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Blog pour cinéphiles et profs docs

Mois : septembre 2017

Septembre 2017 : séances et animations du CDI

Ce premier mois de reprise a été placée pour moi sous le signe de la mutualisation : j’ai pu travailler durant la fin août et début septembre sur un certain nombre de projets avec des collègues et des amis, que je détaillerai plus ou moins ci-dessous.

Publication / Communication

Avant d’aborder la présentation de mes activités au CDI (séances pédagogiques, expositions, projets), je reviens sur une publication qui a été faite peu avant la rentrée, à la fin du mois d’août.

Il s’agit d’un entretien que j’ai eu avec Bérengère Stassin, maître de conférence à l’université de Lorraine, sur l’éducation aux médias et à l’information, et qu’elle a publié le 29 août. J’ai essayé d’être la plus exacte possible et de donner également un certain nombre de pistes concrètes, en renvoyant vers les travaux d’autres collègues :

https://eviolence.hypotheses.org/501

Encore une fois, merci à Bérengère pour cette publication !

Comptes Twitter en pagaille…

Depuis quelques temps, je m’occupe de quatre comptes Twitter, un dernier s’étant ajouté début septembre à ma liste. Ils se présentent comme suit :

  • un personnel / personnel, @JFiliol (Cinephiledoc), sur lequel je poste des tweets sur le cinéma, mes articles, mes projets et ce qui me tient le plus à cœur à titre personnel ;
  • un personnel / professionnel : @doc_ludo (LudoDOC), axé sur la valorisation de #profdoc et le partage de ressources numériques, en lien avec Ludovia et Ludomag ;
  • un professionnel / personnel : @cdieinstein91, le compte Twitter du lycée ;
  • un professionnel / professionnel  : @eduscol_DOC, dont je suis co-responsable.

Dans cet article je reviens rapidement sur deux d’entre eux : @doc_ludo et @cdieinstein91.

En ce qui concerne @doc_ludo et #LudoDOC, j’ai déjà présenté le projet dans un précédent article. @doc_ludo compte à ce jour un peu plus de 150 abonnés et prend doucement son rythme de croisière : je tente le plus possible de valoriser des profsdocs via des tweets natifs et de retweeter des ressources et des outils numériques.

Pour ce qui est du compte Twitter du lycée, je tente de faire des publications plus régulières, avec un produit d’appel : prévenir les élèves des fermetures du CDI, donner des informations culturelles et sur l’orientation, en programmant les tweets au fur et à mesure via Tweetdeck (ce qui allège le travail a posteriori). J’ai communiqué en début d’année via cette affiche :

J’espère dynamiser peu à peu ce compte, notamment en proposant directement son fil sur le portail E-sidoc du CDI.

En passant maintenant aux projets et aux séances pédagogiques de début d’année, je vais pouvoir parler d’une collaboration qui m’a particulièrement tenue à cœur.

Projets et séances pédagogiques

  • Escape CDI

Ce premier projet est un projet sur lequel j’ai commencé à travailler à la mi-juillet. Il s’agit d’un projet de découverte du CDI via un Escape Game, que j’ai co-construit avec une collègue de l’académie de Dijon, Sophie Gronfier, avec la participation de Sandrine Duquenne pour les aspects matériels, les tests et une learning app.

Comme ce projet fera l’objet de deux articles sur les sites académiques, l’un sur le site de Dijon, l’autre sur le site de Versailles, à la mi-octobre, je vais ici rentrer dans des détails plus spécifiques à mes séances et rajouter les liens vers les articles une fois qu’ils seront en ligne.

Je vais me contenter de lister les différentes étapes du projet et d’évoquer le déroulé de l’expérience :

  1. Fin juillet : de mon côté, début de réflexion via un Google Doc et veille sur les escape game pédagogiques. Amorce d’une trame d’énigmes à résoudre par équipes en utilisant des cotes Dewey (étape 1 à 4 de l’escape game).
  2. Fin août : avec Sophie, début de réalisation des énigmes sur Learning apps (étapes 5 et 6) + trame de la grille de scénario pédagogique (nous utilisons la grille de l’académie de Dijon).
  3. Réalisation à deux de l’escape game entièrement numérique sur Genially, inspiré par un escape game valorisé par le compte Twitter du CARDIE d’Orléans-Tours. Parallèlement, réalisation d’un Genially qui rassemble les énigmes de l’étape 5, pour que les élèves puissent les retrouver.
  4. Considérations matérielles avec Sandrine : boites ou trousses / cadenas avec des codes à trois chiffres / chokobons…
  5. Réalisation par Sophie d’une vidéo d’introduction (elle a également réalisé la vidéo en page d’accueil du Genially) qu’elle projettera en début de séance. Mon vidéoprojecteur étant éloigné de l’entrée du CDI, et ne disposant pas de tablettes, je décide pour mon Escape Game d’utiliser le matériel des élèves, de demander aux professeurs principaux de faire installer l’application Unitag sur les smartphones, et de réaliser des affiches avec la vidéo comme première étape.
  6. Le 14 septembre : tout est prêt pour l’accueil de la première classe.

Voici quelques photos de cette première séance :

Pour le déroulé des séances, voici un bref résumé :

  1. accueil des groupes à l’extérieur du CDI (présentation du lieu, rappel de quelques règles, horaires, équipes…) + annonce des consignes du jeu.
  2. entrée de la classe : installation + à nouveau quelques infos (prêt, organisation de l’espace).
  3. distribution des fiches par équipes, rappel des consignes + un point « utilisation des smartphones au CDI »
  4. les élèves lisent le premier QR-code sur la fiche (la vidéo permet alors de tester l’application et de résoudre les éventuels problèmes – connexions…) puis trouvent le premier code (une cote de livre).
  5. sur la quatrième de couverture du livre, ils trouvent le 2e code, et ainsi de suite jusqu’à l’étape 5 (on remplace la cote par un QR-code, renvoyant vers une énigme à résoudre). Une fois l’énigme résolue, les élèves doivent trouver un dernier code, caché dans le « rayon de leur équipe ». Ce code leur donne la combinaison de leur cadenas, qui libère les chokobons.
  6. fin de séance : pour ceux qui finissent en avance, accès à l’escape game entièrement numérique via un QR-code que j’ai distribué (à retrouver également sur E-sidoc).
  7. après-séance : vérifier que tous les livres ont été remis en place, préparer les trousses pour les prochaines séances.

Je reviendrai plus en détail sur ces séances dans l’article publié sur le site académique, et sur les différentes ressources, dont j’ajouterai les liens ci-dessous à la mi-octobre, une grande partie d’entre elles ayant déjà été tweetée.

  • TPE : 1ES2, 1S1 et 1S2

Je m’occupe cette année de trois classes de TPE. A la rentrée, j’ai adressé aux enseignants disciplinaires responsables de ces classes le mail suivant :

Bonjour chers collègues,
Un petit mail pour vous indiquer, qu’a priori, c’est sur mes horaires de présence que se dérouleront vos TPE. Afin de faciliter leur organisation, je vous propose de choisir tout à fait librement entre 3 types d’utilisation du CDI, et après concertation avec votre binôme, de me répondre ce que vous décidez.
1ère option : formule « indépendante »
« Tu es très gentille et le CDI est très beau, mais je pense qu’avec mon binôme et nos loulous, on va pouvoir se dépatouiller tout seuls dans une salle informatique. Par contre, si jamais tu avais un petit quelque chose pour leur rappeler comment faire une recherche et une bibliographie ce serait top, et si jamais je change d’avis ou si j’ai besoin exceptionnellement du CDI ou si le réseau du lycée tombe en rade et qu’il nous faut des livres et des articles, je t’envoie un petit mail pour te prévenir. »
2e option : formule « intermédiaire »
« Je ne vais pas avoir besoin du CDI tout le temps, mais ce serait chouette si en début de TPE, par exemple à partir de la semaine du 18 septembre, tu pouvais consacrer 4/5 séances à rappeler la base à nos loulous :
– utilisation du CDI dans le cadre des TPE
– démarche heuristique et problématique
– méthodes de travail et recherche
– citation des sources »
3e option : formule « accro au CDI »
« Nous on est des fous, on viendra toutes les semaines, soit l’un soit l’autre, sauf si tu n’es pas là, on veut bien des séances au début, comme dans la formule intermédiaire, et puis on adore les livres, les périodiques, le portail esidoc et si nous on aime, y’a pas de raison que nos loulous ils n’aiment pas aussi… bref, on se voit le … « 
Voilà, je vous laisse choisir entre les 3 formules, merci de me prévenir rapidement de ce que vous décidez pour que je puisse m’organiser !

Suite à ce mail, deux classes ont choisi la formule « accro au CDI » et une classe la formule « intermédiaire ».

Pour les trois classes, j’ai préparé depuis juin un Padlet « Boîte à outils des TPE » que je leur ai transmis :

https://padlet.com/jfiliol_pro/tpe

Dans ce Padlet, j’ai mis les textes officiels, un rappel des thèmes, un certain nombre de documents sur la problématique (merci à Sandrine Duquenne pour son Genially sur la problématique), et des idées de production.

Mais aussi mes deux présentations, que j’ai enrichies et complétées depuis l’an dernier. La première fait un rappel sur l’utilisation d’esidoc et la recherche ainsi que la citation de sources :

La seconde propose quelques outils pour s’organiser durant les TPE et travailler en groupes :

Pour les équipes « accro au CDI », j’avais même commencé à travailler sur des carnets de bord en ligne, mais ils ont préféré garder le traditionnel carnet de bord papier.

  • Arts visuels

Cette année je suis impliquée dans une collaboration à l’année avec la classe d’Arts visuels. J’ai notamment élaboré mon emploi du temps autour de cette collaboration, qui me fait intervenir auprès des élèves 1h30 par semaine.

J’ai pour l’instant assisté à trois séances :

  • métiers du cinéma
  • écriture scénaristique
  • règles typographiques du scénario

Si pour l’instant mon rôle est surtout d’épauler ma collègue d’histoire-géo dans l’organisation des séances, j’aurai en fin d’année un rôle plus actif et sur lequel évidemment je reviendrai.

Expositions

J’ai organisé durant ce mois de septembre deux expositions au CDI :

  • l’une, assez minimaliste, sur les journées du patrimoine
  • l’autre, plus conséquente, sur la journée européenne des langues, en m’appuyant sur le fait que c’est moi qui suis responsable du fonds 400 (langues) et du fonds en version originale et bilingue, dont vous trouverez l’affiche ci-dessous.

Voici en photos les deux expos, ainsi que l’espace « Nouveautés » :

Communications et lectures

  • le retour de l’E-INSTANT CDI

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, je propose chaque semaine à l’équipe éducative du lycée une lettre de diffusion, qui donne quelques nouveautés sur e-sidoc, fait un focus sur l’actualité du CDI, et propose une veille en éducation, culture et numérique.

https://magic.piktochart.com/output/15886286-e-instant-cdi

Petite nouveauté qui la rend un peu plus agréable cette année, j’ai viré les adresses URL et je ne donne que le titre des ressources ainsi qu’un petit message explicatif sur le contenu. Le tout est cliquable évidemment pour la version en ligne.

J’ai également ajouté cette lettre de diffusion dans l’onglet « Équipe éducative » d’E-sidoc.

  • la rubrique « CDI connecté » sur E-sidoc

Autre nouveauté cette année, j’ai ajouté (après une longue négociation) une rubrique « CDI connecté » sur le portail E-sidoc du CDI, qui recense un certain nombre de ressources dont j’ai parlé plus haut (compte Twitter, escape game, sites internet, chaînes YouTube, etc.), le but étant de proposer aux élèves des ressources organisées et validées par des professeurs documentalistes.

http://0911346u.esidoc.fr/rubrique/view/id/97

L’outil d’Outils Tice

Ce mois-ci, je renvoie à la lecture d’un article, non pas d’Outils Tice, mais du site Les Outils collaboratifs.

En effet, depuis la fin du mois de juin, j’ai commencé à me pencher davantage sur l’organisation de mon calendrier et de mes activités, et si j’ai toujours eu la manie de faire des listes dans un carnet papier, j’ai commencé à sauter vraiment le pas, avec un outil que pourtant, j’avais déjà été amenée à utiliser.

Comme le rappelle Fidel Navamuel dans son article (https://outilscollaboratifs.com/2017/09/trello-la-gestion-visuelle-de-tous-vos-projets/), Trello est un outil déjà ancien. Il y a deux ou trois ans, je l’avais utilisé pour l’organisation d’un travail en équipe.

Ce qui m’a motivé à l’utiliser à nouveau c’est surtout cet article des professeurs documentalistes de Toulouse, mais aussi l’idée d’avoir un calendrier ou une liste thématique de tâches qui fonctionnent pour moi comme des penses-bêtes :

J’y met ce qui est à faire, ce qui est en cours (jaune), ce qui est fait (rouge), j’ajoute des liens vers ma veille ou vers les textes qui me tiennent à coeur. Il me manque une rubrique ? Je n’ai qu’à rajouter une carte avec une liste. J’ai fait quelque chose qui ne me resservira pas ? Je n’ai qu’à cliquer sur archiver. Je veux garder une trace d’une année sur l’autre de ce que j’ai à faire ? Je mets des étiquettes de couleur pour indiquer « fait », « à faire », « en cours », etc.

J’ai ajouté cet outil dans les suggestions pour les élèves de TPE d’outils pour le travail en groupe. Il fait partie des outils que j’ai revu le plus souvent par la suite en passant dans chaque groupe, devant Padlet, Framapad, etc, et les élèves se l’approprient très bien.

Vous voulez bazarder votre « to do list » papier ? Trello est fait pour vous !

Cet article du mois de septembre commence à être un petit peu long : je garde sous le coude lectures, expositions et autres réjouissances pour vous en reparler au mois d’octobre !

D’ici là, un bel automne à tous, et à bientôt !

Jeux de mains, jeux de cinéma

Après un été à parler d’Europe au cinéma et de #docenvacances, voici à nouveau un compte-rendu de lecture cinéphile.

Le livre (ou plutôt les livres) dont je vais vous parler ce mois-ci, m’ont permis d’attendre patiemment le retour de Blow Up après sa pause estivale.

À nouveau encensons Blow Up

J’en ai déjà abondamment parlé, et ceux qui me suivent sur Twitter savent que tous les mardis soir, je guette les dernières vidéos de Blow Up. Chaque semaine j’attends avec impatience le Top 5 ou les Bio express.

Donc, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est quoi Blow Up ?

(et pour ceux qui connaissent, vous allez comprendre dans quelques paragraphes pourquoi j’en parle à nouveau)

Blow Up, ce sont 2 à 4 vidéos par semaine, de différents formats et dont très vite le cinéphile, amateur ou confirmé, ne pourra plus se passer.

  • d’abord, il y a le Top 5, de Luc Lagier, mon format préféré, et qui fétichise complètement le cinéma. Ce format, c’est l’équivalent « Où est Charlie ? » du cinéma. Quand vous aimez le cinéma et que vous en découvrez le thème chaque mardi soir, vous commencez par spéculer. Prenons un exemple, ça sera plus clair…

Lorsque la vidéo apparaît dans la liste des chaînes auxquelles je suis abonnée, évidemment je vois en premier l’image : Le Cercle des poètes disparus. Un professeur au cinéma, c’est évidemment le professeur Keating, Robin Williams, qui lit du Shakespeare, Ô capitaine mon capitaine, Carpe Diem et Robert Frost.

Cette image, c’est juste le point de départ. Une mise en bouche. À partir de là, Luc Lagier, avant même que je lance la vidéo, déclenche dans ma tête toute une foule d’associations d’idées. Je vois Petite feuille dans Les Quatre cent coups, je vois les enseignantes de Diabolo Menthe, Bernard Giraudeau en professeur d’allemand dans La Boum, et, même si ce n’est pas un professeur, Sean Connery dans À la rencontre de Forrester.

Du coup, quand je lance la vidéo, je confronte ma petite liste personnelle, à la liste souvent bien plus conséquente de Luc Lagier. Et je vois si sur le Top 5 nous nous rejoignons. Parfois oui, parfois non, mais c’est toujours une belle découverte. Par exemple, encore une fois, sur les professeurs au cinéma, j’aurais choisi pour le numéro 1 Jean-François Stévenin dans L’Argent de poche, et son discours final.

Passons aux autres formats (j’évoque ici ceux qui me plaisent particulièrement)…

  • après le Top 5, il y en a deux que je mets sur le même plan, avec toujours Luc Lagier en voix off. Si je les regroupe, c’est évidemment parce qu’ils se ressemblent. Ce sont les « C’est quoi ? » et les « Bio express ». Les deux s’intéressent à des personnalités du cinéma, et profitent de l’actualité cinématographique pour leur tailler le portrait. L’un des derniers en date, le portrait de Nicole Kidman pour le Festival de Cannes 2017 :

  • autre format : les « Redécouvertes » et le « Zapping », comment avoir envie de voir ou de revoir un film en quelques minutes.
  • il y a ensuite les vidéos de Thierry Jousse, consacrées plus spécifiquement aux bandes-originales de films. Je les regarde tout autant que les autres, mais je n’ai pas toujours suffisamment d’érudition et de culture musicale pour les apprécier à leur juste valeur.

Mes deux autres formats de prédilection, moins réguliers, sont :

  • « Face à l’histoire », qui revient sur la carrière d’un réalisateur ou d’un acteur et sur son rapport aux films historiques. Ils peuvent aussi s’appuyer sur un personnage historique ou des événements pour voir ce que le cinéma en a fait.

  • Enfin, le format qui me fait jubiler, c’est « Les Introuvables » de l’impayable Trufo, qui cherche des films introuvables et qui entraîne le spectateur dans des sphères cinématographiques inconnues ! Je l’ai découvert avec le « Vous connaissez Have you heard ? d’Alfred Hitchcock ? », que je ne désespère pas, en tant que profdoc, d’intégrer à une séance sur la désinformation (peut-être en EMC ou en Arts visuels) et que j’avais déjà proposé dans une séance sur la rumeur…

Avec ce format, on ne sait jamais où Trufo va nous emmener, c’est déjanté, loufoque, une pépite de cinéphilie chaque semaine, un régal pour les yeux et les oreilles !

Et donc le livre dont je vais vous parler maintenant m’a fait penser à Blow Up, tout comme Blow Up aujourd’hui revenu de sa pause estivale me fait penser à ce livre…

Le Corps au cinéma

Car Blow Up, en particulier dans le Top 5 de Luc Lagier, s’est intéressé et nous a fait nous passionner pour des objets, des couleurs, des métiers, des animaux, mais aussi des éléments du corps humain. Il fait de nous chaque semaine des fétichistes, comme Hitchcock dans Fenêtre sur cour faisait de nous des voyeurs (ce que nous étions déjà sans l’assumer pleinement, assis devant l’écran à scruter les histoires des autres).

Si je fais la liste des éléments mentionnés, voilà ce que ça donne : les chauves au cinéma, les larmes au cinéma, la bouche au cinéma, les yeux au cinéma, les pieds au cinéma, les cheveux au cinéma et… les mains au cinéma.

L’image qui donne l’aperçu de cette vidéo, c’est la même que sur la couverture de mon livre, qui porte exactement le même titre : Les Mains au cinéma, de Sandrine Marques, publié en juin 2017 aux éditions Aedon – La Septième obsession, dans la collection Détails (titre des plus prometteurs).

Cette image, c’est celle de Charles Laughton dans La Nuit du chasseur.

Disons-le tout de suite, j’ai beaucoup apprécié ce livre, qui a suscité chez moi beaucoup d’envies cinématographiques, en particulier pour des films que je n’avais jamais vu.

J’ai beaucoup aimé l’introduction, avec les influences sur le cinéma de la peinture et de la sculpture, et avec l’évocation de travaux manuels, et des 24 portraits d’Alain Cavalier.

Dans un chapitre dont j’emprunte le titre pour cet article, « Jeux de mains, jeux de vilains », j’ai retrouvé deux films d’Hitchcock, Psychose et Marnie.

J’ai adoré l’évocation de M le maudit et d’Edward aux mains d’argent. J’ai moins apprécié l’évocation de Spiderman et de la main qui jouit, mais parce que j’étais agacée de cette propension (ou de cette faiblesse) qu’ont certains auteurs de voir des allusions sexuelles partout, qu’elles y soient ou non. Et si j’avais été emballée par un ouvrage, dont j’ai fait la critique, qui évoquait le sexe dans le cinéma d’Hitchcock, je n’ai pas vraiment été convaincue par l’idée de l’auteur sur cette main de l’homme araignée qui éjacule du fil… mais ce n’est que mon avis.

Par contre deux chapitres m’ont particulièrement frappée, et m’ont vraiment donné envie de voir les films dont l’auteur me parlaient.

Le premier, c’est Les Mains d’Orlac, de Robert Wiene, qui raconte comment un pianiste amputé des deux mains, se fait greffer les mains d’un assassins et comment ces dernières le rendent progressivement fou. J’ai trouvé l’histoire géniale, et l’auteure a réussi à me captiver avec ce film muet de 1924 !

Le second film m’a intrigué, parce que j’étais persuadée d’avoir déjà entendu ça quelque part : L’Inconnu de Tod Browning. Un criminel recherché par la police se réfugie dans un cirque et tombe amoureuse d’une femme qui ne supporte pas que les hommes la prennent dans leur bras. Du coup il décide de se faire couper les deux bras.

Où avais-je déjà entendu ça ? Cette histoire tournait et tournait encore dans ma tête. Et d’un seul coup j’ai retrouvé la référence, chez un autre fétichiste !

C’est dans La Femme d’à côté que François Truffaut place cette histoire dans la bouche de Gérard Depardieu, qui la raconte à Madame Jouve :

Et du coup en refermant le livre, je me suis dit, un peu rapidement, que son grand absent, c’était bien François Truffaut.

Puis j’ai réfléchi, Truffaut, ce qu’il aime (et ce que ses personnages aiment), ce sont les jambes des femmes, et à la rigueur ce qu’on voit comme mains, ce sont celles des hommes qui les caressent…

Je me suis dit que, comme Blow Up, Sandrine Marques organisait ses associations d’idées et jouaient avec ses films fétiches. D’ailleurs, en revoyant la vidéo « Les mains au cinéma », j’ai vu des films qui n’étaient pas dans le livre. Tout comme dans le livre sont mentionnés des films qui échappent à la sélection de Blow Up.

C’est ce que j’ai gardé de la lecture et du visionnage : ce moment de plaisir et de partage où les auteurs font cette petite liste mentale sur laquelle on coche les présents et on rajoute, en bas, nos absents.

Enfin, ce que j’ai gardé, c’est le nom de cette collection, Détails, et je me suis dit que c’était à nouveau quelque chose à guetter, la sortie de nouveaux détails, aux éditions Aedon – La Septième obsession. J’espère que cette promesse sera tenue !

Voilà pour ce livre, que je vous recommande, si vous aimez le cinéma et les détails, si vous êtes obsessionnels et secrètement (ou non) fétichistes et si vous aimez faire des listes.

L’eau à la bouche

Un petit mot pour finir sur le second livre dont j’avais promis de parler, mais l’article commence à être long. Il s’agit du nouvel opus  du GastronoGeek : 37 recettes inspirées de séries cultes.

J’avais déjà mentionné son premier ouvrage, et j’ai été ravie de retrouver Thibaud Villanova pour ce nouveau livre de recettes entièrement consacré aux séries télévisées, de Twin Peaks à Stranger Things.

Je profite de ces quelques mots pour vous signaler la chaîne YouTube du Gastronogeek :

Et sur ces mises en bouche et bonnes recettes, je vous dis à bientôt sur Cinéphiledoc !

Bonne dégustation !

@doc_ludo et #LudoDOC

Une fois n’est pas coutume, voici un nouvel article juste après la rentrée, pour vous présenter un nouveau projet.

#LudoDOC, qu’est-ce que c’est ?

C’est l’histoire de 3 professeurs documentalistes, qui se retrouvent à Ludovia14, dont j’ai parlé dans l’article précédent.

La première profdoc trouve qu’il y a plus de professeurs documentalistes à Ludovia que les années précédentes. La deuxième profdoc n’est pas d’accord.

Du coup, la troisième profdoc dit aux deux autres qu’il faudrait un signe de reconnaissance, et un hashtag, pour se reconnaître à Ludovia comme professeurs documentalistes, et se réunir de manière conviviale.

Ça, c’est l’idée initiale.

 

Capture d'écran 2017-08-28 16.59.29

Après quelques cogitations, le hashtag est trouvé : #LudoDOC.

Viennent aussi les premiers doutes : on est pas un vrai collectif (et alors, on peut le devenir !), les autres collectifs, ce sont des disciplines avec des membres qui se connaissent d’avant (et alors, on est pas moins doué et motivé qu’eux).

Et puis, il y a une quatrième profdoc qui souffle l’idée : pourquoi ça ne durerait que le temps de Ludovia, votre histoire ?

Inversons Ludovia, soyons #LudoDOC toute l’année !

Du coup, la troisième profdoc revoit sa copie : elle propose que l’on crée un collectif de profs docs, autour du numérique et des apprentissages ludiques (ludovia, ludo, ludiques, vous suivez ?), de la créativité et de l’innovation.

Elle décide de prendre le pouls d’autres copains sur cette idée, on l’encourage. Elle décide de lancer un compte Twitter dédié (@doc_ludo) qui permettrait de valoriser Ludovia, de préparer l’édition de l’année suivante, de faire de la veille sur les sujets indiqués ci-dessus, et de partager des ressources.

Et aujourd’hui, elle vous présente le bébé.

Et vous, vous êtes #LudoDOC ou pas ?

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