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Étiquette : identité numérique (Page 6 sur 8)

Jeux de mots, accentuation, atténuation et point Godwin

Avant le prochain article cinéphile, voici un petit post sans prétention, inspiré par cet article de Thèse antithèse foutaises, et qui mêlera figures de style, mots très curieux et sujets tendancieux…

L’idée de départ est de voir de quelle manière nous jouons avec et sur les mots au quotidien.

L’un de mes précédents articles explorait de quelle manière, pour les littéraires, l’amour des cartes heuristiques peut être lié au plaisir de représentation géographique et imaginaire des mots. Pour ces littéraires, le travail de formulation d’une recherche, l’analyse d’une notion pour préparer une séquence et le moindre des projets pris sous le prisme du vocabulaire et des champs lexicaux, peuvent prendre des allures d’escapade exotique.

Cependant, bien que cet aspect des choses m’enchante, je préfère en relever les implications les plus informelles et les plus ludiques, à savoir : les jeux d’énigmes, le double discours et l’ironie en tant qu’outils pédagogiques, et les conversations caféinées.

Jeux de mots

Depuis quelques temps, j’ai redécouvert la magie d’un dictionnaire… Pas même le dictionnaire de figures de style, qui recense les anacoluthes, prosopopées et autres zeugmes, mais le dictionnaire réduit à sa simple expression et à sa destination première : collecte et définition des mots de la langue française.

A quoi dois-je ce bonheur ? Aux journées de formation, où une collègue a dit mettre toutes les semaines une énigme sur la porte du CDI. L’idée m’a paru excellente, et dès la semaine d’après, j’ai commencé à mettre mes « énigme du jour » sur la porte. Je cherche le mot qui me semble le plus mystérieux et j’en demande le sens. J’ai déjà affiché : nyctalope, triskaïdékaphobie, procrastination et aujourd’hui, palimpseste.

Bien-sûr, je ne peux pas faire trop compliqué, mais j’aime jouer avec les sonorités et voir les réactions qu’elles provoquent. Évidemment, nyctalope est tout de suite pris pour une insulte ; les autres suscitent juste quelques difficultés à être prononcés. Mais cela fait plaisir de voir les élèves se ruer sur un dictionnaire, même si, j’avoue, la récompense (une boîte de Smarties ou un Carambar) y est pour beaucoup.

Je pense à un mot dont la découverte m’a marquée – pas forcément le plus long ou le plus difficile à trouver – c’est le cas pour procrastination, qui chante à merveille l’occupation la plus agréable qui soit, et palimpseste, dont j’aime les deux « p » qui donnent bien l’idée d’une écriture qui se réécrit sur un même support sans cesse recyclé. Pour la prochaine énigme, je pense à utopie, crépuscule ou encore à kaléidoscope…

De l’imprononçable à l’ironie : palettes du discours.

L’amie de Thèse Antithèse Foutaises évoque sa figure de style favorite : le zeugme, qui correspond ma foi très bien à sa loufoquerie, à sa capacité de digression et de changement de ton. Chaque littéraire semble donc voué à apprécier dans une plus large mesure une figure de style en particulier, qui finit par le représenter.

Mes figures de prédilection sont celles dans lesquelles s’expriment le mieux un double discours, une nuance, un soulignement, voire de l’ironie ou du cynisme : la litote et l’antiphrase, avec une légère préférence pour la litote, qui est devenue dans un cercle d’amis, l’un de mes surnoms.

La litote, en effet, est le juste milieu entre le silence réprobateur et la méchanceté gratuite. C’est une figure de style assez subtile, qui permet à son usager de déguiser sa pensée de façon à en faire deviner toute la force véritable.

Cette figure, qui va de conserve avec le sens de la répartie, je l’admire chez mes amis, comme chez certains écrivains qui manient la plume avec le plus élégant cynisme (Sartre dans Les Mots, Queneau dans Le Chiendent, Drieu La Rochelle dans Gilles). Ces auteurs que j’ai cités étaient ceux que nous faisait découvrir mon ancien directeur de recherche, connu par tous ses étudiants pour son humour pince-sans-rire, qui s’accompagnait généralement d’un petit sourire en coin du plus bel effet.

C’est sans doute grâce à ce dernier que je dois le meilleur exemple des bienfaits de l’ironie en pédagogie et dans les relations humaines en général. Les exemples sont quotidiens, quoique parfois risqués, du classique :

– Madame, j’ai plus de place sur la feuille.

– Eh bien écris sur la table…

au non moins classique et beaucoup plus cruel :

 – J’ai rien fait.

– Si, tu existes.

Mes sources d’inspiration sont diverses – je suis parfois en panne sèche de répartie originale – j’ai pu dire à un élève baratineur qu’il serait capable de vendre du sable dans le désert. Il est vrai que je suis davantage un public facile qu’une artiste en la matière : j’admire l’ironie chez les autres comme une habileté, une sorte d’artisanat exercé, mais j’ai plus de difficulté à la mettre en pratique et à la doser…

De l’ironie au point Godwin : dérapages du discours

Ou comment passer de la maîtrise total à la perte de contrôle. L’ironie, en particulier, et la relation à autrui en général, étant des exercices de haute voltige, que ce soit dans le face à face direct ou sur Internet, il est inévitable dans une conversation polémique d’atteindre le point Godwin.

Greg Williams

Greg Williams

Petit rappel de définition :

La loi de Godwin provient d’un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » sont parfois attribués à l’unité. (source : Wikipédia)

Ce qui est le plus fascinant, à mon sens, c’est de considérer les deux moments de la discussion, point de départ et point d’arrivée, car le point de dérapage reste lui très subjectif, et très humain.

Exemple concret de recette : l’explosion de deux bombes au marathon de Boston comme ingrédient de base. Ajouter un participant à la discussion plus enthousiaste qu’informé, plus engagé politiquement que le reste du groupe. Déjà s’aperçoit la pente vers :

  • théorie du complot
  • Corée du Nord
  • le 11 septembre : malgré les avions, faut-il y croire ou non ?
  • La guerre froide, la superpuissance américaine…

Remuez, mélangez tous ces ingrédients individuellement inoffensifs (ou presque) et vous obtenez un magnifique raccourci pour expliquer Boston par l’incendie du Reichstag organisé par Hitler…

Bref, pour résumer :

Bombes sur le marathon de Boston ———————————> Incendie du Reichstag.

A partir de ce constat très simple, il serait amusant d’imaginer pour chaque personne son point Godwin, ou ce qui va déterminer l’arrivée du point Godwin dans son système de pensée, sans se restreindre à Hitler, évidemment. Ainsi :

  • Pour un scientifique : la moindre des ignorances ou des incohérences du non-scientifique envers lui serait équivalent à refaire le procès de Galilée ;
  • Pour un littéraire, le point Godwin n’aurait pas d’autre formulation que le rappel des inepties de Frédéric Lefebvre sur « Zadig et Voltaire ». On y retrouverait aussi pêle-mêle Thomas More condamné au bûcher, Flaubert et Baudelaire condamné pour indécence ou la mort de Socrate…
  • Pour un professeur documentaliste, ce serait la simple mention de l’expression « dame du CDI ».
  • Pour un cinéphile, ce serait très certainement les films de Vin Diesel.

Et pour vous, quel est le point Godwin ?

Expressions professionnelles des profs-docs

En prolongement de mon petit compte-rendu de formation – il y aura ici quelques redites et certains approfondissements – voici un article sur l’expression professionnelle des professeurs documentalistes. J’ai pu aborder la question à travers les outils de veille : de quelle manière le prof-doc utilise les moyens d’expression d’autres profs-docs pour organiser sa veille professionnelle ?

Georges de la Tour

Cette fois-ci, et après discussion avec copains – copines et / ou collègues, je voudrais présenter de manière concise et pas trop prise de tête les différentes façons dont les professeurs documentalistes s’expriment sur leur profession (et sur eux-mêmes) et prennent du recul par rapport à celle-ci. Les outils pour s’exprimer en ligne sont nombreux : listes de diffusion, forums, pages Facebook, comptes Twitter et blogs. Les trois derniers moyens d’expression sont liées entre eux, les pages Facebook et les comptes Twitter servant entre autres à partager les actualités d’un blog.  C’est pour cette raison que je m’intéresse de plus près aux blogs et sites Internet des profs-docs.

Si je tente de faire une typologie des blogs de professeurs documentalistes et autres professionnels de l’information et de la documentation, je vais avoir autant de types que de blogs. En effet, le prof doc est une créature complexe : son profil, son cursus, ses goûts et ses approches du métier peuvent se distinguer complètement du prof doc de l’établissement voisin. Essayons tout de même.

Aux sources de la profession.

Dans cette catégorie entre les bibliothécaires, les chercheurs en sciences de l’information et de la documentation, les « théoriciens » de la profession et les mordus de classification. Même dans cette catégorie, les profils sont différents et je n’entrerai pas dans les distinctions documentaliste, professeur, professeur documentaliste ou professeur-documentaliste.

On peut donc y classer :

  1. Le blog de Silvère Mercier, Bibliobsession, sur l’univers des bibliothèques et leurs évolutions.
  2. Le blog de Bertrand Calenge, sur les bibliothèques également (Carnet de notes)
  3. Le guide des égarés de Olivier Le Deuff, sur la culture de l’information, les folksonomies et les réseaux sociaux entre autres.
  4. Le blog d’Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information : Affordance.info, qui se consacre surtout aux évolutions de l’accès à l’information.
  5. La feuille,  blog d’Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’Internet Actu. Réseaux sociaux et évolution de l’édition à l’ère numérique.

Les amoureux de la lecture.

  1. Bien qu’elle aborde plusieurs autres sujets, je range blOg-O-nOisettes dans cette catégorie, rien que pour ses supers comptes-rendus de lecture.
  2. Ce très beau et très épuré blog de prof-doc littéraire : Nota bene.

Les geeks et autres fondus de TICE.

  1. RicLédoc : séquences pédagogiques, TICE, culture de l’information et identité numérique.
  2. Fenêtre sur : tutoriels, séquences pédagogiques, TICE.

Les partageurs de scénarios pédagogiques.

  1. Je range dans cette catégorie le très connu Tictacdoc, même si, comme BlOg-O-nOisettes, il aborde beaucoup d’autres aspects de la profession (préparation aux concours);
  2. L’Odyssée d’Ln : une mine d’idées et d’infos, et de scénarios pédagogiques.

Le sas de décompression (espèces hybrides également appelés touche-à-tout)

Ces curieuses et sympathiques bêbêtes là cumulent plusieurs passions, passent d’un sujet à l’autre ou mettent leur passion (dessin, humour) au service de la documentation – et vice versa. Je me range modestement dans cette catégorie.

  1. Claire (sur Twitter) qui tient le site de la petite passerelle, s’intéresse au livre, à la lecture et à l’écriture sous toutes leurs formes (écriture, littérature, calligraphie, bibliophilies, etc.), le tout sur un site lui aussi très épuré et très esthétique.
  2. Gribouilles de doc : la vie et le quotidien du prof-doc sous forme de blog BD.
  3. Vie de doc. Déclinaison de Vie de merde sous la forme des perles et des déboires des profs docs. J’ai moi-même publié une VDD à retrouver ici.
  4. Cinephiledoc. Le mien à moi.

Les passionnés partageurs.

  1. Un p’tit creux, beau petit blog culinaire pour une prof doc fondue de cuisine. 

Pour l’instant le blog de cette rubrique (un prof doc passionné qui parle d’un sujet a priori très éloigné de son univers professionnel) se sent un peu seul. Si vous connaissez des blogs de profs docs sur un tout autre sujet que l’éducation, les TICE, les sciences de l’information, la pédagogie et les CDI, j’aimerais beaucoup enrichir cette rubrique !!!

Petit compte-rendu de formation sur Internet

Comme je l’avais mentionné dans l’article précédent, j’étais en formation la semaine dernière. Ma tendance quasi refoulée à la maniaquerie me pousse de temps en temps à retranscrire au propre ce que j’ai (mal) écrit.

Cette formation était en deux parties : la première a eu lieu début février, juste après InterTice et la conférence musclée de Marie-France Blanquet ; la seconde était le jeudi et le vendredi de la semaine dernière. Thématique générale : Internet, quelles pratiques au CDI ? Je n’avais pas tant choisi cette formation pour me familiariser avec des outils, mais plus pour avoir des idées de pratiques pédagogiques avec les élèves.

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Première partie : Internet pour les documentalistes

Cette journée était consacrée à l’usage professionnel d’Internet et aux outils de veille, que les professeurs documentalistes doivent « pratiquer » au quotidien, par exemple pour s’informer sur les dernières nouveautés en littérature jeunesse ou les dernières actualités en matière d’éducation et de documentation…

Pour cette première journée, je ne vais pas résumer tout ce qui a été dit : il s’agissait surtout d’un échange, le plus souvent informel autour de nos pratiques et des outils qui nous étaient les plus utiles et les plus familiers. Je me contenterai de faire une petite liste des points abordés et des liens suggérés.

1) Liens suggérés : 

  • La rubrique « Veille professionnelle » sur le site des documentalistes de l’académie de Versailles.
  • Le site Raynette, qui permet de retrouver qui se cache derrière le nom de domaine d’un site Internet.
  • Le site Abondance qui suit, entre autres, l’actualité des moteurs de recherche.
  • Les sites des URFIST : celui de Lyon sur la veille et les moteurs de recherche, celui de Bretagne où enseigne Alexandre Serres.

2) La veille : surveillance d’un sujet donné. Points abordés :

  • Le Portillon Doc pour docs qui permet de faire une recherche sur un champ précis du savoir, grâce à l’utilisation des indices Dewey.
  • Les newsletters, listes de diffusions et les alertes (Google Alerts : veille thématique sur des sujets d’actualités).
  • Les agrégateurs de flux RSS (ex : Portail Netvibes).
  • Twitter. Permet le suivi des blogs et actualités de certains collègues, entre autres Fenêtre sur (tutoriels, axé TICE), BlOg-O-nOisettes (comptes-rendus de lectures et critiques de films) et L’odyssée d’LN (séances pédagogiques).

3) La curation : veille et éditorialisation, scénarisation des infos. Outils mentionnés :

Deuxième partie : Former à la maîtrise de l’information en ligne.

Cette deuxième partie de formation m’a fourni un bon stock d’idées à réinvestir avec les élèves, suivant différents axes de travail :

1) Préparer sa recherche.

C’est la première étape de la recherche : il s’agit, à partir d’un sujet donné, de conceptualiser, de trouver les mots clefs, grâce à un brainstorming, des cartes heuristiques, etc. Nous avons réfléchi à plusieurs manières de procéder :

  • relever les mots clefs importants d’une phrase.
  • confronter le Larousse en ligne et Wikipédia, en faire étudier le sommaire, puis les différents paragraphes pour en retrouver les mots clefs.
  • définir des axes de recherche avec un plan ou un questionnement quintilien.
  • construire un document de collecte : en faisant plusieurs copier-coller, retrouver les mots clefs et reformuler. Le copier-coller devient ainsi le point de départ du travail, et non l’arrivée.
  • ne donner aucune consigne : laisser chercher. Appliquer le principe de sérendipité (ou plus négativement la pédagogie par l’échec) pour avoir différentes pistes de recherche et élaborer une carte heuristique.

2) Rechercher et sélectionner l’information

C’est la démarche qui consiste à trouver le bon outil de recherche (base de données, moteur…). Liens suggérés :

  • Mon diapason : étude comparative de différents outils. (attention : inscription obligatoire).
  • URFIST de Rennes : plus de 80 outils spécialisés pour différentes recherches sur le Web.
  • J’en profite pour faire de la pub vers l’article d’une copine sur la sérendipité !

3) Evaluer l’information trouvée. Là encore plusieurs démarches.

  • Vérifier la pertinence de l’information en retrouvant les mots les plus souvent utilisés (grâce au site Wordle qui permet de générer des nuages de tags en indiquant une adresse URL ou en faisant le copier coller d’un texte.
  • Proposer une grille d’évaluation de l’information sur Internet : soit celle-ci que j’avais proposée (à laquelle il faudrait ajouter la fonction de l’auteur, la présence de publicité et la qualité de la langue), soit une grille proposant trois axes : identification (URL, auteur, structure, présentation générale), popularité (page rank) et contenu (mise à jour, auteur, vocabulaire utilisé).

Différents liens ont été proposés pour cet axe : Open site explorer, un site qui donne le nombre de liens pointant vers une adresse URL (attention : gratuitement, l’accès est limité à 3 recherches par jour), et Raynette pour étudier le nom de domaine.

L’accent a aussi été mis sur la distinction entre page web et document PDF, entre page et site, et, concernant Scoop it, entre la personne qui collecte le document et l’auteur de ce dernier (qui fait quoi ? qui cite quoi ? qui est l’auteur de quoi ?)

L’exemple le plus ludique d’évaluation de l’information est la diffusion d’informations fausses sur lesquelles faire travailler les élèves. En gros, il s’agit de les faire travailler sur la rumeur et le canular (Saint Pixel, le petit Singly, la vidange du lac d’Annecy, le dahu, l’étude d’un pays imaginaire, etc.). Quelques liens utiles :

  • la perle du pearltrees de Stéphanie Galloin sur le sujet ;
  • le site Hoaxbuster ;
  • les documents de e-profdocs sur la rumeur ;
  • l’outil Jog the web pour organiser l’information dans une démarche ou un exercice à proposer directement à l’élève (inscription obligatoire).

4) Différents autres points abordés plus succinctement :

  • Restituer l’information : affiches, diaporamas.
  • Adopter une attitude responsable : sensibiliser les élèves à la notion de droit d’auteur et de citation des sources, en réalisant, par exemple, un QCM grâce à Hot potatoes.
  • Faire réaliser des bibliographies, voire même intégrer un générateur de bibliographie dans E-SIDOC, grâce au tutoriel de Fenêtre sur.
  • Travailler sur l’identité numérique. Une collègue nous a proposé un diaporama très complet sur le sujet notamment avec des vidéos de Cyprien et d’un voyant pas banal.

Au milieu de ce laboratoire d’idées, l’une des découvertes les plus affligeantes par sa bêtise abyssale reste cependant le nouveau réseau social à la mode, ask.fm, qui me paraît être le mix parfait des émissions de télé-réalité – ou pseudo télé-réalité – actuelles (Yolo), et des émissions mélos (Le jour où tout à basculé et Au nom de la vérité) qui elles-mêmes associent le talent des comédiens de Plus belle la vie, la qualité d’intrigue des Feux de l’amour et le tire-larmes de Toute une histoire.

Un gros moment de solitude intellectuelle !

L’échange de (bons) procédés

Bons pour vous, je ne sais pas, vu que vous allez subir. Bons pour moi, ça reste à voir… Après les chaînes de courrier, les chaînes sur Facebook, les « postez ce message pendant une heure si vous êtes d’accord avec l’élevage domestique des huîtres », je découvre un nouveau concept, grâce à l’aimable intervention de Rainbow Berlin : les échanges co-promotionnels entre blogueurs.

Le but d’un blog étant principalement d’être lu, beaucoup de pratiques permettent d’accentuer sa visibilité : partager les articles sur Facebook et sur Twitter, rajouter l’adresse du blog à sa signature automatique lorsque l’on envoie un mail, enregistrer le blog dans un répertoire, citer des copains copines blogueurs / blogueuses qui nous rendent la politesse. Ces pratiques me sont devenues progressivement familières depuis que je tiens Cinephiledoc.

Et aujourd’hui, j’ai été taguée pour The Versatile Blogger Award, par Rainbow Berlin, le blog d’une copine française installée à Berlin, que j’avais déjà présenté dans mon article « Au menu des favoris ». Bien que je considère Cinephiledoc moins comme un outil de communication personnel que professionnel, le principe de co-promotion m’a séduit. Il est, de loin, moins agaçant que les chaînes et plus intéressant, plus éclairant sur la communauté des blogueurs. Voilà en quoi il consiste.

1°) Remercier la personne qui vous a tagué :

Merci donc, Rainbow Berlin, de cette promotion impromptue, et de me faire découvrir TVBA. Non contente d’être seulement la rédactrice d’un superbe blog sur le Berlin insolite, culturel, quotidien, caché, elle consent de temps à autre à me livrer quelques-uns de ses secrets professionnels issus du web marketing, que j’ai mis à profit dans la gestion de mon blog.

2°) Dévoiler 7 choses sur moi, que vous ne savez pas déjà (dans la limite de la décence et de l’intimité – je rajoute).

Exercice difficile, le blog étant ce que mon ex-directeur de recherche appellerait l’usage de l’extime, ou plutôt, l’exhibition au sein d’une sphère publique, d’une part d’intimité. Voyons, voyons.

  1. J’aime donner des surnoms aux gens, autant ceux que j’aime que ceux que je déteste. Seuls n’ont pas de surnom les gens qui me laissent totalement indifférentes. Les personnes que j’admirent le plus peuvent à elles seules avoir trois ou quatre surnoms à leur actif, qui ne sont pas toujours de mon cru. J’ai dernièrement donné un surnom à un élève et j’ai craint l’espace d’un instant qu’il me devrait sa future psychanalyse.
  2. J’ai une tendance à l’agoraphobie : je n’aime ni les centres commerciaux les jours de solde, ni les transports en commun. Je suis une râleuse professionnelle mais refoulée : je râle dans ma tête, au volant, et quand je suis sûre de ne pas être entendue. Au fond, c’est un comportement typiquement français, il me semble.
  3. Je déteste la niaiserie, les histoires de princesses, les attitudes girly des filles qui se maquillent dans le RER et racontent leur vie au téléphone. Par contre je peux passer la soirée à regarder Mary Poppins et avoir Le Morceau de sucre toute la journée dans la tête le lendemain au boulot.
  4. Quand je suis stressée, je range et je nettoie. Lorsque j’attendais les résultats du CAPES, j’ai failli pleurer parce que j’avais nettoyé tout l’appart’ et je me demandais ce que je pouvais bien faire d’autres. Mais non, dans ces cas-là, je ne viens pas chez vous faire votre ménage.
  5. Jusqu’à maintenant, l’un de mes rêves était d’avoir une salle de projection de cinéma à domicile. Cette année, j’ai craqué : j’ai acheté un écran et un vidéoprojecteur.
  6. J’ai une théorie selon laquelle en littérature, cinéma et musique, nous avons tous des goûts inavouables (pas forcément honteux, mais qu’on ne va pas hurler à tout le monde dans une soirée de rock celtique), et je n’en livrerai ici que deux : j’adore Dalida et Joe Dassin.
  7. J’ai horreur d’être en retard : lorsque je dois commencer au collège à 8h30, je suis là à 7h40. Cela me permet de savourer ma dose de caféine, de papoter, de bien prendre mon temps, de dire bonjour, bref de « me mettre en conditions ». Par contre, le soir, je pars à l’heure et ne fais pas une minute de plus que l’horaire prévu (sauf si j’ai été prévenue dans un délai supérieur à 24h).

3°) Nommer à son tour 15 victimes.

Etant donné que ce blog se veut, en grande partie, professionnel, je n’en nommerai que quelques-uns, et sur le lot, j’en préviendrai moins que ça. Donc, Aradane, le BlOg O NOisettes, les carnets de Bertrand CalengeOeil d’ailleurs, Chroniques éducation, Fenêtre sur, Notorious Bib, La CLAsse : atelier lecture (mais c’est pas du jeu parce que c’est en partie mon mien), et Second Flore.

4°) Prévenir les victimes.

Je le ferai – ou pas. Je ne sais pas… Flemme ?

5°) Ajouter le logo et les règles.

FIN

Quoi de neuf docteur ?

bip bip coyote

Ce matin, atelier bricolage en coproduction permanence / CDI : l’objectif, fabriquer un panneau réversible OUVERT / FERME pour les deux portes du CDI. En gros, un sens interdit d’un côté, un smiley de l’autre. Le tout découpé, cartonné et plastifié. Tout cela pour éviter que les élèves traînent dans les couloirs à la pause déjeuner avec pour prétexte de venir au CDI et pour qu’ils sachent clairement quand ils peuvent entrer. Du coup, j’ai un peu l’impression d’être Sophie Marceau dans La Boom, avec son sens interdit sur la porte de sa chambre, sauf que c’est moi, l’adulte, qui empêche ou autorise les ados à entrer ! Et voilà une fois de plus démontrés les bienfaits d’une signalétique claire et explicite !

Ce midi, j’organisais la troisième séance de l’atelier cinéma avec un dessin animé de Tex Avery, Le Voyage dans la lune de Méliès et deux courts métrages de Chaplin : « Charlot et le masque de fer » et « Jour de paye ». Les élèves commencent à s’habituer à mon organisation et à ce que je leur projette : ils réclament maintenant Tex Avery au début de la séance et, avec faiblesse, pour une fois j’ai cédé. J’avais tendance normalement à leur projeter le cartoon en guise de dessert, ce que je ferai à nouveau la prochaine fois. Mais il est vrai que, moi-même, j’ai toujours apprécié ces situations absurdes, ces chutes interminables et ces poursuites.

Je me souviens surtout des tentatives toujours vouées à l’échec du Coyote pour attraper Bip-Bip et des inévitables « What’s up, Doc ? » de Bugs Bunny. Généralement, les sons que produisent sur mon portable l’envoi d’un message ou la mise à jour de Tweeter me font penser à ces scènes et ces personnages de cartoon. Même la manière de s’informer devient parfois aussi absurde que les situations des dessins animés de Tex Avery. Au lieu de prendre quarante fois de suite le même couloir à la poursuite d’un fuyard insaisissable, on actualise quarante fois de suite en l’espace d’un quart d’heure la même page Facebook, Twitter ou notre boîte mail. Si l’on regroupait quarante personnes dans un lieu, on les verrait répéter le même geste de manière répétitive, avec ou sans entonnoir sur la tête… ou bien les smartphones s’animeraient, et hurleraient en sautillant « TWEET, TWEET, TWEET !!!!! »

Non, je ne pète pas les plombs. J’essaye simplement de voir comment une manière de s’informer peut devenir délirante. Et de confronter deux manières de s’informer : le push et le pull. Le push, c’est la démarche d’aller chercher l’information sur un site, par exemple, faire la démarche d’aller consulter Google actualités ou les rubriques flash d’un site de presse en ligne. Le pull, c’est recevoir l’information envoyée par un flux RSS ou à laquelle on est abonné (pages Facebook, comptes Twitter). D’un côté, on court à la poursuite de Bip-Bip, de l’autre, notre portable vivant nous crie : « TWEET, TWEET, TWEET !!!!! »

S’informer sur les réseaux sociaux est devenue en quelques années une manière à part entière de s’informer (ce qu’avaient déjà expérimentés cinq journalistes en 2010, avec l’expérience « Huis clos sur le net »), avec en plus la possibilité de personnaliser l’information reçue et recherchée (voir sur les évolutions de ces pratiques l’article d’Olivier Ertzscheid sur Affordance.info) .

Sur Facebook, on a donc différents types d’information : les informations personnelles (mises à jour de statuts, partages de photos, créations d’évènements), les relais d’informations (partages), et le suivi de l’actualité des pages que l’on aime. Sur Tweeter, tout est mis sur le même plan : tweet (infos personnelles), retweet (partage), abonnements et abonnés (suivi d’actualité). Non seulement, l’information m’est directement fournie, instantanément – on me donne la becquée – mais en plus, il n’y a plus aucune différence entre ce que je suis, ce que je publie et ce que je recueille comme information. Je suis acteur, auteur et censeur de l’information publiée.

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