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Janvier 2026 : séances et animations du CDI

Pour cet article du mois de janvier, je présente les activités menées entre le 5 et le 26 janvier.

Je dois dire que j’appréhendais un peu cette nouvelle période, puisque les vacances de Noël ne sont jamais les plus reposantes, et que la situation au lycée reste inchangée : pas de remplacement prévu au CDI.

Avant d’entamer cette nouvelle période, ma première initiative a été de proposer un planning hebdomadaire du CDI afin d’anticiper et de prévenir au mieux les élèves des fermetures exceptionnelles, des séances pédagogiques prévues mais aussi des pauses que je suis amenée à faire dans la journée. 

Ce planning est envoyé sur l’ENT le jeudi soir et est affiché sur la porte lorsque j’arrive au lycée le lundi matin.

Cependant la première semaine de reprise a été perturbée par la météo : le lundi, les élèves ont été libérés à 16h, et je ne suis pas allée au lycée le mardi et le mercredi. 

J’en ai profité pour avancer sur mes formations prévues durant cette période, sur la formalisation de certains documents professionnels, et sur les actions organisées au CDI les semaines suivantes, j’y reviendrai plus bas. 

Je n’ai pas eu beaucoup de séances prévues à l’emploi du temps, en dehors de séances en SNT, en EMC, des séances de préparation du grand oral pour certaines spécialités, et une séance en demi-groupe en enseignement scientifique, que j’avais préparé au mois de décembre. 

Comme indiqué le mois précédent, j’attends de les avoir menés à leur terme pour en faire la synthèse. Il y a également quelques expérimentations dont je reparlerai en cours d’année dans un article séparé, certainement vers mars ou avril… mais pour la séance en enseignement scientifique, j’en ferai un petit teasing dans cet article. 

Comme pour l’article précédent, je reprends dans un premier temps les actions de communication pour montrer de quelles manières elles se répercutent sur les autres actions proposées. 

Communication

Aux élèves, enseignants et personnels

Afin d’avoir un aperçu global des actions, je reprends le tableau proposé l’an dernier, et je détaillerai ensuite chaque action proposée. 

Date Action Relai
4 janvier Message de bonne année

Rappel ateliers de co-créations / concours de dessins BD

Remise des prix Tournoi d’échecs et calendrier de l’avent

Compte Instagram
4 janvier Planning du CDI Compte Instagram 

Actualités ENT

4-5 janvier Bookflix du CDI Compte Instagram 

Actualités ENT

5 janvier Sélection Feel Good Compte Instagram
6 janvier – 7 janvier CDI fermé (météo) Compte Instagram
7 janvier Zoom Actu Actualités ENT
7 janvier E-INSTANT CDI Actualités ENT
8 janvier Sélection BD + travaux élèves Compte Instagram 

Actualités ENT

Groupe Whatsapp

8 janvier Planning du CDI Actualités ENT
12 janvier Nouveautés BD Compte Instagram
14 janvier Fin Puzzle collaboratif 1 Compte Instagram
14 janvier Nuits de la lecture : sélections + action Compte Instagram

Actualités ENT

Groupe Whatsapp

19 janvier Nouveautés documentaires Compte Instagram
21 janvier Girls can do it Compte Instagram

Portail E-SIDOC

21 janvier CDI fermé : réunion de bassin Compte Instagram

Je détaille ci-dessous les actions qui relèvent plus précisément de la communication et de la publication d’informations et de ressources. Les sélections thématiques, nouveautés et les actions relevant de la valorisation du fonds seront à retrouver dans la partie dédiée. 

L’E-INSTANT était la lettre de diffusion à destination des enseignants et des personnels que j’avais eu tendance à délaisser l’an dernier. Elle se composait jusqu’à juin dernier de 5 pages : la page d’accueil, le focus, et les pages « éducation », « culture » et « numérique ».

Il garde à peu près la même structure : une rubrique “En ce moment au CDI”, un coin lecture, une veille culturelle, pédagogique et numérique. Voici le numéro proposé pour janvier :  

  • Actualités du portail E-SIDOC

Ce mois-ci, j’ai décidé de valoriser les sélections proposées la dernière semaine de janvier sur les femmes dans le sport et les femmes dans les sciences, en proposant une version cliquable des affiches réalisées pour l’occasion. 

J’ai travaillé toute une journée sur ces affiches, afin qu’à la fois elles constituent de bonnes sources d’information pour les élèves et qu’elles mettent en avant les ressources du CDI. 

J’ai mis du temps à relancer cette proposition adressée aux enseignants, personnels et élèves. Il s’agit d’une revue de presse thématique s’appuyant sur les abonnements du CDI, les documents et les ressources numériques disponibles. 

Si généralement je traîne des pieds, c’est parce que l’actualité a tendance à me déprimer et je ne voulais pas risquer d’être redondante, donc je ne suis pas des plus régulières dans sa publication. J’ai proposé un second numéro ce mois-ci sur la politique internationale de Donald Trump. 

  • Compte Instagram du CDI

Les actions postées directement sont principalement des photos mentionnées plus haut.

Sélections thématiques, nouveautés et valorisation du fonds

Événements recensés Animations proposées Date de début Date de fin Remplacé par
Sélection Booktok proposée par Lénaïg 18 octobre
Nouveautés documentaires / fictions / mangas 24 novembre – 26 janvier
25 novembre : Journée de lutte contre les violences faites aux femmes Sélection et affiches 24 novembre 8 janvier Sélection BD et travaux d’élèves
9 décembre : Journée de la laïcité Sélection 27 novembre 5 janvier Sélection Feel Good
Sélection hiver 8 décembre 14 janvier Nuits de la lecture
Sélection Feel Good 

Sondage terminales

Ateliers de co-création

16 décembre – 5 janvier 21 janvier Sélections et affiches “Girls can do it”
Sélection BD / Travaux d’élèves / Concours BD 8 janvier
21-25 janvier : 

Nuits de la lecture, (Thématique Villes et campagnes)

Sélection en lien avec la thématique 14 janvier
6 février (JO d’hiver) – 11 février : journée internationale des femmes et des filles de sciences Girls can do it : sélection et affiches disponibles en version cliquable 21 janvier

Pour cette période, j’ai commencé à préparer les sélections la semaine précédente pour la semaine suivante, et j’arrive à la fin de la période en ayant les animations prêtes pour les deux semaines de la rentrée en janvier. 

Pour chacune de ces sélections, je partage ci-dessous l’affiche de présentation et la photo de l’exposition une fois installée. 

Sélections thématiques et actions sur la période
  • Bonnes résolutions et livres feel good (sélection, sondage et ateliers)

Pour la première semaine de reprise, je voulais engager les élèves dans une démarche de réflexion sur le CDI (en parallèle d’un sondage mené sur Pronote à destination des terminales). 

J’ai donc proposé une sélection Feel Good pour bien démarrer l’année, et j’avais souhaité organiser des ateliers de réflexion sur le temps de midi. 

Le tout n’a pas forcément trouvé preneur et a également pâti des intempéries… Je reprendrai l’idée des ateliers pour la première semaine de février en les proposant sous forme de sondages papiers.  

  • Nuits de la lecture : sélections et siestes contées

À l’occasion des Nuits de la lecture, je me suis appuyée sur la thématique de l’édition 2026 pour mettre à disposition une sélection Villes et campagnes. J’ai proposé deux visuels publiés sur Instagram : 

Voilà la sélection une fois installée : 

Cet événement était l’occasion de proposer de nouvelles sessions de siestes contées avec des promenades dans les villes et les campagnes, et dont l’annonce s’est faite via le visuel suivant : 

  • Girls can do it : sélections thématiques Sport et Science et affiches

Pour la troisième semaine de janvier, j’ai voulu anticiper sur des événements de février (les jeux olympiques d’hiver et la journée internationale des femmes et des filles de sciences) et j’ai proposé une sélection ainsi que des affiches informatives sur le sujet (voir plus haut, rubrique Portail E-SIDOC). 

Nouveautés et valorisation du fonds

Outre ces sélections thématiques, je fais en sorte généralement de mettre en valeur les dernières nouveautés du CDI, et j’ai eu un peu plus de temps ce mois-ci, même si j’avance tout doucement mon catalogage, au gré des événements que j’organise. 

  • Nouveautés BD

Les dernières nouveautés reçues m’ont permis de proposer une action de valorisation la deuxième semaine de janvier : j’ai proposé un concours BD (qui a eu beaucoup moins de succès que le tournoi d’échecs), et j’ai profité de l’exposition de travaux d’élèves de secondes pour proposer cette sélection.

Voici les travaux des élèves et la sélection installée :

  • Nouveautés documentaires

Pour changer la sélection de documentaires mises en avant depuis décembre et consacrée au rayon histoire-géo, je me suis appuyée sur quelques-unes des dernières acquisitions pour mettre en valeur la lutte contre les préjugés et les discriminations. 

  • Nouveautés fictions

Pour ces nouveautés, j’ai un peu plus avancé en fin de mois et j’attends février pour les mettre en avant, avec une nouvelle édition du Bookflix du CDI. 

Gestion

Ce mois-ci, ont été réalisés : 

  1. l’archivage des quotidiens du mois de décembre, ainsi que de l’ensemble des revues et magazines de 2025
  2. le désherbage des revues et magazines remontant à 2019 et 2020 pour la plupart
  3. le désherbage d’une partie du rayon Philosophie
  4. le catalogage de documentaires et de quelques fictions
  5. une commande auprès du fournisseur RecycLivres (reçue le 22 janvier)
  6. une commande auprès de notre libraire
  7. une réorganisation du rayon manuels / annales / dictionnaires
  8. un pointage des ressources disponibles en orientation dans le Kiosque Onisep avec un renouvellement de certaines d’entre elles.

Séances pédagogiques

Pour ce mois-ci, je recense rapidement les séances pédagogiques menées, et je vais détailler un peu plus les séances menées en collaboration en EMC et en SNT : 

Secondes Premières Terminales
Semaine 1 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) /
Semaine 2 1h (SNT, 1 groupe, 1 classe)

1h (EMC, 1 groupe, 1 classe)

1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) 1h (enseignement scientifique, 1 groupe, 1 classe)

1h spé maths

Semaine 3 3h (SNT, 3 groupes, 2 classes) / 1h (enseignement scientifique, 1 groupe, 1 classe)
Total = 10h 5h 2h 3h

Je détaille ci-dessous les différentes séances menées, et je reviens sur les visites de secondes. 

  • Projets en EMC

Différents projets ont été amorcés en EMC, et sont soit déjà lancés : en seconde un travail sur les femmes avec une classe, en première, des recherches sur les politiques de solidarité menées par les communes sur un territoire. 

Concernant la classe de seconde, les élèves ont poursuivi leurs travaux de recherche sur les femmes et ont commencé à passer à l’oral. 

Concernant la classe de première qui effectue des recherches sur les politiques de solidarité menées par les communes sur un territoire, les élèves ont été encouragés à travailler sur les ressources numériques comme Europresse pour étayer leurs recherches, mais aussi à consulter les sites de la mairie et de la communauté d’agglomération pour voir de quelle manière ces politiques sont mises en oeuvre au niveau local. 

D’autres prolongements sont envisagés : l’étude du journal publié par la ville, les tribunes des listes d’opposition, et les professions de foi reçues pour les élections municipales. Les travaux se sont poursuivis jusqu’à la fin janvier, et les élèves vont maintenant passer à l’oral. 

  • Séances en SNT

Comme je l’avais indiqué dans mon article de novembre, j’ai réussi à récupérer deux classes de seconde en SNT, pour travailler avec eux sur différents axes thématiques du programme. Contrairement aux années passées, ces séances sont beaucoup plus au fil de l’eau mais j’ai toute liberté quant à leur contenu et leur déroulé. 

Ce mois-ci, j’ai pu mener la deuxième séance, qui a connu plusieurs modifications d’une classe à l’autre, pour adapter les activités en fonction des difficultés des élèves. J’ai également modifié la progression pour aborder plus spécifiquement la question de l’IA avec ces deux classes, et je reviendrai plus tard sur cette réorganisation.

Pour le reste, j’ai repris la même organisation, avec un système de points et de famille, et une évaluation qui passe principalement par la participation et les campagnes PIX. 

  • Enseignement scientifique Terminale

Avec une classe, j’ai abordé durant une heure par demi-groupe la question de l’IA dans le sport, je reviendrai ultérieurement sur cette séance. 

  • Préparation du grand oral

Enfin durant cette période, j’ai accueilli un groupe de maths au CDI, pour leur présenter les ressources du lycée et les accompagner dans leurs recherches pour le grand oral. 

Autres activités

Enfin j’en termine comme à mon habitude par les autres activités professionnelles de la période.

Réunions, stages, déplacements
  • 16 janvier : formation de formateurs en visio (2h)
  • 22 janvier : réunion de bassin des professeurs documentalistes de Centre Essonne et Sud Essonne, sur la thématique de la ludification
  • 23 janvier : visite à une copine professeure documentaliste, Elise Hoerner, au collège Le Village à Evry et conseil pédagogique

Concernant mes autres activités, comme indiqué en début d’article, j’ai préparé et mis à jour des supports de formation, et j’ai principalement réfléchi à différents aspects de nos missions professionnelles, ce qui m’a amenée à produire différents supports réflexifs mais aussi différents visuels que j’aurai l’occasion de présenter dans de prochains articles, quand cette réflexion sera plus avancée.

Voilà pour ces activités du mois de janvier, je m’arrête pour cet article. Je vous renouvelle mes vœux de bonne année et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

2025 : Palmarès de lecture

Lorsque j’ai commencé l’écriture de ce dernier article cinéphile de l’année, je me suis rendue compte qu’il ne pouvait pas être plus dissemblable que son prédécesseur de l’année passée, même si le constat vaut d’une année à l’autre pour bon nombre de palmarès que j’ai pu dresser.

Concernant celui-ci, j’en écris les premières lignes avec une avance considérable, ayant coup sur coup écrit la veille les articles du mois de septembre et du mois d’octobre, et ayant travaillé le jour même sur l’article de novembre.

Cette avance s’est depuis considérablement réduite, puisque nous sommes début décembre et je n’ai plus aucun article prêt sous le coude pour début 2026… il va falloir s’y remettre !

La seule hésitation qui me reste concerne une exposition (et une lecture) que j’aurai ou non l’opportunité de voir avant la fin 2025, ce qui bousculerait quelque peu l’ordre de mes articles déjà écrits ou à écrire.

J’ai quitté 2024 avec un cerveau au repos – ou quelque peu reposé – et qui a depuis mai 2024 délaissé les lectures professionnelles, à l’exception de quelques ouvrages au deuxième semestre 2025.

En revanche, il a repris des forces et s’est tant et si bien gorgé de mots qu’en juin de cette année, j’avais déjà dépassé le nombre de livres que j’avais lu en totalité sur l’année 2024, avec une accumulation compulsive des lectures plaisirs, et la tentative désespérée de venir à bout d’une pile de lecture qui restait invariablement la même depuis un certain temps.

L’autre différence par rapport aux années précédentes, c’est que les articles cinéphiles ne se consacrent pas exclusivement à des ouvrages sur le cinéma, convoquant ici les jeux de société, ici les romans et bandes-dessinées (certes ayant des sujets cinématographiques, cela n’est pas nouveau), ou là les expositions et autres constructions Lego.

J’y convoque également des lectures des années précédentes, qui viennent se confronter à une actualité cinéphile plus récente et à mes lectures de l’année.

Cependant, dans sa structure, cet article ne dérogera pas à ses habitudes et s’articulera en trois temps :

  • la présentation du palmarès
  • le palmarès 2025
  • bilan et projets

Présentation du palmarès

Comme chaque année depuis 2013, je finis le mois de décembre ou commence le mois de janvier par un palmarès de lecture de l’année passée.

Je vous glisse ici les liens des éditions précédentes :

Pour 2025, mes lectures cinéphiles ont commencé en décembre 2024, mais celles que j’ai sélectionnées alors, je n’avais pas forcément anticipé de les faire figurer dans mes articles.

J’ai pourtant choisi, un peu artificiellement (ou arbitrairement) de les mentionner dans l’article de mars 2025, avec un ouvrage que j’avais gardé pour l’occasion.

Le cinéma entrait dans ces lectures par des voies détournées, il s’agissait d’histoires où films, scénarios, acteurs, réalisateurs, se manifestaient en tant que personnages, ou de fictions portées à l’écran, adaptations cinématographiques ou en séries télévisées.

Ma fin d’année 2024 et mon année 2025 ont été riches en lectures – pour certains mois j’ai lu de manière quasiment frénétique, jusqu’à un livre par jour – et j’en arrive en ce mois de décembre à (nombre à ajouter) livres lus cette année.

Cela m’a même donné envie de reprendre une présentation que je proposais dans le cadre professionnelle à l’intérieur de ma lettre de diffusion : les conseils de lecture de la #profdoc. Cependant, cette présentation me demandait trop de temps, et j’ai choisi d’en réaliser une autre : la P.A.L. de la #profdoc, avec là encore un palmarès de mes coups de coeur et des bilans mensuels de lecture en images (que je poste sur mon compte Instagram).

Je vous laisse découvrir cette présentation, et pour l’heure voici un petit bilan chiffré de mon année de lecture :

  • en janvier, quatre lectures plaisir / cinéphiles (4)
  • en février, deux lectures cinéphiles, cinq lectures plaisir (7)
  • en mars, une lecture cinéphile, trois lectures plaisir (4)
  • en avril, une lecture cinéphile, neuf lectures plaisir (10)
  • en mai, une lecture cinéphile, cinq lectures plaisir (6)
  • en juin, dix lectures plaisir (10)
  • en juillet, une lecture cinéphile, dix lectures plaisir (11)
  • en août, une lecture cinéphile, une lecture professionnelle, quatorze lectures plaisir (16)
  • en septembre, une lecture professionnelle, quatre lectures plaisir (5)
  • en octobre, cinq lectures plaisir (5)
  • en novembre, six lectures plaisir (6)
  • en décembre, pour l’instant une lecture plaisir (1)

Concernant mes lectures cinéphiles, en voici un petit bilan :

  • Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan (lu en décembre 2024)
  • La Commode aux tiroirs de couleurs, de Olivia Ruiz (lu en décembre 2024)
  • Tata, de Valérie Perrin (lu en janvier 2025)
  • Une Soif de livres et de liberté, de Janet Skeslien Charles (lu en janvier 2025)
  • William, de Stéphanie Hochet (lu en janvier 2025)
  • Les Figurants, de Delphine de Vigan (lu en février 2025)
  • 555, de Hélène Gestern (lu en février 2025)
  • Celui qui voulait tout savoir sur la série Friends, de Michelle Morgan (lu en mars 2025)
  • Le Dernier rêve, de Pedro Almodovar (lu en mai 2025)
  • Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, de Philippe Lombard (lu en mai 2025)
  • Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, de Laura El Makki (lu en juillet 2025)
  • Almeria 68, de Philippe Lombard (lu en août 2025)

L’éclectisme de cette sélection ne m’aide pas vraiment à dresser un bilan, ni à proposer des catégories pour ce palmarès 2025, essayons tout de même en établissant trois catégories, que je vous propose de retrouver ci-dessous.

Palmarès 2025

Si l’on s’en tient à la liste de ces lectures, il pourrait être trop facile de ranger d’un côté les documentaires, et de l’autre les fictions. Je choisis donc de classer mes ouvrages en choisissant cette année le plan ou le cadre. Petit rappel ci-dessous :

Pour éviter de ranger tous mes romans « cinématographiques » du début d’année et de refaire l’article du mois de mars, pour éviter le clivage masculin / féminin qui ne satisferait personne, je reprends les différents types de cadrages proposés avec virtuosité par Marcel Gottlib, je leur adjoins quelques éléments de composition, et allons-y pour ce treizième palmarès de lecture.

Plan d’ensemble – panorama

C’est la catégorie qu’il m’a été la plus difficile à construire, et je me suis réfugiée derrière l’idée de panorama, qui peut-être à la fois une notion spatiale comme une notion temporelle.

J’y rassemble donc :

  • Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan
  • Une Soif de livres et de liberté, de Janet Skeslien Charles
  • Le Dernier rêve, de Pedro Almodovar
  • Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, de Philippe Lombard

Panorama temporel pour les trois premiers qui rassemblent dans une histoire (ou dans plusieurs histoires) les fils de différentes époques, qui tissent des récits faisant défiler ou se rencontrer différents personnages. Plan d’ensemble, pour le dernier, Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran.

Il serait tentant de faire de mon coup de coeur lecture de l’année, Une Soif de livres et de liberté, le gagnant de cette catégorie.

Et l’ouvrage de Philippe Lombard se taille une place de choix rien que pour son aspect visuel, le feuilleter vous replongeant directement dans le plaisir pop-corn du cinéma de capes et d’épées et des cascades.

Mais c’est pour le vertige et le malaise qu’il a suscité en moi que je retiens pour cette catégorie Les Enfants sont rois, de Delphine de Vigan, un texte publié il y a quelques années maintenant, et adapté depuis en série télévisée, mais oubliez la série et lisez ce livre, si ce n’est pas déjà fait !

Plan américain – portraits de famille / portraits de groupe avec dame

Pour cette deuxième catégorie, c’était un peu plus simple, avec un goût d’instantanés et de photos de famille, et un petit air entêtant de nostalgie, musique et friandises à la clef.

On y retrouve donc :

  • La Commode aux tiroirs de couleurs, de Olivia Ruiz
  • Tata, de Valérie Perrin
  • Les Figurants, de Delphine de Vigan
  • 555, de Hélène Gestern
  • Celui qui voulait tout savoir sur la série Friends, de Michelle Morgan
  • Almeria 68, de Philippe Lombard

Trois romans, une pièce de théâtre, et deux documentaires.

Celui que je retiens, très rapidement, pour cette catégorie, c’est le cru 2025 de Philippe Lombard, Almeria 68, évoqué dans l’article du mois dernier.

Car, s’il se dispute les bons souvenirs et la nostalgie pour moi avec l’ouvrage de Michelle Morgan sur la série Friends, c’est pour avoir matérialisé ce plan américain, et cette photo de groupe en plaçant son objectif à la fin des années soixante. C’est pour m’avoir amenée dans le cercle rouge à l’heure zéro, convoquant pour moi Jean-Pierre Melville et Agatha Christie, et c’est pour m’avoir fait assister non pas à un tournage épique, mais à trois tournages et plus, et à leurs coulisses.

Enfin c’est pour avoir résolu pour moi l’énigme du dernier mot de la chanson : Almeria !

Et j’en profite pour m’excuser auprès de Philippe Lombard, pour une promesse non tenue cette année ! Dans mon article de février, j’indiquais en effet :

600 répliques de films pour avoir la bonne répartie… au bon moment !, publié chez Dunod en novembre 2024 et sur lesquels je reviendrai dans un prochain article, le temps que ça infuse.

J’ai directement sauté sur les Stars de l’action et sur Almeria 68, et du coup, ça n’a pas pris le temps d’infuser… ça sera partie remise !

Gros plan – portrait

Enfin, pour la dernière catégorie, il me reste deux ouvrages :

  • William, de Stéphanie Hochet
  • Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, de Laura El Makki

Et sans aucune difficulté ni hésitation, c’est à l’ouvrage de Laura El Makki, que j’ai dévoré en une journée à la fin du mois de juillet, et qui m’a emportée par son souffle glaçant et poignant, que revient mon suffrage.

Si Une Soif de livres et de liberté a été mon coup de coeur de l’année parmi les fictions, c’est au Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, que je dois ma plus belle émotion pour une monographie.

Merci, Laura.

Bilan et projets

Voilà pour ce palmarès et ces lectures cinéphiles de 2025, qui ont tout de même été assez variées.

Concernant mes lectures cinéphiles (et les autres), je compte bien continuer sur ma lancée, et mon programme pour 2026 est déjà bien établi :

  • parler à nouveau de François Truffaut,
  • me pencher sur un réalisateur que je connais bien, mais pas suffisamment, et donc saisir ici l’occasion d’en apprendre plus,
  • consacrer à nouveau mon article de mars à une femme, et pas la moindre,
  • parler à nouveau de Star Wars pour mon article du mois de mai
  • et après, on verra bien !

Je compte bien continuer à avancer dans ma pile de lectures, et à me laisser surprendre par d’autres auteurs, tout en retrouvant avec plaisir ceux qui sont déjà mes auteurs de chevet.

Voilà pour ces lectures, ces projets et ces envies.

Vous les retrouverez dès février 2026, après le traditionnel article de janvier sur le bullet journal.

D’ici là, je vous souhaite à nouveau de très belles fêtes de fin d’année, et je vous mitonne pour très prochainement le dernier article #profdoc de 2025.

À très bientôt sur #Cinephiledoc !

Novembre 2025 : séances et animations du CDI

Pour cet article du mois de novembre, je présente les activités menées entre le 3 et le 21 novembre. 

Cet article sera un peu plus court que les précédents, en effet la période a été à la fois un peu moins intense en activités (sélections, séances pédagogiques) mais aussi un peu plus éprouvante. Le mois de novembre est toujours un mois que j’appréhende, avec les jours qui raccourcissent et l’hiver qui commence tranquillement à s’installer, et ce mois-ci ne fait pas exception, bien au contraire. 

Néanmoins, j’ai pu avancer sur certaines questions (principalement la préparation de formation, les cours de Master 2, et également la participation à des formations en tant que stagiaires). 

Concernant les séances pédagogiques, nous sommes entrés à la mi-novembre dans la période des conseils de classe, les collaborations sont donc un peu plus timides, mais j’ai passé beaucoup de temps à la préparation de séances à venir, principalement en EMC et en SNT, puisque la bonne nouvelle est que je récupère deux classes, pour des séances qui s’étaleront pour l’instant jusqu’en février. 

Comme indiqué le mois précédent, j’attends de les avoir menés à leur terme pour en faire la synthèse. Il y a également quelques expérimentations dont je reparlerai en cours d’année dans un article séparé, certainement vers mars ou avril…

Comme pour l’article précédent, je reprends dans un premier temps les actions de communication pour montrer de quelles manières elles se répercutent sur les autres actions proposées. 

Communication

Aux élèves, enseignants et personnels

Afin d’avoir un aperçu global des actions, je reprends le tableau proposé l’an dernier, et je détaillerai ensuite chaque action proposée. 

Date Action Relai
16 octobre Nouveautés documentaires Arts Compte Instagram
17 octobre Calendrier des sélections et animation novembre / décembre Portail E-SIDOC

Compte Instagram

19 octobre Les aventures de Chat Blabla : la mascotte du CDI en Équateur Compte Instagram
4 novembre Sélection Booktok Compte Instagram
5 novembre E-INSTANT CDI novembre Actualités ENT (enseignants et personnels)
5 novembre Sélection sur le 13 novembre Compte Instagram
5 novembre Action “Plein les papilles” Actualités ENT (enseignants, personnels et élèves)

Compte Instagram

Whatsapp lycée

5 novembre Nouvel abonnement CDI Compte Instagram
6 novembre Sélection et exposition Journée de lutte contre le harcèlement scolaire Compte Instagram
10 novembre Zoom Actu (revue de presse du CDI) Actualités ENT (enseignants, personnels et élèves)
13-18 novembre Club santé sur les règles (sélection et exposition) Compte Instagram
17 novembre Sélection Black Friday / Green Friday Compte Instagram

Je détaille ci-dessous les actions qui relèvent plus précisément de la communication et de la publication d’informations et de ressources. Les sélections thématiques, nouveautés et les actions relevant de la valorisation du fonds seront à retrouver dans la partie dédiée. 

L’E-INSTANT était la lettre de diffusion à destination des enseignants et des personnels que j’avais eu tendance à délaisser l’an dernier. Elle se composait jusqu’à juin dernier de 5 pages : la page d’accueil, le focus, et les pages « éducation », « culture » et « numérique ».

Il garde à peu près la même structure : une rubrique “En ce moment au CDI”, un coin lecture, une veille culturelle, pédagogique et numérique. Voici le numéro proposé pour novembre :  

  • Actualités du portail E-SIDOC

Comme j’ai été échaudée par les outils de publication de l’ENT, je fais en sorte depuis l’an dernier d’utiliser au mieux toutes les fonctionnalités du portail E-SIDOC. 

Pour la semaine du 25 novembre, j’ai préparé une actualité sur la journée de lutte contre les violences faites aux femmes que je mettrai prochainement en ligne. 

J’ai mis du temps à relancer cette proposition adressée aux enseignants, personnels et élèves. Il s’agit d’une revue de presse thématique s’appuyant sur les abonnements du CDI, les documents et les ressources numériques disponibles. 

Si généralement je traîne des pieds, c’est parce que l’actualité a tendance à me déprimer et je ne voulais pas risquer d’être redondante, donc je ne suis pas des plus régulières dans sa publication. J’ai proposé un premier numéro cette année sur les États-Unis. 

  • Compte Instagram du CDI

Les actions postées directement sont principalement des photos mentionnées plus haut.

Sélections thématiques, nouveautés et valorisation du fonds

Événements recensés Animations proposées Date de début Date de fin Remplacé par
Halloween Sélection, siestes contées, emprunts mystères, exposition sorcières réalisée par Lénaïg 10 octobre 18 octobre Plein les papilles / Sélection Booktok
Sélection Booktok proposée par Lénaïg 18 octobre
Journée de lutte contre le harcèlement scolaire Sélection et affiches proposées par Lénaïg et Marie Gontran, infirmière scolaire 5 novembre
Commémoration des 10 ans des attentats du Bataclan Sélection 5 novembre
Action Plein les papilles 5 novembre 17 novembre Black Friday / Green Friday
Club santé : Sélection et affiches proposées par Lénaïg  13 novembre
Black Friday / Green Friday 17 novembre

Pour cette période, j’ai commencé à préparer les sélections à la rentrée et au fil des semaines, en fonction du temps dont je disposais. 

Pour chacune de ces sélections, je partage ci-dessous l’affiche de présentation et la photo de l’exposition une fois installée. 

Sélections thématiques 
  • Sélection Booktok

Cette sélection a été proposée par Lénaïg le vendredi avant les vacances. 

  • Sélection et affiches installées pour la journée de lutte contre le harcèlement scolaire

Cette sélection a été installée par Lénaïg avec les affiches proposées par Marie Gontran, infirmière scolaire, en amont de la tenue d’un stand dans le hall du lycée le 10 novembre. 

  • Sélection “Plein les papilles”

J’ai préparé cette sélection afin de proposer une nouvelle session de siestes contées thématiques et pour me réapproprier la semaine du goût, qui a habituellement lieu en octobre. J’ai donc proposé le visuel suivant, avec un menu de circonstance : 

Voilà la sélection une fois installée : 

Pour accompagner les siestes contées, j’ai distribué aux participants un menu qui reprenait quelques extraits des textes lus : 

  • Sélection Commémoration des 10 ans des attentats du Bataclan

J’ai proposé cette sélection assez rapidement avec quelques documents disponibles.

  • Deuxième session du club santé

Une deuxième session du club santé a eu lieu le 18 novembre. Nous avons pris l’habitude de proposer en parallèle des clubs santé une sélection en lien avec la thématique retenue, cette fois-ci accompagnée d’une exposition trouvée par Lénaïg sur le site du centre Hubertine Auclert.

  • Sélection Black Friday / Green Friday

J’ai proposé cette action qui m’a permis de recycler deux autres sélections proposées l’an dernier : les couvertures en noir / couvertures en vert. Une bonne affaire en somme, puisque cela fait 3 sélections pour le prix d’une. 

Voici les trois sélections installées : 

Nouveautés et valorisation du fonds

Outre ces sélections thématiques, je fais en sorte généralement de mettre en valeur les dernières nouveautés du CDI, mais j’ai manqué un peu de temps ce mois-ci, et je suis un peu en retard dans le catalogage… 

  • Nouveautés documentaires

La sélection reste la même depuis octobre avec les documentaires reçus pour le rayon Arts. 

  • Nouveautés fictions

J’avance là encore progressivement, et attends d’en avoir suffisamment catalogué pour pouvoir les mettre en avant. 

Gestion

Ce mois-ci, ont été réalisés : 

  1. l’archivage des quotidiens du mois d’octobre
  2. le catalogage de fictions (mangas et romans) et de quelques BD documentaires
  3. la suite du désherbage du rayon 300 et le début du désherbage du rayon 500

Séances pédagogiques

Pour ce mois-ci, je recense rapidement les séances pédagogiques menées, et je vais détailler un peu plus les séances menées en collaboration en EMC, je reviendrai plus en détail dessus les mois prochains : 

Visites / découvertes Secondes Premières Terminales
Semaine 1 4h (2 classes, 2 groupes) 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe)
Semaine 2 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe)
Semaine 3 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe)
Total = 8h 4h 1h 3h 0h

Je détaille ci-dessous les différentes séances menées, et je reviens sur les visites de secondes. 

  • Visites des classes de secondes 

Cette année nous avons 15 classes de seconde. 

Nous organisons des visites en demi-groupe, ce qui présente l’inconvénient d’échelonner les visites jusqu’à début novembre mais l’avantage que ces visites soient un peu plus personnalisées. 

J’ai terminé ces visites avec deux classes le jeudi 6 novembre. 

  • Projets en EMC

Différents projets ont été amorcés en EMC, et sont soit déjà lancés : en seconde un travail sur les femmes avec une classe, en première, des recherches sur les politiques de solidarité menées par les communes sur un territoire. 

Concernant le travail sur les femmes en seconde, nous avons décidé avec la collègue d’EMC de proposer 8 femmes “remarquables” et 8 femmes non moins remarquables mais qui ont été victimes de l’effet Matilda ou d’une invisibilisation de leurs œuvres avant d’être reconnues. Pour les premières, nous demandons aux élèves de proposer un discours de panthéonisation, pour les secondes, une plaidoirie pour les faire mieux reconnaître. Voici les femmes retenues : 

8 femmes remarquables

Marie Curie, Ada Lovelace, Emilie du Châtelet, Simone Veil, Katherine Johnson, Olympe de Gouges, Lucie Aubrac, Geneviève de Gaulle-Anthonioz

8 femmes invisibilisées

Mileva Einstein, Grace Hopper, Hedy Lamarr, Alice Guy, Rosalind Franklin, Colette, Margaret Keane, Marthe Gautier

Concernant la classe de première qui effectue des recherches sur les politiques de solidarité menées par les communes sur un territoire, les élèves ont été encouragés à travailler sur les ressources numériques comme Europresse pour étayer leurs recherches, mais aussi à consulter les sites de la mairie et de la communauté d’agglomération pour voir de quelle manière ces politiques sont mises en oeuvre au niveau local. 

D’autres prolongements sont envisagés et les travaux vont se poursuivre.

Autres activités

Enfin j’en termine comme à mon habitude par les autres activités professionnelles de la période.

Réunions, stages, déplacements
  • 5 novembre : temps de travail par téléphone avec Cécile Paoli, collègue formatrice de l’académie de Versailles, dans le cadre de la préparation d’une formation 
  • 12 novembre : deuxième cours en visio avec les étudiants de Master 2 de l’université Paul Valéry de Montpellier, ce troisième cours portait sur l’ouverture culturelle et la démarche de projet
  • 18 novembre : réunion en visio pour préparer une table-ronde du réseau Canopé à destination des professeurs documentalistes
  • 20 novembre : formation à distance sur la littérature jeunesse, proposée par Manon Gallet et Hélène Spillmann

Cette formation portait sur l’actualité de la littérature jeunesse, avec notamment l’intervention d’une éditrice de chez Thierry Magnier, des pistes de veille en littérature jeunesse et des coups de coeur, et elle était vraiment très intéressante à suivre.

Concernant mes autres activités, comme indiqué en début d’article, j’ai préparé et mis à jour des supports de formation (notamment pour les cours de M2) et j’ai également corrigé des copies de CAPES blancs des étudiants de Master 2.

Voilà pour ces activités du mois de novembre, je m’arrête pour cet article et reviendrai sur le reste des activités dans l’article du mois de décembre.

D’ici là, je vous souhaite bon courage pour cette période, en particulier à toutes les wonder women et les duracell à paillettes, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Des blondes, des cowboys et des chansons

Au détour d’un chapitre du livre auquel sera consacré cet article, on trouve une référence à l’un de mes films préférés, Le Cercle rouge.

Le Cercle rouge est un film de Jean-Pierre Melville, sorti en 1970 et réunissant entre autres à l’écran Alain Delon, Yves Montand, Gian Maria Volonte, et Bourvil dans son avant-dernier film, et dans l’un de ses meilleurs rôles. C’est d’ailleurs le seul film où il est crédité au générique avec son prénom, André Bourvil.

Mais ce qui retient notre attention ici, ce n’est pas le film en lui-même, l’histoire d’un casse dans une bijouterie et la traque des cambrioleurs par un commissaire particulièrement minutieux, ni le fait qu’André Bourvil incarne magistralement ce commissaire à contre-emploi pour lui.

Ce qui retient l’attention, c’est la citation (soit disant de Bouddha, peut-être davantage de Jean-Pierre Melville) qui ouvre le film :

Çakyamuni le Solitaire, dit Sidarta Gautama le Sage, dit le Bouddah se saisit d’un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit: Quand des hommes, même s’ils s’ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d’entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge. — Rama Krishna

Cette citation fait depuis longtemps écho en moi à une autre, tirée d’un roman d’Agatha Christie (ce dont nous aurons l’occasion de reparler l’an prochain sur ce site) : L’Heure zéro.

Je sais apprécier un bon roman policier. Mais, voyez-vous, ils commencent toujours par le mauvais bout! Ils commencent par le meurtre. Or le meurtre n’est jamais que la fin. L’histoire débute bien avant ça – des années plus tôt, parfois – avec les mille et une causes et la longue suite d’événements qui font que des individus donnés sont présents un jour donné, à une heure donnée, dans un endroit donné.(…) L’heure zéro…

Cette citation, que je pourrai relire en ayant désormais toujours le phrasé et la gestuelle de Jacques Sereys, qui incarne le juge Charles Trevoz dans l’adaptation de Pascal Thomas, se complète parfaitement avec celle du Cercle rouge.

Temps, lieux et personnages sont pour ainsi dire synchronisés : le destin a fait qu’ils se retrouveront, aussi improbable que cela puisse paraître, au même moment au même endroit.

Et cette concordance des temps et des lieux se manifeste forcément pour un crime – ou pour sa résolution ? – car ce qui réunit l’ensemble des personnages ce n’est pas tant le crime qui, comme l’indique la citation, n’est jamais que la fin (ou le commencement de l’histoire pour le lecteur et pour le spectateur), que le faisceau d’indices concordants qui conduisent le détective à poser pièce après pièce tous les éléments du puzzle dans le même cadre.

Et ce cadre, c’est Almeria.

Le désert avant Star Wars

Qu’est-ce que c’est, Almeria ?

Par Tschubby — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=117046610

C’est une ville au sud de l’Espagne dotée d’un aéroport international. Vous auriez l’idée de vous rendre à Almeria en Espagne ? Avant la lecture de l’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui, pas moi. Madrid, oui ; Barcelone, oui ; Séville, Grenade, Valence… Almeria ? Inconnu au bataillon.

Cependant, dans les années 1950-1960, la province d’Almeria accueille des dizaines de productions cinématographiques, principalement des westerns spaghettis, réalisateurs et producteurs appréciant ses décors de déserts qui rappellent à moindres frais l’ouest américain.

Niveau studios et lieux de tournages prisés des cinéphiles, on est donc après les beaux jours des studios de la Victorine à Nice (et avant leur utilisation par François Truffaut dans La Nuit américaine), et avant, pour un autre désert, la Tunisie prisée par George Lucas dès 1976 pour servir de décor à Tatooine dans Star Wars.

Parmi les films tournés à Almeria, on retrouve ainsi Un taxi pour Tobrouk, Le Cid, Lawrence d’Arabie, Cléopâtre (qui décidément semble avoir une raison supplémentaire d’avoir été un gouffre financier), la trilogie du dollar et Il était une fois dans l’ouest de Sergio Leone entre 1964 et 1968, Boulevard du rhum ou encore La Folie des grandeurs en 1971, Mon nom est personne en 1973… Principalement du film historique, du film de guerre et du western donc.

À partir de 1975 ça commence à se calmer un peu, mais en 1968, c’est la ruche. Sur une seule année, une bonne quarantaine de tournages. Et pourtant, ce n’est pas non plus l’année la plus calme en terme d’événements historiques.

Ça n’a pas pour autant empêcher un beau casting de s’y retrouver entre début janvier et fin mars de cette année, un peu avant que les esprits s’échauffent, me direz-vous. Et ce cercle rouge à l’heure zéro, c’est Philippe Lombard qui nous le raconte.

Mais qu’allaient-ils tous faire dans cette galère ?

C’est qu’il n’a pas son pareil, Philippe Lombard, pour nous raconter les entreprises désespérées et les expériences cinématographiques quasi apocalyptiques.

Déjà mentionnés à son palmarès, Ça tourne mal et Ça tourne mal à Hollywood.

Cette fois-ci, il place sa machine à remonter le temps à Almeria, début 1968, avec trois tournages simultanés et leurs lots d’aléas, de cascades et de rebondissements :

  •  Shalako (Edward Dmytryk’s Shalako) d’Edward Dmytryk avec Sean Connery, Brigitte Bardot, Stephen Boyd, Honor Blackman ;
  • Enfants de salauds (Play Dirty) d’André de Toth avec Michael Caine, Nigel Davenport, Nigel Green, Harry Andrews ;
  • Une corde, un Colt… de Robert Hossein avec Michèle Mercier, Robert Hossein

Trois films qui, avant ma lecture, m’étaient aussi inconnus que le lieu du tournage, si ce n’est que pour en avoir discuté de vive voix avec Philippe Lombard au moment où son projet d’écriture arrivait à son terme, je lui ai dit que l’entreprise me rappelait le tournage du Mogambo de John Ford (Grace Kelly, Clark Gable et Ava Gardner) ou son African Queen (Katharine Hepburn et Humphrey Bogart), John Huston étant lui davantage habituée des opérations suicides cinématographiques, quitte à faire attraper la dysenterie à Katharine Hepburn.

Sur le papier, l’idée de retrouver une icône du cinéma français avant sa retraite anticipée, la première incarnation de James Bond, Angélique marquise des anges et, pour les cinéphiles les plus jeunes, Alfred Pennyworth dans la trilogie de Christopher Nolan, est des plus alléchantes.

Mais on se doute bien que rien (ou presque) ne va se passer comme prévu.

Premier plan, Shalako

Dans cet Almeria 68, publié aux éditions Hugo en mai 2025, Philippe Lombard évoque une Brigitte Bardot déjà revenue du cinéma, dans les derniers mois de son troisième mariage avec l’homme d’affaire Gunter Sachs.

Son partenaire à l’écran, Sean Connery qui a décidé de tourner la page de 007 en se laissant pousser la moustache, même si l’on est pas encore au combo slip / moustache / tresse de Zardoz.

Niveau ambiance, on est dans le western, avec un groupe d’européens qui décide de venir chasser dans une réserve apache.

Au second plan, nous avons Enfants de salauds, un réalisateur britannique qui reconstitue un épisode de la seconde guerre mondiale en Afrique du Nord, avec un groupe de mercenaires, parmi lesquels on retrouve donc Michael Caine. Un film de guerre, donc.

Et enfin (même si la liste ne s’arrête pas là), nous avons Robert Hossein qui veut réaliser son rêve de tourner un western français, une belle histoire de vengeance, avec sa partenaire d’Angélique, marquise des anges, Michèle Mercier, avec ce titre évocateur : Une corde, un colt…

Tout ce beau se partage le décor et les chambres d’hôtel d’Almeria, les chevaux traversent le décor de la seconde guerre mondiale, Bardot fait la fête jusqu’à pas d’heure et donne à manger à des chiens errants (quand elle ne décide pas de les recueillir), tempêtes de sable, cascadeurs, parrain de la mafia, repérages photo pour films cultes de science-fiction, décors incendiés.

Et pendant ce temps là, on assiste à Paris à la première de Bonnie and Clyde avec Faye Dunaway et Warren Beatty, Godard et Truffaut font le coup de poing pour soutenir Henri Langlois, renvoyé de la Cinémathèque française, et Marguerite Duras envoie à Bardot une lettre la conjurant de venir en aide aux bébés phoques.

Et toujours pendant ce temps, sur les ondes et dans d’autres studios, s’écrit et se chante le mythe Bardot.

Tout finit par des chansons

Au moment où elle tourne Shalako, Bardot a déjà enregistré les titres écrits pour elle par Serge Gainsbourg : c’est la période Harley Davidson (vive les cuissardes), Comic strip et évidemment Bonnie and Clyde, qui reprend le poème écrit par Bonnie Parker, vous l’avez ?

Vous avez lu l’histoire de Jesse James
Comment il vécut, comment il est mort
Ça vous a plu hein, vous en demandez encore
Eh bien, écoutez l’histoire de Bonnie and Clyde

De cette chanson, il me reste surtout le clip, entr’aperçu dans une émission consacrée à Gainsbourg, Bardot avec son béret, son porte-jarretelles et ses yeux magnétiques, Gainsbourg qui flegmatiquement recharge son flingue.

La playlist évoquée par Philippe Lombard m’est familière, mes parents écoutaient beaucoup Gainsbourg, et je connais par coeur un bon nombre de ses chansons, même si quelque chose s’arrête aussi pour moi à Almeria : j’ai toujours, sauf quelques exceptions (L’ami caouette, L’Hippopodame, Dieu fumeur de havanes…), préféré Gainsbourg à Gainsbarre, et donc préféré La Javanaise, La chanson de Prévert, et Initials BB à L’homme à tête de chou et Aux armes, etc.

Mais c’est à Philippe Lombard que je dois la résolution d’un mystère que je ne m’étais jamais donné la peine d’éclaircir : le mot final d’Initials BB, qui pour moi restait imprononçable et incompréhensible.

J’avais encore une fois vu des émissions et des images d’archives montrant Gainsbourg enregistrant Initials BB, avec les échos de la Symphonie du nouveau monde de Dvorak.

Lorsque cette chanson passait, j’arrivais donc au dernier couplet :

À chaque mouvement
On entendait
Les clochettes d′argent
De ses poignets
Agitant ses grelots
Elle avança
Et prononça ce mot…

Et là, plus rien. America ? A… mamia ? Il aurait fallu se pencher plus en détails sur les quelques mois qu’avait duré la liaison tumultueuse entre Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg, et cela, à l’époque, ne me passionnait pas plus que ça.

Néanmoins, en plus de m’offrir une balade mouvementée et riche en rebondissements avec cet Almeria 68, Philippe Lombard m’a donné envie de réécouter ces quelques titres de Gainsbourg, et il a certainement anticipé sur l’effet qu’aurait son récit sur le spectateur, puisque l’ouvrage se clôt mêlant bandes originales, titres de Bardot et de Gainsbourg, mais aussi des Beatles et de Scott McKenzie.

Chapeau l’artiste !

La voix d’Adèle

Comme traditionnellement depuis quelques années, mon article cinéphile du mois d’octobre est consacré, directement ou indirectement, à François Truffaut.

Pour cette année, c’est une approche indirecte que je choisis, mettant en lumière le visage et la voix d’une femme (et même de plusieurs femmes), intention que j’avais déjà annoncée dans mon article de mars dernier, et que je concrétise ici avec cet article.

En effet, se sont installées sur ce site quelques petites coutumes, auxquelles certes il m’arrive parfois de déroger, mais auxquelles je ne manque pas de revenir : celle, déjà mentionnée, d’évoquer François Truffaut, et si ce n’est pas en octobre, c’est en février ; celle de privilégier les figures de femmes au mois de mars ; ou encore celle de dédier un ou plusieurs articles à des expositions ou des événements cinématographiques auxquels je pourrais assister.

Ainsi, dans l’introduction de mon article de mars 2025, Voix de femmes, j’avais indiqué que j’aurais adoré parler d’un ouvrage en particulier, mais il venait tout juste d’être publié, et je n’avais pas encore pu me le procurer, et quand bien même à ce moment-là je l’aurais déjà eu entre les mains, il aurait été malhonnête d’en faire le compte-rendu.

C’est à la faveur de l’été que j’ai pu me plonger dans sa lecture, une lecture qui ne m’a pris qu’une journée, tant j’ai été happée par le texte et transportée par l’histoire qu’il reconstituait.

Quel rapport avec Truffaut ? Commençons par là, et nous en viendrons ensuite à l’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui.

Regards croisés sur un personnage

Dans un article publié dans L’Express le 3 mars 1975 et rassemblé depuis dans le recueil Le Plaisir des yeux, article intitulé « Je ne connais pas Isabelle Adjani », François Truffaut revient sur sa rencontre et sur son travail avec Isabelle Adjani.

L’article reprend à plusieurs reprises cette même phrase, « Je ne connais pas Isabelle Adjani », et se termine par une autre phrase, sur laquelle je reviendrai plus tard :

Je dis parfois à Isabelle Adjani « Notre vie est un mur, chaque film est une pierre.» Elle me fait toujours la même réponse : « Ce n’est pas vrai, chaque film est le mur.»

J’ai cherché à nouveau dans la correspondance de François Truffaut, mais sans pouvoir la retrouver, la lettre qu’il avait envoyée à Isabelle Adjani :

Chère Isabelle Adjani, je n’ai jamais senti un désir aussi impérieux de fixer un visage sur la pellicule, tout de suite, toutes affaires cessantes. Votre visage tout seul raconte un scénario (…).

Cette lettre, Isabelle Adjani la cite dans la préface de l’ouvrage de Laura El Makki, Adèle Hugo : ses écrits, son histoire, publié en mars 2025.

Ces deux phrases, l’une lue au début de ma lecture, et l’autre se rappelant à moi à la fin, n’ont cessé de résonner en moi après cette lecture que je convoque à nouveau ici.

Chaque film est le mur

Quand on scrute la filmographie de François Truffaut, on se prend à essayer de classer, de catégoriser tel ou tel film, les Antoine Doinel d’un côté, mais si l’on veut faire un classement avec les films sur l’enfance, on reprend les Quatre cents coups que l’on range avec L’Argent de poche ou avec L’Enfant sauvage, les histoires d’amour de l’autre, mais La Mariée était en noir, est-ce un polar ou une histoire d’amour (même question pour La Sirène du Mississippi) ?

Et L’Histoire d’Adèle H, est-ce un film historique, une histoire d’amour impossible à rapprocher de La Chambre verte, ou Adèle est-elle aussi une enfant sauvage comme Victor de l’Aveyron ?

Bref, comme dans toute bibliothèque, aucun classement n’est suffisant ni satisfaisant à lui tout seul, et aucun film de François Truffaut ne rentre dans une seule case, bien trop étroite, de notre esprit. Il faut donc donner pleinement raison à la réponse faite à Truffaut par Isabelle Adjani : « Chaque film est le mur ».

Et quel mur ! Pour revenir sur la genèse et le tournage de ce film-mur, au scénario co-écrit par François Truffaut, Suzanne Schiffman et Jean Gruault, il faut se plonger dans différents ouvrages qui reviennent sur cette entreprise de longue haleine, puisqu’il a fallu un certain nombre d’échanges et de négociations, rappelés par Truffaut dans sa correspondance, avec l’universitaire Frances Vernor Guille, un long travail d’écriture ensuite mené par Truffaut et ses deux collaborateurs en parallèle d’autres projets, pour aboutir à ce « visage (qui) tout seul raconte un scénario ».

Notamment dans le Truffaut par Truffaut, ou François Truffaut au travail de Carole Le Berre, on voit les ébauches de ce scénario, que le spectateur a depuis inextricablement lié au visage d’Isabelle Adjani, lui préférant ce visage à l’original.

Votre visage tout seul raconte un scénario

Il suffit que je ferme les yeux un court instant, et lorsque je pense à Adèle Hugo, ce n’est pas son portrait ou sa photographie qui me vient immédiatement en tête, c’est le visage d’Isabelle Adjani.

Pourtant, au moment du tournage du film, pour lequel la comédienne quitte la Comédie française,  elle a dix-neuf ans, et le personnage qu’elle incarne est supposé avoir dépassé la quarantaine au début de l’histoire.

Ce film est un mur, pas seulement parce qu’il s’érige en monument, l’un des nombreux monuments féminins de la carrière d’Isabelle Adjani, parmi La Reine Margot et Camille Claudel, autres poings levés douloureusement contre le patriarcat, mais parce que viennent se heurter contre ce mur infranchissable de la filmographie conjuguée de Truffaut et d’Adjani, la voix et le visage réels et tout aussi tragiques d’Adèle Hugo.

Après L’Histoire d’Adèle H., qui pour réaliser un film sur Adèle Hugo ? Et après Isabelle Adjani, qui pour l’incarner ? J’ai beau chercher dans ma mémoire, je ne vois pas beaucoup d’autres personnages réels à ce point dépassés par leur interprète à l’écran.

Et cela est d’autant plus tragique pour un être dont on a à ce point renié et volé la voix. Marguerite de Navarre, après tout ou malgré tout, a quand même réussi à être reine, quant à Camille Claudel, ses oeuvres vengent désormais son aliénation. Mais Adèle ?

Dans la famille Hugo, je demande la fille

Si j’ai lu l’ouvrage de Laura El Makki en moins d’une journée – pour plagier Stefan Zweig, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme – c’est parce qu’elle restitue avec un souffle à la fois poignant et glaçant la façon dont un être est progressivement mis sous cloche.

Le titre du film de François Truffaut rend bien compte de cela : dès le départ, Adèle est dépossédée de son nom de famille, celui-ci étant accaparé par l’ogre paternel. Quant au prénom, il lui faut le partager avec sa mère, si bien que dans cet ouvrage qui lui est consacré, il faut distinguer le propos de la mère (Adèle Hugo, MH) et le sien (AH).

Il lui faut également compter avec l’ombre envahissante jusqu’au bout de sa soeur disparue, Léopoldine. Quant aux deux frères, Charles et François-Victor, ils peinent à trouver leur place face au patriarche, l’un se tournant vers la photographie, l’autre se plongeant dans la traduction de Shakespeare. En effet, pour exister face à Hugo père, mieux vaut aller vers des arts et des langages qu’il ne maîtrise pas : ce sera donc les expériences photographiques pour Charles, l’anglais pour François-Victor et la musique pour Adèle.

Son journal, rédigé au début de l’exil à Jersey puis à Guernesey, est considéré par sa famille pour ainsi dire comme une oeuvre de commande, elle y retranscrit les moindres événements vécus par les exilés, où elle apparaît moins en participante qu’en spectatrice, et où le texte, soumis à la validation familiale – voire exclusivement paternelle – est annoté de « oui » et de « bien » comme la rédaction appliquée d’un écolier.

Il faut pouvoir traduire la partie cryptée de son journal pour qu’on puisse enfin entendre la voix de son autrice. Et au moment où cette voix se tait peu à peu, il faut suivre le récit de Laura El Makki, émaillé des lettres des différents témoins, pour reconstituer le véritable itinéraire d’Adèle Hugo : Hugo le père, imperturbable dans son exil et convaincu que toute sa famille ne connaît le bonheur qu’à travers lui, Adèle la mère qui cherche vainement à défendre la personnalité et l’épanouissement de plus en plus fragilisés de sa fille, les deux frères qui vont et viennent comme des oiseaux qui se cognent aux fenêtres.

À lire ce journal crypté, ces lettres et cette histoire, si au départ on est amusé et presque agacé par cette fantasque Adèle qui cherche dans chaque regard masculin la reconnaissance et l’amour, on est progressivement happé par cette voix qui hurle en silence, par cet être qui se construit un amour pour se cabrer contre la comédie paternelle de l’exil et contre un père qui forge sa propre légende au détriment des siens.

Et finalement, quand on comprend à la fin que c’est le silence qui gagne, et qu’à force d’avoir trop lutté, notre Adèle s’est effacée et s’est faite emmurer, jusqu’à disparaître, certes après tout les siens, mais ô combien discrètement, on se dit que ce drame silencieux, Victor Hugo, trop préoccupé de sa gloire, n’aurait jamais pu l’écrire alors qu’il l’avait quotidiennement sous les yeux.

Ce n’est pas la première fois que Laura El Makki donne la parole aux femmes, que ce soit dans Les Incomprises, en préfaçant les Lettres choisies de la famille Brontë, ou en en faisant la biographie (Les Soeurs Brontë : la force d’exister, mon préféré à ce jour et qui me donne envie de revoir le film d’André Téchiné, avec un scénario de Jean Gruault et Isabelle Adjani en Emily Brontë, comme quoi, il n’y a pas de hasard…) ou avec son premier roman, Combien de lunes.

Et pour poursuivre le voyage, il me tarde de lire l’un de ses derniers travaux, Petit éloge de l’imagination, publié en 2025 aux éditions Les Pérégrines.

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