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2021 : Palmarès de lecture

Comme pour l’année dernière, je publie ce palmarès au mois de décembre, afin de pouvoir, à nouveau, en janvier, faire un petit article sur le Bullet Journal.

Cela me permettra aussi de vous donner quelques idées de cadeaux de Noël, si vous souhaitez glisser sous le sapin l’un ou l’autre des ouvrages sympathiques dont j’ai pu vous parler cette année.

Pour ce palmarès, j’ai beaucoup moins d’avance que l’an dernier, nous sommes à la mi-novembre au moment où je commence à l’écrire.

Je profiterai de cet article pour vous partager les photos d’une petite sortie que j’ai faite au début du mois et pour faire quelques clins d’oeil complices…

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Pour 2021, mes lectures ont commencé très tôt en 2020, à la faveur des périodes de confinements : j’ai dû les entamer vers le mois d’août 2020.

Cependant, contrairement à l’année dernière, je n’avais pas fini ces lectures en avance : j’ai terminé ma dernière lecture cinéphile fin octobre pour un article que je comptais publier début novembre.

De la même manière, mon activité de lecture de 2021 a été considérablement réduite : malgré un petit pic au mois d’avril (7 livres lus), j’ai lu entre 3 et 6 livres par mois cette année – contrairement à 2020 où c’était généralement le double.

Concernant mes lectures cinéphiles, en voici un petit bilan :

  • Louis de Funès à Paris, Philippe Lombard (lu en 2020)
  • L’Angleterre en séries, Ioanis Deroide (lu en 2020)
  • The Crown, le vrai du faux : la série culte décryptée, de Corentin Lamy, Joffrey Ricome et Pierre Trouvé (lu en 2020)
  • Tarantino Reservoir films, Philippe Lombard (lu en 2020)
  • François Truffaut, Noël Simsolo (lu en 2020)
  • Bons baisers du monde, Guillaume Evin et Laurent Perriot (lu en 2020)
  • Le Paris de Claude Sautet, Hélène Rochette
  • La Beauté du ciel, Sarah Biasini
  • Christopher Nolan : la possibilité d’un monde, Timothée Girardin
  • Les Orphelins de François, Bernard Gheur

J’avais réussi avant janvier 2021 à préparer en brouillon mes 4 premiers articles, même si j’hésitais quant à l’ordre dans lequel les publier.

Ainsi en janvier, mes comptes-rendus sur Louis de Funès, l’Angleterre dans les séries, les films de Tarantino et un deuxième épisode du cinéma en BD étaient prêts.

Par contre, j’ai mis un temps certain à écrire les deux articles suivants et désormais, je n’ai plus qu’environ trois semaines d’avance entre l’écriture d’un article et sa publication.

Palmarès 2021

Chaque année, j’essaye de regrouper ces quelques lectures en catégories plus ou moins signifiantes. Cette année, j’en dénombre trois, avec un invité surprise : cinéma français, productions internationales et témoignages.

Cinéma français

Dans cette catégorie, je regroupe :

  • Louis de Funès à Paris, de Philippe Lombard, éditions Parigramme, juillet 2020
  • François Truffaut, de Noël Simsolo, éditions Glénat, août 2020
  • Le Paris de Claude Sautet, d’Hélène Rochette, éditions Parigramme, septembre 2020

C’est à ce dernier que va ma préférence, un très bel ouvrage, illustré et immersif , qui m’a autant donné envie de revoir les films de Claude Sautet (et dans la foulée de ma lecture j’ai vu Vincent, François, Paul et les autres, Un coeur en hiver et Nelly et Monsieur Arnaud) que de déambuler dans le quatorzième arrondissement.

Productions internationales

Cinq livres dans cette catégorie :

  • L’Angleterre en séries, de Ioanis Deroide, éditions First, février 2020
  • The Crown, le vrai du faux : la série culte décryptée, de Corentin Lamy, Joffrey Ricome et Pierre Trouvé (édition de 2020, l’ouvrage a fait l’objet d’une réédition plus récente en octobre 2021 – j’avoue hésiter à me le racheter, étant archi-fan de la série et l’édition précédente n’étant pas parvenue à m’en dégoûter ! bien au contraire…)
  • Tarantino Reservoir films, de Philippe Lombard, éditions Omake Books, novembre 2020
  • Bons baisers du monde, de Guillaume Evin et Laurent Perriot, éditions Dunod, octobre 2020
  • Christopher Nolan : la possibilité d’un monde, de Timothée Girardin, éditions Playlist Society, réédition avril 2021

Et donc dans cette catégorie, il est très difficile de choisir un livre parmi les cinq mentionnés.

C’est pourquoi je décide de donner raison à Philippe Lombard, qui a la gentillesse de m’envoyer ses ouvrages régulièrement avant qu’ils ne paraissent, et dont j’ai découvert la dédicace suivante dans l’un des plus récents :

Pour Juliette, qui a déjà prévu de chroniquer ce livre en décembre 2021 😉

Vous ne croyez pas si bien dire, cher Philippe, puisque je retiens pour ma catégorie « Productions internationales » le Ça tourne mal… à Hollywood ! : L’histoire méconnue et tumultueuse du cinéma américain, publié en novembre 2020 aux éditions La Tengo.

En effet, après un premier opus passionnant publié en 2019 (et que j’avais donc tout à fait justement évoqué dans mon palmarès de 2020) consacré au cinéma français, Ça tourne mal… à Hollywood ! revient sur quelques anecdotes tantôt hilarantes tantôt quelque peu glaçantes du cinéma américain.

La structure du livre, qui va de la pré-production à la sortie en salles (ou pas) m’a rappelé la série de vidéos Film wars de François Theurel (alias le fossoyeur de films)

Je glisse ici le premier sur Alien 3 à déguster à nouveau…

Cela m’a aussi rappelé une série assez bien faite diffusée sur Netflix : The movies that made us qui revient sur les tournages des films de notre enfance (l’un de mes épisodes préférés est celui sur Jurassic Park).

Bref c’est ce mélange assez détonnant de fous-rires et de tendresse que l’on a à la lecture du livre de Philippe Lombard, et qui nous montre à nouveau à quel point les oeuvres d’anthologie, celles qui constituent notre patrimoine cinématographique (et plus largement culturel) sont parfois enfantées dans la douleur.

La dédicace de l’ouvrage le plus récent du sieur Lombard me suggère un nouvel article pour juin 2022 : je n’irai pas jusqu’à dire que c’est une promesse, mais cela arrivera peut-être plus tôt que prévu !

Témoignages

Dernière catégorie, les témoignages, dans laquelle je regroupe :

  • La Beauté du ciel, de Sarah Biasini, éditions Stock, janvier 2021

  • Les Orphelins de François, de Bernard Gheur, éditions Weyrich, février 2021

J’ai indiqué implicitement dans mon article cinéphile de novembre à quel point il m’est difficile de ne pas être émue lorsque je lis un texte évoquant François Truffaut.

Et évidemment, lorsque je lis ce dernier en fin d’année, ou lorsque je lui consacre le dernier article cinéphile de l’année, il est aussi compliqué de dépasser cette impression.

Les deux livres de cette catégorie ont en partage l’émotion et la pudeur.

Je décide donc de ne pas choisir et vous invite à lire les deux avec la même empathie : vous y trouverez aussi en partage le souvenir d’enfance, la mémoire, l’amour du cinéma et l’émerveillement.

Bilan et escapade

Voilà pour ce palmarès et ces lectures cinéphiles de 2021, qui ont tout de même été assez variées.

Pour 2021 j’ai également proposé cet été deux hors-série de conseils de lecture, avec des livres qui n’étaient pas dédiés au cinéma. Pour celles et ceux qui seraient en panne d’idées de lectures (ou de cadeaux), n’hésitez pas à aller jeter un coup d’oeil !

Concernant mes lectures de 2022, ma liste est déjà assez conséquente, et comme je l’ai indiqué plus haut, il y aura déjà un Lombard dans la liste, mais aussi une biographie d’acteur, une bande-dessinée et un ouvrage consacré à un réalisateur encore jamais évoqué (ou si peu) sur ce site.

Avant de vous laisser, je vous partage quelques photos d’une escapade que j’ai faite début novembre à Angoulême, lieu de tournage et ville organisatrice d’un festival du film francophone depuis plusieurs années.

J’y ai visité le musée de la bande-dessinée et les studios Paradis, avec une exposition consacrée au tournage du dernier film de Wes Anderson, The French Dispatch :

C’est sur ces images que je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d’année, et je vous mitonne pour très prochainement le dernier article #profdoc de 2021.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

 

Le passant, le cinéphile, le passeur

Cela devient une habitude – tenace ? il faudra encore quelque temps pour le déterminer – finir les lectures cinéphiles de l’année par des retrouvailles avec François Truffaut.

Déjà l’année dernière, j’avais terminé ces lectures, avant le traditionnel palmarès de décembre, par L’Amie américaine de Serge Toubiana, qui m’avait énormément émue.

Cette année, après avoir établi ma petite liste de fin d’année, j’ai hésité entre une biographie et l’ouvrage sur lequel je vais revenir dans un instant.

Hésité, pourquoi ?

Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage

Après un mois de septembre consacré à Claude Sautet et Romy Schneider, un mois d’octobre sur l’univers de Christopher Nolan, il me restait à la fin du mois d’octobre quatre livres à découvrir sur ma pile de lecture (je viens mentalement d’en ajouter un cinquième).

D’ordinaire, je les classe par date de parution, pour pouvoir les approcher dans un certain ordre chronologique, et j’essaye d’alterner plus ou moins harmonieusement les thématiques.

C’est pourquoi j’avais d’emblée évacué l’idée de parler de Truffaut directement après Sautet, ce que de toute façon je n’aurais pas fait, puisque l’ouvrage sur Nolan se plaçait très justement entre l’évocation du Paris de Claude Sautet, le très beau livre de Sarah Biasini et le témoignage sur François Truffaut.

Et il semblerait qu’inconsciemment, ce petit rituel ou cette forme d’hommage indirect s’installe dans mes habitudes : en octobre, je lis Truffaut, je regarde Truffaut et je pense Truffaut.

Allons-y donc pour cette dernière lecture (ou plutôt ces dernières lectures) de 2021.

Une histoire de titre

Il m’arrive de temps à autres de noter dans une rubrique dédiée de mon bullet journal les livres sur le cinéma qui me font envie.

Je les sépare de ma liste de lecture habituelle, qui est beaucoup plus conséquente, où j’inscris scrupuleusement les conseils de ma marraine, des amis, des copains copines profs docs, les autres idées glanées ici ou là…

Dans cette rubrique pour cette année je n’ai noté que quelques mots :

  • été 2021 : coups de coeur lectures
  • Livre Christopher Nolan
  • Claude Sautet à Paris
  • Livre Sarah Biasini
  • Les Orphelins de Truffaut

Ma prise de notes est cette fois loin d’être scrupuleuse, il s’agit juste d’un aide-mémoire à la va-vite : il manque les titres, parfois les auteurs, toujours les éditeurs.

Et ce fameux ouvrage désigné par « Les Orphelins de Truffaut », j’en ai écorché le titre, l’ayant récupéré là encore précipitamment depuis mes alertes reçues par mail et depuis un article qui revenait sur sa publication.

Il s’agit des Orphelins de François, de Bernard Gheur.

Trouver le livre

Que Bernard Gheur m’excuse de cette distraction, qui n’est pas éloignée de celle par laquelle j’avais désigné le livre de Sarah Biasini, l’appelant « Toute la beauté du ciel », et associant dans ma tête le témoignage de La Beauté du ciel et le roman de Mélissa Da Costa lu quelques mois plus tôt, Tout le bleu du ciel

Parfois dans ma tête les titres se mélangent ainsi, et forment de curieuses associations d’idées. Pour le livre de Bernard Gheur, c’est plus terre à terre : j’avais entendu parlé d’un livre sur Truffaut, intitulé Les Orphelins de… et j’ai complété avec ce qui me semblait le plus évident.

Le titre exact en était Les Orphelins de François : récit de vie. Il a été publié en février 2021 aux éditions Weyrich, une maison d’édition située à Neufchâteau.

Ce qui m’a confortée dans l’envie de lire ce livre, outre sa proximité apparente avec le témoignage de Jérôme Tonnerre dans Le Petit voisin – l’un de mes ouvrages préférés sur Truffaut – c’est que je ne suis pas parvenue à le commander en ligne en format papier (ou du moins difficilement), et que je me suis rabattue en grognant un peu (beaucoup) sur le format e-book.

Ce n’est pas que je suis réfractaire à ce second format. J’ai une liseuse que j’utilise très régulièrement, surtout dans les transports en commun, et ce n’est pas la première fois que je me sers d’elle pour mes lectures cinéphiles.

Mais pour les ouvrages sur Truffaut, j’aime reprendre le livre, le feuilleter à nouveau quand j’en parle, mettre des post-it aux endroits qui m’ont marquée, pouvoir le citer à volonté, ce qui me semble moins pratique, moins instinctif, avec le format e-book. J’en suis quitte pour me fier à ma mémoire, et à la quatrième de couverture.

Passants, orphelins, passeurs

Cette quatrième de couverture, la voici, telle qu’elle est proposée sur le site Decitre entre autres :

Le 24 octobre 1984, au cimetière de Montmartre, Claude de Givray prononce l’éloge funèbre de son ami François Truffaut.
« Si François n’était pas né, s’il n’avait pas été cinéaste… »
Et moi, que serais-je devenu si François Truffaut n’avait pas existé ?
À 16 ans, je n’aurais pas parcouru les rues de Liège une caméra à la main, ni fait la sortie des écoles de filles, en quête de jolies actrices.
À 17 ans, je n’aurais pas pris le rapide Moscou-Paris de 00h10, aux Guillemins, pour découvrir un film en exclusivité, remonter les Champs-Elysées, sonner à certaines portes.
À 20 ans, sans sa lettre merveilleuse, sur papier pelure, postée à Paris, je ne me serais pas jeté dans l’écriture d’un roman.
Et, à 39 ans, quittant mon journal un dimanche soir d’octobre, après le bouclage de la dernière édition, je ne me serais pas mis à pleurer comme un enfant perdu…

C’est une très belle quatrième de couverture, et si j’avais eu le livre entre les mains, en le retournant et en la découvrant, j’aurais d’autant plus eu envie de le lire.

Mais elle ne rend pas justice selon moi au tout début du livre, à la façon si délicate et élégante avec laquelle l’auteur commence le voyage, où s’entrecroisent sa vie et l’empreinte à la fois fugitive et incontournable de François Truffaut.

Qu’il me soit autorisé de vous la faire connaître via une grossière capture d’écran :

J’ai lu ces premières lignes, qui m’ont donné l’impression d’être aux côtés d’Orson Welles et de Joseph Cotten dans Citizen Kane. Je croyais entendre les rotatives du journal, l’effervescence un temps suspendue de la salle de rédaction…

Oui, Elvis, et alors ? Un peu plus loin (et sept ans plus tard), nous sommes à nouveau dans une salle de rédaction, le 21 octobre 1984, et il est 20h02. Bernard Gheur doit écrire les deux articles que son journal, La Meuse, consacrera à François Truffaut : une biographie et un témoignage personnel de ses relations, principalement épistolaires, avec le cinéaste.

C’est ce témoignage, ce « récit de vie », qu’il partage avec le lecteur.

Suivant ses pas d’enfant puis d’adolescent liégeois, on scrute avec émotion son triple visionnage de Tirez sur le pianiste, ses souvenirs du film perdu d’un festival de Cannes où se découpait la silhouette familière de Truffaut (costume bleu et cravate rouge), on assiste, bien sûr, à cet éloge de Claude de Givray, mais surtout, on recueille ses échanges précieux avec Madeleine Morgenstern, dans son appartement de la Muette.

Ces échanges et ces impressions, il serait vain de vouloir en faire l’inventaire ici. Ils sont trop variés pour qu’on en sélectionne un parmi tous les autres, et cependant ils ont tous comme traits communs l’émotion, le sourire et la pudeur.

J’ai lu le livre de Bernard Gheur à la faveur d’un trajet sur Paris, j’avançais dans ma lecture, qui faisait remonter plusieurs souvenirs :

  • une rencontre à la Cinémathèque avec Madeleine Morgenstern (favorisée à l’époque par Serge Toubiana),
  • des échanges toujours riches quoiqu’irréguliers avec Laura (ma méconnaissance de la géographie me fait m’inquiéter pour elle à chaque incendie californien),
  • et la bibliothèque surchargée du bureau de Jean Gruault…

Comme à chaque lecture consacrée à François Truffaut, je me retrouve dans la même posture que Thierry Jousse, merveilleux concepteur de Blow Up Arte, lorsqu’il visionne un film pour nous en quelques minutes, la partie Zapping de Blow Up…

Je n’ai pas retrouvé de films de Truffaut ayant fait l’objet d’une telle opération, aussi vais-je mettre pour l’exemple celui de La Mort aux trousses :

Mon trajet sur Paris m’a donc conduite jusqu’à Saint-Lazare, ma liseuse dans mon sac, avec pour projet d’aller fureter du côté des Batignolles, et plus précisément dans la librairie Bulles en tête.

Je suis descendue place de Rome, avec les derniers mots d’un chapitre des Orphelins de François en tête, je me suis dit que ce serait bien de descendre la rue de Rome sur la musique des Quatre cents coups (pour changer de Montmartre),

j’ai eu envie de revoir Antoine Doinel courir le long de la mer avant un regard caméra,

de revoir une ouvreuse de cinéma guider le spectateur en retard pour la séance avec une lampe dont la lumière glisse sur ses jambes,

de faire claquer sur des pavés une paire de bottines que j’ai trop portées, et qui me donne l’impression d’être Fanny Ardant dans Vivement dimanche !, avant de me souvenir que je ne sais pas marcher avec des talons, que j’ai beaucoup moins de robes dans mes armoires et de toute façon, beaucoup moins d’élégance que Barbara,

de réentendre quelques-unes des répliques de Vivement dimanche ! dont justement « Écoutez Barbara, je suis dans l’embarras », « Je me gratte l’oreille parce que ça m’aide à réfléchir »,

de revoir un chat laper du lait dans La Nuit américaine – mais pas seulement –

d’écouter la voix de Véronique Silver « au fond je me retrouve comme Edith Piaf, rien de rien, je ne regrette rien »

avant de reprendre le métro, je suis passée à la FNAC Saint-Lazare, pour acheter un autre livre : François Truffaut film par film, de Laurent Delmas et Christine Masson.

Bref, j’ai lu Les Orphelins de François, de Bernard Gheur… et ben c’était vachement bien.

Octobre 2021 : séances et animations du CDI

Dans ce nouvel article, je vous présente les actions menées entre le 24 septembre et le 22 octobre, une période qui a été relativement riche sur le plan professionnel, tant en terme de valorisation du fonds que de séances pédagogiques.

Expositions thématiques

Je commencerai cette fois-ci avec les expositions thématiques en lien avec plusieurs événements nationaux et internationaux.

Le mois d’octobre est particulièrement intense en ce qui concerne ces événements. Je me souviens d’une conversation avec Audrey, ma comparse de la DNE sur les expositions thématiques.

Nous évoquions le fait que la période d’octobre à décembre (fête de la science, semaine du goût, journée de lutte contre le harcèlement…) est toujours assez riche, alors que l’on peine souvent à proposer ce même genre pour janvier – février, avant un sursaut aux mois de mars, avril et mai (printemps des poètes, semaine de la presse…).

Ce mois-ci, avec Roman, nous avons choisi de mettre l’accent sur les événements scientifiques, en proposant trois pôles :

  • la fête de la science (J)

Comme à l’accoutumé, une présentation (en affiche et sur le blog) des ressources disponibles au CDI est proposée aux élèves :

  • la semaine du climat (R)

  • la semaine mondiale de l’espace (J)

Cette sélection a été présentée sur le blog du CDI le jour où Thomas Pesquet a pris les commandes de l’ISS.

Voici l’affiche associée réalisée sur Canva :

Plusieurs autres sélections ont été proposées durant cette période, notamment autour des championnats du monde de cyclisme ou de la semaine du goût :

Gestion et valorisation du fonds

Un petit point rapide sur cette question : nous avons reçu deux commandes durant cette période, avec principalement des nouveautés en bandes-dessinées et en sciences sociales (ressources en HGGSP).

Pour les nouveautés en BD, c’est Roman qui s’est occupé de l’indexation et de la valorisation via le blog du CDI :

Pour les nouveautés en documentaires, je m’en occuperai au retour des vacances.

Un autre projet est également en cours d’élaboration pour être installé, lui aussi, au retour des vacances, j’aurai l’occasion d’en dire plus le mois prochain, mais voici un petit teasing.

Roman a pu avancer sur un chantier en cours depuis l’an dernier : le rafraichissement de la signalétique des rayons fictions. J’avais eu l’occasion de vous partager il y a quelques mois la signalétique réalisée pour les romans, la poésie et le théâtre.

Voici celle réalisée par Roman pour le rayon science-fiction :

avec un exemple pour l’une des lettres du rayon :

Il nous reste encore le rayon des romans policiers à finir.

Séances et actions pédagogiques

Pour ce mois d’octobre, les actions menées se sont bien diversifiées et nous sommes assez sollicités par les collègues. Je vais présenter ici quelques-unes de ces actions et en garder certaines pour le mois prochain.

  • visite des classes de secondes : nous avons réussi à programmer des visites pour 13 de nos 14 classes de secondes.

Sur ces 13 classes, 10 auront fait la visite avant les vacances de la Toussaint. Concernant la quatorzième classe, elle est déjà impliquée dans un projet avec Roman en EMC et vient régulièrement au CDI, ce qui permet de la mettre sur un pied d’égalité avec les autres classes.

  • séances en EMC : pour le projet autour des réfugiés avec une classe de seconde et ma collègue d’histoire-géo, je joue régulièrement à cache-cache avec les élèves (changement d’emploi du temps, réunions à l’extérieur…)

En classe de première, nous avons commencé des séances avec ma collègue de SES, durant lesquelles les élèves doivent réaliser un dossier documentaire sur un des aspects de la fragilisation du lien social (3 séances avant les vacances).

  • campagnes PIX pour les élèves de terminale : nous avons pris en charge le dossier PIX au lycée avec la proviseure adjointe et Aurélie, collègue de physique-chimie

Depuis le mois de septembre, j’ai envoyé plusieurs mails sur l’ENT aux élèves de terminale, afin qu’ils réalisent leur parcours de rentrée sur PIX. J’ai également envoyé plusieurs mails aux professeurs principaux.

Pour permettre aux élèves de mettre le pied à l’étrier, nous avons mené plusieurs séances soit en classe entière soit en demi-groupe, avec des rappels sur PIX : avant les vacances nous aurons normalement vu un tiers des classes (4 sur 12) sachant que nous avons au lycée 8 terminales générales et 4 terminales STMG.

  • préparation du grand oral en HGGSP : à la demande de mes collègues, j’aurai vu avant les vacances les 3 groupes de terminale HGGSP.

Je profite de ces séances pour faire un rappel sur les ressources disponibles au lycée : ressources du CDI, ressources sur l’ENT et actions des professeurs-documentalistes.

Évidemment, une séance est tombée pendant le bug du portail E-SIDOC (tout comme une séance sur PIX est tombée pendant un bug de PIX…) mais l’idée est de lancer les recherches des élèves :

La même demande m’a été faite par Christophe, collègue de maths, pour aider les élèves à préparer le grand oral en maths. La séance a eu lieu elle aussi avant les vacances mais j’en dirai plus dans l’article du mois de novembre.

  • Escape Game Olympe de Gouges

Enfin j’en termine pour ce mois d’octobre avec le plus gros morceau. Début octobre, une de mes collègues de français est venue me voir pour me demander s’il était possible d’aider les élèves de sa classe de première STMG à se lancer dans la lecture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges.

Comme cette période de l’histoire m’a toujours intéressée, j’ai très vite été inspirée par cette demande et j’ai voulu proposé un escape game sur le modèle de celui réalisé par Audrey sur l’identité numérique.

Cependant, au lieu que les élèves aient d’emblée tout le parcours, je voulais que celui-ci se révèle progressivement, au fil de la résolution des énigmes. Je voulais aussi que cet escape game, même s’il était proposé sur les ordinateurs, invite les élèves à consulter différents ouvrages.

En voici donc la structure (sans en dévoiler les réponses) :

  1. une page d’accueil
  2. la première énigme : remettre dans l’ordre les événements de la Révolution française (aide : des documentaires sur l’histoire de France) Les élèves obtiennent le premier code qui permet, en cliquant sur la flèche, d’accéder aux énigmes 2
  3. chaque groupe choisit un 2 : ils doivent récupérer la cote commune à la sélection d’ouvrages ou la cote de la bande-dessinée, ce qui permet d’accéder à l’énigme 3
  4. les acteurs de la Révolution française. Une fois les acteurs retrouvés, ils peuvent déplacer le personnage et accéder à l’énigme 4
  5. les figures du droit des femmes : à l’aide des indices et d’une sélection d’ouvrages, ils retrouvent les différentes figures, récupèrent un code donnant accès à l’énigme 5
  6. les mots d’Olympe : ils doivent compléter le texte en s’aidant des exemplaires de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, puis récupérer dans le livre le dernier mot de cette déclaration
  7. ce qui leur donne accès au code final.

Voici l’installation durant les séances pour deux des trois équipes (séance en demi-groupe, 16 élèves) :

Et voici l’escape game dans sa version en ligne :

Communication : pour les élèves (et pour le lycée en général)

  • Concours de la BD scolaire

Cette action est à l’initiative de Roman, qui a communiqué avec différentes classes et par voie d’affichage et a accueilli plusieurs élèves volontaires au CDI :

  • Marques-pages

Également réalisés par Roman et mis à disposition des élèves (nous avons pris de temps en temps l’habitude de glisser un marque page dans un ouvrage emprunté) :

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Durant cette période, voici les articles proposés aux élèves : la fête de la science (27 septembre), une revue de presse (30 septembre, avec un point sur les championnats du monde de cyclisme), un ZOOM ACTU sur l’écologie :

un article sur la semaine mondiale de l’espace que j’ai évoquée précédemment (4 octobre), une revue de presse avec un point sur la semaine du climat (7 octobre) un ZOOM ACTU sur l’économie et la société numériques (11 octobre) :

une revue de presse avec un point sur la semaine du goût (14 octobre) :

la surprise de la rentrée (19 octobre), la valorisation en BD évoquée plus haut (20 octobre) et un ZOOM Actu sur la guerre d’Algérie (22 octobre).

Communication : pour l’équipe éducative

  • E-INSTANT CDI : focus octobre

Pour le mois d’octobre, j’ai modifié la page d’accueil de l’E-INSTANT :

La partie « focus » ce mois-ci était consacrée au CRCN et aux ressources et abonnements pédagogiques proposés par le CDI :

  • Agenda partagé du CDI sur l’ENT

La nouveauté de ce mois-ci est la mise en place de l’agenda partagé du CDI sur l’ENT, pour donner un peu plus de visibilité (et de lisibilité) à nos actions.

Pour donner une idée de la façon dont il est organisé, voici une capture d’écran pour la semaine avant les vacances :

Autres activités (réunions, stages, déplacements, publications)

Voici les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 27 septembre au 22 octobre) :

  • 28 septembre : un déjeuner avec la personne chargée des affaires culturelles de la mairie
  • 30 septembre : un entretien avec la nouvelle proviseure pour présenter les actions du CDI
  • 5 octobre : la première réunion de formation de formateurs en documentation pour l’académie de Versailles
  • 6 octobre : un webinaire sur l’organisation des TraAM
  • 8 octobre : la première demi-journée banalisée sur l’évaluation
  • 15 octobre : le séminaire de rentrée de la DNE au lycée Hector Guimart
  • 18 octobre : la première réunion de bassin des professeurs documentalistes
  • 20 octobre : la réunion nationale des référents TraAM
  • plusieurs appels avec une collègue CPE pour préparer un stage sur le cyberharcèlement

Enfin j’en termine avec la préparation et la publication d’articles sur le site du collectif LudoDOC. Durant cette période, c’est le parcours de #profdoc de Magalie Bossuyt qui a été publié.

En effet, j’ai modifié quelque peu mon calendrier de publication concernant les parcours et celui de Magalie étant prêt depuis quelques temps, nous avons pu le sortir le 11 octobre :

De la documentation oui, mais de l’humain avant tout !

Encore un grand merci à elle !

Un article qui revient sur les coups de cœur de Fabienne et Béatrice à Ludovia a également été publié ce mois-ci :

Retour sur #Ludovia18 : les coups de cœur de Béatrice et Fabienne

et un nouvel épisode de l’histoire numérique de la documentation sera prochainement publié, normalement courant novembre.

D’ici là je vous souhaite d’excellentes vacances et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Ce soir, nous sommes septembre

Pour ce nouvel article cinéphile, j’ai hésité entre plusieurs titres. Je voulais évoquer une atmosphère, un cinéma bien particulier, mais aussi faire pendant à l’article de juin, et ce à tout point de vue.

En effet, pour ce compte-rendu de lecture, je souhaitais reprendre la même structure que pour « Un tour du monde qui rime » : un univers ou un réalisateur et un acteur.

Et puis le titre m’est apparu comme une évidence, lorsque je me suis souvenue de la date de publication de cet article. Vous devinez ? Cela ne vous dit rien ? Petit indice musical :

C’est bon, vous avez trouvé ? J’ai préféré cette vidéo de l’INA à une vidéo, très bien faite cependant, qui proposait un montage d’extraits des Choses de la vie, mais dont je ne suis pas certaine de la pérennité sur YouTube.

J’ai toujours trouvé très mélodieux ce début de chanson, avec cette façon si particulière de nous « installer » dans le temps : ce soir, nous sommes septembre. Nous ne sommes pas EN septembre, nous sommes septembre. Et c’est Romy Schneider, avec cette voix unique, qui nous le chante. Mais je m’égare…

Pour ce compte-rendu de lecture, vous l’aurez maintenant compris, je souhaitais vous parler d’un réalisateur, d’une comédienne, et de deux ouvrages que j’ai lus cet été.

Claude Sautet sous la pluie

Je ne crois pas avoir déjà consacré un article aux films de Claude Sautet, qui pourtant très tôt ont fait partie de mon univers cinématographique.

Mon premier souvenir remonte à assez loin, bien avant que je découvre les films de Truffaut, avec Un cœur en hiver. Je pense avoir vu le film vers mes 9 ou 10 ans. Comment je le sais ? Je faisais à l’époque du violon et j’avais été fascinée par cette histoire de musiciens et de luthiers.

J’avais à l’époque recopié, en m’appliquant et absolument sans la comprendre cette réplique d’Emmanuelle Béart, qu’elle attribue à Maurice Garrel (qui joue dans le film son ancien professeur) :

Demoiselle, vous obtenez avec votre archet un crissement assez proche de celui d’une pierre ponce frottée sur un parquet ciré.

C’était effectivement le son que je devais obtenir à l’époque (et toujours par la suite malgré 11 ans de violon) de ce pauvre instrument : je n’avais pas vraiment de patience, pas beaucoup de rigueur et aucun attrait pour le solfège…

Ce qui m’avait marquée, c’était surtout la musique de Ravel, et la préférence déjà à l’époque pour le rayonnant André Dussolier par rapport au froid et ténébreux Daniel Auteuil. J’aimais aussi beaucoup les personnages secondaires.

Je n’avais évidemment pas compris grand chose non plus à la subtilité et à la complexité des rapports entre les personnages, ce n’est qu’en renvoyant le film plus tard (et même très récemment) que je les ai saisies.

Mon second souvenir d’un film de Claude Sautet est un peu plus fidèle à l’intention du cinéaste : il s’agit de Nelly et Mr Arnaud, avec à nouveau Emmanuelle Béart. J’ai dû certainement le voir quelques temps après sa sortie mais aussi avant le décès de Claude Sautet, donc je dirais en 1998 ou 1999.

Là encore, l’atmosphère du film m’avait beaucoup marquée, j’aimais beaucoup Michel Serrault – une affection constante – et j’avais là encore été frappée par le charme des personnages secondaires, même si longtemps j’ai cru que celui incarné par Brigitte Catillon dans Un coeur en hiver et celui incarné par Claire Nadeau dans Nelly et Mr Arnaud étaient une seule et même personne.

J’ai donc commencé le cinéma de Claude Sautet par la fin, avec deux films qui m’ont accompagnée et que j’ai toujours plaisir à revoir.

L’admiration que j’ai ensuite portée à Romy Schneider m’a conduit à découvrir une autre partie de sa filmographie, que je connais désormais pour moitié, ce qui est suffisant pour avoir envie de lire des ouvrages qui lui sont consacrés.

L’univers parisien de Claude Sautet

C’est donc tout naturellement que, lorsque j’ai vu que les éditions Parigramme publiaient un livre intitulé Le Paris de Claude Sautet, j’ai voulu me plonger dedans.

Ce livre, sous la plume d’Hélène Rochette, est sorti en avril 2020 et porte comme sous-titre sur sa première de couverture : « Romy, Michel, Yves et les autres… »

Il était, comme tout ouvrage des éditions Parigramme que j’ai pu découvrir jusque-là, la promesse d’un itinéraire captivant.

Dans la même collection, j’avais déjà dans ma bibliothèque Le Paris de François Truffaut, Paris : 100 films de légende, et Louis de Funès à Paris, tous trois l’œuvre de Philippe Lombard.

J’avais également offert à un inconditionnel d’Audiard celui dédié à ce cinéaste et à une admiratrice de Gainsbourg l’ouvrage qui lui était consacré.

Globalement je trouve les éditions Parigramme de plus en plus agaçantes dans leur manie qu’elles ont de nous donner envie d’acquérir à chaque balade sur leur site internet l’intégralité de leur catalogue. Message personnel : arrêtez, je n’ai plus de place !

Tout cela pour dire que l’ouvrage d’Hélène Rochette ne déroge pas à la règle. On y retrouve l’atmosphère enfumée des films de Claude Sautet, on déambule dans ces quartiers pluvieux qui vont du cœur de Paris (sans cependant donner d’adresse précise) à la banlieue.

On y croise Montand et Piccoli au volant de leurs voitures (à leurs risques et périls), Romy – la seule qu’on se croit autorisé à appeler par son prénom – Sandrine Bonnaire, Myriam Boyer et Emmanuelle Béart.

On s’y promène de cafés en restaurants, quand on assiste pas aux scènes en spectateur indiscret, depuis une table de troquet avec Mr Arnaud ou de l’extérieur, parfois sous la pluie, avec Rosalie ou Maxime.

Le parcours est à la fois biographique et thématique, ce qui parfois déconcerte mais l’association parfaite du texte et des images donne immanquablement envie de voir ou revoir les films de Sautet – et ça n’a pas loupé, deux jours après avoir fini de le lire, j’en avais déjà revu trois.

Sortie de cette lecture, j’ai directement plongé dans la suivante, pour prolonger cette atmosphère familière.

Figures féminines

En rangeant ma bibliothèque, j’ai essayé de faire le point sur les ouvrages en ma possession consacrés à des comédiens ou des comédiennes.

D’ailleurs, quelque peu arbitrairement et sans tenir compte des frontières (aujourd’hui bien plus poreuses) entre théâtre, cinéma et télévision, j’ai toujours préféré le terme « comédien » à celui d’acteur.

Faisons le point : à l’international, je retrouve dans cette bibliothèque des figures telles que Bogart, Cary Grant, Mastroianni, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Audrey Hepburn, Katharine Hepburn, Grace Kelly, Marilyn Monroe, Greta Garbo, Carrie Fisher.

Côté francophone, s’y côtoient De Funès, Jean Marais, Jean Rochefort, Michel Serrault, Annie Girardot, Jeanne Moreau, et, arrivant en tête (mais ne dépassant jamais le nombre d’ouvrages consacrés à Truffaut, ce qui est rigoureusement impossible) Simone Signoret et Romy Schneider.

J’avais déjà fait le point dans un précédent article des ouvrages consacrés à Romy figurant dans ma bibliothèque, et en relisant cet article, j’étais assez contente de moi pour n’avoir pas grand chose à y ajouter.

Figures maternelles

J’avais établi dans cet article un certain nombre de critères qui guident mes choix de lectures face à un livre consacré à Romy Schneider :

  1. il donnera la parole à la principale intéressée (je pourrais ajouter ici : ou à des témoins directs qui l’ont côtoyées)
  2. il racontera sa vie d’un ton neutre et objectif
  3. il se concentrera sur des photos et/ou des facs similés
  4. il apportera un éclairage inédit sans sensationnalisme

Cependant, c’est tout à fait par hasard, et sans l’avoir recherché, que j’ai eu entre les mains l’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui. Il m’a en effet été offert par quelqu’un qui connais mon attachement à Romy Schneider.

Il s’agit de La Beauté du ciel, de Sarah Biasini, publié en janvier 2021 aux éditions Stock.

Si j’ai ouvert ce livre, dont j’ai retardé jusqu’à l’été la lecture, en m’attendant à un témoignage de Sarah Biasini sur sa mère, j’ai très vite été emportée par tout autre chose.

D’abord par la beauté de l’écriture, par la sobriété et la pudeur du style. Ensuite, par les émotions qui traversent le livre, sans cesse à fleur de peau. Puis, par la délicatesse du projet : une fille qui a perdu sa mère, une fille qui elle-même devient mère et s’adresse à sa fille.

J’ai été touchée par cette sensibilité, par la façon dont Sarah Biasini esquisse des portraits de cette mère qu’on aperçoit sans cesse dans l’ombre, que finalement tout le monde s’est approprié, et dont elle profite de l’écriture pour se la réapproprier, pleine et entière.

Au-delà de la figure absente et omniprésente de Romy, ce qui touche aussi c’est la rencontre de toutes les figures féminines qui entourent Sarah Biasini, toutes des mères, toutes des filles, toutes des femmes, et cela m’a rappelé justement ma lecture de Fille, de Camille Laurens, plus tôt dans l’année.

De belles voix de femmes, d’une génération à l’autre, et par association d’idées, je pense au titre anglais d’un livre d’André Brink, A chain of voices (traduit maladroitement selon moi en Un turbulent silence).

Ouvrant le livre, j’ai guetté Romy, j’ai trouvé Sarah, et finalement, ce qui m’est resté c’est la voix (ou la voie) ininterrompue qui allait de l’une à l’autre pour se transmettre à Anna, la fille de Sarah.

J’ai ouvert ce livre en croyant trouver une nouvelle expérience cinéphile, je le referme en ayant rencontré une très belle expérience humaine et littéraire.

La beauté du ciel ? La beauté, tout court.

Hors-série 2 : conseils de lecture estivaux

Pour ce deuxième hors-série de l’été, je poursuis mes conseils de lecture avec une petite sélection des livres que j’ai lus durant l’année scolaire 2020-2021 et qui m’ont particulièrement marquée.

Cet article est un peu à la manière de la présentation que je propose à mes collègues, mes « Conseils de lectures de la #profdoc », mais je donnerai ici à ces conseils un tour un peu plus personnel et plus sélectif.

Le mois dernier, j’avais abordé des lectures suggérées par Bénédicte, comparse de #LudoDOC, trois ouvrages plutôt facétieux avec des univers d’auteurs bien particuliers (Jean-Paul Didierlaurent, Benoit Philippon et Romain Puértolas) et deux ouvrages prêtés par des copains copines du lycée.

Pour cet article, je vais à nouveau aborder les choses en trois parties : d’autres suggestions de lecture par les copains copines du lycée, trois ouvrages qui m’ont été conseillés par la même personne qui est depuis longtemps ma principale source en matière de lecture, et mon univers d’auteur / auteur coup de coeur de l’année.

Les conseils de lectures des paddocks du lycée (2)

Cette année, j’ai eu le bonheur de voir qu’un petit réseau de profs lecteurs s’organisait au lycée et commençait à s’échanger quelques ouvrages… nous avions d’ailleurs évoqué l’idée d’organiser des cafés littéraires, qui se sont déroulés deux fois à distance.

C’était aussi la première année qu’en plus d’emprunter régulièrement des livres au CDI, certains (ou pour être plus exactes certaines) m’en ramenaient pour me les prêter : j’ai donc pu découvrir quelques pépites, que vous avez pu découvrir en partie dans mon premier hors-série, et dont voici la suite !

  • Sophie : ça passe ou ça casse

Sophie est une collègue d’espagnol, lectrice assidue. Elle aime principalement les polars mais elle n’est pas hostile à l’idée de découvrir d’autres pistes de lectures. Régulièrement, elle vient au CDI « Alors, t’as quoi de neuf ? ».

Parfois, je me dis « Ça, je suis sûre que ça va lui plaire ». Pendant trois ans, je me suis magnifiquement gourée. Immanquablement, Sophie rapportait les livres « j’ai pas réussi, je ne suis pas rentrée dedans, ça m’a pas parlé, ça m’est tombé des mains… » mais je ne me décourageais pas.

Un jour, je lui ai suggéré d’emprunter Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois. Le déclic. Puis, il y a eu La Police des fleurs, des arbres et des forêts, de Romain Puértolas, qu’elle a triomphalement ramené en salle des profs en le conseillant à tout le monde. Mission accomplie !

Quelques semaines plus tard, Sophie est venue au CDI pour me prêter Par un matin d’automne de Robert Goddard, une quête familiale à l’anglaise que je n’ai pas pu lâcher !

Fin des années 1990. Leonora Galloway entreprend un voyage en France avec sa fille Penelope. Toutes deux ont décidé de se rendre à Thiepval, près d’Amiens, au mémorial franco-britannique des soldats décédés durant la bataille de la Somme. Le père de Leonora est tombé au combat durant la Première Guerre mondiale, mais la date de sa mort gravée sur les murs du mémorial, le 30 avril 1916, pose problème. Leonora est en effet née près d’un an plus tard.

  • L’idée fixe de Sandrine : tu as lu des Tracy Chevalier ?

Depuis que je suis au lycée, je discute pas mal lectures, films et séries télévisées avec Sandrine, professeure d’anglais. Fan comme moi de Downton Abbey (ça rapproche) et d’ambiances à l’anglaise, elle revenait assez régulièrement à la même question : « Tracy Chevalier, tu connais ? »

Non, je ne connaissais pas. Et j’avoue que j’avais un petit a priori négatif bien ridicule envers une romancière qui s’appelait Tracy. Je m’imaginais très bêtement des romans sentimentaux, ou ce que ma copine Catherine appelle affectueusement des « cucuteries » (et autant j’adore regarder des cucuteries, autant j’ai plus de mal à les lire… comme le Victoria de Daisy Goodwyn, qui ne m’avait pas du tout emballé).

Bref, à un moment Sandrine est parvenue à ses fins : j’ai cédé. Je ne sais plus pourquoi, j’ai commencé par Prodigieuses créatures, et ça a été une révélation !

Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes, qui la cantonne dans un rôle de figuration.
Mary Anning trouve heureusement en Elizabeth Philpot une alliée inattendue. Cette vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme.

Depuis, j’ai lu La Jeune fille à la perle, La Vierge en bleu et La Dame à la licorne, mais pour l’instant, Prodigieuses créatures reste mon préféré.

Il me reste quelques conseils de lecture de copains du lycée qui sont encore sur ma pile à lire :

  • Christophe m’a conseillé Zéro de Denis Guedj il y a quelques temps
  • Carla nous a parlé avec enthousiasme de Confiteor, de Raume Cabré en salle des profs pendant l’année
  • et Sandrine, après Tracy Chevalier, m’a recommandé La Cuisinière, de Mary Beth Keane

Où je cherche un titre qui fasse proverbe

Indépendamment de tous les conseils que je glane ici et ailleurs, des copains copines profs docs ou paddocks, sur Twitter ou en salle des profs, mais aussi – mon petit rituel irrégulier auquel je reviens de temps à autre – les recommandations d’Olivia de Lamberterie pour Télématin – ma source principale de lecture reste ma marraine, Mimi.

Je crois avoir déjà parlé de Mimi sur ce blog, déjà pour des conseils de lecture, et je suis convaincue qu’un proverbe adéquat pourrait s’appliquer à ses conseils, du type « Si c’est un conseil Mimi, tu le lis »… c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour l’instant.

Je ne dis pas qu’à chaque lecture je tombe sur des révélations exceptionnelles (cela n’arrive que les 3/4 du temps), mais généralement ce sont de belles expériences, et des choses que je n’aurais pas forcément lues de manière spontanée. Voici donc trois conseils Mimi.

  • La Saga des Cazalet, tome 1 : Étés anglais. Un pur bonheur pour la fan d’Angleterre que je suis, et je me suis retenue de dévorer toute la saga d’une traite, justement pour en garder un peu sous le coude !

Juillet 1937. À Home Place, au cœur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l’idée qu’une guerre éclate, s’entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ?

  • Debout payé, de Gauz : une claque magistrale ! Une écriture fabuleuse et une histoire vers laquelle, je dois le dire, je ne serais pas allée spontanément…

Debout-payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papiers à Paris en 1990. C’est un chant en l’honneur d’une famille, d’une mère et de la communauté africaine avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C’est l’histoire politique d’un immigré et de son regard sur notre pays, à travers l’évolution du métier de vigile, de la Françafrique jusqu’à l’après 11-Septembre. C’est enfin le recueil des choses vues et entendues par l’auteur lorsqu’il travaillait au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées.

  • Tu seras un homme mon fils, de Pierre Assouline : un texte bouleversant qui évoque aussi l’écriture, et comme j’aime beaucoup les mises en abîme, forcément je n’ai pu qu’y être sensible !

À la veille de la Première Guerre mondiale, Louis Lambert, jeune professeur de Lettres dans un lycée parisien, rencontre par hasard dans le sud de la France son auteur favori : Rudyard Kipling, le romancier adulé du Livre de la Jungle. Kipling est alors le plus célèbre écrivain de l’empire britannique, prix Nobel de littérature, mais surtout l’auteur du fameux poème « If… », que les Français connaîtront bientôt sous le titre « Tu seras un homme, mon fils ». Louis Lambert, qui rêve depuis des années d’en donner lui-même la traduction idéale, tente d’obtenir l’autorisation de l’auteur qu’il admire. Une amitié inattendue va naître entre les deux hommes, vite assombrie par la disparition de John, le fils de Kipling, qui meurt au combat dans les tranchées.

Coup de cœur pour un auteur

Chaque année j’ai l’impression de découvrir un auteur dont je vais retenir le nom pour qu’il puisse m’accompagner pendant un certain temps, je le retrouverai à intervalles réguliers, surtout si une fois passé le premier ouvrage que j’aurai lu de lui je ne suis pas déçue par le deuxième…

Le signe décisif de cette découverte, c’est que soit après avoir emprunté les ouvrages, soit après les avoir lus sur liseuse, je décide quand même de les acheter pour les ajouter à ma bibliothèque.

L’an dernier, j’avais découvert comme ça la Trilogie de Wielstadt de Pierre Pevel, qui m’a donné envie d’explorer toutes les autres œuvres de cet auteur.

Cette année, c’est à nouveau à Mimi que je dois ma révélation, avec Deux hommes de bien d’Arturo Pérez Reverte, un bijou d’écriture et d’érudition, un roman total !

Coup de théâtre dans le Madrid de la fin du XVIIIe : l’Académie royale vote l’acquisition de l’Encyclopédie, malgré la censure. Immédiatement, la bibliothèque don Hermogenes Molina et l’Amiral don Pedro Zarate sont dépêchés à Paris pour y dénicher les précieux volumes. Mais ils ignorent qu’un espion est à leurs trousses, prêt à tout pour faire échouer leur mission…

L’auteur a transformé l’essai pour moi avec la découverte du Capitaine Alatriste. C’est décidé, il continuera à m’accompagner !

J’espère que ces conseils de lecture vous auront plu, je vous souhaite une belle fin d’été, et je vous dis à très bientôt sur Cinéphiledoc !

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