cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Auteur : juliettefiliol (Page 2 sur 75)

Octobre 2021 : séances et animations du CDI

Dans ce nouvel article, je vous présente les actions menées entre le 24 septembre et le 22 octobre, une période qui a été relativement riche sur le plan professionnel, tant en terme de valorisation du fonds que de séances pédagogiques.

Expositions thématiques

Je commencerai cette fois-ci avec les expositions thématiques en lien avec plusieurs événements nationaux et internationaux.

Le mois d’octobre est particulièrement intense en ce qui concerne ces événements. Je me souviens d’une conversation avec Audrey, ma comparse de la DNE sur les expositions thématiques.

Nous évoquions le fait que la période d’octobre à décembre (fête de la science, semaine du goût, journée de lutte contre le harcèlement…) est toujours assez riche, alors que l’on peine souvent à proposer ce même genre pour janvier – février, avant un sursaut aux mois de mars, avril et mai (printemps des poètes, semaine de la presse…).

Ce mois-ci, avec Roman, nous avons choisi de mettre l’accent sur les événements scientifiques, en proposant trois pôles :

  • la fête de la science (J)

Comme à l’accoutumé, une présentation (en affiche et sur le blog) des ressources disponibles au CDI est proposée aux élèves :

  • la semaine du climat (R)

  • la semaine mondiale de l’espace (J)

Cette sélection a été présentée sur le blog du CDI le jour où Thomas Pesquet a pris les commandes de l’ISS.

Voici l’affiche associée réalisée sur Canva :

Plusieurs autres sélections ont été proposées durant cette période, notamment autour des championnats du monde de cyclisme ou de la semaine du goût :

Gestion et valorisation du fonds

Un petit point rapide sur cette question : nous avons reçu deux commandes durant cette période, avec principalement des nouveautés en bandes-dessinées et en sciences sociales (ressources en HGGSP).

Pour les nouveautés en BD, c’est Roman qui s’est occupé de l’indexation et de la valorisation via le blog du CDI :

Pour les nouveautés en documentaires, je m’en occuperai au retour des vacances.

Un autre projet est également en cours d’élaboration pour être installé, lui aussi, au retour des vacances, j’aurai l’occasion d’en dire plus le mois prochain, mais voici un petit teasing.

Roman a pu avancer sur un chantier en cours depuis l’an dernier : le rafraichissement de la signalétique des rayons fictions. J’avais eu l’occasion de vous partager il y a quelques mois la signalétique réalisée pour les romans, la poésie et le théâtre.

Voici celle réalisée par Roman pour le rayon science-fiction :

avec un exemple pour l’une des lettres du rayon :

Il nous reste encore le rayon des romans policiers à finir.

Séances et actions pédagogiques

Pour ce mois d’octobre, les actions menées se sont bien diversifiées et nous sommes assez sollicités par les collègues. Je vais présenter ici quelques-unes de ces actions et en garder certaines pour le mois prochain.

  • visite des classes de secondes : nous avons réussi à programmer des visites pour 13 de nos 14 classes de secondes.

Sur ces 13 classes, 10 auront fait la visite avant les vacances de la Toussaint. Concernant la quatorzième classe, elle est déjà impliquée dans un projet avec Roman en EMC et vient régulièrement au CDI, ce qui permet de la mettre sur un pied d’égalité avec les autres classes.

  • séances en EMC : pour le projet autour des réfugiés avec une classe de seconde et ma collègue d’histoire-géo, je joue régulièrement à cache-cache avec les élèves (changement d’emploi du temps, réunions à l’extérieur…)

En classe de première, nous avons commencé des séances avec ma collègue de SES, durant lesquelles les élèves doivent réaliser un dossier documentaire sur un des aspects de la fragilisation du lien social (3 séances avant les vacances).

  • campagnes PIX pour les élèves de terminale : nous avons pris en charge le dossier PIX au lycée avec la proviseure adjointe et Aurélie, collègue de physique-chimie

Depuis le mois de septembre, j’ai envoyé plusieurs mails sur l’ENT aux élèves de terminale, afin qu’ils réalisent leur parcours de rentrée sur PIX. J’ai également envoyé plusieurs mails aux professeurs principaux.

Pour permettre aux élèves de mettre le pied à l’étrier, nous avons mené plusieurs séances soit en classe entière soit en demi-groupe, avec des rappels sur PIX : avant les vacances nous aurons normalement vu un tiers des classes (4 sur 12) sachant que nous avons au lycée 8 terminales générales et 4 terminales STMG.

  • préparation du grand oral en HGGSP : à la demande de mes collègues, j’aurai vu avant les vacances les 3 groupes de terminale HGGSP.

Je profite de ces séances pour faire un rappel sur les ressources disponibles au lycée : ressources du CDI, ressources sur l’ENT et actions des professeurs-documentalistes.

Évidemment, une séance est tombée pendant le bug du portail E-SIDOC (tout comme une séance sur PIX est tombée pendant un bug de PIX…) mais l’idée est de lancer les recherches des élèves :

La même demande m’a été faite par Christophe, collègue de maths, pour aider les élèves à préparer le grand oral en maths. La séance a eu lieu elle aussi avant les vacances mais j’en dirai plus dans l’article du mois de novembre.

  • Escape Game Olympe de Gouges

Enfin j’en termine pour ce mois d’octobre avec le plus gros morceau. Début octobre, une de mes collègues de français est venue me voir pour me demander s’il était possible d’aider les élèves de sa classe de première STMG à se lancer dans la lecture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges.

Comme cette période de l’histoire m’a toujours intéressée, j’ai très vite été inspirée par cette demande et j’ai voulu proposé un escape game sur le modèle de celui réalisé par Audrey sur l’identité numérique.

Cependant, au lieu que les élèves aient d’emblée tout le parcours, je voulais que celui-ci se révèle progressivement, au fil de la résolution des énigmes. Je voulais aussi que cet escape game, même s’il était proposé sur les ordinateurs, invite les élèves à consulter différents ouvrages.

En voici donc la structure (sans en dévoiler les réponses) :

  1. une page d’accueil
  2. la première énigme : remettre dans l’ordre les événements de la Révolution française (aide : des documentaires sur l’histoire de France) Les élèves obtiennent le premier code qui permet, en cliquant sur la flèche, d’accéder aux énigmes 2
  3. chaque groupe choisit un 2 : ils doivent récupérer la cote commune à la sélection d’ouvrages ou la cote de la bande-dessinée, ce qui permet d’accéder à l’énigme 3
  4. les acteurs de la Révolution française. Une fois les acteurs retrouvés, ils peuvent déplacer le personnage et accéder à l’énigme 4
  5. les figures du droit des femmes : à l’aide des indices et d’une sélection d’ouvrages, ils retrouvent les différentes figures, récupèrent un code donnant accès à l’énigme 5
  6. les mots d’Olympe : ils doivent compléter le texte en s’aidant des exemplaires de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, puis récupérer dans le livre le dernier mot de cette déclaration
  7. ce qui leur donne accès au code final.

Voici l’installation durant les séances pour deux des trois équipes (séance en demi-groupe, 16 élèves) :

Et voici l’escape game dans sa version en ligne :

Communication : pour les élèves (et pour le lycée en général)

  • Concours de la BD scolaire

Cette action est à l’initiative de Roman, qui a communiqué avec différentes classes et par voie d’affichage et a accueilli plusieurs élèves volontaires au CDI :

  • Marques-pages

Également réalisés par Roman et mis à disposition des élèves (nous avons pris de temps en temps l’habitude de glisser un marque page dans un ouvrage emprunté) :

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Durant cette période, voici les articles proposés aux élèves : la fête de la science (27 septembre), une revue de presse (30 septembre, avec un point sur les championnats du monde de cyclisme), un ZOOM ACTU sur l’écologie :

un article sur la semaine mondiale de l’espace que j’ai évoquée précédemment (4 octobre), une revue de presse avec un point sur la semaine du climat (7 octobre) un ZOOM ACTU sur l’économie et la société numériques (11 octobre) :

une revue de presse avec un point sur la semaine du goût (14 octobre) :

la surprise de la rentrée (19 octobre), la valorisation en BD évoquée plus haut (20 octobre) et un ZOOM Actu sur la guerre d’Algérie (22 octobre).

Communication : pour l’équipe éducative

  • E-INSTANT CDI : focus octobre

Pour le mois d’octobre, j’ai modifié la page d’accueil de l’E-INSTANT :

La partie « focus » ce mois-ci était consacrée au CRCN et aux ressources et abonnements pédagogiques proposés par le CDI :

  • Agenda partagé du CDI sur l’ENT

La nouveauté de ce mois-ci est la mise en place de l’agenda partagé du CDI sur l’ENT, pour donner un peu plus de visibilité (et de lisibilité) à nos actions.

Pour donner une idée de la façon dont il est organisé, voici une capture d’écran pour la semaine avant les vacances :

Autres activités (réunions, stages, déplacements, publications)

Voici les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 27 septembre au 22 octobre) :

  • 28 septembre : un déjeuner avec la personne chargée des affaires culturelles de la mairie
  • 30 septembre : un entretien avec la nouvelle proviseure pour présenter les actions du CDI
  • 5 octobre : la première réunion de formation de formateurs en documentation pour l’académie de Versailles
  • 6 octobre : un webinaire sur l’organisation des TraAM
  • 8 octobre : la première demi-journée banalisée sur l’évaluation
  • 15 octobre : le séminaire de rentrée de la DNE au lycée Hector Guimart
  • 18 octobre : la première réunion de bassin des professeurs documentalistes
  • 20 octobre : la réunion nationale des référents TraAM
  • plusieurs appels avec une collègue CPE pour préparer un stage sur le cyberharcèlement

Enfin j’en termine avec la préparation et la publication d’articles sur le site du collectif LudoDOC. Durant cette période, c’est le parcours de #profdoc de Magalie Bossuyt qui a été publié.

En effet, j’ai modifié quelque peu mon calendrier de publication concernant les parcours et celui de Magalie étant prêt depuis quelques temps, nous avons pu le sortir le 11 octobre :

De la documentation oui, mais de l’humain avant tout !

Encore un grand merci à elle !

Un article qui revient sur les coups de cœur de Fabienne et Béatrice à Ludovia a également été publié ce mois-ci :

Retour sur #Ludovia18 : les coups de cœur de Béatrice et Fabienne

et un nouvel épisode de l’histoire numérique de la documentation sera prochainement publié, normalement courant novembre.

D’ici là je vous souhaite d’excellentes vacances et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Bâtisseurs de mondes

Pour écrire ce nouvel article cinéphile, j’ai eu un peu de mal à mettre le pied à l’étrier.

D’habitude, j’ai toujours un peu d’avance dans ces comptes-rendus, je m’arrange pour qu’à chaque vacance, les deux articles suivants soient prêts.

Il faut dire aussi que mes lectures sont elles aussi généralement en avance, ce qui n’est cette fois-ci pas le cas… j’ai fini le livre qu’abordera cet article il y a environ deux semaines, et pourtant cela faisait bien deux mois qu’il était en évidence sur l’une de mes étagères…

Je profite donc d’un dimanche particulièrement pluvieux et venteux, qui incite bien plus à la paresse qu’au mouvement, pour rattraper mon retard et sortir cet article, comme prévu, le vendredi suivant.

Revoir des films, retourner au cinéma

Avec ce compte-rendu du mois d’octobre, et avec l’annonce de plusieurs sorties en salle qui sont des plus alléchantes – Dune, le dernier James Bond malgré Léa Seydoux, Matrix IV – j’ai retrouvé l’envie d’aller au cinéma et de voir de nouveaux films.

En effet, si l’on fait exception du premier volet de Kaamelott, qui était vraiment un impératif pour moi, je n’étais pas retournée au cinéma depuis la sortie du Joker avec Joaquin Phoenix.

Comme beaucoup, je me suis réfugiée durant toute cette période dans le visionnage en streaming ou dans le revisionnage de ce que j’avais sur mes étagères… avec, je l’ai dit, au mois de septembre, une bonne rétrospective de Claude Sautet et de Jean-Paul Belmondo.

Généralement mes lectures cinéphiles me donnent envie, quand le livre gagne son pari, de voir ou de revoir des films, d’enrichir ma culture cinématographique, d’approfondir un univers.

Le plaisir de la découverte

Ma bibliothèque étant bien garnie, il m’arrive souvent d’être en panne d’inspiration dans mes choix de lecture.

Je vais donc de plus en plus me tourner vers ce que je n’ai pas déjà, même s’il peut y avoir des coups de coeur et des exceptions – un énième livre sur Truffaut, Hitchcock ou Chaplin trouvera toujours sa place sur l’étagère.

Mais ces derniers temps, ce que j’ai recherché, ce sont les ouvrages qui me décodent les univers de réalisateurs plus récents, et que j’ai découverts plus tardivement, raison pour laquelle j’ai autant apprécié le livre de Philippe Lombard sur Quentin Tarantino.

C’est aussi pour cela que je considérerai avec davantage de curiosité un livre sur Wes Anderson, sur les sœurs Wachowski,  sur David Fincher ou sur Christopher Nolan.

En ce qui concerne les trois derniers univers mentionnés, ils ne font pas partie à l’origine de ce que j’avais l’habitude de regarder. Ces dernières années m’ont permis d’élargir mes horizons cinématographiques et de découvrir des œuvres vers lesquelles je ne serais pas allée naturellement…

Palmarès des nouveaux horizons

Dans ces découvertes je retiens principalement :

  1. l’univers des sœurs Wachowski cité précédemment (de Matrix à Sense 8 en passant par Cloud Atlas)
  2. les films de survie spatiale (je range dedans Gravity, Seul sur Mars et Interstellar)
  3. Seven sisters, que j’avais adoré, avec un gros coup de coeur pour Noomi Rapace
  4. La Forme de l’eau de Guillermo Del Toro
  5. les films de Christopher Nolan, du coup Interstellar apparaît à deux endroits…

Il y a évidemment bien d’autres films que j’ai vus ces dernières années (et je ne compte pas les séries), mais je ne garde ici que ceux qui m’ont véritablement sortie de ma zone de confort et qui ont constitué pour moi des claques aussi bien narratives que visuelles.

J’ai vu et revu Matrix, j’ai été bluffée par la beauté foisonnante de Sense 8. Pour les films spatiaux, qui ont parfois tendance à m’ennuyer, c’est le visuel et l’humour que je retiens avec Seul sur Mars, même si Interstellar joue dans plusieurs catégories (comme Jessica Chastain d’ailleurs)…

Seven sisters m’a subjuguée pour son jeu sur les différentes identités, La Forme de l’eau pour la beauté fascinante de son histoire. Quant à Nolan, il se suffit à lui-même.

Et comme d’habitude, quand quelque chose m’interpelle ou m’intrigue, j’aime me le rappeler ou qu’on me l’explique.

Décrypter Christopher Nolan

Qu’on me l’explique ou que du moins on tente de me l’expliquer, que je parvienne à en saisir certaines aspérités.

C’est ce que s’attache à faire l’auteur du petit ouvrage que je vais brièvement évoquer maintenant, Timothée Gérardin.

Son Christopher Nolan : La possibilité d’un monde a été publié une première fois en 2018 et est ressorti en avril dernier, pour inclure Tenet à son corpus.

Je n’ai pas encore vu tous les films de Nolan, et même si je les avais tous vus, ce n’est pas un premier visionnage de ceux qui me manquent qui me permettrait de les appréhender correctement.

J’ai cependant vu une bonne dizaine de fois (si ce n’est plus) les autres, à savoir : la trilogie  The Dark Knight, Inception et Interstellar.

À l’heure où j’écris cet article, Tenet est toujours sur mon étagère, à attendre patiemment que je me décide à le regarder…

J’ai donc ouvert l’ouvrage de Timothée Gérardin avec beaucoup de curiosité et un peu d’appréhension, mais j’ai vite été embarquée dans ce labyrinthe captivant que constitue l’univers de Nolan, et c’est une phrase au milieu des autres qui a fini d’emporter mon adhésion :

On retrouve ici le plaisir double des films de Nolan, qu’on voit une première fois pour les croire, et une seconde fois pour les comprendre.

À en juger par le nombre d’articles et de théories publiés à la sortie d’Inception, puis à celle d’Interstellar, ce dont se souvient comme moi l’auteur du livre, la seconde fois ne suffira jamais…

Et c’est tant mieux !

Sauf pour Tenet qui fait partie de ma période creuse au cinéma, quand je sais qu’un film est de Nolan, cela est suffisant pour me décider à le voir (comme avant lorsqu’il s’agissait de Ridley Scott, mais il y a eu trop de loupés et c’est un autre débat).

Nolan me procure ce sentiment d’évasion et cette envie compulsive de comprendre son univers, tout en me poussant à aller plus loin.

Je n’ai compris les trois temporalités de Dunkerque qu’au milieu du film et c’est ce qui a fini de me convaincre que j’avais affaire à un génie.

L’ouvrage de Timothée Gérardin me conforte dans cette idée parfaitement impartiale…, d’une manière concise et efficace :

  • un prologue présentant le parcours de Nolan
  • 3 parties sur les différents aspects de son cinéma : « Le labyrinthe des subjectivités », « Le maître des illusions », « Humains après tout »
  • un épilogue ouvrant sur les expérimentations à venir

Cet épilogue présente Nolan comme à contre-courant de cinéastes que j’ai cités précédemment, comme Fincher ou les Wachowski, et surtout « à contre-courant des blockbusters récents ».

Il est certain que si je regardais avant avec plaisir les anciens X-Men, les « fabriques du héros » qu’ont été les premiers volets des Captain America ou de Iron Man, les facéties parodiques d’un Deadpool, les aventures de Spiderman version Andrew Garfield, les tribulations bien rythmées des Gardiens de la galaxie, c’est maintenant avec lassitude que je vois sortir chaque poussée tentaculaire de l’univers Marvel…

… et si je continue à leur trouver un petit plaisir régressif ou à savourer le fait de déconnecter mon cerveau en les regardant, ils ne me stimuleront et n’aiguiseront ma curiosité jamais autant que le prochain Christopher Nolan.

Je profiterai des prochaines vacances pour voir enfin Tenet, et lire le livre qui fera l’objet du prochain compte-rendu de lecture.

D’ici là, je vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Septembre 2021 : séances et animations du CDI

Cette nouvelle rentrée est un peu particulière à mes yeux :

Regard dans le rétroviseur

je fête cette année mes dix ans en tant que professeure-documentaliste (un an en tant que stagiaire, 9 ans en tant que titulaire). Sur les 9 ans en tant que titulaire, voilà ce qu’on peut en dire :

  • 4 ans en collège, 5 ans en lycée (6e rentrée en ce mois de septembre) ;
  • depuis 2014, j’effectue un jour par semaine ma mission à la DNE, ce qui m’a amenée à côtoyer et rencontrer de super profs docs – un bon lot se trouvent en région parisienne, un autre lot dans le sud ouest, un électron libre qui se reconnaîtra m’a amenée jusqu’en Guyane ;
  • depuis 2015, j’ai co-animé des formations dans l’académie de Versailles ;
  • entre 2017 et 2021, j’ai participé au jury du CAPES de documentation ;
  • depuis 2018 je co-anime le collectif LudoDOC dont je vous parle régulièrement (et cet article ne fera sans doute pas exception)…

Bref, des années denses, bien occupées, avec toujours ce qui me plait : du partage, des rencontres et des expériences enrichissantes.

Cette année scolaire, je fêterai également les 10 ans de ce blog de profdoc, que j’ai décidé de lancer lors de mon année de stage juste après ma visite de titularisation.

J’espère pouvoir encore pendant un moment vous partager mon quotidien de profdoc et mes lectures cinéphiles !

Rentrée 2021 : même lycée, nouveaux horizons

Pour cette rentrée de septembre 2021, toujours au lycée Albert Einstein de Sainte-Geneviève-des-Bois, deux changements s’annonçaient :

  • d’abord un changement dans l’équipe des profs docs au CDI, Lucile (2020-2021) et Floriane (2019-2020) ayant toutes deux obtenu un poste fixe dans le département.

Comme vous le savez depuis le temps, je suis en double poste et la collègue titulaire est en arrêt maladie depuis septembre 2019. Après Lucile et Floriane, c’est donc Roman qui est TZR cette année au lycée (je reconduis donc avec lui le partage de ses actions sur ce blog, comme je le faisais avec mes deux comparses précédentes).

  • ensuite un changement de direction, notre proviseure ayant obtenu sa mutation après près de 5 ans au lycée.

À l’heure où j’écris ces lignes, nous n’avons toujours pas pu rencontré la proviseure actuelle, elle a cependant donné au lycée une certaine impulsion numérique, faisant passer l’ensemble de la communication via l’ENT.

Préparation de la rentrée

Cette année, comme les années précédentes, j’aime faire un petit saut au lycée (en général d’une matinée) pour prendre la température et traiter le gros du courrier arrivé pendant les vacances.

J’en profite aussi pour réinstaller quelques sélections, afin que le CDI ait tout de suite à la rentrée un aspect plus attrayant pour les nouveaux collègues et pour les élèves.

Cette année, je souhaitais également préparer une petite animation à l’occasion de la pré-rentrée pour les nouveaux collègues autour des Journées du patrimoine.

En effet j’avais demandé à notre ancienne proviseure un petit temps de présentation du CDI dans le cadre de cette pré-rentrée. Petite surprise : ma demande a bien été retenue, mais en toute fin de journée, de 17h à 17h30 (vous imaginez aisément l’enthousiasme des collègues !).

Néanmoins, pour le jour de la pré-rentrée, tout était prêt : la présentation cliquable (que j’ai directement envoyée par mail sur l’ENT) et l’animation autour des Journées du patrimoine, sur laquelle je reviendrai dans un instant.

Cette présentation, déjà proposée l’an dernier, permet de synthétiser l’ensemble des actions et des moyens de communication proposés par les professeurs documentalistes : portail E-SIDOC, blog, suggestions de collaborations, conseils de lectures.

J’y ai ajouté le visuel des spécialités enseignées au lycée ainsi que les différentes présentations sur « Travailler avec la presse », que nous avions réalisées avec Lucile en fin d’année dernière.

Journées du patrimoine

En fin d’année dernière, j’avais un peu de temps pour commencer à préparer quelques actions de valorisation pour septembre 2021.

Mon choix s’est penché sur les Journées du patrimoine, auxquelles je consacre généralement une table thématique, mais je voulais cette année leur donner un peu plus d’envergure.

J’ai commencé par une petite commande d’ouvrages sur l’histoire locale, puis je suis allée subrepticement emprunter une carte murale dans le labo des profs d’histoire-géo.

J’ai ensuite cherché des cartes postales anciennes des différents départements de la grande couronne, grâce aux archives départementales. J’ai contacté (sans succès) la mairie et d’anciens collègues pour retrouver des anciennes photos du lycée.

J’y ai néanmoins glané le contact de la personne chargée des projets culturels pour la ville, ce qui augure une collaboration intéressante.

J’avais aussi préparé un petit jeu cliquable que j’ai mis en page d’accueil du portail E-SIDOC. Les élèves (et les enseignants) devaient reconnaître à partir des cartes postales anciennes les lieux actuels de la ville.

Début septembre, j’ai finalement installé ma carte murale, mes sélections thématiques et j’ai proposé le visuel suivant :

J’ai mis à disposition des élèves le jeu Circino – erreur de casting, c’est un jeu plus pour les élèves de primaire ou les collèges, mais les cartes des monuments de l’Essonne sont vraiment sympas, je réfléchis en ce moment à une réutilisation – et grâce à une copine d’histoire-géo, le Trivial Pursuit Ile de France (un grand merci à elle).

Voilà le résultat en images :

Expositions thématiques

Pour cette nouvelle année scolaire, nous avons repris avec Roman une excellente initiative menée par Lucile l’an dernier, et nous nous la sommes partagées : il s’agit de la revue de presse publiée sur le blog du CDI sur l’ENT.

Pourquoi en parler ici ? Parce qu’elle nous permet justement de proposer des sélections thématiques de plus ou moins grande envergure aux élèves.

Roman se charge donc de la revue de presse hebdomadaire :

Cela lui a permis de proposer également en ce début d’année une présentation sur la filmographie de Jean-Paul Belmondo :

ainsi qu’une présentation et une installation à l’occasion de la sortie du film Dune au cinéma :

Cette revue de presse lui a aussi donné l’occasion de proposer une sélection autour de l’adaptation cinématographique du Sommet des dieux à la fin du mois :

De mon côté, je propose un ZOOM ACTU hebdomadaire sur un sujet à la Une de la presse. Pour le premier numéro, j’avais à l’origine porté mon choix sur les 20 ans du 11 septembre, sujet que j’ai reporté en deuxième semaine pour faire moi aussi une petite sélection sur Belmondo :

Le numéro sur le 11 septembre m’a permis de proposer une sélection de ressources pour les élèves :

Pour la semaine du 17 septembre, mon Zoom était consacré aux 40 ans de l’abolition de la peine de mort :

Pour la dernière semaine de septembre, j’avais choisi les élections fédérales en Allemagne :

Valorisation du fonds

Pour ce mois de septembre, outre les deux grosses sélections autour des Journées du patrimoine et du 11 septembre, nous avons modestement recommencé à valoriser certaines ressources.

Ce visuel sur les nouveaux romans était prêt depuis juin dernier :

Ayant récupéré pour le CDI un certain nombre de polars (qui feront davantage la joie des collègues que des élèves je pense), j’ai également proposé un visuel exclusivement consacré à cette sélection.

Voilà l’installation à l’entrée du CDI :

Séances et actions pédagogiques

Concernant les actions pédagogiques, ce sont pour l’instant principalement des actions de l’an dernier qui ont été reconduites, ou simplement des séances de présentation de projets, à savoir :

  • une piqûre de rappel sur l’utilisation du portail E-SIDOC en enseignement scientifique avec Christophe, collègue de maths (voir à ce sujet l’article de septembre 2020) ;
  • la présentation d’un projet qui sera mené à l’année avec une classe de seconde, en collaboration avec Eve-Marie, collègue d’histoire-géo, autour du Haut Commissariat aux Réfugiés ;
  • le début des visites du CDI pour les élèves de secondes : nous avons 14 classes cette année, que nous espérons toutes faire venir,  et pour l’instant nous avons reçu 9 réponses des professeurs principaux, formelles ou informelles

Pour ces visites nous proposons deux types d’activités en demi-groupes, en fonction du professeur documentaliste en charge de la séance. De mon côté j’ai repris la visite telle que nous l’avions organisée avec Lucile l’an dernier.

Roman propose quant à lui un escape game qui mixe le scénario d’escape CDI, une des énigmes proposée dans la séance mentionnée juste avant, et des énigmes issues d’un escape game qu’il avait organisé dans son établissement précédent (des mots croisés, du morse, des QCM sur learning apps…).

Communication

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Outre les revues de presse hebdomadaires, les articles reviennent sur les actions menées évoquées plus haut. Dans l’ordre : horaires de rentrée, zoom actu et journées du patrimoine.

  • Lettre de diffusion E-INSTANT : nouveautés du mois de septembre

L’E-INSTANT a repris du service en ce début d’année avec une nouvelle page d’accueil :

Les trois rubriques Éducation, Culture et Numérique sont modifiées d’un tiers par semaine en temps normal, et un focus mensuel spécifique a été proposé, ce mois-ci sur les actions du CDI pour la rentrée 2021 :

Autres activités (réunions, stages, déplacements)

L’une de mes activités de ce début d’année est évidemment l’attribution des licences dans le GAR. Malgré plusieurs anomalies, cette attribution s’est déroulée de manière beaucoup moins fastidieuse que les années passées.

L’autre point à traiter est la validation du CRCN par les élèves de terminale, ce qui a fait l’objet d’une réunion avec la proviseure adjointe et Aurélie, collègue de physique-chimie, la deuxième semaine de septembre.

Voici les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 1er au 24 septembre) :

  • les mercredis 8, 15 et 22 septembre, j’ai repris mes activités à la DNE avec ma comparse Audrey ;
  • le jeudi 16 septembre, j’ai donné mon premier cours aux étudiantes du master 2 MEEF parcours documentation de l’université Paul Valéry de Montpellier

Petite précision concernant cette activité : j’ai en effet été approchée en mars dernier par Eva Sandri, responsable du master, pour donner ces cours à destination des étudiants de master 2e année. Il s’agit de les préparer à la nouvelle épreuve sur dossier du CAPES externe, et je donne ces cours en visio, à raison de 15h au premier semestre.

Enfin j’en termine avec la préparation et la publication d’articles sur le site du collectif LudoDOC. Durant cette période, c’est l’article d’Audrey Démonière-Rouvel, ma comparse à la DNE, qui a été publié :

SE POSITIONNER FACE À L’INFORMATION – Ludovia#16 (2019)

Ce soir, nous sommes septembre

Pour ce nouvel article cinéphile, j’ai hésité entre plusieurs titres. Je voulais évoquer une atmosphère, un cinéma bien particulier, mais aussi faire pendant à l’article de juin, et ce à tout point de vue.

En effet, pour ce compte-rendu de lecture, je souhaitais reprendre la même structure que pour « Un tour du monde qui rime » : un univers ou un réalisateur et un acteur.

Et puis le titre m’est apparu comme une évidence, lorsque je me suis souvenue de la date de publication de cet article. Vous devinez ? Cela ne vous dit rien ? Petit indice musical :

C’est bon, vous avez trouvé ? J’ai préféré cette vidéo de l’INA à une vidéo, très bien faite cependant, qui proposait un montage d’extraits des Choses de la vie, mais dont je ne suis pas certaine de la pérennité sur YouTube.

J’ai toujours trouvé très mélodieux ce début de chanson, avec cette façon si particulière de nous « installer » dans le temps : ce soir, nous sommes septembre. Nous ne sommes pas EN septembre, nous sommes septembre. Et c’est Romy Schneider, avec cette voix unique, qui nous le chante. Mais je m’égare…

Pour ce compte-rendu de lecture, vous l’aurez maintenant compris, je souhaitais vous parler d’un réalisateur, d’une comédienne, et de deux ouvrages que j’ai lus cet été.

Claude Sautet sous la pluie

Je ne crois pas avoir déjà consacré un article aux films de Claude Sautet, qui pourtant très tôt ont fait partie de mon univers cinématographique.

Mon premier souvenir remonte à assez loin, bien avant que je découvre les films de Truffaut, avec Un cœur en hiver. Je pense avoir vu le film vers mes 9 ou 10 ans. Comment je le sais ? Je faisais à l’époque du violon et j’avais été fascinée par cette histoire de musiciens et de luthiers.

J’avais à l’époque recopié, en m’appliquant et absolument sans la comprendre cette réplique d’Emmanuelle Béart, qu’elle attribue à Maurice Garrel (qui joue dans le film son ancien professeur) :

Demoiselle, vous obtenez avec votre archet un crissement assez proche de celui d’une pierre ponce frottée sur un parquet ciré.

C’était effectivement le son que je devais obtenir à l’époque (et toujours par la suite malgré 11 ans de violon) de ce pauvre instrument : je n’avais pas vraiment de patience, pas beaucoup de rigueur et aucun attrait pour le solfège…

Ce qui m’avait marquée, c’était surtout la musique de Ravel, et la préférence déjà à l’époque pour le rayonnant André Dussolier par rapport au froid et ténébreux Daniel Auteuil. J’aimais aussi beaucoup les personnages secondaires.

Je n’avais évidemment pas compris grand chose non plus à la subtilité et à la complexité des rapports entre les personnages, ce n’est qu’en renvoyant le film plus tard (et même très récemment) que je les ai saisies.

Mon second souvenir d’un film de Claude Sautet est un peu plus fidèle à l’intention du cinéaste : il s’agit de Nelly et Mr Arnaud, avec à nouveau Emmanuelle Béart. J’ai dû certainement le voir quelques temps après sa sortie mais aussi avant le décès de Claude Sautet, donc je dirais en 1998 ou 1999.

Là encore, l’atmosphère du film m’avait beaucoup marquée, j’aimais beaucoup Michel Serrault – une affection constante – et j’avais là encore été frappée par le charme des personnages secondaires, même si longtemps j’ai cru que celui incarné par Brigitte Catillon dans Un coeur en hiver et celui incarné par Claire Nadeau dans Nelly et Mr Arnaud étaient une seule et même personne.

J’ai donc commencé le cinéma de Claude Sautet par la fin, avec deux films qui m’ont accompagnée et que j’ai toujours plaisir à revoir.

L’admiration que j’ai ensuite portée à Romy Schneider m’a conduit à découvrir une autre partie de sa filmographie, que je connais désormais pour moitié, ce qui est suffisant pour avoir envie de lire des ouvrages qui lui sont consacrés.

L’univers parisien de Claude Sautet

C’est donc tout naturellement que, lorsque j’ai vu que les éditions Parigramme publiaient un livre intitulé Le Paris de Claude Sautet, j’ai voulu me plonger dedans.

Ce livre, sous la plume d’Hélène Rochette, est sorti en avril 2020 et porte comme sous-titre sur sa première de couverture : « Romy, Michel, Yves et les autres… »

Il était, comme tout ouvrage des éditions Parigramme que j’ai pu découvrir jusque-là, la promesse d’un itinéraire captivant.

Dans la même collection, j’avais déjà dans ma bibliothèque Le Paris de François Truffaut, Paris : 100 films de légende, et Louis de Funès à Paris, tous trois l’œuvre de Philippe Lombard.

J’avais également offert à un inconditionnel d’Audiard celui dédié à ce cinéaste et à une admiratrice de Gainsbourg l’ouvrage qui lui était consacré.

Globalement je trouve les éditions Parigramme de plus en plus agaçantes dans leur manie qu’elles ont de nous donner envie d’acquérir à chaque balade sur leur site internet l’intégralité de leur catalogue. Message personnel : arrêtez, je n’ai plus de place !

Tout cela pour dire que l’ouvrage d’Hélène Rochette ne déroge pas à la règle. On y retrouve l’atmosphère enfumée des films de Claude Sautet, on déambule dans ces quartiers pluvieux qui vont du cœur de Paris (sans cependant donner d’adresse précise) à la banlieue.

On y croise Montand et Piccoli au volant de leurs voitures (à leurs risques et périls), Romy – la seule qu’on se croit autorisé à appeler par son prénom – Sandrine Bonnaire, Myriam Boyer et Emmanuelle Béart.

On s’y promène de cafés en restaurants, quand on assiste pas aux scènes en spectateur indiscret, depuis une table de troquet avec Mr Arnaud ou de l’extérieur, parfois sous la pluie, avec Rosalie ou Maxime.

Le parcours est à la fois biographique et thématique, ce qui parfois déconcerte mais l’association parfaite du texte et des images donne immanquablement envie de voir ou revoir les films de Sautet – et ça n’a pas loupé, deux jours après avoir fini de le lire, j’en avais déjà revu trois.

Sortie de cette lecture, j’ai directement plongé dans la suivante, pour prolonger cette atmosphère familière.

Figures féminines

En rangeant ma bibliothèque, j’ai essayé de faire le point sur les ouvrages en ma possession consacrés à des comédiens ou des comédiennes.

D’ailleurs, quelque peu arbitrairement et sans tenir compte des frontières (aujourd’hui bien plus poreuses) entre théâtre, cinéma et télévision, j’ai toujours préféré le terme « comédien » à celui d’acteur.

Faisons le point : à l’international, je retrouve dans cette bibliothèque des figures telles que Bogart, Cary Grant, Mastroianni, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Audrey Hepburn, Katharine Hepburn, Grace Kelly, Marilyn Monroe, Greta Garbo, Carrie Fisher.

Côté francophone, s’y côtoient De Funès, Jean Marais, Jean Rochefort, Michel Serrault, Annie Girardot, Jeanne Moreau, et, arrivant en tête (mais ne dépassant jamais le nombre d’ouvrages consacrés à Truffaut, ce qui est rigoureusement impossible) Simone Signoret et Romy Schneider.

J’avais déjà fait le point dans un précédent article des ouvrages consacrés à Romy figurant dans ma bibliothèque, et en relisant cet article, j’étais assez contente de moi pour n’avoir pas grand chose à y ajouter.

Figures maternelles

J’avais établi dans cet article un certain nombre de critères qui guident mes choix de lectures face à un livre consacré à Romy Schneider :

  1. il donnera la parole à la principale intéressée (je pourrais ajouter ici : ou à des témoins directs qui l’ont côtoyées)
  2. il racontera sa vie d’un ton neutre et objectif
  3. il se concentrera sur des photos et/ou des facs similés
  4. il apportera un éclairage inédit sans sensationnalisme

Cependant, c’est tout à fait par hasard, et sans l’avoir recherché, que j’ai eu entre les mains l’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui. Il m’a en effet été offert par quelqu’un qui connais mon attachement à Romy Schneider.

Il s’agit de La Beauté du ciel, de Sarah Biasini, publié en janvier 2021 aux éditions Stock.

Si j’ai ouvert ce livre, dont j’ai retardé jusqu’à l’été la lecture, en m’attendant à un témoignage de Sarah Biasini sur sa mère, j’ai très vite été emportée par tout autre chose.

D’abord par la beauté de l’écriture, par la sobriété et la pudeur du style. Ensuite, par les émotions qui traversent le livre, sans cesse à fleur de peau. Puis, par la délicatesse du projet : une fille qui a perdu sa mère, une fille qui elle-même devient mère et s’adresse à sa fille.

J’ai été touchée par cette sensibilité, par la façon dont Sarah Biasini esquisse des portraits de cette mère qu’on aperçoit sans cesse dans l’ombre, que finalement tout le monde s’est approprié, et dont elle profite de l’écriture pour se la réapproprier, pleine et entière.

Au-delà de la figure absente et omniprésente de Romy, ce qui touche aussi c’est la rencontre de toutes les figures féminines qui entourent Sarah Biasini, toutes des mères, toutes des filles, toutes des femmes, et cela m’a rappelé justement ma lecture de Fille, de Camille Laurens, plus tôt dans l’année.

De belles voix de femmes, d’une génération à l’autre, et par association d’idées, je pense au titre anglais d’un livre d’André Brink, A chain of voices (traduit maladroitement selon moi en Un turbulent silence).

Ouvrant le livre, j’ai guetté Romy, j’ai trouvé Sarah, et finalement, ce qui m’est resté c’est la voix (ou la voie) ininterrompue qui allait de l’une à l’autre pour se transmettre à Anna, la fille de Sarah.

J’ai ouvert ce livre en croyant trouver une nouvelle expérience cinéphile, je le referme en ayant rencontré une très belle expérience humaine et littéraire.

La beauté du ciel ? La beauté, tout court.

Hors-série 2 : conseils de lecture estivaux

Pour ce deuxième hors-série de l’été, je poursuis mes conseils de lecture avec une petite sélection des livres que j’ai lus durant l’année scolaire 2020-2021 et qui m’ont particulièrement marquée.

Cet article est un peu à la manière de la présentation que je propose à mes collègues, mes « Conseils de lectures de la #profdoc », mais je donnerai ici à ces conseils un tour un peu plus personnel et plus sélectif.

Le mois dernier, j’avais abordé des lectures suggérées par Bénédicte, comparse de #LudoDOC, trois ouvrages plutôt facétieux avec des univers d’auteurs bien particuliers (Jean-Paul Didierlaurent, Benoit Philippon et Romain Puértolas) et deux ouvrages prêtés par des copains copines du lycée.

Pour cet article, je vais à nouveau aborder les choses en trois parties : d’autres suggestions de lecture par les copains copines du lycée, trois ouvrages qui m’ont été conseillés par la même personne qui est depuis longtemps ma principale source en matière de lecture, et mon univers d’auteur / auteur coup de coeur de l’année.

Les conseils de lectures des paddocks du lycée (2)

Cette année, j’ai eu le bonheur de voir qu’un petit réseau de profs lecteurs s’organisait au lycée et commençait à s’échanger quelques ouvrages… nous avions d’ailleurs évoqué l’idée d’organiser des cafés littéraires, qui se sont déroulés deux fois à distance.

C’était aussi la première année qu’en plus d’emprunter régulièrement des livres au CDI, certains (ou pour être plus exactes certaines) m’en ramenaient pour me les prêter : j’ai donc pu découvrir quelques pépites, que vous avez pu découvrir en partie dans mon premier hors-série, et dont voici la suite !

  • Sophie : ça passe ou ça casse

Sophie est une collègue d’espagnol, lectrice assidue. Elle aime principalement les polars mais elle n’est pas hostile à l’idée de découvrir d’autres pistes de lectures. Régulièrement, elle vient au CDI « Alors, t’as quoi de neuf ? ».

Parfois, je me dis « Ça, je suis sûre que ça va lui plaire ». Pendant trois ans, je me suis magnifiquement gourée. Immanquablement, Sophie rapportait les livres « j’ai pas réussi, je ne suis pas rentrée dedans, ça m’a pas parlé, ça m’est tombé des mains… » mais je ne me décourageais pas.

Un jour, je lui ai suggéré d’emprunter Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois. Le déclic. Puis, il y a eu La Police des fleurs, des arbres et des forêts, de Romain Puértolas, qu’elle a triomphalement ramené en salle des profs en le conseillant à tout le monde. Mission accomplie !

Quelques semaines plus tard, Sophie est venue au CDI pour me prêter Par un matin d’automne de Robert Goddard, une quête familiale à l’anglaise que je n’ai pas pu lâcher !

Fin des années 1990. Leonora Galloway entreprend un voyage en France avec sa fille Penelope. Toutes deux ont décidé de se rendre à Thiepval, près d’Amiens, au mémorial franco-britannique des soldats décédés durant la bataille de la Somme. Le père de Leonora est tombé au combat durant la Première Guerre mondiale, mais la date de sa mort gravée sur les murs du mémorial, le 30 avril 1916, pose problème. Leonora est en effet née près d’un an plus tard.

  • L’idée fixe de Sandrine : tu as lu des Tracy Chevalier ?

Depuis que je suis au lycée, je discute pas mal lectures, films et séries télévisées avec Sandrine, professeure d’anglais. Fan comme moi de Downton Abbey (ça rapproche) et d’ambiances à l’anglaise, elle revenait assez régulièrement à la même question : « Tracy Chevalier, tu connais ? »

Non, je ne connaissais pas. Et j’avoue que j’avais un petit a priori négatif bien ridicule envers une romancière qui s’appelait Tracy. Je m’imaginais très bêtement des romans sentimentaux, ou ce que ma copine Catherine appelle affectueusement des « cucuteries » (et autant j’adore regarder des cucuteries, autant j’ai plus de mal à les lire… comme le Victoria de Daisy Goodwyn, qui ne m’avait pas du tout emballé).

Bref, à un moment Sandrine est parvenue à ses fins : j’ai cédé. Je ne sais plus pourquoi, j’ai commencé par Prodigieuses créatures, et ça a été une révélation !

Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes, qui la cantonne dans un rôle de figuration.
Mary Anning trouve heureusement en Elizabeth Philpot une alliée inattendue. Cette vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme.

Depuis, j’ai lu La Jeune fille à la perle, La Vierge en bleu et La Dame à la licorne, mais pour l’instant, Prodigieuses créatures reste mon préféré.

Il me reste quelques conseils de lecture de copains du lycée qui sont encore sur ma pile à lire :

  • Christophe m’a conseillé Zéro de Denis Guedj il y a quelques temps
  • Carla nous a parlé avec enthousiasme de Confiteor, de Raume Cabré en salle des profs pendant l’année
  • et Sandrine, après Tracy Chevalier, m’a recommandé La Cuisinière, de Mary Beth Keane

Où je cherche un titre qui fasse proverbe

Indépendamment de tous les conseils que je glane ici et ailleurs, des copains copines profs docs ou paddocks, sur Twitter ou en salle des profs, mais aussi – mon petit rituel irrégulier auquel je reviens de temps à autre – les recommandations d’Olivia de Lamberterie pour Télématin – ma source principale de lecture reste ma marraine, Mimi.

Je crois avoir déjà parlé de Mimi sur ce blog, déjà pour des conseils de lecture, et je suis convaincue qu’un proverbe adéquat pourrait s’appliquer à ses conseils, du type « Si c’est un conseil Mimi, tu le lis »… c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour l’instant.

Je ne dis pas qu’à chaque lecture je tombe sur des révélations exceptionnelles (cela n’arrive que les 3/4 du temps), mais généralement ce sont de belles expériences, et des choses que je n’aurais pas forcément lues de manière spontanée. Voici donc trois conseils Mimi.

  • La Saga des Cazalet, tome 1 : Étés anglais. Un pur bonheur pour la fan d’Angleterre que je suis, et je me suis retenue de dévorer toute la saga d’une traite, justement pour en garder un peu sous le coude !

Juillet 1937. À Home Place, au cœur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l’idée qu’une guerre éclate, s’entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ?

  • Debout payé, de Gauz : une claque magistrale ! Une écriture fabuleuse et une histoire vers laquelle, je dois le dire, je ne serais pas allée spontanément…

Debout-payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papiers à Paris en 1990. C’est un chant en l’honneur d’une famille, d’une mère et de la communauté africaine avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C’est l’histoire politique d’un immigré et de son regard sur notre pays, à travers l’évolution du métier de vigile, de la Françafrique jusqu’à l’après 11-Septembre. C’est enfin le recueil des choses vues et entendues par l’auteur lorsqu’il travaillait au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées.

  • Tu seras un homme mon fils, de Pierre Assouline : un texte bouleversant qui évoque aussi l’écriture, et comme j’aime beaucoup les mises en abîme, forcément je n’ai pu qu’y être sensible !

À la veille de la Première Guerre mondiale, Louis Lambert, jeune professeur de Lettres dans un lycée parisien, rencontre par hasard dans le sud de la France son auteur favori : Rudyard Kipling, le romancier adulé du Livre de la Jungle. Kipling est alors le plus célèbre écrivain de l’empire britannique, prix Nobel de littérature, mais surtout l’auteur du fameux poème « If… », que les Français connaîtront bientôt sous le titre « Tu seras un homme, mon fils ». Louis Lambert, qui rêve depuis des années d’en donner lui-même la traduction idéale, tente d’obtenir l’autorisation de l’auteur qu’il admire. Une amitié inattendue va naître entre les deux hommes, vite assombrie par la disparition de John, le fils de Kipling, qui meurt au combat dans les tranchées.

Coup de cœur pour un auteur

Chaque année j’ai l’impression de découvrir un auteur dont je vais retenir le nom pour qu’il puisse m’accompagner pendant un certain temps, je le retrouverai à intervalles réguliers, surtout si une fois passé le premier ouvrage que j’aurai lu de lui je ne suis pas déçue par le deuxième…

Le signe décisif de cette découverte, c’est que soit après avoir emprunté les ouvrages, soit après les avoir lus sur liseuse, je décide quand même de les acheter pour les ajouter à ma bibliothèque.

L’an dernier, j’avais découvert comme ça la Trilogie de Wielstadt de Pierre Pevel, qui m’a donné envie d’explorer toutes les autres œuvres de cet auteur.

Cette année, c’est à nouveau à Mimi que je dois ma révélation, avec Deux hommes de bien d’Arturo Pérez Reverte, un bijou d’écriture et d’érudition, un roman total !

Coup de théâtre dans le Madrid de la fin du XVIIIe : l’Académie royale vote l’acquisition de l’Encyclopédie, malgré la censure. Immédiatement, la bibliothèque don Hermogenes Molina et l’Amiral don Pedro Zarate sont dépêchés à Paris pour y dénicher les précieux volumes. Mais ils ignorent qu’un espion est à leurs trousses, prêt à tout pour faire échouer leur mission…

L’auteur a transformé l’essai pour moi avec la découverte du Capitaine Alatriste. C’est décidé, il continuera à m’accompagner !

J’espère que ces conseils de lecture vous auront plu, je vous souhaite une belle fin d’été, et je vous dis à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén