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Hors-série 1 : Daphné, Branwell, Rebecca et Alfred

Comme chaque été, je vous retrouve pour deux hors-série qui ne traitent pas, comme le reste de l’année, de publications plus ou moins récentes, mais de thématiques qui me tiennent à coeur.

https://www.arte.tv/fr/videos/074245-000-A/daphne-du-maurier/

L’été approchant, j’ai hésité entre plusieurs thématiques, dont l’une que vous retrouverez certainement pour l’article de septembre.

Brièvement, j’ai pensé vous concocter un best-of de l’ensemble de mes lectures cinéphiles depuis que je tiens ce blog.

J’ai également pensé à un autre best-of qui aurait repris l’ensemble des séries et des films qui composent ma liste sur Netflix. Puis une autre idée m’est venue et je garde ces best-of certainement pour l’an prochain !

De Daphné à Agatha, détours et évidences

Cette idée, elle s’est imposée lorsque j’ai regardé sur Arte un fabuleux documentaire sur Daphné du Maurier.

Alors qui était Daphné du Maurier, j’y reviendrai dans un instant, mais déjà, quelques mots de la façon dont l’idée a émergé et de ce fameux documentaire.

C’était en avril dernier, et j’avais envie de regarder quelque chose de court et d’instructif, ce qui me conduit généralement à faire un saut dans les replay de la chaîne Arte. Du coup, je tombe sur ce documentaire, qui m’accapare complètement (j’en ai glissé le lien en introduction, ce n’est pas très esthétique mais le code d’intégration proposé était des plus capricieux…).

De là me viennent plusieurs pensées. Je me dis que je n’ai jamais parlé de Daphné du Maurier sur mon blog, je me souviens qu’elle a été parmi quelques-unes de mes belles découvertes de lectures quand j’étais ado, je me dis que si j’en parle, ce sera aussi l’occasion de parler d’Hitchcock, je me dis qu’il faut vraiment que je retourne en Cornouailles (je vais d’ailleurs ponctuer cet article de quelques photos), je me dis que j’en profiterais bien pour écrire quelque chose sur Agatha Christie…

Et voilà, j’ai mes deux hors-série de l’été : sur les deux romancières anglaises du vingtième siècle les plus respectées : Daphné du Maurier et Agatha Christie.

Comme le titre vous l’indique, je vais commencer par la première, puisqu’à l’heure où j’écris ces lignes, je suis encore plongée dans mes lectures pour préparer l’article sur la seconde.

Daphné en lectures

Je l’ai mentionné plus haut, Daphné du Maurier a très tôt fait partie de mon univers de lectrice, elle a certainement été parmi les auteures que j’ai lu avant Jane Austen, avant les soeurs Brontë, peut-être pas avant Agatha Christie (que j’ai dû lire à peu près en même temps), en tout cas j’ai lu Daphné du Maurier bien avant de lire Jane Eyre et Wuthering Heights.

J’ai évidemment commencé par Rebecca. Lorsqu’on lit Daphné du Maurier, commence-t-on réellement par autre chose que Rebecca ? Avais-je vu le film d’Hitchcock avant ou après, je ne sais plus. Toujours est-il que, comme beaucoup, j’ai été happée dès la première phrase :

J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley.

Rebecca. Manderley.

Rien que ces deux mots donne une idée de la façon dont on peut rêver sur les lieux avec Daphné du Maurier.

J’ai donc lu Rebecca. En français. Et il m’a fallu d’autres livres. Fort heureusement, la bibliothèque familiale comprenait quelques Daphné du Maurier.

Je me souviens donc très bien du recueil de nouvelles Pas après minuit, en particulier celle sur les touristes anglais à Jérusalem et celle sur le couple américain en vacances à Venise, qui était vraiment terrifiante. Je ne me souviens pas des titres exacts, mais je me souviens de la couverture, et de l’éditeur, Albin Michel.

Puis j’ai lu Mad. Sans le savoir, c’était le premier (ou l’un des premiers) livre de science-fiction que je lisais. Et je l’ai trouvé d’une drôlerie et d’un sens de la narration extraordinaires. Plus tard j’ai appris que c’était l’un des Daphné du Maurier les moins appréciés.

Ensuite, je me suis plongée dans La Maison sur le rivage, qui était vraiment beau et inquiétant, et c’est le dernier texte de fiction que j’ai lu de Daphné. J’avais certes trouvé un recueil qui rassemblait Rebecca, Ma Cousine Rachel, L’Aventure vient de la mer et L’Auberge de la Jamaïque, mais je n’ai pas pris le temps de m’y plonger.

Quelques années ont passé, j’ai enfin lu Wuthering Heights et Jane Eyre, j’y ai reconnu certaines des influences de Daphné du Maurier, et c’est grâce à cet intérêt pour les soeurs Brontë que j’ai redécouvert Daphné.

Car, non contente d’être une narratrice hors pair, Daphné du Maurier a écrit, selon moi, l’une des plus belles biographies que j’ai jamais lues : celle de Branwell Brontë. Et c’est en commandant cette biographie, en découvrant son nom en dessous du titre, que j’ai repris contact avec son univers.

Quatrième de couverture :

Branwell est l’enfant maudit de la famille Brontë. L’unique frère de Charlotte, Emily et Anne était pourtant promis à un brillant avenir. C’est lui qui construisit le monde imaginaire de la fratrie, inventa les jeux qui nourriraient l’imagination de ses sœurs, lui qui les inviterait à la création, à l’écriture. Mais l’enfant prodige devint peu à peu un poète déchu s’aidant d’alcool et d’opium pour surmonter la folie, tandis que ses trois sœurs accédaient à la renommée.

Branwell, c’est donc la silhouette que l’on aperçoit, presque complètement effacée, sur le portrait de Charlotte, Emily et Anne. C’est le peintre qui s’est de lui-même retiré du tableau.

C’est ce personnage mystérieux et pathétique que Daphné du Maurier nous raconte dans cette magnifique biographie. Je me suis longtemps demandée si André Téchiné s’en était servi pour son très beau film sur Les Soeurs Brontë, et comme je n’ai pas la réponse, j’en arrive à me convaincre que oui.

C’est par cette biographie que j’en suis revenue à Daphné du Maurier, et que j’ai relu, en anglais cette fois, Rebecca. 

Et je dois dire que lorsqu’on la lit en anglais, cette première phrase, et tout le reste, vous saisit encore davantage.

Daphné et Alfred

Si je connais bien Daphné, ou plutôt si jusque-là je croyais bien la connaître, c’est grâce à Hitchcock.

Très tôt, Rebecca a fait partie de mes films préférés d’Hitchcock, avec L’Ombre d’un doute, La Mort aux trousses et Fenêtre sur cour.

Ce n’était pas la narratrice que j’appréciais, ce n’était pas plus Max de Winter, c’était Mrs Danvers et Manderley. Et c’est le tour de force d’Hitchcock d’avoir réussi à rendre le lieu aussi palpable, inquiétant et humain que dans le livre.

Mrs Danvers, c’était la fabuleuse Judith Anderson, qui joue d’ailleurs l’un des personnages de l’adaptation des Dix petits nègres d’Agatha Christie, j’y reviendrai dans mon prochain article. Et puis il y a George Sanders, qui joue Favell, le cousin de Rebecca, une canaille inoubliable.

Pour écrire cet article, j’ai repris mon Hitchbook, et il y avait un échange entre Truffaut et Hitchcock dont je me souvenais tout particulièrement :

FT : (…) vous dites que c’est un film qui manque d’humour mais, quand on vous connaît bien, on a l’impression que vous avez dû beaucoup vous amuser en écrivant le scénario, car finalement c’est l’histoire d’une fille qui accumule les gaffes.

En revoyant le film l’autre jour, je vous imaginais avec votre scénariste : « Voilà la scène du repas, est-ce que l’on va lui faire tomber sa fourchette par terre ou bien est-ce qu’elle va renverser son verre ou plutôt casser une assiette ? »

Je laisse, grâce à la magie de YouTube, la parole aux deux principaux intéressés :

Ce petit voyage à travers Rebecca m’a permis de mesurer ma connaissance (ou ma méconnaissance) de Daphné du Maurier et d’Hitchcock sous la forme d’un match :

Rebecca : Daphné du Maurier 1 – Hitchcock 1

L’Auberge de la Jamaïque : Daphné du Maurier 0 – Hitchcock 0

Les Oiseaux : Daphné du Maurier 0 – Hitchcock 1

C’est aussi grâce aux Oiseaux et à Soupçons, un autre film de Hitchcock (ou plutôt à cause d’eux) que je me suis fait une image de Daphné du Maurier bien éloignée de la réalité.

Dans Soupçons, un beau personnage de femme auteure de roman policier qui met en garde l’héroïne, Joan Fontaine, contre son mari, Cary Grant.

Dans les Oiseaux, vous avez le personnage de la vieille dame ornithologue.  Allez savoir pourquoi, j’ai longtemps pensé que Daphné du Maurier devait ressembler trait pour trait à ces deux personnages.

Jusqu’à ce fameux documentaire Arte…

De Daphné à Daphné

La première fois que j’ai lu Rebecca, je ne me suis absolument pas intéressée à son auteure, et je ne lui ai pas plus prêté attention lorsque j’ai lu ses autres livres.

Elle ne figurait pas sur la quatrième de couverture, elle me racontait des histoires captivantes mais je n’ai pas songé à m’informer davantage sur elle.

Aussi lorsque j’ai vu ce documentaire, j’ai compris à quel point j’étais loin de la réalité. Il m’a révélé une personnalité belle, forte, attachante, entière, et ce premier aperçu m’a été confirmée par la superbe biographie de Tatiana de Rosnay, Manderley for ever.

Je l’ai décrite comme si je la filmais, caméra à l’épaule, afin que mes lecteurs comprennent d’emblée qui elle était. J’ai décrypté ses livres, sa voix, son regard, sa façon de marcher, son rire. J’ai écouté ses enfants, ses petits-enfants. Autour des maisons qu’elle aimait avec passion, j’ai dressé le portrait d’une écrivaine atypique et envoûtante, méprisée des critiques parce qu’elle vendait des millions de livres. Son univers macabre et fascinant a engendré une œuvre complexe, étonnamment noire, à l’opposé de l’étiquette « eau de rose » qui lui fut si injustement attribuée.
Ce livre se lit comme un roman, mais je n’ai rien inventé. Tout y est vrai.
C’est le roman d’une vie.

On y découvre une Daphné du Maurier tiraillée entre le masculin et le féminin, entre ses passions « vénitiennes » (le code qu’elle utilise pour lesbiennes, bien qu’il s’agisse souvent d’une simple attirance ou admiration pour certaines des femmes qu’elle a pu côtoyer) et sa vie d’épouse, un être épris de promenades, de solitude et d’écriture, et que la critique n’a pas ménagé, ne lui pardonnant pas ses succès publiques.

Elle y est fascinée par l’histoire, par les personnages qui l’entourent, par les lieux qu’elle visite ou dans lesquels elle vit, et elle rêve si bien « vrai » que tout cela se retrouve à merveille dans tout ce qu’elle écrit.

Sur les traces de Daphné du Maurier, on suit Tatiana de Rosnay depuis Londres jusqu’à Kilmarth, en passant par Paris, Fowey et Menabilly.

On y côtoie l’univers du théâtre londonien du début du 20e siècle, on se promène dans Londres à la même époque, on y découvre la vie d’une jeune femme dans ces années-là, ses rêves, ses tiraillements, ses ambitions et ses passions.

Et c’est caméra à l’épaule, comme le souhaitait l’auteure de cette biographie, qu’on l’observe marchant dans l’herbe haute de Menabilly et au milieu des meubles encore recouverts de housses, ou mettant toute son énergie à faire vivre des personnages qui ne sont pas éloignés de ce qu’elle était.

Évidemment, je ne peux que vous recommander ce livre, ainsi que toutes les lectures que j’ai mentionnées auparavant.

Itinéraires littéraires, cinéphiles et gourmands

Comme ce sont les vacances, et même si mes pas vont me conduire dans d’autres endroits que ceux fréquentés par Daphné et Alfred, voici pour finir cet article quelques escales en images et en textes.

Ceux qui ont souri à l’évocation des soeurs Brontë pourront aller flâner sur le site du musée d’Haworth, en attendant d’y faire un tour en vrai :

Ceux qui voudraient voir les lieux qui ont inspiré Rebecca, devront se contenter, comme Tatiana de Rosnay, d’une vue aérienne, ou du portail d’entrée, Menabilly restant une propriété privée inaccessible aux curieux :

Ceux qui voudront aller plus loin que la Cornouaille suivront Hitchcock jusqu’à Bodega Bay, mais faites attention aux oiseaux…

Pour ceux qui préfèreraient tout simplement savourer leurs vacances avec un bon repas accompagnant ces lectures, restons tout de même avec Hitchcock, et si vous dégotez le livre génial La Sauce était presque parfaite, arrêtez vous aux recettes suivantes :

  • Perdrix sauce ivoire de Rebecca,
  • Cornish bread Manderley
  • Poulet Dixie pommes au four Bodega Bay des Oiseaux
  • Tourte au poulet
  • Saumon grillé maître d’hôtel de Rebecca

Le tout bien-sûr servi avec un cocktail.

Bonnes escapades et bel été à tous !

D’humeur fantasy…

Avant de faire le compte-rendu des deux ouvrages que concernent cet article, voici un petit plan des articles à paraître jusqu’au mois de mars 2019 :

  • 10 décembre : cet article
  • 21 décembre : l’article #profdoc de décembre
  • début janvier : le traditionnel palmarès de lecture pour l’année 2018
  • fin janvier : article #profdoc
  • début février : un article qui parlera de plans au cinéma et de courses poursuites
  • 22 février : article #profdoc
  • début mars : les dernières publications 2018 et les premières publications 2019 que j’aurais pu lire…

Dans cet article, comme annoncé, vous retrouverez deux comptes-rendus de lecture ainsi qu’un petit aperçu d’exposition.

D’humeur fantasy, donc…

Comme l’indique mon titre, je suis dans une période où j’ai pu lire, voir et revoir pas mal de choses du domaine de la fantasy.

Si j’étends quelque peu ce domaine, j’ai lu depuis cet été trois livres excellents, dont seulement l’un d’eux appartenaient à la fantasy (Royaume de vents et de colère), les deux autres appartenant au genre steampunk (Feuillets de cuivre) et à l’uchronie (Frankenstein 1918). Ce sont d’ailleurs des livres que je vous recommande chaudement !

Incursion #profdoc : cela intervient également au moment où je réfléchis au renouvellement du fonds SF et fantasy au CDI…

Plus précisément, en fantasy, je suis plongée depuis quelques semaines dans un marathon Game of Thrones : tout revoir depuis la saison 1 (et au moment où j’écris cet article j’en suis à un peu plus de la moitié de la saison 3).

Tout cela a été encouragé, entretenu, par les lectures dont je vais vous parler maintenant.

Fantasy en général…

Le premier de ces ouvrages est une pépite – mais vous verrez dans la suite de cet article que pour le deuxième aussi, je ne serai pas avare de compliments !

J’ai été avertie de sa sortie par Emmanuel Chastellière, auteur, traducteur et webmaster DU site français de fantasy, Elbakin.

Quel était l’événement ? La sortie aux éditions Vendémiaire d’un Dictionnaire de la fantasy, en octobre 2018 sous la direction d’Anne Besson.

Petite précision : les éditions Vendémiaire comptent parmi mes « chouchoutes » en matière de maisons d’édition qui se consacrent (exclusivement ou presque ou en partie seulement) au cinéma : j’ai dû faire des comptes-rendus de lecture sur un peu moins d’une dizaine de leurs publications, qui sont toujours d’une qualité irréprochable.

On y retrouve notamment des ouvrages sur Star Wars, sur les séries historiques anglo-saxonnes, sur Kaamelott, sur les mythes et idéologies du cinéma américain, sur Spielberg et sur le cinéma fantastique et de science-fiction.

Autre précision : parmi les auteurs, outre l’équipe d’Elbakin et Emmanuel Chastellière (dont j’ai particulièrement aimé l’article sur Joseph Campbell), on retrouve Vincent Ferré, auteur d’un superbe Dictionnaire Tolkien, Jean-Philippe Jaworski et John Lang, et Fabien Clavel, auteur des Feuillets de cuivre dont j’ai parlé plus haut.

Du beau monde donc, et pas qu’un peu !

Fidèle à sa tradition, ce dictionnaire est tout en sobriété – à l’exception des quelques planches d’illustration centrales.

Fidèle également à sa tradition, c’est un bijou, et un indispensable, à déposer sous le sapin de n’importe quel amateur de fantasy.

Lorsque j’ai un dictionnaire entre les mains, je ne sais pas toujours comment m’y prendre et j’hésite entre une lecture de A à Z et une lecture en mode « butinage ».

La lecture de A à Z permet d’avoir une vue d’ensemble du livre, mais elle est souvent de longue haleine : il est difficile de maintenir son attention sur un propos aussi érudit que celui de spécialistes qui vont vous expliquer tour à tour l’un ou l’autre aspect de la question.

La lecture en mode « butinage » aka « oh un article sur Terry Pratchett ! oh des dragons ! oh des chevaux ! oh des elfes » est plus libre, moins concentrée, et ne garantit pas qu’on ne délaisse pas le livre en cours de route pour un autre.

J’ai donc opté pour les deux modes de lecture, simultanément et dans tous les sens. Si bien que j’ai, à ce jour, lu l’ensemble des entrées de A à E et différentes entrées des autres lettres, au gré de mes envies.

À ce jour également, ce qui m’a frappée dans ce dictionnaire, c’est la facilité avec laquelle il se lit, la façon dont les auteurs se mettent à la portée du lecteur, même néophyte. J’y ai apprécié tout autant l’article sur Terry Pratchett ou sur Tolkien, ou sur GRRM (George Raymond Richard Martin) ou sur Neil Gaiman, dont je connais les univers, les articles sur, comme je le disais, les chevaux, les dragons, les couleurs, le seigneur des ténèbres, que des articles où je me sentais moins « à l’aise » en terme de connaissances, comme les comics ou les jeux de rôles.

À certains articles s’ajoute une partie « Point de vue », dans lequel l’auteur de l’article s’exprime personnellement sur la question, soit via un prolongement de l’article en lui-même, soit via un texte littéraire de son cru.

Enfin, ce que j’ai beaucoup apprécié dans cet ouvrage, c’est la partie « Oeuvres conseillées » à la fin, très bien organisée, et qui donne un excellent aperçu de l’univers (étendu) de la fantasy : on y retrouve des oeuvres classiques (des incontournables du genre) et des textes répertoriés en sous-genres (contes et légendes, science-fiction, steampunk) ou en motifs (amour et sexualité, couleurs, ombres et lumières, loi et chaos…)

Voilà pour ce premier compte-rendu !

… Fantasy en particulier

Le deuxième ouvrage dont je vais parler aujourd’hui est un tour d’horizon que j’attendais depuis longtemps, et lorsque j’ai vu ce livre en librairie, je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter.

Ceux qui suivent Cinéphiledoc depuis un moment savent que j’ai une affection particulière pour les séries historiques ou pour les séries dont l’une des influences est l’histoire.

Lorsque le YouTubeur Nota Bene a fait quelques épisodes sur sa chaîne, « Motion VS History » consacrés au décryptage des influences historiques des films et des séries, j’étais ravie !

Concernant Game of Thrones (vous vous doutiez certainement que c’était de cette série dont j’allais parler), j’ai toujours regretté qu’il n’approfondisse pas la question avec l’étude des personnages féminins.

Et voilà qu’un auteur s’y attelle (bon, pas uniquement aux personnages féminins, mais aux influences historiques de Game of Thrones en général).

Il s’agit de Cédric Delaunay, professeur agrégé d’histoire à Tours, qui a publié Game of Thrones : de l’Histoire à la série, en septembre 2018, chez Nouveau monde éditions.

Ce qui attire l’oeil d’emblée, pour tout fan de Game of Trones, c’est la couverture : on y retrouve deux éléments fondamentaux, le trône et la carte.

Quatre parties composent l’ouvrage :

  • La carte et le territoire (une exploration du monde de GRRM et de ses influences historiques et géographiques)
  • Justes et réprouvés (une étude des différents peuples et castes de la saga)
  • Destins funestes et sorts cruels (où l’auteur se concentrent davantage sur certains événements : batailles, noces, morts)
  • Ceux que l’on aime ou… que l’on aime détester (un focus sur certains personnages : Brienne, Tyrion, Cersei, Asha Greyjoy et Daenerys Targaryen)

Le tout se lit comme un roman, et est très bien illustré. On y retrouve Venise, le phare d’Alexandrie, le mur d’Hadrien, la guerre des deux roses, l’assassinat de Jules César, la cour de Henri III, Caligula…

Restent mes figures féminines telles qu’on les a laissées à la fin de la saison 7 : Arya et Sansa, Brienne, Daenerys, Asha Greyjoy, et évidemment Cersei Lannister.

J’ai toujours davantage apprécié les influences de l’histoire anglaise sur Game of Thrones et vu dans ces figures féminines une relecture de la dynastie des Tudor : Robert Baratheon en Henri VIII, Cersei comme une sorte de Bloody Mary…

Mais l’histoire n’est pas finie, et Cédric Delaunay, comme beaucoup d’entre nous, attendent avec impatience la saison 8 qui sortira l’an prochain, et qui permettra éventuellement de donner un second tome à cet ouvrage ?

C’est du moins la promesse qu’il semble nous faire à la toute fin de ce livre captivant…

En attendant, voici d’autres petites choses que l’on peut glaner en cette fin d’année sur l’univers de Game of Thrones.

De l’exposition aux autres lectures…

Jusqu’à fin août 2018 se tenait Porte de Versailles une exposition consacrée à Game of Thrones.

Quasiment aux derniers jours, j’ai pu m’y rendre avec Sandrine (@spdocs) et j’ai pu prendre ces quelques photos, qui vous donneront un aperçu général :

Pour poursuivre dans cet univers, voici quelques ouvrages qui sont sortis plus ou moins récemment – le dernier en date, Feu et sang, est actuellement en tête de gondole dans les librairies :

Voilà pour ces quelques pistes, en attendant les fêtes et, avant cela, l’article #profdoc de décembre.

À bientôt sur Cinéphiledoc !

D’une femme fatale à l’autre

Cette année 2018 est riche en trajectoires féminines réécrites (et ce n’est pas fini !).

En mars, j’avais déjà fait un petit compte-rendu de lectures récentes et de références consacrées aux femmes au cinéma : un documentaire, 50 femmes de cinéma, le journal de Carrie Fisher, et Hollywood : la Cité des femmes.

En mai, j’avais trouvé ce superbe roman, Hollywood Boulevard, consacré à la première « star » de cinéma américaine, Mary Pickford, et à l’une des premières scénaristes, Frances Marion.

Pour ce premier article de reprise, les femmes à nouveau sont à l’honneur, et pas n’importe lesquelles.

Femmes fatales : éléments de définition

Lorsque l’on cherche « femme fatale » sur notre moteur de recherche préféré (!), on est vite effarée à la lecture des premiers résultats – en tout cas je le suis :

Passons outre, rejetons d’emblée les 5 conseils et autres trucs et astuces pour devenir une femme fatale… et reportons nous à quelque chose qui, sans être parfait, a au moins le mérite d’offrir un éclairage historique et culturel de la question :

Une femme fatale est un personnage type qui utilise le pouvoir de la sexualité pour piéger le héros malchanceux. La femme fatale est généralement décrite comme une femme sexuellement insatiable.

Elle séduit, sans se « donner », et est souvent caractérisée physiquement comme une femme très féminine et moralement comme une femme séductrice (dans la littérature décadente, puis au cinéma).

Voilà pour les éléments de définition, passons à la mythologie à présent :

L’archétype de la femme fatale existe dans les mythes et le folklore de nombreuses cultures à tous les âges. Les premiers exemples sont Ishtar, la déesse sumérienne, et Ève, Dalila, et Salomé dans la Bible judéo-chrétienne. Dans la littérature de la Grèce antique, la femme fatale est incarnée par Aphrodite, la sirène, le Sphinx, Scylla, Circé, Lamia, Hélène de Troie, et Clytemnestre.

Je passe sur le fait que, dans cet article, hormis Marlène Dietrich et Rita Hayworth, peu d’exemples sont donnés de « femmes fatales » de cinéma, essayons donc d’enrichir quelque peu cette liste, sans s’arrêter aux caractéristiques physiques (brune ? blonde ? grande ? petite ?) :

  • Greta Garbo
  • Bette Davis
  • Sharon Stone
  • Glenn Close
  • Ava Gardner
  • Joan Crawford
  • ce à quoi on peut rajouter éventuellement quelques belles brunes du cinéma français, au moins dans certains rôles : Maria Casarès, Fanny Ardant, Isabelle Adjani

Vous pouvez, si vous le souhaitez, compléter cette liste, en précisant ce qu’est pour vous une femme fatale.

C’est peut-être d’ailleurs par facilité que j’ai choisi ce terme, afin de rassembler dans un même article, deux femmes qui finalement, ne se ressemblaient pas tant que ça… quoique !

Ces deux femmes, je ne les connaissais pas plus que ça – seulement de nom – et je dois leur découverte à deux petits livres, l’un paru en 2017, l’autre, plus récent, publié en mai 2018.

It girl

Le premier de ces deux livres, Le Sourire de Gary Cooper, est l’oeuvre de Sophie Pujas, publié en mars 2017 aux éditions Gallimard, dans la collection L’arpenteur.

C’est un ouvrage d’un peu plus d’une centaine de pages, entrainant, alternant les voix, passant avec aisance du « elle » au « je », passant continuellement du rire aux larmes, avec des fulgurances poétiques surprenantes, qui éclatent d’une phrase à l’autre, et qui portent le lecteur comme un souffle de la première à la dernière page.

Dans la salle obscure, elle s’invente la famille qu’elle n’a pas eue. Les bras protecteurs d’âmes amies. Elle frissonne, s’exalte. Elle apprivoise l’angoisse. Tout s’apaisera à la fin. Et quand bien même le héros mourrait, ce qui ne se fait guère, la lumière se rallumera. La terreur aura laissé le monde inentamé. Tremble tout ton soûl, petite fille. Meurs avec le cow-boy. Saute dans le vide. Galope. Ce ne sont que des vies d’emprunt, à l’infini. Peaux où se glisser, vite délaissées.

Celle que l’auteur évoque, esquisse, accompagne de la gloire à la solitude, c’est Clara Bow.

Clara Bow ?

La star des années 20, une gosse de Brooklyn, l’incarnation de la « garçonne » (ouvrant la voie à Dietrich et ses tailleurs pantalons, à Garbo et son androgynie fascinante), la IT GIRL – sex appeal des années folles. Un esprit libre, une scandaleuse, qui compte nombre d’aventures (Victor Fleming et Gary Cooper, entre autres) et le double de rumeurs infondées, avant de se retirer du monde, un peu à la manière de Garbo ou de Pickford, mais dans une ferme du Nevada.

Sophie Pujas en fait une icône, une sorte de météore croquant la vie à pleines dents, cherchant des rôles à sa mesure, luttant contre les hommes des studios (comme le feront, sans plus de succès, Marilyn Monroe, Bette Davis, et avec un peu plus de succès, Olivia de Havilland).

Elle en fait à la fois cette icône de femmes libres dont elle (on) se sent redevable, et, dans les dernières lignes de ce petit livre magnifique, l’icône de ces femmes étoiles filantes et sacrifiées : Marilyn, Jean Seberg, Françoise Dorléac, Sharon Tate.

Ajoutons Jean Harlow.

Victor Fleming, en 1933, dirigera une comédie cruelle, Bombshell, où tremble le souvenir de Clara. L’histoire d’une jeune actrice, Lola Burns (sous les traits de Jean Harlow), constamment entourée d’une foule de parasites.

Ces deux phrases sont extraites du Sourire de Gary Cooper, p.84

Blonde platine

La voilà donc en Lola Burns, une star à l’existence chaotique, au rythme de travail effréné, tout de blanc vêtue sous son auréole platine et scrutée nuit et jour par les feuilles à scandale (…).

Platine, p.125

Comme un écho.

Platine, de Régine Detambel, a été publié chez Actes Sud en mai 2018. Lorsque je me suis arrêtée dans une librairie pour découvrir Hollywood Boulevard et les destins croisés de Mary Pickford et Frances Marion, à quelques livres de là était posé Platine.

Du sourire de Gary Cooper à Platine, les mêmes choses frappent : l’injustice, l’émotion, deux destins happés et sacrifiés, deux femmes ayant incarné une époque.

Jean Harlow ?

L’une des blondes volcaniques du star system américain, aux côtés de Marilyn, de Carole Lombard, de Grace Kelly, de Rita Hayworth. Des sex symbols, dont Wikipédia fournit ici très obligeamment une liste.

Avec Monroe et Lombard, la même impression de gâchis, extrêmement bien rendu dans ce roman de moins de 200 pages.

Monroe ? un suicide accidentel en 1962 à 36 ans.

Lombard ? morte à 33 ans dans un accident d’avion en 1942.

Harlow ? morte en 1937 à 26 ans de… de quoi au juste ?

Ce que nous fait comprendre l’auteur, avec une douceur teintée de cynisme, c’est la stupidité de cette mort et l’absurdité de la vie de Jean Harlow.

Au fil des pages, on suit cette petite gamine qui se mue en bombe sexuelle, toute en chevelure et en poitrine. On la suit avant même qu’elle ne devienne Jean Harlow, on suit le cinéma qui naît presqu’en même temps qu’elle (en tout cas elle partage son année de naissance avec celle du premier studio installé à Hollywood).

De la gloire en pleine lumière, on peut tout connaître. Ce que Detambel reconstitue à la perfection, c’est le côté sombre : la mère possessive, intrusive, jalouse, toxique, et l’amant de cette dernière, un sicilien proche de la mafia qui passe son temps à lui réclamer de l’argent.

Les mariages « fuites », le premier, à 16 ans, qui dure 3 mois. Le second, un vrai désastre, avec un type de 20 ans son aîné, atteint d’hermaphrodisme. Lorsqu’elle le découvre et éclate de rire le soir de la nuit de noce, il s’acharne sur elle, avant de se suicider quelques mois plus tard.

Alors sa mort, d’une crise d’urémie ? À la suite des coups portés par ce mari éphémère, en tout cas, mal soignés. Aggravés par une infection rénale. Ajoutez à cela une mère, adepte de la « Science chrétienne » et pour qui la maladie n’existe pas, et qui refusera quasiment jusqu’au bout de la faire soigner. Il faudra que William Powell et Clark Gable interviennent pour la faire admettre – trop tard – à l’hôpital.

Platine, avec efficacité, sobriété et douleur, c’est l’histoire de ce gâchis.


On referme ces deux livres avec exactement les mêmes sentiments : d’une part l’étonnement émerveillé devant ce que ces deux auteurs nous offrent, une émotion intense en seulement quelques pages, d’autre part, cette impression un peu nauséeuse d’avoir assisté à deux sacrifices humains.

Vous voulez revivre l’âge d’or du cinéma et son « intolérable cruauté » en un temps record ? Lisez Le Sourire de Gary Cooper, lisez Platine.

Autres lectures – juillet / août

Pour finir, voici un petit point (que j’espère systématiser tous les deux ou trois mois, si j’arrive à maintenir mon rythme de lecture) sur ce que j’ai pu lire cet été :

 

  • début juin, j’ai tenté de relire L’Iliade. Malgré la beauté du texte, trop de scènes de batailles à mon goût.
  • relecture du premier volume de Harry Potter en VO.
  • un roman historique : Moi, Médicis, de Matteo Strukul, agréable mais pas transcendant.
  • La Marche du mort, de Larry McMurtry, une vraie belle découverte que je dois à un collègue profdoc, Johann Jambu : l’ouest américain, des Texas rangers et des comanches, dépaysement total.
  • les deux derniers de mon chouchou : Zafón, Le Prisonnier du ciel (pas mal) et Le Labyrinthe des esprits (apothéose !)
  • tout un tas de lectures sur Paris au cinéma et Paris en littérature pour les hors-série de cet été
  • mon coup de coeur de juillet, L’art de la lecture, dont j’ai déjà parlé
  • les deux petits livres dont parle cet article
  • Les Guerres de religion (1559-1629) de Nicolas Le Roux, un pavé hyper érudit, parce que j’aime beaucoup cette période historique
  • Feuillets de cuivre, de Fabien Clavel, des enquêtes policières steampunk dans le Paris du 19e siècle
  • Et moi, je vis toujours : mon premier D’Ormesson, pas très convaincant au début, fabuleux quand on parvient à entrer dedans au bout de quelques pages et qu’on le laisse nous raconter l’histoire.

Voilà pour ces quelques lectures, puisque fin août, je n’avais pas fini le dernier livre de ma liste.

J’espère vous avoir donné envie d’en lire quelques-uns.

Bonne reprise à tous et rendez-vous fin septembre pour l’article #profdoc !

Hors-série 2 : Paris en livres

Pour ce second hors-série de l’été, j’adopterai la même structure que pour « Paris au cinéma » : affiche et présentation sur Genially, comptes-rendus de lecture et petite sitographie (si ce que je trouve me convient).

Pour finir j’évoquerai l’une de mes lectures coup de coeur de l’été, où là encore, le livre a la part belle.

Productions

Comme je l’ai indiqué dans l’article précédent, dans le cadre d’une valorisation du fonds littérature (documentaires et oeuvres classiques) au CDI, j’ai proposé un mois de « découverte littéraire » consacré à Paris.

Pour chacun de ces mois, et chacune de ces « découvertes », je propose une affiche mettant en valeur une citation :

et une affiche renvoyant vers des oeuvres disponibles à la lecture via l’utilisation de QR-codes :

Sur la version en ligne dont j’ajoute le lien ici, les portraits des écrivains sont cliquables et renvoient vers leur biographie.

Une fois encore, je propose désormais une image interactive réalisée sur Genially, derrière laquelle vous trouverez quelques-unes de mes citations favorites sur Paris.

Je reprends en image le même plan, dont évidemment je modifie très légèrement les informations, et sur lequel j’ajoute mes textes de prédilections…

Lectures : quelques égarements…

Pour ce hors-série, je recherchais évidemment des ouvrages évoquant certes des écrivains, mais surtout des oeuvres littéraires.

J’ai toujours pris plaisir à voir un personnage déambuler dans les rues d’une ville, et c’est souvent mes livres préférés qui me restituent à merveille l’atmosphère d’une ville : le Londres de Drood, de Dan Simmons, le Barcelone de L’Ombre du vent, qui m’a définitivement convertie à l’univers de Zafón, plus récemment le Saint-Malo de Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d’Anthony Doerr.

Mes premiers tâtonnements pour trouver quelques promenades parisiennes n’ont pas été entièrement couronnés de succès. La faute n’en est cependant pas aux livres, mais vraiment à ce que j’en attendais.

Le petit guide de Parigramme

Ainsi le premier d’entre eux qui m’est tombée sous la main était : Paris des amateurs de littérature : 100 lieux pour lecteurs passionnés et auteurs en devenir, de Sophie Herber, publié en janvier 2018 aux éditions Parigramme.

C’est un petit guide très sympathique, pratique, accessible, et bien illustré, et dont voici le sommaire :

L’accent de ce petit livre est mis sur une pratique disons « active » de la littérature : rencontres d’auteurs, clubs de lecture, ateliers d’écriture, quelques musées, quelques librairies incontournables, avec un dernier chapitre plus spécifiquement consacré à des promenades littéraires, mais qui se concentrent sur des maisons d’écrivains.

Cela n’enlève rien aux qualités de cet ouvrage, mais ce n’est pas tout à fait ce que j’attendais… j’ai donc poursuivi mes recherches.

Paris vu d’ailleurs

Le deuxième livre sur lequel j’ai mis la main avait un titre prometteur, Paris : Escapades littéraires, publié chez Robert Laffont dans la collection Pavillons Poche en février 2018.

Cependant, lorsque je l’ai reçu, je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un recueil de textes d’écrivains étrangers – Henry James, Graham Greene, Dino Buzzati – évoquant Paris.

J’en ai donc remis la lecture, sans doute très agréable, à plus tard, l’ouvrage ne correspondant pas, une nouvelle fois, à mes attentes.

Le troisième est presque le bon

J’ai repris mes recherches, et je me suis tournée à nouveau du côté de Parigramme, qui est décidément une caverne d’Ali-Baba pour tout amoureux de Paris : il n’y a qu’à voir les références proposées dans le catalogue de cette maison d’édition !

Outre un Paris : 100 films de légende, qui m’avait échappé, on y trouve pêle-mêle des ouvrages historiques, des guides par arrondissements, des restaurants, des livres pour enfants, le Paris souterrain, les abris… C’est également chez Parigramme qu’est paru le Paris de François Truffaut dont j’ai fait le compte-rendu dans le premier hors-série.

Promenades littéraires dans Paris : 500 adresses habitées par les mots est l’oeuvre de Gilles Schlesser et a été publié en février 2017.

Les principales qualités de ce livre sont les suivantes :

  • compact, pratique, très complet,
  • découpant Paris en différents quartiers, avec pour chaque quartier un plan,
  • un nombre incroyable de demeures d’écrivains ou de lieux où ils ont leurs habitudes (cela va des cafés et des restaurants… aux cimetières parisiens),
  • quelques évocations de personnages (dont les auteurs ne sont jamais très loin)
  • une mise en page agréable, le livre étant illustré de photographies anciennes ou récentes, de portraits d’auteurs, et agrémenté de citations

Voici quelques pages en exemples :

Le seul petit bémol à mon goût (mais cela reste purement subjectif…) : beaucoup d’écrivains et trop peu de personnages, trop de Victor Hugo et pas assez de Gavroche, Javert, Marius ou Jean Valjean.

Néanmoins cela reste un ouvrage excellent et, ne serait-ce cette réserve, je me serais arrêtée là.

De l’égarement à la balade en passant par l’escapade et la promenade

Il se trouve qu’il ne faut jamais chercher très loin ce qu’on a sous les yeux. Le dernier livre, et celui qui correspondait parfaitement à mes recherches, était depuis de nombreuses années dans ma bibliothèque !

Il s’agit d’un ouvrage paru en 2004, co-édité par les éditions Nouveau monde et Terres d’écrivains : Balades littéraires dans Paris du 17e au 19e siècle.

Ce qui m’avait empêchée de m’y replonger à l’origine, c’était justement cette délimitation dans le temps : du 17e au 19e. Je savais que je n’y trouverai ni Proust, ni Aragon, ni Prévert…

Je l’ai donc négligemment laissé de côté. Jusqu’à ce que je constate que deux autres ouvrages complétaient cette collection :

Du 17e au 19e siècle

Le premier du lot est parfait : un traitement chronologique, une mise en perspective historique et littéraire, une biographie de chacun des auteurs présentés, de larges extraits littéraires, et des balades, mais de VRAIES  balades, avec une proposition de point de départ et d’arrivée, un temps de parcours, et des balades qui mêlent le parcours d’un auteur bien réel et les déambulations de ses personnages.

On y retrouve évidemment Hugo et Balzac, mais aussi Choderlos de Laclos, Rétif de la Bretonne, George Sand et Eugène Sue.

En fin d’ouvrage, les plans, qui constituent l’unique bémol de ce petit bijou. Déjà lorsque l’on m’a offert ce livre en 2004, je trouvais qu’ils manquaient de lisibilité, superposant les quartiers anciens aux nouvelles rues. Mon avis n’a pas changé là-dessus.

Mais pour ceux qui souhaitent un petit itinéraire dans Paris au côté de Victor Hugo et de Jean Valjean, ou de Balzac et de Rastignac, c’est l’ouvrage idéal.

De 1848 à l’affaire Dreyfus

Le 2e volume se concentre sur la période qui court de 1848 à 1906. On y retrouve quelques-uns des écrivains présents en fin du premier volume.

Cinq promenades nous sont proposées, à l’intérieur desquelles on retrouvera plusieurs itinéraires :

  • les barricades de 1848
  • les écrivains dans la tourmente de la Commune de Paris
  • un chapitre consacré davantage à la poésie, avec la figure prédominante de Verlaine
  • l’affaire Dreyfus
  • et la dernière, qui a ma préférence « Proust à Paris : promenades depuis une chambre »

J’ai commandé ce livre en guettant ce dernier chapitre proustien, qui m’a vraiment comblée, et qui a su estomper quelques petites déceptions : un Maupassant bien absent (mais plus normand que parisien, il faut dire), un Baudelaire vite esquissé, et des plans qui, bien que plus lisibles, sont toujours peu pratiques… Enfin ce deuxième volume fait moins la part belle que le premier aux extraits d’oeuvres.

1900-1945

Dans ce troisième et dernier volume, on voyage, moins à la poursuite des oeuvres qu’à celles des écrivains.

Quatre promenades, cette fois-ci, foisonnantes de biographies d’écrivains ayant un jour élu domicile à Paris :

  • Montmartre
  • un Paris « surréaliste de la lost Generation » (et où l’on retrouve davantage de Lost generation que de surréalistes)
  • Trois André (Breton, Gide et Malraux) et un congrès
  • Des écrivains très occupés

La partie la mieux réussie selon moi est celle consacrée à l’Occupation, d’autant qu’on y trouve trois itinéraires sur les « romans du Paris occupé ».

Comme pour les deux ouvrages précédents, c’est ce type d’informations que j’ai apprécié le plus, même en n’ayant pas lu certains des romans qui m’étaient présentés.

Ces trois petits livres, malgré leur date de parution (2004-2005) offrent un véritable tour d’horizon parisien, historique et littéraire, du 17e siècle à 1945, et viennent admirablement compléter les autres ouvrages de cet article.

Petite sitographie

La lecture coup de coeur de l’été

Comme promis, voici l’un de mes coups de coeur de cet été (je garde les autres pour les articles de la rentrée sur Cinéphiledoc).

En vadrouillant dans la sublime librairie Labbé de Blois, je suis tombée dans le rayon des arts sur une véritable merveille :

Il s’agit de L’Art de la lecture : Livres et lecteurs dans l’art de Pompéi à nos jours, de David Trigg, publié en juin 2018 aux éditions Phaidon.

L’ouvrage recense une très belle collection d’oeuvres d’art, toutes périodes confondues, et où le livre apparaît. Enfants ou écrivains au travail, bibliothèques, lecteurs et lectrices, peintures, sculptures, installations d’art contemporain : tout témoigne de la relation des hommes aux livres (ou au Livre), relation tentant épanouie, tantôt influencée par l’histoire.

La préface est érudite et construit la progression du livre, des saints et des scribes aux livres brûlés. Sur chaque double page, les rapprochements entre deux oeuvres sont savamment orchestrés, avec généralement seulement le titre et le nom de l’artiste. Quelques oeuvres font l’objet d’une description plus approfondie, demandant au lecteur davantage d’explications.

Le tout est un trésor, à mettre dans toutes les mains des amoureux des livres. Et c’est sur ce trésor que je vous laisse, vous souhaitant une belle fin d’été.

À bientôt, sur Cinéphiledoc !

Février 2017 : séances et animations du CDI

Comme je l’avais annoncé dans l’article précédent, je reprendrai dans cet article quelques actions de la fin janvier, février ayant été particulièrement raccourci à la fois par les vacances scolaires et pour des raisons personnelles…

Cela ne m’a pas empêchée de faire quelques séances (poursuites de projets déjà amorcés), d’organiser une exposition thématique, et de voir naître un beau projet de mutualisation.

Séances

En attendant la grande effervescence de la semaine de la presse – j’ai déjà sondé le terrain et amorcé des échanges avec les enseignants qui ont déjà travaillé avec moi – je n’ai eu durant cette période fin janvier / fin février que 3h de séances en demi-groupes.

  • EMC 1STMG3 : suite de la séance sur le complotisme

Comme je l’avais indiqué en décembre et en janvier, j’ai commencé à travailler avec deux classes de Premières STMG sur le complotisme, en collaboration avec leurs enseignants d’histoire-géo respectifs.

Pour les STMG1, je n’ai pu faire à ce jour que la séance 1 de ce travail, que l’enseignant a poursuivi en classe.

Pour les STMG3, j’ai pu voir un demi-groupe faire la séance 1 début janvier et revoir ce demi-groupe durant une deuxième séance fin janvier.

Pour rappel, les élèves devaient faire le choix d’une théorie du complot, trouver trois arguments complotistes et trois contre-arguments. La démarche était complexe.

Pendant cette deuxième heure de travail, les élèves ont donc poursuivi leurs recherches, et en fin d’heure, 4 élèves ont pu passer à l’oral, présenter leur théorie du complot et les différents arguments. Je notais au tableau les points successifs des interventions (voir ci-dessous) et finalement, avec ma collègue d’histoire-géo, nous avons été plutôt satisfaites de cette séance.

  • Formation à la recherche 2nde2

Fin février, j’ai animé 2h en demi-groupe de formation à la recherche auprès d’une nouvelle classe de Seconde. Après le classicisme et le siècle des Lumières, j’ai donc travaillé avec cette classe sur la tragédie grecque.

Mêmes modalités d’organisation que pour les séances précédentes : une présentation d’une dizaine de minutes du portail e-sidoc, puis une mise en pratique par les élèves via le questionnaire suivant :

Enfin, les élèves remplissaient le padlet avec les informations recueillies. J’aurais souhaité, pour changer, faire utiliser un autre outil aux élèves, j’avais envie de faire réaliser une carte mentale interactive et collaborative par demi-groupe, mais je n’ai pas trouvé ce que je souhaitais comme outil.

Il faut dire que mes exigences étaient élevées : un outil de carte mentale gratuit, sans connexion, collaboratif en temps réel, beau, et sur lequel on puisse ajouter vidéos, images et liens internet. Bref, un padlet en carte mentale. Après une matinée entière de recherches, tests et bidouillages, j’en suis donc revenue au Padlet.

https://padlet.com/jfiliol_pro/2nde2

Voilà pour les séances de cette période, c’est peu par rapport aux mois précédents, mais avec la semaine de la presse qui s’annonce, je ne me fais pas de soucis, mon agenda va se garnir…

Exposition thématique / Valorisation du fonds

Pour remplacer l’exposition sur la journée de l’amitié franco-allemande, j’ai installé fin janvier une exposition sur la Saint Valentin, dont voici l’affiche :

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L’exposition est en deux partie : d’un côté, textes philosophiques et littéraires ainsi que documentaires sur l’amour, de l’autre, la littérature amoureuse avec des romans, des pièces de théâtre et des recueils de poésie.

Cette exposition est restée installée jusqu’à quasiment la fin du mois de février, elle va ensuite céder la place aux deux « poids lourds » du mois de mars, le printemps de poètes et la semaine de la presse.

Nous avons également reçu au retour des vacances notre première commande de 2017, surtout des nouveautés pour le rayon Sciences.

La bonne nouvelle est la réception de deux rayonnages supplémentaires, à l’origine pour la science-fiction, qui était coincée à côté de la sortie de secours et mal valorisée auprès des élèves.

Avec mon collègue aide-documentaliste (qui malheureusement nous quitte à l’issue de ce mois), nous avons décidé de transvaser l’ensemble de la littérature en langue étrangère, et de décaler le reste des fictions (poésie, théâtre, romans policiers) afin que la SF soit davantage visible pour les élèves.

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Et j’en viens au projet phare de ce mois de février.

Promotion de la lecture et littérature classique au CDI

Ce projet aurait pu ne jamais voir le jour, ou du moins il aurait pu ne pas être réalisé aussi facilement. Je tiens donc à remercier chaleureusement les trottoirs inégaux de ma ville, et mon sens inné de l’équilibre, pour l’entorse du genou qui m’a valu une semaine d’arrêt maladie.

Sans eux, je n’aurais pas pu proposer à Sandrine Duquenne (@spdocs), avec laquelle j’avais déjà planché sur un Padlet permettant de proposer des nouveautés pour enrichir un fonds documentaire, de travailler à nouveau avec moi.

La semaine du 30 janvier, nous avons donc échangé pour mutualiser ensemble : oui mais quoi ? comment ? avec quel outil ? et sur quel thème ?

Très vite, Sandrine a suggéré de travailler sur la promotion de la littérature classique, en s’inspirant des travaux réalisés par les académies de Nancy-Metz (merci Laureline Lemoine, alias @Baccadoc, pour l’inspiration) et de Toulouse dans le cadre des TraAM Documentation.

Nous nous sommes principalement inspirées de ces deux projets :

Nous avons donc décidé de proposer des affiches consacrées à des auteurs ou à des genres littéraires, avec des QR-codes donnant l’accès à la lecture de leurs œuvres principales, et de mettre en ligne ces affiches sur un Padlet, afin de permettre soit d’imprimer individuellement certaines affiches, soit de les intégrer une par une ou en totalité sur un site ou un portail documentaire.

Durant la semaine du 30 janvier, nous avons travaillé quasiment deux jours complets à distance et réalisé 7 infographies le premier jour et 14 le deuxième, la répartition du travail donnant lieu à quelques échanges comiques :

« Ouin, tu as pris Hugo je voulais faire Hugo !

– Ben tu n’as qu’à faire Flaubert…

– J’aime pas Flaubert ! (…)

Deux heures plus tard :

– Je fais Voltaire, tu fais Rousseau ?

– Ok, je fais le mec qui abandonne ses enfants, toi tu fais celui qui traite le peuple de canaille… »

Une fois les 21 infographies réalisées, nous les avons mises en ligne sur le Padlet, en les classant par siècle. Une rubrique séparée est consacrée aux auteurs étrangers, une autre aux genres littéraires. Un petit bloc d’introduction présente le projet et les possibilités d’utilisation.

La semaine de la reprise (20-24 février), nous avons continué d’enrichir ce Padlet, principalement en ajoutant : la littérature antique, médiévale et renaissante, des auteurs étrangers, la philosophie et quelques genres littéraires…

Trêve de suspense, voici donc le bébé :

https://padlet.com/jfiliol_pro/qrcodeslectures

De plus, Sandrine m’a autorisée à publier sur ce blog les affiches dont je suis les plus fières, en voici donc trois…

Histoire romaine :

Témoins du 19e siècle :

Et littérature épistolaire :

Évidemment, le Padlet continuera de s’enrichir, et je conclus cet article en indiquant que je l’ai proposé en intervention sur un Explorcamp pour la prochaine édition de Ludovia, je croise donc les doigts !

Je finis cet article par une excellente nouvelle reçue le 23 février au soir : le collectif OA, qui était venu au lycée présenter son travail autour du film « Je suis enchanté » le mois dernier, s’est vu décerné le prix du public du Nikon Film Festival. C’est une heureuse conclusion pour cette équipe et l’annonce, très certainement, d’autres très beaux projets à venir, un immense bravo à eux !

Et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

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