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Rêveries de figurants solitaires

Je publie ce premier compte-rendu de lecture 2018 avec un peu de retard, et dans le désordre.

Depuis début janvier, en effet, j’ai lu ou parcouru cinq livres consacrés au cinéma, et j’en ai encore un en attente, une publication plus ancienne, sur un univers de série télévisée.

Pour respecter mon ordre de lecture, il aurait fallu que je commence par des publications datant d’octobre 2017, puis de novembre, et enfin de janvier 2018.

Si j’ai souhaité commencer par mes dernières lectures, ce n’est pas seulement parce qu’elles me demandent moins d’effort de mémoire, c’est aussi parce que les deux ouvrages se ressemblent beaucoup, et pourtant ils ne m’ont pas du tout laissé la même impression.

Seconds rôles et figurants

On les voit partout et parfois, dans le meilleur des cas, on connaît leur nom. Même si je les mets, par facilité, dans le même panier, il y a un fossé (ou un chemin) énorme qui sépare le second rôle du figurant.

Le second rôle, même sans le connaître, lorsqu’on va le retrouver d’un rôle à l’autre, va nous faire dire : « oui, c’est celui qui joue untel dans tel film », ou encore, en discutant avec des amis : « j’adore l’infirmière de James Stewart dans Fenêtre sur cour » (sans savoir à ce moment là qu’elle joue aussi aux côtés de Bette Davis dans All about Eve).

C’est aussi en s’intéressant d’un peu plus près aux seconds rôles, qu’on se rend compte que certains sont toujours abonnés aux mêmes rôles, ou que Agnès Moorehead, qu’on a vu toute notre enfance dans Ma sorcière bien aimée, a joué dans les premiers films d’Orson Welles et dans Les Passagers de la nuit, avec Lauren Bacall et Humphrey Bogart.

Bref, le second rôle est un visage connu.

Et le figurant ? Peut-être un visage connu en devenir… Johnny Hallyday a bien commencé par jouer l’un des gamins du pensionnat dans Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot, et on ne fait que l’apercevoir.

Vous le voyez, le petit blond derrière Simone Signoret, avec déjà une coupe de cheveux bien à lui ? Voilà un instant qui a dû faire le bonheur de quelques archéologues du cinéma quand ils l’ont déniché…

Pourquoi ce long préambule ? Parce que mes deux lectures évoquent des figurants qui le sont restés, qui n’ont pas atteint la marche des deux répliques au détour d’une porte, voire de la consécration du second rôle (pour ne rien dire du premier).

Au-delà de ce point commun, les deux ouvrages ont aussi comme caractéristiques similaires :

  • le fait d’être tout deux des romans
  • un narrateur interne (troisième personne pour le premier livre, première personne pour le second)
  • un personnage hyper cinéphile
  • un promeneur parisien amoureux du détail.

Et pourtant c’est bien là leurs seules ressemblances.

Éternel figurant cherche place dans le monde

Si jamais il souhaitait déposer une petite annonce – et si jamais c’était quelque chose qui se faisait encore – voilà ce que cette dernière pourrait dire : « éternel figurant cherche place dans le monde ».

C’est ainsi que je vois le personnage principal de Microfilm (écrit sur la première de couverture en minuscule) d’Emmanuel Villin, publié en janvier 2018 chez Asphalte éditions.

Microfilm, c’est aussi bien un objet / des objets (le contenu de la statuette tant convoité dans La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock – et pourtant on ne saura jamais ce qui figure dessus), que le propos du livre, tout entier captivé par des « micro films », des « micro – instants », des détails.

Le personnage principal, figurant de métier et évidemment anonyme, échoue lors d’un casting, se voyant décrit ainsi par la directrice « Physique quelconque, visage commun ».

Durant des démarches pour trouver un nouvel emploi, sous prétexte qu’il a un temps travailler pour une revue de cinéma étudiante appelée « Microfilm », on l’envoie en tant que spécialiste en microfilms auprès d’une obscure « Fondation pour la paix continentale ».

Sur cette fondation, ni le personnage principal, ni le lecteur ne comprendront quoi que ce soit, et puisque la visionneuse à microfilms restera inusitée durant tout le roman, on ne pourra que suivre dans un dédale absurde ce figurant qui reste figurant dans le monde réel.

Qu’il traverse imperturbablement Paris en vélo (sauf quand il découvre ce dernier vandalisé), qu’il échoue de salles d’exposition en brasserie, ou qu’il passe ses journées sur internet ou à tester différentes marques de stylos, ou qu’il doive sans raison se rendre au Portugal pour une soit-disant mission, tout lui échappe, et à nous aussi.

Le fait que sa voix se fasse entendre à la troisième personne rend la distance encore plus grande, tout comme son anonymat. On le suit, d’abord avec intérêt, curiosité, puis on finit (en tout cas moi) par osciller entre curiosité et agacement.

Certains apprécieront de se voir ainsi guidés par l’auteur puis perdus, déambulant dans cet univers où tout est si détaillé (du trajet en métro au langage HTML) mais où rien n’a de sens.

Et il est vrai que si le livre m’a quelque peu déroutée, et si le style, prompt à décortiquer chaque menu japonais et chaque voltage de visionneuse, m’a parfois prise de court, j’ai été sensible à cette absurdité, et à l’ironie que l’on sent poindre derrière chaque phrase.

C’est cependant un texte beaucoup plus mélancolique et nostalgique que j’ai préféré ce mois-ci, et dont je vais maintenant vous parler.

Bonheur fané, cheveux au vent, baisers volés, rêves mouvants

Il s’agit de mon premier coup de coeur de 2018, un vrai beau livre, tout en sobriété et en retenue, avec derrière chaque mot quelque chose de magique, une révélation.

Certes, le sujet avait tout pour retenir mon attention : le narrateur, qui cette fois s’exprime à la première personne, est figurant sur le tournage de Baisers volés, de François Truffaut. Il y rencontre Judith, apparition blonde et fugace, elle aussi figurante, qui n’en finira pas de lui échapper.

Quarante-cinq ans plus tard, il essaye toujours de retrouver cette silhouette évanouie, déambulant lui aussi dans Paris, tentant, à coup de photogrammes et de visionnage frénétique du film – arrêt sur images – de reconstituer ses souvenirs et de retrouver cet amour perdu qui correspond si bien à la chanson de Trenet qui ouvre le film.

Ce livre magnifique, simple, évident, c’est Le Figurant de Didier Blonde, publié dans la collection Blanche chez Gallimard.

J’ai dévoré ses 150 et quelques pages en deux jours, et j’ai suivi avec plaisir ce narrateur dans ses promenades sur les lieux du tournage, les cafés, les rues, la place de Clichy et ses alentours, le cimetière Montmartre (mais est-ce vraiment lui ?), dans ses recherches et ses reconstitutions.

À un moment, j’ai été prise de doute : et si tout cela était réel ? et si tout cela était faux ? qu’en était-il vraiment ? C’est bel et bien dans les rêves mouvants que Didier Blonde nous conduit.

J’ai voulu vérifier que la jeune fille blonde existait vraiment, et qu’elle apparaissait bien à l’instant où l’auteur l’avait fait apparaître.

Sans doute était-ce là le point de départ, ce qui l’avait marqué dans ce film, car même s’il a fini par donner une identité à Judith, une carrière, s’il a voulu étoffer un peu le rôle de la figurante, on continue à douter, et on ne fera que douter du début à la fin : est-ce réel ? est-ce inventé ?

Didier Blonde a réveillé chez moi des souvenirs et des bonheurs, essentiellement truffaldiens.

Il m’a poussé, certes, à revoir ces scènes de Baisers volés, qu’il évoque dans Le Figurant, mais dont tout cinéphile averti se souvient.

Il m’a fait m’interroger : quelles scènes, même sans les avoir vu de l’intérieur, avais-je retenu de Baisers volés ? Certainement celle avec Delphine Seyrig, à laquelle Blow Up a récemment rendu hommage :

Pour finir, j’ai vu passer un bon lot d’articles consacrés au livre de Didier Blonde, tout aussi élogieux les uns que les autres, et je ne voulais ni trop tarder, ni être en reste, car c’est vraiment l’un des plus beaux livres sur le cinéma, et l’un des plus beaux romans, que j’ai pu lire.

Et depuis que je guette des ouvrages sur le cinéma, depuis que je scrute non seulement les documentaires, mais aussi les fictions qui abordent ce thème, c’est avec Londres après minuit, Un renoncement, ou plus récemment The Freak, la plus belle découverte parmi mes lectures…

Cela m’a encore inspiré une attitude tout à fait truffaldienne, car je sais qu’il en avait l’habitude : celle de racheter et d’offrir les livres qu’on aime à notre entourage.

C’est donc tout naturellement que j’ai racheté en deux exemplaires Le Figurant, et c’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai trouvé Microfilms, son voisin immédiat dans la librairie où je vais régulièrement…

Pour toutes ces raisons, je voulais parler sans plus tarder de ces deux livres, si ressemblants et si différents, mais qui, chacun à leur manière, ont ouvert l’année 2018 de mes lectures cinéphiles, une année des plus prometteuses !

Sur ce, je vous souhaite d’aussi belles lectures que les miennes et vous dis à bientôt, sur Cinephiledoc !

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2017 : Palmarès de lecture

Avec un peu de retard, je suis de retour sur le site pour vous souhaiter une excellente année 2018 et faire un petit point rapide sur mes lectures cinéphiles de 2017.

J’en profite également pour dire que j’ai déjà au moins trois livres bien sympathiques dont je pourrai vous parler dans les prochains articles cinéphiles sur #Cinephiledoc.

Un autre petit mot concernant le site : il reste encore quelques couacs, concernant l’intégration de ressources, des partages d’images, et aussi l’apparence de #Cinephiledoc, ils seront résolus d’ici le mois de mars, quand j’aurai un peu plus de temps à y consacrer.

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

C’est la première année que je le publie aussi tard, car j’hésitais à l’associer aux premières lectures de 2018…

Voici d’abord un état chiffré des lectures 2017 :

  1. janvier-février. 6 lectures, les Comment des éditions 404, et les deux sorties de janvier de Akileos, Le Parrain et Les Sept samouraïs
  2. mars.  1 lecture : La Parole du muet (tome 1)
  3. avril. 2 lectures : le catalogue d’expo de la Cinémathèque, Enfance et cinéma et l’ouvrage Hommage aux studios Ghibli : les artisans du rêve.
  4. mai. 2 lectures : Disney graphics : l’univers décrypté en infographies et Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes.
  5. juin. 1 lecture : le dernier volume d’Enrico Giacovelli sur le cinéma comique américain.
  6. septembre. 2 lectures : Les Mains au cinéma et le nouveau Gastronogeek sur les séries.
  7. octobre : deux lectures. Les deux sorties Akileos du moment : Rio Bravo et Retour vers le futur.
  8. novembre : deux  lectures. Akileos, toujours : Le Voyage de Chihiro et Blade runner.
  9. décembre : deux lectures. Le dernier Akileos de 2017 sur Star Wars et Faire des sciences avec Star Wars de Roland Lehoucq.

Au total 20 lectures, avec beaucoup de choses que j’ai pu retrouver d’une lecture à l’autre (pas forcément des lectures qui se démarquent, se détachent sur l’ensemble).

J’ai accordé cette année beaucoup d’importance aux petites collections que je commence à vraiment apprécier, et on y retrouve souvent les mêmes genres cinématographiques. Cependant, pour les curieux, voici ce qu’on peut retenir.

Palmarès 2017

Les petites collections qui montent…

Cette année aura été placée sous le signe de la maison d’édition Akileos, dont j’ai lu chaque opus successif : 7 lectures, au total.

Il y a aussi les petits « Comprendre » des éditions 404, mais leur parution ne s’est pas étalée sur toute l’année, et un bref coup d’oeil sur leur site internet m’a permis de constater que je n’avais pas manqué une sortie absolument indispensable ces derniers temps.

Donc la petite collection qui se démarque cette année, c’est encore une fois Akileos, avec une mention particulière pour leur ouvrage sur Rio Bravo, qui était absolument parfait !

Il y a aussi la collection Détails des éditions Aedon – La Septième obsession, mais, comme pour les éditions 404, pas de nouvelles publications annoncées prochainement dans cette maison d’édition. On en reste donc au curieux et néanmoins très agréable Les Mains au cinéma, même si depuis novembre, est sorti un ouvrage visiblement assez prometteur sur Le thriller érotique

Univers d’enfance au cinéma

Voici un thème qui a parcouru au moins cinq de mes lectures cette année, avec une prédominance certaine de l’univers Ghibli.

Je laisse de côté le catalogue de la Cinémathèque, qui m’avait quelque peu déçue, tout comme le Disney Graphics.

J’ai suffisamment parlé d’Akileos pour ne pas avoir à revenir sur l’ouvrage consacré au Voyage de Chihiro, c’est donc à l’Hommage aux studios Ghibli : les artisans du rêve, que j’accorde ma préférence, tant pour la qualité de son analyse que pour sa mise en page soignée et qui rend tout à fait justice au foisonnement et à la beauté des studios.

Sur les quatre lectures, une seule donc à retenir à tout prix : celle co-éditée par Ynnis et Animeland.

Retrouvailles avec le cinéma comique

Je clos ce palmarès (même si je n’ai pas évoqué tous les livres et même si ceux laissés de côté sont loin de m’avoir déçue) par l’ouvrage d’Enrico Giacovelli, que j’ai longtemps attendu.

C’était mon petit bonheur de l’année de retrouver cet auteur, sa passion pour le cinéma comique, lui qui m’avait fait découvrir tout un univers que j’ignorais.

Et même si cette joie a été quelque peu assombrie par le projet de Giacovelli de réduire son panorama à ce dernier tome, j’ai été très heureuse de finir de partager cet univers avec lui.

Bilan

Voilà pour ce palmarès avec aussi trois constats :

  1. beaucoup moins d’ouvrages sur les séries télévisées cette année. Il est vrai qu’hormis l’excellent Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes, de Ioanis Deroide, et le Gastronogeek, je n’ai rien vu qui ait su retenir mon attention…
  2. presqu’aucune fiction, hormis la bande dessinée La Parole du muet. J’ai guetté toute l’année sans succès un écrivain qui puisse me parler de cinéma, et je n’ai pas réussi à trouver d’aussi bons livres que les années passées, en tout cas rien qui mérite de s’y arrêter…
  3. et cette année, j’ai fait dans le « léger », donc le petit livre, aussi agréable à lire que facile à transporter, en m’attardant moins sur ce qu’on appelle communément les « beaux livres »…

Pour 2018, donc, j’ouvrirai l’année des comptes-rendus avec :

  • un beau livre
  • un roman et une autobiographie
  • et éventuellement un livre consacré à des séries télévisées.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau une belle année, et je vous mitonne pour très prochainement un site avec moins de couacs et le prochain article #profdoc.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

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Humeur #StarWars côté lectures

Comme promis dans l’article précédent, j’évoquerai ce dernier compte-rendu de lectures de 2017, la date oblige, quasi exclusivement à des ouvrages consacrés à l’univers de Star Wars.

Message personnel

Je commencerai par une pensée solidaire et émue au Crime de l’Orient-Express, qui sort le même jour en France que l’épisode VIII de la saga…

J’ai essayé ces derniers temps d’imaginer avec mes amis ce que pourrait être la découverte pour le réalisateur, Kenneth Branagh, de la date de sortie, lors d’une conversation par exemple avec des producteurs (ou en tout cas les personnes qui gèrent le calendrier des sorties en salles) :

« Bon Kenneth, on a revu le calendrier. En France, ton film sortira le 13 décembre…

_ Ok, ce n’est pas loin des fêtes, les Français aiment bien les films avec plein de stars…

_ Le même jour que le dernier Star Wars

_ Noooooooooooonnnn ! (hurlement de désespoir) »

Bref, même si je déteste ce qu’il a fait à la moustache d’Hercule Poirot, j’irai voir (pas forcément le 13 décembre – et Star Wars non plus d’ailleurs) Le Crime de l’Orient-Express.

Qui sait, peut-être cette adaptation égalera-t-elle celle de Sidney Lumet, où figuraient notamment Lauren Bacall, Sean Connery, Jean-Pierre Cassel ou encore Anthony Perkins…

Mais revenons-en à Star Wars.

Le dixième et pas le moindre

Une fois encore, l’une des deux lectures que je vais évoquer ici est issue de la maison d’édition Akileos.

Après cette année Rio Bravo, Retour vers le futur, Le Voyage de Chihiro et Blade Runner, comme une apothéose, les éditions Akileos proposent pour finir l’année et comme dixième numéro de cette collection « BFI : Les Classiques du cinéma », un petit ouvrage consacré à Star Wars.

Évidemment, je ne dirai pas que ce dernier opus est le meilleur de toute la collection (mon plus beau souvenir restant la lecture du numéro 7, consacré à Rio Bravo). Mais ce numéro 10, qui revient principalement sur la genèse et la réalisation de ce qui deviendra l’épisode IV, est à la hauteur de l’ovni cinématographique que Star Wars continue de représenter.

L’homme qui voulait être Han Solo et qui devint Dark Vador

Le livre en question est l’oeuvre de Will Brooker, un universitaire anglais, qui a consacré plusieurs articles et ouvrages à la culture populaire, notamment Batman, Blade Runner, Alice au pays des merveilles, et bien-sûr Star Wars.

Il a été traduit et publié par Akileos en septembre 2017 (il était donc temps que j’en parle).

Après une introduction où l’auteur évoque le manque de travaux universitaires et d’essais sur Star Wars (et le manque de crédibilité que la saga suscite chez les critiques de films, mais aussi le mépris et la condescendance qu’elle provoque chez ce même public), il concentre son propos principalement sur son réalisateur, George Lucas.

Réalisateur certes, mais aussi producteur, et finalement créateur d’un univers qui égale en complexité ceux de Tolkien ou de George R.R. Martin…

Désormais, à chaque fois que l’on va me parler de George Lucas, je vais avoir en tête la vidéo où Carrie Fisher lui rend hommage, avec un humour irremplaçable :

Le propos est le même, ou presque, dans l’ouvrage de Will Brooker.

Ce dernier revient sur les années de formation de Lucas, sur son ambition d’inventer un autre cinéma, un cinéma expérimental, de nouvelles formes, et de se libérer du carcan commercial d’Hollywood.

Star Wars, c’est l’histoire d’un introverti agoraphobe et psychorigide (une sorte de « control freak ») qui voudrait être tout le contraire.

Star Wars, c’est l’histoire d’un réalisateur qui voudrait être le Godard américain (ouf, on l’a échappé belle !) et qui se retrouverait, imaginons, à réaliser La Grande Vadrouille. C’est l’histoire d’un homme qui voudrait incarner la rébellion et que son besoin de contrôle et son idéal d’ordre conduisent du côté obscur, du côté de l’Empire.

Bref, Star Wars, c’est l’histoire de quelqu’un qui voulait être Luke Skywalker, ou encore mieux, Han Solo, et qui se retrouve sous le casque de Dark Vador.

Voilà le portrait proposé par Will Brooker, étayé de souvenirs de tournage, d’archives et d’interviews.

On oscille en permanence, du coup, durant cette lecture, entre le rire et la compassion. Vous êtes un réalisateur formé, avec toute votre petite bande de copains, Coppola, Spielberg, au cinéma et bercé par la Nouvelle vague, vous rêvez de révolutionner le genre et la forme, et vous réalisez Star Wars.

La note d’espoir sur laquelle l’auteur clôt son livre, c’est qu’une fois la saga complète (mais le sera-t-elle jamais ?) George Lucas puisse enfin réaliser son rêve de cinéma expérimental.

En attendant, il faudra encore et toujours persuader les condescendants que George Lucas reste un artiste et un créateur d’univers, même si, à ceux-là, on ne peut plus envoyer Carrie Fisher, malheureusement…

Et si certains en doutent encore, qu’ils se penchent sur ma deuxième lecture. Si elle ne leur ouvrira peut-être pas les yeux, elle leur donnera du grain à moudre !

De l’histoire, de la mythologie, de la philosophie, et des sciences…

Lors de la sortie en salle de l’épisode VII, en décembre 2015, les ouvrages et les hors-séries de revues avaient abondé sur Star Wars, certains consacrés aux personnages, d’autres revenant sur le tournage, sur les influences de George Lucas, sur les questionnements philosophiques, sur les personnages…

Voici la photo d’une exposition Star Wars que j’avais faite au CDI à ce moment-là, et à l’occasion de laquelle j’avais rapporté de chez moi une sélection de livres et de magazines.

Évidemment, depuis, la liste des ouvrages consacrés à la saga s’est allongée, et tout n’est pas forcément intéressant ou à portée financièrement… Comme tout univers en développement, on ne cesse de proposer au lecteur le « guide final », l’ouvrage « ultime » qui l’accompagnera, au moins jusqu’au prochain volet.

Ce qui m’a intéressée dans l’ouvrage que j’ai choisi pour achever cette année de lectures 2017, c’est que je connaissais déjà certains travaux de l’auteur. Je savais aussi qu’il proposerait à la littéraire que je suis, un éclairage particulier sur Star Wars, intéressant et à ma portée.

Il s’agit de : Faire des sciences avec Star Wars, de Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA, et qui ne se contente pas de nous faire découvrir sous cet angle l’univers de Star Wars, mais qui est également connu pour ses conférences sur Interstellar, Seul sur Mars ou encore Tintin.

Dans ce petit livre de quelques 160 pages, il décrypte pour nous des éléments bien connus de l’univers Star Wars : la force, les sabres lasers, les blasters, l’étoile de la mort… pour ne citer que les premiers sur lesquels il s’attarde.

Pour chaque élément, il étudie les influences scientifiques et la faisabilité : peut-on fabriquer un sabre laser ? quelle est la taille de l’étoile de la mort ? comment peut-elle générer autant d’énergie pour détruire une planète ?

Certes, en bonne littéraire, je ne retiens pas forcément tout du propos de Roland Lehoucq, mais ce qui m’a amenée à le lire, c’est d’abord ma curiosité, et aussi ses talents de conteur et de vulgarisateur.

Cet ouvrage m’a permis d’apprendre et de comprendre des concepts scientifiques par le biais de Star Wars, mais c’est aussi un prétexte pour moi d’élargir mon propos.

Car s’il est agréable à lire, Roland Lehoucq est aussi captivant à écouter, et je vous recommande n’importe laquelle de ses conférences (au hasard je mets ci-dessous celle sur Interstellar).

En guise de prolongement et de conclusion…

Puisque nous sommes sur YouTube, restons-y (et cela me permettra d’évoquer tout autre chose que Star Wars et de vous souhaiter de bonnes fêtes en avance, par la même occasion) : ce mois de décembre, la chaîne The Chaplin Films propose un abécédaire Chaplin en anglais et en français.

Chaque jour vous pouvez retrouver deux mots dans une courte vidéo ainsi que des extraits des films de Chaplin illustrant ces mots.

C’est donc avec A comme Amour (si c’est pas mignon) que je vous laisse :

Je publierai le dernier article #profdoc de l’année le 22 décembre, et j’attendrai début janvier 2018 pour faire le palmarès des lectures de 2017.

D’ici là, bonnes lectures, bons films, belles vidéos, et à très bientôt sur Cinephiledoc.com !

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Promenade cinéphile d’automne

Avant de parler sur ce site (il faut que je m’habitue, même si l’en-tête reste toujours « blog ») de calendrier de l’avent, de stage, de formation à la recherche et de désinformation, voici une petite promenade parmi mes lectures cinéphiles de cet automne.

Cet article ne sera pas forcément très long, en effet je compte publier un dernier compte-rendu de lecture début décembre, consacré comme il se doit à Star Wars (puisque nous verrons une dernière fois sur grand écran une Carrie Fisher épargnée d’un double numérique…).

Collection BFI / Akileos : la suite

Durant une bonne partie du mois de novembre, j’ai poursuivi mes lectures de la collection du British Film Institute, traduite et publiée chez Akileos.

Après Rio Bravo, que j’avais adoré, et Retour vers le futur, qui m’a quelque peu laissée sur ma faim, je me suis plongée dans les deux livraisons suivantes (je garde celle consacrée à Star Wars pour mon mini compte-rendu de décembre, vous l’aurez compris…).

Ces deux livraisons étaient, dans le désordre (puisqu’elles sont numérotées 6 et 9 dans la collection) : Le Voyage de Chihiro, de Andrew Osmond et Blade Runner, de Scott Bukatman.

Les deux lectures, chacune à leur manière, m’ont emballée et m’ont plongée dans l’univers cinématographique de ces deux films, aussi différents soient-ils, à la perfection !

  • Le Voyage de Chihiro

Comme avant pu le faire plus succinctement l’ouvrage consacré aux studios Ghibli dont j’ai parlé plus tôt dans l’année, le petit livre d’Andrew Osmond revient sur la genèse du film, en s’attardant davantage sur les influences de Miyazaki.

Évidemment, cela n’enlève rien à la qualité du premier ouvrage, car il analysait chacun des films du studio, quand celui publié chez Akileos se concentre sur Chihiro.

Osmond alterne l’étude de certaines scènes du film (la fameuse scène dans le train), les influences de Miyazaki (dont Alice au pays des merveilles, Le Roi et l’oiseau…) la genèse du film, la production, les méthodes de travail du réalisateur et l’ambiance des studios, la réception du film enfin, une sorte de rêve éveillé quelque peu décousu, mais auquel le rêveur adhère tout même à chaque instant, en pleine connaissance de cause.

En effet, Osmond revient sur certaines incohérences du scénario, qui ont déconcerté les critiques à la sortie du film. Il n’en demeure pas moins que Chihiro reste un bijou, un morceau de rêve dans lequel j’ai eu envie de me replonger dès ma lecture achevée.

Ce n’est pas mon Miyazaki de prédilection. Je lui ai longtemps préféré Le Château ambulant, dont la copie en DVD a fini par souffrir à force d’être regardée, et dont j’adore les personnages secondaires : Navet et Calcifer. Et j’ai un faible pour Porco Rosso, que j’ai découvert à la sortie du dernier Miyazaki, Le Vent se lève.

Mais revenons-en à ce petit livre. Ce qui intéresse surtout Osmond, c’est le personnage de Chihiro à proprement parler, son évolution, d’une adolescente grincheuse et renfermée en aventurière.

L’évocation suit Chihiro pas à pas, et c’est aussi ce qui donne envie de revoir le film et son univers foisonnant, ses bains et ses chaufferies, ses repas gargantuesques, le vieux Kamaji et ses noiraudes, son sans-visage, les employés grenouilles, Bô, les trois têtes bondissantes, Yubaba et Haku…

Voilà pour cette première lecture.

  • Blade Runner

L’autre ouvrage publié en octobre / novembre par Akileos est Blade Runner, de Scott Bukatman.

Même plaisir à la lecture, même envie – pas encore réalisée cependant – de revoir le film (même si depuis, j’ai vu et apprécié la suite, Blade Runner 2049, réalisée par Denis Villeneuve.

L’analyse de Scott Bukatman m’a fait penser à un livre que j’ai eu l’occasion de découvrir il y a plusieurs années, et je me suis demandée d’ailleurs si l’auteur n’y avait pas participé…

Il s’agissait de La Ville au cinéma, une encyclopédie publiée par Les Cahiers du cinéma, sous la direction de Thierry Jousse et Thierry Paquot.

Pourquoi ai-je pensé cela, alors que finalement, ce n’était pas le cas ? Parce que Scott Bukatman accorde une grande place dans son analyse à la façon dont la ville est filmée dans Blade Runner.

Autre film, autre voyage… et dont les évocations entrainent le lecteur, au-delà d’une ville toute en contrastes, brumes, obscurités et lumières, vers d’autres lieux et d’autres lectures.

On y suit le tournage évidemment, on y retrouve Fritz Lang et son Metropolis comme l’une des sources d’inspiration, mais on s’attache aussi aux pas des réplicants, entre vie et illusion, à nouveau rêve et réalité, cinéma et vérité.

Pour ce mois de novembre, voici donc deux belles lectures et deux escapades dans des mondes mi-rêvés mi-cauchemardés.

Et si on parlait de Clouzot ?

Enfin ma dernière lecture de novembre n’en est pas une. Je ne l’ai même pas commencée. Il s’agirait presque de ce qu’on pourrait appeler une erreur de casting.

Cette fin d’année a été l’occasion de rendre hommage au cinéaste Henri-Georges Clouzot, disparu en 1977. Cela a donné lieu à des rétrospectives et des publications.

En tant que cinéaste, mais également par sa personnalité, Clouzot m’a toujours fascinée.

J’ai adoré les quelques films que j’ai pu voir de lui : Quai des orfèvres, Le Corbeau et surtout Les Diaboliques.

Je garde en mémoire cette anecdote d’une spectatrice parlant à Hitchcock, à peu près en ces termes :

« Depuis que j’ai vu Les Diaboliques, je ne peux plus prendre de bain. Maintenant que j’ai vu Psychose, je ne peux plus prendre de douche. Que me suggérez-vous ? »

Réponse sans appel d’Hitchcock : « Le nettoyage à sec. »

J’ai donc cherché parmi les publications récentes quelque chose qui me raconte à la fois la vie de Clouzot, et qui me donne un aperçu, avec une iconographie relativement riche, de sa filmographie.

Le livre que j’ai trouvé est certainement un excellent livre, Le Mystère Clouzot, publié par la Cinémathèque française. Mais les auteurs axent leur analyse de Clouzot autour d’un film que je n’ai pas vu, Le Mystère Picasso.

Je ne peux donc ni parler correctement du film, ni, à plus forte raison, parler correctement du livre.

Il faudra que je vois ce film ou que je trouve autre chose, sur Clouzot, à me mettre sous la dent.

En attendant, je vous souhaite un bon mois de décembre, je vous parlerai très prochainement de deux petits ouvrages très intéressants sur Star Wars, avant mon compte-rendu #profdoc de mes activités entre le 27 novembre et le 22 décembre.

À bientôt sur Cinephiledoc.com !

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Mythes américains : westerns, Hollywood et Fifties

Mes deux lectures cinéphiles du mois d’octobre ont en commun d’être consacrées à deux films cultes américains et de représenter deux grands mythes américains : le western et l’Amérique des années cinquante.

Les films qu’elles évoquent, aussi différents qu’ils puissent être, rendent quant à eux hommage au cinéma hollywoodien, soit parce qu’ils ont été réalisés durant « l’âge d’or » d’Hollywood – et les premières images suffisent à nous embarquer dans cette période – soit parce qu’ils ne cessent d’y faire référence.

Western : entre désamour et coup de foudre

Ma première lecture n’était au départ pas très enthousiaste. L’ouvrage évoquait un genre qu’à la fois je maîtrise mal et pour lequel je n’ai pas une affection démesurée.

Par Bernard Gagnon — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6062220

À de rares exceptions près, je n’ai pas cherché à voir des westerns. Je n’ai pas vu La Chevauchée fantastique, je n’ai pas vu La Prisonnière du désert, je n’ai pas vu Le Train sifflera trois fois.

J’ai mis un temps certain avant de voir Le Bon, la brute et le truand, et Little Big Man. La seule exception notable pour moi, la seule incursion ancienne et durable dans l’univers du western, c’est Danse avec les loups, que j’adore.

C’est donc avec beaucoup de précaution et de scepticisme que j’ai commencé à lire l’ouvrage consacré à Rio Bravo par Robin Wood, et publié chez Akileos dans la collection BFI : Les Classiques du cinéma, en juillet 2017.

Vous me direz que j’ai mis quasiment 3 mois à dénicher cet ouvrage (ainsi que le deuxième de cet article) et à vous en parler. Mais une fois encore, ma veille en matière d’ouvrages sur le cinéma était quelque peu en pause, et je n’ai pas pu me ruer sur les nouveautés de cette collection, dont j’ai déjà parlé et dont je reparlerai plus bas.

J’ai donc commencé à lire…

Du livre au film, et Howard Hawks…

Deux éléments ont joué en la faveur de Rio Bravo : d’abord, l’écriture de Robin Wood. Ce petit livre d’une centaine de pages est incroyablement bien écrit. Même sans avoir vu le film, on a l’impression de le connaître et d’être plongé dans chacune des scènes que l’auteur nous décrit.

Robin Wood évoque son expérience personnelle de Rio Bravo, et replace ce film dans la filmographie d’Howard Hawks. Ayant vu Le Port de l’angoisse, auquel l’auteur compare régulièrement Rio Bravo, j’avais un élément familier auquel me raccrocher.

Voilà pour le premier élément.

Le second, c’est un collègue avec lequel j’ai parlé de ce petit livre, et à qui j’ai confié que non, je n’avais jamais vu Rio Bravo. Au terme d’une discussion où sont revenus Le Port de l’angoisse, les westerns, Hawks, les jambes de Angie Dickinson, Dean Martin et John Wayne, j’ai été convaincue de l’absolue nécessité (bon j’exagère, mais juste un petit peu) de voir Rio Bravo.

Et évidemment, je ne l’ai pas regretté. Non seulement le film m’a réconcilié avec le genre du western, mais j’ai été à la fois époustouflée par la prestation des acteurs, qu’il s’agisse des principaux et du duo John Wayne / Dean Martin, ou des seconds rôles (Angie Dickinson et Walter Brennan) mais j’ai été à nouveau emballée par l’histoire et embarquée par Hawks avec sa façon bien à lui de me faire aimer ses films.

Walter Brennan, c’est celui qui dans Le Port de l’angoisse, joue l’ami encombrant et jamais sobre de Bogart, ne cessant de demander autour de lui « Vous avez déjà marché sur une abeille morte ? ». John Wayne face à Angie Dickinson, c’est Bogart face à Bacall, qui lui dit que s’il veut quelque chose, tout ce qu’il a à faire c’est siffler…

Bref, grâce à Robin Wood, qui a su reconstituer parfaitement les scènes de Rio Bravo, et grâce à mon collègue, j’ai vu Rio Bravo, j’ai aimé Rio Bravo et j’ai eu du coup envie de revoir un western qui, depuis mon enfance, s’était logé au fin fond de ma mémoire.

Il s’agit de Bandolero !, un western sorti près de 10 ans après Rio Bravo, où, d’après mes souvenirs, James Stewart se déguisait en bourreau pour libérer ses camarades condamnés à être pendus. S’ensuivait une poursuite qui les conduisaient jusqu’au Mexique, en compagnie d’une femme qu’ils avaient kidnappé au passage.

Évidemment, les retrouvailles avec Bandolero ! ont rendu le film quelque peu plus consistant que les quelques lignes qui précèdent.

Et si parfois, après plusieurs années à idéaliser une oeuvre, on se rend compte qu’elle n’avait finalement rien d’extraordinaire, j’ai été rassurée de constater que pour moi, Bandolero ! gardait ce charme trépidant, même sans la virtuosité de Rio Bravo...

Retour vers le futur

La deuxième lecture de ce mois-ci, c’est un ouvrage d’Andrew Shail et Robin Stoate consacré au film Retour vers le futur et publié par Akileos également en juillet 2017, dans la même collection.

Retour de vers le futur fait partie des films que les gens de ma génération ont pu voir lorsqu’ils étaient soit enfants, soit adolescents, au même titre que Gremlins, les films de Spielberg, Forrest Gump, Terminator ou encore la saga Star Wars.

Ce sont des films que je n’ai pu voir que la vingtaine bien sonnée (vers 24-25 ans). À vingt ans, je connaissais mieux les films d’Hitchcock, de Truffaut et de Chaplin, et je n’avais jamais vu les films mentionnés ci-dessus.

Évidemment, j’ai pu par la suite rattraper mon retard, mais si je garde intacte l’émotion du premier Harry Potter au cinéma, je ne saurai jamais (ou seulement en discutant avec mes amis) ce qu’on peut ressentir quand on est ado et qu’on voit pour la première fois Retour vers le futur.

Malgré ce retard, j’ai pensé que l’ouvrage d’Andrew Shail et de Robin Stoate allait ressusciter en moi le charme conjugué des années 80 et des années 50, présentes toutes deux dans Retour vers le futur, et le comique, et la folie, et la fantaisie de Marty et de Doc.

Voilà sur quoi je suis tombée au lieu de ça :

« … la capacité qu’a Marty de perturber le temps désigne une curieuse accentuation post-moderne de l’expérience adolescente, qui nécessite une conscience encore plus appuyée du caractère changeant et non-euclidien d’un mode de vie occidental dépendant de la haute technologie »

Euh… what ? Accentuation quoi ? C’est quoi le caractère non-euclidien ? Vous pouvez répéter s’il vous plait, j’ai pas tout compris. Bref, voilà l’essentiel du problème de ce petit livre.

Ce dernier s’intéresse ensuite à la restitution des années 50 et à l’image qu’elle en véhicule. Une partie est aussi consacrée à la représentation de l’informatique (sans ordinateurs contrairement à d’autres films de la même époque tels que Wargames).

Il y a un très beau chapitre sur le temps, sur les voyages spatio-temporels au cinéma. Mais je n’ai pas trouvé l’explication du « caractère non-euclidien ». D’ailleurs, si quelqu’un peut m’expliquer…

S’il restitue bien l’ambiance, le contexte, les hommages du film aux années 50, le rythme frénétique du film, le tout est plombé au détour d’une phrase par cette bouillie jargonnante, qu’on ne retrouve absolument pas dans l’ouvrage de Robin Wood sur Rio Bravo.

Une petite collection qui promet

C’est la faiblesse (et pourtant la force) de cette petite collection de Akileos. Une collection, commencée l’an dernier avec Alien, Shining, Brazil, puis Le Parrain et Les Sept samouraïs.

Cette collection s’agrandit donc cette année de Retour vers le futur, Rio Bravo, Blade Runner (déjà sortis), Le voyage de Chihiro et Star Wars (encore à paraître, ou sur le point de l’être au moment où j’écris cet article).

À l’exception des deux premiers, sur Alien et Shining, oeuvres de Roger Luckhurst, chacun des ouvrages est écrit par un ou des auteurs différents.

C’est ce qui explique la diversité du style (et parfois même de la forme) de chacun d’entre eux. Un auteur pourra privilégier son expérience personnelle du film, analyser telle ou telle scène marquante, replacer le film dans son genre, un autre pourra privilégier une approche beaucoup plus distanciée, réflexive, se pencher sur des aspects sociologiques ou psychologiques…

Telle ou telle personne retiendra un volume en particulier, qui lui correspondra, un film culte parmi la petite dizaine que s’apprête à compter désormais cette collection. Certains préféreront l’analyse distanciée de Retour vers le futur, d’autres l’approche personnelle de Rio Bravo.

Il n’en demeure pas moins que, même si certains peuvent décevoir (et cela ne constitue pas pour autant de ma part une fin de non-recevoir), chaque élément de cette collection est une pépite.

Et j’en suis venue à les guetter comme on guette la prochaine saison de Narcos, de Stranger things ou de The Crown, car c’est aussi cette diversité qui me fait les apprécier.

Pour 11€ et quelques, j’y retrouve à chaque fois l’atmosphère d’un film, et j’ajoute à ma bibliothèque une filmographie idéale.

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