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Des crinolines à Hollywood

Pour ce compte-rendu de lecture du mois de septembre je vais tenter, une fois n’est pas coutume, non pas de partir de mes habituelles associations d’idées pour en venir au livre, mais bien de partir du livre pour partager ensuite les associations d’idées qui m’ont été communes avec son auteur.

Un roman de cinéma

J’ai parfois eu l’occasion d’en parler sur ce site : de quelle façon j’en viens à choisir un roman sur le cinéma.

Parfois il suffit du titre, parfois de la quatrième de couverture. Pour le livre qui m’intéresse aujourd’hui, ce qui a été déterminant, ce n’est pas seulement son titre, ni même sa quatrième de couverture, sur laquelle, avant de me plonger complètement dans la lecture, je m’étais à peine attardée.

Ce qui a été déterminant, ce sont ses premières lignes :

Hollywood, USA, 1932

Un matin de printemps et le jour qui se lève sur l’immensité de la ville, les milliers de maisons alignées, la perpendicularité inexorable des avenues là où vingt ans plus tôt s’étendaient les champs d’orangers, de citronniers et les pâturages, vingt ans plus tôt à peine, lorsque Griffith, DeMille et les autres décidèrent de planter leurs caméras ici, sous le soleil de plomb californien, précisément ici, quelque part vers le croisement de Vermont et de Sunset. Cet Hollywood-là, déjà, n’est plus, et l’aventure a disparu du monde moderne.

Il me semble que, lorsque j’ai pris ce livre sur le présentoir de la librairie où je l’ai acheté, avant d’en lire la quatrième de couverture, j’en ai lu ces premières lignes, et déjà, rien qu’avec le souffle de cette première phrase, j’ai été happée par la beauté de ce style et par la mélancolie qui s’en dégageait. Et c’est ce qui a été déterminant pour me faire retourner le livre et en consulter le résumé.

De quoi s’agit-il ? D’un roman de Nelly Alard, La Vie que tu t’étais imaginée, publié aux éditions Gallimard en janvier 2020.

J’ai lu les premiers mots, j’ai tourné et retourné le livre, assez frappée par cette photographie en noir et blanc – cheveux ondulés, posture pour écrire plus qu’inconfortable, sourcils légèrement arqués – et par cette fameuse quatrième de couverture :

«Quand on ne connaît pas sa mère, on ne comprend pas ce qu’on fait sur cette terre», m’avait dit Caroline.

J’avais voulu en savoir plus sur Elissa Landi, j’étais servie. Sa vie tout entière était là, sous forme de coupures de presse, photographies, contrats avec ses agents et ses producteurs, programmes, agendas et lettres. Des milliers de lettres. Mais ce n’était pas tout. Dans ces cartons il y avait aussi la vie de la mère d’Elissa, Karoline Zanardi Landi, la soi-disant «fille secrète» de l’impératrice Sissi, que la plupart des historiens qualifiaient de mythomane.

Je pense qu’il n’y aurait pas pu y avoir plus grand effet de surprise que ce grand écart entre deux univers : d’un côté Hollywood, presse, photographies, maisons de productions, films et contrats, de l’autre, l’impératrice Elisabeth d’Autriche dite Sissi.

Ce livre, c’est d’ailleurs davantage qu’un grand écart, puisque ce qui fait le pont entre ces deux univers tout aussi fastueux et invraisemblables l’un que l’autre, c’est une narratrice dont on va suivre la quête en oscillant constamment entre la tendresse et l’étonnement sceptique.

Trios de têtes

L’ouvrage s’ouvre sur une première partie qui s’intitule « Marie, Marie et Marie », dont le lecteur découvrira au fur à mesure qu’il s’agit de la soeur d’Elisabeth d’Autriche, Marie de Naples, de sa nièce Marie Wallersee, et de sa dame d’honneur, Marie Festetics.

Et pourtant, dans ce début de roman, ce n’est aucune de ces trois Marie que nous rencontrons en premier, mais un autre personnage, le premier personnage de la quatrième de couverture, Elissa Landi, dans son Hollywood des années trente.

Ce chapitre est relativement court, on y suit Elissa dans ses promenades à cheval et en voiture décapotable, on y découvre sa mère Karoline, et on reçoit avec elles deux une curieuse lettre venue d’Autriche.

Dès le deuxième chapitre, la caméra prend du recul. Ce n’est plus Elissa qui se trouve au premier plan, mais la narratrice à l’origine de cette curieuse quête.

Marie de Naples

Au-delà des trois Marie donnant son titre à la première partie, le roman nous conduit en effet d’un trio de têtes à un autre.

Il y a Marie, Marie et Marie, des figures qui seraient presque des figurantes si elles ne prenaient pas de temps en temps la parole.

Il y a le trio principal : Elisabeth d’Autriche, Elissa Landi et la narratrice.

Il y en a un dernier, tout aussi important : Karoline, la mère d’Elissa, Elissa Landi et sa fille, Caroline Thomas.

Autour de toutes ces figures féminines gravitent quelques autres figures masculines si ce n’est bien moins intrigantes, en tout cas réduites à l’état de spectateurs : le réalisateur Henri, rencontré par la narratrice ; le premier mari d’Elissa, John ; le second mari de sa mère, Pi ; et le plus surprenant : Proust.

Comme l’indique l’auteure – narratrice (frontière aussi indéterminée que pour le narrateur et l’auteur de la Recherche) :

Les lieux, les temps, les personnes, Proust et le Café Central, Sassetot et Elissa, moi et Hollywood, tous nous tournons, nous confondons, nous mélangeons dans la grande essoreuse du Temps.

Cet ouvrage est un va-et-vient continu dans cette galerie improbable de personnages qui sont tous à la recherche d’une réponse (pas forcément unique ni simple) : Karoline, la mère d’Elissa, est-elle la fille cachée de Sissi ?

Sissi ou Elisabeth ?

Tout l’intérêt du livre est de ne pas répondre ici à cette question, que je laisse en suspens.

J’en viens maintenant aux faisceaux de réactions et d’associations que ce roman a suscités en moi.

D’abord Sissi ou plutôt Elisabeth de Wittelsbach, impératrice d’Autriche. Au gré des pérégrinations historiques de l’auteure, j’ai eu l’impression de replonger dans une atmosphère que, comme tout le monde, j’ai d’abord connu avec les films de Romy Schneider.

C’est curieux d’ailleurs cette tendance à parler des films de Romy Schneider, puisque, certes, elle y incarne le premier rôle, de plus en plus à son corps défendant au fil des films, mais elle n’en est pas la réalisatrice.

Ces trois « films » dégoulinants de guimauve et de bonnes intentions, et présentant Magda Schneider, la mère de Romy, comme bien plus maternelle qu’elle ne l’a sans doute jamais été, sont l’oeuvre d’Ernst Marischka et si la plupart des gens connaissent Elisabeth d’Autriche aujourd’hui, c’est par son intermédiaire.

J’ai eu l’occasion d’aborder sur ce site dans différents articles le rapport compliqué qu’entretenait Romy Schneider avec son personnage de Sissi. Nelly Alard me donne avec son roman l’occasion de changer de point de vue et de considérer à nouveau quel personnage de cinéma on a fait de Sissi.

Je me suis ainsi rendue compte que je n’ai vu pas forcément tous les films mais la plupart de ceux qui lui sont consacrés (et qui apparaissent dans la filmographie proposée ici).

Si, comme l’auteure, je suis vite revenue de la trilogie mielleuse des Sissi, j’ai pu apprécier une Ava Gardner vieillissante et néanmoins toujours aussi impériale dans Mayerling, j’ai adoré l’apparition en mouette d’une Sissi énigmatique dans le Ludwig de Visconti (la revanche de Romy Schneider sur son personnage) et je n’avais par contre pas fait le lien entre Sissi et L’Aigle à deux têtes de Cocteau, avec une magnifique Edwige Feuillère.

J’ai aussi le vague souvenir d’un téléfilm avec Arielle Dombasle, et qui contrastait quelque peu avec la vision fantasmée et habituelle du personnage, car aucun des films mentionnés précédemment ne semblent approcher la réalité d’Elisabeth d’Autriche, du moins telle qu’on semble l’approcher désormais : sa frigidité (qui cadre mal d’ailleurs avec la naissance d’une enfant cachée), son anorexie, son anticonformisme, son narcissisme, son refus de vieillir et d’être photographiée – Nelly Alard nous révélant dans son roman que la fameuse photo mortuaire n’est elle-même qu’un fake issu du premier film consacré à l’impératrice.

J’ai eu aussi une bonne période où l’empire austro-hongrois m’intéressait beaucoup, peut-être pas autant que cela intéressait Nelly Alard, mais j’ai gardé de cette période un ouvrage de Bernard Michel dans ma bibliothèque, où j’ai retrouvé les portraits de François-Joseph, côtoyant les tableaux de Klimt et la musique de Johann Strauss…

Ce sont ces images réelles très floues et ces images fantasmées très réelles que suscitent en nous La Vie que tu t’étais imaginée, elles se superposent à des films de Max Ophüls, à des romans de Stefan Zweig, aux mots de Proust nous décrivant la vie artistique, littéraire et mondaine de la fin du dix-neuvième siècle, et elles viennent côtoyer le Hollywood des années trente et l’histoire surprenante d’Elissa Landi.

Elissa Landi

Dans la superbe bible qu’Antoine Sire consacre aux stars des années 30 aux années 50, Hollywood, la cité des femmes, Elissa Landi ne fait l’objet que d’une seule et unique mention : à la page 194, dans le chapitre consacré à Claudette Colbert, et dans la section elle-même consacrée au Signe de la croix, le film de Cecil B. DeMille de 1932.

J’en profite pour recommander une nouvelle fois la lecture de cet ouvrage passionnant qu’est Hollywood, la cité des femmes.

Ce n’est cependant pas avec lui qu’on en apprend plus sur Elissa Landi. Je ne pense pas avoir déjà vu un film où elle apparaît, si ce n’est éventuellement Le Comte de Monte-Cristo avec Robert Donnat, que je ne connais que parce qu’il est le film préféré de V dans V pour Vendetta

J’ai donc laissé Nelly Alard me parler d’Elissa, et si l’on apprend à bien connaître Elissa dans ce livre, c’est d’abord par l’intermédiaire de sa fille, puis à travers les échanges qu’elle a avec sa mère, et c’est pour cette raison que la deuxième partie du roman fait le lien entre non pas trois, mais quatre générations de femmes : Karoline et Elissa, Caroline et Elissa.

Cherchant à démêler cette histoire incroyable, la narratrice pousse ses recherches jusqu’à prendre contact avec Caroline Thomas, la fille d’Elissa, qui lui donne accès à ses archives. S’ensuit une troisième partie dans laquelle Elissa, à travers ses lettres, prend pleinement la parole.

On y découvre une femme tiraillée entre l’écriture et le cinéma, entre l’Angleterre et les États-Unis, entre ses relations avec les hommes et son désir d’indépendance, entre son amour pour les siens et ses ambitions personnelles.

Du Je au Je, de Elissa à la narratrice

Je dois l’avouer, c’est dans les parties consacrées à Elissa, et où elle lui donne la parole dans un discours indirect libre, que Nelly Alard m’a quelque peu perdue.

En définitive, et citant de mémoire mon Pascal, « On aime mieux la chasse que la prise », j’ai préféré, et de loin, la quête de la narratrice, allant d’un personnage à l’autre, d’une Marie à une autre, d’une Elisabeth à une Elissa, d’une Karoline à une Caroline, à la mise en scène, via les lettres retrouvées, de son Elissa.

J’ai préféré le jeu des multiples coïncidences, les effets de miroirs et de reflets, les allers retours entre Hollywood, l’Autriche et la Bretagne, aux hésitations, aux tergiversations et tourments endurés pendant sa trop courte carrière et sa trop courte vie par Elissa Landi.

Et si en refermant le livre j’ai l’impression d’avoir couru après de vagues silhouettes, qu’elles soient impératrice, star hollywoodienne, auteure en quête de personnages, ce sont moins les rares arrêts sur image dont je garderai le souvenir que les foisonnements fugaces de ce kaléidoscope.

En espérant vous avoir, vous aussi, donné envie de participer à cette quête, je vous souhaite de belles lectures, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Hors-série 1 : dix lectures cinéma indispensables

Cet été j’ai décidé de vous proposer deux hors-série relativement simples, et qui n’exigent pas de moi, comme l’an dernier, une énorme pile de lectures.

L’an dernier je vous avais proposé un hors-série sur Daphné du Maurier et un hors-série sur Agatha Christie. À cette occasion, j’avais lu biographies et autobiographies, romans de ces deux auteures, et j’avais vu des films adaptés de leurs oeuvres et des documentaires qui leur étaient consacrés.

Cette année, j’ai profité du confinement pour réfléchir à ces deux hors-série, et j’ai donc commencé à les rédiger au mois d’avril – je me rends ainsi compte que je n’ai jamais été aussi en avance sur ce blog, car, exception faite des articles de profdoc, mes articles cinéphiles sont prêts parfois jusqu’à six mois à l’avance.

Deux hors-série palmarès

Donc pour cet été, deux hors-série qui vont être de tout repos, tant dans leur conception que dans le stock de livres qu’ils exigeront.

Pour ce premier article de juillet, je vous propose la liste de mes 10 indispensables en lectures sur le cinéma.

J’ai l’habitude de vous proposer à chaque fin d’année un palmarès de lectures de l’année passée, j’élargis aujourd’hui le concept et cède moi aussi aux « 10 livres [cinéma] à emporter sur une île déserte », déjà parce que j’aime les listes (sinon je ne serais pas abonnée à la chaîne Blow Up Arte et je ne ferais pas non plus un bullet journal) et ensuite parce que j’aime les palmarès, même si en fonction des époques ils peuvent être des plus changeants.

Voici donc le palmarès de mes lectures sur le cinéma, presque depuis que je suis cinéphile et presque aussi depuis que je tiens Cinephiledoc.

1/ Le classique

Pour moi le classique des classiques en terme de lecture sur le cinéma reste l’ouvrage Hitchcock/Truffaut, familièrement appelé le Hitchbook.

Publié pour la première fois en 1966 aux éditions Robert Laffont, il restitue l’entretien entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, sur une idée originelle de ce dernier : décortiquer l’oeuvre d’Hitchcock en abordant pour chaque film sa naissance, l’écriture de son scénario, les circonstances du tournage et le regard qu’Hitchcock porte sur chaque film.

Pourquoi c’est un classique du livre de cinéma ? Parce qu’il confronte deux réalisateurs qui parlent de leur art, parce qu’il est abondamment illustré, et parce qu’il a lui-même suscité un certain nombre d’analyses, de livres et de films.

2/ L’autobiographie

S’il ne fallait retenir qu’une autobiographie de cinéma, étant donné le côté périlleux et narcissique de l’exercice, il faudrait délaisser les souvenirs de stars, les mémoires dont on ignore si la personne l’a rédigé elle-même ou s’est fait aider, et les textes inachevés retrouvés juste après un décès au fin fond d’un grenier.

L’autobiographie de cinéma par excellence, c’est celle de Charlie Chaplin : Histoire de ma vie.

Elle a été publiée pour la première fois en 1964, et elle revient donc de son vivant (Chaplin est né en 1889 et mort en 1977) sur la plus grande partie de la vie de Chaplin.

Pourquoi c’est un incontournable ? Parce qu’elle se lit comme un roman (au départ un roman de Dickens), depuis la naissance et l’enfance de Chaplin dans la misère londonienne, sa vie d’enfant artiste, sa découverte du cinéma, les studios hollywoodiens, ses voyages, jusqu’à sa gloire et son immense popularité qui ne se sont jamais démenties depuis.

M’étant attardée sur les deux premiers indispensables, je vais aller un peu plus rapidement pour les suivants.

3/ La biographie

Pour les mêmes raisons que l’autobiographie de Chaplin, je retiens comme biographie le François Truffaut de Serge Toubiana et Antoine de Baecque, une biographie de référence, publiée pour la première fois chez Gallimard en novembre 1996.

L’ouvrage a été revu en 2001, l’édition de poche est disponible chez Folio : c’est un livre de près de 900 pages qui a été rédigé à partir des multiples témoignages de ses proches et de ses amis et de ses archives personnelles, qui étaient foisonnantes, puisqu’elles regroupaient notamment ses textes critiques, ses scénarios et sa correspondance, entre autres.

Je lui adjoindrais Le Petit voisin de Jérôme Tonnerre, pour un regard extérieur et une touche romanesque.

4/ Le roman

Et puisque nous parlons de romanesque, venons-en au roman. J’ai beaucoup hésité avec Le Figurant de Didier Blonde, mais j’ai voulu m’écarter quelque peu de l’univers truffaldien. J’aurais aussi pu choisir le Livre des illusions de Paul Auster, dont j’ai déjà abondamment parlé sur ce site, et qui a été publié en 2003, mais je cherchais quelque chose de plus récent.

Je replace donc ici LE roman étourdissant et presque inégalé sur le cinéma : Londres après minuit, d’Augusto Cruz : c’est une enquête policière doublée d’un road movie captivant à la poursuite d’un film muet disparu. Un chef d’oeuvre !

5/ Le dictionnaire

Là encore, il y a foison, c’est un genre que les auteurs apprécient : il y a le Dictionnaire Truffaut, d’Arnaud Guigue et Antoine de Baecque, il y a le Dictionnaire Spielberg de Clément Safra paru chez Vendémiaire.

Et puis il y a le Dictionnaire Hitchcock de Laurent Bourdon, préfacé par Claude Chabrol (s’il vous plaît) publié chez Larousse en 2007.

Alors oui, ça parle encore d’Hitchcock (et je n’ai pas fini) mais ça parle d’Hitchcock avec une érudition étourdissante, et qui s’attarde sur le moindre détail, un peu à la Blow Up. Si l’on reprend le résumé :

TOUT sur Hitchcock, ses films (et téléfilms), ses acteurs et actrices, ses collaborateurs et collaboratrices, son père, sa mère, sa femme, sa fille, ses chiens, ses lubies, ses secrets, ses trucs de tournage…
Un dictionnaire exhaustif (4 millions de signes), comptant plus 1 500 entrées.

Plus de 1000 biographies consacrées aux hommes et femmes ayant travaillé avec le maître.

– De Ronald Adam (un aristocrate dans Les Amants du capricorne) à Peter von Zerneck (un pronazi dans Les Enchaînés), tous les comédiens et comédiennes dirigés par Hitchcock de son premier film (The Pleasure garden) à son dernier (Complot de famille).
– Les auteurs, adaptateurs, scénaristes ayant travaillé avec Hitchcock, ainsi que les directeurs de la photographie, les monteurs, les musiciens…
Chaque article est accompagné d’une présentation exhaustive de cette collaboration.

De nombreux thèmes sont traités (voyeurisme, culpabilité, homosexualité) et des personnages types (couples mariés, alcooliques, handicapés, logeuses…) des pays ou des monuments. Et également des objets « fétiches » (menottes, cabines téléphoniques, trains, etc…), des entrées variées

Chacun des 57 longs métrages d’Hitchcock est l’objet d’un développement in extenso, sur de nombreuses pages, par l’auteur.

6/ Un film

Pour un ouvrage consacré à un film précis, je remonte le temps et je prends l’un de mes tous premiers coups de coeur de lectrice cinéphile.

Il s’agit de 5e avenue, 5 heures du matin, un ouvrage consacré au tournage de Diamants sur canapé, écrit par Sam Wasson et publié chez Sonatine en 2012.

C’est une chronique du tournage, avec anecdotes, secrets et photos, et qui se laisse apprécier bien plus qu’Audrey Hepburn n’appréciait le croissant qu’elle devait manger dans la fameuse scène d’ouverture…

7/ Un réalisateur

Là encore, je vais essayer de sortir de mon panthéon habituel Truffaut – Hitchcock – Chaplin. Je sélectionne donc l’ouvrage déjà mentionné (et pas plus tard que le mois dernier) : Les archives Stanley Kubrick aux éditions Taschen.

Un ouvrage exhaustif et superbement illustré, qui met à la portée du cinéphile le plus modeste « une grande partie des images les plus mémorables extraites des films de Kubrick, des interviews éloquentes et de nombreux documents issus de ses archives personnelles tels que des éléments de conception de décor, des scénarios, des notes, des lettres et des plans de tournage ».

8/ L’archéologue

Là encore, pas de surprise, je cite à nouveau mon Simon Braund fétiche et son magnifique ouvrage : Les plus grands films que vous ne verrez jamais, publié en 2013 aux éditions Dunod

Simple, beau, efficace, et éclairant de manière émouvante les oeuvres qui n’ont pas pu voir le jour.

9/ Le culinaire

J’ai quelque peu hésité pour ces deux dernières rubriques : le culinaire et le vagabond.

Parce qu’à nouveau, j’aurais pu choisir de mettre à l’honneur Hitchcock avec l’ouvrage La Sauce était presque parfaite, ou Chaplin, avec À table avec Charlie Chaplin, qui m’a rappelé l’excellent site de Claire Dixhaut, Cinémiam.

Je choisis les ouvrages du Gastronogeek, que j’ai eu encore récemment l’occasion de feuilleter, et qui permettent de voyager, avec les papilles, dans un univers cinématographique des plus étendus, allant des dessins animés des années 80 aux banquets d’Astérix.

10/ Le vagabond

Je termine enfin ce palmarès par les livres qui nous font voyager au cinéma. Il y en a à foison : ceux qui se consacrent au cinéma étranger (cinéma japonais, cinéma italien, cinéma espagnol, cinéma américain), ceux qui s’attardent sur une ville (New York ou Paris) et qui me rappellent les virées cinéphiles du Fossoyeur…

Et puis il y a la série des ouvrages de Philippe Lombard publiés chez Parigramme, avec notamment Le Paris de François Truffaut (mais j’avais dit que je quittais mon panthéon) et Paris en 100 films de légende.

C’est donc avec ces promenades cinéphiles que je vous quitte, vous souhaitant un bel été et vous disant à bientôt sur Cinephiledoc !

Robots au cinéma

Ce deuxième compte-rendu de lecture cinéphile est consacré à un ouvrage paru en septembre 2019.

Je le garde sous le coude depuis la fin décembre (comme les articles publiés en janvier et en mars) et je ne l’ai pas publié avant car je souhaitais accorder la primeur à l’ouvrage de Philippe Lombard.

Ce petit livre de 70 pages me permet d’aborder une thématique que je ne crois pas avoir déjà traitée sur ce site, et qui servira d’introduction à mon compte-rendu.

Robots au cinéma

Pour préparer cet article, je me suis demandé, fidèle à mon habitude, si la chaîne Blow Up d’Arte n’aurait pas, par hasard, consacré une vidéo aux robots au cinéma.

J’ai donc commencé l’écriture de ce compte-rendu par une courte recherche sur internet : j’y ai trouvé un article des Inrockuptibles de 2014, accompagné de cette infographie très instructive :

J’ai trouvé aussi le podcast d’une émission de France Culture, « Une petite histoire des robots au cinéma« , publié à l’occasion d’une exposition du Grand Palais qui m’avait échappé, Artistes & Robots.

Après recherche, la vidéo si convoitée de Blow Up était facile à trouver :

J’ai aussi trouvé pléthore de vidéos et d’articles, parmi lesquels celui-ci, de Golem 13 : 100 ans de robots au cinéma en 2 minutes.

Voilà qui allait me donner un bon point de départ pour ce compte-rendu !

Des robots, des robots, des robots : petite sélection personnelle

Parmi toutes ces sources, j’ai cherché à retrouver des souvenirs de robots au cinéma, et j’ai décidé de faire une petite liste de ceux qui m’avaient particulièrement marqué et ce avec une question lancinante dont je n’ai pas la réponse : pourquoi les robots au cinéma, ça marque ?

Voici donc une petite sélection de mes souvenirs robotiques, sans ordre chronologique ou de préférence. J’associe au titre un résumé du film.

  • Metropolis, Fritz Lang (1927)

Ce n’est évidemment pas le premier film que j’ai vu, mais quand je pense à l’histoire du cinéma et que je pense « robot », c’est le premier auquel je pense.

En 2026, Metropolis est une ville dans une société dystopique divisée en un quartier haut, où vivent les familles intellectuelles dirigeantes, dans l’oisiveté, le luxe et le divertissement, et un quartier bas, où les travailleurs font fonctionner la ville et sont opprimés par la classe dirigeante. Un savant fou met au point un androïde à l’apparence féminine, qui exhortera les ouvriers à se rebeller contre le maître de la cité.

C’est surtout le fait de voir le robot à la Cinémathèque qui m’avait donné envie de voir le film la première fois, ça et le fait que le 12 février 2010, la nouvelle version restaurée, de 145 minutes, avait été projetée simultanément à Berlin et sur la chaîne Arte, accompagnée par sa partition musicale d’origine et exécutée en direct par l’orchestre symphonique de la Radio de Berlin. Cela faisait quelque chose de voir un film muet entièrement restauré et avec sa musique jouée en direct.

Au-delà de ça, c’est une histoire vraiment incroyable (surtout dans le contexte de l’époque) et qui, lorsque je l’ai découverte, m’a vraiment rappelé mon deuxième souvenir.

  • Le Roi et l’oiseau, Paul Grimault (1980)

Pour les résumés suivants, je vais être un peu plus succincte, d’autant que Le Roi et l’oiseau n’est pas le film le plus simple à raconter. C’est l’un de mes premiers souvenirs cinématographiques et, comme j’aurai l’occasion d’y revenir, l’un des films qui m’a « faite » en tant que cinéphile.

Disons simplement qu’il s’agit d’une réécriture du conte d’Andersen, La Bergère et le ramoneur, qu’on y trouve une ville haute et une ville basse comme dans Metropolis, mais aussi un oiseau, métaphore du poète, face au roi tyrannique contre qui même un robot, le plus fidèle serviteur, finit par se rebeller.

  • Gandahar, René Laloux (1987)

Poursuivons dans l’animation avec Gandahar, un curieux dessin animé français, que j’avais découvert dans la foulée du Roi et l’oiseau.

Sources : Allociné

Sur la planète Tridan, dans le pays de Gandahar, dirigé par la reine Ambisextra et le Conseil féminin, les humains vivent en harmonie avec la nature, qu’ils ont génétiquement reprogrammée pour subvenir à tous leur besoins. Un jour, des hommes de métal noir commencent à semer la terreur aux frontières de Gandahar, dévastant des villages entiers et progressant peu à peu vers la capitale, Jasper.

  • Le Château ambulant, Hayao Miyazaki (2004)

Terminons du côté de l’animation avec un robot beaucoup moins androïde que les autres, celui du Château ambulant de Miyazaki.

Là encore, je ne me risque pas à faire un résumé de l’intrigue, mais je reste émerveillée par ce château fait de bric et de broc, alimenté par Calcifer, le démon du feu.

  • Star Wars : Dark Vador – 3PO – R2D2 – BB8 (1977-2019)

Ici aussi, point de résumé. Pas de préférence non plus entre la respiration et la voix de James Earl Jones pour Dark Vador, le côté majordome anglais de 3PO, les sons et lumières de R2D2 et le petit dernier (je ne compte pas D-O dans l’épisode IX), BB8.

  • Westworld : série télévisée (2016)

Petite incursion dans l’univers des séries télévisées, cet ovni qu’est Westworld avec Anthony Hopkins dans la saison 1, dont il faudrait que je revois chacun des épisodes pour mieux savourer la suite…

Westworld est un parc d’attractions futuriste recréant différents univers, dont l’univers de l’Ouest américain (Far West) du 19e siècle. Il est peuplé d’androïdes, appelés « hôtes », réinitialisés à la fin de chaque boucle narrative. Les visiteurs, appelés « invités » peuvent y faire ce qu’ils veulent sans aucune conséquence. Mais à la suite d’une mise à jour du programme des androïdes, les dirigeants du parc devront faire face à plusieurs bugs dans leur comportement.

  • Terminator, James Cameron (1984)

Enfin j’en termine avec, non pas le plus récent ni celui que j’ai vu en dernier, mais celui auquel est consacré l’ouvrage dont je vais vous parler aujourd’hui.

Je ne pense pas avoir besoin de résumer Terminator (quoique, avec les suites et les différents paradoxes de la saga, cela prendrait plusieurs heures), je me contenterai de souligner que dans cette liste, c’est le seul avec Metropolis à vouloir se situer dans un futur humain et à donner une date presque similaire à ce futur : 2026 pour Metropolis, 2029 pour Terminator.

À chaque fois pour les deux films, un robot envoyé pour semer le trouble parmi les humains, l’un envoyé de 2026 en 2026 pour insuffler la révolte, l’autre envoyé de 2029 en 1984 pour tuer dans l’oeuf la révolte des humains sur les machines.

Après ce tour d’horizon, passons à notre livre.

Retour vers le futur du cinéma

Terminator, de Sean French, a été publié en septembre 2019 aux éditions Akileos, et il fait partie de l’une de mes collections fétiches, celle du British Film Institute, ou BFI : Les classiques du cinéma.

Ce petit volume de 70 pages consacré au premier volet de Terminator est particulièrement réussi. Le propos est agréable, accessible.

L’auteur, Sean French, nous invite à nous interroger sur ce qu’est un film culte. En effet, il remarque dans les premières pages de son livre que dans un dictionnaire de David Thomson, A Biographical dictionnary of Film, James Cameron suit directement la réalisatrice Jane Campion. Si cette dernière est considérée comme l’auteur d’un chef d’oeuvre avec La Leçon de piano, Cameron fait l’objet de beaucoup moins d’indulgence.

D’où la question : qu’est-ce qu’un film culte ? Comment un film devient culte ? Et Sean French d’expliquer, en quelques 70 pages pourquoi, justement, Terminator est un film culte.

Son propos est daté de 1996 (son ouvrage n’a été traduit en français qu’en 2019) et cela donne tout son sel au livre : l’auteur l’écrit à une époque où ne sont sortis que deux volets de la saga Terminator, et où James Cameron, tout réalisateur confirmé qu’il est (il a à son actif Aliens sorti en 1986) et tout marqué par cette saga qu’il puisse l’être, n’a pas encore réalisé Titanic, encore moins Avatar.

Avec ce petit livre Terminator, le lecteur se trouve donc presque enfermé dans une faille temporelle où certes, on est sûr de tenir avec ce film un film culte, mais où un après bien connu n’est pas encore advenu. Un chapitre est d’ailleurs consacré aux réactions d’un spectateur qui découvrirait Terminator scène par scène pour la première fois, histoire de rester enfermé confortablement dans cette bulle temporelle cinéphile…

Quant à James Cameron, qui réalise les deux premiers volets de Terminator, qui réalise Aliens, il me fait vraiment penser à son acolyte Ridley Scott – ces deux-là d’ailleurs s’entendent-ils pour tour à tour nous émerveiller et nous décevoir, et d’ailleurs s’entendent-ils tout court ?

Ils parviennent à merveille à bâtir un imaginaire cinématographique révolutionnaire qui nous construit en tant que cinéphiles tout autant qu’ils nous laissent sur notre faim/fin.

Imaginaires cinématographiques

James Cameron et Ridley Scott, ces deux compères-là ont bien fait pour ma cinéphilie, avec beaucoup de plus et quelques moins, même si je suis loin d’avoir épuisée leur filmographie…

J’ai découvert Ridley Scott avec Gladiator et Kingdom of Heaven, j’ai appris après qu’il était le réalisateur de Blade Runner et d’Alien (dont je n’ai vu que les trois premiers de la saga), je n’ai jamais vu Prometheus, j’ai adoré le polémique Robin des bois (parce que Russell Crowe et Cate Blanchett), j’ai boudé Exodus et j’ai retrouvé Ridley Scott avec Seul sur Mars.

Quant à James Cameron, j’avais 11 ans à la sortie de Titanic, donc pour moi, James Cameron c’est Titanic, ensuite Terminator puis Avatar.

Les films de ces deux réalisateurs font partie des films « qui m’ont faite », au même titre que Le Roi et l’oiseau, La Nuit américaine, Cinema Paradiso, Hook… et des dizaines d’autres auxquels je pourrais penser et que j’ai pu oublier, mais des films que l’on voit un nombre incalculable de fois jusqu’à connaître la moindre réplique par coeur.

Ils pourraient tout à fait figurer dans la série proposée par Netflix, et que je recommande aux abonnés : « The Movies That Made Us », une série qui revient, avec un générique irrésistible, sur les coulisses de quelques incontournables : Maman j’ai raté l’avion, Dirty Dancing, SOS Fantômes, Die Hard : Piège de cristal.

Une petite madeleine cinéphile, en somme. Allez-y voir si le coeur vous en dit !

https://www.netflix.com/fr/title/80990849

Bons souvenirs, et à bientôt sur Cinephiledoc !

Epic failures cinématographiques

Voici le premier compte-rendu de lecture cinéphile pour l’année 2020, consacré à un ouvrage attendu avec impatience et sorti en novembre 2019.

Epic failure (ou epic fail) est une expression anglaise que j’ai rencontrée pour la première fois dans l’univers des jeux vidéos. Si les dictionnaires en ligne la traduisent par « échec cuisant » ou « échec épique », je lui préfère ma propre traduction avec infinitif, à savoir : « échouer avec classe ».

Et c’est typiquement le propos du livre dont je vais vous parler aujourd’hui que d’évoquer les films qui « échouent avec classe ». Mais avant tout, un petit préambule de présentation, avec quelques digressions, comme d’habitude.

Les films disparus

Comme le dit si justement Ferrand, le metteur en scène incarné par Truffaut dans La Nuit américaine :

Un tournage de film, ça ressemble au trajet d’une diligence au Far-West. D’abord on espère faire un beau voyage, et puis très vite on en vient à se demander si on arrivera à destination.

Je cite de mémoire.

Et effectivement, tous les tournages de films ne sont pas des longs fleuves tranquilles. Il y en a même qui n’arrivent jamais à destination parce qu’ils n’ont jamais pu commencer le voyage.

Ces films avortés ont fait l’objet il y a quelques années d’un livre magnifique, l’un de mes plus beaux souvenirs de lecture sur ce blog. Il s’agit des Plus grands films que vous ne verrez jamais de Simon Braund.

Je reprends en quelques mots la critique que j’avais faite de cet ouvrage en novembre 2013 (pour en retrouver l’intégralité, c’est par ici) :

Pour chaque film, l’ouvrage raconte la genèse du projet, les étapes de mise en route (scénario, casting, négociations d’un budget, constitutions d’archives…), les obstacles et ce qui a entraîné l’arrêt, plus ou moins brutal, du projet.

À la fin de chaque projet, une note sur 10 correspond à la chance – parfois inexistante – que nous avons d’un jour voir sortir ce film. Généralement cette note ne va pas au-delà de 5, même pour les projets les plus récents.

Enfin, les auteurs nous indiquent toujours ce qui a eu lieu «après» pour le réalisateur, les acteurs, les scénaristes, et de quelle manière ce film avorté a pu nourrir leur carrière et la hanter.

J’avais adoré ces différentes histoires d’échecs cuisants, de projets arrêtés puis repris, puis finalement abandonnés définitivement. Il y a sept ans, je déplorais déjà ce Napoléon de Kubrick jamais tourné, et sept ans après, j’attends encore que Spielberg ou Scorsese se décident à lui donner vie, sans doute en vain…

Les films gueule de bois

Il y a donc les films qu’on ne verra jamais, et puis il y a les films qui sont « enfantés dans la douleur ». Ces tournages apocalyptiques, avec des changements de dernières minutes de scénario ou de réalisateur, des caprices de stars, des problèmes financiers, des coupes au montage, bref, ces films qui envoient directement après en cure de sommeil le réalisateur atteint de dépression nerveuse…

C’est pour ces raisons que je parle ici de films « gueule de bois ». Pour ces films-là, je renvoie à « Film wars » l’excellente série en vidéo réalisée par François Theurel, alias le Fossoyeur de films, sur Dailymotion :

Je rajoute ici le lien vers l’ensemble des vidéos de cette série :

https://www.dailymotion.com/playlist/x4nokp

En matière de tournage catastrophique, je vous recommande tout particulièrement l’épisode sur Roar, où un directeur de la photo se fait tout de même scalper par un lion…

Plus récemment, et dans un versant tout aussi comique (si si, je vous assure que les épreuves peuvent être très drôle), vous pouvez regarder la websérie proposée par Première « Une séance presque parfaite », avec aux commandes l’équipe de la chaîne YouTube « Et tout le monde s’en fout » :

http://www.premiere.fr/Cinema/Dossiers/Une-seance-presque-parfaite

C’est aussi sur ce versant comique qu’est construit le livre qui nous intéresse aujourd’hui… un versant comique des Plus grands films que vous ne verrez jamais et un versant « à la française » des Film wars du Fossoyeur.

Philippe Lombard, ça tourne bien !

Comme je l’annonçais en début d’article, j’ai attendu la sortie de l’ouvrage en question avec beaucoup d’impatience, et ce n’est pas la première fois, loin de là, que je parle des livres de cet auteur.

En effet, Philippe Lombard, dont je suis maintenant les publications au même titre que les « à paraître » des éditions Capricci, Sonatine, Akileos… a eu droit à l’un des premiers articles de lecture cinéphile avec Les Grandes gueules du cinéma français, en 2013, au moment où mon rythme d’écriture sur ce site n’était pas encore stabilisé, et où je pouvais publier jusqu’à 11 articles (j’ai compté) le même mois.

J’avoue que le rythme actuel me convient beaucoup mieux et il m’a tout de même permis de consacrer plusieurs articles à un auteur cinéphile hyperactif – il n’y a qu’à voir sa biographie sur Wikipédia, petit florilège des trois dernières années :

  • Le Paris de Michel AudiardÉditions Parigramme, 2017 (ISBN 2840969912).
  • Le Petit Livre de Star Wars, Éditions First, 2017 (ISBN 2412016682)
  • Touche pas au grisbi, salope !- Argot, méchantes saillies et mots d’esprit du cinéma français, Éditions Dunod, 2017 (ISBN 2100760726).
  • Goscinnyscope : d’Astérix au Viager, tout le cinéma du maître de la BD, Éditions Dunod, 2017 (ISBN 2100767313).
  • Le Paris de François Truffaut, Éditions Parigramme, 2018 (ISBN 2373950480).
  • Parler comme un super-héros – 100 Répliques cultes pour devenir invincible, Éditions Dunod, 2018 (ISBN 2100777149).
  • Paris 100 films de légende, Éditions Parigramme, 2018 (ISBN 2373950863).
  • Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! – La face cachée des titres de films enfin révélée !, Éditions Dunod, 2019 (ISBN 210078370X).
  • Rock’n’Paris 1956-1965, Éditions Parigramme, 2019 (ISBN 2373950960).
  • Ça tourne mal !, Éditions La Tengo, 2019 (ISBN 2354611722).

C’est donc son petit dernier qui me fait aujourd’hui convoquer Simon Braund, le Fossoyeur, Kubrick, Truffaut et même Michel Serrault, que du beau monde !

Ça tourne mal, Philippe Lombard

Cela faisait un petit moment que @phil_lombard nous parlait de la sortie prochaine de Ça tourne mal : L’histoire méconnue et tumultueuse du cinéma français, finalement publiée le 13 novembre dernier aux éditions La Tengo (j’en conclus qu’il faut que je surveille une maison d’éditions de plus).

Vu ce que j’ai dit précédemment sur le livre de Simon Braund, Ça tourne mal ne pouvait que m’intéresser.

J’aime beaucoup les anecdotes de cinéma, les secrets de fabrication, la scène de la cuisine des Tontons flingueurs, les pâtes de Lino dans L’aventure c’est l’aventure, bref j’attendais, d’autant que la couverture était des plus prometteuses !

Contrairement à Simon Braund qui propose un classement chronologique des films qu’on ne verra jamais, Philippe Lombard opte pour une organisation de la préproduction à la post-production comme le Fossoyeur dans ses Film wars.

Chaque chapitre est donc consacré à une étape de la fabrication du film où ça a « merdouillé », où ça a failli passer mais non, où c’est passé mais c’était juste…

Le tout en 160 pages des plus revigorantes !

Le premier chapitre est consacré à l’étape où l’on pourrait se dire que rien de grave ne peut arriver : il s’agit de monter des projets, de proposer des scénarios à untel ou untel et de réparer la casse avant qu’elle n’arrive. Sauf qu’évidemment, rien n’arrive comme prévu : Delon fait des siennes, Lino n’embrasse pas et surtout, surtout, il ne se fait pas acheter par une pute, Claude Sautet joue les script doctors…

Attachez vos ceintures, comme dirait Bette Davis, le voyage va secouer. Ou va caler : le deuxième chapitre ressemble à un chapitre de Simon Braund, version francophone : les films qu’on ne verra jamais, avec une aparté bien sympathique sur les adaptations de bandes-dessinées.

Troisième chapitre : les tournages qui déraillent – on est loin des « films qui avancent comme des trains dans la nuit » de notre Truffaut : grève, engueulades avec le metteur en scène, budget qui dérape, quand le réalisateur n’a pas une crise cardiaque.

À nouveau, une bonne petite aparté sur les scènes de lit dans quelques films… et une sur les gifles. J’ai repensé à cette anecdote (Truffaut toujours) sur le tournage de Vivement dimanche ! : Trintignant qui est censé gifler Fanny Ardant, Truffaut qui veut que ça soit plus réaliste et qui s’en charge lui-même, sûr d’obtenir le regard de colère et de surprise adéquat pour la scène.

Le quatrième chapitre est consacré aux acteurs : débuts de carrière foireux, querelles de stars au sommet, velléités de production, personnalités attachantes… Dans l’anecdote sur Pierre Brasseur, magnifique acteur des Enfants du paradis, et qui avait une certaine aptitude à lever le coude, j’ai retrouvé les souvenirs de Michel Serrault dans son autobiographie : Vous avez dit Serrault ?, une lecture irrésistible que je recommande à ceux qui n’auraient pas le moral.

Cinquième chapitre : les réalisateurs. Ceux qui font des tournages un enfer. Philippe Lombard en profite pour revenir sur la querelle Truffaut / Godard.

Enfin le dernier chapitre est consacré à tout ce qui se passe après le tournage : on coupe au montage, on change ceci ou cela, la critique se déchaîne, le festival pousse des cris d’orfraies.

On referme Ça tourne mal en ayant l’impression d’avoir fait un tour sur des montagnes russes, avec le soulagement de n’être que spectateur : ça a pas mal secoué, la descente était rude mais on aurait bien envie d’un petit tour supplémentaire.

Et si le coeur vous en dit, allez faire un petit tour sur le site de Philippe Lombard, je le met ici :

http://philippelombard.e-monsite.com/

puisque lui-même y rappelle ce que j’ai déjà dit (et je confirme) :

« Offrez un livre de Philippe Lombard, quel qu’il soit, vous trouverez forcément de quoi faire plaisir !« 

À bientôt sur Cinephiledoc !

2018 : Palmarès de lecture

Je profite de ce désormais traditionnel palmarès de lecture pour vous souhaiter une excellente année 2019.

Pour cette année, je reprendrai exactement la même construction que pour le palmarès 2017 : une présentation, le palmarès en lui-même organisé de manière thématique, et un petit bilan rapide.

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Cette année je suis un peu plus ponctuelle que l’année passée (il est prêt depuis la mi-décembre), je le publie donc dès le début du mois de janvier.

Voici d’abord un état chiffré des lectures 2018 :

  1. janvier. Deux lectures, Microfilm et Le Figurant, de Didier Blonde (deux romans)
  2. février – mars.  Trois lectures : 50 femmes de cinéma, Journal d’une princesse de Carrie Fisher et Hollywood : la cité des femmes, d’Antoine Sire.
  3. avril. Une lecture : Cinéma de minuit, de Patrick Brion (beau livre).
  4. mai. Une lecture : Hollywood Boulevard, de Melanie Benjamin (roman).
  5. juin. Une lecture : Ultime : Jean Rochefort, interviews et conversations.
  6. juillet. Une lecture : Le Paris de François Truffaut, de Philippe Lombard.
  7. septembre. Deux lectures : Le Sourire de Gary Cooper et Platine (deux romans).
  8. octobre. Une lecture. Romy Schneider intime, d’Alice Schwarzer.
  9. novembre. Deux  lectures. Chaplin’s world : le musée de sa vie et Paris : 100 films de légende.
  10. décembre. Deux lectures. Dictionnaire de la fantasy et Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Au total 16 lectures, avec cette année plusieurs grandes thématiques qui se sont répétées, ce qui m’a permis bien en avance d’organiser mentalement ce palmarès.

Mes lectures cette année étaient moins consacrées à un film ou à un genre en particulier, mais, comme je l’ai dit, organisées par thèmes et cela d’une manière, sinon involontaire, du moins non préméditée.

Voici ce qu’on peut en retenir.

Palmarès 2018

Le retour de la fiction

Je l’avais déploré l’an dernier : 2017 n’avait pas été un grand cru pour les romans (et encore, je triche un peu : mes lectures de 2017 n’avaient pas mis les romans à l’honneur).

Il faut croire que les auteurs de romans m’ont entendue : cette année, parmi mes 16 lectures cinéphiles, on retrouve cinq romans : Microfilm, Le Figurant, Hollywood Boulevard, Le Sourire de Gary Cooper et Platine. Quasiment à chaque fois des textes de qualité, avec des auteurs qui se sont bien arrangés pour me perdre dans leur univers cinématographique.

Bien que sa lecture soit lointaine, son souvenir reste des plus vivaces : c’est au Figurant de Didier Blonde que je donne ma préférence, pas seulement pour son évocation du film de Truffaut, Baisers volés, mais parce qu’il a réussi à me faire douter de la frontière entre fiction et réalité et parce que ce doit être le livre que, du coup, j’ai le plus offert autour de moi cette année.

Déambulations parisiennes

En prolongement de ce premier choix, mon année 2018 a été marquée par mes lectures parisiennes et la découverte de cette superbe petite maison d’édition, à savoir Parigramme.

J’ai donc beaucoup lu sur Paris, Paris au cinéma et Paris chez les écrivains et dans les romans, grâce à Parigramme. J’ai redécouvert Philippe Lombard, dont j’avais déjà lu, presque sans m’en souvenir, l’un des livres sortis en 2012 : Les Grandes gueules du cinéma français. Cela m’a permis de redécouvrir un auteur dont je me demande, avec sa moyenne actuelle de 3 à 4 livres par an, s’il dort la nuit !

Je ne voudrais pas donner dans le favoritisme truffaldien mais c’est encore une fois un livre consacré à Truffaut qui remporte mes suffrages, à savoir Le Paris de François Truffaut.

Mais rassurez-vous, pour mes dernières catégories, je vais varier un peu mes choix !

Les femmes à l’honneur

C’est la grande thématique de l’année : sur mes 16 lectures de 2018, sept sont consacrées aux femmes au cinéma (et je triche encore une fois, car parmi ces sept lectures, on retrouve trois de mes romans).

Sept livres donc : 50 femmes de cinéma, Journal d’une princesse, Hollywood : la cité des femmes, Hollywood Boulevard, Le Sourire de Gary Cooper, Platine et Romy Schneider intime.

Là encore je fais le choix d’une lecture qui, si elle remonte à mai 2018, m’a laissé un souvenir incroyable et m’a fait échanger longuement avec des amis sur les sujets qu’elle abordait : le cinéma muet, la grandeur et la décadence, et deux destins de femmes, l’un devant la caméra, l’autre en coulisses.

Il s’agit de Hollywood Boulevard, de Melanie Benjamin, dont je me suis promis de lire les autres livres un de ces jours.

Mentions spéciales et bilan

Je ne pouvais évidemment pas citer toutes mes lectures dans ce palmarès, et j’ai eu du mal à choisir pour chaque catégorie le livre à retenir.

Citons tout de même :

  1. le beau livre de l’année : Cinéma de minuit, de Patrick Brion, sorti fin 2017 et que je me suis fait un plaisir d’acheter pour le souvenir de cette émission formidable consacrée au cinéma (et parce que j’ai réussi à le faire rentrer dans ma bibliothèque)
  2. le livre de chevet de fin d’année : le Dictionnaire de la fantasy, dans lequel je continue à piocher des articles et des entrées, qui sont à chaque fois un régal à découvrir
  3. le livre consacré à une série télévisée. Comme l’an dernier, je n’ai pas trouvé beaucoup d’ouvrages sur les séries qui aient pu retenir mon attention. Il faut croire que la qualité prime sur la quantité en ce domaine, car je ne saurais passer à côté, dans cet article, de l’excellent ouvrage de Cédric Delaunay, Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Je ne sais pas trop ce que me réserve 2019 pour mes lectures, même si j’ai une petite idée de ce à quoi ressembleront déjà mes articles de février et de mars, qui, normalement, seront consacrés à quelques dernières publications de 2018.

J’y parlerai d’arrêts sur images et de courses-poursuites, de cinéma et d’une série télévisées.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau une belle année, et je vous mitonne pour très prochainement le prochain article #profdoc.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

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