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Blog pour cinéphiles et profs docs

Auteur : juliettefiliol (Page 1 sur 74)

2021 : Palmarès de lecture

Comme pour l’année dernière, je publie ce palmarès au mois de décembre, afin de pouvoir, à nouveau, en janvier, faire un petit article sur le Bullet Journal.

Cela me permettra aussi de vous donner quelques idées de cadeaux de Noël, si vous souhaitez glisser sous le sapin l’un ou l’autre des ouvrages sympathiques dont j’ai pu vous parler cette année.

Pour ce palmarès, j’ai beaucoup moins d’avance que l’an dernier, nous sommes à la mi-novembre au moment où je commence à l’écrire.

Je profiterai de cet article pour vous partager les photos d’une petite sortie que j’ai faite au début du mois et pour faire quelques clins d’oeil complices…

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Pour 2021, mes lectures ont commencé très tôt en 2020, à la faveur des périodes de confinements : j’ai dû les entamer vers le mois d’août 2020.

Cependant, contrairement à l’année dernière, je n’avais pas fini ces lectures en avance : j’ai terminé ma dernière lecture cinéphile fin octobre pour un article que je comptais publier début novembre.

De la même manière, mon activité de lecture de 2021 a été considérablement réduite : malgré un petit pic au mois d’avril (7 livres lus), j’ai lu entre 3 et 6 livres par mois cette année – contrairement à 2020 où c’était généralement le double.

Concernant mes lectures cinéphiles, en voici un petit bilan :

  • Louis de Funès à Paris, Philippe Lombard (lu en 2020)
  • L’Angleterre en séries, Ioanis Deroide (lu en 2020)
  • The Crown, le vrai du faux : la série culte décryptée, de Corentin Lamy, Joffrey Ricome et Pierre Trouvé (lu en 2020)
  • Tarantino Reservoir films, Philippe Lombard (lu en 2020)
  • François Truffaut, Noël Simsolo (lu en 2020)
  • Bons baisers du monde, Guillaume Evin et Laurent Perriot (lu en 2020)
  • Le Paris de Claude Sautet, Hélène Rochette
  • La Beauté du ciel, Sarah Biasini
  • Christopher Nolan : la possibilité d’un monde, Timothée Girardin
  • Les Orphelins de François, Bernard Gheur

J’avais réussi avant janvier 2021 à préparer en brouillon mes 4 premiers articles, même si j’hésitais quant à l’ordre dans lequel les publier.

Ainsi en janvier, mes comptes-rendus sur Louis de Funès, l’Angleterre dans les séries, les films de Tarantino et un deuxième épisode du cinéma en BD étaient prêts.

Par contre, j’ai mis un temps certain à écrire les deux articles suivants et désormais, je n’ai plus qu’environ trois semaines d’avance entre l’écriture d’un article et sa publication.

Palmarès 2021

Chaque année, j’essaye de regrouper ces quelques lectures en catégories plus ou moins signifiantes. Cette année, j’en dénombre trois, avec un invité surprise : cinéma français, productions internationales et témoignages.

Cinéma français

Dans cette catégorie, je regroupe :

  • Louis de Funès à Paris, de Philippe Lombard, éditions Parigramme, juillet 2020
  • François Truffaut, de Noël Simsolo, éditions Glénat, août 2020
  • Le Paris de Claude Sautet, d’Hélène Rochette, éditions Parigramme, septembre 2020

C’est à ce dernier que va ma préférence, un très bel ouvrage, illustré et immersif , qui m’a autant donné envie de revoir les films de Claude Sautet (et dans la foulée de ma lecture j’ai vu Vincent, François, Paul et les autres, Un coeur en hiver et Nelly et Monsieur Arnaud) que de déambuler dans le quatorzième arrondissement.

Productions internationales

Cinq livres dans cette catégorie :

  • L’Angleterre en séries, de Ioanis Deroide, éditions First, février 2020
  • The Crown, le vrai du faux : la série culte décryptée, de Corentin Lamy, Joffrey Ricome et Pierre Trouvé (édition de 2020, l’ouvrage a fait l’objet d’une réédition plus récente en octobre 2021 – j’avoue hésiter à me le racheter, étant archi-fan de la série et l’édition précédente n’étant pas parvenue à m’en dégoûter ! bien au contraire…)
  • Tarantino Reservoir films, de Philippe Lombard, éditions Omake Books, novembre 2020
  • Bons baisers du monde, de Guillaume Evin et Laurent Perriot, éditions Dunod, octobre 2020
  • Christopher Nolan : la possibilité d’un monde, de Timothée Girardin, éditions Playlist Society, réédition avril 2021

Et donc dans cette catégorie, il est très difficile de choisir un livre parmi les cinq mentionnés.

C’est pourquoi je décide de donner raison à Philippe Lombard, qui a la gentillesse de m’envoyer ses ouvrages régulièrement avant qu’ils ne paraissent, et dont j’ai découvert la dédicace suivante dans l’un des plus récents :

Pour Juliette, qui a déjà prévu de chroniquer ce livre en décembre 2021 😉

Vous ne croyez pas si bien dire, cher Philippe, puisque je retiens pour ma catégorie « Productions internationales » le Ça tourne mal… à Hollywood ! : L’histoire méconnue et tumultueuse du cinéma américain, publié en novembre 2020 aux éditions La Tengo.

En effet, après un premier opus passionnant publié en 2019 (et que j’avais donc tout à fait justement évoqué dans mon palmarès de 2020) consacré au cinéma français, Ça tourne mal… à Hollywood ! revient sur quelques anecdotes tantôt hilarantes tantôt quelque peu glaçantes du cinéma américain.

La structure du livre, qui va de la pré-production à la sortie en salles (ou pas) m’a rappelé la série de vidéos Film wars de François Theurel (alias le fossoyeur de films)

Je glisse ici le premier sur Alien 3 à déguster à nouveau…

Cela m’a aussi rappelé une série assez bien faite diffusée sur Netflix : The movies that made us qui revient sur les tournages des films de notre enfance (l’un de mes épisodes préférés est celui sur Jurassic Park).

Bref c’est ce mélange assez détonnant de fous-rires et de tendresse que l’on a à la lecture du livre de Philippe Lombard, et qui nous montre à nouveau à quel point les oeuvres d’anthologie, celles qui constituent notre patrimoine cinématographique (et plus largement culturel) sont parfois enfantées dans la douleur.

La dédicace de l’ouvrage le plus récent du sieur Lombard me suggère un nouvel article pour juin 2022 : je n’irai pas jusqu’à dire que c’est une promesse, mais cela arrivera peut-être plus tôt que prévu !

Témoignages

Dernière catégorie, les témoignages, dans laquelle je regroupe :

  • La Beauté du ciel, de Sarah Biasini, éditions Stock, janvier 2021

  • Les Orphelins de François, de Bernard Gheur, éditions Weyrich, février 2021

J’ai indiqué implicitement dans mon article cinéphile de novembre à quel point il m’est difficile de ne pas être émue lorsque je lis un texte évoquant François Truffaut.

Et évidemment, lorsque je lis ce dernier en fin d’année, ou lorsque je lui consacre le dernier article cinéphile de l’année, il est aussi compliqué de dépasser cette impression.

Les deux livres de cette catégorie ont en partage l’émotion et la pudeur.

Je décide donc de ne pas choisir et vous invite à lire les deux avec la même empathie : vous y trouverez aussi en partage le souvenir d’enfance, la mémoire, l’amour du cinéma et l’émerveillement.

Bilan et escapade

Voilà pour ce palmarès et ces lectures cinéphiles de 2021, qui ont tout de même été assez variées.

Pour 2021 j’ai également proposé cet été deux hors-série de conseils de lecture, avec des livres qui n’étaient pas dédiés au cinéma. Pour celles et ceux qui seraient en panne d’idées de lectures (ou de cadeaux), n’hésitez pas à aller jeter un coup d’oeil !

Concernant mes lectures de 2022, ma liste est déjà assez conséquente, et comme je l’ai indiqué plus haut, il y aura déjà un Lombard dans la liste, mais aussi une biographie d’acteur, une bande-dessinée et un ouvrage consacré à un réalisateur encore jamais évoqué (ou si peu) sur ce site.

Avant de vous laisser, je vous partage quelques photos d’une escapade que j’ai faite début novembre à Angoulême, lieu de tournage et ville organisatrice d’un festival du film francophone depuis plusieurs années.

J’y ai visité le musée de la bande-dessinée et les studios Paradis, avec une exposition consacrée au tournage du dernier film de Wes Anderson, The French Dispatch :

C’est sur ces images que je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d’année, et je vous mitonne pour très prochainement le dernier article #profdoc de 2021.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

 

Novembre 2021 : séances et animations du CDI

Dans cet avant-dernier article profdoc de 2021, quelque peu succinct, je vous présente les actions menées entre le 8 et le 22 novembre, un article qui sortira relativement tôt dans le mois, afin d’équilibrer avec les publication de la période de décembre.

Expositions thématiques

Durant cette nouvelle période, nous avons essayé de renouveler une partie des expositions installées au mois d’octobre.

Comme nous avions été très sollicitées par les différentes séances pédagogiques, nous avions quelque peu tardé à le faire : ainsi toutes les installations évoquées le mois dernier (fête de la science, semaine du climat, semaine de l’espace) sont restées en place jusqu’à la deuxième semaine de novembre.

La première à céder sa place était la semaine de l’espace, qui a été remplacée par une exposition thématique sur les États-Unis

  • Welcome to the USA (J)

J’ai profité de la réception d’une commande avec les deux autobiographies Devenir, de Michelle Obama et Une Terre promise, de Barack Obama, pour proposer une sélection de ressources sur les États-Unis.

J’ai donc préparé la présentation suivante :

et j’ai pu installer cette exposition le 15 novembre :

  • Sélection Cyberharcèlement / Journée de lutte contre les violences faites aux femmes (J)

Cette mini-expo a été installée le 18 novembre, en lien avec la journée de lutte contre le harcèlement et en préparation de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes (25 novembre).

  • Installation : lego collaboratif (J & R)

Mais l’attraction du moment, c’est l’installation au CDI d’un lego collaboratif : construire la fusée Saturn V, ce qui avait été annoncé aux élèves juste avant les vacances de la Toussaint.

Le lego et sa notice sont à disposition des élèves et des équipes du lycée depuis le lundi 15 novembre, nous ouvrons les sachets au fur et à mesure, et la construction avance bien, comme en témoignent les photos que nous prenons régulièrement.

Gestion et valorisation du fonds

Un petit point rapide sur cette question.

Avant les vacances, nous avons reçu deux commandes : des nouveautés en bandes-dessinées (déjà présentées par Roman) et en sciences sociales (ressources en HGGSP).

  • Sciences sociales – rayon 300 (J)

Je n’avais pas eu le temps de m’en occuper avant les vacances, et certains ouvrages avaient été déjà emprunté, avant même leur mise en rayon, par des élèves de spécialité HGGSP dans le cadre de la préparation du grand oral.

J’ai réussi la deuxième semaine de novembre à proposer un visuel réalisé sur Canva, pour présenter le rayon 300 :

Voici l’installation avec le visuel :

  • Catalogage de romans (R)

De son côté, Roman a catalogué un certain nombre de romans (principalement fantasy et policiers) qui proviennent du don d’un collègue d’histoire-géo.

  • L’urgence de la période (J & R)

Cependant, ce qui a différé la désinstallation des expositions d’octobre et ce qui nous a bien occupé la semaine de la reprise, c’était l’urgence de passer nos dernières commandes avant la date butoir du 12 novembre.

Nous avons ainsi passé trois commandes d’ouvrages (une commande de mangas, une commande de bandes-dessinées et une commande de documentaires), une commande de jeux et de puzzles et une commande de matériel. Voilà qui occupera bien nos journées du mois décembre, une fois le tout reçu !

Séances et actions pédagogiques

La période a été un peu plus calme que le mois d’octobre, et nous sommes en attente des projets qui vont démarrer d’ici la fin du mois.

Néanmoins, voici un petit point rapide sur les séances menées ce mois-ci :

  • suite et fin des visites des classes de secondes : sur 14 classes, 13 visites organisées, avec les dernières séances prévues de mon côté le 19 novembre et pour Roman le 1er décembre.
  • séances en EMC en seconde : pour le projet autour des réfugiés avec une classe de seconde et ma collègue d’histoire-géo, nous avons enfin réussi à avancer et à voir un groupe le 12 novembre et l’autre groupe le 15 novembre. L’objectif de ces deux séances était d’effectuer des recherches sur la situation spécifique de certains réfugiés sur le site du HCR.
  • séances en EMC en première : nous avons poursuivi les séances avec ma collègue de SES, durant lesquelles les élèves doivent réaliser un dossier documentaire sur un des aspects de la fragilisation du lien social (séances hebdomadaires).
  • campagnes de rentrée PIX pour les élèves de terminales : des séances avec deux classes étaient initialement prévues au retour des vacances. Les élèves d’une de ces classes ayant avancé spontanément, nous avons annulé la séance prévue avec eux. Le défi suivant sera la collecte des profils certifiables…
  • préparation du grand oral en sciences : à la demande de Christophe, mon collègue de maths, j’ai proposé une séance similaire à celle organisée avec les collègues de HGGSP avant les vacances. La présentation à destination des élèves est sur le même modèle mais évidemment est adaptée à un public scientifique :

Voilà pour ces quelques séances, j’aurai l’occasion de revenir en décembre sur deux projets menées en collaboration avec Stéphanie, collègue de français, et qui vont débuter incessamment.

Communication : pour les élèves (et pour le lycée en général)

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Durant cette période, voici les articles proposés aux élèves : une revue de presse le 10 novembre proposée par Roman, un ZOOM Actu le 12 novembre sur l’histoire, le devoir de mémoire et la propagande

l’annonce de l’arrivée de la fusée Saturn V à construire au CDI, une nouvelle revue de presse le 17 novembre :

et un nouveau ZOOM Actu le 19 novembre sur l’espace comme enjeu politique et l’ISS :

Communication : pour l’équipe éducative

  • E-INSTANT CDI : focus novembre

Pour le mois d’octobre, j’ai modifié la page d’accueil de l’E-INSTANT :

La partie « focus » ce mois-ci avait pour but de faire le point sur la participation des élèves aux campagnes de rentrée sur PIX et d’indiquer les nouvelles ressources et les nouveaux abonnements disponibles :

Autres activités (réunions, stages, déplacements, publications)

Voici les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 25 octobre au 22 novembre) :

  • 28 octobre : un deuxième cours avec les master 2 de l’université de Montpellier (relecture du rapport de jury, partage de ressources)
  • 29 octobre : temps de travail avec une collègue CPE pour préparer un stage sur le cyberharcèlement qui aura lieu les 14 décembre et 3 février prochain
  • 16 novembre : formation de formateurs
  • 18 novembre : conseil pédagogique sur le projet d’évaluation d’établissement

J’ai aussi passé pas mal de temps durant cette période à préparer mes prochains cours pour les étudiantes du master 2.

Concernant les publications sur le site du collectif LudoDOC, je dois prochainement publier l’épisode 5 de l’histoire numérique de la documentation, qui devrait suivre ou précéder de peu cet article.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour le traditionnel palmarès de lecture annuel de Cinephiledoc et pour le dernier article profdoc de 2021.

À très vite !

Le passant, le cinéphile, le passeur

Cela devient une habitude – tenace ? il faudra encore quelque temps pour le déterminer – finir les lectures cinéphiles de l’année par des retrouvailles avec François Truffaut.

Déjà l’année dernière, j’avais terminé ces lectures, avant le traditionnel palmarès de décembre, par L’Amie américaine de Serge Toubiana, qui m’avait énormément émue.

Cette année, après avoir établi ma petite liste de fin d’année, j’ai hésité entre une biographie et l’ouvrage sur lequel je vais revenir dans un instant.

Hésité, pourquoi ?

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage

Après un mois de septembre consacré à Claude Sautet et Romy Schneider, un mois d’octobre sur l’univers de Christopher Nolan, il me restait à la fin du mois d’octobre quatre livres à découvrir sur ma pile de lecture (je viens mentalement d’en ajouter un cinquième).

D’ordinaire, je les classe par date de parution, pour pouvoir les approcher dans un certain ordre chronologique, et j’essaye d’alterner plus ou moins harmonieusement les thématiques.

C’est pourquoi j’avais d’emblée évacué l’idée de parler de Truffaut directement après Sautet, ce que de toute façon je n’aurais pas fait, puisque l’ouvrage sur Nolan se plaçait très justement entre l’évocation du Paris de Claude Sautet, le très beau livre de Sarah Biasini et le témoignage sur François Truffaut.

Et il semblerait qu’inconsciemment, ce petit rituel ou cette forme d’hommage indirect s’installe dans mes habitudes : en octobre, je lis Truffaut, je regarde Truffaut et je pense Truffaut.

Allons-y donc pour cette dernière lecture (ou plutôt ces dernières lectures) de 2021.

Une histoire de titre

Il m’arrive de temps à autres de noter dans une rubrique dédiée de mon bullet journal les livres sur le cinéma qui me font envie.

Je les sépare de ma liste de lecture habituelle, qui est beaucoup plus conséquente, où j’inscris scrupuleusement les conseils de ma marraine, des amis, des copains copines profs docs, les autres idées glanées ici ou là…

Dans cette rubrique pour cette année je n’ai noté que quelques mots :

  • été 2021 : coups de coeur lectures
  • Livre Christopher Nolan
  • Claude Sautet à Paris
  • Livre Sarah Biasini
  • Les Orphelins de Truffaut

Ma prise de notes est cette fois loin d’être scrupuleuse, il s’agit juste d’un aide-mémoire à la va-vite : il manque les titres, parfois les auteurs, toujours les éditeurs.

Et ce fameux ouvrage désigné par « Les Orphelins de Truffaut », j’en ai écorché le titre, l’ayant récupéré là encore précipitamment depuis mes alertes reçues par mail et depuis un article qui revenait sur sa publication.

Il s’agit des Orphelins de François, de Bernard Gheur.

Trouver le livre

Que Bernard Gheur m’excuse de cette distraction, qui n’est pas éloignée de celle par laquelle j’avais désigné le livre de Sarah Biasini, l’appelant « Toute la beauté du ciel », et associant dans ma tête le témoignage de La Beauté du ciel et le roman de Mélissa Da Costa lu quelques mois plus tôt, Tout le bleu du ciel

Parfois dans ma tête les titres se mélangent ainsi, et forment de curieuses associations d’idées. Pour le livre de Bernard Gheur, c’est plus terre à terre : j’avais entendu parlé d’un livre sur Truffaut, intitulé Les Orphelins de… et j’ai complété avec ce qui me semblait le plus évident.

Le titre exact en était Les Orphelins de François : récit de vie. Il a été publié en février 2021 aux éditions Weyrich, une maison d’édition située à Neufchâteau.

Ce qui m’a confortée dans l’envie de lire ce livre, outre sa proximité apparente avec le témoignage de Jérôme Tonnerre dans Le Petit voisin – l’un de mes ouvrages préférés sur Truffaut – c’est que je ne suis pas parvenue à le commander en ligne en format papier (ou du moins difficilement), et que je me suis rabattue en grognant un peu (beaucoup) sur le format e-book.

Ce n’est pas que je suis réfractaire à ce second format. J’ai une liseuse que j’utilise très régulièrement, surtout dans les transports en commun, et ce n’est pas la première fois que je me sers d’elle pour mes lectures cinéphiles.

Mais pour les ouvrages sur Truffaut, j’aime reprendre le livre, le feuilleter à nouveau quand j’en parle, mettre des post-it aux endroits qui m’ont marquée, pouvoir le citer à volonté, ce qui me semble moins pratique, moins instinctif, avec le format e-book. J’en suis quitte pour me fier à ma mémoire, et à la quatrième de couverture.

Passants, orphelins, passeurs

Cette quatrième de couverture, la voici, telle qu’elle est proposée sur le site Decitre entre autres :

Le 24 octobre 1984, au cimetière de Montmartre, Claude de Givray prononce l’éloge funèbre de son ami François Truffaut.
« Si François n’était pas né, s’il n’avait pas été cinéaste… »
Et moi, que serais-je devenu si François Truffaut n’avait pas existé ?
À 16 ans, je n’aurais pas parcouru les rues de Liège une caméra à la main, ni fait la sortie des écoles de filles, en quête de jolies actrices.
À 17 ans, je n’aurais pas pris le rapide Moscou-Paris de 00h10, aux Guillemins, pour découvrir un film en exclusivité, remonter les Champs-Elysées, sonner à certaines portes.
À 20 ans, sans sa lettre merveilleuse, sur papier pelure, postée à Paris, je ne me serais pas jeté dans l’écriture d’un roman.
Et, à 39 ans, quittant mon journal un dimanche soir d’octobre, après le bouclage de la dernière édition, je ne me serais pas mis à pleurer comme un enfant perdu…

C’est une très belle quatrième de couverture, et si j’avais eu le livre entre les mains, en le retournant et en la découvrant, j’aurais d’autant plus eu envie de le lire.

Mais elle ne rend pas justice selon moi au tout début du livre, à la façon si délicate et élégante avec laquelle l’auteur commence le voyage, où s’entrecroisent sa vie et l’empreinte à la fois fugitive et incontournable de François Truffaut.

Qu’il me soit autorisé de vous la faire connaître via une grossière capture d’écran :

J’ai lu ces premières lignes, qui m’ont donné l’impression d’être aux côtés d’Orson Welles et de Joseph Cotten dans Citizen Kane. Je croyais entendre les rotatives du journal, l’effervescence un temps suspendue de la salle de rédaction…

Oui, Elvis, et alors ? Un peu plus loin (et sept ans plus tard), nous sommes à nouveau dans une salle de rédaction, le 21 octobre 1984, et il est 20h02. Bernard Gheur doit écrire les deux articles que son journal, La Meuse, consacrera à François Truffaut : une biographie et un témoignage personnel de ses relations, principalement épistolaires, avec le cinéaste.

C’est ce témoignage, ce « récit de vie », qu’il partage avec le lecteur.

Suivant ses pas d’enfant puis d’adolescent liégeois, on scrute avec émotion son triple visionnage de Tirez sur le pianiste, ses souvenirs du film perdu d’un festival de Cannes où se découpait la silhouette familière de Truffaut (costume bleu et cravate rouge), on assiste, bien sûr, à cet éloge de Claude de Givray, mais surtout, on recueille ses échanges précieux avec Madeleine Morgenstern, dans son appartement de la Muette.

Ces échanges et ces impressions, il serait vain de vouloir en faire l’inventaire ici. Ils sont trop variés pour qu’on en sélectionne un parmi tous les autres, et cependant ils ont tous comme traits communs l’émotion, le sourire et la pudeur.

J’ai lu le livre de Bernard Gheur à la faveur d’un trajet sur Paris, j’avançais dans ma lecture, qui faisait remonter plusieurs souvenirs :

  • une rencontre à la Cinémathèque avec Madeleine Morgenstern (favorisée à l’époque par Serge Toubiana),
  • des échanges toujours riches quoiqu’irréguliers avec Laura (ma méconnaissance de la géographie me fait m’inquiéter pour elle à chaque incendie californien),
  • et la bibliothèque surchargée du bureau de Jean Gruault…

Comme à chaque lecture consacrée à François Truffaut, je me retrouve dans la même posture que Thierry Jousse, merveilleux concepteur de Blow Up Arte, lorsqu’il visionne un film pour nous en quelques minutes, la partie Zapping de Blow Up…

Je n’ai pas retrouvé de films de Truffaut ayant fait l’objet d’une telle opération, aussi vais-je mettre pour l’exemple celui de La Mort aux trousses :

Mon trajet sur Paris m’a donc conduite jusqu’à Saint-Lazare, ma liseuse dans mon sac, avec pour projet d’aller fureter du côté des Batignolles, et plus précisément dans la librairie Bulles en tête.

Je suis descendue place de Rome, avec les derniers mots d’un chapitre des Orphelins de François en tête, je me suis dit que ce serait bien de descendre la rue de Rome sur la musique des Quatre cents coups (pour changer de Montmartre),

j’ai eu envie de revoir Antoine Doinel courir le long de la mer avant un regard caméra,

de revoir une ouvreuse de cinéma guider le spectateur en retard pour la séance avec une lampe dont la lumière glisse sur ses jambes,

de faire claquer sur des pavés une paire de bottines que j’ai trop portées, et qui me donne l’impression d’être Fanny Ardant dans Vivement dimanche !, avant de me souvenir que je ne sais pas marcher avec des talons, que j’ai beaucoup moins de robes dans mes armoires et de toute façon, beaucoup moins d’élégance que Barbara,

de réentendre quelques-unes des répliques de Vivement dimanche ! dont justement « Écoutez Barbara, je suis dans l’embarras », « Je me gratte l’oreille parce que ça m’aide à réfléchir »,

de revoir un chat laper du lait dans La Nuit américaine – mais pas seulement –

d’écouter la voix de Véronique Silver « au fond je me retrouve comme Edith Piaf, rien de rien, je ne regrette rien »

avant de reprendre le métro, je suis passée à la FNAC Saint-Lazare, pour acheter un autre livre : François Truffaut film par film, de Laurent Delmas et Christine Masson.

Bref, j’ai lu Les Orphelins de François, de Bernard Gheur… et ben c’était vachement bien.

Octobre 2021 : séances et animations du CDI

Dans ce nouvel article, je vous présente les actions menées entre le 24 septembre et le 22 octobre, une période qui a été relativement riche sur le plan professionnel, tant en terme de valorisation du fonds que de séances pédagogiques.

Expositions thématiques

Je commencerai cette fois-ci avec les expositions thématiques en lien avec plusieurs événements nationaux et internationaux.

Le mois d’octobre est particulièrement intense en ce qui concerne ces événements. Je me souviens d’une conversation avec Audrey, ma comparse de la DNE sur les expositions thématiques.

Nous évoquions le fait que la période d’octobre à décembre (fête de la science, semaine du goût, journée de lutte contre le harcèlement…) est toujours assez riche, alors que l’on peine souvent à proposer ce même genre pour janvier – février, avant un sursaut aux mois de mars, avril et mai (printemps des poètes, semaine de la presse…).

Ce mois-ci, avec Roman, nous avons choisi de mettre l’accent sur les événements scientifiques, en proposant trois pôles :

  • la fête de la science (J)

Comme à l’accoutumé, une présentation (en affiche et sur le blog) des ressources disponibles au CDI est proposée aux élèves :

  • la semaine du climat (R)

  • la semaine mondiale de l’espace (J)

Cette sélection a été présentée sur le blog du CDI le jour où Thomas Pesquet a pris les commandes de l’ISS.

Voici l’affiche associée réalisée sur Canva :

Plusieurs autres sélections ont été proposées durant cette période, notamment autour des championnats du monde de cyclisme ou de la semaine du goût :

Gestion et valorisation du fonds

Un petit point rapide sur cette question : nous avons reçu deux commandes durant cette période, avec principalement des nouveautés en bandes-dessinées et en sciences sociales (ressources en HGGSP).

Pour les nouveautés en BD, c’est Roman qui s’est occupé de l’indexation et de la valorisation via le blog du CDI :

Pour les nouveautés en documentaires, je m’en occuperai au retour des vacances.

Un autre projet est également en cours d’élaboration pour être installé, lui aussi, au retour des vacances, j’aurai l’occasion d’en dire plus le mois prochain, mais voici un petit teasing.

Roman a pu avancer sur un chantier en cours depuis l’an dernier : le rafraichissement de la signalétique des rayons fictions. J’avais eu l’occasion de vous partager il y a quelques mois la signalétique réalisée pour les romans, la poésie et le théâtre.

Voici celle réalisée par Roman pour le rayon science-fiction :

avec un exemple pour l’une des lettres du rayon :

Il nous reste encore le rayon des romans policiers à finir.

Séances et actions pédagogiques

Pour ce mois d’octobre, les actions menées se sont bien diversifiées et nous sommes assez sollicités par les collègues. Je vais présenter ici quelques-unes de ces actions et en garder certaines pour le mois prochain.

  • visite des classes de secondes : nous avons réussi à programmer des visites pour 13 de nos 14 classes de secondes.

Sur ces 13 classes, 10 auront fait la visite avant les vacances de la Toussaint. Concernant la quatorzième classe, elle est déjà impliquée dans un projet avec Roman en EMC et vient régulièrement au CDI, ce qui permet de la mettre sur un pied d’égalité avec les autres classes.

  • séances en EMC : pour le projet autour des réfugiés avec une classe de seconde et ma collègue d’histoire-géo, je joue régulièrement à cache-cache avec les élèves (changement d’emploi du temps, réunions à l’extérieur…)

En classe de première, nous avons commencé des séances avec ma collègue de SES, durant lesquelles les élèves doivent réaliser un dossier documentaire sur un des aspects de la fragilisation du lien social (3 séances avant les vacances).

  • campagnes PIX pour les élèves de terminale : nous avons pris en charge le dossier PIX au lycée avec la proviseure adjointe et Aurélie, collègue de physique-chimie

Depuis le mois de septembre, j’ai envoyé plusieurs mails sur l’ENT aux élèves de terminale, afin qu’ils réalisent leur parcours de rentrée sur PIX. J’ai également envoyé plusieurs mails aux professeurs principaux.

Pour permettre aux élèves de mettre le pied à l’étrier, nous avons mené plusieurs séances soit en classe entière soit en demi-groupe, avec des rappels sur PIX : avant les vacances nous aurons normalement vu un tiers des classes (4 sur 12) sachant que nous avons au lycée 8 terminales générales et 4 terminales STMG.

  • préparation du grand oral en HGGSP : à la demande de mes collègues, j’aurai vu avant les vacances les 3 groupes de terminale HGGSP.

Je profite de ces séances pour faire un rappel sur les ressources disponibles au lycée : ressources du CDI, ressources sur l’ENT et actions des professeurs-documentalistes.

Évidemment, une séance est tombée pendant le bug du portail E-SIDOC (tout comme une séance sur PIX est tombée pendant un bug de PIX…) mais l’idée est de lancer les recherches des élèves :

La même demande m’a été faite par Christophe, collègue de maths, pour aider les élèves à préparer le grand oral en maths. La séance a eu lieu elle aussi avant les vacances mais j’en dirai plus dans l’article du mois de novembre.

  • Escape Game Olympe de Gouges

Enfin j’en termine pour ce mois d’octobre avec le plus gros morceau. Début octobre, une de mes collègues de français est venue me voir pour me demander s’il était possible d’aider les élèves de sa classe de première STMG à se lancer dans la lecture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges.

Comme cette période de l’histoire m’a toujours intéressée, j’ai très vite été inspirée par cette demande et j’ai voulu proposé un escape game sur le modèle de celui réalisé par Audrey sur l’identité numérique.

Cependant, au lieu que les élèves aient d’emblée tout le parcours, je voulais que celui-ci se révèle progressivement, au fil de la résolution des énigmes. Je voulais aussi que cet escape game, même s’il était proposé sur les ordinateurs, invite les élèves à consulter différents ouvrages.

En voici donc la structure (sans en dévoiler les réponses) :

  1. une page d’accueil
  2. la première énigme : remettre dans l’ordre les événements de la Révolution française (aide : des documentaires sur l’histoire de France) Les élèves obtiennent le premier code qui permet, en cliquant sur la flèche, d’accéder aux énigmes 2
  3. chaque groupe choisit un 2 : ils doivent récupérer la cote commune à la sélection d’ouvrages ou la cote de la bande-dessinée, ce qui permet d’accéder à l’énigme 3
  4. les acteurs de la Révolution française. Une fois les acteurs retrouvés, ils peuvent déplacer le personnage et accéder à l’énigme 4
  5. les figures du droit des femmes : à l’aide des indices et d’une sélection d’ouvrages, ils retrouvent les différentes figures, récupèrent un code donnant accès à l’énigme 5
  6. les mots d’Olympe : ils doivent compléter le texte en s’aidant des exemplaires de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, puis récupérer dans le livre le dernier mot de cette déclaration
  7. ce qui leur donne accès au code final.

Voici l’installation durant les séances pour deux des trois équipes (séance en demi-groupe, 16 élèves) :

Et voici l’escape game dans sa version en ligne :

Communication : pour les élèves (et pour le lycée en général)

  • Concours de la BD scolaire

Cette action est à l’initiative de Roman, qui a communiqué avec différentes classes et par voie d’affichage et a accueilli plusieurs élèves volontaires au CDI :

  • Marques-pages

Également réalisés par Roman et mis à disposition des élèves (nous avons pris de temps en temps l’habitude de glisser un marque page dans un ouvrage emprunté) :

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Durant cette période, voici les articles proposés aux élèves : la fête de la science (27 septembre), une revue de presse (30 septembre, avec un point sur les championnats du monde de cyclisme), un ZOOM ACTU sur l’écologie :

un article sur la semaine mondiale de l’espace que j’ai évoquée précédemment (4 octobre), une revue de presse avec un point sur la semaine du climat (7 octobre) un ZOOM ACTU sur l’économie et la société numériques (11 octobre) :

une revue de presse avec un point sur la semaine du goût (14 octobre) :

la surprise de la rentrée (19 octobre), la valorisation en BD évoquée plus haut (20 octobre) et un ZOOM Actu sur la guerre d’Algérie (22 octobre).

Communication : pour l’équipe éducative

  • E-INSTANT CDI : focus octobre

Pour le mois d’octobre, j’ai modifié la page d’accueil de l’E-INSTANT :

La partie « focus » ce mois-ci était consacrée au CRCN et aux ressources et abonnements pédagogiques proposés par le CDI :

  • Agenda partagé du CDI sur l’ENT

La nouveauté de ce mois-ci est la mise en place de l’agenda partagé du CDI sur l’ENT, pour donner un peu plus de visibilité (et de lisibilité) à nos actions.

Pour donner une idée de la façon dont il est organisé, voici une capture d’écran pour la semaine avant les vacances :

Autres activités (réunions, stages, déplacements, publications)

Voici les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 27 septembre au 22 octobre) :

  • 28 septembre : un déjeuner avec la personne chargée des affaires culturelles de la mairie
  • 30 septembre : un entretien avec la nouvelle proviseure pour présenter les actions du CDI
  • 5 octobre : la première réunion de formation de formateurs en documentation pour l’académie de Versailles
  • 6 octobre : un webinaire sur l’organisation des TraAM
  • 8 octobre : la première demi-journée banalisée sur l’évaluation
  • 15 octobre : le séminaire de rentrée de la DNE au lycée Hector Guimart
  • 18 octobre : la première réunion de bassin des professeurs documentalistes
  • 20 octobre : la réunion nationale des référents TraAM
  • plusieurs appels avec une collègue CPE pour préparer un stage sur le cyberharcèlement

Enfin j’en termine avec la préparation et la publication d’articles sur le site du collectif LudoDOC. Durant cette période, c’est le parcours de #profdoc de Magalie Bossuyt qui a été publié.

En effet, j’ai modifié quelque peu mon calendrier de publication concernant les parcours et celui de Magalie étant prêt depuis quelques temps, nous avons pu le sortir le 11 octobre :

De la documentation oui, mais de l’humain avant tout !

Encore un grand merci à elle !

Un article qui revient sur les coups de cœur de Fabienne et Béatrice à Ludovia a également été publié ce mois-ci :

Retour sur #Ludovia18 : les coups de cœur de Béatrice et Fabienne

et un nouvel épisode de l’histoire numérique de la documentation sera prochainement publié, normalement courant novembre.

D’ici là je vous souhaite d’excellentes vacances et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Bâtisseurs de mondes

Pour écrire ce nouvel article cinéphile, j’ai eu un peu de mal à mettre le pied à l’étrier.

D’habitude, j’ai toujours un peu d’avance dans ces comptes-rendus, je m’arrange pour qu’à chaque vacance, les deux articles suivants soient prêts.

Il faut dire aussi que mes lectures sont elles aussi généralement en avance, ce qui n’est cette fois-ci pas le cas… j’ai fini le livre qu’abordera cet article il y a environ deux semaines, et pourtant cela faisait bien deux mois qu’il était en évidence sur l’une de mes étagères…

Je profite donc d’un dimanche particulièrement pluvieux et venteux, qui incite bien plus à la paresse qu’au mouvement, pour rattraper mon retard et sortir cet article, comme prévu, le vendredi suivant.

Revoir des films, retourner au cinéma

Avec ce compte-rendu du mois d’octobre, et avec l’annonce de plusieurs sorties en salle qui sont des plus alléchantes – Dune, le dernier James Bond malgré Léa Seydoux, Matrix IV – j’ai retrouvé l’envie d’aller au cinéma et de voir de nouveaux films.

En effet, si l’on fait exception du premier volet de Kaamelott, qui était vraiment un impératif pour moi, je n’étais pas retournée au cinéma depuis la sortie du Joker avec Joaquin Phoenix.

Comme beaucoup, je me suis réfugiée durant toute cette période dans le visionnage en streaming ou dans le revisionnage de ce que j’avais sur mes étagères… avec, je l’ai dit, au mois de septembre, une bonne rétrospective de Claude Sautet et de Jean-Paul Belmondo.

Généralement mes lectures cinéphiles me donnent envie, quand le livre gagne son pari, de voir ou de revoir des films, d’enrichir ma culture cinématographique, d’approfondir un univers.

Le plaisir de la découverte

Ma bibliothèque étant bien garnie, il m’arrive souvent d’être en panne d’inspiration dans mes choix de lecture.

Je vais donc de plus en plus me tourner vers ce que je n’ai pas déjà, même s’il peut y avoir des coups de coeur et des exceptions – un énième livre sur Truffaut, Hitchcock ou Chaplin trouvera toujours sa place sur l’étagère.

Mais ces derniers temps, ce que j’ai recherché, ce sont les ouvrages qui me décodent les univers de réalisateurs plus récents, et que j’ai découverts plus tardivement, raison pour laquelle j’ai autant apprécié le livre de Philippe Lombard sur Quentin Tarantino.

C’est aussi pour cela que je considérerai avec davantage de curiosité un livre sur Wes Anderson, sur les sœurs Wachowski,  sur David Fincher ou sur Christopher Nolan.

En ce qui concerne les trois derniers univers mentionnés, ils ne font pas partie à l’origine de ce que j’avais l’habitude de regarder. Ces dernières années m’ont permis d’élargir mes horizons cinématographiques et de découvrir des œuvres vers lesquelles je ne serais pas allée naturellement…

Palmarès des nouveaux horizons

Dans ces découvertes je retiens principalement :

  1. l’univers des sœurs Wachowski cité précédemment (de Matrix à Sense 8 en passant par Cloud Atlas)
  2. les films de survie spatiale (je range dedans Gravity, Seul sur Mars et Interstellar)
  3. Seven sisters, que j’avais adoré, avec un gros coup de coeur pour Noomi Rapace
  4. La Forme de l’eau de Guillermo Del Toro
  5. les films de Christopher Nolan, du coup Interstellar apparaît à deux endroits…

Il y a évidemment bien d’autres films que j’ai vus ces dernières années (et je ne compte pas les séries), mais je ne garde ici que ceux qui m’ont véritablement sortie de ma zone de confort et qui ont constitué pour moi des claques aussi bien narratives que visuelles.

J’ai vu et revu Matrix, j’ai été bluffée par la beauté foisonnante de Sense 8. Pour les films spatiaux, qui ont parfois tendance à m’ennuyer, c’est le visuel et l’humour que je retiens avec Seul sur Mars, même si Interstellar joue dans plusieurs catégories (comme Jessica Chastain d’ailleurs)…

Seven sisters m’a subjuguée pour son jeu sur les différentes identités, La Forme de l’eau pour la beauté fascinante de son histoire. Quant à Nolan, il se suffit à lui-même.

Et comme d’habitude, quand quelque chose m’interpelle ou m’intrigue, j’aime me le rappeler ou qu’on me l’explique.

Décrypter Christopher Nolan

Qu’on me l’explique ou que du moins on tente de me l’expliquer, que je parvienne à en saisir certaines aspérités.

C’est ce que s’attache à faire l’auteur du petit ouvrage que je vais brièvement évoquer maintenant, Timothée Gérardin.

Son Christopher Nolan : La possibilité d’un monde a été publié une première fois en 2018 et est ressorti en avril dernier, pour inclure Tenet à son corpus.

Je n’ai pas encore vu tous les films de Nolan, et même si je les avais tous vus, ce n’est pas un premier visionnage de ceux qui me manquent qui me permettrait de les appréhender correctement.

J’ai cependant vu une bonne dizaine de fois (si ce n’est plus) les autres, à savoir : la trilogie  The Dark Knight, Inception et Interstellar.

À l’heure où j’écris cet article, Tenet est toujours sur mon étagère, à attendre patiemment que je me décide à le regarder…

J’ai donc ouvert l’ouvrage de Timothée Gérardin avec beaucoup de curiosité et un peu d’appréhension, mais j’ai vite été embarquée dans ce labyrinthe captivant que constitue l’univers de Nolan, et c’est une phrase au milieu des autres qui a fini d’emporter mon adhésion :

On retrouve ici le plaisir double des films de Nolan, qu’on voit une première fois pour les croire, et une seconde fois pour les comprendre.

À en juger par le nombre d’articles et de théories publiés à la sortie d’Inception, puis à celle d’Interstellar, ce dont se souvient comme moi l’auteur du livre, la seconde fois ne suffira jamais…

Et c’est tant mieux !

Sauf pour Tenet qui fait partie de ma période creuse au cinéma, quand je sais qu’un film est de Nolan, cela est suffisant pour me décider à le voir (comme avant lorsqu’il s’agissait de Ridley Scott, mais il y a eu trop de loupés et c’est un autre débat).

Nolan me procure ce sentiment d’évasion et cette envie compulsive de comprendre son univers, tout en me poussant à aller plus loin.

Je n’ai compris les trois temporalités de Dunkerque qu’au milieu du film et c’est ce qui a fini de me convaincre que j’avais affaire à un génie.

L’ouvrage de Timothée Gérardin me conforte dans cette idée parfaitement impartiale…, d’une manière concise et efficace :

  • un prologue présentant le parcours de Nolan
  • 3 parties sur les différents aspects de son cinéma : « Le labyrinthe des subjectivités », « Le maître des illusions », « Humains après tout »
  • un épilogue ouvrant sur les expérimentations à venir

Cet épilogue présente Nolan comme à contre-courant de cinéastes que j’ai cités précédemment, comme Fincher ou les Wachowski, et surtout « à contre-courant des blockbusters récents ».

Il est certain que si je regardais avant avec plaisir les anciens X-Men, les « fabriques du héros » qu’ont été les premiers volets des Captain America ou de Iron Man, les facéties parodiques d’un Deadpool, les aventures de Spiderman version Andrew Garfield, les tribulations bien rythmées des Gardiens de la galaxie, c’est maintenant avec lassitude que je vois sortir chaque poussée tentaculaire de l’univers Marvel…

… et si je continue à leur trouver un petit plaisir régressif ou à savourer le fait de déconnecter mon cerveau en les regardant, ils ne me stimuleront et n’aiguiseront ma curiosité jamais autant que le prochain Christopher Nolan.

Je profiterai des prochaines vacances pour voir enfin Tenet, et lire le livre qui fera l’objet du prochain compte-rendu de lecture.

D’ici là, je vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

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