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Hors-série 2 : dix lectures sur les séries télévisées

Pour ce deuxième hors-série estival, j’ai choisi de vous suggérer quelques lectures sur les séries télévisées, à la manière de ce que j’ai fait pour le cinéma au mois de juillet.

Évidemment, j’ai dans ma bibliothèque beaucoup moins de livres sur les séries télévisées que sur le cinéma, je vais donc traiter la question de manière un peu différente.

L’angle que je vais prendre sera le suivant : quelles lectures peut avoir le fan de séries télévisées, soit pour s’immerger dans cet univers, soit pour en décortiquer l’un ou l’autre des aspects ?

Il n’y a donc pas de classements, de palmarès de lectures à proprement parler dans cet article, mais plutôt un guide du voyageur dans l’univers des séries télévisées.

Un guide du voyageur

Comment peut se repérer le spectateur de séries télévisées dans cet univers en quasi perpétuelle expansion ?

D’abord comme tout lecteur ou comme tout cinéphile : il fait son entrée grâce à une série en particulier. Pour certains qui n’auront pas fait cette rencontre, les données du problème sont simples : ils ne regardent pas de séries télévisées parce que ce n’est pas « leur truc ».

J’ai tendance à penser que, comme pour les livres et comme pour les films, ce n’est pas « leur truc » tant qu’ils n’ont pas trouvé la bonne série.

Une fois la première série terminée (s’il s’agit d’une série ayant déjà un point final), le spectateur va en choisir une autre qui va peut-être plus ou moins ressembler à la première, puis va tenter de sortir progressivement de sa zone de confort, j’ai en tête l’image de graphes littéraires, on pourrait imaginer la même chose avec les différentes séries télévisées.

10 lectures sur les séries télévisées

Pour rédiger cet article, j’ai donc observé ce que, moi, en tant que spectatrice de séries télévisées, j’avais dans ma bibliothèque et ce que j’attendais d’un livre qui se consacrerait soit aux séries télévisées en général, soit sur une thématique propre à un ensemble de séries, soit à une série en particulier.

1/ Faire un tour d’horizon

Afin d’avoir une vision d’ensemble, générale et accessible, des séries télévisées, le mieux selon moi est de disposer d’un dictionnaire.

Certes, comme tous les dictionnaires, il va être publié à une date donnée, et il va falloir le réactualiser régulièrement, mais le dictionnaire ou l’encyclopédie reste pour moi la porte d’entrée idéale dans un univers.

Dans ce domaine, la référence reste le Dictionnaire des séries télévisées de Nils C. Ahl et Benjamin Fau, publié en 2011 chez Philippe Rey et réédité en 2016.

C’est un ouvrage qui se veut le plus exhaustif possible, mais j’ai tout de même une petite réserve le concernant : l’absence totale d’illustration.

Je lui préfère le livre Séries : une addiction planétaire, de Charlotte Blum, publié la même année (en 2011) chez la Martinière.

Donc oui, la réédition du Dictionnaire est plus récente, mais pour un bel ouvrage sur l’univers des séries télévisées, on se tourne vers le livre de Charlotte Blum.

Si l’on s’intéresse à une version en ligne de ce type d’ouvrages, je renvoie vers le portail Séries télévisées de Wikipédia.

2/ Sortir de sa zone de confort

Lorsque, après avoir savouré sa première série, on cherche à en découvrir d’autres, on peut s’appuyer généralement aujourd’hui sur toutes les suggestions proposées par le bouche à oreilles, par des articles sur internet, par les plateformes de streaming auxquelles on est abonné.

Parce que je n’ai pas pu résister au plaisir de revoir Friends sur Netflix, Netflix persiste à vouloir me suggérer de regarder How I met your mother, série dont j’avais certes regardé le début, mais dont j’ai vite décroché.

Dans les suggestions, et au moment où j’écris cet article, l’application me propose la partie 4 de La Casa de Papel (que j’ai déjà vu sur un autre profil), me suggère de reprendre la lecture de The Good place, ou m’indique la série The English game, sans doute parce que j’adore The Crown.

Avant que ce type de suggestions soit disponible, Charlotte Blum, déjà mentionnée plus haut, avait écrit un superbe ouvrage : Vous aimez les séries, ce livre est fait pour vous, publié en 2015 chez La Martinière.

Ce livre adoptait le principe génial de présenter à chaque fois une série d’anthologie, et de présenter une à quatre autre séries que le spectateur pourrait apprécier s’il était fan de la première.

Je me suis amusée à feuilleter à nouveau ce livre pour écrire cet article, et je confirme : c’est un bijou !

3 à 5 / Décrypter l’univers

Une fois que l’on a vu sa première série, et que l’on s’est laissé suggérer trois ou quatre autres titres, puis que l’on a plongé tête baissée et sans plus jamais ressortir la tête, à chaque fois que l’on va reprendre sa respiration, on va s’interroger sur ce qui fait une bonne série télévisée, et comment s’exerce son pouvoir de fascination.

Je donne ici quelques titres dont j’ai fait des lectures un peu en mode « butinage » : je ne suis pas forcément allée jusqu’au bout du livre mais les éléments que j’en ai retirés ont enrichi mon regard sur les séries télévisées.

Le premier que j’ai eu entre les mains était L’Anatomie du scénario, de John Truby, un ouvrage publié en 2010 aux éditions Nouveau monde et qui analyse des centaines de films, de pièces de théâtre, de romans, et de séries télévisées, afin d’offrir au  scénariste en herbe une bible de l’écriture.

Le second est un ouvrage en plusieurs tomes (dont à ce jour je n’ai que le premier) : L’art des séries télé, de Vincent Colonna, publié en 2015 chez Payot dans la collection Petite bibliothèque.

Enfin, le dernier, et le plus récent, est Décoder les séries télévisées, un ouvrage universitaire dirigé par Sarah Sepulchre et publié en 2017 chez Deboeck Supérieur.

6 et 7 / Miroirs de la société

Ce qui est ensuite intéressant dans les séries qu’on regarde, c’est ce qu’elles nous révèlent de nous mêmes et de la société qui nous entoure.

Deux ouvrages m’ont particulièrement intéressée dans ce domaine, et j’ai pris beaucoup de plaisir à les lire et à les chroniquer sur ce site.

Le premier est Friends : Destins de la génération X, de Donna Andréolle et publié en 2015 aux éditions PUF.

Le second est Sex and the séries, d’Iris Brey, publié aux éditions de l’Olivier en 2018, et qui explore les différents aspects de la sexualité et ses représentations dans les séries, comme l’indique le résumé proposé sur le site de l’éditeur :

Depuis les années 2000, les sexualités féminines sont sorties du silence grâce aux séries télévisées : après Sex and The City, les productions les plus récentes ambitionnent de raconter la singularité de l’expérience des femmes.

En quatre chapitres, Sex and The Series explore les métaphores et les schémas inédits que proposent ces séries récentes, et la révolution télévisuelle que nous vivons : comment le « regard masculin » est-il transformé ou contredit ? Quelles nouvelles narrations nous sont proposées ?

Érudit, malicieux, cet essai détonant est également un éloge de notre plaisir de téléspectateur.

8, 9 et 10 / Les séries historiques

Enfin, on a tous un genre de série télévisée de prédilection. Le mien est la série historique, quelle que puisse être la période traitée : je vais apprécier tout autant Rome, The Crown, Chernobyl, Downton Abbey, ou encore Kaamelott.

Je vais regarder tout autant la série qui se veut la plus fidèle possible à ce qu’elle représente que la série parodique, voire les séries qui ont une inspiration historique plus ou moins lointaine et appartiennent à des genres plus éloignés, comme Game of Thrones, qui s’apparente au médiéval fantastique.

Les livres qui m’attirent vont donc tout naturellement traiter ces thématiques, et je terminerai donc cette liste par trois lectures :

  • Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes, un ouvrage de Ioanis Deroide, publié en 2017 chez Vendémiaire
  • Game of Thrones : de l’histoire à la série, un de mes coups de coeur, l’ouvrage de Cédric Delaunay publié en 2018 aux éditions Nouveau monde
  • Kaamelott : un livre d’histoire, de Justine Breton, publié lui aussi chez Vendémiaire en 2018

J’en aurai certainement une prochaine à ajouter, puisque Ioanis Deroide a publié en février dernier un ouvrage qui me semble des plus passionnants : L’Angleterre en séries, chez First éditions, et auquel je consacrerai très certainement un article un de ces jours…

Pour aller plus loin…

Afin de préparer cet article, j’ai cherché aussi quelques sites qui abordent l’univers des séries télévisées, et voilà où m’ont conduit mes recherches :

Voilà pour ce deuxième hors-série estival.

Je vous souhaite une belle fin d’été, et je vous donne rendez-vous très bientôt sur Cinephiledoc !

Hors-série 1 : dix lectures cinéma indispensables

Cet été j’ai décidé de vous proposer deux hors-série relativement simples, et qui n’exigent pas de moi, comme l’an dernier, une énorme pile de lectures.

L’an dernier je vous avais proposé un hors-série sur Daphné du Maurier et un hors-série sur Agatha Christie. À cette occasion, j’avais lu biographies et autobiographies, romans de ces deux auteures, et j’avais vu des films adaptés de leurs oeuvres et des documentaires qui leur étaient consacrés.

Cette année, j’ai profité du confinement pour réfléchir à ces deux hors-série, et j’ai donc commencé à les rédiger au mois d’avril – je me rends ainsi compte que je n’ai jamais été aussi en avance sur ce blog, car, exception faite des articles de profdoc, mes articles cinéphiles sont prêts parfois jusqu’à six mois à l’avance.

Deux hors-série palmarès

Donc pour cet été, deux hors-série qui vont être de tout repos, tant dans leur conception que dans le stock de livres qu’ils exigeront.

Pour ce premier article de juillet, je vous propose la liste de mes 10 indispensables en lectures sur le cinéma.

J’ai l’habitude de vous proposer à chaque fin d’année un palmarès de lectures de l’année passée, j’élargis aujourd’hui le concept et cède moi aussi aux « 10 livres [cinéma] à emporter sur une île déserte », déjà parce que j’aime les listes (sinon je ne serais pas abonnée à la chaîne Blow Up Arte et je ne ferais pas non plus un bullet journal) et ensuite parce que j’aime les palmarès, même si en fonction des époques ils peuvent être des plus changeants.

Voici donc le palmarès de mes lectures sur le cinéma, presque depuis que je suis cinéphile et presque aussi depuis que je tiens Cinephiledoc.

1/ Le classique

Pour moi le classique des classiques en terme de lecture sur le cinéma reste l’ouvrage Hitchcock/Truffaut, familièrement appelé le Hitchbook.

Publié pour la première fois en 1966 aux éditions Robert Laffont, il restitue l’entretien entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, sur une idée originelle de ce dernier : décortiquer l’oeuvre d’Hitchcock en abordant pour chaque film sa naissance, l’écriture de son scénario, les circonstances du tournage et le regard qu’Hitchcock porte sur chaque film.

Pourquoi c’est un classique du livre de cinéma ? Parce qu’il confronte deux réalisateurs qui parlent de leur art, parce qu’il est abondamment illustré, et parce qu’il a lui-même suscité un certain nombre d’analyses, de livres et de films.

2/ L’autobiographie

S’il ne fallait retenir qu’une autobiographie de cinéma, étant donné le côté périlleux et narcissique de l’exercice, il faudrait délaisser les souvenirs de stars, les mémoires dont on ignore si la personne l’a rédigé elle-même ou s’est fait aider, et les textes inachevés retrouvés juste après un décès au fin fond d’un grenier.

L’autobiographie de cinéma par excellence, c’est celle de Charlie Chaplin : Histoire de ma vie.

Elle a été publiée pour la première fois en 1964, et elle revient donc de son vivant (Chaplin est né en 1889 et mort en 1977) sur la plus grande partie de la vie de Chaplin.

Pourquoi c’est un incontournable ? Parce qu’elle se lit comme un roman (au départ un roman de Dickens), depuis la naissance et l’enfance de Chaplin dans la misère londonienne, sa vie d’enfant artiste, sa découverte du cinéma, les studios hollywoodiens, ses voyages, jusqu’à sa gloire et son immense popularité qui ne se sont jamais démenties depuis.

M’étant attardée sur les deux premiers indispensables, je vais aller un peu plus rapidement pour les suivants.

3/ La biographie

Pour les mêmes raisons que l’autobiographie de Chaplin, je retiens comme biographie le François Truffaut de Serge Toubiana et Antoine de Baecque, une biographie de référence, publiée pour la première fois chez Gallimard en novembre 1996.

L’ouvrage a été revu en 2001, l’édition de poche est disponible chez Folio : c’est un livre de près de 900 pages qui a été rédigé à partir des multiples témoignages de ses proches et de ses amis et de ses archives personnelles, qui étaient foisonnantes, puisqu’elles regroupaient notamment ses textes critiques, ses scénarios et sa correspondance, entre autres.

Je lui adjoindrais Le Petit voisin de Jérôme Tonnerre, pour un regard extérieur et une touche romanesque.

4/ Le roman

Et puisque nous parlons de romanesque, venons-en au roman. J’ai beaucoup hésité avec Le Figurant de Didier Blonde, mais j’ai voulu m’écarter quelque peu de l’univers truffaldien. J’aurais aussi pu choisir le Livre des illusions de Paul Auster, dont j’ai déjà abondamment parlé sur ce site, et qui a été publié en 2003, mais je cherchais quelque chose de plus récent.

Je replace donc ici LE roman étourdissant et presque inégalé sur le cinéma : Londres après minuit, d’Augusto Cruz : c’est une enquête policière doublée d’un road movie captivant à la poursuite d’un film muet disparu. Un chef d’oeuvre !

5/ Le dictionnaire

Là encore, il y a foison, c’est un genre que les auteurs apprécient : il y a le Dictionnaire Truffaut, d’Arnaud Guigue et Antoine de Baecque, il y a le Dictionnaire Spielberg de Clément Safra paru chez Vendémiaire.

Et puis il y a le Dictionnaire Hitchcock de Laurent Bourdon, préfacé par Claude Chabrol (s’il vous plaît) publié chez Larousse en 2007.

Alors oui, ça parle encore d’Hitchcock (et je n’ai pas fini) mais ça parle d’Hitchcock avec une érudition étourdissante, et qui s’attarde sur le moindre détail, un peu à la Blow Up. Si l’on reprend le résumé :

TOUT sur Hitchcock, ses films (et téléfilms), ses acteurs et actrices, ses collaborateurs et collaboratrices, son père, sa mère, sa femme, sa fille, ses chiens, ses lubies, ses secrets, ses trucs de tournage…
Un dictionnaire exhaustif (4 millions de signes), comptant plus 1 500 entrées.

Plus de 1000 biographies consacrées aux hommes et femmes ayant travaillé avec le maître.

– De Ronald Adam (un aristocrate dans Les Amants du capricorne) à Peter von Zerneck (un pronazi dans Les Enchaînés), tous les comédiens et comédiennes dirigés par Hitchcock de son premier film (The Pleasure garden) à son dernier (Complot de famille).
– Les auteurs, adaptateurs, scénaristes ayant travaillé avec Hitchcock, ainsi que les directeurs de la photographie, les monteurs, les musiciens…
Chaque article est accompagné d’une présentation exhaustive de cette collaboration.

De nombreux thèmes sont traités (voyeurisme, culpabilité, homosexualité) et des personnages types (couples mariés, alcooliques, handicapés, logeuses…) des pays ou des monuments. Et également des objets « fétiches » (menottes, cabines téléphoniques, trains, etc…), des entrées variées

Chacun des 57 longs métrages d’Hitchcock est l’objet d’un développement in extenso, sur de nombreuses pages, par l’auteur.

6/ Un film

Pour un ouvrage consacré à un film précis, je remonte le temps et je prends l’un de mes tous premiers coups de coeur de lectrice cinéphile.

Il s’agit de 5e avenue, 5 heures du matin, un ouvrage consacré au tournage de Diamants sur canapé, écrit par Sam Wasson et publié chez Sonatine en 2012.

C’est une chronique du tournage, avec anecdotes, secrets et photos, et qui se laisse apprécier bien plus qu’Audrey Hepburn n’appréciait le croissant qu’elle devait manger dans la fameuse scène d’ouverture…

7/ Un réalisateur

Là encore, je vais essayer de sortir de mon panthéon habituel Truffaut – Hitchcock – Chaplin. Je sélectionne donc l’ouvrage déjà mentionné (et pas plus tard que le mois dernier) : Les archives Stanley Kubrick aux éditions Taschen.

Un ouvrage exhaustif et superbement illustré, qui met à la portée du cinéphile le plus modeste « une grande partie des images les plus mémorables extraites des films de Kubrick, des interviews éloquentes et de nombreux documents issus de ses archives personnelles tels que des éléments de conception de décor, des scénarios, des notes, des lettres et des plans de tournage ».

8/ L’archéologue

Là encore, pas de surprise, je cite à nouveau mon Simon Braund fétiche et son magnifique ouvrage : Les plus grands films que vous ne verrez jamais, publié en 2013 aux éditions Dunod

Simple, beau, efficace, et éclairant de manière émouvante les oeuvres qui n’ont pas pu voir le jour.

9/ Le culinaire

J’ai quelque peu hésité pour ces deux dernières rubriques : le culinaire et le vagabond.

Parce qu’à nouveau, j’aurais pu choisir de mettre à l’honneur Hitchcock avec l’ouvrage La Sauce était presque parfaite, ou Chaplin, avec À table avec Charlie Chaplin, qui m’a rappelé l’excellent site de Claire Dixhaut, Cinémiam.

Je choisis les ouvrages du Gastronogeek, que j’ai eu encore récemment l’occasion de feuilleter, et qui permettent de voyager, avec les papilles, dans un univers cinématographique des plus étendus, allant des dessins animés des années 80 aux banquets d’Astérix.

10/ Le vagabond

Je termine enfin ce palmarès par les livres qui nous font voyager au cinéma. Il y en a à foison : ceux qui se consacrent au cinéma étranger (cinéma japonais, cinéma italien, cinéma espagnol, cinéma américain), ceux qui s’attardent sur une ville (New York ou Paris) et qui me rappellent les virées cinéphiles du Fossoyeur…

Et puis il y a la série des ouvrages de Philippe Lombard publiés chez Parigramme, avec notamment Le Paris de François Truffaut (mais j’avais dit que je quittais mon panthéon) et Paris en 100 films de légende.

C’est donc avec ces promenades cinéphiles que je vous quitte, vous souhaitant un bel été et vous disant à bientôt sur Cinephiledoc !

Juin 2020 : profdoc et CDI en (dé)confinement ?

Comme je l’avais indiqué dans les articles #profdoc d’avril et de mai, et afin d’équilibrer entre elles les différentes publications sur ce site, voici ce que vous retrouverez dans cet article du mois de juin :

  • quelques-unes des activités menées début mai que je n’avais pas encore abordées ;
  • quelques activités déjà abordées et sur lesquelles je vais revenir pour les approfondir (en particulier la fin des séances en SNT et le blog du CDI) ;
  • les activités menées entre le 25 mai et le 26 juin.

Pour cet article, je reprends aussi la structure de l’article d’avril avec les différentes problématiques de télétravail, en y ajoutant les problématiques de déconfinement du CDI.

Le bujo du (dé)confinement

J’avais commencé à partager mes pages de bullet journal avec les indications de mes différentes activités : voici la suite, avec la période du déconfinement, et qui alterne travail à distance et travail sur place.

1 – Adaptation à distance des séances pédagogiques afin de maintenir les projets prévus en collaboration avec les enseignants.

De nouveau, je ne reviens pas sur les blogs d’histoire géographie géopolitique sciences politiques HGGSP (2 d’entre eux fonctionnent très régulièrement avec des dépôts de travaux d’élèves, le troisième est quelque peu au point mort), ni sur le blog d’EMC 1ère. Je ne reviendrai pas non plus sur le blog d’histoire-géo : faute de nouvelles du collègue, j’ai arrêté de publier dessus.

Je vais par contre finir de développer un peu plus les présentations proposées le mois dernier des deux derniers blogs de SNT ainsi que les productions réalisées par les élèves.

SNT : 5 blogs

Au terme de cette période, et pour traiter la thématique des réseaux sociaux, c’est donc 5 blogs sur l’ENT que j’ai consacrés à l’enseignement de SNT. J’ai déjà présenté en avril et mai le blog « crash test » des 2NDES9, les blogs des 2NDES11 et 2NDES12 avec le déroulé des activités, et j’avais présenté également le déroulé des activités des 2NDES3.

Concernant la dernière classe, les 2NDES2, nous avons repris les mêmes activités que pour les 2NDES3.

J’ai été impressionnée par la qualité du travail fourni par les élèves, quelles que soient les classes.

Je précise à nouveau, pour la présentation des réseaux sociaux, que les élèves présentent le réseau social de leur choix en utilisant les codes graphiques et le vocabulaire propre à ce réseau. Bien évidemment, on ne les force pas à s’inscrire sur un réseau ou à divulguer le nom de leur compte. Ils peuvent faire preuve d’ingéniosité et utiliser captures d’écran et retouches d’images.

Mais la plupart d’entre eux font montre d’une véritable virtuosité : comme cet élève qui a présenté Twitter sous la forme d’un thread, ou ces deux jeunes filles qui ont présenté YouTube avec une vidéo des plus abouties.

Voici donc une présentation de leurs travaux (j’ai réalisé pour chaque classe le même type de présentation, et les élèves étaient ravis), que je vous laisse apprécier…

Productions des élèves

Retour et analyse de ces séances

J’ai eu l’occasion d’intervenir durant un webinaire organisé par le réseau CANOPÉ sur ces séances et leur adaptation à distance. Le webinaire s’est tenu le lundi 8 juin et le mercredi 24 juin pour une deuxième session. Pour l’occasion, j’avais préparé un premier compte-rendu, que vous trouverez ci-dessous :

Puis un deuxième, qui sera publié sur le site a priori.

Présentation de l’épreuve du grand oral aux classes de première

Je l’avais indiqué au tout début du confinement, Aurélie, une copine qui enseigne la physique-chimie et l’enseignement scientifique au lycée, m’avait demandé de préparer une séance pour présenter le grand oral à ses élèves de première.

J’ai donc planché sur une séance, en m’appuyant sur une formation que j’avais suivie début mars avec les professeurs documentalistes de mon bassin, et qui était animée par Laura Dahan, comédienne et metteuse en scène.

Cette séance était évidemment pensée pour être menée en présentiel, mais fin mai arrivant, Aurélie m’a demandé de la faire à distance avec ses élèves.

Lorsque durant un conseil pédagogique, j’ai pu présenter l’initiative (juste avant la date de la séance), j’ai été sollicitée par plusieurs collègues, j’ai donc contacté les professeurs principaux de premières pour leur proposer de mener la séance avec leurs classes.

Voici le support que j’avais proposé :

Ainsi qu’une présentation synthétique que j’ai également mis à disposition des élèves, avec d’autres ressources que je leur ai partagées sur l’application Pearltrees de l’ENT.

Enfin, voilà le bilan de ces séances :

2 – Sélection, proposition de ressources pour les professeurs et pour les élèves et communication

Voici les initiatives réalisées à destination des professeurs et des élèves : il s’agit principalement de veille culturelle avec une mise en forme sur Genial.ly dans certains cas.

« Et après, qu’est-ce qui se passe ? »

Le but de cette présentation était d’inciter les élèves (et les enseignants) à la lecture en leur proposant une sélection d’incipits, et en permettant d’accéder à la suite de l’oeuvre si la première phrase « accrochait » son lecteur.

8 mai 1945

Pour le 8 mai 1945, je prévoyais une grande exposition de ressources au CDI… évidemment je n’ai pas pu. Je me suis donc rabattue sur une présentation cliquable, avec principalement des discours, des vidéos, et des liens renvoyant vers des expositions et des musées.

Blog « Le point culture et lecture du CDI »

J’ai continué à alimenter le blog du CDI sur l’ENT, à raison d’un à deux articles par semaine.

  • Semaine du 25 mai : une présentation consacrée à Victor Hugo, à l’occasion des 135 ans de sa disparition, un article présentant le padlet réalisé par le CIO de Sainte-Geneviève-des-Bois pour informer les élèves sur l’orientation, un article publié par Christophe, collègue de maths, sur les conférences de l’école Polytechnique
  • Semaine du 1er juin : une présentation sur Hitchcock (je voulais à l’origine organiser une exposition Hitchcock au CDI), un nouvel article publié par Christophe, et un article sur le CDI déconfiné
  • Semaine du 8 juin : un article sur les lieux culturels déconfinés, la présentation des travaux de SNT des 2NDES 3
  • Semaine du 15 juin : une présentation sur l’appel du 18 juin ; une présentation – que j’aurais souhaité ne jamais faire – en hommage à l’écrivain disparu Carlos Ruiz Zafòn
  • Semaine du 22 juin : un deuxième article sur le CDI déconfiné avec les différentes étapes de réaménagement du coin lecture et orientation.
Présentation Victor Hugo

J’ai réalisé cette présentation pour les 135 ans de la disparition de Victor Hugo, et en clin d’oeil pour une collègue de français qui me racontait lire sa correspondance avec Juliette Drouet pendant le confinement :

Présentation Hitchcock

Pour les 40 ans de la disparition du réalisateur, je voulais organiser une petite exposition au CDI sur le cinéma, le suspense, les scènes de crime… je me suis rabattue comme d’habitude pendant cette période sur cette présentation cliquable, à laquelle j’ai ajouté des gifs pour donner plus de dynamisme :

Appel du 18 juin

Enfin, pour clôturer cette année riche en présentations réalisées sur Genial.ly, j’ai proposé cette dernière sur les 80 ans de l’appel du 18 juin :

Pearltrees « Veille E-INSTANT CDI »

J’ai ajouté dans ce pearltrees la plupart de mes Genial.ly culturels réalisés depuis deux ans. J’ai aussi organisé mes collections et je propose désormais à gauche de chaque section une note qui explique ce qu’elle contient.

Ainsi, je propose à côté de la section « veille thématique » une note « Je veille pour vous ». Le but est, en cas d’une utilisation très restreinte du CDI à la rentrée de septembre, de donner aux enseignants la possibilité de me faire part de leurs besoins en terme de veille et de ressources numériques.

Cette possibilité fait le lien avec le travail de gestion, que je vais maintenant aborder.

Visite virtuelle du CDI

Afin d’anticiper sur l’incertitude de la rentrée de septembre, et en lien avec les travaux de réaménagement de l’espace lecture et orientation (voir plus bas), j’ai décidé de proposer aux élèves une petite exposition virtuelle du CDI :

3 – Travail de gestion

Afin d’anticiper la période assez incertaine du déconfinement du CDI et de la fin d’année scolaire, voici les activités réalisées ce mois-ci.

Nouvel onglet sur le portail E-SIDOC : le CDI outside

J’ai voulu proposer un espace dédié sur le portail E-SIDOC et qui permettrait aux élèves d’avoir accès à un CDI virtuel, au cas où son accès en septembre soit toujours des plus contraints.

J’ai donc imaginé trois rubriques : le DRIVE IN, le PICK UP, et le CLICK AND COLLECT. Pourquoi ces termes et pourquoi en anglais ?

D’abord parce que ces termes sont accrocheurs, ils donnent envie selon moi. Ensuite, chacun de ces termes correspondent, dans mon esprit, à la traduction à distance d’une mission du professeur documentaliste :

  • DRIVE IN, c’est « entrer » : c’est la formation à la recherche de l’information, cette rubrique est dédiée à l’EMI, aux parties des programmes du lycée qui intéressent de près le prof doc, au numérique et à l’esprit critique
  • PICK UP, c’est « ramasser » : c’est la gestion du centre de ressources. Dans cette rubrique, l’élève trouve des contenus qui vont approfondir ses connaissances disciplinaires (textes imposés de français, vulgarisation scientifique)
  • CLICK AND COLLECT, enfin, c’est « cliquer et collecter » : c’est l’ouverture sur l’extérieur. L’élève y trouvera des actualités et des ressources culturelles

Je me suis évidemment inspirée d’autres portails E-SIDOC, et de ressources publiées par des profs docs, comme Anne-Lise Dupont et Sandrine Duquenne. Concernant les visuels de présentation de l’espace, j’ai proposé à Floriane de les réaliser, ce qu’elle a fait, comme d’habitude, admirablement.

Pour chaque rubrique figure en en-tête une présentation sur Genial.ly, ainsi que quelques éléments d’introduction. Voici un exemple avec le Genial.ly réalisé pour l’espace DRIVE-IN :

J’ai ajouté des sitographies et des flux RSS pour enrichir chacun des espaces.

Visuel sur les manuels numériques

Afin également d’anticiper la rentrée de septembre, j’ai mis à disposition des enseignants sur le pearltrees un visuel de présentation de l’accès aux manuels numériques sur l’ENT.

Bilan d’activités

Pendant le confinement, nous avons rédigé le plus gros du bilan d’activités de l’année, un document assez conséquent, et c’est à nouveau Floriane qui s’est chargé d’en réaliser une version plus visuelle :

Activités de gestion sur place

J’ai pu retourner au CDI avec Floriane à partir du 27 mai. Nous avons donc pu réaliser les tâches suivantes :

  • bulletinage des quotidiens et magazines reçus pendant le confinement, archivage, réabonnements
  • rangement des expositions mises en place avant le confinement
  • gestion des « retards » : prise de contact avec les enseignants des élèves concernés, avec la vie scolaire et envoi d’un mail individuel sur l’ENT
  • gestion des spécimens : envoi aux enseignants d’un tableau où ils peuvent s’inscrire pour indiquer un créneau de récupération
  • récolement

Nous avons reçu, au moment où j’écris ces lignes, près de 80 cartons de spécimens. Lorsque mes collègues sont venus les récupérer, je n’ai pas pu résister à leur proposer ce petit problème de maths, réalisé avec la complicité de Christophe, mon comparse de maths au lycée.

Réaménagement du coin lecture / orientation : avant et après

Voici en photos l’évolution de l’espace avec une modernisation du kiosque ONISEP, et l’installation d’un nouveau meuble à mangas pour les élèves :

4 – Auto-formation

Avancées dans PIX

Pour cette période des mois de mai et juin, j’avoue avoir quelque peu mis en pause mes progrès sur la plateforme, voilà cependant où j’en suis :

  1. Information et données : 5 / 5 / 4
  2. Communication et collaboration : 4 / 5 / 4 / 5
  3. Création de contenus : 2 / 4 / 3 / 1
  4. Protection et sécurité : 4 / 4 / 4
  5. Environnement numérique : 2 / non commencé

En tout j’ai obtenu pour l’instant 485 pix.

Lectures

Voici mes lectures entre le 21 mai et le 26 juin :

  • les comics édités par la plateforme Netflix : Prodigy, Sharkey : Le chasseur de primes et The magic order ;
  • le tome 1 de la BD James Bond 007, VARGR publié chez Delcourt ;
  • L’Angleterre en séries, de Ioanis Deroide ;
  • Saison des roses (BD) de Chloé Wary ;
  • Les 3 tomes de la trilogie Wielstadt de Pierre Pevel : Les Ombres de Wielstadt, Les Masques de Wielstadt et Le Chevalier de Wielstadt, trilogie que j’ai adoré !
  • Le Tatoueur d’Auschwitz de Heather Morris

Hommage à Carlos Ruiz Zafón

Je termine cet article (et cette année scolaire) par la présentation hommage que j’ai consacrée à l’écrivain Carlos Ruiz Zafón.

Comme je l’indiquais plus haut, j’aurais souhaité ne pas avoir à faire cette présentation. En effet, Zafón est l’un de mes écrivains préférés : j’ai visité Barcelone en lisant L’Ombre du vent, sur les conseils d’une amie, et j’étais persuadée pouvoir continuer à découvrir des ouvrages de cet auteur pendant encore au moins vingt ans…

Bref, c’est avec Carlos Ruiz Zafón que je vous laisse pour cet été, en vous souhaitant tout le repos possible pendant ces vacances, de belles lectures et de belles découvertes.

À très bientôt sur Cinephiledoc !

Barry Lyndon format vinyle

Voici un article presqu’exclusivement consacré à un film : le Barry Lyndon de Stanley Kubrick.

Des histoires d’articles

J’ai tendance à parler « du » Barry Lyndon de Stanley Kubrick, comme on peut parler du Dracula de Francis Ford Coppola, comme s’il existait d’autres Barry Lyndon que celui de Kubrick, qui pourtant est bien unique.

Et pourtant sur la couverture du livre dont je vais vous parler, on utilise bien la forme anglaise du possessif, à savoir Stanley Kubrick’s Barry Lyndon, donc le Barry Lyndon de Kubrick est une formule qui insiste moins sur le caractère unique ou non de l’oeuvre que sur sa paternité : c’est LE Barry Lyndon DE Kubrick.

J’espère après ces trois paragraphes ne pas déjà avoir perdu tout le monde…

Presqu’exclusivement ?

J’ai déjà eu l’occasion sur ce blog de parler de Stanley Kubrick – ne serait-ce que pour vous rabattre les oreilles du Napoléon qu’il n’a jamais tourné – et de Barry Lyndon.

Je vais donc dans cet article ne parler quasiment que de Barry Lyndon, en faisant quelques petits détours ici ou là, mais qui ne me conduiront jamais bien loin de l’Irlande ou de Kubrick.

Afin de me remettre proprement dans l’ambiance du film, au moment où j’écris cet article, je viens de lancer la lecture de la bande originale.

Musique et voix

Si je tente de faire abstraction de tout ce que j’ai déjà pu dire sur Barry Lyndon, il faut en effet que je ferme les yeux et que je revienne à quelque chose de purement sensoriel : la musique dans ce film.

C’est quelque chose d’assez entêtant (si je cherche un élément de comparaison, on pourrait éventuellement choisir la musique d’Inception ou d’Interstellar), globalement mélancolique, pour une atmosphère qui, à de rares exceptions près, reste relativement pesante.

Cette musique, j’ai le souvenir de l’avoir écouté, écouté encore, et réécouté encore sur une cassette audio dont la boite en plastique avait bien souffert, mais par chance la cassette avait résisté jusqu’à ce que les cassettes passent de mode – avant d’être remises sur le devant de la scène avec la série Stranger things

Pendant des années, j’ai cherché la bande originale en CD : les prix atteignaient des sommes astronomiques, et puis, un beau jour, enfin ! Ce CD, sur fond blanc, avec une silhouette noire, bottée, qui tient un pistolet et qui piétine une rose rouge de sa botte gauche.

Et donc cette musique, elle se compose globalement de 3 ou 4 éléments :

  • la sarabande de Haendel
  • le trio pour piano et cordes n°2 de Schubert, opus 100
  • des musiques traditionnelles irlandaises
  • d’autres compositions de musique classique : du Mozart, du Bach, du Vivaldi

Voilà pour l’atmosphère générale.

Le deuxième souvenir, c’est la voix. Imaginez en français, sur deux cassettes vidéos (première et deuxième partie) la voix du narrateur : Jean-Claude Brialy, un narrateur qui n’existe pas dans le roman original de William Thackeray, mais que Kubrick a ajouté, et qui donne une saveur particulière à l’histoire, avec son ironie, son détachement, et cette voix qui apparaît dès la première scène, juste après un générique triomphal ponctué par Haendel…

Histoire, sons et lumières

Bon pour ce qui est du son, vous en avez déjà eu un aperçu qui ne sera jamais exhaustif, mais cela peut vous en donner une idée.

L’histoire maintenant :

Une histoire en costumes, magnifique, avec des décors somptueux, et des personnages auxquels, petite, je ne comprenais pas grand chose : un garçon un peu niais du fin fonds de l’Irlande, amoureux déçu, qui s’en va jouer au petit soldat, qui change d’uniforme, qui devient joueur, puis qui se marie…

Le contexte est celui des années 1750 et va nous conduire jusqu’en 1789, en nous entraînant de l’Irlande jusqu’en Prusse, en passant par toutes les cours d’Europe et l’Angleterre.

Concernant les décors, je renvoie d’ailleurs aux virées cinématographiques du Fossoyeur de films consacrées à l’Irlande :

Lorsque l’on tombe sur ce film étant enfant, on est plein d’attachement pour ce héros qui veut absolument réussir, et ça ne va pas beaucoup plus loin. On admire les décors, les paysages, la lumière des bougies sur les visages, les costumes, les batailles, les châteaux :

Avec le temps, on comprend qu’on ne peut ressentir de sympathie pour aucun des personnages : Barry est un amoureux déçu, qui a perdu toutes ses illusions et qui devient une crapule qu’on souhaite tout de même voir arriver à ses fins.

Quasiment tous les autres personnages sont lâches, hypocrites, menteurs, et même les bons laissent indifférents, comme lorsqu’on lit les Liaisons dangereuses, et qu’on se surprend à préférer la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, tout odieux et machiavéliques qu’ils soient, face à la niaiserie et à la candeur de tous les autres.

La mère de Barry est une arriviste odieuse, paysanne irlandaise mal dégrossie, Lady Lyndon, une femme assez fade malgré sa beauté, son fils est un adolescent sombre qui peine à avoir du caractère, et le petit Bryan, le fils de Barry, est un gamin capricieux et insupportable.

Alors, pourquoi regarder un film où l’on n’éprouve de sympathie pour personne ? Pour assister de manière assez voyeuse à la grandeur puis à la décadence, dans une somptueuse mise en scène, tout en se félicitant d’être du côté du narrateur !

J’ai appris à apprécier la composition des scènes, la magnifique photographie, et le soin accordé à chaque détail, et l’ensemble est superbement restitué dans le livre dont je vais maintenant vous parler.

Stanley Kubrick’s Barry Lyndon

Ce livre a été publié par les éditions Taschen – qui n’en sont pas à leur coup d’essai sur Kubrick – en 2019.

On y trouve en mention : « en coopération avec le Stanley Kubrick estate, édité par Alison Castle » ainsi que « Dans les coulisses : Livre & DVD PLUS : affiche originale ». Trois films de Kubrick ont fait l’objet de cette mise en lumière : 2001, Orange mécanique et Barry Lyndon.

Je ne voue pas aux deux premiers le même culte qu’au troisième. Et pourquoi ai-je acheté le livre, puisque j’avais déjà le Blu-ray ?

Pour deux raisons :

  • l’affiche originale, qui est magnifique
  • le format, que j’ai trouvé incroyable, et qui sort de l’ordinaire par rapport à ce que Taschen propose habituellement. Un format vinyle donc, on s’attendrait presque à trouver un disque dans sa pochette, et bon courage pour ranger la merveille dans sa bibliothèque !

Sur le site de Taschen, voilà comment est résumé l’ouvrage :

Barry Lyndon est un chef-d’œuvre cinématographique sans égal. Incompris à sa sortie en 1975, le film s’est fait une place de choix dans la filmographie de Kubrick et est aujourd’hui considéré comme une de ses plus belles réussites. Chaque coffret de la collection Making of a Masterpiece inclut le DVD du film remasterisé, son affiche originale ainsi que de très nombreux documents de production issus des archives de Kubrick, le tout dans un format LP de luxe.

Voilà le résultat en quelques images, que le site permet de télécharger :

Visuellement, le résultat est à couper le souffle, et permet de saisir tout l’enjeu de ce format : de même qu’on ne regarde pas Barry Lyndon sur son smartphone, on ne lit pas un livre sur Barry Lyndon dans un format poche.

Kubrick

Les éditions Taschen aiment visiblement beaucoup Kubrick, il n’y a qu’à voir le nombre de livres consacrés à ce réalisateur dans leur catalogue :

https://www.taschen.com/pages/fr/search/kubrick

En 2016 ils ont publié une version « accessible » des archives de Stanley Kubrick (quand je dis accessible, c’est qu’il s’agit d’un format qui se range facilement dans une bibliothèque ET qui coûte 15€). Cette version figure en bonne place dans ma bibliothèque et a fait partie pendant un temps des ouvrages que j’offrais autour de moi.

C’est une bible pour tout cinéphile qui se respecte, au même titre que le Hitchbook, ou que, encore sur Kubrick, l’ouvrage de Michel Ciment, qui reste une référence en la matière. C’est d’ailleurs à partir de cet ouvrage qu’a été réalisé le documentaire Kubrick par Kubrick diffusé par la chaîne Arte en avril 2020, et qui est disponible encore quelques jours en replay.

Kubrick fait partie des réalisateurs dont on reconnaît évidemment l’oeuvre au premier regard. Je me souviens d’avoir vu 2001 l’odyssée de l’espace et, en découvrant les premières images, de m’être dit « c’est pas possible, j’ai pas d’images, qu’est-ce qui se passe [vérifie les câbles, arrête le film, le remet] ah ça doit être normal, après tout, c’est un Kubrick ».

Aucun de ses films ne m’a laissée indifférente. Il y en a que j’aime moins évidemment, et même un ou deux qui suscite chez moi une certaine répulsion, pas parce que je m’y ennuie, mais parce que le film me dépasse.

Il est triste de pouvoir dire qu’il est relativement facile de connaître tout Kubrick, d’une part parce qu’il est mort assez brutalement, d’autre part parce qu’il était suffisamment perfectionniste pour prendre un temps considérable sur chaque projet.

En tout 16 films, courts métrages inclus. Que des classiques quasiment. Si je reprends la liste entière depuis 1957, ça donne :

  • Les Sentiers de la gloire ++
  • Spartacus ++
  • Lolita +
  • Docteur Folamour +
  • 2001 +…
  • Orange mécanique ++++
  • Barry Lyndon +++++++++++
  • Shining ++++
  • Full metal Jacket +++
  • Eyes wide shut +… (1999)

Vous avez une idée avec les + du nombre de fois, approximatif, que j’ai pu voir ces films.

Vous mesurez donc le bonheur qu’a été pour moi d’avoir entre les mains ce livre format vinyle des éditions Taschen, et ce jusqu’à ce que je tombe sur cette petite phrase à la page 94 sur 95 :

Que croyez-vous que j’ai fait ? J’ai cherché la filmographie de Cary Joji Fukunaga (j’ai découvert qu’il était aux commandes du prochain James Bond), j’ai cherché dans la filmographie de Kubrick, dans la liste des films consacrés à Napoléon… rien, aucun signe pour l’instant de ce projet de mini-série. Des articles de 2016, de 2017, de 2018, depuis, plus rien !

J’ai donc refermé le livre avec un espoir quelque peu méfiant, en me disant qu’un jour peut-être je verrai enfin LE Napoléon DE Kubrick, encore une question d’articles, de possessif et de complément du nom, le projet d’un homme et d’un réalisateur, qui, même disparu, continue à nous faire attendre…

Cet article est le dernier article cinéphile avant l’été et avant septembre prochain, je vous proposerai après le dernier article profdoc de l’année scolaire deux petits hors-séries estivaux.

D’ici là, belles lectures, et à bientôt sur Cinephiledoc !

May the fourth be with you and survive

Vous l’aurez compris, voici un petit article sur la saga Star Wars. Et de circonstances, puisqu’il s’agit de survivre !

En effet, pour ceux qui ne sont pas familiers de cet univers ou qui n’en sont pas des inconditionnels, le 4 mai est une journée consacrée à Star Wars – avec le jeu de mots « May the fourth » (le 4 mai) qui joue en anglais sur sa proximité avec « May the force be with you », l’encouragement bien connu adressé aux personnages des différents épisodes.

J’aurais pu publier cet article au mois de décembre ou au mois de janvier mais…

  1. j’avais presque oublié que le dernier volet (l’épisode IX) sortait au mois de décembre
  2. j’avais déjà prévu de publier mon palmarès 2019 en décembre et mon article sur ma première année de bullet journal en janvier

Je profite donc de ce 4 mai pour :

  • refaire un petit point sur quelques lectures intéressantes sur Star Wars
  • évoquer à nouveau la mini expo installée en décembre au CDI et la petite présentation cliquable qui lui était associée (casquette profdoc)
  • faire un compte-rendu de lecture d’une publication relativement récente
  • établir mon palmarès personnel des différents épisodes de la saga

Et comme je suis bien organisée, je vais reprendre dans le désordre ces différents points et commencer par le dernier !

Palmarès personnel des épisodes de Star Wars

Lorsque je suis allée voir le dernier épisode au mois de décembre, j’ai beaucoup échangé avec un certain nombre d’amis, de connaissances et de collègues sur ce que nous pensions respectivement de ce dernier volet.

J’ai essayé de faire un petit classement des épisodes, de celui que je considère comme le meilleur à celui que je préfère oublier. Si le coeur vous en dit, je vous laisse m’indiquer en commentaire votre propre classement.

Le trio de tête

  • 1 : L’empire contre-attaque (épisode V) 1980

Pour moi, c’est le meilleur. J’adore tout de cet épisode : la bataille sur la planète Hoth, l’entraînement de Luke avec Yoda, l’affrontement final avec Dark Vador.

  • 2 : Un nouvel espoir (épisode IV) 1977

J’aime beaucoup le tout premier épisode de la saga, déjà parce que cela nous permet de la découvrir (et sans forcément commencer par l’épisode I – cela soulève d’ailleurs la question « dans quel ordre faut-il voir les films ? »), ensuite parce que j’adore Alec Guinness dans le rôle d’Obi-Wan Kenobi, Obi-Wan étant l’un de mes personnages préférés.

  • 3 : Rogue One (2016)

Rogue One est le seul film dérivé de l’univers dont je parlerai dans ce palmarès. D’abord parce que les autres m’ont laissé peu de souvenir ou des souvenirs plus que mitigés (le Solo de 2018 en fait partie). Ensuite parce qu’il arrive à être fabuleusement efficace et bien mené en un peu plus de deux heures. Seule petite réserve : l’image numérique de Leia à la fin.

Les hésitations au milieu

Pour les films suivants, je n’ai pas d’avis particulièrement tranché : je vais les apprécier pour telle ou telle raison, mais je vais être beaucoup plus réservée sur d’autres points

  • 4 : Le Retour du Jedi (épisode VI) 1983

J’ai une tendresse particulière pour celui-ci parce que, de manière générale, j’aime les épisodes conclusifs, les moments où tout se résout. J’aime beaucoup aussi les péripéties pour libérer Han, et la rencontre avec les Ewoks sur Endor.

  • 5 : La Revanche des Sith (épisode III) 2005

Si j’apprécie cet épisode de la Prélogie, c’est principalement pour la transformation progressive d’Anakin Skywalker en Dark Vador, et la façon dont l’on passe de la république à l’empire. J’aime aussi beaucoup l’affrontement entre Anakin et Obi-Wan sur la planète Mustafar.

  • 6 : Le réveil de la force (épisode VII) 2015

Je me souviens des débats passionnés lorsque les nouveaux épisodes sont sortis au cinéma. Pour ma part, j’étais très heureuse de revoir les acteurs de la trilogie originelle, et cela a largement contrebalancé les faiblesses du scénario. Et puis j’aime bien BB8.

  • 7 : L’ascension de Skywalker (épisode IX) 2019

Je mets cet épisode juste après le précédent et à peu près pour les mêmes raisons. Oui il y a des incohérences et de la paresse dans l’écriture du scénario. Oui il y a des choses que j’ai eu du mal à accepter. Mais au moins Leia a une fin à peu près correcte, compte-tenu des circonstances.

Les (bons) derniers

  • 8 : L’attaque des clones (épisode II) 2002

Là ça commence à devenir compliqué. L’épisode II fait partie de mes épisodes « oui mais ».

Traduction : Anakin a l’air d’un ado tête à claques pendant tout le film ? Oui, mais il y a Christopher Lee. Les scènes sur Naboo sont niaises et insupportables ? Oui, mais il y a Christopher Lee.

  • 9 : La menace fantôme (épisode I) 1999

Un autre épisode « oui mais », encore plus compliqué que le précédent.

Traduction : C’est cool, y’a Liam Neeson ? Oui mais y’a Jar Jar Binks ! La course de modules est top ? Oui mais y’a Jar Jar Binks !

  • 10 : Les derniers Jedi (épisode VIII) 2017

Donc si vous vous demandez pourquoi j’avais oublié que l’épisode IX sortait en décembre 2019, voilà la raison. Ce n’est même pas un épisode « oui mais », c’est un épisode dont je ne veux vraiment pas me rappeler.

Et c’est presque avec soulagement que j’ai vu l’épisode IX après ça, et que cela m’a donné envie de faire, et ce palmarès, et le compte-rendu de lectures qui va suivre.

Les cinq livres à lire sur Star Wars

Voici d’abord cinq petits conseils de lecture, que vous soyez amateur ou spécialiste de la saga.

  • un abécédaire de l’univers Star Wars

Le premier de ces ouvrages est Star Wars : une saga, un mythe, de Laurent Aknin, publié aux éditions Vendémiaire en 2015.

J’en avais fait la critique au moment de sa sortie, qui coïncidait, à quelques semaines près, à la sortie au cinéma de l’épisode VII.

Sous forme d’abécédaire, le livre décode les racines des Jedis, de la Force, l’influence du mythe arthurien ou des cultures asiatiques sur la saga, et le fait que Star Wars fait désormais figure de mythe à part entière, avec produits dérivés et univers étendu.

L’ouvrage s’ouvre sur le processus d’ « agnition » (reconnaissance de deux personnes ou plus, avec notamment la célèbre phrase de Dark Vador (Darth Vader) à Luke Skywalker, « Je suis ton père »), et se ferme, comme il se doit, avec la figure de Yoda.

On y retrouve d’autres entrées, dédiées aux personnages, ainsi que l’explication de plusieurs points emblématiques de la saga : combats, couples, droïdes, élu, empire et dictature VS république et démocratie, fantasy et science-fiction, immortalité, initiation, ordre Jedi, padawan, religion, ou encore sabre.

  • Star Wars en infographies

L’un de mes ouvrages préférés sur Star Wars est le Star Wars graphics : l’univers décrypté en infographies, sorti lui aussi en 2015 aux éditions Hachette.

C’est un livre d’une incroyable efficacité, qui restitue à merveille l’univers de la saga, et qui, comme son sous-titre l’indique, le décrypte en infographies.

On y retrouve aussi bien le descriptif des différentes planètes, une classification des vaisseaux en fonction de leur vitesse, une étude de l’espérance de vie par espace, des membres coupés dans les différents épisodes de la saga, une chronologie réelle et fictives des événements, ou encore le taux de midichloriens par personnage.

Ce bijou visuel est à rapprocher du point de vue de l’humour, du petit ouvrage publié aux éditions 404, Comprendre Star Wars quand on a toujours pas compris qui est le père de Luke Skywalkeret du point de vue de la forme, de l’ouvrage dont je parlerai un peu plus bas…

  • Aux origines : George Lucas

Le troisième ouvrage est un peu plus récent : il s’agit de Star Wars, de Will Brooker, publié en 2017 chez Akileos.

Cet ouvrage revient principalement sur un personnage emblématique de la saga, à savoir son réalisateur, George Lucas, et étudie sa personnalité selon un angle bien défini, à savoir : l’homme qui voulait être Han Solo mais pour qui il est plus sécurisant, psychologiquement et émotionnellement, d’être Dark Vador, voire Palpatine.

Vous pouvez retrouver ici la critique que j’avais faite de l’ouvrage à sa sortie.

Pour compléter cette lecture, je vous laisse regarder le documentaire ci-dessous, consacré aux origines de Star Wars.

  • Le féministe

Pour cette avant-dernière lecture, on peut continuer à parler de George Lucas, mais avec le regard de Carrie Fisher, et en prenant le temps de lire le Journal d’une princesse, un ouvrage qui est sorti, dans sa traduction française, en octobre 2017.

Ce livre ne revient pas seulement sur les conditions du tournage du premier Star Wars en 1977.

J’avais fait la critique de ce livre en mars 2018, c’était un livre dont j’avais adoré le ton, la franchise, et l’humour. Je ne résiste pas à la tentation d’en replacer ici une citation :

Quand on se rapproche de mon double [au musée Madame Tussauds de Londres], on peut voir qu’elle a la peau un peu épaisse et qu’elle transpire, alors restez à distance. Il lui manque un grain de beauté sur les reins, mais je n’en aurais pas non plus si j’avais le choix. Peut-être mon moi en cire pourra prendre le relais quand mon moi de chair déposera les armes. Mais il devra le faire dans ce putain de Bikini.

Lorsqu’on lit ce livre, on y retrouve tout l’humour cinglant et sans coquetterie de Carrie Fisher, tel qu’on peut également l’appréhender dans cette vidéo :

Et je rajoute également celle-ci pour compléter :

  • Le scientifique

Enfin le dernier livre que je retiens sur Star Wars, c’est le livre, déjà plusieurs fois cité sur ce blog, de Roland Lehoucq : Faire des sciences avec Star Wars.

C’est un ouvrage qui décrypte d’un point de vue scientifique les différents éléments de la saga : sabres laser, étoile de la mort, vaisseaux spatiaux, droïdes et planètes.

Roland Lehoucq est astrophysicien au CEA, et quand il ne s’intéresse pas aux sciences chez Tolkien, il évoque dans ses livres la science au cinéma, le nombre de doigts d’un extra-terrestre ou les pouvoirs de Superman.

J’ai pu mettre en valeur à plusieurs reprises ses travaux au CDI, ici pour de la vulgarisation scientifique :

là, pour l’exposition Star Wars du mois de décembre :

avec le visuel qui allait avec :

Star Wars, manuel de survie

Dans mes lectures, j’avais croisé aussi un manuel du Jedi, mais ce qui a retenu mon attention pour cet article, en plus de la sortie au cinéma du dernier épisode et de cet événement du 4 mai, c’est un autre manuel, dont la couverture attire très efficacement le regard.

Il s’agit de Survivre dans la galaxie, de Christian Blauvelt, publié chez Hachette en octobre 2019.

L’ouvrage est superbement mis en forme. Il se rapproche bien de Star Wars graphics, que j’ai mentionné plus haut, mais avec plus de texte.

Sur des doubles-pages, il décrypte les subtilités de la politique ou des différentes cultures de la galaxie, et propose un guide pour hacker, piloter un vaisseau spatial, choisir les bonnes armes ou encore affronter des prédateurs.

C’est un excellent divertissement, malgré quelques coquilles dans la traduction et un petit souci de mise en page à un endroit.

Le parfait complément d’autres ouvrages du même type, comme le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks.

J’espère vous avoir donné quelques pistes de lectures pour savourer pleinement ce 4 mai.

May the force be with you et à bientôt sur Cinéphiledoc !

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