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À l’ombre du cinéma

Pour ce dernier compte-rendu de lecture de l’année 2020 – le prochain article étant consacré à mon traditionnel palmarès de lecture – je vais revenir sur l’un des livres les plus délicats et les plus émouvants que j’ai eus entre les mains cette année.

C’est l’un de ces livres dont on arrive à la fin en regrettant vraiment de l’avoir fini, et bien que l’histoire soit sans suspense aucun, on se prend à redouter les derniers chapitres, les dernières phrases, les derniers mots.

Lecture de confinement

Ce livre, que j’annonce cette fois sans retard et sans associations d’idées préalables – elles viendront après – c’est L’Amie américaine de Serge Toubiana, publié aux éditions Stock en mars 2020.

Lorsque j’ai eu connaissance de la publication de cet ouvrage, je savais déjà de qui et de quoi il parlait, avant même d’en avoir lu un résumé et de l’avoir eu entre les mains. Le titre et le bandeau étaient suffisamment évocateurs pour que j’aie immédiatement envie de lire ce livre.

Étant donnée sa date de publication, je me suis hâtée de le commander, pour le recevoir avant que le confinement et les aléas de la poste m’en empêchent. Heureusement, dès la mi mars, le livre était dans ma boîte aux lettres, et après les lectures des derniers Hercule Poirot, des trois premiers volumes de L’Amie prodigieuse et de La Servante écarlate (entre autres), j’ai eu le bonheur de me plonger dans l’ouvrage de Serge Toubiana.

Truffaut, Helen, Hitchcock

Je suis donc passée, avec beaucoup de plaisir pour mon esprit amateur d’associations d’idées et de jeux de mots, de L’Amie prodigieuse à L’Amie américaine.

Connaissant les goûts de Serge Toubiana pour le cinéma de Truffaut – car, vous l’avez compris, c’est encore de Truffaut qu’il s’agit ici – je suis persuadée que ce titre L’Amie américaine est trop proche de La Nuit américaine pour être totalement innocent…

En effet, Serge Toubiana est l’auteur d’une biographie de François Truffaut co-écrite avec Antoine de Baecque, qui fait référence en la matière et que j’ai classée cet été dans les 10 lectures indispensables sur le cinéma. Il y a quatre ans il avait publié des mémoires que j’ai déjà évoquées : Les Fantômes du souvenir. Il a par ailleurs été directeur de la Cinémathèque française entre 2003 et 2015.

Son Amie américaine est une biographie consacrée à Helen Scott.

Des femmes, François Truffaut en a compté beaucoup dans sa vie : épouse, filles, muses, collaboratrices, amies. Les femmes sont omniprésentes également dans son cinéma, depuis la mère des Quatre cents coups à la partenaire idéale incarnée par Fanny Ardant dans Vivement dimanche !

Et si l’on peut dire, la relation qu’il eut avec Helen Scott est un condensé de toutes ces relations. Helen Scott est principalement connue des cinéphiles pour avoir accueillie Truffaut aux États-Unis pour les débuts de sa carrière hollywoodienne en janvier 1960, et pour avoir traduit en simultané les entretiens entre Hitchcock et Truffaut en 1962, puis pour avoir travaillé sur l’édition anglaise du Hitchbook.

En témoigne cette photo :

En témoignent également les entretiens enregistrés au magnétophone :

Helen avant François

Ce que l’on connait moins, et ce que Serge Toubiana s’emploie à nous raconter, c’est la vie d’Helen Scott avant sa rencontre avec Truffaut, et la force de cette amitié une fois la rencontre survenue.

On y découvre son enfance entre New York et Paris, son militantisme communiste dans les années trente, ses relations avec la résistance et la France libre pendant la seconde guerre mondiale, son mariage très éphémère avec un monsieur Scott dont elle a gardé le nom toute sa vie.

Certains mystères qui restent irrésolus donnent à Helen la dimension d’un personnage de roman : a-t-elle assisté aux procès de Nuremberg ? était-elle une espionne soviétique ?

Toujours est-il que la femme qui côtoyait dans les années trente et quarante une certaine élite politique (défilent devant nous Geneviève Tabouis, Eleonor Roosevelt, Pierre Mendès-France), a traversé quelques années de galère, black-listée et victime du maccarthysme, avant d’être engagée par le French Film Office comme publiciste en 1959.

Ma chère Helen, mon cher François

Ce que nous raconte enfin Serge Toubiana dans L’Amie américaine, c’est, à partir de 1960, l’histoire d’un coup de foudre puis d’une amitié à la fois fantasmée, fusionnelle, mais aussi épistolaire.

Ici, petite digression personnelle : je me souviens après avoir découvert le cinéma de Truffaut (c’était il me semble au lycée entre 2002 et 2004) j’avais commencé à accumuler les livres qu’il avait écrits et ceux qui lui étaient consacrés.

J’avais ainsi mis la main sur une biographie d’Annette Insdorf parue aux éditions Gallimard dans la collection « Les découvertes », le Dictionnaire Truffaut, la biographie co-écrite par Antoine de Baecque et Serge Toubiana, et j’avais appris que sa correspondance avait été publiée.

Pour mettre la main dessus, quelle aventure, à une époque où certes mes parents disposaient déjà d’un ordinateur et d’une connexion Internet (avec le fameux modem) mais où le marché du livre d’occasion n’était pas aussi accessible qu’il peut l’être maintenant.

J’avais donc trouvé sur un site un exemplaire d’occasion, récupéré dans une librairie parisienne (était-ce passage Jouffroy ?) et qui figure depuis, encore aujourd’hui dans ma bibliothèque.

Dans cette Correspondance, une sélection des lettres de Truffaut. La première des lettres à Helen qui y figure date de mars 1960, la dernière date de février 1975.

La lecture de L’Amie américaine nous donne à voir cette correspondance comme beaucoup plus abondante, principalement du côté d’Helen, qui peut écrire 5 lettres quand Truffaut n’en répond qu’une…

Elle nous donne à découvrir quelques-unes de ces lettres, toujours lucides, toujours pleines d’affection et d’humour, entre « Scottie » et « ma Truffe », qui se livrent tantôt à des coups de gueule, tantôt à des confidences.

Elle nous donne enfin à connaître une personnalité des plus touchantes et des plus fascinantes, par son humour, sa simplicité et sa culture.

Helen Scott a côtoyé bon nombre de réalisateurs, acteurs et scénaristes, français et étrangers (de Rossellini à Bill Murray), a encouragé la carrière outre-Atlantique de plusieurs metteurs en scène, a réalisé les sous-titres de films français, a mis en contact untel et untel, puis, s’étant installée à Paris, a fréquenté cinémathèque et ciné-clubs, réalisateurs et producteurs.

Et pour Truffaut ? Elle participe évidemment à l’aventure du Hitchbook – la bible du cinéphile par excellence – elle assiste au tournage de Fahrenheit 451, elle relit des scénarios, est parmi les premiers spectateurs des films, conseille et encourage, et apparaît même dans Domicile conjugal, dans une scène aux côtés de Jean-Pierre Léaud :

Évidemment, j’oublie, je vais vite en besogne, je n’insiste pas sur des détails ô combien touchants de cette amitié, que Serge Toubiana prend, lui, le temps de nous raconter.

Les dernières pages, je l’ai dit, sont sans suspense (ni surprise). Elles me permettent cependant une nouvelle digression.

Promenade à Montmartre

Cette digression, je vais tâcher de ne pas la rendre trop macabre… et si jamais j’y échouais, je tâcherai de me rattraper dans la dernière partie de cet article.

Après avoir découvert le cinéma de Truffaut, je suis allée en prépa à Vanves, puis j’ai fait mes études à la Sorbonne. Jusqu’à ma deuxième année de master, j’ai principalement fréquenté le sud de Paris, le parc Montsouris, la porte d’Orléans et la station Corentin Celton.

Puis je me suis installée dans un petit studio rue Damrémont et pour aller à l’INSPÉ qui s’appelait encore l’IUFM, je descendais la rue Damrémont puis la rue Caulaincourt, qui surplombait le cimetière Montmartre, pour rejoindre le boulevard des Batignolles.

J’allais de temps en temps me promener dans le cimetière Montmartre, avec à l’entrée Lucien et Sacha Guitry, Michel Berger, Dalida et Fred Chichin, et je ne manquais pas de m’arrêter dans les allées de l’avenue Berlioz, où se trouve une grande tombe en marbre noir avec des lettres blanches, sur laquelle on trouve toujours des tickets de métro.

Mais à aucune de mes visites je n’avais imaginé qu’Helen, disparue trois ans après Truffaut, se trouvait à proximité, voisine discrète mais toujours fidèle.

Figures de l’ombre, passeurs de cinéma

Le livre de Serge Toubiana m’a fait souvenir de quelques-uns (et ici plutôt quelques-unes) de ces passeurs de cinéma, ces personnages que le spectateur ne soupçonne pas toujours, mais qui restent indispensables à une oeuvre et à sa transmission.

Je suis reconnaissante à l’auteur de L’Amie américaine d’avoir ainsi mis en lumière la silhouette d’Helen Scott, et je me suis alors imaginée combien il serait captivant que certains destins de ces figures de l’ombre se retrouvent éclairés.

Je me souviens de la scénariste Frances Marion, enfin sur le devant de la scène dans le Hollywood Boulevard de Melanie Benjamin.

Qui pourra écrire la biographie de Lotte H. Eisner, collaboratrice de Henri Langlois à la Cinémathèque française et spécialiste du cinéma de Murnau ou de Fritz Lang ?

Qui pourra écrire une biographie d’Edith Head, qui a réalisé notamment les costumes du Eve de Mankiewicz, de Vacances romaines, et, pour Hitchcock de Vertigo, Fenêtre sur cour ou La Main au collet, et a remporté pas moins de huit Oscars ? Qui, d’ailleurs, pour écrire un livre sur Alma Hitchcock ?

Qui, pour écrire un livre sur Suzanne Schiffman, l’assistante de Truffaut et l’une de ses plus proches collaboratrices ?

Qui, cette fois, pour écrire un livre sur Nina Companeez, réalisatrice des Dames de la côté et de L’Allée du roi ?

Il est vrai que certaines de ces personnalités, aussi discrètes qu’efficaces, préfèrent rester dans l’ombre… mais n’en sont pas moins de formidables passeurs de cinéma.

Je vous encourage à les découvrir, et vous dis à très bientôt, sur Cinephiledoc !

Quant à moi, je vais ranger L’Amie américaine en bonne place dans l’étagère de ma bibliothèque où se trouvent les livres de Truffaut ou ceux qui lui sont consacrés, livres qui commencent à constituer à eux-seuls un fonds à part entière (j’en ai dénombré 32 jusqu’ici) parmi tous mes ouvrages sur le cinéma…

Octobre 2020 : séances et animations du CDI

Pour la première fois depuis février 2020, je reprends le titre habituel de mes articles #profdoc mensuels, et même si l’on ne sait pas encore ce que la suite de l’année nous réserve, je vous avoue que ce maigre retour à la normale me donne une petite satisfaction…

Voici donc le compte-rendu des activités menées entre le 21 septembre et le 17 octobre, avec ce mois-ci, entre autres, des séances en EMC à nouveau, la visite des secondes au CDI, la réception de nouvelles commandes et des expositions thématiques.

Séances

Visite des classes de seconde au CDI
  • Cogitations initiales

Comme je l’ai indiqué dans l’article du mois de septembre, nous avons beaucoup réfléchi et échangé avec Lucile, qui travaille cette année avec moi.

À l’origine, pour celles et ceux qui s’en souviennent, j’avais organisé les années précédentes une visite du CDI sous forme d’escape game, en m’appuyant sur un scénario pédagogique co-construit avec Sophie Gronfier, professeure documentaliste dans l’académie de Dijon.

J’avais apporté des modifications à ce scénario originel l’an passé, et j’avais l’intention de le modifier encore pour donner à l’escape game un aspect un peu moins linéaire. Faute de temps, j’ai continuellement repoussé le moment de me pencher à nouveau dessus.

Cette année, il était impensable pour moi de dispenser les élèves de seconde d’un passage au CDI mais également de conserver une visite du CDI en classe entière avec l’escape game tel que je le proposais.

J’étais davantage encline à proposer un scénario inspiré de celui réalisé avec mes collègues de sciences il y a deux ans, et c’est vers quoi nous nous sommes tournées.

  • Élaboration du scénario

Initialement tout début septembre j’avais simplement réalisé un petit jeu de repérage dans l’espace (en lien avec la visite virtuelle réalisée en fin d’année dernière) à destination des élèves de seconde. L’idée est rapidement venue d’intégrer ce jeu dans un parcours de visite.

Après réflexion, nous avons construit avec Lucile une forme d’escape game en demi-classe, avec deux équipes et 5 énigmes à résoudre, chaque énigme correspondant à un objectif spécifique :

  1. compter le nombre de mensuels / quotidiens / hebdos dans une sélection (découvrir la presse)
  2. jeu d’orientation (se repérer dans l’espace)
  3. à partir du sommaire d’un livre, retrouvez une partie du livre (se repérer dans un livre)
  4. aller chercher un ouvrage en rayon (retrouver un document – fictions)
  5. aller chercher dans le catalogue puis en rayon (documentaire)

Chaque énigme permet à l’équipe de retrouver un chiffre, l’ensemble des chiffres dans l’ordre voulu correspondant à la cote d’un livre.

L’accueil par demi-groupe et le fonctionnement en équipes permettent de gérer la circulation des élèves dans l’espace, avec 3 tables et 3 ordinateurs par équipe, des étiquettes de couleurs et des fiches missions pour les différencier.

  • Fiches missions et corrigés

Une fois le scénario élaboré j’ai conçu les fiches missions et le corrigé sur Canva.

  • Jeu d’orientation

Le jeu d’orientation correspondant à l’énigme B a été réalisé sur Genially.

Je profite de cet article pour mettre en ligne les photos qui m’ont servi pour ce jeu, et que je vais réutiliser dans un projet ultérieur :

Je n’en dis pas plus pour l’instant.

  • Visites

Sur les 12 classes de secondes, six sont venues avant les vacances. Cinq visites sont programmées après les vacances. Seuls les professeurs (principaux et de français) d’une classe n’ont pas répondu à nos demandes.

Globalement, les élèves sont investis dans le jeu, même si l’on remarque les mêmes problématiques qui se répètent d’une classe à l’autre : la difficulté à lire les consignes, à travailler en équipe et à se répartir les tâches.

EMC – classes de première

En début d’année, j’ai été sollicitée par deux collègues, en histoire-géo et en SES, qui souhaitaient faire venir leurs élèves de première en EMC pour travailler sur le lien social.

Sur le même modèle que la présentation proposée à mon collègue de maths en enseignement scientifique, j’ai présenté aux élèves le support suivant :

La première classe est venue deux fois au CDI fin septembre et début octobre. La seconde classe est venue pour la première fois le 15 octobre.

Si je fais un bilan des séances pédagogiques menées durant cette première période de l’année scolaire, je dois dire qu’en dépit du contexte sanitaire, je suis vraiment heureuse d’avoir pu voir beaucoup plus de classes que l’an dernier.

En effet, l’année passée, la mise en place de la réforme et les emplois du temps des classes avaient constitué un tel parcours du combattant que je n’avais fait quasiment aucune séance en septembre, et seulement 8 séances au mois d’octobre.

Expositions thématiques

Je liste dans cette partie et dans la suivante mes propres initiatives (J) ainsi que celles de Lucile (L), je vous laisse vous référer au code couleur pour voir qui a fait quoi.

  • Élections américaines (J)

Pour faire suite à l’exposition consacrée à l’information d’actualité, je me suis dit que j’allais essayer de proposer une fois par mois une exposition thématique en lien avec un sujet d’actualité.

Ce mois-ci je me suis donc penchée sur les élections américaines, et j’ai proposé deux affiches (dont l’une est cliquable et renvoie vers des documents sur E-SIDOC)

Je pense réutiliser à chaque fois la première page (et la loupe qui y figure) pour mettre en valeur le sujet d’actualité traité.

Également conçu pour l’occasion, une présentation cliquable sur Genially, renvoyant vers des ressources en ligne :

Une fois installée, voilà ce que donne l’exposition :

  • Développement durable (L)

Lucile a souhaité de son côté travailler plus spécifiquement sur le développement durable, en reprenant les cubes de l’agenda 2030. Pour l’occasion j’ai également récupéré à l’atelier CANOPÉ de Marly-Le-Roi une sélection d’affiches présentant les objectifs de l’agenda 2030.

Elle a également proposé sur le blog une présentation cliquable :

Mise en valeur des acquisitions

Comme je l’avais expliqué dans l’article du mois de septembre, nous avons passé un certain nombre de commandes (nous attendons encore des livraisons), et nous avons donc choisi de valoriser les thématiques associées à ces acquisitions.

  • Grand oral (J)

La première mise en valeur de mon côté a concerné des ressources proposées aux élèves dans le cadre de la préparation de l’épreuve de grand oral.

J’ai donc proposé le visuel suivant sur le blog du CDI :

Puis j’ai mis les ouvrages en exposition :

  • Sélection sur la littérature – rayon 800 (J)

Forte de l’exemple de Floriane, qui a l’habitude de bien soigner ses visuels sur Canva, et ayant appris que nous aurions une coupure du serveur pédagogique les 14 et 15 octobre, j’ai passé la semaine du 5 octobre à préparer trois autres visuels de sélections thématiques, que j’ai installés progressivement au CDI.

Le premier d’entre eux était consacré aux récentes acquisitions pour le rayon 800 :

Chacun des visuels réalisés sur Canva est cliquable et renvoie vers les notices du portail E-SIDOC.

J’ai installé cette sélection le 10 octobre :

  • Combats féministes (L)

De son côté, Lucile a choisi de mettre en valeur les documents reçus sur la condition féminine, avec un article déposé sur le blog du CDI :

Les ouvrages ont été mis en exposition au CDI jusqu’aux vacances.

Nous avons reçu d’autres nouveautés qui ont été mises à disposition des élèves sans forcément leur associer une valorisation thématique, mais Lucile a également pu réaliser un visuel sur Canva pour ces dernières nouveautés :

Affichages / communication

Concernant l’affichage et la communication aux élèves et aux enseignants, j’ai depuis le mois de septembre opéré plusieurs changements.

  • Accès au CDI pendant les récréations

L’idée originelle était d’éviter le brassage de population en limitant l’accès durant les récréations aux élèves ayant à rendre ou à emprunter des documents.

Nous avons décidé d’adopter un mode de fonctionnement plus souple en autorisant l’accès aux élèves se trouvent déjà sur place au moment de la récréation, et à ceux ayant une heure de permanence l’heure suivante :

  • Accès au rayon jeux

La pré-réservation d’un jeu la veille pour le lendemain étant absolument incompréhensible pour les élèves, nous avons là encore assoupli le mode de fonctionnement, sans toutefois négliger les aspects sanitaires :

  • Blog du CDI, communication via l’ENT, portail E-SIDOC

Nous continuons à publier régulièrement des articles sur le blog du CDI (jusqu’à trois par semaine grâce à Lucile).

J’utilise désormais la messagerie de l’ENT pour communiquer le bulletin de veille hebdomadaire (sauf les semaines avant les vacances, car l’équipe éducative n’a pas encore l’habitude d’utiliser la messagerie de l’ENT au lycée).

Enfin nous avons largement communiqué avec Lucile (voir article du mois de septembre) sur les fonctions de réservations et de partage d’avis sur E-SIDOC auprès des élèves.

Réunions et activités extérieures

Entre le 21 septembre et le 18 octobre, j’ai pu participer à différentes réunions au lycée ou à l’extérieur.

  • 25 septembre : Séminaire de rentrée de la DNE-TN3 à Sèvres
  • 7 octobre : Prof doc café des IAN documentation (à distance)
  • 9 octobre : Réunion au lycée sur le partenariat avec Science Po
  • 12 octobre : Formation de formateurs à Marly-Le-Roi
  • 16 octobre : Réunion sur PIX au lycée

Durant cette période, j’ai échangé également par mail avec l’équipe des profs docs de LudoDOC, afin d’établir un calendrier de publication sur le site : nous avons d’ailleurs publié notre premier article de l’année scolaire 2020-2021, une restitution de l’atelier proposé à Ludovia17  « Et, ou, sauf le numérique ? »

Et, ou, sauf le numérique ?

Très prochainement, un autre article sera mis en ligne.

D’ici là, je vous souhaite à toutes et tous les vacances les plus reposantes possibles, et je vous dis à très bientôt sur LudoDOC et sur Cinéphiledoc !

Des dialogues aux petits oignons

Lorsque l’on commence, enfant, à regarder des films, les dialogues ne sont pas forcément ce qui retient notre attention. Plus tard, ce n’est pas non plus forcément ce qui nous interpelle lorsque l’on découvre un film.

Et pourtant, plus j’y pense, plus la voix et l’intonation, et le rythme, et la musique, tout cela me paraît crucial.

Voix, rythme, musique et dialogues

Lorsque petite je regardais des dessins animés Disney, j’étais sensible aux voix et aux musiques, à tel point que lorsque je découvre dans l’édition récente d’un film que le doublage a été modifié, je me sens trahie.

Lorsque je compare l’ancien doublage et le nouveau doublage de la chanson « Histoire éternelle » de La Belle et la bête, il arrive forcément un moment où j’arrête de comparer, je coupe le son de la version la plus récente, pour remettre ce que je considère comme la « vraie voix » de Mrs Samovar.

J’ai une véritable mémoire sonore de ces choses-là, et je peux me souvenir des années après d’un dialogue de film, simplement parce que je l’ai entendu et entendu encore.

Lorsque j’étais un peu plus âgée et que je ne regardais plus que des dessins animés Disney, j’ai eu un CD-ROM sur le cinéma français. Ce CD-ROM permettait de voir des photographies de films, d’écouter des dialogues cultes et de voir des extraits de films.

C’est ainsi que j’ai toujours gardé en mémoire cet échange entre Pierre Brasseur et Arletty dans Les Enfants du Paradis, bien avant de voir le film :

Rendez-vous, destin tragique, voilà seulement deux minutes que nous vivons ensemble, et vous voulez déjà me quitter. Et me quitter pour quoi, pour qui, pour un autre évidemment, et vous l’aimez cet autre ?

Oh moi j’aime tout le monde.

Eh bien voilà qui tombe à merveille, je ne suis pas jaloux, mais lui, l’autre, il l’est, hein, jaloux ?

Qu’est-ce que vous en savez ?

Oh ils le sont tous, sauf moi…

J’arrête là, je pourrais continuer jusqu’à la fameuse réplique de Arletty (et le meilleur râteau de l’histoire du cinéma) « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour« .

Déjà j’avais plus de facilités à retenir ce genre de choses que les déclinaisons en allemand et les verbes irréguliers anglais…

Je les retenais, je les emmagasinais, mais je n’avais pas encore perçu l’importance de celui (ou de ceux) qui en était à l’origine. J’aurais été incapable de dire que les quelques lignes que je viens de citer de mémoire étaient l’oeuvre de Jacques Prévert.

Un univers de voix

Ce n’est désormais pas étonnant que les voix et les musiques aient pris une telle importance pour moi, lorsque je regarde dans ma « discothèque » et que j’y trouve pêle-mêle les bandes originales de Chaplin, Hitchcock, Truffaut, Barry Lyndon, et qu’on y retrouve aussi Chantons sous la pluie, Le Seigneur des anneaux, My Fair Lady, Mary Poppins et les musiques de Nino Rota et d’Ennio Morricone.

Si je dépasse cette atmosphère musicale pour en venir aux voix, celles qui m’entourent sont évidemment celle de Truffaut (notamment dans La Nuit américaine – et on sait le soin minutieux qu’il apportait à ses dialogues), celles de Bourvil et de De Funès, celles des personnages de Kaamelott ou de Astérix et Obélix mission Cléopâtre, celles de Catherine Frot et André Dussolier dans Mon petit doigt m’a dit et Le Crime est notre affaire.

Si je donne un tour un peu plus anglophone à la chose, je vais garder en tête principalement (et autant pour la voix que pour les paroles qu’elle assène) Bette Davis, Lauren Bacall et Humphrey Bogart, Katharine Hepburn et Greta Garbo. Plus récemment je garde celle d’Alan Rickman, ou de Helen Mirren dans The Queen, et la plupart des répliques du Seigneur des anneaux.

Mais là encore, je serais bien en peine de citer de mémoire qui a écrit les dialogues du Eve de Mankiewicz ou du Port de l’angoisse de Hawks, bien qu’il me revienne presque miraculeusement en mémoire que ceux du Grand sommeil soient l’oeuvre de Raymond Chandler.

Il me semble que la première fois que j’ai retenu le nom d’un scénariste, c’était pour le scénario de Confidences trop intimes, un film de Patrice Leconte, dont les dialogues avaient été écrits par Jérôme Tonnerre, auteur également d’un de mes livres préférés sur Truffaut, Le Petit voisin.

C’est ce qui m’a peut-être permis de dissocier dans un film le réalisateur qui met en scène, l’acteur qui prononce les dialogues et le scénariste qui les a écrits, même si parfois, en quelques occasions, les frontières se brouillent.

Un orfèvre des répliques

Pourquoi cette longue introduction, dont je suis coutumière presqu’à chaque fois qu’il s’agit de présenter un livre ?

Parce que j’ai reçu en début d’année l’un des petits derniers de Philippe Lombard. Philippe Lombard, cette fois-ci, pas la peine de m’éterniser, j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer sa cinéphilie et son hyperactivité dans mon article du mois de février, consacré à son ouvrage Ça tourne mal.

Cette fois-ci, c’est avec les dialogues d’Audiard qu’il nous régale : Sous la casquette de Michel Audiard : les secrets de ses grandes répliques a été publié en mars 2020 aux éditions Dunod.

Ce livre m’a donné l’occasion de mieux connaître un scénariste et un réalisateur dont j’avais jusque-là retenu deux choses :

  • il avait signé les dialogues des Tontons flingueurs, que je connais aussi quasiment par coeur ;
  • il a habité Dourdan, pas très loin de chez moi

Il faisait aussi partie de cette bande Blier – Ventura – Gabin dont je retrouvais avec affection de temps en temps les images d’archives :

Je ne résiste pas à en partager un deuxième extrait :

Voilà quel était l’état de mes maigres connaissances sur Michel Audiard au moment où j’ai ouvert le livre de Philippe Lombard.

Ce que ce dernier décortique dans Sous la casquette de Michel Audiard, ce sont les influences et les sources d’inspiration d’Audiard : on y retrouve son style, son langage, la musique de ses dialogues, ses passions (le vélo, Céline et Proust…) les références de son époque, qui vont de la prostitution aux flics, de la télévision et de la publicité à la vie politique, et de l’Occupation à Paris.

Au détour d’une réplique ou d’une citation de roman, on découvre une atmosphère, un esprit, on retrouve un certain parfum.

Quand Philippe Lombard cite Audiard : « J’ai mon 14e arrondissement qui me colle aux godasses », je n’ai pas pu m’empêcher de retrouver le mien (ou plutôt celui de ma grand-mère), de 14e arrondissement : le bassin du parc Montsouris, son observatoire, la statue du général Leclerc, l’église d’Alésia et le Lion de la place Denfert-Rochereau… je ne suis donc pas prête de le trouver aussi laid que le trouvait Audiard, à le lire.

Au fil des pages, je me suis rendue compte que j’en connaissais un peu plus sur Audiard que je l’imaginais, et, outre les Tontons flingueurs, il y avait quelques films qui m’avaient marquée sans que j’ai pu soupçonner qu’ils étaient signés de la plume de ce dernier.

Panthéon Audiard

  • Les Tontons flingueurs

Au sommet de mon panthéon Audiard, il y a évidemment les Tontons flingueurs, que je connais quasiment par coeur.

Si je voue un culte à certaines répliques telles que « éparpillé aux quatre coins de Paris façon puzzle » ou à la scène de la cuisine, j’ai une tendresse particulière pour la réplique de Francis Blanche :

Et c’est pour ça que je voudrais intimer l’ordre à certains salisseurs de mémoire qu’ils feraient mieux de fermer leur claque-merde.

ainsi que pour Lino Ventura, l’homme de la pampa parfois rude qui sait rester courtois…

  • Un Singe en hiver

Un Singe en hiver fait partie de mes découvertes les plus récentes, je l’ai vu très tardivement. Et pourtant je n’ai pu que me délecter de ces dialogues aux petits oignons et de ces échanges alcoolisés entre Gabin et Belmondo.

  • Tendre poulet

S’il y a une comédienne française dont j’aime la voix et que je n’ai pas citée plus haut, c’est Annie Girardot.

Il était donc tout naturel qu’à un moment je tombe sur Tendre poulet, cette histoire facétieuse de retrouvailles entre un professeur de grec à la Sorbonne incarné par Philippe Noiret tendance un peu anar, et un « flic en jupons » et avec beaucoup de gouaille, Annie Girardot, que l’on suit dans l’une de ses enquêtes.

C’est fin, plutôt trépidant et finalement irrésistible.

  • Garde à vue

Enfin, j’en termine avec le plus sombre mais dont inconsciemment, j’avais retenu très tôt l’une des répliques, qui figurait dans le CD-ROM dont j’ai parlé plus haut.

En effet, dès le générique de ce CD-ROM, on entendait la voix de Michel Serrault :

Ne dites pas ça, c’est pas vrai.

Alors oui, à première vue, ce n’est pas la réplique de cinéma la plus mémorable qui soit. Mais elle m’est restée dans la tête jusqu’à ce que je puisse la retrouver dans le film de Claude Miller, un huis clos très tendu avec Lino Ventura et Michel Serrault.

Pourquoi ai-je eu l’occasion de voir (et de revoir plusieurs fois) ce film : parce qu’au-delà de ce duo de choc que j’adore et qui reste des plus improbables, Ventura et Serrault, c’est l’un des derniers rôles de Romy Schneider, apparition fantomatique et glaçante.

Alors oui, j’ai bien conscience qu’avec ce dernier film, je ne clos pas temporairement ce panthéon sur la note la plus joyeuse et débridée, mais il fait partie de ces huis clos où les répliques s’enchaînent avec virtuosité et s’échangent comme des balles de tennis, percutantes et efficaces.

Et c’est aussi pour cela qu’elles restent en tête.

Voilà pour cette petite promenade dans l’univers des dialogues de cinéma et des mots d’Audiard, j’espère vous avoir donné envie de réécouter vos propres répliques cultes, et je vous dis à très bientôt pour un nouvel article sur Cinephiledoc !

Septembre 2020 : une rentrée (presque normale) au CDI

Je profite de cet article pour souhaiter à nouveau une rentrée la plus sereine possible à tous les profs docs (mais pas que), et pour revenir sur la préparation de cette rentrée si particulière, ainsi que sur les trois premières semaines de septembre passées au lycée.

Appréhender la rentrée (presque) normalement

Comme la plupart d’entre nous – en tout cas la plupart des personnes avec lesquelles j’ai pu échanger – je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de reprendre.

Dès le début du mois d’août, j’ai commencé à me sentir comme un cheval qui freine à l’approche d’un obstacle dans une course hippique. Je sentais que les vacances d’été (pas assez reposantes à mon goût) allaient sur leur fin et je n’avais aucune envie de remettre le pied à l’étrier.

D’habitude, j’arrive à la fin du mois d’août assez reposée et prête à replonger dans le bain, mais évidemment, cette année, comme pour tout le monde, ce n’était pas vraiment le cas.

Et puis je suis allée voir Bénédicte, copine prof doc #LudoDOC dans le sud pour un « Aude trip », j’en ai profité pour voir quelques copains profs (docs) et pour effectuer la traditionnelle visite à Ludovia.

Comme chaque année, le charme « Ludovia » a opéré, et le fait d’échanger avec ces copains m’a inspirée et reboostée. Je suis revenue en région parisienne avec un bien meilleur moral et prête à en découdre, et voilà donc ce à quoi mon mois de septembre a ressemblé.

Présentation de pré-rentrée

La première idée que j’ai rapportée de mon séjour dans le sud – plus précisément de Narbonne – c’est l’ami Paul Rouffia qui me l’a soufflée.

En effet, j’avais obtenu de ma cheffe d’intervenir en réunion de pré-rentrée pour présenter le bilan d’activités de l’an dernier. Mais tout le monde sait à quoi ressemblent ces réunions : c’est long, trop long, et quand on intervient sur la fin, les collègues ont faim et attendent leurs emplois du temps.

La présentation proposée par Paul m’a davantage plu : elle était claire et synthétique, et pouvait être adaptée à un chronomètre contraint.

Voici ma version personnelle de cette présentation :

J’ai tenu le chrono et suis intervenue moins de 10 minutes. J’ai ensuite envoyé cette présentation par mail sur la liste de diffusion du lycée.

Pendant cette réunion de pré-rentrée, j’ai aussi fait la connaissance de Lucile Guiton, TZR en documentation, qui remplace ma collègue en arrêt maladie depuis septembre 2019, et qui prend la suite de Floriane. J’ai proposé à Lucile de présenter certaines de ses actions dans cet article, vous les retrouverez donc plus bas.

Préparer le CDI à l’accueil des élèves

En juin dernier avec Floriane nous avions commencé à réfléchir à l’accueil des élèves et à l’adaptation des services au contexte sanitaire.

J’avoue avoir passé l’été à déprimer en pensant à mes puzzles collaboratifs et à mon rayon jeux. De nouveau, les échanges avec les profs docs narbonnais et ludoviens m’avaient aidée à y voir plus clair.

Après en avoir discuté avec Lucile, nous avons donc élaboré les quatre affiches suivantes, détaillant le fonctionnement du CDI :

Nous avons retiré la moitié des chaises du CDI et condamné trois jours par semaine l’accès au rayon jeux. Les élèves peinent parfois à comprendre les différentes mesures (mise en quarantaine des jeux et des ouvrages, accès restreint pendant les récréations), j’espère pouvoir les assouplir progressivement…

Nous avons ensuite procédé (pour la première fois) à l’interconnexion entre E-SIDOC et l’ENT, ce qui nous a permis de proposer désormais la réservation des documents aux élèves et aux enseignants.

Le visuel ci-dessous a été réalisé par Lucile pour expliquer aux élèves comment réserver des documents au CDI :

Gestion

Les deux premières semaines ont été accaparées par différentes tâches de gestion : le bulletinage de l’été, l’arrivée de 5 commandes passées début juillet, le désherbage d’anciens spécimens, l’attribution des licences numériques et ses nombreuses péripéties, l’installation d’un nouveau portique antivol au CDI.

Je ne m’étends pas sur ces différentes tâches, je vous laisse découvrir le résultat en photos :

Concernant l’attribution des licences numériques, j’ai laissé à disposition de mes collègues (depuis mai dernier) un mode d’emploi en deux pages, que certains d’entre eux ont transmis à leurs élèves :

Animations

Une fois les commandes traitées et les diverses tâches de gestion effectuées, j’ai pu concrétiser quelques idées que j’avais en tête ou que j’ai glanées ici et là, et que j’avais consciencieusement listées sur mon bullet journal.

  • S’informer sur l’actualité

Parmi les cinq commandes passées début juillet, trois d’entre elles étaient principalement composées d’ouvrages documentaires, avec des parutions récentes sur l’oral et des demandes spécifiques des collègues de HGGSP.

Floriane m’a donc soufflé l’idée de consacrer l’une des premières expositions thématiques à l’information d’actualité.

Les deux affiches de présentation ci-dessous ont été réalisées sur CANVA, avec une version cliquable :

Une fois installée, voilà à quoi l’expo ressemble :

  • Langue des signes, langage et culture sourde

La deuxième exposition thématique était un peu moins conséquente, mais j’avoue avoir davantage pensé à l’affiche qu’à ce que j’aurais pu trouver dans le fonds du CDI pour la nourrir.

Il s’agissait d’inciter les élèves à découvrir la LSF et la culture sourde, principalement grâce à un livre mais aussi quelques vidéos glanées sur Twitter :

J’y ai donc ajouté cette maigre sélection :

  • CDI à l’extérieur

Ayant vu passer l’initiative sur Twitter également, j’ai voulu la proposer aux élèves et aux enseignants le vendredi midi.

J’ai pu échanger avec une collègue de français enthousiaste, qui m’a incitée à informer ma proviseure. J’ai partagé l’affiche auprès des enseignants et sur le blog du CDI.

L’initiative ayant été un peu tardive (et sur le même créneau qu’une heure syndicale), elle n’a pas attiré grand monde. Les élèves se tenaient à (trop) bonne distance.

Néanmoins nous avons été remarquées et avons retenté l’expérience le vendredi suivant. Pour ce dernier, nous avions une installation un peu plus visible, des élèves ont posé des questions, regardé les ouvrages présentés, certains se sont même installés, davantage pour discuter avec nous que pour lire…

Malgré ce maigre succès – et les messages encourageants des collègues – nous ne pensons pas renouveler l’initiative. Les exemples que j’ai vus passer sur Twitter ont, semble-t-il, eu meilleur accueil : parce que c’était en collège ? parce que la cour était plus petite ? l’approche différente ? Les hypothèses sont nombreuses…

Séances

Le début d’année dernière avait été très compliqué, avec la mise en place de la réforme et les emplois du temps. Nous avions pu mener seulement 10h de séances sur toute la période de septembre-octobre.

En dépit du contexte sanitaire, cette rentrée semble (pédagogiquement) se dérouler sous de meilleurs hospices, puisque j’avais déjà quelques demandes bien spécifiques de la part de collègues, auxquelles sont venues s’ajouter d’autres propositions.

  • E-SIDOC en 10 étapes pour un article en 120 secondes

Christophe, mon collègue de maths, m’a demandé d’intervenir auprès de ses élèves de terminales en enseignement scientifique, sur un projet visant entre autres à leur faire découvrir la presse scientifique et à les entraîner à l’oral.

Je lui ai donc proposé le support suivant :

Avec Lucile, nous avons alors pu intervenir auprès des quatre classes de Christophe, auxquelles se sont ensuite ajoutées les quatre classes d’un autre collègue de maths.

  • Préparation du grand oral en EMC Terminale

Suite à mes ateliers organisés en juin dernier, j’ai été sollicitée à la rentrée pour intervenir dans le cours d’une collègue de SES, qui viendra régulièrement avec ses élèves sur ses créneaux d’EMC pour préparer le grand oral.

J’ai repris pour cela la présentation déjà utilisée au mois de juin :

  • Teasing de la visite des secondes au CDI

Avec Lucile, nous avons longuement échangé sur l’organisation de cette visite. Pour moi il était impossible d’accueillir les élèves selon les modalités des années précédentes (un escape game d’une heure en classe entière).

Nous sommes parvenues la troisième semaine de septembre à un déroulé de séance qui nous paraît satisfaisant, et que nous espérons pouvoir expérimenter auprès de plusieurs classes avant les vacances de la Toussaint.

Communication

  • Blog du CDI

Fort de l’impulsion donnée à l’utilisation de l’ENT pendant le confinement, le blog du CDI a repris du service à la rentrée, à raison d’un à trois articles par semaine.

Semaine 1 : un article sur la rentrée au CDI, avec horaires d’ouverture et modalités d’accueil.

Semaine 2 : le tuto de réservation mentionné plus haut, l’annonce du CDI à l’extérieur, et la présentation des nouveautés fictions proposée par Lucile :

Semaine 3 : la présentation de l’exposition thématique « S’informer sur l’actualité », un tuto proposé par Lucile pour soumettre des avis sur E-SIDOC :

  • Communication aux enseignants : E-INSTANT, mails, pearltrees et ENT

Pour cette nouvelle année, j’ai repris la formule hebdomadaire de ma lettre de diffusion, en prévenant les enseignants que je la communiquerai progressivement via l’ENT. Voici la présentation envoyée avec le premier numéro :

Bonjour à tous,

Voici l’E-INSTANT CDI n°1 de l’année 2020-2021 pour la semaine du 7 au 13 septembre.

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas encore, c’est une petite lettre d’information que je vous propose de retrouver chaque semaine (parfois une fois tous les quinze jours) avec quelques informations éducatives, culturelles et numériques, l’actualité du CDI (et parfois quelques pistes pour se détendre dans les moments où l’on en a besoin !) et enfin quelques informations techniques telles que :

  • recevoir des spécimens éditeurs
  • consulter les manuels numériques

Je vous l’adresse habituellement par mail mais je passerai progressivement cette année à un envoi via la messagerie de l’ENT.

Pour rappel :

– adresse personnalisée pour faire vos demandes de spécimens auprès du GIDEC (cette année aucun formulaire papier ne sera envoyé par le CDI au GIDEC, il vous faudra donc exclusivement passer par ce site pour faire vos demandes)

https://gidec-gecri.fr/IdProf/

– portail E-SIDOC du CDI

https://0911346u.esidoc.fr/

– veille et informations pratiques (notamment pour accéder aux manuels numériques via l’ENT)

https://www.pearltrees.com/juliettefiliol/veille-e-instant-cdi/id31363817

E-INSTANT CDI n°1

Au menu cette semaine :

Visite virtuelle du CDI, présentation de rentrée, protocole d’accueil

– côté éducation :

  • Circulaire de rentrée 2020
  • Lettre Edu_Num en SVT
  • Veille en économie-gestion
  • Focus sur le numérique avec : la version actualisée du guide d’accompagnement du CRCN, les états généraux du numérique pour l’éducation et une sélection de ressources pour enseigner avec le numérique

– côté culture :

  • La nouvelle saison de l’émission « Quand l’histoire fait date » sur Arte
  • Une visite interactive du tableau « Le jardin des délices » de Jérôme Bosch
  • Deux vidéos de Nota Bene sur les complots et sur Pompéi
  • Un article sur la représentation de l’histoire dans les journaux télévisés

– côté numérique :

  • Deux ressources de la Revue des médias : un hommage au chercheur Bernard Stiegler, une série sur l’histoire de l’information
  • Une infographie (en anglais) sur la collecte des données personnelles par les grandes entreprises du numérique

À découvrir ici, avec d’autres infos :

https://create.piktochart.com/output/15886286-e-instant-cdi

Et à retrouver sur e-sidoc, dans l’onglet « équipe éducative », avec quelques anciens numéros hors-série :

http://0911346u.esidoc.fr/rubrique/view/id/43

Vous pouvez retrouver toutes les ressources des numéros précédents (2018-2019) :

https://www.pearltrees.com/juliettefiliol/veille-e-instant-cdi/id31363817

Bon week-end à tous

Réunions, interventions, et quelques autres petites choses…

Durant cette période (fin août – septembre) voici les événements et réunions auxquels j’ai participé.

  • Réunions, activités extérieures

Durant cette période, j’ai participé à un conseil pédagogique et à une réunion des professeurs principaux de seconde.

J’ai retrouvé ma comparse Audrey pour une nouvelle année à la DNE, avec au menu de la programmation de tweets, de l’animation de réseaux et de la publication en ligne.

L’agenda reste encore peu rempli pour l’instant, ce qui permet de gérer encore relativement bien la reprise du rythme et le contrecoup des premières semaines.

  • Ludovia17 et #LudoDOC

J’en termine avec la #notepositive – petite initiative lancée le lundi sur Twitter – et avec un retour sur l’escapade de la fin du mois d’août.

Pour la cinquième fois, j’ai participé avec plaisir à Ludovia, et pour la troisième j’ai retrouvé Bénédicte sous la bannière #LudoDOC.

Pour cette édition un peu particulière de Ludovia, voici les interventions inspirantes qui m’ont redonné la pêche avant la rentrée : la présentation de Marie Soulié sur sa pédagogie des petits pas (qui m’a donné mon mot d’ordre de l’année : faire les choses sans stress et à petits pas), l’intervention de Stéphanie de Vanssay sur « Lézécrans, même pas peur » ; la présentation par Audrey de Ceglie d’une typologie des enseignants face à l’injonction du numérique.

De notre côté, avec Bénédicte (et Sophie, qui était avec nous à distance), nous avons pu présenter notre explorcamp sur « Et, ou, sauf le numérique« . Je dois encore publier la restitution de cet explorcamp sur le site LudoDOC, ce que j’espère avoir le temps de faire très prochainement !

Nous avons aussi pu rencontrer ou retrouver quelques collègues profs docs, ce qui est chaque fois un plaisir !

Malgré les masques, le pari de Ludovia est à nouveau remporté cette année : préparer la rentrée, dans une atmosphère propice à l’inspiration et aux échanges.

Voilà pour ce début de nouvelle année scolaire.

Je vous souhaite encore une fois le meilleur pour la suite, et vous dis à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Des crinolines à Hollywood

Pour ce compte-rendu de lecture du mois de septembre je vais tenter, une fois n’est pas coutume, non pas de partir de mes habituelles associations d’idées pour en venir au livre, mais bien de partir du livre pour partager ensuite les associations d’idées qui m’ont été communes avec son auteur.

Un roman de cinéma

J’ai parfois eu l’occasion d’en parler sur ce site : de quelle façon j’en viens à choisir un roman sur le cinéma.

Parfois il suffit du titre, parfois de la quatrième de couverture. Pour le livre qui m’intéresse aujourd’hui, ce qui a été déterminant, ce n’est pas seulement son titre, ni même sa quatrième de couverture, sur laquelle, avant de me plonger complètement dans la lecture, je m’étais à peine attardée.

Ce qui a été déterminant, ce sont ses premières lignes :

Hollywood, USA, 1932

Un matin de printemps et le jour qui se lève sur l’immensité de la ville, les milliers de maisons alignées, la perpendicularité inexorable des avenues là où vingt ans plus tôt s’étendaient les champs d’orangers, de citronniers et les pâturages, vingt ans plus tôt à peine, lorsque Griffith, DeMille et les autres décidèrent de planter leurs caméras ici, sous le soleil de plomb californien, précisément ici, quelque part vers le croisement de Vermont et de Sunset. Cet Hollywood-là, déjà, n’est plus, et l’aventure a disparu du monde moderne.

Il me semble que, lorsque j’ai pris ce livre sur le présentoir de la librairie où je l’ai acheté, avant d’en lire la quatrième de couverture, j’en ai lu ces premières lignes, et déjà, rien qu’avec le souffle de cette première phrase, j’ai été happée par la beauté de ce style et par la mélancolie qui s’en dégageait. Et c’est ce qui a été déterminant pour me faire retourner le livre et en consulter le résumé.

De quoi s’agit-il ? D’un roman de Nelly Alard, La Vie que tu t’étais imaginée, publié aux éditions Gallimard en janvier 2020.

J’ai lu les premiers mots, j’ai tourné et retourné le livre, assez frappée par cette photographie en noir et blanc – cheveux ondulés, posture pour écrire plus qu’inconfortable, sourcils légèrement arqués – et par cette fameuse quatrième de couverture :

«Quand on ne connaît pas sa mère, on ne comprend pas ce qu’on fait sur cette terre», m’avait dit Caroline.

J’avais voulu en savoir plus sur Elissa Landi, j’étais servie. Sa vie tout entière était là, sous forme de coupures de presse, photographies, contrats avec ses agents et ses producteurs, programmes, agendas et lettres. Des milliers de lettres. Mais ce n’était pas tout. Dans ces cartons il y avait aussi la vie de la mère d’Elissa, Karoline Zanardi Landi, la soi-disant «fille secrète» de l’impératrice Sissi, que la plupart des historiens qualifiaient de mythomane.

Je pense qu’il n’y aurait pas pu y avoir plus grand effet de surprise que ce grand écart entre deux univers : d’un côté Hollywood, presse, photographies, maisons de productions, films et contrats, de l’autre, l’impératrice Elisabeth d’Autriche dite Sissi.

Ce livre, c’est d’ailleurs davantage qu’un grand écart, puisque ce qui fait le pont entre ces deux univers tout aussi fastueux et invraisemblables l’un que l’autre, c’est une narratrice dont on va suivre la quête en oscillant constamment entre la tendresse et l’étonnement sceptique.

Trios de têtes

L’ouvrage s’ouvre sur une première partie qui s’intitule « Marie, Marie et Marie », dont le lecteur découvrira au fur à mesure qu’il s’agit de la soeur d’Elisabeth d’Autriche, Marie de Naples, de sa nièce Marie Wallersee, et de sa dame d’honneur, Marie Festetics.

Et pourtant, dans ce début de roman, ce n’est aucune de ces trois Marie que nous rencontrons en premier, mais un autre personnage, le premier personnage de la quatrième de couverture, Elissa Landi, dans son Hollywood des années trente.

Ce chapitre est relativement court, on y suit Elissa dans ses promenades à cheval et en voiture décapotable, on y découvre sa mère Karoline, et on reçoit avec elles deux une curieuse lettre venue d’Autriche.

Dès le deuxième chapitre, la caméra prend du recul. Ce n’est plus Elissa qui se trouve au premier plan, mais la narratrice à l’origine de cette curieuse quête.

Marie de Naples

Au-delà des trois Marie donnant son titre à la première partie, le roman nous conduit en effet d’un trio de têtes à un autre.

Il y a Marie, Marie et Marie, des figures qui seraient presque des figurantes si elles ne prenaient pas de temps en temps la parole.

Il y a le trio principal : Elisabeth d’Autriche, Elissa Landi et la narratrice.

Il y en a un dernier, tout aussi important : Karoline, la mère d’Elissa, Elissa Landi et sa fille, Caroline Thomas.

Autour de toutes ces figures féminines gravitent quelques autres figures masculines si ce n’est bien moins intrigantes, en tout cas réduites à l’état de spectateurs : le réalisateur Henri, rencontré par la narratrice ; le premier mari d’Elissa, John ; le second mari de sa mère, Pi ; et le plus surprenant : Proust.

Comme l’indique l’auteure – narratrice (frontière aussi indéterminée que pour le narrateur et l’auteur de la Recherche) :

Les lieux, les temps, les personnes, Proust et le Café Central, Sassetot et Elissa, moi et Hollywood, tous nous tournons, nous confondons, nous mélangeons dans la grande essoreuse du Temps.

Cet ouvrage est un va-et-vient continu dans cette galerie improbable de personnages qui sont tous à la recherche d’une réponse (pas forcément unique ni simple) : Karoline, la mère d’Elissa, est-elle la fille cachée de Sissi ?

Sissi ou Elisabeth ?

Tout l’intérêt du livre est de ne pas répondre ici à cette question, que je laisse en suspens.

J’en viens maintenant aux faisceaux de réactions et d’associations que ce roman a suscités en moi.

D’abord Sissi ou plutôt Elisabeth de Wittelsbach, impératrice d’Autriche. Au gré des pérégrinations historiques de l’auteure, j’ai eu l’impression de replonger dans une atmosphère que, comme tout le monde, j’ai d’abord connu avec les films de Romy Schneider.

C’est curieux d’ailleurs cette tendance à parler des films de Romy Schneider, puisque, certes, elle y incarne le premier rôle, de plus en plus à son corps défendant au fil des films, mais elle n’en est pas la réalisatrice.

Ces trois « films » dégoulinants de guimauve et de bonnes intentions, et présentant Magda Schneider, la mère de Romy, comme bien plus maternelle qu’elle ne l’a sans doute jamais été, sont l’oeuvre d’Ernst Marischka et si la plupart des gens connaissent Elisabeth d’Autriche aujourd’hui, c’est par son intermédiaire.

J’ai eu l’occasion d’aborder sur ce site dans différents articles le rapport compliqué qu’entretenait Romy Schneider avec son personnage de Sissi. Nelly Alard me donne avec son roman l’occasion de changer de point de vue et de considérer à nouveau quel personnage de cinéma on a fait de Sissi.

Je me suis ainsi rendue compte que je n’ai vu pas forcément tous les films mais la plupart de ceux qui lui sont consacrés (et qui apparaissent dans la filmographie proposée ici).

Si, comme l’auteure, je suis vite revenue de la trilogie mielleuse des Sissi, j’ai pu apprécier une Ava Gardner vieillissante et néanmoins toujours aussi impériale dans Mayerling, j’ai adoré l’apparition en mouette d’une Sissi énigmatique dans le Ludwig de Visconti (la revanche de Romy Schneider sur son personnage) et je n’avais par contre pas fait le lien entre Sissi et L’Aigle à deux têtes de Cocteau, avec une magnifique Edwige Feuillère.

J’ai aussi le vague souvenir d’un téléfilm avec Arielle Dombasle, et qui contrastait quelque peu avec la vision fantasmée et habituelle du personnage, car aucun des films mentionnés précédemment ne semblent approcher la réalité d’Elisabeth d’Autriche, du moins telle qu’on semble l’approcher désormais : sa frigidité (qui cadre mal d’ailleurs avec la naissance d’une enfant cachée), son anorexie, son anticonformisme, son narcissisme, son refus de vieillir et d’être photographiée – Nelly Alard nous révélant dans son roman que la fameuse photo mortuaire n’est elle-même qu’un fake issu du premier film consacré à l’impératrice.

J’ai eu aussi une bonne période où l’empire austro-hongrois m’intéressait beaucoup, peut-être pas autant que cela intéressait Nelly Alard, mais j’ai gardé de cette période un ouvrage de Bernard Michel dans ma bibliothèque, où j’ai retrouvé les portraits de François-Joseph, côtoyant les tableaux de Klimt et la musique de Johann Strauss…

Ce sont ces images réelles très floues et ces images fantasmées très réelles que suscitent en nous La Vie que tu t’étais imaginée, elles se superposent à des films de Max Ophüls, à des romans de Stefan Zweig, aux mots de Proust nous décrivant la vie artistique, littéraire et mondaine de la fin du dix-neuvième siècle, et elles viennent côtoyer le Hollywood des années trente et l’histoire surprenante d’Elissa Landi.

Elissa Landi

Dans la superbe bible qu’Antoine Sire consacre aux stars des années 30 aux années 50, Hollywood, la cité des femmes, Elissa Landi ne fait l’objet que d’une seule et unique mention : à la page 194, dans le chapitre consacré à Claudette Colbert, et dans la section elle-même consacrée au Signe de la croix, le film de Cecil B. DeMille de 1932.

J’en profite pour recommander une nouvelle fois la lecture de cet ouvrage passionnant qu’est Hollywood, la cité des femmes.

Ce n’est cependant pas avec lui qu’on en apprend plus sur Elissa Landi. Je ne pense pas avoir déjà vu un film où elle apparaît, si ce n’est éventuellement Le Comte de Monte-Cristo avec Robert Donnat, que je ne connais que parce qu’il est le film préféré de V dans V pour Vendetta

J’ai donc laissé Nelly Alard me parler d’Elissa, et si l’on apprend à bien connaître Elissa dans ce livre, c’est d’abord par l’intermédiaire de sa fille, puis à travers les échanges qu’elle a avec sa mère, et c’est pour cette raison que la deuxième partie du roman fait le lien entre non pas trois, mais quatre générations de femmes : Karoline et Elissa, Caroline et Elissa.

Cherchant à démêler cette histoire incroyable, la narratrice pousse ses recherches jusqu’à prendre contact avec Caroline Thomas, la fille d’Elissa, qui lui donne accès à ses archives. S’ensuit une troisième partie dans laquelle Elissa, à travers ses lettres, prend pleinement la parole.

On y découvre une femme tiraillée entre l’écriture et le cinéma, entre l’Angleterre et les États-Unis, entre ses relations avec les hommes et son désir d’indépendance, entre son amour pour les siens et ses ambitions personnelles.

Du Je au Je, de Elissa à la narratrice

Je dois l’avouer, c’est dans les parties consacrées à Elissa, et où elle lui donne la parole dans un discours indirect libre, que Nelly Alard m’a quelque peu perdue.

En définitive, et citant de mémoire mon Pascal, « On aime mieux la chasse que la prise », j’ai préféré, et de loin, la quête de la narratrice, allant d’un personnage à l’autre, d’une Marie à une autre, d’une Elisabeth à une Elissa, d’une Karoline à une Caroline, à la mise en scène, via les lettres retrouvées, de son Elissa.

J’ai préféré le jeu des multiples coïncidences, les effets de miroirs et de reflets, les allers retours entre Hollywood, l’Autriche et la Bretagne, aux hésitations, aux tergiversations et tourments endurés pendant sa trop courte carrière et sa trop courte vie par Elissa Landi.

Et si en refermant le livre j’ai l’impression d’avoir couru après de vagues silhouettes, qu’elles soient impératrice, star hollywoodienne, auteure en quête de personnages, ce sont moins les rares arrêts sur image dont je garderai le souvenir que les foisonnements fugaces de ce kaléidoscope.

En espérant vous avoir, vous aussi, donné envie de participer à cette quête, je vous souhaite de belles lectures, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

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