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Blog pour cinéphiles et profs docs

Trouvez le titre…

L’ouvrage dont je vais vous parler aujourd’hui m’a donné beaucoup de mal : je tenais vraiment à lui consacrer un article, mais je ne savais pas par quel bout le prendre et il m’a fallu une bonne dose de concentration, plusieurs associations d’idées pêle-mêle et un sens de l’organisation qui n’est pas encore très sûr de lui pour me décider à écrire.

Tourner autour du pot

J’avais pourtant décidé de publier cet article pour le mois d’avril, mais, face aux difficultés mentionnées plus haut, j’ai procrastiné.

L’une des autres difficultés rencontrées était de trouver un titre à cet article, difficulté que, vous vous en doutez, je n’ai pas surmonté. J’aurais pu détourner quelques titres littéraires ou cinématographiques, « À la recherche du titre perdu », « Et pour quelques titres de plus », « L’homme qui aimait les titres », « Un titre sans divertissement » (moins prometteur).

J’ai préféré vous laisser la main.

Ensuite, mon esprit a vagabondé d’un titre de film à l’autre, d’un titre de livre à l’autre. Je me suis demandée si des titres – et uniquement des titres – m’avait incité à lire un livre ou à aller voir un film. Je me suis dit que cela pouvait être le cas – À la recherche du temps perdu, Le Songe d’une nuit d’été, La Solitude est un cercueil de verre, Tous les hommes sont mortels, L’Ombre du vent – mais que ce n’était pas systématique, et d’ailleurs je n’aime pas particulièrement les titres trop longs.

Je n’aime pas non plus les titres trop courts – finalement, c’est comme les saisons, je suis résolument tempérée. J’en ai déduis que les titres n’étaient pas vraiment un élément qui m’incitait à aller vers les livres ou vers les films.

Ensuite je me suis demandée si mes réticences envers les titres ne venaient pas de mes préférences pour les titres non traduits – j’ai toujours préféré Wuthering Heights aux Hauts de Hurlevent (ou à Hurlevent tout court dans certaines éditions) mais là encore, je me suis vite rendue compte qu’il n’y avait rien de radical dans ces préférences.

J’ai pensé à Cyrano :

Duel qu’en l’hôtel Bourguignon Monsieur de Bergerac eût avec un bélître.

-Qu’est-ce que c’est que cela s’il vous plait ?

-C’est le titre.

Photo Credit: justmakeit Book crisis
(Creative Commons, Attribution-NonCommercial 2.0 Generic ) Font : MISO regular by Mårten Nettelbladt.

J’ai tapé « Titres romans » dans mon moteur de recherche, j’y ai trouvé des listes des plus beaux titres – rien qui ne m’a vraiment convaincu – par contre j’ai retrouvé une pépite dans mon historique : un générateur de titre proposé par Omer Pesquer. Vous entrez votre prénom et votre nom, et le site vous génère un titre avec sa couverture, l’expérience est assez amusante :

http://www.omerpesquer.info/untitre/index.php

Enfin j’ai ressorti quelques ouvrages sur le cinéma parmi mes préférés, pour voir si j’y trouvais une accroche pour démarrer cet article – déjà bien entamé – et j’ai feuilleté dans le désordre le superbe Écrit au cinéma de Michel Chion et Cinematic Overtures d’Annette Insdorf, l’un de mes livres fétiches sur Hitchcock, le Dictionnaire Hitchcock de Laurent Bourdon, où j’ai vainement cherché une entrée « Titre » ou « Intertitre » (j’y reviendrai plus tard),  et mes yeux se sont attardés sur mon non moins fétiche Tartes à la crème et coups de pieds aux fesses d’Enrico Giacovelli.

L’homme qui faisait des titres et l’homme qui faisait des intertitres

Bref, après toutes ces associations d’idées  – et d’autres sur lesquelles je reviendrai plus tard – une page du livre (que je ne vous ai toujours pas présenté) m’est revenue en mémoire, l’auteur y raconte que le premier métier de Claude Chabrol consistait à trouver des titres français pour les films distribués en France par la Fox, et il y rapporte les propos de Chabrol « Négligeant la lettre, j’allais directement à l’esprit ».

Cela m’a amusée que le réalisateur des Innocents aux mains sales, de Poulet au vinaigre, et de Merci pour le chocolat, grand admirateur et défenseur du cinéma d’Hitchcock (préfacier du dictionnaire que j’ai mentionné plus haut) ait eu un travail pas si éloigné de celui d’Hitchcock à ses début.

En effet, celui-ci a commencé comme auteur et graphiste d’intertitres dans une société de production britannique – d’où mes recherches infructueuses, toujours dans le même dictionnaire.

Du coup j’ai repensé aux génériques et aux titres d’Hitchcock. Je me suis souvenue que Blow Up (encore eux) avait fait une vidéo sur les génériques d’Hitchcock, parmi d’autres vidéos sur d’autres génériques…

Et pour le coup, je me suis rendue compte que, s’il y avait des titres de films qui retenaient mon attention, c’était bien ceux d’Hitchcock, d’où un petit travail de décorticage :

Il y a ceux qui sont sans ambiguïtés : Rebecca, Soupçons (Suspicion), L’ombre d’un doute (The Shadow of a doubt), La Corde (Rope), Fenêtre sur cour (Rear Window), L’Homme qui a savait trop (The man who knew too much), Psychose (Psycho), Les Oiseaux (Birds).

Et il y a les autres, qui me laissent plus perplexes : La Maison du docteur Edwardes pour Speelbound, Les Enchaînés pour Notorious, Le Crime était presque parfait pour Dial M for Murder, La Main au collet pour To catch a thief, et surtout, surtout : La Mort aux trousses pour North by northwest.

Finalement j’ai compris que trouver des titres était une affaire bien plus complexe qu’il n’y paraît, et que tous ces détours témoignaient du tour de force du petit livre dont je vais enfin vous parler : s’il a réussi à me faire cogiter de la sorte, son pari est véritablement gagné.

Manuel d’auteur de titres à l’usage du cinéphile

Ce livre, c’est celui de Philippe Lombard, auteur hyperactif sur le cinéma, avec à son actif : Les Grandes Gueules du cinéma français, L’Univers des Tontons flingueurs, et de deux livres dont j’ai encore parlé très récemment : Le Paris de François Truffaut et Paris 100 films de légende.

En 2019, il a déjà publié deux livres, dont celui qui nous intéresse aujourd’hui, aux éditions Dunod : Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! – La face cachée des titres de films enfin révélée !

Pourquoi tenais-je tant à parler de ce livre ? D’abord parce que c’est un livre de Philippe Lombard, et je commence à bien apprécier la qualité de ces livres. Ensuite parce que ce livre fait partie des petits livres pépites qui nous en apprennent plus sur le cinéma tout en nous distrayant.

Dans la même veine, vous avez les livres tout en infographies dont j’ai déjà parlé (Star Wars Graphics et Disney Graphics publiés chez Hachette pratiques), ou les petits livres de chez 404 éditions comme Comprendre les super-héros quand on a même pas remarqué que Superman porte son slip par dessus son collant. Là aussi on sent l’effort de titre.

Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! – La face cachée des titres de films enfin révélée ! est un livre avec lequel on ne s’ennuie pas.

Pas seulement parce qu’on y retrouve des anecdotes que l’on connait déjà, comme les idées de titres proposées par Truffaut pour Les Quatre cents coups :

Pas seulement parce que l’auteur propose des quiz, des petits jeux (du type « associez le titre original et sa traduction en québécois ») et parce que visuellement, certaines pages font mouche

– j’ai adoré l’alphabet en titres de films, la double page « là haut dans les étoiles », un titre pour chaque jour de la semaine, une traversée de Paris avec des titres, les titres à l’usage du quotidien ou encore la Timeline des titres depuis Un million d’années avant JC jusqu’aux Exterminateurs de l’an 3000

mais aussi parce qu’on y apprend énormément de choses. On y retrouve notamment un top 10 des titres les plus longs, des pages consacrées à Michel Audiard et à la troupe du Splendid, un chapitre sur les titres de films les plus incompréhensibles et un chapitre très drôle sur les titres de films X.

Cela m’a d’ailleurs fait penser à une des petites blagues du moment, qui consiste à dire « Titre » après une phrase entendue et que l’on juge digne d’être un film du genre… ma préférée du moment ? Quand je regarde Top chef et que les candidats, en pleine cuisine, disent « Je mouille avec de l’eau »…

Bref, vous l’aurez constaté, le livre de Philippe Lombard peut vous emmener très loin. Il peut vous faire repenser à vos lectures favorites, vous faire ressortir vos réflexions les plus sérieuses, vous donner l’occasion de vous remémorer toute la filmographie de deux cinéastes réunis (voire d’autres films aux titres qui vous trottent dans la tête : Princesse Mononoké, Mon Voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro…) pour que finalement la suite de vos idées prennent un tour bien plus ludique voire inattendu…

Ce petit dépaysement onomastique (clin d’oeil à mes années à suivre pas à pas le narrateur de La Recherche), c’est avec une économie de moyens et un humour constant que Philippe Lombard nous l’offre.

Qu’il en soit une nouvelle fois remercié, en attendant de découvrir son prochain tour de force !

Beaux rêves de titres et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Avril 2019 : séances et animations du CDI

Dans ce nouvel article #profdoc, je vais revenir sur les deux projets principaux qui m’ont tenue occupée ces dernières semaines, sur les journées portes ouvertes du lycée, sur la co-animation de deux stages, et sur les différentes petites expositions et activités qui ont été proposées au CDI entre mars et avril.

#DamasEinstein : la suite

Après un volet consacré au programme de géographie et aux territoires de proximité sur lequel j’étais revenue au mois de février, le projet #DamasEinstein est entré dans sa phase 2 en s’appuyant sur les programmes de SES et d’EMC.

  • Pratiques informationnelles

Au début du mois de mars, les deux classes ont répondu à des enquêtes sur leurs pratiques informationnelles (ces enquêtes ont été réalisées par mon collègue de SES, distribuées sous format papier à nos élèves et envoyées sous forme de Framaform aux élèves de Damas).

J’ai ensuite réalisé la mise en forme des réponses à l’aide de Canva :

Les élèves devaient ensuite analyser des résultats et, à l’aide de leurs recherches, proposer des pistes d’approfondissement.

Encore une fois, nous avons utilisé Padlet pour cet exercice, et l’avons relayé via un moment Twitter.

  • Défis Twitter

La suite de ce travail de SES/EMC consistait à nouveau à utiliser Twitter : il s’agissait pour les élèves d’échanger des défis de vérification de l’information.

Côté Einstein, chaque groupe d’élèves était chargé de déposer deux défis : l’un sous la forme d’un texte, se finissant par « Vrai ou faux ? », l’autre sous la forme d’une image dont il fallait vérifier la source.

Les élèves de 1ES2 de Damas devaient répondre à ces défis, ce qu’ils ont fait le 10 avril, et en proposer d’autres à leurs camarades de métropole.

Les élèves d’Einstein répondront à leur tour le 7 mai. L’ensemble des défis a été rassemblé dans un nouveau moment Twitter.

  • Valorisation et publication du projet

Sur le site dédié, je poste régulièrement les avancées du projet :

http://blog.ac-versailles.fr/damaseinstein/index.php/

Comme nous souhaitons poursuivre ce projet l’an prochain, éventuellement sur d’autres niveaux et avec d’autres disciplines, j’ai proposé à ma cheffe le compte-rendu de scénario suivant, espérant pouvoir le présenter lors d’une réunion à un groupe élargi de collègues de discipline :

Merci encore à Perrine d’avoir accepté de se lancer dans l’aventure avec moi, certes avec moins de risques que Raymond Maufrais, mais avec autant d’enthousiasme !

#SPME2019

Ces dernières séances (analyse d’enquêtes et défis Twitter) s’inscrivaient dans l’ensemble de séances que j’ai co-animées dans le cadre de la semaine de la presse, et qui vont se poursuivre, au moins jusqu’à la mi mai.

Comme je l’avais indiqué le mois dernier, voici ce qui était programmé :

  • avec les 2ndes : des séances en EMC sur les fake news et en anglais sur la presse anglo-saxonne
  • avec les 1L : des séances sur la liberté de la presse, la presse étrangère, les Unes de presse et le parcours Désinformation
  • avec les 1S : le parcours Désinformation
  • enfin avec une classe de 1STMG, des séances sur la propagande, les rumeurs et les fake news.

Pour plus de facilité, même si cela m’a demandé un gros travail de préparation en amont, j’ai proposé à l’ensemble des classes un seul support, qui centralisait tout et via lequel ils accédaient aux « modules » prévus pour eux :

Chaque module permet d’accéder soit à un parcours en autonomie, soit à un questionnaire unique, soit à un parcours davantage guidé, soit à des consignes de travail.

J’utilise ensuite un padlet pour collecter des exemples de réponses, servant d’appui, pour certaines classes, à un débat à venir :

Et j’envoie l’ensemble des réponses en format de tableur Excel à mes collègues avant de les supprimer.

C’est pour l’instant près de 20h que j’ai consacrée uniquement à ces séances sur la semaine de la presse.

À celles-ci se rajoutent les séances de formation à la recherche des secondes (2 classes, 4 heures entre mars et avril) et les séances habituelles d’arts visuels, durant lesquelles, avec ma collègue, nous tentons désormais de faire réaliser un court métrage aux élèves.

Valorisation et expositions

Cette période a été particulièrement riche en cogitations pour mettre en valeur le CDI et une partie de son fonds.

  • Journées portes ouvertes

Tout d’abord j’ai participé le 30 mars aux journées portes ouvertes du lycée. À cette occasion, j’avais préparé une affiche de présentation et des marques pages (deux versions mises à jour d’un précédent travail), le panneau lumineux du CDI, et j’avais ouvert les deux battants de la porte pour inciter à entrer :

J’ai eu beaucoup de monde, des élèves volontaires pour présenter le CDI mais qui me laissaient la parole en cas de doutes, des personnes globalement très agréables et curieuses et qui ont su apprécier les qualités du CDI.

  • Exposition Léonard de Vinci

Pour faire suite à la petite exposition organisée sur Mendeleïev, j’ai proposé courant mars une sélection de ressources sur Léonard de Vinci pour les 500 ans de sa disparition.

Lui était associée une présentation de ressources en ligne :

  • Retour très éphémère d’une mini expo ciné

Comme je voulais remplacer l’exposition sur Tintin qui s’éternisait sur le rayon Arts depuis un moment, j’ai décidé de ressortir quelques ressources sur le cinéma :

J’ai rajouté quelques-uns des marques-pages qui me restaient de la précédente exposition consacrée à ce sujet.

J’avais installé cette thématique depuis quelques jours, quand nous sommes arrivés au 15 avril…

  • Notre-Dame

Comme beaucoup sans doute d’entre nous, j’ai passé la soirée du 15 avril à suivre l’actualité de près, à la télévision, sur ma tablette avec Google Actualités et sur le compte Twitter de l’AFP.

J’ai ensuite passé une partie de la nuit à revoir les images dont j’avais été saturée et à réfléchir à la manière d’aborder la question avec les élèves.

Le lendemain, avant de partir, j’ai préparé le visuel suivant :

Puis j’ai installé en arrivant une petite exposition de documents en lieu et place de mon expo ciné :

Pour finir, comme je ne parvenais pas à passer à autre chose durant la journée, j’ai profité qu’Eduscol faisait une belle actualité avec un certain nombre de ressources pour en proposer une petite sélection via un Genial.ly sur la page d’accueil du portail E-SIDOC :

Je terminerai ces actions de valorisation et d’animations par une note plus gaie : les puzzles du CDI.

  • Puzzles participatifs, épisodes 1 et 2

Ceux qui suivent ce blog et mon compte Twitter savent que depuis le 12 février, les élèves travaillaient d’arrache-pied à avancer sur le premier puzzle participatif proposé par le CDI.

Ce dernier a d’ailleurs rencontré un beau succès durant les portes ouvertes.

Le 12 avril, la dernière pièce a été posée :

Le 16 avril, j’en ai donc proposé un nouveau, de 1500 pièces, un peu plus simple à réaliser cependant que le tableau de Renoir, et au bout de quelques jours, le petit groupe d’habitués a déjà bien avancé…

J’ai anticipé et j’ai déjà sous le coude le prochain, que je ne proposerai qu’à l’automne prochain, et le suivant, qui accompagnera certainement les élèves durant l’hiver…

Réunions et stages

Pour finir avec cette période de mars-avril bien riche, voici un petit point sur mes autres activités :

  • Le 8 avril, j’ai co-animé avec Ketty Joly, CPE au lycée Jean-Pierre Timbaud de Brétigny une formation à destination des CPE et des profs docs néo-titulaires première année d’une partie du 91. Cette formation avait pour but d’encourager la collaboration entre CPE et profs docs et de développer une meilleure connaissance mutuelle de nos deux professions.
  • Le 15 avril, j’ai co-animé avec Emilie Baille, prof doc au collège Alphonse Daudet de Draveil, une formation à destination toujours d’un petit groupe de profs docs du 91. Il s’agissait cette fois de construire une progression en EMI.

Après une matinée qui était principalement sur cette thématique et principalement théorique, et dans laquelle j’avais inséré un petit focus sur la veille en EMI,

nous avons proposé aux stagiaires de choisir leur thématique de travail de l’après-midi : parmi les thèmes proposées, des idées de projets en EMI, des approfondissement en pratiques de veille, outils numériques…

Le thème plébiscité a été : « Jeux, parcours ludifiés et escape games »

J’ai donc pu présenter aux stagiaires quelques exemples de projets que j’ai déjà présentés sur ce site et leur proposer trois types d’activités en lien : construire son projet de ludothèque au CDI, élaborer un scénario d’escape game ou travailler sur un parcours thématique en ligne.

Il semble que cette journée de formation ait été bien appréciée, et j’espère pouvoir réutiliser mes petites cartes thématiques dans un autre contexte…

D’ici là, bonnes vacances ou bonne fin de mois à tous, et à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Macrocosme et microcosme Truffaut

Pour ce nouveau compte-rendu de lecture, j’ai dû aller fouiller dans l’historique de mes articles sur Cinéphiledoc.

Truffaut sur Cinéphiledoc

En effet, j’ai l’impression qu’il ne se passe pas une année sans que je vous parle de François Truffaut, comme il ne se passe pas une année sans que je vous parle de Blow Up.

 

Alors depuis mon tableau de bord, j’ai fait défiler les articles, et je me suis rendue compte que, au moins pour le premier, ce n’était pas si exagéré que ça…

Certes, « François Truffaut » est l’un des tags (des mots clés) que j’utilise le plus sur Cinéphiledoc, pas seulement pour des articles qui lui seraient exclusivement consacrés, mais aussi pour quelques rapides évocations ici ou là…

Certes, le blog a connu un pic de convocations truffaldiennes en 2014, mais il s’agissait des 30 ans de la disparition du cinéaste.

Et avant cela, oui, j’ai eu l’occasion d’en parler abondamment, au gré des publications – la plupart de qualité – qui me tombaient sous la main.

Petite sélection :

Alors si on ajoute l’an dernier Le Figurant de Didier Blonde, et Le Paris de François Truffaut de Philippe Lombard, on se rend compte, pour plagier (ou parodier affectueusement Blow Up) que François Truffaut décidément est partout sur Cinéphiledoc, même par associations d’idées ou même, avec le cours d’arts visuels au lycée, comme support de séances !

Un article : deux prétextes

C’est justement ma comparse d’arts visuels qui m’a fourni le premier prétexte, propre à nourrir cet article et à justifier sur ce blog une nouvelle évocation de François Truffaut.

En effet, il y a quelques semaines, elle m’a fait parvenir par mail un visuel réalisé par la Cinémathèque à l’occasion des 100 ans des studios de la Victorine à Nice.

À cette occasion, la Cinémathèque avait réuni le casting de La Nuit américaine :

En effet, c’est dans ces studios créés en 1919 qu’ont été tournés en leur temps Les Enfants du paradis, La main au collet, Et Dieu créa la femme, Fanfan la Tulipe, Le Corniaud, Le masque de fer, Le gendarme se marie. Du grand cinéma, du très grand cinéma, du moins grand cinéma.

Et c’est dans ces studios que Truffaut a tourné sa Nuit américaine en 1972, dans les décors de La Folle de Chaillot. Il dira dans une interview :

C’est en voyant ce décor que je me suis dit, mais il faut que je me décide à faire cette histoire sur cinéma et aussi peut-être sur la fin d’une forme de cinéma. Parce qu’il est bien évident qu’on tourne de moins en moins en studio, quoique de tous les studios français, la Victorine a des chances d’être celui qui restera le plus longtemps. Mais enfin, on tourne de moins en moins dans des décors construits comme ça, donc c’était intéressant.

(source : https://fresques.ina.fr/reperes-mediterraneens/fiche-media/Repmed00671/l-insubmersible-victorine.html)

Cela m’a fait penser que j’avais écrit déjà un article uniquement sur La Nuit américainehttps://cinephiledoc.com/2013/05/14/revoir-la-nuit-americaine/

et ça c’était pour les 40 ans de sortie du film.

Le second prétexte, c’était la publication d’un ouvrage chez Armand Colin, un éditeur généralement très juste en terme de cinéma, et qui, comme Blow Up (encore une fois) aborde des thématiques intéressantes.

Rien qu’en levant le nez de mon ordinateur et en posant les yeux sur ma bibliothèque, je tombe sur L’écrit au cinéma, Rêves et cauchemars au cinéma, Le Mal dans le cinéma allemand et Le Moyen-âge au cinéma

Donc en mars 2019, Armand Colin nous proposait un nouveau livre qui allait vite rejoindre ses petits camarades sur ma bibliothèque…

Quelle promesse !

Ce livre, c’est Tout Truffaut : 23 films pour comprendre l’homme et le cinéaste, d’Anne Gillain.

Si je connaissais pas déjà l’auteur, qui avait déjà publié en 1991 chez Hatier un ouvrage nommé François Truffaut : le secret perdu, j’aurais indiqué ci-dessus « Quelle ambition ! »

Et il y a encore, après lecture, une petite part en moi qui murmure que l’homme, comme le cinéaste, reste inépuisable et impénétrable.

Mais c’est justement parce que je connaissais l’auteure que j’ai accepté de lui faire confiance. C’est donc un peu méfiante (mais pas trop) que je l’ai laissée m’embarquer dans son « Tout Truffaut ».

Macrocosme / Microcosme

Elle est belle et bien huilée, la machine truffaldienne d’Anne Gillain, si je puis me permettre cette comparaison hasardeuse.

Elle nous présente 23 films dans un ordre parfaitement chronologique (23 longs métrages + deux courts) et elle explore dans ces 23 films les thématiques, à la fois humaines et cinématographiques qui couvent, à la surface ou juste en dessous.

La quête de l’identité frappée par la révélation de la bâtardise, la transgression, le « trou noir » après la perte de l’être aimée, l’écriture, la mort… j’en oublie certainement.

La force de ce livre, au-delà de l’ambitieux (ou du prometteur, comme vous voulez) « Tout Truffaut », c’est, pour chaque film, d’étudier l’un de ses plans emblématiques : pour les Quatre-cents coups, le moment où Doinel, en vadrouille avec son copain René, surprend sa mère et l’amant de cette dernière ; pour Fahrenheit 451, le moment où Montag découvre la lecture avec les premières lignes de David Copperfield ; pour La Nuit américaine, celui où le petit garçon vole les photos de Citizen Kane, etc.

Rien que ces trois exemples confirment à quel point rien ne ressemble plus à un film de Truffaut qu’un autre film de Truffaut, et à quel point le propos d’Anne Gillain est justifié.

De temps en temps, un grain de sable grippe le mécanisme du tout, ce sont des petites coquilles qu’une relecture, même attentive, avant publication, a laissé passer : Yann Dedet, l’un des monteurs de La Nuit américaine, rebaptisé Yvan à plusieurs reprises, Nestor Almendros dont le nom a été transformé au moins une fois en Amendros, et Depardieu, dans La Femme d’à côté, appelé Bernard Granger tout au début du chapitre, alors que c’est le nom qu’il porte dans Le Dernier métro.

Tout ceci, c’est un pinaillage fait par la truffaldienne maniaque que je suis, tout ça parce qu’elle ne veut pas admettre – et pourtant elle le fait ici – à quel point Anne Gillain gagne son pari.

Et la pudeur, dans tout ça ?

Si j’ai râlé et grogné malgré tout sur ce livre, c’est parce que je ne peux pas m’empêcher d’être subjective lorsque j’aborde la question « François Truffaut », au point de donner le sourire à mes amis…

Si j’ai râlé, encore une fois, c’est parce que, dès ma lecture finie, il a fallu que je m’attelle à l’écriture de cet article, avant que les impressions qu’elle avait suscité ne s’enfuient. Et aussi parce que je ne voulais pas répéter, ressasser, tout ce que j’ai déjà pu dire sur Truffaut.

Quoique.

La seule fois où je me suis permise un avis un peu plus personnel que les autres sur ses films, et sur ce blog, c’est lorsque j’ai publié, il y a environ cinq ans, la Lettre à la Femme d’à côté que j’avais écrite pour un concours organisé à l’occasion des 30 ans de sa disparition.

J’ai depuis tourné et retourné la question plusieurs fois dans ma tête, je l’ai même formulée à voix haute devant quelques amis, moins pour entendre leur avis sur la question, que pour essayer de toucher du doigt quelque chose qui m’échappait.

Alors, pourquoi lorsque je lis un livre sur Truffaut, suis-je émue à ce point ? pourquoi me donne-t-il envie de revoir toute la filmographie (et du même coup d’acheter enfin le coffret intégral de ses films, pour qu’il rejoigne mon coffret Chaplin et mon coffret de Citizen Kane – il sera tellement bien entouré !) ?

Est-ce parce que j’ai cultivé au fur à mesure cette tendresse pour cette figure tutélaire au dessus de ma cinéphilie ?

Est-ce parce que j’affectionne tout particulièrement la façon dont il parle de livres et d’amour, en décalage total avec les questionnements de son époque, au point d’être injustement jugé ?

Est-ce parce qu’à chaque minute dans ces films, j’ai l’impression qu’un ami me souffle des secrets à l’oreille et parce que j’ai, comme jamais, le sentiment d’être en communion avec ses personnages ?

Est-ce parce que sa figure paternelle s’efforce au mieux de remplacer celui qui me l’a fait découvrir ?

Ce doit être un peu de tout ça à la fois, et quelque chose de plus, car, comme Anne Gillain, je découvre à chaque fois de nouvelles choses, de nouveaux reflets dans le kaléidoscope Truffaut, et je n’ai pas fini d’écrire à la Femme d’à côté…

Mars 2019 : séances et animations du CDI

Pour équilibrer les articles des mois de mars et d’avril, je ne présenterai les séances faites dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias à l’école que dans l’article du mois d’avril.

Pour commencer, et comme promis dans l’article précédent, je reviens sur l’oral de TPE sous forme d’escape game, auquel j’ai assisté fin février.

Intervention à CANOPÉ 91

En effet, si j’ai tenu à ce point à assister à cet oral, au-delà de la sympathie que m’inspirait ce petit groupe de TPE, c’est parce qu’on m’avait proposé d’intervenir à la demi-journée de formation organisée le 25 février à l’atelier CANOPÉ du 91 sur la thématique : « Découvrir les principes de l’escape game pédagogique ».

Je remercie d’ailleurs Sidonie Richon, qui, connaissant mon souhait de m’inscrire en tant que stagiaire à cette demi-journée, m’a finalement proposé d’y avoir un rôle… disons plus actif 😉

La demi-journée s’organisait en deux temps :

  • présentation des principes de l’escape game pédagogique avec plusieurs exemples
  • participation à l’escape game « Corps en mouvement » proposé par la Petite Galerie du Louvre et installé à l’atelier

Dans ma présentation, que vous retrouverez ci-dessous, je revenais donc sur les principes de l’escape game, sur quelques éléments à prendre en compte dans la réalisation d’un escape game, sur deux exemples menés au lycée et déjà présentés sur ce blog, et sur le fameux escape game réalisé par les élèves de Première L dans le cadre de leurs TPE.

Semaine de la presse : expositions et ressources

Comme je l’ai indiqué en début d’article, je ne présenterai que très succinctement mes séances avec les élèves.

Je l’avais annoncé au mois de janvier : j’ai proposé comme chaque année juste après l’inscription du lycée, une présentation à mes collègues avec possibilité d’organiser des séances via un Google Form.

Comme la semaine de la presse coïncidait pour nous avec la semaine du bac blanc, je m’attendais à peu de retours…

J’ai finalement un certain nombre de projets :

  • avec les 2ndes : des séances en EMC sur les fake news et en anglais sur la presse anglo-saxonne
  • avec les 1L : des séances sur la liberté de la presse, la presse étrangère, les Unes de presse et le parcours Désinformation
  • avec les 1ES : des séances en anglais sur la presse anglo-saxonne, et la suite du projet #DamasEinstein sur les pratiques informationnelles en EMC/SES
  • avec les 1S : le parcours Désinformation et (en cours d’élaboration) un travail sur les fake news
  • enfin avec une classe de 1STMG, des séances sur la propagande, les rumeurs et les fake news.

Je reviendrai sur ces séances à la mi-avril.

Exposition au CDI

La thématique cette année étant « L’information sans frontières ? », j’ai proposé à l’ensemble de mes collègues de langues d’aller faire un petit tour à l’aéroport d’Orly (à environ 30 minutes de chez moi en voiture) pour y glaner quelques numéros de presse étrangère pour chaque langue vivante enseignée au lycée.

J’ai donc fait ma petite expédition le lundi 11 mars, puis j’ai installé l’exposition au CDI le mardi 12 mars.

Voilà un aperçu des installations au CDI :

En complément de cette exposition, j’ai proposé sur le portail E-SIDOC du CDI une présentation sur Genial.ly avec quelques ressources, le lien du parcours Info’sphère réalisé l’an dernier avec Sandrine Duquenne, et une sélection de sites pour vérifier l’information :

J’ai également laissé en place les ressources que j’avais installées au CDI en février dans le cadre du Safer Internet Day :

Voilà pour la mise à disposition des ressources dans le cadre de la #SPME2019.

Séances

Très rapidement, je reviens sur les séances que j’ai animées ce mois-ci, en dehors des séances #SPME2019 :

  • 1H de séance de formation à la recherche pour les 2ndes sur la thématique de la tragédie (qui vient compléter la première heure, celle-ci ayant eu lieu au mois de février).

Animations

Parallèlement à la Semaine de la presse, j’ai laissé installées certaines animations et en ai proposées d’autres.

Puzzle participatif

Mis en place le 12 février, ce puzzle a trouvé son public.

Même si le challenge de 1000 pièces à placer en 10 jours n’a pas été atteint, j’ai un petit groupe d’irréductibles qui progressent à leur rythme, comme en témoignent ces quelques photos :

Et l’infographie que j’ai réalisée sur Piktochart pour inciter d’autres élèves (voire des enseignants) à participer :

Exposition « Femmes écrivains »

Pour finir avec les animations proposées au mois de mars, voici ce que j’ai installé, bien après la journée internationale des droits des femmes (qui tombait pendant les vacances) mais c’était quelque chose qui me tenait à cœur depuis un moment – surtout depuis que le fonds s’est enrichi des derniers éléments de la collection à l’initiative de Laure Adler.

Pour l’occasion, j’ai recyclé deux affiches Lecture :

Et j’en ai réalisé deux autres, la première sur les femmes écrivains :

La seconde s’appuyant sur une citation de Marguerite Duras :

Voilà ce que donne l’expo une fois installée :

J’en termine pour cet article avec ma marotte #LudoDOC, ayant eu ce mois-ci une visioconférence avec mes comparses…

#LudoDOC

Nous avons poursuivi l’alimentation du site avec un article de Bénédicte Langlois sur la Semaine de la presse.

Nous allons bientôt publier un autre article #SPME2019 ainsi qu’une série d’articles sur le site, selon une thématique bien particulière et en lien avec le thème de cette année de Ludovia16.

Je vous redonne ici quelques infos, déjà évoquées dans l’article précédent :

Si vous souhaitez envoyer votre témoignage de profdoc sous la forme d’une interview, d’un texte, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à l’adresse suivante :

collectif.ludodoc@gmail.com

Si vous voulez nous présenter un projet pour que nous puissions continuer à nourrir le site en articles valorisant des profs docs, vous pouvez compléter le formulaire directement sur la page d’accueil de #LudoDOC :

Accueil

Enfin, si vous souhaitez participer au prochain événement associé #LudoDOC en août 2019 à Ludovia, remplissez dès maintenant le formulaire ci-dessous :

https://goo.gl/forms/ViF5K67xtVx86cBl2

J’en profite pour vous rappeler l’existence de la cagnotte sur Leetchi afin de nous permettre de faire vivre ce collectif et de vous accueillir dans les meilleures conditions possibles à Ludovia : n’hésitez pas à participer !

https://www.leetchi.com/c/ludodoc

En espérant vous retrouver nombreux cette année, à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Cartographie cinéphile

Cet article cinéphile de mars m’a été inspirée par le Dictionnaire de la Fantasy, publié par les éditions Vendémiaire et dont j’ai parlé en décembre dernier.

L’une des entrées de ce dictionnaire m’a semblé être le point de départ idéal du compte-rendu de lecture des deux ouvrages dont traitera cet article.

Imaginaire de la carte

Sans surprise, l’auteur de cette entrée est Florian Besson, co-auteur en 2018 de Kaamelott : un livre d’histoire, ouvrage également publié chez Vendémiaire, et dont j’aurai peut-être l’occasion de vous reparler.

Il s’agit de l’entrée « Cartes », qui pour moi, dans ce dictionnaire, s’est démarquée dès ma première lecture, et qui, deux mois après, me reste en tête.

J’en reprends ici les principaux arguments, juste après une introduction de l’auteur sur la carte de la Terre du Milieu de Tolkien et la carte qui figure au générique de Game of Thrones :

La carte plaît parce qu’elle est une invitation au voyage : ses toponymes mystérieux et ses sonorités exotiques évoquent des horizons lointains et promettent au lecteur un beau dépaysement […]

La carte intrigue, fascine, piège l’imagination, pousse à l’exploration. […]

Gage d’authenticité, la carte vient avant tout garantir le réalisme du monde créé par l’auteur : l’univers fictionnel se voit doté d’une géographie précise, où prennent place des langues et des religions spécifiques. […]

Pour autant […] ces représentations cartographiques sont en réalité contemporaines. Les cartes des cycles fantasy sont ainsi presque systématiquement orientées vers le nord, souvent ornées d’une belle rose des vents, alors que ce sont là des conventions cartographiques propres aux systèmes de représentations occidentaux […] les auteurs eux-mêmes sont pris à leur propre piège, séduits par le potentiel de la carte et placés de ce fait dans l’impossibilité presque absolue de ne pas en proposer au moins une.

C’est cette évocation des cartes dans l’univers de la fantasy qui a, d’une certaine manière, structuré ma pensée et qui me permet aujourd’hui de vous faire le compte-rendu de deux lectures.

La première découle directement du Dictionnaire de la Fantasy et a suivi une autre lecture : Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Game of Thrones : l’imaginaire en cartes

Il s’agit moins d’un livre que d’un coffret, et lorsqu’on l’ouvre, celui-ci est assez spectaculaire.

Game of Thrones : les cartes du monde connu a été publié en 2015 chez Huginn & Muninn, une maison d’édition franco-américaine principalement connue pour ses ouvrages (parfois des énormes pavés dont l’achat est bien évidemment indispensable à tout fan qui se respecte) sur Harry Potter.

Huginn & Muninn est une référence en terme de lecture pour les geeks et les amateurs de pop culture. C’est elle qui a publié les premiers livres consacrés à Game of Thrones (la série télévisée) et qui a donc proposé en 2015 ce coffret.

12 pages, la lecture en pourrait être vite expédiée, et l’on pourrait penser qu’hormis pour les fans absolus et invétérés de la série, elle peut prêter à sourire.

12 cartes à déplier, les unes offrant un plan d’ensemble de l’univers d’Essos et de Westeros, les autres zoomant au-delà du mur ou sur Port-Réal et ses différents quartiers – à force de voir et revoir la série en version originale, les noms en version française me sont devenus moins familiers.

Finalement, on peut se prendre au jeu, suivre du doigt les itinéraires de nos personnages favoris, se perdre dans les territoires vallonnés de l’Ouest, et répondre à l’invitation de Cédric Delaunay dans la première partie de son ouvrage Game of Thrones : de l’histoire à la série, très justement nommée « La carte et le territoire » :

Admirons les luxuriantes cités de Braavos et de Port-Réal ; ébahissons-nous de la majesté du Mur, foulons les vastes steppes semi-arides d’Essos que hantent depuis des millénaires les cavaliers dothrakis ; festoyons dans les luxuriantes plaines du Conflans ; partons dans un monde imaginaire aussi beau et divers que le nôtre…

Invitation qu’avait déjà lancé Nota Bene dans l’un de ses épisodes « Motion VS History » (attention pour ceux qui le découvrirait maintenant, l’épisode date de 2015, comme notre livre de chez Huginn & Muninn) qui se penchait aussi sur les différents territoires de cet univers, avec l’aide du Cartographe, une autre chaîne YouTube :

C’est à cette invitation que propose également de répondre le deuxième ouvrage sur lequel se penche cet article, en s’immergeant non plus dans l’univers d’une série télévisée, mais en embrassant, sinon la totalité, du moins les infinies possibilités de l’univers cinématographique.

Pays et villes au cinéma

J’avais déjà consacré plusieurs articles à des itinéraires cinématographiques, imaginant quel film serait le plus représentatif pour moi de tel ou tel pays, circulant dans telle ou telle ville avec un ou plusieurs films en tête, voyageant avec un auteur de la côte est à la côte ouest des États-Unis, accompagnée par Hitchcock…

Lorsque l’on s’intéresse au cinéma français, japonais, italien, ou américain, les décors sont rarement absents : on voyage avec Le Parrain de la Sicile aux quartiers de New-York, on déambule dans Paris avec les Quatre-cents coups et Hôtel du Nord, on suit Cary Grant depuis le siège de l’ONU jusqu’au mont Rushmore dans La Mort aux trousses

Et lorsqu’on peine à retrouver la bonne rue, le bon quartier, on peut de temps en temps compter sur Blow Up – encore, et toujours Blow Up – pour nous faire faire un tour d’horizon de Londres, Venise, Berlin, San Francisco ou New York au cinéma.

Enfin, si l’on veut se plonger dans un pavé consacré aux villes qui ont un jour figuré à l’écran, on peut tenter de retrouver le livre que Thierry Jousse (aux commandes de Blow Up, tiens tiens) et Thierry Paquot avaient publié en 2005 aux éditions des Cahiers du cinéma :

La Ville au Cinéma explorait la représentation de la ville à l’écran en faisant collaborer plus de 85 auteurs, des universitaires, des cinéphiles et des critiques. Cette encyclopédie était construite en cinq parties :

  1. Filmer, montrer, représenter
    Lumière, Décor, Histoire, Montage, Musique de film…
  2. Genres et écoles
    Film noir, Science-fiction, Banlieue, Western…
  3. Lieux et personnages
    30 courts textes personnels d’Aéroport à Voisinage
  4. Villes cinématographiques
    55 portraits d’Abidjan à Washington, en passant par Buenos Aires, New York, Taipei…
  5. 50 cinéastes urbains
    50 notices biographiques de Woody Allen à Wong Kar-wai.

Si vous avez l’occasion de mettre la main dessus, elle vous propose un beau voyage…

Mais je n’en suis toujours pas à ma deuxième lecture, qui, elle, proposait un voyage quelque peu différent.

Cinéma en cartes

Imaginez que vous quittez le monde réel, que vous laissez de côté les pays, les villes, les rues pour vous abandonner à une autre forme de géographie et que vous voyagez d’un film à l’autre simplement en allant du domaine du drame aux plaines de l’aventure, en faisant un détour par la péninsule initiatique.

C’est tout le propos de Movieland, de David Honnorat, publié aux éditions Hachette en octobre 2018.

Pour vous plonger dans ce petit bijou, laissez-vous guider par votre imagination, fermez les yeux (entre chaque paragraphe) et suivez l’itinéraire de votre choix. En dehors de la carte – là encore à déplier – proposée par David Honnorat, le livre ne vous proposera pas d’images, une manière encore plus décisive de vous inciter à voir ou revoir les films dont il vous parle.

Et d’ailleurs, de quoi vous parle-t-il ? Le mieux est de lui laisser la parole :

Pour ceux qui souhaiteraient voir à quoi ressemble cette carte en ligne, rien de plus simple :

Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le sujet (en anglais), c’est par ici.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est d’avoir pris presque au pied de la lettre cette idée d’itinéraires, notamment dans la présentation. Il s’agit d’un croisement entre chemins de randonnées et sélections thématiques, avec temps, niveau de difficulté et prolongements possibles. Les 50 itinéraires thématiques proposés sont d’ailleurs classés du spectateur débutant au spectateur expert, en passant par le spectateur confirmé.

Un exemple :

Je choisis dans la partie « Spectateur débutant » l’itinéraire « Spoiler Alert ! » qui me propose un parcours de 16 heures et 34 minutes (difficulté 1 étoile, mais destiné à un public averti – sexe, violence ou spoilers) avec 9 films, de Citizen Kane à L’Empire contre-attaque en passant par Sixième sens, Les Diaboliques ou Usual Suspects.

On me propose ensuite soit :

  • l’itinéraire « Héros en cape » de Batman à Superman (« Spectateur débutant » 24 heures et 15 minutes, 11 films, difficulté 1 étoile, tous publics)
  • l’itinéraire « Le regard des juges » de Fenêtre sur cour à Caché (« Spectateur averti », 16 heures et 53 minutes, 9 films, difficulté 4 étoiles, public averti – violence)
  • l’itinéraire « Modern warfare » d’Il faut sauver le soldat Ryan à Outrages (« Spectateur expert », 22 heures et 53 minutes, 11 films, difficulté 5 étoiles, public averti – violence)

Un index permet en fin d’ouvrage de cocher les films déjà vus.

Voilà pour le très beau Movieland, un de mes coups de coeur de début 2019, dont le seul point faible est la couverture, un peu fragile.

Je remercie David Honnorat de m’avoir offert avec ce livre de quoi matérialiser mes associations d’idées cinéphiles, et de répondre parfaitement à ce que dit Florian Besson, déjà cité au début de cet article :

La carte plaît parce qu’elle est une invitation au voyage : ses toponymes mystérieux et ses sonorités exotiques évoquent des horizons lointains et promettent au lecteur un beau dépaysement […]

La carte intrigue, fascine, piège l’imagination, pousse à l’exploration.

Merci pour l’invitation et merci pour le piège, très réussi !

En vous souhaitant un beau dépaysement et de belles lectures, je vous dis à bientôt sur Cinéphiledoc !

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