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En attendant le réveil de la force…

Le 16 décembre, le 16 décembre, le 16 décembre… Si j’ai un peu du mal, de tête, à faire le décompte, je suis comme beaucoup à vouloir que cette date se rapproche le plus vite possible.

Certains sont suffisamment opiniâtres pour faire un compte à rebours. Je m’y mettrai sans doute quand je verrai qu’il reste moins de 30 jours, ou mieux, lorsque nous serons au 1er décembre, et j’imaginerais presque un calendrier de l’Avent exclusivement dédié à cet événement : la sortie de Star Wars, épisode VII.

Car c’est bien cette date-là que des milliers – et je n’hésite pas à dire des millions – de gens attendent. Les puristes l’ont compris, les autres ont haussé les sourcils et resteront perplexes voire hostiles.

Tant pis pour eux ! Comme beaucoup d’autres, j’ai savouré avec bonheur les premières bandes-annonces tant attendues :

Comme beaucoup d’autres, je vais calmer l’attente en revoyant tous les épisodes de la saga, même s’il faut en passer par l’épisode I et Jar Jar Binks et l’épisode II avec Padmé et Anakin qui se roulent dans l’herbe.

J’arriverai bien évidemment trop vite à l’épisode VI, et il me faudra encore patienter avant de pouvoir découvrir ce nouvel épisode, et retrouver Han Solo, Chewie, Luke et Leia…

Alors oui, vous l’aurez compris, durant cette période d’attente, je fais la joie des éditeurs et j’observe ce qui sort en librairie sur Star Wars.

Star Wars dans ma bibliothèque…

Si je fais un rapide recensement de l’existant, en tout cas dans ma bibliothèque, je trouve trois types d’ouvrages qui abordent Star Wars de près ou de loin :

  • ceux qui lui sont exclusivement consacrés. Outre le livre dont je vais parler dans quelques instants, j’en ai trouvé deux : Générations Star Wars, publié chez Hors collection et faisant la chronique des presque 30 ans qui séparent l’épisode IV de l’épisode III ; et Star Wars : aux origines du mythe, un superbe livre qui présente les travaux des illustrateurs ayant collaboré avec George Lucas.

star wars

  • ceux qui traitent du genre cinématographique dont Star Wars fait partie. J’en ai retenu deux en particulier : Sciences et science-fiction, un ouvrage que j’avais déjà évoqué dans un de mes hors-série de l’été 2014 ; et Cent ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction, de Jean-Pierre Andrevon, un spectaculaire et incontournable pavé sur le sujet, également mentionné dans un article du blog

100-ans-et-plus-de-cinema-fantastique-et-de-science-fiction

  • enfin, les livres qui évoquent moins cet univers que son public et ses amoureux, et je pense surtout à l’excellent livre de David Peyron, Culture Geek. Il y a aussi le Gastronogeek, sur lequel je reviendrai en fin d’article. J’ai enfin quelques ouvrages qui évoquent Star Wars à titre d’exemple, pour la musique de films ou pour les décors… et je pense avoir fait à peu près le tour, même si les références sur Star Wars se comptent par dizaines et même si ma bibliothèque fait pâle figure à côté…

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Quant aux ressources en ligne, évidemment il y a pléthore :

Bref, que je vadrouille en ligne ou que je parcours ma bibliothèque, j’ai (presque) de quoi ronger mon frein… Et je peux aussi me plonger dans les publications récentes des éditeurs qui surfent sur la vague.

Don’t feed the troll

Cette fois-ci, cependant, je ne me suis pas lancée dans la lecture de ce qu’on appelle, par abus de langage selon moi, un « beau livre » : j’ai choisi un petit ouvrage, modestement illustré, sans fac-similés et autres trésors déterrés, mais tenant dans un sac et prompt à donner envie de revoir l’un ou l’autre des épisodes et de suivre tel ou tel personnage de la saga.

Il s’agit de Star Wars : une saga, un mythe, de Laurent Aknin, paru en septembre 2015 aux éditions Vendémiaire.

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J’ai choisi ce livre à la fois pour son sujet, plus prosaïquement pour sa taille, et aussi parce qu’il était l’œuvre d’un auteur que je connaissais déjà, puisqu’il avait publié en 2012 Mythes et idéologie du cinéma américain, réédité chez Vendémiaire en 2014, et dont le compte-rendu sur le blog avait suscité un débat légèrement houleux.

Sources : http://www.livres-cinema.info/livre/5625/mythes-et-ideologie-du-cinema-americain

J’ai décidé de lire à nouveau un livre de Laurent Aknin, et d’observer si j’en ressortais avec le même ressenti que pour son opus précédent, qui, ma foi, m’avait beaucoup plu, mais qui ne faisait pas l’unanimité dans les commentaires de l’article que je lui avais consacré.

Et comme notre ami a l’air de nourrir une passion pour les mythes, j’ai eu l’impression que celle-ci était contagieuse, je lui ai donc laissé sa chance.

Un abécédaire non exhaustif de Star Wars

Cet ouvrage, Star Wars : une saga, un mythe, n’ambitionne pas de couvrir de manière synthétique l’ensemble de l’univers réalisé puis produit par George Lucas.

Il cherche cependant à comprendre de quelle manière Star Wars constitue un matériel cinématographique à la fois profondément original (une double et bientôt une triple trilogie, un film issu de l’imaginaire d’un auteur mais commercial, une œuvre destinée aux enfants aussi bien qu’aux adultes…) et s’appuyant sur, comme l’annonce la quatrième de couverture, le « plus vieux fonds légendaire de notre humanité ».

Sous forme d’abécédaire, il va donc tout autant décoder les racines des Jedis, de la Force, l’influence du mythe arthurien ou des cultures asiatiques sur la saga, et le fait que Star Wars fait désormais figure de mythe à part entière, avec produits dérivés et univers étendu.

L’ouvrage s’ouvre sur le processus d’ « agnition » (reconnaissance de deux personnes ou plus, avec notamment la célèbre phrase de Dark Vador (Darth Vader) à Luke Skywalker, « Je suis ton père »), et se ferme, comme il se doit, avec la figure de Yoda.

On y retrouve d’autres entrées, dédiées aux personnages, ainsi que l’explication de plusieurs points emblématiques de la saga : combats, couples, droïdes, élu, empire et dictature VS république et démocratie, fantasy et science-fiction, immortalité, initiation, ordre Jedi, padawan, religion, ou encore sabre.

Avantages et inconvénients de l’abécédaire

L’avantage de ce livre est qu’il offre une vision synthétique et très accessible de l’univers de Star Wars, même pour celui (voire surtout pour celui) à qui cet univers est complètement étranger.

Les références sont claires, le propos bien documenté, et pour le spectateur averti, le texte de Laurent Aknin est une excellente mise en bouche à un revisionnage scrupuleux des six épisodes actuels de la saga.

Cependant, j’ai relevé deux petites faiblesses dans le projet de l’auteur. La première, c’est que le fan absolu de Star Wars – ou même celui qui a une vision ne serait-ce que distanciée et cultivée de l’œuvre – va certes apprécier de retrouver tous ces éléments familiers, mais qu’il ne va pas forcément y faire beaucoup de découvertes.

Personnellement, j’aurais aimé que l’auteur approfondisse davantage et se pose plus en spécialiste des mythes (d’un point de vue littéraire et culturel) qu’en critique et historien de cinéma. Certes, j’ai appris des choses, ou plutôt l’auteur a confirmé ce que je pressentais des influences de George Lucas, mais il m’a aussi laissée quelque peu sur ma faim…

Et cela tient principalement à la forme que prend son ouvrage, ce qui en constitue la deuxième faiblesse. Certes, le fait d’organiser le livre en abécédaire permet un cheminement facile du lecteur et une lecture non linéaire.

Mais justement, au lieu d’un propos linéaire et plus approfondi, ce qui faisait la force du précédent texte de Laurent Aknin, Mythes et idéologie du cinéma américain, les différentes entrées m’ont fait ressentir les répétitions de certaines d’entre elles, et de certains angles d’attaque de son propos : ordre Jedi, chevalerie, et padawan, les nombreuses occurrences du mythe arthurien, l’influence des samouraïs et du bushido, pour ne citer qu’eux…

J’ai cependant bien conscience qu’il est très facile (trop facile) de critiquer un livre sur sa forme, et l’auteur rappelle parfaitement en introduction le caractère subjectif et non exhaustif de sa démarche. Il y évoque d’ailleurs de manière personnelle et, selon moi, très complice, son expérience cinéphile de la trilogie et de la prélogie.

Star Wars : une saga, un mythe reste, comme je l’ai déjà dit, une bonne entrée en matière et une bonne piqûre de rappel pour les amateurs de Star Wars, qu’ils soient eux-mêmes apprentis, chevaliers ou maîtres…

Vous avez dit mise en bouche ?

Pour finir, comme je l’ai mentionné plus haut, je reviens rapidement sur un ouvrage de ma bibliothèque qui évoque Star Wars sous un aspect culinaire. Il s’agit du Gastronogeek, que j’avais brièvement évoqué dans mon article de Noël dernier.

Gastronogeek

Dans ce livre de recettes consacré à l’univers geek, où se côtoient Le Seigneur des anneaux, Retour vers le futur et Doctor Who (pour ne citer qu’eux), le lecteur – cuisinier ou non – trouvera des idées d’expériences gastronomiques inspirées de Star Wars, à savoir :

  • la salade de la Lune forestière d’Endor ;
  • le Spatioporc de Mos Eisley ;
  • et le Dôme de Hoth.

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Très récemment (en septembre 2015), l’un des auteurs du Gastronogeek, Thibaud Villanova, et Stéphanie Simbo, ont sorti chez le même éditeur, Hachette cuisine, un deuxième ouvrage consacré aux recettes geeks, et cette fois-ci dédié aux boissons, soupes et autres milk-shakes, Le Livre des potions. Pour Star Wars, vous y retrouverez :

  • La Corellia, un cocktail à base de whisky, de bière ambrée et de cumin ;
  • et le Ragoût de racines de Dagobah.

D’ici le 16 décembre, je vous souhaite donc de bonnes lectures, de bons revisionnages ou de bonnes découvertes, et de bonnes expérimentations culinaires.

À très vite !

Space opera et sagas de science-fiction

Ce nouvel article ne portera pas sur un seul livre, mais sur plusieurs livres consacrés à deux sujets en particulier, tout en m’appuyant pour cela sur deux parutions récentes.

J’ai déjà consacré quelques articles aux ouvrages traitant la question de la science-fiction, mais ces ouvrages étaient généraux : l’un, Nos années science-fiction, publié l’année dernière, revenait sur les séries télévisées de cet univers, de la Quatrième dimension jusqu’à X-Files, l’autre était consacré au cinéma, 100 ans de cinéma fantastique et de science-fiction.

Culture geek

Les deux parutions récentes auxquelles se consacre cet article seront, quant à elles, des ouvrages spécifiques, nous plongeant dans l’univers foisonnant et toujours en expansion – mais n’est-ce pas le propre de l’univers – d’une série télévisée et d’une saga de science-fiction en particulier.

Toutes deux sont des éléments fondamentaux de la culture geek. En tout cas leur perpétuel enrichissement répond parfaitement à la définition que David Peyron donne de cette culture, dans l’ouvrage qu’il lui avait consacré en août dernier.

Doctor Who

Privilège de l’âge, je commencerai par la série télévisée. En effet il s’agit de la série doyenne de la télévision, Doctor Who, dont on attend actuellement avec impatience, la saison 8 (première série de 26 saisons entre 1963 et 1989, deuxième série depuis 2005).

Son personnage principal, le Docteur, peut changer de visage de manière beaucoup plus logique que James Bond, puisqu’il s’agit d’un alien doué d’un pouvoir de régénération, et qu’il a donc connu, en l’espace de 50 ans, pas moins de 12 incarnations, si l’on compte le « war doctor » – la 13e ayant tout juste fait son apparition dans le dernier épisode.

Sources : tardib

Sources : tardib

Je ne vais pas faire un résumé de tout ce qui se passe dans cette série, je n’en viendrai jamais à bout. Disons juste que le Docteur voyage dans le temps et l’espace, à l’intérieur d’une cabine téléphonique de police, le TARDIS (Time And Relative Dimension In Space), un objet plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur, et qu’il est généralement accompagné – compagnons féminins mais pas toujours – afin de combattre les menaces qui pèsent sur l’univers.

Les amateurs de cet univers peuvent remplir des étagères entières de bibliothèques sur ce sujet. Pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille une petite escapade à Londres, au magasin Forbidden Planet, où des rayons entiers de produits dérivés, DVD et Bluray, livres et jeux, sont dédiés au culte de Doctor Who, parmi d’autres jeux vidéos, films et séries télévisées de la culture geek. J’ai moi-même fait le voyage, et voici la « partie » de la vitrine réservée à Doctor Who :

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Des ouvrages sur Doctor Who, il y en a de très bons, mais la plupart ne sont disponibles qu’en anglais. En français n’ont été publiés que quelques-unes des aventures de Doctor Who mises en romans. Il n’existait jusqu’à ce jour aucun documentaire consacré exclusivement à cette série.

Les ouvrages documentaires sur le Docteur sont généralement publiés par la BBC, et sont vraiment excellents, tout en restant faciles d’accès à tous ceux dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. Quelques exemples :

Les deux premiers proposent un tour d’horizon quasi exhaustif de l’univers de Doctor Who, sous forme de dictionnaire ou d’encyclopédie – sachant que l’encyclopédie est également très agréable à consulter, vu le nombre d’illustrations qui la composent.

Le troisième reprend les principaux événements de la série, ce qui n’est pas rien, étant donné que nous sommes confrontés à un personnage de voyageur temporel. Il permet ainsi aux spectateurs de remettre les événements dans un ordre, sinon chronologique, du moins logique, et toujours avec beaucoup de richesse et d’approfondissements.

Ouvrage documentaire en français

Tout cela pour dire que la parution récente, et en français, d’un ouvrage consacré exclusivement aux personnages de Doctor Who, promettait, d’autant que ce dernier adopte la forme et la mise en page des ouvrages proposés par la BBC.

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Il s’agit de Doctor Who : L’encyclopédie des personnages, oeuvre de trois auteurs, Jason Loborik, Annabel Gibson et Moray Laing, publié dans sa version française en février 2014 par Huginn & Muninn.

Très bien illustré, on y retrouve les différentes incarnations du Docteur, ses compagnons (Rose, Martha, Amy, Rory, River…) et ses principaux alliés ou adversaires (Daleks, Sondariens, le Silence…).

Cependant l’ouvrage a un défaut majeur. Est-ce dû au fait que la maison d’édition est américaine, que la BBC n’a pris aucune part dans la conception de ce livre, si ce n’est en tant que consultant ?

(je tiens à dire au passage que je n’ai absolument rien contre les maisons d’éditions outre Atlantique et contre les américains en général, et que j’apprécie grandement le travail de Huginn & Muninn, notamment sur Harry Potter)

Les auteurs sont vraisemblablement eux aussi des passionnés de cette série, et ne sont pour rien, selon moi, dans le défaut de ce livre. Je pense que réalisé directement par la BBC, ou juste en Grande Bretagne, celui-ci aurait d’ailleurs pu être écarté.

Un livre pour enfants

En effet, L’encyclopédie des personnages est conçue pour des enfants – ou, en tout cas, elle semble s’adresser directement à eux. Elle consacre une page, une seule et unique page à chaque personnage, qu’il soit récurrent ou n’apparaisse que dans un épisode. Et comme les encyclopédies destinées aux enfants, elle s’attarde sur quelques détails vestimentaires des personnages, sans approfondir leur rôle, leur psychologie ou leur relation avec le Docteur.

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Prenons par exemple la onzième incarnation du Docteur, jouée par Matt Smith. Présenté dans le livre comme « gamin surdoué », sa fiche retient, entre autre : « élégant toupet, veste en tweed, pantalon slim ». Le texte au total peut tenir en une vingtaine de ligne seulement. Il fait quelques rappels mais n’est absolument pas exhaustif, et surtout il simplifie à l’extrême une histoire, certes farfelue, mais qui n’est absolument pas réservée aux enfants, loin de là.

Il faudrait donc suggérer aux auteurs et à l’éditeur de publier la version adulte.

Star Wars

Doctor Who a eu 50 ans, Star Wars vient d’avoir 30 ans. Là encore, possibilité d’enrichir sa bibliothèque d’ouvrages de qualité, et visite à Forbidden Planet hautement recommandée !

Parmi les ouvrages documentaires sympas que l’on peut se procurer sur le sujet, il y a notamment le Manuel du Jedi, le Livre des Sith et la Génération Star Wars, que j’avais déjà évoquée :

Cette Génération Star Wars revient sur les origines de cette saga, depuis les influences de George Lucas – ouvrages de science-fiction, Metropolis et autres films – jusqu’à l’épisode VI. Le livre prend la forme d’une chronique qui restitue année par année la construction de Star Wars.

Dernièrement, c’est à nouveau un ouvrage des éditions Huginn & Muninn qui est paru : Star Wars : aux origines du mythe.

star wars aux origines du mythe

Il s’agit d’un livre d’art – exclusivement des dessins – recensant les oeuvres d’artistes qui ont participé à la création de l’univers de George Lucas. Hormis une courte présentation, aucun texte dans ce livre, juste les dessins réalisés pour la trilogie, la prélogie, The Clone wars et les jeux vidéos inspirés par la saga.

C’est très beau, très évocateur. On y retrouve surtout des décors et une atmosphère, mais aussi les principaux personnages.

Pour les amateurs de la saga qui attendent l’épisode VII, feuilleter ce livre permettra, avec la rediffusion des épisodes précédents, de calmer leur attente… et peut-être de préparer la visite de l’exposition Star Wars identities qui se tient en ce moment à la cité du cinéma :

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Lectures picorées au parfum de nostalgie

Depuis quelques années, on trouve des livres sur ce qui s’est passé l’année ou la décennie de notre naissance. Ces livres surfent sur la vague des cartes de « bon anniversaire » qui énumèrent les événements de telle ou telle année, des cadeaux « Une de journal » du jour de votre naissance, et autres initiatives qui nous conduisent inévitablement à penser que nous prenons de l’âge ou que nous faisons partie d’une certaine génération.

Et vous, vous êtes nés quand ?

Avant d’entrer plus dans le détail en ce qui concerne ces livres, et comme, certains ont pu le remarquer, j’ai en ce moment un esprit assez joueur, j’ai voulu partager un instant de nostalgie autour de mon année de naissance (s’il y a des amateurs, je les laisse faire de même en commentaires…) :

  • Commençons avec cinéphilie : je suis née l’année où sont sortis L’Effrontée, Highlander, Out of Africa et Le Nom de la rose. Cette année disparaissait Cary Grant.
  • En littérature, je n’ai rien vu de particulièrement notable, à part le décès de Jean Genet et celui de Simone de Beauvoir.
  • En musique, je retiens parmi beaucoup de choses Russians de Sting et Andy des Rita Mitsouko.
  • Enfin en sciences : passage de la comète de Halley, inauguration de la Cité des sciences et sortie du Mac Plus.

Après cette petite digression personnelle, revenons aux livres qui célèbrent nos années ou notre génération. Il y a du bon et du moins bon. Le moins bon, pour moi, ce sont les livres 19.., le livre de ma jeunesse, aux éditions Hors collection, collection Livre anniversaire. Ils proposent une sélection de ce qui s’est passé l’année de votre naissance et de ce que vous avez pu connaître dans votre enfance et votre adolescence. Je les trouve mal construits et assez vieillots finalement dans leur présentation.

Très curieusement, je leur préfère les livres d’une autre collection de la même maison d’édition, collection Humour ou Nostalgie. Voici celui publié sur les années 80-90, et paru en 2007 :

80-90

C’est bien illustré, évocateur et très sympa à feuilleter, sans le côté vieillot de l’autre collection. Vous trouvez les mêmes ouvrages Albums de ma jeunesse pour les années 30-40, 40-50, 50-60, 60-70 et 70-80. Si vous voulez retrouver le club Dorothée, X-Files, la collection Chair de Poule, ou vos consoles de jeux préférées, ce livre vous conviendra tout à fait.

Chez ce même éditeur, on retrouve des livres sur les jeux vidéos, les dessins animés et les séries de telle ou telle période, un superbe livre sur la Génération Star Wars sorti en 2012 ou encore un Intégrale comique du cinéma français, paru en octobre 2013.

star wars

L’ouvrage sur Star Wars peut aisément être considéré comme une bible par les amateurs de la saga. Année par année, il reprend l’histoire de cet univers. Cette histoire ne débute pas, cependant, en 1974, l’année de la sortie de l’épisode IV, mais aux origines, aux multiples influences de George Lucas pour construire Star Wars. Et parmi ces influences on retrouve aussi bien Metropolis de Fritz Lang, que les comics et la série Star Trek. Puis viennent la rencontre avec Spielberg, l’élaboration de la Trilogie originale, avec une description très riche des décors et des costumes, et au fil des années, l’ouvrage nous conduit à la Prélogie. Un indispensable magnifiquement illustré et très agréable ! (j’en profite pour rappeler aux amateurs le marathon Star Wars organisé au Grand Rex les 29 et 30 novembre 2013).

Univers science-fiction

nos années science fiction

Dans le même esprit que ce livre, est sorti ce mois-ci, toujours chez Hors collection, dans la collection Stars et musique, Nos années Science-fiction, consacré aux séries télévisées de science-fiction, depuis La Quatrième dimension jusqu’à X-Files. L’auteur, Alexandre Raveleau, prend soin de nous présenter chacune de ces séries, avec à chaque fois un « journal de bord » qui rappelle les dates clefs de la série et ses protagonistes principaux, et des encarts « Le saviez-vous ? » qui nous permettent de réviser…

On retrouve quelques fondamentaux (une partie entière est consacrée à Star Trek). Les fans de Doctor Who apprécieront la double page qui est consacrée à la plus longue série télévisée – 50 ans cette année (personnellement, j’ai une préférence pour le duo David Tennant – Catherine Tate et pour le personnage de River Song). Je conseille d’ailleurs à ces fans de se procurer l’édition la plus récente – en anglais – de l’encyclopédie Doctor Who. Les amateurs de Stargate SG 1 y trouveront aussi leur compte. Et les uns et les autres pourront réviser ou apprendre quelques notions de klingon et de goa’uld.

On trouve également quelques surprises : la mention des émissions Temps X et Objectif Nul – « À des millions d’années burosse de la Terre, Zeitoun, Panty, Syntaxerror, le mercenaire et le capitaine Lamar, dérivent à bord du Liberator. Leur objectif ? Nul ! », et celle de la série Alf, l’extraterrestre bouffeur de chats.

Un seul petit regret par rapport à ce livre : il n’y est pas fait mention de The Big bang theory, qui n’est certes pas une série de science-fiction, mais bien un hommage à tout l’univers de la science-fiction à elle-seule.

Autres lectures sous forme de tour d’horizon

intégrale comique

Je l’ai signalé, cette même maison d’éditions a sorti ce mois-ci un Intégrale comique du cinéma français. Cet ouvrage de Marc Lemonier recense 250 films, et est illustré d’affiches, de publicités. Il fait la part belle aux comédiens : Bourvil, De Funès, Jean Poiret et Michel Serrault, ainsi qu’aux réalisateurs qui les ont dirigés. On y retrouve aussi bien les grimaces de De Funès, que la fameuse scène de la cuisine dans Les Tontons flingueurs, ou les mésaventures de la troupe du Splendid dans les Bronzés ou Le Père Noël… Un véritable concentré de bonne humeur !

les pages noires

Enfin, pour en finir avec cette petite sélection du mois d’octobre (et avant de consacrer un article plus important à un seul livre), je vous présente Les pages noires des méchants, de Didier Roth-Bettoni, paru aux éditions Milan et sous-titré « Le Grand livre de ceux et celles que vous avez adoré détester ». C’est un livre très sympathique, mais avec beaucoup plus d’images que de textes, et qui recensent les affreux du cinéma, de la bande-dessinée et des dessins animés : la sorcière de Blanche-neige, le Joker de Batman, Cruella d’enfer, Olrik, l’ennemi de Blake et Mortimer, M le Maudit ou encore Voldemort.

Un beau petit voyage pour tous ceux qui, comme moi, trouvent les méchants bien plus intéressants, comme personnages, que les gentils, et qui se sont toujours demandés ce que le prince trouvait à cette niaise de Blanche-neige qui passe son temps à faire le ménage, ou pourquoi Gros minet n’attrape jamais Titi…

Décrypter la culture geek

Chercher le geek

Avec un peu d’avance, voici l’article de la rentrée. Je n’aurais pas pu faire, je n’aurais pas pu souhaiter un article plus fédérateur que celui-ci, et qui peut s’adresser aussi bien aux cinéphiles qu’aux profs-docs, et aux littéraires qu’aux scientifiques.

Au cours de mes déambulations en librairie et de mes vagabondages sur Internet, je cherchais quelque chose d’alléchant dans les nouveautés cinéma. Pendant un certain temps, échec. Quand, par hasard, je suis tombée sur le genre de livre dont on se dit : « Il me le faut, celui-là, il me le faut. » (réaction comparable à celle que l’on a face au dernier vêtement à sa taille un jour de soldes… quoique je ne sois pas sûre que ce soit la comparaison la plus appropriée !)

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Culture geek est un ouvrage de David Peyron, docteur en sciences de l’information et de la communication, paru en août 2013 aux éditions Fyp. Culture geek, pourquoi ? Parce que l’auteur tente en quelques chapitres, de cerner ce que recouvre l’identité auto-revendiquée du geek, de nous la faire comprendre et reconnaître.

Qui est le geek ?

Le livre de David Peyron n’est pas un catalogue de tout ce qu’est le geek et de tout ce qu’il aime – littérature, informatique, cinéma, comics, jeux de rôle, séries télévisées. Cependant, il nous entraîne dans l’histoire fascinante de l’émergence du terme « geek ». Brièvement, il nous semble retrouver dans ce portrait quelques éléments de l’Histoire de la folie à l’âge classique, de Foucault. À l’origine, en effet, au Moyen-âge, le « geek » (orthographié geck puis gecken) désigne soit l’idiot du village, soit un monstre de foire :

Il était généralement présenté comme un enfant sauvage (…). En réalité il s’agissait généralement d’un vagabond que les organisateurs payaient pour assurer le spectacle, d’un handicapé mental ou d’un membre de la troupe n’ayant plus les capacités physiques d’assurer ses prestations habituelles (…). Le spectacle du geek consistait à avaler tout ce qui se présentait à lui : bris de verre, pierres, objets divers. (…)

Le geek est ainsi un « idiot social » qui a du mal à communiquer. Avec l’autre acception qui garde les traces d’une forme de marginalité, arrive l’idée d’une capacité surhumaine (qui peut être feinte) à avaler tout et n’importe quoi avec avidité, et ce de manière pantagruélique et indistincte.

Au fil des pages, et au hasard des exemples que donne David Peyron, on retrouve les traces de cet appétit insatiable : de Tolkien à Terry Pratchett (en passant par Douglas Adams, Asimov, Frank Herbert, Max Brooks, George Martin) pour la littérature, de Star Trek à Fringe (en passant par X-Files, Doctor Who ou encore The Big bang theory) pour les séries télévisées, et de Star Wars au Seigneur des anneaux (en passant par Retour vers le futur, Matrix et les adaptations des studios Marvel) pour les films.

Quoiqu’il en soit, pour l’auteur, le geek est un curieux, un passionné, dont l’intérêt pour un univers le pousse sans cesse à approfondir, à éprouver la cohérence de cet univers, et à le faire déborder de son support originel :

Ce peut être le style, ou encore les personnages qui font que des geeks aiment telle ou telle oeuvre, mais le plus important est l’univers, l’arpenter, se l’approprier de manière toute personnelle et en faire un terrain connu. Ce qui prend du temps. Que ce soit par la relecture, le revisionnage, ou le rétrogaming, le temps long (de la fiction et de la réception), la fidélité à l’objet et le retour vers lui permettent de décrire ce qui fait le sel de la passion. Cela renvoie à un rapport spécifique, expert, poussant chaque univers à ses limites, chacun à sa manière. Dans cette perspective, chaque support ajoute sa pierre à l’édifice de la pratique de ces mondes comme sorte de bacs à sable, d’objets ludiques et emplis de potentiels. Le jeu est une fiction, la fiction est un jeu et le monde est un terrain ludique, d’engagement et d’appropriations multiples.

Pour mieux cerner une identité si foisonnante et si dispersée, David Peyron dégage trois aspects majeurs de la culture geek, et ce au-delà des conditions scolaires et sociales originelles du geek, même si ces dernières sont également abordées. Il s’agit de la convergence culturelle, du rapport transmédiatique aux oeuvres et de l’érudition par le détail.

Culture transmédiatique, convergence et érudition

L’exemple le plus parlant pour évoquer l’aspect transmédiatique de la culture geek est Star Wars. C’est en tout cas l’exemple, parmi tant d’autres, que choisit d’exploiter l’auteur. Il s’agit de la propension d’un univers geek à s’étendre, c’est-à-dire aussi bien à s’approfondir sur le plan géographique, sociologique, historique, qu’à s’exporter vers d’autres formats.

Star Wars, ce n’est pas seulement un film, c’est une série de romans qui explorent les confins de la galaxie, exploitent les personnages secondaires, étudient les langues et la culture des différentes civilisations. Ce sont aussi des comics, des produits dérivés, des jeux, des séries télévisées. Tout pour répondre à l’appétit des geeks, à leur besoin d’appropriation, de collection et d’extension de leurs univers favoris.

geek-map

La convergence découle de cette culture transmédiatique : il s’agit de la propension des différents médias à être des références les uns pour les autres (livres pour films, films pour livres, films pour jeux vidéos…) et des geeks à passer allègrement de l’un à l’autre. Les oeuvres ne sont plus des entités fermées : elles deviennent, à l’instar de Star Wars, des univers hyper-approfondis, hyper-référencés, que vont à leur tour étendre les geeks, puisqu’ils vont eux-mêmes produire des « hommages », des citations, et des extensions référencées de ces univers (vidéos, fanfictions, mèmes, etc.).

Enfin, l’érudition est ce qui permet au geek de se construire en tant que tel, de s’affirmer par la connaissance la plus poussée possible qu’il ait de l’univers de prédilection. Saisir la petite phrase, l’élément de décor qui fait sens dans un film, ou l’incohérence, la faille qui émerge d’un autre, c’est pouvoir revendiquer un regard d’expert sur l’oeuvre, et la reconnaissance de ses pairs.

Trouver le geek

À tous ceux qui veulent comprendre et apprivoiser cet étrange animal qu’est le geek, à tous ceux qui se demandent si un jour ou l’autre ils seront dignes de revendiquer cette identité, à ceux qui sont simplement intrigués ou fascinés par cette façon gloutonne de s’approprier l’information et de la partager, ce livre soulèvera peut-être un pan du mystère. On s’y plonge avec plaisir, un plaisir communicatif que l’auteur a bien su nous faire partager :

En 2007, lorsque je commençais à explorer ce que pouvait être le style geek et comment le caractériser, j’ai découvert un tee-shirt mis en vente sur internet. On pouvait y lire une phrase écrite en blanc sur fond noir : « I never got my acceptance letter from Hogwarts, so I left the Shire to become a Jedi. » (…) À lui seul, ce tee-shirt résume une grande partie du propos de ce livre, et la manière ludique et pulp dont les geeks s’emparent d’objets populaires pour en faire une identité affichée, revendiquée et transmédiatique.

Une chose cependant est sûre : personne n’a besoin d’un livre pour se prouver à lui-même qu’il est absolument ce qu’il croit être. Les geeks auront-ils besoin de ce livre ? Pas nécessairement. Si ce n’est pour une simple promenade de reconnaissance plutôt agréable, qui les fera sourire, et qui fourmillera, pour eux, de clins d’oeil.

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