cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Étiquette : Alfred Hitchcock (Page 1 sur 5)

Le cinéphile adore les rumeurs

Pour ce nouveau compte-rendu de lecture, j’aimerais emprunter des chemins aussi hasardeux et aussi aléatoires qu’une rumeur, et avant d’en arriver au fait, c’est-à-dire au livre qui m’a conduit à écrire cet article, j’aimerais faire étape ici et là en vous proposant des itinéraires cinématographiques et télévisuels inattendus.

Chuchoter à l’oreille

En guise de point de départ de cette excursion, je vais revenir pour la énième fois à l’une des vidéos les plus réussies, à mon sens, de la chaîne Blow Up d’Arte : « Have you heard ? », vidéo que j’ai découverte il y a quelques années par hasard, et dont j’ai pu me servir dans des séances sur la désinformation avec des élèves :

Mais au-delà de l’utilisation professionnelle que j’ai faite de cette vidéo, ce qui m’a amusée, c’est de voir combien ce mécanisme de la rumeur (que j’avais à l’époque tenté de retranscrire sous forme d’infographie) se retrouvait dans un certain nombre de scénarios de films.

Sans chercher l’exhaustivité, quatre exemples plus ou moins récents me sont venus à l’esprit.

  • Lettres anonymes et faits divers

On peut naturellement penser au Corbeau d’Henri-Georges Clouzot, sorti en 1943. L’intrigue est ainsi conçue :

Dans une petite ville de province, un certain nombre de citoyens reçoivent des lettres anonymes qui contiennent des informations diffamatoires, en particulier en ce qui concerne un des médecins de la ville, le docteur Germain, soupçonné par l’auteur des lettres — qui les signe d’un mystérieux « Le Corbeau » — de pratiquer des avortements clandestins.

Le fait que le film s’appuie sur un fait divers bien réel, remontant à l’époque à une vingtaine d’année, et que le scénario fasse son miel de la pratique des lettres anonymes dans le contexte de l’Occupation, donne un sel bien particulier à cette intrigue.

  • Sur une fausse piste ?

Le deuxième exemple, un peu plus récent, qui m’est venu, ne tient pas tant à l’intrigue du film qu’à son titre : Mon petit doigt m’a dit…, de Pascal Thomas, sorti en 2005.

Il s’agit d’une adaptation du roman homonyme d’Agatha Christie, qui met en scène un couple de détectives incarné par Catherine Frot et André Dussolier (dans le roman, Tommy et Tuppence Beresford, dans le film Bélisaire et Prudence).

Le point de départ de l’enquête est la rencontre de Prudence avec une vieille dame dans une maison de retraite qui lui parle d’une enfant emmurée dans une cheminée…

J’ai vu ce film un nombre incalculable de fois et en connaît par coeur la plupart des répliques.

  • Les dîners qui tournent mal

Rumeurs et non-dits se retrouvent souvent dans les réunions familiales et les dîners, au point qu’Hitchcock (encore lui) ait utilisé quasiment au sens propre l’expression du squelette dans le placard dans l’un de ses films : La Corde.

Dans ce huis-clos oppressant, deux amis étranglent un de leur camarades de classe, puis préparent un dîner auquel sont conviés le soir même, sur le lieu du crime, la famille de la victime. Le cadavre est placé dans un coffre sur lequel est servi le buffet.

Moins macabres, les intrigues du Prénom (sorti en 2012) et du Jeu (sorti en 2018) utilisent les ressorts de la fausse nouvelle et des non-dits pour faire sortir un certain nombre de squelettes du placard.

Regarder par le trou de la serrure

Non content d’adorer les rumeurs, le spectateur est un voyeur, qui prend plaisir à espionner et à regarder ce qui se passe chez les autres par le trou de la serrure.

L’exemple le plus évident qui met le spectateur dans cette position parfois inconfortablement assumée est à nouveau l’oeuvre de sir Alfred, Fenêtre sur cour, sorti en 1954.

Jeff est un photographe qui, à la suite d’un accident, se retrouve en fauteuil roulant et passe son temps à observer ses voisins, dont un qu’il commence à soupçonner de meurtre.

Non seulement nous sommes spectateurs de l’histoire de Jeff, mais par son intermédiaire, nous savourons son propre voyeurisme.

On pourrait énumérer longtemps les films et les épisodes de séries télévisées qui se sont inspirés de Fenêtre sur cour.

Il y en a cependant qui m’a procuré la même impression à la fois de plaisir et de malaise ces dernières années.

Il s’agit du film de François Ozon sorti en 2012, Dans la maison, avec Fabrice Luchini et Ernst Umhauer.

Claude, un élève brillant, doué et manipulateur du lycée Gustave Flaubert, à tendance pervers narcissique, provoque l’enthousiasme de son professeur de français à qui il fait part de ses écrits voyeuristes, qu’il rédige au détriment d’un camarade de classe.

Avec Dans la maison, François Ozon nous met dans la posture de Fabrice Luchini, nous sommes les victimes consentantes de ce manège orchestré par Claude, et nous nous repaissons de l’histoire qu’il tisse pour nous, et tant pis pour les conséquences, réelles ou inventées.

Si cet exemple issu du cinéma d’Ozon est le plus flagrant selon moi, je n’en oublie pas une autre de ses oeuvres, Swimming Pool, sorti en 2003, qui manie avec tout autant de virtuosité la confusion entre l’intrigue du film et ce qui ressort de l’imagination des personnages.

Trouver le coupable

Nouvelle étape de mon itinéraire, tout aussi jubilatoire pour le spectateur, mais aussi plus facilement assumée, celle qui suit la découverte du cadavre.

Côté séries télévisées (et même côté films), j’ai déjà eu l’occasion de revenir abondamment sur les adaptations d’Agatha Christie, ayant vu à peu près l’intégralité des épisodes d’Hercule Poirot, et de ses diverses incarnations sous les traits de David Suchet, d’Albert Finney, de Peter Ustinov et de Kenneth Branagh – même si ma préférence va toujours au premier.

Si je suis moins amatrice de Miss Marple (et de ses différentes incarnations – sauf peut-être Angela Lansbury dans Le Miroir se brisa), il y a une série que j’adorerais revoir, et je céderai certainement un jour à la tentation d’acheter les DVD. Cette série, c’est Arabesque (Murder, she wrote) avec la même Angela Lansbury.

Je la regardais petite à la télévision chez ma grand-mère, et j’étais fascinée par ce personnage d’auteure de romans policiers qui enquête.

J’ai repensé assez récemment à cette série, et je dois ce souvenir, ainsi qu’une autre conséquence, au YouTubeur Damien Duvot, alias MrMeeea, qui avouait dans l’une de ses vidéos adorer la série Columbo.

Il a fallu que ce dernier fasse quelques analyses des premiers épisodes pour que je plonge tête baissée dans le binge watching de toute la série, disponible sur une plateforme de streaming qui s’occupe aussi de livraisons…

En en discutant avec une amie, je me suis également rendue compte que j’appréciais des personnalités aussi différentes que Columbo et Hercule Poirot, l’un se vantant continuellement de ses petites cellules grises, l’autre étant méprisé par le meurtrier jusqu’à ce que…, mais qui parviennent tous deux au même résultat : faire perdre sa superbe à un coupable qui croyait pourtant s’en tirer.

Bien évidemment, le plaisir à savourer Hercule Poirot n’est pas le même que celui qu’on a devant Columbo, et l’on peut y voir à nouveau la distinction que fait Hitchcock entre le suspense et la surprise.

Avec Hercule Poirot, nous ne connaissons l’identité du coupable que lorsqu’il nous la révèle à la fin de l’épisode. Avec Columbo, nous savons dès le début qui est le meurtrier, la question étant de savoir comment Columbo va le démasquer.

Dans le premier cas, nous sommes placés dans la posture du capitaine Hastings, ou du docteur Watson si nous décidons de changer d’univers, nous sommes le fidèle partenaire.

Dans le second, nous sommes Columbo lui-même.

Suivre l’enquête / mener l’enquête

À partir de ces deux postures : Hercule Poirot ou Columbo, j’en arrive à ma dernière étape et – enfin – à ma lecture du mois de mai.

Et c’est là que l’ami Philippe Lombard pousse un soupir de soulagement : enfin on y vient.

Enfin presque…

Ce que j’aime aussi dans le cinéma, c’est ce qui regroupe tous ces fils : rumeurs, observation (voire plus), traque, et enquête, et si possible, me demander durant tout le film s’il raconte une histoire vraie ou s’il est complètement inventé.

Dans le second cas, l’un de mes films préférés est Garde à vue, de Claude Miller, où Lino Ventura « cuisine » Michel Serrault, qu’il soupçonne du meurtre de deux fillettes.

Dans le premier cas, ce sont tous les films inspirés de faits divers, qu’il s’agisse d’une recension complète des événements ou de quelques allusions habilement glissées ici ou là – petites annonces, enquêtes, filatures…

C’est à ces faits divers, généralement macabres, que Philippe Lombard donne la part belle dans l’un de ses derniers ouvrages : Ça s’est tourné près de chez vous ! Une histoire des faits divers du cinéma français, publié comme à l’accoutumée aux éditions La Tengo en novembre 2021.

La galerie de portraits qu’il nous propose fait quelque peu froid dans le dos… on a l’impression d’une visite chez Madame Tussauds ou dans une maison hantée : tueurs en série, scènes de crimes, auteurs de casses mémorables et ennemis publics numéros 1 chacun leur tour… il n’y a bien que dans le dernier chapitre que l’on côtoie des personnages un peu plus fréquentables, et encore, ce n’est pas si sûr que ça !

Chacune de ces figures, au-delà des histoires qu’elles portent – meurtres, braquages, affaires louches et règlements de comptes – renvoie à un univers cinématographique que le lecteur peut allègrement convoquer.

À titre personnel, il me suffit de voir une évocation des soeurs Papin pour avoir envie de me replonger dans la lecture des Bonnes de Jean Genet ou pour avoir envie d’éplucher toute la presse disponible sur le site Retronews de la BnF.

De la même manière, tel ou tel tueur en série va irrémédiablement appeler chez moi le souvenir de Lacenaire dans Les Enfants du Paradis, et cette réplique culte, où transparait l’orgueil du personnage :

Quand j’étais enfant, j’étais déjà plus lucide, plus intelligent que les autres… « Ils » ne me l’ont pas pardonné, ils voulaient que je sois comme eux, que je dise comme eux. Levez la tête Pierre-François… regardez-moi… baissez les yeux… Et ils m’ont meublé l’esprit de force, avec des livres… de vieux livres… Tant de poussière dans une tête d’enfant ? Belle jeunesse, vraiment ! Ma mère, ma digne mère, qui préférait mon imbécile de frère et mon directeur de conscience qui me répétait sans cesse : « Vous êtes trop fier, Pierre-François, il faut rentrer en vous-même ! » Alors je suis rentré en moi-même… je n’ai jamais pu en sortir ! Les imprudents ! Me laisser tout seul avec moi-même… et ils me défendaient les mauvaises fréquentations…

Quant au seul nom de Landru, il évoque pour moi Barbe bleue, mais surtout le film de Chaplin Monsieur Verdoux, que j’adore :

C’est sur cette dernière évocation que je vous invite, une nouvelle fois, à lire ou relire les différents ouvrages de Philippe Lombard, et en particulier ce cru 2021, qui a été particulièrement riche !

La preuve :

La couverture de Ça s’est tourné près de chez vous – qui rappelle les deux précédents ouvrages également sortis chez La Tengo (Ça tourne mal / Ça tourne mal à Hollywood) me donne d’ailleurs l’espoir qu’un Ça s’est tourné près de chez vous à Hollywood pourrait peut-être être concocté ?

Oui ? Non ? Bientôt ? En tout cas, je guette le prochain !

Bonne(s) lecture(s) à toutes et tous et à très bientôt sur Cinephiledoc !

Tout le monde veut être Cary Grant…

Pour ce premier compte-rendu de lecture de 2022, j’ai décidé de reprendre une structure déjà éprouvée sur ce site : un acteur / un cinéaste / un ou des films.

C’est cette forme que j’ai utilisée pour mon article cinéphile de septembre dernier, avec Romy Schneider et Claude Sautet, mais aussi l’article de mai 2021 où j’évoquais Sean Connery et l’univers James Bond.

Cette structure, je ne la trouve pas forcément naturellement, et je ne l’utilise pas systématiquement.

Écrire l’article

Pour certains articles, la forme est intuitive, je vais pouvoir les préparer longtemps à l’avance, utiliser le prétexte d’une date anniversaire, d’un événement, d’un déclic (c’est ce qui sera le cas pour le prochain article du mois de mars, que j’ai déjà bien en tête).

Pour d’autres, même après avoir lu le livre auquel est consacré le plus gros de l’article, je rame. Je cogite, je tourne les idées dans ma tête, je me demande comment fournir au compte-rendu de lecture proprement dit l’écrin de l’article.

En effet, pour moi, il ne s’agit pas (seulement) de faire un compte-rendu exhaustif de ma lecture. Il s’agit de convoquer tout un contexte cinéphile pour l’accompagner.

Je laisse le livre à proximité – c’est aussi la raison pour laquelle j’évite d’utiliser des versions numériques de ce livre – pour pouvoir le feuilleter à nouveau. Je le reprends, je tourne autour, j’en feuillette d’autres, je procrastine et je grogne.

Et puis, généralement, je trouve enfin l’idée par hasard, l’idée qui donnera à l’article son fil conducteur, en tous les cas pour moi.

À l’origine, feuilleter le catalogue Gallimard

Revenons en arrière, à ce qui m’a poussé à choisir l’ouvrage que j’évoquerai dans un instant.

Je feuilletais les brochures que publie régulièrement la maison d’édition Gallimard, et qu’elle envoie aux établissements scolaires, pour indiquer les nouvelles sorties. Généralement, j’y glane quelques idées d’achats pour le CDI, mais pas la majorité, loin de là.

Au milieu des romans, dans la brochure que je tenais entre les mains, je trouve ce titre : Être Cary Grant, de Martine Reid, publié en avril 2021. Pas dans les pages consacrées aux essais, mais au milieu des romans.

Je vois la couverture, avec le visage familier et sa fossette. Je fais appel à ma mémoire et je fouille dans mes rayonnages… mis à part La Vie que tu t’étais imaginée de Nelly Allard, je n’ai pas souvenir d’avoir lu beaucoup de romans publiés chez Gallimard et consacré à un acteur.

Flammarion, avec sa pépite sur Greta Garbo, Un renoncement, de René de Ceccatty, me semble plus coutumier du fait.

Va donc pour Être Cary Grant.

Replonger dans des souvenirs cinéphiles

Cary Grant fait partie des acteurs que j’ai côtoyés au moment où je commençais à construire, tout doucement, mon univers cinématographique, de manière consciente. Je ne parle pas des premiers films vus étant enfant, mais de ceux que j’ai progressivement choisis.

Vers 15-16 ans donc, après le déclic « Truffaut », j’ai commencé à regarder les cycles du Cinéma de minuit, enregistrés sur cassettes. J’ai aussi choisi, pendant les vacances scolaires, quelques films à aller voir dans les cinémas parisiens (Grand action, Action école, Action Christine et le Championnet).

Ces choix s’appuyaient alors sur ce que je considérais comme une bible : les Chroniques du cinéma

C’est avec ce livre que je découvrais le parcours de Lauren Bacall et d’Humphrey Bogart, de Bette Davis, de Katharine Hepburn et de Spencer Tracy, de Vivien Leigh, de Grace Kelly.

J’ai donc pu découvrir dans les cinémas parisiens L’Impossible Mr Bébé, qui réunit Katharine Hepburn et Cary Grant, puis plus tard, en DVD ou à la télévision : La Dame du vendredi, Sylvia Scarlett, Indiscrétions, Elle et lui ou encore Charade, beaucoup plus tard.

Je retrouvais aussi l’image lisse et très bien mise en scène de Cary Grant dans un ouvrage acheté à l’époque :

Cary Grant : les images d’une vie, de Yann-Brice Dherbier, publié en 2009 chez YB Editions, une maison d’éditions qui proposait au lecteur pour différentes stars hollywoodiennes ces « images d’une vie », sous un format particulièrement soigné.

Retour au présent

C’est en ayant ces souvenirs en tête que j’avais posé le livre de Martine Reid sur ma bibliothèque, à l’été 2021. Il était en bonne place sur ma pile de lecture, mais je retardais le moment de venir à sa rencontre.

Puis, en novembre dernier, je tombe sur un documentaire Arte, disponible en replay jusqu’au 11 février 2022 : Cary Grant, de l’autre côté du miroirqui donne la part belle à cette citation émouvante de l’acteur : « Tout le monde voudrait être Cary Grant. Moi aussi, je veux être Cary Grant ! »

J’y découvre de nouvelles facettes du personnage : l’enfance, les mariages successifs, la psychothérapie sous LSD…

J’ai envie de confronter à ce documentaire le roman biographique de Martine Reid. Je me plonge donc dans cette lecture.

Quatrième de couverture

La quatrième de couverture de Être Cary Grant part de cette même citation, si troublante :

« Tout le monde veut être Cary Grant. Même moi, je veux être Cary Grant. »

Des comédies romantiques de l’âge d’or du cinéma américain aux chefs-d’œuvre d’Alfred Hitchcock, Cary Grant (1904-1986) demeure l’une des stars d’Hollywood les plus célèbres au monde.
Gentleman flegmatique, séducteur caustique, il a réussi grâce à un physique exceptionnel à incarner « l’homme idéal », fantasme de millions de spectatrices et spectateurs. Derrière cette belle image de cinéma se cache pourtant un être tourmenté, dont toute l’existence est fondée sur le leurre.

Sur cette quatrième de couverture, le mot leurre est en italique. C’est ce résumé qui a retenu mon attention, et qui m’a donné envie d’aller plus loin : Cary Grant n’y est pas seulement une star hollywoodienne, ou un être complexe comme le présente le documentaire produit par Arte.

C’est un personnage de roman à part entière, une incarnation qu’il a méticuleusement construite lui-même, avec des fêlures que l’on entrevoit à intervalles plus ou moins réguliers.

C’est tout cela que veut nous faire ressentir Martine Reid, en choisissant comme titre non pas simplement Cary Grant, mais Être Cary Grant.

L’homme dont on va entendre l’histoire a deux noms. Ceux-ci désignent dans le temps deux vies qui n’ont pas grand-chose à voir l’une avec l’autre. Du fait de ces deux noms, tout est irrémédiablement double chez lui : il est né deux fois, dans deux lieux distincts ; il est mort deux fois aussi, mais de façon assez dissemblable, la première mort, on va le voir, apparaissant aussi interminable que la deuxième est soudaine.

Cette construction opérée par les studios de cinéma et par l’acteur lui-même s’est faite au détriment d’un nom, Archibald Leach, d’une enfance et d’un milieu, d’une sexualité et d’une identité. Pour parvenir à incarner Cary Grant, il faut se débarrasser des oripeaux Archie Leach, quitte à les voir resurgir par inadvertance.

Non seulement, Martine Reid réussit à faire de Cary Grant ce personnage de roman qu’il était déjà de son vivant, mais elle réussit aussi à nous restituer admirablement l’ambiance du Hollywood de ces années-là, la période d’activité de l’acteur s’étalant de 1932 à 1966.

L’ouvrage ne s’ouvre pas, comme on pourrait le croire, par la citation que je viens d’en extraire. Il s’ouvre avec une scène beaucoup plus familière pour le lecteur et le spectateur : il s’ouvre sur La Mort aux trousses.

Spectateur d’Hitchcock : James Stewart ou Cary Grant ?

Parmi les films que j’ai cités plus haut de la filmographie de Cary Grant, il y en a que j’ai volontairement omis.

Si je voulais consacrer cet article à l’acteur hollywoodien, c’est aussi pour le prétexte qu’il me donnait de parler à nouveau du cinéma d’Alfred Hitchcock, que j’évoque déjà assez régulièrement sur ce site, pour parler de ses intrigues, de ses actrices fétiches, de ses storyboards, de sa cuisine, de ses itinéraires… mais pas encore de ses acteurs.

Cary Grant est à égalité avec James Stewart dans le cinéma d’Hitchcock. Et pour moi il ne s’agit pas de dire si l’un est meilleur que l’autre.

  • James Stewart : période hitchcockienne 1948-1958. Quatre films : La Corde, Fenêtre sur cour, L’Homme qui en savait trop, Sueurs froides.
  • Cary Grant : période hitchcockienne 1941-1959. Quatre films : Soupçons, Les Enchaînés, La Main au collet, La Mort aux trousses.

Ce que l’on peut comparer, ce sont les personnages qu’ils incarnent.

Concernant James Stewart, nous sommes spectateurs avec lui. Nous observons, nous sommes voyeurs de l’action, nous assistons à l’intrigue, nous la voyons se construire sous ses yeux comme sous les nôtres. Nous avons le vertige avec lui.

Concernant Cary Grant, notre rôle est moins celui d’un voyeur que d’un témoin, voire d’un complice. Nous partageons l’action.

C’est du moins ce que je ressens, à titre personnel, lorsque je revois les films d’Hitchcock avec ces deux acteurs.

Et qu’ai-je fait sitôt ma lecture de la biographie de Martine Reid achevée ? Évidemment, j’ai revu La Mort aux trousses.

Revoir La Mort aux trousses

Il y a deux films d’Hitchcock que j’ai vus et revus et que je connais jusqu’au bout des ongles. Fenêtre sur cour et La Mort aux trousses.

Lorsque je les revois, je cède soit à l’envie du huis-clos, soit à l’envie du voyage.

Pour le deuxième, ce sont les mêmes images qui me reviennent en tête :

  1. un générique qui dessine peu à peu les immeubles new-yorkais et Hitchcock qui rate son bus
  2. une soirée et une course-poursuite alcoolisées avec Cary Grant qui finit au poste de police de Glen Cove
  3. Jessie Royce Landis en mère tellement insupportable « Alors messieurs, vous voulez vraiment tuer mon grand garçon ? »
  4. une visite aux Nations Unies
  5. un repas sans dessert avec Eva Marie Saint mais avec une truite un peu trop saumonée dans le Chicago Express
  6. la fameuse scène avec l’avion qui prend le contrepied de tous les rendez-vous cinématographiques (de jour, au milieu de nulle part, au soleil)
  7. la main de James Mason sur le cou d’Eva Marie Saint à la soirée d’enchères
  8. le mont Rushmore et le pistolet chargé à blanc (avec le petit garçon à l’arrière-plan qui se bouche les oreilles)
  9. la maison de James Mason, inspirée de Frank Lloyd Wright
  10. la poursuite sur le mont Rushmore et la scène finale

Mais si vous voulez voir ou revoir La Mort aux trousses, c’est tout de même Blow Up qui en propose le meilleur visionnage en accéléré :

Bref, l’ouvrage de Martine Reid m’a permis de revoir La Mort aux trousses (en vitesse normale), m’a fait rouvrir L’Amérique évanouie de Sébastien Clerget – qui nous fait propose quelques itinéraires cinématographiques à travers les États-Unis – et La Sauce était presque parfaite, un superbe recueil de recettes hitchcockiennes.

De quoi donner envie, sinon d’être Cary Grant, du moins de lire Être Cary Grant, non ?

À l’ombre du cinéma

Pour ce dernier compte-rendu de lecture de l’année 2020 – le prochain article étant consacré à mon traditionnel palmarès de lecture – je vais revenir sur l’un des livres les plus délicats et les plus émouvants que j’ai eus entre les mains cette année.

C’est l’un de ces livres dont on arrive à la fin en regrettant vraiment de l’avoir fini, et bien que l’histoire soit sans suspense aucun, on se prend à redouter les derniers chapitres, les dernières phrases, les derniers mots.

Lecture de confinement

Ce livre, que j’annonce cette fois sans retard et sans associations d’idées préalables – elles viendront après – c’est L’Amie américaine de Serge Toubiana, publié aux éditions Stock en mars 2020.

Lorsque j’ai eu connaissance de la publication de cet ouvrage, je savais déjà de qui et de quoi il parlait, avant même d’en avoir lu un résumé et de l’avoir eu entre les mains. Le titre et le bandeau étaient suffisamment évocateurs pour que j’aie immédiatement envie de lire ce livre.

Étant donnée sa date de publication, je me suis hâtée de le commander, pour le recevoir avant que le confinement et les aléas de la poste m’en empêchent. Heureusement, dès la mi mars, le livre était dans ma boîte aux lettres, et après les lectures des derniers Hercule Poirot, des trois premiers volumes de L’Amie prodigieuse et de La Servante écarlate (entre autres), j’ai eu le bonheur de me plonger dans l’ouvrage de Serge Toubiana.

Truffaut, Helen, Hitchcock

Je suis donc passée, avec beaucoup de plaisir pour mon esprit amateur d’associations d’idées et de jeux de mots, de L’Amie prodigieuse à L’Amie américaine.

Connaissant les goûts de Serge Toubiana pour le cinéma de Truffaut – car, vous l’avez compris, c’est encore de Truffaut qu’il s’agit ici – je suis persuadée que ce titre L’Amie américaine est trop proche de La Nuit américaine pour être totalement innocent…

En effet, Serge Toubiana est l’auteur d’une biographie de François Truffaut co-écrite avec Antoine de Baecque, qui fait référence en la matière et que j’ai classée cet été dans les 10 lectures indispensables sur le cinéma. Il y a quatre ans il avait publié des mémoires que j’ai déjà évoquées : Les Fantômes du souvenir. Il a par ailleurs été directeur de la Cinémathèque française entre 2003 et 2015.

Son Amie américaine est une biographie consacrée à Helen Scott.

Des femmes, François Truffaut en a compté beaucoup dans sa vie : épouse, filles, muses, collaboratrices, amies. Les femmes sont omniprésentes également dans son cinéma, depuis la mère des Quatre cents coups à la partenaire idéale incarnée par Fanny Ardant dans Vivement dimanche !

Et si l’on peut dire, la relation qu’il eut avec Helen Scott est un condensé de toutes ces relations. Helen Scott est principalement connue des cinéphiles pour avoir accueillie Truffaut aux États-Unis pour les débuts de sa carrière hollywoodienne en janvier 1960, et pour avoir traduit en simultané les entretiens entre Hitchcock et Truffaut en 1962, puis pour avoir travaillé sur l’édition anglaise du Hitchbook.

En témoigne cette photo :

En témoignent également les entretiens enregistrés au magnétophone :

Helen avant François

Ce que l’on connait moins, et ce que Serge Toubiana s’emploie à nous raconter, c’est la vie d’Helen Scott avant sa rencontre avec Truffaut, et la force de cette amitié une fois la rencontre survenue.

On y découvre son enfance entre New York et Paris, son militantisme communiste dans les années trente, ses relations avec la résistance et la France libre pendant la seconde guerre mondiale, son mariage très éphémère avec un monsieur Scott dont elle a gardé le nom toute sa vie.

Certains mystères qui restent irrésolus donnent à Helen la dimension d’un personnage de roman : a-t-elle assisté aux procès de Nuremberg ? était-elle une espionne soviétique ?

Toujours est-il que la femme qui côtoyait dans les années trente et quarante une certaine élite politique (défilent devant nous Geneviève Tabouis, Eleonor Roosevelt, Pierre Mendès-France), a traversé quelques années de galère, black-listée et victime du maccarthysme, avant d’être engagée par le French Film Office comme publiciste en 1959.

Ma chère Helen, mon cher François

Ce que nous raconte enfin Serge Toubiana dans L’Amie américaine, c’est, à partir de 1960, l’histoire d’un coup de foudre puis d’une amitié à la fois fantasmée, fusionnelle, mais aussi épistolaire.

Ici, petite digression personnelle : je me souviens après avoir découvert le cinéma de Truffaut (c’était il me semble au lycée entre 2002 et 2004) j’avais commencé à accumuler les livres qu’il avait écrits et ceux qui lui étaient consacrés.

J’avais ainsi mis la main sur une biographie d’Annette Insdorf parue aux éditions Gallimard dans la collection « Les découvertes », le Dictionnaire Truffaut, la biographie co-écrite par Antoine de Baecque et Serge Toubiana, et j’avais appris que sa correspondance avait été publiée.

Pour mettre la main dessus, quelle aventure, à une époque où certes mes parents disposaient déjà d’un ordinateur et d’une connexion Internet (avec le fameux modem) mais où le marché du livre d’occasion n’était pas aussi accessible qu’il peut l’être maintenant.

J’avais donc trouvé sur un site un exemplaire d’occasion, récupéré dans une librairie parisienne (était-ce passage Jouffroy ?) et qui figure depuis, encore aujourd’hui dans ma bibliothèque.

Dans cette Correspondance, une sélection des lettres de Truffaut. La première des lettres à Helen qui y figure date de mars 1960, la dernière date de février 1975.

La lecture de L’Amie américaine nous donne à voir cette correspondance comme beaucoup plus abondante, principalement du côté d’Helen, qui peut écrire 5 lettres quand Truffaut n’en répond qu’une…

Elle nous donne à découvrir quelques-unes de ces lettres, toujours lucides, toujours pleines d’affection et d’humour, entre « Scottie » et « ma Truffe », qui se livrent tantôt à des coups de gueule, tantôt à des confidences.

Elle nous donne enfin à connaître une personnalité des plus touchantes et des plus fascinantes, par son humour, sa simplicité et sa culture.

Helen Scott a côtoyé bon nombre de réalisateurs, acteurs et scénaristes, français et étrangers (de Rossellini à Bill Murray), a encouragé la carrière outre-Atlantique de plusieurs metteurs en scène, a réalisé les sous-titres de films français, a mis en contact untel et untel, puis, s’étant installée à Paris, a fréquenté cinémathèque et ciné-clubs, réalisateurs et producteurs.

Et pour Truffaut ? Elle participe évidemment à l’aventure du Hitchbook – la bible du cinéphile par excellence – elle assiste au tournage de Fahrenheit 451, elle relit des scénarios, est parmi les premiers spectateurs des films, conseille et encourage, et apparaît même dans Domicile conjugal, dans une scène aux côtés de Jean-Pierre Léaud :

Évidemment, j’oublie, je vais vite en besogne, je n’insiste pas sur des détails ô combien touchants de cette amitié, que Serge Toubiana prend, lui, le temps de nous raconter.

Les dernières pages, je l’ai dit, sont sans suspense (ni surprise). Elles me permettent cependant une nouvelle digression.

Promenade à Montmartre

Cette digression, je vais tâcher de ne pas la rendre trop macabre… et si jamais j’y échouais, je tâcherai de me rattraper dans la dernière partie de cet article.

Après avoir découvert le cinéma de Truffaut, je suis allée en prépa à Vanves, puis j’ai fait mes études à la Sorbonne. Jusqu’à ma deuxième année de master, j’ai principalement fréquenté le sud de Paris, le parc Montsouris, la porte d’Orléans et la station Corentin Celton.

Puis je me suis installée dans un petit studio rue Damrémont et pour aller à l’INSPÉ qui s’appelait encore l’IUFM, je descendais la rue Damrémont puis la rue Caulaincourt, qui surplombait le cimetière Montmartre, pour rejoindre le boulevard des Batignolles.

J’allais de temps en temps me promener dans le cimetière Montmartre, avec à l’entrée Lucien et Sacha Guitry, Michel Berger, Dalida et Fred Chichin, et je ne manquais pas de m’arrêter dans les allées de l’avenue Berlioz, où se trouve une grande tombe en marbre noir avec des lettres blanches, sur laquelle on trouve toujours des tickets de métro.

Mais à aucune de mes visites je n’avais imaginé qu’Helen, disparue trois ans après Truffaut, se trouvait à proximité, voisine discrète mais toujours fidèle.

Figures de l’ombre, passeurs de cinéma

Le livre de Serge Toubiana m’a fait souvenir de quelques-uns (et ici plutôt quelques-unes) de ces passeurs de cinéma, ces personnages que le spectateur ne soupçonne pas toujours, mais qui restent indispensables à une oeuvre et à sa transmission.

Je suis reconnaissante à l’auteur de L’Amie américaine d’avoir ainsi mis en lumière la silhouette d’Helen Scott, et je me suis alors imaginée combien il serait captivant que certains destins de ces figures de l’ombre se retrouvent éclairés.

Je me souviens de la scénariste Frances Marion, enfin sur le devant de la scène dans le Hollywood Boulevard de Melanie Benjamin.

Qui pourra écrire la biographie de Lotte H. Eisner, collaboratrice de Henri Langlois à la Cinémathèque française et spécialiste du cinéma de Murnau ou de Fritz Lang ?

Qui pourra écrire une biographie d’Edith Head, qui a réalisé notamment les costumes du Eve de Mankiewicz, de Vacances romaines, et, pour Hitchcock de Vertigo, Fenêtre sur cour ou La Main au collet, et a remporté pas moins de huit Oscars ? Qui, d’ailleurs, pour écrire un livre sur Alma Hitchcock ?

Qui, pour écrire un livre sur Suzanne Schiffman, l’assistante de Truffaut et l’une de ses plus proches collaboratrices ?

Qui, cette fois, pour écrire un livre sur Nina Companeez, réalisatrice des Dames de la côté et de L’Allée du roi ?

Il est vrai que certaines de ces personnalités, aussi discrètes qu’efficaces, préfèrent rester dans l’ombre… mais n’en sont pas moins de formidables passeurs de cinéma.

Je vous encourage à les découvrir, et vous dis à très bientôt, sur Cinephiledoc !

Quant à moi, je vais ranger L’Amie américaine en bonne place dans l’étagère de ma bibliothèque où se trouvent les livres de Truffaut ou ceux qui lui sont consacrés, livres qui commencent à constituer à eux-seuls un fonds à part entière (j’en ai dénombré 32 jusqu’ici) parmi tous mes ouvrages sur le cinéma…

Hors-série 1 : dix lectures cinéma indispensables

Cet été j’ai décidé de vous proposer deux hors-série relativement simples, et qui n’exigent pas de moi, comme l’an dernier, une énorme pile de lectures.

L’an dernier je vous avais proposé un hors-série sur Daphné du Maurier et un hors-série sur Agatha Christie. À cette occasion, j’avais lu biographies et autobiographies, romans de ces deux auteures, et j’avais vu des films adaptés de leurs oeuvres et des documentaires qui leur étaient consacrés.

Cette année, j’ai profité du confinement pour réfléchir à ces deux hors-série, et j’ai donc commencé à les rédiger au mois d’avril – je me rends ainsi compte que je n’ai jamais été aussi en avance sur ce blog, car, exception faite des articles de profdoc, mes articles cinéphiles sont prêts parfois jusqu’à six mois à l’avance.

Deux hors-série palmarès

Donc pour cet été, deux hors-série qui vont être de tout repos, tant dans leur conception que dans le stock de livres qu’ils exigeront.

Pour ce premier article de juillet, je vous propose la liste de mes 10 indispensables en lectures sur le cinéma.

J’ai l’habitude de vous proposer à chaque fin d’année un palmarès de lectures de l’année passée, j’élargis aujourd’hui le concept et cède moi aussi aux « 10 livres [cinéma] à emporter sur une île déserte », déjà parce que j’aime les listes (sinon je ne serais pas abonnée à la chaîne Blow Up Arte et je ne ferais pas non plus un bullet journal) et ensuite parce que j’aime les palmarès, même si en fonction des époques ils peuvent être des plus changeants.

Voici donc le palmarès de mes lectures sur le cinéma, presque depuis que je suis cinéphile et presque aussi depuis que je tiens Cinephiledoc.

1/ Le classique

Pour moi le classique des classiques en terme de lecture sur le cinéma reste l’ouvrage Hitchcock/Truffaut, familièrement appelé le Hitchbook.

Publié pour la première fois en 1966 aux éditions Robert Laffont, il restitue l’entretien entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, sur une idée originelle de ce dernier : décortiquer l’oeuvre d’Hitchcock en abordant pour chaque film sa naissance, l’écriture de son scénario, les circonstances du tournage et le regard qu’Hitchcock porte sur chaque film.

Pourquoi c’est un classique du livre de cinéma ? Parce qu’il confronte deux réalisateurs qui parlent de leur art, parce qu’il est abondamment illustré, et parce qu’il a lui-même suscité un certain nombre d’analyses, de livres et de films.

2/ L’autobiographie

S’il ne fallait retenir qu’une autobiographie de cinéma, étant donné le côté périlleux et narcissique de l’exercice, il faudrait délaisser les souvenirs de stars, les mémoires dont on ignore si la personne l’a rédigé elle-même ou s’est fait aider, et les textes inachevés retrouvés juste après un décès au fin fond d’un grenier.

L’autobiographie de cinéma par excellence, c’est celle de Charlie Chaplin : Histoire de ma vie.

Elle a été publiée pour la première fois en 1964, et elle revient donc de son vivant (Chaplin est né en 1889 et mort en 1977) sur la plus grande partie de la vie de Chaplin.

Pourquoi c’est un incontournable ? Parce qu’elle se lit comme un roman (au départ un roman de Dickens), depuis la naissance et l’enfance de Chaplin dans la misère londonienne, sa vie d’enfant artiste, sa découverte du cinéma, les studios hollywoodiens, ses voyages, jusqu’à sa gloire et son immense popularité qui ne se sont jamais démenties depuis.

M’étant attardée sur les deux premiers indispensables, je vais aller un peu plus rapidement pour les suivants.

3/ La biographie

Pour les mêmes raisons que l’autobiographie de Chaplin, je retiens comme biographie le François Truffaut de Serge Toubiana et Antoine de Baecque, une biographie de référence, publiée pour la première fois chez Gallimard en novembre 1996.

L’ouvrage a été revu en 2001, l’édition de poche est disponible chez Folio : c’est un livre de près de 900 pages qui a été rédigé à partir des multiples témoignages de ses proches et de ses amis et de ses archives personnelles, qui étaient foisonnantes, puisqu’elles regroupaient notamment ses textes critiques, ses scénarios et sa correspondance, entre autres.

Je lui adjoindrais Le Petit voisin de Jérôme Tonnerre, pour un regard extérieur et une touche romanesque.

4/ Le roman

Et puisque nous parlons de romanesque, venons-en au roman. J’ai beaucoup hésité avec Le Figurant de Didier Blonde, mais j’ai voulu m’écarter quelque peu de l’univers truffaldien. J’aurais aussi pu choisir le Livre des illusions de Paul Auster, dont j’ai déjà abondamment parlé sur ce site, et qui a été publié en 2003, mais je cherchais quelque chose de plus récent.

Je replace donc ici LE roman étourdissant et presque inégalé sur le cinéma : Londres après minuit, d’Augusto Cruz : c’est une enquête policière doublée d’un road movie captivant à la poursuite d’un film muet disparu. Un chef d’oeuvre !

5/ Le dictionnaire

Là encore, il y a foison, c’est un genre que les auteurs apprécient : il y a le Dictionnaire Truffaut, d’Arnaud Guigue et Antoine de Baecque, il y a le Dictionnaire Spielberg de Clément Safra paru chez Vendémiaire.

Et puis il y a le Dictionnaire Hitchcock de Laurent Bourdon, préfacé par Claude Chabrol (s’il vous plaît) publié chez Larousse en 2007.

Alors oui, ça parle encore d’Hitchcock (et je n’ai pas fini) mais ça parle d’Hitchcock avec une érudition étourdissante, et qui s’attarde sur le moindre détail, un peu à la Blow Up. Si l’on reprend le résumé :

TOUT sur Hitchcock, ses films (et téléfilms), ses acteurs et actrices, ses collaborateurs et collaboratrices, son père, sa mère, sa femme, sa fille, ses chiens, ses lubies, ses secrets, ses trucs de tournage…
Un dictionnaire exhaustif (4 millions de signes), comptant plus 1 500 entrées.

Plus de 1000 biographies consacrées aux hommes et femmes ayant travaillé avec le maître.

– De Ronald Adam (un aristocrate dans Les Amants du capricorne) à Peter von Zerneck (un pronazi dans Les Enchaînés), tous les comédiens et comédiennes dirigés par Hitchcock de son premier film (The Pleasure garden) à son dernier (Complot de famille).
– Les auteurs, adaptateurs, scénaristes ayant travaillé avec Hitchcock, ainsi que les directeurs de la photographie, les monteurs, les musiciens…
Chaque article est accompagné d’une présentation exhaustive de cette collaboration.

De nombreux thèmes sont traités (voyeurisme, culpabilité, homosexualité) et des personnages types (couples mariés, alcooliques, handicapés, logeuses…) des pays ou des monuments. Et également des objets « fétiches » (menottes, cabines téléphoniques, trains, etc…), des entrées variées

Chacun des 57 longs métrages d’Hitchcock est l’objet d’un développement in extenso, sur de nombreuses pages, par l’auteur.

6/ Un film

Pour un ouvrage consacré à un film précis, je remonte le temps et je prends l’un de mes tous premiers coups de coeur de lectrice cinéphile.

Il s’agit de 5e avenue, 5 heures du matin, un ouvrage consacré au tournage de Diamants sur canapé, écrit par Sam Wasson et publié chez Sonatine en 2012.

C’est une chronique du tournage, avec anecdotes, secrets et photos, et qui se laisse apprécier bien plus qu’Audrey Hepburn n’appréciait le croissant qu’elle devait manger dans la fameuse scène d’ouverture…

7/ Un réalisateur

Là encore, je vais essayer de sortir de mon panthéon habituel Truffaut – Hitchcock – Chaplin. Je sélectionne donc l’ouvrage déjà mentionné (et pas plus tard que le mois dernier) : Les archives Stanley Kubrick aux éditions Taschen.

Un ouvrage exhaustif et superbement illustré, qui met à la portée du cinéphile le plus modeste « une grande partie des images les plus mémorables extraites des films de Kubrick, des interviews éloquentes et de nombreux documents issus de ses archives personnelles tels que des éléments de conception de décor, des scénarios, des notes, des lettres et des plans de tournage ».

8/ L’archéologue

Là encore, pas de surprise, je cite à nouveau mon Simon Braund fétiche et son magnifique ouvrage : Les plus grands films que vous ne verrez jamais, publié en 2013 aux éditions Dunod

Simple, beau, efficace, et éclairant de manière émouvante les oeuvres qui n’ont pas pu voir le jour.

9/ Le culinaire

J’ai quelque peu hésité pour ces deux dernières rubriques : le culinaire et le vagabond.

Parce qu’à nouveau, j’aurais pu choisir de mettre à l’honneur Hitchcock avec l’ouvrage La Sauce était presque parfaite, ou Chaplin, avec À table avec Charlie Chaplin, qui m’a rappelé l’excellent site de Claire Dixhaut, Cinémiam.

Je choisis les ouvrages du Gastronogeek, que j’ai eu encore récemment l’occasion de feuilleter, et qui permettent de voyager, avec les papilles, dans un univers cinématographique des plus étendus, allant des dessins animés des années 80 aux banquets d’Astérix.

10/ Le vagabond

Je termine enfin ce palmarès par les livres qui nous font voyager au cinéma. Il y en a à foison : ceux qui se consacrent au cinéma étranger (cinéma japonais, cinéma italien, cinéma espagnol, cinéma américain), ceux qui s’attardent sur une ville (New York ou Paris) et qui me rappellent les virées cinéphiles du Fossoyeur…

Et puis il y a la série des ouvrages de Philippe Lombard publiés chez Parigramme, avec notamment Le Paris de François Truffaut (mais j’avais dit que je quittais mon panthéon) et Paris en 100 films de légende.

C’est donc avec ces promenades cinéphiles que je vous quitte, vous souhaitant un bel été et vous disant à bientôt sur Cinephiledoc !

Hors-série 1 : Daphné, Branwell, Rebecca et Alfred

Comme chaque été, je vous retrouve pour deux hors-série qui ne traitent pas, comme le reste de l’année, de publications plus ou moins récentes, mais de thématiques qui me tiennent à coeur.

https://www.arte.tv/fr/videos/074245-000-A/daphne-du-maurier/

L’été approchant, j’ai hésité entre plusieurs thématiques, dont l’une que vous retrouverez certainement pour l’article de septembre.

Brièvement, j’ai pensé vous concocter un best-of de l’ensemble de mes lectures cinéphiles depuis que je tiens ce blog.

J’ai également pensé à un autre best-of qui aurait repris l’ensemble des séries et des films qui composent ma liste sur Netflix. Puis une autre idée m’est venue et je garde ces best-of certainement pour l’an prochain !

De Daphné à Agatha, détours et évidences

Cette idée, elle s’est imposée lorsque j’ai regardé sur Arte un fabuleux documentaire sur Daphné du Maurier.

Alors qui était Daphné du Maurier, j’y reviendrai dans un instant, mais déjà, quelques mots de la façon dont l’idée a émergé et de ce fameux documentaire.

C’était en avril dernier, et j’avais envie de regarder quelque chose de court et d’instructif, ce qui me conduit généralement à faire un saut dans les replay de la chaîne Arte. Du coup, je tombe sur ce documentaire, qui m’accapare complètement (j’en ai glissé le lien en introduction, ce n’est pas très esthétique mais le code d’intégration proposé était des plus capricieux…).

De là me viennent plusieurs pensées. Je me dis que je n’ai jamais parlé de Daphné du Maurier sur mon blog, je me souviens qu’elle a été parmi quelques-unes de mes belles découvertes de lectures quand j’étais ado, je me dis que si j’en parle, ce sera aussi l’occasion de parler d’Hitchcock, je me dis qu’il faut vraiment que je retourne en Cornouailles (je vais d’ailleurs ponctuer cet article de quelques photos), je me dis que j’en profiterais bien pour écrire quelque chose sur Agatha Christie…

Et voilà, j’ai mes deux hors-série de l’été : sur les deux romancières anglaises du vingtième siècle les plus respectées : Daphné du Maurier et Agatha Christie.

Comme le titre vous l’indique, je vais commencer par la première, puisqu’à l’heure où j’écris ces lignes, je suis encore plongée dans mes lectures pour préparer l’article sur la seconde.

Daphné en lectures

Je l’ai mentionné plus haut, Daphné du Maurier a très tôt fait partie de mon univers de lectrice, elle a certainement été parmi les auteures que j’ai lu avant Jane Austen, avant les soeurs Brontë, peut-être pas avant Agatha Christie (que j’ai dû lire à peu près en même temps), en tout cas j’ai lu Daphné du Maurier bien avant de lire Jane Eyre et Wuthering Heights.

J’ai évidemment commencé par Rebecca. Lorsqu’on lit Daphné du Maurier, commence-t-on réellement par autre chose que Rebecca ? Avais-je vu le film d’Hitchcock avant ou après, je ne sais plus. Toujours est-il que, comme beaucoup, j’ai été happée dès la première phrase :

J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley.

Rebecca. Manderley.

Rien que ces deux mots donne une idée de la façon dont on peut rêver sur les lieux avec Daphné du Maurier.

J’ai donc lu Rebecca. En français. Et il m’a fallu d’autres livres. Fort heureusement, la bibliothèque familiale comprenait quelques Daphné du Maurier.

Je me souviens donc très bien du recueil de nouvelles Pas après minuit, en particulier celle sur les touristes anglais à Jérusalem et celle sur le couple américain en vacances à Venise, qui était vraiment terrifiante. Je ne me souviens pas des titres exacts, mais je me souviens de la couverture, et de l’éditeur, Albin Michel.

Puis j’ai lu Mad. Sans le savoir, c’était le premier (ou l’un des premiers) livre de science-fiction que je lisais. Et je l’ai trouvé d’une drôlerie et d’un sens de la narration extraordinaires. Plus tard j’ai appris que c’était l’un des Daphné du Maurier les moins appréciés.

Ensuite, je me suis plongée dans La Maison sur le rivage, qui était vraiment beau et inquiétant, et c’est le dernier texte de fiction que j’ai lu de Daphné. J’avais certes trouvé un recueil qui rassemblait Rebecca, Ma Cousine Rachel, L’Aventure vient de la mer et L’Auberge de la Jamaïque, mais je n’ai pas pris le temps de m’y plonger.

Quelques années ont passé, j’ai enfin lu Wuthering Heights et Jane Eyre, j’y ai reconnu certaines des influences de Daphné du Maurier, et c’est grâce à cet intérêt pour les soeurs Brontë que j’ai redécouvert Daphné.

Car, non contente d’être une narratrice hors pair, Daphné du Maurier a écrit, selon moi, l’une des plus belles biographies que j’ai jamais lues : celle de Branwell Brontë. Et c’est en commandant cette biographie, en découvrant son nom en dessous du titre, que j’ai repris contact avec son univers.

Quatrième de couverture :

Branwell est l’enfant maudit de la famille Brontë. L’unique frère de Charlotte, Emily et Anne était pourtant promis à un brillant avenir. C’est lui qui construisit le monde imaginaire de la fratrie, inventa les jeux qui nourriraient l’imagination de ses sœurs, lui qui les inviterait à la création, à l’écriture. Mais l’enfant prodige devint peu à peu un poète déchu s’aidant d’alcool et d’opium pour surmonter la folie, tandis que ses trois sœurs accédaient à la renommée.

Branwell, c’est donc la silhouette que l’on aperçoit, presque complètement effacée, sur le portrait de Charlotte, Emily et Anne. C’est le peintre qui s’est de lui-même retiré du tableau.

C’est ce personnage mystérieux et pathétique que Daphné du Maurier nous raconte dans cette magnifique biographie. Je me suis longtemps demandée si André Téchiné s’en était servi pour son très beau film sur Les Soeurs Brontë, et comme je n’ai pas la réponse, j’en arrive à me convaincre que oui.

C’est par cette biographie que j’en suis revenue à Daphné du Maurier, et que j’ai relu, en anglais cette fois, Rebecca. 

Et je dois dire que lorsqu’on la lit en anglais, cette première phrase, et tout le reste, vous saisit encore davantage.

Daphné et Alfred

Si je connais bien Daphné, ou plutôt si jusque-là je croyais bien la connaître, c’est grâce à Hitchcock.

Très tôt, Rebecca a fait partie de mes films préférés d’Hitchcock, avec L’Ombre d’un doute, La Mort aux trousses et Fenêtre sur cour.

Ce n’était pas la narratrice que j’appréciais, ce n’était pas plus Max de Winter, c’était Mrs Danvers et Manderley. Et c’est le tour de force d’Hitchcock d’avoir réussi à rendre le lieu aussi palpable, inquiétant et humain que dans le livre.

Mrs Danvers, c’était la fabuleuse Judith Anderson, qui joue d’ailleurs l’un des personnages de l’adaptation des Dix petits nègres d’Agatha Christie, j’y reviendrai dans mon prochain article. Et puis il y a George Sanders, qui joue Favell, le cousin de Rebecca, une canaille inoubliable.

Pour écrire cet article, j’ai repris mon Hitchbook, et il y avait un échange entre Truffaut et Hitchcock dont je me souvenais tout particulièrement :

FT : (…) vous dites que c’est un film qui manque d’humour mais, quand on vous connaît bien, on a l’impression que vous avez dû beaucoup vous amuser en écrivant le scénario, car finalement c’est l’histoire d’une fille qui accumule les gaffes.

En revoyant le film l’autre jour, je vous imaginais avec votre scénariste : « Voilà la scène du repas, est-ce que l’on va lui faire tomber sa fourchette par terre ou bien est-ce qu’elle va renverser son verre ou plutôt casser une assiette ? »

Je laisse, grâce à la magie de YouTube, la parole aux deux principaux intéressés :

Ce petit voyage à travers Rebecca m’a permis de mesurer ma connaissance (ou ma méconnaissance) de Daphné du Maurier et d’Hitchcock sous la forme d’un match :

Rebecca : Daphné du Maurier 1 – Hitchcock 1

L’Auberge de la Jamaïque : Daphné du Maurier 0 – Hitchcock 0

Les Oiseaux : Daphné du Maurier 0 – Hitchcock 1

C’est aussi grâce aux Oiseaux et à Soupçons, un autre film de Hitchcock (ou plutôt à cause d’eux) que je me suis fait une image de Daphné du Maurier bien éloignée de la réalité.

Dans Soupçons, un beau personnage de femme auteure de roman policier qui met en garde l’héroïne, Joan Fontaine, contre son mari, Cary Grant.

Dans les Oiseaux, vous avez le personnage de la vieille dame ornithologue.  Allez savoir pourquoi, j’ai longtemps pensé que Daphné du Maurier devait ressembler trait pour trait à ces deux personnages.

Jusqu’à ce fameux documentaire Arte…

De Daphné à Daphné

La première fois que j’ai lu Rebecca, je ne me suis absolument pas intéressée à son auteure, et je ne lui ai pas plus prêté attention lorsque j’ai lu ses autres livres.

Elle ne figurait pas sur la quatrième de couverture, elle me racontait des histoires captivantes mais je n’ai pas songé à m’informer davantage sur elle.

Aussi lorsque j’ai vu ce documentaire, j’ai compris à quel point j’étais loin de la réalité. Il m’a révélé une personnalité belle, forte, attachante, entière, et ce premier aperçu m’a été confirmée par la superbe biographie de Tatiana de Rosnay, Manderley for ever.

Je l’ai décrite comme si je la filmais, caméra à l’épaule, afin que mes lecteurs comprennent d’emblée qui elle était. J’ai décrypté ses livres, sa voix, son regard, sa façon de marcher, son rire. J’ai écouté ses enfants, ses petits-enfants. Autour des maisons qu’elle aimait avec passion, j’ai dressé le portrait d’une écrivaine atypique et envoûtante, méprisée des critiques parce qu’elle vendait des millions de livres. Son univers macabre et fascinant a engendré une œuvre complexe, étonnamment noire, à l’opposé de l’étiquette « eau de rose » qui lui fut si injustement attribuée.
Ce livre se lit comme un roman, mais je n’ai rien inventé. Tout y est vrai.
C’est le roman d’une vie.

On y découvre une Daphné du Maurier tiraillée entre le masculin et le féminin, entre ses passions « vénitiennes » (le code qu’elle utilise pour lesbiennes, bien qu’il s’agisse souvent d’une simple attirance ou admiration pour certaines des femmes qu’elle a pu côtoyer) et sa vie d’épouse, un être épris de promenades, de solitude et d’écriture, et que la critique n’a pas ménagé, ne lui pardonnant pas ses succès publiques.

Elle y est fascinée par l’histoire, par les personnages qui l’entourent, par les lieux qu’elle visite ou dans lesquels elle vit, et elle rêve si bien « vrai » que tout cela se retrouve à merveille dans tout ce qu’elle écrit.

Sur les traces de Daphné du Maurier, on suit Tatiana de Rosnay depuis Londres jusqu’à Kilmarth, en passant par Paris, Fowey et Menabilly.

On y côtoie l’univers du théâtre londonien du début du 20e siècle, on se promène dans Londres à la même époque, on y découvre la vie d’une jeune femme dans ces années-là, ses rêves, ses tiraillements, ses ambitions et ses passions.

Et c’est caméra à l’épaule, comme le souhaitait l’auteure de cette biographie, qu’on l’observe marchant dans l’herbe haute de Menabilly et au milieu des meubles encore recouverts de housses, ou mettant toute son énergie à faire vivre des personnages qui ne sont pas éloignés de ce qu’elle était.

Évidemment, je ne peux que vous recommander ce livre, ainsi que toutes les lectures que j’ai mentionnées auparavant.

Itinéraires littéraires, cinéphiles et gourmands

Comme ce sont les vacances, et même si mes pas vont me conduire dans d’autres endroits que ceux fréquentés par Daphné et Alfred, voici pour finir cet article quelques escales en images et en textes.

Ceux qui ont souri à l’évocation des soeurs Brontë pourront aller flâner sur le site du musée d’Haworth, en attendant d’y faire un tour en vrai :

Ceux qui voudraient voir les lieux qui ont inspiré Rebecca, devront se contenter, comme Tatiana de Rosnay, d’une vue aérienne, ou du portail d’entrée, Menabilly restant une propriété privée inaccessible aux curieux :

Ceux qui voudront aller plus loin que la Cornouaille suivront Hitchcock jusqu’à Bodega Bay, mais faites attention aux oiseaux…

Pour ceux qui préfèreraient tout simplement savourer leurs vacances avec un bon repas accompagnant ces lectures, restons tout de même avec Hitchcock, et si vous dégotez le livre génial La Sauce était presque parfaite, arrêtez vous aux recettes suivantes :

  • Perdrix sauce ivoire de Rebecca,
  • Cornish bread Manderley
  • Poulet Dixie pommes au four Bodega Bay des Oiseaux
  • Tourte au poulet
  • Saumon grillé maître d’hôtel de Rebecca

Le tout bien-sûr servi avec un cocktail.

Bonnes escapades et bel été à tous !

Page 1 sur 5

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén