cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

Page 45 sur 97

BD et cinéma

Voici le compte-rendu de lecture du mois de mars.

Je profite pour rédiger cet article de mon regret présent, à savoir le 3e volume d’Enrico Giacovelli sur le cinéma comique américain, dont la sortie, initialement prévue pour février, est désormais annoncée pour la mi-avril.

J’avais réussi, prenant mon mal en patience, le mois dernier, à évoquer les deux petits livres sur Le Parrain et Les Sept samouraïs, mais j’ai été trop prise pour pouvoir fouiner dans les librairies ces derniers temps, du moins dans le rayon cinéma.

J’en profite donc, je le redis, pour rédiger cet article qui me faisait envie depuis longtemps, mais qui va encore susciter quelques regrets de ma part…

BD et cinéma, d’un côté mais pas de l’autre

En effet, cela fait longtemps que pour mes articles cinéphiles, je cherche non seulement dans les rayons documentaires, dans les romans (je ne désespère pas de trouver un bon roman de science-fiction sur le cinéma, je crois que Connie Willis l’a déjà écrit, mais il est pour l’heure introuvable*), mais aussi dans le rayon bandes-dessinées et mangas.

*pour les curieux de Connie Willis, l’auteur de Blitz, voici un résumé de son roman Remake, sorti en 1994, que je rêve de dénicher :

Alis rêve de danser. Elle rêve de devenir la reine des claquettes dans une vraie comédie musicale. « Mais réveille-toi, ma pauvre petite ! » lui dit Tom.
     Car à Hollywood, il y a longtemps qu’on ne tourne plus de films, qu’on n’emploie plus d’acteurs. Depuis la révolution infographique, on ne fait plus que des remakes. On prend les vieux films et on les censure, ou on les trafique. Et c’est ainsi que Marilyn donne la réplique à Tom Cruise ou que Charlie Chaplin tombe amoureux de Sharon Stone…
     En ce moment, le job de Tom consiste à « nettoyer » les classiques (c’est-à-dire visionner les versions originales et couper toute image où apparaissent alcool, tabac ou drogue). Travail de titan : c’est fou la quantité de bourbon ou de champagne que consommaient les héros des films d’antan ! Soudain, évoluant aux côtés de Fred Astaire, il reconnaît… Alis ! Mais non, voyons, ce n’est pas possible ! Ce film a été tourné en 1949 !
     A moins que…
Et voici la couverture, qui fait tout autant rêver, en tout cas moi :

Je suis souvent revenue sur mes méthodes pour trouver des livres, j’ai évoqué ma veille sur le sujet, les maisons d’éditions que j’affectionne, les moments où, en dernier recours, je me rabats sur internet et où je commande un livre sans l’avoir feuilleté avant, je n’ai pas besoin de m’étendre là-dessus à nouveau.

À moins d’être complètement passée à côté d’une pépite, jusque-là, je n’avais pas remarqué que la BD évoque beaucoup le cinéma.

L’inverse est évidemment vrai, la bande-dessinée inspire le cinéma, qui adapte tous les ans tout un stock de bandes-dessinées et de comics, jusqu’à saturation.

Je ne suis pas sectaire et je comprends qu’on souhaite rendre hommage à un univers graphique en l’adaptant à l’écran… mais Boule & Bill ? le Marsupilami ? Les Profs ? et dernièrement Gaston Lagaffe ? Évidemment ça n’exclut pas les réussites (critiques et/ou commerciales) mais parfois j’aimerais que certains héros restent sur le papier… et je me demande quel scénario on pourra tirer de l’humour tout « slapstickien » de Gaston Lagaffe…

Le papier, revenons-y. Si, en faisant quelques recherches, j’ai trouvé des films inspirés de la bande-dessinée, et si j’ai eu quelques infos sur Wikipédia, je n’ai pas toujours trouvé l’inverse, à savoir le cinéma qui inspire la bande-dessinée.

Il y a bien le divin et regretté Gotlib, et son Cinémastock en deux volumes, où il parodie avec délectation des univers cinématographiques connus (films d’aventures, de chevalerie, adaptations littéraires…)

 

Mais je lui préfère définitivement ses Dingodossiers, où il décortique davantage l’univers du cinéma, des acteurs, des réalisateurs, bref… le making of.

Voici donc ci-dessus ma planche préférée de Gotlib, consacrée au cinéma.

Et plus récemment ?

Et bien rien qui retienne mon attention. Mais peut-être me suggérerez-vous quelques titres.

J’ai néanmoins trouvé un article sur le sujet : http://www.comixtrip.fr/tops/top-10-bd-cinema/ et où le Cinémastock de Gotlib figure en bonne place.

Je n’ai trouvé que ce top, mais régulièrement je parcours encore les rayons BD des librairies, à la recherche d’une perle rare qui évoque l’univers du cinéma.

Hommage au cinéma

C’est au CDI que j’ai trouvé mon bonheur, avec l’une de nos acquisitions récentes : La Parole du muet : 1. Le géant et l’effeuilleuse, paru chez Grand Angle en avril 2016.

Je me souviens certes l’avoir aperçu dans les rayons au moment de sa sortie, mais sans doute prise par un autre ouvrage à ce moment, je ne lui avais pas donné sa chance.

À tort, car cette bande-dessinée répondait à toutes mes attentes. BD à six mains – Laurent Galandon pour le scénario, Frédéric Blier (Blier ? voilà un nom bien cinématographique) aux dessins, et Sébastien Bouet aux couleurs – elle rend hommage dès sa première de couverture au cinéma et ne le quitte plus.

Vous pouvez en suivant ce lien lire les premières pages.

L’histoire ?

Le lecteur suit les aventures de Célestin, un gentil géant naïf, lassé de décevoir son père comme clerc de notaire, qui quitte la Province et part s’installer à Paris pour faire du cinéma, avec pour tout bagage une cinéphilie de 1927 qui rappelle celle d’Henri Langlois, et une bonhomie qui ne le quitte pas.

Dans ces coulisses du cinéma encore muet, on croise bonimenteurs, projectionnistes, vedettes, accessoiristes, et les petites mains côtoient les grandes vedettes, que ce soit sur la pellicule ou dans les studios parisiens.

Au détour d’un hall de gare, on aperçoit Méliès dans son magasin de jouet, Méliès déjà sacralisé par Martin Scorsese dans Hugo Cabret, et remis à l’honneur, mais avec la douceur du clin d’oeil, dans cette jolie planche :

Les personnages, esquissés avec délicatesse, sont tous aussi attachants les uns que les autres, et sont tous inoubliables à leur manière : le « bon gros géant » qu’est Anatole, qui a des allures d’Hitchcock avant l’heure, le nain incollable en caméras et en techniques, le pianiste ancien combattant, le propriétaire de salle qui arrondit ses fins de mois avec des projections clandestines réservées aux adultes, et la petite effeuilleuse sourde et muettes qui lit sur les lèvres…

Des créatures fragiles, des freaks touchants de démesure, plongés dans une usine à rêves encore à son adolescence mais déjà impitoyable.

C’est simple, beau, et efficace.

Pour parachever ce beau moment de lecture, on trouve à la toute fin de l’album quelques planches documentées sur le cinéma :

Je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même si le coeur vous en dit, je n’en ai mis qu’un extrait.

Même tardive, cette découverte m’a beaucoup plu, et je vous la recommande d’autant plus que le second tome est annoncé pour début avril.

Je ne lui consacrerai sans doute pas un article entier, mais j’en toucherai quelques mots avant ou après l’ouvrage d’Enrico Giacovelli, si celui-ci daigne sortir un jour !

Sinon, j’ai bien autre chose dans mes étagères, que j’ajouterai en fonction du temps que j’ai, soit à la fin de cet article d’ici la fin du mois, soit dans le prochain.

Avant de me plonger dans la semaine de la presse et ses multiples séances, je vous laisse confortablement installés en compagnie de Gaston, qui vous bercera jusqu’au prochain article #profdoc !

À bientôt !

Février 2017 : séances et animations du CDI

Comme je l’avais annoncé dans l’article précédent, je reprendrai dans cet article quelques actions de la fin janvier, février ayant été particulièrement raccourci à la fois par les vacances scolaires et pour des raisons personnelles…

Cela ne m’a pas empêchée de faire quelques séances (poursuites de projets déjà amorcés), d’organiser une exposition thématique, et de voir naître un beau projet de mutualisation.

Séances

En attendant la grande effervescence de la semaine de la presse – j’ai déjà sondé le terrain et amorcé des échanges avec les enseignants qui ont déjà travaillé avec moi – je n’ai eu durant cette période fin janvier / fin février que 3h de séances en demi-groupes.

  • EMC 1STMG3 : suite de la séance sur le complotisme

Comme je l’avais indiqué en décembre et en janvier, j’ai commencé à travailler avec deux classes de Premières STMG sur le complotisme, en collaboration avec leurs enseignants d’histoire-géo respectifs.

Pour les STMG1, je n’ai pu faire à ce jour que la séance 1 de ce travail, que l’enseignant a poursuivi en classe.

Pour les STMG3, j’ai pu voir un demi-groupe faire la séance 1 début janvier et revoir ce demi-groupe durant une deuxième séance fin janvier.

Pour rappel, les élèves devaient faire le choix d’une théorie du complot, trouver trois arguments complotistes et trois contre-arguments. La démarche était complexe.

Pendant cette deuxième heure de travail, les élèves ont donc poursuivi leurs recherches, et en fin d’heure, 4 élèves ont pu passer à l’oral, présenter leur théorie du complot et les différents arguments. Je notais au tableau les points successifs des interventions (voir ci-dessous) et finalement, avec ma collègue d’histoire-géo, nous avons été plutôt satisfaites de cette séance.

  • Formation à la recherche 2nde2

Fin février, j’ai animé 2h en demi-groupe de formation à la recherche auprès d’une nouvelle classe de Seconde. Après le classicisme et le siècle des Lumières, j’ai donc travaillé avec cette classe sur la tragédie grecque.

Mêmes modalités d’organisation que pour les séances précédentes : une présentation d’une dizaine de minutes du portail e-sidoc, puis une mise en pratique par les élèves via le questionnaire suivant :

Enfin, les élèves remplissaient le padlet avec les informations recueillies. J’aurais souhaité, pour changer, faire utiliser un autre outil aux élèves, j’avais envie de faire réaliser une carte mentale interactive et collaborative par demi-groupe, mais je n’ai pas trouvé ce que je souhaitais comme outil.

Il faut dire que mes exigences étaient élevées : un outil de carte mentale gratuit, sans connexion, collaboratif en temps réel, beau, et sur lequel on puisse ajouter vidéos, images et liens internet. Bref, un padlet en carte mentale. Après une matinée entière de recherches, tests et bidouillages, j’en suis donc revenue au Padlet.

https://padlet.com/jfiliol_pro/2nde2

Voilà pour les séances de cette période, c’est peu par rapport aux mois précédents, mais avec la semaine de la presse qui s’annonce, je ne me fais pas de soucis, mon agenda va se garnir…

Exposition thématique / Valorisation du fonds

Pour remplacer l’exposition sur la journée de l’amitié franco-allemande, j’ai installé fin janvier une exposition sur la Saint Valentin, dont voici l’affiche :

expo-saint-vale_10900033_a27cb371fb6d3de8595591eb333c25b47e94ab23

L’exposition est en deux partie : d’un côté, textes philosophiques et littéraires ainsi que documentaires sur l’amour, de l’autre, la littérature amoureuse avec des romans, des pièces de théâtre et des recueils de poésie.

Cette exposition est restée installée jusqu’à quasiment la fin du mois de février, elle va ensuite céder la place aux deux « poids lourds » du mois de mars, le printemps de poètes et la semaine de la presse.

Nous avons également reçu au retour des vacances notre première commande de 2017, surtout des nouveautés pour le rayon Sciences.

La bonne nouvelle est la réception de deux rayonnages supplémentaires, à l’origine pour la science-fiction, qui était coincée à côté de la sortie de secours et mal valorisée auprès des élèves.

Avec mon collègue aide-documentaliste (qui malheureusement nous quitte à l’issue de ce mois), nous avons décidé de transvaser l’ensemble de la littérature en langue étrangère, et de décaler le reste des fictions (poésie, théâtre, romans policiers) afin que la SF soit davantage visible pour les élèves.

img_2609

Et j’en viens au projet phare de ce mois de février.

Promotion de la lecture et littérature classique au CDI

Ce projet aurait pu ne jamais voir le jour, ou du moins il aurait pu ne pas être réalisé aussi facilement. Je tiens donc à remercier chaleureusement les trottoirs inégaux de ma ville, et mon sens inné de l’équilibre, pour l’entorse du genou qui m’a valu une semaine d’arrêt maladie.

Sans eux, je n’aurais pas pu proposer à Sandrine Duquenne (@spdocs), avec laquelle j’avais déjà planché sur un Padlet permettant de proposer des nouveautés pour enrichir un fonds documentaire, de travailler à nouveau avec moi.

La semaine du 30 janvier, nous avons donc échangé pour mutualiser ensemble : oui mais quoi ? comment ? avec quel outil ? et sur quel thème ?

Très vite, Sandrine a suggéré de travailler sur la promotion de la littérature classique, en s’inspirant des travaux réalisés par les académies de Nancy-Metz (merci Laureline Lemoine, alias @Baccadoc, pour l’inspiration) et de Toulouse dans le cadre des TraAM Documentation.

Nous nous sommes principalement inspirées de ces deux projets :

Nous avons donc décidé de proposer des affiches consacrées à des auteurs ou à des genres littéraires, avec des QR-codes donnant l’accès à la lecture de leurs œuvres principales, et de mettre en ligne ces affiches sur un Padlet, afin de permettre soit d’imprimer individuellement certaines affiches, soit de les intégrer une par une ou en totalité sur un site ou un portail documentaire.

Durant la semaine du 30 janvier, nous avons travaillé quasiment deux jours complets à distance et réalisé 7 infographies le premier jour et 14 le deuxième, la répartition du travail donnant lieu à quelques échanges comiques :

« Ouin, tu as pris Hugo je voulais faire Hugo !

– Ben tu n’as qu’à faire Flaubert…

– J’aime pas Flaubert ! (…)

Deux heures plus tard :

– Je fais Voltaire, tu fais Rousseau ?

– Ok, je fais le mec qui abandonne ses enfants, toi tu fais celui qui traite le peuple de canaille… »

Une fois les 21 infographies réalisées, nous les avons mises en ligne sur le Padlet, en les classant par siècle. Une rubrique séparée est consacrée aux auteurs étrangers, une autre aux genres littéraires. Un petit bloc d’introduction présente le projet et les possibilités d’utilisation.

La semaine de la reprise (20-24 février), nous avons continué d’enrichir ce Padlet, principalement en ajoutant : la littérature antique, médiévale et renaissante, des auteurs étrangers, la philosophie et quelques genres littéraires…

Trêve de suspense, voici donc le bébé :

https://padlet.com/jfiliol_pro/qrcodeslectures

De plus, Sandrine m’a autorisée à publier sur ce blog les affiches dont je suis les plus fières, en voici donc trois…

Histoire romaine :

Témoins du 19e siècle :

Et littérature épistolaire :

Évidemment, le Padlet continuera de s’enrichir, et je conclus cet article en indiquant que je l’ai proposé en intervention sur un Explorcamp pour la prochaine édition de Ludovia, je croise donc les doigts !

Je finis cet article par une excellente nouvelle reçue le 23 février au soir : le collectif OA, qui était venu au lycée présenter son travail autour du film « Je suis enchanté » le mois dernier, s’est vu décerné le prix du public du Nikon Film Festival. C’est une heureuse conclusion pour cette équipe et l’annonce, très certainement, d’autres très beaux projets à venir, un immense bravo à eux !

Et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Petits livres : grands moments ?

Voici le premier compte-rendu de lecture de 2017, qui évoquera non pas un livre, mais cinq.

Pour mes lectures sur le cinéma, j’en suis venue à ressembler à tout lecteur qui commence à connaître un auteur, une collection ou une thématique en particulier, et à attendre, avec plus ou moins d’impatience, certaines sorties.

En bonne cinéphile, j’attends donc avec ferveur les nouveautés des éditions Sonatine ou Rouge profond, la suite des ouvrages sur le cinéma comique d’Enrico Giacovelli (le 3e volume étant prévu pour le mois de janvier), ou encore les nouveaux numéros de la collection « BFI : Les classiques du cinéma » proposée par Akileos.

Ce sont ces derniers, attendus pour novembre 2016, et finalement publiés en janvier 2017, dont je vais parler aujourd’hui.

Une collection dédiée aux grands classiques

Je l’avais déjà évoqué au mois de septembre, au moment où j’ai découvert cette collection, lorsque 3 ouvrages avaient été publiés  : Alien, Shining et Brazil. Je n’ai lu que les deux premiers, qui se sont avérés excellents, et j’avais hâte de découvrir le quatrième et le cinquième éléments 😉 de cette collection : respectivement Le Parrain de Francis Ford Coppola et Les Sept samouraïs d’Akira Kurosawa.

capture-decran-2017-02-06-16-10-36

J’ai dévoré en une après-midi celui consacré au Parrain, et avant d’en dire plus, je voudrais encore une fois faire l’éloge de cette petite collection, qui propose à un prix tout à fait modique, pour chaque numéro, une analyse de film aussi captivante qu’accessible.

Vivement la suite, donc, bien que malheureusement, Akileos n’annonce pas de prochaines sorties pour l’instant.

À la rencontre du Parrain

Ma rencontre avec Le Parrain s’est faite tardivement, mais elle a été préparée, annoncée, par des films qui le mentionnaient et / ou lui rendaient hommage.

C’est d’abord une mention dans La Nuit américaine de Truffaut qui a attiré mon attention : le metteur en scène Ferrand (Truffaut) et la scripte Joëlle (Nathalie Baye) se retrouve pour travailler sur le script du film. Ferrand attrape un journal qui donne la programmation des salles à Nice en 1973 :

Au Kursaal : « Le Parrain« , au Rexy : « Le Parrain« … Dis donc, il n’y a que ça ! Il paraît que tous les autres films se ramassent.

La deuxième fois que j’ai entendu parler du Parrain, à nouveau sans même connaître l’histoire du film (sauf bien entendu que celui-ci évoquer la mafia), c’est à travers cet échange entre Tom Hanks et Meg Ryan dans Vous avez un message (You’ve got a mail), une comédie romantique de Nora Ephron sortie en 1998 :

Cela ne m’a pas plus éclairée mais ça a eu l’avantage de piquer ma curiosité.

C’est finalement en prépa, entre les 10 saisons de Friends et Dragon rouge, que j’ai enfin pu découvrir la trilogie, à l’occasion de la sortie de l’intégrale en DVD.

Je ne vais pas tenter de faire un résumé de cette trilogie, l’une des plus belles du cinéma, même si j’avoue une nette préférence pour les deux premiers volets. Je ne vais pas non plus faire le catalogue de mes scènes préférées. Je crois que j’aime simplement toutes les scènes dans lesquels Marlon Brando fait ne serait-ce qu’une apparition.

Et pour ceux qui voudraient découvrir ou se remémorer cette fresque magnifique, je n’ai rien trouvé de mieux que cette rétrospective, signalée par le site de la revue Première, il y a quelques jours :

Passons maintenant au livre.

Le livre que la collection BFI : Les Classiques du cinéma consacre au Parrain est l’œuvre de Jon Lewis, universitaire et auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma, dont l’un porte déjà sur Coppola.

Je n’ai que du positif à dire de ce livre qui, comme les autres volets de cette collection, étudie le film à sa façon et avec brio (attention, ce livre n’est consacré qu’au film originel de la saga, vous n’y trouverez pas de référence aux deux volets suivants).

Ce qui m’a frappée, c’est la façon dont l’auteur ouvre, si j’ose dire, progressivement l’objectif.

L’ouvrage est construit en trois grands chapitres qui se lisent quasiment d’une traite : « Je crois en l’Amérique », « Je crois en Hollywood » et « Je crois en la mafia ».

Durant le premier chapitre, Jon Lewis concentre son regard sur des scènes clefs du film, et en particulier la première scène, qui ouvre Le Parrain, et où le personnage de Bonasera dit justement cette phrase « I believe in America », au moment même où son visage apparaît à l’écran.

Ces quelques scènes, méticuleusement rapportées et analysées, permettent d’ouvrir le regard du spectateur à l’art de Coppola, à la mise en scène, au scénario, et aux relations entre les personnages, et jusqu’à ce qui distingue la saga du Parrain des autres films de gangsters.

Dans le second chapitre, nouvelle prise de hauteur : « Je crois en Hollywood » décrit la genèse du Parrain, et les relations houleuses entre Coppola et son producteur Robert Evans – relation qui ne s’est pas apaisée avec les années.

Enfin le troisième chapitre, « Je crois en la mafia », est consacré aux rapports du film à cette dernière, tant sur le plan romanesque et scénaristique (Le Parrain étant un roman avant d’être un film, et les deux matériaux ayant puisé leurs sources d’inspiration à la fois dans la société des États-Unis et dans l’environnement quotidien de leurs maîtres d’œuvre) qu’historique et financier.

Bref, comme les numéros précédents de cette collection, et comme le suivant, l’analyse du Parrain par Jon Lewis offre un formidable éclairage non seulement sur un film, mais sur son tournage et sur le contexte de sa réalisation.

Vous reprendrez bien un Kurosawa ?

Il en va de même pour le cinquième ouvrage de la collection, consacré aux Sept samouraïs, par Joan Mellen, professeure d’anglais et d’écriture à la Temple University de Philadelphie, et auteure de plusieurs livres sur le cinéma japonais.

Si son propos n’adopte pas la même structure que celui de Jon Lewis sur le Parrain, on y retrouve la même intention : restituer l’univers d’un film et de son réalisateur, captiver le lecteur par la force évocatrice des images et de l’analyse.

Les Sept samouraïs et Le Parrain ont ceci de commun, au-delà évidemment de leurs différences flagrantes, de retranscrire dans un film l’essence même d’une époque et / ou d’une civilisation, en partant d’un microcosme social bien déterminé : mafia d’un côté, samouraïs de l’autre, pour leur faire atteindre, chacun d’eux, une dimension quasi-mythique.

Chacun a des rites, des codes, des frontières à ne pas franchir, chacun est magnifié par le réalisateur derrière la caméra. La comparaison s’arrête là.

Pour qui ne connait pas Les Sept samouraïs, il s’agit d’un film de 1954 du réalisateur japonais Akira Kurosawa, et mettant en scène sept samouraïs sans maître – des ronins – très différents les uns des autres et venant au secours d’un village attaqué par des brigands :

Ce que j’avais aimé dans ce film, c’était la façon dont était ciselée, sans excès ni caricature, chacune des sept personnalités des samouraïs, ce sur quoi revient évidemment Joan Mellen, et le choc entre deux groupes : ceux qui se battent à pied, avec sabres, bâtons et arcs, et ceux qui combattent à cheval et armes à feu.

Je ne rentrerai pas autant dans les détails de ce livre que je l’ai fait pour celui consacré au Parrain, pour la simple raison que je n’ai vu les Sept samouraïs qu’une fois, et que j’ai dû voir Le Parrain une dizaine de fois.

Il me suffit de dire que Joan Mellen nous transporte elle aussi avec virtuosité dans l’atmosphère du film et de son réalisateur, on y apprend ou on y redécouvre beaucoup de choses sur la culture japonaise, à commencer évidemment par les samouraïs, et on ressort de cette lecture avec à nouveau l’envie de s’émerveiller devant leurs exploits.

Comment comprendre… quand… ?

Je terminerai cet article par la présentation de trois petits livres qui ont, eux aussi, été publiés en janvier 2017. Ces trois livres font partie d’une même collection, aux éditions 404, et ont les mêmes auteurs : Julien Tellouck et Mathias Lavorel.

Il s’agit de : Comprendre les super héros quand on a même pas remarqué que Superman porte son slip par-dessus son collant, Comprendre Star Wars quand on n’a toujours pas compris qui est le père de Luke Skywalker, et Comprendre Game of Thrones quand on n’est pas fan mais que tous nos amis le sont.

capture-decran-2017-02-07-15-27-21

Ces petits ouvrages font entrer le lecteur, avec humour et bienveillance, dans l’univers dont ils traitent, et le néophyte comme le passionné y trouveront leur compte : le néophyte parce qu’il apprendra à enfin décrypter toutes ces références qui l’entourent, le passionné parce que cela lui fera l’effet d’une piqûre de rappel amusante et débridée.

J’ai choisi ces livres, pas parce que je comptais en apprendre plus sur des univers que je connais déjà, mais parce que justement, je savais que je sourirai de ces piqûres de rappel. J’ai d’ailleurs commandé celui sur les super-héros, et un autre consacré aux jeux-vidéos, pour le CDI du lycée, parce que je pense qu’ils peuvent plaire aux élèves.

Ces petits livres, très simples, ne sont pas forcément faits pour être lus d’une traite, on les prend, on les ouvre à une page au hasard, on les repose, on en prend un autre, on les prête, on les lit à voix haute à ses amis.

Ils sont autant propices à la découverte qu’au partage, et ces qualités, c’est bien ce qu’on recherche, et ce que j’ai trouvé durant les cinq lectures évoquées aujourd’hui.

Bonnes lectures et bonnes découvertes à tous, et à bientôt sur Cinéphiledoc !

Janvier 2017 : séances et animations du CDI

Je profite de ce nouvel article, publié un peu en avance au mois de janvier – mais c’est la faute aux vacances de février qui arrivent très vite – pour souhaiter une belle année 2017, cinéphile et numérique, pleine de bonheur et de projets, aux profs docs qui passeraient par là…

J’avais plein de choses prévues au mois de janvier, et je suis très heureuse de pouvoir enfin vous en parler !

Commençons par les séances, qui sont principalement des poursuites de séquences amorcées les mois précédents.

Séances

Comme ces séances, du coup, n’ont pas forcément donné lieu à des publications ou à des modifications, je vais me contenter de les lister rapidement.

Le 6 janvier, j’ai fait 3h de séances d’EMC :

  • 1h avec les 1ère L où, avec mon collègue d’histoire, nous avons repris le thème de la représentation des femmes dans la société (voir le Google Form du mois dernier) et où chaque élève devait intervenir sur la dernière question à l’oral ;
  • 1h avec les 1STMG1 sur le complotisme où ils devaient poursuivre leur travail de recherche sur une théorie du complot (la carte heuristique ci-dessous montre les représentations des élèves en début de séance :

  • 1h avec les 1STMG3 sur l’identité heuristique (le groupe que ma collègue d’histoire et moi n’avions pas encore vu). Dans ce groupe, certains élèves n’ont pas voulu que leur travail soit publié, voici donc un Padlet un peu moins nourri avec tout de même de très belles cartes heuristiques…

https://padlet.com/jfiliol_pro/1stmg3gpe2

Le 7 janvier, j’ai vu un petit groupe d’élèves de seconde, envoyé au CDI par une collègue de français pour une heure de lecture. Je ne suis pas beaucoup intervenue, mais j’ai demandé à la collègue de m’impliquer un peu plus dans ce travail de lecture pour les séances suivantes, ce qu’elle a accepté.

Le 19 et le 20 janvier, j’ai fait 1h de séance en demi-groupe de formation à la recherche auprès d’une nouvelle classe de seconde. Pour ces séances, j’avais voulu modifier mon Google Form – la thématique traitée est toujours celle des Lumières – en ajoutant des captures d’écran et en modifiant l’ordre des recherches afin de faciliter la navigation des élèves.

Voici cette nouvelle mouture :

Enfin, le 20 janvier, j’ai revu les 1STMG3 (groupe 2) pour les faire travailler pendant une heure sur le complotisme. Comme pour les 1STMG1, je suis à nouveau partie d’une carte mentale :

Avant de commencer les travaux de recherche, j’ai demandé aux élèves de faire l’exercice suivant : ouvrir deux pages Google, sur la première taper une recherche neutre (exemple : « Programme Apollo ») et sur la deuxième, ajouter « Complot », le but étant de leur montrer que tout peut être prétexte à complot, et qu’en le cherchant, on finit forcément par le trouver. Ce travail devra être poursuivi durant d’autres séances.

Voilà pour ces quelques séances du mois de janvier…

Expositions

J’ai désinstallé à regret mon calendrier de l’Avent et les décorations de Noël – il faut d’ailleurs que j’enlève mon sapin chez moi… Avec mon collègue aide-documentaliste, nous nous sommes posés la question d’une thématique à proposer aux élèves.

Nous avons choisi la journée de l’amitié franco-allemande, qui reste ce qu’il y a de plus réjouissant dans les commémorations de janvier.

new-piktochart_947_4bafb20207ba6143a2d807781ba7d40cddc2bb67

J’ai donc proposé d’un côté une sélection de documentaires :

img_2557

De l’autre une sélection de fictions d’auteurs germanophones :

img_2558

Ainsi que l’affiche et les QR-codes suivants :

amiti-5c-c3-a9-_817_16487dd7fd81d209039046561807dc9bab0280d5

Nous avons également reçu une commande de la Bibliothèque pour l’école passée au mois de novembre, ce qui a permis d’enrichir le fonds documentaire en nouveautés.

img_2577

Gestion

Parallèlement à ce catalogage de nouveautés, j’ai poursuivi mon travail d’harmonisation des cotes et des notices (un peu) pour le rayon Arts, et (beaucoup) pour le rayon Philosophie.

Je pense d’ailleurs être poursuivie par la philo, qui était également le rayon que j’avais péniblement fait basculer de la CDU à la Dewey quand j’étais stagiaire au lycée… de là à rêver de Platon, Kant et consorts la nuit, il n’y a qu’un pas.

Je profite que je suis dans le chapitre « Gestion » pour revenir sur la répartition des rayons que nous avons adoptée ma collègue et moi. J’ai en charge les rayons 000 (Généralités) 100 (Philosophie) 200 (Religions) 700 (Arts) et 800 (Littérature) – même si le rayon Littérature est partagé entre nous, puisqu’il s’agit vraiment d’un gros morceau.

Pour renouveler le fonds de ces rayons, j’avais commencé avec ma copine @spdocs par partager un Google Doc, mais je me suis dit qu’il serait tout aussi bien de travailler à plus de deux (plus on est de fous) et c’est pourquoi je vous propose le Padlet ci-dessous, où mettre des couvertures de livres, des notices et des liens de suggestions pour renouveler le fonds. Je n’y ai mis pour l’instant que les rayons sur lesquels nous travaillons toutes les deux, mais libre à vous de rajouter des classes de la Dewey qui vous intéressent.

https://padlet.com/jfiliol_pro/ressourcescdi

Préparation de la SPME17

Le 5 janvier, j’ai inscrit le lycée à la Semaine de la presse et des médias à l’école. À cette occasion, j’ai recyclé ma présentation de la SPME que j’avais proposée à mes collègues de collège l’an dernier, et voici ce que j’ai envoyé aux enseignants, en guise d’introduction et afin de les appâter, pour cette année :

Et j’en viens maintenant aux deux gros projets de janvier.

Intervention du collectif OA en « Arts visuels »

Voilà un projet que je prépare depuis début décembre, et que je vous avais annoncé : il a enfin eu lieu.

En effet, début décembre, Léo Paget (comédien, réalisateur, et cousin avec qui je vais de temps en temps voir des expos sur le cinéma), m’avait proposé d’intervenir au lycée pour présenter, avec son équipe, l’un de ces projets.

Du coup, entre la construction du projet, les échanges de mails, et l’intervention en elle-même, ça risque d’être un peu fouillis, donc je vais me concentrer sur l’intervention.

Le 17 janvier, Léo est venu avec 3 personnes de son équipe, le collectif OA, pour présenter pendant 2h son travail aux élèves de l’enseignement d’exploration « Arts visuels ».

Léo Paget (réalisateur / monteur), Carlotta Antonucci (réalisatrice), Laure Barbotte (scripte / scénariste) et Alexandre Coelo (compositeur / acteur) ont participé à la réalisation du court-métrage « Je suis enchanté » présenté au Nikon Film Festival.

Pendant 2h, ils ont raconté aux élèves leur parcours, tous venus du studio Muller, une école de théâtre qui les forme également au jeu face caméra, à l’improvisation, au mime, etc. Avec une dizaine d’autres personnes, ils ont monté le collectif OA, qui leur permet de monter des projets et de se former aux différents métiers du cinéma, et de manière accélérée, ils ont réalisé « Je suis enchanté ».

« Je suis enchanté » dure 2mn20 et condense durant ce temps très court une anecdote poignante et terrifiante de la Seconde guerre mondiale, dont l’atmosphère est très bien reconstituée. L’histoire colle parfaitement à la thématique imposée par le Nikon Festival, à savoir « Je suis une rencontre ».

L’équipe du film a expliqué aux élèves le déroulement d’un tournage, les repérages, les contraintes liées aux lieux, aux budgets, au temps, au scénario. Ils ont évoqué le matériel utilisé, le casting , la promotion du film une fois ce dernier achevé, et enfin en quoi consistait le Nikon Film Festival. Ils ont évidemment montré leur film ainsi que 2 making-of.

Cette intervention a beaucoup plu aux élèves et aux enseignants en charge de l’option, et je profite de cet article pour remercier encore une fois l’équipe pour leur venue, en leur souhaitant le meilleur pour ce festival et pour leurs projets à venir.

Pour voir le film : http://www.festivalnikon.fr/video/2016/533

Page Facebook du collectif OA (avec photos de l’intervention, making-of, etc.) : https://www.facebook.com/oacollectif

Stage « Pratiques innovantes et outils numériques au CDI »

Enfin, the last but not the least, mon mois de janvier était centré autour de deux jours qui m’ont bien accaparée et qui ont nécessité, eux aussi, une bonne préparation durant ces derniers mois.

En effet, depuis l’année dernière, je suis dans le groupe des formateurs DAFPA de l’académie de Versailles pour la documentation. Cependant, l’année dernière, je n’étais encore que « bébé formatrice », je n’animais pas encore de stages. C’est à ce titre que j’avais assisté au stage de Cyril Duquenne « Faire évoluer le CDI, quelles stratégies ? ».

Du coup, en février dernier, j’ai proposé avec ma copine Catherine Besse (@docalfred1) de co-animer (parce que c’est plus sympa) le stage « Pratiques innovantes et outils numériques au CDI », qui a été organisé dans mon lycée les 12 et 13 janvier derniers.

Comme nous avons eu suffisamment d’inscrits, nous pouvons organiser cette année deux sessions : l’une chez moi, au fin fond de l’Essonne, l’autre chez Catherine, en mai, au fin fond du Val d’Oise.

Je ne publie donc pas notre support de formation, j’attends la 2e session. Mais voici quelques tweets qui ont ponctué ces deux journées :

https://storify.com/JFiliol/stage-pratiques-innovantes-et-outils-numeriques-au

Cette première expérience de co-animation a été vraiment un bonheur, j’ai adoré ces deux jours plein de stimulation, d’énergie positive, d’échanges avec une vingtaine de collègues des plus agréables, et tout ça avec Catherine qui partage mon goût pour le numérique, le cinéma de filles, les sushis et les nans au fromage !

Voilà pour ce mois de janvier des plus riches, je vous dis à très bientôt, et encore un bon début d’année à tous !

2016 : Palmarès de lecture

Voici le désormais traditionnel palmarès de mes lectures cinéphiles de l’année écoulée.

Mais avant toute chose, je commencerai par un petit aperçu de ce que j’ai inauguré en 2014 avec l’exposition en hommage à François Truffaut, et de ce que j’ai poursuivi cette année avec la visite de Chaplin’s wolrd : la visite d’une exposition en lien avec le cinéma.

En cette fin d’année, il s’agit de l’une des expositions de la saison 2016-2017 de la Cinémathèque française : « De Méliès à la 3D : la machine Cinéma ».

Avant…

Je ne résiste pas à un petit panel d’impressions parisiennes avant la visite de cette exposition : promenade entre Saint-Michel et Notre-Dame, arrêt à Shakespeare and Co, librairie et salon de thé à l’ambiance feutrée et bibliophile (voir ci-dessous), et déjeuner au Marcello, un petit restaurant italien très sympa presque en face de la Cinémathèque française, qui loge dans l’ex American Center construit par l’architecte Frank Gehry, au 51 rue de Bercy.

Pendant « De Méliès à la 3D »

J’ai déjà dit à quel point j’appréciais les expositions de la Cinémathèque française, le jeu subtil entre le son, l’image, les objets et les textes (ici peu présents). Je le redis encore une fois.

Le commissaire de l’exposition est Laurent Mannoni, auteur du passionnant ouvrage sur L’Histoire de la Cinémathèque française, et directeur scientifique du patrimoine de la Cinémathèque française (en gros, c’est lui qui s’occupe de tous ces objets fascinants que l’on découvre au fil de cette exposition : caméra, praxinoscope, mais aussi des lanternes magiques… toute l’archéologie du cinéma en somme).

C’est un passionné à l’œuvre et on le ressent dans toute cette exposition : cela lui fait plaisir de montrer tous ces monstres de machines aux visiteurs, de les faire fonctionner sous nos yeux et de nous faire ressortir de là émerveillés.

dsc_0418

Comme pour chacune des expositions de la Cinémathèque, on commence par des affiches, et une entrée, on a l’impression d’entrer au cinéma, ou plutôt d’entre « en cinéma », comme on entre en religion, et l’on va vagabonder parmi ce foisonnement d’objets de culte laïque…

dsc_0419

Tout y est : de l’invention la plus ancienne d’Edison, le kinétoscope (savoureusement désignée sous le nom de « the latest Edison ») aux caméras les plus modernes, aux projections 3D et de réalité virtuelle, en passant par les gigantesques hauts parleurs, le plateau de tournage reconstitué de Marcel Carné, et par la fameuse Steadicam chère à Stanley Kubrick.

L’expérience de réalité virtuelle sur laquelle se conclut l’exposition, avec le Kinoscope, est absolument merveilleuse : le film proposé pour l’occasion est un petit chef d’œuvre de poésie et de magie.

Évidemment, il vaut mieux avoir le Cardboard pour pouvoir visionner cette vidéo dans les meilleures conditions, mais j’ai tout de même voulu en garder une trace…

Après…

Je n’ai pas acheté le catalogue de l’exposition, certes très beau, mais je commence à manquer de place dans mes étagères…

J’ai néanmoins flashé sur ce qui est mon dernier coup de cœur de l’année 2016, une perle aux éditions Taschen, comme les archives Kubrick dans mon précédent article : Muybridge. The Human and Animal Locomotion Photographs.

Petit résumé de cet ouvrage, composé en majorité de planches d’images qui décomposent le mouvement :

Le photographe anglais Eadweard Muybridge (1830-1904) fut un pionnier de l’observation visuelle du mouvement des hommes et des animaux. En 1872, il aida notoirement l’ancien gouverneur de Californie, Leland Stanford, à mettre fin à une polémique en photographiant un cheval au galop. Muybridge avait inventé un système complexe d’obturateurs simultanés permettant d’obtenir des arrêts sur image, et de prouver par-là pour la première fois de manière irréfutable qu’un cheval au galop décolle ses quatre sabots du sol pendant une fraction de seconde.

Après cette exposition, j’ai visité pour la énième le musée du cinéma, où était installée durant cette période une exposition temporaire consacrée au cinéma japonais.

Voilà pour cette jolie petite sortie cinéphile, j’en profite pour remercier Léo Paget, comédien, réalisateur et cousin de son état, de m’y avoir accompagné, passons maintenant au palmarès 2016.

Palmarès 2016

D’abord un point rapide :

J’ai lu cette année 14 livres exclusivement consacrés à l’univers du cinéma et des séries télévisées.

Sur ces 14, trois étaient consacrés à un film en particulier, trois autres à un réalisateur, deux à un acteur, deux évoquaient un aspect précis du cinéma, deux autres un aspect précis des séries télévisées.

L’avant dernier évoquait tant d’aspects du cinéma qu’il n’entre dans aucune des catégories précédentes… Quant au dernier, inclassable lui aussi, il l’était, mais moins par les sujets qu’il abordait que par sa manière de les aborder.

Sur ces quatorze lectures, je n’ai rien à redire, et je n’ai passé avec elles que de bons moments, mais il y en a tout de même certaines qui m’ont marquée plus que d’autres et qui figureront dans ce palmarès.

Catégories « sériephile / sérievore »

Évidemment, dans cette catégorie, les deux livres précédemment cités, et qui m’ont autant plu l’un que l’autre, à savoir :

  • Rêves et séries américaines de Sarah Hatchuel, autant pour le sujet du livre, captivant, pour l’auteur, des plus érudites et nous faisant remémorer des scènes de films et de séries télévisées où les personnages ne cessent de vaciller entre rêves et réalité, et nous entre réalités et fictions… Mais aussi parce que le livre promettait presque un contenu numérique (sites Web, vidéos sur YouTube) que j’aurais aimé plus accessible et plus ambitieux, mais tout de même alléchant…

recto_séries

Catégorie « films et réalisateurs »

Dans cette catégorie, à laquelle 6 livres pourraient appartenir, je choisis de n’en retenir que deux.

Certes, j’ai beaucoup aimé le récit du tournage de La Grande Vadrouille, et j’ai aimé réfléchir sur différents aspects de Shining et de Alien qui m’avait échappé (dans la même collection de ces deux petits ouvrages, j’attends d’ailleurs toujours la sortie de ceux consacrés respectivement au Parrain et aux Sept samouraïs)… mais là encore, deux livres m’ont particulièrement marquée.

  • Le premier est une lecture encore relativement récente : Les Archives Stanley Kubrick aux éditions Taschen, et déjà mentionné au début de cet article, puisque j’ai trouvé à la Cinémathèque une autre pépite de ces éditions. J’ai apprécié cette lecture moins pour son contenu que pour le fait que Taschen faisait la démarche de mettre à la portée de (pratiquement) toutes les bourses quelque chose d’aussi riche et d’aussi beau visuellement.

  • Le deuxième est un petit échantillon de ce qu’aura été pour moi l’année 2016, à savoir une année Chaplin : la lecture du dernier projet de Chaplin, The Freak, m’a permis de prolonger le bonheur suscité par la visite de Chaplin’s world. Ce livre, qui se lit comme un roman, est l’un des plus beaux hommages qu’on pourrait rendre à ce cinéaste, un joyau d’écriture et de recherche, et que je n’hésite pas à placer parmi mes plus belles expériences de 2016.

Catégorie « écrire au cinéma / écrire le cinéma »

Pour cette dernière catégorie, deux ouvrages qui mêlent avec virtuosité écriture et cinéma.

  • Le premier, Les Écrivains du 7e art, de Frédéric Mercier, explore les relations tumultueuses entre les écrivains et le cinéma : expériences ratées, projets avortés ou méconnus, ambitions déçues… dans un voyage ouvert sur, peut-être une nouvelle exploration…

9782840496953

  • Enfin, ultime sélection de ce palmarès 2016, Les Fantômes du souvenir de Serge Toubiana, qui remet à l’honneur le prix de la « madeleine de Proust » que j’avais accordée en 2013 à l’ouvrage de Jean-Pierre Pagliano sur Le Roi et l’Oiseau. C’est l’impression que suscitent en moi de tels ouvrages, qui respirent l’enfance, la nostalgie, les paradis perdus (et retrouvés), les images en mouvement qu’on aperçoit un jour et qui restent gravées en nous, et les rencontres, forcément belles, avec les films et avec les êtres… qui nous font rêver et espérer.

Et c’est sur cette note d’espoir que je clos ce palmarès, vous souhaitant pour 2017 toute la douceur, toute la sérénité, et, pour plagier Serge Toubiana, toute la mémoire du monde…

Page 45 sur 97

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén