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Moyen Âge en séries

Pour ce premier compte-rendu de lecture de rentrée, j’ai décidé de vous parler de deux de mes lectures de vacances, ainsi que de quelques autres livres que j’avais déjà évoqués.

Histoire, Moyen-Âge, cinéma et idées de lecture

Les habitués de mes articles savent que j’apprécie depuis longtemps les films et séries historiques. Voici un petit retour sur quelques lectures :

  • L’histoire fait son cinéma en 100 films

L’histoire fait son cinéma en 100 films, de Guillaume Evin, est paru en avril 2013, aux éditions de la Martinière, et est préfacé par le réalisateur Costa-Gavras, auteur d’un certain nombre de films historiques, tels que Z, L’Aveu ou encore, plus récemment, Amen.

  • Napoléon : l’épopée en 1000 films

Hervé Dumont a consacré en 2015 à Napoléon Ier un splendide pavé, paru aux éditions Ides et Calendes, Napoléon : l’épopée en 1000 films, et préfacé par Jean Tulard.

Il est également l’auteur de la merveilleuse encyclopédie en ligne du film historique : c’est un trésor ! Si histoire et cinéma vous passionnent, ne tardez plus : allez y flâner !

Enfin il a publié en octobre, dans la même veine que l’ouvrage sur Napoléon, un ouvrage sur Les Chevaliers de la Table Ronde à l’écran, aux éditions Tredaniel, un ouvrage que j’ai eu toutes les peines du monde à résister à acheter.

  • Le Moyen âge au cinéma

Le très beau livre de François Amy de la Bretèque, Le Moyen-âge au cinéma,  revient notamment sur le film Les Vikings, avec Kirk Douglas, mais aussi sur l’un de mes films scandinaves préférés : Le Septième sceau de Bergman.

  • Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes

Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes, de Ioanis Deroide est paru en 2017 aux éditions Vendémiaire, une de mes maisons d’édition préférées, ce qui se confirme encore aujourd’hui avec cet article, puisqu’il est l’occasion d’aborder de nouveau une de leurs publications.

À présent, passons à ces deux lectures qui ont en commun séries télévisées et Moyen Âge.

Kaamelott, la qualité à la française

Lorsque je me désespère devant les fleurons des séries françaises et devant leur incroyable qualité scénaristique – mon ironie est-elle palpable ? – des choses aussi informes que Plus belle la vie et Un si grand soleil très récemment, je me raccroche à quelques contre-exemples : Un village français, Dix pour cent, Le Bureau des légendes

Et puis je me souviens que Kaamelott existe.

S’il y a bien un ovni télévisuel dont on peut s’enorgueillir, c’est Kaamelott.

Et encore, on a beau jeu de s’enorgueillir de quelque chose dont on n’est absolument pas responsable et dont cependant, on continue imperturbablement à guetter la suite…

Et pour comprendre l’importance de cette série, il suffit de lire cet article publié en juillet dans The Independent :

https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/tv/features/kaamelott-french-tv-show-king-arthur-legend-spoof-monty-python-holy-grail-a8978456.html

Kaamelott est une série dont je ne me lasse absolument pas, que je peux revoir à tout moment, que je connais pratiquement par coeur, dont j’utilise au moins 2 gifs par jour.

Enfin, c’est avec fierté que je garde en favori sur mon ordinateur un générateur de citations de Kaamelott, à utiliser en toute circonstance :

https://kaamelott-soundboard.2ec0b4.fr

Kaamelott et les éditions Vendémiaire

En 2014 est paru aux éditions Vendémiaire un premier ouvrage « scientifique » se penchant sur Kaamelott : Kaamelott ou la quête du savoir, de Nicolas Truffinet.

Régulièrement cette maison d’édition surprend par des publications de qualité, dernièrement un Dictionnaire de fantasy, paru en octobre 2018 sous la direction d’Anne Besson.

En avril 2018, cette fois-ci, c’est Kaamelott : Un livre d’histoire, qui est paru, sous la direction de Florian Besson et Justine Breton.

Ce livre des plus réjouissants est issu d’un colloque organisé en mars 2017 à l’université Paris Sorbonne – en lisant ce livre, je me suis souvenue d’avoir effectivement vu passer dans ma veille l’annonce de ce colloque et j’avais bien regretté de ne pas pouvoir y assister…

Chaque chapitre est l’oeuvre d’un ou de plusieurs auteurs, chacun d’entre eux est présenté à la fin : on y retrouve naturellement des historiens mais aussi des chercheurs en littérature, en sociologie, en musique, en sciences de l’information et de la communication, ou encore en histoire de l’art.

Après une introduction et une première partie consacrée au langage (qui traite aussi bien de la construction narrative de Kaamelott, du burlesque, de la parole, de la figure héroïque, de la parodie, du vocabulaire des chercheurs, du bestiaire ou de la représentation du monde), on plonge directement dans la représentation de la société et des personnages arthuriens.

On y retrouve des analyses du pouvoir, de la justice, de la royauté, de la magie et des dragons.

Survient ensuite la troisième partie – la plus réussie selon moi : « Mélanges des temps ». On y retrouve une analyse en trois parties de la représentation de l’empire romain dans la série, des chapitres sur les vikings, sur les jeux, puis mes chapitres préférés :

  • « Festins à la cour du roi Arthur »
  • « Arts et artistes à la cour du roi Arthur »
  • « Quand les chevaliers se mettent à chanter »
  • et enfin, « Kaamelott et les mondes de la fantasy », un chapitre écrit par David Peyron, auteur il y a quelques années d’un superbe ouvrage consacré à la Culture Geek.

Bref, l’ouvrage est un indispensable pour tout fan de Kaamelott et qui aimerait bien « être considéré en tant que tel ».

Game of Thrones, de l’histoire universelle à l’histoire médiévale

L’an dernier, un auteur, Cédric Delaunay, professeur agrégé d’histoire à Tours, s’est attelé aux influences historiques de George R R Martin et a publié Game of Thrones : de l’Histoire à la série, en septembre 2018, chez Nouveau monde éditions.

J’ai eu l’occasion de revenir plusieurs fois sur la qualité de cet ouvrage, l’un des premiers à se pencher sur ce qui m’intéressait tout particulièrement dans cette série.

En 2019, Cédric Delaunay a d’ailleurs collaboré avec le YouTubeur Nota Bene et proposé une série de vidéos revenant sur les aspects historiques de Game of Thrones, au moment où la huitième saison de la série était diffusée.

Et c’est également à ce moment là qu’est paru la traduction d’un livre fabuleux qui allait approfondir à merveille l’ouvrage de Cédric Delaunay.

Ou pour ressortir ma casquette de prof doc voilà l’angle qui peut être pris : on pourrait classer le premier ouvrage, paru en septembre 2018 dans le rayon 907-909 de la bibliothèque (étude historique, histoire universelle).

L’ouvrage paru en mai 2019 dans sa traduction française et qui nous intéresse aujourd’hui sera lui rangé dans le rayon 909.1 (si l’on décide de le laisser dans la partie histoire universelle) ou bien 940.1 si l’on décide de se concentrer sur un angle de vue exclusivement européen. C’est vous qui voyez.

Game of Thrones et le Moyen Âge

Bref, ce livre, c’est celui de Carolyne Larrington, Winter is coming : les racines médiévales de Game of Thrones.

Dire que l’on pourrait le classer dans le rayon Histoire n’est pas tout à fait exact. Certes, le livre est fidèle à son sous-titre, et il vous embarque dans les racines médiévales de Game of Thrones dès les premières lignes et les premières pages, qui évoquent, comme on peut s’y attendre, la Guerre des deux roses.

Mais prolongez quelque peu la lecture, et relisez la courte biographie de l’auteur sur la quatrième de couverture : « spécialiste des contes et légendes, de la tradition arthurienne et des sagas nordiques ».

Vous déciderez alors peut-être de replacer le livre dans le rayon 800, en 830.1 éventuellement.

Lorsque l’on parcourt ce texte, ce ne sont pas les références historiques qui prédominent, même s’y côtoient les croisades, la Guerre de cent ans, Venise, ou encore la civilisation mongole et Gengis Khan.

Ce dont l’auteure aime le plus nous parler – et ce qu’on apprend le plus à apprécier au fil des pages, ce sont les valeurs et les représentations propres à la société occidentale médiévale, et bien entendu la littérature.

On y croise des mythes nordiques et germanique, Odin et Thor, Siegfried, une foule de figures arthuriennes, la Chanson de Roland, et la référence de prédilection de l’auteure : Geoffroy Chaucer et ses Contes de Canterbury.

Enfin, elle revient sur bon nombre d’aspects historiques et sociaux qui ont inspiré Game of Thrones : citons pêle-mêle la lèpre et la peste, les mercenaires et les eunuques, les religions, le mur d’Hadrien, les révoltes d’esclaves, ainsi qu’une formidable partie consacrée au jeu d’échecs.

Le livre de Cédric Delaunay se lisait comme un guide de voyage à travers les pays et les époques. Le livre de Carolyne Larrington se lit comme un roman dans le roman de George R R Martin.

Les deux sont indispensables à quiconque souhaite approfondir la connaissance de son Monde connu.

Février 2018 : séances et animations du CDI

Le contexte d’écriture de cet article est un peu particulier et spartiate. En effet, je l’ai écrit sur ma tablette depuis le CDI, sans avoir nécessairement tous les documents qu’il me faut sous la main, puis de chez moi.

L’un de nos serveurs d’établissement est décédé il y a quelques jours et nous n’avons ni internet, ni accès aux documents que nous aurions déposé dessus, ni accès à la base documentaire…

Je rajouterai donc les éventuelles ressources manquantes au retour des vacances.

Animations

Le gros projet du mois, et qui m’a pris le plus de temps à préparer, est l’installation d’un espace jeux au CDI.

C’est un projet que j’avais en tête depuis assez longtemps, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler, et que j’ai formalisé auprès de la proviseure à la fin du mois d’octobre.

Au mois de décembre j’ai préparé l’affiche de présentation aux élèves :

Au mois de janvier, j’ai proposé un « Protocole d’installation de l’espace jeux » (principalement nourri de ma lecture du dossier de Savoirs CDI « Organiser et animer des espaces pédago-ludiques au CDI »).

J’ai également commencé à acheter les jeux et à les équiper. Enfin, l’espace en tant que tel a été mis en place le lundi 12 février, dernier lundi avant les vacances. J’ai choisi un endroit relativement proche du bureau, plus facile à surveiller (à l’origine il était prévu que le rayon soit à côté de la SF), et à côté du coin lecture, donc associé à la partie « loisirs » du CDI.

Chaque jeu, comme indiqué dans le protocole, est enregistré dans la base, exemplarisé et estampillé, je plastifie à nouveau les cartes si besoin, j’ajoute une petite check-list sur laquelle figure un QR-code donnant accès aux règles du jeu, si jamais celles-ci ont été perdues.

Parallèlement à cet espace jeux, j’ai installé sur le bureau une boîte lumineuse qui diffusera des messages aux élèves.

En ce qui concerne les expositions, du fait de l’installation de cet espace, je n’ai pas pu prendre le temps d’installer des choses conséquentes.

J’ai changé de place mes expositions de janvier (Scène de crime et l’exposition consacrée à la journée de la mémoire) :

Et j’ai installé 3 mini-expos entre début et mi-février :

  • une sélection sur le Safer Internet Day

  • quelques documents (bien en avance) pour les 50 ans de mai 68

  • et une petite sélection pour la Saint Valentin

Voilà pour les animations mises en place au CDI au mois de février.

Préparation #SPME2018

J’ai également commencé à préparer la Semaine de la presse et des médias à l’école.

J’ai fait une présentation à destination des enseignants, j’ai également proposé un Hors-série à ma lettre de diffusion.

J’ai préparé des marques-pages sur Canva que je mettrai à disposition des élèves une fois la presse reçue :

https://www.canva.com/design/DACuJf8X7O4/xngZ-m_-g8WpSFNV84FlaA/view

Enfin j’ai produit, avec Sandrine Duquenne, ma comparse habituelle, un parcours sur Genially consacré aux médias, que nous avons appelé Info’Sphères.

Le mieux pour retrouver toutes ces ressources est que je vous fasse un copier-coller du mail adressé aux collègues :

Bonjour à tous,
Je vous envoie ce mail dans le cadre de la préparation de la semaine de la presse et des médias à l’école, qui aura lieu du 19 au 24 mars prochain, l’occasion de faire (re)découvrir la presse et les médias aux élèves et de venir faire des séances au CDI ou en salle informatique ! Cette semaine peut être élargie à la semaine d’avant et prolongée jusqu’aux vacances…
Je vous envoie une petite présentation qui vous donnera des pistes,
un parcours « Info’Sphères » réalisée avec une collègue professeure documentaliste (saurez-vous résoudre la charade ?), et un E-INSTANT CDI Hors-série entièrement consacré à la semaine de la presse ! Au plaisir de collaborer avec vous dans le cadre de cette semaine,
Bonnes découvertes !

Gestion

À côté de ces installations et de ces préparatifs, mon temps a été quelque peu monopolisé par de gros chantiers en terme de gestion, l’un prévu, l’autre un peu moins…

En effet, j’avais décidé l’an dernier, après l’harmonisation des cotes de mes rayons, de m’attaquer à l’équipement en codes barres des documents.

Comme il faut bien commencer quelque part, j’ai donc décidé de commencer par les documentaires et par les nouveautés, ce qui jusque-là, m’a permis d’équiper :

  • le rayon 000 – 100 – 200
  • une partie des rayons 400 – 700 – 800
  • les jeux et les nouveautés reçus au mois de janvier

Pour cela j’utilise les rapports de BCDI et j’ajoute les codes barres sur la première de couverture.

L’autre chantier, moins prévu, est le désherbage d’environ 200 (voire un peu plus) numéros de périodiques, en raison d’un dégât des eaux survenu dans la réserve du CDI, à cause d’une chaudière défectueuse (comme quoi, quand ce n’est pas internet…).

L’avantage : ça fait de la place, l’inconvénient : rien pour l’instant n’indique que ça n’arrive pas à nouveau…

Séances

Juste avant les congés de février, j’ai eu 3 heures de séances annulées en raison des problèmes informatiques du lycée, mais entre fin janvier et mi février, j’ai tout de même réussi à mener quelques projets…

  • Débat « Fake news et théories du complot »

Avec les Premières L2, que j’ai suivi durant toute leur découverte du parcours sur la désinformation, nous avons clôturé les séances par deux débats en demi-groupe sur les fake news et les théories du complot.

Une première heure quelque peu chaotique (cela se voit à la carte mentale de compte-rendu), une deuxième heure plus satisfaisante.

  • Parcours Désinformation 1L1

Avec le même collègue d’histoire-géo, en EMC, nous avons commencé des séances sur le parcours Désinformation, comme nous l’avions fait avec les 1L2. Là encore, ces séances ont pâti des problèmes informatiques, et nous avons dû les modifier en une forme de débat s’appuyant sur les vidéos du parcours.

  • Littérature et société / Webradio

Le lundi matin, j’aide toujours ma collègue de français dans ses séances en littérature et société, durant lesquelles elle veut faire réaliser un film à ses élèves.

Ces séances ont lieu en même temps que les séances de webradio menées par mon collègue référent numérique avec mon collègue d’histoire. Quand je finis un peu plus tôt, je peux aller assister à quelques séances, comme j’ai pu le faire début février, pour assister à un débat des Premières S4 sur les voitures autonomes :

  • Formation à la recherche en seconde

Il me reste deux classes de seconde à voir, et pour chacune d’elles, les séances ont soit été interrompues, soit reportées.

Avec l’une des deux classes, les Secondes 2, j’ai tout de même réussi à faire la première séance, sur le modèle que j’ai indiqué dans l’article précédent.

Voici un aperçu de la partie « brainstorming » de la séance :

La deuxième séance devrait avoir lieu au retour des vacances, sauf si le serveur n’a toujours pas été remplacé…

  • Arts visuels

J’ai poursuivi avec ma collègue d’histoire-géo les séances auprès des élèves d’arts visuels.

Après la visite du Perray-Vaucluse, mentionnée dans l’article du mois de décembre, nous avons fait travailler les élèves par groupe sur plusieurs thématiques, le but final étant de réaliser sur le lieu un film documentaire sur le modèle de Secrets d’histoire.

L’ensemble des recherches des élèves est centralisé sur un padlet, l’un des groupes étant également chargé de réfléchir au générique et à la manière dont les plans vont s’enchaîner…

Voilà pour ces quelques séances de fin janvier – début février, période qui a aussi vu la fin des TPE et la panique habituelle pour rédiger au dernier moment une note de synthèse et une bibliographie…

Et sinon à l’extérieur ?

  • #IANHGDOC18

Début février, j’ai assisté au séminaire des IAN (interlocuteurs académiques pour le numérique) documentation et histoire-géo, qui se tenait au lycée Jules Le Cesne du Havre les 8 et 9 février.

À cette occasion, nous avons, ma collègue et moi-même, proposé deux présentations, l’une bi-disciplinaire, l’autre propre à la documentation. De belles choses ont été présentées et réalisées, et pour retrouver l’ensemble des échanges de ce séminaire, je ne peux que renvoyer au Moment partagé sur Twitter par Éric Garnier, IAN documentation de Rouen.

  • Généalogie

Petite intrication du personnel dans le professionnel, et sur laquelle je conclurai cet article (ce qui fera également office de présentation de l’outil du mois…).

J’ai commencé depuis quelques temps des travaux de généalogie. Outre que je trouve cela passionnant, et que j’ai l’impression à chaque instant de plonger dans une enquête policière, cela m’est facilité par l’ensemble des numérisations d’archives qui a été réalisé – et continue de l’être.

J’en profite, pour ceux que cela intéresse, de vous partager la vidéo de Nota Bene, qui est très éclairante sur la question :

Si j’ose aborder cette question sur un article professionnel, c’est parce que je pense que la démarche peut intéresser les professeurs documentalistes qui ont une fibre d’historiens, d’enquêteurs ou d’archivistes, et que cela peut être un travail également à mener avec des élèves (reste à imaginer le cadre).

Bref, fin janvier, je me suis inscrite sur un site de généalogie, dont je ne ferai pas la publicité ici, mais qui me semblait correspondre à mes besoins (archives numérisées, possibilité de consulter l’arbre d’autres personnes et d’importer ou de partager des branches).

Je me suis vite rendue compte que mes souvenirs n’étaient pas aussi exacts qu’il l’aurait fallu, j’ai donc questionné un membre de ma famille qui m’a corrigé et permis d’avancer. J’ai réussi alors à mettre en place toute une démarche :

  • pour les parents / grands-parents : demander l’extrait d’acte de naissance, soit via un formulaire en ligne, soit directement sur place (avec une pièce d’identité), les pièces récentes n’étant pas encore numérisées
  • à partir des actes de naissances les plus anciens, récupérer le nom des parents, et retrouver leurs propres actes de naissance / décès / mariage…
  • … ce qui permet de remonter les branches une à une, quand on ne tombe pas sur un enfant naturel, qui n’a pas d’acte de naissance, et qui coupe nette une branche de l’arbre d’un côté.
  • arriver, du coup, à déchiffrer les écritures manuscrites des employés de mairie, ce qui n’est pas toujours simple !
  • à partir de là, beaucoup de choses peuvent intéresser : les ancêtres viennent-ils tous du même lieu ? quels métiers exerçaient-ils ? les femmes travaillaient-elles ? savaient-ils écrire et signaient-ils l’acte, même avec une croix ?

Mais le plus passionnant, jusque là, c’est aussi de fouiller dans les registres de matricules (RMM), à la recherche des ancêtres ayant participé à la première guerre mondiale.

Pour cela, le procédé est le suivant :

  • avoir le lieu de naissance / d’habitation du soldat, et son année de naissance
  • son année permet de déterminer sa classe (à 20 ans, il fait son service militaire), le lieu permet de trouver (ou de supposer) le bureau dont il dépendait
  • une fois que l’on a ces informations, on est susceptible de trouver la fiche matricule.

Pour un ancêtre né en 1883, on en déduit qu’il a fait ses classes en 1903. On récupère donc les tables alphabétiques annuelles du bureau concerné, on cherche son nom et on obtient son numéro de matricule qu’on va ensuite retrouver dans le registre de la même année.

Sur la fiche en question, on trouve son nom, le nom de ses parents, son année et lieu de naissance, son apparence physique, ses domiciles successifs et sa vie militaire jusqu’à sa démobilisation (ou plus tristement son décès).

On y apprend donc beaucoup de choses, et on a parfois quelques surprises…

Vous trouverez plus d’informations, par exemple ici :

http://archives.seine-et-marne.fr/rechercher-un-combattant-de-la-grande-guerre

La plupart des archives départementales sont numérisées (sauf une bonne tranche des archives de Paris qui est en cours de numérisation dans le cadre de la mission Centenaire), et évidemment le site du Grand Mémorial proposé par le ministère de la Culture permet aussi de trouver directement la fiche d’un combattant :

http://www.culture.fr/Genealogie/Grand-Memorial

Enfin le site de la mission Centenaire constitue aussi une mine d’informations :

http://centenaire.org/fr

Espérant avoir titillé votre curiosité documentaire, je vous dis à très bientôt, sur Cinephiledoc !

Mai 2017 : séances et animations du CDI

Malgré un mois de mai bien grignoté par les ponts et les week-ends prolongés, voici les projets que j’ai pu mener, et qui sont arrivés à leur conclusion (c’est malheureusement le cas pour les séances pédagogiques, les cours s’arrêtant le 10 juin).

Formation « Pratiques innovantes et outils numériques au CDI »

Comme certains d’entre vous ont pu le constater, j’ai publié début mai le support de la formation que j’ai animée avec Catherine Besse (@docalfred1).

Il s’agissait de la deuxième session du stage « Pratiques innovantes et outils numériques au CDI », avec une quinzaine de stagiaires, et nous avons profité de cette deuxième session pour mettre à jour notre présentation, présentation que je vous invite à consulter ci-dessous :

Support de formation 2017

La première session de la formation s’était déroulée dans mon lycée au mois de janvier, la seconde s’est donc déroulée dans le lycée de Catherine, à Cergy.

J’en profite pour signaler l’excellent travail de Catherine, publié il y a quelques jours : « Réviser avec YouTube »

J’espère pouvoir intégrer très prochainement cette ressource sur mon portail e-sidoc !

Animations du CDI

Étant peu présente du coup, fin avril et début mai au CDI, j’ai profité d’un rare moment où j’étais disponible pour organiser une exposition, après avoir désinstallé avec retard celle du Printemps des poètes.

Je ne sais pas à quel libraire, bibliothécaire ou professeur documentaliste rendre hommage, ni qui a eu en premier l’idée de s’inspirer des propos de lecteurs, mon hommage sera donc anonyme et collectif, pour cette exposition consacrée à « Je ne me souviens plus du titre… mais la couverture est bleue ».

Exposition déclinable dans toutes les couleurs (et qui m’a rappelé les numéros de Blow Up sur le jaune, le rouge, le bleu… au cinéma – voir ci-dessous), qui se monte rapidement quand on manque de temps et d’idées pour attiser la curiosité des élèves…

Voici l’affiche proposée, et dont j’imagine déjà les déclinaisons en rouge ou en jaune :

Et voici ce que cela donne sur le présentoir :

Petit clin d’oeil aux cinéphiles avec le numéro de Blow-Up qui correspond :

C’est la seule exposition que j’ai pu mettre en place ce mois-ci, avec bien entendu l’exposition des nouveautés…

Quant à l’harmonisation des cotes et de la signalétique, je l’ai pour l’instant laissé de côté au profit de la gestion des séries de français…

Séances (suite et fin, jusqu’à septembre prochain !)

  • Webradio

Au retour des vacances de printemps et durant le mois de mai (jusqu’au 19 mai), j’ai pu assister à chaque quinzaine (sauf lorsque j’animais un stage…) à « l’inclusion » d’une autre classe dans le projet webradio, et aux progrès des élèves.

Si nous ne pouvons toujours pas mettre en ligne les émissions, j’ai pu prendre les élèves sur le vif (en utilisant Prisma). Les enregistrements se sont complexifiés, passant d’une chronique avec musique à un dialogue, et abordant des sujets aussi variés que le harcèlement scolaire, le sport, les animaux, ou encore la première guerre mondiale.

Petit aperçu en images de ces quelques séances :

En relation avec les médias scolaires, j’en profite pour indiquer que le premier numéro d’un journal du lycée a été publié.

Mon intervention s’est certes résumée à apporter un encouragement aux élèves impliqués, à donner accès à la mezzanine du CDI quand ils en faisaient la demande, mais j’ai tout de même eu droit à mon propre exemplaire en couleurs !

  • Recherches sur les nouvelles du 19e siècle, 2nde4

Pour ces deux heures de séance en demi-groupe, j’ai été abordée fin avril par une de mes collègues de français.

Elle souhaitait faire faire à ses élèves des recherches par groupes de trois ou quatre sur une nouvelle en particulier, avec un temps d’analyse (en classe) de la nouvelle, et un temps, relativement restreint, de recherche au CDI.

J’avais préparé, en m’inspirant du travail de Françoise Cahen sur Les Années d’Annie Ernaux, toute une structure avec un Padlet permettant aux élèves de cibler leur recherche et d’ajouter sur leurs Padlets respectifs des ressources et des informations.

https://padlet.com/jfiliol_pro/nouvelles19e

Évidemment, pris par le temps, tous les élèves n’ont pas pu consulter cette ressource ni se l’approprier…

  • Créer des Unes révolutionnaires

Entre mars et mai, j’ai beaucoup travaillé avec une de mes collègues professeure d’histoire : c’est avec elle que j’ai mené une bonne partie des séances sur les présidentielles avec ses deux classes en EMC : les 2nde6 et les 2nde8.

Durant les vacances de printemps, elle m’a proposé de travailler sur une autre thématique et j’ai immédiatement accepté.

Il s’agissait de faire réaliser aux élèves des Unes de presse consacrées aux événements de la Révolution française. À partir du support qu’elle m’a transmis, je lui ai proposé cette présentation :

Les élèves devaient travailler par binômes sur des thèmes tirés au sort, avec un premier temps de recherche (2h) puis deux heures en salle informatique pour réaliser leur Une sur Piktochart. Ils pouvaient poursuivre le travail chez eux durant une semaine.

Une fois le travail terminé, nous avons enregistré et rassemblé leurs Unes sur un Padlet, et ma collègue souhaitait également les imprimer pour les afficher dans sa salle.

Voici le résultat avec une Une que j’avais réalisée à titre d’exemple pour les élèves, et l’ensemble de leurs productions :

https://padlet.com/jfiliol_pro/revolution

J’en profite pour afficher en grand la Une dont nous sommes particulièrement fières, car elle a répondu à toutes les consignes avec un résultat visuel des plus satisfaisants, à savoir celle sur les États-Généraux :

Cette Une respecte toutes les consignes que nous avions données :

  1. un titre de journal (réel ou inventé)
  2. le titre de la Une, avec la date
  3. un texte qui ne soit pas du copier-coller et, si possible, adopte un point de vue
  4. une belle mise en page avec des images cohérentes
  5. un travail signé

Je trouve qu’il s’agit d’un bien beau projet pour clore l’année, et ma collègue m’a déjà assurée vouloir renouveler l’expérience l’an prochain !

Quelques mots pour conclure…

Une petite info d’abord : ma candidature comme intervenante à Ludovia a été retenue, je serai donc présente à Ax-les-Thermes, pour ceux qui y seront aussi, du 22 au 25 août, mon intervention se déroulant a priori le mercredi 23 août après-midi.

Concernant le mois de juin : après 4 ans en collège je renoue au lycée, avec des cours qui s’arrêtent relativement tôt, et les tâches de fin d’années qui arrivent… En fonction du temps que j’aurai, vous aurez donc droit pour le mois de juin à un article #profdoc qui s’attardera sur le bilan d’activités (comme tous les ans), sous une forme qui est déjà prête, et peut-être sur une question thématique, comme je le promets depuis longtemps.

D’ici là, bon mois de juin à tous et bon courage !

Dessins animés et séries historiques

Avant d’évoquer, dans ce nouveau compte-rendu de lecture, des sujets qui peuvent paraître aussi éloignés que les séries historiques et les dessins animés, je profite, avec quelques jours de retard, pour célébrer avec qui passera par ici le cinquième anniversaire de ce blog.

Depuis 5 ans, Cinéphiledoc a fini par trouver son rythme de croisière, à raison de deux articles par mois (avec quelques exceptions) : un article cinéphile et un article #profdoc qui revient sur mes activités professionnelles du mois.

En 5 ans, j’ai publié 265 articles, et au 22 mai, 56496 visiteurs étaient tombés (par hasard ou non) sur mon blog, avec un peu plus de 119.000 vues (et un record de 385 vues le 27 mai 2016).

Ces statistiques me permettent une excellente transition avec la première lecture de cet article…

Des infos, des chiffres, des infographies !

En décembre de l’année dernière, j’avais déjà évoqué la tendance actuelle, pour les éditeurs, de publier des petits ouvrages synthétiques et ludiques sur un univers.

J’avais alors fait le compte-rendu de lecture d’un ouvrage que j’avais beaucoup apprécié : Star Wars Graphics : L’univers décrypté en infographies, de Virginie Iscan, et publié chez Hachette en août 2015, pour surfer sur la vague de la sortie attendue de Star Wars épisode VII.

Par la suite, dans la même collection, un ouvrage exclusivement consacré à l’épisode VII avait été publié par le même éditeur. J’ai aussi vu passer un livre sur l’univers Marvel.

Mais celui que j’attendais avec impatience, qui vous donne le premier élément du titre, et qui est finalement sorti en avril 2017, c’est celui consacré à l’univers Disney : Disney Graphics : l’univers décrypté en infographie, par Marc Aumont.

L’avantage de ce livre, c’est qu’en 128 pages, il répond tout à fait à son objectif : donner un aperçu de l’univers Disney, depuis ses origines jusqu’à ses héros les plus actuels.

Les premières pages reviennent sur la « success story » avec les longs métrages et la création d’une véritable industrie du loisir. L’auteur se focalise également sur le personnage central de Mickey Mouse.

Une très belle partie (la plus belle ?) est ensuite consacrée aux coulisses de l’univers : dessinateurs, techniques (on y apprend que Blanche-Neige, c’est 3 ans de travail mobilisant plus de 750 artistes), pour des dessins animés qui s’inspirent de la littérature et des mythes universels.

Aucun détail n’est laissé de côté : box office, chansons, parcs d’attraction, télévision, et bien-sûr personnages.

Gros coup de coeur pour les pages qui évoquent les enchanteurs et les formules magiques, les châteaux et les chiens et chats.

Le point faible ? La mise en page. Certes, elle est des plus attrayantes, chaque double-page se consacrant à un thème en particulier et dévoilant des détails insolites, des informations étonnantes, le tout avec un côté ludique indéniable.

Mais certaines pages sont écrites sur fond noir, dans une police pas toujours lisible… c’est le petit bémol de cet ouvrage qui, vous l’aurez compris, comme les livres du mois dernier sur l’enfance, vous donnera un bon bol de nostalgie et de bonne humeur !

Quant à établir un palmarès des classiques Disney, pour ceux qui seraient tentés, voici le mien :

  1. Merlin l’enchanteur
  2. Robin des bois
  3. Bernard et Bianca

Et quant à trouver la relation logique entre dessins animés et séries historiques, je vous rassure : rien de logique là-dedans, si ce n’est que je regarde les uns avec autant de plaisir que les autres !

Passons donc sans tarder à la deuxième partie du titre et au second livre de cet article.

À la conquête des séries…

Je me faisais justement la réflexion qu’il y avait longtemps que je n’avais pas parlé de séries télévisées sur ce blog, ou en tout cas, qu’aucun livre sur le sujet n’avait retenu mon attention.

Comme d’habitude, c’est l’un de mes éditeurs favoris sur le sujet qui m’a fourni ma dose mensuelle de lecture cinéphile : pas Sonatine, pas Rouge profond, mais Vendémiaire.

Jusque-là, sur ce blog, Vendémiaire m’a permis d’aborder des ouvrages aussi variés qu’un Dictionnaire Spielberg et deux essais de Laurent Aknin : Star Wars : une saga, un mythe et Mythes et idéologies du cinéma américain. Cette maison d’édition a aussi enrichi ma bibliothèque de mon seul ouvrage sur Kaamelott à ce jour : Kaamelott ou la quête du savoir, de Nicolas Truffinet.

Je ne consulte décidément pas assez les sites des éditeurs, et c’est par hasard, en cherchant Disney graphics, que je suis tombée sur leurs dernières sorties : L’empire de la mélancolie : l’univers des séries scandinaves, de Pierre Sérisier (que j’ai laissé de côté par trop grande méconnaissance du sujet) et Dominer le monde : les séries historiques anglo-saxonnes, de Ioanis Deroide.

Cette dernière publication avait tout pour me séduire : un titre évocateur, une couverture qui rappelle les vues de Fenêtre sur cour, de L’ombre d’un doute et de Friends, et un sommaire ainsi qu’un index des plus alléchants, allant de Doctor Who à Rome en passant par Mad Men… 

Ayant un faible pour les films historiques et pour les séries (historiques ou non), j’ai donc ouvert avec fébrilité ce petit ouvrage, dont la présentation – seule faiblesse formelle des éditions Vendémiaire (en tout cas pour les livres que j’ai déjà eus entre les mains) – est toute en sobriété et sans aucune illustration.

Le lecteur doit se fier à sa mémoire, à l’auteur, et à sa propre curiosité pour remettre des images sur tout ce que l’auteur évoque dès l’introduction. Dans mon cas, j’ai sauté sur les titres suivants : les Tudors, Mad Men, Vikings, Wolf Hall ou encore The Crown.

Ce qui m’a plu avec ce petit livre, c’est d’abord que le premier chapitre revient sur les origines des séries historiques, à savoir les feuilletons littéraires, quelques exemples de films en feuilleton eux aussi et les émissions de radios.

Après l’introduction, on pourrait croire que l’auteur va dresser un panorama complet (et quel serait alors l’ampleur de sa tâche !) des séries historiques anglo-saxonnes.

Hors, comme l’indique son titre, il se concentre surtout sur les séries anglo-saxonnes (Angleterre, États-Unis et Australie), et ce qui l’intéresse, c’est la façon dont l’histoire de ces pays est vue à travers le prisme de la série télévisée.

Enfin, pour construire son propos, il aborde la question à la fois de manière chronologique (avec les séries les plus anciennes dans les premiers chapitres) et thématiques : « Guerre, familles et voyages dans le temps », « L’âge d’or des mini-séries », « Nostalgie et parodies »…

Dans cet ouvrage, westerns et séries guerrières ont la part belle dans les premiers chapitres ; l’auteur questionne aussi le rapport des séries au voyage dans le temps (notamment avec Doctor Who ou X-Files), mais toujours d’un point de vue d’historien (changer les événements, modifier ou non l’histoire).

Il explore ensuite le rapport des séries à l’histoire nationale, à ses « éléments fondateurs » et à la mémoire, à travers des points sensibles tels que l’esclavage ou l’holocauste.

Dans son chapitre « Nostalgie et parodies », il s’attarde sur des monuments de la culture américaine que sont La Petite maison dans la prairie et Happy Days, pour le versant nostalgique, et sur That’s 70s show, pour le versant parodique, ou encore Mad Men, pour une nostalgie teintée de cynisme.

Ce mélange aigre-doux est représenté à merveille par l’épisode « The wheel » où Don Draper propose une campagne publicitaire sur un projecteur de diapositives en misant sur l’émotion des acheteurs potentiels et sur leurs souvenirs de famille.

Dans « Le temps des héroïnes », on assiste sous la plume de l’auteur au déclin des mini-séries et à l’émergence de séries portées exclusivement par des personnages féminins ou dont les personnages féminins se complexifient progressivement dans une société masculine (comme dans Mad Men ou Masters of Sex). C’est aussi dans ce chapitre que l’auteur revient, pour mon bonheur, sur les adaptations en série de Jane Austen, et plus curieusement, sur les séries policières.

Enfin, dans le dernier chapitre « Du sang, du sexe et toujours plus de séries », on retrouve les séries les plus récentes, avec la figure de Tom Hanks qui s’invite dans séries et films historiques, ainsi qu’un bref tour d’horizon des séries sur la Rome antique, qui laisse une place de choix à Rome.

Si la lecture de Dominer le monde est agréable et saura satisfaire le spectateur en lui fournissant pêle-mêle le souvenir de scènes aussi différentes que celles de Rome ou de Doctor Who, elle peut cependant déconcerter, ressemblant plus à un kaléidoscope qu’à une galerie de portraits.

Les images et les périodes vont et viennent, se superposent les unes aux autres, et se répondent dans un curieux vertige, et le lecteur, tiraillé entre passé et présent, sort du voyage quelque peu ébouriffé, comme le docteur à l’atterrissage de son TARDIS.

Pour finir et retrouver quelque peu l’équilibre, voici une petite aparté personnelle, avec mes séries historiques favorites du moment…

3 univers, 3 dépaysements

  • The Crown

Ceux qui me connaissent le savent, j’ai un faible pour l’histoire anglaise, et j’ai adoré les séries telles que The Tudors, The White Queen, Downton Abbey et évidemment, les adaptations de Jane Austen.

C’est donc avec la plus grande fébrilité que j’ai regardé la série produite par Netflix, The Crown, racontant l’accession au trône d’Elisabeth II, avec Matt Smith (ancien docteur) dans le rôle du duc d’Edimbourg. Une série belle, bien écrite, portée par des acteurs impeccables et qui m’a rappelé Le Discours d’un roi ou The Queen :

  • Stranger things

Pas tout à fait historique mais avec un bon goût de nostalgie pour le cinéma des années 80 (et les années 80 tout court), une série qui mêle humour et science-fiction, avec des personnages très attachants, et dont j’attends avec impatience la saison 2 :

À découvrir, les influences du cinéma dans Stranger things :

  • FEUD

Enfin, mon chouchou dernièrement, la série Feud : Bette and Joan, une série pour les cinéphiles (mais pas que) et qui revient sur la rivalité de deux monstres sacrés du cinéma américain : Bette Davis et Joan Crawford, sur le tournage de Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?

C’est prenant, effrayant et bouleversant, à découvrir absolument !

Sur ces quelques conseils, je vous laisse, en attendant très prochainement l’article #profdoc de Cinéphiledoc !

Clowns et ministres

Un curieux titre pour ce dernier compte-rendu de lecture de 2015, me direz-vous. Les ministres sont parfois des clowns, j’ignore si les clowns peuvent être ministres, y’en a-t-il eu, d’ailleurs des clowns ministres, je ne saurais le dire… Même si le rire du clown (rire aux larmes) peut sembler éloigné du sérieux du ministre, comique et politique font souvent ménage, et presque toujours pour s’affronter. Il n’en est rien, ou presque, néanmoins, dans le livre dont je vais vous parler aujourd’hui. Mais avant, quelques mots.

Le choix du dernier

Choisir un dernier ouvrage pour finir l’année est toujours difficile pour moi. J’aurais pu, dans l’attente impatiente du dernier Star Wars, reprendre un livre consacré à la saga, mais je n’ai pas trouvé de quoi faire un article conséquent. Évidemment, je suis tombée en arrêt devant les « beaux livres » publiés à l’occasion des fêtes, mais là encore, rien de décisif.

Une fois passé le rayon cinéma, je suis allée, comme d’habitude, fureter du côté des autobiographies et romans. J’ai hésité devant les mémoires de Michel Piccoli, j’ai tergiversé devant celles de Charlotte Rampling, je me suis dit que je ne connaissais pas assez bien Pasolini pour parler de ses scénarios réédités, et finalement, c’est une couverture et un titre qui m’ont décidée.

Sur cette couverture, la représentation quasi parfaite du titre : Deux Messieurs sur la plage. Deux Messieurs en noir et blanc, et d’ailleurs l’un en noir, l’autre en blanc, l’un svelte, l’autre imposant. Une image sérieuse, calme, posée, qui semble vouloir recréer un couple à la Laurel et Hardy. Winston Churchill et Charlie Chaplin prenant la pose.

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J’avais reconnu les deux : l’un parce que j’aime ses films, l’autre parce que l’histoire en général, et l’histoire du Royaume-Uni en particulier, me passionne. Et d’un seul coup, en moi, j’ai eu deux réactions simultanées : la première était de me dire qu’on pouvait difficilement trouver, a priori, couple plus improbable. La seconde, qu’on ne pouvait certainement trouver association plus complémentaire.

J’ai retourné le livre, lu la quatrième de couverture, qui a fini d’allécher ma curiosité, et qui a emporté la dernière hésitation, fondée sur la date de parution de l’ouvrage, juillet 2015. Mon dernier compte-rendu de lecture ne porte donc pas sur un livre publié le mois dernier ou le mois d’avant, mais qui avait échappé à ma vigilance et qui est finalement un coup de cœur.

Il s’agit donc d’un roman de Michael Köhlmeier, publié aux éditions Jacqueline Chambon, maison d’édition associée à Actes Sud.

Le clown, le politique et le chien noir

Cet ouvrage a suscité en moi tout un flot de réactions et d’émotions si diverses, et que je vais tant bien que mal essayer d’ordonner, mais encore faudrait-il pouvoir résumer Deux Messieurs sur la plage. L’ouvrage n’épouse pas une chronologie parfaite, adopte des points de vue différents, qu’il suive la trajectoire de Chaplin ou de Churchill, et qu’il la suive de l’intérieur ou en témoin extérieur. C’est pourquoi, avant d’aller plus loin, je choisis la facilité, et reprend strictement la quatrième de couverture.

En 1929, sur une plage de Californie, eut lieu la rencontre improbable de deux Anglais : Charlie Chaplin, le tramp des bas-fonds londoniens, et Winston Churchill, l’aristocrate qui allait bientôt sauver l’Angleterre de la barbarie nazie. Ils se découvrirent un ennemi commun : leur mélancolie, et décidèrent que chaque fois que l’un d’eux serait en proie au “chien noir”, nom que donnait Churchill à sa dépression, il appellerait l’autre à l’aide. Et c’est ce qu’ils firent.

L’intrigue a l’air simple, quoi de plus simple qu’une rencontre ? On se dit que l’auteur va nous conduire doucement, en nous prenant par la main, d’un point A à un point B, mais ce serait trop facile ! Car non seulement, c’est la chronologie tout en allers et retours de Chaplin et Churchill, que suit le lecteur, mais c’est aussi celles des témoins, directs ou indirects, secrétaire particulier de l’un, chauffeur de l’autre, intervieweurs, familles et amis, auxquels s’ajoute le narrateur (est-ce l’auteur ?) qui fait le récit d’éléments de sa propre vie, lui-même clown et écrivain, et de celle de son père, admirateur de Chaplin et de Churchil.

Voici donc deux personnalités fortes, l’un des plus grands cinéastes du 20ème siècle – voire le plus grand – et l’un des plus grands hommes politiques – voire le plus grand – qui se rencontrent. Certes, pour Chaplin, si vous connaissez sa biographie (et son autobiographie, lecture nécessaire et parmi les bibles du cinéphile) vous savez ce genre de rencontres aussi surprenantes que nombreuses : Cocteau, Gandhi, Einstein…

Mais même lorsque l’on se figure que les comiques sont tristes, même lorsqu’on revoit leurs personnages, Charlot si solitaire et bouleversant, Buster Keaton, l’homme qui ne sourit jamais, on ne parvient pas à s’imaginer qu’ils puissent être sujets à la dépression.

Et que dire de Churchill, qui porta l’Angleterre et l’Europe à bout de bras dans la résistance à l’Allemagne nazie ? L’homme qui affirme :

Vous vous demandez : quel est notre but ? Je réponds par un seul mot : la victoire, la victoire à n’importe quel prix, la victoire en dépit de toutes les terreurs, la victoire quelque longue et difficile que soit la route pour y parvenir, car sans victoire, il n’y a pas de survie.

aurait donc souffert de dépression. Et fait incroyable, et que se propose de nous raconter Deux Messieurs sur la plage, il aurait ainsi conclu un pacte avec Chaplin, rencontré aux hasards d’une soirée mondaine, pour lutter contre le « chien noir », ainsi qu’étaient surnommées ces attaques de mélancolie.

Comme remèdes à ces attaques, l’amitié, la solidarité immédiate et sans conditions à celui des deux qui traverserait cette mauvaise passe, et la « méthode du clown » : rire, s’observer de l’extérieur, et s’écrire à soi-même, en spirale et allongé nu sur une feuille, une lettre. Avec quelques autres méthodes personnelles : l’alcool, l’écriture et la peinture pour l’un, le cinéma et le travail pour l’autre.

Dans l’intimité de l’histoire et du cinéma

Cet ouvrage est l’occasion pour le lecteur, cinéphile, historien, ou ni l’un ni l’autre, de découvrir ou de redécouvrir ces deux hommes. Derrière leur apparente force oratoire, qu’elle s’exprime à travers une figure de petit homme au chapeau melon et à la moustache en trapèze, ou à travers des discours et des images d’archives, Michael Köhlmeier nous révèle leur fragilité.

D’un côté l’enfance de Churchill, héritier cancre d’une longue lignée, son mariage et ses enfants, sa traversée du désert, sa carrière littéraire (un prix Nobel de littérature), ses habitudes, sa consommation d’alcool, ses activités de peintre, ses voyages et jusqu’à son rôle de premier ministre pendant la seconde guerre mondiale.

De l’autre, Chaplin, dont la vie nous est livrée avec moins de détails et d’approfondissements, un portrait tout en ébauches, mais tout aussi complexe : son amitié avec Douglas Fairbanks et Mary Pickford, la réalisation du Cirque, sa relation avec son frère Sydney, ses femmes très légèrement entrevues (sauf Oona, qui n’apparaît pas), et ses enfants les plus âgés, jusqu’à sa « retraite » à Vevey.

Ce sont, pour chacun d’eux, ces détails qui intriguent, qu’on les connaisse ou non. Au fil des rencontres et des échanges, on se demande moins s’ils ont réellement eu lieu, s’ils se sont réellement passés ainsi, que si ces deux personnages ont véritablement existé. On en vient à douter qu’ils soient autre chose que les créatures du romancier ou que le fruit de notre propre imagination, à les voir tantôt créer, tantôt combattre, tantôt se débattre avec le chien noir qui les poursuit.

L’auteur construit de manière habile un jeu de miroirs vertigineux où tous les personnages fonctionnent par paires, s’emmêlent et se démêlent, et s’interpellent entre eux : Churchill et Charlot, Churchill et son secrétaire particulier, Charlot et Sydney, Charlot et son chauffeur, ou encore le narrateur et son propre père.

Tous écrivains, tous orateurs, tous hommes de spectacle, tous clowns, tous humains obsédés par la mort, finalement.

À l’horizon

Finalement, dans ce méandre d’êtres humains, de doubles et de reflets, et d’allers-retours, Michael Köhlmeier nous entraine à la poursuite du destin de Churchill et de Chaplin : chien noir ou non, incarner en dépit de tout la résistance.

Résister par l’humour et combattre Hitler en le tournant en ridicule pour Chaplin, en réalisant Le Dictateur. Résister par les armes et par toute sa force politique et oratoire pour Churchill et incarner à lui seul tout le flegme britannique face au Blitz.

Deux Messieurs sur la plage m’a donné envie de me replonger dans cette période historique des années 30 et 40, et d’en apprendre plus sur Churchill et de me replonger dans le fabuleux roman de science-fiction de Connie Willis, Blitz, que je vous recommande.

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J’ai eu envie aussi de revoir et d’entendre Churchill en tant que premier ministre, et de chercher ce que je pouvais trouver comme vidéos sur le sujet… Si j’en trouve une qui me satisfait, je l’ajouterai ici.

Quant à Chaplin, quoi de plus évident ? Le livre donne envie de revoir les films, tous sans exception, et parmi eux, Le Cirque, parce que c’est l’un des premiers mentionnés, Les Lumières de la ville, parce que c’est, selon l’auteur, avec Churchill que Chaplin a eu l’idée de la scène avec le milliardaire ivre que Charlot sauve de la noyade, mais surtout Le Dictateur, parce qu’on en voit le contexte de création, la façon dont l’idée poursuit Chaplin, le tournage et jusqu’à la première projection, et parce que, quoi que l’on fasse, aujourd’hui plus que jamais, on voudrait réentendre son discours final :

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