cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Mois : mars 2025

Mars 2025 : séances et animations du CDI

Pour cet article du mois de mars, je présente les activités menées entre le 3 et le 24 mars.

Il s’agissait de trois semaines relativement calmes, après les vacances de février, et durant lesquelles j’ai pu avancer sur des activités extérieures au lycée (stages EAFC notamment) ainsi que sur les séances pédagogiques prévues pendant les trois semaines suivantes.

Je garde la présentation de ces séances pour l’article du mois d’avril, et je me concentrerai dans cet article sur les actions de communication et les sélections thématiques.

Pour les deux rubriques de mes articles consacrées aux séances et aux animations (et qui donnent d’ailleurs depuis des années leur titre à mes articles profdoc) je continue à proposer un outil qui permette de mieux les repérer et en faire le suivi – comme une transcription numérique de mon bullet journal, ce qui pourra aider en fin d’année pour le bilan d’activités. Comme le mois précédent je propose également ça pour les actions de communication.

Sélections thématiques / valorisation du fonds

Événements recensés

Animations proposées

Date de début

Date de fin

Remplacé par

23-26 janvier : nuits de la lecture

Sélection sur les sagas littéraires

20/01

17/03

Sélection contes

Nouveautés docs et fictions

21/01

17/03

Printemps des poètes

Sélection corps et estime de soi (club santé)

27/01

04/03

Action contre le sexisme en lien avec le 8 mars

29 janvier : journée mondiale du caviardage

Atelier caviardage

27/01

13/03

Sélection sommeil

Couv en coul. TOUT EN BLANC

27/01

04/03

Action contre le sexisme en lien avec le 8 mars

Sélection Préhistoire

28/01

17/03

Journée de nettoyage numérique

11 février : Safer Internet Day

Sélection en lien avec la thématique

07/02

07/03

Semaine des maths

Journée internationale des droits des femmes

Action contre le sexisme (en lien avec l’infirmière scolaire)

04/03

18/03

Semaine de la presse

10-19 mars

Semaine des maths

Sélection en lien avec la thématique

07/03

Journée de nettoyage numérique (action éco-délégués)

11/03

17/03

Journée mondiale des forêts

Sélection Anne Frank

13/03

Sélection Sommeil

13/03

14-31 mars

Printemps des poètes

Sélection en lien avec la thématique

17/03

Sélection contes

17/03

Journée mondiale des forêts

17/03

24-29 mars

Semaine de la presse

Sélection en lien avec la thématique

18/03

J’indique dans ce premier tableau également les sélections installées au mois de février, afin de montrer le roulement entre la mise en place de chaque exposition.

La période a été un peu plus riche que la précédente en terme d’installations et de roulements, avec des actions en collaboration avec l’infirmière scolaire, et des sélections en lien avec les différents événements du mois.

  • L’action contre le sexisme est une action proposée avec l’infirmière, qui associe une sélection en lien avec la journée internationale des droits des femmes et des activités proposées aux élèves (questions sur les représentations, post-it à placer sur un paperboard…)

  • La thématique de la semaine des mathématiques « Les maths hors les murs » a permis de valoriser les documentaires de différents rayons (sciences, sciences sociales et sports)

  • À l’occasion des 80 ans de sa disparition, j’ai proposé une petite sélection sur Anne Frank pour faire suite à une sélection sur le génocide rwandais

  • Deux sélections ont été installées en lien avec des actions à venir en collaboration avec l’infirmière : une sélection sur le sommeil (action prévue au mois d’avril) et une deuxième sur le consentement (club santé du 25 mars)

  • Pour faire suite à la mise en avant des nouveautés de janvier et février à la sélection sur les sagas littéraires, j’ai proposé une sélection sur les contes et une deuxième pour le Printemps des poètes en lien avec la thématique de l’édition 2025 : « La poésie volcanique ».

  • Dans le cadre de la semaine de la presse et des médias à l’école, j’ai laissé la sélection sur Charlie Hebdo installée au CDI depuis janvier et lui ai adjointe une sélection thématique pour accompagner les titres de presse reçus.

Séances et actions pédagogiques

Sur le même modèle que pour la rubrique précédente, je vais tenter de synthétiser les actions menées. J’indique ici les séances menées durant les trois semaines de mars.

Secondes

Premières

Terminales

S1

EMC 1h

SNT 3h : 1h, 1 classe – 1h demi-groupe, 2h, 1 classe – 2h demi-groupe

/

/

S2

EMC 1h

/

/

S3

EMC 1h : 1 classe

SNT 2h , 1 classe – 2h demi-groupe

EMC 1h (1 classe)

/

Total

8 heures

1 heure

/

Concernant les séances que j’ai animées ou co-animées, il s’agissait principalement des séances de SNT déjà menées avec les autres classes :

  • SNT WEB avec une classe : séquence déjà menée en décembre avec deux classes

  • SNT Recherche d’information et intelligence artificielle : séance adaptée pour répondre à la progression en SNT de deux autres classes

SNT Web

Durant cette période, j’avais fait les séances 2 et 3 de cette séquence avec une classe de seconde. Il me restait un demi-groupe à voir au retour des vacances le lundi 3 mars, j’en ai a priori terminé avec cette classe pour l’année scolaire en SNT.

SNT Recherche d’information et intelligence artificielle

À la fin du mois de janvier, j’avais échangé avec une troisième collègue de SNT (collègue de mathématiques) qui a deux classes, et avec laquelle j’avais déjà travaillé, même si les collaborations sont moins régulières, puisqu’elle focalise l’enseignement sur l’aspect algorithmie et programmation.

Je n’avais à la base que des séquences de 3h ou des séances d’une heure, je lui ai donc proposé :

  • la séance 1 + la séance 3 de ma séquence web

  • ma séance objets connectés et IA + la séance 2 de ma séquence web

J’ai proposé pour ces séquences de deux heures une combinaison de ma séance objets connectés et IA + la séance 2 de ma séquence web. Je devais voir au retour des vacances un dernier demi-groupe sur deux heures. J’en ai profité pour modifier une nouvelle fois les règles du jeu sur l’intelligence artificielle afin d’en rendre les mécanismes plus fluides.

J’avais proposé une première version des règles du jeu en janvier 2024, j’ai ensuite retravaillé dessus en juin 2024 pour que les mécanismes du jeu soit plus fluides, et j’ai testé cette deuxième version avec la première classe. J’ai pu régler les dernières difficultés et j’arrive enfin, avec les autres classes à une version satisfaisante qui permet un bon compromis entre le jeu et les apprentissages que j’ai enfin réussi à formaliser.

La troisième semaine de mars, j’ai eu à nouveau l’une des deux classes de cette collègue pour commencer à travailler sur la thématique des réseaux sociaux.

Communication

Aux enseignants et personnels

Concernant le Google Agenda intégré sur E-SIDOC, je n’ai toujours pas pris le temps d’étudier sa consultation par les enseignants ou par les élèves… il figure dans la rubrique « Venir au CDI » du portail, se poserait éventuellement la question de l’intégrer directement en page d’accueil.

Ce mois-ci j’ai pris le temps de poursuivre le rapatriement des publications sur le portail E-SIDOC du CDI. Comme je l’avais indiqué dans l’article précédent, je passais jusqu’ici par un blog de l’ENT pour communiquer sur les ressources numériques et d’autres informations pédagogiques.

Le chemin d’accès à l’application « Blog » de l’ENT ayant été modifiée, j’avais déjà transformé le blog du CDI en rubrique dédiée dans l’un des onglets du portail E-SIDOC, j’ai procédé de la même manière pour le blog consacré aux ressources numériques, en l’ajoutant dans l’espace « Équipe éducative » du portail.

Je reviens ci-dessous sur ces différentes publications.

  • Blog du CDI

Le blog du CDI est désormais publié dans l’onglet « CDI connecté » du portail E-SIDOC. Ce mois-ci, j’ai relayé par ce biais trois événements : la journée internationale des droits des femmes, la semaine des mathématiques et la semaine de la presse.

  • Ressources numériques

Cette nouvelle rubrique de l’espace « Équipe éducative » me permet de relayer des informations sur certaines actions éducatives, des événements ainsi qu’une communication ciblée sur les ressources numériques du lycée.

Ce mois-ci, j’ai publié une présentation des ressources du Médiacentre déjà existante sur l’ancien blog ainsi que la publication Clé en main consacrée à la semaine de la presse proposée par le réseau Canopé.

  • E-INSTANT CDI

L’E-INSTANT est la lettre de diffusion à destination des enseignants et des personnels. Elle se compose de 5 pages : la page d’accueil, le focus, et les pages « éducation », « culture » et « numérique ».

J’ai mis à jour cette lettre pour la période mars-avril avec un focus consacré à la semaine de la presse.

Aux élèves, enseignants et personnels

Là encore, je vais essayer de synthétiser les choses sous forme de tableau pour plus de lisibilité.

Date

Action

Relai

4 mars – 7 mars

Action journée internationale des droits des femmes

Portail esidoc + compte instagram

7 mars

Semaine des maths

Portail esidoc + compte instagram

10 mars

Zoom Actu : rapports de forces

Portail esidoc + compte instagram

13 mars

Sélection Anne Frank

Compte Instagram

13 mars

Sélection sommeil

Compte Instagram

14 mars

Journée de nettoyage numérique

Compte Instagram

14 mars

Insolite vu au CDI

Compte Instagram

17 mars

En ce moment au CDI : sélection contes et printemps des poètes

Compte Instagram

18 mars

Semaine de la presse

Portail esidoc + compte instagram

Je vais indiquer ci-dessous les actions de mars (numéros du Zoom Actu) et les actions postées directement sur le compte instagram du CDI.

Ce mois-ci, j’ai sorti un numéro consacré aux conflits mondiaux, aux luttes de pouvoir et aux rapports de force générés par la situation internationale.

  • Compte Instagram

Les actions postées directement sont principalement des photos mentionnées plus haut.

Activités de gestion

Ce mois-ci les activités de gestion se sont concentrées sur

  1. le bulletinage

  2. la préparation d’une commande

  3. les échanges de mails concernant l’absence d’accès à une ressource numérique dans le médiacentre

  4. l’édition d’un rapport BCDI recensant les annales présentes au CDI

Autres activités

Enfin j’en termine comme à mon habitude par les autres activités professionnelles de la période.

Réunions, stages, déplacements
  • 10 mars : réunion de bassin des professeurs documentalistes

  • 11 mars : réunion en visio (groupe de travail intelligence artificielle des formateurs EAFC en documentation)

  • 20 mars : visio avec une collègue professeure documentaliste de l’académie de Lille dans le cadre du GEPP EMI cycle 4

Les mercredis studieux et les autres activités du mois

Les mercredis de cette période ont été très calmes, et les autres activités se sont principalement concentrées sur :

  • préparation de la formation sur la communication qui aura lieu le 2 avril prochain

  • préparation de la formation « Jouer au CDI : du jeu de société à l’escape game »

  • préparation des séances pédagogiques prévues pour la fin de la période

  • préparation des sélections thématiques et actions pour la période mars – avril

  • élaboration d’un Qui est-ce ? des profs du lycée après avoir vu deux élèves ayant fabriqué un Qui est-ce ? de leur classe

Voilà pour ces activités de mars, je vous souhaite une très bonne semaine de la presse et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Voix de femmes

Avec ce nouvel article cinéphile, j’aimerais renouer avec mon habitude d’évoquer des figures féminines au mois de mars sur ce site.

J’avais dérogé l’an dernier avec cette habitude, parce que je n’avais pas déniché d’ouvrages, plus ou moins récents, qui évoquent une femme de l’univers du cinéma (comédienne, réalisatrice, scénariste…), ou en soient l’oeuvre.

Et pourtant, il est certain que l’an dernier, comme au cours des mois précédents, ces ouvrages ont été publiés, mais encore faut-il que j’ai le déclic, le coup de coeur, et ce coup de coeur n’est pas forcément immédiat ou linéaire.

Ainsi les livres dont je  vais parler dans un instant, je n’ai pas décidé spontanément de les réunir, il m’a fallu, au-delà de leur lecture, imaginer des ponts entre eux, autre que celui cédant à la facilité d’être écrits par des femmes.

Il y a également un livre dont j’aurais adoré parlé dans cet article, mais il vient tout juste d’être publié, et au moment où j’écris ces lignes, je ne l’ai pas encore entre les mains… je le garde donc précieusement en tête et y reviendrai dans les mois à venir.

Réunir des voix

Depuis quelques mois, je ne prépare plus frénétiquement mes articles cinéphiles à l’avance comme j’ai pu le faire auparavant.

Je laisse le livre ou les livres venir à moi, je les lis quand l’envie m’en prend, je laisse le temps infuser la lecture tranquillement, et quand enfin le moment est venu, je rassemble les fils et me pose pour écrire cet article juste quelques jours – au mieux une à deux semaines – avant de le publier.

J’ai toujours ma pile de lectures cinéphiles, et j’ai toujours en tête l’idée d’écrire sur tel livre à tel mois de l’année, et l’un des livres dont je vais parler aujourd’hui ne fait pas exception.

Sur ma pile cinéphile, il y a actuellement encore quatre livres qui attendent patiemment d’être intercalés entre mes autres lectures, cinq si l’on ajoute la publication récente que j’évoquais plus haut.

Il y a quelques mois, j’ai délaissé pour un temps encore indéterminé les lectures scientifiques et je n’ai gardé que mes lectures plaisir et mes lectures cinéphiles.

Pour mes lectures plaisir, j’avais une liste qui sommeillait depuis deux ou trois ans et que j’entamais à peine chaque année, je me suis remise à l’entamer consciencieusement, et parmi ces textes, un certain nombre sont l’oeuvre de femmes, et j’ai eu envie d’en réunir quelques-unes.

Delphine de Vigan, roman et théâtre

Depuis trois ans, sur ma liste de lecture, revenait parmi les autres titres un ouvrage de Delphine de Vigan publié en 2021 : Les Enfants sont rois.

Il n’apparaissait pas forcément en bonne place, et j’ai perdu au fur à mesure l’habitude de rajouter des titres sur cette liste qui n’en finit pas.

Qu’importe, je la recopie scrupuleusement d’une année à l’autre, même si je sais très bien que je suivrai davantage ma fantaisie que la liste en question… comme lorsque l’on va faire ses courses en ayant une idée précise de recette, mais que l’on cède finalement à la tentation d’un autre menu.

Néanmoins, j’avais la ferme intention de découvrir ces textes qui m’attendaient depuis des mois, et Les Enfants sont rois en faisaient partie.

Bien m’en a pris, car cette lecture tardive de 2024, cette dystopie vertigineuse, a été l’un de mes coups de coeur de fin d’année, et je me suis félicitée d’avoir acheté le livre pour le CDI.

Mélanie Claux est une fan de télé-réalité de la première heure, ayant par le passé échoué à devenir célèbre à la télévision grâce à l’émission Seuls dans le noir. Désormais épouse de Bruno Diore – dont elle prend le nom – et mère de famille, elle met ses deux enfants Sammy et Kimmy en avant sur les réseaux sociaux, notamment sur YouTube via la chaîne Happy Récré, où ils sont suivis par des millions d’abonnés.

Un jour, alors que les enfants font une partie de cache-cache dans leur résidence, Kimmy, âgée de seulement six ans, disparaît. S’ensuit alors la rencontre entre Mélanie et la policière Clara Roussel qui mène l’enquête sur la disparition de l’enfant, disparition qui se révèlera être un enlèvement. À travers son enquête, Clara découvre les dessous d’un monde où l’exploitation, la surconsommation et l’exposition accrue et forcée des enfants font partie dominante de leur vie.

J’ai dévoré ce livre glaçant en quelques jours, et j’ai été portée tout du long par son écriture virtuose, sa manière de nous confronter à nos failles – du narcissisme au voyeurisme – et à notre usage compulsif des réseaux sociaux et de leurs dérives, jusqu’à l’écoeurement.

Je suis sortie de cette lecture comme on sort d’une projection de Fenêtre sur cour (ou plus récemment de Dans la maison, de François Ozon), du visionnage d’un épisode – lointain dans mon souvenir – de Black Mirror ou de Westworld, avec le même sentiment d’inconfort et de culpabilité.

Moi qui ai l’habitude de poster mes lectures, j’étais évidemment tiraillée entre l’envie de partager cette expérience et l’ironie de la situation à laquelle l’auteure m’avait confrontée.

C’est avec la voix de Delphine de Vigan que j’ai donc décidé de prolonger l’expérience, d’abord en regardant l’adaptation de son roman en série télévisée (disponible sur Disney +). Cependant, malgré la qualité de l’interprétation, j’ai été déçue, comme souvent, que cette adaptation ne rende pas suffisamment justice à la complexité du roman.

Ensuite, j’ai récupéré sur ma pile de lectures cinéphiles le dernier texte de l’auteure, Les Figurants, publié en 2024.

À nouveau, dans ce court texte, c’est une curieuse mise en abyme que nous propose Delphine de Vigan, et puisque l’on parle de voix dans cet article, il s’agit ici de donner une voix, non pas aux invisibles, puisqu’ils sont omniprésents au cinéma, mais à ceux dont on n’entendra jamais la voix dans un film.

Didier Blondel l’avait déjà fait au singulier dans l’un de mes livres préférés consacrés au cinéma : Le Figurant. Le tour de force de Delphine de Vigan est justement de leur redonner la parole, cette fois au théâtre et au pluriel, avec Les Figurants.

Au cinéma ou dans les séries, les figurants sont toujours flous, de dos ; ils ne font que passer. À la fois invisibles et indispensables, ils font partie de l’image, de sa fabrication, de son réalisme, mais doivent se fondre dans le décor. Avoir l’air vrai sans se faire remarquer. En transposant le plateau de cinéma sur une scène de théâtre, Delphine de Vigan leur offre le premier plan, le premier rôle, le devant de la scène. Cécile, Orso, Bruno, Joyce et Nora se rencontrent sur un tournage. Ils sont plus ou moins dirigés par un assistant totalement débordé. Peu à peu, les rôles s’inversent… Et si nous étions, tous, les figurants d’une vaste histoire qui nous dépasse ?

Je suis généralement assez réticente lorsqu’il faut lire du théâtre, mais j’ai justement apprécié que chacun de ces personnages, auxquels on s’attache d’une manière si éphémère, ait sa voix et sa personnalité propre, avec son parcours, ses anecdotes et son espoir que cette voix unique soit enfin entendue et remarquée.

Hélène Gestern et Valérie Perrin : voix, images et musique

Ma découverte de Delphine de Vigan est toute récente. Les auteures que je convoque à présent font partie de mon univers littéraire depuis un peu plus longtemps.

Elles ont toutes les deux en commun une écriture toujours inattendue, et un imaginaire qui mêle la musique, les photographies, les voix et le cinéma à la perfection, ce qui a pour conséquence qu’on ne lâche pas facilement leur livre une fois la lecture entamée.

555

Une amie m’avait fait découvrir Eux sur la photo, d’Hélène Gestern, en m’en faisant la lecture à voix haute pendant le confinement – cette lecture, et celle de Novecento : pianiste, d’Alessandro Baricco, sont gravées dans ma mémoire. Ma lectrice me donnait immédiatement envie d’avoir le livre entre les mains.

C’est donc tout naturellement que j’ai ajouté 555, publié en 2022, à ma liste de lecture.

C’est en défaisant la doublure d’un étui à violoncelle que Grégoire Coblence, l’associé d’un luthier, découvre une partition ancienne.
A-t-elle été écrite par Scarlatti, comme il semble le penser ? Mais, à peine déchiffrée, la partition disparaît, suscitant de folles convoitises. Cinq personnes, dont l’existence est intimement liée à l’œuvre du musicien, se lancent à la recherche du précieux document sans se douter que cette quête éperdue va bouleverser durablement leur vie.

De ce texte, j’ai aimé l’érudition musicale, qui m’a donné envie de découvrir Scarlatti, l’odeur de l’atelier de lutherie, des bois que l’on travaille et des vernis, les salles de concert et le son du clavecin, du piano, du violoncelle et du violon, les pièces, du chevalet à l’âme et le frottement de l’archet sur les cordes, les différentes voix des protagonistes, et la quête frénétique de cette partition.

Tata

C’est à une autre quête, tout aussi artistique, que nous convie Valérie Perrin dans Tata.

« Colette est remorte. Ce mot n’existe nulle part. Remourir, ça n’existe pas. »

Colette était une femme sans histoire. C’est du moins ce que l’on croyait jusqu’au jour où sa nièce apprend son décès par un appel de la police. Car Colette, sa tante unique, a déjà été enterrée il y a trois ans…

Cette histoire haletante m’a remémorée par association d’idées et dans le désordre des histoires tout aussi différentes que Thirteen reasons why ou Cinema Paradiso.

Tata est l’un de mes coups de coeur de lecture de 2025, et s’y retrouvent des personnages de musiciens, d’acteurs, de réalisateurs, d’écrivains et de journalistes, tout un univers foisonnant emporté par un souffle sur plusieurs décennies, et porté par les voix de plusieurs femmes, là encore, dont celle de Colette, enregistrée sur cassettes.

D’aucuns pourront penser que Valérie Perrin, comme Mélissa Da Costa, excelle dans le roman feel good (et à y réfléchir, pas si feel good que ça). On peut y voir une critique, j’y vois une qualité, et je ne regrette aucun des moments passés avec ces deux auteures, et leurs textes, qu’il s’agisse pour l’une de Changer l’eau des fleurs et de Trois, pour l’autre de Tout le bleu du ciel.

Une soif de mots et d’histoires

J’emprunte l’intitulé de cette dernière partie à un roman bijou qui a été ma première lecture de 2025, et que je place encore au-dessus de mes lectures précédentes.

De ma pile de lectures, là encore, j’ai extrait trois textes, qui y sommeillaient, et que j’ai découvert entre décembre et janvier.

  • La Commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz

À nouveau, je suis tombée, avec ce texte, qui ne fait pas partie des publications les plus récentes, sur une magnifique histoire de femmes, entre Espagne et France. De cette lecture, je garde évidemment des couleurs chatoyantes, des odeurs, une lumière (et quelques ombres), des herbes et des épices, des voix et des musiques.

  • William, Stéphanie Hochet

Ce deuxième texte est à la fois le récit d’une quête et celui d’un dialogue. Au moment où Arte diffusait un fabuleux documentaire en trois parties sur Shakespeare, avec entre autre les participations de Judi Dench, Ian McKellen et Helen Mirren, j’étais plongée dans ce subtil portrait de William, à la recherche de ses années perdues.

L’auteure tisse une toile entre l’Angleterre de la fin du XVIe siècle et son parcours sur les traces de Shakespeare, mais aussi sur les siennes propres.

  • Une soif de livres et de liberté, Janet Skeslien Charles

J’en termine avec la plus belle façon que j’ai eue de commencer 2025, avec ce bijou qu’a été Une soif de livres et de liberté.

Odile Souchet, vingt ans à peine, s’épanouit dans son travail à la Bibliothèque américaine de Paris, où elle côtoie la fameuse directrice Dorothy Reeder. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, la jeune femme risque de tout perdre, y compris sa chère Bibliothèque. Alors que les nazis envahissent Paris, Odile et ses amis s’engagent dans la Résistance avec leurs propres armes: les livres.

Dès les premières lignes, l’histoire m’a embarquée… vous allez me dire qu’un personnage qui exprime ses émotions en les traduisant en cotes de la classification Dewey avait tout pour me plaire…

Mais à nouveau, les personnages, les allers-retours entre passé et présent, entre France et États-Unis, les voix de femmes, le chuchotement des lecteurs de bibliothèques, les livres que l’on s’échangent et dont on parle, ce chemin sinueux, familier et cinématographique, qui fait à la fois qu’on aimerait voir de tels livres adaptés à l’écran (ou peut-être pas, juste les garder pour soi avec ses propres images mentales)… ce livre avait également tout pour devenir l’un de mes préférés.

Et certes, je délaisse ici les lectures rigoureusement cinéphiles pour les lectures plaisir, mais cette frontière est définitivement poreuse, et les plus belles lectures ne sont-elles pas celles qui suscitent les plus belles images et les plus beaux souvenirs, notre cinéma personnel ?

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