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Blog pour cinéphiles et profs docs

Octobre 2018 : séances et animations du CDI

Voici un article #profdoc qui sera beaucoup plus court que celui du mois de septembre, et où je reviens sur mes activités entre le 24 septembre et le 19 octobre (avec quelques petits flashbacks de mi-septembre).

Séances

Après un mois de septembre très occupé et riche (43 heures de séances), j’ai eu un mois d’octobre beaucoup plus calme (16h sur trois semaines).

Ces séances étaient principalement des visites de classes de secondes, des heures de TPE (1S, ES et L), des heures d’enseignement d’arts visuels et un projet sur lequel je reviendrai le mois prochain.

Visites des classes de secondes

Cette année, j’ai pu voir 6 classes sur 12 (je rappelle que je suis en double poste) : la première classe le 13 septembre, deux classes le 14, une le 18, une le 27 et la dernière le 4 octobre.

Le premier code à flasher

Pour ces séances, j’ai repris « Escape CDI », le scénario co-réalisé avec Sophie Gronfier l’an dernier, et que nous avions présenté à Ludovia au mois d’août – j’y reviens dans l’article du mois de septembre.

Je n’ai pour l’instant rien modifié, même si j’aimerais bien, pour l’an prochain, rendre ce scénario un peu moins linéaire… j’espère pouvoir retravailler là-dessus durant l’année avec Sophie !

TPE

Pour les TPE, je suis en charge de 4 classes, mais du fait d’un autre projet, l’organisation de cette année est un peu particulière.

Je vois les 1S1 le mardi matin, les 1S2 le mardi soir, les 1L le jeudi matin et les 1ES1 (presque) le jeudi soir.

Comme l’an dernier, j’ai adressé ce mail à mes collègues de discipline :

Bonjour chers collègues,
Un petit mail pour vous indiquer, qu’a priori, c’est sur mes horaires de présence que se dérouleront vos TPE. Afin de faciliter leur organisation, je vous propose de choisir tout à fait librement entre 3 types d’utilisation du CDI, et après concertation avec votre binôme, de me répondre ce que vous décidez.
1ère option : formule « indépendante »
« Tu es très gentille et le CDI est très beau, mais je pense qu’avec mon binôme et nos loulous, on va pouvoir se dépatouiller tout seuls dans une salle informatique. Par contre, si jamais tu avais un petit quelque chose pour leur rappeler comment faire une recherche et une bibliographie ce serait top, et si jamais je change d’avis ou si j’ai besoin exceptionnellement du CDI ou si le réseau du lycée tombe en rade et qu’il nous faut des livres et des articles, je t’envoie un petit mail pour te prévenir. »
2e option : formule « intermédiaire »
« Je ne vais pas avoir besoin du CDI tout le temps, mais ce serait chouette si en début de TPE, par exemple à partir de la semaine du 17 septembre (voire avant mais je précise ma date dans la réponse), tu pouvais consacrer 4/5 séances à rappeler la base à nos loulous :
– utilisation du CDI dans le cadre des TPE
– démarche heuristique et problématique
– méthodes de travail et recherche
– citation des sources »
3e option : formule « accro au CDI »
« Nous on est des fous, on viendra toutes les semaines, soit l’un soit l’autre, sauf si tu n’es pas là, on veut bien des séances au début, comme dans la formule intermédiaire, et puis on adore les livres, les périodiques, le portail esidoc et si nous on aime, y’a pas de raison que nos loulous ils n’aiment pas aussi… bref, on se voit le …»

En ce qui concerne l’organisation et la communication avec les élèves, je pensais pouvoir m’appuyer très rapidement sur le déploiement de l’ENT au lycée, mais comme je n’ai rien vu venir au bout d’une semaine, je me suis rabattue sur l’utilisation de l’application Postclass, même si cette utilisation reste pour l’instant encore rudimentaire avec les élèves.

J’ai fait une séance par classe avec comme présentations :

  • l’utilisation du CDI dans le cadre des TPE (via une infographie)
  • un rappel de méthodologie de recherche sur Internet et sur E-SIDOC ainsi que de citation des sources (sur Genial.ly)
  • un point sur des propositions d’outils avec lesquels travailler en groupes (également sur Genial.ly)
  • l’installation de l’application (au minimum un élève par groupes) grâce à laquelle je partage également aux élèves le padlet de ressources que je mets à leur disposition.

En ce qui concerne ce Padlet, j’ai vraiment voulu le réorganiser pour qu’il fasse moins « fouillis » que le précédent, et j’ai opté pour le padlet en « étagères », avec un classement chronologique – tout au long du TPE – des ressources.

Une fois cette séance menée dans les classes, j’ai un mode de fonctionnement différent pour chacune d’elles :

  • je vois les 1L à chaque séance et je les accompagne tout du long normalement, de septembre à février.
  • j’ai vu les 1S2 durant la séance de présentation, puis les deux enseignants ont choisi de commencer les expérimentations dans les salles de sciences – je devrais normalement les revoir avant la fin des TPE pour des séances de rappel sur la citation des sources et la note de synthèse.
  • je vois les 1S1 chaque semaine au CDI au moins jusqu’aux vacances de Toussaint, ensuite moins régulièrement (seulement un rappel sur la citation des sources et la note de synthèse).
  • enfin la petite particularité qui m’a donné le plus de difficultés : les 1ES1. Leurs horaires de TPE sont le jeudi de 16h à 18h – tandis que les heures d’arts visuels sont de 16h à 17h30. Je vois donc les 1ES1 de 17h30 à 18h pour un « suivi express » de leurs recherches, et c’est aussi pour eux à l’origine que j’avais choisi d’utiliser Postclass.
Arts visuels

Comme l’an dernier, je suis impliquée avec ma collègue d’histoire-géo dans l’enseignement d’arts visuels, qui a donc lieu le jeudi après-midi de 16h à 17h30. Les objectifs sont les suivants : faire découvrir aux élèves l’univers et les métiers du cinéma, et leur faire réaliser un film (court-métrage).

L’an dernier, nous devions travailler en collaboration avec le centre hospitalier du Perray-Vaucluse. À notre travail autour du cinéma s’ajoutait une sensibilisation auprès des élèves à un élément du patrimoine local et des recherches entre autres sur la folie, la psychiatrie…

Cette année (en théorie dernière année pour les enseignements d’exploration), nous avons voulu travailler sur la thématique du cinéma au cinéma.

Voici comment les premières séances se sont déroulées :

  • 6 septembre : séance de présentation, traditionnelles fiches à faire remplir aux élèves, premiers éléments sur les métiers du cinéma
  • 13-20-27 septembre : début de travail sur l’écriture scénaristique avec le visionnage en parallèle de Sunset Boulevard, de Billy Wilder. Nous avons demandé plusieurs travaux d’écriture aux élèves en lien avec ce film : après les premières vingt minutes, imaginez la suite / trouvez des éléments indiquant que Norma est amoureuse du narrateur / trouvez des éléments indiquant qu’elle est malade / enfin expliquez en quoi le film fait une critique de Hollywood.
  • 4 et 11 octobre : poursuite du travail sur l’écriture scénaristique. Comment écrit-on un scénario ? À partir de plusieurs extraits d’ouvrages racontant le passage du muet au parlant (voir fiche réalisée par mes soins ci-dessous), les élèves devaient s’imaginer dans la peau d’un scénariste qui veut mettre en scène l’arrivée du parlant. Puis, nous leur avons présenter et fait étudier deux scènes de Chantons sous la pluie et de The Artist. Enfin ils devaient expliquer laquelle de ces deux scènes était leur préférée.

En raison d’un déplacement professionnel sur lequel je reviens plus bas, je n’ai pas pu assister à la séance avant les vacances.

Animations

Deux temps forts ont marqué mon mois d’octobre cette année.

Semaine de l’hispanité / Semana hispanidad

En mai dernier, j’ai collaboré avec un collègue d’histoire-géo qui voulait proposer au lycée une « semaine de la Russie ».

Cette initiative a eu beaucoup de succès, et lorsque les enseignants d’espagnol ont voulu profiter de la semaine de l’hispanité, je leur ai proposé de m’associer à leurs initiatives, ce qui a été très bien accueilli.

  • affiches de l’événement

J’ai proposé aux collègues de réaliser les affiches de l’événement, une plaquette globale avec l’ensemble des animations et des affiches dédiées pour chacune d’entre elles. Voilà le résultat :

  • exposition thématique

Comme pour la semaine de la Russie, j’ai organisé une exposition thématique avec les ressources disponibles au CDI, voilà ce qu’elle donnait une fois installée :

  • ressources en ligne

Comme pour l’exposition russe, j’ai proposé deux autres affiches, l’une réalisée par Sandrine Duquenne et consacrée à la littérature espagnole :

L’autre consacrée aux séries et au cinéma :

  • jeu « Le code espagnol »

Enfin j’ai repris le modèle du « Code russe » que j’ai adapté en « Code espagnol », une petite série de jeux avec à chaque fois un indice à récolter pour résoudre une énigme finale :

Je tiens à saluer l’implication de ma collègue d’espagnol, Carla, avec qui j’ai beaucoup échangé, et qui a organisé beaucoup de choses, m’a aidée dans l’installation et la mise à disposition de ressources, a fait venir une danseuse de flamenco, m’a fait la surprise d’un drapeau espagnol au dessus de la porte du CDI, a organisé avec Sandrine, prof d’EPS, une démo de step dans le hall du lycée un jeudi soir et a permis que l’on ait un superbe repas hispanique à la cantine…

Fête de la science #FDS2018

Après un gros travail l’an passé, notamment avec le tableau périodique des éléments cliquable, je souhaitais mettre en place quelque chose de plus modeste, mais je tenais tout de même à profiter de la thématique de cette année, qui semblait incontournable : « Idées reçues et fausses informations ».

J’ai proposé à Sophie Gronfier, ma copine d’ESCAPE CDI, de travailler avec moi et elle a accepté.

Affiches Idées reçues et fausses infos

Nous avons décidé de proposer une sélection d’affiches (reproduites ci-dessous) sur les idées reçues, les complots, les fake news et les contestations de faits scientifiques. Chaque affiche propose un jeu permettant à l’élève de démêler le vrai du faux, et des sites de référence pour assouvir sa curiosité.

Sophie a réalisé l’affiche de présentation, ainsi que les suivantes : « La terre serait plate », l’affiche sur le sida, celle sur les vaccins et celle sur l’alimentation.

J’ai réalisé celles sur les femmes scientifiques, le climat, l’homme sur la Lune et la théorie de l’évolution.

Les affiches sont à retrouver ici sur Genial.ly

À la fin de chaque jeu, nous avons laissé des indices que les élèves peuvent collecter, pour résoudre le problème réalisé par un collègue de maths de Sophie – que j’en profite pour remercier : « Si la Terre n’est pas plate, prouve-le avec Eratosthène ».

J’ai bénéficié de la complicité de mes collègues de SVT, maths et physique-chimie pour afficher le tout au 3e, 4e et 5e étages du lycée.

Marques pages

En prolongement de ces travaux, j’ai à nouveau mis à disposition les marques-pages réalisés l’an dernier :

Marques pages savants

ainsi qu’un nouveau, renvoyant vers le tableau périodique cliquable réalisé avec Sandrine Duquenne :

 

Tableau périodique Fête de la science

Tableau dont je remets le lien ci-dessous, si vous voulez retourner le voir…

Sortie avec les Terminales S

Le 12 octobre, j’ai accompagné deux classes de Terminales S en sortie à l’université d’Evry.

Les élèves participaient à 4 ateliers : un quiz mené par des étudiants en 3e année de licence sur des connaissances scientifiques, une présentation sur des idées reçues en informatique et environnement, une séance de retrogaming avec quelques jeux d’arcade (dont Pac Man et Space Invaders) qui a eu beaucoup de succès, et une visite d’un laboratoire de biologie.

J’ai pu faire quelques photos que je glisse ci-dessous :

Gestion

Pour ce mois-ci, le gros de mon travail de gestion a été consacré au renouvellement du rayon histoire-géo. J’ai passé 3 commandes, dont pour l’instant seulement la première est arrivée.

En voici un petit aperçu, avec quelques ouvrages de fictions…

Réunions, formations, interventions

  • le 28 septembre, j’ai assisté à la réunion de rentrée du département A2 de la DNE.
  • le 2 octobre, j’ai assisté à une dernière réunion de formation de formateurs consacrée à la formation des T1 et des T2 dans l’académie de Versailles.
  • le 5 octobre, j’ai co-animé la réunion nationale des TraAM Documentation
  • enfin les 18 et 19 octobre, je suis intervenue dans les journées départementales des professeurs documentalistes de l’académie de Besançon, et je mets à votre disposition ci-dessous mon support de présentation. Merci encore à Laure Luchez et à toutes les personnes du réseau CANOPÉ qui nous ont accueillies, avec Brigitte Pierrat.

Lectures septembre / octobre

Pour terminer cet article, voici un point sur mes lectures de ces deux derniers mois.

  • début septembre, j’ai fini Jours barbares, de William Finnegan, l’histoire d’un gamin passionné de surf, que l’on suit tout autour du monde pendant qu’il cherche des vagues… un conseil de lecture de Gaël @daddidoc, et que j’ai commandé pour le CDI.
  • j’ai enchaîné avec la biographie de Romy Schneider, dont j’ai fait le compte-rendu dans l’article cinéphile du mois d’octobre ;
  • ensuite, j’ai beaucoup aimé Les Derniers jours de nos pères, de Joël Dicker, un conseil de lecture de @perrinechambaud
  • je me suis engouffrée dans Au revoir là-haut, que je n’avais pas lu au moment de sa sortie ni au moment de la sortie du film, et du coup j’ai commandé la suite pour le CDI…
  • puis j’ai lu Une vie, l’autobiographie de Simone Veil, qui m’a beaucoup touchée, et où j’ai apprécié les portraits des politiques qu’elle fait entre 1950 et les années 2000.
  • j’ai fini le mois de septembre par Les Suprêmes, d’Edward Kelsey Moore, l’histoire tantôt drôle, tantôt émouvante, de trois noires américaines entre les années 50 et 2000, sur fond de ségrégation et de droits civiques ;
  • j’ai entamé le mois d’octobre avec un superbe roman de fantasy, avec pour décor Marseille pendant les guerres de religion : Royaume de vent et de colères, de Jean Laurent del Socorro ;
  • ensuite : deux livres sur le cinéma, dont j’aurai l’occasion de reparler, les Courses poursuites et Chaplin’s world ;
  • pour l’instant je suis plongée dans La Maison de l’Âprevent (Bleak House) de Dickens, sur les conseils de @PierreNobis et j’ai prévu pour fin octobre – début novembre la lecture d’une sorte d’uchronie sur fond de Première guerre mondiale, Frankenstein 1918.

D’ici là, je vous souhaite de bonnes vacances. À bientôt sur Cinéphiledoc !

Romy Schneider, biographie féministe

Pour ce second compte-rendu de l’année 2018-2019, je retourne à des premières amours, à savoir une comédienne qui a été pour beaucoup dans ma cinéphilie, et je continue sur ma lancée de cette année – involontaire – qui met à l’honneur les femmes au cinéma.

Lorsque j’ai lancé ce blog, l’un des premiers articles que j’ai écrits était consacré à Romy Schneider. Elle m’a toujours fascinée et émue et, si encore beaucoup de sa filmographie m’est inconnue, j’en ai vu suffisamment pour en cerner l’incroyable complexité.

Je ponctuerai cet article de quelques-uns de ces films.

État de bibliothèque

Comme je l’expliquais à quelqu’un, Romy est l’un des aspects du cinéma sur lequel j’ai le plus de livres. Aspect ? Le terme peut paraître curieux. Disons qu’entre les réalisateurs, les thèmes, les époques, les genres et les acteurs, elle est l’actrice sur laquelle j’ai le plus de livres.

Certes, elle ne fait pas d’ombre à Hitchcock et Chaplin, encore moins à Truffaut, sur lequel j’achète le moindre livre qui sort et pour qui je recense régulièrement ce que j’ai et ce qui me manque.

La simple raison est que pour Romy, le tri est nécessaire.

Pourquoi ? Parce que la moindre publication peut verser dans le mélo, « cinéma à l’ancienne et crinoline », le pathos « mon dieu quel destin tragique », ou le relevé pharmaceutique « alcool et médicaments ».

Avant de lire un livre sur Romy, je tente donc d’observer s’il prend en compte l’un de ces quatre critères :

  1. il donnera la parole à la principale intéressée
  2. il racontera sa vie d’un ton neutre et objectif
  3. il se concentrera sur des photos et/ou des facs similés
  4. il apportera un éclairage inédit sans sensationnalisme

J’ai donc dans ma bibliothèque : le journal intime de Romy Schneider, une biographie publiée il y a plusieurs années, 3 ouvrages photos (dont l’un exclusivement sur L’Enfer de Clouzot) et le livre dont je vais vous parler aujourd’hui.

Une quatrième de couverture trompeuse…

C’est dans la presse que j’ai entendu parlé de ce livre pour la première fois, une parution récente, et qui intervient quelques mois seulement après la sortie d’un film paraît-il controversé (car faisant la part belle à une addiction à l’alcool et aux médicaments) sur Romy.

Je n’ai pas vu ce film, pas à cause d’un a priori négatif, mais simplement par manque de temps et parce qu’il ne passait dans aucune salle à proximité lorsque j’ai été plus disponible.

Ce n’est qu’après coup que j’ai compris pourquoi on parlait tant de Romy en ce moment : le 23 septembre dernier, elle aurait eu 80 ans. Les semaines précédant cette date, plusieurs ouvrages sont parus, Arte a diffusé plusieurs films avec Romy, comme d’habitude Alain Delon s’est fendu d’une communication larmoyante sur la question…

Pourquoi cette date anniversaire m’a-t-elle donc échappé ?

Explication n°1 : (la plus réaliste) je ne prête pas forcément attention aux dates anniversaires, j’essaye déjà de retenir ceux de mes proches…

Explication n°2 : (la plus romanesque) Sans doute associer ces deux termes « 80 ans » et « Romy » reste inconcevable. Romy fait partie de ces êtres qui ne vieilliront jamais, et qui me rappellent cet extrait du Premier homme d’Albert Camus :

C’est à ce moment qu’il lut sur la tombe la date de naissance de son père, dont il découvrit à l’occasion qu’il l’ignorait. Puis il lut les deux dates « 1885-1914 » et fit un calcul machinal : vingt-neuf ans. Soudain une idée le frappa qui l’ébranla jusque dans son corps. Il avait quarante ans. L’homme enterré sous cette dalle , et qui avait été son père, était plus jeune que lui.
Et le flot de tendresse et de pitié qui d’un coup vint lui emplir le coeur n’était pas le mouvement d’âme qui porte le fils vers le souvenir du père disparu, mais la compassion bouleversée qu’un homme fait ressent devant l’enfant injustement assassiné – quelque chose ici n’était pas l’ordre naturel et à vrai dire, il n’y avait pas d’ordre mais seulement folie et chaos là où le fils était plus âgé que le père. La suite du temps lui-même se fracassait autour de lui immobile, entre ces tombes qu’il ne voyait plus, et les années cessaient de s’ordonner suivant ce grand fleuve qui coule vers sa fin.

Donc – pour en finir avec cette digression : Romy n’a pas 80 ans, et j’ai lu un autre livre sur Romy.

Romy Schneider intime, de Alice Schwarzer est paru en août 2018 aux éditions de l’Archipel.

Sur la quatrième de couverture, un extrait du livre et ces deux lignes :

Durant une nuit entière, Romy s’est confiée à Alice Schwarzer comme jamais encore elle ne l’avait fait.

Allons bon, voilà qui est intéressant ! J’ai donc été facilement persuadée que le livre était une retranscription complète (une sorte d’entretien en mode traveling) d’une conversation.

Décembre 1976, on est en pleine période française, après La Piscine, en pleine période Sautet, et avant la date fatidique de 1981, le décès de David.

Donc pour moi le livre était une sorte d’arrêt sur image, d’instantané en pleine carrière où il y aurait certes des confessions, mais sans que cela donne au lecteur le sentiment d’être abusivement intrusif.

La quatrième de couverture n’était pas totalement trompeuse : l’auteur revenait largement sur cet entretien de 1976, mais il s’agissait davantage d’un fil conducteur pour retracer le parcours de Romy. Elle lui donnait régulièrement la parole mais en s’appuyant aussi sur le journal intime – que je connaissais déjà – et sur des lettres, que j’ai découvertes.

Alors, qu’est-ce que cet ouvrage a de différent des autres biographies et de la littérature déjà abondante sur Romy Schneider ? Que peut-il apporter de plus ?

Deux choses.

La biographie féministe de Romy Schneider

La première, c’est que cette biographie est l’oeuvre d’Alice Schwarzer, journaliste allemande, fondatrice et rédactrice du magazine féministe EMMA, figure emblématique – je l’ai découvert – du féminisme en Allemagne, « traductrice culturelle » (dit Wikipédia) de Simone de Beauvoir.

Elle a rencontré Romy Schneider en 1976 et souhaitait faire son portrait pour le premier numéro de son magazine, dont la sortie était prévue pour début 1977.

Dès l’avant-propos, le ton est donné :

Nous sommes en 1976. Nous les féministes, nous venons pour la première fois de briser le silence, de rompre l’omerta qui pèse sur la violence sexuelle, sur la maltraitance, le harcèlement et le viol (…) À Hollywood, la bulle n’a éclaté qu’un demi-siècle plus tard, en 2017, avec l’affaire Weinstein.

Et ce ton, il est dur, souvent cinglant, parfois attristé et sans illusion.

Donnant la parole à Romy, et ponctuant le récit d’extraits de son journal intime et de lettres, Alice Schwarzer revient sur la trajectoire d’une petite jeune fille, prodige du cinéma allemand.

Ce n’est pas une sinécure.

Évidemment on commence avec l’ombre de la seconde guerre mondiale, et l’amitié (voire plus) des parents de Romy, en particulier sa mère, avec un certain Adolf Hitler. Déterminant pour la suite, la construction d’une personnalité pleine de culpabilité, et des choix cinématographiques jamais anodins.

Ensuite, il y a tout ce carcan culturel et familial qui l’enferme dans le personnage de Sissi (et dans quelques rôles aussi « meringués »). La mère, intrusive, égocentrique et qui voit peu à peu sa fille l’éclipser ; le beau-père, une espèce de profiteur abusif qui a bien flairé la poule aux oeufs d’or.

Puis il y a la fuite pour retrouver Delon à Paris après le tournage de Christine. Après cela, le livre prend comme éclairage les rapports de Romy avec les hommes, ceux qui la mettent en scène et ceux qui vivent avec elle.

Et là non plus ce n’est jamais heureux : soit elle les domine et ça ne dure pas longtemps, soit ils la dominent et… ça ne dure pas longtemps.

Alice Schwarzer décrit une Romy hypersensible, qui attend beaucoup mais qui ne sait pas toujours ce qu’elle attend, qui accepte de se soumettre, mais pas trop longtemps, qui quitte un rôle (cinématographique ou familial) dans lequel elle se sent trop à l’étroit pour retrouver finalement un autre rôle qui n’est pas plus libre.

Les extraits de lettres et le journal témoignent de cette situation d’écorchée vive dont elle n’est jamais sortie.

À plusieurs reprises, l’auteur s’indigne et prend la défense d’une femme qui ne s’aimait pas et que beaucoup n’ont pas su aimer.

Éclairage allemand

La seconde chose qui rend cet ouvrage différent de ce que j’ai pu lire ailleurs, c’est la perspective qu’il adopte.

Dans tout ce que j’ai pu lire jusqu’ici, j’avais ce point de vue : Romy était une actrice allemande, qui s’était installée en France pour mener le plus beau de sa carrière – La Piscine, tous les films de Claude Sautet, Garde à vue

Grâce au livre d’Alice Schwarzer, j’ai pu voir l’autre côté du miroir (ou du Rhin), car cette dernière revient évidemment non seulement sur les premières années, puis sur les relations que les allemands et Romy ont entretenues après son premier départ, son mariage avec Harry Meyen et sa vie à Berlin, avant son retour en France.

Elle a d’ailleurs un oeil très critique sur la période française, de La Piscine (un rôle qu’elle juge « à côté de la plaque ») à tous les films de Sautet.

Au-delà de ces critiques, le livre offre un éclairage sur la vie artistique et culturelle de l’Allemagne (et sur les relations franco-allemande) entre 1938 et 1982 : les comédiens et comédiennes, l’univers du cinéma et du théâtre, les différences culturelles entre France et Allemagne et comment les deux pays se perçoivent mutuellement sous le prisme d’une femme et d’une actrice : Romy Schneider.

Se réconcilier avec Sissi ?

À quel moment voit-on Sissi pour la première fois ?

En ce qui me concerne, ça devait être enfant, à Noël, lors d’une des nombreuses rediffusions. J’ai adoré Sissi toute mon enfance, je l’ai délaissée lorsque j’ai découvert le reste de la filmographie de Romy Schneider.

Ensuite, je l’ai revu, mais si j’ai la trilogie sur mes étagères, elle ne sort pas très souvent de son coffret. Je lui préfère le dernier – en français Sissi face à son destin (!!!) et le film sur Victoria, Les jeunes années d’une reine.

J’ai de l’affection pour ces films mais ils ne définissent plus pour moi, depuis très longtemps, ce qu’est Romy Schneider.

Alice Schwarzer, à la fin de son livre, semble se réconcilier avec Sissi. Je me contente, pour ma part, de l’ombre de l’impératrice dans le Ludwig de Visconti.

Et si je devais retenir trois films de cette filmographie, sur lesquels je terminerais cet article, voilà ce que je garderais :

  • Les Choses de la vie
  • César et Rosalie
  • La Banquière

Septembre 2018 : séances et animations du CDI

Ceci est mon septième mois de septembre en tant que professeure documentaliste et j’en profite pour vous souhaiter à nouveau, avec un peu de retard une excellente année scolaire.

Comme chaque année depuis maintenant 4 ans, la mienne a débuté sous la bannière de Ludovia, je profite donc de cet article pour faire un petit retour sur cette 15e édition.

Retour sur #LudoDOC

Cette année, je ne vous propose pas, comme les années précédentes, un article spécifique et en temps réel de Ludovia – je me contente d’un petit moment sur Twitter déjà publié, mais je vais tout de même revenir sur deux choses qui me tiennent à coeur : la première édition de #LudoDOC (et les coulisses de cet événement associé) et les animations que j’ai pu présenter, seule ou à plusieurs, entre le 20 et le 24 août.

Historique de #LudoDOC

Comme vous le savez peut-être, j’ai eu l’idée de #LudoDOC durant la précédente édition de Ludovia, en discutant avec Florence Canet et Anne Delannoy.

En septembre 2017, j’ai créé le compte Twitter et quelques visuels pour mettre en valeur l’initiative, à savoir : un groupe de profs docs connectés, accros au numérique et à tous les aspects ludiques de la pédagogie.

En octobre-novembre, j’ai commencé à échanger avec Aurélie Julien, organisatrice de Ludovia, pour savoir comment faire de #LudoDOC un événement associé de Ludovia. J’ai aussi rencontré (en vrai) Sophie Gronfier et j’ai commencé à pas mal échanger sur Twitter avec Sandrine Geoffroy et Sophie qui sont devenues mes acolytes officielles de #LudoDOC.

En décembre, j’ai pu proposer à Aurélie un premier article qu’elle a publié dans Ludomag avec un logo.

Entre janvier et mai, avec Sandrine et Sophie, nous avons pu avancer en pointillé sur l’organisation, le programme, les intervenants, et nous avons commencé à communiquer. Nous avons également lancé un questionnaire afin de recueillir les premières inscriptions.

Sophie a créé une chaîne YouTube avec une première vidéo de valorisation, j’ai fait une présentation sur Genially, le tout régulièrement relayé sur le compte Twitter @doc_ludo, en alternant avec la valorisation d’initiatives de profs docs.

Puis nous avons préparé un site internet, commencé à regrouper quelques goodies (stylos, badges…).

En juillet, ça s’accélère : préparation des différents temps #LudoDOC (supports de présentation, échanges par téléphone), relance des dernières personnes inscrites, et impression des badges.

En août, enfin, communication la semaine avant Ludovia, avec des visuels rappelant les temps #LudoDOC et leur localisation.

Le 20 août, top départ : lancement du site ↓

Vous y retrouverez tout ce qui s’est passé pendant Ludovia. Je rajoute simplement ci-dessous les temps où je suis intervenue plus spécifiquement.

J’ajoute que durant Ludovia, à notre grand plaisir, nous avons recruté une quatrième personne dans l’équipe, Bénédicte Langlois (@reporterlego sur Twitter), professeure documentaliste dans l’académie de Montpellier.

Mes différentes interventions
  • Hackathon spécial #profdoc et numérique

Le 20 août après-midi, j’ai co-animé un mini-hackathon avec Sophie Gronfier sur l’usage des téléphones portables au CDI. Présentation et article de compte-rendu à venir sur LudoDOC.

  • Temps sur « Les profs docs vous présentent… »

Le 22 août après-midi, j’ai proposé sur le stand de LudoDOC une présentation sur la thématique : « Proposer aux élèves des contenus thématiques interactifs en lien avec l’ouverture culturelle et les actions éducatives ».

La présentation a fait l’objet d’une annonce sur Ludomag :

Proposer aux élèves des contenus thématiques interactifs en lien avec l’ouverture culturelle et les actions éducatives

Mon support de présentation est disponible ci-dessous :

Les profs docs vous présentent : Proposer aux élèves des contenus thématiques interactifs en lien avec l’ouverture culturelle et les actions éducatives

  • Barcamp avec Bérengère Stassin

Le matin du 23 août, j’ai co-animé un barcamp avec Bérengère Stassin sur la thématique « Comment aborder les différentes formes de désinformation du secondaire au supérieur ? » J’y ai fait un compte-rendu de ma séquence menée l’an dernier avec les Premières L.

La présentation est disponible ici :

Un compte-rendu du barcamp a été proposé sur Ludomag par Stéphanie de Vanssay :

Comment aborder les différentes formes de désinformation, du secondaire à l’université

  • Explorcamp avec Sophie Gronfier

Enfin, le jeudi après-midi, j’ai co-animé un explorcamp avec Sophie Gronfier pour présenter notre séance « Escape CDI : découvrir le CDI autrement ».

Un article présentant l’explorcamp avait été publié sur Ludomag :

Escape CDI : découvrir le CDI autrement

Vous retrouverez la présentation sur LudoDOC, en suivant le lien ci-dessous :

Explorcamp : Escape CDI : découvrir le CDI autrement

  • Interviews

Pendant ce Ludovia, nous avons eu la chance d’être interviewées deux fois pour présenter le collectif LudoDOC, dont une fois par eteachers et Nipedu.

La seconde fois, par François Jourde pour Ludomag TV :

Et j’ai aussi été interviewée par la chaîne Via Occitanie :

https://viaoccitanie.tv/ecole-30-le-ministre-de-leducation-en-ariege/

Encore une super expérience de Ludovia, et je profite de cet article pour remercier Aurélie Julien et Éric Fourcaud pour leur accueil et leur confiance !

Avant la reprise

Après Ludovia, et avant la pré-rentrée, je suis allée travailler sur différents projets de l’année que nous avons ensemble, ma copine d’histoire-géo et moi.

Elle m’a aussi demandé si je pouvais préparer, pour une copine prof doc et elle, un petit atelier sur Genially.

J’avais donc réalisé pour l’occasion la présentation ci-dessous, qui est loin d’être exhaustive, mais qui donne un aperçu de ce qui peut être fait avec Genially.

Une petite manière sympathique de se remettre dans le bain, d’échanger sur les projets à venir et d’avoir de nouvelles idées.

Séances pédagogiques

Durant ce mois de septembre, je me suis très vite impliquée (plus rapidement que les années précédentes) dans des séances avec les élèves, car j’ai participé dès le 4 septembre à des projets, que je vais détailler dans l’ordre chronologique (comme d’habitude, j’en garde quelques-uns pour le mois d’octobre, pour équilibrer les articles).

Journée d’intégration des Premières STMG

Mes collègues d’éco-gestion ont souhaité mettre en place, en fin d’année dernière, une journée d’intégration pour les quatre classes de premières STMG.

J’ai été conviée aux réunions et j’ai participé à la première demi-journée (durant la seconde, j’ai préparé avec des collègues les séances que je vous présenterai juste après).

La matinée se déroulait ainsi :

  • Accueil
  • Prise de contact « Apprendre à se connaître » (les élèves s’appuyaient sur un mini-questionnaire de Proust et devaient par binômes se présenter l’un l’autre) – 30mn
  •  « Ma STMG » : découvrir la filière, recenser ses craintes, ses représentations et ses objectifs, et réaliser une présentation par groupes – 2h30

Je suis intervenue plus spécifiquement sur le troisième temps, durant lequel j’ai rappelé aux élèves les sites ONISEP et Oriane.info (tout en profitant pour présenter E-SIDOC). J’étais « affectée » plus particulièrement à un demi-groupe, mais j’ai pu aller voir les 3 autres demi-groupes pour des petites présentations de 5 minutes.

Voilà le travail réalisé par quelques élèves.

Pour la deuxième demi-journée, comme je l’ai indiqué, je n’ai pas pu faire le même travail, puisque j’étais accaparée par la préparation d’une autre séance, à destination des secondes.

Escape Game Sciences / CDI

Depuis le mois de juin, nous réfléchissons avec mes copines de physique-chimie et SVT à une séance sous forme d’escape game pour présenter aux élèves de Seconde les séances de TP de sciences et le CDI.

Je vais tâcher de reconstituer le plus fidèlement possible les différentes étape de l’escape game, ce qui sera complété par les quelques photos que j’ai pu prendre.

  • 2 équipes (les verts et les rouges) et deux tables d’équipe.
  • on introduit la séance par une vidéo : les élèves doivent aider Einstein à retrouver son badge d’accès à un centre hyper-sécurisé. Le badge est dans un coffre fermé par un cadenas à combinaison à trois chiffres.
  • sur chaque table d’équipe : un jeu DEBLOK à reconstituer, les badges des élèves, un curieux QR-code, un portefeuille, une blouse, un gant en latex. Dans la blouse : un petit papier. Dans le portefeuille, une grille de loto et un petit papier avec la lettre F. Chacune de ces énigmes une fois résolue va conduire les élèves à des protocoles qu’ils auront à réaliser pour récupérer à chaque fois un élément du code final.
  1. le jeu DEBLOK conduit à la cote d’un livre qui permet de trouver le protocole « Volume via burette graduée »
  2. les badges permettent de compléter le QR-Code pour récupérer un protocole et mesurer une molécule via RASTOP
  3. le loto est à flasher avec HP-Reveal, ce qui révèle une couverture de livre, dans lequel on trouve le protocole de mesure d’une cellule via une lame micrométrique étalonnée
  4. le papier dans la blouse renvoie vers E-SIDOC, où les élèves doivent récupérer le protocole de mesure de la masse volumique d’une roche
  5. Sur les gants sont inscrits 3 lettres renvoyant vers les casiers de magazines du CDI pour permettre de mesurer un fossile avec une loupe binoculaire
  6. le petit papier avec la lettre F, passé à la loupe, révèle un code (police 0,5) à saisir sur un genially. L’élève a ensuite accès à un learning apps sur les atomes, molécules…

De 1 à 5, les élèves doivent récupérer des chiffres, pour le 6 ils doivent trouver 3 lettres. Le tout leur donne la cote d’un livre, dans lequel ils récupère une roue de César. Les élèves traduisent les 3 lettres en chiffres et obtiennent le code du coffre où se trouve le badge d’Einstein.

La réalisation de cet escape game a demandé un temps de travail considérable, et exige à chaque séance un temps d’installation lui aussi important. Mais les élèves apprécient vraiment cette séance et se prêtent au jeu.

J’ai pu voir 6 classes sur cette séance, et je profite de cet article de compte-rendu pour remercier mes collègues de sciences !

Dans le cadre de ce projet, j’ai acheté ces trois ouvrages pour le CDI :

J’ai également pu obtenir une plastifieuse pour le CDI.

Pour compléter cette présentation, voici un bilan pédagogique de ce que j’attendais des élèves en terme de compétences :

Compétences transversales aux sciences et à la formation aux recherches documentaires :
– Recenser, extraire et organiser des informations.
– Exprimer et exploiter des résultats, à l’écrit, à l’oral, en utilisant les technologies de l’information et de la communication.
– Manifester sens de l’observation, curiosité, esprit critique.
– Être capable d’attitude critique face aux ressources documentaires

Ces compétences ont été particulièrement mobilisées sur les épreuves suivantes détaillées ci-dessous :

Jeu déblock :

Objectif : décoder une cote de documentaires

Les élèves de chaque équipe devaient reconstituer à l’aide des différents blocs le dessin figurant sur une carte et devaient aligner les chiffres et les lettres pour former la cote d’un livre.

Cela supposait d’observer l’organisation du CDI, des rayons documentaires et de connaître le fonctionnement d’une cote :

Suite de chiffres = thème général et sous-thème du livre (son rayon)

3 lettres = 3 premières lettres du nom de famille de l’auteur

Utilisation de HP Reveal :

Objectif : retrouver un livre à partir de sa couverture

Identifier les différents éléments : illustration de la couverture, titre, auteur, éditeur, autres étiquettes permettant de l’identifier (hors-prêt, codes barres…)

Les 3 doigts du gant :

Sur les 3 doigts de deux gants étaient indiquées les lettres T, D, C et G, É, O. Un indice supplémentaire “revue” a été ajouté dans le gant.

Il s’agissait de faire explorer aux élèves le rayon des périodiques pour retrouver les casiers de ces deux revues.

Le papier dans la blouse :

Sur ce papier était indiqué : “Allez sur E-SIDOC (ordi poste 3 ou 6) http://0911346u.esidoc.fr

Cliquez sur “Articles pour ouvrir le document”

Le but de cet indice était que les élèves aient un premier contact avec le portail documentaire du CDI, et se repère dans son organisation. Ils devaient trouver la rubrique “articles” sur la page d’accueil, cliquer dessus pour découvrir les consignes rattachées à un protocole.

Code final :

L’ensemble des énigmes résolues renvoient vers la cote d’un livre.

Le but est que les élèves comprennent que s’ils n’ont qu’une partie de l’information (les chiffres ou les lettres) ils ne peuvent pas – en théorie – trouver le code.

Je détaillerai les autres séances organisées durant la fin de ce mois de septembre dans un autre article.

Expositions / Gestion

Outre les quelques nouveautés reçues en juin et début septembre, mises en exposition, j’ai proposé pour ce début d’année des actions de valorisation autour des Journées européennes du patrimoine.

J’ai donc installé une exposition thématique :

J’ai mis en page d’accueil d’E-SIDOC la carte proposée par le site officiel des Journées (mais l’affichage n’était pas terrible, j’ai donc aussi ajouté le lien).

Les travaux et le portail E-SIDOC de Laureline Lemoine, professeure documentaliste dans l’académie de Nancy-Metz, m’ont inspiré une nouvelle rubrique dans le portail E-SIDOC du lycée « Visites et expositions virtuelles ». Merci Laureline !

http://0911346u.esidoc.fr/rubrique/view/id/45

Communication

Pour les élèves, j’ai remis à jour et distribué mes marques-pages réalisés pour la journée portes ouvertes du lycée :

Pour les enseignants, j’ai repris mon E-INSTANT CDI, avec toujours un mail qui tente d’inciter à y voir de plus près…

Pour le numéro 3 :

Au menu cette semaine :
– côté éducation : le numéro 12 des P’tits fascicules sur les webmedias scolaires, les essentiels de la littérature de la BnF et une encyclopédie de l’énergie
– côté culture : un focus sur les frères au cinéma, une conversation avec Romy Schneider et une édition enrichie de Au bonheur des dames
– côté numérique : découvrir la pop culture et la culture geek, intégrer un PDF dans un Genially
J’ai aussi remis en service le compte Twitter du CDI qui dormait paisiblement depuis cet été.

Réunions

Le jour de la pré-rentrée, j’ai animé auprès de quelques collègues un atelier sur la politique documentaire.

Je leur ai proposé cette présentation (déjà envoyée par mail par l’administration du lycée) :

Je leur ai ensuite proposé de répondre à un petit questionnaire rapide :

https://goo.gl/forms/B1Sq7eojd75jay4h1

J’ai ensuite transmis un compte-rendu de cet atelier, en vue de préparer la suite du calendrier, mais je n’ai pour l’instant pas eu de retour sur ce compte-rendu.

Enfin, durant ce mois de septembre, j’ai assisté à deux réunions de formation de formateurs, les 17 et 24 septembre.

Petit teasing pour le mois prochain…

(cela me servira aussi de mémo, accessoirement !)

  • TPE et visites du CDI
  • Semaine hispanique et fête de la science
  • Déplacement dans l’académie de Besançon

Bon courage et belle fin de mois à tous !

D’une femme fatale à l’autre

Cette année 2018 est riche en trajectoires féminines réécrites (et ce n’est pas fini !).

En mars, j’avais déjà fait un petit compte-rendu de lectures récentes et de références consacrées aux femmes au cinéma : un documentaire, 50 femmes de cinéma, le journal de Carrie Fisher, et Hollywood : la Cité des femmes.

En mai, j’avais trouvé ce superbe roman, Hollywood Boulevard, consacré à la première « star » de cinéma américaine, Mary Pickford, et à l’une des premières scénaristes, Frances Marion.

Pour ce premier article de reprise, les femmes à nouveau sont à l’honneur, et pas n’importe lesquelles.

Femmes fatales : éléments de définition

Lorsque l’on cherche « femme fatale » sur notre moteur de recherche préféré (!), on est vite effarée à la lecture des premiers résultats – en tout cas je le suis :

Passons outre, rejetons d’emblée les 5 conseils et autres trucs et astuces pour devenir une femme fatale… et reportons nous à quelque chose qui, sans être parfait, a au moins le mérite d’offrir un éclairage historique et culturel de la question :

Une femme fatale est un personnage type qui utilise le pouvoir de la sexualité pour piéger le héros malchanceux. La femme fatale est généralement décrite comme une femme sexuellement insatiable.

Elle séduit, sans se « donner », et est souvent caractérisée physiquement comme une femme très féminine et moralement comme une femme séductrice (dans la littérature décadente, puis au cinéma).

Voilà pour les éléments de définition, passons à la mythologie à présent :

L’archétype de la femme fatale existe dans les mythes et le folklore de nombreuses cultures à tous les âges. Les premiers exemples sont Ishtar, la déesse sumérienne, et Ève, Dalila, et Salomé dans la Bible judéo-chrétienne. Dans la littérature de la Grèce antique, la femme fatale est incarnée par Aphrodite, la sirène, le Sphinx, Scylla, Circé, Lamia, Hélène de Troie, et Clytemnestre.

Je passe sur le fait que, dans cet article, hormis Marlène Dietrich et Rita Hayworth, peu d’exemples sont donnés de « femmes fatales » de cinéma, essayons donc d’enrichir quelque peu cette liste, sans s’arrêter aux caractéristiques physiques (brune ? blonde ? grande ? petite ?) :

  • Greta Garbo
  • Bette Davis
  • Sharon Stone
  • Glenn Close
  • Ava Gardner
  • Joan Crawford
  • ce à quoi on peut rajouter éventuellement quelques belles brunes du cinéma français, au moins dans certains rôles : Maria Casarès, Fanny Ardant, Isabelle Adjani

Vous pouvez, si vous le souhaitez, compléter cette liste, en précisant ce qu’est pour vous une femme fatale.

C’est peut-être d’ailleurs par facilité que j’ai choisi ce terme, afin de rassembler dans un même article, deux femmes qui finalement, ne se ressemblaient pas tant que ça… quoique !

Ces deux femmes, je ne les connaissais pas plus que ça – seulement de nom – et je dois leur découverte à deux petits livres, l’un paru en 2017, l’autre, plus récent, publié en mai 2018.

It girl

Le premier de ces deux livres, Le Sourire de Gary Cooper, est l’oeuvre de Sophie Pujas, publié en mars 2017 aux éditions Gallimard, dans la collection L’arpenteur.

C’est un ouvrage d’un peu plus d’une centaine de pages, entrainant, alternant les voix, passant avec aisance du « elle » au « je », passant continuellement du rire aux larmes, avec des fulgurances poétiques surprenantes, qui éclatent d’une phrase à l’autre, et qui portent le lecteur comme un souffle de la première à la dernière page.

Dans la salle obscure, elle s’invente la famille qu’elle n’a pas eue. Les bras protecteurs d’âmes amies. Elle frissonne, s’exalte. Elle apprivoise l’angoisse. Tout s’apaisera à la fin. Et quand bien même le héros mourrait, ce qui ne se fait guère, la lumière se rallumera. La terreur aura laissé le monde inentamé. Tremble tout ton soûl, petite fille. Meurs avec le cow-boy. Saute dans le vide. Galope. Ce ne sont que des vies d’emprunt, à l’infini. Peaux où se glisser, vite délaissées.

Celle que l’auteur évoque, esquisse, accompagne de la gloire à la solitude, c’est Clara Bow.

Clara Bow ?

La star des années 20, une gosse de Brooklyn, l’incarnation de la « garçonne » (ouvrant la voie à Dietrich et ses tailleurs pantalons, à Garbo et son androgynie fascinante), la IT GIRL – sex appeal des années folles. Un esprit libre, une scandaleuse, qui compte nombre d’aventures (Victor Fleming et Gary Cooper, entre autres) et le double de rumeurs infondées, avant de se retirer du monde, un peu à la manière de Garbo ou de Pickford, mais dans une ferme du Nevada.

Sophie Pujas en fait une icône, une sorte de météore croquant la vie à pleines dents, cherchant des rôles à sa mesure, luttant contre les hommes des studios (comme le feront, sans plus de succès, Marilyn Monroe, Bette Davis, et avec un peu plus de succès, Olivia de Havilland).

Elle en fait à la fois cette icône de femmes libres dont elle (on) se sent redevable, et, dans les dernières lignes de ce petit livre magnifique, l’icône de ces femmes étoiles filantes et sacrifiées : Marilyn, Jean Seberg, Françoise Dorléac, Sharon Tate.

Ajoutons Jean Harlow.

Victor Fleming, en 1933, dirigera une comédie cruelle, Bombshell, où tremble le souvenir de Clara. L’histoire d’une jeune actrice, Lola Burns (sous les traits de Jean Harlow), constamment entourée d’une foule de parasites.

Ces deux phrases sont extraites du Sourire de Gary Cooper, p.84

Blonde platine

La voilà donc en Lola Burns, une star à l’existence chaotique, au rythme de travail effréné, tout de blanc vêtue sous son auréole platine et scrutée nuit et jour par les feuilles à scandale (…).

Platine, p.125

Comme un écho.

Platine, de Régine Detambel, a été publié chez Actes Sud en mai 2018. Lorsque je me suis arrêtée dans une librairie pour découvrir Hollywood Boulevard et les destins croisés de Mary Pickford et Frances Marion, à quelques livres de là était posé Platine.

Du sourire de Gary Cooper à Platine, les mêmes choses frappent : l’injustice, l’émotion, deux destins happés et sacrifiés, deux femmes ayant incarné une époque.

Jean Harlow ?

L’une des blondes volcaniques du star system américain, aux côtés de Marilyn, de Carole Lombard, de Grace Kelly, de Rita Hayworth. Des sex symbols, dont Wikipédia fournit ici très obligeamment une liste.

Avec Monroe et Lombard, la même impression de gâchis, extrêmement bien rendu dans ce roman de moins de 200 pages.

Monroe ? un suicide accidentel en 1962 à 36 ans.

Lombard ? morte à 33 ans dans un accident d’avion en 1942.

Harlow ? morte en 1937 à 26 ans de… de quoi au juste ?

Ce que nous fait comprendre l’auteur, avec une douceur teintée de cynisme, c’est la stupidité de cette mort et l’absurdité de la vie de Jean Harlow.

Au fil des pages, on suit cette petite gamine qui se mue en bombe sexuelle, toute en chevelure et en poitrine. On la suit avant même qu’elle ne devienne Jean Harlow, on suit le cinéma qui naît presqu’en même temps qu’elle (en tout cas elle partage son année de naissance avec celle du premier studio installé à Hollywood).

De la gloire en pleine lumière, on peut tout connaître. Ce que Detambel reconstitue à la perfection, c’est le côté sombre : la mère possessive, intrusive, jalouse, toxique, et l’amant de cette dernière, un sicilien proche de la mafia qui passe son temps à lui réclamer de l’argent.

Les mariages « fuites », le premier, à 16 ans, qui dure 3 mois. Le second, un vrai désastre, avec un type de 20 ans son aîné, atteint d’hermaphrodisme. Lorsqu’elle le découvre et éclate de rire le soir de la nuit de noce, il s’acharne sur elle, avant de se suicider quelques mois plus tard.

Alors sa mort, d’une crise d’urémie ? À la suite des coups portés par ce mari éphémère, en tout cas, mal soignés. Aggravés par une infection rénale. Ajoutez à cela une mère, adepte de la « Science chrétienne » et pour qui la maladie n’existe pas, et qui refusera quasiment jusqu’au bout de la faire soigner. Il faudra que William Powell et Clark Gable interviennent pour la faire admettre – trop tard – à l’hôpital.

Platine, avec efficacité, sobriété et douleur, c’est l’histoire de ce gâchis.


On referme ces deux livres avec exactement les mêmes sentiments : d’une part l’étonnement émerveillé devant ce que ces deux auteurs nous offrent, une émotion intense en seulement quelques pages, d’autre part, cette impression un peu nauséeuse d’avoir assisté à deux sacrifices humains.

Vous voulez revivre l’âge d’or du cinéma et son « intolérable cruauté » en un temps record ? Lisez Le Sourire de Gary Cooper, lisez Platine.

Autres lectures – juillet / août

Pour finir, voici un petit point (que j’espère systématiser tous les deux ou trois mois, si j’arrive à maintenir mon rythme de lecture) sur ce que j’ai pu lire cet été :

 

  • début juin, j’ai tenté de relire L’Iliade. Malgré la beauté du texte, trop de scènes de batailles à mon goût.
  • relecture du premier volume de Harry Potter en VO.
  • un roman historique : Moi, Médicis, de Matteo Strukul, agréable mais pas transcendant.
  • La Marche du mort, de Larry McMurtry, une vraie belle découverte que je dois à un collègue profdoc, Johann Jambu : l’ouest américain, des Texas rangers et des comanches, dépaysement total.
  • les deux derniers de mon chouchou : Zafón, Le Prisonnier du ciel (pas mal) et Le Labyrinthe des esprits (apothéose !)
  • tout un tas de lectures sur Paris au cinéma et Paris en littérature pour les hors-série de cet été
  • mon coup de coeur de juillet, L’art de la lecture, dont j’ai déjà parlé
  • les deux petits livres dont parle cet article
  • Les Guerres de religion (1559-1629) de Nicolas Le Roux, un pavé hyper érudit, parce que j’aime beaucoup cette période historique
  • Feuillets de cuivre, de Fabien Clavel, des enquêtes policières steampunk dans le Paris du 19e siècle
  • Et moi, je vis toujours : mon premier D’Ormesson, pas très convaincant au début, fabuleux quand on parvient à entrer dedans au bout de quelques pages et qu’on le laisse nous raconter l’histoire.

Voilà pour ces quelques lectures, puisque fin août, je n’avais pas fini le dernier livre de ma liste.

J’espère vous avoir donné envie d’en lire quelques-uns.

Bonne reprise à tous et rendez-vous fin septembre pour l’article #profdoc !

#Ludovia15 et #LudoDOC

Retrouvez ici le moment Twitter de la quinzième édition de Ludovia#15 !

 

 

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