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Auteur : juliettefiliol (Page 1 sur 58)

Splendeurs et misères du cinéma muet

Voici un deuxième compte-rendu de lecture en l’espace de quelques jours, après l’article sur les incipits cinématographiques.

Le sujet n’en est pas si éloigné, puisque je discutais il y a peu avec un ami qui me demandait s’il y avait tout autant d’excipits cinématographiques que d’incipits.

Parmi les excipits que j’ai pu trouvés durant cette conversation, je me suis souvenue, évidemment du final très suggestif de La Mort aux trousses, de la fuite en robe de mariée et en bus du Lauréat, du «Frankly my dear, I don’t give a damn» d’Autant en emporte le vent (l’excipit qui te casse), du regard de Norman Bates dans Psychose et du discours du Dictateur.

Il y en a un aussi, très marquant, et sur lequel je reviendrai un peu plus loin dans cet article, pas seulement pour des raisons formelles, mais aussi pour des raisons thématiques.

Univers du cinéma muet

Sur Cinephiledoc, j’ai souvent parlé du cinéma muet. D’abord parce que Chaplin fait partie de mon panthéon cinéphile, avec Hitchcock et Truffaut et qu’il suffit qu’un livre sorte sur ces trois-là, pour que je me rue dans une librairie ou sur Internet.

J’ai donc souvent parlé de Chaplin.

Mais ce qui me fascine dans le cinéma muet, c’est sa fragilité. Le fait qu’après avoir été porté aux nues par le public, ce dernier se soit détourné de lui avec tant de violence, de moquerie, de cruauté et d’absolu.

«Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré»

Des milliers de films détruits ou perdus de manière irrémédiable. Non seulement, cela émeut justement le cinéphile et l’être humain (les histoires d’ascension et de chute sont souvent celles que l’on préfère) mais aussi ceux qui, comme moi, ont une vocation ratée d’archéologue ou d’archiviste.

Plusieurs de mes livres préférés sur le cinéma, et dont j’ai fait la critique sur ce site, portent sur le cinéma muet et cet univers disparu :

Je vous ai également parlé avec abondance des ouvrages de Enrico Giacovelli, qui retracent l’histoire naissante du cinéma, et des comiques muets, puis des comiques parlants, mettant en lumière quelques carrières brisées en pleine gloire : Fatty Arbuckle, Mabel Normand…

Et j’avais fait, il y a déjà quelques années, le compte-rendu de lecture de l’autobiographie de Buster Keaton, La Mécanique du rire.

Toutes ces lectures ont en commun des films perdus et des gloires perdues. Et le livre qui m’intéresse aujourd’hui ne fait pas exception.

Le cinéma, naissance et premières gloires

Lorsque j’ai indiqué à une amie qu’il fallait, après le travail, que j’aille récupérer un livre que j’avais vu en vitrine d’une librairie, et lorsqu’elle a vu le titre du livre en question, elle a juste observé :

« Ça m’aurait étonnée que tu ne l’achètes pas, celui-là. »

Et pourtant, je n’avais pas encore lu, ni la quatrième de couverture, ni les premières lignes.

Hollywood Boulevard est un roman de Melanie Benjamin, publié chez Albin Michel en avril 2018. Parution donc toute récente, ce qui rafraîchit un peu mes articles, consacrés ces derniers temps à des publications de 2017.

Ma seule réticence devant la vitrine concernait le bandeau rouge : « par l’auteur des Cygnes de la Cinquième Avenue » Je n’aimais pas beaucoup cette indication, que je trouvais quelque peu racoleuse et je craignais de me retrouvais devant un Hollywood Babylone transporté dans l’univers de la fiction.

Mes craintes se sont vite dissipées, et d’ailleurs la lecture du résumé des Cygnes de la Cinquième Avenue a achevé de me faire apprécier l’auteur…

Voici la quatrième de couverture de Hollywood Boulevard :

Frances Marion a tout quitté pour suivre sa vocation : écrire des histoires pour un nouvel art, qui consiste à projeter des images en mouvement sur un écran. Mary Pickford est une actrice dont les boucles blondes et la grâce juvénile lui valent déjà le surnom de « La petite fiancée de l’Amérique ». Toutes deux vont nouer une amitié hors norme et participer à cette révolution qu’est la naissance du cinéma. Mais, dans un monde dominé par les hommes, on voit d’un mauvais œil l’ambition et l’indépendance de ces deux femmes…

Ce seul aperçu avait déjà de quoi m’allécher… et les toutes premières lignes ont fini de m’embarquer :

Ces derniers temps, la frontière entre les films et la vraie vie est devenue floue.

Parfois, je suis assaillie par les images du passé – le rétroviseur fêlé de ma première voiture, la danse fantomatique d’un rideau devant une fenêtre ouverte, du temps où j’étais enfant et facilement impressionnable, un jour où j’étais alitée, en proie à la fièvre. (…)

Et plus je fouille dans mes souvenirs, moins je suis sûre de leur origine . Ces souvenirs sont-ils vraiment les miens ? Ou bien sont-ils issus d’un film dont j’aurais écrit le scénario ?

Melanie Benjamin nous prend par la main et nous fait suivre l’itinéraire de deux femmes bien réelles : Frances Marion, journaliste, écrivaine et scénariste américaine, et Mary Pickford, actrice et productrice américano-canadienne.

Cela semble en tout point réel, mais est-ce bien vrai ? L’auteur entretient une savante illusion, comme pour le personnage qui prend la parole au début du roman, entre les souvenirs et la vraie vie, entre le rêve et la réalité, entre les films et l’envers du décor.

Deux femmes, deux parcours

Avec Frances, qui s’exprime à la première personne, et dont la voix ouvre le livre, nous assistons à la naissance du cinéma.

Jeune femme ambitieuse ayant emménagé à Los Angeles, mariée avec un homme qui l’indiffère (et dont elle divorcera au plus vite), elle est d’abord dessinatrice commerciale.

Un jour qu’elle passe dans la rue, elle assiste au tournage d’une scène. Tout semble indiquer dans la description qu’il s’agit d’une scène des Keystone cops, ce cinéma burlesque mettant en scène des policiers.

Frances y croise Chaplin a ses débuts, encore anonyme mais déjà remarquable, mais surtout elle y pressent ce qui va devenir sa vie : faire partie de l’usine à rêves, participer à sa manière – elle est déterminée à ne pas être actrice – à cette industrie naissante, encore méprisée par ses contemporains, mais qui a tout du futur septième art.

Elle trouve alors le moyen de rencontrer Mary Pickford.

Contrairement à Frances, Mary Pickford ne s’exprime pas à la première personne. Déjà parce que Mary Pickford, ce n’est pas elle, c’est le nom qu’on lui a choisi et qu’elle s’est appropriée.

Ensuite parce qu’après une enfance sur les planches, et une première expérience avec Griffith, Mary Pickford est toujours en représentation, c’est l’incarnation de ce que va devenir le star system.

À travers ces deux voix féminines, l’une du côté des coulisses, qui témoigne, qui écrit, et qui invente, l’autre sous le feu des projecteurs, qui incarne, ce sont deux visions du cinéma à ses débuts que Melanie Benjamin nous offre.

Et quelle place elle donne à ces femmes ! Grâce à elle, on se souvient que Alice Guy a été la première femme réalisatrice, et que le cinéma, dès sa naissance, n’a pas été qu’une affaire d’hommes !

Les hommes ne sont d’ailleurs pas à leur avantage dans ce livre : les producteurs ? des hommes d’affaires peu scrupuleux qui aiment seulement gagner de l’argent. Douglas Fairbanks ? un être fat et possessif, obsédé par son image, et sans grande intelligence. Et Chaplin ? un pitre coureur de femmes, jaloux en amitié.

Ces deux femmes veulent révolutionner le cinéma chacune à leur façon : Frances Marion par l’écriture, Mary Pickford en faisant naître la mythologie hollywoodienne : la «petite fiancée de l’Amérique» c’est elle, Pickfair (la première demeure de star) c’est elle, les Artistes associés (première maison de production gérée par des artistes avec Chaplin, Fairbanks et Griffith) c’est elle aussi.

L’auteur alterne les chapitres : Frances prend la parole, puis on suit Mary. On s’attache à leurs pas, on scrute leurs triomphes, leurs angoisses, leur intimité, leur fragilité. On observe le passage du temps, et de l’Histoire, sur leurs vies.

De Hollywood Boulevard à Sunset Boulevard

Au fil des pages, il y a pourtant cette intuition que tout va finir par se dérégler.

Je n’ai jamais vu de films avec Mary Pickford, le seul aperçu que j’avais jusqu’alors de sa vie, c’est le biopic que Richard Attenborough a consacré à Chaplin, et où ce dernier, incarné par Robert Downey Junior, évoque Mary avec beaucoup d’ironie et de mépris.

Dans ses ouvrages, Enrico Giacovelli se concentre sur le cinéma comique, et n’évoque pas la petite fiancée de l’Amérique, qui, à l’instar de John Gilbert et d’autres stars du muet, ne se sont jamais remis du parlant.

D’autres, comme Garbo, ont mis fin à leur carrière et ont vécu en reclus les dernières années de leur vie.

Alors que Frances triomphe et devient, malgré la mort de son mari, l’une des scénaristes les plus en vue de Hollywood, on assiste au déclin de Mary, qui se cloître chez elle et sombre peu à peu dans l’alcoolisme.

Lorsque j’ai refermé Hollywood Boulevard, deux pensées me sont venues : j’ai essayé de démêler, là encore, le rêve de la réalité (aidée en cela par la note finale de l’auteur, qui indique au lecteur la manière dont elle a travaillé pour écrire son livre) et j’ai voulu revoir Sunset Boulevard, puisque, même de manière exagérée, Norma Desmond a tellement en commun avec Mary Pickford.

Du muet au parlant : Chantons sous la pluie et Sunset Boulevard

Si Chantons sous la pluie raconte le passage du muet au parlant sous la forme d’une comédie musicale haute en couleurs, avec drôlerie et une certaine euphorie, comme en témoigne la scène de sonorisation :

Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard) de Billy Wilder, raconte la rencontre entre un jeune scénariste et une star déchue du muet, cloîtrée dans sa villa hollywoodienne, persuadée qu’on ne l’a pas oubliée, et convaincue qu’elle peut faire son retour au cinéma.

Une star, un scénariste.

Et un film fabuleux où tout l’univers du cinéma muet et du Hollywood des années 20 aux années 50 est restitué : on y croise Erich von Stroheim, Cecil B De Mille, ou encore Buster Keaton. On y évoque Chaplin et Garbo. Norma Desmond est incarnée par Gloria Swanson, qui était elle aussi une star du muet, et son rôle avait été proposé, sans succès, à Mary Pickford.

J’ai revu le film il y a quelques jours et j’ai été happée, à la fois par la comparaison avec le livre de Melanie Benjamin, et par ce suspense, cette tension, cette ironie cinglante et cette tristesse qui font toute la beauté de Sunset Boulevard.

Non seulement Hollywood Boulevard est un coup de coeur de cette année, mais je dois à son auteur d’avoir pu revoir l’un des plus beaux films sur le cinéma.

Attention au spoil, je clos donc cet article par son excipit :

Incipits cinématographiques

Avec un peu de retard, voici le compte-rendu de lecture du mois d’avril 2018. Pour cet article, comme pour les précédents articles cinéphiles, j’ai essayé de regrouper sous une même thématique plusieurs ouvrages.

En février, je m’étais intéressée, à travers deux romans, au personnage du figurant. En mars, j’ai profité de la Journée internationale du droit des femmes pour évoquer trois livres consacrées aux femmes de l’univers du cinéma ou écrits par ces dernières.

Cette fois-ci, et bien que la relation entre les deux ouvrages que j’ai choisis soit quelque peu superficielle, je vous propose un petit voyage dans des incipits cinématographiques.

Incipits ?

Qu’est-ce qu’un incipit ? Soyons bêtes et disciplinés et retrouvons la définition qu’un professeur de français aurait pu nous donner (surtout si nous avons eu un parcours littéraire, ce qui est mon cas) :

INCIPIT, subst. masc. inv. PALÉOGR. [P. réf. à la loc. lat. que l’on trouve au début des manuscrits lat. du Moy. Âge : incipit liber « ici commence le livre »] Premiers mots d’un manuscrit, d’un texte ; début d’une œuvre musicale.

Ceci est la définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales.
Et donc, un incipit, c’est tout aussi bien :
« En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne. C’était un vieillard d’environ soixante-quinze ans ; il occupait le siège de Digne depuis 1806. » ;
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » ;
« La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. » ;
« Longtemps je me suis couché de bonne heure. » ;
« J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. »

Ceux que je viens de citer font partie de mes préférés, je vous laisse retrouver d’où ils viennent.

La définition du CNRTL nous informe que l’incipit est le début d’un texte ou d’une oeuvre musicale. Ce peut tout aussi bien être les premières images d’un film, et il peut aussi s’agir, par extension (mais suffisamment maîtrisée), de ce qu’il y a juste avant le film.

Certains spectateurs des salles de cinéma ne supportent pas de louper les bandes-annonces, même lorsqu’elles sont disponibles sur Internet et même si cela doit leur faire subir les publicités.

Pour ma part, j’aime observer la façon dont le cinéma va adapter les bandes-annonces proposées par rapport au film que je vais voir juste après (cinéma d’action, SF, cinéma d’auteur, film pour enfants).

Imaginez ce que cela donnerait si d’aventures le cinéma confondait deux salles ? Je profite donc de cet article pour évoquer une autre forme d’incipit, cette mise-en-bouche particulière qui va nous annoncer un film.

Mise-en-bouche cinéphile

Pour ce premier compte-rendu de lecture, et en guise d’introduction, les images valent mieux que les mots :

Ce que vous venez de voir, c’est donc le générique et l’introduction d’une des plus célèbres émissions françaises consacrée au cinéma :

Le « Cinéma de minuit« , créée en 1976 et diffusée tous les dimanches soir sur France 3.

J’étais adolescente lorsque j’ai découvert cette émission, et je n’ai donc profité du Cinéma de minuit qu’à partir des années 2000.

Et c’est justement cela qui me frappait, et qui a laissé, peut-être injustement, une trace plus forte en moi que les films qui étaient programmés : le générique, avec sa musique et les visages qui se transformaient… Vivien Leigh, Clark Gable, Ava Gardner, Humphrey Bogart, Ingrid Bergman…

Puis il y avait cette voix, tellement particulière, avec son phrasé si élégant, qui vous expliquait ce que vous alliez voir. La voix de Patrick Brion.

Pour les films, je dois au Cinéma de minuit la découverte des toutes jeunes années de Danielle Darrieux (et sa collaboration avec Henri Decoin), et quelques films italiens comme, évidemment, Voyage en Italie de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman et George Sanders.

Et tous les débuts parfaits ne suscitent-ils pas une fin digne de ce nom ? Aussi j’ai toujours associé le générique du Cinéma de minuit à la scène finale de Cinema Paradiso :

Et donc, pourquoi le Cinéma de minuit ?

Parce qu’en octobre 2017, Patrick Brion a publié aux éditions Télémaque un livre magnifique consacré à son émission : Cinéma de minuit : 40 ans – 2000 films.

L’ouvrage est sublime. Sur ses 760 pages et quelques s’étale la programmation de l’émission, décennie après décennie, cycle après cycle :

Ce qui compte surtout pour le lecteur, ce sont les images et les films replacés dans chaque cycle.

J’y ai retrouvé le cycle Decoin, diffusé entre le 11 mai et le 15 juin 2003, le cycle « Aspects du cinéma italien » qui m’a fait connaître Parfum de femme le 2 novembre 2003, le cycle Vincente Minnelli avec lequel j’ai découvert La Toile d’araignée le 2 janvier 2005, le cycle Douglas Sirk, durant lequel j’ai continué à suivre Lauren Bacall dans Écrit sur du vent le 6 novembre de la même année.

J’étais une visiteuse occasionnelle du Cinéma de minuit, avec une cinéphilie quelque peu hasardeuse : j’ai regardé Decoin parce que j’aimais Danielle Darrieux, Minnelli et Sirk parce que j’adorais Lauren Bacall dans les films qu’elle avait tournés avec Humphrey Bogart.

Les émissions passaient tard le dimanche soir, je les enregistrais sur cassettes vidéos. Mais toujours ce qui me captivait, c’était ce générique et cette voix, magnifiques introductions à la découverte du cinéma.

Incipits cinématographiques

Les premières images d’un film : un moment aussi décisif que les premiers mots qu’on lit d’un roman.

Je dois ma deuxième lecture à mon amie Laura, qui déniche pour moi des textes cinéphiles qui n’ont pas encore eu la chance ni le temps d’être traduits en français : grâce à elle, j’avais découvert In my father’s shadow, de Chris Welles Feder, la fille d’Orson Welles, et l’autobiographie d’Anjelica Huston.

Cette fois-ci, il s’agit d’un ouvrage publié en 2017 aux Columbia University Press, Cinematic Overtures : how to read opening scenes.

Son auteur est Annette Insdorf, professeure à l’université de Columbia et que je connaissais jusque là surtout pour avoir écrit une biographie de François Truffaut, publiée en français dans la collection « Découvertes Gallimard ».

Ce livre tend à démontrer que les premières minutes d’un film sont déterminantes. De la même manière, les premiers mots de ce livre posent le décor, avec sobriété et efficacité, et donnent envie de prolonger la lecture :

First impressions count. A strong opening sequence leads the spectator to trust the filmmakers. My experience watching films – as well as teaching cinema history and criticism – suggests that a great movie tends to provide in the first few minutes the keys by which to unlock the rest of the film.

Je traduis (ou du moins j’essaye) :

Les premières impressions comptent. Une scène d’ouverture pleine de force amène le spectateur à se fier aux réalisateurs. D’après mon expérience de spectatrice – et de professeur enseignant l’histoire du cinéma et la critique de films – un grand film va chercher à proposer dans ses premières minutes les clefs pour déchiffrer le reste du film.

J’ai essayé de donner la traduction la plus fluide possible, mais évidemment je ne suis ni bilingue, ni professeur d’anglais…

Tout en évoquant ce livre et ses différents chapitres, je ponctuerai mon texte des premières images qui m’ont marquée en tant que spectatrice, qu’elles soient anciennes ou récentes.

L’ouvrage se découpe en huit chapitres qui, chacun à leur tour, explore une façon d’ouvrir un film, sans pour autant réduire ce film à une façon de faire.

Si le premier chapitre se concentre surtout sur le générique, avec des exemples tels que les ouvertures des films d’Hitchcock (comme La Mort aux trousses) d’Almodovar (Annette Insdorf évoque Parle avec elle, mais je lui préfère l’ouverture de Volver) ou encore celles de Stephen Frears, les chapitres suivants évoquent davantage les premières scènes.

Dans son premier chapitre, Insdorf étudie les premières scènes d’un film adapté d’un livre, et donne comme exemple Le Conformiste, L’Insoutenable légèreté de l’être ou encore Le Tambour

Elle étudie ensuite les différentes façons d’installer une histoire : soit avec une longue prise qui tient sans interruption le spectateur en haleine, comme dans Le Parrain, soit avec une histoire qui se superpose à différentes images et que l’on va construire progressivement, à partir des éléments qui nous sont donnés, comme dans Z ou La Liste de Schindler.

Puis elle oppose un film s’ouvrant avec le point du personnage principal, comme dans Le Lauréat, le spectateur tout comme le personnage ayant à répondre à la question « Qui suis-je ? » durant le reste du film, et le point de vue collectif, avec la présentation d’une communauté, comme dans Le Bal d’Ettore Scola (un film incroyable qui raconte l’Histoire de 1936 aux années 1990, à travers une salle de bal) et La Nuit américaine de François Truffaut.

Enfin, les deux derniers chapitres sont ceux consacrés aux réalisateurs qui s’amusent à égarer le spectateur avec leurs scènes d’ouverture, soit en les menant dans une direction inattendue (Hitchcock nous montrant une scène d’amour dans les premières minutes de Psychose, bien éloignée de ce qui va ensuite se produire), soit en ouvrant le film avec la voix d’un personnage, jusqu’à ce que l’on découvre que ce dernier est mort, et un flashback. C’est le cas de deux bijoux cinématographiques que j’adore : Sunset Boulevard et American Beauty.

L’ouvrage d’Insdorf est captivant, même si je me doute que, ne maîtrisant pas parfaitement l’anglais, et n’ayant pas vu tous les films dont elle parle, je n’ai pas pu l’apprécier complètement et à sa juste valeur.

Néanmoins, sa mission semble parfaitement remplie, puisqu’elle m’a donné envie de revoir les films que je connaissais, pas seulement leurs premières minutes, mais véritablement d’un bout à l’autre, et d’aller à la rencontre des films qu’elle me présentait pour la première fois.

Et vous, que vous faut-il dans les premières minutes d’un film pour vous donner envie de voir le reste ? Et quelles scènes d’ouverture vous ont marqués suffisamment dans votre imaginaire de spectateur ?

Il aurait fallu parler aussi des séries télévisées : quelles séries nous font « mordre à l’hameçon » et comment ? Faut-il juste le générique, qui installe une ambiance, ou bien le premier épisode, qui présente les personnages ? Ou faut-il passer un rite d’initiation et accepter deux ou trois premiers épisodes déconcertants avant d’être embarqués par l’histoire ?

Et parmi les films que j’ai cités, je rajoute donc quelques séries, qui m’ont embarquée dès le début ou que j’ai dû laisser m’apprivoiser pour les apprécier : Breaking Bad, Game of Thrones, House of Cards, Sense 8, Westworld, The Newsroom, Downton Abbey, The Crown, La Casa de Papel

Tout cela à voir ou à revoir sans modération !

Avril 2018 : séances et animations du CDI

Voici un compte-rendu de mes activités entre le 26 mars et le 13 avril 2018.

Je commencerai par un petit message préliminaire :

Usages de Padlet

Ceux qui ont l’habitude de me lire savent que je suis une grande utilisatrice de Padlet. La semaine où j’ai appris que Padlet devenait payant, j’en avais créé un la veille et je prévoyais d’en créer un le lendemain, et le tableau de bord de mon compte indiquait que j’en étais à 46 padlets sur 48 disponibles…

Je n’ai pas l’intention de supprimer du travail, même ancien, et dont je veux garder la trace, pour « l’écraser » par un autre contenu.

Et je considère que j’ai allègrement profité de Padlet tant qu’il était gratuit. Parce que je le veux, et parce que je le peux, j’ai donc décidé de prendre un abonnement pro sur Padlet, je continuerai donc à vous partager le travail que je fais dessus.

Je suis prête également à le mettre à disposition des enseignants de mon lycée et de mon entourage, en leur fournissant des liens avec des murs vides s’ils le souhaitent pour qu’ils puissent continuer à l’utiliser (une sorte de compte partagé, comme les écrans disponibles de Netflix en somme).

Évidemment, ça ne m’empêchera pas d’explorer les solutions alternatives (et gratuites) à Padlet et à privilégier ces dernières pour les présenter dans les stages que j’anime ou que je co-anime.

Mais je préfère prendre tranquillement le temps de les étudier et continuer à utiliser entre temps un outil que j’apprécie et que je maîtrise.

Séances

Entre le 26 mars et le 13 avril, j’ai participé, comme d’habitude, aux séances d’arts visuels de ma collègue d’histoire-géo et j’ai mené les séances suivantes :

  • Formation à la recherche Seconde 6 (séances 1 et 2)

Ces deux séances suivent le même modèle qu’indiqué précédemment, ici par exemple.

Une première séance était consacrée à la recherche sur internet (pour cette classe, en collaboration avec ma collègue d’histoire-géographie, la thématique retenue était les grandes découvertes) :

Une seconde séance portait sur la recherche sur E-sidoc et la réalisation d’un Padlet (encore un) toujours sur les grandes découvertes :

  • Réalisation de fiches biographiques sur l’esprit scientifique (2nde6)

Toujours en histoire-géo et toujours en 2nde6, à l’image des Unes de presse révolutionnaires que nous avions fait réaliser l’an dernier aux élèves, nous avons proposé aux élèves de Seconde 6 de réaliser des fiches biographiques sur Piktochart ou sur Powerpoint (ma collègue ayant eu à mener la deuxième séance seule, elle a choisi de privilégier cet outil, sauf pour des élèves ayant déjà commencé leur travail sur Piktochart).

Afin d’éclairer les élèves sur nos attentes, et de les aider dans leurs recherches, j’ai réaliser les supports suivants :

Un Genially de présentation

Un exemple d’une fiche biographique réalisée sur Piktochart (vous noterez l’exemple que j’ai choisi, en lien avec mes centres d’intérêt…)

Un Padlet de ressources (papier et numériques et où également tous les documents supports étaient disponibles)

Je présenterai les travaux des élèves une fois qu’ils seront réalisés, vous en avez également un premier aperçu déposé sur le Padlet.

  • Débat EMC 1L2

Suite aux travaux des élèves sur la représentation des femmes dans la société commencés au mois de mars, et pour clôturer ces séances, nous avons organisé avec mon collègue d’histoire-géo deux heures de débat (une heure par demi-groupe) avec les élèves en EMC sur la thématique suivante :

« Les femmes, témoins ou acteurs de la société ? »

Voici les restitutions de ces débats sous forme de carte mentale :

 

  • Parcours « Les femmes dans la société » 1L1

Nous avons également commencé la même séquence avec l’autre classe de Première L du lycée, qui pour l’instant en est encore à répondre aux questionnaires. Voici donc le Padlet dans son état actuel :

Évidemment, il sera enrichi au fur et à mesure, et le même débat aura lieu au mois de mai pour cette classe.

Pour m’amuser, j’ai à un moment photographié la salle une fois installée pour ces séances :

Petite info inédite : j’ai été conviée ce mois-ci à assister à la séance d’une de mes collègues, enseignante de physique chimie.

  • Escape Game d’Aurélie Marié, « Les deux infinis »

Depuis quelques temps, je discute beaucoup avec des collègues de physique chimie et de SVT qui connaissent et partagent mon appétence pour le numérique et les pédagogies ludiques.

Lorsque Aurélie a créé son escape game à destination des secondes, elle m’a donc prévenue et proposée de venir assister à l’une de ses séances.

Mise en scène :

Recherche des indices :

Résolution des énigmes :

Évidemment, je suis peu à même de juger du contenu, étant littéraire de formation, mais je peux dire que les élèves ont adoré et que le jeu était très bien organisé – je peux également témoigner de l’incroyable travail que cette séance a demandé.

Animations

Suite à la grosse exposition consacrée à la semaine de la presse – et que j’ai laissé installée jusqu’aux vacances d’avril (sauf les journaux sur les tables, que j’ai retirés pour permettre aux agents de nettoyer), je n’ai pas proposé d’autres expositions importantes.

Cependant, cela faisait un moment que je souhaitais faire quelque chose pour valoriser le fonds en littérature classique, et après en avoir discuté avec Sandrine Duquenne, nous avons eu l’idée de faire des sélections thématiques dans nos établissements respectifs qui prennent la forme suivante :

  • « Un mois, une découverte littéraire »

Pour le mois d’avril, ma sélection est donc consacrée à Paris, avec une affiche « QR-codée » :

une affiche sur le cinéma :

et une citation en lien avec le thème :

Voilà ce que cela donne une fois exposé :

Ce mois-ci, à l’approche du bac, j’ai aussi essayé de mettre en avant quelques ouvrages du fonds philo et j’ai également reçu quelques nouveautés :

Gestion

Pas grand chose à dire de ce côté-là en dehors des tâches habituelles, à savoir :

  • catalogage des nouveautés
  • saisie des annales 2018 reçues
  • poursuite de l’équipement en codes barres du rayon arts

Projets

Comme je l’indiquais dans l’article du mois dernier, j’ai assisté à des réunions pour construire au lycée un nouveau projet d’établissement. Cela va également nous amener, évidemment, à réfléchir à la politique documentaire – mais j’y reviendrai soit en mai, soit en juin.

Je peux d’ores et déjà donner les éléments de réflexion (très modestes) que j’ai produits, en format PDF :

Élaboration d’une politique documentaire au lycée Albert Einstein

et remercier Sandrine Duquenne et Perrine Chambaud de leurs précieux éclairages !

Cela m’a aussi amenée à proposer, en prolongement de l’espace jeux, le projet suivant à mon chef d’établissement :

Projet espace détente et créativité

L’occasion de continuer à travailler sur ces thématiques tout en proposant un réaménagement de l’espace !

Interventions à l’extérieur

Ce mois-ci, je suis intervenue à deux occasions à l’extérieur de mon établissement.

  • Escape d’espaces

Le 5 avril, j’ai co-animé un atelier à l’occasion de la Journée inter-académique des professeurs documentalistes de Paris – Créteil – Versailles avec Brigitte Pierrat, à l’ESPÉ de Paris, sur les escape games pédagogiques.

La présentation, sous forme de Genially, est disponible ci-dessous :

  • Innovation, design thinking et professeurs documentalistes

Le 9 avril, à l’invitation de Cyril et Sandrine Duquenne, je suis intervenue à la réunion de bassin des professeurs documentalistes du bassin de Saint Quentin en Yvelines, et voici, toujours sur Genially, la présentation :

Je remercie tout particulièrement Véronique Gardair et Audrey Démonière-Rouvel pour leur relecture attentive.

Des nouvelles de #LudoDOC

Vous pouvez toujours vous inscrire pour participer à l’événement associé de Ludovia 15 !

Le formulaire à renseigner est disponible à l’adresse suivante :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfjDzRLcYs7tDz_Ndm74JxowzGzFmuUC35XMERxw9VxwI33SA/viewform

Un premier article de présentation a été publié sur le site des professeurs documentalistes de l’académie de Versailles :

https://documentation.ac-versailles.fr/spip.php?article406

Publications

Enfin je termine cet article en mettant à disposition de ceux qui auront la patience de les lire mes deux mémoires, que je souhaitais mettre en ligne depuis un moment et qui ont profité d’un sursaut et de la création d’un compte Calaméo :

Bonne lecture (ou pas) et à bientôt sur Cinéphiledoc !

Mars 2018 : séances et animations du CDI

Comme je l’avais indiqué dans mon article précédent, j’ai beaucoup travaillé ce mois-ci sur les inégalités hommes / femmes, sur le sexisme et les droits des femmes.

Je commence donc cet article du mois de mars, qui couvre la période du 5 au 23 mars, par les expositions et les actions mises en place au CDI.

Expositions et animations

Durant ce mois de mars, toujours riche en événements, voici les quelques valorisations du fonds que j’ai pu mener :

  • Journée internationale du droit des femmes (8 mars)

J’ai la chance d’avoir un fonds relativement riche sur la question, ce qui a permis de sortir quelques jolies choses. J’ai remarqué que, depuis le début de l’année, c’est l’une des expositions qui a suscité le plus la curiosité des élèves…

L’exposition se trouvait d’abord sur une des tables du CDI, puis, pour permettre aux élèves d’accéder aux nouveautés, mais aussi pour permettre l’installation de la semaine de la presse (sur laquelle je reviendrai plus bas), je l’ai déplacée sur un autre espace.

Elle est donc à disposition des élèves depuis le 6 mars, et dans sa forme plus restreinte, depuis le 13 mars.

  • Semaine des mathématiques (12 au 18 mars)

Je me suis souvenue un peu in extremis de cette semaine thématique, et ça tombait bien, je cherchais quelque chose pour remplacer l’expo sur la Saint Valentin…

Un peu moins de légèreté donc, pour cette mini-exposition, mais deux des ouvrages d’abord mis en valeur ont été emprunté (l’un sur les grandes théories mathématiques, l’autre sur la cryptographie et les codes secrets… un amateur de Turing sans doute !).

http://eduscol.education.fr/maths/actualites/actualites/article/un-evenement-congres-mathenjeans.html

Expo mise à disposition des élèves du 12 au 24 mars.

  • Stephen Hawking et la tentation de l’expo 3.14 (14 mars)

Là encore, j’ai juste voulu faire une petite action, d’autant que je n’avais absolument plus d’espace d’exposition à ma disposition.

J’ai donc cédé à la facilité : une citation imprimée (affichée sur la porte du CDI et sur le bureau) et deux ouvrages de Stephen Hawking mis en valeur.

Durée : 14 mars – début avril.

À présent les gros chantiers !

Journées Portes ouvertes : 10 mars

Dans notre établissement, les JPO ont eu lieu le samedi 10 mars, avec un accueil de 10h à 13h.

Pour l’occasion, j’avais prévu quelques marques-pages réalisés sur Canva :

marques pages cdi jpo

Il a fallu que je m’y reprenne à plusieurs fois pour que les QR-codes soit lisibles, et ces journées ont eu lieu pile au moment où E-SIDOC était en rade.

J’ai également préparé cette affiche, qui accueillait, ainsi que la boite lumineuse, les visiteurs à l’entrée :

J’ai été très heureuse de voir, que même si je n’ai pas eu une marée humaine, les visiteurs étaient curieux, et généralement accompagnés d’élèves bénévoles qui leur faisaient la visite. Un changement par rapport à mon expérience du collège, où je restais plusieurs heures pour deux parents…

Semaine de la presse #SPME2018

J’ai déjà présenté l’ensemble des ressources que j’ai mises à disposition de mes collègues dans l’article précédent.

Comme j’ai fait beaucoup de séances sur la presse, les médias et la désinformation, et qu’internet nous a boudé au lycée ces dernières semaines avant l’arrivée de la fibre, je n’ai pas fait d’autres séances pendant cette semaine (qui l’année dernière était quasiment la plus remplie de l’année).

De plus, ayant pris contact avec l’association Entre les lignes pour organiser la venue dans une classe d’un journaliste (j’espérais qu’il pourrait venir cette semaine), je suis à l’affût de sa réponse…

J’ai donc axé mon action cette année surtout sur l’installation des liasses reçues et sur les autres animations proposées aux élèves.

Ces actions leur sont présentées via deux affiches :

Voilà ce que donne les tables tapissées et l’escalier aménagé :

Voici les marques-pages, qui présentent des quotidiens ou des moyens de s’informer, avec à chaque fois une anecdote :

https://www.canva.com/design/DACuJf8X7O4/xngZ-m_-g8WpSFNV84FlaA/view?

Et voici l’exposition dans son ensemble :

Enfin, en plus des marques-pages, je mets à disposition des élèves le jeu « Timeline médias » proposé par Claire Cassaigne et le parcours « Info’Sphères » créé avec Sandrine Duquenne.

Les élèves sont généralement interpellés lorsqu’ils voient les tables et la machine à écrire (que j’ai ressortie pour l’occasion), ainsi que les périodiques reçus.

Installation prévue du 12 mars au 13 avril.

Séances

En ce qui concerne les séances, voici celles que j’ai menées ou auxquelles j’ai participé entre le 6 et le 23 mars :

  • Arts visuels (13 et 20 mars)

Toujours dans le cadre de la collaboration avec ma collègue d’histoire-géo et de la réalisation par les élèves d’un documentaire sur le centre hospitalier du Perray-Vaucluse (j’avais mis le lien vers leur Padlet de recherche dans l’article de février), nous avons accueilli un artiste, Sébastien Rémy, avec lequel les élèves vont travailler.

Il s’agit d’imaginer, à partir de photographies, d’objets et de lettres de patients soignés au Perray-Vaucluse, de nouvelles lettres.

Durant la première séance (à laquelle je n’ai pas pu assister en entier), les élèves ont reconstitué le quotidien des patients et leur emploi du temps. Ils ont aussi pu observer et manipuler des objets et des documents, parfois très anciens.

Durant la seconde séance, Sébastien Remy leur a présenté des artistes (Chantal Akerman, Sophie Calle et Serge Gainsbourg) qui se sont appuyés sur des lettres pour créer des oeuvres ou un univers artistique.

Les élèves doivent ensuite par binômes choisir une photo et imaginer un échange de lettres entre la personne soignée et quelqu’un de l’extérieur.

  • Formation à la recherche Seconde 2 (séance 2)

Cette séance est la suite de la séance menée, comme avec les autres classes, dans le cadre de la formation à la recherche des élèves de seconde.

Après une première séance le 3 février, nous avons dû décaler plusieurs fois cette deuxième séance jusqu’à la date du 23 mars.

La première séance portait sur la condition féminine. Comme à chaque fois, pour la seconde, je privilégie l’utilisation du portail E-SIDOC et la réalisation par les élèves d’un padlet de ressources sur le sujet.

Voici le lien du Google Form que les élèves devaient renseigner :

https://goo.gl/forms/ERLgS2pfY6AupdmE2

Et voici le Padlet que la classe a produit :

  • Parcours sur la place des femmes dans la société (EMC 1L2)

Après des séances sur la désinformation, nous avons commencé avec mon collègue d’histoire-géographie une séquence sur la place des femmes.

Ces séances ont commencé le 9 mars (une fois par semaine en demi-groupe) et doivent s’achever avec un débat, pour le deuxième groupe le 4 mai.

Le parcours reprend la structure que j’avais adoptée pour le parcours sur la désinformation : 5 univers à explorer, avec des ressources, des vidéos et à chaque fois des Google Forms à compléter.

Comme pour l’autre parcours, j’ai recensé sur un padlet quelques réponses des élèves sur les différents sujets d’analyse ou de réflexion personnelle.

Gestion

Un petit point rapide sur la gestion, avec en chantier ce mois-ci :

  • équipement en codes barres du rayon 400
  • harmonisation de la signalétique pour les rayons 000, 200 et 400 (avec les étiquettes manquantes, que j’ai rajoutées)
  • gestion des usuels : j’ai commencé à reprendre ce rayon, pour indexer les ouvrages qui ne l’étaient pas, harmoniser les cotes et les équiper en codes barres (chantier en cours).
  • désherbage d’un fonds trop ancien en arts (principalement peinture et architecture).

Formations, réunions, etc.

  • Hackathon #profdoc

Le 5 mars, j’ai co-animé avec Laurette Vermillac au médiapôle de Ris-Orangis un hackathon à destination des professeurs documentalistes néo-titulaires du département.

D’après l’idée de formation menée par Sandrine Duquenne et Anne-Lise Dupont, il s’agissait de faire construire aux participants un scénario innovant à mettre en place dans le cadre de la semaine de la presse.

Voici le lien de la présentation :

Et voici le padlet où ont été déposées les réalisations des stagiaires :

J’ai beaucoup apprécié de co-animer cette formation, que je trouve dynamique et enrichissante.

Voici les autres réunions auxquelles j’ai participé :

  • 13 mars : réunion de bassin sur les parcours avenir et citoyen
  • 14 mars : passage éclair à Eduspot – j’ai tout de même eu le temps de voir une démo de la nouvelle appli « L’ardoise » réalisée par la DANE Versailles
  • 22 mars : réunion « projet d’établissement » au lycée, avec deux beaux volets prometteurs, le développement du numérique et « citoyenneté et culture », avec déjà de mon côté quelques petites idées pour l’an prochain…

Point #LudoDOC

Enfin je termine avec un petit point sur le bébé collectif #LudoDOC et son hydre à trois têtes (Sophie Gronfier, Sandrine Geoffroy et moi-même) qui sont très motivées et en train de vous concocter un joli programme bien sympathique pour l’édition 2018 de Ludovia !

Afin de recenser les participants et pour qu’ils puissent bénéficier d’un tarif « événement associé » à Ludovia, j’ai posté sur le compte Twitter @doc_ludo un Google Form à renseigner. Si vous souhaitez être des nôtres et venir à Ludovia sous la bannière #LudoDOC, n’hésitez pas à le remplir !

https://goo.gl/forms/N9uXt9rOeCpCr4zR2

J’en dis plus dans la vidéo réalisée par Aurélie Julien et Éric Fourcaud, qui sera publiée prochainement sur le site de Ludovia, et que je rajouterai ci-dessous dès qu’elle sera disponible !

A très bientôt sur Cinephiledoc !

Femmes au cinéma

Mes deux articles de mars, cinéphile et #profdoc, auront des thématiques communes.

En effet, l’article cinéphile évoquera les femmes au cinéma, alors que l’article #profdoc traitera en grande partie d’une séquence que j’ai commencée le 9 mars avec mon collègue d’histoire-géographie sur les inégalités hommes/femmes, notamment dans l’univers de la culture.

Mais j’y reviendrai fin mars.

Pour cet article cinéphile, je parlerai tout de même un petit peu de ce projet, car il m’a amenée à faire quelques recherches. J’aborderai trois ouvrages, l’un très récent, les deux autres publiés en fin d’année dernière et en 2016, mais où à chaque fois, les femmes sont à l’honneur.

Recherches sur la question

Pour préparer mon travail avec les élèves, j’ai choisi plusieurs domaines où s’expriment les inégalités hommes/femmes, le sexisme, les représentations… Puis j’ai essayé de trouver des ressources de différentes natures : articles, infographies, images, vidéos.

Pour la représentation des femmes dans la culture, j’abordais la question sous différents angles :

  1. la représentation à proprement parler des femmes au cinéma (idéalisation, test de Bechdel…)
  2. le sexisme (en particulier à l’égard des réalisatrices)
  3. les affaires, plus ou moins récentes, de harcèlement

J’ai donc cherché des ressources sur ces différents sujets, j’ai voulu amener les élèves à (ré)écouter le discours de Natalie Portman, à visionner une vidéo sur le sexisme au cinéma, et à consulter l’émission que Stupéfiant! a consacré à ces différentes thématiques en novembre dernier.

Mais durant la première séance, le couac évidemment : l’accès aux vidéos de Stupéfiant! était impossible. Pendant que les élèves travaillaient, j’ai donc cherché des vidéos (ou autres) traitant des mêmes questions, et voilà ce que j’ai pu glaner :

Et bien-sûr, ces petites recherches m’ont fait repenser à mes lectures du moment, et à d’autres un peu plus anciennes, et m’ont d’autant plus donné envie d’écrire cet article.

50 femmes au premier plan

Le premier livre sur lequel je reviendrai est également mon achat le plus récent. Je vadrouillais comme à mon habitude dans le rayon cinéma, lorsque j’ai mis la main sur cet ouvrage :

50 Femmes de cinéma, de Véronique Le Bris, publié en février 2018 – ce qui tombe à pic dans le contexte actuel et avec pour horizon la journée internationale des droits des femmes – chez Marest éditeur.

Cela m’a donné l’occasion de découvrir un éditeur spécialisé en ouvrages sur le cinéma, qui m’était totalement inconnu ! Donc, déjà, merci à ce livre.

50 femmes, ça peut paraître beaucoup, mais c’est peu. Comment faire un choix ? Comment privilégier telle star, telle réalisatrice, telle assistante ou costumière, au détriment de telle autre ?

Pourquoi privilégier Olivia de Havilland par rapport à Bette Davis (l’une a perdu un procès quand l’autre l’a gagné), pourquoi préférer Coline Serreau à Diane Kurys ou Danièle Thompson, pourquoi citer Edith Head mais pas Suzanne Schiffman ?

Réponse : parce qu’il le faut bien, malheureusement ! 50, c’est 50. Et les choix de l’auteur sont construits, judicieux et justifiés.

C’est ce que j’ai le plus aimé dans ce livre : pour chaque femme, l’auteur indique en chapeau son « fait d’arme », ce qui fait de cette femme quelqu’un d’exceptionnel, et ce qui l’a amenée à figurer dans ce livre.

Quelques exemples :

Florence Lawrence : Elle a inventé le star system et le clignotant

Olivia de Havilland : En 1944, elle obtient au tribunal une définition plus stricte des contrats qui lient les acteurs aux studios hollywoodiens.

Jane Camion : En soixante-dix éditions du festival de Cannes, elle est la seule réalisatrice à avoir reçu une Palme d’or.

Le livre se découpe en trois chapitres : les pionnières, les passionnées et les engagées.

Les pionnières, bien-sûr, s’ouvre avec Alice Guy, la première réalisatrice de cinéma. On y fait un tour du monde, principalement de réalisatrices, mais pas seulement.

Dans les passionnées, on trouve des costumières, des compositrices, des productrices, des écrivains.

Enfin, dans les engagées, on retrouve des personnalités ayant arrêté leur carrière, temporairement ou non, pour se consacrer à des domaines complètement différents : engagement dans l’armée, sciences, politique, causes sociétales ou humanitaires…

Un beau tour d’horizon que cet ouvrage !

Princesse, et alors ?

Le deuxième livre que j’ai choisi pour cet article de mars 2018 est paru, dans sa traduction française, en octobre 2017.

J’aurais pu en parler bien avant, il a fait partie de mes « craquages » post-fêtes de fin d’année et je l’ai dévoré en quelques jours.

Il s’agit du Journal d’une princesse de Carrie Fisher aux éditions Dargaud / Fantask.

Carrie Fisher y raconte le tournage de Star Wars, avec un ton bien à elle, et on croit l’entendre parler à chacune des phrases qu’on lit.

L’ouvrage s’ouvre sur l’année 1976, année faste et riche en événements, durant laquelle ce qui ne s’appelait pas encore l’épisode IV fut tourné à Londres. Elle revient ensuite brièvement sur sa vie « avant Leia ».

Ensuite, récit du tournage, depuis le casting jusqu’à l’avion du retour aux États-Unis, en passant par la fameuse coiffure de Leia et la liaison de l’actrice avec Harrison Ford.

À la fin du récit du tournage, on passe à la lecture du journal que Carrie Fisher a tenu pendant cette période. Beaucoup de mal-être, des poèmes, quelqu’un qui se cherche… le ton tranche beaucoup avec le reste du livre, et pour cause : avant et après ce journal, on a le regard rétrospectif de la comédienne sur elle-même.

Le journal se clôt, on repasse quarante ans plus tard. L’atmosphère devient moins pesante, plus pince-sans-rire, un humour noir bien incisif, qui ne fait pas dans le détail et qui ne s’appesantit pas.

On assiste à l’après Star Wars, à la difficulté d’échapper à un personnage, aux produits dérivés, aux conventions de fans.

Plusieurs fois, l’ouvrage m’a fait hurler de rire. Un exemple ? La visite à Madame Tussauds, face à son double de cire :

Quand on se rapproche de mon double, on peut voir qu’elle a la peau un peu épaisse et qu’elle transpire, alors restez à distance. Il lui manque un grain de beauté sur les reins, mais je n’en aurais pas non plus si j’avais le choix. Peut-être mon moi en cire pourra prendre le relais quand mon moi de chair déposera les armes. Mais il devra le faire dans ce putain de Bikini.

C’est drôle, grinçant, et d’une franchise décomplexée pleine de naturel. Et cela rappelle à qui ne le saurait pas : Carrie Fisher n’était pas seulement une princesse, c’était un des script doctors les plus renommés de Hollywood, une scénariste et un écrivain de grand talent.

Ouvrir au hasard la bible des stars

Les 50 Femmes de cinéma m’ont donné envie de me replonger dans ma troisième lecture.

Je n’en avais pas vraiment besoin : j’ai toujours plus ou moins envie de me replonger dans ce livre, tant sa richesse et sa beauté me fascinent.

Je l’ai dit il n’y a pas très longtemps sur Twitter : le livre est posé à côté de mon lit, le soir je l’attrape, j’ouvre à une page au hasard, je découvre ou je redécouvre… et toujours je m’émerveille.

Il s’agit de Hollywood, la cité des femmes : Histoire des actrices de l’âge d’or d’Hollywood, 1930-1955, d’Antoine Sire, publié chez Actes Sud en août 2016.

Le livre d’Antoine Sire a tout d’une bible : c’est une merveille d’érudition, une référence sur la question (qui d’autre a bien pu rappeler, en France, l’importance d’une Agnes Moorehead, d’une Judith Anderson ou d’une Thelma Ritter ?), et on en tourne les pages avec précaution, avec son papier fin et sa couverture brillante.

Qu’y a-t-il d’autre à ajouter ? C’est l’ouvrage parfait pour le cinéphile, à la hauteur du Hitchbook ou de l’autobiographie de Chaplin…

Antoine Sire a d’ailleurs participé à l’émission Stupéfiant! dont je parlais au début de l’article, pour évoquer ces femmes de cinéma.

J’ai retrouvé sur YouTube l’émission en question, je la laisse en conclusion :

J’espère qu’elle sera disponible pendant un bon moment !

Bonnes lectures et bons films, et à bientôt sur Cinephiledoc !

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