éducation sentimentale

Pourtant le brouillon est voué à un destin hors du commun. Parfois, il excède le simple état de brouillon pour devenir, hasards de la postérité et de la célébrité, un « manuscrit », un « palimpseste » ou une « épreuve » recherchée par les collectionneurs.

Dès qu’il a été transformé, qu’il est passé de l’état indéfini de « brouillon » à l’état défini d’objet fini – le livre – le brouillon atteint la consécration. Il est la matrice originelle, le chaos au milieu duquel se sont accomplis l’oeuvre, la construction parfaite, l’harmonie, l’exploit de la forme. Et il finira par être ce sur quoi le lecteur assidu, le critique ou le passionné, s’appuiera désormais : un retour aux origines. Il justifiera la méthode, l’inspiration, le génie.

Demain dès l'aube, Hugo

Demain dès l’aube, Hugo

Le lecteur curieux aimera jeter un coup d’oeil au laboratoire, comme un gourmand qui veut connaître la recette, à ceci près que dans ces cas tous différents et multiformes, il n’existe aucun recette préétablie. Un brouillon de Hugo ou de Flaubert ne ressemble en rien à un manuscrit de Proust.

Dernière page de la Recherche, Proust

Dernière page de la Recherche, Proust

Ce dernier avait une technique très particulière : il utilisait pour la recherche des cahiers, sur lesquels il collait et pliait des morceaux de papier, appelés « paperolles », au fur et à mesure des ajouts et des enrichissements successifs du texte. De même qu’il évoque souvent une fleur japonaise, un origami d’impressions qui se déploie dans le souvenir que suscite la madeleine, de même son texte se déploie, se déplie, s’amplifie à mesure qu’il le fabrique :

Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d’eau de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.

Le brouillon au quotidien

Mais comme me l’a signalé l’exubérante Eva, « on imagine l’écrivain à son bureau, avec un thé et un chat sur les genoux alors que la plupart du temps il griffonne sur un vieux prospectus pendant une conférence qui l’ennuie ou pendant qu’il fait un boulot alimentaire… »

Qu’ils écrivent dans des cahiers, sur des feuilles volantes, sur tout et n’importe quoi (le calepin à côté du téléphone, le dos de l’enveloppe usagée, le ticket de caisse, la note de restaurant, la nappe en papier…) ; qu’ils soit plutôt du genre ordonné – pas une rature, pas une tâche, bref les adeptes du premier jet – ou que « cent fois sur le métier » ils remettent leur ouvrage, chaque écrivain a sa méthode.

Au-delà du brouillon sacralisé de l’écrivain, qui, même fabriqué à partir de tout et surtout de n’importe quoi, fait de bric et de broc, fera s’arracher les cheveux aux héritiers, aux collectionneurs et aux spécialistes de l’oeuvre, il y a les brouillons du quotidien, ceux dont on se souvient, et ceux qu’on préférerait oublier :

  • les brouillons de concours et d’examens (oh les jolies feuilles vertes, jaunes et roses sur lesquels on prépare nos très mémorables dissertations : « La notion d’inconscient psychique est-elle contradictoire ? », « La nature et la culture », « Les classifications décimales ») ;
  • les verso de feuilles déjà utilisées ;
  • les samedis et les dimanches des agendas (mais aussi les vacances, très utiles) ;
  • les post-its, enveloppes et autres bouts de papier déjà cités ;
  • les carnets « spécialement faits pour ça »
  • les répertoires (pour les plus organisés et les fondus de l’ordre alphabétique)
  • les bloc-notes, papier et numériques

On pourrait d’ailleurs se poser la question de l’avenir du brouillon et du manuscrit avec l’utilisation des machines à écrire et des ordinateurs. Rien n’empêche cependant de réécrire par dessus un texte imprimé… mais qu’en est-il lorsque le texte reste pendant un temps certain, à l’état de document dans un dossier, sur le bureau de l’ordinateur ?

L’avenir du brouillon

Le brouillon numérique est moins torturé, moins malmené que son homologue papier. Une correction à faire ? Un petit clic de souris, une petite sélection, et hop, voilà la rature numérique annihilée ! Les acharnés, bornés, obtus, nostalgiques peuvent toujours utiliser la fonction « barrer » ou corriger et annoter le texte dans une autre couleur (j’avais une prof de prépa qui me renvoyait mes commentaires de textes avec de très belles annotations en rouge, et entre parenthèses, comme celle-ci).

Mais ils sont tout de même rares… Tant que le texte n’est pas imprimé, tant qu’il ne devient pas « premier jet » ou « épreuve », adieu les annotations manuscrites, les ratures, les flèches et les déplacements d’un paragraphe à un autre !

Pour se consoler, on peut toujours revivre le frisson de la création manuscrite en s’émerveillant des richesses numériques et numérisées : archives, sites dédiés et autres fonds hauts en couleurs. Petite sélection pour les amateurs :

Manuscrit Sartre

Manuscrit Sartre

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