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50 ans et pas une ride

Pour ce compte-rendu de lecture du mois d’octobre, j’ai cédé à la tentation d’évoquer un souvenir cinématographique presque unanimement partagé, avec, je l’espère, un peu de légèreté et beaucoup d’humour.

Quatre questions en introduction…

Avant d’entrer dans le vif du sujet, petit questionnaire, auquel je vous propose, si vous le souhaitez, de répondre en commentaire.

  1. Quel film vous fait le plus rire ?
  2. Quel film vous fait non seulement le plus rire, mais vous fera rire à nouveau à chaque fois que vous le reverrez ?
  3. Lorsque vous en parlez, de quel film ne pouvez-vous pas choisir une seule scène et dire « c’est celle que je préfère », avant de vous raviser à coup de « Non celle-ci, ou plutôt non, celle-là » ?
  4. Enfin, quel film pouvez-vous voir et revoir au gré de ses rediffusions même si vous en possédez une copie dans votre DVDthèque ?

Vous me répondrez sans doute, pour chaque personne, une réponse différente, et moi-même je serai capable de donner chaque jour une réponse différente (sachant qu’à ce questionnaire, je pourrais aussi bien répondre « la série Kaamelott », ou « les films Mon petit doigt m’a dit ou Le Crime est notre affaire).

Mais je pense tout de même qu’avec une certaine régularité, je tomberai sur un film avec De Funès, et, toujours avec régularité, sur La Grande Vadrouille.

Souvenirs cinématographiques de La Grande Vadrouille

Je ne sais plus si j’ai déjà parlé de La Grande Vadrouille sur ce blog, j’ai dû inévitablement mentionner ce film lorsque j’ai parlé il y a quelques années des dictionnaires thématiques, dont celui consacré à De Funès, et j’ai dû  l’évoquer au moment du décès de Marie Dubois, inoubliable Juliette qui recueille Augustin et Peter Cunningham poursuivis par les allemands.

Je saute donc sur l’occasion – 50 ans, c’est trop beau – et m’attarde quelques instants sur mes souvenirs de La Grande Vadrouille.

Tout d’abord, je ne me souviens absolument pas de la première fois où j’ai vu ce film. Je me souviens de mes premiers Chaplin, de La Nuit américaine, de mes premiers Bogart et Bacall, ou encore du Roi et l’oiseau ou de ma première vision époustouflée de Barry Lindon

Je n’ai aucun souvenir de ma première Grande Vadrouille. Par contre, assez facilement, je dirai que depuis cette première rencontre, j’ai eu l’impression toujours d’être accompagnée par ce film, et de ressentir ce même plaisir, cette même joie, à chacune de nos retrouvailles. La Grande Vadrouille peut ainsi répondre à mes deux premières questions ci-dessus, et également à la quatrième.

Enfin, pour ce qui est des scènes cultes, il est vrai que j’ai bien du mal à me décider, même si la mélomane en moi retiendra évidemment la scène de l’opéra avec De Funès en chef d’orchestre… L’amateur d’absurde se souviendra le rire aux lèvres de l’interrogatoire « De moi vous osez vous foutez ». Le nostalgique retiendra la première rencontre (dans le film, puisqu’ils avaient tourné avant Le Corniaud) entre Bourvil et De Funès :

J’ai également une tendresse particulière pour les scènes aux hospices de Beaune, en particulier celle-ci :

car elle me rappelle Caradoc dans Kaamelott, et ses obsessions culinaires « Le gras c’est la vie », et l’extrait qui suit immédiatement « Dites trente trois, trente trois. – Thirty three, thirty three »…

Bref, c’est avec bonheur, et facilité, que j’ai décidé de ma lecture du mois de septembre, à savoir un livre sorti à l’occasion du cinquantième anniversaire de ce phénomène cinématographique.

Les 50 ans de La Grande Vadrouille

L’ouvrage est sorti, très opportunément, en septembre 2016 : il s’agit de Sur la route de La Grande Vadrouille : les coulisses du tournage, un livre de Vincent Chapeau, préfacé par Danièle Thompson, et sorti aux éditions Hors Collection.

On le présente comme une « édition spéciale 50 ans du film », de 144 pages.

Néanmoins, et c’est là que j’ai cédé à la facilité, ce n’est ni sous cette couverture, ni avec ce nombre de pages que je connais ce livre, mais dans une précédente édition de 2004, celle-ci de 112 pages… j’ignore donc tout des 32 pages supplémentaires, j’essaierai d’y jeter un oeil pour un éventuel addendum !

Voici le livre tel que je le connais, et tel que je l’ai trouvé à l’office de tourisme de Meursault, lors d’un petit séjour des plus sympathiques en Bourgogne il doit y avoir trois ou quatre ans.

Après la préface de Danièle Thompson, et une brève introduction de l’auteur, ce dernier revient en quelques pages sur la genèse de La Grande Vadrouille, depuis le succès du Corniaud en 1965 jusqu’aux démarches de financement, en passant par l’écriture du scénario et les repérages.

Puis le lecteur est embarqué sur un tournage qui débute à Vézelay le 15 mai 1966, pour s’achever le 12 septembre dans un train aux abords de Paris, où un parachutiste anglais s’excuse par mégarde dans sa langue maternelle auprès d’un officier SS. S’ensuivent deux mois de post-production, avant une sortie triomphale en décembre 1966.

S’il n’était peut-être pas de bonne humeur en ouvrant le livre de Vincent Chapeau, parce que les jours raccourcissent, parce que les températures baissent, parce que… parce que… parce que… ce même lecteur va vite se rendre compte que la bonne humeur, l’euphorie, l’humour n’étaient pas que dans le scénario, et sont contagieux.

Il va suivre les comédiens parmi les plus célèbres du cinéma français des années 60-70, et toute une équipe de cascadeurs, décorateurs, figurants, d’abord dans une ambiance bourguignonne festive, entre Meursault, Beaune et Vézelay, puis dans le Cantal, pour enfin se faufiler dans la fourmilière des studios de Boulogne-Billancourt.

Le livre de Vincent Chapeau se déguste comme un bon repas – entrée, plat, dessert – servi avec une bonne bouteille : photos, documents d’archive, lettres, extraits du scénario, repérages géographiques, et évidemment, anecdotes.

Bons repas, bonne humeur et anecdotes de tournage

Comme je l’ai dit plus haut, le périple commence en Bourgogne, et on suit avec délectation les journées de tournage qui s’achèvent soit en dégustations de repas gastronomiques (et autres escargots), soit en visites de caves de la région.

On y attend Bourvil oublié sur la départementale à la fin de la journée par le régisseur, on y observe De Funès faire ses emplettes en verres à vin.

On assiste à des accueils d’habitants toujours fébriles et enthousiastes, à un tournage où chacun des deux larrons émerveillent par leur talent comique, Bourvil toujours chantonnant et de bonne humeur, et qui s’applique à dérider un De Funès taciturne en l’appelant « mon petit poussin »…

Évidemment il y a ce qu’on connait, les anecdotes dont on a forcément entendu parler et qu’on relit avec plaisir, et puis il y a les choses que l’on apprend – ou plutôt que j’ai apprises :

Pêle-mêle :

  • les répétitions harassantes de De Funès pour faire un bon chef d’orchestre,
  • la colère de Terry Thomas à l’idée de devoir tourner une prise supplémentaire dans les eaux froides du zoo de Vincennes,
  • la mort de Gil Delamare, roi des cascadeurs, au beau milieu du tournage, mais sur un autre tournage,
  • les visites de Michèle Morgan à Gérard Oury d’un plateau à l’autre des studios de Billancourt,
  • les difficultés et les tractations pour réussir à tourner dans l’Opéra Garnier,
  • les reconstitutions en studio de la loge présidentielle de l’opéra, des égouts de Paris, des chambres de l’hôtel du globe,
  • le trac de Marie Dubois pour son premier jour de tournage,
  • l’estime et le respect mutuels, et communicatifs, d’un réalisateur et de ses deux acteurs principaux

Le tout suscite en nous, à la lecture de ce livre, une pêche incroyable. On est heureux d’observer ces coulisses, d’assister à ce bonheur, parfois mêlé évidemment d’angoisses professionnelles et d’incertitudes, et on se sent privilégié de pouvoir le faire. Les plus âgés (et pour le coup les plus chanceux) d’entre nous, se rappelleront à cette lecture la sortie en salles de La Grande Vadrouille.

Je me contenterai, personnellement, de tenter une nouvelle fois de me souvenir de la première fois, de la première fois où j’ai vu un bombardier anglais traverser l’écran, se croyant au-dessus de Calais et apercevant la Tour Eiffel. De la première fois où j’ai vu De Funès diriger Faust, de la première fois où j’ai vu Bourvil repeindre une façade.

Et je me souviendrai aussi de tous les films suivants, des uns et des autres. Du Cercle rouge pour l’un, de La Folie des grandeurs pour l’autre…

Et je garderai en mémoire l’impression ultime que m’a laissée ce livre, celle de feuilleter un album de famille, entourée par des êtres exceptionnels par leur talent, leur richesse, leur douceur et leur simplicité.

Et je remercierai, encore une fois, La Grande vadrouille d’exister.

Hors-série 4 : D’amour et d’étoiles. Katharine Hepburn / Spencer Tracy

Voici déjà le quatrième et dernier hors-série de l’été sur Cinéphiledoc.

hepburn tracy

Après un couple hollywoodien, Lauren Bacall et Humphrey Bogart, et deux couples du cinéma français, Alain Delon et Romy Schneider, Yves Montand et Simone Signoret, il est temps de refermer cette parenthèse estivale par un autre couple hollywoodien : Katharine Hepburn et Spencer Tracy.

Pour Bacall et Bogart et Montand et Signoret, je connaissais aussi bien l’un des éléments du couple que l’autre, même si pour ces derniers, je les avais plus souvent admirés séparément que réunis.

Delon et Romy et Hepburn et Tracy n’ont rien de comparable, si ce n’est que, dans les deux cas, la filmographie féminine m’est beaucoup plus familière. Je ne connais de Spencer Tracy que les films où il a joué avec Katharine Hepburn, et qui sont véritablement un régal de comédie et d’émotions.

Mais reprenons, pour la dernière fois, notre chemin habituel :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Katharine Hepburn et Spencer Tracy

Katharine Hepburn, née en 1907 et décédée en 2003, est l’une des plus grandes stars hollywoodiennes, à la longévité incroyable à l’écran, au record inégalé de 4 Oscars et à un tempérament de feu. C’est une comédienne d’une fantaisie et d’un humour irrésistible, à découvrir dans les cinq films que je vous propose ci-dessous (liste évidemment non exhaustive) :

  1. Sylvia Scarlett (1935) de George Cukor, avec Cary Grant
  2. L’Impossible Monsieur Bébé – Bringing up Baby (1938) de Howard Hawks, avec Cary Grant
  3. Indiscrétions – The Philadelphia Story (1940) de George Cukor, toujours avec Cary Grant mais aussi James Stewart
  4. The African Queen (1951) de John Huston, avec Humphrey Bogart (voir plus bas)
  5. La Maison du Lac – On Golden Pond (1981) de Mark Rydell avec Henry Fonda et Jane Fonda

Et c’est aussi une comédienne dont même les films que je n’ai pas encore pu voir me font envie, par exemple : Les Quatre filles du Docteur March, de Cukor, dans lequel elle joue Jo ; Marie Stuart, de John Ford, Le Lion en hiver, d’Anthony Harvey, où elle joue Aliénor d’Aquitaine face à Anthony Hopkins, ou encore Une bible et un fusil, un western où elle partage l’affiche avec John Wayne.

Spencer Tracy est également une immense star hollywoodienne, né en 1900 et décédé en 1967, que j’avoue beaucoup moins bien connaître que sa compagne. Hormis les films qu’il a tournés avec elle, je sais simplement que c’était un acteur d’une grande modestie et d’une grande simplicité, et l’un des plus proches amis d’Humphrey Bogart.

Hepburn et Tracy se sont rencontrés sur le tournage de La Femme de l’année (je ne résiste pas à reprendre le récit de leur première rencontre) :

Lors de leur première rencontre, elle s’écria : « Oh, Monsieur Tracy, mais je suis vraiment trop grande pour vous ! » À quoi Tracy répliqua : « Ce n’est pas grave, ma chère, j’aurai vite fait de vous rendre votre vraie dimension. »

Avec La Femme de l’année, sorti en 1942, ils ont partagé l’affiche de neuf films jusqu’en 1967, au décès de Tracy : La Flamme sacrée, Sans Amour, Le Maître de la prairie, L’Enjeu, Madame porte la culotte, Mademoiselle Gagne-Tout, Une Femme de tête, et Devine qui vient dîner ?

Quatre films pour Bacall et Bogart, trois pour Delon et Romy, cinq pour Montand et Signoret, et donc neuf films pour Hepburn et Tracy.

Sur ces neuf films, j’en ai vu trois, le premier, La Femme de l’année, Madame porte la culotte, et le dernier, Devine qui vient dîner ? Tous trois excellents, drôles et émouvants, à l’image de leurs acteurs.

Réunis dans un livre ?

Dans ma bibliothèque, je ne dispose d’aucun livre réunissant, encore une fois, ce couple mythique.

Sur Internet, je n’ai trouvé trace que de deux ouvrages. Le premier a été publié dans les années 70, du vivant donc de Katharine Hepburn, mais évidemment disponible aujourd’hui uniquement d’occasion. Il s’agit de Spencer Tracy et Katharine Hepburn : les amants terribles de Hollywood, de Kanin Garson, publié en français en 1974 (l’édition anglaise date de 1970 et avait pour titre : Tracy and Hepburn : An Intimate Memoir).

Le second a été publié en 2013, uniquement en anglais : Spencer Tracy and Katharine Hepburn : Hollywood’s most famous couple, by Charles Rivers Editors.

Sur Internet, je n’ai rien trouvé d’autres, hormis les articles habituels qui reviennent sur leur histoire, et sur cette vidéo :

Séparément maintenant.

Côté Tracy ?

Je commencerai par Spencer Tracy, assez rapidement, malheureusement, puisque je le connais assez mal.

En ce qui concerne les livres, on ne peut pas dire que Tracy soit des plus chanceux en la matière : je n’ai trouvé aucun livre en français, biographie ou album, qui lui soit consacré.

Et pourtant, il y a eu récemment plusieurs publications outre-Atlantique, la plupart entre 2011 et 2016, et la plus notable semblant être une biographie de James Curtis, Spencer Tracy, paru chez Arrow en 2012, et comptant plus de 1000 pages.

Le personnage semble des plus passionnants, et il est regrettable que, justement, on ne nous le fasse pas mieux connaître…

Il faut donc chercher ailleurs pour en apprendre davantage sur Spencer Tracy.

L’article français de Wikipédia est assez concis :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tracy

L’article anglais en revanche est beaucoup plus riche :

https://en.wikipedia.org/wiki/Spencer_Tracy

Pas de site internet qui lui soit entièrement consacré, en revanche, j’ai trouvé cette vidéo hommage, par Burt Reynolds :

ainsi qu’une biographie en vidéo, dont voici la 1ère partie :

Quant à son jeu d’acteur, je ne me souviens pas d’une scène qui m’ait plus marquée que celle de Devine qui vient dîner ?, film sur lequel je reviendrai dans un moment :

Voilà pour le grand Spencer Tracy. Passons à la non moins grande (en tout cas au cinéma) Katharine Hepburn.

Côté Hepburn ?

Katharine Hepburn a suscité davantage de littérature, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

Elle a elle-même publié un premier livre en 1988 sur le tournage de The African Queen, de John Huston, film mentionné plus haut et dans lequel est partage l’affiche avec Humphrey Bogart.

Le titre parle de lui-même et donne le ton : African Queen ou Comment je suis allée en Afrique avec Bogart, Bacall et Huston et faillis perdre la raison [« The Making of The African Queen »].

La brochure qui accompagne mon DVD de l’African Queen parle de l’ouvrage d’Hepburn comme d’un récit de tournage « exceptionnel par sa liberté de ton et sa sincérité », mais il ne le cite que très peu, malheureusement.

Cette vidéo revient sur le tournage de ce film, durant lequel Bogart et Huston ont échappé à la dysenterie en ne buvant que du whisky…

Mais Katharine Hepburn ne s’est pas arrêté à publier ses souvenirs de tournage.

Elle a également publié son autobiographie, Moi, Histoires de ma vie, parue en 1993, ainsi qu’un livre de souvenirs, Appelez-moi Kate : confidences de Katharine Hepburn, sorti en 2004 chez Robert Laffont.

Je ne dispose malheureusement ni de l’un, ni de l’autre.

De nombreuses biographies lui ont été consacrées au fil des années : une en 2007, une en 2012, deux en 2016…

Les deux seuls livres qui figurent dans ma bibliothèque sont :

  • un album de Taschen dans la collection Movie Icons, Katharine Hepburn, publié en 2007 ;

  • un beau livre, Katharine Hepburn : les images d’une vie, de Pierre-Henri Verlhac, publié en 2009 aux éditions Verlhac, justement.

Les deux ont le mérite de rendre justice à cette immense star, page après page.

Et sur Internet ?

Là encore, un article français sur Wikipédia un peu concis :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Katharine_Hepburn

Un article anglais bien plus riche :

https://en.wikipedia.org/wiki/Katharine_Hepburn

d’autant qu’il cite dans ses sources une exposition virtuelle consacrée à Katharine Hepburn par la National Portrait Gallery de Washington :

http://www.npg.si.edu/exhibit/hepburn/

Pas de site dédié par contre.

Dans les vidéos, celle que je souhaitais surtout retrouver était, encore une fois, celle d’un documentaire où elle évoquait elle-même sa carrière et sa vie. J’ai trouvé quelque chose d’approchant, même si je ne suis pas totalement sûre que ce soit ce dont il s’agissait :

J’ai également trouvé l’équivalent de l’hommage à Tracy par Burt Reynolds, une vidéo hommage de TCM, avec Anthony Hopkins :

Mais n’oublions pas que Katharine Hepburn est l’une des rares légendes de Hollywood (si l’on excepte bien-sûr Marilyn) a avoir déjà été incarnée au cinéma… mais pas par n’importe qui, ni dans n’importe quel film : par Cate Blanchett, dans Aviator, de Martin Scorsese :

À voir et à revoir pour qui aime le cinéma, les films de Scorsese, Di Caprio, et évidemment, Cate Blanchett…

Terminons à présent ce dernier hors-série de l’été.

Un film avec Hepburn et Tracy

J’aurais pu citer les deux films par lesquels je les ai connus, deux comédies d’une fabuleuse drôlerie, La Femme de l’année et Madame porte la culotte, où Hepburn joue à merveille les femmes indépendantes et modernes, mais agaçantes, et où Tracy joue, déjà, les ours mal léchés avec le cœur sur la main.

Mais le film que je retiens aujourd’hui, je ne le retiens pas seulement pour Hepburn et Tracy, je le retiens aussi pour Sidney Poitier.

Dans ce film, Devine qui vient dîner ?, une jeune femme vient présenter son futur époux à ses parents. Il est noir, elle est blanche, et les deux familles vont se confronter :

Voilà pour ce dernier hors-série de l’été.

Pour les cinéphiles, rendez-vous fin août ou début septembre pour le prochain compte-rendu de lecture.

Pour les docs, je vous présenterai quelques ressources, réflexions, ainsi que mon nouvel établissement dans l’article de fin septembre.

D’ici là, bonne fin de vacances à tous et à bientôt.

Hors-série 3 : D’amours et d’étoiles. Yves Montand / Simone Signoret

Pour ce troisième hors-série de l’été, c’est à nouveau à un couple du cinéma français que je m’intéresse, même si leurs carrières respectives sont loin de s’être cantonnées aux frontières de l’hexagone.

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Et pour cause, Signoret et Montand sont au cinéma ce que Sartre et Beauvoir sont à la philosophie.

Pourtant, je ne dirais pas cette fois-ci que je connais beaucoup mieux l’un ou l’autre… disons que je les connais beaucoup mieux séparés que réunis au cinéma.

Et pour ce qui est de mon capital sympathie, celui-ci est beaucoup plus détendu que pour mon article précédent. C’est donc parti pour Montand et Signoret.

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Yves Montand et Simone Signoret

Yves Montand est né en 1921. D’une famille italienne installée à Marseille, il y commence sa carrière en 1938 avant de monter à Paris en 1944. Il triomphe grâce au soutien de Piaf, dont il a fait d’abord les premières parties, et avec qui il débute au cinéma dans Étoiles sans lumière en 1945. Séparé de Piaf en 1947, il rencontre Simone Signoret en 1949 et l’épouse en 1951.

De Montand, j’ai d’abord entendu les chansons avant de savoir qu’il était acteur. J’ai été bercée dans une famille où l’on écoutait Brassens et Gainsbourg surtout, mais aussi Brel, Barbara, Piaf, Gréco et aussi Montand. J’ai connu Montand par Les Feuilles mortes, À Paris, Grands boulevards, La bicyclette, ou Au Kabaret de la dernière chance

Simone Signoret est également née en 1921. Elle débute au cinéma en 1941, apparaît comme figurante puis dans des petits rôles, obtient le succès avec Macadam (1946) et Dédée d’Anvers (1947), puis la consécration avec Casque d’or (1951).

De Signoret, mon souvenir le plus ancien, c’est celui de Mathilde dans L’Armée des ombres, un film sur la résistance pendant la Seconde guerre mondiale, d’une beauté et d’une tristesse bouleversantes.

Petit aparté avant de parler de Signoret et Montand au cinéma. Comme je l’ai indiqué, je les connais mieux au cinéma séparément que réunis. Voici donc pour chacun cinq films dans lesquels je les ai particulièrement aimés et que je vous recommande.

  • Montand
  1. Z (1969), de Costa-Gavras
  2. Le Cercle rouge (1970), de Jean-Pierre Melville
  3. La Folie des grandeurs (1971), de Gérard Oury
  4. César et Rosalie (1972), de Claude Sautet
  5. Trois places pour le 26 (1988), de Jacques Demy
  • Signoret
  1. La Ronde (1950), de Max Ophüls
  2. Les Diaboliques (1954), de Henri-Georges Clouzot
  3. L’Armée des ombres (1969), de Jean-Pierre Melville
  4. Le Chat (1971), de Pierre Granier-Deferre
  5. L’Étoile du nord (1982), de Pierre Granier-Deferre

Et ensemble, qu’est-ce que ça donne ? 5 films où ils partagent l’affiche, plus ou moins étroitement.

Un premier film en 1957, Les Sorcières de Salem, librement adapté de la pièce de théâtre éponyme d’Arthur Miller, avec un scénario de Jean-Paul Sartre. La pièce s’appuie sur le procès en sorcellerie s’étant déroulé à Salem (Massachusetts) en 1692 pour dénoncer indirectement le maccarthysme.

Ils jouent dans un deuxième film en 1965, Compartiment tueurs, de Costa-Gavras. Ils apparaissent ensuite tous les deux à l’affiche de Paris brûle-t-il ? de René Clément en 1966.

En 1970, le même Costa-Gavras les réunit dans L’Aveu, adapté du livre d’Artur London. À Prague, en 1951, un responsable du régime communiste tchécoslovaque est accusé d’espionnage et arrêté. Ses geôliers veulent lui faire avouer des crimes qu’il n’a pas commis, lui font subir tortures et privations, avant de le pousser à réciter des aveux appris par cœur devant un tribunal.

C’est à ce jour, avec Paris brûle-t-il ?, le seul film réunissant Montand et Signoret, que j’ai pu voir.

Leur dernière collaboration a lieu en 1976, avec Police Python 357 d’Alain Corneau.

Réunis dans un livre ?

Le seul livre les réunissant que je connaisse et que j’ai eu le plaisir de feuilleter est un ouvrage de Pierre Lherminier publié en 2005 aux éditions Ramsay dans la collection Ramsay Cinéma : Signoret Montand : Deux vies dans le siècle.

Montand Signoret, qui n’a malheureusement pas été réédité, est un beau livre abondamment illustré, et qui tente de couvrir toutes les facettes de ces deux carrières incroyablement riches : la chanson pour Montand, le cinéma français et international pour les deux, l’écriture pour Signoret, et l’engagement politique, également pour les deux.

À noter que durant mes recherches sur des ouvrages qui seraient consacrés à ces deux monstres sacrés, j’ai trouvé mention d’un livre de la même collection que celle mentionnée dans le premier hors-série : Les couples célèbres des éditions Solar. Un livre très logiquement nommé Yves Montand, Simone Signoret : une passion engagée, et publié en 2001 sous la plume de Nathalie Grzescak.

C’est aussi le seul couple pour l’instant pour lequel j’ai trouvé une vidéo de l’INA : http://www.ina.fr/video/CPF86634410

ainsi qu’un article sur le site de la ville de Saint-Paul de Vence.

Séparément maintenant.

Côté Montand ?

Malheureusement, je n’ai aucun livre dans ma bibliothèque sur Montand… juste le souvenir quand j’étais petite d’un documentaire qui lui était consacré, et qui avait été religieusement enregistré sur vidéocassette : « Monsieur Montand ».

Sauf erreur de ma part, il n’a jamais écrit d’autobiographie, mais j’ai trouvé trace d’un livre publié en 2001 aux éditions du Seuil : Montand raconte Montand, dont voici la description :

MONTAND NOUS A RACONTÉ SA VIE, DE L’AUTOMNE 1988 A L’ÉTÉ 1990. De la maison d’Auteuil à Saint-Paul-de-Vence, nous avons enregistré des dizaines et des dizaines d’heures d’entretien, recueilli la plus longue interview dont puissent rêver des auteurs en quête de leur personnage. Nous travaillions avec méthode, balisant les grandes parties : Piaf et Paris, Simone et Saint-Paul, Marilyn et Hollywood, Khrouchtchev et Moscou. Montand se pliait volontiers au jeu mais s’évadait sans cesse de ce carcan que nous souhaitions lui imposer. C’est un conteur. Il ne raconte pas, il joue, il met en scène, fait revivre les situations. Il ne reste pas assis devant le micro mais déambule en tous sens, gesticule, mime.

Sans doute ces entretiens seront-ils repris dans la publication annoncée pour octobre 2016 par les éditions Nouveau Monde : Montand par Montand.

Quant aux biographies et aux évocations, il y en a pléthore : depuis les souvenirs de Signoret et de sa fille Catherine Allégret, les Lettres à Montand publiées par Carole Amiel, sa dernière compagne, jusqu’aux publications régulières qui lui sont consacrés.

Sur internet, un site lui ai consacré :

http://www.yves-montand-site-officiel.com/

L’article sur Wikipédia semble également assez complet :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Montand

Quant aux vidéos, je ne résiste pas à la tentation de citer une quasi source primaire, avec le film Trois places pour le 26 de Jacques Demy, dans lequel il joue (presque) son propre rôle :

Et j’en reviens toujours à mon inévitable Blow Up :

Passons maintenant à Simone…

Côté Signoret ?

Ma bibliothèque est d’un seul coup bien plus riche, héritage familial d’une admiration profonde vouée à Signoret.

J’y trouve évidemment ses mémoires, d’une qualité d’écriture incomparable et que je recommande vivement : La Nostalgie n’est plus ce qu’elle était, toujours disponible dans une réédition de 2010 chez Seuil.

J’y trouve également l’ouvrage de sa fille, Catherine Allégret, Les Souvenirs et les regrets aussi, publié en 1994 aux éditions Fixot, mais depuis uniquement disponible d’occasion.

Et puis, trois autres livres (ou plutôt deux), le meilleur d’entre eux étant une biographie d’Emmanuelle Guilcher, Signoret, une vie, parue en 2005 aux éditions Privé, et rééditée en 2010 aux éditions Michel Lafon. Curieusement j’ai les deux éditions dans ma bibliothèque, allez savoir pourquoi…

Sans doute ai-je pensé, suite à la lecture captivante de la première édition que la deuxième était un ouvrage totalement différent, qui abordait un tout autre angle, et je n’ai pas pris la peine de vérifier qu’il s’agissait du même texte. Les deux livres sont donc côte à côte dans ma bibliothèque, et je n’ai jamais songé à me défaire de l’un ou de l’autre…

Enfin le dernier livre en ma possession est Simone Signoret : entre gloire et nostalgie, de Christian Dureau, publié en 2011 aux éditions Carpentier. Il s’agit d’un petit album plutôt sympathique, qui retrace la carrière de Signoret, depuis son nom de ville, Simone Kaminker, et à travers tous les personnages marquants qu’elle a incarné à l’écran : Dédée d’Anvers, Casque d’Or, Mathilde dans L’Armée des ombres

Et sur internet ?

À nouveau, pas de site officiel (à croire que décidément, de ce côté-là, les hommes sont bien mieux lotis que les femmes, si l’on excepte évidemment les sites dégoulinants d’admiration et de bonne volonté gérés par les fans…).

L’article de Wikipédia est correct mais semble perfectible, c’est du moins ainsi qu’il est évalué sur le site :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Signoret

Plus de chances en vidéo, lorsque l’on fait une recherche sur YouTube, même si cette fois, je ne peux pas appeler Blow Up à mon secours…

https://www.youtube.com/results?search_query=simone+signoret

Parmi ces résultats, j’en ai retenu un, où elle évoque elle-même sa carrière :

Un film avec Montand et Signoret

Comme je l’ai souligné plus haut, l’un des seuls films dans lequel j’ai pu voir Signoret et Montand réunis était L’Aveu, film où ils sont maris et femmes, et film où ils sont quasiment tout du long séparés, puisque London (Montand) est arrêté au début du film…

Que l’on souhaite rester dans la gravité, et l’on se tournera davantage vers les films de Signoret, L’Armée des ombres, Le Chat, ou vers les films de Montand les plus engagés et les plus sombres : Z, I comme Icare, Le Cercle rouge

Que l’on recherche quelque chose de moins noir, et l’on pourra aller de l’ironie cinglante, du cynisme des Diaboliques, jusqu’à la drôlerie, la douceur ou la fantaisie de La Folie des grandeurs, du Diable par la queue, de César et Rosalie, de Trois places pour le 26.

Et finalement, avec Signoret et Montand, séparément ou réunis, on aura fait le tour de tout un éventail d’émotions comme seuls savent en jouer les plus grands comédiens.

Et c’est sur ce constat des plus subjectifs que je vous laisse, jusqu’au prochain (et dernier) hors-série de l’été.

Hors-série 2 : D’amour et d’étoiles. Alain Delon / Romy Schneider

Voici donc le 2e hors-série de l’été.

Pour ces hors-série, j’ai décidé de choisir aussi bien des couples du cinéma hollywoodien, comme pour l’article précédent, que des couples du cinéma français.

J’ai aussi décidé, très arbitrairement, de me concentrer sur des couples dont je connais relativement bien la filmographie, même si, pour certains d’eux, je peux très bien connaître la filmographie d’un élément du couple et beaucoup moins celle de l’autre…

Mon capital sympathie est lui aussi tout à fait variable selon que je regarde d’un côté ou de l’autre.

Passées ces considérations, je reprends le même schéma que pour l’article précédent :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Et c’est reparti !

Alain Delon et Romy Schneider

Et c’est évidemment là que le capital sympathie prend tout son sens.

À nouveau pour paraphraser Blow Up (et nous y reviendrons après) : c’est qui ou plutôt c’est quoi Alain Delon et Romy Schneider ?

Alain Delon est né en 1935 et a incarné dans les années 50-60 le jeune premier à la française au même titre qu’un Gérard Philipe ou qu’un Jean Marais quelques années auparavant, ou qu’un Belmondo à la même époque, ce dernier se distinguant davantage par sa gouaille que par son côté « beau ténébreux ».

Après… et bien après, disons que c’est devenu Delon, un personnage fréquemment caricaturé, qui a sans doute été tenté par l’auto-caricature pour mieux se protéger et dont les rôles récents ne laissent entrevoir que le pâle reflet de ce qu’il a pu être avant…

Romy Schneider est né à Vienne en 1938. Tout a été dit, redit et exagéré sur Romy. Y’a-t-il d’ailleurs une autre comédienne (ou un autre comédien, ne soyons pas sexiste), qu’il suffit d’appeler par ce diminutif affectueux ? Romy : à lui seul il évoque tout de suite à des milliers de cinéphiles des débuts de princesse, une carrière brillante et ce sentiment du tragique, cette impression de manque, de gâchis et d’absence de retenue dans l’émotion…

Un mythe, une icône, autant pour les petites filles que pour les femmes et un idéal à jamais inaccessible pour des comédiennes, bien qu’on ait donné son nom à un prix.

Vous le voyez maintenant, le capital sympathie ? Et encore, j’ai l’impression d’avoir été soft.

Et donc, Alain Delon et Romy Schneider, ça donne quoi ?

Un film en 1958, Christine, qui est un remake d’un film de Max Ophüls, Liebelei, lui-même adapté d’une pièce de théâtre d’Arthur Schnitzler où jouait la mère de Romy, Magda Schneider (et ce qui était plus ou moins le rôle phare de sa carrière). Christine est une bluette tragique quelque peu dégoulinante et plutôt oubliable.

Contrairement, évidemment, à La Piscine, sorti en 1969 : un huis-clos entre un couple, Jean-Paul et Marianne (Alain Delon et Romy Schneider), et le meilleur ami de Jean-Paul et sa fille (Maurice Ronet et Jane Birkin), dans une villa avec piscine.

Enfin, une troisième collaboration en 1971, dans L’Assassinat de Leon Trotsky, de Joseph Losey, que malheureusement je n’ai pas vu.

Et entre 1958 et 1971, des fiançailles en 1959, rompues en 1964, puis la mort de Romy en 1982, les regrets de Delon, ses hommages appuyés, lui devenant de plus en plus un vieux lion, et elle devenant irrémédiablement un mythe.

Réunis dans un livre ?

Personnellement, il n’y a dans ma bibliothèque aucun ouvrage consacré à la fois à Romy Schneider et à Alain Delon, comme il n’y en avait aucun sur Bogart et Bacall.

Néanmoins, pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur ce couple, ils auront certainement plus de chance que pour Bogart et Bacall, notamment en lisant l’ouvrage de l’un des principaux intéressés :

Foisonnante littérature adepte des hyperboles ! « fiancés de l’éternel », « ils se sont tant aimés », « un amour impossible »…

Côté Delon ?

Il n’y a dans ma bibliothèque qu’un ouvrage consacré à Delon, en tout cas en partie, et c’est cet ouvrage qui, il y a un peu plus de 3 ans, m’avait permis d’inaugurer les fonctions cinéphiles et doc de ce blog, en en faisant le compte-rendu.

Il s’agissait des Grandes gueules du cinéma français : Gabin, Ventura, Belmondo, Delon, un livre de Philippe Lombard, préfacé par le réalisateur Georges Lautner et publié en 2012 aux éditions Express Roularta.

Vous pouvez retrouver le compte-rendu de cet ouvrage ici.

Pour ce qui est des livres disponibles sur Delon, il y en a un certain nombre, à commencer par l’ouvrage cité plus haut écrit par Delon lui-même, mais rien de très récent ou de très disponible à un prix abordable. La principale référence semble être une biographie en 2 volumes publiée par Henry-Jean Servat au début des années 2000…

Et sur internet ?

L’article qui lui est consacré sur Wikipédia semble assez complet :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Delon

Il dispose également d’un site officiel hébergé en Suisse :

http://www.alaindelon.ch

ainsi que d’une page Facebook :

https://www.facebook.com/alaindelon.officiel

Et en vidéo ? J’en reviens à ma référence favorite en la matière : Blow Up.

Côté Romy ?

Ma bibliothèque est d’un seul coup bien plus riche.

Comme indiqué dans le précédent article, lorsque j’admire un acteur ou un réalisateur et que celui-ci a suscité beaucoup de publications – ce qui est le cas pour Romy Schneider – j’ai au moins une autobiographie ou biographie et un « beau livre » dans ma bibliothèque.

Pour Romy, j’ai 5 ouvrages. (j’illustre cette partie avec les couvertures des livres que je connais, mais les ouvrages ont parfois connu plusieurs éditions, et les miennes ne sont pas forcément les plus récentes)

Le premier, et celui que j’ai depuis le plus longtemps, même si je ne l’ai jamais relu, est Moi, Romy : le journal d’une vie.

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À l’origine, l’ouvrage se trouvait dans la bibliothèque de ma grand-mère, et comme certaines bibliothèques de grand-mère, celle-ci était composée de livres sur la seconde guerre mondiale, de sélections du Reader’s digest et de commandes de France Loisirs (je caricature à peine). Ma grand-mère aimait aussi beaucoup les livres sur le vieux Paris et les vieux métiers…

Toujours est-il que le journal de Romy faisait certainement partie de l’une de ses nombreuses commandes à France Loisirs, étant donné que c’est par eux que le livre en ma possession a été édité en 1989, sans doute après été publié par une première maison d’édition.

Comme je l’ai indiqué, j’ai toujours gardé ce livre mais je ne l’ai jamais relu. Le souvenir que j’en garde, Romy ayant tenu ce journal depuis son adolescence jusqu’à la fin de sa vie, est quelque chose de très émouvant, avec non seulement ce journal écrit mais aussi des transcriptions de lettres et de conversations téléphoniques, avec une plume qui évolue de la jeune fille à la femme, mais aussi avec le sentiment de pénétrer dans une intimité comme un cambrioleur…

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Le second livre est une biographie que l’on m’avait offert il y a quelques années : Romy au fil de la vie, de David Lelait, publiée en 2002 aux éditions Payot. Elle a été réédité en 2012.

J’ai le souvenir d’une lecture très agréable et très respectueuse, pas du tout racoleuse.

Pour le troisième, je passe aux beaux livres. Il s’agit du premier livre de photos que j’ai acheté consacré à Romy, Romy : hommage photographique, de Klaus-Jürgen Sembach, publié en 2005 par les éditions du collectionneur.

Les photos sont surtout des photos promotionnelles et de tournage, même s’il y a quelques photos personnelles. Elles sont précédées d’un court texte de présentation de l’auteur et suivies d’une biographie succincte ainsi que d’une filmographie.

Le quatrième a été mon coup de cœur au moment où je commençais à me constituer une bibliothèque sur le cinéma : Romy, de Johannes Thiele publié en 2007 aux éditions Place des Victoires (et réédité en 2012).

Il s’agit d’un énorme album de photos, ponctué de texte de l’auteur, de citations de Romy Schneider et de témoignages de ceux qui l’ont connue.

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Enfin le dernier livre est peut-être le plus spécifique : Romy dans L’Enfer : Les images inconnues du film inachevé d’Henri-Georges Clouzot, avec le texte de Serge Bromberg, publié en 2009 aux éditions Albin Michel.

Cet ouvrage présente, comme son titre l’indique, des images d’archives du tournage du film L’Enfer, en 1964, tournage interrompu par la mort du réalisateur, Henri-Georges Clouzot. Un film a également été consacré à ce tournage maudit et est sorti en 2009. En voici un extrait :

Depuis sa disparition en 1982, Romy fait l’objet d’une très nombreuse littérature : biographies, hommages photographiques, un an ne passe pas sans que quelqu’un ne vienne ajouter sa pierre à l’édifice, avec plus ou moins de réussite.

Et sur internet ?

Là encore, un article assez complet sur Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Romy_Schneider

Par contre, pour ce qui est des sites qui lui sont dédiés, il s’agit principalement de sites de fans inconditionnels, souvent plein d’enthousiasme, moins souvent de grammaire et d’orthographe…

Je leur préfère la page Facebook qui lui est consacrée :

https://fr-fr.facebook.com/Romy-Schneider-44032826464/

Et comme toujours, l’inévitable numéro de Blow Up :

Un film avec Delon et Romy

Vous l’aurez compris, parmi les trois films qu’ils ont tournés ensemble, si je considère Christine comme une bluette oubliable et si je n’ai jamais vu L’Assassinat de Léon Trotsky, c’est évidemment La Piscine qui remporte tous mes suffrages, et c’est avec lui que je vous laisse :

jusqu’à la prochaine fois.

Hors-série 1 : D’amour et d’étoiles. Bogart / Bacall

Bonjour à tous.

Voici le premier hors-série de l’été de Cinephiledoc.

Cette année, j’ai eu beaucoup de difficulté à choisir une thématique pour ces hors-série.

J’aurais pu me pencher, dans chaque numéro, sur un acteur ou un réalisateur, j’aurais aussi pu me consacrer à un film qui aurait suscité une très nombreuse littérature, j’aurais également pu piocher au hasard dans ma bibliothèque et évoquer telle ou telle lecture cinéphile.

J’ai cependant décidé de produire cet été quelque chose de plus léger, tant dans le thème que dans la forme. Je vous propose donc quatre numéros, chacun consacré à un couple mythique du cinéma, et aussi bien couple à la ville qu’à la scène.

Ces articles seront construits à chaque fois de la même manière :

  • brièvement, quel est ce couple ?
  • ai-je pu trouver mention sur Internet ou ai-je dans ma bibliothèque un (ou plusieurs) livre qui les réunit ?
  • quelques livres ou trouvailles sur internet qui leur sont consacrés séparément ;
  • un film mythique qui les réunit.

Pour le premier d’entre eux, j’ai choisi le couple emblématique qui, en quelque sorte m’a fait « entrer en cinéma » : Humphrey Bogart et Lauren Bacall.

Bogart et Bacall

Pour les néophytes, et en reprenant le mode de questionnement qu’affectionne Blow Up :

C’est qui ou plutôt c’est quoi Bogart et Bacall ?

Humphrey Bogart, né en 1899, est une icône masculine du cinéma hollywoodien, particulièrement savoureux d’abord dans des rôles de bad guys puis dans des rôles de détectives comme dans Le Faucon maltais. Il porte admirablement l’imperméable et le feutre, excelle dans l’ironie et le cynisme, et a, selon moi, la voix la plus irrésistible du cinéma avec Alan Rickman… Casablanca est le rôle de sa consécration, il le place sur un piédestal dont il ne descendra plus, même après sa mort en 1957, avec des rôles comme The African queen, pour lequel il remporte un Oscar.

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Lauren Bacall est née en 1924, elle rencontre Humphrey Bogart en 1944 sur le tournage du Port de l’angoisse, d’Howard Hawks, et tourne avec lui 3 autres films : Le Grand sommeil, Les Passagers de la nuit, et Key Largo. Merveilleuse dans La Femme modèle, exaspérante dans Le Crime de l’Orient-Express et dans Leçons de séduction, elle demeure inoubliable dès qu’on la croise dans l’un de ses films.

Évidemment, je résume à gros traits, il y aurait beaucoup plus à dire sur ces deux monstres sacrés, et d’ailleurs, cela a-t-il été tenté ?

Réunis dans un livre ?

Personnellement, je n’ai aucun livre dans ma bibliothèque, qui réunisse Bogart et Bacall. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à ce couple, pour la petite histoire, j’étais au lycée. J’avais cherché dans les rayons cinéma des librairies, j’avais fureté dans les bibliographies des livres et j’avais tenté de trouver des pistes sur internet, ce qui était beaucoup moins facile à l’époque.

Et même le seul livre qui avait attiré mon attention sur le sujet ne l’avait pas retenue. Il s’agissait d’un ouvrage paru aux éditions Solar, dans la collection très logiquement appelée « Les couples célèbres » : Lauren Bacall, Humphrey Bogart : un amour sans nuages, de Jean-Marc Loubier.

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Rien que le sous-titre, ça vend du rêve, non ? J’ai dû, en tant que lycéenne, n’acheter qu’un livre de cette collection aujourd’hui disparue, celui consacré aux amours de Victor Hugo et de Juliette Drouet…

Bref, ai-je eu plus de chances aujourd’hui en cherchant un ouvrage sur Bogart et Bacall ? Absolument pas. Ai-je trouvé autre chose que des articles de magazines people ou féminin sur internet, si ce n’est un diaporama sur Allociné ? Non plus.

Et séparément alors ?

Côté Bogart…

Comme la plupart du temps lorsqu’il s’agit d’un acteur ou d’un réalisateur que j’admire (et lorsqu’il y a matière pour le faire), j’ai dans ma bibliothèque au moins deux ouvrages sur le sujet : une autobiographie ou une biographie particulièrement soignée (de préférence par un témoin direct) et un « beau livre » avec, là encore, une iconographie soignée.

Bogie n’a jamais écrit son autobiographie – c’est dommage, étant donné le nombre de citations et l’humour qu’on lui prête. Par contre, et j’ai déjà dû le mentionner dans un précédent hors-série sur les enfants de stars qui parlent de leurs parents, son fils, Stephen Bogart, a publié en 1996 une biographie, Bogart mon père (Bogart, In search of my father), préfacé par Lauren Bacall.

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Je ne m’étendrai pas trop sur ce livre, bien que j’en recommande vivement la lecture, puisque j’en avais déjà parlé : on y suit la vie de Bogart sous les yeux de son fils, à travers le récit de témoins directs, on y suit la trajectoire de ce fils qui d’abord se révolte puis accepte tout le poids de cet héritage paternel (et maternel). On y croise, en plus de ces deux icônes hollywoodiennes, d’autres visages pas moins impressionnants…

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Pour ce qui est du beau livre, il s’agit d’un très bel ouvrage en anglais, publié en 2006 pour le 50e anniversaire de sa disparition : Bogie, A celebration of the Life and Films of Humphrey Bogart, avec une préface de Stephen Bogart, une partie biographique par Richard Schickel, critique de cinéma, et une présentation de ses films par George Perry.

Les images sont magnifiques et le texte particulièrement émouvant, ponctué de citations de Bogart lui-même, de Lauren Bacall ou de Stephen Bogart.

Peut-être y’aura-t-il d’ici un an d’autres livres publiés sur Bogart, puisque nous arrivons au 60e anniversaire de sa disparition…

Et sur internet ?

Bogart a droit à des articles assez complets sur Wikipédia (même si celui en anglais est, évidemment, bien plus nourri que celui en français) :

Là où il a plus de chances que d’autres personnalités, c’est que son fils est personnellement impliqué dans le Humphrey Bogart Estate, qui est chargé de transmettre et de partager auprès des cinéphiles de tout poil, l’héritage cinématographique de Bogart. Cet Humphrey Bogart Estate dispose d’un site internet, d’une page Facebook, d’un compte Twitter et d’un Tumblr

Il me semble que peu de stars disparues peuvent se targuer d’une telle présence numérique !

Un festival cinématographique lui est également exclusivement consacré : http://bogartfilmfestival.com/Home.html

Et en vidéo ? Pour moi le plus bel hommage à Bogart reste le témoignage de Bacall, évidemment :

Côté Bacall

Lauren Bacall a, quant à elle, publié son autobiographie de son vivant, Seule (By myself), sortie à la fin des années 70 puis rééditée en français en 2005 aux éditions Michel Lafon.

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Il s’agissait pour moi d’une découverte captivante : le livre est très agréable à lire, et dresse un panorama très impressionnant de sa vie, depuis ses débuts durant l’âge d’or hollywoodien, son parcours avec et après Bogart, ses rôles plus récents, et, près de dix ans avant son décès, le portrait d’une femme décidée à s’impliquer encore dans des projets cinématographiques, ce qui donne une lecture des plus optimistes.

À côté de cette somme, malheureusement, peu d’autres ouvrages dignes d’intérêt. Et c’est justement pour cette raison que je n’ai rien de plus dans ma bibliothèque.

Sur internet, Bacall a également moins de chance que Bogart.

Certes, Wikipédia version française et version anglaise lui consacrent, là encore, deux bons articles :

Le site qui lui est dédié est beaucoup moins « institutionnel » qu’un Humphrey Bogart Estate, et beaucoup plus… comment dire… informel ? Je vous laisse juger.

En ce qui concerne les vidéos, j’ai réussi à trouver ce documentaire de la BBC, que je trouve assez impressionnant (mais la dame avait de quoi impressionner…) : https://www.youtube.com/watch?v=uR_lpSY5qUc

Pour ce qui est des rétrospectives sur sa carrière cinématographique, je n’ai pas été très satisfaite non plus par ce que j’ai trouvé, j’indique donc juste une vidéo, à titre d’exemple :

Pour moi, encore une fois, ce qui lui rend le plus justice, c’est finalement le documentaire où elle évoque Bogart.

Un film avec Bogart et Bacall

Parmi les quatre films qu’ils ont tourné ensemble, j’ai toujours du mal à choisir lequel est mon préféré. Et pourtant, même si j’adore le premier, Le Port de l’angoisse (To have and have not), même si deux d’entre eux ont été réalisés par Howard Hawks et un par John Huston, même si le 2e (Le Grand Sommeil) est une enquête policière incroyablement complexe qui déborde de sex-appeal, et même si le dernier est un huis-clos étouffant en pleine tempête sur une île (Key Largo), j’en reviens toujours au 3e :

Les Passagers de la nuit (Dark Passage) de Delmer Daves.

Et c’est sur les images de ce film, histoire d’amour magnifique entre un évadé de prison qui change de visage et une jeune artiste peintre persuadée de son innocence, que je vous laisse :

Car il faut bien tout de même que je mette un peu de douceur dans ces hors-série, et qu’elle vous accompagne jusqu’au prochain !

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