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Escapades cinéphiles 2025

Pour cet article de retour de vacances, je vous propose un petit circuit dans les expositions et les musées que j’ai pu visiter cet été, et qui m’ont permis de feuilleter ou de redécouvrir quelques ouvrages consacrés aux univers cinématographiques que j’ai côtoyés durant ces visites.

Cet article sera donc un moyen de garder un peu la tête ailleurs, tout en reprenant en douceur. J’en profite pour indiquer que, si j’ai délaissé depuis deux ans les hors-séries estivaux, qui me prenaient beaucoup de temps d’écriture, pour m’octroyer une véritable pause sur ce site, ce n’est pas moins durant l’été que je m’avance dans la lecture de mes ouvrages cinéphiles et dans l’écriture des articles de l’automne.

J’ai eu en effet un été très riches en lectures, et j’ai profité de quelques jours de calme au mois d’août pour préparer mes comptes-rendus de lecture de cette fin d’année (septembre, octobre, et novembre 2025) que vous pourrez retrouver sur ce site à chaque début de mois.

Mais n’anticipons pas trop et retournons, au moins pour quelques lignes, à notre été 2025 et à ses escapades cinéphiles.

Cinémathèque 2025 : Wes Anderson

C’était l’une des expositions de la cinémathèque que j’attendais avec le plus d’impatience, après leur magnifique exposition James Cameron de 2024.

Je n’ai cependant pu y aller que dans les derniers jours de cette exposition, qui était installée jusqu’à la fin juillet 2025, avant la fermeture estivale de la cinémathèque.

Les expositions de la cinémathèque : tentative d’analyse

En effet, pour les habitués du lieu (et pour les autres), la cinémathèque propose – si l’on s’appuie sur le calendrier scolaire – généralement une première exposition à l’automne (la prochaine, consacrée à Orson Welles, sera proposée du 8 octobre 2025 au 11 janvier 2026), puis une deuxième exposition de mars ou avril à la fin juillet, avant de fermer pour le mois d’août.

Je n’ai pas gardé en tête assez scrupuleusement les thématiques des expositions précédentes, mais chaque année permet aussi généralement de découvrir ou de redécouvrir une personnalité du cinéma (acteur ou réalisateur) et un univers thématique (l’enfance, l’espionnage…).

Pour l’année 2023-2024, après l’exposition consacrée à Agnès Varda installée d’octobre 2023 à janvier 2024, c’est l’exposition James Cameron qui a eu la part belle des lieux avec une exposition installée d’avril 2024 à janvier 2025… il faut dire aussi qu’avec les jeux olympiques et paralympiques se déroulant à proximité, l’attention se portait à l’été 2024 de l’autre côté du parc de Bercy.

Exposition Wes Anderson : mars-juillet 2025

Pour revenir aux origines de cette exposition, il a fallu me débattre avec l’architecture du site de la Cinémathèque, puisque j’écris cet article une fois l’exposition terminée.

Ce qui est donc mis en avant sur le site de la Cinémathèque, c’est donc l’annonce de la prochaine exposition, My name is Orson Welles, au mois d’octobre prochain.

Pour retrouver la trace de l’exposition précédente, le visiteur devra donc retourner sur un moteur de recherche, taper « Wes Anderson cinémathèque », et ainsi retomber sur la page du site dédié à l’exposition.

On y apprend qu’il s’agit de la première exposition consacrée au cinéaste, et pour les fans qui auraient loupé cette rétrospective parisienne, ou qui voudraient la retrouver au détour d’une escapade londonienne, elle sera installée sous une forme remaniée au Design Museum de Londres de novembre 2025 à mai 2026.

Comme l’exposition James Cameron qui la précédait, l’exposition consacrée à Wes Anderson était des plus réussies.

On y retrouvait toute la trame d’élaboration des projets du réalisateur, allant des carnets de notes minutieux (qui confinent à la maniaquerie) aux storyboards, en passant par les objets, les costumes et les éléments du décors.

 

Le véritable fan du réalisateur y trouvera son compte, depuis les premiers projets avec Bottle Rocket et Rushmore, jusqu’aux derniers films (l’exposition se clôt avec Asteroid City) en passant par ses célèbres incursions dans le cinéma d’animation, avec Fantastic Mr Fox et L’Île aux chiens.

Pour ma part, malgré un petit rattrapage tardif pour À bord du Darjeeling Limited, j’ai suivi scrupuleusement l’oeuvre du réalisateur, à l’exclusion de ses tout derniers films, j’allais donc en terrain connu avec cette exposition.

J’ai l’impression d’ailleurs qu’à l’instar de Quentin Tarantino, Wes Anderson se bonifie avec le temps. J’avais adoré Rushmore lorsque je l’ai découvert, mais mes préférés à ce jour sont The Grand Budapest Hotel et The French Dispatch. Il me manque donc Asteroid city et The Phoenician Scheme pour vérifier cette théorie.

Trouver un livre sur Wes Anderson

Il était du coup naturel pour moi de me rendre directement à la librairie de la Cinémathèque à la fin de l’exposition, pour jeter un coup d’oeil au catalogue et aux autres ouvrages proposés.

Cependant, tous ceux que j’ai pu feuilleter ce jour-là soit allaient pour moi au rebours de la fantaisie du réalisateur et au foisonnement de son imaginaire – j’avoue que le catalogue en lui-même a suscité une réaction digne de quelqu’un que la lecture rebuterait : trop de texte, pas assez d’images – soit étaient disponibles uniquement en anglais.

J’y ai vu un abécédaire qui me semblait assez sympathique, mais toujours en anglais, un ouvrage sur les lieux de ses tournages (Accidentally Wes Anderson), un autre, non officiel, consacré à sa filmographie, et finalement ceux qui ont retenu mon attention, et rendent selon moi le mieux justice au réalisateur, sont ceux, encore une fois en anglais, de Matt Zoller Seitz, The Wes Anderson Collection, le premier publié en 2013, un deuxième consacré au Grand Budapest Hotel, et un troisième sur Asteroid City.

Enfin, pour clôturer cette rétrospective Wes Anderson, j’ai souvenir d’avoir vu à Angoulême en 2021 une exposition éphémère à la Cité internationale de la bande-dessinée et de l’image, qui revenait sur le tournage de The French dispatch, qui avait eu lieu dans la ville.

Influences cinéphiles : quelques pas à Cologne

Pour cette deuxième étape, quelques lignes suffiront. J’ai en effet profité d’un séjour à Cologne cet été pour visiter le musée du parfum et le musée du chocolat.

La première visite, en français, vous plonge grâce à son guide (en costume du 18e siècle) dans l’univers du parfum, vous donne envie de relire le roman de Patrick Süskind, et de revoir son adaptation, même si elle a ses détracteurs.

La seconde visite a des allures de Charlie et la chocolaterie, vous y découvrez les secrets de fabrication du chocolat, et l’exposition se termine sur une salle où se croisent Tim Burton et Harry Potter.

Disney 100 : l’exposition

La dernière étape de ces escapades cinéphiles 2025, contrairement à l’exposition Wes Anderson, est actuellement toujours disponible, jusqu’au 14 octobre prochain.

C’est un morceau de choix, puisqu’il s’agit de l’une de ces expositions proposées à Paris Expo, Porte de Versailles.

Promenade de Mickey à Star Wars

Chacune des expositions que j’ai pu visiter dans ce lieu m’a véritablement marquée : il y a eu l’exposition Titanic l’an dernier (qui faisait un beau pendant à l’exposition James Cameron et à une exposition consacrée à la mer au cinéma au Musée de la marine), mais aussi une exposition Harry Potter et une exposition Game of Thrones les années précédentes.

Si le billet n’est pas toujours à un prix accessible, cela vaut tout de même généralement le détour, et ça se vérifie encore pour cette exposition consacrée aux 100 ans de Disney.

Dessins, photographies, extraits musicaux, documentaires sur les effets sonores et sur la construction des films, objets, reconstitutions de décors, l’immersion est totale. À tout scruter de près, on peut bien y rester trois heures, peut-être même davantage.

Évidemment, on retrouve les premiers films, et la création du personnage de Mickey puis de tous les autres, la genèse et l’expansion de l’empire Disney, qui s’étend non seulement aux parcs d’attraction mais aux univers Star Wars et Marvel. Que l’on soit petit ou grand, on retournera forcément en enfance pour se faire prendre en photo à côté de Simplet en pleine sieste, d’un des chevaux de bois de Mary Poppins ou à côté de Chewbacca, R2D2 et C-3PO.

L’exposition se clôt avec un film qui convoque tous les personnages des studios Disney qui décident de se réunir pour une photo de groupe.

Et côté livres, ça donne quoi ?

Comme pour Wes Anderson à la Cinémathèque, on reste un peu sur sa faim pour cet aspect de l’exposition. Il y a bien une encyclopédie, mais je l’ai quelque peu boudée, en particulier parce que je me suis souvenue d’un détail qui a son importance.

Pour rendre justice, encore une fois, au foisonnement visuel d’un univers comme celui de Disney (et ce dont les amateurs et spécialistes de Wes Anderson pourraient bien s’inspirer), rien de mieux que les éditions Taschen.

J’en avais parlé il y a quelques temps, car pour ce qui concerne des archives de cinéma, Taschen est passé maître en la matière, même si les premières éditions des ouvrages sont à des prix généralement prohibitifs (comptez une version XXL à 150€, contre une version normale à 75€, voire une version compacte à 25€).

Néanmoins, pour ce qui concerne Disney, leur catalogue commence à vraiment bien s’étoffer (même si certains ouvrages restent pour l’instant uniquement disponibles en anglais, mais ne désespérons pas !).

Il y a évidemment la merveille des merveilles : The Walt Disney Film Archives (1921-1968), un bijou qui revient sur la création des premiers Disney jusqu’au Livre de la jungle.

Mais il y a aussi les autres, consacrés au personnage de Mickey, à celui de Donald, aux parcs d’attraction, ainsi qu’un petit dernier qui n’est pour l’instant disponible qu’en anglais : Walt Disney’s Children’s Classics 1937–1953, qui reprend les histoires dérivées des films que certains d’entre nous ont lu étant enfants.

Et pour ceux qui souhaiteraient (comme moi) prolonger l’aventure par autre chose que par la lecture, il y a une très belle réalisation, malheureusement actuellement en réassort, proposée par Lego : la caméra Hommage à Walt Disney, que j’ai toujours à construire, mais j’attends le retour définitif de l’automne et des soirées et week-ends pluvieux.

D’ici là je vous souhaite une belle reprise, bon courage à toutes et tous, et vous dis à très bientôt sur Cinéphiledoc !

De la sueur et des muscles

Pour ce dernier article cinéphile de la période, avant la pause estivale et mon objectif annoncé d’aller enfin visiter l’exposition Wes Anderson à la Cinémathèque française, j’ai décidé de revenir sur un ouvrage publié en novembre 2024, et qui va me donner un certain nombre de prétextes aux digressions que j’affectionne.

Une fois n’est pas coutume, cependant, avant d’entamer les dites digressions, je présenterai cet ouvrage.

Millésime Lombard 2024, excellent cru

Il s’agit d’un des petits derniers de Philippe Lombard, Stars de l’action : Rois et reines de la castagne à l’écran, aux éditions Hugo Image.

Dans les productions Lombard, on peut distinguer types de réalisations :

  • la série Ça tourne / Ça s’est tourné / Ça retourne publiée chez La Tengo ;
  • les ouvrages consacrés aux acteurs et aux réalisateurs comme Le Paris de François Truffaut, Tarantino Reservoir Films ou Les Grandes gueules du cinéma français ;
  • les florilèges d’anecdotes et de citations comme 600 répliques de films ou Ciné Popcorn 1975-1995

Chacune de ces catégories est poreuse, comme en témoigne parfaitement l’ouvrage qui nous intéresse aujourd’hui.

Dans Stars de l’action, on retrouve aussi bien un panorama soigné depuis les origines du cinéma – de Douglas Fairbanks à Tom Cruise – tel qu’on l’avait dans les différents épisodes de la série Ça tourne, un défilé de trognes sympathiques comme on les côtoie dans les ouvrages dédiés au cinéma français (Les Grandes gueules, Lino Ventura, le livre coup de poing) et une mise en page bluffante et particulièrement addictive comme celle qui nous était proposé avec Tarantino Reservoir Films, l’un de mes préférés !

Mélangez tout ça et vous aurez quoi ? Bibbidi Bobbidi Boo : Stars de l’action, Rois et reines de la castagne à l’écran.

Autrement dit un voyage régressif et récréatif dans l’univers de la sueur et des muscles, mais aussi des épées, des flingues, des cascades et des coups de poings, où chaque étape va vous donner envie de boxer dans le vide ou de revoir tout aussi bien Ben-Hur en train de ramer dans sa galère (filet de bave inclus), Rocky à son entrainement, le déhanché de Robin des Bois en plein duel avec Guy de Gisbourne, John McClane « Yippee-ki-yay, pauvre con ! », ou encore Le Capitan escaladant le château de Val.

Mais revenons-en au sommaire…

Galerie de portraits et boîte à souvenirs

Stars de l’action s’articule en neuf chapitres, chacun faisant la part belle à une catégorie (et cette fois-ci le mot n’est pas usurpé) de combattants.

À chaque partie sa galerie de portraits et son arrêt sur images, avec quelques incontournables. À vous, à nous, à moi d’ajouter à ces incontournables ceux qui constituent notre panthéon personnel de trognes cinématographiques.

Les trois premiers chapitres posent le cadre, historique et hollywoodien, et bien testotéroné, du muscle au cinéma.

C’est parmi les « vétérans » que l’on retrouve, entre autres Douglas Fairbanks, Errol Flynn, John Wayne et Charlton Heston. Autrement dit les mythes fondateurs de l’aventure et du western au cinéma. Et en scènes mythiques, cinq duels à l’épée et la course de chars de Ben Hur.

Comme je l’ai dit plus haut, ce que je retiens de mon côté, c’est le Technicolor des Aventures de Robin des bois, et en particulier la scène de duel entre Robin des Bois et Guy de Gisbourne, et de la même façon que Douglas Fairbanks ouvre la voie à tous les interprètes suivants de Zorro, dès que j’ai en tête le sourire d’Errol Flynn incarnant Robin des Bois, le renard de Walt Disney, Kevin Costner et Russel Crowe ne sont jamais très loin…

Et comme indiqué également plus haut, si la course de chars de Ben Hur reste une scène culte, l’image que je garde en souvenir, c’est celle d’un Charlton Heston barbu et musclé, galérien parmi ses compagnons d’infortune, mais ayant bien meilleure allure qu’eux, et s’apprêtant à être aux premières loges d’une bataille navale.

Le deuxième chapitre (et d’ailleurs le reste de l’ouvrage) fait encore marcher la boîte à souvenirs.

Chocs de titans et palmarès en tout genre

Des vétérans nous passons aux héros, et avec du beau monde, où la frontière entre l’acteur et le personnage qu’il incarne se fait plus floue : James Bond avec Sean Connery et Roger Moore, cowboy sans nom ou flic débordant du cadre avec Clint Eastwood, ou encore Indiana Jones avec Harrison Ford.

C’est d’ailleurs l’occasion de relever l’une des spécificités de l’ouvrage, outre de nous offrir des Top comme celui déjà mentionné des duels à l’épée, et dans cette partie des films de commando, que de nous proposer des chocs de titans mémorables : Burt Lancaster VS Kirk Douglas, Sean Connery VS Roger Moore, ou plus loin Sylvester Stallone VS Arnold Schwarzenegger, et côté français Alain Delon VS Jean-Paul Belmondo.

Si j’ai un peu plus fréquenté les vétérans et les héros du cinéma d’action aux premiers temps de ma cinéphilie, les plus fortes carrures bodybuildées et testostéronées sont arrivées plus tardivement sur mon écran, en compagnie de Jedi et de seigneurs siths, de membres de la communauté de l’anneau et de Nazguls, d’élèves et de profs de Poudlard et autres super-héros Marvel et DC Comics. 

Et encore, cette fréquentation reste limitée à Terminator et à Rocky, même si je me suis délectée de ces découvertes.

Je n’en ai savouré que davantage les vidéos de la chaîne Blow Up Arte, déjà maintes fois mentionnées sur ce site, et qui offrent un panorama sportif assez exhaustif (même si les plus chevronnés trouveront toujours à redire) : évidemment Boxe et cinéma, le très récent Jeux olympiques et cinéma, Le golf au cinéma, Tennis et cinéma, Sports automobiles au cinéma, ou encore Foot au cinéma, la liste est longue. 

Elle permet de croiser à nouveau Sylvester Stallone, mais aussi Steve McQueen pour le sport automobile, ce qui tombe à pic, puisqu’on le retrouve dans une autre partie de notre Stars de l’action, la partie finale consacrée aux “Poids moyens”. 

Autre confrontation de l’ouvrage : les combattants du soleil levant (ma préférence va à Toshiro Mifune, acteur fétiche du réalisateur Akira Kurosawa, et je n’ai pas lu cette partie sans repenser à mes visionnages récents de Karaté Kid et de Cobra Kaï), et les combattants du soleil couchant (pour celle-là je sèche…).

Le terrain était plus familier avec les derniers chapitres : dans les “Durs à cuire”, j’ai retrouvé Bruce Willis dans Piège de cristal – revoir Piège de cristal !!! – et dans “Les Bagarreuses”, la perspective de suivre pour la énième les ballets aériens de Michelle Yeoh dans Tigre et dragons et les combats sanguinolents des films de Tarantino était des plus tentantes. 

De capes et de mots…

Mais c’est avec un lien plus subtil que Philippe Lombard a parachevé pour moi ce panorama virtuose, puisqu’au détour de son Top 10 des “Badass women movies”, j’ai le souvenir de Sophie Marceau en Héloïse d’Artagnan qui est venu titiller ma mémoire, et son voisinage immédiat de la partie consacrée aux “Coqs sportifs” m’a replongé dans une nouvelle délectation : celle des bons mots de La Fille de d’Artagnan, et de tous ces films où la plume virevolte aussi bien que l’épée et que les cascades. 

Jean Marais dans Le Masque de fer, et Jean-Paul Belmondo dans L’As des As.

J’ai encore en tête les répliques de l’un et de l’autre, j’ai dû voir Le Masque de fer autant de fois que la plupart de mes films cultes d’enfance enregistrés sur cassettes vidéos, je revois encore le titre écrit sur l’étiquette, et même si on se souvient peut-être davantage de Jean Marais dans Le Bossu ou Le Capitaine Fracasse, c’est à son D’Artagnan vieillissant (comme Philippe Noiret dans La Fille de D’Artagnan) que va toute ma tendresse… sans parler de sa tirade finale et testamentaire qui me rappelle aussi Cyrano de Bergerac :

Je me bats d’abord parce j’avais promis à ce monsieur de croiser le fer avec lui, je me bats parce que l’aurore est fraîche et que j’ai peur des rhumes, je me bats par habitude parce qu’un soldat est fait pour ça, je me bats parce que je n’ai jamais supporté la vie qu’en la risquant, je me bats contre n’importe quoi, pour la justice souvent, par caprice encore plus souvent, je me bats pour rester jeune, et mériter ainsi de vous plaire, je me bats pour le panache, et le panache ne gagnerait rien à ce que je fasse attendre davantage Mme de Chaumes en vous écrabouillant.

Quant à L’As des as, j’y vois l’un des meilleurs Belmondo mais c’est aussi parce qu’il est illuminé par la présence de brune ténébreuse de Marie-France Pisier, dont les échanges savoureux avec Bébel participent de la voltige du film :

Dans les trains, je lis des journaux écrits avec les pieds, je bavarde avec des inconnus, plus ou moins spirituels. Mais quand j’arrive à destination, je choisis avec un extrême discernement les hommes avec lesquels je mets à table. Et surtout au lit.

Et pour mieux retomber sur nos pattes, quoi de mieux, justement, que la figure avec laquelle on referme l’ouvrage, l’increvable Ethan Hunt de Mission impossible, dont le dernier opus est toujours en salle au moment où j’écris cet article. 

D’une cabriole à l’autre, d’une cavalcade à une course poursuite, du bourre-pif à “la fin de l’envoi je touche”, c’est tout un pan de nos soirées popcorn que nous programme cet ouvrage, puisque c’est au moment où nos héros ont le souffle court que nous prenons une bonne bouffée d’oxygène. 

Celui qui préférait la VO

28 octobre 2023.

Nous sommes certainement – si ma mémoire est bonne – en pleines vacances scolaires. Mon réveil n’est peut-être pas très matinal mais à une heure sans doute raisonnable, il doit être aux alentours de 8h, 9h du matin.

Comme chaque matin, je prends mon téléphone et je jette un coup d’oeil à ce qui s’est passé pendant le laps de temps où je ne l’ai pas eu entre les mains : notifications, SMS, rappels, boîte mail, réseaux sociaux (Twitter s’appelle déjà X mais reste encore à peu près vivable, et je commence à aller un peu plus sur Instagram).

Le statut Whatsapp d’une connaissance attire alors mon attention, et je mets un peu de temps avant de comprendre… Sur ce statut, une photo de Matthew Perry, et à côté du nom Chandler, un smiley attristé.

À ce moment, l’information atteint (enfin) mon cerveau encore embrumé – je n’ai pas encore pris ma dose matinale de caféine et j’ai cette décharge électrique de tristesse qui continue à me surprendre : je réalise que le décès de Matthew Perry me touche un peu plus que j’aurais pu l’imaginer.

Génération Friends ?

Si je n’ai pas forcément fait partie des premiers spectateurs de la série Friends (sa diffusion française a commencé en 1996, 2 ans après le début de la série, j’avais alors une dizaine d’années, et mes parents détestaient les séries télévisées avec des rires enregistrés), je suis tombée dans la marmite un peu plus tard, quasiment au moment où la série tirait sa révérence outre-Atlantique, puisque j’avais pris l’habitude de la regarder avec des copines pendant mes études, et j’ai ensuite racheté les 10 saisons en DVD.

Au gré de ses rediffusions sur les plateformes, il m’arrivait de la voir et de la revoir en boucle, et comme j’avais mordu à l’hameçon de la VO un soir dans un internat de prépa, il m’a été depuis impossible de retourner à la version française.

Depuis je ne compte plus les discussions, les références, les citations, le petit plaisir de chercher les noms des personnages sur un moteur de recherche bien connu pour y voir encore et encore les animations associées, les gifs, les mèmes en lien avec Friends. Je n’ai pas encore cédé à la tentation de la Friends experience à Paris, mais un jour, très certainement.

Pour finir de comprendre l’impact que le 28 octobre 2023 avait eu sur moi, j’ai repensé récemment au récit d’une amie un peu plus âgée, le 3 octobre 2024.

Elle reçoit sur son téléphone un appel (ou un message, je ne sais plus) de son mari : Jean-Claude est mort. Sa première réaction est de se demander à quelle connaissance fait référence son mari, avant qu’il ne lui donne lui même la solution de son message : Michel Blanc, l’un des membres de la troupe du Splendid, vient de décéder brutalement.

De la même manière qu’il était pour eux impossible de ne pas associer Michel Blanc à cette bande de copains qui était aussi la leur et donc de voir dans la disparition de l’acteur cet arrachement au personnage, il était impossible pour les membres de la génération Friends de séparer Matthew Perry de Chandler, quels qu’aient pu être les efforts de l’un comme de l’autre pour s’échapper d’un rôle aussi marquant qu’encombrant.

Dix ans après l’arrêt de la série, un ouvrage passionnant était publié aux Presses Universitaires de France, et dont j’avais déjà fait le compte-rendu sur ce site :

Friends : Destins de la génération X, de Donna Andréolle, paru en février 2015, proposait alors une lecture générationnelle, politique et sociale de la série.

J’avais à l’époque pris beaucoup de plaisir à cette lecture, qui me rappelait de quelle manière Friends avait joué son rôle de « chaperon » ou de « doudou » pour moi – et certainement pour toutes les personnes ayant commencé à regarder la série au même âge que moi – et m’avait accompagné avec douceur, épanouissement et humour de ma vingtaine à ma trentaine.

Les clés de lecture proposées par Donna Andréolle m’avait aussi permis de décoder ce qui m’avait plu dans cette série au-delà justement de l’humour et des bonnes relations entre copains, notamment la façon dont Friends était parmi les premières à traiter d’une manière aussi détendue des questions telles que le mariage homosexuel, la procréation assistée ou l’union libre, ouvrant ainsi la voie aux autres séries, qui chercheraient elles aussi à embarquer une génération comme How I met your mother ou The Big bang theory.

Dix ans après, quinze ans après, vingt ans après

L’ouvrage de Donna Andréolle étudiait le phénomène Friends une dizaine d’années après la fin de la série, marquant rétrospectivement l’un des éléments qui avait construit ma génération (en tout cas celle à laquelle j’entendais appartenir) au même titre que Harry Potter ou Kaamelott.

Je guettais alors les nouvelles, les apparitions des acteurs de la série (constatant d’une manière parfois cruelle que certains vieillissaient mieux que d’autres, ou que la carrière de l’un avait réussi un peu mieux à se détacher de son rôle emblématique que ses camarades) et les annonces d’éventuelles retrouvailles.

Pourtant, c’est sûrement le besoin de garder le souvenir de cette bande de copains figé dans leur vingtaine voire leur trentaine qui m’a retenue de regarder l’épisode inédit de leurs retrouvailles diffusé en 2021.

J’ai cédé cependant à la tentation des produits dérivés, avec l’acquisition d’un jeu de plateau assez sympathique qui permettait de tester ses connaissances sur la série :

Et le 28 octobre 2023, avec la consultation d’un statut Whatsapp, j’ai appris la disparition de mon personnage préféré.

The one with the french edition

Un an après cette disparition, sortait l’édition française d’un guide officiel de la série, publié pour ses 30 ans.

Sur la première de couverture d’un beau violet avec un cadre des plus reconnaissables, figurait le titre Friends : Celui qui voulait tout savoir sur la série. Un rappel des titres de chacun des épisodes dans leur traduction française : les « The One with… » anglais sont traduits par « Celui qui… » en français.

Sous-titre : Le guide officiel de tous les personnages, citations et moments cultes. La couverture mêle quelques photos, des objets et des citations emblématiques qui annoncent tout de suite la couleur.

Le point positif de cet ouvrage est qu’il remplit parfaitement sa double fonction : celle, annoncée, du guide officiel, parce qu’on y retrouve à peu près tout ce qui concerne la série, et celle implicite du doudou qui va accompagner le fan dans cette nouvelle plongée dans l’univers de Friends.

Petits florilèges des pages incontournables :

  • les arbres généalogiques des différentes familles des personnages
  • les citations cultes
  • les apparitions de Janice
  • les flashbacks
  • les apparitions de guest-stars
  • les animaux
  • les films, émissions TV et pubs
  • les livres
  • la nourriture

Le point négatif de cet ouvrage est que certains éléments sont tronqués dans la mise en page (il manque la fin d’une phrase pour au moins deux pages du livre).

L’autre point qui m’a déstabilisée, mais qui est lié au fait que j’ai toujours regardé cette série dans sa version originale, est que certains éléments m’échappaient totalement dans leur traduction française.

Même si je sais par exemple que l’épisode où Phoebe tente désespérément d’apprendre le français à Joey a dû être transformé dans la version française en une tentative désespérée de lui faire apprendre l’espagnol, je ne parvenais pas à me détacher de mes souvenirs en VO.

Et si je n’ai pas boudé mon plaisir pour ces retrouvailles, la tentation est grande de mettre la main sur l’édition originale de l’ouvrage, Friends Book of Lists: The Official Guide to All the Characters, Quotes, and Memorable Moments, même s’il ne reprend pas dans son titre le petit clin d’oeil trouvé par l’édition française aux titres des épisodes. 

Un détail dans la comparaison des deux couvertures a d’ailleurs attiré mon attention : l’édition française a conservé les citations « I know », « Joey doesn’t share food ! », « We were on a break ! » etc. dans leur version originale.

Quoi qu’il en soit, ce guide officiel reste un excellent ouvrage sur la série, qui permet de retrouver presque instantanément et simultanément l’envie de la regarder à nouveau du début à la fin et la joie d’en saisir les moindres détails.

Et l’envie m’a de nouveau tenaillée, lorsque, durant la rédaction de cet article, je me suis amusée à retrouver les jeux qui prenaient appui sur l’univers de Friends, et je suis tombée sur celui-ci :

Ou encore sur celui-ci :

Et je me suis rendue compte qu’ils étaient édités par la même maison que la version française de mon guide, 404 éditions, qui se consacre à la culture geek.

J’ai arrêté ma promenade nostalgique à ce moment là, ça devenait trop dangereux !

J’ai refermé le guide en savourant la presque homonymie de son auteure avec une célèbre comédienne française, et je suis retournée voir mes épisodes préférés de Friends.

Bref (pour paraphraser une autre série générationnelle qui a fait son retour cette année), j’ai lu un livre sur Friends.

Jeux et cinéma (épisode 2)

Pour commencer l’année d’une manière un peu légère (et ludique) – ce qui sera à nouveau le cas un peu plus tard dans l’année pour présenter un projet qui me tient particulièrement à coeur – je réfléchissais depuis quelques mois à un article consacré aux jeux de société et au cinéma.

Pour préparer cet article, je me suis plongée dans les archives de ce site et j’ai retrouvé un article datant de décembre 2013 intitulé très sobrement « Jeux et cinéma ». Simple et efficace, je décide du coup de faire tout simplement un deuxième épisode.

Dans ce précédent article j’évoquais les enseignes pour trouver les jeux de société consacrés au cinéma, je proposais quelques exemples de boites à questions ou de boites à énigmes et passais très rapidement à mes jeux préférés.

Je vais donc reprendre à peu près la même structure en partant cette fois-ci d’une forme de jeu que l’on pourrait nommer ainsi : le jeu de plateau ou jeu à itinéraires variables.

Jeux de cartes, Trivial Pursuit et jeu de l’oie

Si l’on reprend les jeux de société les plus traditionnels (et si je m’en réfère à l’histoire du jeu de société que j’aborde au moins une fois par an dans le stage que je co-anime en temps que professeur documentaliste sur « Jouer au CDI : du jeu de société à l’escape game », on peut se rappeler que les jeux de cartes et le jeu d’échecs sont parmi les plus anciens.

Pour ce qui concerne les adaptations les plus modernes, laissons de côté le jeu d’échecs (et ses déclinaisons avec les personnages de Star Wars, du Seigneur des anneaux ou encore de Harry Potter) et concentrons-nous sur les différents éléments que j’ai déjà mentionnés.

  • jeux de cartes version ciné

Pour les jeux de cartes, j’avais trouvé il y a deux ans à la cinémathèque française deux exemples très sympas : Chaplin et Hitchcock, et dont je donne ici à nouveau un aperçu :

Ce qui m’avait séduit dans ces deux jeux de cartes, c’est que contrairement à des éditions plus anciennes que j’avais pu avoir quand j’étais enfant (je me souviens notamment d’un jeu de cartes Lucky Luke), ce n’était pas seulement les têtes – Rois, reines, valets – et les As qui étaient illustrées, mais toutes les cartes qui proposent soit une scène, soit un personnage, soit une affiche.

  • Jeux de culture générale (et plus spécifiquement culture ciné)

Les deux catégories suivantes sont un peu plus poreuses. J’ai toujours eu un peu de mal avec deux types de jeux : le Trivial Pursuit et le Monopoly. Vous me direz qu’ils n’ont pas forcément beaucoup en commun.

Néanmoins, j’ai longtemps eu l’un et l’autre dans ma ludothèque personnelle, et j’ai pu jouer avec des versions thématiques : un Monopoly Star Wars et un Trivial Pursuit Histoire de France.

J’ai cherché sur le site Hasbro qui édite les deux jeux des versions sur le cinéma et je n’en ai pas trouvé. Cependant, ma principale difficulté avec le Trivial Pursuit reste son obsolescence programmée.

On ne peut pas laisser ce jeu une dizaine d’année dans un coin et le ressortir sans que les cartes culture ou sport deviennent les plus difficiles à jouer pour les joueurs les plus jeunes (et déjà les cases sport ont toujours été les plus difficiles pour moi).

Du coup, comme je suis plutôt amatrice de jeux de plateau – y participer, voire en fabriquer (j’avais fabriqué il y a quelques années un jeu de l’oie du CDI quand j’étais en collège, et plus récemment mon jeu sur l’intelligence artificielle – et je garde pour un autre article la fabrication d’escape games), j’ai cherché sur internet s’il n’y avait pas eu quelques fans de jeux comme moi pour fabriquer un jeu de l’oie sur le cinéma.

Le seul résultat à peu près concluant que j’ai trouvé est celui-ci :

 

L’idée est très sympa et le visuel est génial. Je pense que quand j’aurai un peu de temps devant moi, j’adapterai ce jeu à l’histoire du cinéma en général ou peut-être à quelques déclinaisons pour des films ou des réalisateurs… en le croisant éventuellement avec l’idée de jeu proposée par une de mes collègues en histoire-géo au lycée, qui a présenté aux journées portes ouvertes un jeu de l’oie sur la Troisième République.

  • Jeux de plateau (et toujours culture ciné)

Plus récemment, l’un des jeux de culture générale que je préfère malgré toujours un petit risque d’obsolescence programmée comme le Trivial Pursuit, c’est le TTMC (Tu te mets combien ?).

Les questions cinéma de ce jeu sont vraiment excellentes, et j’ai vu sur le site officiel que ses créateurs proposaient des déclinaisons Jeux olympiques, cuisine ou encore musique. À quand un TTMC exclusivement Cinéma, ce serait génial !

Scénarios de jeux sur le cinéma

Dans l’épisode 1 « Jeux et cinéma», j’avais évoqué quatre de mes jeux préférés qui revenaient en 2013 sur différents aspects (thématiques ou chronologiques) du cinéma : le Shabadabada cinoche sur les répliques de films, le Timeline Musique & cinéma, un Black Stories sur le cinéma et une Boîte à culture geek.

Ce qui m’a incitée à écrire ce nouvel article, ce sont deux jeux qui ont fait le choix de s’approprier des éléments historiques du cinéma et d’impliquer le joueur dans cette histoire.

Le premier s’intéresse aux pionniers du cinéma muet et à l’industrie naissante de Hollywood, le second explore les heures sombres du Maccarthysme.

  • Cartaventura : Hollywood

Le premier jeu fait partie de la collection des Cartaventura (ces jeux à itinéraires variables où le scénario dépend des choix du joueur).

Celui sur Hollywood m’a immédiatement conquise car, non content d’évoquer la figure de Chaplin, les itinéraires proposés s’inspirent directement de la filmographie de ce réalisateur.

En voici le scénario présenté sur le site :

Scénario Hollywood : 1920, Ohio. Vous incarnez Jim Tully, un ouvrier lassé par un quotidien bien loin de ses rêves de cinéma. Quittez tout et, de train en train, tentez de traverser le pays avec l’espoir de rejoindre le plus célèbre des vagabonds : Charlie Chaplin !

J’ai pris quelques photos au début de la partie, mais j’ai rapidement été rattrapée par l’envie de jouer et d’explorer les différents itinéraires du jeu, puis de tester les autres histoires proposées qui ont l’air tout aussi irrésistibles : les deux jeux sur l’univers des Trois Mousquetaires, celui sur Versailles, mais aussi Lhassa et Cosmologia que j’ai déjà chez moi.

  • Hollywood 1947

Le deuxième jeu, Hollywood 1947 est un jeu de stratégie un peu plus compliqué à prendre en main mais tout aussi passionnant dans ses choix scénaristiques.

En voici le scénario :

Démasquez les communistes infiltrés…

Hollywood 1947 est un jeu de déduction à rôle caché pour 1 à 9 joueurs. Tentez de démasquer les communistes qui se sont infiltrés dans votre studio de cinéma avant que le Congrès américain décide de sa fermeture.

La mise en place du jeu demande un peu plus de temps, et il faut réussir à comprendre sa dynamique. Ce qui m’a attirée davantage, c’est le matériel et le soin apporté à tous les éléments du jeu, qui en font un très bel objet.

Si le jeu Cartaventura s’adresse à tout type de joueur, cinéphile ou non, Hollywood 1947 est peut-être plus destiné aux passionnés d’histoire du cinéma (ou d’histoire de la Guerre froide) mais j’imagine qu’un enseignant d’histoire pourra l’utiliser, se l’approprier avec ses élèves ou imaginer à partir de ce modèle une séance ou un jeu permettant de mieux comprendre une période ou un contexte historique.

Répliques de films : du Shabadabada au quotidien

Puisque j’ai évoqué un peu plus haut un de mes jeux préférés sur le cinéma qui figure toujours en bonne place dans ma bibliothèque, autant rappeler ses mécanismes et en profiter pour une petite digression finale.

Dans mon article de 2013, j’en redonnais les principes sous forme de dialogues en utilisant une réplique du film Casablanca.

Pour devenir incollable à ce genre de jeux (et aux questions ciné du TTMC) rien de tel que se replonger dans les ouvrages de Philippe Lombard consacrés aux répliques de films :

  • 600 répliques de films à l’usage du quotidien, publiés en 2016 et 2020
  • Parler comme un super-héros : 100 répliques cultes pour devenir invincibles, en 2018 ;
  • mais surtout les 600 répliques de films pour avoir la bonne répartie… au bon moment !, publié chez Dunod en novembre 2024 et sur lesquels je reviendrai dans un prochain article, le temps que ça infuse.

J’ai donc quelques bonnes résolutions sur les prochains articles cinéphiles, et que j’ajoute ici en guise d’aide-mémoire et de to-do-list :

  1. continuer à parler de femmes qui écrivent sur le cinéma, qui parle de cinéma ou qui font du cinéma au mois de mars
  2. continuer à parler des ouvrages de Philippe Lombard, en particulier les tout derniers (mais aussi ceux que je viens de mentionner)
  3. voir les derniers films d’Almodovar et lire son roman
  4. puisqu’on parle de répliques de films et de scènes cultes, parler à nouveau de séries télévisées
  5. faire un autre article sur les jeux et en particulier les escape games
  6. aller voir la prochaine exposition à la Cinémathèque

Et puisqu’on a désormais le programme des prochains mois, je vous dis à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Lectures ciné sous un plaid

Pour ce dernier article cinéphile de 2024, j’ai décidé de revenir sur trois ouvrages qui attendaient patiemment sur ma pile de lecture depuis cet été.

Cela permettra peut-être à quelques-uns d’entre vous de glaner des idées de cadeaux, et, de mon côté, de ne pas avoir à choisir entre ce livre-ci ou ce livre-là.

Chacun de ces ouvrages ont cependant une caractéristique commune : ce sont des valeurs sûres, qu’il s’agisse de leur auteur, de leur éditeur ou de leur thématique, et cela me permettra de digresser à loisir, et à partir de l’ouvrage en question, de revenir sur quelques pépites sur lesquelles j’ai déjà craqué ou auxquelles il est difficile de résister…

J’ai profité des vacances de la Toussaint (et de la météo qui n’était pas vraiment à la fête) pour faire descendre ma pile de lecture et pour la mettre à jour, alternant à un rythme un peu plus soutenu que d’habitude les publications récentes, les romans que l’on m’avait offerts et ces trois ouvrages cinéphiles.

Ambiance Halloween

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer le premier ouvrage dans mon précédent compte-rendu de lecture.

Il s’agit d’un livre qu’on m’a prêté en juin dernier, et que j’avais commencé, pour finalement le laisser provisoirement de côté, pour me plonger dans le journal d’Alan Rickman et dans les mémoires de Pascal Thomas.

Je ne comptais pas forcément lui consacrer un article, sa publication remontant à trois ans, mais le livre était toujours sur mes étagères, et je me disais qu’il allait bien falloir le lire et le rendre à son propriétaire…

Ce livre, c’est celui-ci :

Les Dossiers du Coroner : Autopsies des morts cultes du cinéma, de Fabio Soares et Mark Sonnenberg, a été publié en 2021 aux éditions Gründ.

J’en ai dit quelques mots en passant dans l’article du mois d’octobre, mais la qualité de cet ouvrage (et la qualité des vidéos de la chaîne YouTube qui lui est associée) m’a conduite à penser qu’il mérite largement mieux.

Pour déterrer les films cultes, en particulier les nanars, mais pas seulement (puisque l’une des meilleures de ses vidéos est celle consacrée au Nom de la rose), je connaissais l’excellent François Theurel, et sa chaîne Le Fossoyeur de films.

J’avais d’ailleurs adoré aussi son livre T’as vu le plan ? et sa série des vidéos dédiées aux tournages cauchemardesques, Film wars. Et je ne vais jamais au cinéma sans avoir en tête son Manuel du savoir-vivre du spectateur, qu’on devrait faire visionner systématiquement aux accros à leur smartphone et aux mangeurs de popcorn.

La chaîne Chronik Fiction permet de s’intéresser à un autre métier indispensable à une bonne ambiance cinéphile d’Halloween, après celui du Fossoyeur, celui du Coroner.

L’ouvrage de 2021 qui lui est consacré revient sur l’ensemble des vidéos réalisées sur Chronik Fiction et mettant en scène ce personnage.

Après une préface rédigée par le comédien qui l’incarne, l’excellent Stefan Godin (dont un commentaire sous l’une des vidéos juge qu’il porte aussi bien la moustache que Tom Selleck), les auteurs évoquent dans une introduction sur les morts les plus mémorables du cinéma.

Ils reviennent ensuite sur la genèse du projet et les coulisses de tournage des vidéos, le travail colossal (et invisible pour le spectateur) mis en oeuvre pour parvenir à ce dosage méticuleux : décors, costumes, écriture et comédiens.

L’ouvrage retranscrit ensuite fidèlement chacune des vidéos, encadrée par une explication préliminaire sur le choix du film et ensuite par un décryptage de la réalisation de la vidéo et sa réception sur YouTube, depuis le premier épisode de la saison 1 (Battle royale) jusqu’à l’épisode inédit de la saison 2 (Akira).

Chaque mort est illustrée d’un dossier du coroner qui donne d’autant plus envie de retourner voir les vidéos de la chaîne, mais aussi de revoir le film dans son intégralité.

Mes épisodes préférés (et mes chapitres préférés du coup) sont les suivants : Le Roi Lion, Thelma & Louise – qui sort clairement du lot – Star Wars, et évidemment celui sur Psychose. Quoi, encore Hitchcock ? Quoi, encore quelque chose à dire sur Psychose ? Et bien oui, ils ont trouvé.

Et rien de tel qu’une belle mort au cinéma (fidèle à la formule « On peut rater sa vie, mais pas sa mort ») pour passer un bon Halloween.

Un parfum d’enfance

Le deuxième ouvrage que j’ai lu pendant les dernières vacances contrastait visuellement quelque peu avec l’ouvrage du Coroner.

Cela m’avait d’ailleurs frappée d’enchainer ces deux lectures : la première proposant une couverture principalement noire avec le titre et le personnage se détachant partiellement en blanc dessus, la deuxième à la couverture blanche avec le titre et la silhouette se détachant en noir.

Cet ouvrage, c’est celui de Guillaume Evin publié chez Casa éditions en octobre 2023 : Charlie Chaplin.

C’est d’ailleurs ce qui m’avait séduite lorsque j’avais vu cet ouvrage pour la première fois : la façon dont le visage de Charlot se détachait par ses traits si reconnaissables sur la couverture blanche, et dont sa silhouette tout aussi reconnaissable formait les lettres de son prénom et de son nom de famille.

De Guillaume Evin, auteur prolifique sur le cinéma, j’avais déjà lu un certain nombre de livres : le plus ancien que j’ai eu entre les mains est l’excellent L’Histoire fait son cinéma publié en 2013, auquel on peut associer le plus récent Les 101 meilleurs films historiques (2023, Casa éditions).

L’auteur est également un spécialiste de James Bond, avec une dizaine d’ouvrages consacrés à l’agent 007. Mon préféré est Bons baisers du monde, sorti en 2020 chez Dunod.

Le dernier ouvrage (et le plus récent) dont j’ai pu parler sur ce site est C’est un scandale !, publié en 2022 également chez Casa.

Je n’avais pas forcément prévu d’acquérir un énième ouvrage sur Charlie Chaplin, ma bibliothèque étant assez largement fournie sur la question, depuis son autobiographie (en français et en anglais) jusqu’à l’ouvrage de Jeffrey Vance et au délicieux À table avec Chaplin, de Claire Dixsaut, qui m’a toujours enchantée et me renvoie comme d’habitude à son excellent site, CinéMiam.

L’ouvrage de Guillaume Evin est agréable, il propose à celles et ceux qui découvriraient Chaplin une belle porte d’entrée dans son univers, avec une introduction présentant l’homme et l’artiste, un portfolio et un rappel de sa filmographie. Quant à ceux qui connaissent déjà leur Chaplin jusqu’au bout des ongles, le livre n’est qu’un prétexte supplémentaire à revoir les films.

Guillaume Evin m’a donné également envie de me replonger dans un livre d’un de mes éditeurs de prédilection en matière de cinéma.

Il s’agit encore une fois des éditions Taschen. En effet, en cette période propice à offrir de beaux livres, il est difficile de résister aux éditions Taschen (surtout quand elles apparaissent régulièrement dans mon fil Instagram…).

Alors certes, il faut bien arriver à résister à ce magnifique LIFE. Hollywood, qui vous coûtera 200 euros…

Rien que de voir ce coffret, j’en ai des fourmis dans les mains… mais non, j’attendrai une version plus économique, qui finira bien par sortir.

De la même manière, Les Archives Charlie Chaplin de Paul Duncan ont commencé par sortir en grand format, avant d’être publiées dans un format plus accessibles :

Et elles restent tout aussi magnifiques. Tout espoir est donc permis.

Paris sous le sapin ?

Terminons cette petite liste de Noël avant mon traditionnel palmarès de lecture par un incontournable, tout aussi prolifique (voire plus) que l’auteur précédemment cité.

Cela faisait un petit moment (ah ben non en fait, seulement depuis mars dernier) que je n’avais pas évoqué les ouvrages de Philippe Lombard.

Comme généralement je suis sage (en tout cas j’essaye), j’ai la chance de recevoir un avant-goût de Noël ou de mon anniversaire dans ma boîte aux lettres assez régulièrement.

Cependant, l’un des derniers publiés n’est pas exclusivement consacré au cinéma, et me permet là encore une digression fort bienvenue pour vous proposer des pistes de cadeaux qui ne se limitent pas aux Lombard productions.

Dans cette promenade euphorisante publiée en octobre 2023 aux éditions Parigramme, l’auteur fait également la part belle aux événements (expositions, installations) qui ont marqué la capitale, aux concerts, à la chanson, mais aussi, comme de bien entendu, au cinéma :

Cela me permet de rappeler que pour les amoureux de la capitale (ou pour ceux qui simplement veulent la découvrir ou la faire découvrir autrement), rien de tel qu’un ouvrage des éditions Parigramme.

Je dois en avoir un bon stock dans ma bibliothèque, si l’on compte ceux que l’on doit à Philippe Lombard – mon chouchou étant, vous ne serez pas surpris, Le Paris de François Truffaut – mais aussi le magnifique Paris de Claude Sautet proposé par Hélène Rochette.

J’en ai également quelques autres, celui consacré à Gainsbourg, et de plus petits et plus littéraires, même si curieusement Le Paris de Marcel Proust manque encore à ma collection…

Il y en a de plus insolites et inattendus aussi, comme celui consacré aux maisons closes, un étonnant Paris fantômes qui permettra de prolonger encore une fois Halloween ou celui consacré aux chats de Paris, Paris chats : Cats in the city, et pour tout type de promeneur, de celui qui veut parcourir les égouts à celui qui préfère regarder le ciel.

Comme le rappelle très justement le slogan des éditions Parigramme : tout Paris est à lire, et effectivement, il y en a pour tous les goûts sur le site internet de cette maison d’édition, dont on peut aussi retrouver la plupart des titres à la librairie La Mouette rieuse, au 17 bis rue Pavée à Paris, où l’on peut également prendre un goûter, et qui est à deux pas du Musée Carnavalet, consacré à l’histoire de Paris.

Une belle balade en perspective…

En attendant d’autres promenades, je termine ici ce dernier compte-rendu de lecture de 2024, et vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel article sur Cinéphiledoc.

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