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Blog pour cinéphiles et profs docs

Auteur : juliettefiliol (Page 1 sur 73)

Hors-série 1 : conseils de lecture estivaux

Pour cet été, je vous propose sur Cinephiledoc deux hors-série en écho avec les articles qui seront proposés sur LudoDOC : en effet, nous avons décidé, avec mes comparses Béatrice, Bénédicte, Fabienne et Sophie, de publier sur LudoDOC nos projets de lectures de cet été (nos PAL).

Vous retrouverez donc ici les ouvrages que je compte lire durant l’été. Sur Cinephiledoc, j’ai décidé de vous proposer cet été une petite sélection des livres que j’ai lus durant l’année scolaire 2020-2021 et qui m’ont particulièrement marquée.

Cet article est un peu à la manière de la présentation que je propose à mes collègues, mes « Conseils de lectures de la #profdoc », mais je donnerai ici à ces conseils un tour un peu plus personnel et plus sélectif.

Ce petit tour d’horizon sera l’occasion de quelques clins d’œil amicaux, car la plupart de mes coups de cœur de cette année m’ont été recommandés par des profs docs et des paddocks que j’affectionne.

Les conseils estivaux de Bénédicte

Parmi les profs docs que je côtoie, il y a quelques profs docs de l’académie de Montpellier, bibliovores narbonnais et carcassonnais toujours à l’affut de belles expériences de lectures.

Je dois l’été dernier à Bénédicte certaines de mes plus belles découvertes, avec des textes souvent assez courts mais dont la qualité d’écriture m’a régulièrement laissée sans voix… Parmi ses nombreux conseils, j’en retiendrai deux :

  • l’évocation de Romain Gary par François Henri Désérable dans Un certain M. Piekielny :

« »Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.»

  • les textes fulgurants d’Alessandro Baricco, Novecento : pianiste et Soie, qui m’ont donné envie de tout découvrir de cet auteur :

Né lors d’une traversée, Novecento, à trente ans, n’a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l’Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d’un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n’appartient qu’à lui : la musique de l’Océan dont l’écho se répand dans tous les ports.

Des facéties d’auteurs pour s’évader

Je triche un peu dans ce second regroupement, car je dois à nouveau la lecture suivante à Bénédicte, mais il s’agit de trois ouvrages pleins d’originalité, de drôleries et d’inventions.

  • le livre qui rend hommage aux livres mis au pilon : Le Liseur du 6h27, de Jean-Paul Didierlaurent (ou comment ne pas aimer un livre dont le nom du héros est une contrepèterie…)

Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d’une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine …

  • un hommage savoureux, irrésistible et attendri aux polars et aux films noirs avec Lino Ventura, Mamie Luger de Benoit Philippon, un conseil de lecture de Johann Jambu, collègue profdoc dans l’académie de Dijon : Johann, un grand merci pour la crise de fou-rire ininterrompue d’un bout à l’autre de cette pépite !

Six heures du matin, Berthe, cent deux ans, canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures, l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger passe aux aveux et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de veuve noire et de nazi enterré dans sa cave. Alors aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de dupes joue la vieille édentée, mais il sent qu’il va falloir creuser. Et pas qu’un peu.

  • et à propos de polar, voici l’ouvrage que j’ai réussi à faire le plus circuler parmi les paddocks lecteurs du lycée : une aventure facétieuse organisée par Romain Puértolas : La Police des fleurs, des arbres et des forêts 

Durant la canicule de 1961, un officier de policier est envoyé en mission dans un petit village reculé. Il doit enquêter sur la mort de Joël, 16 ans dont le corps a été retrouvé découpé en morceaux dans une usine à confiture…

Les conseils de lectures des paddocks du lycée (1)

Cette année, j’ai eu le bonheur de voir qu’un petit réseau de profs lecteurs s’organisait au lycée et commençait à s’échanger quelques ouvrages… nous avions d’ailleurs évoqué l’idée d’organiser des cafés littéraires, qui se sont déroulés deux fois à distance.

C’était aussi la première année qu’en plus d’emprunter régulièrement des livres au CDI, certains (ou pour être plus exactes certaines) m’en ramenaient pour me les prêter : j’ai donc pu découvrir quelques pépites, que je vous partage ici en partie dans ce premier hors-série, et dont vous découvrirez le reste le mois prochain !

  • les fresques historiques de Stéphanie : Dans la main du diable d’Anne-Marie Garat, La Part de l’aube et Le Soleil sous la soie (mon préféré) d’Éric Marchal 

À l’aube du XVIIIe siècle, un des plus petits États d’Europe, le duché de Lorraine, se relève de l’occupation française, dans l’espoir de connaître une génération de paix. Nicolas Déruet est chirurgien ambulant. Emprisonné à la suite d’une opération durant laquelle le patient est décédé, il est obligé de s’exiler dans les armées de la coalition en guerre contre les Turcs. De retour à Nancy, il développera son art à l’hôpital Saint-Charles et n’aura de cesse de laver son honneur.

  • l’escapade dépaysante d’Antonella : Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa 

Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.

C’est sur cette aventure insolite, qui m’a conduit aux abords de l’environnement familier des copains du sud (profs docs de l’académie de Montpellier, la boucle est bouclée) que je vous laisse pour ce premier hors-série, en vous souhaitant à nouveau un bel été, au plaisir de vous retrouver pour de nouveaux conseils de lectures au mois d’août.

N’hésitez pas à partager vos conseils de lectures en commentaires et à très bientôt sur Cinephiledoc !

Juin 2021 : séances et animations du CDI

Pour ce dernier article de l’année scolaire, je vous présente les activités menées entre le 28 mai et le 25 juin, avec les dernières publications sur le blog du CDI, les ultimes séances menées avant la fin des cours et les traditionnelles tâches de fin d’années (gestion, bilan).

Séances et actions pédagogiques

J’indique ici les actions pédagogiques menées entre le 28 mai et le 25 juin, à savoir des petites visites éclair pour évaluer des travaux en SNT, la participation à une « BATTLE » sur des sujets d’actualités en HGGSP à l’invitation d’une collègue et la séance menée en HGGSP 1ère que j’avais déjà évoquée dans l’article du mois de mai.

Concernant cette séance, j’ai tardé à la présenter pour une raison très simple : il s’agissait d’une séance qui, lorsque je l’ai construite, permettait d’introduire l’axe thématique « S’informer » en HGGSP 1ère. J’espérais également la reproduire pour un autre groupe, cette fois afin de conclure l’axe thématique, et ainsi pouvoir comparer les deux approches. Des contraintes de calendrier ne l’ont pas permis.

La séance introductive était construite de la manière suivante :

  • les élèves devaient choisir un atelier avec des activités à mener (7 ateliers leurs étaient proposés : l’agence France Presse, le fact-checking, l’emballement médiatique, 2 ateliers sur le traitement d’une information, les lanceurs d’alertes et les théories du complot)
  • une fois les activités réalisées, un rapporteur est désigné pour chaque groupe pour présenter l’atelier aux autres groupes
  • les données collectées permettent un débat en fin de séance sur les avantages et les inconvénients de l’information à l’heure d’internet

Je vous partage ci-dessous le modèle de la collection pearltrees mis à disposition des élèves :

L’autre action pédagogique menée durant cette période et que j’avais déjà mentionnée précédemment, c’est une présentation des enseignements de spécialités proposés par mon lycée.

Cette présentation devait normalement venir en appui d’un forum des spécialités organisé par les élèves du CVL. Ce forum devait avoir lieu au mois d’avril et, du fait du décalage des vacances scolaires et de la mise en place du distanciel avant et après ces vacances, il n’a pas pu avoir lieu.

La présentation a été publiée sur le blog du CDI et sur le site du lycée :

Sélections thématiques et valorisation du fonds

Comme nous n’avons plus d’élèves depuis le 9 juin (fin de cours) et que les collègues se font rares, nous avons néanmoins traité la dernière commande arrivée au CDI et nous avons installé différentes sélections afin que le CDI n’ait pas l’air trop vide…

Voici l’ensemble des sélections proposées :

  • des nouveautés en mangas
  • des acquisitions en langues étrangères (anglais) et en littérature contemporaine
  • quelques ressources en lien avec les spécialités (principalement en HGGSP) sur les relations internationales, le patrimoine…
  • une sélection culturelle proposée par Lucile
  • une sélection pour préparer les journées du patrimoine au mois de septembre

Point presse

La semaine du 14 juin, alors que nous étions en plein récolement, des collègues d’économie-gestion sont venues nous voir pour nous proposer de rapatrier au CDI un certain nombre d’abonnements que l’équipe recevait dans une salle séparée (Les Cahiers français, Management, Marketing, L’Usine nouvelle et Point de vente).

Nous avons donc consacré du temps pour installer ces nouvelles ressources au CDI : libérer des casiers dans le kiosque presse, mettre à jour la signalétique des périodiques (qui avait déjà été actualisée au mois de décembre), archiver en réserve du CDI les numéros les plus anciens.

Afin de créer ou de renouveler des collaborations à la rentrée autour de la presse, nous avons ensuite travaillé sur des présentations par « pôles disciplinaires » : une présentation générale sur l’actualité que vous trouverez ci-dessous

et quatre autres présentations plus spécifiques :

  • économie,
  • histoire-géo,
  • sciences
  • sciences humaines

Chaque présentation permet de s’adresser à un groupe de disciplines déterminé mais les enseignants concernés peuvent également consulter les autres domaines.

Nous avons transmis la présentation « économie » à l’équipe d’éco-gestion, les autres seront transmises à la rentrée aux autres équipes.

Récolement et bilan d’activités

Le fonds ayant été quasiment intégralement équipé en codes-barres (sauf le rayon spécimens parce que… ça me gonfle) nous avons pu procéder cette année au récolement avec douchette de l’ensemble des rayons documentaires et fictions ainsi que du kiosque ONISEP.

Il nous manque quelques ouvrages que deux ou trois élèves de terminale n’ont pas rapporté, mais dans l’ensemble, nous avons pu récupérer presque tous les documents du CDI.

La période étant assez riche en activités à l’extérieur (et nous ne savions pas si nous serions convoquées pour le grand oral), nous avons mis la dernière main au bilan d’activités la première semaine de juin.

Le bilan a été transmis sur la liste de diffusion du lycée dans le dernier numéro de l’année de l’E-INSTANT CDI :

Autres activités (réunions, stages, déplacements)

La période a été des plus riches de ce point de vue là ! Petit aperçu rapide :

  • 28 et 31 mai : stage Jouer au CDI à distance avec ma comparse Émilie Baille
  • 7-13 juin : participation au jury du CAPES externe à Reims
  • 17 juin : apéro virtuel des LudoDOC

Concernant le stage Jouer au CDI, deux sessions en présentiel devaient à l’origine être organisées dans nos établissements respectifs.

Au vu de la situation, nous avons décidé avec Émilie de regrouper les deux sessions et de les mener sur deux jours à distance, ce qui était certes très sympathique, mais restait tout de même frustrant au regard de la thématique de ce stage.

Je vous partage ici deux ressources proposées à l’issue de ce stage :

Enfin j’en termine, comme depuis janvier, avec la préparation et la publication d’articles sur le site du collectif LudoDOC. Durant cette période, deux articles ont étaient prévu :

  • un nouvel épisode d’histoire numérique de la documentation sur l’élaboration de scénarios pédagogiques avec une confrontation de pratiques entre paddocks (mathématiques, français, éco-gestion) et profs docs (avec les participations de Claudine, Irène et Anne-Lise)
  • un article d’Audrey Démonière-Rouvel sur ses actions en EMI

À venir : la pile de lecture estivale et les lieux de lecture des #LudoDOC.

D’ici là, je vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc, pour les deux hors-série, qui cette année seront normalement consacrées à des conseils de lecture.

Très bel été à toutes et tous !

Un tour du monde qui rime

Pour ce dernier compte-rendu de lecture avant ma traditionnelle pause estivale – avec deux hors-série qui, cette fois-ci, seront un peu moins ambitieux que d’habitude – j’ai décidé de vous proposer un article qui, dans sa construction et dans son esprit, fonctionnera en parallèle du compte-rendu de septembre.

Écriture des articles cinéphiles

Commençons par un petit constat, avant de vous en dire plus : il y a un peu plus d’un an, alors que nous entrions en période de confinement, j’ai profité des vacances d’avril, puis de l’été, et enfin de la fin du mois d’octobre, pour prendre une certaine avance sur la rédaction de mes comptes-rendus de lecture.

Ainsi, à l’été 2020, j’avais déjà réussi à écrire tous mes articles cinéphiles prévus pour 2020, puis à l’automne, j’avais déjà bien avancé l’écriture des comptes-rendus allant de janvier à avril. En janvier 2021, j’ai réussi à prendre un petit peu de temps pour écrire l’article précédent, l’épisode 2 consacré aux BD et au cinéma.

Arrivée au mois d’avril, il me restait donc cet article à rédiger, et je voulais également avancer sur les hors-série estivaux.

Pourquoi une telle avance ? Parce que la lecture des ouvrages que je mentionne dans ces articles, et la rédaction de ces derniers me prennent généralement plus de temps que l’écriture des articles #profdoc. Je profite donc à chaque fois de mes moments de liberté pour avancer le plus possible.

C’est cependant en avril de l’an dernier que j’ai eu l’idée de cet article, qui aurait pu paraître successivement en mai, en novembre, puis en avril 2021, voire en octobre…

Une lecture et une écriture à reBONDissements

Vous l’avez compris à la lecture de ce titre, cet article portera en grande partie sur la saga James Bond, même si pour des raisons évidentes (et d’autres plus personnelles sur lesquelles je reviendrai plus bas) je n’aurai, au moment de publier ce compte-rendu, toujours pas vu No time to die…

  • 16 février 2019 : une première date de sortie du film est annoncée pour le 8 avril 2020
  • 4 mars 2019 : la UK’s Film Distributors Association annonce que le film sortira au Royaume-Uni le 

Bon, un an à patienter, je suis convaincue qu’en 2019, je ne comptais pas les jours comme l’auraient fait certains fans en me disant : dans un an, sortie du prochain James Bond.

Mais j’avais tout de même suivi certains débats, et je me désespérais déjà du retour de Léa Seydoux en James Bond girl, preuve que je n’étais pas non plus totalement indifférente…

  •  : suite à la pandémie de Covid-19 et devant les craintes d’un mauvais démarrage, les sociétés de production annoncent repousser la sortie au  au Royaume-Uni, et au  pour les États-Unis

Là, évidemment, les échéances approchant, l’annonce avait fait partie des mauvaises nouvelles de la période, d’autant qu’en parallèle de la sortie du film devait être publié l’ouvrage qui fait l’objet de cet article.

Donc je prends mon mal en patience (comme tout le monde) et je repousse cette idée d’écriture à plus tard…

  • la sortie est cette fois repoussée au  en France. Pour ajouter à la poisse accumulée par l’univers James Bond, Sean Connery décide de nous quitter le 31 octobre.

Et là, pour le coup, l’ouvrage qui m’intéresse paraît finalement. Un bref instant fin octobre je pense à bousculer mon calendrier et à sortir un article James Bond / Sean Connery en novembre 2020, puis je me résous à attendre le printemps 2021…

  • suite à la prolongation de la crise sanitaire et aux fermetures prolongées des cinémas, le film est de nouveau reporté au  aux États-Unis et le  en France

Cette fois-ci, tant pis, je décide de garder mon article pour le mois de juin, en me disant qu’à défaut d’avoir vu le dernier James Bond, je pourrai tout de même :

  1. parler de Sean Connery
  2. parler de James Bond
  3. proposer des escapades dans différents endroits du monde…

Enfin en avril 2021 me vient cette idée d’une construction similaire pour l’article de juin et l’article de septembre : un acteur / un univers cinématographique / une escapade ici ou ailleurs.

Pourra-t-on voir le dernier James Bond en octobre prochain ? Je l’ignore mais je croise les doigts, pas tant parce que je suis une inconditionnelle de la saga, que parce que cela voudra dire que les cinémas auront enfin rouvert et que peut-être (je dis bien peut-être) cette période si particulière sera enfin derrière nous !

Un hommage avec retard…

La disparition de Sean Connery aura été l’un des événements (hors Covid, confinement, couvre-feu et autres joyeusetés) qui m’aura le plus marquée fin 2020 – comme m’avait marquée celle de Juliette Gréco, peu de temps avant, et comme a pu le faire celle du prince Philip en avril dernier.

Juliette Gréco, à cause du prénom et d’une rencontre dans sa loge quand j’avais 14 ans (il me semble), et même si j’ai progressivement remplacé son répertoire par celui de Nina Simone ou de Lady Gaga, celui-ci me reste néanmoins en tête.

Le prince Philip, parce que ma fascination pour l’histoire britannique n’est plus un secret pour personne.

Et Sean Connery, parce que depuis Highlander, j’étais persuadée qu’il était immortel… non, plus sérieusement : il faisait à mes yeux partie de ces figures cinématographiques tutélaires qui ne peuvent pas disparaître.

Je l’ai certes apprécié dans James Bond, j’aurai l’occasion d’y revenir, et si je suis loin d’avoir fait le tour de toute sa filmographie, voici les quelques films qui sont pour moi inoubliables :

  • 1964 : Marnie, d’Alfred Hitchcock. Alors oui, certainement pas le meilleur Hitchcock ni le meilleur rôle de Sean Connery, mais c’est le seul film hors saga James Bond que j’ai vu de cette période de sa carrière (avec Le Jour le plus long, mais il n’y fait qu’une apparition parmi un casting qui fait tourner la tête)
  • 1974 : Le Crime de l’Orient-Express, de Sidney Lumet. Là encore casting prestigieux, et je l’adore en colonel Arbuthnot, même si ma préférence va à Lauren Bacall en Mrs Hubbard. Je n’ai pas vu l’incroyable Zardoz, ni La Rose et la flêche, ni L’Homme qui voulait être roi, ce qui manque cruellement, je l’avoue, à ma culture cinéphile.
  • 1986 : Le Nom de la rose, l’un de mes films préférés. Rien à dire de plus, je l’adore ! Même période, 1989, Indiana Jones et la dernière croisade, avec cette réplique mémorable : « I suddenly remembered my Charlemagne : « Let my armies be the rocks, and the trees, and the birds in the sky.« 
  • 1990 : À la poursuite d’Octobre rouge, découvert tardivement, mais que je pourrais voir et revoir indéfiniment !
  • 2001 : À la rencontre de Forrester, son dernier grand rôle, et paradoxalement l’un des premiers rôles, hors saga James Bond dans lesquels je l’ai découvert, j’avais 15 ans à la sortie du film et celui-ci est resté l’un de mes films cultes.

Revenons-en à James Bond

Désamorçons tout de suite les bombes Bond avant qu’elles n’explosent : oui, les premiers épisodes de la saga sont misogynes, comme l’est le personnage, oui les femmes sont considérées comme des objets, oui c’est un alcoolique et un obsédé sexuel, oui à quand un James Bond noir ou un James Bond femme…

Et pourtant, j’aime cette saga. Alors certes, je n’ai pas tout vu, j’ai principalement vu la période Sean Connery puis Pierce Brosnan et Daniel Craig (donc il me manque un intérim et deux incarnations si l’on compte bien), mais globalement, voici les trois que je retiens :

  • Goldfinger : parce que Sean Connery, mais aussi parce que Honor Blackman en James Bond girl, que j’ai toujours adorée. Pour la chanson de Shirley Bassey et pour l’intrigue aussi.
  • Période Pierce Brosnan, j’hésite, mais je reste sur Goldeneye parce qu’il y a Sean Bean en traître et j’aime Sean Bean
  • Enfin, aucune hésitation pour la période Daniel Craig, c’est Skyfall : déjà la chanson d’Adèle, pour l’intrigue passionnante, pour Javier Bardem, pour la dernière apparition de Judi Dench en M, pour la première apparition de Ralph Fiennes en M, pour l’Écosse, bref c’est l’un de mes derniers James Bond préféré…

Je passe sur Spectre, qui, hormis sa fabuleuse scène d’ouverture pendant le jour des morts à Mexico, m’a incroyablement déçue pour deux raisons : d’abord pour avoir complètement sous-employé Christoph Waltz en méchant, et ensuite, vous l’aurez compris, pour Léa Seydoux, ce qui fait que je n’attends pas vraiment No time to die avec autant d’impatience qu’on le pourrait…

Il y avait néanmoins quelque chose que j’attendais avec impatience en 2020, c’était la sortie du livre dont je vais parler maintenant.

Tour du monde avec James Bond

Il s’agit donc d’un ouvrage dont la publication était initialement prévue pour avril 2020. J’avais vu passer l’information sur Twitter, et j’avais ajouté le livre dans ma liste de lectures.

Sa sortie retardée ne m’a, pour le coup, que donner plus envie de l’avoir entre les mains. Enfin, dès sa publication le 7 octobre 2020, je l’ai commandé.

Il s’agit, comme vous pouvez le voir ci-dessus, de Bons baisers du monde, de Guillaume Evin et Laurent Perriot, aux éditions Dunod.

Tant pour la publication de l’ouvrage que pour le livre en lui-même, il s’agit, de mon point de vue, d’un coup de maître de la part des auteurs et de l’éditeur.

D’abord, parce qu’en dépit de la sortie maintes fois retardée du dernier film, ils ont créé un compte Twitter et un compte Instagram qui n’a cessé de donner envie de s’évader et de découvrir les lieux de tournage de James Bond – et dans une période de confinement où les voyages n’étaient pas vraiment à l’ordre du jour, il fallait le faire :

Ensuite, parce qu’une fois cet atlas si particulier entre les mains, il est effectivement difficile de le lâcher.

On y retrouve un chapitre pour chaque film, avec une fiche technique, un aperçu du contexte du film et du tournage et l’itinéraire détaillé des personnages durant le film. On s’amuse donc à découvrir ou redécouvrir les lieux en question et à s’évader en suivant leurs traces.

Exemples avec Goldfinger :

Personnellement j’ai adoré suivre l’itinéraire de Sean Connery, Pierce Brosnan et Daniel Craig, sur les cartes proposées dans chaque chapitre, et cette escapade aux quatre coins du monde m’a vraiment dépaysée…

… comme j’espère qu’elle vous dépaysera et vous permettra de profiter pleinement de l’été à venir, pour des voyages qui iront au-delà des salles obscures !

Je vous souhaite un très bel été et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Mai 2021 : séances et animations du CDI

Contrairement à l’article du mois d’avril publié quelque peu prématurément, je publie cet article à la toute fin du mois : il présentera les activités menées durant la période du 26 avril au 28 mai.

Du fait de quelques jours fériés se promenant par ci par là, et de quelques activités à l’extérieur ou à distance, je ne pense pas que cette présentation sera très longue, d’autant que je vais essayer également d’équilibrer cet article avec celui du mois juin, qui comportera nécessairement moins de séances pédagogiques et durant lequel je serai aussi prise à l’extérieur du lycée.

Séances et actions pédagogiques

J’indique ici les actions pédagogiques menées entre le 26 avril et le 28 mai, exception faite d’une séance menée en HGGSP 1ère que je garde pour le mois de juin (désolée Irène, j’avais promis de la présenter à la fin du mois, j’expliquerai au mois de juin ce choix de dernière minute).

  • Oraux blancs de grand oral en HGGSP Terminale : à l’invitation d’une de mes collègues d’HGGSP, j’ai assisté à ces oraux blancs. Pour faire passer l’ensemble des élèves de la classe selon un format réduit (5 minutes de présentation et 5 minutes de reprise avec évaluation par un camarade de la classe), il nous a fallu près de 5h30. Je devais normalement faire quelques séances avec une autre collègue d’HGGSP pour sa classe, et en partageant les créneaux avec Lucile, pour des raisons d’emploi du temps, mais plusieurs de ces séances ont été annulées à cause des fermetures de classe.
  • Présentation des travaux réalisés par les élèves de latin en seconde. Il s’agit ici d’une petite heure durant laquelle les élèves ont présenté les fruits de leurs recherches sur les Panathénées, dans le cadre d’un projet mené par ma collègue de latin et un collègue d’histoire-géo.
  • SNT en seconde : thématique Réseaux sociaux. J’ai été sollicitée par les collègues ayant en charge deux classes de SNT. Je vais détailler ci-dessous les modalités d’organisation de cette collaboration.

En effet, il était prévu que j’intervienne auprès de ces deux classes un peu avant les premières dates des vacances de Pâques.

Du fait de la mise en place des deux semaines à distance, avant la reprise du 3 mai, nous avons revu l’organisation de ces séances (que nous avions menées entièrement à distance l’an dernier) en ayant en tête soit un retour en présentiel, soit un prolongement du distanciel.

Étant données les hautes performances de l’ENT durant cette période, nous avons préféré faire travailler les élèves directement sur Pearltrees (nous avions utilisé l’an passé un blog sur l’ENT). J’ai donc créé pour les deux classes une collection pearltrees, dont je propose le modèle ci-dessous :

J’ai retiré évidemment la majorité des travaux déposés par les élèves, à l’exception de quelques présentations de réseaux sociaux, pour vous donner une idée des attendus de l’exercice.

Expositions thématiques

Comme le mois précédent, j’indique ici par un code couleurs les actions menées par Lucile (en vert) et les actions que j’ai pu mener (en violet).

Je distingue les expositions thématiques, liées à un événement particulier, des valorisations du fonds présentées plus bas, qui font suite à des acquisitions récentes.

  • Bicentenaire Baudelaire

Pendant la période de distanciel, j’ai travaillé sur un visuel autour du bicentenaire de la naissance de Charles Baudelaire. Cette présentation a été réalisée sur Genial.ly, puis publiée sur le blog du CDI :

Comme nous avons ensuite repris en présentiel, j’ai pu installer une sélections de documents en lien avec cette présentation :

  • 2021 : Année Napoléon

Là encore, j’ai réalisé la présentation cliquable pendant la semaine de distanciel (du 26 au 30 avril), en ayant l’idée en tête de proposer une sélection de ressources de retour au CDI :

Voici l’exposition une fois installée :

  • Mission Alpha / Star Wars Day

Toujours en prise sur l’actualité, notamment via sa revue de presse dont je mettrai le lien plus bas, Lucile a proposé une sélection de documents autour de la mission Alpha et de Thomas Pesquet :

Elle a valorisé cette sélection, comme je l’ai indiqué, dans un numéro de la revue de presse qu’elle propose de manière hebdomadaire sur le blog du CDI depuis le mois de mars :

De mon côté, j’ai proposé de manière quelque peu improvisée une sélection autour de Star Wars le 4 mai :

L’affiche proposée a été réalisée sur Canva.

  • Journée nationale des mémoires de la traite et de l’esclavage et de leurs abolitions (10 mai)

De la même manière, Lucile a proposé une sélection de ressources autour de la journée du 10 mai :

puis elle a communiqué autour de cette journée, à nouveau dans sa revue de presse, avec un focus spécifique sur la question :

Valorisation du fonds

  • Côté fiction : acquisitions récentes et focus sur une sélection fantasy

Depuis le mois de mars, il nous restait encore quelques nouveautés à valoriser. Pour le retour en présentiel, nous avons choisi de les mettre directement en avant à l’entrée du CDI :

J’en ai profité pour poster sur le blog un visuel que j’avais depuis quelques temps sous le coude et que je n’avais pas encore publié :

Ce visuel a été réalisé sur Canva.

  • Poursuite des zooms sur le développement durable / valorisation du fonds DVD

De son côté, Lucile a proposé de nouvelles valorisations autour du développement durable, en s’appuyant également sur l’ouverture du prêt des DVD aux élèves :

  • Focus santé / Focus entreprise

Enfin, Lucile a proposé des sélections autour de la santé et de l’entreprise, avec à chaque fois un visuel publié sur le blog du CDI :

Communication

  • Revue de presse hebdomadaire 

Comme je l’ai indiqué plus haut et dans l’article du mois d’avril, Lucile propose une revue de presse publiée tous les mercredis, avec un focus sur les périodiques reçus et sur une question d’actualité.

J’ai présenté plus haut deux des numéros proposés, en voici deux autres publiés durant cette période :

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Outre les revues de presse hebdomadaires, les articles reviennent sur les actions menées évoquées plus haut. Dans l’ordre : bicentenaire Baudelaire, année Napoléon, sélection fantasy, ouverture du prêt des DVD aux élèves, focus santé / focus entreprise, et sélections autour du développement durable.

  • Café littéraire virtuel : deuxième édition

Le 30 avril, j’ai organisé sur Jitsi un deuxième café littéraire. Une fois encore (après le premier temps organisé le 9 avril), il s’agissait pendant une heure de présenter des coups de coeur de lecture récent.

Pour ces cafés littéraires, je m’appuie toujours sur ma présentation « Conseils de lecture de la profdoc » que je mets régulièrement à jour :

  • Lettre de diffusion E-INSTANT : zoom du mois de mai

Comme je l’indiquais en mars et avril, j’ai changé de mise en forme pour cette lettre de diffusion, avec désormais une page d’accueil :

les trois rubriques Éducation, Culture et Numérique qui sont modifiés d’un tiers par semaine en temps normal (étant donnés les jours fériés et mes absences du mois de mai, je n’ai fait qu’un E-INSTANT ce mois-ci) et un focus mensuel spécifique.

Après un premier zoom consacré à la semaine de la presse en mars et un deuxième consacré au CDI à distance en avril, j’ai proposé début mai un numéro de l’E-INSTANT consacré aux enseignements de spécialités et aux épreuves du bac 2021 (dans l’état actuel de leur déroulement).

Vous retrouverez en juin une présentation plus détaillée du visuel sur les spécialités proposé dans ce focus.

Anticipation des tâches de fin d’années et autres joyeusetés

Je glisse ici les différentes activités réalisées entre le 26 avril et le 28 mai.

  • traitement du courrier du mois d’avril (deux jours pour bulletiner l’ensemble)
  • du coup cela m’a bien rappelé d’interrompre les abonnements des quotidiens pour la période juillet-août
  • réception des premiers spécimens pour les collègues (youpi)
  • informations sur l’arrêt des prêts, gestion des retards
  • propositions de deux commandes (à réceptionner certainement très prochainement)
  • anticipation et début de rédaction du bilan d’activités de l’année

Autres activités (réunions, stages, déplacements)

La période a été des plus riches de ce point de vue là ! Petit aperçu rapide :

  • 30 avril : café littéraire virtuel
  • 12 mai : séminaire des IAN documentation
  • 17-21 mai : participation au jury du CAPES interne à Reims
  • 28 et 31 mai : stage Jouer au CDI à distance avec ma comparse Émilie Baille (je ferai un petit point dessus dans l’article de juin)

Enfin j’en termine, comme depuis janvier, avec la préparation et la publication d’articles sur le site du collectif LudoDOC. Durant cette période, deux articles ont été publiés :

À venir : un nouvel épisode d’histoire numérique de la documentation (celui-ci va être bien costaud, avec plusieurs contributions) et un article d’Audrey Démonière-Rouvel sur ses actions en EMI !

D’ici là, je vous souhaite un bon mois de juin et je vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

BD et cinéma (épisode 2)

Pourquoi « épisode 2 » ? J’avais déjà consacré il y a un petit moment un article à une bande-dessinée qui évoquait le cinéma : La Parole du muet.

En effet, les rencontres entre septième et neuvième arts, si elles restent relativement rares, n’en demeurent pas moins fascinantes. Et encore, relativement rares… seulement d’un côté : disons que chacun de ces deux arts a tendance à observer l’autre.

Bandes-dessinées et story-boards

La bande-dessinée emprunte au cinéma l’idée de scénario et de mouvements, ce dynamisme et cette énergie qui font passer d’une case à l’autre sans que le lecteur s’en rende compte.

Le cinéma emprunte à la bande-dessinée le story-board, qui permet de planifier l’ensemble des plans qui constitueront le film.

Je renvoie les intéressés à l’exposition en ligne de la Cinémathèque française consacrée au story-board.

Storyboard de Psychose, la scène de la douche, réalisé par Saul Bass, également auteur du générique

Voici en outre quelques petites pépites glanées dans mes recherches :

Si j’avais déjà évoqué BD et cinéma, il ne me semble pas avoir déjà parlé de storyboard, mais ce n’est cependant pas le sujet de cet article…

Reprenons : les BD empruntent au cinéma le mouvement, le cinéma emprunte à la bande-dessinée le découpage.

En revanche, si l’on retrouve un certain nombre d’adaptations (plus ou moins heureuses) de bandes-dessinées au cinéma, le cinéma est, à ma connaissance, encore relativement peu abordé dans la bande-dessinée.

Hormis les références proposées par le génial Gotlib dans ses Dingodossiers et autres albums, la première fois que j’ai pu lire un scénario de bande-dessinée consacrée au septième art, c’était avec cette fameuse Parole du muet que j’évoquais plus haut.

La collection 9 ½ de Glénat

Et puis j’ai vu apparaître cette collection chez Glénat : la collection 9 ½.

Sur le site de l’éditeur, elle est décrite comme suit :

Collection de romans graphiques consacrée aux grandes figures du cinéma : réalisateurs et acteurs. Co-dirigée par Noël Simsolo, éminent spécialiste du cinéma et auteur d’ouvrages de référence sur le sujet, cette collection offre à la fois un panorama large de l’histoire du cinéma aux lecteurs et une totale liberté de création aux auteurs qui y participent, puisque la pagination et le traitement graphique des ouvrages sont libres.

Les deux premiers ouvrages publiés n’ont pas vraiment retenu mon attention : il s’agissait d’albums sur Sergio Leone puis sur Lino Ventura.

Le troisième, consacré à Hitchcock, m’a presque tentée. Je me souviens l’avoir feuilleté, hésitant à l’acheter. J’avoue que c’est le style du dessin qui m’a freinée.

Quand je lis une bande-dessinée, hormis les « madeleines » de l’enfance que sont les classiques franco-belges (Astérix, Tintin, Lucky-Luke, Gaston Lagaffe, Blake et Mortimer…), j’ai besoin d’être attirée par le travail du dessinateur.

Pour Hitchcock, si le choix du noir et blanc m’avait séduite, il n’y avait pas eu de déclic supplémentaire  qui m’aurait convaincue. Cependant, j’avais constaté qu’enfin, une collection de bandes-dessinées (ou de romans graphiques si vous préférez) se consacrait exclusivement au septième art, co-dirigée par Noël Simsolo.

Le nom me disait quelque chose, je décidais d’aller à la pêche aux informations :

Né en 1944, le curriculum-vitae du monsieur est assez impressionnant. Critique cinématographique, scénariste de bande-dessinée (justement), auteur d’essais. C’est là que je le retrouve, notamment auteur d’un ouvrage sur Clint Eastwood paru aux éditions des Cahiers du cinéma, et d’un Dictionnaire de la Nouvelle vague publié en 2013 chez Flammarion.

Metteur en scène de théâtre (et acteur), intervenant à la radio (et producteur), également auteur de romans (avec une prédilection pour le polar), acteur pour le cinéma et la télévision, réalisateur et scénariste, bref Noël Simsolo est une espèce de touche-à-tout hyperactif.

De quoi susciter mon intérêt.

Et voilà qu’en août 2020, visitant l’exposition Louis de Funès à la Cinémathèque française, je tombe à la librairie devant le dernier ouvrage publié dans la collection 9 ½ de Glénat.

François Truffaut : personnage de bande-dessinée ?

Après Sergio Leone, Lino Ventura et Hitchcock, c’est à François Truffaut que cette collection avait décidé de consacrer un album.

Je guette régulièrement les ouvrages – fictions ou documentaires – qui décident d’aborder la vie ou l’oeuvre de François Truffaut, le dernier d’entre eux ayant fait l’objet d’un article sur ce site était L’Amie américaine de Serge Toubiana, qui reste l’un de mes meilleurs souvenirs de lecture pour l’année 2020.

En tenant entre les mains l’album publié chez Glénat, en le tournant et le retournant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être quelque peu réticente. Néanmoins, ma collectionnite aiguë a eu le dernier mot, et je suis ressortie de la Cinémathèque avec le François Truffaut, signé Simsolo pour le scénario et Marek pour le dessin et paru le 19 août 2020.

Un mot tout d’abord sur la couverture : elle est assez synthétique et a le mérite de faire apparaître trois éléments significatifs du cinéma de Truffaut : déjà Truffaut lui-même (au second plan), les jambes des femmes (au premier) et une Tour Eiffel en arrière-plan.

Le cinéphile averti reconnaîtra ces trois éléments et saluera le pouvoir évocateur de cette couverture. Et ensuite ?

Eh bien j’avoue n’avoir été convaincue ni par le dessin ni par le scénario.

Rendez-vous manqué

Laissons de côté le dessin, qui est une affaire beaucoup trop subjective : on accroche ou non à un style, à un trait, au travail d’un dessinateur. Je ne remets absolument pas en question la qualité du travail de Marek, simplement je n’ai pas eu de coup de coeur pour son dessin.

Concernant le scénario, qu’est-ce qui m’a interpellé ?

L’ouvrage s’ouvre sur la fameuse cérémonie des Césars du 31 janvier 1981, un triomphe pour Truffaut, qui avait tout raflé pour son film Le Dernier métro : dix Césars, record toujours inégalé :

Fin de la cérémonie, Truffaut prend un taxi et demande au chauffeur de l’amener à la Tour Eiffel. Puis, flash-back en 1941, pendant l’Occupation et l’enfance de Truffaut.

Au fil des pages, le scénario multiplie les allers-retours entre l’enfance et la jeunesse de Truffaut, et la suite de sa carrière.

Autant le dire : pour quelqu’un pour qui la filmographie de Truffaut et sa carrière, justement, n’ont pas de secret, et qui s’est intéressé de près à sa vie, c’est déjà compliqué de suivre ces allers-retours.

Qu’importe, on suit, on se concentre sur l’évocation des différents personnages qui ont croisé sa route, on parvient vaille que vaille à raccrocher tel événement à telle année. On ressort de la lecture de l’album avec une synthèse très rapide (trop rapide ?) de la vie et de l’oeuvre du cinéaste.

Mais le néophyte ? Celui pour qui cette bande-dessinée est la première confrontation au cinéma de Truffaut. Vous me direz, il doit être rare. L’amateur de bande-dessinée ne va peut-être pas spontanément choisir une BD consacrée à un réalisateur qu’il ne connaît pas sur le bout des doigts sans se documenter un minimum en amont.

C’est pourtant cette impression qui a prédominé après ma lecture. Je me suis demandé ce que conserverait de cette lecture quelqu’un qui n’aurait pas la même connaissance que moi de l’univers de Truffaut. Ma réponse était malheureusement : pas grand chose.

La BD conviendra aux aficionados de Truffaut, et encore. Si l’on avait voulu dépasser ce cercle, on aurait éventuellement accompagné la filmographie, présente en fin d’ouvrage, d’une petite chronologie explicative à laquelle le lecteur aurait pu se référer…

Ce n’est cependant que mon impression, je vous laisse sur le site de Glénat découvrir les premières pages, et si le coeur vous en dit, vous faire votre propre opinion.

Du coq à l’âne (ou presque)

Refermant cette bande-dessinée et essayant de me plonger dans autre chose, j’ai attrapé l’un des ouvrages qui se trouvait sur ma pile de lectures.

Ouvrage n’est pas tout à fait le terme exact. Il s’agissait d’un numéro de la revue Schnock qui m’avait été envoyé par les éditions La Tengo.

La Tengo fait partie de ces maisons d’éditions que j’essaye de surveiller lorsque je suis en panne d’inspiration pour mes articles cinéphiles, et qui publie à intervalles réguliers certaines œuvres de Philippe Lombard.

J’ai découvert La Tengo avec Ça tourne mal ! et c’est avec cette lecture que j’ai fait le rapprochement avec Schnock, que je croisais déjà fréquemment en librairie, assez amusée par les couvertures et toujours à deux doigts d’être tentée de prendre un abonnement.

Quel rapport avec la BD ? Il est assez éloigné, je l’avoue. Je profite juste de cette occasion pour toucher deux mots de cet OVNI.

Donc Schnock, c’est une revue de cinéma/chanson/télévision/bande-dessinée. Une espèce de pot pourri assez jouissif (et jouisseur) qui a pour slogan « La revue des vieux de 27 à 87 ans ».

Avant de recevoir ce numéro 33 qui est en grande partie consacré à Lino Ventura (mais pas que), j’avais vu passer en librairie le numéro sur Jean-Pierre Marielle, celui sur Gainsbourg, et celui sur Depardieu.

J’ai depuis farfouillé pour comprendre un peu plus ce drôle de phénomène, et je suis tombée sur un article des Inrocks :

Fondée en mai 2011, la revue éditée par les éditions La Tengo bénéficie d’un accueil favorable, et rassemble plus de 10 000 lecteurs par numéro, un joli score pour un nouvel arrivant dans une économie de l’édition touchée par la crise. Comme un pied de nez à notre société bienséante, après Coluche, Jean Yanne et Serge Gainsbourg, le trimestriel Schnock affichait pour son douzième numéro l’humoriste Pierre Desproges en couverture. Un carton ! Quelques milliers d’exemplaires supplémentaires ont été réimprimés pour l’occasion…

Depuis son premier numéro sur Jean-Pierre Marielle publié en 2011, la revue est publiée dans son format mook (entre le livre et le magazine) quatre fois par an, chaque numéro coûtant une quinzaine d’euros. Le dernier en date de mars 2021 est consacré à Henri Salvador.

Dans mon fameux numéro 33, avec sa couverture tonton flingueur et ses articles illustrés qui, pour le coup, m’ont bien fait penser à un format BD, j’ai trouvé un panorama des publicités de cigarettes – bien après que Bogart les surnomme les clous du cercueil, mais bien avant les campagnes anti-tabac – un dico Schnock de Lino Ventura (bien chouette), des tops, des interviews, Yves Simon, Marcel Bluwal, Popeck… bref un vrai bain de nostalgie qui m’a donné la banane pour un petit moment.

Et une autre bande-dessinée sur le cinéma ? Et bien ça attendra !

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