cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Étiquette : Philippe Lombard (Page 1 sur 4)

2025 : Palmarès de lecture

Lorsque j’ai commencé l’écriture de ce dernier article cinéphile de l’année, je me suis rendue compte qu’il ne pouvait pas être plus dissemblable que son prédécesseur de l’année passée, même si le constat vaut d’une année à l’autre pour bon nombre de palmarès que j’ai pu dresser.

Concernant celui-ci, j’en écris les premières lignes avec une avance considérable, ayant coup sur coup écrit la veille les articles du mois de septembre et du mois d’octobre, et ayant travaillé le jour même sur l’article de novembre.

Cette avance s’est depuis considérablement réduite, puisque nous sommes début décembre et je n’ai plus aucun article prêt sous le coude pour début 2026… il va falloir s’y remettre !

La seule hésitation qui me reste concerne une exposition (et une lecture) que j’aurai ou non l’opportunité de voir avant la fin 2025, ce qui bousculerait quelque peu l’ordre de mes articles déjà écrits ou à écrire.

J’ai quitté 2024 avec un cerveau au repos – ou quelque peu reposé – et qui a depuis mai 2024 délaissé les lectures professionnelles, à l’exception de quelques ouvrages au deuxième semestre 2025.

En revanche, il a repris des forces et s’est tant et si bien gorgé de mots qu’en juin de cette année, j’avais déjà dépassé le nombre de livres que j’avais lu en totalité sur l’année 2024, avec une accumulation compulsive des lectures plaisirs, et la tentative désespérée de venir à bout d’une pile de lecture qui restait invariablement la même depuis un certain temps.

L’autre différence par rapport aux années précédentes, c’est que les articles cinéphiles ne se consacrent pas exclusivement à des ouvrages sur le cinéma, convoquant ici les jeux de société, ici les romans et bandes-dessinées (certes ayant des sujets cinématographiques, cela n’est pas nouveau), ou là les expositions et autres constructions Lego.

J’y convoque également des lectures des années précédentes, qui viennent se confronter à une actualité cinéphile plus récente et à mes lectures de l’année.

Cependant, dans sa structure, cet article ne dérogera pas à ses habitudes et s’articulera en trois temps :

  • la présentation du palmarès
  • le palmarès 2025
  • bilan et projets

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Pour 2025, mes lectures cinéphiles ont commencé en décembre 2024, mais celles que j’ai sélectionnées alors, je n’avais pas forcément anticipé de les faire figurer dans mes articles.

J’ai pourtant choisi, un peu artificiellement (ou arbitrairement) de les mentionner dans l’article de mars 2025, avec un ouvrage que j’avais gardé pour l’occasion.

Le cinéma entrait dans ces lectures par des voies détournées, il s’agissait d’histoires où films, scénarios, acteurs, réalisateurs, se manifestaient en tant que personnages, ou de fictions portées à l’écran, adaptations cinématographiques ou en séries télévisées.

Ma fin d’année 2024 et mon année 2025 ont été riches en lectures – pour certains mois j’ai lu de manière quasiment frénétique, jusqu’à un livre par jour – et j’en arrive en ce mois de décembre à (nombre à ajouter) livres lus cette année.

Cela m’a même donné envie de reprendre une présentation que je proposais dans le cadre professionnelle à l’intérieur de ma lettre de diffusion : les conseils de lecture de la #profdoc. Cependant, cette présentation me demandait trop de temps, et j’ai choisi d’en réaliser une autre : la P.A.L. de la #profdoc, avec là encore un palmarès de mes coups de coeur et des bilans mensuels de lecture en images (que je poste sur mon compte Instagram).

Je vous laisse découvrir cette présentation, et pour l’heure voici un petit bilan chiffré de mon année de lecture :

  • en janvier, quatre lectures plaisir / cinéphiles (4)
  • en février, deux lectures cinéphiles, cinq lectures plaisir (7)
  • en mars, une lecture cinéphile, trois lectures plaisir (4)
  • en avril, une lecture cinéphile, neuf lectures plaisir (10)
  • en mai, une lecture cinéphile, cinq lectures plaisir (6)
  • en juin, dix lectures plaisir (10)
  • en juillet, une lecture cinéphile, dix lectures plaisir (11)
  • en août, une lecture cinéphile, une lecture professionnelle, quatorze lectures plaisir (16)
  • en septembre, une lecture professionnelle, quatre lectures plaisir (5)
  • en octobre, cinq lectures plaisir (5)
  • en novembre, six lectures plaisir (6)
  • en décembre, pour l’instant une lecture plaisir (1)

Concernant mes lectures cinéphiles, en voici un petit bilan :

  • Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan (lu en décembre 2024)
  • La Commode aux tiroirs de couleurs, de Olivia Ruiz (lu en décembre 2024)
  • Tata, de Valérie Perrin (lu en janvier 2025)
  • Une Soif de livres et de liberté, de Janet Skeslien Charles (lu en janvier 2025)
  • William, de Stéphanie Hochet (lu en janvier 2025)
  • Les Figurants, de Delphine de Vigan (lu en février 2025)
  • 555, de Hélène Gestern (lu en février 2025)
  • Celui qui voulait tout savoir sur la série Friends, de Michelle Morgan (lu en mars 2025)
  • Le Dernier rêve, de Pedro Almodovar (lu en mai 2025)
  • Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, de Philippe Lombard (lu en mai 2025)
  • Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, de Laura El Makki (lu en juillet 2025)
  • Almeria 68, de Philippe Lombard (lu en août 2025)

L’éclectisme de cette sélection ne m’aide pas vraiment à dresser un bilan, ni à proposer des catégories pour ce palmarès 2025, essayons tout de même en établissant trois catégories, que je vous propose de retrouver ci-dessous.

Palmarès 2025

Si l’on s’en tient à la liste de ces lectures, il pourrait être trop facile de ranger d’un côté les documentaires, et de l’autre les fictions. Je choisis donc de classer mes ouvrages en choisissant cette année le plan ou le cadre. Petit rappel ci-dessous :

Pour éviter de ranger tous mes romans « cinématographiques » du début d’année et de refaire l’article du mois de mars, pour éviter le clivage masculin / féminin qui ne satisferait personne, je reprends les différents types de cadrages proposés avec virtuosité par Marcel Gottlib, je leur adjoins quelques éléments de composition, et allons-y pour ce treizième palmarès de lecture.

Plan d’ensemble – panorama

C’est la catégorie qu’il m’a été la plus difficile à construire, et je me suis réfugiée derrière l’idée de panorama, qui peut-être à la fois une notion spatiale comme une notion temporelle.

J’y rassemble donc :

  • Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan
  • Une Soif de livres et de liberté, de Janet Skeslien Charles
  • Le Dernier rêve, de Pedro Almodovar
  • Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, de Philippe Lombard

Panorama temporel pour les trois premiers qui rassemblent dans une histoire (ou dans plusieurs histoires) les fils de différentes époques, qui tissent des récits faisant défiler ou se rencontrer différents personnages. Plan d’ensemble, pour le dernier, Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran.

Il serait tentant de faire de mon coup de coeur lecture de l’année, Une Soif de livres et de liberté, le gagnant de cette catégorie.

Et l’ouvrage de Philippe Lombard se taille une place de choix rien que pour son aspect visuel, le feuilleter vous replongeant directement dans le plaisir pop-corn du cinéma de capes et d’épées et des cascades.

Mais c’est pour le vertige et le malaise qu’il a suscité en moi que je retiens pour cette catégorie Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan, un texte publié il y a quelques années maintenant, et adapté depuis en série télévisée, mais oubliez la série et lisez ce livre, si ce n’est pas déjà fait !

Plan américain – portraits de famille / portraits de groupe avec dame

Pour cette deuxième catégorie, c’était un peu plus simple, avec un goût d’instantanés et de photos de famille, et un petit air entêtant de nostalgie, musique et friandises à la clef.

On y retrouve donc :

  • La Commode aux tiroirs de couleurs, de Olivia Ruiz
  • Tata, de Valérie Perrin
  • Les Figurants, de Delphine de Vigan
  • 555, de Hélène Gestern
  • Celui qui voulait tout savoir sur la série Friends, de Michelle Morgan
  • Almeria 68, de Philippe Lombard

Trois romans, une pièce de théâtre, et deux documentaires.

Celui que je retiens, très rapidement, pour cette catégorie, c’est le cru 2025 de Philippe Lombard, Almeria 68, évoqué dans l’article du mois dernier.

Car, s’il se dispute les bons souvenirs et la nostalgie pour moi avec l’ouvrage de Michelle Morgan sur la série Friends, c’est pour avoir matérialisé ce plan américain, et cette photo de groupe en plaçant son objectif à la fin des années soixante. C’est pour m’avoir amenée dans le cercle rouge à l’heure zéro, convoquant pour moi Jean-Pierre Melville et Agatha Christie, et c’est pour m’avoir fait assister non pas à un tournage épique, mais à trois tournages et plus, et à leurs coulisses.

Enfin c’est pour avoir résolu pour moi l’énigme du dernier mot de la chanson : Almeria !

Et j’en profite pour m’excuser auprès de Philippe Lombard, pour une promesse non tenue cette année ! Dans mon article de février, j’indiquais en effet :

600 répliques de films pour avoir la bonne répartie… au bon moment !, publié chez Dunod en novembre 2024 et sur lesquels je reviendrai dans un prochain article, le temps que ça infuse.

J’ai directement sauté sur les Stars de l’action et sur Almeria 68, et du coup, ça n’a pas pris le temps d’infuser… ça sera partie remise !

Gros plan – portrait

Enfin, pour la dernière catégorie, il me reste deux ouvrages :

  • William, de Stéphanie Hochet
  • Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, de Laura El Makki

Et sans aucune difficulté ni hésitation, c’est à l’ouvrage de Laura El Makki, que j’ai dévoré en une journée à la fin du mois de juillet, et qui m’a emportée par son souffle glaçant et poignant, que revient mon suffrage.

Si Une Soif de livres et de liberté a été mon coup de coeur de l’année parmi les fictions, c’est au Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, que je dois ma plus belle émotion pour une monographie.

Merci, Laura.

Bilan et projets

Voilà pour ce palmarès et ces lectures cinéphiles de 2025, qui ont tout de même été assez variées.

Concernant mes lectures cinéphiles (et les autres), je compte bien continuer sur ma lancée, et mon programme pour 2026 est déjà bien établi :

  • parler à nouveau de François Truffaut,
  • me pencher sur un réalisateur que je connais bien, mais pas suffisamment, et donc saisir ici l’occasion d’en apprendre plus,
  • consacrer à nouveau mon article de mars à une femme, et pas la moindre,
  • parler à nouveau de Star Wars pour mon article du mois de mai
  • et après, on verra bien !

Je compte bien continuer à avancer dans ma pile de lectures, et à me laisser surprendre par d’autres auteurs, tout en retrouvant avec plaisir ceux qui sont déjà mes auteurs de chevet.

Voilà pour ces lectures, ces projets et ces envies.

Vous les retrouverez dès février 2026, après le traditionnel article de janvier sur le bullet journal.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d’année, et je vous mitonne pour très prochainement le dernier article #profdoc de 2025.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

Des blondes, des cowboys et des chansons

Au détour d’un chapitre du livre auquel sera consacré cet article, on trouve une référence à l’un de mes films préférés, Le Cercle rouge.

Le Cercle rouge est un film de Jean-Pierre Melville, sorti en 1970 et réunissant entre autres à l’écran Alain Delon, Yves Montand, Gian Maria Volonte, et Bourvil dans son avant-dernier film, et dans l’un de ses meilleurs rôles. C’est d’ailleurs le seul film où il est crédité au générique avec son prénom, André Bourvil.

Mais ce qui retient notre attention ici, ce n’est pas le film en lui-même, l’histoire d’un casse dans une bijouterie et la traque des cambrioleurs par un commissaire particulièrement minutieux, ni le fait qu’André Bourvil incarne magistralement ce commissaire à contre-emploi pour lui.

Ce qui retient l’attention, c’est la citation (soit disant de Bouddha, peut-être davantage de Jean-Pierre Melville) qui ouvre le film :

Çakyamuni le Solitaire, dit Sidarta Gautama le Sage, dit le Bouddah se saisit d’un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit: Quand des hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge. — Rama Krishna

Cette citation fait depuis longtemps écho en moi à une autre, tirée d’un roman d’Agatha Christie (ce dont nous aurons l’occasion de reparler l’an prochain sur ce site) : L’Heure zéro.

Je sais apprécier un bon roman policier. Mais, voyez-vous, ils commencent toujours par le mauvais bout! Ils commencent par le meurtre. Or le meurtre n’est jamais que la fin. L’histoire débute bien avant ça – des années plus tôt, parfois – avec les mille et une causes et la longue suite d’événements qui font que des individus donnés sont présents un jour donné, à une heure donnée, dans un endroit donné.(…) L’heure zéro…

Cette citation, que je pourrai relire en ayant désormais toujours le phrasé et la gestuelle de Jacques Sereys, qui incarne le juge Charles Trevoz dans l’adaptation de Pascal Thomas, se complète parfaitement avec celle du Cercle rouge.

Temps, lieux et personnages sont pour ainsi dire synchronisés : le destin a fait qu’ils se retrouveront, aussi improbable que cela puisse paraître, au même moment au même endroit.

Et cette concordance des temps et des lieux se manifeste forcément pour un crime – ou pour sa résolution ? – car ce qui réunit l’ensemble des personnages ce n’est pas tant le crime qui, comme l’indique la citation, n’est jamais que la fin (ou le commencement de l’histoire pour le lecteur et pour le spectateur), que le faisceau d’indices concordants qui conduisent le détective à poser pièce après pièce tous les éléments du puzzle dans le même cadre.

Et ce cadre, c’est Almeria.

Le désert avant Star Wars

Qu’est-ce que c’est, Almeria ?

Par Tschubby — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=117046610

C’est une ville au sud de l’Espagne dotée d’un aéroport international. Vous auriez l’idée de vous rendre à Almeria en Espagne ? Avant la lecture de l’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui, pas moi. Madrid, oui ; Barcelone, oui ; Séville, Grenade, Valence… Almeria ? Inconnu au bataillon.

Cependant, dans les années 1950-1960, la province d’Almeria accueille des dizaines de productions cinématographiques, principalement des westerns spaghettis, réalisateurs et producteurs appréciant ses décors de déserts qui rappellent à moindres frais l’ouest américain.

Niveau studios et lieux de tournages prisés des cinéphiles, on est donc après les beaux jours des studios de la Victorine à Nice (et avant leur utilisation par François Truffaut dans La Nuit américaine), et avant, pour un autre désert, la Tunisie prisée par George Lucas dès 1976 pour servir de décor à Tatooine dans Star Wars.

Parmi les films tournés à Almeria, on retrouve ainsi Un taxi pour Tobrouk, Le Cid, Lawrence d’Arabie, Cléopâtre (qui décidément semble avoir une raison supplémentaire d’avoir été un gouffre financier), la trilogie du dollar et Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone entre 1964 et 1968, Boulevard du rhum ou encore La Folie des grandeurs en 1971, Mon nom est personne en 1973… Principalement du film historique, du film de guerre et du western donc.

À partir de 1975 ça commence à se calmer un peu, mais en 1968, c’est la ruche. Sur une seule année, une bonne quarantaine de tournages. Et pourtant, ce n’est pas non plus l’année la plus calme en terme d’événements historiques.

Ça n’a pas pour autant empêcher un beau casting de s’y retrouver entre début janvier et fin mars de cette année, un peu avant que les esprits s’échauffent, me direz-vous. Et ce cercle rouge à l’heure zéro, c’est Philippe Lombard qui nous le raconte.

Mais qu’allaient-ils tous faire dans cette galère ?

C’est qu’il n’a pas son pareil, Philippe Lombard, pour nous raconter les entreprises désespérées et les expériences cinématographiques quasi apocalyptiques.

Déjà mentionnés à son palmarès, Ça tourne mal et Ça tourne mal à Hollywood.

Cette fois-ci, il place sa machine à remonter le temps à Almeria, début 1968, avec trois tournages simultanés et leurs lots d’aléas, de cascades et de rebondissements :

  •  Shalako (Edward Dmytryk’s Shalako) d’Edward Dmytryk avec Sean Connery, Brigitte Bardot, Stephen Boyd, Honor Blackman ;
  • Enfants de salauds (Play Dirty) d’André de Toth avec Michael Caine, Nigel Davenport, Nigel Green, Harry Andrews ;
  • Une corde, un Colt… de Robert Hossein avec Michèle Mercier, Robert Hossein

Trois films qui, avant ma lecture, m’étaient aussi inconnus que le lieu du tournage, si ce n’est que pour en avoir discuté de vive voix avec Philippe Lombard au moment où son projet d’écriture arrivait à son terme, je lui ai dit que l’entreprise me rappelait le tournage du Mogambo de John Ford (Grace Kelly, Clark Gable et Ava Gardner) ou son African Queen (Katharine Hepburn et Humphrey Bogart), John Huston étant lui davantage habituée des opérations suicides cinématographiques, quitte à faire attraper la dysenterie à Katharine Hepburn.

Sur le papier, l’idée de retrouver une icône du cinéma français avant sa retraite anticipée, la première incarnation de James Bond, Angélique marquise des anges et, pour les cinéphiles les plus jeunes, Alfred Pennyworth dans la trilogie de Christopher Nolan, est des plus alléchantes.

Mais on se doute bien que rien (ou presque) ne va se passer comme prévu.

Premier plan, Shalako

Dans cet Almeria 68, publié aux éditions Hugo en mai 2025, Philippe Lombard évoque une Brigitte Bardot déjà revenue du cinéma, dans les derniers mois de son troisième mariage avec l’homme d’affaire Gunter Sachs.

Son partenaire à l’écran, Sean Connery qui a décidé de tourner la page de 007 en se laissant pousser la moustache, même si l’on est pas encore au combo slip / moustache / tresse de Zardoz.

Niveau ambiance, on est dans le western, avec un groupe d’européens qui décide de venir chasser dans une réserve apache.

Au second plan, nous avons Enfants de salauds, un réalisateur britannique qui reconstitue un épisode de la seconde guerre mondiale en Afrique du Nord, avec un groupe de mercenaires, parmi lesquels on retrouve donc Michael Caine. Un film de guerre, donc.

Et enfin (même si la liste ne s’arrête pas là), nous avons Robert Hossein qui veut réaliser son rêve de tourner un western français, une belle histoire de vengeance, avec sa partenaire d’Angélique, marquise des anges, Michèle Mercier, avec ce titre évocateur : Une corde, un colt

Tout ce beau se partage le décor et les chambres d’hôtel d’Almeria, les chevaux traversent le décor de la seconde guerre mondiale, Bardot fait la fête jusqu’à pas d’heure et donne à manger à des chiens errants (quand elle ne décide pas de les recueillir), tempêtes de sable, cascadeurs, parrain de la mafia, repérages photo pour films cultes de science-fiction, décors incendiés.

Et pendant ce temps là, on assiste à Paris à la première de Bonnie and Clyde avec Faye Dunaway et Warren Beatty, Godard et Truffaut font le coup de poing pour soutenir Henri Langlois, renvoyé de la Cinémathèque française, et Marguerite Duras envoie à Bardot une lettre la conjurant de venir en aide aux bébés phoques.

Et toujours pendant ce temps, sur les ondes et dans d’autres studios, s’écrit et se chante le mythe Bardot.

Tout finit par des chansons

Au moment où elle tourne Shalako, Bardot a déjà enregistré les titres écrits pour elle par Serge Gainsbourg : c’est la période Harley Davidson (vive les cuissardes), Comic strip et évidemment Bonnie and Clyde, qui reprend le poème écrit par Bonnie Parker, vous l’avez ?

Vous avez lu l’histoire de Jesse James
Comment il vécut, comment il est mort
Ça vous a plu hein, vous en demandez encore
Eh bien, écoutez l’histoire de Bonnie and Clyde

De cette chanson, il me reste surtout le clip, entr’aperçu dans une émission consacrée à Gainsbourg, Bardot avec son béret, son porte-jarretelles et ses yeux magnétiques, Gainsbourg qui flegmatiquement recharge son flingue.

La playlist évoquée par Philippe Lombard m’est familière, mes parents écoutaient beaucoup Gainsbourg, et je connais par coeur un bon nombre de ses chansons, même si quelque chose s’arrête aussi pour moi à Almeria : j’ai toujours, sauf quelques exceptions (L’ami caouette, L’Hippopodame, Dieu fumeur de havanes…), préféré Gainsbourg à Gainsbarre, et donc préféré La Javanaise, La chanson de Prévert, et Initials BB à L’homme à tête de chou et Aux armes, etc.

Mais c’est à Philippe Lombard que je dois la résolution d’un mystère que je ne m’étais jamais donné la peine d’éclaircir : le mot final d’Initials BB, qui pour moi restait imprononçable et incompréhensible.

J’avais encore une fois vu des émissions et des images d’archives montrant Gainsbourg enregistrant Initials BB, avec les échos de la Symphonie du nouveau monde de Dvorak.

Lorsque cette chanson passait, j’arrivais donc au dernier couplet :

À chaque mouvement
On entendait
Les clochettes d′argent
De ses poignets
Agitant ses grelots
Elle avança
Et prononça ce mot…

Et là, plus rien. America ? A… mamia ? Il aurait fallu se pencher plus en détails sur les quelques mois qu’avait duré la liaison tumultueuse entre Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg, et cela, à l’époque, ne me passionnait pas plus que ça.

Néanmoins, en plus de m’offrir une balade mouvementée et riche en rebondissements avec cet Almeria 68, Philippe Lombard m’a donné envie de réécouter ces quelques titres de Gainsbourg, et il a certainement anticipé sur l’effet qu’aurait son récit sur le spectateur, puisque l’ouvrage se clôt mêlant bandes originales, titres de Bardot et de Gainsbourg, mais aussi des Beatles et de Scott McKenzie.

Chapeau l’artiste !

De la sueur et des muscles

Pour ce dernier article cinéphile de la période, avant la pause estivale et mon objectif annoncé d’aller enfin visiter l’exposition Wes Anderson à la Cinémathèque française, j’ai décidé de revenir sur un ouvrage publié en novembre 2024, et qui va me donner un certain nombre de prétextes aux digressions que j’affectionne.

Une fois n’est pas coutume, cependant, avant d’entamer les dites digressions, je présenterai cet ouvrage.

Millésime Lombard 2024, excellent cru

Il s’agit d’un des petits derniers de Philippe Lombard, Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, aux éditions Hugo Image.

Dans les productions Lombard, on peut distinguer types de réalisations :

  • la série Ça tourne / Ça s’est tourné / Ça retourne publiée chez La Tengo ;
  • les ouvrages consacrés aux acteurs et aux réalisateurs comme Le Paris de François Truffaut, Tarantino Reservoir Films ou Les Grandes gueules du cinéma français ;
  • les florilèges d’anecdotes et de citations comme 600 répliques de films ou Ciné Popcorn 1975-1995

Chacune de ces catégories est poreuse, comme en témoigne parfaitement l’ouvrage qui nous intéresse aujourd’hui.

Dans Stars de l’action, on retrouve aussi bien un panorama soigné depuis les origines du cinéma – de Douglas Fairbanks à Tom Cruise – tel qu’on l’avait dans les différents épisodes de la série Ça tourne, un défilé de trognes sympathiques comme on les côtoie dans les ouvrages dédiés au cinéma français (Les Grandes gueules, Lino Ventura, le livre coup de poing) et une mise en page bluffante et particulièrement addictive comme celle qui nous était proposé avec Tarantino Reservoir Films, l’un de mes préférés !

Mélangez tout ça et vous aurez quoi ? Bibbidi Bobbidi Boo : Stars de l’action, Rois et reines de la castagne à l’écran.

Autrement dit un voyage régressif et récréatif dans l’univers de la sueur et des muscles, mais aussi des épées, des flingues, des cascades et des coups de poings, où chaque étape va vous donner envie de boxer dans le vide ou de revoir tout aussi bien Ben-Hur en train de ramer dans sa galère (filet de bave inclus), Rocky à son entrainement, le déhanché de Robin des Bois en plein duel avec Guy de Gisbourne, John McClane « Yippee-ki-yay, pauvre con ! », ou encore Le Capitan escaladant le château de Val.

Mais revenons-en au sommaire…

Galerie de portraits et boîte à souvenirs

Stars de l’action s’articule en neuf chapitres, chacun faisant la part belle à une catégorie (et cette fois-ci le mot n’est pas usurpé) de combattants.

À chaque partie sa galerie de portraits et son arrêt sur images, avec quelques incontournables. À vous, à nous, à moi d’ajouter à ces incontournables ceux qui constituent notre panthéon personnel de trognes cinématographiques.

Les trois premiers chapitres posent le cadre, historique et hollywoodien, et bien testotéroné, du muscle au cinéma.

C’est parmi les « vétérans » que l’on retrouve, entre autres Douglas Fairbanks, Errol Flynn, John Wayne et Charlton Heston. Autrement dit les mythes fondateurs de l’aventure et du western au cinéma. Et en scènes mythiques, cinq duels à l’épée et la course de chars de Ben Hur.

Comme je l’ai dit plus haut, ce que je retiens de mon côté, c’est le Technicolor des Aventures de Robin des bois, et en particulier la scène de duel entre Robin des Bois et Guy de Gisbourne, et de la même façon que Douglas Fairbanks ouvre la voie à tous les interprètes suivants de Zorro, dès que j’ai en tête le sourire d’Errol Flynn incarnant Robin des Bois, le renard de Walt Disney, Kevin Costner et Russel Crowe ne sont jamais très loin…

Et comme indiqué également plus haut, si la course de chars de Ben Hur reste une scène culte, l’image que je garde en souvenir, c’est celle d’un Charlton Heston barbu et musclé, galérien parmi ses compagnons d’infortune, mais ayant bien meilleure allure qu’eux, et s’apprêtant à être aux premières loges d’une bataille navale.

Le deuxième chapitre (et d’ailleurs le reste de l’ouvrage) fait encore marcher la boîte à souvenirs.

Chocs de titans et palmarès en tout genre

Des vétérans nous passons aux héros, et avec du beau monde, où la frontière entre l’acteur et le personnage qu’il incarne se fait plus floue : James Bond avec Sean Connery et Roger Moore, cowboy sans nom ou flic débordant du cadre avec Clint Eastwood, ou encore Indiana Jones avec Harrison Ford.

C’est d’ailleurs l’occasion de relever l’une des spécificités de l’ouvrage, outre de nous offrir des Top comme celui déjà mentionné des duels à l’épée, et dans cette partie des films de commando, que de nous proposer des chocs de titans mémorables : Burt Lancaster VS Kirk Douglas, Sean Connery VS Roger Moore, ou plus loin Sylvester Stallone VS Arnold Schwarzenegger, et côté français Alain Delon VS Jean-Paul Belmondo.

Si j’ai un peu plus fréquenté les vétérans et les héros du cinéma d’action aux premiers temps de ma cinéphilie, les plus fortes carrures bodybuildées et testostéronées sont arrivées plus tardivement sur mon écran, en compagnie de Jedi et de seigneurs siths, de membres de la communauté de l’anneau et de Nazguls, d’élèves et de profs de Poudlard et autres super-héros Marvel et DC Comics. 

Et encore, cette fréquentation reste limitée à Terminator et à Rocky, même si je me suis délectée de ces découvertes.

Je n’en ai savouré que davantage les vidéos de la chaîne Blow Up Arte, déjà maintes fois mentionnées sur ce site, et qui offrent un panorama sportif assez exhaustif (même si les plus chevronnés trouveront toujours à redire) : évidemment Boxe et cinéma, le très récent Jeux olympiques et cinéma, Le golf au cinéma, Tennis et cinéma, Sports automobiles au cinéma, ou encore Foot au cinéma, la liste est longue. 

Elle permet de croiser à nouveau Sylvester Stallone, mais aussi Steve McQueen pour le sport automobile, ce qui tombe à pic, puisqu’on le retrouve dans une autre partie de notre Stars de l’action, la partie finale consacrée aux “Poids moyens”. 

Autre confrontation de l’ouvrage : les combattants du soleil levant (ma préférence va à Toshiro Mifune, acteur fétiche du réalisateur Akira Kurosawa, et je n’ai pas lu cette partie sans repenser à mes visionnages récents de Karaté Kid et de Cobra Kaï), et les combattants du soleil couchant (pour celle-là je sèche…).

Le terrain était plus familier avec les derniers chapitres : dans les “Durs à cuire”, j’ai retrouvé Bruce Willis dans Piège de cristal – revoir Piège de cristal !!! – et dans “Les Bagarreuses”, la perspective de suivre pour la énième les ballets aériens de Michelle Yeoh dans Tigre et dragons et les combats sanguinolents des films de Tarantino était des plus tentantes. 

De capes et de mots…

Mais c’est avec un lien plus subtil que Philippe Lombard a parachevé pour moi ce panorama virtuose, puisqu’au détour de son Top 10 des “Badass women movies”, j’ai le souvenir de Sophie Marceau en Héloïse d’Artagnan qui est venu titiller ma mémoire, et son voisinage immédiat de la partie consacrée aux “Coqs sportifs” m’a replongé dans une nouvelle délectation : celle des bons mots de La Fille de d’Artagnan, et de tous ces films où la plume virevolte aussi bien que l’épée et que les cascades. 

Jean Marais dans Le Masque de fer, et Jean-Paul Belmondo dans L’As des As.

J’ai encore en tête les répliques de l’un et de l’autre, j’ai dû voir Le Masque de fer autant de fois que la plupart de mes films cultes d’enfance enregistrés sur cassettes vidéos, je revois encore le titre écrit sur l’étiquette, et même si on se souvient peut-être davantage de Jean Marais dans Le Bossu ou Le Capitaine Fracasse, c’est à son D’Artagnan vieillissant (comme Philippe Noiret dans La Fille de D’Artagnan) que va toute ma tendresse… sans parler de sa tirade finale et testamentaire qui me rappelle aussi Cyrano de Bergerac :

Je me bats d’abord parce j’avais promis à ce monsieur de croiser le fer avec lui, je me bats parce que l’aurore est fraîche et que j’ai peur des rhumes, je me bats par habitude parce qu’un soldat est fait pour ça, je me bats parce que je n’ai jamais supporté la vie qu’en la risquant, je me bats contre n’importe quoi, pour la justice souvent, par caprice encore plus souvent, je me bats pour rester jeune, et mériter ainsi de vous plaire, je me bats pour le panache, et le panache ne gagnerait rien à ce que je fasse attendre davantage Mme de Chaumes en vous écrabouillant.

Quant à L’As des as, j’y vois l’un des meilleurs Belmondo mais c’est aussi parce qu’il est illuminé par la présence de brune ténébreuse de Marie-France Pisier, dont les échanges savoureux avec Bébel participent de la voltige du film :

Dans les trains, je lis des journaux écrits avec les pieds, je bavarde avec des inconnus, plus ou moins spirituels. Mais quand j’arrive à destination, je choisis avec un extrême discernement les hommes avec lesquels je mets à table. Et surtout au lit.

Et pour mieux retomber sur nos pattes, quoi de mieux, justement, que la figure avec laquelle on referme l’ouvrage, l’increvable Ethan Hunt de Mission impossible, dont le dernier opus est toujours en salle au moment où j’écris cet article. 

D’une cabriole à l’autre, d’une cavalcade à une course poursuite, du bourre-pif à “la fin de l’envoi je touche”, c’est tout un pan de nos soirées popcorn que nous programme cet ouvrage, puisque c’est au moment où nos héros ont le souffle court que nous prenons une bonne bouffée d’oxygène. 

Jeux et cinéma (épisode 2)

Pour commencer l’année d’une manière un peu légère (et ludique) – ce qui sera à nouveau le cas un peu plus tard dans l’année pour présenter un projet qui me tient particulièrement à coeur – je réfléchissais depuis quelques mois à un article consacré aux jeux de société et au cinéma.

Pour préparer cet article, je me suis plongée dans les archives de ce site et j’ai retrouvé un article datant de décembre 2013 intitulé très sobrement « Jeux et cinéma ». Simple et efficace, je décide du coup de faire tout simplement un deuxième épisode.

Dans ce précédent article j’évoquais les enseignes pour trouver les jeux de société consacrés au cinéma, je proposais quelques exemples de boites à questions ou de boites à énigmes et passais très rapidement à mes jeux préférés.

Je vais donc reprendre à peu près la même structure en partant cette fois-ci d’une forme de jeu que l’on pourrait nommer ainsi : le jeu de plateau ou jeu à itinéraires variables.

Jeux de cartes, Trivial Pursuit et jeu de l’oie

Si l’on reprend les jeux de société les plus traditionnels (et si je m’en réfère à l’histoire du jeu de société que j’aborde au moins une fois par an dans le stage que je co-anime en temps que professeur documentaliste sur « Jouer au CDI : du jeu de société à l’escape game », on peut se rappeler que les jeux de cartes et le jeu d’échecs sont parmi les plus anciens.

Pour ce qui concerne les adaptations les plus modernes, laissons de côté le jeu d’échecs (et ses déclinaisons avec les personnages de Star Wars, du Seigneur des anneaux ou encore de Harry Potter) et concentrons-nous sur les différents éléments que j’ai déjà mentionnés.

  • jeux de cartes version ciné

Pour les jeux de cartes, j’avais trouvé il y a deux ans à la cinémathèque française deux exemples très sympas : Chaplin et Hitchcock, et dont je donne ici à nouveau un aperçu :

Ce qui m’avait séduit dans ces deux jeux de cartes, c’est que contrairement à des éditions plus anciennes que j’avais pu avoir quand j’étais enfant (je me souviens notamment d’un jeu de cartes Lucky Luke), ce n’était pas seulement les têtes – Rois, reines, valets – et les As qui étaient illustrées, mais toutes les cartes qui proposent soit une scène, soit un personnage, soit une affiche.

  • Jeux de culture générale (et plus spécifiquement culture ciné)

Les deux catégories suivantes sont un peu plus poreuses. J’ai toujours eu un peu de mal avec deux types de jeux : le Trivial Pursuit et le Monopoly. Vous me direz qu’ils n’ont pas forcément beaucoup en commun.

Néanmoins, j’ai longtemps eu l’un et l’autre dans ma ludothèque personnelle, et j’ai pu jouer avec des versions thématiques : un Monopoly Star Wars et un Trivial Pursuit Histoire de France.

J’ai cherché sur le site Hasbro qui édite les deux jeux des versions sur le cinéma et je n’en ai pas trouvé. Cependant, ma principale difficulté avec le Trivial Pursuit reste son obsolescence programmée.

On ne peut pas laisser ce jeu une dizaine d’année dans un coin et le ressortir sans que les cartes culture ou sport deviennent les plus difficiles à jouer pour les joueurs les plus jeunes (et déjà les cases sport ont toujours été les plus difficiles pour moi).

Du coup, comme je suis plutôt amatrice de jeux de plateau – y participer, voire en fabriquer (j’avais fabriqué il y a quelques années un jeu de l’oie du CDI quand j’étais en collège, et plus récemment mon jeu sur l’intelligence artificielle – et je garde pour un autre article la fabrication d’escape games), j’ai cherché sur internet s’il n’y avait pas eu quelques fans de jeux comme moi pour fabriquer un jeu de l’oie sur le cinéma.

Le seul résultat à peu près concluant que j’ai trouvé est celui-ci :

 

L’idée est très sympa et le visuel est génial. Je pense que quand j’aurai un peu de temps devant moi, j’adapterai ce jeu à l’histoire du cinéma en général ou peut-être à quelques déclinaisons pour des films ou des réalisateurs… en le croisant éventuellement avec l’idée de jeu proposée par une de mes collègues en histoire-géo au lycée, qui a présenté aux journées portes ouvertes un jeu de l’oie sur la Troisième République.

  • Jeux de plateau (et toujours culture ciné)

Plus récemment, l’un des jeux de culture générale que je préfère malgré toujours un petit risque d’obsolescence programmée comme le Trivial Pursuit, c’est le TTMC (Tu te mets combien ?).

Les questions cinéma de ce jeu sont vraiment excellentes, et j’ai vu sur le site officiel que ses créateurs proposaient des déclinaisons Jeux olympiques, cuisine ou encore musique. À quand un TTMC exclusivement Cinéma, ce serait génial !

Scénarios de jeux sur le cinéma

Dans l’épisode 1 « Jeux et cinéma», j’avais évoqué quatre de mes jeux préférés qui revenaient en 2013 sur différents aspects (thématiques ou chronologiques) du cinéma : le Shabadabada cinoche sur les répliques de films, le Timeline Musique & cinéma, un Black Stories sur le cinéma et une Boîte à culture geek.

Ce qui m’a incitée à écrire ce nouvel article, ce sont deux jeux qui ont fait le choix de s’approprier des éléments historiques du cinéma et d’impliquer le joueur dans cette histoire.

Le premier s’intéresse aux pionniers du cinéma muet et à l’industrie naissante de Hollywood, le second explore les heures sombres du Maccarthysme.

  • Cartaventura : Hollywood

Le premier jeu fait partie de la collection des Cartaventura (ces jeux à itinéraires variables où le scénario dépend des choix du joueur).

Celui sur Hollywood m’a immédiatement conquise car, non content d’évoquer la figure de Chaplin, les itinéraires proposés s’inspirent directement de la filmographie de ce réalisateur.

En voici le scénario présenté sur le site :

Scénario Hollywood : 1920, Ohio. Vous incarnez Jim Tully, un ouvrier lassé par un quotidien bien loin de ses rêves de cinéma. Quittez tout et, de train en train, tentez de traverser le pays avec l’espoir de rejoindre le plus célèbre des vagabonds : Charlie Chaplin !

J’ai pris quelques photos au début de la partie, mais j’ai rapidement été rattrapée par l’envie de jouer et d’explorer les différents itinéraires du jeu, puis de tester les autres histoires proposées qui ont l’air tout aussi irrésistibles : les deux jeux sur l’univers des Trois Mousquetaires, celui sur Versailles, mais aussi Lhassa et Cosmologia que j’ai déjà chez moi.

  • Hollywood 1947

Le deuxième jeu, Hollywood 1947 est un jeu de stratégie un peu plus compliqué à prendre en main mais tout aussi passionnant dans ses choix scénaristiques.

En voici le scénario :

Démasquez les communistes infiltrés…

Hollywood 1947 est un jeu de déduction à rôle caché pour 1 à 9 joueurs. Tentez de démasquer les communistes qui se sont infiltrés dans votre studio de cinéma avant que le Congrès américain décide de sa fermeture.

La mise en place du jeu demande un peu plus de temps, et il faut réussir à comprendre sa dynamique. Ce qui m’a attirée davantage, c’est le matériel et le soin apporté à tous les éléments du jeu, qui en font un très bel objet.

Si le jeu Cartaventura s’adresse à tout type de joueur, cinéphile ou non, Hollywood 1947 est peut-être plus destiné aux passionnés d’histoire du cinéma (ou d’histoire de la Guerre froide) mais j’imagine qu’un enseignant d’histoire pourra l’utiliser, se l’approprier avec ses élèves ou imaginer à partir de ce modèle une séance ou un jeu permettant de mieux comprendre une période ou un contexte historique.

Répliques de films : du Shabadabada au quotidien

Puisque j’ai évoqué un peu plus haut un de mes jeux préférés sur le cinéma qui figure toujours en bonne place dans ma bibliothèque, autant rappeler ses mécanismes et en profiter pour une petite digression finale.

Dans mon article de 2013, j’en redonnais les principes sous forme de dialogues en utilisant une réplique du film Casablanca.

Pour devenir incollable à ce genre de jeux (et aux questions ciné du TTMC) rien de tel que se replonger dans les ouvrages de Philippe Lombard consacrés aux répliques de films :

  • 600 répliques de films à l’usage du quotidien, publiés en 2016 et 2020
  • Parler comme un super-héros : 100 répliques cultes pour devenir invincibles, en 2018 ;
  • mais surtout les 600 répliques de films pour avoir la bonne répartie… au bon moment !, publié chez Dunod en novembre 2024 et sur lesquels je reviendrai dans un prochain article, le temps que ça infuse.

J’ai donc quelques bonnes résolutions sur les prochains articles cinéphiles, et que j’ajoute ici en guise d’aide-mémoire et de to-do-list :

  1. continuer à parler de femmes qui écrivent sur le cinéma, qui parle de cinéma ou qui font du cinéma au mois de mars
  2. continuer à parler des ouvrages de Philippe Lombard, en particulier les tout derniers (mais aussi ceux que je viens de mentionner)
  3. voir les derniers films d’Almodovar et lire son roman
  4. puisqu’on parle de répliques de films et de scènes cultes, parler à nouveau de séries télévisées
  5. faire un autre article sur les jeux et en particulier les escape games
  6. aller voir la prochaine exposition à la Cinémathèque

Et puisqu’on a désormais le programme des prochains mois, je vous dis à très bientôt sur Cinéphiledoc !

2024 : Palmarès de lecture

Pour ce dernier article cinéphile de 2024, je reprends la bonne habitude du palmarès de lecture.

Contrairement aux années précédentes, cet article n’a pas été préparé avec beaucoup d’avance, et je n’ai pas non plus en brouillon les prochains articles consacrés au cinéma.

Je n’ai d’ailleurs pas non plus anticipé sur la rédaction de mon article de janvier consacré au bullet journal, et j’ai toujours en attente un article sur l’intelligence artificielle qui attend depuis des mois que mon cerveau accepte de redémarrer sur la question.

Forcé à ralentir, il a délaissé les lectures professionnelles qu’il avait engagées depuis juin 2023, et je serais bien en peine d’évoquer le dernier ouvrage dont j’avais commencé la lecture, l’ayant arrêté en cours de route et n’ayant pas pris la peine de le poursuivre.

Mes articles cinéphiles et mon palmarès diffèrent cependant en deux points des palmarès des deux années précédentes.

Le premier point, c’est qu’on n’y trouve pas cette année d’ouvrage consacré directement à François Truffaut, ce qui ne lasse pas de me surprendre puisque cela faisait quarante ans cette année que ce dernier nous avait quitté.

Le second point, c’est que pour certains articles, j’ai pris l’habitude de mentionner plusieurs ouvrages, ce qui me permet d’en faire figurer d’autant plus dans ce palmarès.

Cependant, dans sa structure, cet article ne dérogera pas à ses habitudes et s’articulera en trois temps :

  • la présentation du palmarès
  • le palmarès 2024
  • bilan et projets

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Pour 2024, mes lectures ont commencé en novembre 2023, et j’ai réussi à terminer ces lectures et la rédaction des articles tout début novembre (le 1er du mois pour une publication directement dans la foulée).

Lorsque je me replonge dans mes lectures de l’année, qu’elles soit professionnelles, cinéphiles ou plaisir (même si ces frontières sont toujours poreuses), le recul me permet de constater à quel point elles illustrent ce que j’expérimentais et ressentais au fil des mois, aussi bien à nouveau dans la sphère professionnelle ou privée.

Ainsi, sur la quarantaine d’ouvrages lus cette année on retrouve :

  • en janvier, deux lectures plaisir et une lecture professionnelle (3)
  • en février, une lecture cinéphile et une lecture plaisir (2)
  • en mars, trois lectures plaisir, deux lectures cinéphiles et une lecture professionnelle (6)
  • en avril, deux lectures professionnelles et deux lecture plaisir (4)
  • en mai, une lecture plaisir et une lecture cinéphile (2)
  • en juin, une lecture plaisir (1)
  • en juillet, une lecture cinéphile et trois lectures plaisir (4)
  • en août, une lecture cinéphile et trois lectures plaisir (4)
  • en septembre, cinq lectures plaisir (5)
  • en octobre, trois lectures cinéphiles et cinq lectures plaisir (8)
  • en novembre, trois lectures plaisir (3)
  • en décembre, pour l’instant au moment où cet article est publié, une lecture plaisir en cours (1)

Concernant mes lectures cinéphiles, en voici un petit bilan :

  • Nouvelle vague, roman, Patrick Roegiers (lu en novembre 2023)
  • Cinéma : Vers des mondes imaginaires, Christophe Lemaire (lu en février 2024)
  • Ça retourne, Philippe Lombard (lu en mars 2024)
  • Les Guerres de Lucas, Renaud Roche et Laurent Hopman (lu en mars 2024)
  • Histoire de la science-fiction, James Cameron (lu en mai 2024) en ayant feuilleté en parallèle Technoir : L’Art de James Cameron, catalogue de l’exposition qui lui était consacrée à la Cinémathèque française
  • Le Journal d’Alan Rickman (lu en juillet 2024)
  • Souvenirs en pagaille, Pascal Thomas (lu en août 2024)
  • Charlie Chaplin, Guillaume Evin (lu en octobre 2024)
  • Les Dossiers du Coroner : autopsies des morts cultes au cinéma, Mike Zonnenberg et Fabio Soares (lu en octobre 2024)
  • Paris Pop Culture, Philippe Lombard (lu en octobre 2024)

Palmarès 2024

Chaque année, j’essaye de regrouper ces quelques lectures en catégories plus ou moins signifiantes. Cette année je distingue trois catégories, pour les dix lectures cinéphiles mentionnées ci-dessus : témoignages et souvenirs, science-fiction, et itinéraires cinéphiles.

J’ai eu quelques hésitations au moment de dresser ces différentes catégories : regrouper le cinéma de science-fiction, certes, mais pourquoi ne pas faire une catégorie réalisateurs pour distinguer Chaplin, Lucas, Cameron et Pascal Thomas ? Que faire du Journal d’Alan Rickman, qui se distinguait tout de même des autres lectures ? Où placer cette année les travaux de Philippe Lombard ? Et si je faisais quatre catégories ?

J’en suis finalement revenue à mon idée originelle.

Témoignages et souvenirs

Dans cette catégorie, je regroupe quatre ouvrages qui m’ont fait voyager dans des univers cinématographiques et personnels vertigineux, et qui m’ont fait découvrir ou redécouvrir des individus et des personnalités fascinantes.

Une fois encore, j’ai hésité : séparer cinéma français et international ? acteurs et réalisateurs ?

Les ouvrages que j’ai rassemblés sous cette catégorie sont les suivants :

  • Nouvelle vague, roman, Patrick Roegiers chez Grasset (2023)
  • Le Journal d’Alan Rickman, chez Hachette Heroes (2024)
  • Souvenirs en pagaille, de Pascal Thomas chez Séguier (2024)
  • Charlie Chaplin, Guillaume Evin, chez Casa éditions (2023)

Ma préférence, bien que ma lecture soit beaucoup plus lointaine, va au roman de Patrick Roegiers qui m’a permis de vivre cette si agréable suspension consentie d’incrédulité qu’on savoure aussi bien dans les livres comme au cinéma, et que j’ai à nouveau pu goûter dans mes lectures plaisir les plus récentes, comme la saga des Déracinés de Catherine Bardon, ou Le Rêve du guépard de Miguel Bonnefoy.

Science-fiction

Pour cette catégorie, l’hésitation ne s’est pas posée dans la sélection des ouvrages mais dans le choix final de l’ouvrage.

J’y regroupe trois de mes lectures :

  • Cinéma : Vers des mondes imaginaires, Christophe Lemaire (2024)
  • Les Guerres de Lucas, Renaud Roche et Laurent Hopman, aux éditions Deman (2023)
  • Histoire de la science-fiction, James Cameron, Manabooks (2019)

Les ouvrages de Christophe Lemaire et de James Cameron ont eu de commun qu’ils m’ont tous deux permis de conjuguer au moment de mes lectures mes appétences professionnelles sur l’intelligence artificielle et des univers cinématographiques qui m’avaient depuis longtemps fascinée.

Cinéma : Vers des mondes imaginaires m’a même permis de réfléchir à la façon d’interroger différents outils d’intelligence artificielle générative et des services humains de questions / réponses.

Cependant, si je me focalise sur mon ressenti de lecture et sur l’effet coup de coeur, c’est la bande-dessinée Les Guerres de Lucas qui remporte mon suffrage, puisqu’elle a constitué une véritable claque et qu’elle demeure l’un de mes plus beaux souvenirs de cette année.

Itinéraires cinéphiles

La dernière catégorie me permet, un peu artificiellement justement, de regrouper trois ouvrages qui proposent une exploration thématique du cinéma :

  • Ça retourne, Philippe Lombard chez La Tengo éditions (2023)
  • Les Dossiers du Coroner : autopsies des morts cultes au cinéma, Mike Zonnenberg et Fabio Soares chez Gründ (2021)
  • Paris Pop Culture, Philippe Lombard chez Parigramme (2023)

De la même manière que l’ouvrage de Christophe Lemaire m’avait permis de bidouiller des outils d’intelligence artificielle générative sur la représentation de l’IA au cinéma, je retiens pour cette catégorie le Ça retourne de Philippe Lombard, qui m’a permis une récréation salutaire à concocter des mèmes tout en parlant de suites et de remakes, et ça, c’était vachement bien (comme dirait Bref).

Bilan et projets

Voilà pour ce palmarès et ces lectures cinéphiles de 2024, qui ont tout de même été assez variées.

Concernant mes lectures et mes petites expériences ludiques prévues en 2024, je compte bien continuer sur ma lancée, et j’ai déjà en tête une petite récréation pour le mois de février.

Pour la suite, j’ai aussi en tête une pièce de théâtre, un roman, un ou deux Lombard et un livre que j’ai aperçu sur l’univers d’une série télévisées qui fait partie de mes préférées.

J’en profite pour saluer ces pépites de lectures plaisir que j’ai eues cette année et qui, si elles ne parlaient pas directement de cinéma, pouvaient l’évoquer indirectement ou faire même rêver ou espérer une adaptation : la saga des Cazalet d’Elizabeth Jane Howard, Les Déracinés de Catherine Bardon ou encore une fois Le Rêve du Guépard de Miguel Bonnefoy.

Concernant mes lectures professionnelles, j’ai pour projet d’y revenir à plus ou moins long terme, le Nexus de Yuval Noah Harari ayant retenu quelque peu mon attention.

Voilà pour ces lectures, ces projets et ces envies.

Vous les retrouverez dès février 2025, après le traditionnel article de janvier sur le bullet journal.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d’année, et je vous mitonne pour très prochainement le dernier article #profdoc de 2024.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

Page 1 sur 4

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén