cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Étiquette : série télévisée (Page 1 sur 6)

Rêves, philosophie et cinéma

Pour ce compte-rendu d’octobre, j’ai décidé d’évoquer des territoires familiers et pourtant étranges, des sujets déjà abordés, effleurés, mais que je n’avais pas approfondis, et comme l’indique le titre, qui s’y prêtent tout à fait, à savoir le rêve et la philosophie (cette dernière de façon un peu moins poussée) au cinéma.

Reprendre une habitude

Le premier des territoires familiers que j’aborde n’est cependant ni celui du rêve, ni celui de la philosophie, mais un territoire éditorial : celui d’Akileos et de sa collection, BFI : Les classiques du cinéma.

Cette petite collection d’ouvrages, chacun consacré à un film, et qui compte à présent 16 volumes, a fait des émules depuis son apparition, avec le premier consacré à Alien en 2016, en passant par Shining, Le Parrain, Blade Runner, Rio Bravo (mon préféré), ou encore Star Wars.

Territoires familiers mais étranges – inquiétante étrangeté – chaque volume est l’oeuvre d’un auteur, avec son style et sa personnalité, ce qui donne des analyses parfois très factuelles, parfois très oniriques, sans qu’il y ait cependant de ma part de critique cachée pour les unes ou pour les autres.

J’ai donc commencé très studieusement cette collection en 2016, au fil des parutions et des traductions. Le dernier volume que j’avais ajouté à ma bibliothèque était celui consacré à L’Exorciste (volume 12). J’ai ensuite fait une petite pause, jusqu’à apercevoir la couverture du numéro 16, celui consacré à Matrix.

Voilà pour le titre : rêves, philosophie et cinéma.

Premiers souvenirs de Matrix

Avant d’évoquer ce fameux numéro 16, j’aimerais revenir quelques instants sur mes premiers souvenirs de Matrix, ce qui me permettra, comme à mon habitude, de passer allègrement du livre qui m’intéresse à quelques autres petits sujets.

Matrix est sorti au cinéma en 1999. J’avais 13 ans en 1999… c’est dire si j’étais en plein dans ma période Leonardo di Caprio, Titanic, etc (à trois ans près, je sais, mais j’ai l’admiration tenace).

C’est dire également si j’étais loin d’un cinéma comme Matrix. À vrai dire, j’étais encore loin d’un cinéma tout court, puisque mon intérêt pour le cinéma a commencé à dépasser les plans de Leonardo vers ma période lycée.

2000 : je commence une période Russell Crowe (Gladiator, tout ça, tout ça…) je suis encore dedans, même si le bonhomme me fait moins fantasmer à l’heure actuelle qu’en général romain ou qu’en capitaine blond dans Master and Commander.

2001 : combo Le Seigneur des anneaux, Harry Potter et Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain. Vous remarquez que je commence enfin à suivre l’actualité… et Matrix dans tout ça ? Patience.

Je saute quelques années, et j’atterris entre 2004-2006 où la première personne qui me parle de Matrix est mon prof de philo (celui de terminale ? celui de khâgne ? je ne sais plus).

Et ce qu’il me dit, c’est que Matrix est une parfaite relecture du mythe de la caverne de Platon. Vais-je voir le film pour autant, je ne sais plus, peut-être le premier…

Je me souviens que Matrix a fait partie pour moi d’un vaste plan de rattrapage culturel à partir de 2008, et où j’ai décidé de revoir les films de « ma génération » que je n’avais pas pu voir à leur sortie : y figuraient pêle-mêle Terminator, Star Wars, Retour vers le futur et, côté français, La Cité de la peur. J’avais du pain sur la planche !

Mais toujours m’est restée cette petite phrase entendue en cours de philo : Matrix comme relecture parfaite du mythe de la caverne de Platon. Comme quoi, il suffit d’une petite phrase apprise à l’école au bon moment et par la bonne personne pour vous donner envie d’en savoir plus.

C’est cette même petite phrase qui m’a poussée vers le volume 16 des éditions Akiléos. Je voulais retrouver Matrix.

Une vision personnelle

Comme je l’indiquais un peu plus haut, chaque volume de cette collection est l’oeuvre d’un auteur qui va proposer sa vision personnelle du film.

C’est donc Joshua Clover qui nous propose, dans ce volume 16, sa vision de Matrix, vision écrite en 2004 et traduite pour le lecteur français en février 2019.

Si j’insiste tant sur cette spécificité de l’auteur, c’est parce que le volume sur Rio Bravo (par exemple) ne va absolument pas être pensé comme celui sur Les Sept samouraïs et celui sur Blade Runner ne ressemblera en aucun point à celui sur Matrix, bien que j’ai tenté, avec ces quatre exemples, de rapprocher des films qui pourraient être, disons de connivences.

Qui est Joshua Clover ? Un auteur de poésie, nous dit la quatrième de couverture, professeur de poésie et de poétique à l’Université de Californie à Davis.

Sa lecture, même photographies issues du film à l’appui, ne ressemblera donc en aucun cas à une analyse plan par plan.

Rêver de Matrix, écrire sur Matrix

Après une introduction qui évoquent quelques exemples de films abordant la frontière entre illusion et réalité, Joshua Clover joue sur les aspects contradictoires de Matrix et organise cette lecture en quatre temps :

  1. Numérique positif
  2. Numérique négatif
  3. Spectacle positif
  4. Spectacle négatif

Le tout réfléchit à la façon dont l’aspect du film offre au spectateur une image en contradiction avec sa vision des choses. Matrix est une prouesse technique et un succès commercial qui remet en cause l’univers numérique et le bonheur factice qu’offre le divertissement…

Je résume à gros traits le propos de l’auteur, car je dois avouer que son écriture quelque peu vertigineuse (poétique), non dénuée d’ironie par endroit, m’a parfois quelque peu perdue. J’avais constamment le sentiment d’être d’accord avec lui (quoique) mais de ne pas l’être pour des raisons évidentes.

Pour simplifier, la façon dont Joshua Clover parle de Matrix, qu’elle soit politique, philosophique, économique, qu’elle aborde l’industrie cinématographique, la relation de l’être humain au travail, ou les progrès technologiques de la société, n’est en aucun cas inexacte, mais elle est sinueuse.

J’ai passé toute ma lecture à hocher la tête en gromelant « Oui bien-sûr, mais pourquoi ne pas le dire plus simplement ? »

Joshua Clover m’a donné envie de revoir Matrix, mais presque par esprit de contradiction. Il indique souvent que lire Matrix de manière philosophique, c’est rester à la surface.

Par esprit de contradiction, je décide de continuer à rêver de la relation entre illusion et réalité, parce que j’ai toujours affectionné la façon dont les soeurs Wachowski représentent le monde, le rêve, l’illusion, les sens et notre éveil à une nouvelle conscience, que ce soit dans Matrix ou dans Sense8.

Rêver, philosopher, temps et espace, passé et futur : tout en un

Il y a deux univers cinématographiques et télévisuelles qui me fascinent : celui des soeurs Wachowski, avec Matrix, Cloud Atlas et Sense8, et celui de Christopher Nolan avec Inception et Interstellar.

Deux manières, justement, d’embrasser l’univers, le réel et l’illusion, l’individu et l’universel, le temps et l’espace, le passé et le futur, avec le vertige à chaque fois que procurent leurs inventions visuelles : Matrix et sa matrice, Sense8 et ses différentes personnalités qui se rejoignent et se complètent, Inception et le labyrinthe du rêve, Interstellar et le tourbillon de l’espace-temps.

Deux univers, deux virtuosités uniques et dont j’attend impatiemment chaque nouvelle manifestation.

Pour conclure sur rêves et cinéma, je reprend quelques mots d’un article que j’avais publié en 2016, et qui était consacré aux rêves dans les séries télévisées :

Vertigo d’Hitchcock, les films de Buster Keaton et de Chaplin, Chantons sous la pluie (…) Brigadoon, curieux film où deux Américains découvrent un village qui n’existe qu’un jour par siècle… La Maison du Dr Edwardes d’Hitchcock, La Femme au portrait, un magnifique film de Fritz Lang (peut-être mon préféré à ce jour), (…) Matrix et surtout Inception, entre autres, tous ces films où le rêve est tour à tour trompe-l’œil et réalité alternative.

Voici les quelques films que j’y avais évoqués, et voici les deux vidéos que je leur avais associées : un top 10

et un numéro de Blow Up :

Et pour ceux qui veulent rester sur un terrain moins onirique, plus philosophique, voici quelques titres :

  • Cinéphilo, d’Olivier Pourriol
  • Philosophie en séries, de Thibaud de Saint-Maurice
  • Game of Thrones : une métaphysique des meurtres, de Marianne Chaillan
  • Harry Potter à l’école de la philosophie, de Marianne Chaillan

Avec tout cela, rêvez bien, philosophez bien, replongez-vous dans des films qui embrassent l’univers, et à bientôt sur Cinéphiledoc !

Moyen Âge en séries

Pour ce premier compte-rendu de lecture de rentrée, j’ai décidé de vous parler de deux de mes lectures de vacances, ainsi que de quelques autres livres que j’avais déjà évoqués.

Histoire, Moyen-Âge, cinéma et idées de lecture

Les habitués de mes articles savent que j’apprécie depuis longtemps les films et séries historiques. Voici un petit retour sur quelques lectures :

  • L’histoire fait son cinéma en 100 films

L’histoire fait son cinéma en 100 films, de Guillaume Evin, est paru en avril 2013, aux éditions de la Martinière, et est préfacé par le réalisateur Costa-Gavras, auteur d’un certain nombre de films historiques, tels que Z, L’Aveu ou encore, plus récemment, Amen.

  • Napoléon : l’épopée en 1000 films

Hervé Dumont a consacré en 2015 à Napoléon Ier un splendide pavé, paru aux éditions Ides et Calendes, Napoléon : l’épopée en 1000 films, et préfacé par Jean Tulard.

Il est également l’auteur de la merveilleuse encyclopédie en ligne du film historique : c’est un trésor ! Si histoire et cinéma vous passionnent, ne tardez plus : allez y flâner !

Enfin il a publié en octobre, dans la même veine que l’ouvrage sur Napoléon, un ouvrage sur Les Chevaliers de la Table Ronde à l’écran, aux éditions Tredaniel, un ouvrage que j’ai eu toutes les peines du monde à résister à acheter.

  • Le Moyen âge au cinéma

Le très beau livre de François Amy de la Bretèque, Le Moyen-âge au cinéma,  revient notamment sur le film Les Vikings, avec Kirk Douglas, mais aussi sur l’un de mes films scandinaves préférés : Le Septième sceau de Bergman.

  • Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes

Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes, de Ioanis Deroide est paru en 2017 aux éditions Vendémiaire, une de mes maisons d’édition préférées, ce qui se confirme encore aujourd’hui avec cet article, puisqu’il est l’occasion d’aborder de nouveau une de leurs publications.

À présent, passons à ces deux lectures qui ont en commun séries télévisées et Moyen Âge.

Kaamelott, la qualité à la française

Lorsque je me désespère devant les fleurons des séries françaises et devant leur incroyable qualité scénaristique – mon ironie est-elle palpable ? – des choses aussi informes que Plus belle la vie et Un si grand soleil très récemment, je me raccroche à quelques contre-exemples : Un village français, Dix pour cent, Le Bureau des légendes

Et puis je me souviens que Kaamelott existe.

S’il y a bien un ovni télévisuel dont on peut s’enorgueillir, c’est Kaamelott.

Et encore, on a beau jeu de s’enorgueillir de quelque chose dont on n’est absolument pas responsable et dont cependant, on continue imperturbablement à guetter la suite…

Et pour comprendre l’importance de cette série, il suffit de lire cet article publié en juillet dans The Independent :

https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/tv/features/kaamelott-french-tv-show-king-arthur-legend-spoof-monty-python-holy-grail-a8978456.html

Kaamelott est une série dont je ne me lasse absolument pas, que je peux revoir à tout moment, que je connais pratiquement par coeur, dont j’utilise au moins 2 gifs par jour.

Enfin, c’est avec fierté que je garde en favori sur mon ordinateur un générateur de citations de Kaamelott, à utiliser en toute circonstance :

https://kaamelott-soundboard.2ec0b4.fr

Kaamelott et les éditions Vendémiaire

En 2014 est paru aux éditions Vendémiaire un premier ouvrage « scientifique » se penchant sur Kaamelott : Kaamelott ou la quête du savoir, de Nicolas Truffinet.

Régulièrement cette maison d’édition surprend par des publications de qualité, dernièrement un Dictionnaire de fantasy, paru en octobre 2018 sous la direction d’Anne Besson.

En avril 2018, cette fois-ci, c’est Kaamelott : Un livre d’histoire, qui est paru, sous la direction de Florian Besson et Justine Breton.

Ce livre des plus réjouissants est issu d’un colloque organisé en mars 2017 à l’université Paris Sorbonne – en lisant ce livre, je me suis souvenue d’avoir effectivement vu passer dans ma veille l’annonce de ce colloque et j’avais bien regretté de ne pas pouvoir y assister…

Chaque chapitre est l’oeuvre d’un ou de plusieurs auteurs, chacun d’entre eux est présenté à la fin : on y retrouve naturellement des historiens mais aussi des chercheurs en littérature, en sociologie, en musique, en sciences de l’information et de la communication, ou encore en histoire de l’art.

Après une introduction et une première partie consacrée au langage (qui traite aussi bien de la construction narrative de Kaamelott, du burlesque, de la parole, de la figure héroïque, de la parodie, du vocabulaire des chercheurs, du bestiaire ou de la représentation du monde), on plonge directement dans la représentation de la société et des personnages arthuriens.

On y retrouve des analyses du pouvoir, de la justice, de la royauté, de la magie et des dragons.

Survient ensuite la troisième partie – la plus réussie selon moi : « Mélanges des temps ». On y retrouve une analyse en trois parties de la représentation de l’empire romain dans la série, des chapitres sur les vikings, sur les jeux, puis mes chapitres préférés :

  • « Festins à la cour du roi Arthur »
  • « Arts et artistes à la cour du roi Arthur »
  • « Quand les chevaliers se mettent à chanter »
  • et enfin, « Kaamelott et les mondes de la fantasy », un chapitre écrit par David Peyron, auteur il y a quelques années d’un superbe ouvrage consacré à la Culture Geek.

Bref, l’ouvrage est un indispensable pour tout fan de Kaamelott et qui aimerait bien « être considéré en tant que tel ».

Game of Thrones, de l’histoire universelle à l’histoire médiévale

L’an dernier, un auteur, Cédric Delaunay, professeur agrégé d’histoire à Tours, s’est attelé aux influences historiques de George R R Martin et a publié Game of Thrones : de l’Histoire à la série, en septembre 2018, chez Nouveau monde éditions.

J’ai eu l’occasion de revenir plusieurs fois sur la qualité de cet ouvrage, l’un des premiers à se pencher sur ce qui m’intéressait tout particulièrement dans cette série.

En 2019, Cédric Delaunay a d’ailleurs collaboré avec le YouTubeur Nota Bene et proposé une série de vidéos revenant sur les aspects historiques de Game of Thrones, au moment où la huitième saison de la série était diffusée.

Et c’est également à ce moment là qu’est paru la traduction d’un livre fabuleux qui allait approfondir à merveille l’ouvrage de Cédric Delaunay.

Ou pour ressortir ma casquette de prof doc voilà l’angle qui peut être pris : on pourrait classer le premier ouvrage, paru en septembre 2018 dans le rayon 907-909 de la bibliothèque (étude historique, histoire universelle).

L’ouvrage paru en mai 2019 dans sa traduction française et qui nous intéresse aujourd’hui sera lui rangé dans le rayon 909.1 (si l’on décide de le laisser dans la partie histoire universelle) ou bien 940.1 si l’on décide de se concentrer sur un angle de vue exclusivement européen. C’est vous qui voyez.

Game of Thrones et le Moyen Âge

Bref, ce livre, c’est celui de Carolyne Larrington, Winter is coming : les racines médiévales de Game of Thrones.

Dire que l’on pourrait le classer dans le rayon Histoire n’est pas tout à fait exact. Certes, le livre est fidèle à son sous-titre, et il vous embarque dans les racines médiévales de Game of Thrones dès les premières lignes et les premières pages, qui évoquent, comme on peut s’y attendre, la Guerre des deux roses.

Mais prolongez quelque peu la lecture, et relisez la courte biographie de l’auteur sur la quatrième de couverture : « spécialiste des contes et légendes, de la tradition arthurienne et des sagas nordiques ».

Vous déciderez alors peut-être de replacer le livre dans le rayon 800, en 830.1 éventuellement.

Lorsque l’on parcourt ce texte, ce ne sont pas les références historiques qui prédominent, même s’y côtoient les croisades, la Guerre de cent ans, Venise, ou encore la civilisation mongole et Gengis Khan.

Ce dont l’auteure aime le plus nous parler – et ce qu’on apprend le plus à apprécier au fil des pages, ce sont les valeurs et les représentations propres à la société occidentale médiévale, et bien entendu la littérature.

On y croise des mythes nordiques et germanique, Odin et Thor, Siegfried, une foule de figures arthuriennes, la Chanson de Roland, et la référence de prédilection de l’auteure : Geoffroy Chaucer et ses Contes de Canterbury.

Enfin, elle revient sur bon nombre d’aspects historiques et sociaux qui ont inspiré Game of Thrones : citons pêle-mêle la lèpre et la peste, les mercenaires et les eunuques, les religions, le mur d’Hadrien, les révoltes d’esclaves, ainsi qu’une formidable partie consacrée au jeu d’échecs.

Le livre de Cédric Delaunay se lisait comme un guide de voyage à travers les pays et les époques. Le livre de Carolyne Larrington se lit comme un roman dans le roman de George R R Martin.

Les deux sont indispensables à quiconque souhaite approfondir la connaissance de son Monde connu.

Hors-série 2 : Lady Agatha, du roman policier à la science-fiction

Pour ce second hors-série, j’ai décidé cet été de vous faire un très large (et non exhaustif) tour d’horizon consacré à Agatha Christie.

Pourquoi pas Christie ?

Pour parodier le titre français d’un de ses romans, Pourquoi pas Evans ?, voici quelques-unes des raisons qui m’ont poussée à écrire cet article, où il sera beaucoup questions de crimes (évidemment), de voyages, d’archéologie, de médecine, de maison, de héros, de films, de séries télévisées et… plus curieux, de science-fiction.

Mais n’allons pas trop vite ! Voici mes mobiles :

  1. cet article fait pendant à celui sur Daphné du Maurier, publié le mois dernier : je mets ainsi à l’honneur l’autre grande dame de la littérature anglaise du vingtième siècle – on pourrait objecter en me citant Virginia Woolf, mais je ne la connais pas aussi bien…
  2. vive la littérature anglaise, tout simplement
  3. comme l’indique mon teasing ci-dessus, cela me permet de vous faire découvrir ou redécouvrir tout un univers qui va des romans aux séries télévisées en passant par le cinéma, et j’en passe
  4. comme pour Daphné du Maurier, c’est l’occasion de visiter (virtuellement) quelques lieux, en attendant peut-être de les voir en vrai !

Commençons ce tour d’horizon par ce qu’on connaît le mieux d’Agatha Christie.

Les romans

J’ai encore le souvenir quand j’étais petite (enfin je devais être au collège) de mes premiers romans policiers d’Agatha Christie. Je revois d’abord un bon lot de livres, déniché dans une brocante, la plupart assez défraichis – ce qui est normal pour des livres d’occasion – et quasiment tous dans les éditions du Masque, vous savez ces couvertures jaunes si caractéristiques !

Ensuite, un peu plus tard, j’ai le souvenir d’une autre collection : Hachette avait sorti toute une sélection des oeuvres d’Agatha Christie, son nom s’étalant en gros tout en haut de la première de couverture, le titre en rouge, une illustration, et le tout sur fond noir. C’était le genre de collection qui sort dans les kiosques presse et qui vous entraine assez loin, lorsque vous décidez de la compléter…

De ce point de vue là, j’ai été relativement raisonnable (pour une fois) et je n’ai pris que les ouvrages soit qui étaient importants à mes yeux, soit que je souhaitais absolument découvrir.

Aussi bien compte-t-on dix petits nègres (ou dix petits indiens), aussi bien voici dix oeuvres d’Agatha Christie qui ont compté pour moi (et je vais faire un compte-à-rebours jusqu’à parvenir non pas à L’Heure zéro, mais au roman qui m’a laissé le souvenir le plus marquant) :

10. Le Miroir se brisa : avec Miss Marple et tout un univers cinématographique sur lequel je reviendrai ;

9. Le Vallon, avec Hercule Poirot. Je me souviens d’un bon nombre de fous-rires à sa lecture, notamment provoqués par le personnage de Gerda Christow ;

8. Un cadavre dans la bibliothèque, avec Miss Marple. Parce qu’une lectrice chevronnée et une future prof doc ne pouvait pas passer à côté d’un titre pareil.

7. Cinq petits cochons : avec Hercule Poirot. Je pense que c’est l’une des histoires les plus émouvantes parmi les romans policiers.

6. Le Meurtre de Roger Ackroyd : avec Hercule Poirot. L’un des premiers, et diablement bien ficelé.

5. Les Vacances d’Hercule Poirot. Parce qu’on finit par se dire que c’est tout de même incroyable qu’à chaque fois que ces détectives vont quelque part, ça tourne mal…

4. Mort sur le Nil. Et d’ailleurs, même en Égypte il se passe des trucs !

3. Le Noël d’Hercule Poirot. Et on ne peut même pas passer des fêtes de fin d’années tranquilles.

2. Dix petits nègres. Parce que c’est de la virtuosité pure et simple ! Un régal frissonnant du début à la fin, avec cette comptine qui tourne en boucle et que j’insère ici en version anglaise :

Ten little nigger boys went out to dine

One choked his little self, and then there were nine.

Nine little nigger boys sat up very late
One overslept himself, and then there were eight.

Eight little nigger boys traveling in Devon
One said he’d stay there, and then there were seven.

Seven little nigger boys chopping up sticks
One chopped himself in half, and then there were six.

Six little nigger boys playing with a hive
A bumble-bee stung one, and then there were five.

Five little nigger boys going in for law
One got in chancery, and then there were four.

Four little nigger boys going out to sea
A red herring swallowed one, and then there were three.

Three little nigger boys walking in the zoo
A big bear hugged one, and then there were two.

Two little nigger boys sitting in the sun
One got frizzled up, and then there was one.

One little nigger boys living all alone
He went and hanged himself and then there were none.

Et en premier, en tout premier, mon préféré, sans aucune surprise, celui que j’ai lu et relu : Le Crime de l’Orient-Express.

D’abord pour l’intrigue, après pour Poirot, ensuite pour ce dessin qui l’accompagnait et me fascinait :

et pour ses deux adaptations cinématographiques sur lesquelles je reviendrai.

Agatha Christie est surnommée « la reine du crime » et ce n’est vraiment pas un titre usurpé. J’ai apprécié ces intrigues et cette virtuosité qui n’est cependant pas restreinte à son domaine de prédilection, on va en reparler.

Agatha au cinéma et en séries TV

Parler des oeuvres d’Agatha Christie, c’est bien-sûr avoir en tête toute une galerie de personnages, à commencer par ses deux principaux : Hercule Poirot, ce petit belge moustachu et égocentrique, qui ne cesse de la ramener avec ses petites cellules grises, et Miss Marple, dont tout le monde se demande si elle ne pourrait pas se mêler de ses affaires.

Je pourrais presque dire que je connais mieux les adaptations que les romans originaux, même si je suis loin d’en avoir fait le tour.

Petite sélection chronologique :

Cinéma, saison 1

1945 : Dix petits Indiens (And Then There Were None), film américain réalisé par René Clair. Je n’ai vu ce film qu’une fois, il y a très longtemps, mais je trouvais l’idée de cette adaptation incroyable et il m’a marquée pour le seul souvenir d’avoir vu Judith Anderson (la Mrs Danvers de Rebecca, dont j’ai parlé le mois dernier) dans l’un des rôles.

1974 : Le Crime de l’Orient-Express de Sidney Lumet. De loin l’une de mes adaptations préférées avec un casting de rêve : Sean Connery, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Jean-Pierre Cassel, Anthony Perkins, John Gielgud et Albert Finney dans le rôle d’Hercule Poirot. On savoure Lauren Bacall en diva excentrique, Sean Connery en sanguin romantique et Ingrid Bergman en bigote insupportable. Albert Finney a un peu plus de mal à me convaincre mais c’est parce que j’ai trop l’habitude de David Suchet.

1978 et 1982 : Mort sur le Nil et Meurtre au soleil, les deux Poirot avec Peter Ustinov (même commentaire que pour Albert Finney). Même chose, casting soigné, mais pas forcément inoubliable.

1979 : Le Miroir se brisa : même chose, casting de rêve. Elizabeth Taylor, Kim Novak, Tony Curtis, et Angela Lansbury dans le rôle de Miss Marple. Ce qui m’avait amusée surtout, c’est justement Angela Lansbury, que je connaissais pour son rôle d’auteure de polars enquêtrice dans Arabesque (Murder, she wrote) : en gros une Agatha Christie qui résout des crimes !

Séries : intermède

1989-2013 !!! Le must du must : Hercule Poirot, avec David Suchet, qui a si bien incarné Hercule Poirot qu’il savait combien le détective belge prenait de sucres dans son thé. J’adore les personnages secondaires : Hastings, Japp, Miss Lemon, et je ne me lasse d’aucune rediffusion, même après l’avoir vu 50 fois.

2004-2013 : Miss Marple. J’ai un peu plus de mal, parce que j’accroche beaucoup moins avec ce personnage et j’ai une préférence pour sa deuxième « incarnation » (qui est en fait sa troisième, puisqu’avant la série sur Hercule Poirot, il y a eu une autre série, très prisée par les Britanniques, donnant vie à Miss Marple) : Julia McKenzie

2009-à maintenant : Les Petits meurtres d’Agatha Christie. Juste NON ! Jamais compris cette série, ni ce qu’elle pouvait apporter. J’esquive la moindre bande-annonce. Sans moi, merci, au revoir !

Cinéma, saison 2

2004 : Mon Petit doigt m’a dit, de Pascal Thomas. Formidable, avec Catherine Frot et André Dussolier qui incarnent Prudence et Bélisaire Beresford (Tommy et Tuppence chez Agatha). Quand j’ai découvert ce film, j’en ai profité pour lire le roman dont il était issu directement en anglais. Je connais le film par coeur, comme son petit frère d’ailleurs…

2008 : Le Crime est notre affaire. On prend les mêmes et on fait mieux. Très drôle, tout aussi fou, et aussi bien mémorisé (« Le léopard tacheté »). Par contre on oublie le dernier qui est complètement raté.

2007 : L’Heure zéro, de Pascal Thomas toujours. Je m’autorise ce petit écart chronologique pour ne pas séparer les deux films avec le duo Beresford. Petite tendresse pour ce film avec plein de bons acteurs et qui a été (pour quelques scènes) tourné au lycée Michelet de Vanves quand j’y faisais ma khâgne. J’y reconnais toujours la cour, les escaliers intérieurs, les couloirs et une salle de classe, avec le souvenir d’avoir croisé des jeunes filles en uniformes… mais pas longtemps, j’avais un devoir surveillé de 5h en français qui m’attendait (les joies de la prépa !)

2017 : Le Crime de l’Orient-Express de Kenneth Brannagh. L’heureuse surprise. Ayant adoré la version de 1974, je m’attendais à détester celle-ci. Finalement… ça passe.

Voilà pour ce tour d’horizon en images, mais je suis loin d’en avoir fini avec Agatha, poursuivons notre voyage.

Agatha par Agatha

Pour construire cet article, je me suis appuyée non seulement sur mes souvenirs de lecture des romans policiers de la reine du crime, mais aussi sur deux autres ouvrages.

Le premier est une évidence : qui mieux qu’Agatha Christie pour parler d’Agatha Christie ? Et pourtant la situation est plus complexe qu’il n’y paraît… même s’il s’agit d’une étape incontournable à tout amateur de cette auteure.

Une Autobiographie a été conçu et rédigé entre 1950 et 1965, publié pour la première fois en anglais en 1977, deux ans après le décès d’Agatha Christie, et elle n’a été publiée en France qu’en 2002, comme de juste aux éditions du Masque.

Sur la couverture de la réédition dans laquelle je l’ai lue – 1ère publication 2007, huitième réédition 2018 – on y voit la signature caractéristique (suivie du signe ®) et un portrait d’Agatha Christie datant, d’après la robe, des années 1920 ou 1930.

Sa lecture m’a fascinée, d’abord parce que, comme je le disais plus haut, son talent s’y révèle d’une manière incroyable. Cette autobiographie est une entreprise littéraire maîtrisée d’un bout à (presque) l’autre. La préface française prévient qu’elle est « prémédité[e] comme un meurtre ». Son parcours n’est pas exactement chronologique, elle n’y raconte que ce qu’elle choisit de raconter et prévient, d’emblée :

Je suis censée m’atteler à un roman policier, mais, succombant à la tentation naturelle de l’écrivain d’écrire tout sauf ce dont il est convenu, me voilà prise du désir inattendu de rédiger mon autobiographie.

On dévore ce texte de plus de 900 pages parce qu’on y découvre les personnalités multiples de la femme, les facettes innombrables de sa vie, et on y suit la construction d’un monument littéraire et textuel.

Le début a des accents proustiens dans cette construction kaléidoscopique, dans son amour des lieux passés et dans ses réflexions sur la mémoire :

Nous ne connaissons jamais le moi tout entier, mais nous avons parfois brièvement, par éclairs, une vision du vrai moi. Je crois pour ma part que nos souvenirs représentent ces moments qui, si insignifiants qu’ils puissent paraître, sont les plus révélateurs de notre personnalité profonde et de la réalité de ce que nous sommes.

Il nous restitue l’enfance heureuse à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle, d’une petite fille qui s’invente déjà des histoires, se crée des personnages, parle parfois toute seule (habitude qu’elle gardera en tant qu’écrivain) et met un certain temps à toucher du doigt sa vocation littéraire.

Le lecteur suit ensuite l’évolution en tant que femme, et la progression de l’écrivain, les deux étant indubitablement liés : le premier mariage avec celui qui lui donnera – et laissera – son nom de famille, la première guerre mondiale, pendant laquelle elle officie en tant qu’infirmière puis assistante-chimiste dans la pharmacie d’un hôpital, ce qui lui donnera une connaissance précieuse sur les drogues et les poisons.

Elle restitue ensuite l’écriture du premier roman, La Mystérieuse affaire de Styles, dans lequel apparaît un personnage bien connu :

…je me décidai pour un détective belge. […] Il serait très méticuleux, très ordonné […]. Il serait très intelligent. Il ferait travailler ses petites cellules grises : c’était là une bonne phrase à retenir. […] Quoi qu’il en soit, Hercule Poirot sonnait bien…

La suite est peut-être moins haletante, on y retrouve des considérations sur la vie, des réflexions sur certains sujets, le surf (elle est l’une des premières anglaises à le pratiquer), la gourmandise, le divorce avec Archibald Christie, l’écriture toujours – elle revient en particulier sur l’apparition de Miss Marple, les pièces de théâtre qu’elle adore écrire et la rédaction des Dix Petits nègres -, les voyages, la rencontre avec son deuxième époux, Max Mallowan, l’archéologie, les fouilles, l’amour des lieux et des maisons, la seconde guerre mondiale (durant laquelle elle est préparatrice en pharmacie dans un hôpital de Londres), la vieillesse enfin.

Une autobiographie est une oeuvre qui permet de bien connaître son auteur, mais est-ce la meilleure manière ? Ce n’est pas si évident, l’écriture est exigeante, sélective et capricieuse. Car il y a au moins un événement de la vie d’Agatha Christie sur lequel elle ne s’attarde pas, et c’est aussi cette raison qui a déterminé ma deuxième lecture.

Apparition… disparition

Le 3 décembre 1926 survient donc l’événement, pour lequel on aurait pu utiliser un peu précocement le titre d’Hitchcock : A lady vanishes (Une femme disparaît).

Suite au décès de sa mère et à l’annonce de son mari, qui lui fait part de son intention de divorcer, Agatha Christie disparaît.

Le lendemain, la police retrouve sa voiture, abandonnée près de l’étang de Silent Pool. La presse britannique s’empare alors de l’affaire : suicide d’une femme délaissée, meurtre commandité par son époux ou coup de pub d’une romancière voulant renforcer le succès de ses livres ?

Elle est retrouvée douze jours plus tard dans le Swan Hydropathic Hotel, hôtel de la station balnéaire d’Harrogate, où elle s’était inscrite sous le nom de la maîtresse de son mari. Elle prétendra avoir perdu la mémoire et ne s’expliquera jamais sur cette disparition.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, vous pouvez aller consulter les archives de presse présentes sur le site Retronews.

Pour ma part, c’est ce qui m’a incité à lire la biographie publiée très récemment par Marie-Hélène Baylac aux éditions Perrin.

La biographie d’Agatha

Cette biographie, qui a été publiée en avril 2019 aux éditions Perrin, ne se distingue pas tout à fait, dans ses premiers chapitres, de l’autobiographie.

Certes, l’une de ses originalités est de s’ouvrir avec l’annonce de la mort d’Hercule Poirot en 1975, un an avant celle d’Agatha Christie. En effet, autre détail amusant de la vie de la romancière, la mort de son personnage clef avait été annoncée dans les journaux :

Dans cette biographie, passées ces premières pages, on retrouve les premières décennies de la vie de la romancière, peut-être un peu mieux ordonnées que dans l’autobiographie – elle avait indiqué ne pas se fier à la chronologie – mais les deux ouvrages fonctionnent véritablement en échos.

Puis vient le chapitre de la disparition, et contrairement à Agatha qui l’élude en beauté, ne lui accordant pas un seul mot, Marie-Hélène Baylac lui consacre trois chapitres, le premier revenant sur la disparition en elle-même, le second sur la façon dont la romancière est réapparue, le troisième tentant, sinon d’expliquer, du moins de comprendre.

Les autres qualités de l’ouvrage sont de s’attarder aussi sur le « laboratoire » d’écriture d’Agatha Christie, dans un chapitre passionnant « La patronne cogite » mais aussi d’évoquer l’empire Agatha Christie et les dernières années de sa vie.

Pour revenir à cette histoire de disparition, il y a bien une explication logique, et tout à fait plausible…

Agatha en héroïne de Science-fiction

Dans le 7e épisode de la saison 4 de Doctor Who, le Docteur, incarné par David Tennant, et Donna Noble rencontrent Agatha Christie précisément le jour de sa disparition.

Ils mènent l’enquête avec elle sur une série de meurtres, dont l’auteur, univers de Doctor Who oblige, est de race extraterrestre.

Comme dans chaque épisode de Doctor Who, cette série télévisée qui fait date dans le paysage audiovisuel britannique, le spectateur se voit proposer un voyage spatio-temporel, et si l’intrigue est tout à fait délirante, les scénaristes s’amusent à convoquer les références à la période historique qu’ils évoquent, comme en témoigne cette liste trouvée sur l’article de Wikipédia consacré à l’épisode :

L’épisode est évidemment bourré de références aux romans d’Agatha Christie, et Russell T Davies et Gareth Roberts se sont amusés à insérer le plus possible de titres de ses romans dans les dialogues, mais ceux-ci ne sont évidemment visibles que si l’on connaît les titres originaux. On trouve donc les titres Why Didn’t They Ask Evans (Pourquoi pas Evans ?) ; Towards Zero (L’Heure Zéro) ; Un cadavre dans la bibliothèque ; The Secret Adversary (L’adversaire secret, renommé en français Mr Brown) ; N ou M ; Nemesis ; Le Chat et les Pigeons ; Dead Man’s Folly (« La folie du mort », renommé en français Poirot joue le jeu) ; Jeux de glaces ; Rendez-vous avec la mort ; Cartes sur table ; Sparkling Cyanide (Le Cyanure brillant, renommé en français Meurtre au champagne) ; La Nuit qui ne finit pas ; La Maison biscornue ; The Moving Finger (Le doigt tendu, renommé en français La Plume empoisonnée) ; Le Flux et le Reflux ; Death Comes as the End (La mort vient toujours à la fin renommé en français La mort n’est pas une fin) ; Le Crime de l’Orient-Express et The Murder at the Vicarage (Le Crime du Presbytère, renommé en français L’Affaire Protheroe).

Il y a de plus une scène coupée où le Docteur se fait appeler L’Homme au complet marron.

À cela il faut ajouter l’idée et le nom de Miss Marple suggérés par Donna, et l’utilisation par Agatha Christie de l’expression « utiliser ses petites cellules grises ».

À la fin de l’épisode, le Docteur montre à Donna un roman d’Agatha Christie Death in the Clouds (renommé en français La Mort dans les nuages) où on voit l’alien attaquer un avion sur la couverture.

Ce n’est pas mon épisode préféré de Doctor Who – je préfère évidemment Silence in the library, ainsi que tous les épisodes où apparaît le personnage de River Song (je vous laisse en apprendre davantage sur cette série si le coeur vous en dit) – mais je le revois tout de même toujours avec plaisir.

Et ce n’est pas la seule fois où Agatha Christie devient malgré elle une héroïne de science-fiction.

Dans l’un de mes livres de science-fiction préféré, Blitz, de Connie Willis, elle est présente à la fois comme référence et comme personnage.

Petit résumé de cette intrigue fabuleuse, et incroyablement bien écrite :

Oxford, 2060. L’Université retrouve son fourmillement d’antan et ses historiens sont sur le pied de guerre. Michael Davies se prépare pour étudier Pearl Harbor, Merope Ward quant à elle tente de survivre face à une horde d’enfants évacués tandis que Polly Churchill se prépare à entrer en plein cœur du Blitz. Car oui, désormais, être historien est un métier à haut risque. Être historien c’est aller observer l’histoire, littéralement… Tous trois projetés au début de la seconde guerre mondiale, l’un sur la côte, l’autre à Backbury et enfin la troisième au cœur de Londres, ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour observer l’histoire, ses héros, ses soldats, ses victimes aussi… Jusqu’à ce que le drame se produise : ils ne peuvent pas rentrer chez eux et restent bloqués en 1940…

Dans ce roman, on lit donc Agatha Christie – puisque c’est une période très prolifique de sa vie en tant qu’auteure – et on y croise Agatha Christie qui officie comme préparatrice de pharmacie au University College Hospital.

Cela me donnerait bien envie d’ailleurs de relire ce livre, ainsi que les autres romans de Connie Willis… mais nous arrivons presqu’au terme de notre voyage !

Jouer et se promener avec Agatha

Pour conclure ce qui va être l’un de mes plus longs articles depuis que ce blog existe, voici quelques références, quelques liens pour jouer, vous promener et vous amuser avec Agatha.

Pour commencer je ne résiste pas à l’envie de vous proposer ici le parcours Crime Scene que j’avais réalisé il y a deux ans avec Sandrine Duquenne, et où vous pouvez retrouver quelques infos sur Agatha Christie, Hercule Poirot, et autres références du roman policier :

J’ai parcouru le site officiel mentionné sur Wikipédia, c’est un site plutôt sympa où vagabonder…

https://www.agathachristie.com/

Enfin, pour se promener en vrai, on pourrait hésiter entre les différents lieux où ont vécu l’auteure et ses personnages (mais limitons-nous tout de même à l’Angleterre) : Londres, Torquay (bien que la maison d’enfance, Ashfield, a été détruite depuis longtemps), Greenway Estate et Wallingford.

By Rod Allday, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8397126

Un jour, c’est sûr, j’irai à Greenway. En attendant, je vous souhaite une belle fin d’été et vous dis à bientôt, sur Cinéphiledoc !

Cartographie cinéphile

Cet article cinéphile de mars m’a été inspirée par le Dictionnaire de la Fantasy, publié par les éditions Vendémiaire et dont j’ai parlé en décembre dernier.

L’une des entrées de ce dictionnaire m’a semblé être le point de départ idéal du compte-rendu de lecture des deux ouvrages dont traitera cet article.

Imaginaire de la carte

Sans surprise, l’auteur de cette entrée est Florian Besson, co-auteur en 2018 de Kaamelott : un livre d’histoire, ouvrage également publié chez Vendémiaire, et dont j’aurai peut-être l’occasion de vous reparler.

Il s’agit de l’entrée « Cartes », qui pour moi, dans ce dictionnaire, s’est démarquée dès ma première lecture, et qui, deux mois après, me reste en tête.

J’en reprends ici les principaux arguments, juste après une introduction de l’auteur sur la carte de la Terre du Milieu de Tolkien et la carte qui figure au générique de Game of Thrones :

La carte plaît parce qu’elle est une invitation au voyage : ses toponymes mystérieux et ses sonorités exotiques évoquent des horizons lointains et promettent au lecteur un beau dépaysement […]

La carte intrigue, fascine, piège l’imagination, pousse à l’exploration. […]

Gage d’authenticité, la carte vient avant tout garantir le réalisme du monde créé par l’auteur : l’univers fictionnel se voit doté d’une géographie précise, où prennent place des langues et des religions spécifiques. […]

Pour autant […] ces représentations cartographiques sont en réalité contemporaines. Les cartes des cycles fantasy sont ainsi presque systématiquement orientées vers le nord, souvent ornées d’une belle rose des vents, alors que ce sont là des conventions cartographiques propres aux systèmes de représentations occidentaux […] les auteurs eux-mêmes sont pris à leur propre piège, séduits par le potentiel de la carte et placés de ce fait dans l’impossibilité presque absolue de ne pas en proposer au moins une.

C’est cette évocation des cartes dans l’univers de la fantasy qui a, d’une certaine manière, structuré ma pensée et qui me permet aujourd’hui de vous faire le compte-rendu de deux lectures.

La première découle directement du Dictionnaire de la Fantasy et a suivi une autre lecture : Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Game of Thrones : l’imaginaire en cartes

Il s’agit moins d’un livre que d’un coffret, et lorsqu’on l’ouvre, celui-ci est assez spectaculaire.

Game of Thrones : les cartes du monde connu a été publié en 2015 chez Huginn & Muninn, une maison d’édition franco-américaine principalement connue pour ses ouvrages (parfois des énormes pavés dont l’achat est bien évidemment indispensable à tout fan qui se respecte) sur Harry Potter.

Huginn & Muninn est une référence en terme de lecture pour les geeks et les amateurs de pop culture. C’est elle qui a publié les premiers livres consacrés à Game of Thrones (la série télévisée) et qui a donc proposé en 2015 ce coffret.

12 pages, la lecture en pourrait être vite expédiée, et l’on pourrait penser qu’hormis pour les fans absolus et invétérés de la série, elle peut prêter à sourire.

12 cartes à déplier, les unes offrant un plan d’ensemble de l’univers d’Essos et de Westeros, les autres zoomant au-delà du mur ou sur Port-Réal et ses différents quartiers – à force de voir et revoir la série en version originale, les noms en version française me sont devenus moins familiers.

Finalement, on peut se prendre au jeu, suivre du doigt les itinéraires de nos personnages favoris, se perdre dans les territoires vallonnés de l’Ouest, et répondre à l’invitation de Cédric Delaunay dans la première partie de son ouvrage Game of Thrones : de l’histoire à la série, très justement nommée « La carte et le territoire » :

Admirons les luxuriantes cités de Braavos et de Port-Réal ; ébahissons-nous de la majesté du Mur, foulons les vastes steppes semi-arides d’Essos que hantent depuis des millénaires les cavaliers dothrakis ; festoyons dans les luxuriantes plaines du Conflans ; partons dans un monde imaginaire aussi beau et divers que le nôtre…

Invitation qu’avait déjà lancé Nota Bene dans l’un de ses épisodes « Motion VS History » (attention pour ceux qui le découvrirait maintenant, l’épisode date de 2015, comme notre livre de chez Huginn & Muninn) qui se penchait aussi sur les différents territoires de cet univers, avec l’aide du Cartographe, une autre chaîne YouTube :

C’est à cette invitation que propose également de répondre le deuxième ouvrage sur lequel se penche cet article, en s’immergeant non plus dans l’univers d’une série télévisée, mais en embrassant, sinon la totalité, du moins les infinies possibilités de l’univers cinématographique.

Pays et villes au cinéma

J’avais déjà consacré plusieurs articles à des itinéraires cinématographiques, imaginant quel film serait le plus représentatif pour moi de tel ou tel pays, circulant dans telle ou telle ville avec un ou plusieurs films en tête, voyageant avec un auteur de la côte est à la côte ouest des États-Unis, accompagnée par Hitchcock…

Lorsque l’on s’intéresse au cinéma français, japonais, italien, ou américain, les décors sont rarement absents : on voyage avec Le Parrain de la Sicile aux quartiers de New-York, on déambule dans Paris avec les Quatre-cents coups et Hôtel du Nord, on suit Cary Grant depuis le siège de l’ONU jusqu’au mont Rushmore dans La Mort aux trousses

Et lorsqu’on peine à retrouver la bonne rue, le bon quartier, on peut de temps en temps compter sur Blow Up – encore, et toujours Blow Up – pour nous faire faire un tour d’horizon de Londres, Venise, Berlin, San Francisco ou New York au cinéma.

Enfin, si l’on veut se plonger dans un pavé consacré aux villes qui ont un jour figuré à l’écran, on peut tenter de retrouver le livre que Thierry Jousse (aux commandes de Blow Up, tiens tiens) et Thierry Paquot avaient publié en 2005 aux éditions des Cahiers du cinéma :

La Ville au Cinéma explorait la représentation de la ville à l’écran en faisant collaborer plus de 85 auteurs, des universitaires, des cinéphiles et des critiques. Cette encyclopédie était construite en cinq parties :

  1. Filmer, montrer, représenter
    Lumière, Décor, Histoire, Montage, Musique de film…
  2. Genres et écoles
    Film noir, Science-fiction, Banlieue, Western…
  3. Lieux et personnages
    30 courts textes personnels d’Aéroport à Voisinage
  4. Villes cinématographiques
    55 portraits d’Abidjan à Washington, en passant par Buenos Aires, New York, Taipei…
  5. 50 cinéastes urbains
    50 notices biographiques de Woody Allen à Wong Kar-wai.

Si vous avez l’occasion de mettre la main dessus, elle vous propose un beau voyage…

Mais je n’en suis toujours pas à ma deuxième lecture, qui, elle, proposait un voyage quelque peu différent.

Cinéma en cartes

Imaginez que vous quittez le monde réel, que vous laissez de côté les pays, les villes, les rues pour vous abandonner à une autre forme de géographie et que vous voyagez d’un film à l’autre simplement en allant du domaine du drame aux plaines de l’aventure, en faisant un détour par la péninsule initiatique.

C’est tout le propos de Movieland, de David Honnorat, publié aux éditions Hachette en octobre 2018.

Pour vous plonger dans ce petit bijou, laissez-vous guider par votre imagination, fermez les yeux (entre chaque paragraphe) et suivez l’itinéraire de votre choix. En dehors de la carte – là encore à déplier – proposée par David Honnorat, le livre ne vous proposera pas d’images, une manière encore plus décisive de vous inciter à voir ou revoir les films dont il vous parle.

Et d’ailleurs, de quoi vous parle-t-il ? Le mieux est de lui laisser la parole :

Pour ceux qui souhaiteraient voir à quoi ressemble cette carte en ligne, rien de plus simple :

Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le sujet (en anglais), c’est par ici.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est d’avoir pris presque au pied de la lettre cette idée d’itinéraires, notamment dans la présentation. Il s’agit d’un croisement entre chemins de randonnées et sélections thématiques, avec temps, niveau de difficulté et prolongements possibles. Les 50 itinéraires thématiques proposés sont d’ailleurs classés du spectateur débutant au spectateur expert, en passant par le spectateur confirmé.

Un exemple :

Je choisis dans la partie « Spectateur débutant » l’itinéraire « Spoiler Alert ! » qui me propose un parcours de 16 heures et 34 minutes (difficulté 1 étoile, mais destiné à un public averti – sexe, violence ou spoilers) avec 9 films, de Citizen Kane à L’Empire contre-attaque en passant par Sixième sens, Les Diaboliques ou Usual Suspects.

On me propose ensuite soit :

  • l’itinéraire « Héros en cape » de Batman à Superman (« Spectateur débutant » 24 heures et 15 minutes, 11 films, difficulté 1 étoile, tous publics)
  • l’itinéraire « Le regard des juges » de Fenêtre sur cour à Caché (« Spectateur averti », 16 heures et 53 minutes, 9 films, difficulté 4 étoiles, public averti – violence)
  • l’itinéraire « Modern warfare » d’Il faut sauver le soldat Ryan à Outrages (« Spectateur expert », 22 heures et 53 minutes, 11 films, difficulté 5 étoiles, public averti – violence)

Un index permet en fin d’ouvrage de cocher les films déjà vus.

Voilà pour le très beau Movieland, un de mes coups de coeur de début 2019, dont le seul point faible est la couverture, un peu fragile.

Je remercie David Honnorat de m’avoir offert avec ce livre de quoi matérialiser mes associations d’idées cinéphiles, et de répondre parfaitement à ce que dit Florian Besson, déjà cité au début de cet article :

La carte plaît parce qu’elle est une invitation au voyage : ses toponymes mystérieux et ses sonorités exotiques évoquent des horizons lointains et promettent au lecteur un beau dépaysement […]

La carte intrigue, fascine, piège l’imagination, pousse à l’exploration.

Merci pour l’invitation et merci pour le piège, très réussi !

En vous souhaitant un beau dépaysement et de belles lectures, je vous dis à bientôt sur Cinéphiledoc !

2018 : Palmarès de lecture

Je profite de ce désormais traditionnel palmarès de lecture pour vous souhaiter une excellente année 2019.

Pour cette année, je reprendrai exactement la même construction que pour le palmarès 2017 : une présentation, le palmarès en lui-même organisé de manière thématique, et un petit bilan rapide.

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Cette année je suis un peu plus ponctuelle que l’année passée (il est prêt depuis la mi-décembre), je le publie donc dès le début du mois de janvier.

Voici d’abord un état chiffré des lectures 2018 :

  1. janvier. Deux lectures, Microfilm et Le Figurant, de Didier Blonde (deux romans)
  2. février – mars.  Trois lectures : 50 femmes de cinéma, Journal d’une princesse de Carrie Fisher et Hollywood : la cité des femmes, d’Antoine Sire.
  3. avril. Une lecture : Cinéma de minuit, de Patrick Brion (beau livre).
  4. mai. Une lecture : Hollywood Boulevard, de Melanie Benjamin (roman).
  5. juin. Une lecture : Ultime : Jean Rochefort, interviews et conversations.
  6. juillet. Une lecture : Le Paris de François Truffaut, de Philippe Lombard.
  7. septembre. Deux lectures : Le Sourire de Gary Cooper et Platine (deux romans).
  8. octobre. Une lecture. Romy Schneider intime, d’Alice Schwarzer.
  9. novembre. Deux  lectures. Chaplin’s world : le musée de sa vie et Paris : 100 films de légende.
  10. décembre. Deux lectures. Dictionnaire de la fantasy et Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Au total 16 lectures, avec cette année plusieurs grandes thématiques qui se sont répétées, ce qui m’a permis bien en avance d’organiser mentalement ce palmarès.

Mes lectures cette année étaient moins consacrées à un film ou à un genre en particulier, mais, comme je l’ai dit, organisées par thèmes et cela d’une manière, sinon involontaire, du moins non préméditée.

Voici ce qu’on peut en retenir.

Palmarès 2018

Le retour de la fiction

Je l’avais déploré l’an dernier : 2017 n’avait pas été un grand cru pour les romans (et encore, je triche un peu : mes lectures de 2017 n’avaient pas mis les romans à l’honneur).

Il faut croire que les auteurs de romans m’ont entendue : cette année, parmi mes 16 lectures cinéphiles, on retrouve cinq romans : Microfilm, Le Figurant, Hollywood Boulevard, Le Sourire de Gary Cooper et Platine. Quasiment à chaque fois des textes de qualité, avec des auteurs qui se sont bien arrangés pour me perdre dans leur univers cinématographique.

Bien que sa lecture soit lointaine, son souvenir reste des plus vivaces : c’est au Figurant de Didier Blonde que je donne ma préférence, pas seulement pour son évocation du film de Truffaut, Baisers volés, mais parce qu’il a réussi à me faire douter de la frontière entre fiction et réalité et parce que ce doit être le livre que, du coup, j’ai le plus offert autour de moi cette année.

Déambulations parisiennes

En prolongement de ce premier choix, mon année 2018 a été marquée par mes lectures parisiennes et la découverte de cette superbe petite maison d’édition, à savoir Parigramme.

J’ai donc beaucoup lu sur Paris, Paris au cinéma et Paris chez les écrivains et dans les romans, grâce à Parigramme. J’ai redécouvert Philippe Lombard, dont j’avais déjà lu, presque sans m’en souvenir, l’un des livres sortis en 2012 : Les Grandes gueules du cinéma français. Cela m’a permis de redécouvrir un auteur dont je me demande, avec sa moyenne actuelle de 3 à 4 livres par an, s’il dort la nuit !

Je ne voudrais pas donner dans le favoritisme truffaldien mais c’est encore une fois un livre consacré à Truffaut qui remporte mes suffrages, à savoir Le Paris de François Truffaut.

Mais rassurez-vous, pour mes dernières catégories, je vais varier un peu mes choix !

Les femmes à l’honneur

C’est la grande thématique de l’année : sur mes 16 lectures de 2018, sept sont consacrées aux femmes au cinéma (et je triche encore une fois, car parmi ces sept lectures, on retrouve trois de mes romans).

Sept livres donc : 50 femmes de cinéma, Journal d’une princesse, Hollywood : la cité des femmes, Hollywood Boulevard, Le Sourire de Gary Cooper, Platine et Romy Schneider intime.

Là encore je fais le choix d’une lecture qui, si elle remonte à mai 2018, m’a laissé un souvenir incroyable et m’a fait échanger longuement avec des amis sur les sujets qu’elle abordait : le cinéma muet, la grandeur et la décadence, et deux destins de femmes, l’un devant la caméra, l’autre en coulisses.

Il s’agit de Hollywood Boulevard, de Melanie Benjamin, dont je me suis promis de lire les autres livres un de ces jours.

Mentions spéciales et bilan

Je ne pouvais évidemment pas citer toutes mes lectures dans ce palmarès, et j’ai eu du mal à choisir pour chaque catégorie le livre à retenir.

Citons tout de même :

  1. le beau livre de l’année : Cinéma de minuit, de Patrick Brion, sorti fin 2017 et que je me suis fait un plaisir d’acheter pour le souvenir de cette émission formidable consacrée au cinéma (et parce que j’ai réussi à le faire rentrer dans ma bibliothèque)
  2. le livre de chevet de fin d’année : le Dictionnaire de la fantasy, dans lequel je continue à piocher des articles et des entrées, qui sont à chaque fois un régal à découvrir
  3. le livre consacré à une série télévisée. Comme l’an dernier, je n’ai pas trouvé beaucoup d’ouvrages sur les séries qui aient pu retenir mon attention. Il faut croire que la qualité prime sur la quantité en ce domaine, car je ne saurais passer à côté, dans cet article, de l’excellent ouvrage de Cédric Delaunay, Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Je ne sais pas trop ce que me réserve 2019 pour mes lectures, même si j’ai une petite idée de ce à quoi ressembleront déjà mes articles de février et de mars, qui, normalement, seront consacrés à quelques dernières publications de 2018.

J’y parlerai d’arrêts sur images et de courses-poursuites, de cinéma et d’une série télévisées.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau une belle année, et je vous mitonne pour très prochainement le prochain article #profdoc.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

Page 1 sur 6

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén