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Au pays de l’enfance cinéphile

Je profite de cet article de rentrée et de ce compte-rendu de lecture de septembre pour donner un nouveau rythme à ces articles cinéphiles et pour proposer une nouvelle organisation sur ce site.

Septembre 2026 – nouveau rythme

En effet, quasiment depuis que ce site existe – à vrai dire depuis sa deuxième année d’existence, en 2013, si mes souvenirs sont bons – je m’astreins à publier un compte-rendu de lecture cinéphile par mois.

Le rythme a connu quelques envolées et quelques retombées en fonction des années. Au plus fort de mes lectures cinéphiles, je proposais des hors-séries de l’été, avec des lectures supplémentaires, et très studieusement à ces hors-séries de l’été je consacrais encore plus de temps qu’aux articles publiés durant l’année.

Il y a aussi eu une année faste, en 2023, où j’ai délaissé… le terme n’est pas fidèle à la situation… où j’ai proposé, en plus des lectures cinéphiles, des notes de lecture sur l’intelligence artificielle. Là encore, ces notes de lecture me prenaient un temps certain de rédaction.

Cependant, depuis quelques années, et aussi depuis 2023, j’ai amorcé un autre mouvement.

  • le premier article de l’année en janvier est forcément consacré au retour d’expérience sur le bullet journal. Il me permet un redémarrage en douceur, avec un effort rédactionnel qui n’est pas très conséquent ;
  • de février à juin, je publie un article cinéphile par mois, avec éventuellement une visite d’exposition (généralement la Cinémathèque française) ;
  • après la coupure estivale de juillet – août, je reprends les articles cinéphiles de septembre à novembre ;
  • je termine l’année avec le palmarès de lectures publié en décembre.

Cette organisation me pousse à rechercher systématiquement des lectures cinéphiles, à guetter des publications récentes – si possible sur des sujets que je n’ai pas encore abordés – et cela est devenu, au fil des années, davantage une contrainte qu’un coup de coeur.

Je prends certes toujours plaisir à lire des ouvrages sur le cinéma, et j’ai bien l’intention de continuer à en parler, mais je ne veux plus être tenue (même s’il s’agit d’une règle que je me suis imposée) par un calendrier de publication mensuel.

Parallèlement à ce constat, mon rythme de lectures s’est accéléré depuis deux ans, je lis beaucoup plus, surtout pendant les vacances, et mes lectures se sont diversifiées : bandes-dessinées, essais, romans ados, et il arrive que dans ces lectures, je retrouve le cinéma que j’avais pourtant l’impression de délaisser…

Mon nouveau rythme sera donc le suivant :

  • je garde le retour d’expérience sur le bullet journal ;
  • je poursuis les visites d’expositions qui ponctueront mon année ;
  • je publierai des comptes-rendus de lecture cinéphile, non pas astreinte par un calendrier, mais au gré de mes envies et de mes découvertes, avec peut-être 4 articles dans l’année, peut-être plus…
  • mon palmarès de lectures ne tiendra plus seulement compte de mes lectures cinéphiles, mais fera le point sur l’ensemble de mes lectures de l’année, tendance que j’avais déjà amorcée dans le tout dernier publié en décembre 2025, et que j’avais présentée dans le retour d’expérience sur le bullet journal de 2026, notamment avec ce type de visuel :

Cinéma ou le souvenir d’enfance

Passée cette digression, reprenons le cours normal de ce site avec des lectures qui remontent aux mois d’avril et de mai de cette année.

Le livre qui m’intéresse aujourd’hui principalement se trouvait depuis début 2026 sur ma pile de lectures, et attendait patiemment que je me décide, entre une bande-dessinée, un essai de Mona Chollet ou un roman de Karen Viggers, à le prendre en mains.

Ce n’est pas un hasard si j’emprunte à Georges Perec le sous-titre de ce compte-rendu, même si W ou le Souvenir d’enfance manque encore à mes lectures.

Son laboratoire littéraire Je me souviens sera plus approprié, on peut y piocher au hasard le numéro 34 :

Je me souviens de la Cinémathèque de l’avenue de Messine.

le numéro 72 :

Je me souviens des attractions qu’il y avait au Gaumont-Palace. Je me souviens aussi du Gaumont-Palace.

ou encore le numéro 334 :

Je me souviens de la Nouvelle vague.

Georges Perec est l’auteur approprié pour qui veut, avec humour, réorganiser sa bibliothèque (je pense à son génial Penser / Classer qui m’avait enchantée pendant ma préparation du CAPES) ou observer des « vies minuscules » (formule que j’emprunte cette fois à Pierre Michon), et je regrette de n’avoir pas encore pris le temps d’explorer plus avant son univers, sa Vie mode d’emploi ou sa Disparition. Un jour peut-être.

En attendant, c’est en feuilletant son Je me souviens que j’ai trouvé l’inventaire qui me permettrait d’évoquer dans cet article cinéphile quelques images avec lesquelles joue ma mémoire.

C’est en passant dans les rayons de ma librairie préférée que, début 2026 ou fin 2025, le titre Au cinéma Central a retenu mon attention.

J’ai lu rapidement la quatrième de couverture et les premières lignes, déterminantes, et à ce moment-là, je savais déjà que cette lecture, même à retardement, n’aurait rien d’une contrainte.

J’ajoutais à mes achats deux numéros de la revue Schnock, sans me douter qu’ils viendrait alimenter ma boîte à souvenirs, déjà garnie de manière prometteuse…

Je ne sais pas si j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer, au gré d’autres comptes-rendus, mais cette revue Schnock, malicieusement sous-titrée « La revue des vieux de 27 à 87 ans » (c’est bon je suis dans la tranche d’âge) fait partie de mes tentations régulières lorsque j’entre dans une librairie.

Et vous le cinéma, vous y êtes venus comment ?

Laissons de côté les numéros de Schnock, je les reprendrai en guise de desserts ou de friandises (et la comparaison ne sera pas usurpée) et revenons Au cinéma Central, un essai de Fabrice Gabriel publié en octobre 2025 au Mercure de France.

L’auteur revient sur le cinéma de son enfance, un de ces cinémas de quartier où il découvre ses premiers westerns, comme point de départ à sa cinéphilie.

Il nous entraîne dans son itinéraire : les films, les revues de cinéma, les projections ici et ailleurs côtoient les souvenirs de familles et viennent tisser une toile où le lecteur peut mêler ses propres souvenirs.

Trop jeune (ouf ?) pour avoir vu Eddy Mitchell présenter La Dernière séance, j’ai cependant le souvenir d’un documentaire consacré à Monsieur Eddy qui revenait sur cette expérience et c’est à cette chanson que le livre de Fabrice Gabriel m’a immédiatement fait penser.

Si je n’ai jamais vu cette émission culte, j’ai régulièrement retrouvé les rétrospectives du Cinéma de minuit, avec son générique culte : je guettais les soirées consacrées à Danielle Darrieux, et certainement à d’autres acteurs / actrices et réalisateurs / réalisatrices, mais c’est le souvenir de Mademoiselle ma mère qui s’est imprimé sur ma rétine.

Au fil de ma lecture, ont surgi aussi les souvenirs des suppléments Sortir de Télérama, qui me permettaient, à l’approche de mes années lycée, d’organiser mes escapades parisiennes (j’y allais parfois en compagnie de mon père) en fonction des films programmés aux cinémas du Quartier latin – Le Grand Action, l’Action école, l’Action Christine, le Champo.

C’est là que j’ai vu Le Port de l’angoisse ou Le Ciel peut attendre, avant d’avoir la chance de les retrouver (enfin) en DVD. Désormais, le problème ne se pose plus, tout ou presque étant accessible sur les plateformes.

La quête d’un film inaccessible n’est plus aussi fréquente, ou se présente sous une autre forme : quelle plateforme ? quelle version ? inclus dans l’abonnement ou non ? Vous ne le trouvez pas sur Netflix ? Allez chercher ici, là, ou ailleurs…

Je n’aurais jamais pu avoir le même souvenir (numéro 34) que Georges Perec, puisque je n’ai connu la Cinémathèque qu’à sa réouverture en 2005, ce qui coïncidait très harmonieusement avec mes années étudiantes.

J’ai cependant retrouvé dans la manière dont Fabrice Gabriel relate ses souvenirs cinéphiles, la façon dont je découpais et je notais mes propres souvenirs dans des carnets de papier Canson où je collais les critiques de Télérama – oui, je viens d’un milieu qui ressemble un peu à une chanson de Vincent Delerm.

Le texte de Fabrice Gabriel m’a donné envie de replonger dans ces souvenirs, dans la façon dont on les fabrique, dans les images qui restent de notre enfance cinématographique. De quel film se souvient-on ? Quelles images s’impriment dans notre mémoire pour revenir inlassablement nous hanter ?

Au moment où justement j’ai lu ce livre, j’avais comme lectures toute récentes, je l’ai indiqué plus haut, deux numéros de Schnock : celui sur Romy Schneider, et celui sur la Boum (et j’étais en plein déni sur le fait que non, Sophie Marceau alias Vic, ne pouvait pas jouer le rôle d’une grand-mère). Schnock, c’est le mistral gagnant par excellence, la boîte à souvenirs en mode The Kid de Chaplin, avec un sourire et peut-être une larme.

Au moment où j’ai lu ce livre, Nathalie Baye venait de tirer sa révérence, ouvrant la porte à une bulle de nostalgie et de tristesse, et à quelques-uns de mes souvenirs cinéphiles les plus doux :

Moi, pour un film je pourrais quitter un type, mais pour un type je pourrais jamais quitter un film.

J’ai déroulé le fil des souvenirs longtemps après avoir terminé cette lecture, puisque l’été approchant, j’ai eu envie de voir ou de revoir quelques films (surtout des comédies) qui composaient la bibliothèque cinématographique familiale : j’ai revu La Crise, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis, et quelques autres.

À la recherche du souvenir perdu

Il y a pourtant toujours eu quelque chose qui m’échappait dans mes souvenirs. Des images qui se dérobaient toujours à la reconnaissance. J’ai essayé plusieurs fois de les confronter à des personnes qui avaient des connaissances cinématographiques bien plus solides que les miennes, sans succès.

Alors cet été, j’ai aussi voulu me faire aider par la technologie.

C’était sans doute un peu naïf de ma part, il me reste encore un peu de cet émerveillement béat face à ce que peut faire l’intelligence artificielle, et que l’on a retrouvé cet été dans toutes les affiches de brocante, de restaurant, d’institut de beauté (et me disait une amie, jusque dans les toilettes…).

Néanmoins, une petite part de moi voulait y croire au moment où j’ai rédigé ce prompt à l’intention de Perplexity :

Je cherche à retrouver un film a priori italien, diffusé à la télévision française dans les années 90, où l’intrigue semble à la fois historique, familiale et sentimentale. Parmi les éléments visuels dont je me souviens : une famille de forains ou de maraîchers (le père poussant un chariot de fruits et légumes), une scène avec un personnage dont la mort est symbolisé par l’aura qui l’entoure, l’histoire d’amour d’une des filles avec un garçon qui n’est accepté qu’à la fin par le père. Décor : Naples et le Vésuve, le film est a priori en couleurs.

Il s’agissait d’un film que j’avais dû voir un soir avec mes parents. J’ai le souvenir de couleurs chatoyantes, de ce volcan dans le décor, de cette mort figurée par un halo de lumière.

Est-ce un seul film ? Est-ce ma mémoire qui a mélangé les films de plusieurs soirées. J’en ai fait au fil du temps un souvenir merveilleux et inaccessible, mais l’espace d’un instant, je me suis dit que ce que je n’avais pas réussi à retrouver au gré de mes échanges avec plus âgé et plus expérimenté que moi, l’IA pourrait peut-être le retrouver pour moi…

L’outil a exploré les différentes pistes que je lui ai soumis, mais je n’étais jamais satisfaite du résultat, je lui en ai soumis d’autres, j’ai essayé de rattraper mon souvenir qui persistait à s’échapper :

Il pourrait s’agir d’un film où le père pousse non pas un chariot de fruits et légumes mais un orgue de barbarie ou un théâtre de marionnettes. Pourrais-tu rechercher à nouveau avec ces éléments ainsi que le décor du volcan, l’aura autour du personnage décédé, la romance, le tout filmé en couleurs ?

De nouvelles pistes, de nouvelles propositions, la plus solide étant celle d’obscurs téléfilms de la RAI (on est loin du chef d’oeuvre intemporel disparu) diffusés dans les années 90 sur Arte ou sur Antenne 2, j’ai finalement renoncé.

Mon souvenir disparu restera un souvenir, je n’aurai pas de réponse à cette énigme, et cela vaut peut-être mieux. Qu’aurais-je fait dans le cas contraire ? J’aurais retrouvé un film, peut-être médiocre ou tout simplement décevant, qui aurait échangé les images fabuleuses inscrites dans ma mémoire pour celles finalement bien plus concrètes et fades de la réalité.

Et j’ai trouvé cela plutôt réconfortant, après réflexion, que l’intelligence artificielle ne puisse pas se mêler de nos souvenirs, et qu’ils en restent à des évocations comme celles de Georges Perec et de Fabrice Gabriel.

L’outil peut créer des poèmes en alexandrins, imiter les styles des uns et des autres, synthétiser quelques éléments de recherche et parfois nous préparer le terrain (ou pour les plus paresseux donner l’illusion de faire le travail à notre place) mais ne peut pas se substituer à un imaginaire.

Regrets évacués, cela ne laisse qu’un sourire.

Secrets de tournage, épisode 2

Comme je l’avais annoncé dans l’article du mois d’avril, et comme son titre l’indique, cet article est le deuxième épisode d’une série consacrée aux coulisses de films.

Je reprends ici la structure de l’article précédent, avec deux lectures cinéphiles récentes :

  • l’une dressera un panorama de la question, abordant une multitude d’aspects et de situations (dans l’article du mois d’avril, Ça alors ! de Philippe Lombard / dans cet article, 500 secrets de tournage, publié en octobre 2025) ;
  • l’autre se focalisera en gros plan sur la figure d’un réalisateur, en revenant sur ses écrits ou sur les coulisses du tournage de ses films (dans l’article précédent, la correspondance de François Truffaut avec ses comparses réalisateurs, tour à tour mentors, complices et disciples / dans cet article, le second volume des Guerres de Lucas en bande-dessinée).

Je profite donc opportunément du calendrier, qui coïncide avec le Star Wars Day, pour plonger une nouvelle fois dans l’univers de Star Wars.

À la recherche des anecdotes perdues

Comme pour l’article d’avril, c’est une idée pré-établie, et qui ne s’est pas forcément vérifiée par la suite, qui m’a lancée dans la lecture d’un des derniers ouvrages de Philippe Lombard, même si celui-ci en a depuis quatre ? cinq ? six ? de plus à son actif.

Qu’à cela ne tienne, j’avais envie de proposer cette série « coulisses de tournage » en deux parties, et je partais, convaincue de trouver, pour le premier épisode, quantités de lettres échangées entre François Truffaut et Steven Spielberg, en amont, en aval, au départ et à l’arrivée du tournage Rencontres du troisième type.

Il fallait bien ça après que Spielberg, cet éternel enfant admirateur de Peter Pan, ait décidé de donner le rôle de Claude Lacombe, scientifique français amateur d’extraterrestres, après avoir vu François Truffaut jouer le docteur Itard dans L’Enfant sauvage. L’anecdote est rapportée, ainsi que la suite du tournage, par Philippe Lombard dans Ça alors ! 

Je me suis donc plongée dans la correspondance de Truffaut, persuadée d’y trouver maintes évocations du tournage de la part de l’un des deux principaux intéressés. Comme je l’indique dans l’article du mois d’avril, j’ai finalement fait quelque peu chou blanc.

J’ai retiré bien d’autres choses de ces deux lectures, mais pas ce que je venais y chercher de prime abord… les joies de la sérendipité se révélaient une nouvelle fois à moi, comme elles n’ont pas tardé à le faire de nouveau pour cet article de mai.

Dans ma lecture des 500 secrets de tournage, j’étais persuadée de glaner un bon lot d’anecdotes sur les différents films de la saga Star Wars, ce qui me permettrait d’amorcer (et d’annoncer) la deuxième partie de cet article, et de lui adjoindre son lot de références et d’associations d’idées, de dresser – comme je l’avais fait en 2024 – un petit panorama de lectures sur l’univers de George Lucas.

Mais…

D’une part, cette rétrospective ne se serait nourrie que de fort peu d’éléments nouveaux, autres que ceux déjà mentionnés dans cette rétrospective de 2024 : j’y mentionnais déjà mes chouchous qui le sont restés, les ouvrages des éditions Taschen et le Journal d’une princesse de Carrie Fisher.

D’autre part, dans ses 500 secrets de tournage, Philippe Lombard ne mentionne la saga Star Wars que 4 fois dans l’index de l’ouvrage, et sur ces quatre fois, on ne peut retenir qu’une seule anecdote évoquant directement la saga. En effet :

  • la première d’entre elles raconte un élément de la carrière de J.J. Abrams ;
  • la seconde rapporte les plagiats turcs de la saga (que l’on peut retrouver dans l’excellent Ça retourne, du même Philippe Lombard) ;
  • la troisième revient sur les différents acteurs ayant doublé Harrison Ford en français.

Seule la toute dernière rapporte une anecdote directement liée à l’univers Star Wars, et à l’un de ses personnages. Et en furetant ici et là, on en retrouve aussi quelques autres,  au détour d’une page.

C’est donc en y cherchant les éléments pouvant donner accès à l’envers du décor et pénétrer l’esprit de George Lucas – si tant est que la chose fut possible, ce dont Carrie Fisher a quant à elle toujours douté – que j’ai collecté les pépites qui ont jalonné ma lecture de 500 secrets de tournage, et je garde celle sur Star Wars pour la fin.

Les cailloux de Petite poucette cinéphile

Sur le chemin de la cinéphilie, il y a certes des répliques et des scènes, mais il y a aussi des rencontres (pas que du troisième type, celle-là), des baisers, des passions et des haines, des cascades et des bagarres, des gueuletons et des cuites, des « Moteur, ça tourne, partez » et des « coupés au montage ».

Afin de m’y retrouver, j’ai semé, comme j’en ai pris l’habitude depuis quelque temps dans mes lectures cinéphiles (mais aussi pour retrouver quelques phrases mémorables dans mes piles de lecture), des post-it de toutes les couleurs.

J’avais commencé à en parsemer la correspondance de Truffaut, pour retrouver tel ou tel échange, comme la fameuse réponse à Jean-Luc Godard (anecdote #225 : Godard VS Truffaut) ou la lettre de Michel Audiard de 1982, après la découverte tardive de Tirez sur le pianiste (anecdote #204 : François Truffaut VS Michel Audiard).

Les couleurs ne correspondent à rien, je les dispose au gré de mes envies et de mes souvenirs, et au fil des pages, retrouvant :

  • tout au début (anecdote #2) la scène culte de Drôle de drame, entre Michel Simon et Louis Jouvet (« je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit « Bizarre, bizarre »… – Moi j’ai dit « Bizarre » ? comme c’est bizarre »),
  • le recyclage d’un décor de La Folle de Chaillot aux studios Victorine de Nice pour le tournage de La Nuit américaine (anecdote #151), tiens d’ailleurs le même film qui a provoqué la rupture entre Godard et Truffaut (retour à l’anecdote #225)
  • Truffaut (encore lui) et Chabrol tombant dans une piscine en voulant interviewer Hitchcock (anecdote #130), faisant dire à Hitchcock plusieurs années plus tard « Je pense à vous à chaque fois que je vois des glaçons dans un verre de whisky »
  • le même Hitchcock sur le tournage de L’Étau (film d’espionnage sous-estimé de la filmographie de Hitch), qui engueule Piccoli et demande à Philippe Noiret « How was the paté ? » (scène de repas assez dingue et anecdote #90)
  • d’ailleurs si l’on veut poursuivre par une scène de repas, on peut compter sur les anecdotes concernant Lino Ventura (puisqu’il ne faudra compter que sur une seule scène de baiser avec Angie Dickinson), qu’il serve des pâtes en y mettant la quantité dans La Gifle, ou quand on sert à Jean Lefebvre un mélange de whisky, de cognac, de poire et de poivre pour le faire pleurer dans la scène de la cuisine des Tontons flingueurs (anecdote #79)
  • et c’est donc avec l’anecdote #480 que je termine (ou presque) cette petite promenade, et avec des larmes, celle d’un très jeune fan de Star Wars lors de sa rencontre avec Alec Guinness, lequel ne partageait absolument pas l’enthousiasme de son interlocuteur pour la saga…

Vous remarquerez que j’ai tenté, vaille que vaille, dans les morceaux choisis de ces secrets de tournage, de tisser un mince fil d’Ariane, sacrifiant au passage la cascade de Jeanne Moreau dans Jules et Jim (plouf, dans la Seine) et la baffe baguée de Bette Davis à Errol Flynn dans La Vie privée d’Elisabeth d’Angleterre.

Mais le propre d’une séance de rushes est bien de ne garder que certaines scènes.

L’une de ces scènes cultes est celle rapportée dans l’anecdote #111 « Nés sous X », classée secret défense et dans laquelle Carrie Fisher apprend par Mark Hamill durant le tournage du Retour du Jedi que Dark Vador est son père, ce qui provoque chez elle un fou rire.

En effet, propos de la principale intéressée : « c’est exactement comme si l’on m’avait dit : « Carrie, Eddie Fisher n’est pas votre père ! Votre père, c’est Hitler ! »

Secrets de tournage, épisode V

On assiste à une réaction quelque peu similaire dans le récit du tournage de L’Empire contre-attaque proposé par Laurent Hopman et Renaud Roche, à savoir la réaction d’Harrison Ford découvrant durant la projection de L’Empire contre-attaque la fameuse phrase « Luke, I am your father ».

Le premier volume des Guerres de Lucas, publié en 2024, revenait sur les jeunes années de George Lucas, sa venue au cinéma et le succès triomphal, quoiqu’enfanté dans la douleur, du premier épisode de la saga.

Oui, j’avoue qu’entre les différents numéros, chiffres romains ou chiffres arabes, on s’y perd un peu. Donc, dans cette deuxième partie de cet article, épisode 2 d’une série consacrée aux secrets de tournage, je vais évoquer désormais l’épisode 2 d’une série de bandes-dessinées consacré à l’épisode V (donc 2e volet de la trilogie) de la saga Star Wars. Suivent qui peuvent.

Après l’incroyable succès de Star Wars, ce deuxième tome s’ouvre sur le spectaculaire accident de voiture de Mark Hamill en janvier 1977, qui manque de compromettre la suite de l’aventure, ou tout du moins sa participation.

On y suit le calvaire de la production du film et les errances de créateurs de George Lucas, entre désir de lâcher-prise et volonté de contrôle, et parmi les nombreux déboires au compteur :

le budget du film qui enfle progressivement, un début de tournage calamiteux en Norvège par moins trente degrés, l’incendie des studios voisins occupés par Kubrick qui tourne Shining, obligeant l’équipe à se contenter d’un nombre restreint de plateaux, les jours de retard s’accumulant, le début de dépendance de Carrie Fisher à la drogue et à l’alcool qui malmène son jeu d’actrice…

Au détour des pages, on découvre les différents éléments qui viendront consolider le mythe : décors, effets spéciaux, véhicules de guerre, et l’apparition de Yoda, sur la genèse duquel les auteurs reviennent.

Si le premier volume donnait un aperçu de la psyché inaccessible de George Lucas (et donnait la part belle aux guerres intérieures du créateur pour accoucher de sa création), c’est sur ses combats contre financiers et collaborateurs que revient le deuxième opus, pour finalement offrir aux spectateurs ce qui est considéré encore aujourd’hui comme le chef d’oeuvre de cette saga.

Et si lorsque je découvrais le premier volume, j’avais en tête la partie de l’hommage de Carrie Fisher à George Lucas où elle s’exclame que tout le monde lui a caché que Star Wars serait un succès pour savoir à quoi ressemblerait son visage lorsqu’il change d’expression…

dans ce deuxième volume, j’avais plutôt en tête la partie, également présente dans cette superbe bande-dessinée, où Leïa devient même une bouteille de shampoing.

Il n’y a qu’un mot à dire pour clore cet article, vivement l’épisode 3 (et pour le coup, je parle de la bande-dessinée, même si cela pourrait tout à fait s’appliquer à autre chose) !

Secrets de tournage, épisode 1

Pour cet article cinéphile du mois d’avril, je vous propose un premier épisode d’une série qui en comportera deux, consacrée aux secrets de tournage. Pour chacun des épisodes je reviendrai sur deux lectures récentes.

L’idée m’est venue d’associer ces différentes lectures, a priori relativement différentes les unes des autres, mais qui ont toutes pour point commun de nous plonger dans les coulisses, dans l’envers du décor ou dans la tête des réalisateurs.

Les deux livres présentés dans chaque article traitent cette thématique à chaque fois d’une façon qui a aussi retenu mon attention :

  • le premier dressera un panorama de la question, abordant une multitude d’aspects et de situations ;
  • le second se focalisera en gros plan sur la figure d’un réalisateur, en revenant sur ses écrits ou sur les coulisses du tournage de ses films

Côté casting

À l’origine de ce premier épisode, je place un élément personnel, à savoir l’organisation d’une journée thématique sur le cinéma et sur la lecture. Je souhaitais en effet proposer à mes convives quelques petits jeux autour des films et des livres, et j’avais collecté plusieurs pistes à explorer :

  • faire deviner un livre ou un film en le résumant très mal ;
  • le jeu du post-it avec des personnages littéraires ou cinématographiques ;
  • mimer la scène culte d’un film sans parler ;
  • et le dernier, qui correspondait de manière inattendue à l’une de mes dernières lectures cinéphiles, le casting improbable, en imaginant pour un film célèbre un casting complètement décalé, par exemple Star Wars avec uniquement des acteurs français…

À rebours de ce scénario a posteriori – trouver pour un rôle culte un acteur ou un personnage complètement improbable (j’essaye d’imaginer en ce moment même un acteur ayant une voix très aigüe ou avec un cheveu sur la langue pour incarner Dark Vador) – le premier livre qui m’intéresse dans cet article s’est plongé sur des projets bien réels, et qui ont pu donner lieu à de véritables réalisations cinématographiques.

Jeu d’énigmes, sept familles et Rubik’s cube

En reprenant en main ce premier ouvrage, me reviennent en tête non pas une mais deux scènes de La Nuit américaine, de François Truffaut.

Dans la première scène, on voit Jean-François Stévenin et Bernard Menez assister à un jeu sur le cinéma, portant sur la filmographie de Jeanne Moreau :

Dans quel film Jeanne Moreau était-elle la partenaire d’Orson Welles et l’interprète de Shakespeare ? (…) Dans quel film Jeanne Moreau était-elle la soeur de Charles IX et l’épouse du roi de Navarre ?

Dans la deuxième scène, on voit deux enfants jouer à un jeu de sept familles sur le cinéma : dans la famille opérateur la mère, etc.

Et je n’ai pas fini, une nouvelle fois, de parler de François Truffaut dans cet article.

Mais revenons-en à notre livre. Sur la première de couverture, on retrouve le même esprit joueur et assez taquin, même s’il ne s’agit ni d’un questionnaire, ni d’un jeu de sept familles.

En revanche, c’est un Rubik’s cube en train d’être manipulé, et sur les faces duquel sont disposés les visages entre autres de Jean Yanne, de Romy Schneider, de Dave, de Jean-Pierre Marielle, de Bruce Lee, ou encore de Truffaut dans La Nuit américaine. Et une autre image me vient : celle assez nostalgique du cinéma de Minuit.

Le générique de cette émission faisait se superposer des photographies de scènes cultes de cinéma, avec des couples composés d’un acteur et d’une actrice, changeant alternativement en fondu enchaîné.

D’une seconde à l’autre, on voyait donc apparaître sur l’écran le « vrai couple » ayant figuré au casting, suivi d’une scène rêvée n’existant que l’espace d’une seconde, avant de voir le nouveau couple de la scène réelle suivante, le tout avec une musique absolument hypnotique.

Le casting était presque parfait

Ce livre, avec sa couverture de Rubik’s cube, c’est le sixième opus d’une collection proposé par Philippe Lombard aux éditions La Tengo, collection qui commence sacrément à avoir de la gueule, et que j’énumère au gré des articles qui lui sont consacrés :

  1. Ça tourne mal !
  2. Ça tourne mal… à Hollywood !
  3. Ça s’est tourné près de chez vous
  4. Ça tourne mal… à la télé !
  5. Ça retourne !
  6. Et voici donc le petit sixième : Ça alors !

Ça alors ! au sous-titre prometteur : L’Histoire des castings de films les plus dingues, a été publié en octobre 2025, je n’ai donc pas beaucoup de retard à en parler maintenant !

Si dans un livre précédent, Philippe Lombard évoquait les splendeurs et misères d’un tournage dans les dunes espagnoles, celui-ci nous donnerait l’impression de voir surgir Alice Sapritch dans la dernière scène de La Folie des grandeurs, qui fait s’écrier à De Funès et Montand « La vieille ! »

Il reconstitue ainsi quelques apparitions mémorables, au moment où l’on s’y attend le moins, qu’il s’agisse des européens à l’affiche de films hollywoodiens, des américains venant tourner en France, de participations et de rencontres inattendues, dont voici un petit florilège :

  • l’ouvrage revient sur certains chocs culturels (des événements dont on peut encore se demander comment la mayonnaise a pu prendre, si jamais elle a pris), ainsi Mireille Darc dans un film de Godard – sur un tournage où il était odieux avec elle, est-ce surprenant ? ou Dorothée dans L’Amour en fuite de Truffaut (à titre personnel je n’y repense jamais sans une certaine tendresse) ;
  • les apparitions d’acteurs français dans des westerns, certains tournés à Almeria (reprendre ici le livre précédent de Philippe Lombard dont j’ai parlé un peu plus haut, Almeria 68) ;
  • les actrices françaises qui se retrouvent James Bond girl – à croire qu’il y a un marché dédié pour les recruter…
  • les invités surprises, jolie catégorie où l’on compte des sportifs, des chanteuses, des présentateurs télé, un actuel président des États-Unis (pfff) auquel je préfère la mention de Dave dans La Cité de la peur, et j’étais étonnée de ne pas y retrouver Glenn Close (bon, dans son élément mais barbue et en pirate) et Phil Collins dans Hook.
  • on retrouve ensuite des rencontres improbables de personnages, allant de Dracula avec les Charlots à Sherlock Holmes contre les nazis… des affrontements inattendus, des couples (bien ?) assortis, pour finir par quelques réunions au sommet, entre Einstein et Chaplin notamment ;
  • un petit détour par des doubleurs français bien connus, dont Robert Dalban qui a doublé Clark Gable dans Autant en emporte le vent, ou Patrick Dewaere ayant doublé Dustin Hoffman dans Le Lauréat, et quelques rencontres un peu moins innocentes…

Le tout imprime dans nos têtes quelques associations d’idées et quelques combinaisons d’acteurs que pourrait allègrement générer un outil d’intelligence artificielle, histoire de donner un semblant de réalité à nos fantasmes (mais ne vaudrait-il pas mieux qu’ils restent dans un coin de notre imaginaire, et que l’on en revienne à des rencontres bien réelles ?)

Quand Hollywood et Nouvelle vague se rencontrent

Dans les premières pages de Ça alors !, Philippe Lombard revient sur un casting a priori improbable : celui de François Truffaut incarnant le scientifique Claude Lacombe dans Rencontres du troisième type de Steven Spielberg.

Il revient sur les premiers écrits de critique de François Truffaut, pas vraiment tendres à l’égard de la science-fiction, puis sur l’idée de Spielberg, concrétisée par un coup de téléphone le 2 mars 1976 (comment la date précise est-elle parvenue jusqu’à nous… mystère, est-elle conservée dans les archives labyrinthiques de Truffaut, ou dans celle de Spielberg ? à quelle fourmi de l’archéologie du cinéma devons-nous ce détail ?)

Il n’en reste pas moins qu’entre mai 1976 et mars 1977, Truffaut va découvrir les conditions d’un tournage hollywoodien et ce qu’il conservera comme souvenir de l’attente des acteurs.

Cependant, finalement, il n’y a pas beaucoup d’écrits du principal intéressé sur cette expérience (en tout cas moins que ce à quoi on pourrait s’attendre de la part de quelqu’un ayant autant laissé de traces écrites)… et c’est ce qui a retenu mon attention pour faire la transition avec le deuxième ouvrage de cet article.

Le cinéaste parle aux cinéastes

En mars 2022, Bernard Bastide avait déjà publié aux éditions Gallimard 500 pages issues de la correspondance de François Truffaut.

J’étais revenue sur cette lecture qui m’avait permis non seulement de redécouvrir le François Truffaut épistolier mais également de découvrir ses destinataires.

En 2025, ce sont 500 nouvelles pages qui ont été publiées : cette fois, il s’agissait de la Correspondance de François Truffaut avec des cinéastes, ces échanges de pair à pairs s’étalant sur trente ans, entre 1954 et 1984.

Ce que je cherchais en ouvrant ce deuxième volume, c’était les échanges consacrés au tournage de Rencontres du troisième type avec Spielberg. Mais visiblement, comme le mentionne plus haut Ça alors !, les échanges entre les deux réalisateurs ont dû être principalement téléphoniques.

Du fameux tournage, une seule lettre fait le récit : celle adressée à Jacques Rivette en juillet 1976. Il y revient brièvement sur les conditions de tournage, sur le fait d’être mis dans la peau d’un acteur objet, et sur ses relations avec les autres acteurs du film.

Ce n’est donc pas cette seule lettre qui a marqué ma lecture, mais d’autres, bien d’autres et la totalité, me laissant encore une fois une impression de mélancolie et de tendresse, comme j’en éprouve à chaque fois que je lis un ouvrage de Truffaut ou sur Truffaut (et allez savoir pourquoi cela me met dans cet état…)

Il y a des choses qui m’ont amusée ou touchée : une lettre de Georges Lautner au critique François Truffaut qui n’a encore tourné que Les Mistons, les échanges filiaux ou fraternels avec Jean Renoir, le respect à l’égard du cinéaste Abel Gance et d’Alfred Hitchcock, une lettre à Gérard Oury… également des échanges avec des réalisateurs plus jeunes comme Claude Sautet ou Pascal Thomas.

On y retrouve quelques moments cultes qui ont marqué l’histoire du cinéma : la genèse des entretiens Hitchcock / Truffaut, l’affaire de la Cinémathèque, mais aussi deux lettres bien connues des cinéphiles : la lettre de Godard envoyée à Truffaut à la sortie de La Nuit américaine, et sa réponse. Les deux étant à lire en étant bien accrochés.

On y observe un correspondant tantôt cinglant à la plume acérée, tantôt plein de délicatesse à l’égard de ses destinataires. Personnellement, j’ai souvent souri des petites phrases au début de certaines lettres, que ce soit celles de Truffaut ou de ses correspondants : « J’ai essayé de vous joindre par téléphone sans succès, donc je vous écris ».

Ce n’est pas forcément la citation exacte, mais on retrouve ici l’esprit d’une époque, et d’une personne qui avait l’écriture chevillée au corps.

En reposant le livre, j’ai voulu me souvenir de toutes les scènes des films de Truffaut où les personnages s’écrivent, j’ai repensé à Jules et Jim, aux Deux Anglaises, à Baisers volés, à L’Homme qui aimait les femmes

J’ai repensé à la précédente préface de Bernard Bastide : la correspondance de Truffaut, c’est « Cent vint-deux boîtes d’archives, plus de vingt mètres linéaires, plusieurs milliers de lettres envoyées ou reçues ». Le Dictionnaire Truffaut indique quant à lui que la correspondance amoureuse de Truffaut était sous scellée jusqu’en 2005, sera-t-elle un jour publiée ?

Il n’y a chez moi aucun voyeurisme, juste un peu de curiosité, et l’idée que dans ce monde et ce temps bien mouvementé où tout se veut instantané, lire quelqu’un qui prenait autant de temps à écrire, qui se posait chaque jour et accomplissait l’acte généreux d’écrire à quelqu’un, peu importe à qui, lire les lettres de cette personne ne peut être qu’une façon (et je plagie Proust ici) de retrouver ce temps perdu et de savourer un moment précieux, hors du temps.

D’un hommage à l’autre

Ce premier article cinéphile de 2026 est l’histoire d’une déambulation d’une oeuvre à une autre, qui s’est faite au hasard.

Déambulation ou errance ? Errance me paraît quelque peu négatif, je lui préfère l’idée d’une promenade, pas tout à fait réfléchie, ce à quoi correspond mieux le mot déambulation. Il manque cependant la question du hasard, la surprise de la rencontre, le caractère impromptu de la sérendipité dans tout cela.

Butinage cinéphile

Et si je choisissais le terme « butinage » ? Un terme que j’affectionne tout particulièrement dans mon travail, et dont je n’ai finalement pas tant abusé que cela sur ce site.

Pour celles et ceux à qui ce mot ne parleraient pas particulièrement, voici ce qu’en dit le CNRTL, un site qui m’a toujours fait aimer les mots :

Emploi trans. ou intrans. [En parlant d’abeilles] Voler de fleur en fleur pour en amasser le pollen. L’abeille butine le miel, le pollen, les fleurs ou sur les fleurs :

3. Il [le chasseur d’abeilles] ne se trompe ni sur l’abondance des luzernes, des trèfles et des sainfoins, ni sur la pousse des arbres fruitiers, ni sur la sortie des bruyères et des ajoncs dans les landes, toutes plantes qui offrent des floraisons successives, sur lesquelles les abeilles commencent à butinerPesquidouxChez nous,1923, p. 40.
− P. métaph. [Ds le domaine intellectuel ou artistique] Chercher ça et là et accumuler des idées, des objets, des documents. Butiner dans une œuvre littéraire. Le lecteur avait butiné çà et là une pensée, une idée, une anecdote (SueAtar Gull,1831, p. 20):
4. Ce matin, après avoir butiné quelque peu dans les œuvres et les lettres de Lord Byron − et dans cette vivid, all alive biographie que m’a prêtée Maurois… Du BosJournal,1924, p. 105.

C’est évidemment ce dernier sens que je retiens : passer de mots en mots, de pages en pages, de livres en livres, pour y faire son miel.

Évidemment encore, ce qui vaut pour la lecture ou les promenades dans les rayons d’une bibliothèque, vaut pour l’expérience cinématographique, même s’il parait plus compliquer de « butiner » d’un film à l’autre, lorsque l’on est installé confortablement dans un fauteuil de cinéma ou dans son canapé, à moins que l’on considère l’action de zapper (mais cela n’est pas très valorisant pour le film zappé) ou de scroller comme du butinage…

On pourrait alors, si l’on regarde le butinage comme une action résolument positive, parler de butinage intérieur ou de butinage différé : le fait de passer d’un film à l’autre, d’un univers cinématographique à un autre, par une association d’idées que ferait notre esprit de lui-même (remercions pour cela notre culture cinéphile qui nous l’aurait inspirée) ou qui nous serait soufflée par le réalisateur.

Butinage cinéphile donc – j’aurais pu nommer ainsi cet article – qui m’a conduite d’un film à une exposition, d’une exposition à un livre, de cette exposition à un autre film, et de ce livre à d’autres livres.

Et comme j’ai toujours du mal à amorcer l’écriture d’un article, j’ai pris le prétexte de cette longue digression pour, en ce mois de février 2026, à nouveau parler de Truffaut, mais pas seulement.

Butinage reconstitué

En décembre dernier, j’ai décidé de revoir La Nuit américaine, de François Truffaut. Il fait partie des films que je connais par coeur, mais grâce à la personne avec laquelle je le visionnais, et qui le découvrait à cette occasion, j’ai eu l’impression de le redécouvrir.

Suite à ce visionnage, je suis allée voir l’exposition Orson Welles à la Cinémathèque, ce qui m’a permis de trouver l’ouvrage dont je parlerai un peu plus bas, et qui m’a donné envie de revoir Citizen Kane. Enfin, cette lecture et Citizen Kane ont donné lieu au feuilletage d’un certain nombre de livres et à des discussions sur un certain nombre de films, ce qui laisse à penser que finalement, le butinage est une démarche qui ne s’interrompt jamais, même en dormant !

C’est ce que montre bien la scène de La Nuit américaine qui a constitué le déclic à l’envie de plonger dans l’univers d’Orson Welles.

Pas la scène où Ferrand reçoit un colis de livres sur le cinéma en écoutant la musique de Georges Delerue, qui est pourtant ma scène préférée.

Mais le rêve de Ferrand en trois parties et en noir et blanc où un petit garçon est affublé d’une canne trop grande pour lui qui servira à un larcin un peu particulier…

Exposition Orson Welles

L’exposition « My name is Orson Welles » se tenait à la Cinémathèque du 8 octobre 2025 au 18 janvier 2026.

J’ai été un peu pressée par le temps pour aller la voir, et j’ai finalement réussi à la découvrir en décembre dernier.

J’ai également réussi l’exploit d’y emmener quelqu’un qui n’avait vu aucun film d’Orson Welles, mais c’est aussi le tour de force généralement de la Cinémathèque de nous donner accès à des expositions qui permettent tout aussi bien le plaisir des spécialistes que des néophytes.

Pour le coup, je dois dire qu’à titre personnel, mon Orson Welles était quelque peu rouillé, même si la déambulation (effective cette fois-ci) dans l’exposition m’a fait me souvenir des films que je connaissais : La Splendeur des Amberson, Le Procès, Une histoire immortelle, et évidemment Citizen Kane.

Mais même pour les films que je ne connais pas encore, les images proposées par la Cinémathèque exercent une fascination incroyable et un pouvoir hypnotique.

C’est au détour des affiches et des caméras que j’ai retrouvé la scène de La Nuit américaine, et que les quelques extraits de Citizen Kane ont à leur tour opéré leur charme de madeleine de Proust.

La visite d’une exposition de la Cinémathèque se conclut toujours pour moi par un passage obligé à la librairie, mais cette fois-ci, ce n’est pas le catalogue officiel qui a suscité ma curiosité…

Revoir Citizen Kane et discuter du fusil de Tchekhov

La page dédiée à l’exposition Orson Welles sur le site de la Cinémathèque contient cette phrase qui à elle seule résume tout ce que j’ai pu dire précédemment sur le butinage :

Il y a des signes qui ne trompent pas : quand on remet Kane en route, ce sont soudain cent fleurs qui s’épanouissent.

Le spectateur qui voit pour la première fois Citizen Kane ne fait peut-être pas attention aux indices qui ponctuent le film.

Un esprit mal intentionné pourra se comporter avec lui comme le personnage de Lucy avec Charlie Brown sur cette planche des Peanuts que j’adore et qui se trouvait d’ailleurs en bonne place dans l’exposition :

Le spectateur qui a déjà vu Citizen Kane glane ces indices d’un oeil malicieux, et les ramasse comme les cailloux semés du Petit poucet, puisque rien ne pourra empêcher l’inéluctable scène finale.

Le visionnage du film (et du même coup le souvenir de La Nuit américaine) donnera alors lieu à un débat animé : y’a-t-il dans ces deux films un fusil de Tchekhov ?

Le principe du fusil de Tchekhov vient du dramaturge Anton Tchekhov :

« Si, dans le premier acte, un fusil est accroché au mur, il doit absolument servir dans le dernier acte. »

Au cinéma (et en narration en général), ça désigne le fait d’introduire un objet, un détail ou une information dans une scène pour qu’il ait une utilité narrative plus tard.

Ce principe est-il à l’oeuvre dans La Nuit américaine ? Dans Citizen Kane ?

Les deux films semblent jouer avec ce principe mais de manière opposée.

En effet, La Nuit américaine parle du cinéma en train de se faire. Du coup, Truffaut s’amuse à montrer des “setups” qui n’auront jamais de payoff, il semble saboter en permanence ce principe, à montrer des indices qui n’ont pas forcément vocation à résoudre une énigme… à l’exclusion d’une scène : la canne du petit garçon, qui lui donne sa démarche si particulière, servira bien à quelque chose.

Quant à Citizen Kane, le film est construit comme un gigantesque setup, où Rosebud doit forcément avoir un sens, mais qui ne se révèle qu’au spectateur qu’au point final et ne répond en rien à l’énigme Kane, puisque même un scénario parfait ne suffit à expliquer une vie.

D’un film à l’autre on entend les échos de cette phrase prononcée par Truffaut dans le couloir de l’hôtel Atlantic, et à laquelle on cherchera, vaille que vaille, à donner raison : « Les films sont plus harmonieux que la vie ».

De Truffaut à Welles, allers-retours

Comme je l’ai indiqué un peu plus haut, l’ouvrage qui a retenu mon attention en sortant de « My name is Orson Welles » n’est pas le catalogue de l’exposition.

Parmi les livres mis en présentation à la librairie, l’un d’eux faisait l’objet d’un coup de coeur des libraires de la Cinémathèque – je n’ai absolument plus en tête ce que disait le commentaire, mais la quatrième de couverture suffisait pour emporter tous mes suffrages.

Il s’agissait d’un curieux roman de Chantal Pelletier, L’Ourson, publié en février 2023 aux éditions Joelle Losfeld.

Au point de départ de l’histoire, l’annonce du décès de François Truffaut. Le personnage principal, Anne, une petite souris aux multiples fêlures qui travaille dans une photothèque cinématographique, se retrouve à déjeuner avec Orson Welles.

L’autrice flirte constamment avec la suspension consentie de l’incrédulité, et tantôt nous y entraîne, tantôt nous en éloigne. À cette lecture, j’ai ressenti un vertige qui s’est prolongé au-delà, et j’ai navigué d’hommages cinéphiles en hommages cinéphiles, de Truffaut à Orson Welles, et où la citation mentionnée plus haut de La Nuit américaine trouvait son écho dans ces quelques lignes :

Vous le savez bien : il est difficile d’être quelqu’un. On est juste une durée. Jamais un film. On ne peut pas faire le montage des bonnes séquences, conserver seulement ce qui plaît, ce qui flatte. On n’est jamais que des rushes. Juste un bout-à-bout de morceaux approximatifs. Des premières prises.

À suivre le personnage butinant cinéphile de ce roman, funambule en déséquilibre qui rappelle Chaplin dans Le Cirque, j’ai poursuivi moi-même mon butinage : il m’a conduit de Fahrenheit 451 à La Chambre verte, où j’ai retrouvé les mêmes lecteurs et spectateurs incendiaires.

J’ai fait une brève halte au Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore. Et j’ai repris ma route jusqu’aux ouvrages sur Orson Welles édités par les Cahiers du cinéma, pour finir par le livre de Chris Welles Feder sur son père lu il y a quelques années : In my father’s shadow.

J’ai repensé à toutes ces scènes de vertiges et de miroirs, à nouveau Le Cirque de Chaplin, et La Dame de Shanghaï (de retour chez Welles). Et du miroir, je suis retournée à l’incendie, et j’ai fini quasiment là où j’avais commencé, avec Rosebud, Citizen Kane, et La Nuit américaine.

Voilà pour ce début d’année un beau tour de manège.

2025 : Palmarès de lecture

Lorsque j’ai commencé l’écriture de ce dernier article cinéphile de l’année, je me suis rendue compte qu’il ne pouvait pas être plus dissemblable que son prédécesseur de l’année passée, même si le constat vaut d’une année à l’autre pour bon nombre de palmarès que j’ai pu dresser.

Concernant celui-ci, j’en écris les premières lignes avec une avance considérable, ayant coup sur coup écrit la veille les articles du mois de septembre et du mois d’octobre, et ayant travaillé le jour même sur l’article de novembre.

Cette avance s’est depuis considérablement réduite, puisque nous sommes début décembre et je n’ai plus aucun article prêt sous le coude pour début 2026… il va falloir s’y remettre !

La seule hésitation qui me reste concerne une exposition (et une lecture) que j’aurai ou non l’opportunité de voir avant la fin 2025, ce qui bousculerait quelque peu l’ordre de mes articles déjà écrits ou à écrire.

J’ai quitté 2024 avec un cerveau au repos – ou quelque peu reposé – et qui a depuis mai 2024 délaissé les lectures professionnelles, à l’exception de quelques ouvrages au deuxième semestre 2025.

En revanche, il a repris des forces et s’est tant et si bien gorgé de mots qu’en juin de cette année, j’avais déjà dépassé le nombre de livres que j’avais lu en totalité sur l’année 2024, avec une accumulation compulsive des lectures plaisirs, et la tentative désespérée de venir à bout d’une pile de lecture qui restait invariablement la même depuis un certain temps.

L’autre différence par rapport aux années précédentes, c’est que les articles cinéphiles ne se consacrent pas exclusivement à des ouvrages sur le cinéma, convoquant ici les jeux de société, ici les romans et bandes-dessinées (certes ayant des sujets cinématographiques, cela n’est pas nouveau), ou là les expositions et autres constructions Lego.

J’y convoque également des lectures des années précédentes, qui viennent se confronter à une actualité cinéphile plus récente et à mes lectures de l’année.

Cependant, dans sa structure, cet article ne dérogera pas à ses habitudes et s’articulera en trois temps :

  • la présentation du palmarès
  • le palmarès 2025
  • bilan et projets

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Pour 2025, mes lectures cinéphiles ont commencé en décembre 2024, mais celles que j’ai sélectionnées alors, je n’avais pas forcément anticipé de les faire figurer dans mes articles.

J’ai pourtant choisi, un peu artificiellement (ou arbitrairement) de les mentionner dans l’article de mars 2025, avec un ouvrage que j’avais gardé pour l’occasion.

Le cinéma entrait dans ces lectures par des voies détournées, il s’agissait d’histoires où films, scénarios, acteurs, réalisateurs, se manifestaient en tant que personnages, ou de fictions portées à l’écran, adaptations cinématographiques ou en séries télévisées.

Ma fin d’année 2024 et mon année 2025 ont été riches en lectures – pour certains mois j’ai lu de manière quasiment frénétique, jusqu’à un livre par jour – et j’en arrive en ce mois de décembre à (nombre à ajouter) livres lus cette année.

Cela m’a même donné envie de reprendre une présentation que je proposais dans le cadre professionnelle à l’intérieur de ma lettre de diffusion : les conseils de lecture de la #profdoc. Cependant, cette présentation me demandait trop de temps, et j’ai choisi d’en réaliser une autre : la P.A.L. de la #profdoc, avec là encore un palmarès de mes coups de coeur et des bilans mensuels de lecture en images (que je poste sur mon compte Instagram).

Je vous laisse découvrir cette présentation, et pour l’heure voici un petit bilan chiffré de mon année de lecture :

  • en janvier, quatre lectures plaisir / cinéphiles (4)
  • en février, deux lectures cinéphiles, cinq lectures plaisir (7)
  • en mars, une lecture cinéphile, trois lectures plaisir (4)
  • en avril, une lecture cinéphile, neuf lectures plaisir (10)
  • en mai, une lecture cinéphile, cinq lectures plaisir (6)
  • en juin, dix lectures plaisir (10)
  • en juillet, une lecture cinéphile, dix lectures plaisir (11)
  • en août, une lecture cinéphile, une lecture professionnelle, quatorze lectures plaisir (16)
  • en septembre, une lecture professionnelle, quatre lectures plaisir (5)
  • en octobre, cinq lectures plaisir (5)
  • en novembre, six lectures plaisir (6)
  • en décembre, pour l’instant une lecture plaisir (1)

Concernant mes lectures cinéphiles, en voici un petit bilan :

  • Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan (lu en décembre 2024)
  • La Commode aux tiroirs de couleurs, de Olivia Ruiz (lu en décembre 2024)
  • Tata, de Valérie Perrin (lu en janvier 2025)
  • Une Soif de livres et de liberté, de Janet Skeslien Charles (lu en janvier 2025)
  • William, de Stéphanie Hochet (lu en janvier 2025)
  • Les Figurants, de Delphine de Vigan (lu en février 2025)
  • 555, de Hélène Gestern (lu en février 2025)
  • Celui qui voulait tout savoir sur la série Friends, de Michelle Morgan (lu en mars 2025)
  • Le Dernier rêve, de Pedro Almodovar (lu en mai 2025)
  • Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, de Philippe Lombard (lu en mai 2025)
  • Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, de Laura El Makki (lu en juillet 2025)
  • Almeria 68, de Philippe Lombard (lu en août 2025)

L’éclectisme de cette sélection ne m’aide pas vraiment à dresser un bilan, ni à proposer des catégories pour ce palmarès 2025, essayons tout de même en établissant trois catégories, que je vous propose de retrouver ci-dessous.

Palmarès 2025

Si l’on s’en tient à la liste de ces lectures, il pourrait être trop facile de ranger d’un côté les documentaires, et de l’autre les fictions. Je choisis donc de classer mes ouvrages en choisissant cette année le plan ou le cadre. Petit rappel ci-dessous :

Pour éviter de ranger tous mes romans « cinématographiques » du début d’année et de refaire l’article du mois de mars, pour éviter le clivage masculin / féminin qui ne satisferait personne, je reprends les différents types de cadrages proposés avec virtuosité par Marcel Gottlib, je leur adjoins quelques éléments de composition, et allons-y pour ce treizième palmarès de lecture.

Plan d’ensemble – panorama

C’est la catégorie qu’il m’a été la plus difficile à construire, et je me suis réfugiée derrière l’idée de panorama, qui peut-être à la fois une notion spatiale comme une notion temporelle.

J’y rassemble donc :

  • Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan
  • Une Soif de livres et de liberté, de Janet Skeslien Charles
  • Le Dernier rêve, de Pedro Almodovar
  • Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, de Philippe Lombard

Panorama temporel pour les trois premiers qui rassemblent dans une histoire (ou dans plusieurs histoires) les fils de différentes époques, qui tissent des récits faisant défiler ou se rencontrer différents personnages. Plan d’ensemble, pour le dernier, Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran.

Il serait tentant de faire de mon coup de coeur lecture de l’année, Une Soif de livres et de liberté, le gagnant de cette catégorie.

Et l’ouvrage de Philippe Lombard se taille une place de choix rien que pour son aspect visuel, le feuilleter vous replongeant directement dans le plaisir pop-corn du cinéma de capes et d’épées et des cascades.

Mais c’est pour le vertige et le malaise qu’il a suscité en moi que je retiens pour cette catégorie Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan, un texte publié il y a quelques années maintenant, et adapté depuis en série télévisée, mais oubliez la série et lisez ce livre, si ce n’est pas déjà fait !

Plan américain – portraits de famille / portraits de groupe avec dame

Pour cette deuxième catégorie, c’était un peu plus simple, avec un goût d’instantanés et de photos de famille, et un petit air entêtant de nostalgie, musique et friandises à la clef.

On y retrouve donc :

  • La Commode aux tiroirs de couleurs, de Olivia Ruiz
  • Tata, de Valérie Perrin
  • Les Figurants, de Delphine de Vigan
  • 555, de Hélène Gestern
  • Celui qui voulait tout savoir sur la série Friends, de Michelle Morgan
  • Almeria 68, de Philippe Lombard

Trois romans, une pièce de théâtre, et deux documentaires.

Celui que je retiens, très rapidement, pour cette catégorie, c’est le cru 2025 de Philippe Lombard, Almeria 68, évoqué dans l’article du mois dernier.

Car, s’il se dispute les bons souvenirs et la nostalgie pour moi avec l’ouvrage de Michelle Morgan sur la série Friends, c’est pour avoir matérialisé ce plan américain, et cette photo de groupe en plaçant son objectif à la fin des années soixante. C’est pour m’avoir amenée dans le cercle rouge à l’heure zéro, convoquant pour moi Jean-Pierre Melville et Agatha Christie, et c’est pour m’avoir fait assister non pas à un tournage épique, mais à trois tournages et plus, et à leurs coulisses.

Enfin c’est pour avoir résolu pour moi l’énigme du dernier mot de la chanson : Almeria !

Et j’en profite pour m’excuser auprès de Philippe Lombard, pour une promesse non tenue cette année ! Dans mon article de février, j’indiquais en effet :

600 répliques de films pour avoir la bonne répartie… au bon moment !, publié chez Dunod en novembre 2024 et sur lesquels je reviendrai dans un prochain article, le temps que ça infuse.

J’ai directement sauté sur les Stars de l’action et sur Almeria 68, et du coup, ça n’a pas pris le temps d’infuser… ça sera partie remise !

Gros plan – portrait

Enfin, pour la dernière catégorie, il me reste deux ouvrages :

  • William, de Stéphanie Hochet
  • Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, de Laura El Makki

Et sans aucune difficulté ni hésitation, c’est à l’ouvrage de Laura El Makki, que j’ai dévoré en une journée à la fin du mois de juillet, et qui m’a emportée par son souffle glaçant et poignant, que revient mon suffrage.

Si Une Soif de livres et de liberté a été mon coup de coeur de l’année parmi les fictions, c’est au Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, que je dois ma plus belle émotion pour une monographie.

Merci, Laura.

Bilan et projets

Voilà pour ce palmarès et ces lectures cinéphiles de 2025, qui ont tout de même été assez variées.

Concernant mes lectures cinéphiles (et les autres), je compte bien continuer sur ma lancée, et mon programme pour 2026 est déjà bien établi :

  • parler à nouveau de François Truffaut,
  • me pencher sur un réalisateur que je connais bien, mais pas suffisamment, et donc saisir ici l’occasion d’en apprendre plus,
  • consacrer à nouveau mon article de mars à une femme, et pas la moindre,
  • parler à nouveau de Star Wars pour mon article du mois de mai
  • et après, on verra bien !

Je compte bien continuer à avancer dans ma pile de lectures, et à me laisser surprendre par d’autres auteurs, tout en retrouvant avec plaisir ceux qui sont déjà mes auteurs de chevet.

Voilà pour ces lectures, ces projets et ces envies.

Vous les retrouverez dès février 2026, après le traditionnel article de janvier sur le bullet journal.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d’année, et je vous mitonne pour très prochainement le dernier article #profdoc de 2025.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

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