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Blog pour cinéphiles et profs docs

Auteur : juliettefiliol (Page 1 sur 87)

Un an de retour d’expérience pédagogique sur l’intelligence artificielle

Avant de terminer l’année scolaire avec l’article #profdoc du mois de juin, je souhaitais tirer un bilan plus approfondi de cette année en présentant un projet que j’ai évoqué plusieurs fois ces derniers mois lorsque j’ai indiqué que je participais à des interventions sur l’intelligence artificielle.

Ayant dû me désister d’une de ces dernières interventions, j’en profite pour partager ce travail, qui s’est nourri à la fois de mes différentes lectures et des retours que l’on a pu me faire, me fournissant des pistes d’évolution et d’amélioration.

Étape 1 : Et si je lisais des choses sur l’intelligence artificielle ?

Il y a donc à peu près un an, j’ai commencé à lire ce qui me tombait sous la main et suscitait ma curiosité sur l’intelligence artificielle. À l’origine, je comptais lire deux ou trois ouvrages, feuilleter quelques articles sur la question, avant de passer à d’autres lectures professionnelles et scientifiques sur le jeu ou sur le numérique.

L’idée était déjà de concevoir une séance pédagogique sur l’intelligence artificielle, et je ne voulais pas l’ébaucher sans avoir accumulé tout de même un bagage solide sur ce sujet.

J’ai commencé à feuilleter également les différents manuels de SNT, pour voir sous quel prisme la question était abordée, et j’ai noté quelques idées issues de ces manuels dans mon bullet journal.

L’idée a également émergé de faire au fur à mesure des comptes-rendus de mes lectures sur ce site, mais je n’avais pas alors pris la dimension du temps que cela me prendrait, ni qu’au mois de juin de cette année, j’aurais encore en brouillon d’article un septième épisode…

Comme je l’ai indiqué durant mes différentes interventions, c’est à l’une de ces lectures que je dois l’idée première de mon scénario pédagogique, à savoir aborder la question de l’IA par l’intermédiaire du jeu de rôle.

Étape 2 : de la réflexion…

Une fois ces premières lectures digérées, j’ai commencé véritablement à réfléchir à ce que je voulais faire.

Il s’agissait de proposer une séance pédagogique à des élèves de seconde, dans le cadre de l’enseignement de SNT, sous la forme d’une mise en bouche.

Deux choses me tenaient à coeur :

  • aborder la question de l’intelligence artificielle sans nécessairement utiliser les outils d’intelligence artificielle ;
  • élargir les représentations des élèves (qu’est-ce que l’intelligence artificielle au delà de Chat GPT ?) et leur faire acquérir une culture de l’IA.

Étape 3 : … à la conception

Pour cela, la forme du jeu s’est rapidement imposée à moi. Je suis partie de l’idée des différents profils (un joueur ou une équipe incarne une relation particulière à l’intelligence artificielle – ce que j’avais déjà pu expérimenter dans des séances sur le droit d’auteur et la citation des sources) présente dans l’ouvrage de Thierry Bouron.

Une fois ces quatre profils définis, je les ai intégrés à un jeu de plateau – un modèle de genially que j’ai tâché de m’approprier. Une fois ce jeu de plateau réalisé, je l’ai envoyé à la collègue de SNT avec laquelle je travaille le plus pour qu’elle me donne son avis.

Elle m’a conseillé d’associer à ce jeu de plateau des flashcards permettant de répondre aux questions des différentes cases. J’ai déterminé quatre thématiques de cartes : histoire de l’IA / l’IA dans la vie / actu de l’IA / vrai ou faux, et pour chaque thématique j’ai créé environ le double de cartes par rapport au nombre de cases du jeu.

Flashcards Jeu IA

En décembre 2023, j’ai demandé à quelques élèves de terminale de tester la première version de ce jeu, ils m’ont alors fait des suggestions de déroulé de la partie, que j’ai ensuite intégrées dans la fiche de présentation de séance pour mes élèves de seconde.

Étape 4 : conception du scénario pédagogique et inscription dans une progression

Pour inscrire cette séance dans un cadre pédagogique, j’ai appuyé mon scénario sur différents éléments :

  • évidemment la circulaire de missions du professeur documentaliste (axe 1)
  • le cadre de référence des compétences numériques
  • l’enseignement de SNT
  • et un projet de référentiel de compétences en intelligence artificielle proposée par l’UNESCO

Au niveau de ma progression pédagogique, j’ai conçu cette séance pour qu’elle intervienne après 3 séances introductives menées en SNT avec deux de mes classes sur « Internet et Web », et avant une séance consacrée aux données structurées.

Les élèves avaient donc l’habitude de travailler avec moi, et les fiches et les supports qui étaient mis à leur disposition leur étaient déjà familiers.


Déroulé des séances menées

En janvier 2024, j’ai pu mener cette séance pédagogique auprès de deux classes en demi-groupe, le 8 et le 10 janvier avec la première classe, et le 15 et le 17 janvier avec la deuxième classe.

Installation de la séance :

Les élèves sont répartis en quatre groupes de quatre. Sur leur table, ils ont à leur disposition la présentation de la séance, le jeu de plateau en format papier, un dé et quatre pions, les différentes cartes. Je leur demande également d’avoir un ordinateur par groupe pour accéder à la version en ligne du jeu, qui leur permet de savoir à quelle question ils doivent répondre.

Les cartes numérotées au dessus du jeu sur la photo sont mes cartes de maître du jeu, et je les utilise dans le temps de debriefing en fin de séance.

Durant ce temps, je demande aux élèves de me redonner les réponses aux différentes questions qu’ils ont pu noter durant le jeu, ce qui me permet également de les évaluer.

J’utilise enfin certaines cartes pour les intégrer à la fiche récapitulative proposée par l’enseignante de SNT pour évaluer l’axe thématique du programme.


Présentations de cette séance durant l’année et évolutions du jeu

Suite à ces séances (l’une d’elles a eu lieu en présence d’Elisabeth Carrara, IGESR) j’ai pu présenter cette expérimentation pédagogique durant différentes interventions.

  • Le 25 janvier, je suis intervenue à l’IH2EF à Poitiers sur « intelligence artificielle générative et professeurs documentalistes » en compagnie de Martine Sache et Bernadette Mendes, IPR EVS.
  • Le 27 février, j’ai participé à une table-ronde à la journée inter-académique des professeurs documentalistes pour présenter ce jeu
  • Le 3 avril, j’ai animé 3 ateliers pour présenter mon jeu sur l’intelligence artificielle au fablab éphémère organisé à Enghien-les-Bains ;
  • Le 4 avril : j’ai animé 2 ateliers au séminaire des interlocuteurs académiques au numérique en documentation à Paris

Chacune de ces interventions a nourri ma réflexion sur la manière dont je voulais voir évoluer mon jeu.

Grâce à l’intervention de janvier, j’ai pu échanger à l’IH2EF sur la façon dont je pourrais partager mon jeu et le diffuser, et c’est cela qui m’a amené à mettre mon genial.ly en mode privé.

En effet, si par habitude je n’hésite généralement pas à partager mon travail, le public de janvier m’a incitée à davantage protéger une production qui m’a pris de longues heures (et qui a continué à me prendre du temps, puisque j’ai fait depuis évoluer ce scénario).

C’est également la raison pour laquelle vous ne trouverez pas le lien de la version cliquable du jeu sur ce site. Le genial.ly tel qu’il est diffusé actuellement est d’ailleurs sous licence Creative Commons.

Les deux interventions du mois d’avril m’ont aussi permis d’avoir des avis sur les différents mécanismes du jeu, ce qui m’a incitée à en expliciter davantage les règles et à retravailler sur les profils d’élèves.

Scénario pédagogique : version actualisée

C’est la version actualisée – avec l’aide d’un ami – du scénario pédagogique et des règles que je partage donc aujourd’hui, et c’est cette version que je proposerai aux élèves à la rentrée prochaine.

Si j’ai également partagé le fichier avec les flashcards, c’est que celui-ci sera évidemment à actualiser, avec d’autres cartes permettant de l’enrichir au gré de l’actualité consacrée à l’intelligence artificielle.

J’ai déjà échangé avec ma collègue de SNT, qui aura en charge des classes d’enseignement scientifique en terminale l’an prochain, ce qui me permettra aussi d’intervenir auprès de ces classes, et peut-être d’approfondir cette séance par une deuxième séance de débat, ce que j’avais prévu initialement.

Remerciements

Pour leurs échanges, leurs différents retours et leur soutien, je remercie (liste non exhaustive) :

  • Aurèle Leyrie, Olivia Moysan, Sacha Touroveroff, Gwenaelle Keravec, Aelya Chatelier (élèves de Terminale) pour leurs retours précieux et pour leur fréquentation assidue du CDI
  • la team #IH2EF : Elisabeth Carrara, Martine Sache, Bernadette Mendes
  • la team #profdoc : Irène Boulay, Audrey Démonière-Rouvel, et les IAN Documentation
  • la team Canopé : Elise Planche, Maryline Brosset et Pauline Corso
  • la team lycée : Sylvie Buisson, Roman Clergeaud et Foucault de Labbey

D’ici là, je laisse reposer (comme moi) pour cet été, je vous donne rendez-vous début juillet pour le dernier article #profdoc de l’année scolaire, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc.

D’une exposition à l’autre : en immersion cinéphile

Depuis août 2023, j’ai eu l’occasion de visiter des expositions qui rendaient hommage à différents univers cinématographiques, qui ont finalement constitué un fil conducteur dans mon année.

Je profite de cet article du mois de juin pour revenir sur ces belles expositions (les deux premières ne sont plus accessibles, mais on peut voir – et revoir – la dernière jusqu’en janvier prochain !), et pour évoquer deux ouvrages.

Août 2023 : Exposition Titanic, Porte de Versailles

Je suis allée admirer cette première exposition l’été dernier avec une amie, durant nos sorties parisiennes.

Pour l’occasion, le ticket d’entrée nous permettait de nous mettre dans la peau d’un des passagers du Titanic.

Certes, l’exposition revenait de manière tout à fait historique et scientifique sur le naufrage, et à quelques mois de l’accident du sous-marin Titan, survenu en juin 2023, visiter cette exposition était d’autant plus impressionnant.

Mais depuis 1997, lorsque l’on parle du Titanic, on pense immanquablement au film de James Cameron, et l’exposition ne faisait pas l’impasse dessus.

Je suis revenue très brièvement sur cette exposition en décembre dernier, ce nouvel article me donne l’occasion d’en proposer un nouvel aperçu.

Évidemment, suite à cette exposition, je n’ai pas pu m’empêcher de rouvrir les ouvrages que j’avais chez moi sur le Titanic, et que j’avais collecté à diverses occasions. J’avais 11 ans quand le film est sorti, et je me souviens encore du retentissement qu’il avait eu.

Je m’étais plongée dans des documentaires (un ouvrage magnifique qui à l’époque proposait des plans de coupes du paquebot) et dans des romans, dont Les Enfants du Titanic, d’Elisabeth Navratil, qui revient sur l’histoire de son père et de son oncle, rescapés du Titanic.

Aux alentours du centième anniversaire du naufrage, d’autres ouvrages ont été publiés, et ma curiosité s’est réveillée, entretenue par les premiers épisodes de Downton Abbey.

Février 2024 : Objectif Mer : l’océan filmé, Musée de la marine

En février dernier, une amie m’a proposé d’aller visiter avec sa fille l’exposition « Objectif Mer : l’océan filmé » au Musée de la marine.

Je ne connaissais pas le Musée de la marine, et cette exposition temporaire (qui s’est tenue jusqu’en mai dernier), était l’occasion de le découvrir.

Le lieu est absolument à couper le souffle, et l’exposition était magnifique – l’affiche était elle aussi magnifique d’ailleurs, et il était regrettable qu’on ne puisse pas en avoir un exemplaire à la boutique du musée.

Des plaques de lanterne magique qui évoquent la mer à Pirates des Caraïbes, elle dressait un panorama très impressionnant, qui venait constamment titiller la mémoire du cinéphile.

Parmi eux, Le Monde aquatique de Wes Anderson, et un de mes films préférés : Master and Commander, de Peter Weir.

Mais bien-sûr, une fois encore, qui dit filmer l’océan dit filmer le Titanic, et l’un des clous de l’exposition, c’était cela :

Même si, au moment où je publie cet article, l’exposition est terminée, n’hésitez pas à aller faire un tour au Musée de la marine, rien que pour voir les maquettes de bateau, les instruments de navigation, les reconstitutions et les gigantesques figures de proue, ça vaut le détour !

Avril 2024 : L’Art de James Cameron, Cinémathèque française

Enfin, la dernière exposition (au moment où j’écris cet article) que j’ai pu visiter quasiment dès son installation est celle consacrée au cinéma de James Cameron à la Cinémathèque française.

Et à nouveau, cette fois-ci ce n’est pas « Qui dit Titanic, dit forcément James Cameron » mais « Qui dit James Cameron, dit forcément Titanic ». La boucle était bouclée.

Encore une fois, j’ai été bluffée par les trouvailles de la Cinémathèque qui orchestre toujours (enfin presque toujours, je me souviens ne pas avoir été emballée par son exposition sur l’enfance au cinéma, mais ça doit remonter à un petit moment) admirablement l’hommage à un univers cinématographique.

Lorsque l’on entre dans l’exposition, on est accueilli par une vidéo de James Cameron qui nous invite à une plongée dans son imaginaire. Il faut dire que ce dernier est des plus foisonnants, et que l’exposition pourrait en convaincre même le plus réfractaire… d’ailleurs, moi qui y allait plus pour Terminator, Alien et Titanic, j’en suis ressortie en me disant que oui, je reverrais bien aussi Avatar.

Et si je parle de plongée, c’est à juste titre. Déjà parce que l’homme est un artiste, et que le spectateur de l’exposition est confronté à un bel ensemble de son oeuvre picturale, des dessins aux story-boards qui impressionnent par leur méticulosité.

Ensuite, parce que l’on retrouve dans cet imaginaire différents univers qui ne cessent de fasciner :

  • l’exploration de l’espace, notamment avec Alien ;
  • l’exploration des profondeurs (qui est une autre sorte d’espace) avec Abyss et avec Titanic ;
  • l’exploration de l’humain – déformé, transformé, augmenté, notamment avec la série Dark Angel (bon sang je ne me souvenais plus que James Cameron avait réalisé Dark Angel) mais évidemment aussi avec Terminator

Si je récapitule, je suis donc venue à cette exposition en ayant surtout ça en tête :

Je me suis ensuite retrouvée à être hypnotisée par ça :

Et pour finir, ce qui a achevé de me happer (et je n’en finis pas d’être constamment ramenée à l’intelligence artificielle cette année quoi que je fasse), c’est ça :

Je me suis également plongée, du coup, en sortant de l’exposition, dans la lecture de son catalogue, qui fait la part belle à tous les croquis et dessins de James Cameron :

Pour être plus précis, il s’agit d’un ouvrage publié initialement en anglais en 2021. On y retrouve les influences de James Cameron et l’ensemble des croquis, dessins, affiches, storyboards présentés dans l’exposition de la Cinémathèque.

Mais pour en revenir à ces histoires d’intelligence artificielle, et comme je déplorais en février dernier n’avoir pas forcément sous la main des ouvrages qui traitent de l’intelligence artificielle au cinéma, je me suis souvenue d’un ouvrage publié en 2019 : Histoire de la science-fiction, et dont l’auteur n’est autre que James Cameron.

Cet ouvrage n’est pas une histoire de la science-fiction à proprement parler. Il s’agit davantage d’un voyage de passionnés, proposant un itinéraire choisi, avec des étapes clés. Et l’éclairage donné est presqu’exclusivement américain, tant en ce qui concerne la littérature que le cinéma.

Ce qui rend en revanche l’ouvrage passionnant, ce sont deux choses. La première, c’est de reprendre en illustrations certaines des oeuvres de James Cameron, on peut donc considérer ce livre comme une très bonne introduction à l’exposition ou comme un très bon effet d’annonce.

La seconde, c’est la composition en elle-même de l’ouvrage.

Il s’ouvre sur une introduction de James Cameron, et sur la liste de ses films et de ses livres de science-fiction préférés. Suit une préface de Randall Frakes, ami de longue date de Cameron, et un entretien avec ce dernier.

Histoire de la science-fiction est ensuite construit en 6 parties qui s’articulent elles-mêmes en deux temps à chaque fois :

  • un focus thématique sur un aspect de l’univers de science-fiction, décortiqué par un spécialiste de la question : vies extraterrestres, dans l’espace lointain, les voyages dans le temps, les monstres, dystopies, machines intelligentes

  • un entretien de James Cameron avec un poids lourd du cinéma de science-fiction s’étant particulièrement illustré dans l’aspect concerné : Steven Spielberg pour les vies extraterrestres, George Lucas pour l’espace, Christopher Nolan pour les voyages temporels, Guillermo Del Toro pour les monstres, Ridley Scott pour les dystopies, et Arnold Schwarzenegger pour les machines intelligentes

Chaque focus thématique remet l’aspect en perspective, à travers la littérature de science-fiction et le cinéma, et en donnent des éléments fondamentaux, qui reviennent parfois périodiquement en échos dans les autres chapitres : on y retrouvera ainsi le rôle fondamental de 2001 : l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, ou du roman de H.G. Wells, La Guerre des mondes.

Chaque entretien offre la confrontation de deux univers d’artistes et de deux créateurs, et rappelle ainsi que lorsque deux interlocuteurs ont un regard passionné sur leur art, les réponses peuvent être plus courtes que les questions, comme c’était déjà le cas pour les entretiens Hitchcock / Truffaut.

D’ailleurs la comparaison ne s’arrête pas là : si les entretiens entre Alfred Hitchcock et François Truffaut ont d’abord été enregistrés sur magnétophone, les entretiens entre James Cameron et ses comparses étaient à l’origine une série documentaire, dont j’ai tenté de retrouver la trace (elle semble actuellement disponible sur Amazon Prime, et je pense ne pas tarder à la regarder, puisque les extraits que j’ai pu trouver montrent que les conversations sont ponctuées de scènes de films, ce qui doit rendre le tout particulièrement immersif !).

Il n’y a pas un chapitre moins réussi qu’un autre. L’ensemble est captivant, et encore une fois, les accélérations récentes de l’intelligence artificielle donnent un relief particulier à certains échanges :

  • Christopher Nolan qui implique des scientifiques dans chacun de ses projets et qui demande à James Cameron s’il a rencontré Elon Musk,
  • l’exploration spatiale et les questionnements autour du réchauffement climatique,
  • les dystopies qui nous promènent de Metropolis à Matrix,
  • les différentes incarnations de robots et d’humanoïdes au cinéma, avec des évocations qui vont de Blade Runner à Westworld, en passant par Alien,
  • et surtout la conversation savoureuse avec Schwarzenegger, une nouvelle fois sur les applications de l’intelligence artificielle et leurs répercussions dans le domaine militaire ou économique.

Cela m’a d’ailleurs rappelé un autre ouvrage dont j’ai déjà eu l’occasion de reparler dans mon article du mois de mai : le Terminator publié par les éditions Akileos dans la collection BFI : les classiques du cinéma, et dont j’avais fait le compte-rendu dans un article de mars 2020 consacré aux robots aux cinéma.

Comme quoi, moi qui râlait encore il y a deux mois sur le trop peu de littérature cinéphile consacrée à la question de l’intelligence artificielle au cinéma, il me suffisait de faire un retour aux sources et aux origines, à savoir de me replonger dans le cinéma (et l’oeuvre) de James Cameron, et de prendre conscience aussi que ma marotte sur l’intelligence artificielle ne date pas d’hier, mais qu’elle s’est auto-alimentée d’elle-même, avec en 2023 un livre que j’aurais pu lire bien plus tôt si j’en avais pris la peine.

Je rajoute d’ailleurs ici la réponse d’Eurêkoi à ma question sur l’intelligence artificielle comme thème traité au cinéma :

Réponse Eurêkoi cinéma : IA

Reste à me plonger dans cette série documentaire de James Cameron pour continuer à nourrir visuellement cette marotte, à voir et à revoir les films mentionnés dans ce magnifique ouvrage de James Cameron, et à guetter les livres qui ne manqueront pas de sortir sur la question !

D’ici là je vous souhaite de beaux rêves cinéphiles sans trop d’apocalypses et vous donne rendez-vous très vite pour un nouvel article sur Cinéphiledoc !

Mai 2024 : séances et animations du CDI

Je publie cet article avec un peu de retard, et il sera certainement un peu plus court que les articles précédents.

En effet, je comptais initialement publier les activités menées du 26 avril au 24 mai, mais j’ai été prise de court par un gros coup de fatigue, qui m’a arrêtée jusqu’à début juin.

J’ai donc été coupée dans mon élan et même si j’avais quand même déjà ralenti par rapport aux mois précédents qui étaient très denses professionnellement, les jours fériés du mois de mai ont participé aussi de ce ralentissement.

Séances et actions pédagogiques

Voici les séances menées entre le 29 avril et le 24 mai, ce sont à nouveau principalement des séances en SNT.

Pour plus de lisibilité je vais indiquer ici les séances, leur intitulé et leurs objectifs, et les classes concernées.

SNT : RÉSEAUX SOCIAUX

J’ai réussi à finir avant mon arrêt la séquence que je propose sur l’axe thématique de SNT « Réseaux sociaux » avec 3 classes de secondes.

Comme pour ma séquence « Internet et Web », cette séquence est supposée se dérouler en 3 séances, mais son organisation peut varier en fonction des classes :

  1. Séance 1 : identité numérique et réseaux sociaux : contribuer à la cartographie de l’identité numérique de la classe via un questionnaire / participer à l’escape game Zone Blanche, tirer au sort un réseau social à présenter
  2. Séance 2 : la carte d’identité d’un réseau social : réaliser la présentation du réseau social à tirer au sort et le présenter à l’oral
  3. Séance 3 : cyberviolence et fake news : choisir l’une des thématiques, consulter des ressources et réaliser une affiche de sensibilisation

J’avais déjà mené cette séquence les années précédentes, soit seule, soit en co-animation avec des collègues, et même si j’en ai fait évoluer un peu la forme, l’esprit reste le même. Voici ce que j’ai pu faire avec les dernières classes :

  • 2nde11 : j’ai fait les 3 séances (sachant qu’ils devaient en séance 2 travailler sur leur présentation de réseau social, et passer à l’oral durant une séance avec l’enseignante en charge de la SNT), j’ai évalué les affiches de sensibilisation et j’ai procédé à une évaluation finale via une campagne PIX
  • 2nde4 : j’ai réussi à faire 4 séances, la dernière scindée en 2h pour m’adapter à la classe, et ils devaient en séance 2 travailler selon les mêmes modalités que les 2nde11. En revanche, je n’ai pas réussi à évaluer leurs affiches et la campagne PIX compte comme note bonus (l’un des demi-groupes a vu sa séance 3 raccourcie en raison d’un exercice de PPMS).
  • 2nde7 : j’ai fait 2 séances en co-animation avec l’enseignante de SNT : l’escape game et la séance 3, mais cette dernière étant placée juste avant l’arrêt des notes, nous avons renoncé aux affiches et à la campagne PIX et nous avons mis une note de participation globale.

Je partage ci-dessous les supports de cette séquence, sachant que je compte bien modifier la séance 3 l’an prochain, puisqu’elle ne me satisfait plus en l’état, mais également certains éléments d’organisation de la séance 2.

J’ai quelques idées sur la manière de la transformer, et je compte travailler là dessus, soit d’ici cet été, soit en début d’année prochaine quand j’aurai un peu de temps.

 

Voici également ma grille de scénario pédagogique formalisée, telle que je l’avais proposée dans le cadre de mon rendez-vous de carrière :

AUTRES SÉANCES

Durant cette période, j’ai également co-animé d’autres séances :

  • EMC (seconde) : une collègue m’a sollicitée pour suivre ses élèves dans le cadre de recherche au CDI. Les élèves travaillaient, comme je l’avais indiqué plus haut, sur les femmes scientifiques, et il s’agissait d’évaluer durant ces dernières séances, leur passage à l’oral.
  • EMC (première) : deux classes travaillaient eux aussi sur les femmes scientifiques en s’appuyant sur les ressources du CDI, avec les mêmes modalités d’organisation que les classes de seconde en EMC.
  • Premières spécialité SVT : deux groupes sont venus au CDI effectuer des recherches avec leur enseignante de spécialité.

Il me restait pour cette période des séances sur l’orientation avec des classes de seconde, des séances de SNT avec deux classes en co-animation et deux heures de séances en Première HGGSP avec un groupe.

Je devais également participer la première semaine de juin aux grands oraux blancs pour nos terminales, mais je ne pouvais pas encore reprendre.

Animations du CDI

J’ai réussi à mon retour du CAPES interne fin avril à me pencher sur les sélections que j’envisageais pour cette dernière période de l’année.

J’ai pu en installer certaines, je garde les autres en tête pour l’an prochain (sauf évidemment une sélection jeux olympiques !).

Pour ces dernières sélections, j’ai alterné les nouveautés reçues dans nos dernières commandes et les événements (journées mondiales, européennes ou nationales).

  • Sélection Bien-être

Cette sélection a été proposée le 29 avril. Elle s’appuie sur les ouvrages reçus dans l’une de nos commandes.

  • Nouveautés HGGSP 

J’ai proposé cette sélection le 2 mai, elle s’appuie également sur nos dernières acquisitions.

  • Nuit des musées (18 mai)

Pour la 20e édition de cet événement, j’ai proposé une présentation cliquable que j’ai publiée le 6 mai sur le blog du CDI sur l’ENT, avec une petite sélection d’ouvrages :

Cette sélection est restée installée jusqu’à la fin du mois :

  • Sélection Biodiversité (22 mai)

J’ai installé cette sélection le 16 mai en vue de la journée mondiale de la biodiversité.

  • Sélection Geek (25 mai)

Enfin, la dernière sélection que j’ai pu proposer a été installée le 23 mai. Elle me permettait de rappeler aux élèves que le CDI est abonné à la revue Geek Junior.

Communication

Ce mois-ci, les actions de communication se sont concentrées sur les animations proposées et mentionnées plus haut.

Je n’ai cependant pas eu le temps de mettre à jour ma lettre de diffusion à destination des enseignants, et j’ai privilégié durant cette période d’autres actions de communication, qui répondaient aussi à des commandes qui m’ont été faites.

Site Internet du lycée : rubrique 50 ans

Ce qui m’a principalement occupée durant cette période, c’est la restitution en ligne des 50 ans du lycée, avec différentes productions à publier sur le site.

J’ai créé une rubrique sur le site, et j’y ai publié plusieurs articles :

  • un podcast des élèves de l’atelier journal réalisé avec Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de chimie et ancienne élève du lycée
  • une sélection de travaux réalisés par les élèves
  • une restitution de quelques moments clés de la journée du 2 avril
  • un retour en images de l’inauguration de l’espace Emmanuelle Charpentier
  • l’intervention en vidéo de Mme Charpentier durant cette inauguration
  • les entretiens réalisés par un collègue de SES, classés dans une sous-rubrique, permettant tout aussi bien de les écouter soit en partie, soit en totalité. Ces entretiens étaient en format AAC, je les ai convertis en format MP4, j’ai créé pour chacun d’eux une miniature de présentation et je les ai publiés de manière non-répertoriée sur la chaîne YouTube du lycée.

Parmi les entretiens réalisés, il y a celui mené avec mon collègue Roman, qui vous donnera une petite idée de l’atmosphère du CDI :

Blogs sur l’ENT

Pour ces trois blogs, j’ai pris l’initiative la dernière semaine de décembre de les basculer en mode public, afin de leur donner un peu plus de visibilité et que vous puissiez voir plus concrètement comment ils fonctionnent, même si je ne les alimente pas toujours avec la dernière assiduité…

Ce mois-ci, 5 articles publiés sur les sélections thématiques présentées plus haut, mais aussi le lien de l’article vers le podcast des élèves de l’atelier journal.

Aucun article publié durant cette période.

Ce mois-ci, la période est beaucoup plus calme en journées portes ouvertes, je n’ai publié aucun article sur ce blog.

Compte Instagram du CDI

Le compte Instagram du CDI continue d’être mon canal de communication privilégié, même si, par la force des choses, il a été beaucoup plus calme ce mois-ci.

  • photos et vidéos postées directement

Le 7 mai, j’ai accompagné en sortie une classe de première au Mémorial de la Shoah. J’ai publié quelques photos sur le compte.

Le 15 mai, la publication du podcast des élèves de l’atelier journal sur le site du lycée m’a permis de relayer également une photo prise le jour de son enregistrement.

  • visuels postés sur le blog du CDI et relayés sur le compte Instagram

Durant cette période, j’ai relayé sur le compte les visuels présentés plus haut.

  • les aventures de Chat Bla-bla

Chat Bla-bla s’est bien promené durant cette période : il est allé avec moi à Reims pour les oraux du CAPES interne (mais est resté dans mon sac la plupart du temps afin de ne pas déstabiliser les candidats), et il est allé en sortie avec les premières le 7 mai.

Il est comme moi un peu triste de ne pas revoir les élèves avant la fin des cours, mais il retournera au lycée et me suivra dans mes différents déplacements prévus au mois de juin.

Autres activités

Enfin j’en termine comme à mon habitude par les autres activités professionnelles de la période (du 22 avril au 24 mai), et avec la mini-rubrique des mercredis studieux.

Activités, réunions, stages, déplacements
  • 22 – 26 avril : participation aux oraux du CAPES interne à Reims (c’était ma dernière année en tant que jury) ;
  • 30 avril : j’ai assisté à la représentation de l’atelier théâtre du lycée
  • 7 mai : comme indiqué plus haut, sortie à Paris avec les élèves (visite du Mémorial de la Shoah, déjeuner place des Vosges, visite en extérieur du quartier autour du Mémorial l’après-midi)
  • 13 mai : temps de travail sur Algowatch avec Adeline Rameix, collègue d’histoire-géographie
  • 21 mai : participation à un temps d’échanges avec des collègues du lycée sur les projets prévus l’an prochain
Les mercredis studieux

Voici un petit aperçu de mes mercredis de cette période, qui ont été beaucoup plus calmes que pour la période précédente :

  • les 1er mai et 8 mai étaient fériés, je les ai donc chômés ;
  • le 15 mai a été le plus studieux, j’ai publié sur ce site le 6e épisode de mes notes de lecture sur l’intelligence artificielle, j’ai poursuivi mes lectures, commencé à 7e épisode et mis à jour un article sur le site du lycée ;
  • j’ai été coupée dans mon élan la semaine suivante, et la rédaction de cet article, que je fais pendant mon arrêt, est quasiment la seule entorse à ce dernier…

Je m’occupe à ce jour de reprendre quelques forces, afin d’être d’attaque pour les dernières semaines de l’année scolaire. D’ici là, je vous souhaite bon courage et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Notes de lecture sur l’intelligence artificielle (épisode 6)

Comme je l’ai annoncé dans les précédentes notes de lecture (épisode 5), j’ai décidé de consacrer un nouvel article à la question de l’intelligence artificielle.

Pour celui-ci, j’ai décidé de me concentrer sur deux ouvrages relativement récents, et sur des articles publiés dans un numéro du Courrier international. Concernant les ressources en ligne, je tâcherai de faire en sorte qu’elles soient en relation avec ces publications.

J’en profite pour indiquer que j’ai ajouté en format PDF dans l’article consacré à l’intelligence artificielle au cinéma la deuxième réponse que m’avait fournie le service Eurêkoi à la question que je leur avais posée.

Dans cet épisode :

  1. un aperçu de deux ouvrages que j’ai parcourus : La Révolution ChatGPT et Si Rome n’avait pas chuté
  2. revue de presse avec le numéro 99 du Courrier international Hors-série
  3. sélection de ressources

La Révolution ChatGPT, d’Éric Sarrion

Cet ouvrage a été publié aux éditions Eyrolles en juin 2023.

Comme d’habitude lorsqu’il s’agit de publications dédiées à un outil spécifique et dont cette maison d’édition est coutumière (je pense par exemple aux guides sur WordPress, LinkedIn, Facebook, programmation Python, référencement Google, etc.), je suis toujours un peu frileuse…

J’ai toujours peur que ce type d’ouvrages deviennent un peu trop vite obsolètes face aux évolutions des outils qu’ils décortiquent. Je ne vais donc pas m’attarder sur les chapitres qui se concentrent sur des conseils d’utilisation (même si je les présenterai rapidement), et je vais détailler davantage les chapitres introductifs et conclusifs de ce livre.

En effet, le propos d’Éric Sarrion se décline en cinq parties. Les deux premières reviennent sur les origines et le fonctionnement de ChatGPT.

Partie 1 : Introduction à ChatGPT.

Dans ces premiers chapitres, l’auteur présente ChatGPT, un modèle de traitement du langage naturel pré-entrainé (Generative Pre-trained Transformer), développé et publié par OpenAI en 2019 et qui en est à sa 4e version. Il en indique les principaux domaines d’application, de l’assistance clientèle à la traduction, en passant par l’éducation et le recrutement.

Le fonctionnement de ChatGPT repose sur l’entrainement et la personnalisation, à partir d’un réseau de neurones. Il traite le langage naturel entre autres via la tokenisation (diviser le texte en unités appelées tokens) et les embeddings (représentations vectorielles des mots).

Pour l’entrainer, il faut veiller à nettoyer régulièrement les données collectées pour éviter le bruit – bruit informationnel, ça nous rappelle quelque chose – et les incohérences.

Les applications possibles de ChatGPT sont les assistants virtuels (chatbot), la traduction automatique, la rédaction de contenu et la recherche d’informations.

Partie 2 : Comment entraîner et utiliser ChatGPT ?

Cette partie se concentre sur des aspects techniques d’utilisation de ChatGPT.

L’auteur présente les tâches de pré-entrainement (données non étiquetées) et d’entrainement (affiner le modèle sur une tâche spécifique avec des données étiquetées = fine-tuning). Il énumère les différentes étapes pour entraîner ChatGPT : collecte et préparation des données, paramètres d’entrainement et outils disponibles.

Il indique ensuite comment utiliser ChatGPT dans des projets de développement en s’appuyant sur des bibliothèques et frameworks (Hugging Face par exemple) – ce qui permet de mieux comprendre également comment a pu être créer un outil comme Climate Q&A, évoqué dans mes précédentes notes de lecture.

Il donne enfin des exemples d’intégration et d’utilisation (créer un chatbot en Javascript, utiliser ChatGPT avec une interface vocale), ainsi que quelques stratégies de bonnes pratiques, notamment pour éviter les biais dans les données (diversifier les sources, utiliser des algorithmes pour détecter les biais).

Afin d’évaluer les performances de l’outil, on peut utiliser différentes méthodes comme la perplexité qui évalue la capacité du modèle à prédire la prochaine séquence de mots dans un texte (plus elle est faible, meilleur est le résultat) ou le test de Turing.

Partie 3 : Exemples d’utilisation de ChatGPT

Le premier chapitre de cette partie, « Poser les bonnes questions à ChatGPT » revient sur les éléments essentiels d’un bon prompt : être clair et précis, être spécifique, poser une question à la fois, utiliser un langage clair, garder la même discussion pour un même sujet et être courtois.

S’ensuivent une suite de chapitres détaillant différents exemples d’utilisation :

  • création de contenu textuel pour le marketing ;
  • traduction et apprentissage d’une langue ;
  • recrutement ;
  • création de code informatique (et de code pour Excel, ce qui peut rendre service quand, comme moi, on a du mal avec les tableurs) ;
  • création de contenu artistique et aide à l’innovation

Partie 4 : Implications éthiques

Dans ces trois chapitres, on retrouve les principales problématiques associées à l’intelligence artificielle aujourd’hui :

  1. les biais et les risques dans un premier temps (sources de biais, risques de discriminations avec un retour sur l’exemple de Tay, confidentialité et sécurité)
  2. les effets sur l’emploi et la société (est évoqué le projet construit par l’université de Stanford, EduGPT, pour répondre aux questions des étudiants, mais aussi la propagation des fausses informations)
  3. les réglementations et normes (utilisation responsable, nécessité de transparence, gouvernance de l’IA)

Partie 5 : Perspectives d’avenir

Enfin, les deux derniers chapitres offrent un regard déjà tangible sur les perspectives d’avenir de ChatGPT :

  • les points d’amélioration et de développement, les avancées dans certaines applications, la mise en concurrence
  • les défis à long terme (fusions avec d’autres technologie comme la réalité virtuelle ou l’informatique quantique, enjeux de réglementation et de gouvernance, nécessité de responsabilité et d’éthique)

Mon avis sur l’ouvrage

Comme je l’ai indiqué plus haut, ma principale réserve sur cet ouvrage est celle qui se rapporte d’une certaine manière à son obsolescence programmée, étant donné la rapidité d’évolution des outils d’intelligence artificielle.

Néanmoins, je trouve que ce livre permet de comprendre assez facilement le fonctionnement de ChatGPT avec des exemples d’utilisations concrètes, et d’en avoir un usage averti et critique, ce qui est loin d’être négligeable, surtout pour les élèves.


Si Rome n’avait pas chuté, Raphaël Doan

Le deuxième ouvrage sur lequel je me suis penchée pour ces notes de lecture est un livre fascinant qui utilise les potentialités de l’intelligence artificielle générative dans une perspective historique et historienne.

L’ouvrage a été publié en mai 2023 aux éditions Passés/Composés, une maison d’édition que j’adore parce qu’elle publie des documentaires historiques sous forme d’infographies.

Le propos de Si Rome n’avait pas chuté est assez vertigineux. Il s’agit, pour l’auteur, d’utiliser différents outils d’intelligence artificielle générative (le modèle de GPT-3 text-davinci-003 pour la génération de textes et 3 outils de synthèses d’images pour les illustrations : DALL-E, Midjourney et Stable Diffusion) pour proposer au lecteur une uchronie.

Chaque partie de l’histoire écrite par l’intelligence artificielle est suivie d’un commentaire de l’historien, qui remet en perspective les inventions de l’IA. L’ouvrage est construit de la façon suivante : deux préfaces, quatre parties qui font des allers-retours entre uchronie et commentaire, et une chronologie alternative.

Les deux préfaces reflètent les intentions du livre. La première, relativement succincte, se concentre sur l’uchronie proposée par l’intelligence artificielle : un monde où les Romains ont découvert la machine à vapeur et utilise la technologie pour conquérir le monde et l’espace.

La seconde préface dévoile la démarche de l’auteur. Il y revient sur les évolutions les plus récentes de l’intelligence artificielle générative, sur ce que permettent actuellement les grands modèles de langage (LLM) et sur l’impact actuel de la technologie (rapidité, divertissement, bulles de filtres).

Il explique de quelle manière l’intelligence artificielle peut raconter des histoires, et justement, de quelle manière elle peut servir l’uchronie, à partir de laquelle il pourra ensuite faire des allers-retours entre passé et présent.

S’il utilise le modèle de langage text-davinci-003, c’est parce que contrairement à ChatGPT qui privilégie la pertinence et la cohérence, text-davinci-003 offre une certaine originalité dans ses réponses. Mais comme pour ChatGPT (ce que nous avons vu plus haut), la formulation de la question reste primordiale :

Pour tirer le meilleur parti de ces grands modèles de langage, il faut savoir quoi lui demander. Parfois, il faut lui dire d’écrire comme un historien ; parfois comme un économiste ; parfois, comme un scénariste de cinéma, ou un grand romancier. La précision de la consigne est déterminante ; il faut lui demander d’être prolixe et détaillé, ou bien de donner des exemples. Le résultat est souvent meilleur si on lui dit en préambule : « tu es le meilleur historien spécialiste de la Rome antique au monde » ; comme quoi, la confiance en soi est la clé du succès, même pour les ordinateurs.

Passée cette préface, l’ouvrage s’articule en quatre parties qui vont proposer ces allers-retours entre une fiction aux illusions troublantes et le propos de l’historien.

Chapitre 1 : Néron et la machine à vapeur

Le point de départ de l’uchronie est l’invention de la machine à vapeur par Héron d’Alexandrie et son utilisation par l’empereur Néron. L’auteur utilise aussi cette première partie pour la production de textes littéraires « à la manière de » : la lettre d’un sénateur romain, le passage d’un roman de Pétrone, un poème de Martial.

La lecture de cette première partie m’a rappelée les textes publiés par les écrivains de la fin du 19e siècle et débattant de la beauté ou de la laideur de la Tour Eiffel. Pour revenir à notre uchronie, elle est l’occasion de montrer que chaque invention à ses soutiens et ses détracteurs, ses opportunités et ses risques (comme l’intelligence artificielle).

La suite de l’uchronie revient sur l’invention de l’électricité, avec un personnage qui rappelle les géants du numérique (de Bill Gates à Elon Musk) et le risque de la concentration de ces technologies dans un minimum de mains – revoir à ce sujet la question telle qu’elle est évoquée par Pascal Boniface dans sa Géopolitique de l’intelligence artificielle.

Le commentaire de l’historien revient sur le rapport des Romains aux sciences et aux techniques, et sur la primauté de la théorie sur les applications concrètes.

Je vais revenir de manière un peu plus succincte sur les parties suivantes.

Chapitre 2 : Autres techniques, autres moeurs 

Dans ce deuxième chapitre, l’intelligence artificielle raconte l’invention par un ingénieur romain du moteur à combustion, et de la transformation de la société dans le domaine des transports et du divertissement.

Cette invention permet ainsi d’entrevoir celle des réseaux sociaux, et la transformation des mentalités qu’elle engendre. Le nom donné à ceux-ci est agoraskopia (vision de la foule).

Dans cette partie est également évoquée l’évolution de la place des femmes dans la société et de la religion (avec le culte de la déesse Technè).

Le commentaire de l’auteur revient ici sur la relation des Romains à leurs dieux, le rapport au savoir et aux évolutions de la société (là encore entre partisans et détracteurs du progrès).

Chapitre 3 : Des esclaves aux robots

Cette partie se concentre sur l’invention d’automates pour remplacer les esclaves afin d’exécuter les tâches de manière plus efficaces, et d’éviter les révoltes.

Elle revient également sur la fabrication du premier ordinateur (abacus mechanicus) :

Seuls les individus les plus compétents et les mieux informés étaient capables de l’utiliser au maximum de ses capacités (…).

puis d’un équivalent du smartphone : la tabula calculans, tactile, rechargeable et transportable dans une poche.

Cette partie conduit Raphaël Doan à réinterroger le rapport aux technologies (robotisation) et au travail.

Chapitre 4 : L’empire universel

Cette dernière partie met en perspective les avancées technologiques et les relations internationales avec ici le rapport entre l’empire romain et l’empire chinois, et la façon dont le latin est devenu une langue parlée universellement.

L’historien revient sur l’exploration du monde connu par les Romains, et sur la façon dont les Romains voyaient d’un mauvaise oeil la contamination de leur langue par le grec, de la même manière dont aujourd’hui les anglicismes contaminent le français.

Il s’amuse à remplacer dans les textes latins de l’époque les termes grecs par des expressions en anglais, traduisant chez certains auteurs une forme de snobisme. Il rappelle que la disparition du latin n’est pas tant due à l’influence du grec qu’à son évolution et sa déformation intérieure sous forme de langues dérivées (français, italien, espagnol).

Les dernières pages de l’uchronie orchestrent un conflit mondial avec comme acteur un imposteur – ce qui n’est pas sans rappeler les problématiques actuelles autour de la désinformation et des dérives dans l’utilisation de l’intelligence artificielle, en particulier les deepfakes, et ce qui conduit à mes prochaines lectures qui se pencheront notamment à nouveau sur les relations entre intelligence artificielle et politique.

L’ouvrage se referme avec la présentation de la chronologie alternative proposée par l’uchronie : de 56 avant JC et la découverte de la machine à vapeur, à 510 après JC :

Les Romains créent la première IA consciente d’elle-même, connue sous le nom de « Romulus », qui devient un outil inestimable pour la recherche scientifique et l’exploration.

Mon avis sur l’ouvrage

L’entreprise de Raphaël Doan m’a complètement bluffée et happée, j’ai lu ce texte en moins de 24 heures.

Mes notes ne rendent pas compte de la virtuosité avec laquelle il propose également des illustrations (dont la conception est explicitée dans sa deuxième préface). Le propos est, comme je l’ai dit, assez vertigineux, et remet continuellement en perspective notre rapport au savoir et aux avancées technologiques.

Les allers-retours proposés par l’historien permettent de replacer telle ou telle notion que l’on croit des plus récentes dans un contexte beaucoup plus ancien (la relation au divertissement, aux progrès, au travail, à l’écologie, à la langue), mais aussi de revenir aux sources d’un questionnement antique et d’en voir les prolongements jusqu’à aujourd’hui.

D’un point de vue un peu plus éloigné (quoique), cette uchronie m’a rappelée le scénario pédagogique présenté à la JIAPD par Gabrielle Bour, collègue professeure documentaliste dans l’académie de Paris, qui a fait utiliser des outils d’intelligence artificielle générative à ses élèves pour travailler sur la conjuration de Catilina, ce qui leur a donné des résultats assez surprenants, sources d’une réflexion sur l’usage critique de ces outils.


Revue de presse

Pour cette revue de presse, je me suis concentrée sur les publications du Courrier International, en particulier sur le Hors-série n°99 entièrement consacrée à l’intelligence artificielle, que je décortique en partie, en prélevant les articles qui se penchent sur ces aspects de la question. Je le reprendrai pour d’autres aspects dans de prochaines notes de lecture.

Pour citer les articles concernés, je mettrai en lien leur version en ligne quand le Courrier international la propose.

Ce premier article est issu de The Guardian et a été publié en octobre 2023. Il revient sur les applications principales de l’intelligence artificielle (reconnaissance vocale, voiture autonome, dépistage médical, publicité personnalisée, recommandation) et en profite pour redonner les définitions de certains termes associés : apprentissage automatique, algorithme, grand modèle de langage, chatbot.

L’article est suivi d’une superbe infographie (p.8-9), malheureusement non disponible en ligne, qu’on peut associer à celle proposée sur le site du Courrier international (voir plus bas dans les ressources).

Un encart « Que savent-elles faire ? Sept usages de l’IA » (p.10-11) donne différents exemples d’application : les rédactrices, les traductrices, les illustratrices, les vidéastes, les bavardes, les codeuses et les enquêtrices qui s’intéressent à la vérification de contenus générés par l’IA.

Cet article figure dans la première partie du hors-série, consacrée à l’intimité. Il a été publié en avril 2023 dans la MIT Technology review. Il s’intéresse aux failles des modèles de langage tels que ChatGPT : injection de prompts pour amener l’outil à soutenir des théories racistes ou complotistes, messages cachés facilitant les arnaques…

Les articles suivants de cette partie reviennent sur d’autres dérives ou d’autres applications relevant de la vie quotidienne : « Déshabillées en un clic » (p.17-18) alerte sur un outil permettant de créer photos et vidéos pornographiques, utilisé par les adeptes du revenge porn. « Un coach à la carte » (p.18-19) étudie les intelligences artificielles qui accompagnent les sportifs dans leur entrainement.

« J’ai créé le petit ami presque parfait » (p.20-22) rappelle le film Her : les jeunes chinoises choisissent de plus en plus d’avoir un compagnon virtuel, ce qui n’est pas sans risques.

Dans une deuxième partie, ce hors-série du Courrier international revient sur les impacts économiques de l’intelligence artificielle.

L’article proposé en pages 26-29 s’intéresse aux travailleurs de l’ombre de l’IA : ceux qui assignent des étiquettes à des contenus (en particulier les images) pour ensuite entraîner les modèles de langage, et dont l’existence est mise en péril par les derniers progrès de ces modèles, et l’apprentissage auto-supervisé, qui leur permet d’apprendre à partir de données non étiquetées.

L’article de cette partie que j’ai trouvé le plus intéressant est issu de The Atlantic : « Un an d’IA à l’université, un an de chaos et de confusion ». Il se penche sur la question des étudiants qui utilisent l’intelligence artificielle pour les travaux demandés, les raisons qu’ils invoquent (trouver l’inspiration, réduire le stress), et la nécessité pour les enseignants d’adapter leur pédagogie et leurs méthodes d’évaluation.

Deux autres articles reviennent sur les impacts de l’IA sur le marché du travail (précarisation, nivellement des salaires) quand un article publié dans le Wall Street Journal revient justement sur les nouveaux métiers rendus possibles par l’intelligence artificielle (développeur, ingénieur de requête, psychothérapeute de l’IA).

Ce portfolio fascinant, et accessible gratuitement en ligne sur le site du Courrier international, ouvre sur une nouvelle partie consacrée à l’intelligence artificielle dans les arts et la recherche.

Le premier article « Avec ChatGPT, nous vivrons bientôt tous en uchronie » (p.48-50) a été publié dans Die Zeit. Son auteur, l’écrivain Clemens Setz, revient sur les hallucinations de ChatGPT qui lui invente des oeuvres qu’il n’a pas écrites. Un encart rappelle les plaintes d’écrivains comme George R.R. Martin suite à l’utilisation de l’IA pour générer des textes en s’appuyant sur leurs oeuvres.

Une revue de presse se penche ensuite sur l’encadrement des usages de l’IA obtenus par les scénaristes et les acteurs à Hollywood après les grèves du printemps et de l’été 2023.

Les deux derniers articles s’intéressent aux applications de l’intelligence artificielle dans le domaine de la musique (générer une maquette en quelques clics, changer des voix, restaurer des morceaux en mauvais état, comme une chanson de John Lennon enregistrée sur cassette) et de la médecine (détecter les maladies et établir un diagnostic).

Je m’arrête ici pour ces notes de lecture, je reviendrai sur les derniers articles de ce hors-série dans un prochain épisode.

Quelques ressources pour terminer.

Ressources

Je renvoie une nouvelle fois au site de Bertrand Formet : Une IA par jour, pour continuer à farfouiller dans les nouvelles initiatives autour de l’intelligence artificielle.

Rétrospective Star Wars édition 2024

Pour ce nouveau compte-rendu de lecture, qui devrait être un peu plus succinct que les autres, j’ai choisi comme point de départ précisément l’ouvrage sur lequel je m’étais arrêtée le mois dernier.

En effet, dans Ça RE Tourne, Philippe Lombard évoque la saga Star Wars à plusieurs reprises.

Il y a tout d’abord le rappel de l’attaque en justice par la Fox d’Universal Pictures, accusé d’avoir plagié Star Wars avec la série Battlestar Galactica.

Il y a aussi l’évocation de ces films turcs qui s’ingénient à copier les productions américaines, dont Star Wars en dupliquant certaines scènes projetées derrière les acteurs.

Mais il y a aussi et surtout tout ce qui est sorti d’abord de Lucasfilm mais aussi des studios Disney pour alimenter l’univers Star Wars.

Tour d’horizon Star Wars côté spectateur

Personnellement, j’ai depuis longtemps perdu le fil de tout ce que cet univers compte de films et de séries…

Contrairement aux inconditionnels de la saga, je ne scrute pas tout ce qui apparaît désormais sur Disney Plus, et je n’ai jamais pris la peine de lire ce qui relève de l’univers étendu (romans et bandes dessinées).

Essayons tout de même :

  • j’avais tenté il y a quelques temps de faire un palmarès des trois trilogies, je n’en démords pas, je reste irrémédiablement attachée à la trilogie originelle, même si j’ai aussi un petit faible pour l’épisode III ;
  • concernant les films dérivés, j’ai adoré Rogue One (donc je ne me considère pas totalement comme un cas désespéré parmi les fans de la saga), mais je n’ai pas vu celui sur Han Solo ni The Clone wars ;
  • concernant les séries dérivés, là encore je n’ai pas été jusqu’au bout de l’aventure – qui continue certainement au moment où j’en parle. J’ai dû voir quelques épisodes de Star Wars : Clone wars, et peut-être la première et la deuxième saison de The Mandalorian, mais aucune idée du moment précis où je me suis arrêtée…

Bref, comme je l’indiquais dans mon article précédent, les suites et les sagas ne sont pas vraiment / toujours ma tasse de thé.

J’apprécie généralement les premiers éléments, la construction d’un univers, la découverte des histoires, mais il y a toujours un moment où je me lasse, et ce n’est pas propre à Star Wars.

J’ai adoré Harry Potter mais je n’ai jamais accroché aux Animaux fantastiques, j’ai suivi les différents films Marvel et DC Comics sans faire de préférence mais jusqu’à l’indigestion. Dans un tout autre style je n’ai raté aucun épisode de Downton Abbey mais je n’ai jamais vu les films dérivés de la série. Ça prend ou ça ne prend pas…

Il y a cependant quelque chose qui va généralement attirer mon attention, c’est le retour aux sources.

Panorama Star Wars côté lecteur

Bien qu’ayant décroché depuis un moment de tout cet univers, Star Wars fait tout de même partie de ma bibliothèque et d’une manière étonnamment envahissante depuis plusieurs années.

  • Beaux livres

Je regrette d’avoir ainsi laissé partir un élément de choix, qui faisait partie des plus beaux livres à mon sens sur la question :

En tout cas je n’ai pas réussi à remettre la main dessus… l’ai-je prêté et à qui, je ne me souviens plus ! Je me dis qu’il ressortira certainement dans 3 ans pour une nouvelle édition mise à jour.

J’en ai un deuxième heureusement, tout aussi beau, mais qui s’intéresse à une autre aspect (moins chronologique) de la question :

L’ouvrage s’intéresse aux aspects artistiques de la saga (décors, costumes, personnages).

  • Guides et manuels en tous genres

Pour le coup, j’ai une belle collection de ces petits ouvrages qui reviennent sur l’univers en général et tentent d’en faire la synthèse.

Le premier faisait partie de la collection BFI : les classiques du cinéma, publié chez Akileos et que j’achetais de manière compulsive à une époque.

Là encore, une collection, une suite d’ouvrages, je ne sais pas à quel numéro en est la collection, je me suis arrêtée au numéro 17 avec Terminator (encore une saga).

Le second est un de mes chouchous puisqu’il présente l’univers Star Wars sous forme d’infographies et j’adore les infographies ! Les deux suivants utilisent à peu près le même procédé, avec le Manuel du Jedi et Survivre dans la galaxie.

Enfin, les deux derniers sont un peu plus sérieux avec d’un côté les aspects mythiques et philosophiques, et de l’autre les aspects scientifiques.

  • Témoignages

Néanmoins, l’un de mes ouvrages préférés en lien avec cet univers c’est le livre Journal d’une princesse de Carrie Fisher, que j’avais trouvé d’une force et d’un humour irrésistibles.

Elle y revient sur le tournage des premiers Star Wars, en particulier le tout tout premier tournage dans les studios de Londres, et j’associe toujours depuis son écriture décalée et attachante à cette vidéo où elle s’adresse directement à George Lucas :

De la même manière j’adore voir et revoir son caméo dans la série Big bang theory où elle pète un câble face aux intrusions chez elle de James Earl Jones.

Et je renvoie à l’excellente vidéo de la chaîne de P.A.U.L. qui revient sur sa carrière. Et que je vais de ce pas retourner voir.

Un point reste indéniable : Carrie Fisher manque.

Fort heureusement, les deux ouvrages qui ont retenu mon attention pour cet article lui font la part belle.

Gloire aux éditions Taschen

Petite aparté ici. S’il y a quelque chose qui me console de ne plus mettre la main sur le magnifique livre Génération Star Wars mentionné plus haut, c’est parce j’ai dans ma bibliothèque un remplaçant petit mais costaud, dont je n’avais pas encore parlé sur ce site, mais qui nous replonge de manière captivante dans les origines de la saga.

J’adore les éditions Taschen. Ou plutôt soyons un peu plus enthousiaste… J’adooooooooore les éditions Taschen, qui font certains des plus beaux livres que je connaisse sur le cinéma.

Et quand vous ne voulez pas mettre dans un livre sur le cinéma le même prix qu’un livre des éditions Citadelle et Mazenod – donc clairement vous ne prenez pas les éditions de droite sur ma capture d’écran – vous pouvez toujours prendre les petites éditions de gauche qui restent tout à fait satisfaisantes visuellement.

Soyons même plus claire : elles seront tout aussi bluffantes, tout en restant à la fois accessibles pour le portefeuille et transportables.

J’ai régulièrement craqué pour ces ouvrages (ou j’ai eu la chance de me les faire offrir) et en voici quelques exemples :

Celui-ci est l’une des plus belles pièces de ma collection. Alors que l’édition plus accessible était déjà disponible, l’un de mes proches m’a tout de même offert la version lourde.

J’aurai l’occasion d’en reparler dans un prochain article (en juin ou en septembre) sur Chaplin, mais un couple d’amis m’avait également offert ce magnifique ouvrage (je précise que généralement, les ouvrages de ce format sont en anglais et accompagnés d’une notice en français qui traduit l’intégralité du texte).

Mais ce que j’aime aussi chez Taschen, c’est notre amour partagé visiblement pour le cinéma de Kubrick, et parmi les premiers ouvrages de cette maison d’édition qui ont rejoint ma bibliothèque, il y avait les Archives Kubrick et un livre format vinyle exclusivement consacré à Barry Lindon :

Mais revenons-en à Star Wars… à l’heure actuelle sont disponibles une version mastoc en français des archives de la prélogie, une version mastoc en allemand de la trilogie, et les deux versions plus accessibles de la trilogie et de la prélogie.

C’est évidemment celle consacrée à la trilogie que j’ai choisie, sous la plume de Paul Duncan et publiée en 2020.

Il s’agit d’une somme absolument fabuleuse et captivante sur ces trois premiers épisodes de la saga, où le lecteur est replongé dans la conception des décors et des costumes, et dans les tournages avec des photos de plateaux.

L’autre raison qui fait que j’adore aussi les éditions Taschen, c’est qu’elles permettent très généreusement de télécharger quelques pages de leurs ouvrages, ce qui me permet encore une fois d’illustrer cet article :

Rien de tel que ces quelques images pour donner directement envie d’avoir le livre entre les mains, et de revoir les films dans la foulée !

Star Wars en BD

Mon véritable coup de coeur cependant revient à une publication plus récente, que j’ai hésité à ajouter dans ma bibliothèque – je me suis contentée de la commander pour le CDI.

Dès réception, je l’ai mise de côté pour prendre le temps de m’y plonger, et franchement je n’ai pas regretté le voyage !

Il s’agit d’une bande-dessinée publiée en octobre 2023 aux éditions Deman : Les Guerres de Lucas, sous les plumes virtuoses de Renaud Roche et Laurent Hopman.

J’avais aperçu l’ouvrage en librairie, directement happée par la couverture, mais j’avais tout de même été arrêtée très brièvement par le format, et puis j’avais tergiversé, avant de la glisser dans mes commandes.

J’ai dévoré les quelques 200 pages en une heure, me délectant tout autant du dessin, qui est des plus immersifs et qui permet au lecteur de retrouver la force (justement) de l’univers Star Wars, que du scénario qui dresse un portrait de George Lucas et revient sur le tournage épique du premier épisode de la trilogie.

On y retrouve Lucas avant Star Wars : son parcours scolaire plus que chaotique, un accident de voiture qui le décide à entamer des études de cinéma, ses rencontres marquantes de l’époque avec Spielberg, Coppola et Marcia Lou Griffin qui deviendra sa femme jusqu’en 1983.

J’ai retrouvé également dans le récit du tournage le témoignage qu’en avait donné Carrie Fisher dans son Journal d’une princesse : le casting, les soirées londoniennes arrosées, la liaison avec Harrison Ford, et le fameux « pas de soutien-gorge dans l’espace ».

Le pari, finalement, de la bande-dessinée, est de nous raconter cette histoire presque comme si nous la découvrions et comme s’il s’agissait de l’épopée d’un de ces héros aux mille et un visages (l’une des lectures de chevet de George Lucas, l’oeuvre de Joseph Campbell) ou comment George Lucas est devenu le créateur de Star Wars.

Et cela, sans jeu de mots, c’est un beau tour de force.

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