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Catégorie : Bibliothèque cinéphile (Page 1 sur 26)

Hors-série 2 : dix lectures sur les séries télévisées

Pour ce deuxième hors-série estival, j’ai choisi de vous suggérer quelques lectures sur les séries télévisées, à la manière de ce que j’ai fait pour le cinéma au mois de juillet.

Évidemment, j’ai dans ma bibliothèque beaucoup moins de livres sur les séries télévisées que sur le cinéma, je vais donc traiter la question de manière un peu différente.

L’angle que je vais prendre sera le suivant : quelles lectures peut avoir le fan de séries télévisées, soit pour s’immerger dans cet univers, soit pour en décortiquer l’un ou l’autre des aspects ?

Il n’y a donc pas de classements, de palmarès de lectures à proprement parler dans cet article, mais plutôt un guide du voyageur dans l’univers des séries télévisées.

Un guide du voyageur

Comment peut se repérer le spectateur de séries télévisées dans cet univers en quasi perpétuelle expansion ?

D’abord comme tout lecteur ou comme tout cinéphile : il fait son entrée grâce à une série en particulier. Pour certains qui n’auront pas fait cette rencontre, les données du problème sont simples : ils ne regardent pas de séries télévisées parce que ce n’est pas « leur truc ».

J’ai tendance à penser que, comme pour les livres et comme pour les films, ce n’est pas « leur truc » tant qu’ils n’ont pas trouvé la bonne série.

Une fois la première série terminée (s’il s’agit d’une série ayant déjà un point final), le spectateur va en choisir une autre qui va peut-être plus ou moins ressembler à la première, puis va tenter de sortir progressivement de sa zone de confort, j’ai en tête l’image de graphes littéraires, on pourrait imaginer la même chose avec les différentes séries télévisées.

10 lectures sur les séries télévisées

Pour rédiger cet article, j’ai donc observé ce que, moi, en tant que spectatrice de séries télévisées, j’avais dans ma bibliothèque et ce que j’attendais d’un livre qui se consacrerait soit aux séries télévisées en général, soit sur une thématique propre à un ensemble de séries, soit à une série en particulier.

1/ Faire un tour d’horizon

Afin d’avoir une vision d’ensemble, générale et accessible, des séries télévisées, le mieux selon moi est de disposer d’un dictionnaire.

Certes, comme tous les dictionnaires, il va être publié à une date donnée, et il va falloir le réactualiser régulièrement, mais le dictionnaire ou l’encyclopédie reste pour moi la porte d’entrée idéale dans un univers.

Dans ce domaine, la référence reste le Dictionnaire des séries télévisées de Nils C. Ahl et Benjamin Fau, publié en 2011 chez Philippe Rey et réédité en 2016.

C’est un ouvrage qui se veut le plus exhaustif possible, mais j’ai tout de même une petite réserve le concernant : l’absence totale d’illustration.

Je lui préfère le livre Séries : une addiction planétaire, de Charlotte Blum, publié la même année (en 2011) chez la Martinière.

Donc oui, la réédition du Dictionnaire est plus récente, mais pour un bel ouvrage sur l’univers des séries télévisées, on se tourne vers le livre de Charlotte Blum.

Si l’on s’intéresse à une version en ligne de ce type d’ouvrages, je renvoie vers le portail Séries télévisées de Wikipédia.

2/ Sortir de sa zone de confort

Lorsque, après avoir savouré sa première série, on cherche à en découvrir d’autres, on peut s’appuyer généralement aujourd’hui sur toutes les suggestions proposées par le bouche à oreilles, par des articles sur internet, par les plateformes de streaming auxquelles on est abonné.

Parce que je n’ai pas pu résister au plaisir de revoir Friends sur Netflix, Netflix persiste à vouloir me suggérer de regarder How I met your mother, série dont j’avais certes regardé le début, mais dont j’ai vite décroché.

Dans les suggestions, et au moment où j’écris cet article, l’application me propose la partie 4 de La Casa de Papel (que j’ai déjà vu sur un autre profil), me suggère de reprendre la lecture de The Good place, ou m’indique la série The English game, sans doute parce que j’adore The Crown.

Avant que ce type de suggestions soit disponible, Charlotte Blum, déjà mentionnée plus haut, avait écrit un superbe ouvrage : Vous aimez les séries, ce livre est fait pour vous, publié en 2015 chez La Martinière.

Ce livre adoptait le principe génial de présenter à chaque fois une série d’anthologie, et de présenter une à quatre autre séries que le spectateur pourrait apprécier s’il était fan de la première.

Je me suis amusée à feuilleter à nouveau ce livre pour écrire cet article, et je confirme : c’est un bijou !

3 à 5 / Décrypter l’univers

Une fois que l’on a vu sa première série, et que l’on s’est laissé suggérer trois ou quatre autres titres, puis que l’on a plongé tête baissée et sans plus jamais ressortir la tête, à chaque fois que l’on va reprendre sa respiration, on va s’interroger sur ce qui fait une bonne série télévisée, et comment s’exerce son pouvoir de fascination.

Je donne ici quelques titres dont j’ai fait des lectures un peu en mode « butinage » : je ne suis pas forcément allée jusqu’au bout du livre mais les éléments que j’en ai retirés ont enrichi mon regard sur les séries télévisées.

Le premier que j’ai eu entre les mains était L’Anatomie du scénario, de John Truby, un ouvrage publié en 2010 aux éditions Nouveau monde et qui analyse des centaines de films, de pièces de théâtre, de romans, et de séries télévisées, afin d’offrir au  scénariste en herbe une bible de l’écriture.

Le second est un ouvrage en plusieurs tomes (dont à ce jour je n’ai que le premier) : L’art des séries télé, de Vincent Colonna, publié en 2015 chez Payot dans la collection Petite bibliothèque.

Enfin, le dernier, et le plus récent, est Décoder les séries télévisées, un ouvrage universitaire dirigé par Sarah Sepulchre et publié en 2017 chez Deboeck Supérieur.

6 et 7 / Miroirs de la société

Ce qui est ensuite intéressant dans les séries qu’on regarde, c’est ce qu’elles nous révèlent de nous mêmes et de la société qui nous entoure.

Deux ouvrages m’ont particulièrement intéressée dans ce domaine, et j’ai pris beaucoup de plaisir à les lire et à les chroniquer sur ce site.

Le premier est Friends : Destins de la génération X, de Donna Andréolle et publié en 2015 aux éditions PUF.

Le second est Sex and the séries, d’Iris Brey, publié aux éditions de l’Olivier en 2018, et qui explore les différents aspects de la sexualité et ses représentations dans les séries, comme l’indique le résumé proposé sur le site de l’éditeur :

Depuis les années 2000, les sexualités féminines sont sorties du silence grâce aux séries télévisées : après Sex and The City, les productions les plus récentes ambitionnent de raconter la singularité de l’expérience des femmes.

En quatre chapitres, Sex and The Series explore les métaphores et les schémas inédits que proposent ces séries récentes, et la révolution télévisuelle que nous vivons : comment le « regard masculin » est-il transformé ou contredit ? Quelles nouvelles narrations nous sont proposées ?

Érudit, malicieux, cet essai détonant est également un éloge de notre plaisir de téléspectateur.

8, 9 et 10 / Les séries historiques

Enfin, on a tous un genre de série télévisée de prédilection. Le mien est la série historique, quelle que puisse être la période traitée : je vais apprécier tout autant Rome, The Crown, Chernobyl, Downton Abbey, ou encore Kaamelott.

Je vais regarder tout autant la série qui se veut la plus fidèle possible à ce qu’elle représente que la série parodique, voire les séries qui ont une inspiration historique plus ou moins lointaine et appartiennent à des genres plus éloignés, comme Game of Thrones, qui s’apparente au médiéval fantastique.

Les livres qui m’attirent vont donc tout naturellement traiter ces thématiques, et je terminerai donc cette liste par trois lectures :

  • Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes, un ouvrage de Ioanis Deroide, publié en 2017 chez Vendémiaire
  • Game of Thrones : de l’histoire à la série, un de mes coups de coeur, l’ouvrage de Cédric Delaunay publié en 2018 aux éditions Nouveau monde
  • Kaamelott : un livre d’histoire, de Justine Breton, publié lui aussi chez Vendémiaire en 2018

J’en aurai certainement une prochaine à ajouter, puisque Ioanis Deroide a publié en février dernier un ouvrage qui me semble des plus passionnants : L’Angleterre en séries, chez First éditions, et auquel je consacrerai très certainement un article un de ces jours…

Pour aller plus loin…

Afin de préparer cet article, j’ai cherché aussi quelques sites qui abordent l’univers des séries télévisées, et voilà où m’ont conduit mes recherches :

Voilà pour ce deuxième hors-série estival.

Je vous souhaite une belle fin d’été, et je vous donne rendez-vous très bientôt sur Cinephiledoc !

Hors-série 1 : dix lectures cinéma indispensables

Cet été j’ai décidé de vous proposer deux hors-série relativement simples, et qui n’exigent pas de moi, comme l’an dernier, une énorme pile de lectures.

L’an dernier je vous avais proposé un hors-série sur Daphné du Maurier et un hors-série sur Agatha Christie. À cette occasion, j’avais lu biographies et autobiographies, romans de ces deux auteures, et j’avais vu des films adaptés de leurs oeuvres et des documentaires qui leur étaient consacrés.

Cette année, j’ai profité du confinement pour réfléchir à ces deux hors-série, et j’ai donc commencé à les rédiger au mois d’avril – je me rends ainsi compte que je n’ai jamais été aussi en avance sur ce blog, car, exception faite des articles de profdoc, mes articles cinéphiles sont prêts parfois jusqu’à six mois à l’avance.

Deux hors-série palmarès

Donc pour cet été, deux hors-série qui vont être de tout repos, tant dans leur conception que dans le stock de livres qu’ils exigeront.

Pour ce premier article de juillet, je vous propose la liste de mes 10 indispensables en lectures sur le cinéma.

J’ai l’habitude de vous proposer à chaque fin d’année un palmarès de lectures de l’année passée, j’élargis aujourd’hui le concept et cède moi aussi aux « 10 livres [cinéma] à emporter sur une île déserte », déjà parce que j’aime les listes (sinon je ne serais pas abonnée à la chaîne Blow Up Arte et je ne ferais pas non plus un bullet journal) et ensuite parce que j’aime les palmarès, même si en fonction des époques ils peuvent être des plus changeants.

Voici donc le palmarès de mes lectures sur le cinéma, presque depuis que je suis cinéphile et presque aussi depuis que je tiens Cinephiledoc.

1/ Le classique

Pour moi le classique des classiques en terme de lecture sur le cinéma reste l’ouvrage Hitchcock/Truffaut, familièrement appelé le Hitchbook.

Publié pour la première fois en 1966 aux éditions Robert Laffont, il restitue l’entretien entre Alfred Hitchcock et François Truffaut, sur une idée originelle de ce dernier : décortiquer l’oeuvre d’Hitchcock en abordant pour chaque film sa naissance, l’écriture de son scénario, les circonstances du tournage et le regard qu’Hitchcock porte sur chaque film.

Pourquoi c’est un classique du livre de cinéma ? Parce qu’il confronte deux réalisateurs qui parlent de leur art, parce qu’il est abondamment illustré, et parce qu’il a lui-même suscité un certain nombre d’analyses, de livres et de films.

2/ L’autobiographie

S’il ne fallait retenir qu’une autobiographie de cinéma, étant donné le côté périlleux et narcissique de l’exercice, il faudrait délaisser les souvenirs de stars, les mémoires dont on ignore si la personne l’a rédigé elle-même ou s’est fait aider, et les textes inachevés retrouvés juste après un décès au fin fond d’un grenier.

L’autobiographie de cinéma par excellence, c’est celle de Charlie Chaplin : Histoire de ma vie.

Elle a été publiée pour la première fois en 1964, et elle revient donc de son vivant (Chaplin est né en 1889 et mort en 1977) sur la plus grande partie de la vie de Chaplin.

Pourquoi c’est un incontournable ? Parce qu’elle se lit comme un roman (au départ un roman de Dickens), depuis la naissance et l’enfance de Chaplin dans la misère londonienne, sa vie d’enfant artiste, sa découverte du cinéma, les studios hollywoodiens, ses voyages, jusqu’à sa gloire et son immense popularité qui ne se sont jamais démenties depuis.

M’étant attardée sur les deux premiers indispensables, je vais aller un peu plus rapidement pour les suivants.

3/ La biographie

Pour les mêmes raisons que l’autobiographie de Chaplin, je retiens comme biographie le François Truffaut de Serge Toubiana et Antoine de Baecque, une biographie de référence, publiée pour la première fois chez Gallimard en novembre 1996.

L’ouvrage a été revu en 2001, l’édition de poche est disponible chez Folio : c’est un livre de près de 900 pages qui a été rédigé à partir des multiples témoignages de ses proches et de ses amis et de ses archives personnelles, qui étaient foisonnantes, puisqu’elles regroupaient notamment ses textes critiques, ses scénarios et sa correspondance, entre autres.

Je lui adjoindrais Le Petit voisin de Jérôme Tonnerre, pour un regard extérieur et une touche romanesque.

4/ Le roman

Et puisque nous parlons de romanesque, venons-en au roman. J’ai beaucoup hésité avec Le Figurant de Didier Blonde, mais j’ai voulu m’écarter quelque peu de l’univers truffaldien. J’aurais aussi pu choisir le Livre des illusions de Paul Auster, dont j’ai déjà abondamment parlé sur ce site, et qui a été publié en 2003, mais je cherchais quelque chose de plus récent.

Je replace donc ici LE roman étourdissant et presque inégalé sur le cinéma : Londres après minuit, d’Augusto Cruz : c’est une enquête policière doublée d’un road movie captivant à la poursuite d’un film muet disparu. Un chef d’oeuvre !

5/ Le dictionnaire

Là encore, il y a foison, c’est un genre que les auteurs apprécient : il y a le Dictionnaire Truffaut, d’Arnaud Guigue et Antoine de Baecque, il y a le Dictionnaire Spielberg de Clément Safra paru chez Vendémiaire.

Et puis il y a le Dictionnaire Hitchcock de Laurent Bourdon, préfacé par Claude Chabrol (s’il vous plaît) publié chez Larousse en 2007.

Alors oui, ça parle encore d’Hitchcock (et je n’ai pas fini) mais ça parle d’Hitchcock avec une érudition étourdissante, et qui s’attarde sur le moindre détail, un peu à la Blow Up. Si l’on reprend le résumé :

TOUT sur Hitchcock, ses films (et téléfilms), ses acteurs et actrices, ses collaborateurs et collaboratrices, son père, sa mère, sa femme, sa fille, ses chiens, ses lubies, ses secrets, ses trucs de tournage…
Un dictionnaire exhaustif (4 millions de signes), comptant plus 1 500 entrées.

Plus de 1000 biographies consacrées aux hommes et femmes ayant travaillé avec le maître.

– De Ronald Adam (un aristocrate dans Les Amants du capricorne) à Peter von Zerneck (un pronazi dans Les Enchaînés), tous les comédiens et comédiennes dirigés par Hitchcock de son premier film (The Pleasure garden) à son dernier (Complot de famille).
– Les auteurs, adaptateurs, scénaristes ayant travaillé avec Hitchcock, ainsi que les directeurs de la photographie, les monteurs, les musiciens…
Chaque article est accompagné d’une présentation exhaustive de cette collaboration.

De nombreux thèmes sont traités (voyeurisme, culpabilité, homosexualité) et des personnages types (couples mariés, alcooliques, handicapés, logeuses…) des pays ou des monuments. Et également des objets « fétiches » (menottes, cabines téléphoniques, trains, etc…), des entrées variées

Chacun des 57 longs métrages d’Hitchcock est l’objet d’un développement in extenso, sur de nombreuses pages, par l’auteur.

6/ Un film

Pour un ouvrage consacré à un film précis, je remonte le temps et je prends l’un de mes tous premiers coups de coeur de lectrice cinéphile.

Il s’agit de 5e avenue, 5 heures du matin, un ouvrage consacré au tournage de Diamants sur canapé, écrit par Sam Wasson et publié chez Sonatine en 2012.

C’est une chronique du tournage, avec anecdotes, secrets et photos, et qui se laisse apprécier bien plus qu’Audrey Hepburn n’appréciait le croissant qu’elle devait manger dans la fameuse scène d’ouverture…

7/ Un réalisateur

Là encore, je vais essayer de sortir de mon panthéon habituel Truffaut – Hitchcock – Chaplin. Je sélectionne donc l’ouvrage déjà mentionné (et pas plus tard que le mois dernier) : Les archives Stanley Kubrick aux éditions Taschen.

Un ouvrage exhaustif et superbement illustré, qui met à la portée du cinéphile le plus modeste « une grande partie des images les plus mémorables extraites des films de Kubrick, des interviews éloquentes et de nombreux documents issus de ses archives personnelles tels que des éléments de conception de décor, des scénarios, des notes, des lettres et des plans de tournage ».

8/ L’archéologue

Là encore, pas de surprise, je cite à nouveau mon Simon Braund fétiche et son magnifique ouvrage : Les plus grands films que vous ne verrez jamais, publié en 2013 aux éditions Dunod

Simple, beau, efficace, et éclairant de manière émouvante les oeuvres qui n’ont pas pu voir le jour.

9/ Le culinaire

J’ai quelque peu hésité pour ces deux dernières rubriques : le culinaire et le vagabond.

Parce qu’à nouveau, j’aurais pu choisir de mettre à l’honneur Hitchcock avec l’ouvrage La Sauce était presque parfaite, ou Chaplin, avec À table avec Charlie Chaplin, qui m’a rappelé l’excellent site de Claire Dixhaut, Cinémiam.

Je choisis les ouvrages du Gastronogeek, que j’ai eu encore récemment l’occasion de feuilleter, et qui permettent de voyager, avec les papilles, dans un univers cinématographique des plus étendus, allant des dessins animés des années 80 aux banquets d’Astérix.

10/ Le vagabond

Je termine enfin ce palmarès par les livres qui nous font voyager au cinéma. Il y en a à foison : ceux qui se consacrent au cinéma étranger (cinéma japonais, cinéma italien, cinéma espagnol, cinéma américain), ceux qui s’attardent sur une ville (New York ou Paris) et qui me rappellent les virées cinéphiles du Fossoyeur…

Et puis il y a la série des ouvrages de Philippe Lombard publiés chez Parigramme, avec notamment Le Paris de François Truffaut (mais j’avais dit que je quittais mon panthéon) et Paris en 100 films de légende.

C’est donc avec ces promenades cinéphiles que je vous quitte, vous souhaitant un bel été et vous disant à bientôt sur Cinephiledoc !

Barry Lyndon format vinyle

Voici un article presqu’exclusivement consacré à un film : le Barry Lyndon de Stanley Kubrick.

Des histoires d’articles

J’ai tendance à parler « du » Barry Lyndon de Stanley Kubrick, comme on peut parler du Dracula de Francis Ford Coppola, comme s’il existait d’autres Barry Lyndon que celui de Kubrick, qui pourtant est bien unique.

Et pourtant sur la couverture du livre dont je vais vous parler, on utilise bien la forme anglaise du possessif, à savoir Stanley Kubrick’s Barry Lyndon, donc le Barry Lyndon de Kubrick est une formule qui insiste moins sur le caractère unique ou non de l’oeuvre que sur sa paternité : c’est LE Barry Lyndon DE Kubrick.

J’espère après ces trois paragraphes ne pas déjà avoir perdu tout le monde…

Presqu’exclusivement ?

J’ai déjà eu l’occasion sur ce blog de parler de Stanley Kubrick – ne serait-ce que pour vous rabattre les oreilles du Napoléon qu’il n’a jamais tourné – et de Barry Lyndon.

Je vais donc dans cet article ne parler quasiment que de Barry Lyndon, en faisant quelques petits détours ici ou là, mais qui ne me conduiront jamais bien loin de l’Irlande ou de Kubrick.

Afin de me remettre proprement dans l’ambiance du film, au moment où j’écris cet article, je viens de lancer la lecture de la bande originale.

Musique et voix

Si je tente de faire abstraction de tout ce que j’ai déjà pu dire sur Barry Lyndon, il faut en effet que je ferme les yeux et que je revienne à quelque chose de purement sensoriel : la musique dans ce film.

C’est quelque chose d’assez entêtant (si je cherche un élément de comparaison, on pourrait éventuellement choisir la musique d’Inception ou d’Interstellar), globalement mélancolique, pour une atmosphère qui, à de rares exceptions près, reste relativement pesante.

Cette musique, j’ai le souvenir de l’avoir écouté, écouté encore, et réécouté encore sur une cassette audio dont la boite en plastique avait bien souffert, mais par chance la cassette avait résisté jusqu’à ce que les cassettes passent de mode – avant d’être remises sur le devant de la scène avec la série Stranger things

Pendant des années, j’ai cherché la bande originale en CD : les prix atteignaient des sommes astronomiques, et puis, un beau jour, enfin ! Ce CD, sur fond blanc, avec une silhouette noire, bottée, qui tient un pistolet et qui piétine une rose rouge de sa botte gauche.

Et donc cette musique, elle se compose globalement de 3 ou 4 éléments :

  • la sarabande de Haendel
  • le trio pour piano et cordes n°2 de Schubert, opus 100
  • des musiques traditionnelles irlandaises
  • d’autres compositions de musique classique : du Mozart, du Bach, du Vivaldi

Voilà pour l’atmosphère générale.

Le deuxième souvenir, c’est la voix. Imaginez en français, sur deux cassettes vidéos (première et deuxième partie) la voix du narrateur : Jean-Claude Brialy, un narrateur qui n’existe pas dans le roman original de William Thackeray, mais que Kubrick a ajouté, et qui donne une saveur particulière à l’histoire, avec son ironie, son détachement, et cette voix qui apparaît dès la première scène, juste après un générique triomphal ponctué par Haendel…

Histoire, sons et lumières

Bon pour ce qui est du son, vous en avez déjà eu un aperçu qui ne sera jamais exhaustif, mais cela peut vous en donner une idée.

L’histoire maintenant :

Une histoire en costumes, magnifique, avec des décors somptueux, et des personnages auxquels, petite, je ne comprenais pas grand chose : un garçon un peu niais du fin fonds de l’Irlande, amoureux déçu, qui s’en va jouer au petit soldat, qui change d’uniforme, qui devient joueur, puis qui se marie…

Le contexte est celui des années 1750 et va nous conduire jusqu’en 1789, en nous entraînant de l’Irlande jusqu’en Prusse, en passant par toutes les cours d’Europe et l’Angleterre.

Concernant les décors, je renvoie d’ailleurs aux virées cinématographiques du Fossoyeur de films consacrées à l’Irlande :

Lorsque l’on tombe sur ce film étant enfant, on est plein d’attachement pour ce héros qui veut absolument réussir, et ça ne va pas beaucoup plus loin. On admire les décors, les paysages, la lumière des bougies sur les visages, les costumes, les batailles, les châteaux :

Avec le temps, on comprend qu’on ne peut ressentir de sympathie pour aucun des personnages : Barry est un amoureux déçu, qui a perdu toutes ses illusions et qui devient une crapule qu’on souhaite tout de même voir arriver à ses fins.

Quasiment tous les autres personnages sont lâches, hypocrites, menteurs, et même les bons laissent indifférents, comme lorsqu’on lit les Liaisons dangereuses, et qu’on se surprend à préférer la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, tout odieux et machiavéliques qu’ils soient, face à la niaiserie et à la candeur de tous les autres.

La mère de Barry est une arriviste odieuse, paysanne irlandaise mal dégrossie, Lady Lyndon, une femme assez fade malgré sa beauté, son fils est un adolescent sombre qui peine à avoir du caractère, et le petit Bryan, le fils de Barry, est un gamin capricieux et insupportable.

Alors, pourquoi regarder un film où l’on n’éprouve de sympathie pour personne ? Pour assister de manière assez voyeuse à la grandeur puis à la décadence, dans une somptueuse mise en scène, tout en se félicitant d’être du côté du narrateur !

J’ai appris à apprécier la composition des scènes, la magnifique photographie, et le soin accordé à chaque détail, et l’ensemble est superbement restitué dans le livre dont je vais maintenant vous parler.

Stanley Kubrick’s Barry Lyndon

Ce livre a été publié par les éditions Taschen – qui n’en sont pas à leur coup d’essai sur Kubrick – en 2019.

On y trouve en mention : « en coopération avec le Stanley Kubrick estate, édité par Alison Castle » ainsi que « Dans les coulisses : Livre & DVD PLUS : affiche originale ». Trois films de Kubrick ont fait l’objet de cette mise en lumière : 2001, Orange mécanique et Barry Lyndon.

Je ne voue pas aux deux premiers le même culte qu’au troisième. Et pourquoi ai-je acheté le livre, puisque j’avais déjà le Blu-ray ?

Pour deux raisons :

  • l’affiche originale, qui est magnifique
  • le format, que j’ai trouvé incroyable, et qui sort de l’ordinaire par rapport à ce que Taschen propose habituellement. Un format vinyle donc, on s’attendrait presque à trouver un disque dans sa pochette, et bon courage pour ranger la merveille dans sa bibliothèque !

Sur le site de Taschen, voilà comment est résumé l’ouvrage :

Barry Lyndon est un chef-d’œuvre cinématographique sans égal. Incompris à sa sortie en 1975, le film s’est fait une place de choix dans la filmographie de Kubrick et est aujourd’hui considéré comme une de ses plus belles réussites. Chaque coffret de la collection Making of a Masterpiece inclut le DVD du film remasterisé, son affiche originale ainsi que de très nombreux documents de production issus des archives de Kubrick, le tout dans un format LP de luxe.

Voilà le résultat en quelques images, que le site permet de télécharger :

Visuellement, le résultat est à couper le souffle, et permet de saisir tout l’enjeu de ce format : de même qu’on ne regarde pas Barry Lyndon sur son smartphone, on ne lit pas un livre sur Barry Lyndon dans un format poche.

Kubrick

Les éditions Taschen aiment visiblement beaucoup Kubrick, il n’y a qu’à voir le nombre de livres consacrés à ce réalisateur dans leur catalogue :

https://www.taschen.com/pages/fr/search/kubrick

En 2016 ils ont publié une version « accessible » des archives de Stanley Kubrick (quand je dis accessible, c’est qu’il s’agit d’un format qui se range facilement dans une bibliothèque ET qui coûte 15€). Cette version figure en bonne place dans ma bibliothèque et a fait partie pendant un temps des ouvrages que j’offrais autour de moi.

C’est une bible pour tout cinéphile qui se respecte, au même titre que le Hitchbook, ou que, encore sur Kubrick, l’ouvrage de Michel Ciment, qui reste une référence en la matière. C’est d’ailleurs à partir de cet ouvrage qu’a été réalisé le documentaire Kubrick par Kubrick diffusé par la chaîne Arte en avril 2020, et qui est disponible encore quelques jours en replay.

Kubrick fait partie des réalisateurs dont on reconnaît évidemment l’oeuvre au premier regard. Je me souviens d’avoir vu 2001 l’odyssée de l’espace et, en découvrant les premières images, de m’être dit « c’est pas possible, j’ai pas d’images, qu’est-ce qui se passe [vérifie les câbles, arrête le film, le remet] ah ça doit être normal, après tout, c’est un Kubrick ».

Aucun de ses films ne m’a laissée indifférente. Il y en a que j’aime moins évidemment, et même un ou deux qui suscite chez moi une certaine répulsion, pas parce que je m’y ennuie, mais parce que le film me dépasse.

Il est triste de pouvoir dire qu’il est relativement facile de connaître tout Kubrick, d’une part parce qu’il est mort assez brutalement, d’autre part parce qu’il était suffisamment perfectionniste pour prendre un temps considérable sur chaque projet.

En tout 16 films, courts métrages inclus. Que des classiques quasiment. Si je reprends la liste entière depuis 1957, ça donne :

  • Les Sentiers de la gloire ++
  • Spartacus ++
  • Lolita +
  • Docteur Folamour +
  • 2001 +…
  • Orange mécanique ++++
  • Barry Lyndon +++++++++++
  • Shining ++++
  • Full metal Jacket +++
  • Eyes wide shut +… (1999)

Vous avez une idée avec les + du nombre de fois, approximatif, que j’ai pu voir ces films.

Vous mesurez donc le bonheur qu’a été pour moi d’avoir entre les mains ce livre format vinyle des éditions Taschen, et ce jusqu’à ce que je tombe sur cette petite phrase à la page 94 sur 95 :

Que croyez-vous que j’ai fait ? J’ai cherché la filmographie de Cary Joji Fukunaga (j’ai découvert qu’il était aux commandes du prochain James Bond), j’ai cherché dans la filmographie de Kubrick, dans la liste des films consacrés à Napoléon… rien, aucun signe pour l’instant de ce projet de mini-série. Des articles de 2016, de 2017, de 2018, depuis, plus rien !

J’ai donc refermé le livre avec un espoir quelque peu méfiant, en me disant qu’un jour peut-être je verrai enfin LE Napoléon DE Kubrick, encore une question d’articles, de possessif et de complément du nom, le projet d’un homme et d’un réalisateur, qui, même disparu, continue à nous faire attendre…

Cet article est le dernier article cinéphile avant l’été et avant septembre prochain, je vous proposerai après le dernier article profdoc de l’année scolaire deux petits hors-séries estivaux.

D’ici là, belles lectures, et à bientôt sur Cinephiledoc !

May the fourth be with you and survive

Vous l’aurez compris, voici un petit article sur la saga Star Wars. Et de circonstances, puisqu’il s’agit de survivre !

En effet, pour ceux qui ne sont pas familiers de cet univers ou qui n’en sont pas des inconditionnels, le 4 mai est une journée consacrée à Star Wars – avec le jeu de mots « May the fourth » (le 4 mai) qui joue en anglais sur sa proximité avec « May the force be with you », l’encouragement bien connu adressé aux personnages des différents épisodes.

J’aurais pu publier cet article au mois de décembre ou au mois de janvier mais…

  1. j’avais presque oublié que le dernier volet (l’épisode IX) sortait au mois de décembre
  2. j’avais déjà prévu de publier mon palmarès 2019 en décembre et mon article sur ma première année de bullet journal en janvier

Je profite donc de ce 4 mai pour :

  • refaire un petit point sur quelques lectures intéressantes sur Star Wars
  • évoquer à nouveau la mini expo installée en décembre au CDI et la petite présentation cliquable qui lui était associée (casquette profdoc)
  • faire un compte-rendu de lecture d’une publication relativement récente
  • établir mon palmarès personnel des différents épisodes de la saga

Et comme je suis bien organisée, je vais reprendre dans le désordre ces différents points et commencer par le dernier !

Palmarès personnel des épisodes de Star Wars

Lorsque je suis allée voir le dernier épisode au mois de décembre, j’ai beaucoup échangé avec un certain nombre d’amis, de connaissances et de collègues sur ce que nous pensions respectivement de ce dernier volet.

J’ai essayé de faire un petit classement des épisodes, de celui que je considère comme le meilleur à celui que je préfère oublier. Si le coeur vous en dit, je vous laisse m’indiquer en commentaire votre propre classement.

Le trio de tête

  • 1 : L’empire contre-attaque (épisode V) 1980

Pour moi, c’est le meilleur. J’adore tout de cet épisode : la bataille sur la planète Hoth, l’entraînement de Luke avec Yoda, l’affrontement final avec Dark Vador.

  • 2 : Un nouvel espoir (épisode IV) 1977

J’aime beaucoup le tout premier épisode de la saga, déjà parce que cela nous permet de la découvrir (et sans forcément commencer par l’épisode I – cela soulève d’ailleurs la question « dans quel ordre faut-il voir les films ? »), ensuite parce que j’adore Alec Guinness dans le rôle d’Obi-Wan Kenobi, Obi-Wan étant l’un de mes personnages préférés.

  • 3 : Rogue One (2016)

Rogue One est le seul film dérivé de l’univers dont je parlerai dans ce palmarès. D’abord parce que les autres m’ont laissé peu de souvenir ou des souvenirs plus que mitigés (le Solo de 2018 en fait partie). Ensuite parce qu’il arrive à être fabuleusement efficace et bien mené en un peu plus de deux heures. Seule petite réserve : l’image numérique de Leia à la fin.

Les hésitations au milieu

Pour les films suivants, je n’ai pas d’avis particulièrement tranché : je vais les apprécier pour telle ou telle raison, mais je vais être beaucoup plus réservée sur d’autres points

  • 4 : Le Retour du Jedi (épisode VI) 1983

J’ai une tendresse particulière pour celui-ci parce que, de manière générale, j’aime les épisodes conclusifs, les moments où tout se résout. J’aime beaucoup aussi les péripéties pour libérer Han, et la rencontre avec les Ewoks sur Endor.

  • 5 : La Revanche des Sith (épisode III) 2005

Si j’apprécie cet épisode de la Prélogie, c’est principalement pour la transformation progressive d’Anakin Skywalker en Dark Vador, et la façon dont l’on passe de la république à l’empire. J’aime aussi beaucoup l’affrontement entre Anakin et Obi-Wan sur la planète Mustafar.

  • 6 : Le réveil de la force (épisode VII) 2015

Je me souviens des débats passionnés lorsque les nouveaux épisodes sont sortis au cinéma. Pour ma part, j’étais très heureuse de revoir les acteurs de la trilogie originelle, et cela a largement contrebalancé les faiblesses du scénario. Et puis j’aime bien BB8.

  • 7 : L’ascension de Skywalker (épisode IX) 2019

Je mets cet épisode juste après le précédent et à peu près pour les mêmes raisons. Oui il y a des incohérences et de la paresse dans l’écriture du scénario. Oui il y a des choses que j’ai eu du mal à accepter. Mais au moins Leia a une fin à peu près correcte, compte-tenu des circonstances.

Les (bons) derniers

  • 8 : L’attaque des clones (épisode II) 2002

Là ça commence à devenir compliqué. L’épisode II fait partie de mes épisodes « oui mais ».

Traduction : Anakin a l’air d’un ado tête à claques pendant tout le film ? Oui, mais il y a Christopher Lee. Les scènes sur Naboo sont niaises et insupportables ? Oui, mais il y a Christopher Lee.

  • 9 : La menace fantôme (épisode I) 1999

Un autre épisode « oui mais », encore plus compliqué que le précédent.

Traduction : C’est cool, y’a Liam Neeson ? Oui mais y’a Jar Jar Binks ! La course de modules est top ? Oui mais y’a Jar Jar Binks !

  • 10 : Les derniers Jedi (épisode VIII) 2017

Donc si vous vous demandez pourquoi j’avais oublié que l’épisode IX sortait en décembre 2019, voilà la raison. Ce n’est même pas un épisode « oui mais », c’est un épisode dont je ne veux vraiment pas me rappeler.

Et c’est presque avec soulagement que j’ai vu l’épisode IX après ça, et que cela m’a donné envie de faire, et ce palmarès, et le compte-rendu de lectures qui va suivre.

Les cinq livres à lire sur Star Wars

Voici d’abord cinq petits conseils de lecture, que vous soyez amateur ou spécialiste de la saga.

  • un abécédaire de l’univers Star Wars

Le premier de ces ouvrages est Star Wars : une saga, un mythe, de Laurent Aknin, publié aux éditions Vendémiaire en 2015.

J’en avais fait la critique au moment de sa sortie, qui coïncidait, à quelques semaines près, à la sortie au cinéma de l’épisode VII.

Sous forme d’abécédaire, le livre décode les racines des Jedis, de la Force, l’influence du mythe arthurien ou des cultures asiatiques sur la saga, et le fait que Star Wars fait désormais figure de mythe à part entière, avec produits dérivés et univers étendu.

L’ouvrage s’ouvre sur le processus d’ « agnition » (reconnaissance de deux personnes ou plus, avec notamment la célèbre phrase de Dark Vador (Darth Vader) à Luke Skywalker, « Je suis ton père »), et se ferme, comme il se doit, avec la figure de Yoda.

On y retrouve d’autres entrées, dédiées aux personnages, ainsi que l’explication de plusieurs points emblématiques de la saga : combats, couples, droïdes, élu, empire et dictature VS république et démocratie, fantasy et science-fiction, immortalité, initiation, ordre Jedi, padawan, religion, ou encore sabre.

  • Star Wars en infographies

L’un de mes ouvrages préférés sur Star Wars est le Star Wars graphics : l’univers décrypté en infographies, sorti lui aussi en 2015 aux éditions Hachette.

C’est un livre d’une incroyable efficacité, qui restitue à merveille l’univers de la saga, et qui, comme son sous-titre l’indique, le décrypte en infographies.

On y retrouve aussi bien le descriptif des différentes planètes, une classification des vaisseaux en fonction de leur vitesse, une étude de l’espérance de vie par espace, des membres coupés dans les différents épisodes de la saga, une chronologie réelle et fictives des événements, ou encore le taux de midichloriens par personnage.

Ce bijou visuel est à rapprocher du point de vue de l’humour, du petit ouvrage publié aux éditions 404, Comprendre Star Wars quand on a toujours pas compris qui est le père de Luke Skywalkeret du point de vue de la forme, de l’ouvrage dont je parlerai un peu plus bas…

  • Aux origines : George Lucas

Le troisième ouvrage est un peu plus récent : il s’agit de Star Wars, de Will Brooker, publié en 2017 chez Akileos.

Cet ouvrage revient principalement sur un personnage emblématique de la saga, à savoir son réalisateur, George Lucas, et étudie sa personnalité selon un angle bien défini, à savoir : l’homme qui voulait être Han Solo mais pour qui il est plus sécurisant, psychologiquement et émotionnellement, d’être Dark Vador, voire Palpatine.

Vous pouvez retrouver ici la critique que j’avais faite de l’ouvrage à sa sortie.

Pour compléter cette lecture, je vous laisse regarder le documentaire ci-dessous, consacré aux origines de Star Wars.

  • Le féministe

Pour cette avant-dernière lecture, on peut continuer à parler de George Lucas, mais avec le regard de Carrie Fisher, et en prenant le temps de lire le Journal d’une princesse, un ouvrage qui est sorti, dans sa traduction française, en octobre 2017.

Ce livre ne revient pas seulement sur les conditions du tournage du premier Star Wars en 1977.

J’avais fait la critique de ce livre en mars 2018, c’était un livre dont j’avais adoré le ton, la franchise, et l’humour. Je ne résiste pas à la tentation d’en replacer ici une citation :

Quand on se rapproche de mon double [au musée Madame Tussauds de Londres], on peut voir qu’elle a la peau un peu épaisse et qu’elle transpire, alors restez à distance. Il lui manque un grain de beauté sur les reins, mais je n’en aurais pas non plus si j’avais le choix. Peut-être mon moi en cire pourra prendre le relais quand mon moi de chair déposera les armes. Mais il devra le faire dans ce putain de Bikini.

Lorsqu’on lit ce livre, on y retrouve tout l’humour cinglant et sans coquetterie de Carrie Fisher, tel qu’on peut également l’appréhender dans cette vidéo :

Et je rajoute également celle-ci pour compléter :

  • Le scientifique

Enfin le dernier livre que je retiens sur Star Wars, c’est le livre, déjà plusieurs fois cité sur ce blog, de Roland Lehoucq : Faire des sciences avec Star Wars.

C’est un ouvrage qui décrypte d’un point de vue scientifique les différents éléments de la saga : sabres laser, étoile de la mort, vaisseaux spatiaux, droïdes et planètes.

Roland Lehoucq est astrophysicien au CEA, et quand il ne s’intéresse pas aux sciences chez Tolkien, il évoque dans ses livres la science au cinéma, le nombre de doigts d’un extra-terrestre ou les pouvoirs de Superman.

J’ai pu mettre en valeur à plusieurs reprises ses travaux au CDI, ici pour de la vulgarisation scientifique :

là, pour l’exposition Star Wars du mois de décembre :

avec le visuel qui allait avec :

Star Wars, manuel de survie

Dans mes lectures, j’avais croisé aussi un manuel du Jedi, mais ce qui a retenu mon attention pour cet article, en plus de la sortie au cinéma du dernier épisode et de cet événement du 4 mai, c’est un autre manuel, dont la couverture attire très efficacement le regard.

Il s’agit de Survivre dans la galaxie, de Christian Blauvelt, publié chez Hachette en octobre 2019.

L’ouvrage est superbement mis en forme. Il se rapproche bien de Star Wars graphics, que j’ai mentionné plus haut, mais avec plus de texte.

Sur des doubles-pages, il décrypte les subtilités de la politique ou des différentes cultures de la galaxie, et propose un guide pour hacker, piloter un vaisseau spatial, choisir les bonnes armes ou encore affronter des prédateurs.

C’est un excellent divertissement, malgré quelques coquilles dans la traduction et un petit souci de mise en page à un endroit.

Le parfait complément d’autres ouvrages du même type, comme le Guide de survie en territoire zombie de Max Brooks.

J’espère vous avoir donné quelques pistes de lectures pour savourer pleinement ce 4 mai.

May the force be with you et à bientôt sur Cinéphiledoc !

Une année Tolkien ?

En février dernier, sur le fil et quelques jours avant la fin de l’événement, je suis allée avec Sandrine Duquenne découvrir l’exposition de la Bibliothèque nationale de France consacrée à Tolkien.

Cela m’a donné envie de faire un petit point sur ce blog sur l’exposition en elle-même, et sur quelques ouvrages qui abordent l’univers ô combien foisonnant de cet auteur.

L’exposition de la BnF

Du 22 octobre 2019 au 16 février 2020, la BnF proposait une exposition d’envergure dédiée à l’œuvre Tolkien, avec 300 pièces exposées : de nombreux manuscrits et dessins originaux de Tolkien étaient présentés.

Parallèlement, une sélection de pièces d’exception issues pour la plupart des collections de la BnF fournissait un contexte pour cette création artistique et littéraire, on y retrouvait principalement des textes, des gravures et des tapisseries, le tout organisé de manière assez grandiose.

Cette exposition avait été annoncées plusieurs mois auparavant – à l’été 2019 il me semble – et elle était attendue avec impatience.

La BnF a bénéficié du soutien du troisième fils de Tolkien, Christopher, qui a grandement contribué à l’édition et à la diffusion de l’oeuvre de son père, et qui est malheureusement décédé le 16 janvier dernier.

Elle a également abondamment communiqué autour de cette exposition, en lançant notamment un site de référence dédié à la fantasy :

https://fantasy.bnf.fr/

Sur son site, à la présentation de l’exposition étaient associés plusieurs documents et ressources, notamment cette frise chronologique de la Terre du Milieu, qui a aussi été relayée sur le compte Twitter de la Bibliothèque nationale de France.

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Bref, il n’est pas étonnant que cette exposition ait battu des records de fréquentation, de par sa richesse et de par la communication, d’une qualité incontestable, de la BnF.

Évidemment, la petite ombre au tableau reste que les photographies n’étaient pas autorisées pendant la visite, ce n’est donc pas par ce biais-là que le visiteur pouvait conserver un souvenir de cette plongée dans l’univers de Tolkien.

Trois lectures

  • Trésors de Tolkien, Catherine McIlwaine

Le livre le plus à même de restituer l’atmosphère de cette exposition et de donner un aperçu relativement exhaustif des pièces exposées, c’est l’ouvrage Trésors de Tolkien, de Catherine McIlwaine, publié en octobre 2018 chez Christian Bourgeois, et traduit de l’anglais par Vincent Ferré, le spécialiste français de Tolkien.

Ce petit livre, où les illustrations prédominent, présente les pièces maîtresses des archives de Tolkien, qui étaient conservées à la Bibliothèque Bodleian d’Oxford et qui ont été prêtées pour l’exposition à la BnF.

On y retrouve les illustrations réalisées par Tolkien pour le Silmarillion, le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, des cartes, des alphabets, des manuscrits ou tapuscrits de ses différentes oeuvres, des documents plus personnels (photographies, extraits de carnets) et ses fameuses cartes de Noël – en effet, à chaque Noël il adressait une carte à ses enfants en se faisant passer pour le Père Noël.

Mes préférés ? Les cartes du Silmarillion, la maquette de jaquette du Hobbit, les lettres de feu, et toute la partie consacrée aux carte de la Terre du Milieu.

  • Tolkien et les sciences

Le deuxième livre sur lequel je voulais revenir, c’est Tolkien et les sciences, un ouvrage dirigé par Roland Lehoucq (déjà fréquenté sur ce blog pour ses ouvrages de vulgarisation autour de la science-fiction et de Star Wars), Loïc Mangin et Jean-Sébastien Steyer, et publié aux éditions Belin en octobre 2019.

C’est un livre dont la lecture m’a bien occupée entre janvier et février 2020 (avec un pic de lecture entre le 20 et le 22 février.

L’ouvrage est un pavé assez passionnant, et qui, loin de se cloisonner aux domaines strictement scientifiques, fait aussi la part belle aux sciences humaines : sociologie, philosophie, économie, politique – évidemment linguistique pour Tolkien.

Il est composé de six parties, la première étant dédiée à ces sciences humaines qui permettent la construction d’un monde. Suivent des chapitres traitant du rapport de Tolkien au temps et à l’histoire, des études de l’environnement et des milieux. Enfin, les deux dernières grandes parties s’intéressent aux personnages et au bestiaire de Tolkien.

L’ouvrage remplit parfaitement sa mission de vulgarisation scientifique et nous permet de nous intéresser, tantôt à la géologie et au climat, tantôt à la chimie, tantôt à la paléontologie…

Mes chapitres préférés ? Ceux consacrés au climat, aux questionnements sur la composition chimique de l’Anneau unique, sur la médecine, celui qui s’intéresse de près aux pieds poilus des hobbits, celui qui étudie l’évolution des peuples de la Terre du Milieu, mais aussi le chapitre consacré aux dragons. Le tout avec tableaux, schémas, et arbres phylogénétiques à l’appui.

  • Atlas illustré de Tolkien, David Day

Enfin le dernier ouvrage est le petit Atlas illustré de Tolkien, de David Day, publié en février 2020 chez Hachette Heroes.

Bien que ce livre n’ait pas été réalisé sous licence ou approuvé par les héritiers de Tolkien ou le Tolkien Estate, comme cela est précisé dès la page de titre, son approche est assez originale.

Il propose de nombreuses chronologies par tableaux, ainsi que plusieurs cartes, et plus que d’être un atlas, il fait justement la recension chronologique des événements de la Terre du Milieu, depuis la création d’Arda jusqu’au départ des porteurs d’Anneaux pour les Terres immortelles.

Pour chaque chapitres sont ainsi proposées des cartes, des généalogies et des chronologies, et c’est cela, bien plus que les illustrations et le textes, qui a retenu mon attention.

Autres références

À ces lectures récentes s’ajoutent évidemment quelques autres références que peut consulter l’amateur ou le spécialiste plus ou moins chevronné de Tolkien.

La première d’entre elles est bien-sûr le Dictionnaire Tolkien, plusieurs fois réédité et dirigé par Vincent Ferré, spécialiste déjà mentionné plus haut et faisant autorité dans ce domaine. Son ampleur est à la mesure du gigantisme de l’oeuvre à laquelle il est dédié : 60 contributeurs, 350 notices, et près de 550 pages.

Édité initialement aux éditions du CNRS, il a été réédité en septembre 2019 aux éditions Bragelonne.

Tolkien : l’encyclopédie illustrée est un autre travail réalisé par David Day (cité plus haut pour son atlas illustré) : 500 entrées alphabétiques et qui traite de tous les aspects de la Terre du Milieu :  l’histoire, la géographie, les peuples, la faune et la flore, les protagonistes. Des cartes, des arbres généalogiques, des tableaux chronologiques, illustrés de dessins originaux permettent de situer aisément événements et personnages. L’ouvrage est lui aussi paru chez Hachette Heroes en octobre 2017.

Plus ancien mais non moins indispensable, le travail de d’Édouard Kloczko, malheureusement difficile désormais à trouver à un prix abordable, L’Encyclopédie des elfes, qui permet d’aborder cet aspect de l’univers de Tolkien, avec toute sa richesse linguistique, et qui avait été publié en 2007 aux éditions du Pré aux clercs.

Enfin voici quelques titres dont j’ai déjà parlé sur ce blog et qui permettent d’élargir encore un peu plus le champ de vision :

Je ne crois pas avoir oublié un incontournable, mais si néanmoins c’était le cas, je l’ajouterai ci-dessus…

Voir, revoir, lire, relire…

Cette plongée dans l’univers de J.R.R. Tolkien m’a donné envie de pousser la curiosité un peu plus loin, notamment de revoir les films de Peter Jackson (même si les puristes n’y voient pas des adaptations fidèles du Seigneur des Anneaux, et à plus forte raison du Hobbit), et plus particulièrement le Seigneur des Anneaux, même si je commence à le connaître par coeur…

J’ai eu aussi envie de voir le biopic sur Tolkien sorti en 2019 et qui m’est passé sous le nez, là encore c’est la curiosité qui me pousse car le film est passé quelque peu inaperçu et ne semble pas avoir fait l’unanimité, ni parmi les critiques, ni parmi les héritiers de Tolkien.

Enfin, l’un de mes projets pour la fin de l’année 2020, après avoir passé toute la période de juillet 2019 à juin 2020 à lire l’ensemble des Hercule Poirot d’Agatha Christie, sera de me replonger, lentement mais sûrement, dans la lecture du Seigneur des Anneaux. J’imagine qu’entre deux autres lectures et vue la densité de l’oeuvre, cela occupera merveilleusement une partie de mon année 2020-2021, à l’issue de quoi je me lancerai dans un autre projet de lecture : les pièces historiques de Shakespeare.

D’ici là, je vous souhaite de belles échappées littéraires à vous aussi, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

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