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2018 : Palmarès de lecture

Je profite de ce désormais traditionnel palmarès de lecture pour vous souhaiter une excellente année 2019.

Pour cette année, je reprendrai exactement la même construction que pour le palmarès 2017 : une présentation, le palmarès en lui-même organisé de manière thématique, et un petit bilan rapide.

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Cette année je suis un peu plus ponctuelle que l’année passée (il est prêt depuis la mi-décembre), je le publie donc dès le début du mois de janvier.

Voici d’abord un état chiffré des lectures 2018 :

  1. janvier. Deux lectures, Microfilm et Le Figurant, de Didier Blonde (deux romans)
  2. février – mars.  Trois lectures : 50 femmes de cinéma, Journal d’une princesse de Carrie Fisher et Hollywood : la cité des femmes, d’Antoine Sire.
  3. avril. Une lecture : Cinéma de minuit, de Patrick Brion (beau livre).
  4. mai. Une lecture : Hollywood Boulevard, de Melanie Benjamin (roman).
  5. juin. Une lecture : Ultime : Jean Rochefort, interviews et conversations.
  6. juillet. Une lecture : Le Paris de François Truffaut, de Philippe Lombard.
  7. septembre. Deux lectures : Le Sourire de Gary Cooper et Platine (deux romans).
  8. octobre. Une lecture. Romy Schneider intime, d’Alice Schwarzer.
  9. novembre. Deux  lectures. Chaplin’s world : le musée de sa vie et Paris : 100 films de légende.
  10. décembre. Deux lectures. Dictionnaire de la fantasy et Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Au total 16 lectures, avec cette année plusieurs grandes thématiques qui se sont répétées, ce qui m’a permis bien en avance d’organiser mentalement ce palmarès.

Mes lectures cette année étaient moins consacrées à un film ou à un genre en particulier, mais, comme je l’ai dit, organisées par thèmes et cela d’une manière, sinon involontaire, du moins non préméditée.

Voici ce qu’on peut en retenir.

Palmarès 2018

Le retour de la fiction

Je l’avais déploré l’an dernier : 2017 n’avait pas été un grand cru pour les romans (et encore, je triche un peu : mes lectures de 2017 n’avaient pas mis les romans à l’honneur).

Il faut croire que les auteurs de romans m’ont entendue : cette année, parmi mes 16 lectures cinéphiles, on retrouve cinq romans : Microfilm, Le Figurant, Hollywood Boulevard, Le Sourire de Gary Cooper et Platine. Quasiment à chaque fois des textes de qualité, avec des auteurs qui se sont bien arrangés pour me perdre dans leur univers cinématographique.

Bien que sa lecture soit lointaine, son souvenir reste des plus vivaces : c’est au Figurant de Didier Blonde que je donne ma préférence, pas seulement pour son évocation du film de Truffaut, Baisers volés, mais parce qu’il a réussi à me faire douter de la frontière entre fiction et réalité et parce que ce doit être le livre que, du coup, j’ai le plus offert autour de moi cette année.

Déambulations parisiennes

En prolongement de ce premier choix, mon année 2018 a été marquée par mes lectures parisiennes et la découverte de cette superbe petite maison d’édition, à savoir Parigramme.

J’ai donc beaucoup lu sur Paris, Paris au cinéma et Paris chez les écrivains et dans les romans, grâce à Parigramme. J’ai redécouvert Philippe Lombard, dont j’avais déjà lu, presque sans m’en souvenir, l’un des livres sortis en 2012 : Les Grandes gueules du cinéma français. Cela m’a permis de redécouvrir un auteur dont je me demande, avec sa moyenne actuelle de 3 à 4 livres par an, s’il dort la nuit !

Je ne voudrais pas donner dans le favoritisme truffaldien mais c’est encore une fois un livre consacré à Truffaut qui remporte mes suffrages, à savoir Le Paris de François Truffaut.

Mais rassurez-vous, pour mes dernières catégories, je vais varier un peu mes choix !

Les femmes à l’honneur

C’est la grande thématique de l’année : sur mes 16 lectures de 2018, sept sont consacrées aux femmes au cinéma (et je triche encore une fois, car parmi ces sept lectures, on retrouve trois de mes romans).

Sept livres donc : 50 femmes de cinéma, Journal d’une princesse, Hollywood : la cité des femmes, Hollywood Boulevard, Le Sourire de Gary Cooper, Platine et Romy Schneider intime.

Là encore je fais le choix d’une lecture qui, si elle remonte à mai 2018, m’a laissé un souvenir incroyable et m’a fait échanger longuement avec des amis sur les sujets qu’elle abordait : le cinéma muet, la grandeur et la décadence, et deux destins de femmes, l’un devant la caméra, l’autre en coulisses.

Il s’agit de Hollywood Boulevard, de Melanie Benjamin, dont je me suis promis de lire les autres livres un de ces jours.

Mentions spéciales et bilan

Je ne pouvais évidemment pas citer toutes mes lectures dans ce palmarès, et j’ai eu du mal à choisir pour chaque catégorie le livre à retenir.

Citons tout de même :

  1. le beau livre de l’année : Cinéma de minuit, de Patrick Brion, sorti fin 2017 et que je me suis fait un plaisir d’acheter pour le souvenir de cette émission formidable consacrée au cinéma (et parce que j’ai réussi à le faire rentrer dans ma bibliothèque)
  2. le livre de chevet de fin d’année : le Dictionnaire de la fantasy, dans lequel je continue à piocher des articles et des entrées, qui sont à chaque fois un régal à découvrir
  3. le livre consacré à une série télévisée. Comme l’an dernier, je n’ai pas trouvé beaucoup d’ouvrages sur les séries qui aient pu retenir mon attention. Il faut croire que la qualité prime sur la quantité en ce domaine, car je ne saurais passer à côté, dans cet article, de l’excellent ouvrage de Cédric Delaunay, Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Je ne sais pas trop ce que me réserve 2019 pour mes lectures, même si j’ai une petite idée de ce à quoi ressembleront déjà mes articles de février et de mars, qui, normalement, seront consacrés à quelques dernières publications de 2018.

J’y parlerai d’arrêts sur images et de courses-poursuites, de cinéma et d’une série télévisées.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau une belle année, et je vous mitonne pour très prochainement le prochain article #profdoc.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

Décembre 2018 : séances et animations du CDI

Dans ce dernier compte-rendu #profdoc de 2018, je ferai le point sur des séances et des projets qui se sont déroulés entre début novembre et les vacances de Noël.

Expositions

  • Première Guerre Mondiale

En lien avec le projet « Adopte un poilu » et les commémorations du 11 novembre 2018, et dont j’ai abondamment (et exclusivement) parlé dans l’article précédent, j’avais réservé une exposition au mois de mai dernier auprès de la bibliothèque départementale de l’Essonne.

Cette exposition a été installée dans le hall du lycée entre le 3 et le 21 décembre, et elle m’a permis de faire venir une classe de Première S et leur enseignant de français au CDI, pour travailler sur les écrivains et la Première Guerre Mondiale.

En effet, depuis fin octobre, l’exposition de documents sur 1914-1918 que j’ai proposée est restée installée. Cette exposition était suffisamment conséquente – et s’y sont ajoutés les documents prêtés par la BDE – pour que je n’installe pas d’autre exposition d’envergure.

  • Micro-expo Stan Lee

Afin de susciter la curiosité des élèves autour d’univers qui leur sont familiers, j’ai tout de même proposé une micro-expo autour de Stan Lee, l’un des créateurs de nombreux personnages Marvel, avec une affiche :

ainsi que les quelques livres dont je disposais dans mon fonds :

  • Réaménagement du rayon histoire-géo

J’ai poursuivi en cette fin d’année l’acquisition et l’indexation de nouveautés en histoire-géo – j’en profite pour préciser : le livre La Seconde Guerre Mondiale en infographies = gros succès auprès des lycéens ! – et j’ai pu les mettre en valeur au sein du rayon en y adjoignant une table de présentation supplémentaire :

C’est cette même table qui a accueilli pour la période de décembre les ouvrages prêtés par la BDE et qui accueillera prochainement d’autres sélections thématiques.

Mais au gré des acquisitions, je m’amuse à modifier constamment ce rayon histoire-géo, à aérer et mettre en valeur tel ou tel ouvrage, ce qui fait qu’il ne ressemble déjà plus à ce que vous voyez en photos !

  • Calendrier(s) de l’Avent

Enfin, mon « gros » travail d’animation du mois de décembre, c’est la réalisation et l’installation des calendriers de l’Avent du CDI.

Comme l’an dernier, je propose un calendrier « physique » : j’ai réalisé sur Canva des petites cartes avec des citations, des mots insolites et des acquisitions récentes du CDI. Je les glisse dans les enveloppes (les mêmes que l’an dernier) et j’installe le tout sur la paroi d’une des étagères du CDI.

Les enveloppes sont fixées avec de la patafix et chaque jour, on les retourne pour pouvoir accéder au côté ouvert de l’enveloppe.

Citations calendrier de l’avent

Un jour, un livre 2018

Mots insolites calendrier de l’avent

En parallèle à ce calendrier « physique », je propose un calendrier numérique réalisé, depuis plusieurs années, sur Adventmyfriend. J’avais déjà proposé un thème autour des dates anniversaires (1er décembre, 2 décembre, 3 décembre, etc.), l’an dernier j’ai proposé un thème autour des années finissant en -17 et en -67. Cette année j’ai choisi une thématique moins contraignante :

Vrai ou faux ? 24 infos insolites à vérifier.

J’ai proposé des marques-pages et des affiches pour rendre ce calendrier accessible, et je l’ai également intégré sur la page d’accueil du portail E-SIDOC.

Ceci était en lien avec l’initiative de Bénédicte Langlois, nouvelle recrue de notre équipe #LudoDOC, qui a eu l’idée de collecter les initiatives de calendriers sur un padlet et de faire elle-même un calendrier avec 24 idées pour animer le CDI.

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver son article sur le site de LudoDOC (je clos ici la parenthèse #LudoDOC, dont je parlerai davantage en janvier).

Et je clos également la partie « expositions » de l’article pour en venir aux séances.

Séances

Voici un récapitulatif des séances (autres que celles proposées dans le cadre du projet « Adopte un poilu ») menées entre début novembre et les vacances de Noël.

  • Arts visuels : le cycle sur La Nuit américaine, les métiers du cinéma, les coulisses de Psychose et Cinéma Paradiso

En collaboration avec ma collègue d’histoire-géo, nous poursuivons les séances avec les élèves de seconde ayant choisi l’enseignement d’exploration « Arts visuels ».

En plus de présenter aux élèves les métiers du cinéma, nous travaillons cette année sur la thématique du cinéma au cinéma.

Après leur avoir présenté dans le cadre des séances des films tels que Boulevard du crépuscule, The Artist ou Chantons sous la pluie, nous avons amorcé début novembre un cycle de séances sur La Nuit américaine de François Truffaut, et j’ai eu à réaliser l’ensemble des documents supports de ce cycle.

Nuit américaine 1

Nuit américaine 2

Nuit américaine 3

Nuit américaine 4

Nuit américaine 5

Nous avons organisé les projections à partir du 8 novembre jusqu’au 29 novembre.

Puis les élèves sont allés voir Psychose dans le cadre du dispositif Lycéens au cinéma, nous leur avons donc montré des extraits du documentaire 78/52 sur les coulisses de la scène de la douche le 6 décembre.

La semaine du 13 décembre, le lycée étant bloqué, nous avons projeté aux quelques élèves de la classe qui avaient réussi à entrer le début du film Cinema Paradiso.

Nous avons repris l’étude de La Nuit américaine le 20 décembre.

  • TPE et citation des sources

L’autre « temps fort » de la période en terme de séances a été pour moi l’élaboration de séances de TPE sur la citation des sources.

En effet, mes collègues de Français, Philosophie, SVT et Physique-Chimie avaient insisté pour consacrer une séance à la citation des sources. Pour moi, le défi était de rendre ça clair pour les élèves et faire en sorte que cela ait du sens pour eux.

Après avoir échangé avec quelques copines profs docs (merci Perrine, Sophie, Bénédicte, les deux Sandrine, Catherine et Isabelle, et j’en oublie certainement), j’ai décidé d’organiser la chose de la façon suivante :

  1. un jeu de rôles par équipes sur 4 figures clefs concernées par la nécessité de citer et d’être citées, avec un temps de réflexion et un temps de debriefing
  2. une présentation comprenant des rappels de la loi, des notions majeures liées à la propriété intellectuelle, au droit d’auteur, puis j’enchaîne sur les différentes façons de réaliser une bibliographie efficacement.
  3. enfin un petit jeu à nouveau par équipes : les élèves disposent de 4 ordinateurs, avec deux onglets ouverts, sur l’un le générateur de citations de sources d’E-SIDOC, sur l’autre, un site. En temps limité ils doivent repérer les différentes informations du site et faire une citation correcte.

Le tout, que j’estimais à l’origine à 30 minutes, de manière très ambitieuse, prend par demi-groupe de 16 élèves environ 45 à 50 minutes. Les élèves prennent des notes sur leurs carnets de bord.

Au début, je leur distribue leurs badges d’équipe :

Je leur donne les objectifs du jeu de rôles :

  1. l’écrivain souhaite écrire un livre, en première L, sur les influences historiques d’une série télévisée, en première S sur les effets spéciaux d’une série télévisée
  2. le journaliste doit écrire un article sur la mafia et doit protéger ses sources
  3. le YouTubeur doit réaliser des vidéos de qualité et gagner sa vie
  4. en première L, la marque développe un nouveau produit et doit le protéger, en première S, le scientifique publie ses dernières recherches et découvertes

Le temps de réflexion dure en moyenne 5 à 7 minutes. Suit le débriefing avec comme support la présentation ci-dessous :

Enfin le jeu en temps limité est arbitré avec Classroomscreen.

Aborder la question par jeu de rôles permet de rendre les choses concrètes et palpables pour les élèves, et de leur faire comprendre que rédiger une bibliographie pour leurs TPE n’est pas un caprice de leurs enseignants.

Cette séance peut être réutilisé dans un autre contexte que les TPE.

  • Autres séances

Du fait des blocages du lycée, les autres séances que j’ai pu mener au mois de décembre ont été assez compliquées, mais j’ai commencé mes séances de formation à la recherche auprès d’une classe de seconde et j’ai accueilli au CDI une classe de Première S avec leur enseignant de français, pour chercher des ouvrages de fiction sur la Première Guerre Mondiale.

Réunions et autres…

Durant ce mois de décembre, j’ai participé à quelques réunions :

  • 5 décembre : réunion sur la refonte du site Eduscol
  • 11 décembre : formation de formateurs
  • 12 décembre : réunion à distance des référents TraAM Documentation
  • 17 décembre : petite réunion au CANOPÉ 91 (Evry) avec Sidonie Richon et Laurence Benoit pour travailler sur la création de parcours d’exposition.

Enfin pour terminer la période dans la bonne humeur au CDI, j’ai organisé pour les enseignants (mais pas que) des sessions de jeux et d’escape games.

Ceci pour permettre aux élèves de s’approprier encore davantage l’espace jeux, de partager avec les enseignants un moment « hors cours » convivial, et de faire venir les collègues (anciens et nouveaux) au CDI.

Voilà pour cette dernière initiative détendue, avant les fêtes et avant le mois de janvier, qui s’annonce chargé pour moi ! Mais d’ici je vous souhaite une belle fin d’année et de belles vacances…

À l’année prochaine sur Cinéphiledoc !

Hors-série 1 : Paris au cinéma

Pour cet été, je vous propose sur Cinéphiledoc deux hors-série, encore une fois thématiques, et consacrés cette année à Paris.

Dans ce premier hors-série, je glisserai quelques productions que j’ai réussi à faire cette année, une petite nouveauté réalisée pour l’occasion, un compte-rendu de lecture, quelques bonnes adresses de sites internet, et un autre compte-rendu de lecture que j’ajouterai un peu plus tard…

Productions

Comme je l’ai indiqué dans un précédent article, je souhaitais depuis longtemps valoriser le rayon littérature du CDI (et plus spécifiquement le rayon 800, consacré dans mon CDI aux textes théoriques sur la littérature, et les oeuvres classiques). Grâce à Sandrine Duquenne, j’ai donc eu l’idée de proposer chaque mois une « découverte littéraire », la première de ces découvertes étant Paris.

Pourquoi parler d’oeuvres classiques quand mon article veut se consacrer à Paris au cinéma ? Parce que pour chaque découverte, j’adjoins une affiche sur le cinéma, et voici celle que j’ai réalisée sur Paris :

Évidemment, cette affiche est des plus statiques… on y retrouve quatre films emblématiques de la capitale, ainsi qu’une citation. J’ai donc décidé cet été de lui ajouter une version augmentée :

On y retrouve une petite sélection de vidéos associées aux films se déroulant à Paris.

J’ai choisi pour cette carte :

  • Hôtel du Nord et Les Enfants du Paradis
  • Les Quatre-cents coups et Baisers volés
  • La Traversée de Paris et La Grande Vadrouille
  • Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain

Cela complète les deux cartes d’Europe que j’avais réalisées l’an dernier, proposant une sélection de films et de séries télévisées.

Compte-rendu de lecture

Pour cette réalisation, j’ai été très aidée et inspirée par l’une de mes dernières lectures cinéphiles de l’année scolaire, et dont je souhaitais faire véritablement le coeur de mon article.

Il s’agit d’une publication assez récente (mai 2018) et sitôt après avoir eu connaissance de cette parution, je n’ai pas pu résister longtemps avant de la commander.

Bien m’en a pris.

Le Paris de François Truffaut est l’oeuvre de Philippe Lombard, publié aux éditions Parigramme et c’est un petit bijou pour n’importe quel amoureux des films de Truffaut, ponctué de citations et de références.

Si dans ses premiers chapitres l’auteur reste sur un plan biographique, et s’attache aux quartiers familiers de l’enfance puis de la vie de cinéaste de Truffaut (Montmartre, la Cinémathèque française – première du nom – la maison de production des films du Carrosse), c’est dans les chapitres suivants que le livre prend toute sa saveur et son envol.

On y retrouve les lieux familiers des films, la Tour Eiffel qui revient sans cesse, depuis Les 400 coups où la caméra la cherche (la vraie) pendant tout le générique, jusqu’à Vivement dimanche !, où Fanny Ardant s’en sert (une réplique) pour assommer un suspect.

On y respire le parfum d’une certaine époque, faite d’autobus à plate-forme, de téléphone public, d’horloge parlante et de pneumatiques. On y fréquente évidemment les cinémas (et le plus grand d’entre eux, le Gaumont Palace), les salles de concert et les théâtres.

On se perd dans le Paris des livres chers à Truffaut (réels ou fictifs) et le Paris historique, de la Belle époque et de l’Occupation.

Enfin, on y suit, film après film, la saga Antoine Doinel, des 400 coups à L’Amour en fuite, avec cette superbe carte insérée dans le livre, et qui m’a justement donné l’idée de la carte que vous avez pu consulter plus haut.

Bref, ce livre est une merveille, que je recommande à tous les amoureux de Paris et à tous les amoureux des films de Truffaut.

Et c’est précisément ce livre qui m’a donné aussi l’idée de ces hors-série estivaux.

Paris fait son cinéma

Le second ouvrage dont je vais faire un bref compte-rendu de lecture a été publié en 2012 et a fait l’objet d’une mise à jour en 2014 : il s’agit de Paris fait son cinéma, de Barbara Boespflug et de Beatrice Billon, aux éditions du Chêne.

C’est un livre agréable, facile à lire, dont la mise en page est des plus soignées, et qui recense, comme sa couverture l’indique, 101 adresses « qui ont inspiré les plus grands films ».

J’avais déjà évoqué, il y a quelques années (sans doute les deux sorties ou mises à jour ont été simultanées) dans la même collection New York fait son cinéma.

L’ouvrage sur Paris a les mêmes qualités : une présentation agréable, des lieux classés par quartiers et dont est fait un bref historique, un QR-code renvoyant vers la bande-annonce du film principalement évoqué, quelques allusions à d’autres films qui ont pu être tournés au même endroit.

Le petit bémol : une préférence marquée pour les films récents, malgré quelques incursions dans les « classiques » (Hôtel du Nord, La Grande vadrouille, À bout de souffle), même si, j’en conviens, les classiques sont mentionnés et il est plus attrayant pour le public d’avoir des références récentes lorsqu’il visite les lieux.

Le petit plus : la page ci-dessous, très sympathique à découvrir,

et le site qui complète l’ouvrage, que je glisse juste après dans les adresses internet à retenir.


Pour conclure cet article, voici quelques sites que j’ai pu collecter sur Paris au cinéma :

Voilà pour cette première petite sélection, qui ne demande qu’à s’enrichir, et voilà pour ce premier hors-série de l’été, que je complèterai dès que possible.

Rendez-vous début août pour cette petite mise à jour, et fin août pour le deuxième hors-série !

 

Rêveries de figurants solitaires

Je publie ce premier compte-rendu de lecture 2018 avec un peu de retard, et dans le désordre.

Depuis début janvier, en effet, j’ai lu ou parcouru cinq livres consacrés au cinéma, et j’en ai encore un en attente, une publication plus ancienne, sur un univers de série télévisée.

Pour respecter mon ordre de lecture, il aurait fallu que je commence par des publications datant d’octobre 2017, puis de novembre, et enfin de janvier 2018.

Si j’ai souhaité commencer par mes dernières lectures, ce n’est pas seulement parce qu’elles me demandent moins d’effort de mémoire, c’est aussi parce que les deux ouvrages se ressemblent beaucoup, et pourtant ils ne m’ont pas du tout laissé la même impression.

Seconds rôles et figurants

On les voit partout et parfois, dans le meilleur des cas, on connaît leur nom. Même si je les mets, par facilité, dans le même panier, il y a un fossé (ou un chemin) énorme qui sépare le second rôle du figurant.

Le second rôle, même sans le connaître, lorsqu’on va le retrouver d’un rôle à l’autre, va nous faire dire : « oui, c’est celui qui joue untel dans tel film », ou encore, en discutant avec des amis : « j’adore l’infirmière de James Stewart dans Fenêtre sur cour » (sans savoir à ce moment là qu’elle joue aussi aux côtés de Bette Davis dans All about Eve).

C’est aussi en s’intéressant d’un peu plus près aux seconds rôles, qu’on se rend compte que certains sont toujours abonnés aux mêmes rôles, ou que Agnès Moorehead, qu’on a vu toute notre enfance dans Ma sorcière bien aimée, a joué dans les premiers films d’Orson Welles et dans Les Passagers de la nuit, avec Lauren Bacall et Humphrey Bogart.

Bref, le second rôle est un visage connu.

Et le figurant ? Peut-être un visage connu en devenir… Johnny Hallyday a bien commencé par jouer l’un des gamins du pensionnat dans Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot, et on ne fait que l’apercevoir.

Vous le voyez, le petit blond derrière Simone Signoret, avec déjà une coupe de cheveux bien à lui ? Voilà un instant qui a dû faire le bonheur de quelques archéologues du cinéma quand ils l’ont déniché…

Pourquoi ce long préambule ? Parce que mes deux lectures évoquent des figurants qui le sont restés, qui n’ont pas atteint la marche des deux répliques au détour d’une porte, voire de la consécration du second rôle (pour ne rien dire du premier).

Au-delà de ce point commun, les deux ouvrages ont aussi comme caractéristiques similaires :

  • le fait d’être tout deux des romans
  • un narrateur interne (troisième personne pour le premier livre, première personne pour le second)
  • un personnage hyper cinéphile
  • un promeneur parisien amoureux du détail.

Et pourtant c’est bien là leurs seules ressemblances.

Éternel figurant cherche place dans le monde

Si jamais il souhaitait déposer une petite annonce – et si jamais c’était quelque chose qui se faisait encore – voilà ce que cette dernière pourrait dire : « éternel figurant cherche place dans le monde ».

C’est ainsi que je vois le personnage principal de Microfilm (écrit sur la première de couverture en minuscule) d’Emmanuel Villin, publié en janvier 2018 chez Asphalte éditions.

Microfilm, c’est aussi bien un objet / des objets (le contenu de la statuette tant convoité dans La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock – et pourtant on ne saura jamais ce qui figure dessus), que le propos du livre, tout entier captivé par des « micro films », des « micro – instants », des détails.

Le personnage principal, figurant de métier et évidemment anonyme, échoue lors d’un casting, se voyant décrit ainsi par la directrice « Physique quelconque, visage commun ».

Durant des démarches pour trouver un nouvel emploi, sous prétexte qu’il a un temps travailler pour une revue de cinéma étudiante appelée « Microfilm », on l’envoie en tant que spécialiste en microfilms auprès d’une obscure « Fondation pour la paix continentale ».

Sur cette fondation, ni le personnage principal, ni le lecteur ne comprendront quoi que ce soit, et puisque la visionneuse à microfilms restera inusitée durant tout le roman, on ne pourra que suivre dans un dédale absurde ce figurant qui reste figurant dans le monde réel.

Qu’il traverse imperturbablement Paris en vélo (sauf quand il découvre ce dernier vandalisé), qu’il échoue de salles d’exposition en brasserie, ou qu’il passe ses journées sur internet ou à tester différentes marques de stylos, ou qu’il doive sans raison se rendre au Portugal pour une soit-disant mission, tout lui échappe, et à nous aussi.

Le fait que sa voix se fasse entendre à la troisième personne rend la distance encore plus grande, tout comme son anonymat. On le suit, d’abord avec intérêt, curiosité, puis on finit (en tout cas moi) par osciller entre curiosité et agacement.

Certains apprécieront de se voir ainsi guidés par l’auteur puis perdus, déambulant dans cet univers où tout est si détaillé (du trajet en métro au langage HTML) mais où rien n’a de sens.

Et il est vrai que si le livre m’a quelque peu déroutée, et si le style, prompt à décortiquer chaque menu japonais et chaque voltage de visionneuse, m’a parfois prise de court, j’ai été sensible à cette absurdité, et à l’ironie que l’on sent poindre derrière chaque phrase.

C’est cependant un texte beaucoup plus mélancolique et nostalgique que j’ai préféré ce mois-ci, et dont je vais maintenant vous parler.

Bonheur fané, cheveux au vent, baisers volés, rêves mouvants

Il s’agit de mon premier coup de coeur de 2018, un vrai beau livre, tout en sobriété et en retenue, avec derrière chaque mot quelque chose de magique, une révélation.

Certes, le sujet avait tout pour retenir mon attention : le narrateur, qui cette fois s’exprime à la première personne, est figurant sur le tournage de Baisers volés, de François Truffaut. Il y rencontre Judith, apparition blonde et fugace, elle aussi figurante, qui n’en finira pas de lui échapper.

Quarante-cinq ans plus tard, il essaye toujours de retrouver cette silhouette évanouie, déambulant lui aussi dans Paris, tentant, à coup de photogrammes et de visionnage frénétique du film – arrêt sur images – de reconstituer ses souvenirs et de retrouver cet amour perdu qui correspond si bien à la chanson de Trenet qui ouvre le film.

Ce livre magnifique, simple, évident, c’est Le Figurant de Didier Blonde, publié dans la collection Blanche chez Gallimard.

J’ai dévoré ses 150 et quelques pages en deux jours, et j’ai suivi avec plaisir ce narrateur dans ses promenades sur les lieux du tournage, les cafés, les rues, la place de Clichy et ses alentours, le cimetière Montmartre (mais est-ce vraiment lui ?), dans ses recherches et ses reconstitutions.

À un moment, j’ai été prise de doute : et si tout cela était réel ? et si tout cela était faux ? qu’en était-il vraiment ? C’est bel et bien dans les rêves mouvants que Didier Blonde nous conduit.

J’ai voulu vérifier que la jeune fille blonde existait vraiment, et qu’elle apparaissait bien à l’instant où l’auteur l’avait fait apparaître.

Sans doute était-ce là le point de départ, ce qui l’avait marqué dans ce film, car même s’il a fini par donner une identité à Judith, une carrière, s’il a voulu étoffer un peu le rôle de la figurante, on continue à douter, et on ne fera que douter du début à la fin : est-ce réel ? est-ce inventé ?

Didier Blonde a réveillé chez moi des souvenirs et des bonheurs, essentiellement truffaldiens.

Il m’a poussé, certes, à revoir ces scènes de Baisers volés, qu’il évoque dans Le Figurant, mais dont tout cinéphile averti se souvient.

Il m’a fait m’interroger : quelles scènes, même sans les avoir vu de l’intérieur, avais-je retenu de Baisers volés ? Certainement celle avec Delphine Seyrig, à laquelle Blow Up a récemment rendu hommage :

Pour finir, j’ai vu passer un bon lot d’articles consacrés au livre de Didier Blonde, tout aussi élogieux les uns que les autres, et je ne voulais ni trop tarder, ni être en reste, car c’est vraiment l’un des plus beaux livres sur le cinéma, et l’un des plus beaux romans, que j’ai pu lire.

Et depuis que je guette des ouvrages sur le cinéma, depuis que je scrute non seulement les documentaires, mais aussi les fictions qui abordent ce thème, c’est avec Londres après minuit, Un renoncement, ou plus récemment The Freak, la plus belle découverte parmi mes lectures…

Cela m’a encore inspiré une attitude tout à fait truffaldienne, car je sais qu’il en avait l’habitude : celle de racheter et d’offrir les livres qu’on aime à notre entourage.

C’est donc tout naturellement que j’ai racheté en deux exemplaires Le Figurant, et c’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai trouvé Microfilms, son voisin immédiat dans la librairie où je vais régulièrement…

Pour toutes ces raisons, je voulais parler sans plus tarder de ces deux livres, si ressemblants et si différents, mais qui, chacun à leur manière, ont ouvert l’année 2018 de mes lectures cinéphiles, une année des plus prometteuses !

Sur ce, je vous souhaite d’aussi belles lectures que les miennes et vous dis à bientôt, sur Cinephiledoc !

Jeux de mains, jeux de cinéma

Après un été à parler d’Europe au cinéma et de #docenvacances, voici à nouveau un compte-rendu de lecture cinéphile.

Le livre (ou plutôt les livres) dont je vais vous parler ce mois-ci, m’ont permis d’attendre patiemment le retour de Blow Up après sa pause estivale.

À nouveau encensons Blow Up

J’en ai déjà abondamment parlé, et ceux qui me suivent sur Twitter savent que tous les mardis soir, je guette les dernières vidéos de Blow Up. Chaque semaine j’attends avec impatience le Top 5 ou les Bio express.

Donc, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est quoi Blow Up ?

(et pour ceux qui connaissent, vous allez comprendre dans quelques paragraphes pourquoi j’en parle à nouveau)

Blow Up, ce sont 2 à 4 vidéos par semaine, de différents formats et dont très vite le cinéphile, amateur ou confirmé, ne pourra plus se passer.

  • d’abord, il y a le Top 5, de Luc Lagier, mon format préféré, et qui fétichise complètement le cinéma. Ce format, c’est l’équivalent « Où est Charlie ? » du cinéma. Quand vous aimez le cinéma et que vous en découvrez le thème chaque mardi soir, vous commencez par spéculer. Prenons un exemple, ça sera plus clair…

Lorsque la vidéo apparaît dans la liste des chaînes auxquelles je suis abonnée, évidemment je vois en premier l’image : Le Cercle des poètes disparus. Un professeur au cinéma, c’est évidemment le professeur Keating, Robin Williams, qui lit du Shakespeare, Ô capitaine mon capitaine, Carpe Diem et Robert Frost.

Cette image, c’est juste le point de départ. Une mise en bouche. À partir de là, Luc Lagier, avant même que je lance la vidéo, déclenche dans ma tête toute une foule d’associations d’idées. Je vois Petite feuille dans Les Quatre cent coups, je vois les enseignantes de Diabolo Menthe, Bernard Giraudeau en professeur d’allemand dans La Boum, et, même si ce n’est pas un professeur, Sean Connery dans À la rencontre de Forrester.

Du coup, quand je lance la vidéo, je confronte ma petite liste personnelle, à la liste souvent bien plus conséquente de Luc Lagier. Et je vois si sur le Top 5 nous nous rejoignons. Parfois oui, parfois non, mais c’est toujours une belle découverte. Par exemple, encore une fois, sur les professeurs au cinéma, j’aurais choisi pour le numéro 1 Jean-François Stévenin dans L’Argent de poche, et son discours final.

Passons aux autres formats (j’évoque ici ceux qui me plaisent particulièrement)…

  • après le Top 5, il y en a deux que je mets sur le même plan, avec toujours Luc Lagier en voix off. Si je les regroupe, c’est évidemment parce qu’ils se ressemblent. Ce sont les « C’est quoi ? » et les « Bio express ». Les deux s’intéressent à des personnalités du cinéma, et profitent de l’actualité cinématographique pour leur tailler le portrait. L’un des derniers en date, le portrait de Nicole Kidman pour le Festival de Cannes 2017 :

  • autre format : les « Redécouvertes » et le « Zapping », comment avoir envie de voir ou de revoir un film en quelques minutes.
  • il y a ensuite les vidéos de Thierry Jousse, consacrées plus spécifiquement aux bandes-originales de films. Je les regarde tout autant que les autres, mais je n’ai pas toujours suffisamment d’érudition et de culture musicale pour les apprécier à leur juste valeur.

Mes deux autres formats de prédilection, moins réguliers, sont :

  • « Face à l’histoire », qui revient sur la carrière d’un réalisateur ou d’un acteur et sur son rapport aux films historiques. Ils peuvent aussi s’appuyer sur un personnage historique ou des événements pour voir ce que le cinéma en a fait.

  • Enfin, le format qui me fait jubiler, c’est « Les Introuvables » de l’impayable Trufo, qui cherche des films introuvables et qui entraîne le spectateur dans des sphères cinématographiques inconnues ! Je l’ai découvert avec le « Vous connaissez Have you heard ? d’Alfred Hitchcock ? », que je ne désespère pas, en tant que profdoc, d’intégrer à une séance sur la désinformation (peut-être en EMC ou en Arts visuels) et que j’avais déjà proposé dans une séance sur la rumeur…

Avec ce format, on ne sait jamais où Trufo va nous emmener, c’est déjanté, loufoque, une pépite de cinéphilie chaque semaine, un régal pour les yeux et les oreilles !

Et donc le livre dont je vais vous parler maintenant m’a fait penser à Blow Up, tout comme Blow Up aujourd’hui revenu de sa pause estivale me fait penser à ce livre…

Le Corps au cinéma

Car Blow Up, en particulier dans le Top 5 de Luc Lagier, s’est intéressé et nous a fait nous passionner pour des objets, des couleurs, des métiers, des animaux, mais aussi des éléments du corps humain. Il fait de nous chaque semaine des fétichistes, comme Hitchcock dans Fenêtre sur cour faisait de nous des voyeurs (ce que nous étions déjà sans l’assumer pleinement, assis devant l’écran à scruter les histoires des autres).

Si je fais la liste des éléments mentionnés, voilà ce que ça donne : les chauves au cinéma, les larmes au cinéma, la bouche au cinéma, les yeux au cinéma, les pieds au cinéma, les cheveux au cinéma et… les mains au cinéma.

L’image qui donne l’aperçu de cette vidéo, c’est la même que sur la couverture de mon livre, qui porte exactement le même titre : Les Mains au cinéma, de Sandrine Marques, publié en juin 2017 aux éditions Aedon – La Septième obsession, dans la collection Détails (titre des plus prometteurs).

Cette image, c’est celle de Charles Laughton dans La Nuit du chasseur.

Disons-le tout de suite, j’ai beaucoup apprécié ce livre, qui a suscité chez moi beaucoup d’envies cinématographiques, en particulier pour des films que je n’avais jamais vu.

J’ai beaucoup aimé l’introduction, avec les influences sur le cinéma de la peinture et de la sculpture, et avec l’évocation de travaux manuels, et des 24 portraits d’Alain Cavalier.

Dans un chapitre dont j’emprunte le titre pour cet article, « Jeux de mains, jeux de vilains », j’ai retrouvé deux films d’Hitchcock, Psychose et Marnie.

J’ai adoré l’évocation de M le maudit et d’Edward aux mains d’argent. J’ai moins apprécié l’évocation de Spiderman et de la main qui jouit, mais parce que j’étais agacée de cette propension (ou de cette faiblesse) qu’ont certains auteurs de voir des allusions sexuelles partout, qu’elles y soient ou non. Et si j’avais été emballée par un ouvrage, dont j’ai fait la critique, qui évoquait le sexe dans le cinéma d’Hitchcock, je n’ai pas vraiment été convaincue par l’idée de l’auteur sur cette main de l’homme araignée qui éjacule du fil… mais ce n’est que mon avis.

Par contre deux chapitres m’ont particulièrement frappée, et m’ont vraiment donné envie de voir les films dont l’auteur me parlaient.

Le premier, c’est Les Mains d’Orlac, de Robert Wiene, qui raconte comment un pianiste amputé des deux mains, se fait greffer les mains d’un assassins et comment ces dernières le rendent progressivement fou. J’ai trouvé l’histoire géniale, et l’auteure a réussi à me captiver avec ce film muet de 1924 !

Le second film m’a intrigué, parce que j’étais persuadée d’avoir déjà entendu ça quelque part : L’Inconnu de Tod Browning. Un criminel recherché par la police se réfugie dans un cirque et tombe amoureuse d’une femme qui ne supporte pas que les hommes la prennent dans leur bras. Du coup il décide de se faire couper les deux bras.

Où avais-je déjà entendu ça ? Cette histoire tournait et tournait encore dans ma tête. Et d’un seul coup j’ai retrouvé la référence, chez un autre fétichiste !

C’est dans La Femme d’à côté que François Truffaut place cette histoire dans la bouche de Gérard Depardieu, qui la raconte à Madame Jouve :

Et du coup en refermant le livre, je me suis dit, un peu rapidement, que son grand absent, c’était bien François Truffaut.

Puis j’ai réfléchi, Truffaut, ce qu’il aime (et ce que ses personnages aiment), ce sont les jambes des femmes, et à la rigueur ce qu’on voit comme mains, ce sont celles des hommes qui les caressent…

Je me suis dit que, comme Blow Up, Sandrine Marques organisait ses associations d’idées et jouaient avec ses films fétiches. D’ailleurs, en revoyant la vidéo « Les mains au cinéma », j’ai vu des films qui n’étaient pas dans le livre. Tout comme dans le livre sont mentionnés des films qui échappent à la sélection de Blow Up.

C’est ce que j’ai gardé de la lecture et du visionnage : ce moment de plaisir et de partage où les auteurs font cette petite liste mentale sur laquelle on coche les présents et on rajoute, en bas, nos absents.

Enfin, ce que j’ai gardé, c’est le nom de cette collection, Détails, et je me suis dit que c’était à nouveau quelque chose à guetter, la sortie de nouveaux détails, aux éditions Aedon – La Septième obsession. J’espère que cette promesse sera tenue !

Voilà pour ce livre, que je vous recommande, si vous aimez le cinéma et les détails, si vous êtes obsessionnels et secrètement (ou non) fétichistes et si vous aimez faire des listes.

L’eau à la bouche

Un petit mot pour finir sur le second livre dont j’avais promis de parler, mais l’article commence à être long. Il s’agit du nouvel opus  du GastronoGeek : 37 recettes inspirées de séries cultes.

J’avais déjà mentionné son premier ouvrage, et j’ai été ravie de retrouver Thibaud Villanova pour ce nouveau livre de recettes entièrement consacré aux séries télévisées, de Twin Peaks à Stranger Things.

Je profite de ces quelques mots pour vous signaler la chaîne YouTube du Gastronogeek :

Et sur ces mises en bouche et bonnes recettes, je vous dis à bientôt sur Cinéphiledoc !

Bonne dégustation !

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