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Catégorie : L’usine à rêves (Page 1 sur 33)

May the fourth be with you and survive

Vous l’aurez compris, voici un petit article sur la saga Star Wars. Et de circonstances, puisqu’il s’agit de survivre !

En effet, pour ceux qui ne sont pas familiers de cet univers ou qui n’en sont pas des inconditionnels, le 4 mai est une journée consacrée à Star Wars – avec le jeu de mots « May the fourth » (le 4 mai) qui joue en anglais sur sa proximité avec « May the force be with you », l’encouragement bien connu adressé aux personnages des différents épisodes.

J’aurais pu publier cet article au mois de décembre ou au mois de janvier mais…

  1. j’avais presque oublié que le dernier volet (l’épisode IX) sortait au mois de décembre
  2. j’avais déjà prévu de publier mon palmarès 2019 en décembre et mon article sur ma première année de bullet journal en janvier

Je profite donc de ce 4 mai pour :

  • refaire un petit point sur quelques lectures intéressantes sur Star Wars
  • évoquer à nouveau la mini expo installée en décembre au CDI et la petite présentation cliquable qui lui était associée (casquette profdoc)
  • faire un compte-rendu de lecture d’une publication relativement récente
  • établir mon palmarès personnel des différents épisodes de la saga

Et comme je suis bien organisée, je vais reprendre dans le désordre ces différents points et commencer par le dernier !

Palmarès personnel des épisodes de Star Wars

Lorsque je suis allée voir le dernier épisode au mois de décembre, j’ai beaucoup échangé avec un certain nombre d’amis, de connaissances et de collègues sur ce que nous pensions respectivement de ce dernier volet.

J’ai essayé de faire un petit classement des épisodes, de celui que je considère comme le meilleur à celui que je préfère oublier. Si le coeur vous en dit, je vous laisse m’indiquer en commentaire votre propre classement.

Le trio de tête

  • 1 : L’empire contre-attaque (épisode V) 1980

Pour moi, c’est le meilleur. J’adore tout de cet épisode : la bataille sur la planète Hoth, l’entraînement de Luke avec Yoda, l’affrontement final avec Dark Vador.

  • 2 : Un nouvel espoir (épisode IV) 1977

J’aime beaucoup le tout premier épisode de la saga, déjà parce que cela nous permet de la découvrir (et sans forcément commencer par l’épisode I – cela soulève d’ailleurs la question « dans quel ordre faut-il voir les films ? »), ensuite parce que j’adore Alec Guinness dans le rôle d’Obi-Wan Kenobi, Obi-Wan étant l’un de mes personnages préférés.

  • 3 : Rogue One (2016)

Rogue One est le seul film dérivé de l’univers dont je parlerai dans ce palmarès. D’abord parce que les autres m’ont laissé peu de souvenir ou des souvenirs plus que mitigés (le Solo de 2018 en fait partie). Ensuite parce qu’il arrive à être fabuleusement efficace et bien mené en un peu plus de deux heures. Seule petite réserve : l’image numérique de Leia à la fin.

Les hésitations au milieu

Pour les films suivants, je n’ai pas d’avis particulièrement tranché : je vais les apprécier pour telle ou telle raison, mais je vais être beaucoup plus réservée sur d’autres points

  • 4 : Le Retour du Jedi (épisode VI) 1983

J’ai une tendresse particulière pour celui-ci parce que, de manière générale, j’aime les épisodes conclusifs, les moments où tout se résout. J’aime beaucoup aussi les péripéties pour libérer Han, et la rencontre avec les Ewoks sur Endor.

  • 5 : La Revanche des Sith (épisode III) 2005

Si j’apprécie cet épisode de la Prélogie, c’est principalement pour la transformation progressive d’Anakin Skywalker en Dark Vador, et la façon dont l’on passe de la république à l’empire. J’aime aussi beaucoup l’affrontement entre Anakin et Obi-Wan sur la planète Mustafar.

  • 6 : Le réveil de la force (épisode VII) 2015

Je me souviens des débats passionnés lorsque les nouveaux épisodes sont sortis au cinéma. Pour ma part, j’étais très heureuse de revoir les acteurs de la trilogie originelle, et cela a largement contrebalancé les faiblesses du scénario. Et puis j’aime bien BB8.

  • 7 : L’ascension de Skywalker (épisode IX) 2019

Je mets cet épisode juste après le précédent et à peu près pour les mêmes raisons. Oui il y a des incohérences et de la paresse dans l’écriture du scénario. Oui il y a des choses que j’ai eu du mal à accepter. Mais au moins Leia a une fin à peu près correcte, compte-tenu des circonstances.

Les (bons) derniers

  • 8 : L’attaque des clones (épisode II) 2002

Là ça commence à devenir compliqué. L’épisode II fait partie de mes épisodes « oui mais ».

Traduction : Anakin a l’air d’un ado tête à claques pendant tout le film ? Oui, mais il y a Christopher Lee. Les scènes sur Naboo sont niaises et insupportables ? Oui, mais il y a Christopher Lee.

  • 9 : La menace fantôme (épisode I) 1999

Un autre épisode « oui mais », encore plus compliqué que le précédent.

Traduction : C’est cool, y’a Liam Neeson ? Oui mais y’a Jar Jar Binks ! La course de modules est top ? Oui mais y’a Jar Jar Binks !

  • 10 : Les derniers Jedi (épisode VIII) 2017

Donc si vous vous demandez pourquoi j’avais oublié que l’épisode IX sortait en décembre 2019, voilà la raison. Ce n’est même pas un épisode « oui mais », c’est un épisode dont je ne veux vraiment pas me rappeler.

Et c’est presque avec soulagement que j’ai vu l’épisode IX après ça, et que cela m’a donné envie de faire, et ce palmarès, et le compte-rendu de lectures qui va suivre.

Les cinq livres à lire sur Star Wars

Voici d’abord cinq petits conseils de lecture, que vous soyez amateur ou spécialiste de la saga.

  • un abécédaire de l’univers Star Wars

Le premier de ces ouvrages est Star Wars : une saga, un mythe, de Laurent Aknin, publié aux éditions Vendémiaire en 2015.

J’en avais fait la critique au moment de sa sortie, qui coïncidait, à quelques semaines près, à la sortie au cinéma de l’épisode VII.

Sous forme d’abécédaire, le livre décode les racines des Jedis, de la Force, l’influence du mythe arthurien ou des cultures asiatiques sur la saga, et le fait que Star Wars fait désormais figure de mythe à part entière, avec produits dérivés et univers étendu.

L’ouvrage s’ouvre sur le processus d’ « agnition » (reconnaissance de deux personnes ou plus, avec notamment la célèbre phrase de Dark Vador (Darth Vader) à Luke Skywalker, « Je suis ton père »), et se ferme, comme il se doit, avec la figure de Yoda.

On y retrouve d’autres entrées, dédiées aux personnages, ainsi que l’explication de plusieurs points emblématiques de la saga : combats, couples, droïdes, élu, empire et dictature VS république et démocratie, fantasy et science-fiction, immortalité, initiation, ordre Jedi, padawan, religion, ou encore sabre.

  • Star Wars en infographies

L’un de mes ouvrages préférés sur Star Wars est le Star Wars graphics : l’univers décrypté en infographies, sorti lui aussi en 2015 aux éditions Hachette.

C’est un livre d’une incroyable efficacité, qui restitue à merveille l’univers de la saga, et qui, comme son sous-titre l’indique, le décrypte en infographies.

On y retrouve aussi bien le descriptif des différentes planètes, une classification des vaisseaux en fonction de leur vitesse, une étude de l’espérance de vie par espace, des membres coupés dans les différents épisodes de la saga, une chronologie réelle et fictives des événements, ou encore le taux de midichloriens par personnage.

Ce bijou visuel est à rapprocher du point de vue de l’humour, du petit ouvrage publié aux éditions 404, Comprendre Star Wars quand on a toujours pas compris qui est le père de Luke Skywalkeret du point de vue de la forme, de l’ouvrage dont je parlerai un peu plus bas…

  • Aux origines : George Lucas

Le troisième ouvrage est un peu plus récent : il s’agit de Star Wars, de Will Brooker, publié en 2017 chez Akileos.

Cet ouvrage revient principalement sur un personnage emblématique de la saga, à savoir son réalisateur, George Lucas, et étudie sa personnalité selon un angle bien défini, à savoir : l’homme qui voulait être Han Solo mais pour qui il est plus sécurisant, psychologiquement et émotionnellement, d’être Dark Vador, voire Palpatine.

Vous pouvez retrouver ici la critique que j’avais faite de l’ouvrage à sa sortie.

Pour compléter cette lecture, je vous laisse regarder le documentaire ci-dessous, consacré aux origines de Star Wars.

  • Le féministe

Pour cette avant-dernière lecture, on peut continuer à parler de George Lucas, mais avec le regard de Carrie Fisher, et en prenant le temps de lire le Journal d’une princesse, un ouvrage qui est sorti, dans sa traduction française, en octobre 2017.

Ce livre ne revient pas seulement sur les conditions du tournage du premier Star Wars en 1977.

J’avais fait la critique de ce livre en mars 2018, c’était un livre dont j’avais adoré le ton, la franchise, et l’humour. Je ne résiste pas à la tentation d’en replacer ici une citation :

Quand on se rapproche de mon double [au musée Madame Tussauds de Londres], on peut voir qu’elle a la peau un peu épaisse et qu’elle transpire, alors restez à distance. Il lui manque un grain de beauté sur les reins, mais je n’en aurais pas non plus si j’avais le choix. Peut-être mon moi en cire pourra prendre le relais quand mon moi de chair déposera les armes. Mais il devra le faire dans ce putain de Bikini.

Lorsqu’on lit ce livre, on y retrouve tout l’humour cinglant et sans coquetterie de Carrie Fisher, tel qu’on peut également l’appréhender dans cette vidéo :

Et je rajoute également celle-ci pour compléter :

  • Le scientifique

Enfin le dernier livre que je retiens sur Star Wars, c’est le livre, déjà plusieurs fois cité sur ce blog, de Roland Lehoucq : Faire des sciences avec Star Wars.

C’est un ouvrage qui décrypte d’un point de vue scientifique les différents éléments de la saga : sabres laser, étoile de la mort, vaisseaux spatiaux, droïdes et planètes.

Roland Lehoucq est astrophysicien au CEA, et quand il ne s’intéresse pas aux sciences chez Tolkien, il évoque dans ses livres la science au cinéma, le nombre de doigts d’un extra-terrestre ou les pouvoirs de Superman.

J’ai pu mettre en valeur à plusieurs reprises ses travaux au CDI, ici pour de la vulgarisation scientifique :

là, pour l’exposition Star Wars du mois de décembre :

avec le visuel qui allait avec :

Star Wars, manuel de survie

Dans mes lectures, j’avais croisé aussi un manuel du Jedi, mais ce qui a retenu mon attention pour cet article, en plus de la sortie au cinéma du dernier épisode et de cet événement du 4 mai, c’est un autre manuel, dont la couverture attire très efficacement le regard.

Il s’agit de Survivre dans la galaxie, de Christian Blauvelt, publié chez Hachette en octobre 2019.

L’ouvrage est superbement mis en forme. Il se rapproche bien de Star Wars graphics, que j’ai mentionné plus haut, mais avec plus de texte.

Sur des doubles-pages, il décrypte les subtilités de la politique ou des différentes cultures de la galaxie, et propose un guide pour hacker, piloter un vaisseau spatial, choisir les bonnes armes ou encore affronter des prédateurs.

C’est un excellent divertissement, malgré quelques coquilles dans la traduction et un petit souci de mise en page à un endroit.

Le parfait complément d’autres ouvrages du même type, comme le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks.

J’espère vous avoir donné quelques pistes de lectures pour savourer pleinement ce 4 mai.

May the force be with you et à bientôt sur Cinéphiledoc !

Une année Tolkien ?

En février dernier, sur le fil et quelques jours avant la fin de l’événement, je suis allée avec Sandrine Duquenne découvrir l’exposition de la Bibliothèque nationale de France consacrée à Tolkien.

Cela m’a donné envie de faire un petit point sur ce blog sur l’exposition en elle-même, et sur quelques ouvrages qui abordent l’univers ô combien foisonnant de cet auteur.

L’exposition de la BnF

Du 22 octobre 2019 au 16 février 2020, la BnF proposait une exposition d’envergure dédiée à l’œuvre Tolkien, avec 300 pièces exposées : de nombreux manuscrits et dessins originaux de Tolkien étaient présentés.

Parallèlement, une sélection de pièces d’exception issues pour la plupart des collections de la BnF fournissait un contexte pour cette création artistique et littéraire, on y retrouvait principalement des textes, des gravures et des tapisseries, le tout organisé de manière assez grandiose.

Cette exposition avait été annoncées plusieurs mois auparavant – à l’été 2019 il me semble – et elle était attendue avec impatience.

La BnF a bénéficié du soutien du troisième fils de Tolkien, Christopher, qui a grandement contribué à l’édition et à la diffusion de l’oeuvre de son père, et qui est malheureusement décédé le 16 janvier dernier.

Elle a également abondamment communiqué autour de cette exposition, en lançant notamment un site de référence dédié à la fantasy :

https://fantasy.bnf.fr/

Sur son site, à la présentation de l’exposition étaient associés plusieurs documents et ressources, notamment cette frise chronologique de la Terre du Milieu, qui a aussi été relayée sur le compte Twitter de la Bibliothèque nationale de France.

CHRONOLOGIE_Tolkien_EXE_BD

Bref, il n’est pas étonnant que cette exposition ait battu des records de fréquentation, de par sa richesse et de par la communication, d’une qualité incontestable, de la BnF.

Évidemment, la petite ombre au tableau reste que les photographies n’étaient pas autorisées pendant la visite, ce n’est donc pas par ce biais-là que le visiteur pouvait conserver un souvenir de cette plongée dans l’univers de Tolkien.

Trois lectures

  • Trésors de Tolkien, Catherine McIlwaine

Le livre le plus à même de restituer l’atmosphère de cette exposition et de donner un aperçu relativement exhaustif des pièces exposées, c’est l’ouvrage Trésors de Tolkien, de Catherine McIlwaine, publié en octobre 2018 chez Christian Bourgeois, et traduit de l’anglais par Vincent Ferré, le spécialiste français de Tolkien.

Ce petit livre, où les illustrations prédominent, présente les pièces maîtresses des archives de Tolkien, qui étaient conservées à la Bibliothèque Bodleian d’Oxford et qui ont été prêtées pour l’exposition à la BnF.

On y retrouve les illustrations réalisées par Tolkien pour le Silmarillion, le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, des cartes, des alphabets, des manuscrits ou tapuscrits de ses différentes oeuvres, des documents plus personnels (photographies, extraits de carnets) et ses fameuses cartes de Noël – en effet, à chaque Noël il adressait une carte à ses enfants en se faisant passer pour le Père Noël.

Mes préférés ? Les cartes du Silmarillion, la maquette de jaquette du Hobbit, les lettres de feu, et toute la partie consacrée aux carte de la Terre du Milieu.

  • Tolkien et les sciences

Le deuxième livre sur lequel je voulais revenir, c’est Tolkien et les sciences, un ouvrage dirigé par Roland Lehoucq (déjà fréquenté sur ce blog pour ses ouvrages de vulgarisation autour de la science-fiction et de Star Wars), Loïc Mangin et Jean-Sébastien Steyer, et publié aux éditions Belin en octobre 2019.

C’est un livre dont la lecture m’a bien occupée entre janvier et février 2020 (avec un pic de lecture entre le 20 et le 22 février.

L’ouvrage est un pavé assez passionnant, et qui, loin de se cloisonner aux domaines strictement scientifiques, fait aussi la part belle aux sciences humaines : sociologie, philosophie, économie, politique – évidemment linguistique pour Tolkien.

Il est composé de six parties, la première étant dédiée à ces sciences humaines qui permettent la construction d’un monde. Suivent des chapitres traitant du rapport de Tolkien au temps et à l’histoire, des études de l’environnement et des milieux. Enfin, les deux dernières grandes parties s’intéressent aux personnages et au bestiaire de Tolkien.

L’ouvrage remplit parfaitement sa mission de vulgarisation scientifique et nous permet de nous intéresser, tantôt à la géologie et au climat, tantôt à la chimie, tantôt à la paléontologie…

Mes chapitres préférés ? Ceux consacrés au climat, aux questionnements sur la composition chimique de l’Anneau unique, sur la médecine, celui qui s’intéresse de près aux pieds poilus des hobbits, celui qui étudie l’évolution des peuples de la Terre du Milieu, mais aussi le chapitre consacré aux dragons. Le tout avec tableaux, schémas, et arbres phylogénétiques à l’appui.

  • Atlas illustré de Tolkien, David Day

Enfin le dernier ouvrage est le petit Atlas illustré de Tolkien, de David Day, publié en février 2020 chez Hachette Heroes.

Bien que ce livre n’ait pas été réalisé sous licence ou approuvé par les héritiers de Tolkien ou le Tolkien Estate, comme cela est précisé dès la page de titre, son approche est assez originale.

Il propose de nombreuses chronologies par tableaux, ainsi que plusieurs cartes, et plus que d’être un atlas, il fait justement la recension chronologique des événements de la Terre du Milieu, depuis la création d’Arda jusqu’au départ des porteurs d’Anneaux pour les Terres immortelles.

Pour chaque chapitres sont ainsi proposées des cartes, des généalogies et des chronologies, et c’est cela, bien plus que les illustrations et le textes, qui a retenu mon attention.

Autres références

À ces lectures récentes s’ajoutent évidemment quelques autres références que peut consulter l’amateur ou le spécialiste plus ou moins chevronné de Tolkien.

La première d’entre elles est bien-sûr le Dictionnaire Tolkien, plusieurs fois réédité et dirigé par Vincent Ferré, spécialiste déjà mentionné plus haut et faisant autorité dans ce domaine. Son ampleur est à la mesure du gigantisme de l’oeuvre à laquelle il est dédié : 60 contributeurs, 350 notices, et près de 550 pages.

Édité initialement aux éditions du CNRS, il a été réédité en septembre 2019 aux éditions Bragelonne.

Tolkien : l’encyclopédie illustrée est un autre travail réalisé par David Day (cité plus haut pour son atlas illustré) : 500 entrées alphabétiques et qui traite de tous les aspects de la Terre du Milieu :  l’histoire, la géographie, les peuples, la faune et la flore, les protagonistes. Des cartes, des arbres généalogiques, des tableaux chronologiques, illustrés de dessins originaux permettent de situer aisément événements et personnages. L’ouvrage est lui aussi paru chez Hachette Heroes en octobre 2017.

Plus ancien mais non moins indispensable, le travail de d’Édouard Kloczko, malheureusement difficile désormais à trouver à un prix abordable, L’Encyclopédie des elfes, qui permet d’aborder cet aspect de l’univers de Tolkien, avec toute sa richesse linguistique, et qui avait été publié en 2007 aux éditions du Pré aux clercs.

Enfin voici quelques titres dont j’ai déjà parlé sur ce blog et qui permettent d’élargir encore un peu plus le champ de vision :

Je ne crois pas avoir oublié un incontournable, mais si néanmoins c’était le cas, je l’ajouterai ci-dessus…

Voir, revoir, lire, relire…

Cette plongée dans l’univers de J.R.R. Tolkien m’a donné envie de pousser la curiosité un peu plus loin, notamment de revoir les films de Peter Jackson (même si les puristes n’y voient pas des adaptations fidèles du Seigneur des Anneaux, et à plus forte raison du Hobbit), et plus particulièrement le Seigneur des Anneaux, même si je commence à le connaître par coeur…

J’ai eu aussi envie de voir le biopic sur Tolkien sorti en 2019 et qui m’est passé sous le nez, là encore c’est la curiosité qui me pousse car le film est passé quelque peu inaperçu et ne semble pas avoir fait l’unanimité, ni parmi les critiques, ni parmi les héritiers de Tolkien.

Enfin, l’un de mes projets pour la fin de l’année 2020, après avoir passé toute la période de juillet 2019 à juin 2020 à lire l’ensemble des Hercule Poirot d’Agatha Christie, sera de me replonger, lentement mais sûrement, dans la lecture du Seigneur des Anneaux. J’imagine qu’entre deux autres lectures et vue la densité de l’oeuvre, cela occupera merveilleusement une partie de mon année 2020-2021, à l’issue de quoi je me lancerai dans un autre projet de lecture : les pièces historiques de Shakespeare.

D’ici là, je vous souhaite de belles échappées littéraires à vous aussi, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Robots au cinéma

Ce deuxième compte-rendu de lecture cinéphile est consacré à un ouvrage paru en septembre 2019.

Je le garde sous le coude depuis la fin décembre (comme les articles publiés en janvier et en mars) et je ne l’ai pas publié avant car je souhaitais accorder la primeur à l’ouvrage de Philippe Lombard.

Ce petit livre de 70 pages me permet d’aborder une thématique que je ne crois pas avoir déjà traitée sur ce site, et qui servira d’introduction à mon compte-rendu.

Robots au cinéma

Pour préparer cet article, je me suis demandé, fidèle à mon habitude, si la chaîne Blow Up d’Arte n’aurait pas, par hasard, consacré une vidéo aux robots au cinéma.

J’ai donc commencé l’écriture de ce compte-rendu par une courte recherche sur internet : j’y ai trouvé un article des Inrockuptibles de 2014, accompagné de cette infographie très instructive :

J’ai trouvé aussi le podcast d’une émission de France Culture, « Une petite histoire des robots au cinéma« , publié à l’occasion d’une exposition du Grand Palais qui m’avait échappé, Artistes & Robots.

Après recherche, la vidéo si convoitée de Blow Up était facile à trouver :

J’ai aussi trouvé pléthore de vidéos et d’articles, parmi lesquels celui-ci, de Golem 13 : 100 ans de robots au cinéma en 2 minutes.

Voilà qui allait me donner un bon point de départ pour ce compte-rendu !

Des robots, des robots, des robots : petite sélection personnelle

Parmi toutes ces sources, j’ai cherché à retrouver des souvenirs de robots au cinéma, et j’ai décidé de faire une petite liste de ceux qui m’avaient particulièrement marqué et ce avec une question lancinante dont je n’ai pas la réponse : pourquoi les robots au cinéma, ça marque ?

Voici donc une petite sélection de mes souvenirs robotiques, sans ordre chronologique ou de préférence. J’associe au titre un résumé du film.

  • Metropolis, Fritz Lang (1927)

Ce n’est évidemment pas le premier film que j’ai vu, mais quand je pense à l’histoire du cinéma et que je pense « robot », c’est le premier auquel je pense.

En 2026, Metropolis est une ville dans une société dystopique divisée en un quartier haut, où vivent les familles intellectuelles dirigeantes, dans l’oisiveté, le luxe et le divertissement, et un quartier bas, où les travailleurs font fonctionner la ville et sont opprimés par la classe dirigeante. Un savant fou met au point un androïde à l’apparence féminine, qui exhortera les ouvriers à se rebeller contre le maître de la cité.

C’est surtout le fait de voir le robot à la Cinémathèque qui m’avait donné envie de voir le film la première fois, ça et le fait que le 12 février 2010, la nouvelle version restaurée, de 145 minutes, avait été projetée simultanément à Berlin et sur la chaîne Arte, accompagnée par sa partition musicale d’origine et exécutée en direct par l’orchestre symphonique de la Radio de Berlin. Cela faisait quelque chose de voir un film muet entièrement restauré et avec sa musique jouée en direct.

Au-delà de ça, c’est une histoire vraiment incroyable (surtout dans le contexte de l’époque) et qui, lorsque je l’ai découverte, m’a vraiment rappelé mon deuxième souvenir.

  • Le Roi et l’oiseau, Paul Grimault (1980)

Pour les résumés suivants, je vais être un peu plus succincte, d’autant que Le Roi et l’oiseau n’est pas le film le plus simple à raconter. C’est l’un de mes premiers souvenirs cinématographiques et, comme j’aurai l’occasion d’y revenir, l’un des films qui m’a « faite » en tant que cinéphile.

Disons simplement qu’il s’agit d’une réécriture du conte d’Andersen, La Bergère et le ramoneur, qu’on y trouve une ville haute et une ville basse comme dans Metropolis, mais aussi un oiseau, métaphore du poète, face au roi tyrannique contre qui même un robot, le plus fidèle serviteur, finit par se rebeller.

  • Gandahar, René Laloux (1987)

Poursuivons dans l’animation avec Gandahar, un curieux dessin animé français, que j’avais découvert dans la foulée du Roi et l’oiseau.

Sources : Allociné

Sur la planète Tridan, dans le pays de Gandahar, dirigé par la reine Ambisextra et le Conseil féminin, les humains vivent en harmonie avec la nature, qu’ils ont génétiquement reprogrammée pour subvenir à tous leur besoins. Un jour, des hommes de métal noir commencent à semer la terreur aux frontières de Gandahar, dévastant des villages entiers et progressant peu à peu vers la capitale, Jasper.

  • Le Château ambulant, Hayao Miyazaki (2004)

Terminons du côté de l’animation avec un robot beaucoup moins androïde que les autres, celui du Château ambulant de Miyazaki.

Là encore, je ne me risque pas à faire un résumé de l’intrigue, mais je reste émerveillée par ce château fait de bric et de broc, alimenté par Calcifer, le démon du feu.

  • Star Wars : Dark Vador – 3PO – R2D2 – BB8 (1977-2019)

Ici aussi, point de résumé. Pas de préférence non plus entre la respiration et la voix de James Earl Jones pour Dark Vador, le côté majordome anglais de 3PO, les sons et lumières de R2D2 et le petit dernier (je ne compte pas D-O dans l’épisode IX), BB8.

  • Westworld : série télévisée (2016)

Petite incursion dans l’univers des séries télévisées, cet ovni qu’est Westworld avec Anthony Hopkins dans la saison 1, dont il faudrait que je revois chacun des épisodes pour mieux savourer la suite…

Westworld est un parc d’attractions futuriste recréant différents univers, dont l’univers de l’Ouest américain (Far West) du 19e siècle. Il est peuplé d’androïdes, appelés « hôtes », réinitialisés à la fin de chaque boucle narrative. Les visiteurs, appelés « invités » peuvent y faire ce qu’ils veulent sans aucune conséquence. Mais à la suite d’une mise à jour du programme des androïdes, les dirigeants du parc devront faire face à plusieurs bugs dans leur comportement.

  • Terminator, James Cameron (1984)

Enfin j’en termine avec, non pas le plus récent ni celui que j’ai vu en dernier, mais celui auquel est consacré l’ouvrage dont je vais vous parler aujourd’hui.

Je ne pense pas avoir besoin de résumer Terminator (quoique, avec les suites et les différents paradoxes de la saga, cela prendrait plusieurs heures), je me contenterai de souligner que dans cette liste, c’est le seul avec Metropolis à vouloir se situer dans un futur humain et à donner une date presque similaire à ce futur : 2026 pour Metropolis, 2029 pour Terminator.

À chaque fois pour les deux films, un robot envoyé pour semer le trouble parmi les humains, l’un envoyé de 2026 en 2026 pour insuffler la révolte, l’autre envoyé de 2029 en 1984 pour tuer dans l’oeuf la révolte des humains sur les machines.

Après ce tour d’horizon, passons à notre livre.

Retour vers le futur du cinéma

Terminator, de Sean French, a été publié en septembre 2019 aux éditions Akileos, et il fait partie de l’une de mes collections fétiches, celle du British Film Institute, ou BFI : Les classiques du cinéma.

Ce petit volume de 70 pages consacré au premier volet de Terminator est particulièrement réussi. Le propos est agréable, accessible.

L’auteur, Sean French, nous invite à nous interroger sur ce qu’est un film culte. En effet, il remarque dans les premières pages de son livre que dans un dictionnaire de David Thomson, A Biographical dictionnary of Film, James Cameron suit directement la réalisatrice Jane Campion. Si cette dernière est considérée comme l’auteur d’un chef d’oeuvre avec La Leçon de piano, Cameron fait l’objet de beaucoup moins d’indulgence.

D’où la question : qu’est-ce qu’un film culte ? Comment un film devient culte ? Et Sean French d’expliquer, en quelques 70 pages pourquoi, justement, Terminator est un film culte.

Son propos est daté de 1996 (son ouvrage n’a été traduit en français qu’en 2019) et cela donne tout son sel au livre : l’auteur l’écrit à une époque où ne sont sortis que deux volets de la saga Terminator, et où James Cameron, tout réalisateur confirmé qu’il est (il a à son actif Aliens sorti en 1986) et tout marqué par cette saga qu’il puisse l’être, n’a pas encore réalisé Titanic, encore moins Avatar.

Avec ce petit livre Terminator, le lecteur se trouve donc presque enfermé dans une faille temporelle où certes, on est sûr de tenir avec ce film un film culte, mais où un après bien connu n’est pas encore advenu. Un chapitre est d’ailleurs consacré aux réactions d’un spectateur qui découvrirait Terminator scène par scène pour la première fois, histoire de rester enfermé confortablement dans cette bulle temporelle cinéphile…

Quant à James Cameron, qui réalise les deux premiers volets de Terminator, qui réalise Aliens, il me fait vraiment penser à son acolyte Ridley Scott – ces deux-là d’ailleurs s’entendent-ils pour tour à tour nous émerveiller et nous décevoir, et d’ailleurs s’entendent-ils tout court ?

Ils parviennent à merveille à bâtir un imaginaire cinématographique révolutionnaire qui nous construit en tant que cinéphiles tout autant qu’ils nous laissent sur notre faim/fin.

Imaginaires cinématographiques

James Cameron et Ridley Scott, ces deux compères-là ont bien fait pour ma cinéphilie, avec beaucoup de plus et quelques moins, même si je suis loin d’avoir épuisée leur filmographie…

J’ai découvert Ridley Scott avec Gladiator et Kingdom of Heaven, j’ai appris après qu’il était le réalisateur de Blade Runner et d’Alien (dont je n’ai vu que les trois premiers de la saga), je n’ai jamais vu Prometheus, j’ai adoré le polémique Robin des bois (parce que Russell Crowe et Cate Blanchett), j’ai boudé Exodus et j’ai retrouvé Ridley Scott avec Seul sur Mars.

Quant à James Cameron, j’avais 11 ans à la sortie de Titanic, donc pour moi, James Cameron c’est Titanic, ensuite Terminator puis Avatar.

Les films de ces deux réalisateurs font partie des films « qui m’ont faite », au même titre que Le Roi et l’oiseau, La Nuit américaine, Cinema Paradiso, Hook… et des dizaines d’autres auxquels je pourrais penser et que j’ai pu oublier, mais des films que l’on voit un nombre incalculable de fois jusqu’à connaître la moindre réplique par coeur.

Ils pourraient tout à fait figurer dans la série proposée par Netflix, et que je recommande aux abonnés : « The Movies That Made Us », une série qui revient, avec un générique irrésistible, sur les coulisses de quelques incontournables : Maman j’ai raté l’avion, Dirty Dancing, SOS Fantômes, Die Hard : Piège de cristal.

Une petite madeleine cinéphile, en somme. Allez-y voir si le coeur vous en dit !

https://www.netflix.com/fr/title/80990849

Bons souvenirs, et à bientôt sur Cinephiledoc !

Epic failures cinématographiques

Voici le premier compte-rendu de lecture cinéphile pour l’année 2020, consacré à un ouvrage attendu avec impatience et sorti en novembre 2019.

Epic failure (ou epic fail) est une expression anglaise que j’ai rencontrée pour la première fois dans l’univers des jeux vidéos. Si les dictionnaires en ligne la traduisent par « échec cuisant » ou « échec épique », je lui préfère ma propre traduction avec infinitif, à savoir : « échouer avec classe ».

Et c’est typiquement le propos du livre dont je vais vous parler aujourd’hui que d’évoquer les films qui « échouent avec classe ». Mais avant tout, un petit préambule de présentation, avec quelques digressions, comme d’habitude.

Les films disparus

Comme le dit si justement Ferrand, le metteur en scène incarné par Truffaut dans La Nuit américaine :

Un tournage de film, ça ressemble au trajet d’une diligence au Far-West. D’abord on espère faire un beau voyage, et puis très vite on en vient à se demander si on arrivera à destination.

Je cite de mémoire.

Et effectivement, tous les tournages de films ne sont pas des longs fleuves tranquilles. Il y en a même qui n’arrivent jamais à destination parce qu’ils n’ont jamais pu commencer le voyage.

Ces films avortés ont fait l’objet il y a quelques années d’un livre magnifique, l’un de mes plus beaux souvenirs de lecture sur ce blog. Il s’agit des Plus grands films que vous ne verrez jamais de Simon Braund.

Je reprends en quelques mots la critique que j’avais faite de cet ouvrage en novembre 2013 (pour en retrouver l’intégralité, c’est par ici) :

Pour chaque film, l’ouvrage raconte la genèse du projet, les étapes de mise en route (scénario, casting, négociations d’un budget, constitutions d’archives…), les obstacles et ce qui a entraîné l’arrêt, plus ou moins brutal, du projet.

À la fin de chaque projet, une note sur 10 correspond à la chance – parfois inexistante – que nous avons d’un jour voir sortir ce film. Généralement cette note ne va pas au-delà de 5, même pour les projets les plus récents.

Enfin, les auteurs nous indiquent toujours ce qui a eu lieu «après» pour le réalisateur, les acteurs, les scénaristes, et de quelle manière ce film avorté a pu nourrir leur carrière et la hanter.

J’avais adoré ces différentes histoires d’échecs cuisants, de projets arrêtés puis repris, puis finalement abandonnés définitivement. Il y a sept ans, je déplorais déjà ce Napoléon de Kubrick jamais tourné, et sept ans après, j’attends encore que Spielberg ou Scorsese se décident à lui donner vie, sans doute en vain…

Les films gueule de bois

Il y a donc les films qu’on ne verra jamais, et puis il y a les films qui sont « enfantés dans la douleur ». Ces tournages apocalyptiques, avec des changements de dernières minutes de scénario ou de réalisateur, des caprices de stars, des problèmes financiers, des coupes au montage, bref, ces films qui envoient directement après en cure de sommeil le réalisateur atteint de dépression nerveuse…

C’est pour ces raisons que je parle ici de films « gueule de bois ». Pour ces films-là, je renvoie à « Film wars » l’excellente série en vidéo réalisée par François Theurel, alias le Fossoyeur de films, sur Dailymotion :

Je rajoute ici le lien vers l’ensemble des vidéos de cette série :

https://www.dailymotion.com/playlist/x4nokp

En matière de tournage catastrophique, je vous recommande tout particulièrement l’épisode sur Roar, où un directeur de la photo se fait tout de même scalper par un lion…

Plus récemment, et dans un versant tout aussi comique (si si, je vous assure que les épreuves peuvent être très drôle), vous pouvez regarder la websérie proposée par Première « Une séance presque parfaite », avec aux commandes l’équipe de la chaîne YouTube « Et tout le monde s’en fout » :

http://www.premiere.fr/Cinema/Dossiers/Une-seance-presque-parfaite

C’est aussi sur ce versant comique qu’est construit le livre qui nous intéresse aujourd’hui… un versant comique des Plus grands films que vous ne verrez jamais et un versant « à la française » des Film wars du Fossoyeur.

Philippe Lombard, ça tourne bien !

Comme je l’annonçais en début d’article, j’ai attendu la sortie de l’ouvrage en question avec beaucoup d’impatience, et ce n’est pas la première fois, loin de là, que je parle des livres de cet auteur.

En effet, Philippe Lombard, dont je suis maintenant les publications au même titre que les « à paraître » des éditions Capricci, Sonatine, Akileos… a eu droit à l’un des premiers articles de lecture cinéphile avec Les Grandes gueules du cinéma français, en 2013, au moment où mon rythme d’écriture sur ce site n’était pas encore stabilisé, et où je pouvais publier jusqu’à 11 articles (j’ai compté) le même mois.

J’avoue que le rythme actuel me convient beaucoup mieux et il m’a tout de même permis de consacrer plusieurs articles à un auteur cinéphile hyperactif – il n’y a qu’à voir sa biographie sur Wikipédia, petit florilège des trois dernières années :

  • Le Paris de Michel AudiardÉditions Parigramme, 2017 (ISBN 2840969912).
  • Le Petit Livre de Star Wars, Éditions First, 2017 (ISBN 2412016682)
  • Touche pas au grisbi, salope !- Argot, méchantes saillies et mots d’esprit du cinéma français, Éditions Dunod, 2017 (ISBN 2100760726).
  • Goscinnyscope : d’Astérix au Viager, tout le cinéma du maître de la BD, Éditions Dunod, 2017 (ISBN 2100767313).
  • Le Paris de François Truffaut, Éditions Parigramme, 2018 (ISBN 2373950480).
  • Parler comme un super-héros – 100 Répliques cultes pour devenir invincible, Éditions Dunod, 2018 (ISBN 2100777149).
  • Paris 100 films de légende, Éditions Parigramme, 2018 (ISBN 2373950863).
  • Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! – La face cachée des titres de films enfin révélée !, Éditions Dunod, 2019 (ISBN 210078370X).
  • Rock’n’Paris 1956-1965, Éditions Parigramme, 2019 (ISBN 2373950960).
  • Ça tourne mal !, Éditions La Tengo, 2019 (ISBN 2354611722).

C’est donc son petit dernier qui me fait aujourd’hui convoquer Simon Braund, le Fossoyeur, Kubrick, Truffaut et même Michel Serrault, que du beau monde !

Ça tourne mal, Philippe Lombard

Cela faisait un petit moment que @phil_lombard nous parlait de la sortie prochaine de Ça tourne mal : L’histoire méconnue et tumultueuse du cinéma français, finalement publiée le 13 novembre dernier aux éditions La Tengo (j’en conclus qu’il faut que je surveille une maison d’éditions de plus).

Vu ce que j’ai dit précédemment sur le livre de Simon Braund, Ça tourne mal ne pouvait que m’intéresser.

J’aime beaucoup les anecdotes de cinéma, les secrets de fabrication, la scène de la cuisine des Tontons flingueurs, les pâtes de Lino dans L’aventure c’est l’aventure, bref j’attendais, d’autant que la couverture était des plus prometteuses !

Contrairement à Simon Braund qui propose un classement chronologique des films qu’on ne verra jamais, Philippe Lombard opte pour une organisation de la préproduction à la post-production comme le Fossoyeur dans ses Film wars.

Chaque chapitre est donc consacré à une étape de la fabrication du film où ça a « merdouillé », où ça a failli passer mais non, où c’est passé mais c’était juste…

Le tout en 160 pages des plus revigorantes !

Le premier chapitre est consacré à l’étape où l’on pourrait se dire que rien de grave ne peut arriver : il s’agit de monter des projets, de proposer des scénarios à untel ou untel et de réparer la casse avant qu’elle n’arrive. Sauf qu’évidemment, rien n’arrive comme prévu : Delon fait des siennes, Lino n’embrasse pas et surtout, surtout, il ne se fait pas acheter par une pute, Claude Sautet joue les script doctors…

Attachez vos ceintures, comme dirait Bette Davis, le voyage va secouer. Ou va caler : le deuxième chapitre ressemble à un chapitre de Simon Braund, version francophone : les films qu’on ne verra jamais, avec une aparté bien sympathique sur les adaptations de bandes-dessinées.

Troisième chapitre : les tournages qui déraillent – on est loin des « films qui avancent comme des trains dans la nuit » de notre Truffaut : grève, engueulades avec le metteur en scène, budget qui dérape, quand le réalisateur n’a pas une crise cardiaque.

À nouveau, une bonne petite aparté sur les scènes de lit dans quelques films… et une sur les gifles. J’ai repensé à cette anecdote (Truffaut toujours) sur le tournage de Vivement dimanche ! : Trintignant qui est censé gifler Fanny Ardant, Truffaut qui veut que ça soit plus réaliste et qui s’en charge lui-même, sûr d’obtenir le regard de colère et de surprise adéquat pour la scène.

Le quatrième chapitre est consacré aux acteurs : débuts de carrière foireux, querelles de stars au sommet, velléités de production, personnalités attachantes… Dans l’anecdote sur Pierre Brasseur, magnifique acteur des Enfants du paradis, et qui avait une certaine aptitude à lever le coude, j’ai retrouvé les souvenirs de Michel Serrault dans son autobiographie : Vous avez dit Serrault ?, une lecture irrésistible que je recommande à ceux qui n’auraient pas le moral.

Cinquième chapitre : les réalisateurs. Ceux qui font des tournages un enfer. Philippe Lombard en profite pour revenir sur la querelle Truffaut / Godard.

Enfin le dernier chapitre est consacré à tout ce qui se passe après le tournage : on coupe au montage, on change ceci ou cela, la critique se déchaîne, le festival pousse des cris d’orfraies.

On referme Ça tourne mal en ayant l’impression d’avoir fait un tour sur des montagnes russes, avec le soulagement de n’être que spectateur : ça a pas mal secoué, la descente était rude mais on aurait bien envie d’un petit tour supplémentaire.

Et si le coeur vous en dit, allez faire un petit tour sur le site de Philippe Lombard, je le met ici :

http://philippelombard.e-monsite.com/

puisque lui-même y rappelle ce que j’ai déjà dit (et je confirme) :

« Offrez un livre de Philippe Lombard, quel qu’il soit, vous trouverez forcément de quoi faire plaisir !« 

À bientôt sur Cinephiledoc !

2019 : Palmarès de lecture

Contrairement à mes habitudes depuis quelques années, je publie début décembre ce palmarès de lecture.

En effet, je prévois début janvier un article qui ne sera ni tout à fait cinéphile, ni tout à fait profdoc, et cela me donnera également plus de temps pour vous préparer les comptes-rendus de lecture de février et mars prochains, sur des ouvrages que j’ai déjà pour projet de lire…

Cela me permettra aussi de vous donner quelques idées de cadeaux de Noël, si vous souhaitez glisser sous le sapin l’un ou l’autre des ouvrages sympathiques dont j’ai pu vous parler cette année.

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Cette année je suis un peu donc encore plus ponctuelle que l’année passée puisque j’ai préparé ce palmarès à la mi-octobre et que je le publie début décembre.

J’ai l’impression d’être comme les magasins qui font leurs annonces de promos de rentrée au mois d’août ou sortent leurs catalogues de fêtes à la Toussaint…

Comme l’an dernier, voici d’abord un état chiffré des lectures 2019 :

  1. janvier. Deux lectures : Movieland, de David Honnorat et Games of Thrones : les cartes du royaume (deux ouvrages catégorie Beaux livres)
  2. février – mars. Deux lectures : Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! de Philippe Lombard et Tout Truffaut, de Anne Gillain (catégorie Essais ?)
  3. avril : une lecture. Max, de Stéphane Olivié Bisson (roman poétique)
  4. juillet : deux lectures. Kaamelott, une livre d’histoire et Winter is coming (catégorie Essais)
  5. septembre : deux lectures. Matrix, de Joshua Clover (essais) et Louis de Funès, de Clémentine Déroudille (beau livre).

Alors oui, cela fait environ moitié moins de livres que l’an dernier, où j’ai lu 16 ouvrages qui ont pu faire l’objet d’un compte-rendu sur Cinéphiledoc. Mais vous verrez en janvier que, si j’ai moins lu sur le cinéma, j’ai tout de même beaucoup lu cette année…

Ces lectures ont l’air quelque peu disparate, mais on peut tout de même les organiser par thèmes.

Voici ce qu’on peut en retenir.

Palmarès 2019

Les figures tutélaires

Parmi les 9 ouvrages lus cette année, trois sont consacrés à un personnage emblématique du cinéma, et, sinon à l’univers cinéphile de chacun, du moins à mon imaginaire cinéphile personnel.

Il s’agit évidemment de François Truffaut, que j’ai retrouvé avec plaisir dans le Tout Truffaut de Anne Gillain, et qui m’a fourni le prétexte de quelques petites confessions ; de Max Linder, pris sur le vif dans le surprenant roman de Stéphane Olivié Bisson, et de Louis de Funès, dont l’évocation par Clémentine Déroudille m’a plongée dans une succession de répliques de films et m’a, une nouvelle fois, donné envie de revoir La Folie des grandeurs

Parmi ces trois ouvrages, je choisis le très succinct et néanmoins efficace tant dans l’écriture que dans l’émotion : Max, de Stéphane Olivié Bisson. Un texte troublant et poétique, et qui nous donne l’occasion de ranimer la mémoire sur un précurseur du cinéma comique, sur un poète maudit du cinéma muet, longtemps condamné à l’oubli. Une sorte de soldat inconnu du septième art dont la lecture de ce livre serait une des chances de ranimer la flamme.

Aux temps et lieux des séries

Il fallait bien pour la sortie tant attendue (mais je donnerai pas mon avis dessus) de la saison 8 de Game of Thrones, que je poursuive mes lectures sur le sujet.

J’ai donc eu une année 2018-2019 riche en découvertes : fin 2018 le Dictionnaire de la fantasy, publié chez Vendémiaire, et déjà évoqué dans le palmarès 2018 en janvier dernier. À la même période, l’excellent ouvrage de Cédric Delaunay, Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Début 2019, j’ai parcouru Game of Thrones : les cartes du royaume, mais il ne s’agit pas de la lecture la plus accaparante qui soit…

Petit pas de côté dans l’univers des séries médiévales, j’ai exploré les influences historiques de Kaamelott, avec Kaamelott : un livre d’histoire, de Florian Besson et Justine Breton.

Enfin, en juillet j’ai découvert l’ouvrage de Carolyne Larrington, Winter is coming, qui revient brillamment sur les références littéraires médiévales de Game of Thrones. C’est sur ce dernier que je m’arrête pour son incroyable érudition et pour la plongée qu’elle nous offre dans le Moyen Âge.

Visite guidée du cinéma : jouer sur les cartes, jouer sur les mots

Enfin, les trois livres qui me restent sont plus compliqués à classer.

J’ai apprécié l’escapade rêveuse dans Matrix proposée par Joshua Clover, même si, je l’avoue, l’ouvrage ne fait par partie de mes préférés de la collection BFI : Les classiques du cinéma de chez Akileos.

J’ai vu qu’en septembre 2019 étaient parus deux nouveaux volumes, l’un sur Toy story, l’autre sur Terminator, je vous reparlerai donc peut-être à l’occasion de ce dernier…

J’ai impatiemment attendu en fin d’année dernière le Movieland de David Honnorat, qui ne m’a absolument pas déçue, et qui propose un fabuleux voyage cinéphile par itinéraires et associations d’idées, qui ne pouvait que me séduire.

C’est à lui que j’accorde ma dernière mention, pour cette raison et aussi parce que je ne peut pas accorder tous les ans une mention à l’un de mes auteurs cinématographique fétiche : Philippe Lombard, qui a, cette année encore (et ce n’est pas fini), réussi à m’apprendre beaucoup de choses sur le cinéma tout en me distrayant, avec son désopilant Arrête de ramer, t’attaques la falaise !

Vous voulez offrir deux livres à des amateurs de cinéma pour Noël ? Offrez Movieland et offrez un livre de Philippe Lombard, quel qu’il soit, vous trouverez forcément de quoi faire plaisir !

Bilan

Évidemment, pas de mention spéciale cette année, puisque j’ai eu beaucoup moins de lectures cinéphiles que l’an passé, même si mon été a été très riche de deux univers littéraires et cinématographiques captivants : celui de Daphné du Maurier et celui d’Agatha Christie.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire la biographie de Du Maurier, Manderley for ever, à lire l’autobiographie et la biographie d’Agatha Christie, et à reprendre dans l’ordre de leurs parutions les Hercule Poirot (au moment où j’écris ces lignes, j’en suis à Cinq petits cochons, c’est donc mon 23e Hercule Poirot pour 2019).

Je ne sais pas trop ce que me réserve 2020 pour mes lectures, même si j’ai une petite idée de ce à quoi ressembleront déjà mes articles de février et de mars, qui, normalement, seront consacrés à quelques dernières publications de 2019, notamment à des publications parues normalement en octobre-novembre et que j’ai beaucoup attendues.

J’y parlerai d’un cinéaste que j’apprécie énormément, et de tournages mouvementés…

D’ici là, je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d’année, et je vous mitonne pour très prochainement le dernier article #profdoc de 2019.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

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