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Blog pour cinéphiles et profs docs

Romy Schneider, biographie féministe

Pour ce second compte-rendu de l’année 2018-2019, je retourne à des premières amours, à savoir une comédienne qui a été pour beaucoup dans ma cinéphilie, et je continue sur ma lancée de cette année – involontaire – qui met à l’honneur les femmes au cinéma.

Lorsque j’ai lancé ce blog, l’un des premiers articles que j’ai écrits était consacré à Romy Schneider. Elle m’a toujours fascinée et émue et, si encore beaucoup de sa filmographie m’est inconnue, j’en ai vu suffisamment pour en cerner l’incroyable complexité.

Je ponctuerai cet article de quelques-uns de ces films.

État de bibliothèque

Comme je l’expliquais à quelqu’un, Romy est l’un des aspects du cinéma sur lequel j’ai le plus de livres. Aspect ? Le terme peut paraître curieux. Disons qu’entre les réalisateurs, les thèmes, les époques, les genres et les acteurs, elle est l’actrice sur laquelle j’ai le plus de livres.

Certes, elle ne fait pas d’ombre à Hitchcock et Chaplin, encore moins à Truffaut, sur lequel j’achète le moindre livre qui sort et pour qui je recense régulièrement ce que j’ai et ce qui me manque.

La simple raison est que pour Romy, le tri est nécessaire.

Pourquoi ? Parce que la moindre publication peut verser dans le mélo, « cinéma à l’ancienne et crinoline », le pathos « mon dieu quel destin tragique », ou le relevé pharmaceutique « alcool et médicaments ».

Avant de lire un livre sur Romy, je tente donc d’observer s’il prend en compte l’un de ces quatre critères :

  1. il donnera la parole à la principale intéressée
  2. il racontera sa vie d’un ton neutre et objectif
  3. il se concentrera sur des photos et/ou des facs similés
  4. il apportera un éclairage inédit sans sensationnalisme

J’ai donc dans ma bibliothèque : le journal intime de Romy Schneider, une biographie publiée il y a plusieurs années, 3 ouvrages photos (dont l’un exclusivement sur L’Enfer de Clouzot) et le livre dont je vais vous parler aujourd’hui.

Une quatrième de couverture trompeuse…

C’est dans la presse que j’ai entendu parlé de ce livre pour la première fois, une parution récente, et qui intervient quelques mois seulement après la sortie d’un film paraît-il controversé (car faisant la part belle à une addiction à l’alcool et aux médicaments) sur Romy.

Je n’ai pas vu ce film, pas à cause d’un a priori négatif, mais simplement par manque de temps et parce qu’il ne passait dans aucune salle à proximité lorsque j’ai été plus disponible.

Ce n’est qu’après coup que j’ai compris pourquoi on parlait tant de Romy en ce moment : le 23 septembre dernier, elle aurait eu 80 ans. Les semaines précédant cette date, plusieurs ouvrages sont parus, Arte a diffusé plusieurs films avec Romy, comme d’habitude Alain Delon s’est fendu d’une communication larmoyante sur la question…

Pourquoi cette date anniversaire m’a-t-elle donc échappé ?

Explication n°1 : (la plus réaliste) je ne prête pas forcément attention aux dates anniversaires, j’essaye déjà de retenir ceux de mes proches…

Explication n°2 : (la plus romanesque) Sans doute associer ces deux termes « 80 ans » et « Romy » reste inconcevable. Romy fait partie de ces êtres qui ne vieilliront jamais, et qui me rappellent cet extrait du Premier homme d’Albert Camus :

C’est à ce moment qu’il lut sur la tombe la date de naissance de son père, dont il découvrit à l’occasion qu’il l’ignorait. Puis il lut les deux dates « 1885-1914 » et fit un calcul machinal : vingt-neuf ans. Soudain une idée le frappa qui l’ébranla jusque dans son corps. Il avait quarante ans. L’homme enterré sous cette dalle , et qui avait été son père, était plus jeune que lui.
Et le flot de tendresse et de pitié qui d’un coup vint lui emplir le coeur n’était pas le mouvement d’âme qui porte le fils vers le souvenir du père disparu, mais la compassion bouleversée qu’un homme fait ressent devant l’enfant injustement assassiné – quelque chose ici n’était pas l’ordre naturel et à vrai dire, il n’y avait pas d’ordre mais seulement folie et chaos là où le fils était plus âgé que le père. La suite du temps lui-même se fracassait autour de lui immobile, entre ces tombes qu’il ne voyait plus, et les années cessaient de s’ordonner suivant ce grand fleuve qui coule vers sa fin.

Donc – pour en finir avec cette digression : Romy n’a pas 80 ans, et j’ai lu un autre livre sur Romy.

Romy Schneider intime, de Alice Schwarzer est paru en août 2018 aux éditions de l’Archipel.

Sur la quatrième de couverture, un extrait du livre et ces deux lignes :

Durant une nuit entière, Romy s’est confiée à Alice Schwarzer comme jamais encore elle ne l’avait fait.

Allons bon, voilà qui est intéressant ! J’ai donc été facilement persuadée que le livre était une retranscription complète (une sorte d’entretien en mode traveling) d’une conversation.

Décembre 1976, on est en pleine période française, après La Piscine, en pleine période Sautet, et avant la date fatidique de 1981, le décès de David.

Donc pour moi le livre était une sorte d’arrêt sur image, d’instantané en pleine carrière où il y aurait certes des confessions, mais sans que cela donne au lecteur le sentiment d’être abusivement intrusif.

La quatrième de couverture n’était pas totalement trompeuse : l’auteur revenait largement sur cet entretien de 1976, mais il s’agissait davantage d’un fil conducteur pour retracer le parcours de Romy. Elle lui donnait régulièrement la parole mais en s’appuyant aussi sur le journal intime – que je connaissais déjà – et sur des lettres, que j’ai découvertes.

Alors, qu’est-ce que cet ouvrage a de différent des autres biographies et de la littérature déjà abondante sur Romy Schneider ? Que peut-il apporter de plus ?

Deux choses.

La biographie féministe de Romy Schneider

La première, c’est que cette biographie est l’oeuvre d’Alice Schwarzer, journaliste allemande, fondatrice et rédactrice du magazine féministe EMMA, figure emblématique – je l’ai découvert – du féminisme en Allemagne, « traductrice culturelle » (dit Wikipédia) de Simone de Beauvoir.

Elle a rencontré Romy Schneider en 1976 et souhaitait faire son portrait pour le premier numéro de son magazine, dont la sortie était prévue pour début 1977.

Dès l’avant-propos, le ton est donné :

Nous sommes en 1976. Nous les féministes, nous venons pour la première fois de briser le silence, de rompre l’omerta qui pèse sur la violence sexuelle, sur la maltraitance, le harcèlement et le viol (…) À Hollywood, la bulle n’a éclaté qu’un demi-siècle plus tard, en 2017, avec l’affaire Weinstein.

Et ce ton, il est dur, souvent cinglant, parfois attristé et sans illusion.

Donnant la parole à Romy, et ponctuant le récit d’extraits de son journal intime et de lettres, Alice Schwarzer revient sur la trajectoire d’une petite jeune fille, prodige du cinéma allemand.

Ce n’est pas une sinécure.

Évidemment on commence avec l’ombre de la seconde guerre mondiale, et l’amitié (voire plus) des parents de Romy, en particulier sa mère, avec un certain Adolf Hitler. Déterminant pour la suite, la construction d’une personnalité pleine de culpabilité, et des choix cinématographiques jamais anodins.

Ensuite, il y a tout ce carcan culturel et familial qui l’enferme dans le personnage de Sissi (et dans quelques rôles aussi « meringués »). La mère, intrusive, égocentrique et qui voit peu à peu sa fille l’éclipser ; le beau-père, une espèce de profiteur abusif qui a bien flairé la poule aux oeufs d’or.

Puis il y a la fuite pour retrouver Delon à Paris après le tournage de Christine. Après cela, le livre prend comme éclairage les rapports de Romy avec les hommes, ceux qui la mettent en scène et ceux qui vivent avec elle.

Et là non plus ce n’est jamais heureux : soit elle les domine et ça ne dure pas longtemps, soit ils la dominent et… ça ne dure pas longtemps.

Alice Schwarzer décrit une Romy hypersensible, qui attend beaucoup mais qui ne sait pas toujours ce qu’elle attend, qui accepte de se soumettre, mais pas trop longtemps, qui quitte un rôle (cinématographique ou familial) dans lequel elle se sent trop à l’étroit pour retrouver finalement un autre rôle qui n’est pas plus libre.

Les extraits de lettres et le journal témoignent de cette situation d’écorchée vive dont elle n’est jamais sortie.

À plusieurs reprises, l’auteur s’indigne et prend la défense d’une femme qui ne s’aimait pas et que beaucoup n’ont pas su aimer.

Éclairage allemand

La seconde chose qui rend cet ouvrage différent de ce que j’ai pu lire ailleurs, c’est la perspective qu’il adopte.

Dans tout ce que j’ai pu lire jusqu’ici, j’avais ce point de vue : Romy était une actrice allemande, qui s’était installée en France pour mener le plus beau de sa carrière – La Piscine, tous les films de Claude Sautet, Garde à vue

Grâce au livre d’Alice Schwarzer, j’ai pu voir l’autre côté du miroir (ou du Rhin), car cette dernière revient évidemment non seulement sur les premières années, puis sur les relations que les allemands et Romy ont entretenues après son premier départ, son mariage avec Harry Meyen et sa vie à Berlin, avant son retour en France.

Elle a d’ailleurs un oeil très critique sur la période française, de La Piscine (un rôle qu’elle juge « à côté de la plaque ») à tous les films de Sautet.

Au-delà de ces critiques, le livre offre un éclairage sur la vie artistique et culturelle de l’Allemagne (et sur les relations franco-allemande) entre 1938 et 1982 : les comédiens et comédiennes, l’univers du cinéma et du théâtre, les différences culturelles entre France et Allemagne et comment les deux pays se perçoivent mutuellement sous le prisme d’une femme et d’une actrice : Romy Schneider.

Se réconcilier avec Sissi ?

À quel moment voit-on Sissi pour la première fois ?

En ce qui me concerne, ça devait être enfant, à Noël, lors d’une des nombreuses rediffusions. J’ai adoré Sissi toute mon enfance, je l’ai délaissée lorsque j’ai découvert le reste de la filmographie de Romy Schneider.

Ensuite, je l’ai revu, mais si j’ai la trilogie sur mes étagères, elle ne sort pas très souvent de son coffret. Je lui préfère le dernier – en français Sissi face à son destin (!!!) et le film sur Victoria, Les jeunes années d’une reine.

J’ai de l’affection pour ces films mais ils ne définissent plus pour moi, depuis très longtemps, ce qu’est Romy Schneider.

Alice Schwarzer, à la fin de son livre, semble se réconcilier avec Sissi. Je me contente, pour ma part, de l’ombre de l’impératrice dans le Ludwig de Visconti.

Et si je devais retenir trois films de cette filmographie, sur lesquels je terminerais cet article, voilà ce que je garderais :

  • Les Choses de la vie
  • César et Rosalie
  • La Banquière

Septembre 2018 : séances et animations du CDI

Ceci est mon septième mois de septembre en tant que professeure documentaliste et j’en profite pour vous souhaiter à nouveau, avec un peu de retard une excellente année scolaire.

Comme chaque année depuis maintenant 4 ans, la mienne a débuté sous la bannière de Ludovia, je profite donc de cet article pour faire un petit retour sur cette 15e édition.

Retour sur #LudoDOC

Cette année, je ne vous propose pas, comme les années précédentes, un article spécifique et en temps réel de Ludovia – je me contente d’un petit moment sur Twitter déjà publié, mais je vais tout de même revenir sur deux choses qui me tiennent à coeur : la première édition de #LudoDOC (et les coulisses de cet événement associé) et les animations que j’ai pu présenter, seule ou à plusieurs, entre le 20 et le 24 août.

Historique de #LudoDOC

Comme vous le savez peut-être, j’ai eu l’idée de #LudoDOC durant la précédente édition de Ludovia, en discutant avec Florence Canet et Anne Delannoy.

En septembre 2017, j’ai créé le compte Twitter et quelques visuels pour mettre en valeur l’initiative, à savoir : un groupe de profs docs connectés, accros au numérique et à tous les aspects ludiques de la pédagogie.

En octobre-novembre, j’ai commencé à échanger avec Aurélie Julien, organisatrice de Ludovia, pour savoir comment faire de #LudoDOC un événement associé de Ludovia. J’ai aussi rencontré (en vrai) Sophie Gronfier et j’ai commencé à pas mal échanger sur Twitter avec Sandrine Geoffroy et Sophie qui sont devenues mes acolytes officielles de #LudoDOC.

En décembre, j’ai pu proposer à Aurélie un premier article qu’elle a publié dans Ludomag avec un logo.

Entre janvier et mai, avec Sandrine et Sophie, nous avons pu avancer en pointillé sur l’organisation, le programme, les intervenants, et nous avons commencé à communiquer. Nous avons également lancé un questionnaire afin de recueillir les premières inscriptions.

Sophie a créé une chaîne YouTube avec une première vidéo de valorisation, j’ai fait une présentation sur Genially, le tout régulièrement relayé sur le compte Twitter @doc_ludo, en alternant avec la valorisation d’initiatives de profs docs.

Puis nous avons préparé un site internet, commencé à regrouper quelques goodies (stylos, badges…).

En juillet, ça s’accélère : préparation des différents temps #LudoDOC (supports de présentation, échanges par téléphone), relance des dernières personnes inscrites, et impression des badges.

En août, enfin, communication la semaine avant Ludovia, avec des visuels rappelant les temps #LudoDOC et leur localisation.

Le 20 août, top départ : lancement du site ↓

Vous y retrouverez tout ce qui s’est passé pendant Ludovia. Je rajoute simplement ci-dessous les temps où je suis intervenue plus spécifiquement.

J’ajoute que durant Ludovia, à notre grand plaisir, nous avons recruté une quatrième personne dans l’équipe, Bénédicte Langlois (@reporterlego sur Twitter), professeure documentaliste dans l’académie de Montpellier.

Mes différentes interventions
  • Hackathon spécial #profdoc et numérique

Le 20 août après-midi, j’ai co-animé un mini-hackathon avec Sophie Gronfier sur l’usage des téléphones portables au CDI. Présentation et article de compte-rendu à venir sur LudoDOC.

  • Temps sur « Les profs docs vous présentent… »

Le 22 août après-midi, j’ai proposé sur le stand de LudoDOC une présentation sur la thématique : « Proposer aux élèves des contenus thématiques interactifs en lien avec l’ouverture culturelle et les actions éducatives ».

La présentation a fait l’objet d’une annonce sur Ludomag :

Proposer aux élèves des contenus thématiques interactifs en lien avec l’ouverture culturelle et les actions éducatives

Mon support de présentation est disponible ci-dessous :

Les profs docs vous présentent : Proposer aux élèves des contenus thématiques interactifs en lien avec l’ouverture culturelle et les actions éducatives

  • Barcamp avec Bérengère Stassin

Le matin du 23 août, j’ai co-animé un barcamp avec Bérengère Stassin sur la thématique « Comment aborder les différentes formes de désinformation du secondaire au supérieur ? » J’y ai fait un compte-rendu de ma séquence menée l’an dernier avec les Premières L.

La présentation est disponible ici :

Un compte-rendu du barcamp a été proposé sur Ludomag par Stéphanie de Vanssay :

Comment aborder les différentes formes de désinformation, du secondaire à l’université

  • Explorcamp avec Sophie Gronfier

Enfin, le jeudi après-midi, j’ai co-animé un explorcamp avec Sophie Gronfier pour présenter notre séance « Escape CDI : découvrir le CDI autrement ».

Un article présentant l’explorcamp avait été publié sur Ludomag :

Escape CDI : découvrir le CDI autrement

Vous retrouverez la présentation sur LudoDOC, en suivant le lien ci-dessous :

Explorcamp : Escape CDI : découvrir le CDI autrement

  • Interviews

Pendant ce Ludovia, nous avons eu la chance d’être interviewées deux fois pour présenter le collectif LudoDOC, dont une fois par eteachers et Nipedu.

La seconde fois, par François Jourde pour Ludomag TV :

Et j’ai aussi été interviewée par la chaîne Via Occitanie :

https://viaoccitanie.tv/ecole-30-le-ministre-de-leducation-en-ariege/

Encore une super expérience de Ludovia, et je profite de cet article pour remercier Aurélie Julien et Éric Fourcaud pour leur accueil et leur confiance !

Avant la reprise

Après Ludovia, et avant la pré-rentrée, je suis allée travailler sur différents projets de l’année que nous avons ensemble, ma copine d’histoire-géo et moi.

Elle m’a aussi demandé si je pouvais préparer, pour une copine prof doc et elle, un petit atelier sur Genially.

J’avais donc réalisé pour l’occasion la présentation ci-dessous, qui est loin d’être exhaustive, mais qui donne un aperçu de ce qui peut être fait avec Genially.

Une petite manière sympathique de se remettre dans le bain, d’échanger sur les projets à venir et d’avoir de nouvelles idées.

Séances pédagogiques

Durant ce mois de septembre, je me suis très vite impliquée (plus rapidement que les années précédentes) dans des séances avec les élèves, car j’ai participé dès le 4 septembre à des projets, que je vais détailler dans l’ordre chronologique (comme d’habitude, j’en garde quelques-uns pour le mois d’octobre, pour équilibrer les articles).

Journée d’intégration des Premières STMG

Mes collègues d’éco-gestion ont souhaité mettre en place, en fin d’année dernière, une journée d’intégration pour les quatre classes de premières STMG.

J’ai été conviée aux réunions et j’ai participé à la première demi-journée (durant la seconde, j’ai préparé avec des collègues les séances que je vous présenterai juste après).

La matinée se déroulait ainsi :

  • Accueil
  • Prise de contact « Apprendre à se connaître » (les élèves s’appuyaient sur un mini-questionnaire de Proust et devaient par binômes se présenter l’un l’autre) – 30mn
  •  « Ma STMG » : découvrir la filière, recenser ses craintes, ses représentations et ses objectifs, et réaliser une présentation par groupes – 2h30

Je suis intervenue plus spécifiquement sur le troisième temps, durant lequel j’ai rappelé aux élèves les sites ONISEP et Oriane.info (tout en profitant pour présenter E-SIDOC). J’étais « affectée » plus particulièrement à un demi-groupe, mais j’ai pu aller voir les 3 autres demi-groupes pour des petites présentations de 5 minutes.

Voilà le travail réalisé par quelques élèves.

Pour la deuxième demi-journée, comme je l’ai indiqué, je n’ai pas pu faire le même travail, puisque j’étais accaparée par la préparation d’une autre séance, à destination des secondes.

Escape Game Sciences / CDI

Depuis le mois de juin, nous réfléchissons avec mes copines de physique-chimie et SVT à une séance sous forme d’escape game pour présenter aux élèves de Seconde les séances de TP de sciences et le CDI.

Je vais tâcher de reconstituer le plus fidèlement possible les différentes étape de l’escape game, ce qui sera complété par les quelques photos que j’ai pu prendre.

  • 2 équipes (les verts et les rouges) et deux tables d’équipe.
  • on introduit la séance par une vidéo : les élèves doivent aider Einstein à retrouver son badge d’accès à un centre hyper-sécurisé. Le badge est dans un coffre fermé par un cadenas à combinaison à trois chiffres.
  • sur chaque table d’équipe : un jeu DEBLOK à reconstituer, les badges des élèves, un curieux QR-code, un portefeuille, une blouse, un gant en latex. Dans la blouse : un petit papier. Dans le portefeuille, une grille de loto et un petit papier avec la lettre F. Chacune de ces énigmes une fois résolue va conduire les élèves à des protocoles qu’ils auront à réaliser pour récupérer à chaque fois un élément du code final.
  1. le jeu DEBLOK conduit à la cote d’un livre qui permet de trouver le protocole « Volume via burette graduée »
  2. les badges permettent de compléter le QR-Code pour récupérer un protocole et mesurer une molécule via RASTOP
  3. le loto est à flasher avec HP-Reveal, ce qui révèle une couverture de livre, dans lequel on trouve le protocole de mesure d’une cellule via une lame micrométrique étalonnée
  4. le papier dans la blouse renvoie vers E-SIDOC, où les élèves doivent récupérer le protocole de mesure de la masse volumique d’une roche
  5. Sur les gants sont inscrits 3 lettres renvoyant vers les casiers de magazines du CDI pour permettre de mesurer un fossile avec une loupe binoculaire
  6. le petit papier avec la lettre F, passé à la loupe, révèle un code (police 0,5) à saisir sur un genially. L’élève a ensuite accès à un learning apps sur les atomes, molécules…

De 1 à 5, les élèves doivent récupérer des chiffres, pour le 6 ils doivent trouver 3 lettres. Le tout leur donne la cote d’un livre, dans lequel ils récupère une roue de César. Les élèves traduisent les 3 lettres en chiffres et obtiennent le code du coffre où se trouve le badge d’Einstein.

La réalisation de cet escape game a demandé un temps de travail considérable, et exige à chaque séance un temps d’installation lui aussi important. Mais les élèves apprécient vraiment cette séance et se prêtent au jeu.

J’ai pu voir 6 classes sur cette séance, et je profite de cet article de compte-rendu pour remercier mes collègues de sciences !

Dans le cadre de ce projet, j’ai acheté ces trois ouvrages pour le CDI :

J’ai également pu obtenir une plastifieuse pour le CDI.

Pour compléter cette présentation, voici un bilan pédagogique de ce que j’attendais des élèves en terme de compétences :

Compétences transversales aux sciences et à la formation aux recherches documentaires :
– Recenser, extraire et organiser des informations.
– Exprimer et exploiter des résultats, à l’écrit, à l’oral, en utilisant les technologies de l’information et de la communication.
– Manifester sens de l’observation, curiosité, esprit critique.
– Être capable d’attitude critique face aux ressources documentaires

Ces compétences ont été particulièrement mobilisées sur les épreuves suivantes détaillées ci-dessous :

Jeu déblock :

Objectif : décoder une cote de documentaires

Les élèves de chaque équipe devaient reconstituer à l’aide des différents blocs le dessin figurant sur une carte et devaient aligner les chiffres et les lettres pour former la cote d’un livre.

Cela supposait d’observer l’organisation du CDI, des rayons documentaires et de connaître le fonctionnement d’une cote :

Suite de chiffres = thème général et sous-thème du livre (son rayon)

3 lettres = 3 premières lettres du nom de famille de l’auteur

Utilisation de HP Reveal :

Objectif : retrouver un livre à partir de sa couverture

Identifier les différents éléments : illustration de la couverture, titre, auteur, éditeur, autres étiquettes permettant de l’identifier (hors-prêt, codes barres…)

Les 3 doigts du gant :

Sur les 3 doigts de deux gants étaient indiquées les lettres T, D, C et G, É, O. Un indice supplémentaire “revue” a été ajouté dans le gant.

Il s’agissait de faire explorer aux élèves le rayon des périodiques pour retrouver les casiers de ces deux revues.

Le papier dans la blouse :

Sur ce papier était indiqué : “Allez sur E-SIDOC (ordi poste 3 ou 6) http://0911346u.esidoc.fr

Cliquez sur “Articles pour ouvrir le document”

Le but de cet indice était que les élèves aient un premier contact avec le portail documentaire du CDI, et se repère dans son organisation. Ils devaient trouver la rubrique “articles” sur la page d’accueil, cliquer dessus pour découvrir les consignes rattachées à un protocole.

Code final :

L’ensemble des énigmes résolues renvoient vers la cote d’un livre.

Le but est que les élèves comprennent que s’ils n’ont qu’une partie de l’information (les chiffres ou les lettres) ils ne peuvent pas – en théorie – trouver le code.

Je détaillerai les autres séances organisées durant la fin de ce mois de septembre dans un autre article.

Expositions / Gestion

Outre les quelques nouveautés reçues en juin et début septembre, mises en exposition, j’ai proposé pour ce début d’année des actions de valorisation autour des Journées européennes du patrimoine.

J’ai donc installé une exposition thématique :

J’ai mis en page d’accueil d’E-SIDOC la carte proposée par le site officiel des Journées (mais l’affichage n’était pas terrible, j’ai donc aussi ajouté le lien).

Les travaux et le portail E-SIDOC de Laureline Lemoine, professeure documentaliste dans l’académie de Nancy-Metz, m’ont inspiré une nouvelle rubrique dans le portail E-SIDOC du lycée « Visites et expositions virtuelles ». Merci Laureline !

http://0911346u.esidoc.fr/rubrique/view/id/45

Communication

Pour les élèves, j’ai remis à jour et distribué mes marques-pages réalisés pour la journée portes ouvertes du lycée :

Pour les enseignants, j’ai repris mon E-INSTANT CDI, avec toujours un mail qui tente d’inciter à y voir de plus près…

Pour le numéro 3 :

Au menu cette semaine :
– côté éducation : le numéro 12 des P’tits fascicules sur les webmedias scolaires, les essentiels de la littérature de la BnF et une encyclopédie de l’énergie
– côté culture : un focus sur les frères au cinéma, une conversation avec Romy Schneider et une édition enrichie de Au bonheur des dames
– côté numérique : découvrir la pop culture et la culture geek, intégrer un PDF dans un Genially
J’ai aussi remis en service le compte Twitter du CDI qui dormait paisiblement depuis cet été.

Réunions

Le jour de la pré-rentrée, j’ai animé auprès de quelques collègues un atelier sur la politique documentaire.

Je leur ai proposé cette présentation (déjà envoyée par mail par l’administration du lycée) :

Je leur ai ensuite proposé de répondre à un petit questionnaire rapide :

https://goo.gl/forms/B1Sq7eojd75jay4h1

J’ai ensuite transmis un compte-rendu de cet atelier, en vue de préparer la suite du calendrier, mais je n’ai pour l’instant pas eu de retour sur ce compte-rendu.

Enfin, durant ce mois de septembre, j’ai assisté à deux réunions de formation de formateurs, les 17 et 24 septembre.

Petit teasing pour le mois prochain…

(cela me servira aussi de mémo, accessoirement !)

  • TPE et visites du CDI
  • Semaine hispanique et fête de la science
  • Déplacement dans l’académie de Besançon

Bon courage et belle fin de mois à tous !

D’une femme fatale à l’autre

Cette année 2018 est riche en trajectoires féminines réécrites (et ce n’est pas fini !).

En mars, j’avais déjà fait un petit compte-rendu de lectures récentes et de références consacrées aux femmes au cinéma : un documentaire, 50 femmes de cinéma, le journal de Carrie Fisher, et Hollywood : la Cité des femmes.

En mai, j’avais trouvé ce superbe roman, Hollywood Boulevard, consacré à la première « star » de cinéma américaine, Mary Pickford, et à l’une des premières scénaristes, Frances Marion.

Pour ce premier article de reprise, les femmes à nouveau sont à l’honneur, et pas n’importe lesquelles.

Femmes fatales : éléments de définition

Lorsque l’on cherche « femme fatale » sur notre moteur de recherche préféré (!), on est vite effarée à la lecture des premiers résultats – en tout cas je le suis :

Passons outre, rejetons d’emblée les 5 conseils et autres trucs et astuces pour devenir une femme fatale… et reportons nous à quelque chose qui, sans être parfait, a au moins le mérite d’offrir un éclairage historique et culturel de la question :

Une femme fatale est un personnage type qui utilise le pouvoir de la sexualité pour piéger le héros malchanceux. La femme fatale est généralement décrite comme une femme sexuellement insatiable.

Elle séduit, sans se « donner », et est souvent caractérisée physiquement comme une femme très féminine et moralement comme une femme séductrice (dans la littérature décadente, puis au cinéma).

Voilà pour les éléments de définition, passons à la mythologie à présent :

L’archétype de la femme fatale existe dans les mythes et le folklore de nombreuses cultures à tous les âges. Les premiers exemples sont Ishtar, la déesse sumérienne, et Ève, Dalila, et Salomé dans la Bible judéo-chrétienne. Dans la littérature de la Grèce antique, la femme fatale est incarnée par Aphrodite, la sirène, le Sphinx, Scylla, Circé, Lamia, Hélène de Troie, et Clytemnestre.

Je passe sur le fait que, dans cet article, hormis Marlène Dietrich et Rita Hayworth, peu d’exemples sont donnés de « femmes fatales » de cinéma, essayons donc d’enrichir quelque peu cette liste, sans s’arrêter aux caractéristiques physiques (brune ? blonde ? grande ? petite ?) :

  • Greta Garbo
  • Bette Davis
  • Sharon Stone
  • Glenn Close
  • Ava Gardner
  • Joan Crawford
  • ce à quoi on peut rajouter éventuellement quelques belles brunes du cinéma français, au moins dans certains rôles : Maria Casarès, Fanny Ardant, Isabelle Adjani

Vous pouvez, si vous le souhaitez, compléter cette liste, en précisant ce qu’est pour vous une femme fatale.

C’est peut-être d’ailleurs par facilité que j’ai choisi ce terme, afin de rassembler dans un même article, deux femmes qui finalement, ne se ressemblaient pas tant que ça… quoique !

Ces deux femmes, je ne les connaissais pas plus que ça – seulement de nom – et je dois leur découverte à deux petits livres, l’un paru en 2017, l’autre, plus récent, publié en mai 2018.

It girl

Le premier de ces deux livres, Le Sourire de Gary Cooper, est l’oeuvre de Sophie Pujas, publié en mars 2017 aux éditions Gallimard, dans la collection L’arpenteur.

C’est un ouvrage d’un peu plus d’une centaine de pages, entrainant, alternant les voix, passant avec aisance du « elle » au « je », passant continuellement du rire aux larmes, avec des fulgurances poétiques surprenantes, qui éclatent d’une phrase à l’autre, et qui portent le lecteur comme un souffle de la première à la dernière page.

Dans la salle obscure, elle s’invente la famille qu’elle n’a pas eue. Les bras protecteurs d’âmes amies. Elle frissonne, s’exalte. Elle apprivoise l’angoisse. Tout s’apaisera à la fin. Et quand bien même le héros mourrait, ce qui ne se fait guère, la lumière se rallumera. La terreur aura laissé le monde inentamé. Tremble tout ton soûl, petite fille. Meurs avec le cow-boy. Saute dans le vide. Galope. Ce ne sont que des vies d’emprunt, à l’infini. Peaux où se glisser, vite délaissées.

Celle que l’auteur évoque, esquisse, accompagne de la gloire à la solitude, c’est Clara Bow.

Clara Bow ?

La star des années 20, une gosse de Brooklyn, l’incarnation de la « garçonne » (ouvrant la voie à Dietrich et ses tailleurs pantalons, à Garbo et son androgynie fascinante), la IT GIRL – sex appeal des années folles. Un esprit libre, une scandaleuse, qui compte nombre d’aventures (Victor Fleming et Gary Cooper, entre autres) et le double de rumeurs infondées, avant de se retirer du monde, un peu à la manière de Garbo ou de Pickford, mais dans une ferme du Nevada.

Sophie Pujas en fait une icône, une sorte de météore croquant la vie à pleines dents, cherchant des rôles à sa mesure, luttant contre les hommes des studios (comme le feront, sans plus de succès, Marilyn Monroe, Bette Davis, et avec un peu plus de succès, Olivia de Havilland).

Elle en fait à la fois cette icône de femmes libres dont elle (on) se sent redevable, et, dans les dernières lignes de ce petit livre magnifique, l’icône de ces femmes étoiles filantes et sacrifiées : Marilyn, Jean Seberg, Françoise Dorléac, Sharon Tate.

Ajoutons Jean Harlow.

Victor Fleming, en 1933, dirigera une comédie cruelle, Bombshell, où tremble le souvenir de Clara. L’histoire d’une jeune actrice, Lola Burns (sous les traits de Jean Harlow), constamment entourée d’une foule de parasites.

Ces deux phrases sont extraites du Sourire de Gary Cooper, p.84

Blonde platine

La voilà donc en Lola Burns, une star à l’existence chaotique, au rythme de travail effréné, tout de blanc vêtue sous son auréole platine et scrutée nuit et jour par les feuilles à scandale (…).

Platine, p.125

Comme un écho.

Platine, de Régine Detambel, a été publié chez Actes Sud en mai 2018. Lorsque je me suis arrêtée dans une librairie pour découvrir Hollywood Boulevard et les destins croisés de Mary Pickford et Frances Marion, à quelques livres de là était posé Platine.

Du sourire de Gary Cooper à Platine, les mêmes choses frappent : l’injustice, l’émotion, deux destins happés et sacrifiés, deux femmes ayant incarné une époque.

Jean Harlow ?

L’une des blondes volcaniques du star system américain, aux côtés de Marilyn, de Carole Lombard, de Grace Kelly, de Rita Hayworth. Des sex symbols, dont Wikipédia fournit ici très obligeamment une liste.

Avec Monroe et Lombard, la même impression de gâchis, extrêmement bien rendu dans ce roman de moins de 200 pages.

Monroe ? un suicide accidentel en 1962 à 36 ans.

Lombard ? morte à 33 ans dans un accident d’avion en 1942.

Harlow ? morte en 1937 à 26 ans de… de quoi au juste ?

Ce que nous fait comprendre l’auteur, avec une douceur teintée de cynisme, c’est la stupidité de cette mort et l’absurdité de la vie de Jean Harlow.

Au fil des pages, on suit cette petite gamine qui se mue en bombe sexuelle, toute en chevelure et en poitrine. On la suit avant même qu’elle ne devienne Jean Harlow, on suit le cinéma qui naît presqu’en même temps qu’elle (en tout cas elle partage son année de naissance avec celle du premier studio installé à Hollywood).

De la gloire en pleine lumière, on peut tout connaître. Ce que Detambel reconstitue à la perfection, c’est le côté sombre : la mère possessive, intrusive, jalouse, toxique, et l’amant de cette dernière, un sicilien proche de la mafia qui passe son temps à lui réclamer de l’argent.

Les mariages « fuites », le premier, à 16 ans, qui dure 3 mois. Le second, un vrai désastre, avec un type de 20 ans son aîné, atteint d’hermaphrodisme. Lorsqu’elle le découvre et éclate de rire le soir de la nuit de noce, il s’acharne sur elle, avant de se suicider quelques mois plus tard.

Alors sa mort, d’une crise d’urémie ? À la suite des coups portés par ce mari éphémère, en tout cas, mal soignés. Aggravés par une infection rénale. Ajoutez à cela une mère, adepte de la « Science chrétienne » et pour qui la maladie n’existe pas, et qui refusera quasiment jusqu’au bout de la faire soigner. Il faudra que William Powell et Clark Gable interviennent pour la faire admettre – trop tard – à l’hôpital.

Platine, avec efficacité, sobriété et douleur, c’est l’histoire de ce gâchis.


On referme ces deux livres avec exactement les mêmes sentiments : d’une part l’étonnement émerveillé devant ce que ces deux auteurs nous offrent, une émotion intense en seulement quelques pages, d’autre part, cette impression un peu nauséeuse d’avoir assisté à deux sacrifices humains.

Vous voulez revivre l’âge d’or du cinéma et son « intolérable cruauté » en un temps record ? Lisez Le Sourire de Gary Cooper, lisez Platine.

Autres lectures – juillet / août

Pour finir, voici un petit point (que j’espère systématiser tous les deux ou trois mois, si j’arrive à maintenir mon rythme de lecture) sur ce que j’ai pu lire cet été :

 

  • début juin, j’ai tenté de relire L’Iliade. Malgré la beauté du texte, trop de scènes de batailles à mon goût.
  • relecture du premier volume de Harry Potter en VO.
  • un roman historique : Moi, Médicis, de Matteo Strukul, agréable mais pas transcendant.
  • La Marche du mort, de Larry McMurtry, une vraie belle découverte que je dois à un collègue profdoc, Johann Jambu : l’ouest américain, des Texas rangers et des comanches, dépaysement total.
  • les deux derniers de mon chouchou : Zafón, Le Prisonnier du ciel (pas mal) et Le Labyrinthe des esprits (apothéose !)
  • tout un tas de lectures sur Paris au cinéma et Paris en littérature pour les hors-série de cet été
  • mon coup de coeur de juillet, L’art de la lecture, dont j’ai déjà parlé
  • les deux petits livres dont parle cet article
  • Les Guerres de religion (1559-1629) de Nicolas Le Roux, un pavé hyper érudit, parce que j’aime beaucoup cette période historique
  • Feuillets de cuivre, de Fabien Clavel, des enquêtes policières steampunk dans le Paris du 19e siècle
  • Et moi, je vis toujours : mon premier D’Ormesson, pas très convaincant au début, fabuleux quand on parvient à entrer dedans au bout de quelques pages et qu’on le laisse nous raconter l’histoire.

Voilà pour ces quelques lectures, puisque fin août, je n’avais pas fini le dernier livre de ma liste.

J’espère vous avoir donné envie d’en lire quelques-uns.

Bonne reprise à tous et rendez-vous fin septembre pour l’article #profdoc !

#Ludovia15 et #LudoDOC

Retrouvez ici le moment Twitter de la quinzième édition de Ludovia#15 !

 

 

Hors-série 2 : Paris en livres

Pour ce second hors-série de l’été, j’adopterai la même structure que pour « Paris au cinéma » : affiche et présentation sur Genially, comptes-rendus de lecture et petite sitographie (si ce que je trouve me convient).

Pour finir j’évoquerai l’une de mes lectures coup de coeur de l’été, où là encore, le livre a la part belle.

Productions

Comme je l’ai indiqué dans l’article précédent, dans le cadre d’une valorisation du fonds littérature (documentaires et oeuvres classiques) au CDI, j’ai proposé un mois de « découverte littéraire » consacré à Paris.

Pour chacun de ces mois, et chacune de ces « découvertes », je propose une affiche mettant en valeur une citation :

et une affiche renvoyant vers des oeuvres disponibles à la lecture via l’utilisation de QR-codes :

Sur la version en ligne dont j’ajoute le lien ici, les portraits des écrivains sont cliquables et renvoient vers leur biographie.

Une fois encore, je propose désormais une image interactive réalisée sur Genially, derrière laquelle vous trouverez quelques-unes de mes citations favorites sur Paris.

Je reprends en image le même plan, dont évidemment je modifie très légèrement les informations, et sur lequel j’ajoute mes textes de prédilections…

Lectures : quelques égarements…

Pour ce hors-série, je recherchais évidemment des ouvrages évoquant certes des écrivains, mais surtout des oeuvres littéraires.

J’ai toujours pris plaisir à voir un personnage déambuler dans les rues d’une ville, et c’est souvent mes livres préférés qui me restituent à merveille l’atmosphère d’une ville : le Londres de Drood, de Dan Simmons, le Barcelone de L’Ombre du vent, qui m’a définitivement convertie à l’univers de Zafón, plus récemment le Saint-Malo de Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d’Anthony Doerr.

Mes premiers tâtonnements pour trouver quelques promenades parisiennes n’ont pas été entièrement couronnés de succès. La faute n’en est cependant pas aux livres, mais vraiment à ce que j’en attendais.

Le petit guide de Parigramme

Ainsi le premier d’entre eux qui m’est tombée sous la main était : Paris des amateurs de littérature : 100 lieux pour lecteurs passionnés et auteurs en devenir, de Sophie Herber, publié en janvier 2018 aux éditions Parigramme.

C’est un petit guide très sympathique, pratique, accessible, et bien illustré, et dont voici le sommaire :

L’accent de ce petit livre est mis sur une pratique disons « active » de la littérature : rencontres d’auteurs, clubs de lecture, ateliers d’écriture, quelques musées, quelques librairies incontournables, avec un dernier chapitre plus spécifiquement consacré à des promenades littéraires, mais qui se concentrent sur des maisons d’écrivains.

Cela n’enlève rien aux qualités de cet ouvrage, mais ce n’est pas tout à fait ce que j’attendais… j’ai donc poursuivi mes recherches.

Paris vu d’ailleurs

Le deuxième livre sur lequel j’ai mis la main avait un titre prometteur, Paris : Escapades littéraires, publié chez Robert Laffont dans la collection Pavillons Poche en février 2018.

Cependant, lorsque je l’ai reçu, je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un recueil de textes d’écrivains étrangers – Henry James, Graham Greene, Dino Buzzati – évoquant Paris.

J’en ai donc remis la lecture, sans doute très agréable, à plus tard, l’ouvrage ne correspondant pas, une nouvelle fois, à mes attentes.

Le troisième est presque le bon

J’ai repris mes recherches, et je me suis tournée à nouveau du côté de Parigramme, qui est décidément une caverne d’Ali-Baba pour tout amoureux de Paris : il n’y a qu’à voir les références proposées dans le catalogue de cette maison d’édition !

Outre un Paris : 100 films de légende, qui m’avait échappé, on y trouve pêle-mêle des ouvrages historiques, des guides par arrondissements, des restaurants, des livres pour enfants, le Paris souterrain, les abris… C’est également chez Parigramme qu’est paru le Paris de François Truffaut dont j’ai fait le compte-rendu dans le premier hors-série.

Promenades littéraires dans Paris : 500 adresses habitées par les mots est l’oeuvre de Gilles Schlesser et a été publié en février 2017.

Les principales qualités de ce livre sont les suivantes :

  • compact, pratique, très complet,
  • découpant Paris en différents quartiers, avec pour chaque quartier un plan,
  • un nombre incroyable de demeures d’écrivains ou de lieux où ils ont leurs habitudes (cela va des cafés et des restaurants… aux cimetières parisiens),
  • quelques évocations de personnages (dont les auteurs ne sont jamais très loin)
  • une mise en page agréable, le livre étant illustré de photographies anciennes ou récentes, de portraits d’auteurs, et agrémenté de citations

Voici quelques pages en exemples :

Le seul petit bémol à mon goût (mais cela reste purement subjectif…) : beaucoup d’écrivains et trop peu de personnages, trop de Victor Hugo et pas assez de Gavroche, Javert, Marius ou Jean Valjean.

Néanmoins cela reste un ouvrage excellent et, ne serait-ce cette réserve, je me serais arrêtée là.

De l’égarement à la balade en passant par l’escapade et la promenade

Il se trouve qu’il ne faut jamais chercher très loin ce qu’on a sous les yeux. Le dernier livre, et celui qui correspondait parfaitement à mes recherches, était depuis de nombreuses années dans ma bibliothèque !

Il s’agit d’un ouvrage paru en 2004, co-édité par les éditions Nouveau monde et Terres d’écrivains : Balades littéraires dans Paris du 17e au 19e siècle.

Ce qui m’avait empêchée de m’y replonger à l’origine, c’était justement cette délimitation dans le temps : du 17e au 19e. Je savais que je n’y trouverai ni Proust, ni Aragon, ni Prévert…

Je l’ai donc négligemment laissé de côté. Jusqu’à ce que je constate que deux autres ouvrages complétaient cette collection :

Du 17e au 19e siècle

Le premier du lot est parfait : un traitement chronologique, une mise en perspective historique et littéraire, une biographie de chacun des auteurs présentés, de larges extraits littéraires, et des balades, mais de VRAIES  balades, avec une proposition de point de départ et d’arrivée, un temps de parcours, et des balades qui mêlent le parcours d’un auteur bien réel et les déambulations de ses personnages.

On y retrouve évidemment Hugo et Balzac, mais aussi Choderlos de Laclos, Rétif de la Bretonne, George Sand et Eugène Sue.

En fin d’ouvrage, les plans, qui constituent l’unique bémol de ce petit bijou. Déjà lorsque l’on m’a offert ce livre en 2004, je trouvais qu’ils manquaient de lisibilité, superposant les quartiers anciens aux nouvelles rues. Mon avis n’a pas changé là-dessus.

Mais pour ceux qui souhaitent un petit itinéraire dans Paris au côté de Victor Hugo et de Jean Valjean, ou de Balzac et de Rastignac, c’est l’ouvrage idéal.

De 1848 à l’affaire Dreyfus

Le 2e volume se concentre sur la période qui court de 1848 à 1906. On y retrouve quelques-uns des écrivains présents en fin du premier volume.

Cinq promenades nous sont proposées, à l’intérieur desquelles on retrouvera plusieurs itinéraires :

  • les barricades de 1848
  • les écrivains dans la tourmente de la Commune de Paris
  • un chapitre consacré davantage à la poésie, avec la figure prédominante de Verlaine
  • l’affaire Dreyfus
  • et la dernière, qui a ma préférence « Proust à Paris : promenades depuis une chambre »

J’ai commandé ce livre en guettant ce dernier chapitre proustien, qui m’a vraiment comblée, et qui a su estomper quelques petites déceptions : un Maupassant bien absent (mais plus normand que parisien, il faut dire), un Baudelaire vite esquissé, et des plans qui, bien que plus lisibles, sont toujours peu pratiques… Enfin ce deuxième volume fait moins la part belle que le premier aux extraits d’oeuvres.

1900-1945

Dans ce troisième et dernier volume, on voyage, moins à la poursuite des oeuvres qu’à celles des écrivains.

Quatre promenades, cette fois-ci, foisonnantes de biographies d’écrivains ayant un jour élu domicile à Paris :

  • Montmartre
  • un Paris « surréaliste de la lost Generation » (et où l’on retrouve davantage de Lost generation que de surréalistes)
  • Trois André (Breton, Gide et Malraux) et un congrès
  • Des écrivains très occupés

La partie la mieux réussie selon moi est celle consacrée à l’Occupation, d’autant qu’on y trouve trois itinéraires sur les « romans du Paris occupé ».

Comme pour les deux ouvrages précédents, c’est ce type d’informations que j’ai apprécié le plus, même en n’ayant pas lu certains des romans qui m’étaient présentés.

Ces trois petits livres, malgré leur date de parution (2004-2005) offrent un véritable tour d’horizon parisien, historique et littéraire, du 17e siècle à 1945, et viennent admirablement compléter les autres ouvrages de cet article.

Petite sitographie

La lecture coup de coeur de l’été

Comme promis, voici l’un de mes coups de coeur de cet été (je garde les autres pour les articles de la rentrée sur Cinéphiledoc).

En vadrouillant dans la sublime librairie Labbé de Blois, je suis tombée dans le rayon des arts sur une véritable merveille :

Il s’agit de L’Art de la lecture : Livres et lecteurs dans l’art de Pompéi à nos jours, de David Trigg, publié en juin 2018 aux éditions Phaidon.

L’ouvrage recense une très belle collection d’oeuvres d’art, toutes périodes confondues, et où le livre apparaît. Enfants ou écrivains au travail, bibliothèques, lecteurs et lectrices, peintures, sculptures, installations d’art contemporain : tout témoigne de la relation des hommes aux livres (ou au Livre), relation tentant épanouie, tantôt influencée par l’histoire.

La préface est érudite et construit la progression du livre, des saints et des scribes aux livres brûlés. Sur chaque double page, les rapprochements entre deux oeuvres sont savamment orchestrés, avec généralement seulement le titre et le nom de l’artiste. Quelques oeuvres font l’objet d’une description plus approfondie, demandant au lecteur davantage d’explications.

Le tout est un trésor, à mettre dans toutes les mains des amoureux des livres. Et c’est sur ce trésor que je vous laisse, vous souhaitant une belle fin d’été.

À bientôt, sur Cinéphiledoc !

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