Avril 2018 : séances et animations du CDI

Voici un compte-rendu de mes activités entre le 26 mars et le 13 avril 2018.

Je commencerai par un petit message préliminaire :

Usages de Padlet

Ceux qui ont l’habitude de me lire savent que je suis une grande utilisatrice de Padlet. La semaine où j’ai appris que Padlet devenait payant, j’en avais créé un la veille et je prévoyais d’en créer un le lendemain, et le tableau de bord de mon compte indiquait que j’en étais à 46 padlets sur 48 disponibles…

Je n’ai pas l’intention de supprimer du travail, même ancien, et dont je veux garder la trace, pour « l’écraser » par un autre contenu.

Et je considère que j’ai allègrement profité de Padlet tant qu’il était gratuit. Parce que je le veux, et parce que je le peux, j’ai donc décidé de prendre un abonnement pro sur Padlet, je continuerai donc à vous partager le travail que je fais dessus.

Je suis prête également à le mettre à disposition des enseignants de mon lycée et de mon entourage, en leur fournissant des liens avec des murs vides s’ils le souhaitent pour qu’ils puissent continuer à l’utiliser (une sorte de compte partagé, comme les écrans disponibles de Netflix en somme).

Évidemment, ça ne m’empêchera pas d’explorer les solutions alternatives (et gratuites) à Padlet et à privilégier ces dernières pour les présenter dans les stages que j’anime ou que je co-anime.

Mais je préfère prendre tranquillement le temps de les étudier et continuer à utiliser entre temps un outil que j’apprécie et que je maîtrise.

Séances

Entre le 26 mars et le 13 avril, j’ai participé, comme d’habitude, aux séances d’arts visuels de ma collègue d’histoire-géo et j’ai mené les séances suivantes :

  • Formation à la recherche Seconde 6 (séances 1 et 2)

Ces deux séances suivent le même modèle qu’indiqué précédemment, ici par exemple.

Une première séance était consacrée à la recherche sur internet (pour cette classe, en collaboration avec ma collègue d’histoire-géographie, la thématique retenue était les grandes découvertes) :

Une seconde séance portait sur la recherche sur E-sidoc et la réalisation d’un Padlet (encore un) toujours sur les grandes découvertes :

  • Réalisation de fiches biographiques sur l’esprit scientifique (2nde6)

Toujours en histoire-géo et toujours en 2nde6, à l’image des Unes de presse révolutionnaires que nous avions fait réaliser l’an dernier aux élèves, nous avons proposé aux élèves de Seconde 6 de réaliser des fiches biographiques sur Piktochart ou sur Powerpoint (ma collègue ayant eu à mener la deuxième séance seule, elle a choisi de privilégier cet outil, sauf pour des élèves ayant déjà commencé leur travail sur Piktochart).

Afin d’éclairer les élèves sur nos attentes, et de les aider dans leurs recherches, j’ai réaliser les supports suivants :

Un Genially de présentation

Un exemple d’une fiche biographique réalisée sur Piktochart (vous noterez l’exemple que j’ai choisi, en lien avec mes centres d’intérêt…)

Un Padlet de ressources (papier et numériques et où également tous les documents supports étaient disponibles)

Je présenterai les travaux des élèves une fois qu’ils seront réalisés, vous en avez également un premier aperçu déposé sur le Padlet.

  • Débat EMC 1L2

Suite aux travaux des élèves sur la représentation des femmes dans la société commencés au mois de mars, et pour clôturer ces séances, nous avons organisé avec mon collègue d’histoire-géo deux heures de débat (une heure par demi-groupe) avec les élèves en EMC sur la thématique suivante :

« Les femmes, témoins ou acteurs de la société ? »

Voici les restitutions de ces débats sous forme de carte mentale :

 

  • Parcours « Les femmes dans la société » 1L1

Nous avons également commencé la même séquence avec l’autre classe de Première L du lycée, qui pour l’instant en est encore à répondre aux questionnaires. Voici donc le Padlet dans son état actuel :

Évidemment, il sera enrichi au fur et à mesure, et le même débat aura lieu au mois de mai pour cette classe.

Pour m’amuser, j’ai à un moment photographié la salle une fois installée pour ces séances :

Petite info inédite : j’ai été conviée ce mois-ci à assister à la séance d’une de mes collègues, enseignante de physique chimie.

  • Escape Game d’Aurélie Marié, « Les deux infinis »

Depuis quelques temps, je discute beaucoup avec des collègues de physique chimie et de SVT qui connaissent et partagent mon appétence pour le numérique et les pédagogies ludiques.

Lorsque Aurélie a créé son escape game à destination des secondes, elle m’a donc prévenue et proposée de venir assister à l’une de ses séances.

Mise en scène :

Recherche des indices :

Résolution des énigmes :

Évidemment, je suis peu à même de juger du contenu, étant littéraire de formation, mais je peux dire que les élèves ont adoré et que le jeu était très bien organisé – je peux également témoigner de l’incroyable travail que cette séance a demandé.

Animations

Suite à la grosse exposition consacrée à la semaine de la presse – et que j’ai laissé installée jusqu’aux vacances d’avril (sauf les journaux sur les tables, que j’ai retirés pour permettre aux agents de nettoyer), je n’ai pas proposé d’autres expositions importantes.

Cependant, cela faisait un moment que je souhaitais faire quelque chose pour valoriser le fonds en littérature classique, et après en avoir discuté avec Sandrine Duquenne, nous avons eu l’idée de faire des sélections thématiques dans nos établissements respectifs qui prennent la forme suivante :

  • « Un mois, une découverte littéraire »

Pour le mois d’avril, ma sélection est donc consacrée à Paris, avec une affiche « QR-codée » :

une affiche sur le cinéma :

et une citation en lien avec le thème :

Voilà ce que cela donne une fois exposé :

Ce mois-ci, à l’approche du bac, j’ai aussi essayé de mettre en avant quelques ouvrages du fonds philo et j’ai également reçu quelques nouveautés :

Gestion

Pas grand chose à dire de ce côté-là en dehors des tâches habituelles, à savoir :

  • catalogage des nouveautés
  • saisie des annales 2018 reçues
  • poursuite de l’équipement en codes barres du rayon arts

Projets

Comme je l’indiquais dans l’article du mois dernier, j’ai assisté à des réunions pour construire au lycée un nouveau projet d’établissement. Cela va également nous amener, évidemment, à réfléchir à la politique documentaire – mais j’y reviendrai soit en mai, soit en juin.

Je peux d’ores et déjà donner les éléments de réflexion (très modestes) que j’ai produits, en format PDF :

Élaboration d’une politique documentaire au lycée Albert Einstein

et remercier Sandrine Duquenne et Perrine Chambaud de leurs précieux éclairages !

Cela m’a aussi amenée à proposer, en prolongement de l’espace jeux, le projet suivant à mon chef d’établissement :

Projet espace détente et créativité

L’occasion de continuer à travailler sur ces thématiques tout en proposant un réaménagement de l’espace !

Interventions à l’extérieur

Ce mois-ci, je suis intervenue à deux occasions à l’extérieur de mon établissement.

  • Escape d’espaces

Le 5 avril, j’ai co-animé un atelier à l’occasion de la Journée inter-académique des professeurs documentalistes de Paris – Créteil – Versailles avec Brigitte Pierrat, à l’ESPÉ de Paris, sur les escape games pédagogiques.

La présentation, sous forme de Genially, est disponible ci-dessous :

  • Innovation, design thinking et professeurs documentalistes

Le 9 avril, à l’invitation de Cyril et Sandrine Duquenne, je suis intervenue à la réunion de bassin des professeurs documentalistes du bassin de Saint Quentin en Yvelines, et voici, toujours sur Genially, la présentation :

Je remercie tout particulièrement Véronique Gardair et Audrey Démonière-Rouvel pour leur relecture attentive.

Des nouvelles de #LudoDOC

Vous pouvez toujours vous inscrire pour participer à l’événement associé de Ludovia 15 !

Le formulaire à renseigner est disponible à l’adresse suivante :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfjDzRLcYs7tDz_Ndm74JxowzGzFmuUC35XMERxw9VxwI33SA/viewform

Un premier article de présentation a été publié sur le site des professeurs documentalistes de l’académie de Versailles :

https://documentation.ac-versailles.fr/spip.php?article406

Publications

Enfin je termine cet article en mettant à disposition de ceux qui auront la patience de les lire mes deux mémoires, que je souhaitais mettre en ligne depuis un moment et qui ont profité d’un sursaut et de la création d’un compte Calaméo :

Bonne lecture (ou pas) et à bientôt sur Cinéphiledoc !

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Mars 2018 : séances et animations du CDI

Comme je l’avais indiqué dans mon article précédent, j’ai beaucoup travaillé ce mois-ci sur les inégalités hommes / femmes, sur le sexisme et les droits des femmes.

Je commence donc cet article du mois de mars, qui couvre la période du 5 au 23 mars, par les expositions et les actions mises en place au CDI.

Expositions et animations

Durant ce mois de mars, toujours riche en événements, voici les quelques valorisations du fonds que j’ai pu mener :

  • Journée internationale du droit des femmes (8 mars)

J’ai la chance d’avoir un fonds relativement riche sur la question, ce qui a permis de sortir quelques jolies choses. J’ai remarqué que, depuis le début de l’année, c’est l’une des expositions qui a suscité le plus la curiosité des élèves…

L’exposition se trouvait d’abord sur une des tables du CDI, puis, pour permettre aux élèves d’accéder aux nouveautés, mais aussi pour permettre l’installation de la semaine de la presse (sur laquelle je reviendrai plus bas), je l’ai déplacée sur un autre espace.

Elle est donc à disposition des élèves depuis le 6 mars, et dans sa forme plus restreinte, depuis le 13 mars.

  • Semaine des mathématiques (12 au 18 mars)

Je me suis souvenue un peu in extremis de cette semaine thématique, et ça tombait bien, je cherchais quelque chose pour remplacer l’expo sur la Saint Valentin…

Un peu moins de légèreté donc, pour cette mini-exposition, mais deux des ouvrages d’abord mis en valeur ont été emprunté (l’un sur les grandes théories mathématiques, l’autre sur la cryptographie et les codes secrets… un amateur de Turing sans doute !).

http://eduscol.education.fr/maths/actualites/actualites/article/un-evenement-congres-mathenjeans.html

Expo mise à disposition des élèves du 12 au 24 mars.

  • Stephen Hawking et la tentation de l’expo 3.14 (14 mars)

Là encore, j’ai juste voulu faire une petite action, d’autant que je n’avais absolument plus d’espace d’exposition à ma disposition.

J’ai donc cédé à la facilité : une citation imprimée (affichée sur la porte du CDI et sur le bureau) et deux ouvrages de Stephen Hawking mis en valeur.

Durée : 14 mars – début avril.

À présent les gros chantiers !

Journées Portes ouvertes : 10 mars

Dans notre établissement, les JPO ont eu lieu le samedi 10 mars, avec un accueil de 10h à 13h.

Pour l’occasion, j’avais prévu quelques marques-pages réalisés sur Canva :

marques pages cdi jpo

Il a fallu que je m’y reprenne à plusieurs fois pour que les QR-codes soit lisibles, et ces journées ont eu lieu pile au moment où E-SIDOC était en rade.

J’ai également préparé cette affiche, qui accueillait, ainsi que la boite lumineuse, les visiteurs à l’entrée :

J’ai été très heureuse de voir, que même si je n’ai pas eu une marée humaine, les visiteurs étaient curieux, et généralement accompagnés d’élèves bénévoles qui leur faisaient la visite. Un changement par rapport à mon expérience du collège, où je restais plusieurs heures pour deux parents…

Semaine de la presse #SPME2018

J’ai déjà présenté l’ensemble des ressources que j’ai mises à disposition de mes collègues dans l’article précédent.

Comme j’ai fait beaucoup de séances sur la presse, les médias et la désinformation, et qu’internet nous a boudé au lycée ces dernières semaines avant l’arrivée de la fibre, je n’ai pas fait d’autres séances pendant cette semaine (qui l’année dernière était quasiment la plus remplie de l’année).

De plus, ayant pris contact avec l’association Entre les lignes pour organiser la venue dans une classe d’un journaliste (j’espérais qu’il pourrait venir cette semaine), je suis à l’affût de sa réponse…

J’ai donc axé mon action cette année surtout sur l’installation des liasses reçues et sur les autres animations proposées aux élèves.

Ces actions leur sont présentées via deux affiches :

Voilà ce que donne les tables tapissées et l’escalier aménagé :

Voici les marques-pages, qui présentent des quotidiens ou des moyens de s’informer, avec à chaque fois une anecdote :

https://www.canva.com/design/DACuJf8X7O4/xngZ-m_-g8WpSFNV84FlaA/view?

Et voici l’exposition dans son ensemble :

Enfin, en plus des marques-pages, je mets à disposition des élèves le jeu « Timeline médias » proposé par Claire Cassaigne et le parcours « Info’Sphères » créé avec Sandrine Duquenne.

Les élèves sont généralement interpellés lorsqu’ils voient les tables et la machine à écrire (que j’ai ressortie pour l’occasion), ainsi que les périodiques reçus.

Installation prévue du 12 mars au 13 avril.

Séances

En ce qui concerne les séances, voici celles que j’ai menées ou auxquelles j’ai participé entre le 6 et le 23 mars :

  • Arts visuels (13 et 20 mars)

Toujours dans le cadre de la collaboration avec ma collègue d’histoire-géo et de la réalisation par les élèves d’un documentaire sur le centre hospitalier du Perray-Vaucluse (j’avais mis le lien vers leur Padlet de recherche dans l’article de février), nous avons accueilli un artiste, Sébastien Rémy, avec lequel les élèves vont travailler.

Il s’agit d’imaginer, à partir de photographies, d’objets et de lettres de patients soignés au Perray-Vaucluse, de nouvelles lettres.

Durant la première séance (à laquelle je n’ai pas pu assister en entier), les élèves ont reconstitué le quotidien des patients et leur emploi du temps. Ils ont aussi pu observer et manipuler des objets et des documents, parfois très anciens.

Durant la seconde séance, Sébastien Remy leur a présenté des artistes (Chantal Akerman, Sophie Calle et Serge Gainsbourg) qui se sont appuyés sur des lettres pour créer des oeuvres ou un univers artistique.

Les élèves doivent ensuite par binômes choisir une photo et imaginer un échange de lettres entre la personne soignée et quelqu’un de l’extérieur.

  • Formation à la recherche Seconde 2 (séance 2)

Cette séance est la suite de la séance menée, comme avec les autres classes, dans le cadre de la formation à la recherche des élèves de seconde.

Après une première séance le 3 février, nous avons dû décaler plusieurs fois cette deuxième séance jusqu’à la date du 23 mars.

La première séance portait sur la condition féminine. Comme à chaque fois, pour la seconde, je privilégie l’utilisation du portail E-SIDOC et la réalisation par les élèves d’un padlet de ressources sur le sujet.

Voici le lien du Google Form que les élèves devaient renseigner :

https://goo.gl/forms/ERLgS2pfY6AupdmE2

Et voici le Padlet que la classe a produit :

  • Parcours sur la place des femmes dans la société (EMC 1L2)

Après des séances sur la désinformation, nous avons commencé avec mon collègue d’histoire-géographie une séquence sur la place des femmes.

Ces séances ont commencé le 9 mars (une fois par semaine en demi-groupe) et doivent s’achever avec un débat, pour le deuxième groupe le 4 mai.

Le parcours reprend la structure que j’avais adoptée pour le parcours sur la désinformation : 5 univers à explorer, avec des ressources, des vidéos et à chaque fois des Google Forms à compléter.

Comme pour l’autre parcours, j’ai recensé sur un padlet quelques réponses des élèves sur les différents sujets d’analyse ou de réflexion personnelle.

Gestion

Un petit point rapide sur la gestion, avec en chantier ce mois-ci :

  • équipement en codes barres du rayon 400
  • harmonisation de la signalétique pour les rayons 000, 200 et 400 (avec les étiquettes manquantes, que j’ai rajoutées)
  • gestion des usuels : j’ai commencé à reprendre ce rayon, pour indexer les ouvrages qui ne l’étaient pas, harmoniser les cotes et les équiper en codes barres (chantier en cours).
  • désherbage d’un fonds trop ancien en arts (principalement peinture et architecture).

Formations, réunions, etc.

  • Hackathon #profdoc

Le 5 mars, j’ai co-animé avec Laurette Vermillac au médiapôle de Ris-Orangis un hackathon à destination des professeurs documentalistes néo-titulaires du département.

D’après l’idée de formation menée par Sandrine Duquenne et Anne-Lise Dupont, il s’agissait de faire construire aux participants un scénario innovant à mettre en place dans le cadre de la semaine de la presse.

Voici le lien de la présentation :

Et voici le padlet où ont été déposées les réalisations des stagiaires :

J’ai beaucoup apprécié de co-animer cette formation, que je trouve dynamique et enrichissante.

Voici les autres réunions auxquelles j’ai participé :

  • 13 mars : réunion de bassin sur les parcours avenir et citoyen
  • 14 mars : passage éclair à Eduspot – j’ai tout de même eu le temps de voir une démo de la nouvelle appli « L’ardoise » réalisée par la DANE Versailles
  • 22 mars : réunion « projet d’établissement » au lycée, avec deux beaux volets prometteurs, le développement du numérique et « citoyenneté et culture », avec déjà de mon côté quelques petites idées pour l’an prochain…

Point #LudoDOC

Enfin je termine avec un petit point sur le bébé collectif #LudoDOC et son hydre à trois têtes (Sophie Gronfier, Sandrine Geoffroy et moi-même) qui sont très motivées et en train de vous concocter un joli programme bien sympathique pour l’édition 2018 de Ludovia !

Afin de recenser les participants et pour qu’ils puissent bénéficier d’un tarif « événement associé » à Ludovia, j’ai posté sur le compte Twitter @doc_ludo un Google Form à renseigner. Si vous souhaitez être des nôtres et venir à Ludovia sous la bannière #LudoDOC, n’hésitez pas à le remplir !

https://goo.gl/forms/N9uXt9rOeCpCr4zR2

J’en dis plus dans la vidéo réalisée par Aurélie Julien et Éric Fourcaud, qui sera publiée prochainement sur le site de Ludovia, et que je rajouterai ci-dessous dès qu’elle sera disponible !

A très bientôt sur Cinephiledoc !

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Femmes au cinéma

Mes deux articles de mars, cinéphile et #profdoc, auront des thématiques communes.

En effet, l’article cinéphile évoquera les femmes au cinéma, alors que l’article #profdoc traitera en grande partie d’une séquence que j’ai commencée le 9 mars avec mon collègue d’histoire-géographie sur les inégalités hommes/femmes, notamment dans l’univers de la culture.

Mais j’y reviendrai fin mars.

Pour cet article cinéphile, je parlerai tout de même un petit peu de ce projet, car il m’a amenée à faire quelques recherches. J’aborderai trois ouvrages, l’un très récent, les deux autres publiés en fin d’année dernière et en 2016, mais où à chaque fois, les femmes sont à l’honneur.

Recherches sur la question

Pour préparer mon travail avec les élèves, j’ai choisi plusieurs domaines où s’expriment les inégalités hommes/femmes, le sexisme, les représentations… Puis j’ai essayé de trouver des ressources de différentes natures : articles, infographies, images, vidéos.

Pour la représentation des femmes dans la culture, j’abordais la question sous différents angles :

  1. la représentation à proprement parler des femmes au cinéma (idéalisation, test de Bechdel…)
  2. le sexisme (en particulier à l’égard des réalisatrices)
  3. les affaires, plus ou moins récentes, de harcèlement

J’ai donc cherché des ressources sur ces différents sujets, j’ai voulu amener les élèves à (ré)écouter le discours de Natalie Portman, à visionner une vidéo sur le sexisme au cinéma, et à consulter l’émission que Stupéfiant! a consacré à ces différentes thématiques en novembre dernier.

Mais durant la première séance, le couac évidemment : l’accès aux vidéos de Stupéfiant! était impossible. Pendant que les élèves travaillaient, j’ai donc cherché des vidéos (ou autres) traitant des mêmes questions, et voilà ce que j’ai pu glaner :

Et bien-sûr, ces petites recherches m’ont fait repenser à mes lectures du moment, et à d’autres un peu plus anciennes, et m’ont d’autant plus donné envie d’écrire cet article.

50 femmes au premier plan

Le premier livre sur lequel je reviendrai est également mon achat le plus récent. Je vadrouillais comme à mon habitude dans le rayon cinéma, lorsque j’ai mis la main sur cet ouvrage :

50 Femmes de cinéma, de Véronique Le Bris, publié en février 2018 – ce qui tombe à pic dans le contexte actuel et avec pour horizon la journée internationale des droits des femmes – chez Marest éditeur.

Cela m’a donné l’occasion de découvrir un éditeur spécialisé en ouvrages sur le cinéma, qui m’était totalement inconnu ! Donc, déjà, merci à ce livre.

50 femmes, ça peut paraître beaucoup, mais c’est peu. Comment faire un choix ? Comment privilégier telle star, telle réalisatrice, telle assistante ou costumière, au détriment de telle autre ?

Pourquoi privilégier Olivia de Havilland par rapport à Bette Davis (l’une a perdu un procès quand l’autre l’a gagné), pourquoi préférer Coline Serreau à Diane Kurys ou Danièle Thompson, pourquoi citer Edith Head mais pas Suzanne Schiffman ?

Réponse : parce qu’il le faut bien, malheureusement ! 50, c’est 50. Et les choix de l’auteur sont construits, judicieux et justifiés.

C’est ce que j’ai le plus aimé dans ce livre : pour chaque femme, l’auteur indique en chapeau son « fait d’arme », ce qui fait de cette femme quelqu’un d’exceptionnel, et ce qui l’a amenée à figurer dans ce livre.

Quelques exemples :

Florence Lawrence : Elle a inventé le star system et le clignotant

Olivia de Havilland : En 1944, elle obtient au tribunal une définition plus stricte des contrats qui lient les acteurs aux studios hollywoodiens.

Jane Camion : En soixante-dix éditions du festival de Cannes, elle est la seule réalisatrice à avoir reçu une Palme d’or.

Le livre se découpe en trois chapitres : les pionnières, les passionnées et les engagées.

Les pionnières, bien-sûr, s’ouvre avec Alice Guy, la première réalisatrice de cinéma. On y fait un tour du monde, principalement de réalisatrices, mais pas seulement.

Dans les passionnées, on trouve des costumières, des compositrices, des productrices, des écrivains.

Enfin, dans les engagées, on retrouve des personnalités ayant arrêté leur carrière, temporairement ou non, pour se consacrer à des domaines complètement différents : engagement dans l’armée, sciences, politique, causes sociétales ou humanitaires…

Un beau tour d’horizon que cet ouvrage !

Princesse, et alors ?

Le deuxième livre que j’ai choisi pour cet article de mars 2018 est paru, dans sa traduction française, en octobre 2017.

J’aurais pu en parler bien avant, il a fait partie de mes « craquages » post-fêtes de fin d’année et je l’ai dévoré en quelques jours.

Il s’agit du Journal d’une princesse de Carrie Fisher aux éditions Dargaud / Fantask.

Carrie Fisher y raconte le tournage de Star Wars, avec un ton bien à elle, et on croit l’entendre parler à chacune des phrases qu’on lit.

L’ouvrage s’ouvre sur l’année 1976, année faste et riche en événements, durant laquelle ce qui ne s’appelait pas encore l’épisode IV fut tourné à Londres. Elle revient ensuite brièvement sur sa vie « avant Leia ».

Ensuite, récit du tournage, depuis le casting jusqu’à l’avion du retour aux États-Unis, en passant par la fameuse coiffure de Leia et la liaison de l’actrice avec Harrison Ford.

À la fin du récit du tournage, on passe à la lecture du journal que Carrie Fisher a tenu pendant cette période. Beaucoup de mal-être, des poèmes, quelqu’un qui se cherche… le ton tranche beaucoup avec le reste du livre, et pour cause : avant et après ce journal, on a le regard rétrospectif de la comédienne sur elle-même.

Le journal se clôt, on repasse quarante ans plus tard. L’atmosphère devient moins pesante, plus pince-sans-rire, un humour noir bien incisif, qui ne fait pas dans le détail et qui ne s’appesantit pas.

On assiste à l’après Star Wars, à la difficulté d’échapper à un personnage, aux produits dérivés, aux conventions de fans.

Plusieurs fois, l’ouvrage m’a fait hurler de rire. Un exemple ? La visite à Madame Tussauds, face à son double de cire :

Quand on se rapproche de mon double, on peut voir qu’elle a la peau un peu épaisse et qu’elle transpire, alors restez à distance. Il lui manque un grain de beauté sur les reins, mais je n’en aurais pas non plus si j’avais le choix. Peut-être mon moi en cire pourra prendre le relais quand mon moi de chair déposera les armes. Mais il devra le faire dans ce putain de Bikini.

C’est drôle, grinçant, et d’une franchise décomplexée pleine de naturel. Et cela rappelle à qui ne le saurait pas : Carrie Fisher n’était pas seulement une princesse, c’était un des script doctors les plus renommés de Hollywood, une scénariste et un écrivain de grand talent.

Ouvrir au hasard la bible des stars

Les 50 Femmes de cinéma m’ont donné envie de me replonger dans ma troisième lecture.

Je n’en avais pas vraiment besoin : j’ai toujours plus ou moins envie de me replonger dans ce livre, tant sa richesse et sa beauté me fascinent.

Je l’ai dit il n’y a pas très longtemps sur Twitter : le livre est posé à côté de mon lit, le soir je l’attrape, j’ouvre à une page au hasard, je découvre ou je redécouvre… et toujours je m’émerveille.

Il s’agit de Hollywood, la cité des femmes : Histoire des actrices de l’âge d’or d’Hollywood, 1930-1955, d’Antoine Sire, publié chez Actes Sud en août 2016.

Le livre d’Antoine Sire a tout d’une bible : c’est une merveille d’érudition, une référence sur la question (qui d’autre a bien pu rappeler, en France, l’importance d’une Agnes Moorehead, d’une Judith Anderson ou d’une Thelma Ritter ?), et on en tourne les pages avec précaution, avec son papier fin et sa couverture brillante.

Qu’y a-t-il d’autre à ajouter ? C’est l’ouvrage parfait pour le cinéphile, à la hauteur du Hitchbook ou de l’autobiographie de Chaplin…

Antoine Sire a d’ailleurs participé à l’émission Stupéfiant! dont je parlais au début de l’article, pour évoquer ces femmes de cinéma.

J’ai retrouvé sur YouTube l’émission en question, je la laisse en conclusion :

J’espère qu’elle sera disponible pendant un bon moment !

Bonnes lectures et bons films, et à bientôt sur Cinephiledoc !

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Février 2018 : séances et animations du CDI

Le contexte d’écriture de cet article est un peu particulier et spartiate. En effet, je l’ai écrit sur ma tablette depuis le CDI, sans avoir nécessairement tous les documents qu’il me faut sous la main, puis de chez moi.

L’un de nos serveurs d’établissement est décédé il y a quelques jours et nous n’avons ni internet, ni accès aux documents que nous aurions déposé dessus, ni accès à la base documentaire…

Je rajouterai donc les éventuelles ressources manquantes au retour des vacances.

Animations

Le gros projet du mois, et qui m’a pris le plus de temps à préparer, est l’installation d’un espace jeux au CDI.

C’est un projet que j’avais en tête depuis assez longtemps, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler, et que j’ai formalisé auprès de la proviseure à la fin du mois d’octobre.

Au mois de décembre j’ai préparé l’affiche de présentation aux élèves :

Au mois de janvier, j’ai proposé un « Protocole d’installation de l’espace jeux » (principalement nourri de ma lecture du dossier de Savoirs CDI « Organiser et animer des espaces pédago-ludiques au CDI »).

J’ai également commencé à acheter les jeux et à les équiper. Enfin, l’espace en tant que tel a été mis en place le lundi 12 février, dernier lundi avant les vacances. J’ai choisi un endroit relativement proche du bureau, plus facile à surveiller (à l’origine il était prévu que le rayon soit à côté de la SF), et à côté du coin lecture, donc associé à la partie « loisirs » du CDI.

Chaque jeu, comme indiqué dans le protocole, est enregistré dans la base, exemplarisé et estampillé, je plastifie à nouveau les cartes si besoin, j’ajoute une petite check-list sur laquelle figure un QR-code donnant accès aux règles du jeu, si jamais celles-ci ont été perdues.

Parallèlement à cet espace jeux, j’ai installé sur le bureau une boîte lumineuse qui diffusera des messages aux élèves.

En ce qui concerne les expositions, du fait de l’installation de cet espace, je n’ai pas pu prendre le temps d’installer des choses conséquentes.

J’ai changé de place mes expositions de janvier (Scène de crime et l’exposition consacrée à la journée de la mémoire) :

Et j’ai installé 3 mini-expos entre début et mi-février :

  • une sélection sur le Safer Internet Day

  • quelques documents (bien en avance) pour les 50 ans de mai 68

  • et une petite sélection pour la Saint Valentin

Voilà pour les animations mises en place au CDI au mois de février.

Préparation #SPME2018

J’ai également commencé à préparer la Semaine de la presse et des médias à l’école.

J’ai fait une présentation à destination des enseignants, j’ai également proposé un Hors-série à ma lettre de diffusion.

J’ai préparé des marques-pages sur Canva que je mettrai à disposition des élèves une fois la presse reçue :

https://www.canva.com/design/DACuJf8X7O4/xngZ-m_-g8WpSFNV84FlaA/view

Enfin j’ai produit, avec Sandrine Duquenne, ma comparse habituelle, un parcours sur Genially consacré aux médias, que nous avons appelé Info’Sphères.

Le mieux pour retrouver toutes ces ressources est que je vous fasse un copier-coller du mail adressé aux collègues :

Bonjour à tous,
Je vous envoie ce mail dans le cadre de la préparation de la semaine de la presse et des médias à l’école, qui aura lieu du 19 au 24 mars prochain, l’occasion de faire (re)découvrir la presse et les médias aux élèves et de venir faire des séances au CDI ou en salle informatique ! Cette semaine peut être élargie à la semaine d’avant et prolongée jusqu’aux vacances…
Je vous envoie une petite présentation qui vous donnera des pistes,
un parcours « Info’Sphères » réalisée avec une collègue professeure documentaliste (saurez-vous résoudre la charade ?), et un E-INSTANT CDI Hors-série entièrement consacré à la semaine de la presse ! Au plaisir de collaborer avec vous dans le cadre de cette semaine,
Bonnes découvertes !

Gestion

À côté de ces installations et de ces préparatifs, mon temps a été quelque peu monopolisé par de gros chantiers en terme de gestion, l’un prévu, l’autre un peu moins…

En effet, j’avais décidé l’an dernier, après l’harmonisation des cotes de mes rayons, de m’attaquer à l’équipement en codes barres des documents.

Comme il faut bien commencer quelque part, j’ai donc décidé de commencer par les documentaires et par les nouveautés, ce qui jusque-là, m’a permis d’équiper :

  • le rayon 000 – 100 – 200
  • une partie des rayons 400 – 700 – 800
  • les jeux et les nouveautés reçus au mois de janvier

Pour cela j’utilise les rapports de BCDI et j’ajoute les codes barres sur la première de couverture.

L’autre chantier, moins prévu, est le désherbage d’environ 200 (voire un peu plus) numéros de périodiques, en raison d’un dégât des eaux survenu dans la réserve du CDI, à cause d’une chaudière défectueuse (comme quoi, quand ce n’est pas internet…).

L’avantage : ça fait de la place, l’inconvénient : rien pour l’instant n’indique que ça n’arrive pas à nouveau…

Séances

Juste avant les congés de février, j’ai eu 3 heures de séances annulées en raison des problèmes informatiques du lycée, mais entre fin janvier et mi février, j’ai tout de même réussi à mener quelques projets…

  • Débat « Fake news et théories du complot »

Avec les Premières L2, que j’ai suivi durant toute leur découverte du parcours sur la désinformation, nous avons clôturé les séances par deux débats en demi-groupe sur les fake news et les théories du complot.

Une première heure quelque peu chaotique (cela se voit à la carte mentale de compte-rendu), une deuxième heure plus satisfaisante.

  • Parcours Désinformation 1L1

Avec le même collègue d’histoire-géo, en EMC, nous avons commencé des séances sur le parcours Désinformation, comme nous l’avions fait avec les 1L2. Là encore, ces séances ont pâti des problèmes informatiques, et nous avons dû les modifier en une forme de débat s’appuyant sur les vidéos du parcours.

  • Littérature et société / Webradio

Le lundi matin, j’aide toujours ma collègue de français dans ses séances en littérature et société, durant lesquelles elle veut faire réaliser un film à ses élèves.

Ces séances ont lieu en même temps que les séances de webradio menées par mon collègue référent numérique avec mon collègue d’histoire. Quand je finis un peu plus tôt, je peux aller assister à quelques séances, comme j’ai pu le faire début février, pour assister à un débat des Premières S4 sur les voitures autonomes :

  • Formation à la recherche en seconde

Il me reste deux classes de seconde à voir, et pour chacune d’elles, les séances ont soit été interrompues, soit reportées.

Avec l’une des deux classes, les Secondes 2, j’ai tout de même réussi à faire la première séance, sur le modèle que j’ai indiqué dans l’article précédent.

Voici un aperçu de la partie « brainstorming » de la séance :

La deuxième séance devrait avoir lieu au retour des vacances, sauf si le serveur n’a toujours pas été remplacé…

  • Arts visuels

J’ai poursuivi avec ma collègue d’histoire-géo les séances auprès des élèves d’arts visuels.

Après la visite du Perray-Vaucluse, mentionnée dans l’article du mois de décembre, nous avons fait travailler les élèves par groupe sur plusieurs thématiques, le but final étant de réaliser sur le lieu un film documentaire sur le modèle de Secrets d’histoire.

L’ensemble des recherches des élèves est centralisé sur un padlet, l’un des groupes étant également chargé de réfléchir au générique et à la manière dont les plans vont s’enchaîner…

Voilà pour ces quelques séances de fin janvier – début février, période qui a aussi vu la fin des TPE et la panique habituelle pour rédiger au dernier moment une note de synthèse et une bibliographie…

Et sinon à l’extérieur ?

  • #IANHGDOC18

Début février, j’ai assisté au séminaire des IAN (interlocuteurs académiques pour le numérique) documentation et histoire-géo, qui se tenait au lycée Jules Le Cesne du Havre les 8 et 9 février.

À cette occasion, nous avons, ma collègue et moi-même, proposé deux présentations, l’une bi-disciplinaire, l’autre propre à la documentation. De belles choses ont été présentées et réalisées, et pour retrouver l’ensemble des échanges de ce séminaire, je ne peux que renvoyer au Moment partagé sur Twitter par Éric Garnier, IAN documentation de Rouen.

  • Généalogie

Petite intrication du personnel dans le professionnel, et sur laquelle je conclurai cet article (ce qui fera également office de présentation de l’outil du mois…).

J’ai commencé depuis quelques temps des travaux de généalogie. Outre que je trouve cela passionnant, et que j’ai l’impression à chaque instant de plonger dans une enquête policière, cela m’est facilité par l’ensemble des numérisations d’archives qui a été réalisé – et continue de l’être.

J’en profite, pour ceux que cela intéresse, de vous partager la vidéo de Nota Bene, qui est très éclairante sur la question :

Si j’ose aborder cette question sur un article professionnel, c’est parce que je pense que la démarche peut intéresser les professeurs documentalistes qui ont une fibre d’historiens, d’enquêteurs ou d’archivistes, et que cela peut être un travail également à mener avec des élèves (reste à imaginer le cadre).

Bref, fin janvier, je me suis inscrite sur un site de généalogie, dont je ne ferai pas la publicité ici, mais qui me semblait correspondre à mes besoins (archives numérisées, possibilité de consulter l’arbre d’autres personnes et d’importer ou de partager des branches).

Je me suis vite rendue compte que mes souvenirs n’étaient pas aussi exacts qu’il l’aurait fallu, j’ai donc questionné un membre de ma famille qui m’a corrigé et permis d’avancer. J’ai réussi alors à mettre en place toute une démarche :

  • pour les parents / grands-parents : demander l’extrait d’acte de naissance, soit via un formulaire en ligne, soit directement sur place (avec une pièce d’identité), les pièces récentes n’étant pas encore numérisées
  • à partir des actes de naissances les plus anciens, récupérer le nom des parents, et retrouver leurs propres actes de naissance / décès / mariage…
  • … ce qui permet de remonter les branches une à une, quand on ne tombe pas sur un enfant naturel, qui n’a pas d’acte de naissance, et qui coupe nette une branche de l’arbre d’un côté.
  • arriver, du coup, à déchiffrer les écritures manuscrites des employés de mairie, ce qui n’est pas toujours simple !
  • à partir de là, beaucoup de choses peuvent intéresser : les ancêtres viennent-ils tous du même lieu ? quels métiers exerçaient-ils ? les femmes travaillaient-elles ? savaient-ils écrire et signaient-ils l’acte, même avec une croix ?

Mais le plus passionnant, jusque là, c’est aussi de fouiller dans les registres de matricules (RMM), à la recherche des ancêtres ayant participé à la première guerre mondiale.

Pour cela, le procédé est le suivant :

  • avoir le lieu de naissance / d’habitation du soldat, et son année de naissance
  • son année permet de déterminer sa classe (à 20 ans, il fait son service militaire), le lieu permet de trouver (ou de supposer) le bureau dont il dépendait
  • une fois que l’on a ces informations, on est susceptible de trouver la fiche matricule.

Pour un ancêtre né en 1883, on en déduit qu’il a fait ses classes en 1903. On récupère donc les tables alphabétiques annuelles du bureau concerné, on cherche son nom et on obtient son numéro de matricule qu’on va ensuite retrouver dans le registre de la même année.

Sur la fiche en question, on trouve son nom, le nom de ses parents, son année et lieu de naissance, son apparence physique, ses domiciles successifs et sa vie militaire jusqu’à sa démobilisation (ou plus tristement son décès).

On y apprend donc beaucoup de choses, et on a parfois quelques surprises…

Vous trouverez plus d’informations, par exemple ici :

http://archives.seine-et-marne.fr/rechercher-un-combattant-de-la-grande-guerre

La plupart des archives départementales sont numérisées (sauf une bonne tranche des archives de Paris qui est en cours de numérisation dans le cadre de la mission Centenaire), et évidemment le site du Grand Mémorial proposé par le ministère de la Culture permet aussi de trouver directement la fiche d’un combattant :

http://www.culture.fr/Genealogie/Grand-Memorial

Enfin le site de la mission Centenaire constitue aussi une mine d’informations :

http://centenaire.org/fr

Espérant avoir titillé votre curiosité documentaire, je vous dis à très bientôt, sur Cinephiledoc !

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Rêveries de figurants solitaires

Je publie ce premier compte-rendu de lecture 2018 avec un peu de retard, et dans le désordre.

Depuis début janvier, en effet, j’ai lu ou parcouru cinq livres consacrés au cinéma, et j’en ai encore un en attente, une publication plus ancienne, sur un univers de série télévisée.

Pour respecter mon ordre de lecture, il aurait fallu que je commence par des publications datant d’octobre 2017, puis de novembre, et enfin de janvier 2018.

Si j’ai souhaité commencer par mes dernières lectures, ce n’est pas seulement parce qu’elles me demandent moins d’effort de mémoire, c’est aussi parce que les deux ouvrages se ressemblent beaucoup, et pourtant ils ne m’ont pas du tout laissé la même impression.

Seconds rôles et figurants

On les voit partout et parfois, dans le meilleur des cas, on connaît leur nom. Même si je les mets, par facilité, dans le même panier, il y a un fossé (ou un chemin) énorme qui sépare le second rôle du figurant.

Le second rôle, même sans le connaître, lorsqu’on va le retrouver d’un rôle à l’autre, va nous faire dire : « oui, c’est celui qui joue untel dans tel film », ou encore, en discutant avec des amis : « j’adore l’infirmière de James Stewart dans Fenêtre sur cour » (sans savoir à ce moment là qu’elle joue aussi aux côtés de Bette Davis dans All about Eve).

C’est aussi en s’intéressant d’un peu plus près aux seconds rôles, qu’on se rend compte que certains sont toujours abonnés aux mêmes rôles, ou que Agnès Moorehead, qu’on a vu toute notre enfance dans Ma sorcière bien aimée, a joué dans les premiers films d’Orson Welles et dans Les Passagers de la nuit, avec Lauren Bacall et Humphrey Bogart.

Bref, le second rôle est un visage connu.

Et le figurant ? Peut-être un visage connu en devenir… Johnny Hallyday a bien commencé par jouer l’un des gamins du pensionnat dans Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot, et on ne fait que l’apercevoir.

Vous le voyez, le petit blond derrière Simone Signoret, avec déjà une coupe de cheveux bien à lui ? Voilà un instant qui a dû faire le bonheur de quelques archéologues du cinéma quand ils l’ont déniché…

Pourquoi ce long préambule ? Parce que mes deux lectures évoquent des figurants qui le sont restés, qui n’ont pas atteint la marche des deux répliques au détour d’une porte, voire de la consécration du second rôle (pour ne rien dire du premier).

Au-delà de ce point commun, les deux ouvrages ont aussi comme caractéristiques similaires :

  • le fait d’être tout deux des romans
  • un narrateur interne (troisième personne pour le premier livre, première personne pour le second)
  • un personnage hyper cinéphile
  • un promeneur parisien amoureux du détail.

Et pourtant c’est bien là leurs seules ressemblances.

Éternel figurant cherche place dans le monde

Si jamais il souhaitait déposer une petite annonce – et si jamais c’était quelque chose qui se faisait encore – voilà ce que cette dernière pourrait dire : « éternel figurant cherche place dans le monde ».

C’est ainsi que je vois le personnage principal de Microfilm (écrit sur la première de couverture en minuscule) d’Emmanuel Villin, publié en janvier 2018 chez Asphalte éditions.

Microfilm, c’est aussi bien un objet / des objets (le contenu de la statuette tant convoité dans La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock – et pourtant on ne saura jamais ce qui figure dessus), que le propos du livre, tout entier captivé par des « micro films », des « micro – instants », des détails.

Le personnage principal, figurant de métier et évidemment anonyme, échoue lors d’un casting, se voyant décrit ainsi par la directrice « Physique quelconque, visage commun ».

Durant des démarches pour trouver un nouvel emploi, sous prétexte qu’il a un temps travailler pour une revue de cinéma étudiante appelée « Microfilm », on l’envoie en tant que spécialiste en microfilms auprès d’une obscure « Fondation pour la paix continentale ».

Sur cette fondation, ni le personnage principal, ni le lecteur ne comprendront quoi que ce soit, et puisque la visionneuse à microfilms restera inusitée durant tout le roman, on ne pourra que suivre dans un dédale absurde ce figurant qui reste figurant dans le monde réel.

Qu’il traverse imperturbablement Paris en vélo (sauf quand il découvre ce dernier vandalisé), qu’il échoue de salles d’exposition en brasserie, ou qu’il passe ses journées sur internet ou à tester différentes marques de stylos, ou qu’il doive sans raison se rendre au Portugal pour une soit-disant mission, tout lui échappe, et à nous aussi.

Le fait que sa voix se fasse entendre à la troisième personne rend la distance encore plus grande, tout comme son anonymat. On le suit, d’abord avec intérêt, curiosité, puis on finit (en tout cas moi) par osciller entre curiosité et agacement.

Certains apprécieront de se voir ainsi guidés par l’auteur puis perdus, déambulant dans cet univers où tout est si détaillé (du trajet en métro au langage HTML) mais où rien n’a de sens.

Et il est vrai que si le livre m’a quelque peu déroutée, et si le style, prompt à décortiquer chaque menu japonais et chaque voltage de visionneuse, m’a parfois prise de court, j’ai été sensible à cette absurdité, et à l’ironie que l’on sent poindre derrière chaque phrase.

C’est cependant un texte beaucoup plus mélancolique et nostalgique que j’ai préféré ce mois-ci, et dont je vais maintenant vous parler.

Bonheur fané, cheveux au vent, baisers volés, rêves mouvants

Il s’agit de mon premier coup de coeur de 2018, un vrai beau livre, tout en sobriété et en retenue, avec derrière chaque mot quelque chose de magique, une révélation.

Certes, le sujet avait tout pour retenir mon attention : le narrateur, qui cette fois s’exprime à la première personne, est figurant sur le tournage de Baisers volés, de François Truffaut. Il y rencontre Judith, apparition blonde et fugace, elle aussi figurante, qui n’en finira pas de lui échapper.

Quarante-cinq ans plus tard, il essaye toujours de retrouver cette silhouette évanouie, déambulant lui aussi dans Paris, tentant, à coup de photogrammes et de visionnage frénétique du film – arrêt sur images – de reconstituer ses souvenirs et de retrouver cet amour perdu qui correspond si bien à la chanson de Trenet qui ouvre le film.

Ce livre magnifique, simple, évident, c’est Le Figurant de Didier Blonde, publié dans la collection Blanche chez Gallimard.

J’ai dévoré ses 150 et quelques pages en deux jours, et j’ai suivi avec plaisir ce narrateur dans ses promenades sur les lieux du tournage, les cafés, les rues, la place de Clichy et ses alentours, le cimetière Montmartre (mais est-ce vraiment lui ?), dans ses recherches et ses reconstitutions.

À un moment, j’ai été prise de doute : et si tout cela était réel ? et si tout cela était faux ? qu’en était-il vraiment ? C’est bel et bien dans les rêves mouvants que Didier Blonde nous conduit.

J’ai voulu vérifier que la jeune fille blonde existait vraiment, et qu’elle apparaissait bien à l’instant où l’auteur l’avait fait apparaître.

Sans doute était-ce là le point de départ, ce qui l’avait marqué dans ce film, car même s’il a fini par donner une identité à Judith, une carrière, s’il a voulu étoffer un peu le rôle de la figurante, on continue à douter, et on ne fera que douter du début à la fin : est-ce réel ? est-ce inventé ?

Didier Blonde a réveillé chez moi des souvenirs et des bonheurs, essentiellement truffaldiens.

Il m’a poussé, certes, à revoir ces scènes de Baisers volés, qu’il évoque dans Le Figurant, mais dont tout cinéphile averti se souvient.

Il m’a fait m’interroger : quelles scènes, même sans les avoir vu de l’intérieur, avais-je retenu de Baisers volés ? Certainement celle avec Delphine Seyrig, à laquelle Blow Up a récemment rendu hommage :

Pour finir, j’ai vu passer un bon lot d’articles consacrés au livre de Didier Blonde, tout aussi élogieux les uns que les autres, et je ne voulais ni trop tarder, ni être en reste, car c’est vraiment l’un des plus beaux livres sur le cinéma, et l’un des plus beaux romans, que j’ai pu lire.

Et depuis que je guette des ouvrages sur le cinéma, depuis que je scrute non seulement les documentaires, mais aussi les fictions qui abordent ce thème, c’est avec Londres après minuit, Un renoncement, ou plus récemment The Freak, la plus belle découverte parmi mes lectures…

Cela m’a encore inspiré une attitude tout à fait truffaldienne, car je sais qu’il en avait l’habitude : celle de racheter et d’offrir les livres qu’on aime à notre entourage.

C’est donc tout naturellement que j’ai racheté en deux exemplaires Le Figurant, et c’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai trouvé Microfilms, son voisin immédiat dans la librairie où je vais régulièrement…

Pour toutes ces raisons, je voulais parler sans plus tarder de ces deux livres, si ressemblants et si différents, mais qui, chacun à leur manière, ont ouvert l’année 2018 de mes lectures cinéphiles, une année des plus prometteuses !

Sur ce, je vous souhaite d’aussi belles lectures que les miennes et vous dis à bientôt, sur Cinephiledoc !

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