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Catégorie : L’usine à rêves (Page 1 sur 35)

Un tour du monde qui rime

Pour ce dernier compte-rendu de lecture avant ma traditionnelle pause estivale – avec deux hors-série qui, cette fois-ci, seront un peu moins ambitieux que d’habitude – j’ai décidé de vous proposer un article qui, dans sa construction et dans son esprit, fonctionnera en parallèle du compte-rendu de septembre.

Écriture des articles cinéphiles

Commençons par un petit constat, avant de vous en dire plus : il y a un peu plus d’un an, alors que nous entrions en période de confinement, j’ai profité des vacances d’avril, puis de l’été, et enfin de la fin du mois d’octobre, pour prendre une certaine avance sur la rédaction de mes comptes-rendus de lecture.

Ainsi, à l’été 2020, j’avais déjà réussi à écrire tous mes articles cinéphiles prévus pour 2020, puis à l’automne, j’avais déjà bien avancé l’écriture des comptes-rendus allant de janvier à avril. En janvier 2021, j’ai réussi à prendre un petit peu de temps pour écrire l’article précédent, l’épisode 2 consacré aux BD et au cinéma.

Arrivée au mois d’avril, il me restait donc cet article à rédiger, et je voulais également avancer sur les hors-série estivaux.

Pourquoi une telle avance ? Parce que la lecture des ouvrages que je mentionne dans ces articles, et la rédaction de ces derniers me prennent généralement plus de temps que l’écriture des articles #profdoc. Je profite donc à chaque fois de mes moments de liberté pour avancer le plus possible.

C’est cependant en avril de l’an dernier que j’ai eu l’idée de cet article, qui aurait pu paraître successivement en mai, en novembre, puis en avril 2021, voire en octobre…

Une lecture et une écriture à reBONDissements

Vous l’avez compris à la lecture de ce titre, cet article portera en grande partie sur la saga James Bond, même si pour des raisons évidentes (et d’autres plus personnelles sur lesquelles je reviendrai plus bas) je n’aurai, au moment de publier ce compte-rendu, toujours pas vu No time to die…

  • 16 février 2019 : une première date de sortie du film est annoncée pour le 8 avril 2020
  • 4 mars 2019 : la UK’s Film Distributors Association annonce que le film sortira au Royaume-Uni le 

Bon, un an à patienter, je suis convaincue qu’en 2019, je ne comptais pas les jours comme l’auraient fait certains fans en me disant : dans un an, sortie du prochain James Bond.

Mais j’avais tout de même suivi certains débats, et je me désespérais déjà du retour de Léa Seydoux en James Bond girl, preuve que je n’étais pas non plus totalement indifférente…

  •  : suite à la pandémie de Covid-19 et devant les craintes d’un mauvais démarrage, les sociétés de production annoncent repousser la sortie au  au Royaume-Uni, et au  pour les États-Unis

Là, évidemment, les échéances approchant, l’annonce avait fait partie des mauvaises nouvelles de la période, d’autant qu’en parallèle de la sortie du film devait être publié l’ouvrage qui fait l’objet de cet article.

Donc je prends mon mal en patience (comme tout le monde) et je repousse cette idée d’écriture à plus tard…

  • la sortie est cette fois repoussée au  en France. Pour ajouter à la poisse accumulée par l’univers James Bond, Sean Connery décide de nous quitter le 31 octobre.

Et là, pour le coup, l’ouvrage qui m’intéresse paraît finalement. Un bref instant fin octobre je pense à bousculer mon calendrier et à sortir un article James Bond / Sean Connery en novembre 2020, puis je me résous à attendre le printemps 2021…

  • suite à la prolongation de la crise sanitaire et aux fermetures prolongées des cinémas, le film est de nouveau reporté au  aux États-Unis et le  en France

Cette fois-ci, tant pis, je décide de garder mon article pour le mois de juin, en me disant qu’à défaut d’avoir vu le dernier James Bond, je pourrai tout de même :

  1. parler de Sean Connery
  2. parler de James Bond
  3. proposer des escapades dans différents endroits du monde…

Enfin en avril 2021 me vient cette idée d’une construction similaire pour l’article de juin et l’article de septembre : un acteur / un univers cinématographique / une escapade ici ou ailleurs.

Pourra-t-on voir le dernier James Bond en octobre prochain ? Je l’ignore mais je croise les doigts, pas tant parce que je suis une inconditionnelle de la saga, que parce que cela voudra dire que les cinémas auront enfin rouvert et que peut-être (je dis bien peut-être) cette période si particulière sera enfin derrière nous !

Un hommage avec retard…

La disparition de Sean Connery aura été l’un des événements (hors Covid, confinement, couvre-feu et autres joyeusetés) qui m’aura le plus marquée fin 2020 – comme m’avait marquée celle de Juliette Gréco, peu de temps avant, et comme a pu le faire celle du prince Philip en avril dernier.

Juliette Gréco, à cause du prénom et d’une rencontre dans sa loge quand j’avais 14 ans (il me semble), et même si j’ai progressivement remplacé son répertoire par celui de Nina Simone ou de Lady Gaga, celui-ci me reste néanmoins en tête.

Le prince Philip, parce que ma fascination pour l’histoire britannique n’est plus un secret pour personne.

Et Sean Connery, parce que depuis Highlander, j’étais persuadée qu’il était immortel… non, plus sérieusement : il faisait à mes yeux partie de ces figures cinématographiques tutélaires qui ne peuvent pas disparaître.

Je l’ai certes apprécié dans James Bond, j’aurai l’occasion d’y revenir, et si je suis loin d’avoir fait le tour de toute sa filmographie, voici les quelques films qui sont pour moi inoubliables :

  • 1964 : Marnie, d’Alfred Hitchcock. Alors oui, certainement pas le meilleur Hitchcock ni le meilleur rôle de Sean Connery, mais c’est le seul film hors saga James Bond que j’ai vu de cette période de sa carrière (avec Le Jour le plus long, mais il n’y fait qu’une apparition parmi un casting qui fait tourner la tête)
  • 1974 : Le Crime de l’Orient-Express, de Sidney Lumet. Là encore casting prestigieux, et je l’adore en colonel Arbuthnot, même si ma préférence va à Lauren Bacall en Mrs Hubbard. Je n’ai pas vu l’incroyable Zardoz, ni La Rose et la flêche, ni L’Homme qui voulait être roi, ce qui manque cruellement, je l’avoue, à ma culture cinéphile.
  • 1986 : Le Nom de la rose, l’un de mes films préférés. Rien à dire de plus, je l’adore ! Même période, 1989, Indiana Jones et la dernière croisade, avec cette réplique mémorable : « I suddenly remembered my Charlemagne : « Let my armies be the rocks, and the trees, and the birds in the sky.« 
  • 1990 : À la poursuite d’Octobre rouge, découvert tardivement, mais que je pourrais voir et revoir indéfiniment !
  • 2001 : À la rencontre de Forrester, son dernier grand rôle, et paradoxalement l’un des premiers rôles, hors saga James Bond dans lesquels je l’ai découvert, j’avais 15 ans à la sortie du film et celui-ci est resté l’un de mes films cultes.

Revenons-en à James Bond

Désamorçons tout de suite les bombes Bond avant qu’elles n’explosent : oui, les premiers épisodes de la saga sont misogynes, comme l’est le personnage, oui les femmes sont considérées comme des objets, oui c’est un alcoolique et un obsédé sexuel, oui à quand un James Bond noir ou un James Bond femme…

Et pourtant, j’aime cette saga. Alors certes, je n’ai pas tout vu, j’ai principalement vu la période Sean Connery puis Pierce Brosnan et Daniel Craig (donc il me manque un intérim et deux incarnations si l’on compte bien), mais globalement, voici les trois que je retiens :

  • Goldfinger : parce que Sean Connery, mais aussi parce que Honor Blackman en James Bond girl, que j’ai toujours adorée. Pour la chanson de Shirley Bassey et pour l’intrigue aussi.
  • Période Pierce Brosnan, j’hésite, mais je reste sur Goldeneye parce qu’il y a Sean Bean en traître et j’aime Sean Bean
  • Enfin, aucune hésitation pour la période Daniel Craig, c’est Skyfall : déjà la chanson d’Adèle, pour l’intrigue passionnante, pour Javier Bardem, pour la dernière apparition de Judi Dench en M, pour la première apparition de Ralph Fiennes en M, pour l’Écosse, bref c’est l’un de mes derniers James Bond préféré…

Je passe sur Spectre, qui, hormis sa fabuleuse scène d’ouverture pendant le jour des morts à Mexico, m’a incroyablement déçue pour deux raisons : d’abord pour avoir complètement sous-employé Christoph Waltz en méchant, et ensuite, vous l’aurez compris, pour Léa Seydoux, ce qui fait que je n’attends pas vraiment No time to die avec autant d’impatience qu’on le pourrait…

Il y avait néanmoins quelque chose que j’attendais avec impatience en 2020, c’était la sortie du livre dont je vais parler maintenant.

Tour du monde avec James Bond

Il s’agit donc d’un ouvrage dont la publication était initialement prévue pour avril 2020. J’avais vu passer l’information sur Twitter, et j’avais ajouté le livre dans ma liste de lectures.

Sa sortie retardée ne m’a, pour le coup, que donner plus envie de l’avoir entre les mains. Enfin, dès sa publication le 7 octobre 2020, je l’ai commandé.

Il s’agit, comme vous pouvez le voir ci-dessus, de Bons baisers du monde, de Guillaume Evin et Laurent Perriot, aux éditions Dunod.

Tant pour la publication de l’ouvrage que pour le livre en lui-même, il s’agit, de mon point de vue, d’un coup de maître de la part des auteurs et de l’éditeur.

D’abord, parce qu’en dépit de la sortie maintes fois retardée du dernier film, ils ont créé un compte Twitter et un compte Instagram qui n’a cessé de donner envie de s’évader et de découvrir les lieux de tournage de James Bond – et dans une période de confinement où les voyages n’étaient pas vraiment à l’ordre du jour, il fallait le faire :

Ensuite, parce qu’une fois cet atlas si particulier entre les mains, il est effectivement difficile de le lâcher.

On y retrouve un chapitre pour chaque film, avec une fiche technique, un aperçu du contexte du film et du tournage et l’itinéraire détaillé des personnages durant le film. On s’amuse donc à découvrir ou redécouvrir les lieux en question et à s’évader en suivant leurs traces.

Exemples avec Goldfinger :

Personnellement j’ai adoré suivre l’itinéraire de Sean Connery, Pierce Brosnan et Daniel Craig, sur les cartes proposées dans chaque chapitre, et cette escapade aux quatre coins du monde m’a vraiment dépaysée…

… comme j’espère qu’elle vous dépaysera et vous permettra de profiter pleinement de l’été à venir, pour des voyages qui iront au-delà des salles obscures !

Je vous souhaite un très bel été et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

BD et cinéma (épisode 2)

Pourquoi « épisode 2 » ? J’avais déjà consacré il y a un petit moment un article à une bande-dessinée qui évoquait le cinéma : La Parole du muet.

En effet, les rencontres entre septième et neuvième arts, si elles restent relativement rares, n’en demeurent pas moins fascinantes. Et encore, relativement rares… seulement d’un côté : disons que chacun de ces deux arts a tendance à observer l’autre.

Bandes-dessinées et story-boards

La bande-dessinée emprunte au cinéma l’idée de scénario et de mouvements, ce dynamisme et cette énergie qui font passer d’une case à l’autre sans que le lecteur s’en rende compte.

Le cinéma emprunte à la bande-dessinée le story-board, qui permet de planifier l’ensemble des plans qui constitueront le film.

Je renvoie les intéressés à l’exposition en ligne de la Cinémathèque française consacrée au story-board.

Storyboard de Psychose, la scène de la douche, réalisé par Saul Bass, également auteur du générique

Voici en outre quelques petites pépites glanées dans mes recherches :

Si j’avais déjà évoqué BD et cinéma, il ne me semble pas avoir déjà parlé de storyboard, mais ce n’est cependant pas le sujet de cet article…

Reprenons : les BD empruntent au cinéma le mouvement, le cinéma emprunte à la bande-dessinée le découpage.

En revanche, si l’on retrouve un certain nombre d’adaptations (plus ou moins heureuses) de bandes-dessinées au cinéma, le cinéma est, à ma connaissance, encore relativement peu abordé dans la bande-dessinée.

Hormis les références proposées par le génial Gotlib dans ses Dingodossiers et autres albums, la première fois que j’ai pu lire un scénario de bande-dessinée consacrée au septième art, c’était avec cette fameuse Parole du muet que j’évoquais plus haut.

La collection 9 ½ de Glénat

Et puis j’ai vu apparaître cette collection chez Glénat : la collection 9 ½.

Sur le site de l’éditeur, elle est décrite comme suit :

Collection de romans graphiques consacrée aux grandes figures du cinéma : réalisateurs et acteurs. Co-dirigée par Noël Simsolo, éminent spécialiste du cinéma et auteur d’ouvrages de référence sur le sujet, cette collection offre à la fois un panorama large de l’histoire du cinéma aux lecteurs et une totale liberté de création aux auteurs qui y participent, puisque la pagination et le traitement graphique des ouvrages sont libres.

Les deux premiers ouvrages publiés n’ont pas vraiment retenu mon attention : il s’agissait d’albums sur Sergio Leone puis sur Lino Ventura.

Le troisième, consacré à Hitchcock, m’a presque tentée. Je me souviens l’avoir feuilleté, hésitant à l’acheter. J’avoue que c’est le style du dessin qui m’a freinée.

Quand je lis une bande-dessinée, hormis les « madeleines » de l’enfance que sont les classiques franco-belges (Astérix, Tintin, Lucky-Luke, Gaston Lagaffe, Blake et Mortimer…), j’ai besoin d’être attirée par le travail du dessinateur.

Pour Hitchcock, si le choix du noir et blanc m’avait séduite, il n’y avait pas eu de déclic supplémentaire  qui m’aurait convaincue. Cependant, j’avais constaté qu’enfin, une collection de bandes-dessinées (ou de romans graphiques si vous préférez) se consacrait exclusivement au septième art, co-dirigée par Noël Simsolo.

Le nom me disait quelque chose, je décidais d’aller à la pêche aux informations :

Né en 1944, le curriculum-vitae du monsieur est assez impressionnant. Critique cinématographique, scénariste de bande-dessinée (justement), auteur d’essais. C’est là que je le retrouve, notamment auteur d’un ouvrage sur Clint Eastwood paru aux éditions des Cahiers du cinéma, et d’un Dictionnaire de la Nouvelle vague publié en 2013 chez Flammarion.

Metteur en scène de théâtre (et acteur), intervenant à la radio (et producteur), également auteur de romans (avec une prédilection pour le polar), acteur pour le cinéma et la télévision, réalisateur et scénariste, bref Noël Simsolo est une espèce de touche-à-tout hyperactif.

De quoi susciter mon intérêt.

Et voilà qu’en août 2020, visitant l’exposition Louis de Funès à la Cinémathèque française, je tombe à la librairie devant le dernier ouvrage publié dans la collection 9 ½ de Glénat.

François Truffaut : personnage de bande-dessinée ?

Après Sergio Leone, Lino Ventura et Hitchcock, c’est à François Truffaut que cette collection avait décidé de consacrer un album.

Je guette régulièrement les ouvrages – fictions ou documentaires – qui décident d’aborder la vie ou l’oeuvre de François Truffaut, le dernier d’entre eux ayant fait l’objet d’un article sur ce site était L’Amie américaine de Serge Toubiana, qui reste l’un de mes meilleurs souvenirs de lecture pour l’année 2020.

En tenant entre les mains l’album publié chez Glénat, en le tournant et le retournant, je n’ai pas pu m’empêcher d’être quelque peu réticente. Néanmoins, ma collectionnite aiguë a eu le dernier mot, et je suis ressortie de la Cinémathèque avec le François Truffaut, signé Simsolo pour le scénario et Marek pour le dessin et paru le 19 août 2020.

Un mot tout d’abord sur la couverture : elle est assez synthétique et a le mérite de faire apparaître trois éléments significatifs du cinéma de Truffaut : déjà Truffaut lui-même (au second plan), les jambes des femmes (au premier) et une Tour Eiffel en arrière-plan.

Le cinéphile averti reconnaîtra ces trois éléments et saluera le pouvoir évocateur de cette couverture. Et ensuite ?

Eh bien j’avoue n’avoir été convaincue ni par le dessin ni par le scénario.

Rendez-vous manqué

Laissons de côté le dessin, qui est une affaire beaucoup trop subjective : on accroche ou non à un style, à un trait, au travail d’un dessinateur. Je ne remets absolument pas en question la qualité du travail de Marek, simplement je n’ai pas eu de coup de coeur pour son dessin.

Concernant le scénario, qu’est-ce qui m’a interpellé ?

L’ouvrage s’ouvre sur la fameuse cérémonie des Césars du 31 janvier 1981, un triomphe pour Truffaut, qui avait tout raflé pour son film Le Dernier métro : dix Césars, record toujours inégalé :

Fin de la cérémonie, Truffaut prend un taxi et demande au chauffeur de l’amener à la Tour Eiffel. Puis, flash-back en 1941, pendant l’Occupation et l’enfance de Truffaut.

Au fil des pages, le scénario multiplie les allers-retours entre l’enfance et la jeunesse de Truffaut, et la suite de sa carrière.

Autant le dire : pour quelqu’un pour qui la filmographie de Truffaut et sa carrière, justement, n’ont pas de secret, et qui s’est intéressé de près à sa vie, c’est déjà compliqué de suivre ces allers-retours.

Qu’importe, on suit, on se concentre sur l’évocation des différents personnages qui ont croisé sa route, on parvient vaille que vaille à raccrocher tel événement à telle année. On ressort de la lecture de l’album avec une synthèse très rapide (trop rapide ?) de la vie et de l’oeuvre du cinéaste.

Mais le néophyte ? Celui pour qui cette bande-dessinée est la première confrontation au cinéma de Truffaut. Vous me direz, il doit être rare. L’amateur de bande-dessinée ne va peut-être pas spontanément choisir une BD consacrée à un réalisateur qu’il ne connaît pas sur le bout des doigts sans se documenter un minimum en amont.

C’est pourtant cette impression qui a prédominé après ma lecture. Je me suis demandé ce que conserverait de cette lecture quelqu’un qui n’aurait pas la même connaissance que moi de l’univers de Truffaut. Ma réponse était malheureusement : pas grand chose.

La BD conviendra aux aficionados de Truffaut, et encore. Si l’on avait voulu dépasser ce cercle, on aurait éventuellement accompagné la filmographie, présente en fin d’ouvrage, d’une petite chronologie explicative à laquelle le lecteur aurait pu se référer…

Ce n’est cependant que mon impression, je vous laisse sur le site de Glénat découvrir les premières pages, et si le coeur vous en dit, vous faire votre propre opinion.

Du coq à l’âne (ou presque)

Refermant cette bande-dessinée et essayant de me plonger dans autre chose, j’ai attrapé l’un des ouvrages qui se trouvait sur ma pile de lectures.

Ouvrage n’est pas tout à fait le terme exact. Il s’agissait d’un numéro de la revue Schnock qui m’avait été envoyé par les éditions La Tengo.

La Tengo fait partie de ces maisons d’éditions que j’essaye de surveiller lorsque je suis en panne d’inspiration pour mes articles cinéphiles, et qui publie à intervalles réguliers certaines œuvres de Philippe Lombard.

J’ai découvert La Tengo avec Ça tourne mal ! et c’est avec cette lecture que j’ai fait le rapprochement avec Schnock, que je croisais déjà fréquemment en librairie, assez amusée par les couvertures et toujours à deux doigts d’être tentée de prendre un abonnement.

Quel rapport avec la BD ? Il est assez éloigné, je l’avoue. Je profite juste de cette occasion pour toucher deux mots de cet OVNI.

Donc Schnock, c’est une revue de cinéma/chanson/télévision/bande-dessinée. Une espèce de pot pourri assez jouissif (et jouisseur) qui a pour slogan « La revue des vieux de 27 à 87 ans ».

Avant de recevoir ce numéro 33 qui est en grande partie consacré à Lino Ventura (mais pas que), j’avais vu passer en librairie le numéro sur Jean-Pierre Marielle, celui sur Gainsbourg, et celui sur Depardieu.

J’ai depuis farfouillé pour comprendre un peu plus ce drôle de phénomène, et je suis tombée sur un article des Inrocks :

Fondée en mai 2011, la revue éditée par les éditions La Tengo bénéficie d’un accueil favorable, et rassemble plus de 10 000 lecteurs par numéro, un joli score pour un nouvel arrivant dans une économie de l’édition touchée par la crise. Comme un pied de nez à notre société bienséante, après Coluche, Jean Yanne et Serge Gainsbourg, le trimestriel Schnock affichait pour son douzième numéro l’humoriste Pierre Desproges en couverture. Un carton ! Quelques milliers d’exemplaires supplémentaires ont été réimprimés pour l’occasion…

Depuis son premier numéro sur Jean-Pierre Marielle publié en 2011, la revue est publiée dans son format mook (entre le livre et le magazine) quatre fois par an, chaque numéro coûtant une quinzaine d’euros. Le dernier en date de mars 2021 est consacré à Henri Salvador.

Dans mon fameux numéro 33, avec sa couverture tonton flingueur et ses articles illustrés qui, pour le coup, m’ont bien fait penser à un format BD, j’ai trouvé un panorama des publicités de cigarettes – bien après que Bogart les surnomme les clous du cercueil, mais bien avant les campagnes anti-tabac – un dico Schnock de Lino Ventura (bien chouette), des tops, des interviews, Yves Simon, Marcel Bluwal, Popeck… bref un vrai bain de nostalgie qui m’a donné la banane pour un petit moment.

Et une autre bande-dessinée sur le cinéma ? Et bien ça attendra !

Mon nom est Tarantino

Pour ce troisième compte-rendu de lecture de 2021, je suis heureuse d’évoquer pour la première fois d’un réalisateur, dont, me semble-t-il, je n’avais jamais parlé sur Cinéphiledoc.

Et c’est encore une fois l’ami Philippe Lombard qui me donne cette opportunité : j’ai ajouté au palmarès de lectures 2020 une section spécifiquement lombardienne, mon premier article cinéphile de 2021 lui est consacré, et je n’attends pas qu’un tiers de 2021 soit passé pour vous proposer à nouveau un compte-rendu sur l’un de ses travaux…

Tarantino… un long apprivoisement

Commençons d’abord par une petite introduction sur le principal intéressé, non pas l’auteur du livre, mais le sujet de ce dernier.

Mes premiers contacts avec le cinéma de Tarantino ont été tardifs. Comme le bonhomme égale Kubrick en perfectionnisme – puisse-t-il par contre ne pas suivre son exemple en terme de longévité – il est assez facile pour le cinéphile de pouvoir connaître en un temps relativement court, l’ensemble de son œuvre. Ce n’est cependant pas mon cas.

Si l’on restreint le catalogue exclusivement aux films qu’il a réalisés, je n’ai jamais vu Reservoir dogs, Jackie Brown et Boulevard de la mort, et au moment où j’écris cet article, je viens tout juste de voir Once upon a time in Hollywood.

De Tarantino, comme premiers souvenirs, j’ai l’image d’un gars assez impressionnant en ouverture du festival de Cannes qui hurle de manière très convaincante « VIVE LE CINÉMA ! » et qui remet la palme d’or à Michael Moore pour Fahrenheit 9/11.

À peu près à la même période, je découvre enfin Pulp fiction, que je trouve complètement barré mais auquel j’accroche assez pour avoir envie de le revoir à intervalles réguliers, sans pour autant le connaître par cœur.

De ces premières impressions, à la fois de Tarantino et de son cinéma je garde deux choses que j’aurai à cœur de retrouver dans chacun de ses films, son enthousiasme contagieux et les musiques qui restent en tête : Chuck Berry et son You never can tell, Girl, You’ll be a woman soon dans Pulp Fiction, David Bowie et son Cat People dans Inglourious Basterds et ma préférée, I got a name dans Django Unchained.

Descendez la rue… Tarantino au travail

C’est Inglourious Basterds qui a été pour moi un déclic, bien-sûr pour sa manière de traiter l’histoire, pour sa pléiade d’acteurs absolument incroyable et la découverte de Christoph Waltz – un méchant qu’on adore détester ou qu’on déteste adorer, au choix, qu’il sera jubilatoire de le retrouver dans Django, et qui a été sous-employé de manière tellement décevante dans le 007 Spectre

Mais c’est aussi parce que j’étais impatiente de retrouver un décor que j’avais croisé au hasard, dans le quartier où j’habitais à l’époque.

Imaginez, vous rentrez chez vous après une journée à la Sorbonne et vous tombez nez à nez avec une reconstitution du Paris en pleine Seconde Guerre Mondiale.

La scène était tournée au Bistrot La Renaissance au croisement de la rue Championnet et la rue du Poteau à Paris dans le 18e arrondissement de Paris, mais la reconstitution débordait l’intégralité du carrefour, avec des colonnes Morris et des voitures d’époque…

Évidemment, le fan inconditionnel de l’époque devait déjà savoir que Tarantino tournait à Paris, moi je n’en savais strictement rien, j’étais juste fascinée par la transformation de cette rue que j’empruntais tous les jours en un morceau de passé.

(C’était la deuxième fois que j’apercevais un tournage de film, la première fois étant une journée de tournage de L’Heure zéro, de Pascal Thomas, au lycée Michelet de Vanves, où je faisais ma prépa)

Portrait de l’artiste en justicier uchronique

L’aspect de l’oeuvre de Tarantino que je préfère, c’est celui qui, à mon sens, transparaît le mieux dans trois de ses films : Inglourious Basterds, Django Unchained et Once upon a time in Hollywood.

Dans ces trois films, on a l’impression d’avoir aux commandes un gamin facétieux et cinéphile, qui décide qu’une bande de juifs vont aller tuer du nazi pendant la seconde guerre mondiale, qu’en 1858 un esclave du Texas va se lier d’amitié avec un chasseur de primes pour donner du fil à retordre aux propriétaires de plantation du sud et autres membres du KKK, ou que dans le Hollywood des années 60 un fait divers monstrueux ne va peut-être pas se passer comme ça.

Le gamin décide que l’histoire est mieux quand c’est lui qui la raconte, il la blinde de références cinématographiques, se défoule et en fait un cocktail explosif et jubilatoire.

À chaque fois, on s’y laisse prendre, car son film est un feu d’artifices : il installe une atmosphère et un décor, joue avec le montage et les personnages, nous donne l’occasion de les connaître et les apprécier, puis la tension monte, les fils se rassemblent jusqu’au bouquet final.

Et s’il décide à la fin de tuer Hitler dans un cinéma, de faire exploser une plantation, ou de « se faire » la famille Manson, qui pourra finalement le lui reprocher ? Parce que c’est ce que nous aussi, nous aurions aimer voir arriver.

Les Tarantinophobes et les Tarantinovores

C’est en découvrant Inglourious Basterds au cinéma que j’ai compris qu’avec Tarantino, j’avais affaire à un univers cinématographique unique en son genre, et ce n’est pas le fan inconditionnel mentionné précédemment qui me contredira.

J’ai essayé de rattraper mon retard (avec quelques trous dans sa filmographie, vous l’aurez compris), j’ai ainsi vu Kill Bill volume 1 et 2, et j’ai guetté les nouvelles réalisations. Mon préféré reste aujourd’hui Django, que je revois régulièrement.

Au fil de mes discussions avec d’autres cinéphiles, j’ai pu voir combien Tarantino suscitait le débat, les uns le rejetant complètement, les autres attendant fébrilement les sorties de ces films.

Si je fais davantage partie de la deuxième catégorie, mon éducation n’en est pas moins à poursuivre : il me reste quelques films à voir, et je suis loin de saisir toutes les références dont Tarantino parsème ses scénarios.

Une littérature encore timide

Heureusement, Philippe Lombard est venu à ma rescousse !

Comme en atteste la bibliographie à la fin de son ouvrage – ouvrage dont je parlerai enfin dans quelques instants – la littérature cinématographique sur Tarantino est encore assez mince.

Lorsque l’on parcourt la bibliographie proposée dans l’article qui lui est consacré sur Wikipédia, on note une quinzaine de publications, et dont la plus récente remonte à 2018, aux éditions Gremese, une maison d’édition que j’affectionne tout particulièrement, puisqu’elle avait publié les trois tomes de l’histoire du cinéma comique qu’avait proposé Enrico Giacovelli.

Jusqu’alors je n’avais donc rien dans ma bibliothèque sur le cinéma de Tarantino, contrairement à ma trentaine d’ouvrages de et sur Truffaut, mes livres nombreux sur Hitchcock et Chaplin, et trois publications sur Kubrick, pour citer les réalisateurs les plus présents chez moi.

J’étais impatiente de découvrir le travail de Philippe Lombard sur le sujet, et je n’ai pas été déçue.

Tarantino Reservoir films

Sur son compte Twitter et sur son site, Philippe Lombard évoquait régulièrement la sortie de son ouvrage, prévue initialement pour mars 2020.

En raison de la crise sanitaire du coronavirus, la sortie a été décalée en novembre 2020, mais l’ouvrage était disponible directement sur le site de l’éditeur, Omaké books, j’ai donc pu le recevoir assez rapidement.

N’allons pas par quatre chemins.

Non seulement il s’agit d’un excellent livre sur Tarantino, avec une première partie « The filmmaker », qui revient sur l’ensemble de la carrière du réalisateur, et deux autres parties qui, comme le sous-titre l’indique, reviennent sur ses sources d’inspiration, mais c’est aussi par ses petites trouvailles visuelles que l’ouvrage s’attache son lecteur.

Juste avant le sommaire, en page 6, deux « recettes » sont proposées pour s’approprier le livre, et plonger dans l’univers de Tarantino :

  • les QR-codes qui vont ponctuer d’extraits et de bandes-annonces chaque page de Reservoir films (avec un mode d’emploi indiquant comment les lire)
  • les légendes ou pictogrammes, qui vont indiquer au lecteur à quel film de Tarantino correspond chaque source d’inspiration

Un exemple ci-dessous :

Cette double-page est consacrée au film de Sergio Leone, Le Bon, la brute et le truand. On peut voir à droite du titre que ce film a servi d’inspiration à Tarantino dans Reservoir Dogs, Kill Bill, Pulp Fiction, Django Unchained, Les 8 salopards et Inglourious Basterds. Le QR-code renvoie à la bande-annonce du film. En bas de l’article, un autre système de renvois permet d’aller directement aux autres films en lien avec le film de Sergio Leone, qui fait l’objet d’un encart avec citation.

Trois sources d’inspiration sont détaillées dans Reservoir films :

  • les films, qui sont précédés par un petit lexique des principaux genres du cinéma qu’affectionne Tarantino : on peut citer principalement les films de Blaxploitation qui mettent en avant la culture et les acteurs noirs américains, le chambara (film de sabre japonais), le revenge movie ou le western spaghetti

Plusieurs pages font dialoguer les images d’acteurs dans ses films et dans ceux qui l’ont inspirés (Pam Grier, John Travolta, Don Johnson, David Carradine), quand d’autres reviennent sur l’influence de Jean-Pierre Melville sur son cinéma.

Une double-page est dédiée aux westerns et réalisateurs de westerns préférés de Tarantino, une autre aux films évoquées dans le Jackrabbit Slim’s, le restaurant où vont dîner Travolta et Uma Thurman dans Pulp Fiction.

  • les séries télévisées
  • la musique, avec notamment le Cat People de David Bowie, mais surtout les bandes originales de Ennio Morricone

Ce foisonnement de références, et l’aspect visuel de Tarantino Reservoir films rendent parfaitement compte de la personnalité du réalisateur : un amoureux forcené du cinéma, un enthousiaste pour qui ce cri, qui m’avait tant marquée au festival de Cannes 2004, était on ne peut plus sincère.

Chant du cygne ?

Contrairement aux Tarantinophobes, qui rejettent en bloc son univers, j’ai toujours eu l’impression en voyant les films de Tarantino, d’une extrême érudition doublée d’une passion presque enfantine pour le cinéma, et d’un perfectionnisme qui rendait chaque film suivant meilleur que le précédent.

Plusieurs bruits ont circulé selon lesquels Once upon a time in Hollywood serait le dernier film de Tarantino, et bien que cela ne m’étonnerait pas, je ne veux pour l’instant pas leur prêter voix.

L’ouvrage de Philippe Lombard m’a permis de découvrir tout (ou presque tout) ce que Tarantino a en tête quand il construit son film, il m’a également permis d’ajouter une nouvelle maison d’édition, Omaké Books, à la liste de celles que je surveille de temps à autre, en quête de nouvelles lectures.

Son Reservoir films s’adresse parfaitement aux inconditionnels, qui auront à cœur de décortiquer avec lui l’univers de leur réalisateur favori ; mais il s’adresse aussi aux personnes qui, comme moi, veulent à un moment en savoir un peu plus sur cet ovni du cinéma américain qui, je l’espère, nous donnera encore des choses à voir…

D’ici là, je vous souhaite de belles promenades cinématographiques et vous dis à très bientôt, sur Cinéphiledoc !

 

So british, god save the Queen, etc.

Pour ce second compte-rendu de lecture de 2021, j’ai choisi un livre qui m’a permis d’associer étroitement deux univers que j’apprécie tout particulièrement : l’histoire britannique et les séries télévisées.

J’ai souvent expliqué à mes proches que j’aurais dû naître anglaise, puisque, hormis le climat et la cuisine, chez nos amis d’outre-Manche, tout me plaît – quand bien même le Brexit est passé par là : la littérature, les paysages, les jardins, la musique, l’humour, Londres, et surtout, surtout ! l’histoire.

Entre Londres et moi…

Quand j’étais enfant je n’avais pas pour habitude de faire de grands voyages, et les rares fois où je suis allée à l’étranger, c’était dans un cadre scolaire : une fois en Italie, et deux fois en Allemagne.

La première fois où j’ai pu me rendre de mon propre chef à l’étranger, j’avais 18 ans et j’ai voulu aller à Londres. Et déjà l’image que j’avais de Londres était très influencée par les films que j’avais pu voir, ce qui à l’époque se résumait à Coup de foudre à Notting Hill, Harry Potter et Mary Poppins.

Imaginez ma déception quand je me suis rendue compte que l’allée des cerisiers (Cherry tree Lane) de Mary Poppins n’existait pas.

Fort heureusement j’ai pu soigner cette déception en découvrant d’autres lieux de Londres, bien réels, en retournant régulièrement dans cette ville, et en élargissant peu à peu ma connaissance de l’île par Windsor, Exeter, Torquay, puis plus tard, délaissant un peu l’Angleterre pour l’Écosse, Edimbourg, Glasgow, et Inverness.

Et même en y étant allée plusieurs fois, il me reste toujours l’idée fixe qui me trotte dans la tête « Il faut que je retourne à Londres ».

Quelle histoire !

Hormis la littérature – en particulier les romancières anglaises – c’est principalement l’histoire de l’Angleterre qui me fascine.

Et grâce au talent des scénaristes de films et de séries télévisées, j’ai toujours réussi – contrairement aux grands événements de l’histoire de France – à trouver des productions de qualité qui en faisaient le récit (avec peut-être quelques réserves ici ou là).

Je veux une série qui retrace les péripéties de la Blanche-nef ? Je regarde Les Piliers de la Terre. 

Je m’intéresse à quelques épisodes de la guerre des deux roses ? Je me plonge dans le très soigné The White Queen.

Je suis captivée par Henry VIII ? Je regarde les Tudors (oui, oui), et Deux soeurs pour un roi. Puis j’enchaîne avec la suite de la dynastie en engloutissant sans distinction les films et les séries consacrées à Elisabeth Ire (avec une petite préférence pour Helen Mirren dans le rôle titre). Je laisse de côté Marie Stuart qui n’a décidément rien pour me plaire.

Je fais un petit bond dans le temps et je savoure la série sur Victoria avec Jenna Coleman dans le rôle titre. Nouveau petit saut temporel et je suis à la trace les Windsor avec Downton Abbey, Le Discours d’un roi, Les Heures sombres, The Crown et The Queen.

J’en oublie certainement dans le lot, mais chacun de ces films, chacune de ces séries m’a laissé un excellent souvenir et je m’y replongerais sans hésiter !

C’est d’ailleurs ce que m’a permis de faire le livre qui m’intéresse ici.

Trois séries pour un siècle d’histoire

Ce livre, c’est L’Angleterre en séries, un ouvrage de Ioanis Deroide, publié en février 2020 chez First éditions, et qui s’intéresse de près à trois séries anglaises :

  • Downton Abbey
  • Peaky Blinders
  • The Crown

Ioanis Deroide était déjà l’auteur d’un ouvrage consacré aux séries télévisées prises sous le prisme de l’histoire : Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes.

Je dois avouer que la perspective de le voir décortiquer deux de mes séries favorites m’a enchantée, bien que j’avoue n’avoir pas réussi à regarder la troisième, Peaky Blinders, à laquelle il faudrait que je redonne sa chance…

Histoires de rois et de reines

Après une courte introduction, la première partie de l’ouvrage, qui s’intitule « Des personnages réels empruntés à l’Histoire », revient dans un premier chapitre sur les quatre monarques de cette période historique que couvrent nos trois séries :

  • l’austère George V (que nous avons appris à côtoyer dans Le Discours d’un roi sous les traits de Michael Gambon),
  • l’éphémère Edouard VIII,
  • le tourmenté et tenace George VI,
  • et celle dont le règne est désormais le plus long de l’histoire anglaise, Elisabeth II

Une partie est consacrée à chacun d’eux, avec à chaque fois quelques encarts historiques « C’est l’histoire qui le dit ! », qui apportent des précisions sur tel ou tel aspect soulevé par la fiction, et quelques encarts « Secrets de tournage » qui eux viennent faire la lumière sur l’univers des séries.

The Crown, sans aucune objectivité

Ioanis Deroide consacre deux chapitres à la figure d’Elisabeth II, à son caractère impassible et intouchable, et au fait que deux comédiennes l’incarnent si superbement bien dans The Crown : d’abord Claire Foy pour les deux premières saisons, puis Olivia Colman à partir de la troisième.

Changer le casting lorsque l’on change d’époque n’est pas la moindre des virtuosités de cette série, dont je guette désormais chaque saison, préférant y consacrer un week-end entier à leur sortie.

Je n’ai donc, et je l’assume, aucune objectivité lorsque je parle de The Crown, qui pour moi fait désormais partie d’une trilogie  – ou d’un panthéon – ainsi conçue :

  • Le Discours d’un roi
  • The Crown
  • The Queen

(et auquel je rajoute éventuellement Les Heures sombres avec Gary Oldman) avec à chaque fois les éléments incontournables qui font que je vais mordre à l’hameçon : casting parfait, reconstitution quasiment sans défaut, et dialogues percutants.

Dans un deuxième puis un troisième chapitres, après s’être intéressés aux monarques, l’auteur aborde d’abord leur entourage immédiat, en se concentrant presque exclusivement sur celui d’Elisabeth II (Philip d’Edimbourg, la princesse Margaret, le prince Charles), puis les hommes politiques qu’ils ont côtoyés, Chamberlain et Churchill pour ne citer qu’eux.

Événements, communautés, mentalités

M’étant jusqu’ici focalisée sur la première partie de l’ouvrage – les personnages historiques – je vais tâcher de passer un peu plus rapidement sur les trois autres parties.

Je précise à nouveau que si j’ai été la spectatrice assidue de The Crown et de Downton Abbey (même si pour cette dernière, le souvenir est plus ancien), je n’ai pas la même connaissance de Peaky Blinders, je m’y attarde donc beaucoup moins.

  • Événements

La deuxième partie « La représentation des moments-clefs du XXe siècle » s’intéresse principalement aux deux guerres mondiales (mettant en avant la spécificité britannique d’avoir participé aux deux conflits sans être envahi), puis à trois événements distincts du vingtième siècle : 1912, qui ouvre la série Downton Abbey (son créateur Julian Fellowes avait d’ailleurs écrit le scénario d’une mini-série sur le Titanic en 2012), la crise de 1929, et octobre 1956.

Trois événements (le naufrage du Titanic, le krach boursier et la crise du canal de Suez) qui, comme l’indique l’auteur, ne montrent pas l’Angleterre à son avantage, mais au contraire la fragilisent, comme ils vont considérablement impacter les personnages des trois séries.

Enfin, et ce qui fait la transition avec la troisième partie, la seconde partie prend le temps d’évoquer dans un dernier chapitre les évolutions et les mouvements sociaux, avec les revendications des groupes communistes, des suffragettes et des indépendantistes irlandais.

  • Communautés

La troisième partie est elle consacrée aux « Groupes sociaux et communautés en Angleterre » : aristocrates et valets, minorités et gangs des villes anglaises, phénomènes d’inégalités, de hiérarchies et d’ascension sociales, avec la spécificité très cloisonnée de la famille royale.

Les trois séries couvrent un large éventail de l’échelle sociale, depuis les milieux défavorisés de Peaky Blinders à Buckingham Palace dans The Crown, en passant par les relations complexes (et en subtile évolution) entre maîtres et valets de Downton Abbey.

Elles insistent en revanche beaucoup moins sur la place des minorités ethniques, les seuls étrangers de Downton Abbey étant pratiquement restreints aux Irlandais, et les rares rencontres de The Crown sont dans le contexte très encadré des visites officielles, c’est dans Peaky Blinders que le spectateur trouvera une représentation un peu plus « métissée » de la société.

Enfin, Ioanis Deroide fait le parallèle entre la dynamique d’une série télévisée et la circulation entre ces classes sociales relativement cloisonnées. Pour avancer et pour être suivie, une série doit montrer l’ascension sociale des personnages ou leur déclin, fussent-ils improbables ou spectaculaires, ou évoquer, en écho, comme dans The Crown, les évolutions sociales.

  • Mentalités

Une dernière partie de l’ouvrage s’intéresse enfin à l’esprit britannique, avec comme titre « La British touch dont on raffole ! »

Sont mis à l’honneur dans ce final les costumes, les décors, et l’humour, trois critères qui, je l’ai dit plus haut, deviennent parfois déterminants dans l’assiduité que l’on va avoir à suivre une série.

On y apprend que les cinq personnages féminins principaux de Downton Abbey ont porté pas moins de 1200 costumes différents, qui suivent de près l’évolution de la mode de la Belle époque aux années folles. Ou que la copie de la robe de mariée d’Elisabeth II a nécessité deux mois de travail.

On se promène dans un Highclere Castle bien réel et dans son parc, propriété de 11000 m² de l’arrière-petit fils de Lord Carnavon, qui finança les fouilles du tombeau de Toutankhamon. A contrario, on visite dans The Crown un Buckingham Palace reconstitué, assemblage de plusieurs plateaux de studio et de pièces de palais et manoirs.

Enfin, the last but not the least, on savoure l’humour si caractéristique de Dame Maggie Smith avec ses réparties qui font toujours mouche au milieu d’une conversation, dont le relai est pris dans The Crown par les personnages de Philip ou de Margaret, et le flegme so british de la galerie de portraits proposée par ces trois séries, qui nous offrent si bien ce que nous adorons détester ou ce que nous détestons adorer chez nos amis anglais.

C’est ce tour d’horizon auquel nous invite Ioanis Deroide, et qui donne envie de se replonger, non seulement dans les trois séries qui font ce livre, mais également dans Hercule Poirot, Orgueil et préjugés, Sherlock, et autres bijoux produits, entre autres, par ce fleuron qu’est la BBC.

Le vrai, le faux, et la suspension volontaire d'(in)crédulité

Petite aparté pour en finir (provisoirement) avec The Crown. En effet, lorsque j’ai commencé à rédiger cet article, je guettais encore avec impatience la saison 4 de la série (il me tardait de voir enfin Gillian Anderson en Margaret Thatcher) et j’étais plongée dans un autre livre consacré à The Crown :

Les auteurs de cet ouvrage sont également à l’origine d’un podcast, Vérifiction, qui s’attache à vérifier les faits (historiques) présentés dans les séries télévisées. L’ouvrage publié chez Gründ revient ainsi sur les événements des trois premières saisons de The Crown, de manière très détaillée, à raison d’un chapitre par épisode.

Comparaison d’images d’archives et de plans issus de la série, sources citées avec beaucoup de précision : le tout est un travail d’enquête captivant !

Et pourtant, il peut décourager : lorsque j’ai partagé cette lecture sur Twitter, j’ai été surprise de voir que chez d’autres personnes, cette même lecture les avait poussé à abandonner The Crown, trop éloigné à leurs yeux de la réalité.

De mon côté, si je retiens dans un coin de ma tête toutes les corrections historiques apportées par les auteurs de ce livre, et si je prends acte de toutes les inexactitudes assumées par la série, je lui garde néanmoins toute mon admiration, qu’il s’agisse de la reconstitution, du scénario et du jeu des acteurs.

Et je n’attends pas avec moins d’impatience la saison suivante.

J’espère vous avoir donné envie de voir et de revoir ces quelques scènes, et je vous dis à très bientôt pour un nouvel article sur Cinephiledoc !

2021 de bonne humeur

Pour commencer cette nouvelle année cinéphile qui, espérons-le, sera plus sereine et plus heureuse que 2020 (quoique), je voulais vous proposer un article peut-être un peu plus court qu’un compte-rendu de lecture habituel.

En effet, si j’ai choisi une de mes lectures de l’année passée pour ce premier article cinéphile de 2021, c’est aussi pour avoir l’occasion de faire un retour en images sur l’une des expositions que j’attendais avec le plus d’impatience et que j’ai pu voir entre deux fermetures des lieux culturels…

Encore un article sur De Funès ?

L’idée de cet article vient d’une discussion que j’ai eue avec Sandrine, amie profdoc qui m’accompagne souvent dans des expositions parisiennes :

Moi (en fin d’année 2020) : J’ai préparé l’article de mars.

Sandrine : Tu es en avance. Tu vas parler du livre sur De Funès ?

Moi : J’ai déjà fait un article sur De Funès en novembre 2019, donc je pensais ajouter quelques mots sur le livre de cette année dans mon compte-rendu du mois d’octobre… ou alors je fais en même temps un compte-rendu du livre et de l’exposition à la cinémathèque, mais avec le calendrier que je me suis fixée, ça fera paraître mon article au mois d’avril…

Sandrine : Oui, ça fait tard.

Moi : Et en plus, ça me fait parler deux mois de suite d’un livre du même auteur. Je vais y réfléchir…

DEUX HEURES APRÈS

Moi : J’ai trouvé ! En fait c’est tout con ! L’exposition De Funès est programmée jusqu’en mai 2021. Donc même en l’ayant vu il y a peu, je peux poster sans problème l’article début 2021. J’ai juste à décaler mes articles déjà écrits et à publier celui-ci en février.

Sandrine (parodiant Catherine Frot dans Imogène McCarthery) : Mais oui !!! 💪👏👏👏  Bien joué maman !

Et voilà comment, en février 2021, je me retrouve à faire à nouveau sur ce blog un article sur Louis De Funès, avec certes le récit d’une exposition à la Cinémathèque, qui en plus d’être attendue, s’est faite attendre (coronavirus oblige), mais avec encore une fois, pour débuter une nouvelle année de lecture, un ouvrage de Philippe Lombard.

Louis de Funès à la Cinémathèque

Lorsque j’ai écrit mon article sur Louis De Funès en novembre 2019, c’était à l’occasion de la sortie d’un ouvrage, Louis de Funès, de Clémentine Deroudille, qui avait été publié à l’occasion de l’inauguration d’un musée De Funès à Saint-Raphaël.

La Cinémathèque française avait quant à elle annoncé une grande exposition consacrée au comédien, une annonce qui, si j’en crois l’article du Figaro ci-dessous, remontait à mars 2019, et avait provoqué de nombreux débats enflammés de cinéphiles pro et anti De Funès :

https://www.lefigaro.fr/cinema/2019/03/19/03002-20190319ARTFIG00137-la-retrospective-louis-de-funes-a-la-cinematheque-ne-fait-pas-rire-tout-le-monde.php

Là-dessus, évidemment, coronavirus, confinement, rediffusions multiples des films de De Funès avec La Grande Vadrouille, Le Corniaud, et j’en passe, programmés les après-midi, puis on a enchaîné avec la période estivale et les soirées, en alternant joyeusement entre Fantômas et les Gendarmes.

Enfin, les musées ont pu rouvrir, et l’exposition Louis De Funès a pu accueillir son public, depuis le 15 juillet et jusqu’à la fin octobre – et là bim ! fermeture à nouveau des musées – aux dernières nouvelles l’expo sera disponible jusqu’au 31 mai 2021 (il fallait bien au moins ça pour nous consoler de ne pas avoir pu la découvrir plus tôt) et peut-être d’ici là, les musées et autres lieux de culture auront pu rouvrir, même brièvement.

Globalement j’ai trouvé que cette exposition de la Cinémathèque était l’une des plus réussies dernièrement, avec un très bon équilibre entre les extraits sur grand écran et les ambiances sonores, les éléments de décor et de costumes, les documents d’archives et les affiches, le tout dans un espace assez aéré, fluide, et agréable.

Voici, ci-dessous un aperçu, et ce qui a retenu mon attention :

  • Découvrir Louis De Funès

L’entrée de l’exposition est, comme d’habitude à la Cinémathèque, relativement étroite, mais pensée de manière ludique : on est accueilli par la photo de De Funès grandeur nature – je dois le dépasser de 5 centimètres environ – et avec un générateur de gifs (photo 2) qui plaira aux petits comme aux grands : on choisit une humeur et un état résultant de cette humeur, et le visage de De Funès s’anime.

Les textes qui accompagnent tout le long le visiteur de l’exposition (photo 3) permettent un aperçu de sa carrière et organisent l’exposition en différentes salles colorées et thématiques ou chronologiques : Louis de Funès et le cinéma comique, le début de carrière, les films à succès qui ont chacun leur salle dédiée, les femmes de Louis de Funès au cinéma, mais aussi une petite section consacrée à « Louis Bio » témoignant de l’intérêt du comédien pour la nourriture et le jardinage.

  • Les documents d’archives

Un exemple parmi tant d’autres des documents d’archives proposés : les photos de tournage de La Traversée de Paris (photo 4).

Ce qui a retenu également mon attention : la très belle lettre (mentionnée plus haut) de François Truffaut à Gérard Oury (photo 5) à l’occasion de la sortie en salle du Corniaud, avec la réponse, tout aussi élégante, de Gérard Oury (photo 6).

Globalement, l’exposition est très riche en affiches, scénarios, lettres, extraits des carnets de Louis de Funès, et un certain nombre de documents sont numérisés et accessibles sur des écrans.

  • Costumes et décors (les pièces maîtresses)

Évidemment, ce qui retient l’attention, ce sont les scènes proposées sur les écrans géants, et la manière dont l’exposition met en scène différentes pièces cultes de la filmographie et de la vie de Louis de Funès. En voici une petite sélection :

Juste à l’entrée de l’exposition, le spectateur découvre à travers un jeu de miroirs les comiques muets qui ont inspiré De Funès (photo 7).

Les pièces les plus impressionnantes sont évidemment la DS de Fantômas (8), où l’on peut s’installer pour être pris en photo, et la fameuse 2CV du Corniaud (9), présentée avec les détonateurs qui permettaient à la voiture d’exploser littéralement dans cette scène culte.

En costumes on retrouve : la robe de la reine dans La Folie des grandeurs (10), accompagnée d’un montage vidéo très intéressant qui fait le parallèle entre le film et les tableaux de Velasquez, le costume de Rabbi Jacob (11), celui de l’extraterrestre dans La Soupe aux choux, et enfin Louis de Funès en adjudant chef Cruchot (13), avec un peu plus loin sa malle du Gendarme à New York.

Voilà pour cette très belle exposition proposée par la Cinémathèque, d’où je suis repartie avec, sous le bras, la série des Gendarmes (parce que pourquoi pas ?) et La Zizanie (parce que Girardot autant que De Funès), et que j’ai attendue très longtemps, mais franchement ça valait le coup !

Et ça m’a donné, au moins pour un moment, une petite bouffée d’oxygène avant de replonger dans un univers avec trois co- (covid, confinement et couvre-feu).

Paris façon Parigramme

C’est pendant la même période de confinement, télétravail, musées fermés et rediffusions intensives de films de De Funès, que j’ai reçu dans ma boîte aux lettres l’ouvrage de Philippe Lombard, Louis de Funès à Paris : les aventures d’un acteur en vadrouille, publié chez Parigramme en mars 2020. 

Quoi, Philippe Lombard, encore lui ? Eh bien oui, et croyez-moi, cette année, vous n’avez pas encore fini d’en entendre parler…

Ce n’est pas la première fois qu’il nous offre des déambulations parisiennes avec comme compagnons de programme, au choix, cent films de légende, Truffaut ou Michel Audiard. Vous n’êtes pas cinéphile et vous voulez quand même découvrir quelques lieux de Paris ?

Faites un petit tour sur le site des éditions Parigramme, il y en a pour tous les goûts : de la poésie, de la mode, de la chanson, le Paris populaire, le Paris criminel, le Paris souterrain… j’avoue qu’à chaque fois que je vais sur leur catalogue, je me retiens de ne pas le commander en entier ! J’ai d’ailleurs reçu à Noël le Paris de Claude Sautet, dans lequel je ne tarderai pas à me plonger !

http://www.parigramme.com/catalogue.htm

Et donc ce Louis de Funès à Paris ?

De Funès à Paris : approche chronologique

Une chose m’a frappée lorsque j’ai eu cet ouvrage entre les mains : j’avais l’habitude des autres livres de Philippe Lombard chez le même éditeur, et du coup celui-ci m’a paru singulièrement petit.

Ce qui m’a frappée également, au-delà du plaisir que j’ai eu à retrouver scènes et anecdotes, c’est l’approche chronologique choisie par l’auteur.

Pour ce sujet et cette maison d’édition, on s’attendrait davantage à une approche géographique, avec des cartes, par arrondissements, ou des circuits. Ou bien une seule carte qui donne un aperçu de tous les lieux mentionnés. C’est peut-être ma seule petite réserve à la mise en page de cet ouvrage.

Au fond, je suis partie avec une idée en tête qui n’était pas la bonne : je m’attendais à suivre les personnages incarnés par Louis De Funès à l’écran dans Paris.

Au lieu de ça, c’est bien le comédien lui-même que je vais côtoyer d’une page à l’autre, depuis les planches des théâtres jusqu’à la cérémonie des Césars, en passant par le 45 rue Poliveau, l’opéra de Paris, les bains turcs, l’aéroport d’Orly ou le palais de l’Élysée.

Ce que cet itinéraire chronologique fait découvrir, ce ne sont pas les lieux, c’est l’homme. On y retrouve un être humain des plus touchants, avec des anecdotes assez savoureuses, celle de la pièce de théâtre Ornifle avec Pierre Brasseur, rapportée par Patrick De Funès :

En sortant du théâtre, Pierre Brasseur avait la fâcheuse habitude de faire la tournée des bistrots. Mon père repoussait avec tact ses invitations de se joindre à lui. Un soir, froissé de ces refus successifs, le comédien se permit une réflexion : »Alors, Bobone t’attend à la maison ? » Mon père, qui n’a jamais supporté la moindre critique sur sa femme, jugea bon de lui donner un petit coup de semonce dès le lendemain, en lui provoquant trois fous rires sur scène, par des improvisations inédites.

évidemment la scène d’ouverture du Corniaud avec Bourvil, ou encore la scène de l’opéra dans La Grande Vadrouille, où l’acteur, après avoir travaillé pendant des mois, dirige les musiciens, et se fait applaudir par ces derniers à la fin de la scène.

Sur chaque page, une image et l’anecdote qui lui est associée : on commence la promenade au théâtre Pigalle en mars 1948 déjà aux côtés de Gérard Oury, et on termine à la salle Pleyel en février 1980, en compagnie de Kirk Douglas, de Jerry Lewis, et du cinéma français de l’époque assemblé. 32 ans de carrière.

Si l’on feuillette l’ouvrage de Philippe Lombard, Louis de Funès à Paris, c’est donc moins dans l’idée d’établir un itinéraire thématique – un circuit de telle durée, de telle rue à telle rue – que pour picorer ici et là quelques scènes d’anthologie, pour revoir Bourvil et De Funès aux bains turcs, et pour le refermer avec, pour parodier le générique du Kid de Chaplin, « avec un sourire, et peut-être une larme ».

Ou s’il faut paraître moins alarmiste, disons plutôt « avec de francs éclats de rire, et peut-être une petite larme d’émotion ».

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