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Mai 2016 : séances et animations du CDI

Ce mois de mai, riche et intense, a été marqué par plusieurs choses : un certain nombre de formations et réunions sur lesquels, une fois n’est pas coutume, je vais tâcher de revenir en début d’articles, puisqu’il en a découlé des réflexions sur mes pratiques professionnelles, quelques séances dont la dernière séance de liaison CM2-6e, les résultats de mon enquête CDI et des expositions.

Formations et réunions

Durant ce mois de mai, j’ai assisté à une formation, une réunion, une journée académique et un groupe de travail. Je vais revenir ci-dessous sur la formation et sur la journée académique.

  • Formation « Faire évoluer les CDI : quelles stratégies ? »

J’ai assisté à cette formation, animée par Cyril Duquenne, professeur documentaliste au collège Les Prés de Montigny-Le-Bretonneux, le 9 mai 2016. J’étais inscrite à ce stage en tant que « bébé formatrice » (bien que ce ne soit pas, évidemment, la terminologie utilisée sur la convocation…) Cette formation permettait aux stagiaires de revoir les notions de marketing documentaire et de management des systèmes d’information.

La formation peut intéresser aussi bien les personnes qui viennent d’arriver dans un CDI et cherchent à mieux connaître le lieu, son histoire, son public, qu’aux personnes en poste depuis quelques années et qui veulent redynamiser le lieu.

Après un temps d’échanges sur ce qu’on entend par « faire évoluer » (qui prend aussi bien en compte l’évolution des espaces, des pratiques que l’évolution numérique des CDI), et par « CDI » (éventail des représentations du lieu pour les professeurs de discipline, les professeurs documentalistes, les élèves, etc.), nous étions invités à nous pencher sur la manière dont on peut connaître son public et ses usages (aussi bien que son « non-public » et ses « non-usages »).

(J’en profite pour montrer quelques perles retrouvées dans le fin fond de ma réserve, que j’essaye de rendre praticable depuis 4 ans…)

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Les principales questions soulevées étaient : comment dresser un diagnostic du CDI (suivait un diagnostic en images avec quelques perles trouvées dans le fonds), comment observer les activités sur place, comment former les élèves à l’autonomie pour changer les représentations de la traditionnelle « dame du CDI », comment construire sa politique de projets, sa politique d’acquisition / de désherbage, le réaménagement du CDI, comment communiquer et publier…

Cette matinée très riche était suivie, l’après-midi, d’un temps d’échanges et de productions par groupes. Les collègues avec lesquels j’étais ont souhaité travailler sur une enquête destinée aux élèves afin de recueillir leurs représentations du CDI et leurs attentes. J’ai mis en forme cette enquête, disponible à l’adresse suivante :

https://docs.google.com/forms/d/1il7a8XF2qnqvOqvsmYcizTcwJnskmDFoQA8XvduI59U/viewform

Pour ma part, cette formation m’a amenée à m’interroger sur les « péri-usages » du CDI. En effet, j’ai une fréquentation toujours importante mais des élèves qui empruntent peu. De la même manière, je mesure de manière très rigoureuse la fréquentation, et évidemment les emprunts, via BCDI, mais je ne m’étais pas encore penchée sur les activités sur place des élèves : jeux, coloriages, activités sur ordinateurs, lecture…

J’ai donc décidé d’une semaine test, durant laquelle j’ai observé, heure par heure, ces « péri-usages » : Activités élèves CDI

en tenant compte des changements d’activités en cours d’heure… même si j’ai déjà repéré des failles dans mon système d’observation (les élèves qui changent d’activités en cours d’heure, le flot ininterrompu d’allées et venues à la récré, les élèves polyvalents qui font 3 activités en même temps – chuchoter, jouer et lire une BD…).

Dans tous les cas, cette formation m’a permis de réfléchir à des évolutions possibles du CDI, à des activités à mettre en place, et j’en suis sortie revigorée !

  • Journée « Éducation aux médias 2016 »

Cette journée académique était organisée par la DANE de Versailles le 19 mai autour de la thématique « Faire publier les élèves, un levier pour s’informer et informer ». Il s’agissait d’une journée à laquelle étaient conviés des professeurs de toutes disciplines, mais aussi des chefs d’établissement, même s’il y avait en majorité, à ce qu’il m’a semblé du moins, des professeurs documentalistes.

La journée s’ouvrait par une conférence de Divina Frau-Meigs « Information / désinformation et théorie du complot : Comment prendre en charge ces problématiques dans et hors la classe ? », une conférence vraiment très intéressante et qui revenait, entre autres, sur la question de la désinformation et de la rumeur via les réseaux sociaux, et sur les travaux de recherche en cours sur la question.

Après cette conférence, Lionel Vighier, professeur de lettres, présentait une séquence pédagogique à destination des élèves de 3ème pour déconstruire les codes des théories du complot, en faisant analyser aux élèves certaines de ces théories et en leur faisant imaginer, de manière parodique, leurs propres théories du complot.

Voir ci-dessous la vidéo de e-penser mentionnée par Lionel Vighier durant son intervention.

Durant l’après-midi, j’ai participé à deux ateliers :

  1. « Mettre en place un Enseignement Pratique Interdisciplinaire (EPI) Éducation aux Médias et à l’Information », animé par un professeur de lettres, et qui présentait quelques exemples possibles d’EPI,
  2. « Comment s’informer pour partager l’information ? Place des réseaux sociaux et des médias traditionnels comme sources d’information », animé par Isabelle Poulain, professeure documentaliste, et qui proposait un bon prolongement aux questionnements de la matinée.

Voici le Storify de quelques tweets de cette journée :

Cogitations EMI / EPI / etc.

Ces deux jours de formation et d’échanges ont particulièrement nourri ma réflexion, et j’ai cherché, pour l’an prochain, à clarifier les choses dans ma tête. Je soumets les éléments qui suivent et qui sont issus de mes cogitations personnelles : ils ne sont ni parfaits, ni aboutis (une réflexion étant constamment amenée à évoluer), je vous demande donc toute votre indulgence.

  • Carte mentale EMI cycle 4

Cette carte mentale, disponible ci-dessous en format image et en PDF, était une manière pour moi de clarifier la place de l’éducation aux médias et à l’information dans les enseignements de cycle 4, sans toutefois remettre en question la place du professeur documentaliste. C’est également pour moi un outil qui me permettra d’expliquer à mes collègues que, comme Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme, ils font (ou peuvent faire) de l’EMI sans le savoir.

Chaque branche reprend les compétences de l’EMI, puis les sous-axes de ces compétences. J’ai essayé enfin de lister, dans chaque sous-axes, des compétences et des thématiques disciplinaires, pour chaque discipline, et les points sur lesquels le professeur documentaliste intervenait en priorité. J’ai aussi tenter de mettre quelques exemples d’EPI. Évidemment, cette carte n’est ni parfaite, ni exhaustive. Elle m’a simplement permis de faire le ménage dans ma tête.

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https://coggle-downloads.s3.amazonaws.com/cde89d809922b645488bfcf6bd5c8d0cecb7677e7dc777f5be10b4270402492a/ducation_aux_mdias_et__linformation_Cycle_4en_lien_avec_les_disciplines.pdf

  • Proposition d’EPI 4e Information, communication, citoyenneté

Il y a quelques mois, j’ai proposé en réunion un projet d’EPI à destination des élèves de 4e. Je ne sais pas encore sur quelle durée le mener, ni comment l’organiser, ni même si le contexte de mise en place de la réforme dans mon collège me permettra de le mettre en place, je soumets juste mes réflexions en leur état actuel.

L’objectif est de former des citoyens (numériques) éclairés en suivant la campagne présidentielle française avec notamment :

  1. Une étude des partis politiques et des candidats (histoire / EMC)
  2. Une étude des affiches (arts plastiques) et slogans (français,)
  3. Présence numérique des candidats (Facebook, Twitter) et comment suivre une campagne présidentielle via les réseaux sociaux (technologie +  EMI)
  4. Manipulation de l’information : utilisation de l’info par la politique, désinformation, propagande, rumeur, théorie du complot, etc…
  5.  Une comparaison avec la campagne présidentielle américaine (anglais)
  6. Éducation à la revue de presse et à la veille (EMI)

Cet EPI impliquerait, outre les compétences de l’éducation aux médias et à l’information (Acquérir progressivement l’aptitude à évaluer de façon critique l’information et ses sources), les disciplines suivantes :

  • Français : Informer, s’informer, déformer
  • Anglais : Observer, comparer, débattre
  • Histoire géographie : S’informer dans le monde du numérique / Construire, affirmer, consolider la République en France
  • Technologie : Société et développements technologiques
  • Arts plastiques : Conception, production, diffusion de l’oeuvre à l’ère du numérique

Enquête CDI

Comme je l’avais annoncé dans mon article du mois dernier, j’ai envoyé à l’ensemble de l’équipe éducative du collège une enquête de satisfaction et de besoins. Étant au collège depuis maintenant 4 ans, j’ai estimé qu’il était temps de faire un petit point sur le ressenti de mes collègues.

Voici le lien de l’enquête :

ainsi qu’un compte-rendu en infographie des résultats obtenus :

resultats-enquete-cdi(1)Expositions

Après l’exposition Dada organisée dans le cadre du Projet d’Éducation Artistique et Culturelle, j’ai mis en place 4 mini-expos (dont une où j’ai laissé les magazines reçus pendant la semaine de la presse) et une grande exposition thématique.

  • Présentation des Unes de presse réalisées par les élèves de 6eA

Il s’agissait de la séquence réalisée dans le cadre de la Semaine de la presse, sur 3h avec l’une des classes de sixième. Je n’ai pour l’instant pas pu récupérer les Unes des deux autres classes.

Voici l’affiche du projet :

unes-de-presse-6eaEt voici ce que l’expo donne :

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  • Présentation des nouveautés

Après plusieurs semaines d’atermoiements, j’ai enfin pu passer une commande pour le CDI avec des documentaires, des suggestions d’élèves et quelques fictions. En voici un échantillon :

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  • Exposition « Histoires d’horreur »

Il s’agit d’une petite expo thématique que j’ai faite dans l’espoir de booster un peu mes emprunts d’ici la fin de l’année.

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Je suis assez fière du résultat et des élèves de 3e m’ont demandé dans la foulée si je pouvais faire une projection cinéma de Psychose et de Shining… J’ai pour l’instant utilisé le joker « interdit au moins de 12 ans »…

  • Grande exposition « Préparer le lycée »

Cette exposition, où je présente les trois filières générales, m’a été inspirée par le travail de Cyril Duquenne sur l’orientation. Pour l’occasion, j’ai préparé les trois infographies suivantes qui expliquent le plus simplement possible la filière S, la filière ES et la filière L :

Je présente dans cette exposition des documentaires sur les points essentiels des différentes filières ainsi que des parcours ONISEP :

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Voilà pour ces quelques expositions…

Séances

J’ai eu relativement peu de séances ce mois-ci :

  • une heure avec des cinquièmes avec ma collègue d’anglais, durant laquelle nous voulions faire réaliser des présentations sur Genial.ly aux élèves. Le projet n’a pas du tout marché : Genial.ly ne supporte pas les connexions multiples sur un seul compte, ma collègue s’est rabattu sur l’utilisation de Piktochart, dont elle s’était déjà servi pour son projet Heroes4Mermoz avec ses quatrièmes.
  • deux heures avec les élèves de 3e DP3 (découverte professionnelle) qui organisent la fête de fin d’année
  • avec ma collègue de SVT et l’infirmière du collège, nous avons finalisé l’évaluation de l’opération « Petit-déjeuner » en intervenant durant une séance de SVT auprès de la classe concernée

Mais le grand projet du mois reste la fin de la liaison CM2-6e avec la réalisation des arbres / cartes heuristiques Jean Mermoz. Retour en photos sur ces productions :

Je pense avoir fait le tour de ce mois riche et bien rempli… durant lequel j’ai aussi tenté de ranger ma réserve, j’ai reçu mon rapport d’inspection et j’ai participé à l’enquête académique sur les CDI. Il me reste quelques cartons de spécimens à ouvrir, à bientôt !

Chaplin’s world

Comme promis dans l’article précédent, voici un petit article cinéphile un peu exceptionnel : celui consacré à ma visite de Chaplin’s world, le musée dédié à Chaplin, qui a ouvert à Corsier-sur-Vevey le 17 avril dernier.

Ceux qui me suivent sur Twitter savent que l’ouverture de ce musée, dans la demeure suisse de Chaplin, avait suscité mon enthousiasme, et que depuis, je bouillais d’impatience à l’idée de le découvrir.

C’est donc parti pour une petite visite, riche en photos et en émotions.

Arrivée

La première chose que l’on aperçoit, c’est le portail…

Évidemment en arrivant sur Vevey par l’autoroute, le visiteur comprendra facilement la place de Chaplin dans cette ville, en voyant les façades des immeubles sur lesquelles apparaît Charlot dans quelques-unes de ses scènes les plus célèbres. Les ronds-points aussi lui rendent hommage.

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Une fois entré dans Chaplin’s World, passé le restaurant et l’accueil, on voit enfin le manoir. N’importe qui ayant été ému par Charlot, comme moi dans mon enfance, ne peut s’empêcher d’avoir le souffle coupé à cette vision.

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Sans exagérer, on ressent à chaque pas, à la vue de chacune des fenêtres du manoir, ceci : « il a marché ici, s’est peut-être assis sur ce banc, a contemplé ces montagnes, a respiré cet air… »

Le manoir

Pour faire le tour du musée, son manoir, son studio, et son parc, il faut environ trois heures, bien occupées et riches en émotions et en remémorations. On se dit que peut-être, on ne manquera pas de croiser Chaplin au détour d’un couloir, et c’est effectivement ce qui se passe.

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À l’entrée du manoir, bien en évidence, la première statue de cire de notre ami, couvée du regard par une belle photographie de Oona. D’emblée, on est saisi.

Le manoir se compose de deux étages à visiter, qui alternent anciennes pièces à vivre et pièces d’exposition, voire mêlent les deux : le rez-de-chaussée avec son bureau, son salon, sa bibliothèque, sa salle à manger, et le premier étage avec une salle de projection où Oona et son mari semblent toujours regarder des films de famille, et la chambre de Chaplin – est-ce là qu’il s’est tranquillement endormi un soir de Noël 1977 pour ne plus se réveiller ?

Les salles d’exposition présentent la vie de Chaplin sous différents angles : voyages, Chaplin en Suisse, célébrités fréquentées par Chaplin… Bien évidemment c’est dans les pièces à vivre que l’émotion reste à son comble…

Après une promenade dans le parc, où l’on respire lilas et cerisiers en contemplant les montagnes, on gagne le studio.

Le studio

On nous fait patienter devant des scènes de Charlot, puis entrer dans une salle de projection assez impressionnante. Le personnel du musée nous annonce que l’on va assister à un film de 10 minutes sur la vie de Chaplin. Images d’archives, aucun dialogues hormis ceux des films et la musique du Cirque, des Temps modernes…

Le film s’achève sur quelques gamins dans les rues de Londres au début du 20e siècle. Puis il y a cet instant magique où l’écran se soulève et l’on est invité à se promener dans une reconstitution des rues de Londres : on y croise Jackie Coogan et le policier du Kid, une petite aveugle qui vend des fleurs.

On entre sous le chapiteau d’un cirque. On traverse un couloir où s’anime Charlot dans plusieurs scènes et où il s’affiche.

On y reconnaît la boutique du barbier du Dictateur, une prison, un restaurant, une usine aux rouages énormes dans lesquels on peut se glisser, une maison bien instable, un studio rempli de pellicules, des vitrines où l’on voit le fameux costume de Charlot, les souliers de La Ruée vers l’or, et une banque où sont conservés entre autres un lion de Venise, deux Oscars…


La visite finie, le néophyte et le passionné trouveront de quoi se rassasier à la boutique. Les inévitables chapeaux melon, les magnets, cartes postales, marques-pages et autres produits dérivés, les films, bien entendu, et des livres, beaucoup de livres, notamment l’incontournable autobiographie de Chaplin, dont je n’ai cessé de vous recommander la lecture…

Personnellement, je regrette juste que le musée n’ait pas proposé son propre catalogue. Certes, il y a l’application gratuite Chaplin’s World, disponible sur Apple Store et sur Google Play, qui donne un bel aperçu du manoir mais ne révèle rien (volontairement ?) du studio.

J’ai néanmoins trouvé ce qui sera ma lecture cinéphile du mois de juin, et je garde un souvenir ébloui de cette visite.

Aller plus loin, sur Cinéphiledoc

En attendant, vous reprendrez bien un peu de Chaplin ?

Deux articles sur le cinéma muet en général, et qui abordent un peu Chaplin :

Allez plus loin, avec Chaplin’s world

Pour télécharger l’application gratuite Chaplin’s world : http://www.chaplinsworld.com/actualites-musee/l-application-mobile-de-chaplin-s-world

Le site internet du musée : http://www.chaplinsworld.com/

Pour suivre le musée sur Twitter : https://twitter.com/chaplins_world

Deux amours, entre littérature et cinéma

Voici le compte-rendu de lecture du mois de mai, qui sera suivi, si tout va bien, d’un autre petit article cinéphile un peu exceptionnel d’ici quelques jours.

D’un livre à l’autre…

Avant de faire la lecture de l’ouvrage que j’ai choisi ce mois-ci, j’ai eu écho de nombreuses réactions très positives (articles, tweets…). Je me suis effectivement rendue compte que ce livre avait en qualités tout ce qui manquait à celui dont j’ai fait le compte-rendu à l’été 2014, qui traitait d’un sujet approchant : un ouvrage de Jean Cléder, publié en 2012 chez Armand Colin, Entre littérature et cinéma : les affinités électives.

Ce livre évoquait, comme l’indiquait très justement son titre, les relations entre littérature et cinéma, avec plusieurs exemples à l’appui, et avec beaucoup d’érudition, peut-être même un peu trop… Un ouvrage intéressant, mais écrit par un universitaire, et se mettant peu à la portée du lecteur lambda. Cette lecture m’avait quelque peu découragée des livres sur ce sujet, jusqu’au mois dernier.

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Les écrivains du 7e art est l’œuvre de Frédéric Mercier, critique de cinéma, publiée en avril 2016 aux éditions Seguier.

J’ai choisi ce livre après avoir vu passer plusieurs mentions élogieuses sur Twitter, et parce que justement, après la lecture déçue de l’ouvrage de Cléder, j’espérais trouver dans cette nouvelle expérience quelque chose de plus réussi.

Souvenirs de littérature

Ce que j’ai ressenti en premier face à ce livre était cependant antérieur à sa lecture : j’ai aimé la couverture toute en sobriété, avec ce Malraux hiératique. Lorsque je me suis penchée sur la quatrième de couverture et que j’ai parcouru les noms mentionnés (Gide, Giono, Aragon, Céline, Gary), cela m’a donné envie d’une petite traversée subjective de la littérature française depuis le lycée jusqu’à aujourd’hui.

Vous excuserez je l’espère, cette évocation toute personnelle, ponctuée de citations de mes œuvres de chevet… Je précise d’emblée que j’aime principalement la littérature des 19e et 20e siècles.

Au lycée, en première Littéraire : je fais mes premières tentatives avortées de me plonger dans A la recherche du temps perdu, après une lecture de passages choisis de Combray. C’est trop tôt, Marcel me perd et me tombe des mains…

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De cette période, je garde deux souvenirs marquants : Nadja de Breton dont les plongées dans l’inconscient et les promenades parisiennes me laissent sans voix :

« Mais…et cette grande idée ? J’avais si bien commencé tout à l’heure à la voir. C’était vraiment une étoile, une étoile vers laquelle vous alliez. Vous ne pouviez manquer d’arriver à cette étoile. A vous entendre parler, je sentais que rien ne vous en empêcherait : rien, pas même moi… Vous ne pourrez jamais voir cette étoile comme je la voyais. Vous ne comprenez pas : elle est comme le cœur d’une fleur sans cœur. « 

et Un Roi sans divertissement de Giono, qui manque de me perdre, jusqu’à la fin, en épiphanie, où je comprends enfin la magie de Giono.

Et il y eut, au fond du jardin, l’énorme éclaboussement d’or qui éclaira la nuit pendant une seconde. C’était la tête de Langlois qui prenait, enfin, les dimensions de l’univers. Qui a dit : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères  » ?

Après le lycée, je m’oriente vers une prépa (littéraire, est-ce utile de le préciser) : j’y découvre de Genet surtout (Les Bonnes et Le Balcon), et Duras avec Le ravissement de Lol V Stein : 

Une fois sortie de chez elle, dès qu’elle atteignait la rue,
dès qu’elle se mettait en marche,
la promenade la captivait complètement,
la délivrait de vouloir être ou faire
plus encore que jusque-là l’immobilité du songe.

En 3e année (en véritable masochiste, j’ai cubé), on lit pour préparer l’ENS Albertine disparue. À l’occasion d’un séjour à Venise, j’ai repensé à ces quelques lignes :

Ma gondole suivait les petits canaux ; comme la main mystérieuse d’un génie qui m’aurait conduit dans les détours de cette ville d’Orient, ils semblaient, au fur et à mesure que j’avançais, me pratiquer un chemin, creusé en plein coeur d’un quartier, qu’ils divisaient en écartant à peine, d’un mince sillon arbitrairement tracé, les hautes maisons aux petites fenêtres mauresques ; et comme si le guide magique eût tenu une bougie entre ses doigts et m’eût éclairé au passage, ils faisaient briller devant eux un rayon de soleil à qui ils frayaient sa route.

Je fais une nouvelle tentative, réussie cette fois, de lire La Recherche. J’y plonge d’autant plus que je consacre à Proust mes deux années de Master de Littérature française et un mémoire sur l’influence de Proust dans le cinéma de Truffaut.

Durant ce Master, sous l’influence d’un directeur de recherche sartrien, je découvre Sartre, Drieu La Rochelle, et Le Chiendent de Queneau. Je lis enfin La Promesse de l’aube de Gary et je suis éblouie par Les Faux-Monnayeurs de Gide.

J’ai aussi le coup de foudre pour Beauvoir, dont j’aime par-dessus tout Tous les hommes sont mortels et Les Mandarins, et pour Sagan, dont mon préféré reste Les bleus à l’âme.

Enfin je découvre émerveillée L’Étranger de Camus, qui me tombait jusque-là des mains. Par contre je n’ai jamais pu venir à bout de Céline ou de Madame Bovary…

Traversée inattendue

Voilà pour cette traversée littéraire, uniquement suscitée par la quatrième de couverture des Écrivains du 7e art de Frédéric Mercier.

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Un peu à la manière des Plus grands films que vous ne verrez jamais, ce superbe ouvrage de Simon Braund qui faisait la part belle aux films n’ayant jamais vu le jour, Frédéric Mercier raconte, dans un voyage subjectif, les amours et désamours des écrivains qui se sont essayés un jour au cinéma, et des cinéastes qui sont aussi des écrivains (bien qu’il réserve à ces derniers un – trop – court ultime chapitre).

Vous ne trouverez pas (ou peu) d’histoires de succès dans ce livre : Mercier ne s’attarde pas sur les « monstres » (j’utilise l’expression sous sa forme méliorative comme dans monstres sacrés) que sont Cocteau, Guitry, ou Duras, et il n’aborde que rapidement le travail de scénariste de Prévert.

Il s’intéresse aux relations plus complexes… Aux écrivains qui, si j’ose dire, n’inscriraient pas « en couple avec le cinéma » sur Facebook, mais plutôt « C’est compliqué ».

Son lecteur découvre (ou redécouvre) donc ces expériences ratées, ces projets avortés ou méconnus, la confiance ou la méfiance excessives d’un art (la littérature) envers un autre (le cinéma) et ce depuis la naissance du second.

Car les premiers écrivains que nous fait croiser l’auteur sont contemporains des premières armes du cinéma : on y voit Aragon, Artaud, Céline, ou encore Gide.

Ces écrivains rêvent d’un cinéma sans pour autant toujours concrétiser ce rêve dans des projets qui verront le jour, sans pour autant écrire des scénarios, ont avec lui des rendez-vous manqués, et se heurtent, comme beaucoup après eux, aux contraintes techniques imposées par le cinéma.

C’est en effet ce qui revient le plus sous la plume de Frédéric Mercier dans son parcours : des auteurs qui se confrontent, parfois brutalement, aux différences de langage entre cinéma et littérature, et à ce que Mercier nomme souvent les « contingences matérielles et humaines de la machinerie cinéma ».

Écrivains de cinéastes et écrivains cinéastes

Après ces premiers contemporains du cinéma, Mercier nous fait partir à la rencontre d’écrivains qui ont principalement oeuvré, parfois avec succès, comme scénaristes. On y croise brièvement Prévert et Pagnol, puis on y redécouvre quelques grandes figures :

Kessel qui a passé sa vie à écrire des scénarios, mais dont on connaît mieux les adaptations de ses romans, Belle de Jour par Buñuel et la magnifique Armée des ombres par Jean-Pierre Melville, qu’il n’a toutefois pas scénarisés lui-même :

Sagan et le scénario de Landru qu’elle co-écrit avec Chabrol ;

Modiano dont j’ai découvert grâce à l’auteur qu’il avait été le scénariste de Lacombe Lucien, l’un de mes Louis Malle préférés ;

et d’autres figures qui, si j’en connais le nom, me sont moins familières : Nimier, Green, Gégauff…

Et puis il y a les écrivains cinéastes :

Giono et son rêve de cinéma pur, aussi libre que la plume, et irréel, et qui a collaboré à l’adaptation de son Roi sans divertissement, et réalisé un film, Crésus ;

Malraux qui avait souhaité, avec L’Espoir, que le cinéma serve jusqu’au bout son engagement aux côtés des républicains espagnols ;

Romain Gary, auteur d’un film maudit avec Jean Seberg, mal aimé et jamais ressorti…

Dans un autre chapitre, Frédéric Mercier évoque également des auteurs plus contemporains : Houellebecq, Emmanuel Carrère, scénariste notamment de la série Les Revenants, Éric Vuillard et François Bégaudeau.

Son ultime chapitre est consacré aux cinéastes littéraires : Rohmer, Desplechin et Truffaut, et il clôt cette belle promenade par une évocation, trop brève à mon goût, de Perec et de Genet.

Un auteur qui lui ressemble

Ce serait le seul reproche que j’aurais à adresser à ce livre, agréable, fin et accessible, ce post-scriptum à Perec et Genet, très court, très curieux, semblant sortir de nulle part, et ouvrant un horizon plutôt que de clore cette traversée cinéphile et littéraire…

Mais peut-être le but est-il justement de ne pas clore la promenade, et le post-scriptum n’est-il pas l’invitation à un prochain voyage ? Comment savoir ?

Durant cette lecture où j’ai découvert beaucoup de choses, sans pour autant jamais avoir l’impression de me perdre dans trop d’érudition, un portrait d’auteur m’a semblé correspondre à celui de Frédéric Mercier.

Je ne connais pas Frédéric Mercier, je ne le connaissais pas avant d’ouvrir son livre, mais en lisant ces quelques mots sur Emmanuel Carrère, je me suis imaginée que quelqu’un pouvant écrire ces lignes, devait certainement lui ressembler :

Si Carrère se tourne d’emblée vers Positif*, c’est d’abord une affaire de goût. La revue a toujours fait la part belle aux cinéastes de l’imaginaire, du rêve et du fantastique, vanté Resnais plutôt que Pialat, défendu la première Stanley Kubrick et John Boorman (…). Dès son premier article paru en janvier 1977, et qui porte sur la mise en scène des batailles, Carrère fait montre d’une culture ouverte, hétérogène. D’emblée il mêle avec bonheur Ridley Scott à Clausewitz, Woody Allen et Buster Keaton, Hegel à Gance et La Grande vadrouille.

*revue mensuelle de cinéma fondée en 1952

J’ai imaginé Frédéric Mercier comme un auteur des plus ouverts lui aussi, et pour qui, la culture est forcément hétérogène, mêlée, rêvée et imaginée.

C’est en tout cas ce que la lecture de son livre m’a laissé penser, et refermer un ouvrage sur cette impression, c’est plutôt… positif, justement.

Avril 2016 : séances et animations du CDI

Comme prévu, cet article revient sur certaines activités de la fin du mois de mars, et dont je ne parle que maintenant, dans un souci d’équilibrer les articles.

Liaison CM2-6e

Avec la semaine de la presse, c’est la liaison CM2-6e qui a bien occupé la fin de mon mois de mars et le début de mon mois d’avril. Comme je l’avais annoncé dans des articles précédents, j’ai voulu cette année modifier l’organisation de cette liaison.

Pour rappel, à l’origine je faisais 4 séances dans l’année :

  1. séance de découverte du CDI avec plusieurs ateliers (c’est sur cette séance que je me suis faite inspecter au mois de décembre) ;
  2. une première séance de recherche, là encore par ateliers, autour du personnage de Jean Mermoz ;
  3. une seconde séance où les élèves font les ateliers qu’ils n’ont pas pu faire durant la séance précédente ;
  4. et une séance d’échanges avec les élèves de 6e, où ces derniers votent pour le plus beau logo du collège réalisé par les CM2.

Cette année, je souhaitais donc alléger le dispositif et également faire aller les élèves vers une autre production. Je me suis appuyée sur les formations d’Annie Di Martino que j’ai suivies l’an dernier sur la démarche heuristique et du coup, dans ma tête, j’avais pour projet de faire réaliser aux élèves un « arbre » Jean Mermoz.

J’ai donc conservé la première séance de découverte, modifié les séances 2et 3 et supprimé la séance 4.

Pour ce qui est des sujets de recherche, j’attends la même chose des élèves que les années précédentes : des éléments de biographies sur Mermoz, des informations sur ses voyages et sur les avions, et par contre, en parallèle à la réalisation du logo, des informations un peu plus poussées sur le collège en général.

Pour la séance 2, je mets les élèves par équipes, équipes qu’ils gardent tout le long du projet. Quatre équipes sont constituées :

Une fois les recherches effectuées (sur ordinateurs ou dans les livres) l’équipe met en commun les informations sur une feuille A3 qui prépare à la réalisation de l’arbre ou de la carte Jean Mermoz prévue à la séance suivante. En attendant le résultat final, sur lequel je reviendrai après les dernières séances au mois de mai, voici où les élèves en sont pour l’instant (j’ai pris l’exemple que je trouvais le plus abouti) :

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Retour sur la semaine de la presse

Comme annoncé dans l’article précédent, voici un point sur les séances faites en relation avec la #SPME2016. Pour les deux séances prévues, j’ai pu voir les 3 classes de sixième, sur des créneaux qui se sont étalés du 26 mars au 8 avril.

  • Séances sur les Unes de presse (1h à 3h en fonction des classes)

Les trois séances ont été organisées comme suit :

La veille, je collecte sur le site de l’Agence France Presse (AFP) une sélection de dépêches que je tente de prendre aussi variées que possible. J’ai donc eu :

  1. le 26 mars : les attentats de Bruxelles, la mort de Johan Cruyff, du rugby, des hackers syriens ayant pris le contrôle d’un barrage américain…
  2. le 29 mars : la loi Travail, l’enquête sur les attentats de Bruxelles, la reprise de Palmyre par les troupes syriennes, la tempête sur l’ouest et le nord de la France, les championnats de France de natation, un fait divers sur un homme blessé par balle à Dijon, et une rubrique insolite sur une touriste anglaise qui tente de regagner un paquebot à la nage.
  3. le 7 avril : nous avons écarté, avec ma collègue de français, le vote sur la pénalisation de la prostitution et l’affaire des Panama papers, qu’elle a jugée trop complexe pour des sixièmes. J’ai donc choisi pour cette dernière séance : « Nuit debout », l’arrestation d’une femme soupçonnée de préparer un attentat suicide en Turquie, la fusion de la Communauté des télévisions et radios francophones, la découverte d’un trou noir supermassif, l’arrestation de voleurs de tableaux en Norvège, un festival de musique à Abidjan et le procès pour fraude fiscale de Lionel Messi.

Pour chaque séance, j’essaye de trouver une ou deux actualités françaises pas trop complexes, une à deux actualités internationales, puis je fais en fonction de ce qui m’inspire : sport, culture, fait divers, insolite…

faire-une-une-de-presse

Durant la séance, après une présentation de la chaîne de l’information, de la dépêche au journal, les élèves travaillent par équipes de deux ou trois, récupèrent l’ensemble des dépêches, s’en partagent la lecture et se mettent d’accord sur l’information principale à mettre en Une.

Je leur distribue alors une feuille au format A3, et ils doivent trouver un titre de journal, composer leur Une et l’illustrer. En une heure, ils ne parviennent généralement pas à aller plus loin qu’une esquisse rapide de cette Une, je laisse donc soit le soin à mes collègues de français de poursuivre et de terminer le travail durant leurs cours, soit de revenir au CDI.

Je n’ai pas pu récupérer tous les travaux, et ceux que j’ai ne sont pas terminés. En voici tout de même quelques-uns :

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  • Séances « Décrypter l’info en ligne » (1h)

En ce qui concerne les séances « Décrypter l’info en ligne », j’ai pu aussi voir les trois classes.

La séance se fait en salle informatique en une heure. Les élèves ont accès à la fiche en ligne, ce qui leur permet de cliquer sur les liens. Après un bref rappel sur ce qui a été fait sur les Unes de presse, on leur donne pour consigne de lire en diagonale les deux articles, le premier du Gorafi, le second du Figaro.

Fiche élève : https://magic.piktochart.com/output/12121687-decrypter-linfo-fiche-eleve

Corrigé : https://magic.piktochart.com/output/12124638-decrypter-linfo-fiche-corrige

Après ces quelques minutes de lecture, on insiste davantage sur le Gorafi, mon collègue de français s’intéressant davantage au contenu et à la manière dont est travaillé l’humour par l’article, quand de mon côté j’insiste davantage sur la source de l’information (localisation, mention de l’auteur de l’article…).

Les élèves doivent ensuite cliquer sur les deux captures d’écran montrant l’un, le « À propos » du Gorafi, l’autre, les « Mentions légales » du Figaro (j’ai choisi volontairement de ne pas prendre directement la page « Mentions légales » du Gorafi). Là encore, mon collègue insiste davantage sur l’histoire racontée : pour le Gorafi, celle d’un journaliste dyslexique, pour le Figaro, une société au capital de blablablablablabla… suivent les informations juridiques bien sérieuses et jargonnantes de l’organe de presse.

Quant à moi, je mets l’accent sur les ressemblances trompeuses des deux sites et le talent d’imitation du Gorafi : même charte graphique, même couleur dominante, même logo composé de la première lettre du nom, mêmes lettres mais dans le désert, même revendication d’informer le public…

Puis on passe à la « révélation » : les fameuses phrases issues du « À propos » du Gorafi : « Tous les articles relatés ici sont faux (jusqu’à preuve du contraire) et rédigés dans un but humoristique. L’utilisation de noms de personnalités  ou d’entreprises est ici à but purement satirique. » Lorsque nous avons un peu de temps, je lis aux élèves quelques titres d’articles, ce qui a beaucoup de succès.

Puis on en vient au dernier point de la fiche : la comparaison entre Wikipédia et la Désencyclopédie, avec les deux pages d’accueil, où j’alerte les élèves sur les deux sous-titres des sites. Pour le premier : « Le projet d’encyclopédie libre que vous pouvez améliorer », et pour le second : « La source en pleine évolution d’informations utiles et fiables, entièrement écrite par des singes savants. »

On termine la séance avec la nécessité de savoir d’où vient l’info et de la recouper avec d’autres sites internet et d’autres supports d’information.

Autres séances

  • Stages, rapports et oraux de stage de 3e

Nos élèves de 3e sont allés en stage en entreprise juste avant les vacances de février. J’ai suivi deux élèves en appelant sur leur lieu de stage, j’ai corrigé cinq rapports de stage (chez un artisan, en pharmacie, en médiathèque – très décevant – chez un réparateur en téléphonie et dans un commissariat). Dans le cadre de l’option Découverte professionnelle 3h, j’ai évalué des élèves en oraux blancs, et pour finir, j’ai participé en tant que jury aux oraux de stage, en binôme avec un collègue d’histoire-géo.

  • Projet infographies des 4e

Les élèves de 4e ayant terminé leurs infographies, nous les avons mis en ligne, avec ma collègue d’anglais, sur le site https://heroes4emermoz.wordpress.com/ afin de voter pour la meilleure d’entre elles. Par contre, des problèmes de calendrier ne nous ont pas permis de réaliser le projet sur Genial.ly avec ses classes de 5e, ce que nous essaierons de faire au début du mois de mai.

Projet d’éducation artistique et culturel

  • Exposition DADA

Dans le cadre du projet d’éducation artistique et culturel et de l’histoire des arts, nous travaillons avec mes collègues d’arts plastiques, musique et français, en partenariat avec la maison de l’architecture et de la banlieue, l’espace Jean Lurçat, l’espace Camille Lambert, la médiathèque André Malraux et le conservatoire Claude Debussy de Savigny sur Orge. De nombreux événements ont donc été organisés, ce dont ont pu bénéficier nos élèves. Ils ont notamment pu assister à deux représentation : « La Boîte à joujoux » de Debussy et « Parade » d’Erik Satie.

« Parade » était précédée d’une intervention en classe de M. Favard, coordinateur de l’action culturelle, pour présenter aux élèves de deux classes (5e et 3e) le contexte de création de cette œuvre, le mouvement Dada et ses artistes. À la suite de ça, j’ai organisé au CDI une exposition Dada, en partenariat avec la médiathèque André Malraux qui m’a prêté des documents. Voici l’affiche de l’expo :

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Et voilà ce que ça donne au CDI :

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Nous avons également décidé d’organiser la projection d’un film de Cocteau pour les élèves volontaires, même si nous n’avons pas encore trouvé de dates pour le faire.

Enfin, pour « promouvoir » cette exposition Dada, j’ai publié un article sur le site du collège : http://clgmermoz-savigny.fr/index.php/2016/04/05/exposition-dada-au-cdi/

J’ai également publié sur le site, dont je suis pour l’instant principale rédactrice, d’autres articles sur des projets menés par des collègues : http://clgmermoz-savigny.fr/

  • Mise à disposition d’albums d’Emmanuelle Houdart

La médiathèque de Savigny a aussi prêté des ouvrages illustrés par Emmanuelle Houdart, dans le cadre d’une exposition qui y est organisée. J’ai mis ces ouvrages en présentation pendant une semaine au CDI.

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Certains de nos élèves de 5e se sont rendus à cette exposition et ont assisté à une intervention d’Emmanuelle Houdart.

  • Sorties PEAC

Dans le cadre de ce projet, j’ai donc accompagné deux sorties, juste avant les vacances. La première était justement une sortie à la médiathèque pour assister à une intervention d’Emmanuelle Houdart avec une classe de cinquième.

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Elle leur a présenté ses ouvrages, son métier et son univers et nous avons pu repartir avec un dessin magnifique !

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La seconde était une sortie à l’espace Camille Lambert, à Athis-Mons, pour l’exposition « La peau que j’habite ». Cette exposition d’art contemporain présentait les travaux de deux artistes, Emmanuelle Bouyer et Armelle Caron, qui capturent la lumière, les mouvements, les corps, les espaces personnels où elles ont vécu, et les souvenirs.

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Autres activités et animations

  • Concours de dessin manga

Nous avons réussi, pour ce concours organisé avec un collègue surveillant, à avoir 7 participations, à retrouver ci-dessous :

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Les élèves ayant participé ont reçu des mangas et des livres sur le dessin. J’ai volontairement choisi des prix qui peuvent paraître un peu difficiles pour des élèves de collège (Monster, 20th century boys), mais cela les changera un peu de Naruto et de One Piece…

Pour la remise des prix, j’ai fait rapidement cette affiche :

concours-dessin-mangaLes élèves étaient ravis et m’ont demandé d’organiser un nouveau concours de dessin, ce que je ferai sans doute d’ici la fin de l’année.

Autre idée inspirée par un élève et que je trouverais sympa d’organiser : un concours de jeux-vidéos (évidemment à la base, l’élève imaginait que j’allais fournir la console et les jeux, et se voyait sans doute dans une compétition acharnée avec ses camarades, avec des jeux de combats bien connus et dont ils n’ont pas l’âge légal de jouer). Mais le concept me plaît bien et pourquoi pas faire une compétition avec des serious games et voir ce que cela donne… Je vous tiens au courant de mes cogitations à venir sur le sujet !

  • Mini-expo Semaine de la presse et des médias à l’école

Comme d’habitude, j’ai gardé les ressources reçues pendant la semaine de la presse et les ai laissées en consultation libre au CDI, sur mon bureau, avant d’en faire éventuellement don aux élèves et aux enseignants.

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  • Commandes, désherbage et gestion

J’ai manqué de temps pour continuer à nettoyer ma base, mais j’ai réussi ce mois-ci à faire un peu de désherbage de revues, à passer une commande (documentaires, BD et mangas, ainsi que quelques fictions pour remplacer celles qui étaient abimées), et j’attends une prochaine commande pour continuer à rafraîchir mon fonds.

Afin de mieux cerner les besoins et les attentes de mes collègues, et d’anticiper sur les prochaines actions, j’ai décidé, en collaboration avec @spdocs qui m’a soufflé l’idée, de leur proposer un sondage via Google Form.

J’ai pour l’instant 13 réponses (pour environ une quarantaine de collègues, vie scolaire et administration comprises), j’espère en avoir encore. Je ferai un compte-rendu de cette enquête et la mettrai en lien dans l’article du mois de mai.

D’ici là, bonnes vacances à tous et à très bientôt.

Promenades en cinéphilie

Une fois n’est pas coutume, pour ce compte-rendu de lecture d’avril 2016, j’évoquerai non pas un mais deux livres… d’où le titre de cet article, général et fourre-tout à souhait !

Il y a longtemps que je n’avais pas parlé de Truffaut

Vous l’aurez compris, j’ai une fois de plus déniché un ouvrage sur mon réalisateur préféré…

On aurait pu croire que le filon était quelque peu tari après les multiples et très riches publications qui ont marqué les 30 ans de la disparition de François Truffaut.

Que nenni ! (j’arrive enfin à placer cette expression désuète dont je raffole !)

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Deux hypothèses, tout aussi subjectives l’une que l’autre :

  • soit l’œuvre de Truffaut, et plus globalement sa vie, sont des sources inépuisables d’inspiration pour les écrivains cinéphiles ;
  • soit son œuvre ne cesse de susciter l’intérêt, ce dont les mêmes écrivains susnommés se rendent très bien compte…

Ce qui est sûr, c’est que, chez moi, la deuxième hypothèse l’emporte, je suis donc la cible facile, inévitable et consentante d’un livre qui arborera pour titre « François Truffaut… »

Je ne vais pas faire la liste des articles de ce blog que j’ai consacrés à Truffaut, ou encore de ceux où je n’ai fait que l’évoquer au détour d’une phrase. Si l’envie vous en prend, vous pouvez allez jeter un coup d’oeil ici, ici ou encore ici.

Mais l’un d’entre eux, cependant, est suffisamment proche du sujet que traite le livre qui va m’intéresser dans quelques instants, j’en profite donc pour vous l’indiquer : il s’agit de ma participation, il y a environ un an et demi, à un concours d’écriture organisé par la Cinémathèque française et Télérama, Lettre à la Femme d’à côté.

De la spectatrice à la comédienne

En février 2016, est paru aux éditions Grasset un ouvrage d’Elizabeth Gouslan, journaliste et déjà auteur de biographies de Grace Kelly et Ava Gardner, Truffaut et les femmes.

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Toute à mon impatience et à la lecture du livre de Luchini, je n’y ai d’abord pas prêté attention.

Et quand je l’ai enfin aperçu, je n’ai pas été convaincue. J’ai déjà dit mes réserves sur les autobiographies de célébrités, qui risquent toujours racolage et nombrilisme, même lorsqu’il s’agit d’une célébrité que j’affectionne.

C’est dire à quel point j’étais réticente devant un ouvrage qui me proposait d’évoquer Truffaut et les femmes. Et d’abord quelles femmes ? Les mères, les épouses, les maîtresses, les filles, les comédiennes, les amies ?

Et puis je me suis dit que, certes, si l’auteur choisissait de me parler des femmes, c’était pour (mieux – ça j’allais le voir très vite, ou pas) me parler de lui. J’ai donc cédé à la tentation, et j’ai décidé de laisser sa chance à Elizabeth Gouslan.

Je l’ai laissée me parler de la mère de Truffaut, de sa famille, de Jeanne Moreau, Françoise Dorléac, Claude Jade, Catherine Deneuve.

Finalement, je n’y ai bien-sûr pas appris grand chose – et j’en suis très heureuse, car je ne vois pas ce qu’aurait pu m’apporter un scoop, une révélation sur Truffaut, qu’en aurais-je fait ?

L’auteur de ce livre évoque les femmes que Truffaut a aimées, et celles qui l’ont aimé, qui continuent à l’aimer. C’est au fond une biographie par les femmes, pas très différentes des autres ouvrages qui se sont penchés sur le réalisateur.

Les moments les plus émouvants du texte, c’est lorsque Elizabeth Gouslan évoque la façon dont Truffaut filme ses comédiennes, mais surtout lorsqu’elle partage son expérience de spectatrice, lorsqu’elle se promène avec d’autres cinéphiles dans les rues de Paris où ont vécu le cinéaste et ses personnages, lorsqu’elle tente de parler avec Jeanne Moreau au téléphone, ou lorsqu’elle cherche à croiser Deneuve dans la rue, sans jamais réussir à lui adresser la parole…

Des moments intenses, personnels, où la biographie rejoint, par petites touches impressionnistes, l’autoportrait.

Au fond elle ne fait rien de plus que tous les spectateurs qui ont aimé et qui aiment (ce qui me rappelle cette chanson de Cabrel que j’écoutais enfant « Quand j’aime une fois j’aime pour toujours ») Truffaut : partir dans une quête qui n’a pas de fin, à la poursuite d’un être qu’on ne connaît pas, qu’on n’a, pour certains, jamais connu, mais qui reste le grand frère, le père, l’ami spirituel, le guide inévitable en cinéphilie.

Et puis, si je dois ne garder le livre d’Elizabeth Gouslan que pour une raison, c’est pour m’avoir fait connaître cette blague de Truffaut, grand amateur de bons mots et de calembours, et que je cite, maladroitement, de mémoire :

« Pourquoi les prêtres n’ont pas de voiture ? – Parce qu’ils ont des habits sacerdotaux. »

Je dois à l’auteur un éclat de rire équivalent à celui suscité par la découverte d’un petit ouvrage sur Le Dictateur que j’ai commandé il y a quelques jours : Pourquoi les coiffeurs ? de Jean Narboni.

Après un petit clin d’œil (pas si hors sujet que ça) aux amateurs de tendresse, passons maintenant à la deuxième lecture.

D’une ville à l’autre

Elizabeth Gouslan nous avait promené dans Paris, sur les traces de Truffaut et Antoine Doinel, dans l’immeuble qui abritait les Films du Carrosse, dans les rues de Montmartre, avec comme point de repère, la Tour Eiffel qui surplombe tout ça…

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Mais Paris, au-delà de Truffaut, c’est une ville de cinéma, où Hôtel du Nord côtoie Drôle de frimousse, Le Dernier métro (Truffaut encore), French Cancan, On connaît la chanson, Amélie Poulain, Inception ou encore le Paris de Cédric Klapisch.

Partons pour d’autres horizons, tout aussi cinématographiques, et juste un peu plus ensoleillés peut-être.

Le deuxième ouvrage que j’ai choisi ce mois-ci est un petit livre d’une centaine de pages, à peine, lui aussi publié en février 2016, aux éditions Espaces & signes, dans la collection Ciné voyage : Rome mise en scènes, par Edouard Dor.

9791094176078

L’auteur est le créateur de cette collection, Ciné Voyage, dont nous apprenons plus dans les toutes premières pages du livre, et également sur le site internet des éditions :

Chaque livre de cette collection propose d’aller à la découverte, partout dans le monde, des « lieux du cinéma » : un quartier (ex. Montmartre), une ville (ex. Tokyo), une région (ex. la riviera italienne).

Les « lieux du cinéma » sont aussi bien :
– les lieux où ont été tournées des scènes emblématiques (lieux précis de tournage),
– que les lieux représentés ou évoqués dans certaines scènes (lieux utilisés comme symboles).

Ces ouvrages se présentent sous la forme de parcours-guides dont le fil rouge est le cinéma – comme reflet de la vie d’un quartier, d’une ville, d’une région, etc., mais aussi comme témoin de leur passé.
Ces livres ne se veulent pas exhaustifs concernant la filmographie du lieu choisi, cependant les films les plus emblématiques de ce lieu ne sont pas oubliés (même s’ils ne sont qu’abordés brièvement).

La collection compte pour l’instant quatre ouvrages, dont Rome n’est que le deuxième, et dont 2 sont encore, pour l’instant, à paraître.  C’est aussi celui de la collection qui m’a le plus attirée, puisque j’ai déjà eu l’occasion d’aborder, dans certains articles, le cinéma italien, à retrouver ici et ici.

Rome à redécouvrir

À la lecture de ce livre, je me suis cependant rendue compte, que, à de rares exceptions près, si j’aimais le cinéma italien, ce n’était pas forcément celui qui avait Rome pour cadre. Les films qui me plaisent le plus m’offre un panorama de l’Italie, Rome comprise, qu’il s’agisse du bien-nommé Voyage en Italie, de Parfum de femmes, de Padre Padrone, de Cinema Paradiso ou encore de Nos meilleures années.

Mais il y a, bien-sûr, des incontournables, que j’ai évidemment retrouvés dans l’ouvrage d’Edouard Dor, tout en tours et en détours, en vagabondages entre conquêtes et mélancolie, entre tendresse et violences.

Et j’ai eu beaucoup de bonheur à l’évocation de deux d’entre eux :

  • le Fellini Roma, évidemment de Fellini, qui est le premier film sur lequel l’auteur s’arrête, et dont la scène de découverte, puis d’estompement d’une fresque antique m’a vraiment marquée :

  • et les Vacances romaines, de William Wyler, avec la toute fraîche Audrey Hepburn et le séduisant Gregory Peck

Pour les films les plus récents, malgré des excursions à Florence, en Toscane et en Norvège, c’est définitivement Nos meilleures années qui me laisse le souvenir le plus ébloui de l’Italie.

Mais évidemment, le lieu de Rome que je connaissais le mieux, sans le savoir, c’est la Cinecitta, qu’évoque l’auteur dans son dernier chapitre, et où furent tournés les péplums emblématiques tels que Ben Hur ou Cléopâtre, et plus récemment la série Rome, qui reste une des références indépassables en matière de séries historiques.

La qualité majeure de cet ouvrage est de répondre totalement à son ambition : un parcours guide subjectif et non-exhaustif, pour des films à découvrir ou à redécouvrir, illustré de petites photographies efficaces, avec LE plus à la fin du livre : des promenades par films abordés, avec d’un côté le plan, de l’autre la mention des lieux du film dans leur ordre chronologique. À nouveau, simple et efficace.

Ce livre pourrait tout à fait être glissé dans la valise avant une petite escapade romaine… ne manquerait plus, pour ajouter une petite touche de modernité, qu’une application correspondante, qui proposerait au lecteur un extrait de film lorsqu’il passe dans telle ou telle rue, une image, un dialogue, que sais-je encore, pour s’immerger encore un peu plus dans la ville et dans son atmosphère cinématographique.

Voilà pour ces deux promenades cinéphiles, l’une presque exclusivement parisienne, l’autre tout à fait romaine, pour vous donner des envies d’escapades avec les beaux jours qui reviennent ou tardent à revenir…

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