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Blog pour cinéphiles et profs docs

Hors-série 1 : dix objets cinéphiles qui sont chez moi

Comme à mon habitude, je vous propose deux hors-série estivaux sur ce blog.

Cette année, j’étais d’humeur un peu plus légère et un peu moins studieuse que les années précédentes, et je n’ai pas vraiment anticipé l’écriture de ces hors-série.

En revanche, je sais à peu près par quelles lectures finir l’année 2022, ayant déjà constitué ma pile de lecture de l’été – mais laissons ça pour plus tard !

Pour ce premier hors-série, j’avais envie de vous partager une petite sélection en images (ce que je réitérerai pour le second) et de vous convier chez moi, en quelque sorte.

C’est pourquoi je vous invite à découvrir dix objets cinéphiles (l’appellation est large) qui occupent mes étagères.

Objet 1 : des jumelles pliantes

Avant toute chose je tiens à dire que j’ai une propension – héritage familial – à adorer mettre des objets sur des étagères, ce que d’autres appellent « bibelots » ou « nids à poussière ».

Même si j’ai essayé au fur à mesure d’épurer mon décor, et d’en avoir un petit peu moins, il m’arrive encore de craquer sur un machin complètement inutile (donc forcément indispensable) qui me fera râler parce qu’il faudra bien le dépoussiérer à intervalles réguliers.

Ce genre d’objets, comme je l’ai dit, faisait partie de mon environnement familial : mes parents adoraient les cuivres (gloups) et autres assiettes décoratives qui envahissaient la maison.

De mon côté, l’un des premiers objets sur lequel j’ai mis la main était cette paire de jumelles pliante que j’avais trouvée chez ma grand-mère :

Et je ne compte plus le nombre de fois où je me suis amusée à ouvrir et refermer le boitier.

Objet 2 : un appareil photo à soufflet

Concernant cet objet, je ne me souviens absolument plus comment il a fini par atterrir dans ma chambre d’ado, mais il a côtoyé ma cinéphilie naissante.

En effet, à la même période où je commençais à biberonner des films à haute dose, j’étais fascinée par l’histoire du cinéma et de la photographie. Mon ambition ultime était d’avoir un jour une caméra comme celle de Tintin dans Tintin au Congo… et j’adorais multiplier les visites de l’exposition permanente de la cinémathèque, avec ses lanternes magiques et le robot de Metropolis.

Objet 3 : un kaléidoscope

C’est à peu près à la même époque que j’ai commencé à lire À la recherche du temps perdu… quel rapport avec le cinéma ? Les dispositifs visuels y sont omniprésents, de la lanterne magique au kaléidoscope justement…

À Combray, tous les jours dès la fin de l’après-midi, longtemps avant le moment où il faudrait me mettre au lit et rester, sans dormir, loin de ma mère et de ma grand’mère, ma chambre à coucher redevenait le point fixe et douloureux de mes préoccupations. On avait bien inventé, pour me distraire les soirs où on me trouvait l’air trop malheureux, de me donner une lanterne magique, dont, en attendant l’heure du dîner, on coiffait ma lampe ; et, à l’instar des premiers architectes et maîtres verriers de l’âge gothique, elle substituait à l’opacité des murs d’impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores, où des légendes étaient dépeintes comme dans un vitrail vacillant et momentané.

Pour les lanternes magiques, il suffit d’aller à la cinémathèque et l’on peut en contempler différents spécimens.

Pour le kaléidoscope, les premiers que j’ai pu trouver étaient des jouets en plastique dans des musées de vulgarisation scientifique (comme la cité des sciences). Celui que j’ai finalement dégoté vient d’une petite boutique d’objets anciens de Venise.

Objet 4 : un stéréoscope

Là encore, voilà un curieux bidule qui a miraculeusement survécu dans le bazar familial.

Je me souviens l’avoir aussi amené dans mon ancien établissement pour le faire manipuler aux élèves qui étaient assez fascinés…

Il n’est pas franchement beau, mais c’est l’un des premiers instruments qui permet de donner l’illusion de la 3D.

Objet 5 : un praxinoscope

On reste dans les -scope avec cet objet qui fait partie de mes chouchous !

Il y a plusieurs années, pas très loin de l’historique café Procope, dans le passage Saint André à Paris, il y avait un magasin absolument merveilleux qui vendait des jouets anciens.

Et parmi ces jouets anciens, il y avait des praxinoscopes.

Imperturbablement, ma bande de papier préférée reste celle que vous apercevez ici : le tigre en pleine course.

Et avec ce petit dernier, j’en ai fini pour les objets qui s’amusent avec notre regard…

Objet 6 : un clap

Cet objet (enfin pas ce modèle-ci) a toujours fait partie de mon décor familial, puisque mon père en avait un aussi.

Lorsque j’ai eu mon propre chez-moi, il n’était pas question que j’emmène « son » clap, il m’a donc rapporté celui-ci d’une petite escapade aux studios Babelsberg en Allemagne – studios que je n’ai pas encore pris le temps de visiter depuis.

Bref, chacun son clap !

Objets 7 : des coffrets DVD

Il y a plusieurs années, la Warner Bros éditait – surtout au moment des fêtes de fin d’année – des coffrets en métal (steelbook) qui regroupaient des films de stars hollywoodiennes ou de genres cinématographiques.

On y retrouvait pêle-mêle Bette Davis, Humphrey Bogart, Cary Grant, les Marx Brothers ou encore des films d’aventures.

Objets 8 : la panoplie parfaite du fan d’Harry Potter

J’aurais pu faire un article avec 10 objets uniquement associés à l’univers d’Harry Potter : vous y auriez retrouvé la baguette d’Hermione, un lego Harry Potter, un trivial pursuit, un jeu de cartes, des mugs, des tote bags, des tee-shirts, un pins ou encore un porte-clefs.

Mais parmi mes préférés on retrouve cet attrape-poussières avec Hedwige dedans :

et un ticket donnant accès à la voie 9 3/4 glané dans l’une des boutiques Harry Potter – plus précisément celle de King cross à Londres :

Objets 9 : un peu de vaisselle ?

Pour un anniversaire il y a un temps certain, on m’avait offert des tasses Marilyn Monroe et Audrey Hepburn, auxquelles s’est ajoutée cette chope de bière évidemment rapportée de Belgique.

Si j’ai laissé la chope en évidence, je n’y ai pas resservi la bière qui va avec, une brune bien épaisse et digne de la Guinness, et qui ne fait pas partie de mes bières de prédilection.

Objets 10 : garder son âme d’enfant

C’est finalement tout le propos de cet article, sinon à quoi servirait une telle accumulation ? Mais je termine avec ceux qui ont fait partie des derniers arrivés sur mes étagères :

J’ai craqué sur BB8 peu après la sortie du septième épisode de Star Wars, et la peluche de Milou vient d’une édition du Tintin et le secret de la licorne de Spielberg (tiens, on en revient à Tintin…).

Cependant, malgré ce petit craquage, BB8 est désormais beaucoup plus souvent sur son étagère que roulant sur le sol.

Voilà pour ce premier petit hors-série estival, tout en images (et avec un peu de textes), je vous partagerai le deuxième dans un mois.

D’ici là, je vous souhaite de belles images, de belles escapades et une belle âme d’enfant, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Juin 2022 : séances et animations du CDI

Pour ce dernier mois de l’année scolaire, je présenterai les activités menées au CDI entre le 30 mai et le 25 juin.

Parler de séances et d’animations pour ce mois-ci est juste une formulation qui reprend l’intitulé des articles précédents.

En effet, ce mois de juin a été non seulement assez grignoté par des activités à l’extérieur du CDI – voire du lycée – et les cours s’étant arrêtés le 3 juin pour nos classes de seconde et le 10 juin pour les autres niveaux, nous n’avons donc pas pu organiser de séances pédagogiques ou d’animations au CDI.

C’est pourquoi les seules séances sur lesquelles je reviendrai dans cet article sont les deux séances d’enseignement scientifique menée le 23 mai dernier.

Séances et actions pédagogiques

  • Vulgarisation scientifique en enseignement scientifique (Terminale)

Cette séance auprès de deux classes m’a été proposée par Christophe, avec qui j’avais déjà travaillé en janvier sur l’intelligence artificielle.

L’idée à l’origine était de faire réaliser aux élèves des présentations de femmes scientifiques.

Pour engager un peu plus la motivation des élèves dans cette activité, j’ai voulu axer la séance sur la notion de vulgarisation scientifique, en présentant aux élèves cette notion ainsi que les différentes formes qu’elle peut prendre aujourd’hui : une vidéo sur YouTube, un thread sur Twitter, une publication sur Instagram, une vidéo sur TikTok.

En une heure, les élèves devaient donc s’intéresser à un format de vulgarisation scientifique, et à se mettre dans la peau de vulgarisateurs en présentant une femme de sciences.

Les élèves des deux classes se sont prêtés au jeu, et nous avons du coup souhaité valoriser leurs travaux dans une présentation.

Je me suis alors rendu compte qu’il n’y avait pas de rubrique « enseignement scientifique » sur le site du lycée. J’ai donc créé la rubrique et réalisé le visuel suivant, associé à un texte proposé par Christophe :

J’ai ensuite pu rédiger l’article avec la présentation des travaux des élèves, avec la même charte graphique :

Ces deux séances ont clôturé l’ensemble des séances menées cette année.

  • Grands oraux blancs

Bien que les cours se soient arrêtés le 3 juin pour les secondes, et le 10 juin pour les premières et terminales, des oraux blancs étaient organisés au lycée la semaine du 6 juin, et nous avons donc été sollicités pour une matinée d’oraux blancs en SVT.

  • Grand oral

Nous n’étions à l’origine pas convoqués pour les épreuves de grand oral. Cependant, le 18 juin après-midi – la date devait être prémonitoire – j’ai été convoquée pour faire passer le grand oral dès le lundi suivant.

Pendant trois jours, j’ai ainsi pu co-évaluer le grand oral d’élèves suivant la spécialité SVT. Si j’ai moyennement apprécié être réquisitionnée au pied levé, j’ai trouvé l’expérience très formatrice, et elle me permettra d’avoir davantage de recul sur l’épreuve et de mieux accompagner les élèves dans leur préparation l’an prochain.

Bilan d’activités et projets 2022-2023

Comme le mois de mai a été relativement calme et lui aussi, bien grignoté par les épreuves de spécialités et les jours fériés, nous avions réussi à finaliser le bilan d’activités de l’année à la fin du mois.

Cette année, j’ai utilisé un nouveau modèle sur Genially pour présenter ce bilan, et je le publierai prochainement dans la rubrique CDI sur le site du lycée :

Comme nous changeons de direction à nouveau à la rentrée, il m’a paru également important de proposer une présentation de l’ensemble des projets que nous souhaitons mettre en place ou reconduire l’année prochaine, et dans laquelle s’insèrent les fiches projets que nous avons envoyées début juin par mail à notre cheffe d’établissement :

Ces deux présentations reprennent les éléments principaux de la version longue du bilan d’activités, transmise pour être ajoutée au rapport de fonctionnement de l’établissement en fin d’année.

Tâches de fin d’année au CDI

Pour cette fin d’année, voici les activités de gestion que nous avons menées durant cette période :

  • le suivi du retour des documents empruntés
  • l’archivage en réserve des périodiques de fin 2021 et début 2022
  • l’interruption estivale de l’abonnement aux quatre quotidiens auxquels le lycée est abonné
  • le récolement de l’ensemble des rayons
  • la préparation de deux commandes

Par ailleurs, ayant terminé depuis l’an dernier mon « mandat » de jury au CAPES externe, j’étais très contente ce mois-ci de pouvoir préparer sereinement la rentrée – en effet, depuis que je suis arrivée au lycée il y a maintenant 6 ans, je n’avais jamais pu faire un mois de juin complet.

Si la participation au grand oral m’a, pour quelques jours, coupée dans mon élan, j’ai néanmoins pu profiter de ces derniers jours pour m’organiser et avancer sur les points suivants – et je vous laisserai découvrir le détail de cette organisation lorsqu’en janvier prochain je ferai le traditionnel article sur le bullet journal :

  • la préparation des expositions et sélections thématiques proposées au CDI pour la période septembre / octobre (encore en chantier à l’heure actuelle)
  • l’organisation des séances menées en SNT l’an prochain, en concertation avec les collègues en charge de l’enseignement (je vous renvoie à la fiche projet proposée dans la présentation des projets 2022-2023) – organisation encore à peaufiner
  • la réalisation d’un tout nouvel escape game de découverte du CDI pour les classe de secondes (finalisé)
  • la publication d’articles sur le site du lycée (en cours)
  • la réalisation d’un escape game pour les premières STMG (à faire)
  • la refonte et la mise à jour du déroulé de cours de master 2 (en cours)

Il me reste encore quelques jours d’ici le 7 juillet pour continuer à avancer sur ces quelques chantiers – et j’en profite pour à nouveau remercier et tirer mon chapeau à Audrey Démonière-Rouvel qui m’a inspiré ce petit coup de collier de fin d’année, qui devrait rendre la reprise en septembre beaucoup plus fluide et sereine !

Autres activités (réunions, stages, déplacements)

À nouveau pour un mois de juin, la période a été des plus riches de ce point de vue là ! Petit aperçu rapide des activités auxquelles j’ai participé entre le 30 mai et le 25 juin :

  • 2 et 3 juin : séminaire des interlocuteurs académiques au numérique en documentation, organisé à l’école Estienne à Paris 

Pour l’occasion, j’avais proposé une présentation des dispositifs de formation et d’autoformation des professeurs documentalistes en académie, ainsi que, pour respecter la thématique de cette année, une présentation sur les collaborations interdisciplinaires

  • 9 juin : dernier cours de master 2 

Ce cours m’a permis de réutiliser ma présentation sur les collaborations interdisciplinaires pour revenir sur des projets pédagogiques menés cette année. Nous avons également pu échanger sur les bilans d’activités et les fiches projets.

  • 14 juin : formation de formateurs

Durant cette dernière réunion de l’année, nous sommes intervenues, ma collègue Émilie Baille et moi-même, sur l’utilisation du jeu en formation (avec notamment la question de la chronobiologie, et sur la façon dont le jeu peut-être utilisé avec des stagiaires, que ce soit en présentiel ou à distance).

  • 16 juin : conseils d’enseignement

La semaine du 13 juin avaient lieu les conseils d’enseignement pour les différentes disciplines.

Notre conseil d’enseignement a permis d’échanger le 16 juin avec notre cheffe d’établissement sur les projets proposés l’an prochain.

J’ai aussi pu intervenir dans le cadre du conseil d’enseignement des collègues d’histoire-géographie pour réfléchir avec eux à l’offre d’abonnements proposée au CDI pour leur discipline et à son évolution.


Voilà pour ces quelques activités avant une pause estivale bien méritée… je n’ai pas encore réfléchi aux deux hors-série que je vous propose traditionnellement en juillet et en août, ils seront certainement un peu plus improvisés que d’habitude.

Mais dans tous les cas, je vous retrouverai en septembre pour vous présenter les nouvelles activités et séances que j’ai pu prendre le temps de préparer durant cette fin d’année, et d’ici là, je vous souhaite un très bel été à toutes et tous, et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Le temps suspendu d’une leçon de cinéma

Pour ce dernier compte-rendu avant la pause estivale, j’ai hésité entre deux ouvrages publiés à quelques mois d’intervalles et étant portés tous deux par la même direction et la même voix.

Il s’agit de La Leçon de cinéma, publiée chez Denoël en octobre 2021 et de  Correspondance avec des écrivains : 1948-1984, publiée en mars 2022 chez Gallimard.

Les deux ouvrages sont dirigés par Bernard Bastide, et les deux font entendre la voix de François Truffaut.

Vous savez déjà rien qu’en lisant le titre sur lequel des deux mon choix s’est arrêté, mais je vais profiter de ces premières lignes pour évoquer rapidement cette correspondance.

2004-2022 : histoire d’une bibliothèque

J’ai déjà eu l’occasion d’y revenir régulièrement (j’ai même l’impression d’en parler et d’en reparler continuellement, comme si je cherchais à chaque fois à en redessiner les contours) : les étagères de ma bibliothèque s’enrichissent souvent d’ouvrages sur François Truffaut.

Si j’arrive généralement à me raisonner pour d’autres sujets (« non ce livre est magnifique mais il est trop imposant, non tu as déjà tel ouvrage sur la question »), si ma liseuse m’aide à contrôler l’achat de fictions, et si les nouveaux venus sont la plupart du temps des cadeaux de proches, je cède presqu’immanquablement à la tentation lorsqu’il s’agit de livres consacrés à mon cinéaste de prédilection.

Cette collectionnite a été amorcée en 2004, j’avais à peine découvert Truffaut – la découverte devait remonter à un ou deux ans tout au plus – et plusieurs livres avaient été publiés à l’occasion des vingt ans de sa disparition : le Dictionnaire Truffaut d’Arnaud Guigue et Antoine de Baecque, François Truffaut au travail, de Carole Le Berre, ou encore Truffaut par Truffaut, de Dominique Rabourdin.

Contrairement aux autres étagères de ma bibliothèque, je ne me suis cependant pas contentée des nouvelles publications, puisqu’assez rapidement, l’ouvrage sur lequel j’avais voulu absolument mettre la main était la Correspondance de Truffaut, qui était alors épuisée, puisque parue en 1988.

Je l’ai finalement trouvée après l’avoir commandée sur un site de livres d’occasion, un exemplaire toujours recouvert aujourd’hui d’une sorte de papier crépon destiné à le protéger, et que je n’ai jamais osé retirer…

Lorsque je suis arrivée dans le lycée où je suis actuellement en poste, j’ai eu la surprise de retrouver cette correspondance dans le rayon Cinéma, et si je parviens à retirer du fonds la plupart des ouvrages que les élèves ne consultent pas, je ne m’y résous pas pour celui-ci. Si je saute le pas à l’avenir, ce sera certainement pour récupérer un deuxième exemplaire de cette correspondance.

Au fil des années, les livres de / sur Truffaut sont venus garnir ma bibliothèque, jusqu’à cette Correspondance avec des écrivains : 1948-1984 parue il y a trois mois.

Du monologue au dialogue

La spécificité de la correspondance publiée en 1988, c’est qu’elle ne contient que les lettres de Truffaut, environ 500 – ce qui est déjà quelque chose.

Comme le rappelle Bernard Bastide dans la préface de la Correspondance avec des écrivains : 1948-1984 publiée en mars 2022, et ce dès les premières lignes, « Cent vint-deux boîtes d’archives, plus de vingt mètres linéaires, plusieurs milliers de lettres envoyées ou reçues », Truffaut était un épistolier frénétique.

Cette fois-ci, sur près de 500 pages, et malgré les aléas d’expéditeurs ou de destinataires manquants, les différentes voix se font entendre : ce sont celle de Truffaut, évidemment, auxquelles répondent celles de Cocteau, de Jean Genet, de Jacques Audiberti.

Le lecteur cinéphile suit ces échanges au fil de la filmographie de Truffaut : il sait que la correspondance avec Henri-Pierre Roché le mène à Jules et Jim, que celle avec Ray Bradbury conduira à l’adaptation de Fahrenheit 451, et que les lettres échangées avec Jean Hugo mèneront à L’Histoire d’Adèle H.

Petite parenthèse à propos d’Adèle Hugo – et de son père si encombrant – la mention « Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation d’entreprise La Poste » m’a fait sourire, et, par le cheminement des associations d’idées, m’a rappelé ce petit coffret publié en 2001 :

J’ai pensé aussi à toutes ces lettres échangées et envoyées dans les films de Truffaut, en particulier les pneumatiques de Baisers volés, et cette lettre de la mère de Bertrand Morane dans L’Homme qui aimait les femmes :

Mon amour… Je ne comprends rien à tes silences… je n’ai reçu aucune lettre de toi depuis deux semaines et je me demande si mes lettres te parviennent… Décidément les mystères de la poste sont insondables…

La petite particularité de la correspondance entre Juliette Drouet et Victor Hugo était que le coffret contenant deux livres séparait distinctement les deux épistoliers, ce que j’ai toujours regretté.

Encore une fois, dans cette Correspondance avec des écrivains, les échanges qui ont pu être retrouvés ne sont séparés parfois que par une autre lettre qui s’intercale dans la chronologie des envois et du courrier reçu.

Discussions sur le cinéma

La dernière lettre figurant dans cette correspondance est datée de janvier 1984, et elle laisse le cinéphile sur une note songeuse teintée d’émotion.

Cette émotion, il la trouve inchangée dans sa lecture de La Leçon de cinéma, publiée en octobre 2021 chez Denoël, toujours sous la direction de Bernard Bastide.

Faisons un petit détour justement par la quatrième de couverture et par la préface de Bernard Bastide.

Pour la première :

En 1981, François Truffaut, l’ancien fougueux critique de cinéma, fait l’autocritique de ses propres films.
En s’appuyant sur des scènes et des anecdotes de tournage, Truffaut revisite, avec émotion et franchise, sa carrière, des Mistons (1959) à La Femme d’à côté (1981).

Lorsque l’on se plonge dans la préface de Bernard Bastide, on comprend la genèse de cette leçon de cinéma : une première proposition de Jean Collet, en 1977, de publier un livre d’entretiens sur le modèle de l’auguste parent publié pour la première fois en 1966, Hitchcock / Truffaut, et complété en 1980. Proposition déclinée.

Puis une deuxième proposition en 1980 : une série d’émissions télévisées, La Leçon de cinéma. L’émission réalisée avec François Truffaut en 1981 sera la seule à être diffusée, et ce seulement en mai 1983, soit seulement un an avant le décès de Truffaut.

Comme l’indique Bernard Bastide, cette émission n’a jamais été rediffusée ni même éditée sur support vidéo. Elle a cependant été métamorphosée une première fois en livre, dans une édition allemande, sous le titre Monsieur Truffaut, wie haben Sie das gemach ?, ce qui reprend le titre allemand du Hitchcock / Truffaut, Mr Hitchcock, wie haben Sie das gemach ?, à laquelle s’ajoute une édition de poche parue en 1993.

Quarante ans après le tournage de cette émission, le cinéphile a donc entre les mains la transcription d’une émission télévisée qu’il (re)verra peut-être un jour ?

À défaut de cette émission introuvable, s’il veut écouter et voir François Truffaut parler de cinéma, il lui faudra farfouiller sur les plateformes de vidéos en ligne, pour glaner des « rencontres » en 1972 dans les archives de Radio Canada, un entretien du réalisateur avec Christian Defaye dans les archives de la Radio Télévision Suisse (1975), ou encore la fameuse émission Apostrophes diffusée en avril 1984 :

Temps suspendu

Écouter ces émissions, c’est avoir en tête la voix de Truffaut, que l’on retrouve donc dans ce magnifique ouvrage qu’est La Leçon de cinéma.

Si l’on a continuellement en tête la comparaison avec le Hitchbook, ce n’est pas seulement par la forme du texte, sous forme d’entretiens – quoique les questions sont généralement plus concise que celles que posait parfois Truffaut à Hitchcock – c’est aussi par l’aspect chronologique.

Sans l’entendre, on sent cette voix, tantôt peut-être hésitante, tantôt précipitée.

Pour chacun des films, les auteurs de l’entretien (Jean Collet, Jérôme Prieur et José Maria Berzosa, qui réalise l’émission) ont choisi une ou deux scènes qu’ils font visionner à Truffaut… s’ensuivent questions et réactions fidèlement rapportées.

J’ai aimé cet extrait, suite au visionnage d’une scène de Tirez sur le pianiste ! 

Tout au long d’un tournage, les acteurs souffrent parce que toutes les scènes, les unes après les autres, vont leur offrir des difficultés auxquelles ils ne s’attendaient pas. Un acteur a répété sa scène, il la sent bien, il a les jambes écartées, bien plantées dans le sol et il est sûr de lui. Tout d’un coup, le metteur en scène va le faire jouer coincé derrière un bar, tout tassé, avec des types qui passent devant lui. Il y a toujours un élément qui fait que rien ne se passe comme prévu. C’est une souffrance que l’acteur doit sans cesse s’efforcer de surmonter.

Chaque scène suscite son lot de souvenirs et d’associations d’idées : pour Fahrenheit 451, on se remémore la scène de la vieille dame qui se sacrifie pour ses livres ; pour Baisers volés, cet échange de regards fabuleux entre Antoine Doinel et Fabienne Tabard…

« Vous aimez la musique, Antoine ? – Oui, monsieur. »

… une scène que j’ai toujours trouvée aussi irréaliste que touchante, avec ce lapsus que ne peuvent comprendre que les grands timides troublés par une apparition – ici incarnée par Delphine Seyrig.

Pour les quelques pages consacrées à La Nuit américaine, on retrouve Truffaut en voix off, dans une curieuse mise en abîme :

Un tournage de film, ça ressemble exactement au trajet d’une diligence au Far-West (…) Qu’est-ce qu’un metteur en scène ? Un metteur en scène, c’est quelqu’un à qui on pose sans arrêt des questions. Des questions à propos de tout. Quelquefois, il a les réponses, mais pas toujours.

Lorsque l’émission est enregistrée, François Truffaut vient de finir le tournage de La Femme d’à côté, qui constitue donc l’avant-dernier chapitre de l’ouvrage.

Le film y est abordé brièvement, puis suivent quelques questions plus générales sur le métier de cinéaste : quand avez-vous décidé de faire des films, comment travaillez-vous, l’écriture du scénario, le tournage en studio, les films en couleurs et les films en noir et blanc, la relation au public…

Évidemment, le cinéphile sait qu’il reste un film à tourner, Vivement dimanche !, et le temps se suspend à cette dernière phrase de l’entretien :

J’ai, en revanche, l’impression d’être aujourd’hui plus audacieux, de dévoiler des choses qu’il y a encore dix ans je n’aurais pas osé montrer…

Et pour « achever la figure » (expression que le fidèle associe immédiatement à La Chambre verte), le lecteur retournera immédiatement à l’essentiel, et se replongera, à nouveau, inlassablement, dans le cinéma de François Truffaut.

Mai 2022 : séances et animations du CDI

Après un mois d’avril raccourci par les vacances, voici un compte-rendu des activités du mois de mai, celui-ci ayant été lui aussi assez calme, du fait du passage des épreuves de spécialités au lycée et du pont de l’ascension.

Même involontairement, nous nous sentons au CDI tout doucement glisser jusqu’à l’été, ce qui ne nous pousse pas à l’hyperactivité, et lorsque la technique s’en mêle, ça n’aide pas non plus…

Voici pour commencer, un petit journal de bord de cette période :

Journal de bord du mois de mai

Lundi 9 mai : arrivée au CDI avec entrain et motivation, prête à en découdre avec cette dernière période de l’année, et avec en tête toutes les tâches à effectuer ! Il a fallu réussir aussi à comprendre l’organisation des deux journées de révision pour les terminales, et de la semaine en général… pas simple.

Évidemment, une reprise ne serait pas une reprise sans coupure internet pour tout le lycée, ce qui ampute d’une bonne partie des activités prévues. Le coup de grâce : à 15h30 un livreur arrive au CDI avec 7 cartons de spécimens…

Mardi 10 mai : pour secourir les profs docs qui avaient cette fois pensé à prendre leur ordi et à faire un partage de connexion, internet est rétabli à 10h45. Tête dans le guidon, on rattrape les activités prévues la veille.

Les élèves de premières spécialité arts plastiques viennent installer une exposition de leurs travaux au CDI.

Mercredi 11 et jeudi 12 mai : épreuves de spécialités pour les terminales. C’est très (trop) calme. Heureusement, le jeudi matin, était organisé une réunion entre les élèves des CVC (conseils de vie collégienne) alentours et du CVL. Des choupinous de troisième viennent ainsi s’enthousiasmer sur ce qu’ils trouvent au CDI, on croise les doigts pour les retrouver l’année prochaine !

Vendredi 13 mai : 3h de séances en EMC (voir plus bas). Je profite des allers-retours au CDI pour m’étonner de ne recevoir qu’en pointillés certains quotidiens dont le renouvellement d’abonnement a pourtant bien été fait (énigme encore non résolue à l’heure actuelle).

Lundi 16 mai : 4h de séances en HGGSP (voir plus bas). On profite de l’après-midi pour installer dans le hall une exposition des travaux réalisés par les élèves de 2nde1 sur les réfugiés avec ma collègue d’histoire-géo. Début de rédaction du bilan d’activités.

Mardi 17 mai : journée spéciale bilan d’activités. Des stats (beurk), des chiffres (gloups) et des noeuds au cerveau – décidément les équations de recherche, j’aime pas ça. Heureusement j’ai trouvé un chouette modèle genial.ly pour la version « sexy » du bilan.

Jeudi 19 mai : 2h de séances en HGGSP (voir plus bas) je me rends compte que j’ai zappé de préparer mon organisation de cette séance, parce que la première version menée le lundi juste avant ne me satisfaisait pas. En plus, l’exposition en EMC installée le lundi a dû être déplacée, parce que l’atelier théâtre a besoin du hall pour ses représentations… il faut trouver une solution pour garder une visibilité.

L’atelier théâtre squatte la réserve du CDI qui sert de vestiaire, deux représentations prévues, dont l’une le soir à 19h. La journée commencée à 9h termine à 21h30.

Vendredi 20 mai : 1h de séance en EMC (voir plus bas). Je suis sur le point d’installer les deux dernières heures d’HGGSP de la semaine quand je me rends compte que la collègue a pris ce jour-là sa demi-journée de correction du bac.

La semaine commence à être longue, d’autant que l’atelier théâtre fait sa dernière représentation et quitte le CDI à 17h30… bon j’en ai profité pour terminer la version sexy du bilan d’activités, et pour plancher sur une présentation consacrée aux collaborations interdisciplinaires.

Samedi 21 mai : je retourne exceptionnellement au lycée pour aider ma collègue d’EMC à installer en salle de conférence un jeu sérieux sur les réfugiés auxquels les élèves de 2nde1 participe le lundi suivant pendant 4h.

Lundi 23 mai : 4h de jeu sérieux avec les secondes, 2h d’enseignement scientifique (voir plus bas) et on finit la journée avec le conseil pédagogique.

Mardi 24 mai : journée calme, j’en profite pour publier cet article. Le lendemain, c’est sortie à Roland Garros avec une classe de seconde, et le pont de l’ascension va permettre de souffler un peu !

Séances et actions pédagogiques

Voici un petit point rapide sur les séances menées ce mois-ci, entre le 9 et le 23 mai.

  • De la SNT en EMC : comme je l’avais précédemment indiqué, nous abordons avec Roman l’axe thématique de SNT « Réseaux sociaux » en EMC avec deux classes (en plus de deux autres classes avec lesquelles nous faisons bien de la SNT en SNT).

Comme je l’indiquais le mois dernier, nous avons fait tirer au sort un réseau social pour que les élèves en fassent la carte d’identité. Les 3h de séances que nous avons co-animées avec ma collègue d’EMC étaient consacrée à la présentation par les élèves de ces réseaux sociaux. Mention spéciale aux élèves qui ont présenté Wechat.

  • séances en EMC en seconde : pour le projet autour des réfugiés avec une classe de seconde, nous avons poursuivi les séances avec une séance au mois de mai.

Il s’agit des séances de finalisation des travaux, ces derniers ayant été rassemblés pour être exposés dans le hall du lycée.

  • HGGSP première : axe « S’informer ». Pour cette séance de deux heures co-animée avec une collègue d’HGGSP, j’ai repris la trame de la séance proposée l’année dernière.

Cette séance introductive était construite de la manière suivante :

  • les élèves devaient choisir un atelier avec des activités à mener (7 ateliers leurs étaient proposés : l’agence France Presse, le fact-checking, l’emballement médiatique, 2 ateliers sur le traitement d’une information, les lanceurs d’alertes et les théories du complot)

Pour cette année, j’ai mixé les ateliers 1 et 2, qui sont complémentaires, et j’ai mis à jour les événements proposés pour les ateliers sur le traitement de l’information.

  • une fois les activités réalisées, un rapporteur est désigné pour chaque groupe pour présenter l’atelier aux autres groupes (mais l’ensemble du groupe peut également présenter le résultat de ses recherches à la classe)
  • les données collectées permettent un débat en fin de séance sur les avantages et les inconvénients de l’information à l’heure d’internet

Par manque de temps, le débat n’a pas pu être organisé cette année. 

Je vous partage ci-dessous le modèle de la collection pearltrees mis à disposition des élèves :

  • HGGSP terminale : cyberespace. À la demande de mes collègues, j’ai construit une séance qui leur permettait d’introduire le chapitre consacré au cyberespace en terminale.

Voilà ce que j’ai imaginé : traiter la question sous le prisme de l’actualité, et du conflit entre la Russie et l’Ukraine.

La séance de deux heures s’articule donc en trois temps : dans un premier temps, nous visionnons la vidéo du Dessous des cartes sur la géopolitique des réseaux sociaux.

Dans un second temps, je remets aux élèves un corpus de documents (version papier et numérique) qu’ils doivent se répartir et décortiquer, ce qui permet d’ouvrir ensuite sur un dernier temps de reprise, où l’on tente de répondre à la question suivante : « En quoi le conflit entre la Russie et l’Ukraine est-il révélateur des enjeux géopolitiques du cyberespace ? »

J’ai sélectionné pour cette séance 13 ressources. Pour la première séance, nous avions constitué des groupes de 4 élèves, chaque groupe avait à consulter les 13 documents… ce qui était des plus ambitieux.

Pour la deuxième séance, j’ai choisi de répartir les documents entre les groupes, ce qui permet aux élèves de traiter leur sélection de documents de manière plus approfondie.

Voici ce que peut donner la reprise :

Comme je l’ai indiqué plus haut, j’avais également deux séances en enseignement scientifique prévues durant cette période, je présenterai ces séances dans l’article du mois de juin.

Animation du CDI

Ce mois-ci, en lieu et place des habituelles sélections thématiques et valorisations du fonds, étaient à l’honneur différents travaux d’élèves, ce qui me permet également de présenter les travaux exposés dans le hall du lycée.

  • Affiches réalisées par les élèves germanistes de seconde et de première

Ces affiches nous ont été proposées par la collègue d’allemand, et ont remplacé la précédente exposition des travaux des élèves latinistes.

  • Hall du lycée : exposition des travaux des élèves de 2nde1 sur les réfugiés

Cette exposition, comme je l’ai indiqué plus haut, a connu quelques péripéties et déplacements.

  • « Du lisible au visible », l’exposition des élèves de première, spécialité arts plastiques

Pour cette exposition, nous avons mis à disposition des élèves les différentes tables de présentation du CDI, et ils ont choisi eux-mêmes la façon dont disposer leurs oeuvres.

Ces travaux ont beaucoup impressionné par leur originalité et leur force évocatrice, et je vous laisse les découvrir ci-dessous :

Ils ont été l’occasion pour moi de continuer à explorer les différents canaux de communication que j’avais à ma disposition au lycée, sur quoi je vais maintenant brièvement revenir.

Circuit d’une information au lycée

Cette petite digression reprend des éléments que j’évoque d’habitude dans la partie « Communication » de mes articles.

Les habituelles revues de presse et Zoom Actu à destination des élèves ayant été quelque peu mises en sommeil ce mois-ci (tout comme l’E-INSTANT CDI à destination des enseignants), c’est l’occasion pour moi de revenir sur la façon dont je jongle désormais entre deux outils (voire plus) : le blog du CDI et le site du lycée.

  • Arrêt des prêts / retour des documents

Comme chaque année, nous arrêtons les prêts environ 3 semaines avant la fin des cours, dates choisies en concertation avec la direction.

Cette année, la communication s’est faite via une notification de la proviseure sur Pronote, un billet sur le blog du CDI sur l’ENT, un article sur le site du lycée et par voie d’affichage.

Ce sont donc l’ensemble des canaux de communication du lycée qui ont été utilisés.

  • Exposition des élèves d’arts plastiques

À l’origine, j’avais publié un article sur le site du lycée le surlendemain de l’installation de l’exposition.

J’ai ensuite enrichi cet article d’autres photos, puis, après avoir échangé avec ma collègue d’arts plastiques, nous avons voulu communiquer aux élèves les réactions suscitées par leurs travaux.

J’ai donc publié un article sur le blog du CDI afin que les enseignants et les élèves ayant vu l’exposition fassent part de leur avis.

J’ai ensuite rajouté à l’article sur le site les réactions recueillies sur le blog. Pour valoriser au mieux les travaux, j’ai ajouté un diaporama à cet article.

Ce dernier est inséré dans une rubrique que j’ai proposée à ma direction « Nos élèves ont du talent », dans laquelle j’espère ajouter des exemples d’initiatives individuelles et collectives d’élèves à valoriser.

  • Exposition sur les réfugiés

Cette fois-ci, ce sont les pérégrinations de cette exposition qui m’ont incitée à user de mes droits sur le site pour publier un nouvel article, ce que je n’avais pas à l’origine prévu de faire.

  • Communication des professeurs documentalistes et du CDI

Comme je l’ai indiqué dans de précédents articles, si j’utilise principalement le blog du CDI pour communiquer sur nos actions, j’ai également quelques publications qui vont être relayées sur le site dans la rubrique CDI :

  1. les informations générales (présentation de l’équipe, du lieu, des actions menées)
  2. les informations régulières (celle proposée à la refonte du site : « Ce mois-ci au CDI », à retrouver plus bas pour le mois d’avril)
  3. les informations ponctuelles (événements, projets, informations importantes à un instant T de l’année : arrêt des prêts, bilan d’activités).

Par allers-retours, ces différentes publications se nourrissent les unes des autres et interagissent entre elles. La publication « Ce mois-ci au CDI » permet de recenser les actions dans le bilan d’activités, qui sera à son tour publié sur le site.

Voilà pour ces quelques réflexions sur la communication.

Autres activités (réunions, stages, déplacements, publications)

J’en termine avec les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 9 au 23 mai) :

  • 12 mai : accueil des élèves CVC / CVL (voir journal de bord plus haut)
  • 18 mai : réunion à distance des référentes TraAM en documentation
  • 23 mai : un conseil pédagogique sur l’organisation de la fin de l’année

Je vous souhaite une très bonne fin du mois de mai, un très bon pont de l’ascension et vous dis à très bientôt pour un nouvel article sur Cinephiledoc !

Le cinéphile adore les rumeurs

Pour ce nouveau compte-rendu de lecture, j’aimerais emprunter des chemins aussi hasardeux et aussi aléatoires qu’une rumeur, et avant d’en arriver au fait, c’est-à-dire au livre qui m’a conduit à écrire cet article, j’aimerais faire étape ici et là en vous proposant des itinéraires cinématographiques et télévisuels inattendus.

Chuchoter à l’oreille

En guise de point de départ de cette excursion, je vais revenir pour la énième fois à l’une des vidéos les plus réussies, à mon sens, de la chaîne Blow Up d’Arte : « Have you heard ? », vidéo que j’ai découverte il y a quelques années par hasard, et dont j’ai pu me servir dans des séances sur la désinformation avec des élèves :

Mais au-delà de l’utilisation professionnelle que j’ai faite de cette vidéo, ce qui m’a amusée, c’est de voir combien ce mécanisme de la rumeur (que j’avais à l’époque tenté de retranscrire sous forme d’infographie) se retrouvait dans un certain nombre de scénarios de films.

Sans chercher l’exhaustivité, quatre exemples plus ou moins récents me sont venus à l’esprit.

  • Lettres anonymes et faits divers

On peut naturellement penser au Corbeau d’Henri-Georges Clouzot, sorti en 1943. L’intrigue est ainsi conçue :

Dans une petite ville de province, un certain nombre de citoyens reçoivent des lettres anonymes qui contiennent des informations diffamatoires, en particulier en ce qui concerne un des médecins de la ville, le docteur Germain, soupçonné par l’auteur des lettres — qui les signe d’un mystérieux « Le Corbeau » — de pratiquer des avortements clandestins.

Le fait que le film s’appuie sur un fait divers bien réel, remontant à l’époque à une vingtaine d’année, et que le scénario fasse son miel de la pratique des lettres anonymes dans le contexte de l’Occupation, donne un sel bien particulier à cette intrigue.

  • Sur une fausse piste ?

Le deuxième exemple, un peu plus récent, qui m’est venu, ne tient pas tant à l’intrigue du film qu’à son titre : Mon petit doigt m’a dit…, de Pascal Thomas, sorti en 2005.

Il s’agit d’une adaptation du roman homonyme d’Agatha Christie, qui met en scène un couple de détectives incarné par Catherine Frot et André Dussolier (dans le roman, Tommy et Tuppence Beresford, dans le film Bélisaire et Prudence).

Le point de départ de l’enquête est la rencontre de Prudence avec une vieille dame dans une maison de retraite qui lui parle d’une enfant emmurée dans une cheminée…

J’ai vu ce film un nombre incalculable de fois et en connaît par coeur la plupart des répliques.

  • Les dîners qui tournent mal

Rumeurs et non-dits se retrouvent souvent dans les réunions familiales et les dîners, au point qu’Hitchcock (encore lui) ait utilisé quasiment au sens propre l’expression du squelette dans le placard dans l’un de ses films : La Corde.

Dans ce huis-clos oppressant, deux amis étranglent un de leur camarades de classe, puis préparent un dîner auquel sont conviés le soir même, sur le lieu du crime, la famille de la victime. Le cadavre est placé dans un coffre sur lequel est servi le buffet.

Moins macabres, les intrigues du Prénom (sorti en 2012) et du Jeu (sorti en 2018) utilisent les ressorts de la fausse nouvelle et des non-dits pour faire sortir un certain nombre de squelettes du placard.

Regarder par le trou de la serrure

Non content d’adorer les rumeurs, le spectateur est un voyeur, qui prend plaisir à espionner et à regarder ce qui se passe chez les autres par le trou de la serrure.

L’exemple le plus évident qui met le spectateur dans cette position parfois inconfortablement assumée est à nouveau l’oeuvre de sir Alfred, Fenêtre sur cour, sorti en 1954.

Jeff est un photographe qui, à la suite d’un accident, se retrouve en fauteuil roulant et passe son temps à observer ses voisins, dont un qu’il commence à soupçonner de meurtre.

Non seulement nous sommes spectateurs de l’histoire de Jeff, mais par son intermédiaire, nous savourons son propre voyeurisme.

On pourrait énumérer longtemps les films et les épisodes de séries télévisées qui se sont inspirés de Fenêtre sur cour.

Il y en a cependant qui m’a procuré la même impression à la fois de plaisir et de malaise ces dernières années.

Il s’agit du film de François Ozon sorti en 2012, Dans la maison, avec Fabrice Luchini et Ernst Umhauer.

Claude, un élève brillant, doué et manipulateur du lycée Gustave Flaubert, à tendance pervers narcissique, provoque l’enthousiasme de son professeur de français à qui il fait part de ses écrits voyeuristes, qu’il rédige au détriment d’un camarade de classe.

Avec Dans la maison, François Ozon nous met dans la posture de Fabrice Luchini, nous sommes les victimes consentantes de ce manège orchestré par Claude, et nous nous repaissons de l’histoire qu’il tisse pour nous, et tant pis pour les conséquences, réelles ou inventées.

Si cet exemple issu du cinéma d’Ozon est le plus flagrant selon moi, je n’en oublie pas une autre de ses oeuvres, Swimming Pool, sorti en 2003, qui manie avec tout autant de virtuosité la confusion entre l’intrigue du film et ce qui ressort de l’imagination des personnages.

Trouver le coupable

Nouvelle étape de mon itinéraire, tout aussi jubilatoire pour le spectateur, mais aussi plus facilement assumée, celle qui suit la découverte du cadavre.

Côté séries télévisées (et même côté films), j’ai déjà eu l’occasion de revenir abondamment sur les adaptations d’Agatha Christie, ayant vu à peu près l’intégralité des épisodes d’Hercule Poirot, et de ses diverses incarnations sous les traits de David Suchet, d’Albert Finney, de Peter Ustinov et de Kenneth Branagh – même si ma préférence va toujours au premier.

Si je suis moins amatrice de Miss Marple (et de ses différentes incarnations – sauf peut-être Angela Lansbury dans Le Miroir se brisa), il y a une série que j’adorerais revoir, et je céderai certainement un jour à la tentation d’acheter les DVD. Cette série, c’est Arabesque (Murder, she wrote) avec la même Angela Lansbury.

Je la regardais petite à la télévision chez ma grand-mère, et j’étais fascinée par ce personnage d’auteure de romans policiers qui enquête.

J’ai repensé assez récemment à cette série, et je dois ce souvenir, ainsi qu’une autre conséquence, au YouTubeur Damien Duvot, alias MrMeeea, qui avouait dans l’une de ses vidéos adorer la série Columbo.

Il a fallu que ce dernier fasse quelques analyses des premiers épisodes pour que je plonge tête baissée dans le binge watching de toute la série, disponible sur une plateforme de streaming qui s’occupe aussi de livraisons…

En en discutant avec une amie, je me suis également rendue compte que j’appréciais des personnalités aussi différentes que Columbo et Hercule Poirot, l’un se vantant continuellement de ses petites cellules grises, l’autre étant méprisé par le meurtrier jusqu’à ce que…, mais qui parviennent tous deux au même résultat : faire perdre sa superbe à un coupable qui croyait pourtant s’en tirer.

Bien évidemment, le plaisir à savourer Hercule Poirot n’est pas le même que celui qu’on a devant Columbo, et l’on peut y voir à nouveau la distinction que fait Hitchcock entre le suspense et la surprise.

Avec Hercule Poirot, nous ne connaissons l’identité du coupable que lorsqu’il nous la révèle à la fin de l’épisode. Avec Columbo, nous savons dès le début qui est le meurtrier, la question étant de savoir comment Columbo va le démasquer.

Dans le premier cas, nous sommes placés dans la posture du capitaine Hastings, ou du docteur Watson si nous décidons de changer d’univers, nous sommes le fidèle partenaire.

Dans le second, nous sommes Columbo lui-même.

Suivre l’enquête / mener l’enquête

À partir de ces deux postures : Hercule Poirot ou Columbo, j’en arrive à ma dernière étape et – enfin – à ma lecture du mois de mai.

Et c’est là que l’ami Philippe Lombard pousse un soupir de soulagement : enfin on y vient.

Enfin presque…

Ce que j’aime aussi dans le cinéma, c’est ce qui regroupe tous ces fils : rumeurs, observation (voire plus), traque, et enquête, et si possible, me demander durant tout le film s’il raconte une histoire vraie ou s’il est complètement inventé.

Dans le second cas, l’un de mes films préférés est Garde à vue, de Claude Miller, où Lino Ventura « cuisine » Michel Serrault, qu’il soupçonne du meurtre de deux fillettes.

Dans le premier cas, ce sont tous les films inspirés de faits divers, qu’il s’agisse d’une recension complète des événements ou de quelques allusions habilement glissées ici ou là – petites annonces, enquêtes, filatures…

C’est à ces faits divers, généralement macabres, que Philippe Lombard donne la part belle dans l’un de ses derniers ouvrages : Ça s’est tourné près de chez vous ! Une histoire des faits divers du cinéma français, publié comme à l’accoutumée aux éditions La Tengo en novembre 2021.

La galerie de portraits qu’il nous propose fait quelque peu froid dans le dos… on a l’impression d’une visite chez Madame Tussauds ou dans une maison hantée : tueurs en série, scènes de crimes, auteurs de casses mémorables et ennemis publics numéros 1 chacun leur tour… il n’y a bien que dans le dernier chapitre que l’on côtoie des personnages un peu plus fréquentables, et encore, ce n’est pas si sûr que ça !

Chacune de ces figures, au-delà des histoires qu’elles portent – meurtres, braquages, affaires louches et règlements de comptes – renvoie à un univers cinématographique que le lecteur peut allègrement convoquer.

À titre personnel, il me suffit de voir une évocation des soeurs Papin pour avoir envie de me replonger dans la lecture des Bonnes de Jean Genet ou pour avoir envie d’éplucher toute la presse disponible sur le site Retronews de la BnF.

De la même manière, tel ou tel tueur en série va irrémédiablement appeler chez moi le souvenir de Lacenaire dans Les Enfants du Paradis, et cette réplique culte, où transparait l’orgueil du personnage :

Quand j’étais enfant, j’étais déjà plus lucide, plus intelligent que les autres… « Ils » ne me l’ont pas pardonné, ils voulaient que je sois comme eux, que je dise comme eux. Levez la tête Pierre-François… regardez-moi… baissez les yeux… Et ils m’ont meublé l’esprit de force, avec des livres… de vieux livres… Tant de poussière dans une tête d’enfant ? Belle jeunesse, vraiment ! Ma mère, ma digne mère, qui préférait mon imbécile de frère et mon directeur de conscience qui me répétait sans cesse : « Vous êtes trop fier, Pierre-François, il faut rentrer en vous-même ! » Alors je suis rentré en moi-même… je n’ai jamais pu en sortir ! Les imprudents ! Me laisser tout seul avec moi-même… et ils me défendaient les mauvaises fréquentations…

Quant au seul nom de Landru, il évoque pour moi Barbe bleue, mais surtout le film de Chaplin Monsieur Verdoux, que j’adore :

C’est sur cette dernière évocation que je vous invite, une nouvelle fois, à lire ou relire les différents ouvrages de Philippe Lombard, et en particulier ce cru 2021, qui a été particulièrement riche !

La preuve :

La couverture de Ça s’est tourné près de chez vous – qui rappelle les deux précédents ouvrages également sortis chez La Tengo (Ça tourne mal / Ça tourne mal à Hollywood) me donne d’ailleurs l’espoir qu’un Ça s’est tourné près de chez vous à Hollywood pourrait peut-être être concocté ?

Oui ? Non ? Bientôt ? En tout cas, je guette le prochain !

Bonne(s) lecture(s) à toutes et tous et à très bientôt sur Cinephiledoc !

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