cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Étiquette : identité numérique (Page 5 sur 8)

La petite surprise du week-end

J’ai un petit peu hésité sur la forme à donner à cet article, vous allez vite comprendre pourquoi. Hier, en vadrouillant sur mes petits sites et blogs favoris, je me suis rendue compte que j’avais été citée par Petite Noisette dans un article consacré au Versatile blogger award.

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Cette découverte a immédiatement suscité trois réactions :

  1. Petite Noisette m’a citée ! C’est super chouette ! J’adore son blog, c’est trop génial !
  2. Ok, mais il faut encore que je fasse un article sur ces awards, ma foi, fort sympathiques, mais à force je n’ai plus d’idées ? J’ai déjà fait deux articles là-dessus ! Pour preuve, ici et ici.
  3. Oui, mais bon, c’est tout de même Petite Noisette qui me cite, faut que je fasse quelque chose ! Je vais quand même écrire un petit mot.

J’ai donc décidé de ne pas poursuivre cette petite chaine, mais de faire un petit truc à ma sauce. D’abord en expliquant ce revirement. Qui est Petite Noisette ? Eh bien c’est la rédactrice du BlOg-O-nOisettes, un blog de référence pour les profs-docs et futurs profs-docs, une mine d’informations non seulement sur les textes, les séances pédagogiques, mais aussi sur la littérature jeunesse et le cinéma. Clairement, c’est le blog de quelqu’un d’hyperactif et curieux, qui s’intéresse à tout et qui ne fait rien à la légère.

Être citée par Petite Noisette, c’est un peu comme lorsque l’on voit pour la première fois l’un de ses articles publiés dans une revue scientifique, sentiment qu’a bien dû ressentir Eva lors de la parution de son article sur la sérendipité dans la revue Cygne noir (ceci est une parenthèse).

Bref, voilà, moi contente ! Et pour fêter cet évènement, j’ai décidé de mentionner dans ce petit article cinq blogs cinéphiles et cinq blogs docs (hormis le BlOg-O-nOisettes) !

Les blogs docs :

  1. L’Odyssée d’Ln, un blog très complet sur le quotidien d’une prof-doc avec ses projets, ses séquences pédagogiques et ses bilans.
  2. Fenêtre sur, le blog hyper-pro d’une prof-doc hyper-geek, avec des tutoriels et des séquences, sans cesse à l’affût de nouvelles idées (dont la profdocOsphère).
  3. Docabord, et le quotidien du CDI semaine après semaine, avec séquences et projets, évoqué par Marie.
  4. Gribouilles de doc, un blog BD très très sympa pour retrouver les affres et les bonheurs du métier en dessin…
  5. Vie de doc, une déclinaison de Vie de merde, spécialement pour les profs-docs.

Mais évidemment, maintenant que Camille, lauréate toute fraîche du CAPES de doc, est à présent stagiaire quelque part dans les montagnes, je n’attend qu’une chose, c’est qu’elle lance elle aussi son propre blog (et je l’aurai à l’usure).

Les blogs cinéphiles :

  1. Notorious Bib, un super blog sur les bibliothèques dans l’univers du cinéma, de L’Ombre d’un doute à Star Wars
  2. Cinémiam, le blog des gourmands qui ont faim quand ils vont au cinéma (sa rédactrice a d’ailleurs publié tout plein de livres bien sympas : cuisine dans les films de Chaplin, cuisine dans l’univers de James Bond et autres petites dégustations…)
  3. Ma semaine cinéma, le blog d’un hyperactif du ciné, qui donne envie de voir plein de choses (et en plus j’adore la présentation et des catégories comme « 10 bonnes raisons de regarder…« )
  4. Il a osé, un blog cinéphile passionné et passionnant, qui dévore tout, grands classiques et derniers sortis, avec le même appétit.
  5.  The Season of Margaux, un blog que Eva m’avait fait découvrir, lui aussi très beau visuellement, et dont la lecture ne me fait jamais regretter le voyage !

Rentrée du CDI

En attendant l’article de Sky, de Rainbow Berlin, sur Cinephiledoc, voici un petit aperçu de ce qu’ont été mes premiers jours de rentrée, beaucoup moins stressants que ceux de l’année dernière. En effet, pour la première fois de ma jeune carrière, je ne suis plus la « petite nouvelle ». Je connais les trois quart des élèves et j’arrive en territoire connu. Ma priorité cette année, c’est donc de mieux encadrer la formation des élèves de sixième au CDI et de renforcer sa visibilité sur l’extérieur.

rentrée

Visibilité du CDI sur l’extérieur

Cette année, j’ai voulu entreprendre différentes actions qui permettront aux élèves, aux professeurs et aux autres membres de la communauté éducative, parents compris, de mieux cerner l’activité du CDI.

  • Pour les professeurs, j’ai choisi de poursuivre ma veille sur l’éducation et l’actualité culturelle (avec le Buzz de Mermoz), mais également de leur donner accès à mon outil de veille, un portail Netvibes, dont voici le lien :

Veille professionnelle Juliette Filiol

  • Pour les parents, professeurs et les élèves étant inscrits sur Facebook (bien que certains soient en-dessous de l’âge légal), j’ai décidé de créer une page Facebook du CDI, qui me permet d’indiquer les actualités du CDI, les fermetures exceptionnelles, et les nouveautés…

Page Facebook CDI du collège Jean Mermoz

  • Enfin, à destination des élèves de sixième et de leurs parents, j’ai fait distribuer le jour de la rentrée une petite brochure de présentation du CDI, la plus succincte possible, avant les séances d’Initiation à la recherche, afin de leur donner un premier aperçu. La brochure est construite comme ça :

Brochure CDI présentation

Et voici son contenu en format PDF : Brochure cdi

Formation des élèves de sixième

Cette brochure me permet un premier contact avec les élèves de sixième. L’année dernière, comme j’arrivais, mes séances d’initiation à la recherche ont été un peu « sportives » je dirais. Je n’étais pas contente des documents que j’avais réalisés, j’ai donc reconstruit complètement mes premières séances : la découverte du CDI et l’exploration du fond fiction.

Voilà le nouveau document pour la séance de découverte : Je découvre le CDI 2013 2014

Et voilà le document de recherche pour les fictions, recherche à la fois dans le fond physique du CDI et sur E-SIDOC : Je découvre les fictions au CDI 1

Evidemment, pour le fond physique, j’ai fait plusieurs fiches avec des cotes différentes, sinon ils sont tous les uns sur les autres ou se passent les réponses.

Questions de gestion

J’ai passé un certain temps en fin d’année à retirer les doublons et tout ce qui était trop vieux ou abîmé, du fond. J’ai aussi retiré quelques périodiques, dont certains dataient des années 60 et 70 et auraient fait les délices de collectionneurs (en tout cas ils ont fait les délices de quelques collègues).

J’ai essayé de ranger ma réserve, en particulier les spécimens de manuels scolaires et les séries étudiées par les professeurs de français, que j’ai pointées et étiquetées (les séries ne sont pour l’instant pas informatisées). Séries disponibles en français

Animations

Pour cette nouvelle année, je reconduis certains projets de l’an passé : atelier cinéma, atelier jeux, club journal. J’espère également arriver à mettre en place un atelier lecture avec des élèves motivés.

L’autre projet de l’année, c’est de remettre en place une liaison CM2 / 6e (mon prédécesseur avait instauré des activités que je n’ai pas pu poursuivre l’année dernière faute de temps. Pour l’instant, ce qui m’intéresse le plus est l’idée soufflée par une collègue : faire de certains élèves de sixième motivés des ambassadeurs auprès des CM2 et leur faire faire de la lecture à voix haute (avec au bout du projet la venue d’un conteur ou une visite au salon du livre de mars).

Enfin, bénéficiant toujours de l’argent du foyer, j’organise de nouveaux concours cette année, à commencer par un petit questionnaire thématique dès la semaine prochaine, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine :

Concours journées du patrimoine

Les trois premiers à me rapporter la feuille remplie et correcte gagneront un guide de Paris ou de l’Ile de France.

Voilà pour cette nouvelle année, que j’espère dynamique et pleine d’autres projets !

Décrypter la culture geek

Chercher le geek

Avec un peu d’avance, voici l’article de la rentrée. Je n’aurais pas pu faire, je n’aurais pas pu souhaiter un article plus fédérateur que celui-ci, et qui peut s’adresser aussi bien aux cinéphiles qu’aux profs-docs, et aux littéraires qu’aux scientifiques.

Au cours de mes déambulations en librairie et de mes vagabondages sur Internet, je cherchais quelque chose d’alléchant dans les nouveautés cinéma. Pendant un certain temps, échec. Quand, par hasard, je suis tombée sur le genre de livre dont on se dit : « Il me le faut, celui-là, il me le faut. » (réaction comparable à celle que l’on a face au dernier vêtement à sa taille un jour de soldes… quoique je ne sois pas sûre que ce soit la comparaison la plus appropriée !)

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Culture geek est un ouvrage de David Peyron, docteur en sciences de l’information et de la communication, paru en août 2013 aux éditions Fyp. Culture geek, pourquoi ? Parce que l’auteur tente en quelques chapitres, de cerner ce que recouvre l’identité auto-revendiquée du geek, de nous la faire comprendre et reconnaître.

Qui est le geek ?

Le livre de David Peyron n’est pas un catalogue de tout ce qu’est le geek et de tout ce qu’il aime – littérature, informatique, cinéma, comics, jeux de rôle, séries télévisées. Cependant, il nous entraîne dans l’histoire fascinante de l’émergence du terme « geek ». Brièvement, il nous semble retrouver dans ce portrait quelques éléments de l’Histoire de la folie à l’âge classique, de Foucault. À l’origine, en effet, au Moyen-âge, le « geek » (orthographié geck puis gecken) désigne soit l’idiot du village, soit un monstre de foire :

Il était généralement présenté comme un enfant sauvage (…). En réalité il s’agissait généralement d’un vagabond que les organisateurs payaient pour assurer le spectacle, d’un handicapé mental ou d’un membre de la troupe n’ayant plus les capacités physiques d’assurer ses prestations habituelles (…). Le spectacle du geek consistait à avaler tout ce qui se présentait à lui : bris de verre, pierres, objets divers. (…)

Le geek est ainsi un « idiot social » qui a du mal à communiquer. Avec l’autre acception qui garde les traces d’une forme de marginalité, arrive l’idée d’une capacité surhumaine (qui peut être feinte) à avaler tout et n’importe quoi avec avidité, et ce de manière pantagruélique et indistincte.

Au fil des pages, et au hasard des exemples que donne David Peyron, on retrouve les traces de cet appétit insatiable : de Tolkien à Terry Pratchett (en passant par Douglas Adams, Asimov, Frank Herbert, Max Brooks, George Martin) pour la littérature, de Star Trek à Fringe (en passant par X-Files, Doctor Who ou encore The Big bang theory) pour les séries télévisées, et de Star Wars au Seigneur des anneaux (en passant par Retour vers le futur, Matrix et les adaptations des studios Marvel) pour les films.

Quoiqu’il en soit, pour l’auteur, le geek est un curieux, un passionné, dont l’intérêt pour un univers le pousse sans cesse à approfondir, à éprouver la cohérence de cet univers, et à le faire déborder de son support originel :

Ce peut être le style, ou encore les personnages qui font que des geeks aiment telle ou telle oeuvre, mais le plus important est l’univers, l’arpenter, se l’approprier de manière toute personnelle et en faire un terrain connu. Ce qui prend du temps. Que ce soit par la relecture, le revisionnage, ou le rétrogaming, le temps long (de la fiction et de la réception), la fidélité à l’objet et le retour vers lui permettent de décrire ce qui fait le sel de la passion. Cela renvoie à un rapport spécifique, expert, poussant chaque univers à ses limites, chacun à sa manière. Dans cette perspective, chaque support ajoute sa pierre à l’édifice de la pratique de ces mondes comme sorte de bacs à sable, d’objets ludiques et emplis de potentiels. Le jeu est une fiction, la fiction est un jeu et le monde est un terrain ludique, d’engagement et d’appropriations multiples.

Pour mieux cerner une identité si foisonnante et si dispersée, David Peyron dégage trois aspects majeurs de la culture geek, et ce au-delà des conditions scolaires et sociales originelles du geek, même si ces dernières sont également abordées. Il s’agit de la convergence culturelle, du rapport transmédiatique aux oeuvres et de l’érudition par le détail.

Culture transmédiatique, convergence et érudition

L’exemple le plus parlant pour évoquer l’aspect transmédiatique de la culture geek est Star Wars. C’est en tout cas l’exemple, parmi tant d’autres, que choisit d’exploiter l’auteur. Il s’agit de la propension d’un univers geek à s’étendre, c’est-à-dire aussi bien à s’approfondir sur le plan géographique, sociologique, historique, qu’à s’exporter vers d’autres formats.

Star Wars, ce n’est pas seulement un film, c’est une série de romans qui explorent les confins de la galaxie, exploitent les personnages secondaires, étudient les langues et la culture des différentes civilisations. Ce sont aussi des comics, des produits dérivés, des jeux, des séries télévisées. Tout pour répondre à l’appétit des geeks, à leur besoin d’appropriation, de collection et d’extension de leurs univers favoris.

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La convergence découle de cette culture transmédiatique : il s’agit de la propension des différents médias à être des références les uns pour les autres (livres pour films, films pour livres, films pour jeux vidéos…) et des geeks à passer allègrement de l’un à l’autre. Les oeuvres ne sont plus des entités fermées : elles deviennent, à l’instar de Star Wars, des univers hyper-approfondis, hyper-référencés, que vont à leur tour étendre les geeks, puisqu’ils vont eux-mêmes produire des « hommages », des citations, et des extensions référencées de ces univers (vidéos, fanfictions, mèmes, etc.).

Enfin, l’érudition est ce qui permet au geek de se construire en tant que tel, de s’affirmer par la connaissance la plus poussée possible qu’il ait de l’univers de prédilection. Saisir la petite phrase, l’élément de décor qui fait sens dans un film, ou l’incohérence, la faille qui émerge d’un autre, c’est pouvoir revendiquer un regard d’expert sur l’oeuvre, et la reconnaissance de ses pairs.

Trouver le geek

À tous ceux qui veulent comprendre et apprivoiser cet étrange animal qu’est le geek, à tous ceux qui se demandent si un jour ou l’autre ils seront dignes de revendiquer cette identité, à ceux qui sont simplement intrigués ou fascinés par cette façon gloutonne de s’approprier l’information et de la partager, ce livre soulèvera peut-être un pan du mystère. On s’y plonge avec plaisir, un plaisir communicatif que l’auteur a bien su nous faire partager :

En 2007, lorsque je commençais à explorer ce que pouvait être le style geek et comment le caractériser, j’ai découvert un tee-shirt mis en vente sur internet. On pouvait y lire une phrase écrite en blanc sur fond noir : « I never got my acceptance letter from Hogwarts, so I left the Shire to become a Jedi. » (…) À lui seul, ce tee-shirt résume une grande partie du propos de ce livre, et la manière ludique et pulp dont les geeks s’emparent d’objets populaires pour en faire une identité affichée, revendiquée et transmédiatique.

Une chose cependant est sûre : personne n’a besoin d’un livre pour se prouver à lui-même qu’il est absolument ce qu’il croit être. Les geeks auront-ils besoin de ce livre ? Pas nécessairement. Si ce n’est pour une simple promenade de reconnaissance plutôt agréable, qui les fera sourire, et qui fourmillera, pour eux, de clins d’oeil.

Dimension visuelle de Facebook

Aujourd’hui, pas de cinéma, et ce n’est pas non plus l’un des hors-séries promis pour cet été, mais simplement une petite réflexion personnelle, qui m’a été soufflée par l’une de mes amies sur Facebook. Cette réflexion, que j’ai intitulée « Dimension visuelle de Facebook » vient aussi d’une habitude tenace chez moi : Facebook est l’un des premiers sites auxquels je me connecte le matin, et l’un des derniers dont je me déconnecte le soir. C’est dire si je suis sensible à ses effets visuels…

Un échantillon de dépendance numérique

On peut aborder Facebook sous différents angles, de diverses façons – l’année où j’ai passé le CAPES de documentation était d’ailleurs celle durant laquelle est sorti au cinéma The Social network, film que je recommande à ceux qui ne l’auraient pas vu :

  • Réseau social avec la mise en question de la gestion des données personnelles et, justement, de la sociabilité de l’internaute ;
  • Partage et mutualisation de l’information ;
  • Veille de l’actualité. De quelle manière y’a-t-il une particularité « Facebook » dans le suivi de l’actualité (sélection de l’information par l’internaute) ?
  • Profilage des publicités en fonction du sexe et de l’âge de l’abonné (bandeau de droite) ;
  • Ou encore, question qui se pose de manière plus générale sur l’ensemble des sites internet, droit à l’image et droit de l’image.

Ce qui m’intéresse – et cela, complètement en amateur – ce sont les effets visuels de Facebook. Les stimuli, ce qui attire l’oeil lorsqu’on se connecte. Au-delà de la prédominance bleue, une fois que je me retrouve sur la page d’accueil, les premières choses que je regarde, ce sont :

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  1. les notifications, messages et demandes d’ajout en haut à gauche – en rouge, un chiffre. Le rouge capte directement l’attention.
  2. le bandeau de gauche : y’a-t-il de nouvelles infos sur lesquelles cliquer ? Nouveaux messages, informations classées par listes et par groupes auxquels je suis abonnée.
  3. le fil central d’actualité. Qu’est-ce qui s’est passé depuis les cinq dernières minutes où j’étais dans la cuisine / dans la salle de bain / le dos tourné, et qui serait miraculeusement apparu entre temps ?
  4. la traque des petits points verts. Qui est connecté en même temps que moi ?

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La lecture visuelle de Facebook n’est pas plus originale, et pas moins, que celle de n’importe quel site Internet. Une lecture d’informations de gauche à droite et de haut en bas. En revanche, dans le cas de la lecture d’images, cela peut donner parfois des petites choses intéressantes.

Je ne m’avancerai pas à faire de grandes théories sur le conditionnement du regard par le réseau social, ou sur la comparaison d’une image lue sur un site de presse en ligne ou sur Facebook, même si je suis convaincue que ce serait passionnant. Je me contenterai d’évoquer un petit cas particulier.

Photographie et réseau social

Hier, je me suis connectée sur Facebook. Après la traque aux petits points rouges, la première chose qui m’a attiré l’oeil, c’est une photo publiée par une amie. Cette amie, passionnée de photographie, publie une fois par semaine (et parfois plus souvent) ses productions. Vous pouvez retrouver différents exemples de son travail sur son espace Flickr.

Sandrine aime les petites choses, les contrastes entre ombres et lumières, les instantanés qu’elle capture, les moments fugitifs. J’adore les photos qu’elle a prises cet hiver, de flocons et de glaces ; ses images d’insectes en gros plan, de nervures de feuilles d’arbre…

Chaque semaine, elle publie une photo en relation avec un thème choisi par l’administrateur d’un groupe Facebook dont elle est membre. Cette semaine, le thème était : « Faire deviner une odeur ».

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La photo était à ce moment-là la première information affichée dans le fil d’actualité, et la lumière a tout de suite attiré mon attention. Il s’agit d’un mouvement pris sur le vif, celui de la flamme et de la fumée – Sandrine m’a expliqué qu’il s’agissait d’une photo réalisée avec un retardateur et en mode rafale.

La lumière s’étale sur la main qui tient l’allumette, se propage. On a l’impression d’une flamme en suspension dans l’air, d’une goutte de lumière qui vivrait par elle-même, presque générée par la personne qui se tient à l’arrière-plan.

Retour aux origines

Ce qui rend la lecture de cette image particulière, c’est que, pour une fois, il faudrait la lire de droite à gauche pour suivre le mouvement. Et cependant, lorsqu’elle apparaît sur la page d’accueil de Facebook, notre oeil va de gauche à droite et de haut en bas, et il suit un mouvement anté-chronologique.

La photo se déplie progressivement, à mesure que nous faisons glisser les informations et voilà le sentiment qui s’en dégage : celui d’un retour en arrière. La conséquence (la flamme) avant la cause (utiliser une allumette) ; la lumière avant le mouvement qui l’a suscitée. L’être avant le devenir.

Une fois ce premier mouvement du regard achevé, une fois qu’on a lu, à l’envers, cette photo, l’oeil peut alors reconstituer le véritable mouvement logique, il peut le revivre, et replacer à l’endroit la cause et la conséquence.

Sandrine Leroy

Sandrine Leroy

Tout cela pour dire quoi ? Avec une simple photo, j’ai eu l’impression de revoir ces mouvements avant / arrière d’un cinéma au ralenti ou d’un magnétoscope en accéléré (pour les nostalgiques). J’ai eu le sentiment d’un flashback et d’une accélération du mouvement simultanés. J’ai senti qu’on m’offrait plus qu’un moment, qu’un instantané incroyablement fugitif : dans la fraction de seconde où mon regard est allé de gauche à droite, puis revenu de droite à gauche, j’ai participé au processus de création. J’ai moi-même suscité ce mouvement et fait de cette photo ce que son auteur voulait qu’elle soit, un instant étiré, une « minute affranchie de l’ordre du temps », et que l’on pourrait revivre à l’infini.

Cinephiledoc a un an !

Le moment est donc venu de faire un petit historique et un petit rapport d’activités de ce blog. Après l’article d’hier, vous constaterez que nous sommes dans une semaine pleine d’anniversaires, même si celui de Cinephiledoc est bien plus modeste !

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Pourquoi Cinephiledoc, donc ?

Même si j’ai parfois eu l’occasion de m’expliquer sur certains aspects de ce blog, notamment sur sa dernière rubrique, la Bibliothèque cinéphile, je ne me suis jamais étendue sur ses origines.

Beaucoup de personnes me suggéraient dans mon entourage de me lancer dans l’aventure du blog, et jusqu’à l’année dernière, je n’avais pas été plus convaincue que cela. Je ne voulais pas d’un blog littéraire de plus, qui fait étalage de ses sentiments et de ses états d’âme – ce que certains bloggeurs appellent avec lucidité une thérapie en ligne. Je ne me sentais pas prête non plus pour mettre en ligne des textes fictifs, mais beaucoup plus personnels.

Ayant consacré il y a peu un article sur les blogs de professeurs documentalistes, je ne voulais pas ajouter un blog qui aurait fait comme les autres (descriptions de séances, réflexions info-documentaires) en moins bien qu’eux.

Pourtant – j’étais stagiaire l’année dernière, je ne sais plus si je l’ai déjà mentionné – dès le lendemain de la visite de mon inspecteur (il y a donc tout juste un an et un jour), je suis allée sur le site du premier gestionnaire de blog qui m’est venu à l’esprit, j’ai choisi thème et titre, et j’ai rédigé mon premier article.

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Je n’avais pas d’objectifs clairs à l’époque, si ce n’est celui de faire découvrir à mon entourage un métier toujours ramené au cliché de la « dame du CDI » et de parler aussi de cinéma, de littérature, et des aspects des sciences de l’information qui m’intéressaient. Bref, un joli fourre-tout !

Les évolutions de Cinephiledoc

Jusqu’en janvier dernier, j’ai donc écrit des articles tantôt sur mon travail, tantôt sur la littérature, le cinéma, les séries télévisées, etc. J’en profite pour rendre hommage à certaines de mes anciennes comparses de prépa ou de master qui m’ont soufflé des idées d’articles à leurs moments perdus ou qui ont échangé avec moi des articles.

Il s’agit de Camille, fan de blogs BD et fraichement lauréate du CAPES interne de documentation, l’extravagante Eva et son merveilleux blog aux articles désopilants, et Sky, qui nous fait sans cesse découvrir les aspects mystérieux et éclectique de la vie berlinoise. Elles ont assisté aux premiers pas de Cinephiledoc, où le blog tentait déjà d’être aussi cinéphile que doc.

Grâce à elles, en particulier grâce aux conseils de Sky, brillante rédactrice de Rainbow Berlin, le blog a connu plusieurs évolutions en matière de communication, que je savais nécessaires mais que je n’avais pas encore osé amorcer : liens internes et externes, compte Twitter et page Facebook.

C’est vers cette période également que je me suis rendue compte que mon blog devenait TRES addictif et que je commençais à le désigner sous son nom, comme s’il s’agissait presque d’un autre Moi, ou à la rigueur d’un autre aspect de ma personnalité.

Enfin, en janvier, Cinephiledoc a connu son évolution majeure, qui justifie à elle seule son nom : cette rubrique de la Bibliothèque cinéphile, qui propose des comptes-rendus de lecture d’ouvrages sur le cinéma.

Petit rapport d’activités de Cinephiledoc

En un an, Cinephiledoc a publié 117 articles : 27 consacrés aux sciences de l’information, de manière plus ou moins fouillée, 16 sur la littérature, 27 sur la vie quotidienne du professeur documentaliste et du CDI, 26 sur le cinéma et 16 sur les ouvrages consacrés au cinéma. A ce jour, 329 tweets lui ont servi de relais sur Twitter.

J’ai parfois pu publier jusqu’à deux articles par jour – c’était tout de même très rare. Généralement, j’essaie de publier au moins deux articles par semaine : l’un consacré à mon métier, l’autre à mes goûts littéraires ou artistiques. Mais ce n’est jamais aussi inflexible. Je peux parfois écrire jusqu’à quatre articles par semaine, et parfois j’enchaîne articles sur la documentation ou articles sur le cinéma. De manière très ponctuelle je peux publier le week-end, et encore plus ponctuelle, pendant les vacances (il n’y a eu aucun article publié en août dernier). Voici d’ailleurs un aperçu d’un mois de l’année où Cinephiledoc fonctionne à plein régime :

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Je peux mettre deux heures ou deux jours à écrire un article, et pourtant rien n’indique que celui qui m’a pris deux jours sera préféré à celui qui m’a pris deux heures. Il y a parfois de curieux hasards qui m’amusent. Pour exemple :

  • J’ai écrit un article sur Greta Garbo et j’ai rattaché la vie et l’œuvre de cette comédienne aux notions infodocumentaires de bruit et de silence (j’aime relier cinéma et sciences de l’information), avant d’étudier l’ouvrage qui était récemment paru sur elle. J’ai commencé l’article un dimanche soir, je l’ai fini le mardi soir à plus de minuit, et il n’a été que très peu consulté, alors que je le considère comme l’un des meilleurs.
  • À l’inverse, j’ai écrit l’article sur les blogs de professeurs documentalistes en à peine trois heures et c’est à ce jour l’un des articles les plus consultés.

Les voies de la lecture (en ligne) sont-elles impénétrables ?

Dans tous les cas, c’est un plaisir d’écrire ce blog, et j’espère pouvoir continuer à l’écrire pendant très longtemps.

Pour mon père.

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