cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Catégorie : L’usine à rêves (Page 1 sur 38)

Dégustation chez Ghibli

Afin de se réchauffer sous un plaid en buvant du thé, et afin de poursuivre un itinéraire dans nos imaginaires cinéphiles déjà amorcé avec Harry Potter, je vous propose pour le dernier article de cette année 2022 avant le traditionnel palmarès, un petit voyage dans l’univers des studios Ghibli.

D’ailleurs, je ne l’ai pas fait exprès, mais je publie cet article quelques jours à peine après l’ouverture du parc Ghibli au Japon !

Il me semble avoir déjà abordé cet univers, à travers des publications proposées par les éditions Ynnis, une maison d’édition qui s’est spécialisé dans les hommages (c’est même le titre d’une de leurs collections) visuels aux dessins animés en général et aux studios Ghibli en particulier.

J’avais lu ce petit ouvrage ci-dessus, qui figure toujours dans ma bibliothèque, et qui constituait véritablement ce que peut être un hommage à Ghibli : riche en images et en couleurs.

L’idée de cet article m’est venue de deux impressions qui me viennent à chaque nouveau visionnage d’un film de Miyazaki :

  1. être émerveillée par les visuels
  2. avoir faim à chaque scène qui présente de la nourriture

et c’est la lecture de deux ouvrages qui n’a fait que conforter ces impressions.

Petits bonheurs à voir

Ma collection de films comporte une étagère entière de films d’animation, qui déborde même sur une deuxième.

On y retrouve les Disney jusqu’à La Reine des neiges, avec quelques exceptions notables (Rebelle, Raiponce, La Princesse et la grenouille, ainsi que les suites que généralement je n’ai pas envie de voir, comme la suite du Roi Lion, les volets suivants d’Aladdin…) 

Figurent des adaptations d’Astérix, quelques séries animées comme Il était une fois les découvreurs, des films des studios Pixar, des réalisations de Don Bluth que je regardais enfant (Fievel, Brisby, Le Petit dinosaure…), des productions françaises comme Le Roi et l’oiseau et Gandahar. Et une quinzaine de films des studios Ghibli, de Miyazaki mais pas seulement.

Parmi ces derniers, ceux que je revois le plus régulièrement sont Mon voisin Totoro, Porco Rosso, Le Voyage de Chihiro, et mon préféré de loin : Le Château ambulant.

Ce n’est pourtant pas à celui-ci que se consacre l’ouvrage qui m’a intéressée, à nouveau une publication des éditions Ynnis.

Il s’agit de Voyage avec Chihiro, de Marta Garcia Villar, publié en version originale en 2017, et en 2022 pour sa traduction française dans la présente édition.

Que soit écrit sur la couverture du livre au dessus du titre « Ma petite bibliothèque Ghibli » laisse espérer que de prochaines publications seront consacrées aux autres films des studios – vous avez compris que je guette celle sur Le Château ambulant.

Cependant l’ouvrage est en lui-même une petite bibliothèque, une petite encyclopédie à lui tout seul, puisqu’il s’attache à faire le tour, à dresser un panorama complet, visuel et particulièrement érudit, du Voyage de Chihiro.

La passion de l’auteure pour le film est en effet particulièrement palpable.

Au sommaire, et de manière non exhaustive, on retrouve :

  • une présentation de l’équipe (quasi) complète aux commandes du film,
  • le contexte de création du film avec un rappel des événements mondiaux contemporain de sa sortie, et toute l’épopée de sa création, depuis la situation des studios en 2001 jusqu’à la post-production,
  • une présentation des différents personnages du film,
  • un panorama des aspects culturels avec les thématiques présentes, ainsi qu’un chapitre entier sur le folklore japonais,
  • une analyse des aspects techniques : animation numérique, décors, son, musique, influences esthétiques et littéraires (entre autres),
  • des clefs de lecture pour comprendre Le Voyage de Chihiro,
  • les échos de Chihiro dans les autres films des studios Ghibli (et réciproquement),
  • des entretiens et des témoignages,
  • un aperçu du merchandising et des objets promotionnels vendus ou distribués à la sortie du film

Le tout est très riche, très dense, abondamment illustré, comme peut l’être une table bien garnie dans un film des studios.

Cela m’a rappelé la façon très généreuse dont les studios mettent à disposition de manière totalement gratuite les images issues de leur film…

La chose avait été soulignée et évoquée lorsqu’ils en avaient pris l’initiative en 2020, ce qui permet de retrouver les images qu’on a vues et revues de ces films, et de pouvoir illustrer un tel article comme il se doit !

L’ouvrage de Marta Garcia Villar me l’a rappelé indirectement, et m’a irrémédiablement donné envie de revoir Le Voyage de Chihiro (ainsi que plusieurs autres films des studios et en particulier de Miyazaki)… mais elle m’a aussi rappelé l’autre élément auquel je ne résistais jamais dans ces films : la nourriture.

Petits bonheurs à déguster

Cette question est souvent abordée par les amateurs des studios Ghibli, il n’y a qu’à voir le nombre de vidéos sur YouTube se demandant pourquoi la nourriture a l’air aussi appétissante et comment reproduire les plats qui y sont préparés.

Là encore, je ne résiste pas à montrer le plus alléchant, non seulement dans Le Voyage de Chihiro :

et ce n’est pas étonnant que les parents de Chihiro cèdent à la tentation, je n’aurais moi-même pas pu y résister…

mais aussi dans Le Château ambulant :

où des oeufs au bacon m’ont rarement autant mise en appétit, ce que le personnage de Marco rend bien communicatif :

Il n’y a qu’à voir la façon dont le lard brille, dont les oeufs reluisent, dont le jaune coule dans l’assiette, pour en avoir directement l’eau à la bouche.

Pour tenter de reproduire ces univers culinaires quasiment à la perfection, il n’y a pas mieux que Gastronogeek.

Les différents ouvrages de Thibaud Villanova commencent à faire une sacrément belle collection, lorsqu’on commence à les accumuler, et cela même si l’on n’est pas un virtuose de la cuisine. Je reproduis ici telle quelle sa bibliographie sur Wikipédia, en ne notant que les ouvrages qui figurent dans ma bibliothèque :

  • Gastronogeek, de Thibaud Villanova, Paris, Hachette Cuisine, .
  • Gastronogeek – Le Livre des potions, de Thibaud Villanova et Stéphanie Simbo, Paris, Hachette Heroes, .
  • Gastronogeek – 37 recettes inspirées des séries cultes, de Thibaud Villanova et Mathilde Bourge, Paris, Hachette Heroes, .
  • Les banquets d’Astérix, de Thibaud Villanova et Nicolas Lobbestael, Paris, Hachette Heroes, .
  • Gastronogeek spécial dessins animés, de Thibaud Villanova, Paris, Hachette Heroes, .
  • Gastronogeek recettes végétariennes, de Thibaud Villanova, Paris, Hachette Heroes, .
  • La cuisine dans Ghibli, de Thibaud Villanova et Nicolas Lobbestaël, Paris, Hachette Heroes, .

Je n’achète pas tout systématiquement, en revanche l’un de ceux qui manque à ma mini-collection et que je me garde éventuellement comme craquage à venir est l’ouvrage co-écrit avec Benjamin Brillaud, alias Nota Bene : Cuisiner l’Histoire, de Thibaud Villanova et Benjamin Brillaud, Paris, Hachette Heroes, .

J’ai beau ne pas cuisiner régulièrement – ou plus exactement ne pas me lancer chaque jour un nouveau défi culinaire à réaliser – c’est à Thibaud Villanova que je dois ma recette préférée de donburi, une recette d’okonomiyaki et surtout un émerveillement régulier devant les vidéos de recettes qu’il poste sur YouTube ainsi que devant certaines pages de ses livres.

Son ouvrage La Cuisine dans Ghibli publié en juin 2022 ne fait pas exception.

Comme d’habitude avec les livres de Thibaud Villanova, globalement et visuellement, ça en jette. Si les films de Ghibli donnent faim, les livres de recettes filent carrément la fringale du siècle.

Si je fais un petit parallèle entre une scène de film (celle des parents en train de se baffrer dans Chihiro) :

ce qui déjà est assez insoutenable, voilà ce que cela donne dans le livre :

Une merveille !

Et encore, ma fameuse scène avec les oeufs au plat du Château ambulant m’apparait du coup sous cette forme :

et suscite immédiatement chez moi l’envie d’aller mettre une poêle sur ma plaque à induction.

Après la présentation des recettes toutes plus alléchantes les unes que les autres, vient une partie consacrée aux astuces pour la préparation des légumes, des nouilles.

On retrouve aussi, pour notre immersion dans la culture japonaise, un glossaire des termes culinaires, des recettes de bouillons, des astuces pour la cuisson du riz (ce qui me rappelle que je ne suis jamais parvenue à faire un riz à sushi satisfaisant, ce qui reste une vraie frustration pour moi), des conseils en terme d’assaisonnement.

Le livre refermé, comme tous les livres de la collection Gastronogeek, on se retrouve comme l’âne de Buridan qui hésite entre voir des films de Miyazaki ou cuisiner des recettes Ghibli, ou alors l’inverse, ou peut-être les deux à la suite, ou peut-être les deux simultanément.

En tout cas, c’est sûr, la prochaine fois que je regarde le Château ambulant, c’est en mangeant des oeufs au bacon.

D’ici là, je vous souhaite de bonnes dégustations, visuelles et culinaires, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Sur les traces de Harry Potter

Pour cet article #lecture du mois d’octobre, je reviens sur quelques promenades littéraires et cinéphiles que j’ai faites durant cet été.

En effet, le livre dont je vais vous parler dans quelques instants a été le très heureux préambule d’une de mes escapades estivales, et je l’ai dévoré en une poignée d’heures.

Cela faisait un moment qu’on me le recommandait, et j’ai attendu la fin de l’année (scolaire) pour me décider à arrêter de passer devant dans les librairies sans l’acheter. Je ne l’ai absolument pas regretté.

Relations personnelles à une saga

J’avais 11 ans quand le premier tome de Harry Potter a été publié dans sa langue originelle.

Donc, si l’on se plonge directement dans l’histoire du sorcier le plus connu au monde, je pourrais affirmer de manière très péremptoire que Harry Potter et moi avons le même âge et avons grandi ensemble – évidemment comme l’ensemble d’une génération.

Nous n’avons pas grandi ensemble, nous avons (au début) grandi côte à côte. La Chambre des secrets a été publiée en 1998, Le Prisonnier d’Azkaban en 1999, et La Coupe de feu en 2000.

Quant aux traductions françaises, si l’on reprend du début, cela donne : 1998 pour le premier, 1999 pour le deuxième, 1999 pour le troisième et 2000 pour le quatrième. Le léger décalage a vite été rattrapé par la suite compte tenu du succès de la saga. Les trois derniers tomes sont sortis respectivement en 2003, 2005 et 2007.

Concernant les adaptations cinématographiques, j’énumère rapidement les 8 années concernées : 2001, 2002, 2004, 2005, 2007, 2009, 2010 et 2011.

Harry Potter et moi avons donc au début grandi côte à côte. Lorsque le premier tome est traduit en français, je n’y prête pas attention. Pas plus pour les trois suivants.

C’est en 2001 que je découvre Harry Potter, non pas avec l’adaptation au cinéma mais à la faveur d’un petit séjour à l’hôpital, durant lequel on m’offre le premier tome pour occuper mes journées. Évidemment, je réclame directement la suite. Et c’est ainsi que je plonge tête baissée dans l’univers de J.K. Rowling.

Nous ferons alors ensemble la suite du parcours : en 2003, je guette la traduction française du cinquième tome (qui restera mon préféré), puis en 2006 celle du sixième tome. En 2007, je ne peux pas supporter d’attendre 4 mois pour découvrir le septième tome dans sa traduction, je le lis directement en anglais.

Je guette les adaptations cinématographiques, je rajoute à ma bibliothèque les ouvrages qui accompagnent la saga… et j’ai un bon nombre de produits dérivés qui meublent mon quotidien (vous en trouverez quelques-uns ici), et qui vont du pins au porte-clefs en passant par la baguette d’Hermione.

Mon addiction, si elle ne s’embarrasse pas des polémiques qui ont depuis entouré J.K. Rowling et ses personnages, ne s’étend pas cependant à l’univers des Animaux fantastiques, dont je n’ai vu pour l’instant que les deux premiers volets, sans forcément ressentir le même attachement.

Bref, pour résumer, j’ai grandi finalement avec Harry Potter et j’aime son univers, qui demeure pour moi une sorte de « doudou » affectif.

Dans l’ombre de Harry Potter

J’en reviens donc à ce livre, devant lequel je suis passée et repassée plusieurs fois avant de me décider 1/ à l’acheter 2/ à le lire.

Il s’agit de Numéro deux, de David Foenkinos, publié chez Gallimard en février 2022. De Foenkinos, j’avais déjà lu Charlotte, La Tête de l’emploi et Le Mystère Henri Pick, dont j’avais adoré l’adaptation au cinéma avec Luchini et Camille Cottin.

Associant le nom de l’auteur et la quatrième de couverture, je me suis plongée dans ce roman, mêlant faits réels et éléments imaginés, avec beaucoup de curiosité.

C’est à cette quatrième de couverture que je laisse la parole ici :

« En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par la même occasion, deviendrait mondialement célèbre.
Des centaines d’acteurs furent auditionnés. Finalement, il n’en resta plus que deux. Ce roman raconte l’histoire de celui qui n’a pas été choisi. »

Si l’on s’attarde sur le titre et la fin de ce petit résumé, cela revient à mettre en parallèle les deux destins : celui qui dans les romans (dans leur version originale) est appelé « the chosen one », ou l’élu, d’un côté, et de l’autre, cet ironiquement fameux « numéro deux » (the second one en anglais), « celui qui n’a pas été choisi ».

C’est ce parcours que David Foenkinos nous invite à suivre : celui du garçon qui a failli être Harry Potter, une histoire poignante, troublante, parfois pleine d’ironie et parfois glaçante.

À l’une des étapes du roman, il compare cette trajectoire à celle de Pete Best qui fut le premier batteur des Beatles avant d’être remplacé par Ringo Starr.

Pour ma part, le livre m’a surtout rappelé un film sorti en 2011 : Killing Bono :

À Dublin, Neil McCormick et son jeune frère Ivan montent le groupe de rock Shook Up, avec l’ambition de devenir le plus grand groupe de rock du monde. Au même moment, Paul Hewson, leur camarade de classe, chante dans son propre groupe qui vient lui aussi de se former. Neil, persuadé que le sien est bien meilleur, ne se doute pas encore que le groupe qui le concurrence va bientôt sortir de l’ombre sous le nom de U2, et que Paul Hewson deviendra une star planétaire sous celui de Bono.

Ce film évoquait, comme Numéro deux, toute la difficulté de se construire une identité quand on a constamment sous les yeux l’identité encombrante de ce qu’on aurait pu être.

La difficulté principale du héros, Martin Hill, elle tient aussi à la proportion démesurée que prend l’engouement des lecteurs et des spectateurs pour l’univers de Harry Potter : durant ces années où la sortie des livres et celle des films sont quasiment simultanées, le nom de Harry Potter est sur toutes les lèvres, et il est de plus en plus difficile d’y échapper, d’en être en quelque sorte déconnecté.

Ce phénomène se rapproche à mon sens de l’usage que l’on fait du numérique ou des réseaux sociaux : nous avons presque tous côtoyé dans notre entourage cette personne qui, se défendant d’avoir un smartphone, d’être inscrit sur tel ou tel réseau social, finit par sauter le pas sous l’influence d’autrui ou pour pouvoir effectuer des démarches de la vie courante.

Alors certes, on ne devient pas du jour au lendemain fan absolu de Harry Potter si (et ici j’opère un raccourci quelque peu facile) l’on n’est pas tombé dedans étant petit. Mais cet univers s’est frayé un tel chemin jusque dans nos vies quotidiennes que même une personne complètement étrangère sera amenée à l’avoir sous les yeux.

Harry Potter à Londres

C’est suite à cette lecture que je suis allée à Londres au mois d’août dernier.

Comme je connaissais déjà la ville, j’avais déjà pu voir certains lieux emblématiques de la saga :

  • évidemment la fameuse voie 9 ¾ à la gare de King’s Cross – désormais prise d’assaut et absolument inaccessible, avec le chariot de Harry Potter (juste à côté il y a la boutique officielle Harry Potter, où il faut jouer des coudes et se frayer un chemin pour savoir si oui ou non on se décidera à acheter un retourneur de temps, une écharpe Gryffondor ou un plateau d’échecs…)
  • le Millenium Bridge qui apparaît au début du 6e film, Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé, pour être détruit par les Mangemorts
  • Piccadilly Circus que l’on retrouve dans le 7e film, Les Reliques de la Mort (Partie 1), lorsque Harry, Ron et Hermione s’enfuient du mariage du frère de Ron suite à une attaque des Mangemorts. C’est à Piccadilly Circus que Hermione les fait réapparaître, plus précisément sur Shaftesbury Avenue et ses nombreux théâtres, où elle leur explique qu’elle allait souvent avec ses parents.

L’application Visit London (et sûrement énormément d’autres applications et sites internet) recense les activités et les lieux associés à Harry Potter lorsqu’on se rend à Londres. Voici celles que je garde éventuellement pour un prochain séjour :

  • les studios de la Warner Bros (auxquels il faut réserver une journée entière)
  • le zoo de Londres
  • des parcours thématiques organisés dans la ville
  • le spectacle « Harry Potter and the cursed child » au Palace Theatre (en deux parties de 2h30 chacune)…

Et voici celles que j’ai pu mener :

  • la visite du Leadenhall Market, ayant inspiré le chemin de Traverse, et dont vous avez un petit aperçu ci-dessous :

J’y suis allée un dimanche matin, l’endroit était désert, mais donnait malgré tout une idée de son charme et de son effervescence habituelle.

  • durant une de mes balades, je suis passée devant le Palace Theatre où se joue le spectacle mentionné plus haut

J’aurais pu réserver une place, mais j’avoue que la durée et le fait de devoir réserver forcément les deux parties le même jour (à 13h la première et à 18h la deuxième) m’a un peu freinée… je garde donc l’idée pour une prochaine fois.

Mais l’activité principale en lien avec l’univers de J.K. Rowling et à laquelle j’ai consacré du temps était :

  • The Harry Potter Photographic Exhibition au London Film Museum

Le London Film Museum est situé non loin de Leicester Square et de Covent Garden, c’est un musée qui organise des expositions temporaires (durant mon séjour sur Harry Potter, mais précédemment sur la saga James Bond).

On y accède en réservation un billet en ligne, et l’exposition est vraiment immersive, tout en se concentrant sur les tournages des films.

On y retrouve donc quelques éléments de décors, des photos de tournage, ainsi que des vidéos de témoignages (producteurs, acteurs, décorateurs…).

On peut se faire prendre en photo sur un balai devant un fond vert, voir la moto d’Hagrid, le registre de Gringotts, la robe de sorcier de Voldemort…

En fin de parcours, il y a évidemment un café où déguster de la biéraubeurre (mais je n’ai pas testé) et une boutique où l’on retrouvera les mêmes produits dérivés qu’à King’s Cross.

La visite dure environ 1h30 et vaut le détour pour les fans de la saga, et elle est une excellente invitation à revoir les films ou à relire les livres, preuve supplémentaire de l’impact de l’univers de Harry Potter dans notre imaginaire collectif.

C’est sur cet univers et sur cet imaginaire que je vous laisse, et vous dis à très bientôt pour un nouvel article – et un tout autre univers – sur Cinephiledoc !

Trente, quarante, soixante

Nous passons notre temps à nous souvenir et à commémorer.

Lorsque j’ai commencé à envisager ce nouvel article cinéphile et son compte-rendu de lecture habituel, c’était en plein été, et deux constats me sont venus en tête.

Le premier, c’est qu’une nouvelle fois, je parlerai de Romy Schneider en septembre, fidèle à la chanson d’Hélène : « Ce soir, nous sommes septembre », sur laquelle j’ai eu plusieurs fois l’occasion de revenir.

Le second, je l’ai énoncé dès la première phrase de cet article.

En effet, lorsque l’on regarde certaines émissions télévisées, lorsque l’on feuillette la presse, ou même lorsque l’on consulte la page d’accueil de Wikipédia, il ne se passe pas un jour sans que l’on soit confronté, forcément, à ce qui s’est passé le même jour il y a un an, dix ans, cent ans…

Cet été, à quelques jours d’intervalles, ce sont trois de ces anniversaires qui sont venus se rappeler à moi.

Trente, quarante, soixante

Commençons par les deux extrémités, et gardons le milieu pour la fin.

  • Trente

Le premier de ces anniversaires pourrait paraître surprenant sur un site consacré principalement au cinéma, puisqu’il s’agit de la disparition, le 2 août 1992, de Michel Berger.

Au coeur de l’été, le 2 août, nous avons donc eu eu droit au lot habituel de reportages, de passants qui ânonnent des chansons de manière plus ou moins juste, et d’émissions hommages à l’artiste fauché en pleine gloire.

Ayant été bercée par les musiques de cette génération Berger et ayant écouté plus qu’à mon tour Starmania, Berger, Gall, Balavoine et Sanson, je n’ai alors pas été épargnée par l’envie moi aussi de réécouter La Groupie du pianiste ou Ella, elle l’a.

Par ailleurs, j’ai toujours trouvé un côté très cinématographique aux chansons de Michel Berger, et du coup, si je l’ajoute à cet article « célébrations », il ne fera pas figure d’intrus.

Quelques jours après, c’est un autre anniversaire que nous avons célébré.

  • Soixante

Le 5 août 1962 disparaissait Marilyn Monroe.

Le 5 août 2022 a donc vu son lot d’hommages, de passants croisés dans la rue qui évoquent la soirée d’anniversaire de John Fitzgerald Kennedy « Happy birthday Mr President » en lui associant le Poupoupidou de Certains l’aiment chaud.

Nous avons revu la robe blanche au dessus de la bouche de métro, et les reportages sont revenus à l’envi sur la comédienne incarnation du glamour, avec ses portraits réalisés par Andy Warhol, l’une des femmes les plus photographiées, et sur sa mort toujours sujet aux théories les plus fantasmées, à 36 ans.

Parmi les personnalités interrogées durant ces reportages, l’une des plus intéressantes reste Isabelle Danel, qui avait publié en 2012 (pour les cinquante ans de la disparition de la star, donc) un dictionnaire thématique : Marilyn Monroe de A à Z, un ouvrage qui, selon moi, reste la référence sur Marilyn.

Dans ces reportages, Isabelle Danel rappelait que Marilyn, au-delà de l’image du sex-symbol quelque peu écervelé, était aussi une femme passionnée de lectures et d’écritures, et qu’avaient été publiés pour la première fois en 2010 les Fragments :

des textes de Marilyn accompagnés de leurs fac-similés.

Si l’on veut poursuivre l’évocation de Marilyn, on se replongera dans sa filmographie (pour ma part, je reverrais bien Certains l’aiment chaud, qui reste mon préféré…), on relira le superbe Blonde, de James Carol Oates :

dont il me tarde de découvrir l’adaptation sur Netflix, et dont la sortie est prévue le 23 septembre…

  • Quarante

Nous avons passé les trente et les soixante en revue, arrêtons-nous maintenant sur les quarante.

En effet, le 29 mai 1982, une autre icône du cinéma disparaissait : Romy Schneider.

À nouveau, depuis le début de l’année, hommages et publications – certaines racoleuses, d’autres plus sérieuses – se sont succédés.

Les néophytes ont pu découvrir certains des films de Romy sur Netflix, la plateforme ayant mis en ligne pas moins de 8 films où elle apparait (vérification faite à la mi-août) : entre autres trois Claude Sautet, Les Choses de la vie, Max et les ferrailleurs et César et Rosalie, mais aussi Christine et La Piscine pour ne citer qu’eux.

Mais le plus bel hommage, c’est évidemment celui proposé par la Cinémathèque française, une exposition et une rétrospective qui ont été organisées entre le 16 mars et le 30 juillet 2022.

Exposition Romy Schneider – Cinémathèque française

Cette exposition, que j’ai découverte à ses tout derniers jours le 28 juillet, était magnifiquement orchestrée.

Jusqu’ici, il n’y a qu’une seule exposition proposée par la Cinémathèque qui m’a un petit peu déçue, celle proposée sur l’enfance au cinéma en 2017, qui était davantage une exposition d’ambiances – mais ce n’est que mon avis personnel.

Depuis, chacune des expositions proposées à laquelle j’ai pu me rendre n’a suscité chez moi que l’émerveillement, et celle consacrée à Romy Schneider n’a pas fait exception !

Retour en images et en quelques étapes…

La première rencontre que nous faisons à l’entrée de l’exposition est celle-ci, le regard de Romy Schneider, magnétique et hypnotique dans Les Choses de la vie, de Claude Sautet :

L’évocation est ensuite à la fois chronologique et thématique, associant les photographies, les extraits de films et d’archives, les ambiances, les objets et les costumes.

Période autrichienne avec Sissi (mais pas seulement) et pour l’occasion, un dais projetant des extraits des films et dans lequel on retrouve la fameuse perruque de 5 kilos que l’actrice devait supporter, un tableau en pied d’Elisabeth de Wittelsbach, une photo où Romy pose devant ce même tableau :

Période parisienne et la rencontre notamment avec Alain Delon, Coco Chanel et Luchino Visconti – qui lui fera ré-endosser le costume de l’impératrice dans son Ludwig :

L’exposition nous replonge ensuite dans les diverses aventures cinématographiques de Romy Schneider : les comédies américaines, la rencontre avec Orson Welles, le tournage interrompu de L’Enfer, d’Henri-Georges Clouzot, avant de revenir sur les retrouvailles avec Alain Delon dans La Piscine.

Les occasions manquées aussi, dont témoigne cette lettre de Truffaut, évoquant un projet avec Romy :

Suit la période Claude Sautet, où l’on retrouve les plans de travail hyper méticuleux du réalisateur, et les photographies issues de ses films, accompagnés du costume de Rosalie :

Les dernières parties de l’exposition sont consacrées aux différents projets « mémoriels » de la comédienne, et retrace cette volonté de travailler sur des films évoquant la seconde guerre mondiale (Le Train, Le Vieux fusil, La Passante du Sans-souci)

mais aussi de faire confiance à de jeunes réalisateurs, comme Andrzej Żuławski avec L’important c’est d’aimer, ou Francis Girod qui tourne Le Trio infernal et qu’elle retrouve en 1980 dans La Banquière (mon préféré) :

Enfin on retrouve à la fin de l’exposition une sélection de photographies, nous rappelant qu’avec Marilyn, Romy Schneider reste la comédienne dont le visage et la silhouette ont le plus impressionné la pellicule, qu’elle soit fixe ou en mouvement.

L’exposition proposait d’ailleurs une sélection en partenariat avec l’INA :

Un autre livre sur Romy Schneider

Sortie de cette exposition, comme toujours à la cinémathèque, l’arrêt à la librairie est un passage incontournable.

J’aurais pu, pour changer, me plonger dans le très bel ouvrage de Luc Larriba sur le tournage du film La Piscine, publié en février 2022 :

J’aurais pu tenter l’une ou l’autre des nouvelles biographies publiées cette année, ou rééditées en grand format, comme celle de David Lelait.

Mais ce que je voulais surtout, c’était pouvoir retrouver le cheminement de l’exposition, avec ses extraits d’interviews, ses citations, ses photographies, ses affiches et ses costumes.

Or, à la librairie de la Cinémathèque, le catalogue de l’exposition était introuvable, je ne l’ai retrouvé que quelques jours plus tard en librairie.

Il s’agit cependant d’un ouvrage magnifique, publié par Clémentine Deroudille, et doublement édité par la cinémathèque et Flammarion :

L’ouvrage revient en toute sobriété et élégance sur l’ensemble de l’exposition, le texte étant principalement composé d’interviews de Romy Schneider, d’extraits de ses journaux intimes et de ses lettres, ou de témoignages de ceux qui l’ont directement côtoyée.

Encore une fois, il s’agit donc d’un pari magistralement gagné par la Cinémathèque française, dont je guette avec impatience la prochaine exposition : « Top secret : cinéma et espionnage » qui sera proposée à partir d’octobre prochain !

Et même si le catalogue de l’exposition n’était pas disponible dans la librairie du 51 rue de Bercy, je n’ai pas pu résister à la tentation de rapporter de cette énième visite un petit souvenir : il s’agit de deux jeux de cartes réservés exclusivement aux cinéphiles, l’un reprenant les films d’Hitchcock, l’autre ceux de Charlie Chaplin.

Je vous en glisse ici un petit aperçu :

Ce que j’ai trouvé vraiment chouette avec ces deux jeux de cartes, c’est que contrairement à certains jeux de cartes thématiques que j’avais quand j’étais enfant, les images ne figurent pas seulement sur les figures (rois, dames, valets), mais bien sur la totalité des cartes, sur lesquelles on retrouve acteurs, scènes et affiches des films de Chaplin et d’Hitchcock.

Et cela ajoute à la panoplie d’objets et d’images dont j’ai pu parler dans mes deux hors-série de cet été, pour le prolonger un peu…

Voilà pour l’évocation de ces icônes du cinéma, au premier plan desquelles figure, comme à l’accoutumée en septembre, mélancolique et automnale, Romy Schneider, qui clôt l’article comme elle l’a ouvert, avec cette citation que je garde en mémoire :

Je vous souhaite un bon mois de septembre, et vous dis à très bientôt pour un nouvel article sur Cinephiledoc !

Hors-série 2 : dix images de cinéma qui sont chez moi

Comme à mon habitude, je vous propose deux hors-série estivaux sur ce blog.

Après un petit mois de déconnexion, voici le deuxième hors-série, qui sera tout aussi léger et, comme le promet le titre, tout aussi imagé que le premier.

Avec un peu de paresse, mais tout de même une pincée de réflexions, j’ai voulu vous partager dix images qui peuplent mon intérieur, et qui, pour certaines, m’accompagnent depuis un long moment.

Je ne vais pas forcément les présenter de manière chronologique, ni même faire une étude approfondie de leur composition, mais juste expliquer, en toute subjectivité, comment elles ont, elles aussi, construit ma cinéphilie.

Portraits en solo

  • Les Lumières de la ville

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours connu cette photographie de Charlot, descendant les escaliers dans Les Lumières de la ville.

Elle est d’une assez bonne taille (environ 90×75 cm) et elle était à l’origine accrochée dans la maison familiale sur un pallier donnant sur ma chambre et sur celle de mes parents.

Mon père était un fan de Chaplin, et quand j’étais petite, il m’invitait chaque soir à dire « Bonne nuit » à Charlot avant d’aller me coucher.

Malgré toute l’affection que j’ai eue depuis pour Charlot, le fait de lui dire « Bonne nuit » me terrifiait, j’étais persuadée que le bonhomme allait descendre durant la nuit de son affiche pour venir jouer les vampires dans ma chambre…

Depuis, évidemment, j’ai vu et revu les films de Chaplin, j’ai ajouté d’autres images des Temps modernes et du Kid et du Cirque à cette affiche, qui s’est déplacée plusieurs fois, que j’ai fait ré-encadrer et qui est désormais dans mon salon.

  • La Nuit américaine

Par comparaison à celle de Charlot, cette photographie de Truffaut paraît minuscule : elle est dans un cadre en bois posé sur l’une de mes bibliothèques (elle figure juste à côté du clap mentionné dans l’article précédent).

On reconnaît qu’il s’agit d’une photographie de tournage de La Nuit américaine, non seulement à la veste de cuir portée par le personnage de Ferrand dans le film, mais aussi, étant donné la façon dont la photo est découpée, à l’oreille droite de Nathalie Baye qui figure à gauche de Truffaut – et qui joue le rôle de la scripte Joëlle dans le film.

C’est aussi l’une des seules photographies que j’ai imprimée directement et que j’ai encadrée de manière quelque peu artisanale, et figurant ainsi à côté d’autres dont je parlerai un peu plus loin, elle me fait aussi l’effet d’une de ces photographies qui figurent dans la chapelle de Julien Davenne dans La Chambre verte

  • Bogie

Justement, pas très loin de Truffaut, on retrouve cette photographie d’Humphrey Bogart dans un beau cadre noir…

Cette photo m’a été offerte par mon père. Bogart, comme Marilyn Monroe ou Audrey Hepburn, faisait partie (et fait peut-être toujours partie) des acteurs qui sont le plus facile à trouver dans des magasins de décoration.

Vous voulez un décor d’intérieur de cinéma ? Vous trouverez forcément Marilyn et sa robe blanche dans Sept ans de réflexion (ou bien-sûr la série d’Andy Warhol), Audrey Hepburn et son fume-cigarettes dans Diamants sur canapé, et Bogart en évocation incontournable du film noir.

Couples mythiques

  • Bogie and The Look

Sur la même bibliothèque, entre Bogart et Truffaut, il y a cette photographie d’Humphrey Bogart et Lauren Bacall issue du Grand sommeil.

Le Grand sommeil est le deuxième film qui les réunit, après Le Port de l’angoisse, et avant Les Passagers de la nuit et Key Largo.

J’ai découvert le couple Bacall / Bogart peu après avoir vu La Nuit américaine, Howard Hawks faisant partie des cinéastes auxquels Truffaut rend hommage dans son film. Cherchant donc méthodiquement à construire ma culture cinématographique, j’ai découvert Le Port de l’angoisse dans l’un des cinémas parisiens qui a l’époque projetait les grands classiques, l’Action écoles.

Je suis allée ensuite farfouiller plusieurs fois dans la librairie Cinédoc qui était située passage Jouffroy à Paris, à côté du musée Grévin, et qui proposait, outre des ouvrages et des revues sur le cinéma, quantité d’affiches, photos de tournage et cartes postales… d’où provient entre autres cette photo du Grand sommeil.

  • La Belle et la Bête

C’est dans cette même librairie que j’avais trouvé nombre d’affiches de films, la plupart des affiches néerlandaises (je ne sais pas pourquoi). Je ne les ai pas toutes conservées, mais l’une de mes préférées reste cette affiche du film de Cocteau, avec Jean Marais et Josette Day, que j’ai fait depuis ré-encadrer.

On y retrouve la fameuse rose issue du conte – et que réutilisera Disney – et si je fais une entorse à ce que j’ai indiqué en introduction et m’intéresse brièvement à la composition, on retrouve sur cette affiche un élément fréquent, avec l’homme qui littéralement surplombe / domine la femme, cette dernière en posture de fragilité ou d’évanouissement, dans une position qui donnerait un torticolis à tout être humain normalement constitué…

  • Gone with the wind

Même composition pour cette affiche d’Autant en emporte le vent, qu’une amie m’avait offert dans une taille absolument gigantesque (si l’on mesure avec les images précédentes, je dirais que l’affiche faisait au moins deux Charlot et demi, soit environ 2m X 1,5m).

Pour les besoins de la photo, j’ai quelque peu tronqué la partie droite de l’affiche et le nom d’une des comédiennes, Olivia de Havilland, qui incarne cependant mon personnage préféré, avec celui de Clark Gable.

La version « géante » de cette affiche a d’abord trôné dans l’une de mes chambres d’étudiantes – il n’y avait quasiment pas de place pour autre chose. Puis dans l’une des pièces de mon appartement. Enfin, pour être un peu plus raisonnable sans forcément y renoncer, je lui ai trouvé une version « miniature » et j’ai roulé et rangé la grande soeur dans un placard.

  • It’s a wonderful life

Pour cette dernière image de couple, j’ai choisi cette affiche du film de Frank Capra, en français La Vie est belle.

J’ai toujours trouvé l’argument de ce film incroyable : un homme au bord du suicide reçoit la visite d’un ange qui lui fait découvrir ce qu’aurait été son environnement proche s’il n’avait pas existé, lui redonnant ainsi goût à la vie.

Sur ma photo vous pouvez voir en reflet comme cette affiche fait pendant à l’affiche de Charlot.

Je n’ai pas revu ce film depuis longtemps, mais je me souviens que dans un épisode de Friends, Monica le conseille à Phoebe, et l’affiche, il me semble, apparaît également dans le décor.

Ce serait d’ailleurs intéressant que quelqu’un se penche sur les références cinématographiques dans les séries télévisées, en particulier dans Friends, qui en abonde (la chambre de Joey étant, entre autres, tapissée d’affiches de cinéma).

Deux hommes, une femme

Attention, rien de tendancieux dans cette formulation. Il y a simplement chez moi, encadrées de manière rigoureusement similaire, deux photographies de cinéma.

  • Jules et Jim

La première est issue du film Jules et Jim, avec la fameuse course de Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre sur le pont.

  • Fenêtre sur cour

La seconde est une photographie de tournage de Fenêtre sur cour où figurent James Stewart, Grace Kelly et Alfred Hitchcock.

Retour aux sources

Enfin pour la dernière des dix images, je vous propose un petit retour aux origines du cinéma :

avec cette affiche du Voyage dans la Lune de Georges Méliès. J’avais trouvé celle-ci lors d’une de mes nombreuses visites à la Cinémathèque, ce qui me donne une transition toute trouvée avec le prochain article cinéphile, dans lequel je reviendrai, entre autres, sur ma dernière visite à la Cinémathèque française.

D’ici là je vous souhaite une excellente fin d’été et je vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Hors-série 1 : dix objets cinéphiles qui sont chez moi

Comme à mon habitude, je vous propose deux hors-série estivaux sur ce blog.

Cette année, j’étais d’humeur un peu plus légère et un peu moins studieuse que les années précédentes, et je n’ai pas vraiment anticipé l’écriture de ces hors-série.

En revanche, je sais à peu près par quelles lectures finir l’année 2022, ayant déjà constitué ma pile de lecture de l’été – mais laissons ça pour plus tard !

Pour ce premier hors-série, j’avais envie de vous partager une petite sélection en images (ce que je réitérerai pour le second) et de vous convier chez moi, en quelque sorte.

C’est pourquoi je vous invite à découvrir dix objets cinéphiles (l’appellation est large) qui occupent mes étagères.

Objet 1 : des jumelles pliantes

Avant toute chose je tiens à dire que j’ai une propension – héritage familial – à adorer mettre des objets sur des étagères, ce que d’autres appellent « bibelots » ou « nids à poussière ».

Même si j’ai essayé au fur à mesure d’épurer mon décor, et d’en avoir un petit peu moins, il m’arrive encore de craquer sur un machin complètement inutile (donc forcément indispensable) qui me fera râler parce qu’il faudra bien le dépoussiérer à intervalles réguliers.

Ce genre d’objets, comme je l’ai dit, faisait partie de mon environnement familial : mes parents adoraient les cuivres (gloups) et autres assiettes décoratives qui envahissaient la maison.

De mon côté, l’un des premiers objets sur lequel j’ai mis la main était cette paire de jumelles pliante que j’avais trouvée chez ma grand-mère :

Et je ne compte plus le nombre de fois où je me suis amusée à ouvrir et refermer le boitier.

Objet 2 : un appareil photo à soufflet

Concernant cet objet, je ne me souviens absolument plus comment il a fini par atterrir dans ma chambre d’ado, mais il a côtoyé ma cinéphilie naissante.

En effet, à la même période où je commençais à biberonner des films à haute dose, j’étais fascinée par l’histoire du cinéma et de la photographie. Mon ambition ultime était d’avoir un jour une caméra comme celle de Tintin dans Tintin au Congo… et j’adorais multiplier les visites de l’exposition permanente de la cinémathèque, avec ses lanternes magiques et le robot de Metropolis.

Objet 3 : un kaléidoscope

C’est à peu près à la même époque que j’ai commencé à lire À la recherche du temps perdu… quel rapport avec le cinéma ? Les dispositifs visuels y sont omniprésents, de la lanterne magique au kaléidoscope justement…

À Combray, tous les jours dès la fin de l’après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand’mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l’air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l’heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l’instar des premiers architectes et maîtres verriers de l’âge gothique, elle substituait à l’opacité des murs d’impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané.

Pour les lanternes magiques, il suffit d’aller à la cinémathèque et l’on peut en contempler différents spécimens.

Pour le kaléidoscope, les premiers que j’ai pu trouver étaient des jouets en plastique dans des musées de vulgarisation scientifique (comme la cité des sciences). Celui que j’ai finalement dégoté vient d’une petite boutique d’objets anciens de Venise.

Objet 4 : un stéréoscope

Là encore, voilà un curieux bidule qui a miraculeusement survécu dans le bazar familial.

Je me souviens l’avoir aussi amené dans mon ancien établissement pour le faire manipuler aux élèves qui étaient assez fascinés…

Il n’est pas franchement beau, mais c’est l’un des premiers instruments qui permet de donner l’illusion de la 3D.

Objet 5 : un praxinoscope

On reste dans les -scope avec cet objet qui fait partie de mes chouchous !

Il y a plusieurs années, pas très loin de l’historique café Procope, dans le passage Saint André à Paris, il y avait un magasin absolument merveilleux qui vendait des jouets anciens.

Et parmi ces jouets anciens, il y avait des praxinoscopes.

Imperturbablement, ma bande de papier préférée reste celle que vous apercevez ici : le tigre en pleine course.

Et avec ce petit dernier, j’en ai fini pour les objets qui s’amusent avec notre regard…

Objet 6 : un clap

Cet objet (enfin pas ce modèle-ci) a toujours fait partie de mon décor familial, puisque mon père en avait un aussi.

Lorsque j’ai eu mon propre chez-moi, il n’était pas question que j’emmène « son » clap, il m’a donc rapporté celui-ci d’une petite escapade aux studios Babelsberg en Allemagne – studios que je n’ai pas encore pris le temps de visiter depuis.

Bref, chacun son clap !

Objets 7 : des coffrets DVD

Il y a plusieurs années, la Warner Bros éditait – surtout au moment des fêtes de fin d’année – des coffrets en métal (steelbook) qui regroupaient des films de stars hollywoodiennes ou de genres cinématographiques.

On y retrouvait pêle-mêle Bette Davis, Humphrey Bogart, Cary Grant, les Marx Brothers ou encore des films d’aventures.

Objets 8 : la panoplie parfaite du fan d’Harry Potter

J’aurais pu faire un article avec 10 objets uniquement associés à l’univers d’Harry Potter : vous y auriez retrouvé la baguette d’Hermione, un lego Harry Potter, un trivial pursuit, un jeu de cartes, des mugs, des tote bags, des tee-shirts, un pins ou encore un porte-clefs.

Mais parmi mes préférés on retrouve cet attrape-poussières avec Hedwige dedans :

et un ticket donnant accès à la voie 9 3/4 glané dans l’une des boutiques Harry Potter – plus précisément celle de King cross à Londres :

Objets 9 : un peu de vaisselle ?

Pour un anniversaire il y a un temps certain, on m’avait offert des tasses Marilyn Monroe et Audrey Hepburn, auxquelles s’est ajoutée cette chope de bière évidemment rapportée de Belgique.

Si j’ai laissé la chope en évidence, je n’y ai pas resservi la bière qui va avec, une brune bien épaisse et digne de la Guinness, et qui ne fait pas partie de mes bières de prédilection.

Objets 10 : garder son âme d’enfant

C’est finalement tout le propos de cet article, sinon à quoi servirait une telle accumulation ? Mais je termine avec ceux qui ont fait partie des derniers arrivés sur mes étagères :

J’ai craqué sur BB8 peu après la sortie du septième épisode de Star Wars, et la peluche de Milou vient d’une édition du Tintin et le secret de la licorne de Spielberg (tiens, on en revient à Tintin…).

Cependant, malgré ce petit craquage, BB8 est désormais beaucoup plus souvent sur son étagère que roulant sur le sol.

Voilà pour ce premier petit hors-série estival, tout en images (et avec un peu de textes), je vous partagerai le deuxième dans un mois.

D’ici là, je vous souhaite de belles images, de belles escapades et une belle âme d’enfant, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Page 1 sur 38

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén