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Blog pour cinéphiles et profs docs

Ce soir, nous sommes septembre

Pour ce nouvel article cinéphile, j’ai hésité entre plusieurs titres. Je voulais évoquer une atmosphère, un cinéma bien particulier, mais aussi faire pendant à l’article de juin, et ce à tout point de vue.

En effet, pour ce compte-rendu de lecture, je souhaitais reprendre la même structure que pour « Un tour du monde qui rime » : un univers ou un réalisateur et un acteur.

Et puis le titre m’est apparu comme une évidence, lorsque je me suis souvenue de la date de publication de cet article. Vous devinez ? Cela ne vous dit rien ? Petit indice musical :

C’est bon, vous avez trouvé ? J’ai préféré cette vidéo de l’INA à une vidéo, très bien faite cependant, qui proposait un montage d’extraits des Choses de la vie, mais dont je ne suis pas certaine de la pérennité sur YouTube.

J’ai toujours trouvé très mélodieux ce début de chanson, avec cette façon si particulière de nous « installer » dans le temps : ce soir, nous sommes septembre. Nous ne sommes pas EN septembre, nous sommes septembre. Et c’est Romy Schneider, avec cette voix unique, qui nous le chante. Mais je m’égare…

Pour ce compte-rendu de lecture, vous l’aurez maintenant compris, je souhaitais vous parler d’un réalisateur, d’une comédienne, et de deux ouvrages que j’ai lus cet été.

Claude Sautet sous la pluie

Je ne crois pas avoir déjà consacré un article aux films de Claude Sautet, qui pourtant très tôt ont fait partie de mon univers cinématographique.

Mon premier souvenir remonte à assez loin, bien avant que je découvre les films de Truffaut, avec Un cœur en hiver. Je pense avoir vu le film vers mes 9 ou 10 ans. Comment je le sais ? Je faisais à l’époque du violon et j’avais été fascinée par cette histoire de musiciens et de luthiers.

J’avais à l’époque recopié, en m’appliquant et absolument sans la comprendre cette réplique d’Emmanuelle Béart, qu’elle attribue à Maurice Garrel (qui joue dans le film son ancien professeur) :

Demoiselle, vous obtenez avec votre archet un crissement assez proche de celui d’une pierre ponce frottée sur un parquet ciré.

C’était effectivement le son que je devais obtenir à l’époque (et toujours par la suite malgré 11 ans de violon) de ce pauvre instrument : je n’avais pas vraiment de patience, pas beaucoup de rigueur et aucun attrait pour le solfège…

Ce qui m’avait marquée, c’était surtout la musique de Ravel, et la préférence déjà à l’époque pour le rayonnant André Dussolier par rapport au froid et ténébreux Daniel Auteuil. J’aimais aussi beaucoup les personnages secondaires.

Je n’avais évidemment pas compris grand chose non plus à la subtilité et à la complexité des rapports entre les personnages, ce n’est qu’en renvoyant le film plus tard (et même très récemment) que je les ai saisies.

Mon second souvenir d’un film de Claude Sautet est un peu plus fidèle à l’intention du cinéaste : il s’agit de Nelly et Mr Arnaud, avec à nouveau Emmanuelle Béart. J’ai dû certainement le voir quelques temps après sa sortie mais aussi avant le décès de Claude Sautet, donc je dirais en 1998 ou 1999.

Là encore, l’atmosphère du film m’avait beaucoup marquée, j’aimais beaucoup Michel Serrault – une affection constante – et j’avais là encore été frappée par le charme des personnages secondaires, même si longtemps j’ai cru que celui incarné par Brigitte Catillon dans Un coeur en hiver et celui incarné par Claire Nadeau dans Nelly et Mr Arnaud étaient une seule et même personne.

J’ai donc commencé le cinéma de Claude Sautet par la fin, avec deux films qui m’ont accompagnée et que j’ai toujours plaisir à revoir.

L’admiration que j’ai ensuite portée à Romy Schneider m’a conduit à découvrir une autre partie de sa filmographie, que je connais désormais pour moitié, ce qui est suffisant pour avoir envie de lire des ouvrages qui lui sont consacrés.

L’univers parisien de Claude Sautet

C’est donc tout naturellement que, lorsque j’ai vu que les éditions Parigramme publiaient un livre intitulé Le Paris de Claude Sautet, j’ai voulu me plonger dedans.

Ce livre, sous la plume d’Hélène Rochette, est sorti en avril 2020 et porte comme sous-titre sur sa première de couverture : « Romy, Michel, Yves et les autres… »

Il était, comme tout ouvrage des éditions Parigramme que j’ai pu découvrir jusque-là, la promesse d’un itinéraire captivant.

Dans la même collection, j’avais déjà dans ma bibliothèque Le Paris de François Truffaut, Paris : 100 films de légende, et Louis de Funès à Paris, tous trois l’œuvre de Philippe Lombard.

J’avais également offert à un inconditionnel d’Audiard celui dédié à ce cinéaste et à une admiratrice de Gainsbourg l’ouvrage qui lui était consacré.

Globalement je trouve les éditions Parigramme de plus en plus agaçantes dans leur manie qu’elles ont de nous donner envie d’acquérir à chaque balade sur leur site internet l’intégralité de leur catalogue. Message personnel : arrêtez, je n’ai plus de place !

Tout cela pour dire que l’ouvrage d’Hélène Rochette ne déroge pas à la règle. On y retrouve l’atmosphère enfumée des films de Claude Sautet, on déambule dans ces quartiers pluvieux qui vont du cœur de Paris (sans cependant donner d’adresse précise) à la banlieue.

On y croise Montand et Piccoli au volant de leurs voitures (à leurs risques et périls), Romy – la seule qu’on se croit autorisé à appeler par son prénom – Sandrine Bonnaire, Myriam Boyer et Emmanuelle Béart.

On s’y promène de cafés en restaurants, quand on assiste pas aux scènes en spectateur indiscret, depuis une table de troquet avec Mr Arnaud ou de l’extérieur, parfois sous la pluie, avec Rosalie ou Maxime.

Le parcours est à la fois biographique et thématique, ce qui parfois déconcerte mais l’association parfaite du texte et des images donne immanquablement envie de voir ou revoir les films de Sautet – et ça n’a pas loupé, deux jours après avoir fini de le lire, j’en avais déjà revu trois.

Sortie de cette lecture, j’ai directement plongé dans la suivante, pour prolonger cette atmosphère familière.

Figures féminines

En rangeant ma bibliothèque, j’ai essayé de faire le point sur les ouvrages en ma possession consacrés à des comédiens ou des comédiennes.

D’ailleurs, quelque peu arbitrairement et sans tenir compte des frontières (aujourd’hui bien plus poreuses) entre théâtre, cinéma et télévision, j’ai toujours préféré le terme « comédien » à celui d’acteur.

Faisons le point : à l’international, je retrouve dans cette bibliothèque des figures telles que Bogart, Cary Grant, Mastroianni, Lauren Bacall, Ingrid Bergman, Audrey Hepburn, Katharine Hepburn, Grace Kelly, Marilyn Monroe, Greta Garbo, Carrie Fisher.

Côté francophone, s’y côtoient De Funès, Jean Marais, Jean Rochefort, Michel Serrault, Annie Girardot, Jeanne Moreau, et, arrivant en tête (mais ne dépassant jamais le nombre d’ouvrages consacrés à Truffaut, ce qui est rigoureusement impossible) Simone Signoret et Romy Schneider.

J’avais déjà fait le point dans un précédent article des ouvrages consacrés à Romy figurant dans ma bibliothèque, et en relisant cet article, j’étais assez contente de moi pour n’avoir pas grand chose à y ajouter.

Figures maternelles

J’avais établi dans cet article un certain nombre de critères qui guident mes choix de lectures face à un livre consacré à Romy Schneider :

  1. il donnera la parole à la principale intéressée (je pourrais ajouter ici : ou à des témoins directs qui l’ont côtoyées)
  2. il racontera sa vie d’un ton neutre et objectif
  3. il se concentrera sur des photos et/ou des facs similés
  4. il apportera un éclairage inédit sans sensationnalisme

Cependant, c’est tout à fait par hasard, et sans l’avoir recherché, que j’ai eu entre les mains l’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui. Il m’a en effet été offert par quelqu’un qui connais mon attachement à Romy Schneider.

Il s’agit de La Beauté du ciel, de Sarah Biasini, publié en janvier 2021 aux éditions Stock.

Si j’ai ouvert ce livre, dont j’ai retardé jusqu’à l’été la lecture, en m’attendant à un témoignage de Sarah Biasini sur sa mère, j’ai très vite été emportée par tout autre chose.

D’abord par la beauté de l’écriture, par la sobriété et la pudeur du style. Ensuite, par les émotions qui traversent le livre, sans cesse à fleur de peau. Puis, par la délicatesse du projet : une fille qui a perdu sa mère, une fille qui elle-même devient mère et s’adresse à sa fille.

J’ai été touchée par cette sensibilité, par la façon dont Sarah Biasini esquisse des portraits de cette mère qu’on aperçoit sans cesse dans l’ombre, que finalement tout le monde s’est approprié, et dont elle profite de l’écriture pour se la réapproprier, pleine et entière.

Au-delà de la figure absente et omniprésente de Romy, ce qui touche aussi c’est la rencontre de toutes les figures féminines qui entourent Sarah Biasini, toutes des mères, toutes des filles, toutes des femmes, et cela m’a rappelé justement ma lecture de Fille, de Camille Laurens, plus tôt dans l’année.

De belles voix de femmes, d’une génération à l’autre, et par association d’idées, je pense au titre anglais d’un livre d’André Brink, A chain of voices (traduit maladroitement selon moi en Un turbulent silence).

Ouvrant le livre, j’ai guetté Romy, j’ai trouvé Sarah, et finalement, ce qui m’est resté c’est la voix (ou la voie) ininterrompue qui allait de l’une à l’autre pour se transmettre à Anna, la fille de Sarah.

J’ai ouvert ce livre en croyant trouver une nouvelle expérience cinéphile, je le referme en ayant rencontré une très belle expérience humaine et littéraire.

La beauté du ciel ? La beauté, tout court.

Hors-série 2 : conseils de lecture estivaux

Pour ce deuxième hors-série de l’été, je poursuis mes conseils de lecture avec une petite sélection des livres que j’ai lus durant l’année scolaire 2020-2021 et qui m’ont particulièrement marquée.

Cet article est un peu à la manière de la présentation que je propose à mes collègues, mes « Conseils de lectures de la #profdoc », mais je donnerai ici à ces conseils un tour un peu plus personnel et plus sélectif.

Le mois dernier, j’avais abordé des lectures suggérées par Bénédicte, comparse de #LudoDOC, trois ouvrages plutôt facétieux avec des univers d’auteurs bien particuliers (Jean-Paul Didierlaurent, Benoit Philippon et Romain Puértolas) et deux ouvrages prêtés par des copains copines du lycée.

Pour cet article, je vais à nouveau aborder les choses en trois parties : d’autres suggestions de lecture par les copains copines du lycée, trois ouvrages qui m’ont été conseillés par la même personne qui est depuis longtemps ma principale source en matière de lecture, et mon univers d’auteur / auteur coup de coeur de l’année.

Les conseils de lectures des paddocks du lycée (2)

Cette année, j’ai eu le bonheur de voir qu’un petit réseau de profs lecteurs s’organisait au lycée et commençait à s’échanger quelques ouvrages… nous avions d’ailleurs évoqué l’idée d’organiser des cafés littéraires, qui se sont déroulés deux fois à distance.

C’était aussi la première année qu’en plus d’emprunter régulièrement des livres au CDI, certains (ou pour être plus exactes certaines) m’en ramenaient pour me les prêter : j’ai donc pu découvrir quelques pépites, que vous avez pu découvrir en partie dans mon premier hors-série, et dont voici la suite !

  • Sophie : ça passe ou ça casse

Sophie est une collègue d’espagnol, lectrice assidue. Elle aime principalement les polars mais elle n’est pas hostile à l’idée de découvrir d’autres pistes de lectures. Régulièrement, elle vient au CDI « Alors, t’as quoi de neuf ? ».

Parfois, je me dis « Ça, je suis sûre que ça va lui plaire ». Pendant trois ans, je me suis magnifiquement gourée. Immanquablement, Sophie rapportait les livres « j’ai pas réussi, je ne suis pas rentrée dedans, ça m’a pas parlé, ça m’est tombé des mains… » mais je ne me décourageais pas.

Un jour, je lui ai suggéré d’emprunter Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois. Le déclic. Puis, il y a eu La Police des fleurs, des arbres et des forêts, de Romain Puértolas, qu’elle a triomphalement ramené en salle des profs en le conseillant à tout le monde. Mission accomplie !

Quelques semaines plus tard, Sophie est venue au CDI pour me prêter Par un matin d’automne de Robert Goddard, une quête familiale à l’anglaise que je n’ai pas pu lâcher !

Fin des années 1990. Leonora Galloway entreprend un voyage en France avec sa fille Penelope. Toutes deux ont décidé de se rendre à Thiepval, près d’Amiens, au mémorial franco-britannique des soldats décédés durant la bataille de la Somme. Le père de Leonora est tombé au combat durant la Première Guerre mondiale, mais la date de sa mort gravée sur les murs du mémorial, le 30 avril 1916, pose problème. Leonora est en effet née près d’un an plus tard.

  • L’idée fixe de Sandrine : tu as lu des Tracy Chevalier ?

Depuis que je suis au lycée, je discute pas mal lectures, films et séries télévisées avec Sandrine, professeure d’anglais. Fan comme moi de Downton Abbey (ça rapproche) et d’ambiances à l’anglaise, elle revenait assez régulièrement à la même question : « Tracy Chevalier, tu connais ? »

Non, je ne connaissais pas. Et j’avoue que j’avais un petit a priori négatif bien ridicule envers une romancière qui s’appelait Tracy. Je m’imaginais très bêtement des romans sentimentaux, ou ce que ma copine Catherine appelle affectueusement des « cucuteries » (et autant j’adore regarder des cucuteries, autant j’ai plus de mal à les lire… comme le Victoria de Daisy Goodwyn, qui ne m’avait pas du tout emballé).

Bref, à un moment Sandrine est parvenue à ses fins : j’ai cédé. Je ne sais plus pourquoi, j’ai commencé par Prodigieuses créatures, et ça a été une révélation !

Dans les années 1810, à Lyme Regis, sur la côte du Dorset battue par les vents, Mary Anning découvre ses premiers fossiles et se passionne pour ces « prodigieuses créatures » dont l’existence remet en question toutes les théories sur la création du monde. Très vite, la jeune fille issue d’un milieu modeste se heurte aux préjugés de la communauté scientifique, exclusivement composée d’hommes, qui la cantonne dans un rôle de figuration.
Mary Anning trouve heureusement en Elizabeth Philpot une alliée inattendue. Cette vieille fille intelligente et acerbe, fascinée par les fossiles, l’accompagne dans ses explorations. Si leur amitié se double peu à peu d’une rivalité, elle reste, face à l’hostilité générale, leur meilleure arme.

Depuis, j’ai lu La Jeune fille à la perle, La Vierge en bleu et La Dame à la licorne, mais pour l’instant, Prodigieuses créatures reste mon préféré.

Il me reste quelques conseils de lecture de copains du lycée qui sont encore sur ma pile à lire :

  • Christophe m’a conseillé Zéro de Denis Guedj il y a quelques temps
  • Carla nous a parlé avec enthousiasme de Confiteor, de Raume Cabré en salle des profs pendant l’année
  • et Sandrine, après Tracy Chevalier, m’a recommandé La Cuisinière, de Mary Beth Keane

Où je cherche un titre qui fasse proverbe

Indépendamment de tous les conseils que je glane ici et ailleurs, des copains copines profs docs ou paddocks, sur Twitter ou en salle des profs, mais aussi – mon petit rituel irrégulier auquel je reviens de temps à autre – les recommandations d’Olivia de Lamberterie pour Télématin – ma source principale de lecture reste ma marraine, Mimi.

Je crois avoir déjà parlé de Mimi sur ce blog, déjà pour des conseils de lecture, et je suis convaincue qu’un proverbe adéquat pourrait s’appliquer à ses conseils, du type « Si c’est un conseil Mimi, tu le lis »… c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour l’instant.

Je ne dis pas qu’à chaque lecture je tombe sur des révélations exceptionnelles (cela n’arrive que les 3/4 du temps), mais généralement ce sont de belles expériences, et des choses que je n’aurais pas forcément lues de manière spontanée. Voici donc trois conseils Mimi.

  • La Saga des Cazalet, tome 1 : Étés anglais. Un pur bonheur pour la fan d’Angleterre que je suis, et je me suis retenue de dévorer toute la saga d’une traite, justement pour en garder un peu sous le coude !

Juillet 1937. À Home Place, au cœur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l’arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l’idée qu’une guerre éclate, s’entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ?

  • Debout payé, de Gauz : une claque magistrale ! Une écriture fabuleuse et une histoire vers laquelle, je dois le dire, je ne serais pas allée spontanément…

Debout-payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papiers à Paris en 1990. C’est un chant en l’honneur d’une famille, d’une mère et de la communauté africaine avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C’est l’histoire politique d’un immigré et de son regard sur notre pays, à travers l’évolution du métier de vigile, de la Françafrique jusqu’à l’après 11-Septembre. C’est enfin le recueil des choses vues et entendues par l’auteur lorsqu’il travaillait au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées.

  • Tu seras un homme mon fils, de Pierre Assouline : un texte bouleversant qui évoque aussi l’écriture, et comme j’aime beaucoup les mises en abîme, forcément je n’ai pu qu’y être sensible !

À la veille de la Première Guerre mondiale, Louis Lambert, jeune professeur de Lettres dans un lycée parisien, rencontre par hasard dans le sud de la France son auteur favori : Rudyard Kipling, le romancier adulé du Livre de la Jungle. Kipling est alors le plus célèbre écrivain de l’empire britannique, prix Nobel de littérature, mais surtout l’auteur du fameux poème « If… », que les Français connaîtront bientôt sous le titre « Tu seras un homme, mon fils ». Louis Lambert, qui rêve depuis des années d’en donner lui-même la traduction idéale, tente d’obtenir l’autorisation de l’auteur qu’il admire. Une amitié inattendue va naître entre les deux hommes, vite assombrie par la disparition de John, le fils de Kipling, qui meurt au combat dans les tranchées.

Coup de cœur pour un auteur

Chaque année j’ai l’impression de découvrir un auteur dont je vais retenir le nom pour qu’il puisse m’accompagner pendant un certain temps, je le retrouverai à intervalles réguliers, surtout si une fois passé le premier ouvrage que j’aurai lu de lui je ne suis pas déçue par le deuxième…

Le signe décisif de cette découverte, c’est que soit après avoir emprunté les ouvrages, soit après les avoir lus sur liseuse, je décide quand même de les acheter pour les ajouter à ma bibliothèque.

L’an dernier, j’avais découvert comme ça la Trilogie de Wielstadt de Pierre Pevel, qui m’a donné envie d’explorer toutes les autres œuvres de cet auteur.

Cette année, c’est à nouveau à Mimi que je dois ma révélation, avec Deux hommes de bien d’Arturo Pérez Reverte, un bijou d’écriture et d’érudition, un roman total !

Coup de théâtre dans le Madrid de la fin du XVIIIe : l’Académie royale vote l’acquisition de l’Encyclopédie, malgré la censure. Immédiatement, la bibliothèque don Hermogenes Molina et l’Amiral don Pedro Zarate sont dépêchés à Paris pour y dénicher les précieux volumes. Mais ils ignorent qu’un espion est à leurs trousses, prêt à tout pour faire échouer leur mission…

L’auteur a transformé l’essai pour moi avec la découverte du Capitaine Alatriste. C’est décidé, il continuera à m’accompagner !

J’espère que ces conseils de lecture vous auront plu, je vous souhaite une belle fin d’été, et je vous dis à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Hors-série 1 : conseils de lecture estivaux

Pour cet été, je vous propose sur Cinephiledoc deux hors-série en écho avec les articles qui seront proposés sur LudoDOC : en effet, nous avons décidé, avec mes comparses Béatrice, Bénédicte, Fabienne et Sophie, de publier sur LudoDOC nos projets de lectures de cet été (nos PAL).

Vous retrouverez donc ici les ouvrages que je compte lire durant l’été. Sur Cinephiledoc, j’ai décidé de vous proposer cet été une petite sélection des livres que j’ai lus durant l’année scolaire 2020-2021 et qui m’ont particulièrement marquée.

Cet article est un peu à la manière de la présentation que je propose à mes collègues, mes « Conseils de lectures de la #profdoc », mais je donnerai ici à ces conseils un tour un peu plus personnel et plus sélectif.

Ce petit tour d’horizon sera l’occasion de quelques clins d’œil amicaux, car la plupart de mes coups de cœur de cette année m’ont été recommandés par des profs docs et des paddocks que j’affectionne.

Les conseils estivaux de Bénédicte

Parmi les profs docs que je côtoie, il y a quelques profs docs de l’académie de Montpellier, bibliovores narbonnais et carcassonnais toujours à l’affut de belles expériences de lectures.

Je dois l’été dernier à Bénédicte certaines de mes plus belles découvertes, avec des textes souvent assez courts mais dont la qualité d’écriture m’a régulièrement laissée sans voix… Parmi ses nombreux conseils, j’en retiendrai deux :

  • l’évocation de Romain Gary par François Henri Désérable dans Un certain M. Piekielny :

« »Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.»

  • les textes fulgurants d’Alessandro Baricco, Novecento : pianiste et Soie, qui m’ont donné envie de tout découvrir de cet auteur :

Né lors d’une traversée, Novecento, à trente ans, n’a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l’Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d’un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n’appartient qu’à lui : la musique de l’Océan dont l’écho se répand dans tous les ports.

Des facéties d’auteurs pour s’évader

Je triche un peu dans ce second regroupement, car je dois à nouveau la lecture suivante à Bénédicte, mais il s’agit de trois ouvrages pleins d’originalité, de drôleries et d’inventions.

  • le livre qui rend hommage aux livres mis au pilon : Le Liseur du 6h27, de Jean-Paul Didierlaurent (ou comment ne pas aimer un livre dont le nom du héros est une contrepèterie…)

Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d’une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine …

  • un hommage savoureux, irrésistible et attendri aux polars et aux films noirs avec Lino Ventura, Mamie Luger de Benoit Philippon, un conseil de lecture de Johann Jambu, collègue profdoc dans l’académie de Dijon : Johann, un grand merci pour la crise de fou-rire ininterrompue d’un bout à l’autre de cette pépite !

Six heures du matin, Berthe, cent deux ans, canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures, l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger passe aux aveux et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de veuve noire et de nazi enterré dans sa cave. Alors aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de dupes joue la vieille édentée, mais il sent qu’il va falloir creuser. Et pas qu’un peu.

  • et à propos de polar, voici l’ouvrage que j’ai réussi à faire le plus circuler parmi les paddocks lecteurs du lycée : une aventure facétieuse organisée par Romain Puértolas : La Police des fleurs, des arbres et des forêts 

Durant la canicule de 1961, un officier de policier est envoyé en mission dans un petit village reculé. Il doit enquêter sur la mort de Joël, 16 ans dont le corps a été retrouvé découpé en morceaux dans une usine à confiture…

Les conseils de lectures des paddocks du lycée (1)

Cette année, j’ai eu le bonheur de voir qu’un petit réseau de profs lecteurs s’organisait au lycée et commençait à s’échanger quelques ouvrages… nous avions d’ailleurs évoqué l’idée d’organiser des cafés littéraires, qui se sont déroulés deux fois à distance.

C’était aussi la première année qu’en plus d’emprunter régulièrement des livres au CDI, certains (ou pour être plus exactes certaines) m’en ramenaient pour me les prêter : j’ai donc pu découvrir quelques pépites, que je vous partage ici en partie dans ce premier hors-série, et dont vous découvrirez le reste le mois prochain !

  • les fresques historiques de Stéphanie : Dans la main du diable d’Anne-Marie Garat, La Part de l’aube et Le Soleil sous la soie (mon préféré) d’Éric Marchal 

Stéphanie est arrivée au lycée en 2019. Elle a fait partie avec Antonella (vous retrouverez Antonella plus bas) des personnes qui adoraient L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante, que je n’avais pas lu. Juste avant le confinement, je suis venue apporter à Stéphanie le tome IV de la saga jusque dans sa salle, et piquée par la curiosité, j’ai emprunté les trois premiers tomes.

C’était le début d’un échange de conseils de lecture, principalement via Whatsapp. Commencé avec Ferrante, nous avons poursuivi avec Bernard Minier, que je lui ai recommandé principalement avec l’argument suivant « Tu en connais beaucoup toi des flics latinistes ? » (Stéphanie a en charge l’enseignement du latin au lycée). Depuis, elle m’a dépassée dans la lecture des aventures de Servaz, dont elle me parle régulièrement.

En novembre 2020, Stéphanie est venue au CDI avec plusieurs conseils de lecture sous le coude, principalement des fresques historiques (mais pas que) : le Garat et les deux Marchal évoqués plus haut. Pour l’instant, c’est Le Soleil sous la soie qui emporte mes suffrages :

À l’aube du XVIIIe siècle, un des plus petits États d’Europe, le duché de Lorraine, se relève de l’occupation française, dans l’espoir de connaître une génération de paix. Nicolas Déruet est chirurgien ambulant. Emprisonné à la suite d’une opération durant laquelle le patient est décédé, il est obligé de s’exiler dans les armées de la coalition en guerre contre les Turcs. De retour à Nancy, il développera son art à l’hôpital Saint-Charles et n’aura de cesse de laver son honneur.

  • l’escapade dépaysante d’Antonella : Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa 

Antonella est notre collègue d’italien au lycée. Elle lit les ouvrages de Ferrante et d’Erri de Luca (entre autres) évidemment en VO, mais il lui arrive aussi de venir les emprunter dans leur traduction française.

Elle aime les polars et le dépaysement, elle avait notamment beaucoup aimé Le Bourreau de Gaudi, d’Aro Sainz de la Maza, que j’avais lu sur les conseils d’une ancienne collègue de lettres. Elle aussi est convertie à Bernard Minier.

En janvier, Antonella est venue au CDI me déposer Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa.

Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.

C’est sur cette aventure insolite, qui m’a conduit aux abords de l’environnement familier des copains du sud (profs docs de l’académie de Montpellier, la boucle est bouclée) que je vous laisse pour ce premier hors-série, en vous souhaitant à nouveau un bel été, au plaisir de vous retrouver pour de nouveaux conseils de lectures au mois d’août.

N’hésitez pas à partager vos conseils de lectures en commentaires et à très bientôt sur Cinephiledoc !

Juin 2021 : séances et animations du CDI

Pour ce dernier article de l’année scolaire, je vous présente les activités menées entre le 28 mai et le 25 juin, avec les dernières publications sur le blog du CDI, les ultimes séances menées avant la fin des cours et les traditionnelles tâches de fin d’années (gestion, bilan).

Séances et actions pédagogiques

J’indique ici les actions pédagogiques menées entre le 28 mai et le 25 juin, à savoir des petites visites éclair pour évaluer des travaux en SNT, la participation à une « BATTLE » sur des sujets d’actualités en HGGSP à l’invitation d’une collègue et la séance menée en HGGSP 1ère que j’avais déjà évoquée dans l’article du mois de mai.

Concernant cette séance, j’ai tardé à la présenter pour une raison très simple : il s’agissait d’une séance qui, lorsque je l’ai construite, permettait d’introduire l’axe thématique « S’informer » en HGGSP 1ère. J’espérais également la reproduire pour un autre groupe, cette fois afin de conclure l’axe thématique, et ainsi pouvoir comparer les deux approches. Des contraintes de calendrier ne l’ont pas permis.

La séance introductive était construite de la manière suivante :

  • les élèves devaient choisir un atelier avec des activités à mener (7 ateliers leurs étaient proposés : l’agence France Presse, le fact-checking, l’emballement médiatique, 2 ateliers sur le traitement d’une information, les lanceurs d’alertes et les théories du complot)
  • une fois les activités réalisées, un rapporteur est désigné pour chaque groupe pour présenter l’atelier aux autres groupes
  • les données collectées permettent un débat en fin de séance sur les avantages et les inconvénients de l’information à l’heure d’internet

Je vous partage ci-dessous le modèle de la collection pearltrees mis à disposition des élèves :

L’autre action pédagogique menée durant cette période et que j’avais déjà mentionnée précédemment, c’est une présentation des enseignements de spécialités proposés par mon lycée.

Cette présentation devait normalement venir en appui d’un forum des spécialités organisé par les élèves du CVL. Ce forum devait avoir lieu au mois d’avril et, du fait du décalage des vacances scolaires et de la mise en place du distanciel avant et après ces vacances, il n’a pas pu avoir lieu.

La présentation a été publiée sur le blog du CDI et sur le site du lycée :

Sélections thématiques et valorisation du fonds

Comme nous n’avons plus d’élèves depuis le 9 juin (fin de cours) et que les collègues se font rares, nous avons néanmoins traité la dernière commande arrivée au CDI et nous avons installé différentes sélections afin que le CDI n’ait pas l’air trop vide…

Voici l’ensemble des sélections proposées :

  • des nouveautés en mangas
  • des acquisitions en langues étrangères (anglais) et en littérature contemporaine
  • quelques ressources en lien avec les spécialités (principalement en HGGSP) sur les relations internationales, le patrimoine…
  • une sélection culturelle proposée par Lucile
  • une sélection pour préparer les journées du patrimoine au mois de septembre

Point presse

La semaine du 14 juin, alors que nous étions en plein récolement, des collègues d’économie-gestion sont venues nous voir pour nous proposer de rapatrier au CDI un certain nombre d’abonnements que l’équipe recevait dans une salle séparée (Les Cahiers français, Management, Marketing, L’Usine nouvelle et Point de vente).

Nous avons donc consacré du temps pour installer ces nouvelles ressources au CDI : libérer des casiers dans le kiosque presse, mettre à jour la signalétique des périodiques (qui avait déjà été actualisée au mois de décembre), archiver en réserve du CDI les numéros les plus anciens.

Afin de créer ou de renouveler des collaborations à la rentrée autour de la presse, nous avons ensuite travaillé sur des présentations par « pôles disciplinaires » : une présentation générale sur l’actualité que vous trouverez ci-dessous

et quatre autres présentations plus spécifiques :

  • économie,
  • histoire-géo,
  • sciences
  • sciences humaines

Chaque présentation permet de s’adresser à un groupe de disciplines déterminé mais les enseignants concernés peuvent également consulter les autres domaines.

Nous avons transmis la présentation « économie » à l’équipe d’éco-gestion, les autres seront transmises à la rentrée aux autres équipes.

Récolement et bilan d’activités

Le fonds ayant été quasiment intégralement équipé en codes-barres (sauf le rayon spécimens parce que… ça me gonfle) nous avons pu procéder cette année au récolement avec douchette de l’ensemble des rayons documentaires et fictions ainsi que du kiosque ONISEP.

Il nous manque quelques ouvrages que deux ou trois élèves de terminale n’ont pas rapporté, mais dans l’ensemble, nous avons pu récupérer presque tous les documents du CDI.

La période étant assez riche en activités à l’extérieur (et nous ne savions pas si nous serions convoquées pour le grand oral), nous avons mis la dernière main au bilan d’activités la première semaine de juin.

Le bilan a été transmis sur la liste de diffusion du lycée dans le dernier numéro de l’année de l’E-INSTANT CDI :

Autres activités (réunions, stages, déplacements)

La période a été des plus riches de ce point de vue là ! Petit aperçu rapide :

  • 28 et 31 mai : stage Jouer au CDI à distance avec ma comparse Émilie Baille
  • 7-13 juin : participation au jury du CAPES externe à Reims
  • 17 juin : apéro virtuel des LudoDOC

Concernant le stage Jouer au CDI, deux sessions en présentiel devaient à l’origine être organisées dans nos établissements respectifs.

Au vu de la situation, nous avons décidé avec Émilie de regrouper les deux sessions et de les mener sur deux jours à distance, ce qui était certes très sympathique, mais restait tout de même frustrant au regard de la thématique de ce stage.

Je vous partage ici deux ressources proposées à l’issue de ce stage :

Enfin j’en termine, comme depuis janvier, avec la préparation et la publication d’articles sur le site du collectif LudoDOC. Durant cette période, deux articles ont étaient prévu :

  • un nouvel épisode d’histoire numérique de la documentation sur l’élaboration de scénarios pédagogiques avec une confrontation de pratiques entre paddocks (mathématiques, français, éco-gestion) et profs docs (avec les participations de Claudine, Irène et Anne-Lise)
  • un article d’Audrey Démonière-Rouvel sur ses actions en EMI

À venir : la pile de lecture estivale et les lieux de lecture des #LudoDOC.

D’ici là, je vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc, pour les deux hors-série, qui cette année seront normalement consacrées à des conseils de lecture.

Très bel été à toutes et tous !

Un tour du monde qui rime

Pour ce dernier compte-rendu de lecture avant ma traditionnelle pause estivale – avec deux hors-série qui, cette fois-ci, seront un peu moins ambitieux que d’habitude – j’ai décidé de vous proposer un article qui, dans sa construction et dans son esprit, fonctionnera en parallèle du compte-rendu de septembre.

Écriture des articles cinéphiles

Commençons par un petit constat, avant de vous en dire plus : il y a un peu plus d’un an, alors que nous entrions en période de confinement, j’ai profité des vacances d’avril, puis de l’été, et enfin de la fin du mois d’octobre, pour prendre une certaine avance sur la rédaction de mes comptes-rendus de lecture.

Ainsi, à l’été 2020, j’avais déjà réussi à écrire tous mes articles cinéphiles prévus pour 2020, puis à l’automne, j’avais déjà bien avancé l’écriture des comptes-rendus allant de janvier à avril. En janvier 2021, j’ai réussi à prendre un petit peu de temps pour écrire l’article précédent, l’épisode 2 consacré aux BD et au cinéma.

Arrivée au mois d’avril, il me restait donc cet article à rédiger, et je voulais également avancer sur les hors-série estivaux.

Pourquoi une telle avance ? Parce que la lecture des ouvrages que je mentionne dans ces articles, et la rédaction de ces derniers me prennent généralement plus de temps que l’écriture des articles #profdoc. Je profite donc à chaque fois de mes moments de liberté pour avancer le plus possible.

C’est cependant en avril de l’an dernier que j’ai eu l’idée de cet article, qui aurait pu paraître successivement en mai, en novembre, puis en avril 2021, voire en octobre…

Une lecture et une écriture à reBONDissements

Vous l’avez compris à la lecture de ce titre, cet article portera en grande partie sur la saga James Bond, même si pour des raisons évidentes (et d’autres plus personnelles sur lesquelles je reviendrai plus bas) je n’aurai, au moment de publier ce compte-rendu, toujours pas vu No time to die…

  • 16 février 2019 : une première date de sortie du film est annoncée pour le 8 avril 2020
  • 4 mars 2019 : la UK’s Film Distributors Association annonce que le film sortira au Royaume-Uni le 

Bon, un an à patienter, je suis convaincue qu’en 2019, je ne comptais pas les jours comme l’auraient fait certains fans en me disant : dans un an, sortie du prochain James Bond.

Mais j’avais tout de même suivi certains débats, et je me désespérais déjà du retour de Léa Seydoux en James Bond girl, preuve que je n’étais pas non plus totalement indifférente…

  •  : suite à la pandémie de Covid-19 et devant les craintes d’un mauvais démarrage, les sociétés de production annoncent repousser la sortie au  au Royaume-Uni, et au  pour les États-Unis

Là, évidemment, les échéances approchant, l’annonce avait fait partie des mauvaises nouvelles de la période, d’autant qu’en parallèle de la sortie du film devait être publié l’ouvrage qui fait l’objet de cet article.

Donc je prends mon mal en patience (comme tout le monde) et je repousse cette idée d’écriture à plus tard…

  • la sortie est cette fois repoussée au  en France. Pour ajouter à la poisse accumulée par l’univers James Bond, Sean Connery décide de nous quitter le 31 octobre.

Et là, pour le coup, l’ouvrage qui m’intéresse paraît finalement. Un bref instant fin octobre je pense à bousculer mon calendrier et à sortir un article James Bond / Sean Connery en novembre 2020, puis je me résous à attendre le printemps 2021…

  • suite à la prolongation de la crise sanitaire et aux fermetures prolongées des cinémas, le film est de nouveau reporté au  aux États-Unis et le  en France

Cette fois-ci, tant pis, je décide de garder mon article pour le mois de juin, en me disant qu’à défaut d’avoir vu le dernier James Bond, je pourrai tout de même :

  1. parler de Sean Connery
  2. parler de James Bond
  3. proposer des escapades dans différents endroits du monde…

Enfin en avril 2021 me vient cette idée d’une construction similaire pour l’article de juin et l’article de septembre : un acteur / un univers cinématographique / une escapade ici ou ailleurs.

Pourra-t-on voir le dernier James Bond en octobre prochain ? Je l’ignore mais je croise les doigts, pas tant parce que je suis une inconditionnelle de la saga, que parce que cela voudra dire que les cinémas auront enfin rouvert et que peut-être (je dis bien peut-être) cette période si particulière sera enfin derrière nous !

Un hommage avec retard…

La disparition de Sean Connery aura été l’un des événements (hors Covid, confinement, couvre-feu et autres joyeusetés) qui m’aura le plus marquée fin 2020 – comme m’avait marquée celle de Juliette Gréco, peu de temps avant, et comme a pu le faire celle du prince Philip en avril dernier.

Juliette Gréco, à cause du prénom et d’une rencontre dans sa loge quand j’avais 14 ans (il me semble), et même si j’ai progressivement remplacé son répertoire par celui de Nina Simone ou de Lady Gaga, celui-ci me reste néanmoins en tête.

Le prince Philip, parce que ma fascination pour l’histoire britannique n’est plus un secret pour personne.

Et Sean Connery, parce que depuis Highlander, j’étais persuadée qu’il était immortel… non, plus sérieusement : il faisait à mes yeux partie de ces figures cinématographiques tutélaires qui ne peuvent pas disparaître.

Je l’ai certes apprécié dans James Bond, j’aurai l’occasion d’y revenir, et si je suis loin d’avoir fait le tour de toute sa filmographie, voici les quelques films qui sont pour moi inoubliables :

  • 1964 : Marnie, d’Alfred Hitchcock. Alors oui, certainement pas le meilleur Hitchcock ni le meilleur rôle de Sean Connery, mais c’est le seul film hors saga James Bond que j’ai vu de cette période de sa carrière (avec Le Jour le plus long, mais il n’y fait qu’une apparition parmi un casting qui fait tourner la tête)
  • 1974 : Le Crime de l’Orient-Express, de Sidney Lumet. Là encore casting prestigieux, et je l’adore en colonel Arbuthnot, même si ma préférence va à Lauren Bacall en Mrs Hubbard. Je n’ai pas vu l’incroyable Zardoz, ni La Rose et la flêche, ni L’Homme qui voulait être roi, ce qui manque cruellement, je l’avoue, à ma culture cinéphile.
  • 1986 : Le Nom de la rose, l’un de mes films préférés. Rien à dire de plus, je l’adore ! Même période, 1989, Indiana Jones et la dernière croisade, avec cette réplique mémorable : « I suddenly remembered my Charlemagne : « Let my armies be the rocks, and the trees, and the birds in the sky.« 
  • 1990 : À la poursuite d’Octobre rouge, découvert tardivement, mais que je pourrais voir et revoir indéfiniment !
  • 2001 : À la rencontre de Forrester, son dernier grand rôle, et paradoxalement l’un des premiers rôles, hors saga James Bond dans lesquels je l’ai découvert, j’avais 15 ans à la sortie du film et celui-ci est resté l’un de mes films cultes.

Revenons-en à James Bond

Désamorçons tout de suite les bombes Bond avant qu’elles n’explosent : oui, les premiers épisodes de la saga sont misogynes, comme l’est le personnage, oui les femmes sont considérées comme des objets, oui c’est un alcoolique et un obsédé sexuel, oui à quand un James Bond noir ou un James Bond femme…

Et pourtant, j’aime cette saga. Alors certes, je n’ai pas tout vu, j’ai principalement vu la période Sean Connery puis Pierce Brosnan et Daniel Craig (donc il me manque un intérim et deux incarnations si l’on compte bien), mais globalement, voici les trois que je retiens :

  • Goldfinger : parce que Sean Connery, mais aussi parce que Honor Blackman en James Bond girl, que j’ai toujours adorée. Pour la chanson de Shirley Bassey et pour l’intrigue aussi.
  • Période Pierce Brosnan, j’hésite, mais je reste sur Goldeneye parce qu’il y a Sean Bean en traître et j’aime Sean Bean
  • Enfin, aucune hésitation pour la période Daniel Craig, c’est Skyfall : déjà la chanson d’Adèle, pour l’intrigue passionnante, pour Javier Bardem, pour la dernière apparition de Judi Dench en M, pour la première apparition de Ralph Fiennes en M, pour l’Écosse, bref c’est l’un de mes derniers James Bond préféré…

Je passe sur Spectre, qui, hormis sa fabuleuse scène d’ouverture pendant le jour des morts à Mexico, m’a incroyablement déçue pour deux raisons : d’abord pour avoir complètement sous-employé Christoph Waltz en méchant, et ensuite, vous l’aurez compris, pour Léa Seydoux, ce qui fait que je n’attends pas vraiment No time to die avec autant d’impatience qu’on le pourrait…

Il y avait néanmoins quelque chose que j’attendais avec impatience en 2020, c’était la sortie du livre dont je vais parler maintenant.

Tour du monde avec James Bond

Il s’agit donc d’un ouvrage dont la publication était initialement prévue pour avril 2020. J’avais vu passer l’information sur Twitter, et j’avais ajouté le livre dans ma liste de lectures.

Sa sortie retardée ne m’a, pour le coup, que donner plus envie de l’avoir entre les mains. Enfin, dès sa publication le 7 octobre 2020, je l’ai commandé.

Il s’agit, comme vous pouvez le voir ci-dessus, de Bons baisers du monde, de Guillaume Evin et Laurent Perriot, aux éditions Dunod.

Tant pour la publication de l’ouvrage que pour le livre en lui-même, il s’agit, de mon point de vue, d’un coup de maître de la part des auteurs et de l’éditeur.

D’abord, parce qu’en dépit de la sortie maintes fois retardée du dernier film, ils ont créé un compte Twitter et un compte Instagram qui n’a cessé de donner envie de s’évader et de découvrir les lieux de tournage de James Bond – et dans une période de confinement où les voyages n’étaient pas vraiment à l’ordre du jour, il fallait le faire :

Ensuite, parce qu’une fois cet atlas si particulier entre les mains, il est effectivement difficile de le lâcher.

On y retrouve un chapitre pour chaque film, avec une fiche technique, un aperçu du contexte du film et du tournage et l’itinéraire détaillé des personnages durant le film. On s’amuse donc à découvrir ou redécouvrir les lieux en question et à s’évader en suivant leurs traces.

Exemples avec Goldfinger :

Personnellement j’ai adoré suivre l’itinéraire de Sean Connery, Pierce Brosnan et Daniel Craig, sur les cartes proposées dans chaque chapitre, et cette escapade aux quatre coins du monde m’a vraiment dépaysée…

… comme j’espère qu’elle vous dépaysera et vous permettra de profiter pleinement de l’été à venir, pour des voyages qui iront au-delà des salles obscures !

Je vous souhaite un très bel été et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

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