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L’IA dans mes pratiques professionnelles : état des lieux 2026, partie 2

La première partie de cette série d’articles proposait un retour d’expérience des différents scénarios pédagogiques que j’ai pu mettre en oeuvre en lien avec l’intelligence artificielle entre 2024 et 2026.

Cet article explorait trois aspects de la question de l’IA :

  • l’IA et les outils d’intelligence artificielle générative comme objet d’étude à travers leurs différentes applications, leurs avantages et inconvénients, amenant progressivement les élèves à un usage critique et à un argumenté
  • le fonctionnement des outils d’IAG, l’élaboration du prompt, l’analyse de la réponse fournie par l’outil tant dans son fond, dans sa forme que dans les sources utilisées

  • l’utilisation de l’intelligence artificielle comme aide à la conception de scénarios pédagogiques

Dans cette deuxième partie, je vais maintenant m’intéresser à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le cadre de l’axe 2 de la circulaire de missions des professeurs documentalistes.

Maîtresse d’oeuvre de l’organisation des ressources documentaires de l’établissement et de leur mise à disposition

Évidemment, les situations et les pratiques que je présente sont poreuses d’un article à l’autre, et certains aspects présentés en première partie auraient pu également l’être en deuxième partie, tout comme des expériences que je garde pour la troisième partie auraient tout autant trouvé leur place dans ce deuxième article.

Ce qui m’intéresse ici, c’est de quelle manière à nouveau l’IA constitue un objet d’étude et un assistant, en matière de veille informationnelle, de formation et d’auto-formation et de conception d’écrits professionnels.

Veiller sur l’IA / Veiller avec l’IA

Tant dans la valorisation de ressources et dans leur mise à disposition que dans ma veille, qu’elle soit pour mes propres pratiques professionnelles qu’à destination des membres de la communauté éducative de mon établissement, j’ai pu mettre en oeuvre depuis quelques années un certain nombre d’actions.

Il pouvait s’agir, par exemple d’axer la politique d’acquisition sur cette thématique et de valorisation les nouveautés reçues sur la question, à diverses occasions :

Il pouvait s’agir de mettre en avant cette thématique dans les formes successives qu’a pu prendre la diffusion de cette veille.

La rapide présentation ci-dessous revient sur quelques ressources que j’ai pu glaner dans ma veille et que j’ai présenté durant différents événements :

de la veille aux actions de formation et aux interventions sur l’ia

Cette présentation reprend succinctement ce que j’ai à coeur de présenter dans mes formations autour de la veille en documentation, comme j’ai pu le faire entre 2021 et 2025 à destination des étudiants du master MEEF de l’université Paul Valéry, mais également dans le cadre de la formation EAFC que j’anime au sein de l’académie de Versailles « Dynamiser sa veille et visibiliser son action ».

Afin de déculpabiliser les personnes assistant à ces formations et de dédramatiser la démarche de la veille, qui est souvent chronophage, je leur indique différentes stratégies :

  • surmonter le manque de temps en se concentrant sur les axes mis en avant par la circulaire de rentrée (cela vaut en particulier pour les étudiants qui sont dans une optique de préparation de concours)
  • choisir un outil et des ressources sur lesquels on n’ira pas à reculons ou en trainant des pieds
  • enfin je fais en sorte de donner différents exemples de communication de cette veille, que ce soit à destination des élèves comme de l’équipe éducative

Au fil des années, mes propres pratiques de veille ont ainsi évolué, et j’ai progressivement associé Perplexity aux outils que j’utilisais dernièrement (Linked In, Inoreader).

J’ai d’abord tâtonné avec des prompts relativement simples, pour donner des pistes de veille à mes étudiants, en les incitant à se mettre dans la peau d’un jury de concours :

Tu es membre du jury du capes externe de documentation. En fonction des sujets d’actualité en éducation, propose des sujets pour l’épreuve disciplinaire appliquée pour la session du concours 2026

ou pour suivre l’actualité en lien avec ma profession :

Quelles sont les derniers textes officiels en éducation aux médias et à l’information et quelle est la place du professeur documentaliste dans ces textes ?

Cependant, c’est la préparation de la formation en co-animation avec Cécile Paoli, « Développer des usages raisonnés de l’IA », les échanges que j’ai pu avoir avec elle, la richesse de son expertise (et un tutoriel vidéo qu’elle m’avait partagé sur la création d’espaces sur Perplexity) qui a participé à consolider mes pratiques, et je tiens ici à renouveler mes remerciements à Cécile !

Suite à nos échanges, j’ai ainsi pu créer deux espaces sur Perplexity que j’utilise à intervalles réguliers dans le cadre de ma veille et de sa communication, le premier étant dévolu à l’actualité éducative, le second se consacrant à l’actualité culturelle :

Afin de construire une veille culturelle à destination d’enseignants de lycée, peux-tu me proposer un recensement en 6 points et 5 lignes maximum de l’actualité culturelle, en te concentrant sur la région Ile de France et en indiquant notamment les événements à suivre, les expositions toujours en cours. Tu pourras si besoin évoquer des sorties cinéma ou des publications d’ouvrages.

C’est suite à l’une de ces discussions avec Cécile que j’en suis venue à réfléchir à un document permettant un repérage de la façon dont on peut utiliser et mobiliser l’intelligence artificielle dans les programmes scolaires et en éducation.

Repérage : Intelligence artificielle dans les programmes et en éducation

Le point d’ancrage évoqué dans mon document de synthèse « L’intelligence artificielle dans mes pratiques professionnelles » fait ainsi le lien entre une veille sur l’IA en éducation et l’IA telle qu’elle intervient dans les différents textes officiels.

Ce repérage propose également des pistes de progression, permettant d’impliquer autour du professeur documentaliste les différents acteurs de la communauté éducative pour construire une culture de l’IA.

J’avais présenté ce document au mois de mars dernier, j’en redonne ici les différents éléments ainsi que le lien direct.

Ma présentation propose trois onglets :

  • des éléments de cadrages, des outils à mobiliser et des pistes de progression pédagogiques générées par IA
  • un premier repérage pour le cycle 3 et le cycle 4, avec les projets de programme EMI et quelques-uns des nouveaux programmes déjà publiés à ce jour
  • un second repérage pour le lycée en voie générale, technologique et professionnelle

Les recherches dans les différents programmes m’ont permis de mettre en avant les références à l’IA, et j’ai poursuivi ce travail de recherche lorsque de nouveaux programmes (notamment en français et en mathématiques cycle 4) ont été publiés.

Pour les pistes de progression, la construction d’une culture IA et la place du professeur documentaliste, je me suis à nouveau appuyée sur Perplexity.

Sur deux des pages, on retrouve une infographie synthétique consacrée à la question de l’intelligence artificielle en éducation, réalisée avec l’outil Notebook LM, je la reproduis ci-dessous, puisqu’elle me permet de faire le lien avec la dernière partie de cet article :

usage de l’ia dans la construction de documents professionnels

Toujours dans le cadre de la formation en co-animation avec Cécile, nous avons toutes les deux exploré différentes pistes sur l’intégration de l’IA dans les gestes professionnels du professeur documentaliste.

Cécile s’est intéressée en particulier à la politique d’acquisition, avec des éléments de réflexion qu’elle a présentés durant la formation. Ses apports ont nourri ma réflexion et viendront étayer la troisième partie de cette série d’articles.

De mon côté, c’est l’élaboration de la politique documentaire et la rédaction du bilan d’activités qui ont retenu mon attention.

Pour la première, j’ai proposé un retour d’expérience en m’appuyant sur l’utilisation comparée de Chat GPT et de Perplexity, à partir des documents anonymés suivants : bilan d’activités, projet d’établissement et rapport d’évaluation externe du lycée.

Tu es professeur documentaliste et tu veux amorcer une réflexion pour construire une politique documentaire pour le lycée, en t’appuyant sur les documents joints (bilan d’activités du CDI, rapport pédagogique annuel du lycée, rapport d’évaluation externe du lycée). Peux-tu proposer des enquêtes préliminaires à destination des usagers (enseignants, élèves, personnels) et des axes de réflexion possibles de cette politique documentaire ?

À partir des réponses apportées, j’ai reformulé ce premier prompt qui me paraissait sauter une étape essentielle :

En t’appuyant sur les trois documents déjà utilisés, peux-tu réaliser un état des lieux global et synthétique des publics, des caractéristiques de l’établissement, des ressources et des actions menées, et qui sera un préalable au projet de politique documentaire ?

C’est sur la base de ces deux requêtes successives que j’ai pu ensuite proposer une réflexion préalable ainsi qu’un sondage à destination des élèves de terminale qui a été diffusé au mois de décembre sur Pronote.

Ces premiers éléments m’ont permis de présenter un retour d’expérience durant la formation, sur ce que permettent ces outils d’intelligence artificielle générative et sur ce qui reste l’apanage du professeur documentaliste.

À l’outil d’intelligence artificielle générative le travail de synthèse et l’aide à la mise en route de la réflexion, à l’humain l’analyse, l’actualisation des informations, la collaboration entre pairs, et la mise en forme de l’objet final.

Ainsi, lorsqu’il a fallu s’atteler à la rédaction du bilan d’activités, il y a certes différents éléments que j’aurais pu confier à un outil d’intelligence artificielle générative, tel que les indicateurs d’activités et les différents rapports issus de BCDI.

Cela viendra peut-être, mais j’ai préféré conserver pour l’heure ce travail d’analyse. En revanche, pour remplacer la présentation visuelle de ce bilan que je réalise depuis plusieurs années sur Genial.ly, j’ai choisi d’utiliser à nouveau Notebook LM.

J’ai consacré davantage de temps à la rédaction de ce bilan sur Canva, ajoutant des pages qui ne figuraient pas forcément dans les versions antérieures, et illustrant les différentes parties par les supports de communication proposés durant l’année, mais pour la page finale de ce bilan, je souhaitais réaliser une infographie.

La fonction qui permet de faire réaliser des infographies via Notebook LM est limitée à 3 infographies par jour, il ne faut donc pas se louper dans son prompt. J’ai utilisé un outil de génération de prompt, ce qui m’a permis d’obtenir d’abord l’infographie suivante :

Le résultat est… mignon on va dire, avec un côté grandiloquent (la roadmap de la réussite), mais j’aime bien cette première version. La deuxième était plus structurée mais plus terne, et la troisième, pleine de coquilles (on voit encore ici les faiblesses de l’outil).

J’avais épuisé mon quota d’infographies à réaliser, j’ai donc continué à m’entraîner sur l’outil de génération de prompt en attendant d’être satisfaite, et j’ai formulé le prompt suivant :

Crée une infographie professionnelle pour expliquer « Activités du CDI 2025-2026 ».

  • Audience cible: professionnels.
  • Structure: 4-5 points clés en bullets
  • Format: A4 (optimisé impression).

Style graphique: Gamified playful: badges, niveaux, jauges, mascotte colorée.

Palette couleurs : Couleurs vives sur fond blanc.

Niveau de détail: Riche en détails et graphismes.

Exigences visuelles:

  • Hiérarchie typographique claire (titres > sous-titres > corps)
  • Maximum 5 bullets par section
  • Texte lisible sur mobile
  • Icônes simples et cohérentes
  • Beaucoup d’espace négatif (aéré)

Génère une infographie qui peut être facilement utilisée pour [présentation/blog/réseaux sociaux] et qui reste mémorable et professionnelle.

Voici la réponse de l’outil et l’infographie générée :

C’est un concept très dynamique et engageant pour présenter un bilan ! J’ai lancé la création de cette infographie « Gamifiée » au format A4, qui transforme les activités du CDI en un véritable parcours de réussite.

Conformément à vos instructions, les noms des professeures documentalistes ont été exclus pour se concentrer uniquement sur les accomplissements du service. L’infographie s’articulera autour de niveaux et de badges de progression :

  • Niveau 1 : La Map (Espaces & Accueil) : Mise en avant des 67 places disponibles, des nouveaux rayons (Rainbowthèque, New Romance) et du coin DIY comme zones « débloquées » pour les élèves.
  • Niveau 2 : L’Inventaire (Ressources) : Visualisation de la richesse du fonds avec 20 787 documents et l’accès aux « items » numériques comme Brief.me ou Europresse.
  • Niveau 3 : Quêtes Culturelles & Événements : Utilisation de badges pour illustrer les animations mensuelles (Halloween, Patrimoine) et les activités sociales comme le Book Club ou les puzzles collaboratifs.
  • Niveau 4 : Arbre de Compétences (Pédagogie) : Une jauge de progression affichant les 122 heures de séances, avec un focus sur les compétences en EMI et la préparation au Grand Oral.
  • Niveau 5 : Score de Réputation (Communication) : Affichage des statistiques de visibilité avec 3 614 visites sur E-sidoc, 349 abonnés Instagram et les 57 actualités publiées sur l’ENT.

Le design intégrera la mascotte Chat Blabla dans un style coloré et ludique, tout en conservant une mise en page aérée et professionnelle. L’artefact sera disponible dans votre onglet Studio dans quelques instants.

Souhaitez-vous que je prépare également un court texte de présentation « storytelling » pour accompagner ce visuel lors d’une diffusion sur les réseaux sociaux ?

L’infographie « Gamifiée » pour le bilan 2025-2026 est maintenant en cours de création. Elle a été conçue comme un parcours de jeu vidéo pour rendre les données plus attractives tout en restant professionnelles.

Vous y trouverez les 5 niveaux de progression (Espaces, Fonds, Culture, Pédagogie, Communication) illustrés par des badges de réussite et des jauges, avec la présence de la mascotte Chat Blabla. Conformément à votre demande, l’ensemble est présenté de manière aérée sur un fond blanc avec des couleurs vives, sans mentionner de noms propres.

Néanmoins malgré le rendu visuel très satisfaisant, il restait des coquilles dans cette version (les IA ayant encore du mal avec le texte dans les images), j’ai soumis une question de suivi, pour tenter de les corriger.

La version finale est plus synthétique, avec moins de texte, mais au moins il n’y a plus de fautes dessus, mais elle était également plus enfantine. Je reviendrai dans les différentes versions que j’ai pu tester de ces infographies, ainsi que sur d’autres manières de présenter les choses dans l’article du mois de juin, et je donnerai aussi d’autres exemples de prompts.

J’ai préféré revenir à la première version (celles avec les coquilles) et j’ai utilisé l’outil de capture de texte de Canva pour les corriger, ce à quoi je suis finalement parvenue :

J’ai ensuite créé une nouvelle note, sur laquelle j’ai importé le bilan de l’an dernier et celui de cette année, pour faire une synthèse des principales évolutions et tendances sur deux ans.

Cette synthèse met en lumière les évolutions majeures et les tendances marquantes du CDI du lycée Albert Einstein entre les années scolaires 2024-2025 et 2025-2026.

L’évolution la plus notable réside dans la transformation du CDI en un véritable « espace vivant » et de détente, dépassant sa fonction traditionnelle de bibliothèque silencieuse. On observe une accélération des activités ludiques et créatives avec l’installation d’un coin « Do It Yourself » (DIY), la valorisation d’une ludothèque et le succès des puzzles collaboratifs.

Sur le plan documentaire, le fonds s’est adapté aux nouvelles pratiques de lecture des lycéens. L’année 2025-2026 a été marquée par la création d’une « Rainbowthèque » (fonds LGBTQIA+) et d’un rayon spécifique « New Romance », accompagnés d’actions de sensibilisation sur la « Dark Romance ». Le fonds reste dynamique avec un budget constant de 6 680 €, privilégiant les nouveautés en BD, mangas et fictions « Young Adult » pour favoriser l’appétence à la lecture.

En matière de pédagogie, bien que le volume horaire des séances soit passé de 195 heures en 2024-2025 à 122 heures en 2025-2026, les priorités restent inchangées : l’accueil des classes de Seconde (SNT, découverte du CDI) et l’accompagnement des Terminales pour le Grand Oral. L’EMI (Éducation aux Médias et à l’Information) et la culture numérique s’affirment comme des piliers, notamment à travers l’usage critique de l’intelligence artificielle.

La communication s’est largement modernisée et digitalisée. Le compte Instagram du CDI est devenu un vecteur essentiel pour toucher les élèves, avec 349 abonnés en 2026. Parallèlement, la liaison avec l’équipe éducative a été renforcée par la lettre de diffusion mensuelle « E-Instant CDI » sur l’ENT.

Enfin, le CDI affirme son rôle social et citoyen en s’engageant activement dans les parcours éducatifs, avec des actions fortes sur l’égalité filles-garçons, la lutte contre le harcèlement et le développement durable. Malgré une fréquentation toujours dominée par les Terminales, le défi reste de mieux intégrer les étudiants de BTS et de licence professionnelle.

Pour le coup, cette nouvelle requête a d’emblée répondu à mes attentes (hormis le point définissant la fonction traditionnelle du CDI comme « bibliothèque silencieuse), et m’a permis de repérer les principaux éléments lorsque je pourrais à nouveau en donner une forme visuelle :

Voici les éléments majeurs qui auraient figuré sur cette infographie, basés sur les sources :

  • Un Espace de Vie en Mutation : Le CDI n’est plus seulement une « bibliothèque silencieuse » mais devient un « espace vivant » avec l’ajout d’un coin DIY, d’un puzzle collaboratif et d’une ludothèque.
  • Modernisation du Fonds Documentaire : L’accent est mis sur l’inclusion et les nouvelles tendances avec la création de la Rainbowthèque et d’un rayon New Romance, tout en maintenant un budget constant (6 680 €) pour les mangas et BD.
  • Pédagogie et Numérique : Malgré une baisse du volume horaire global (de 195h à 122h), les priorités sont claires : l’accueil des 2ndes et la préparation du Grand Oral pour les Terminales, avec une attention particulière portée à l’usage critique de l’IA.
  • Communication Digitale Accrue : Le CDI renforce son lien avec les élèves via Instagram (349 abonnés) et avec les enseignants via la lettre mensuelle « E-Instant CDI » sur l’ENT.
  • Engagements Citoyens : Une implication forte dans les parcours éducatifs, notamment sur l’égalité filles-garçons, la lutte contre le harcèlement et le développement durable.

Le premier résultat en infographie était intéressant mais il restait des coquilles :

J’ai demandé une version corrigée :

Je reviendrai plus en détail sur ce bilan d’activités dans mon article #profdoc du mois de juin.

Ces différents tests et manipulations me permettent une transition vers le dernier article de cette série, qui sera consacré à la communication, à la valorisation du fonds et à l’ouverture culturelle.

Petite mise à jour de dernière minute

Suite à des échanges avec une collègue formatrice, Anne-Cécile Pasquier, sur l’utilisation de Notebook LM, et suite à quelques cogitations du moment, voici d’autres expérimentations qui peuvent compléter cet article :

  • la gestion des spécimens au CDI

C’est suite à la lecture de l’article d’Aveline Herbreteau sur BlOg-O-nOisettes que Notebook LM s’est imposé pour moi, pour avoir une synthèse éventuellement à communiquer aux enseignants sur la question des spécimens, en reprenant les éléments de l’article d’Aveline.

  • l’épreuve de leçon au CAPES externe de documentation

Suite à la sollicitation d’une candidate admissible, qui souhaitait des éléments de préparation, j’ai voulu rassembler mes souvenirs de l’épreuve de leçon (ma dernière expérience de jury à l’externe remontant à 2021). J’ai importé dans Notebook LM le rapport de jury de 2025, puis j’ai soumis le prompt suivant :

À partir de ce rapport de jury 2025, peux-tu me résumer les attendus de l’épreuve de leçon et faire ressortir les exemples de sujets pour cette épreuve, puis en générer une infographie synthétique ?

Voici l’infographie proposée :

Marilyn uncovered

Pour ce dernier article cinéphile avant l’été, je reprends une habitude que j’essaye d’entretenir certaines années, tantôt j’y parviens, tantôt c’est un peu plus compliqué en fonction du temps libre dont je dispose.

Cette habitude, c’est d’aborder l’été avec un article un peu plus léger, en revenant sur une sortie culturelle et cinéphile récente. À vrai dire, j’essaye de vous proposer cela une à deux fois par an, quand les expositions de la Cinémathèque française sont suffisamment source d’inspiration pour moi, et quand je parviens à les voir dans un délai raisonnable avant qu’elles se terminent.

Pour l’exposition Orson Welles, j’ai un peu raté le coche, puisque je suis allée la voir en décembre, mais j’ai mis deux mois à sortir l’article, et l’expo était, il me semble, déjà terminée, lorsque je l’ai finalement publié.

Même chose pour mes escapades cinéphiles de 2025, que j’ai présentée en septembre, quand la plupart des événements touchaient à leur terme.

C’est pourquoi j’étais particulièrement satisfaite de pouvoir me ménager un petit moment à la fin du mois de mai, cette année, pour aller admirer l’exposition consacrée à Marilyn Monroe pour son centième anniversaire.

Découverte, mise à nu, réhabilitation ?

D’une exposition consacrée à Marilyn Monroe, on s’attend à un certain nombre de chose, et de Marilyn Monroe, on a un certaine nombre d’images qui nous viennent, plus ou moins justes, plus ou moins flatteuses.

J’en avais déjà donné quelques-unes pour les soixante ans de sa disparition, lors desquels j’avais glané impressions de lecture, rediffusions, hommages, reportages, adaptation sur Netflix du roman Blonde de Joyce Carol Oates – je n’ai d’ailleurs jamais réussi à aller au bout de cette adaptation, alors que j’avais vraiment adoré le roman.

Est-ce mes autres lectures récentes, est-ce mes influences et mon regard qui a pu évoluer, mais les évocations qui me sont venues durant mes déambulations dans l’exposition sont celles de Tony Curtis sur le tournage de Certains l’aiment chaud (« embrasser Marilyn c’est comme embrasser Hitler ») ou celles d’Hitchcock affirmant que Marilyn avait le sexe affiché sur la figure, et lui préférant une Ingrid Bergman, une Grace Kelly, ou une Kim Novak et une Tippi Hedren qu’il s’amusait à modeler selon son idéal.

C’était ces représentations masculines que j’avais moi-même intégrées au point de préférer (ou de penser préférer ?) à Marilyn justement Grace Kelly ou Audrey Hepburn, comme s’il suffisait de comparer… alors que l’un des premiers livres qui figure depuis des années dans ma bibliothèque sont les Fragments de Marilyn publiés en 2010.

À l’entrée de l’exposition de la Cinémathèque, on voit bien quelles images je pouvais avoir en tête, la robe se soulevant au-dessus de la bouche de métro dans Sept ans de réflexion, Marilyn chantant Happy Birthday à JFK, quelques extraits allant de Certains l’aiment chaud à Comment épouser un millionnaire ? et rien ne me disposait, si ce n’est mes lectures récentes, ne me disposait à en attendre autre chose…

Le contrepied

Lorsqu’on entre dans cette exposition Marilyn Monroe, ce qui accueille le visiteur ce n’est pas l’image de Marilyn au dessus de la bouche de métro – et pourtant tout au long de cette exposition, elle est évidemment omniprésente sur les photos et dans les extraits vidéos.

Ce que l’on voit, c’est la photo des anonymes qui par centaines sont venus ce jour-là assister au tournage de cette scène. Ce que l’on voit en premier, ce n’est donc pas l’image de la star, figée pour l’éternité (allant jusqu’à être statufiée ainsi, si mes souvenirs sont bons, au musée Grévin ou chez Madame Tussaud), mais le regard des spectateurs.

Alors, si c’est à travers l’oeil des spectateurs que l’image de Marilyn s’est construite, cela va nous demander un effort supplémentaire d’aller au-delà de cette image, et c’est ce à quoi nous invite cette exposition, à élargir le prisme et à le démultiplier.

Vous attendiez la star glamour, figée dans la cire, sous l’image de la blonde idiote ou de la bombe sexuelle ? Vous découvrirez la comédienne dans la complexité de son jeu, celle qui a tenté de produire ses propres films.

Vous avez en tête les paroles de Candle in the wind ?

Loneliness was tough
The toughest role you ever played
Hollywood created a superstar
And pain was the price you paid
Even when you died
Oh the press still hounded you
All the papers had to say
Was that Marilyn was found in the nude

Et vous vous promenez au milieu des extraits vidéos de Kim Novak et de Jane Fonda évoquant comment les studios hollywoodiens modelaient les comédiennes, reconstruisant des sourcils et des mâchoires, ici pour accentuer le regard et là pour creuser les joues…

Mais à travers les extraits de films, vous redécouvrez aussi avec quelle intelligence Marilyn a incarné les différentes facettes de cette blonde qu’on voulait nous faire croire uniforme, univoque.

Marilyn Monroe, fragments

Bien-sûr, les photos que j’ai pu prendre de cette exposition correspondent aux souvenirs cinéphiles que j’en gardaient : l’affiche de Eve où d’ailleurs elle n’apparait pas, celle de How to marry a Millionnaire, la scène finale de Certains l’aiment chaud

Mais il y a aussi d’autres images, plus inattendues, plus complexes, qui ont arrêté mon regard :

Et en traversant l’exposition, je me suis aussi arrêtée sur cette archive de presse :

Dans cet article de 1953, elle y dénonçait les comportements toxiques des hommes dans les studios hollywoodiens.

Comme à mon habitude, en sortant de l’exposition, j’ai feuilleté le catalogue et j’ai parcouru les allées de la librairie de la Cinémathèque.

Les catalogues des précédentes expositions n’avaient pas forcément retenu mon attention, mais celui-ci m’a donné envie de prolonger la confrontation avec Marilyn, d’autant plus qu’il proposait lui aussi un portrait sous différents angles.

Le premier angle, celui donné par Florence Tissot, commissaire de l’exposition, plante aussitôt le décor « Célébrer la star, exposer l’actrice », et revient sur l’article « Wolves I have known » que j’ai mentionné plus haut.

Les différents spécialistes qui prennent ensuite la parole décortiquent le mythe, du costume à la coiffure en passant par le jeu de la star.

On y retrouve une analyse comparée avec Brigitte Bardot, la façon elle a été photographiée, de quelle manière elle a incarné la mode sans passer par les maisons de haute couture, l’image qu’a voulu en construire Arthur Miller (un énième loup parmi les loups…)

Ce qui m’a particulièrement intéressée dans ce catalogue, c’est l’article « Marilyn Monroe et le répertoire théâtral : variation sur la showgirl » de Marguerite Chabrol, qui revient sur les tentatives de l’actrice de complexifier le personnage qu’elle incarne à l’écran, j’y ai relevé la citation suivante :

toutes les blondes essaient de ressembler à Marilyn Monroe sauf Marilyn Monroe.

à l’opposé (ou peut-être pas tant que ça) de la phrase que l’on prête à Cary Grant :

« Tout le monde veut être Cary Grant. Même moi, je veux être Cary Grant »

Qui est Marilyn Monroe, l’exposition de la Cinémathèque ne nous l’apprendra pas, elle nous donnera peut-être de quoi enrichir notre regard et déconstruire nos stéréotypes bien ancrés, ce à quoi contribuera également ce catalogue.

À qui appartient Marilyn Monroe ? « Je n’appartiens qu’au public et au monde », dans un dernier article aux accents nostalgiques, Catherine Hulin revient sur la succession de Marilyn, sur ses objets dispersés et aux mains des collectionneurs privés, quand d’autres comédiennes ont pu prendre à temps des dispositions pour que tout ne soit pas disséminé aux quatre vents (c’est le cas d’Audrey Hepburn et de Jeanne Moreau).

Alors oui, on peut regretter cette dissémination, mais ne participe-t-elle pas, elle aussi à la fragmentation du mythe et à sa complexité.

Même décortiquée depuis plusieurs années dans un dictionnaire de A à Z…

… même passée à la moulinette des nombreux documentaires, des séries, des fictions, des romans, des reportages, des chansons (de Elton John à Madonna), des réappropriations (de Debbie Harry à Billie Eilish), c’est dans ces fragments épars, dans ces éclats de kaléidoscope diffractés que le spectateur collectera le mythe.

De mon côté, l’image que je garde avec beaucoup plus de tendresse et de bienveillance que j’avais pu en avoir, et qui me donne davantage envie d’en explorer les différents contours, c’est celle qui nous accueille lorsqu’on arrive à la Cinémathèque et qu’on s’installe à la cafétéria :

Le catalogue et l’exposition offrent cet impératif au spectateur : Décris-moi ta Marilyn, je te dirai qui tu es.

Quelle est donc ma Marilyn ? (ou quelles sont mes Marilyn ?)

Quelle est la vôtre ? (ou quelles sont les vôtres ?)

L’IA dans mes pratiques professionnelles : état des lieux 2026, partie 1

Comme je l’ai annoncé depuis quelques mois, voici un article hors-série en trois parties proposant un retour réflexif, fruit de différentes expérimentations et d’interventions auprès de publics variés (élèves, étudiants de master MEEF, professeurs documentalistes et CPE), sur l’intelligence artificielle.

J’en profiterai également pour faire une synthèse des séances pédagogiques proposées cette année autour de cette question.

Le précédent article assez conséquent que j’avais publié sur le sujet remonte à 2024, et il proposait un retour d’expérience sur ce qui constituait à l’époque les jalons de ma réflexion et de mes pratiques.

Évidemment, depuis, les outils ont évolué, des éléments de cadrage ont été publiés, et l’année a été aussi pour moi propice à approfondir certains aspects de la question – et si d’autres ont pu être négligés, je compte bien mettre à profit les mois qui viennent pour avancer dans ma réflexion.

Les documents qui illustrent cet article seront ici de différentes natures :

  1. pour les visuels illustrant les parties principales structurant cet article, il s’agit d’un document de synthèse (que vous pourrez également retrouver ici en version cliquable) et que j’ai partagé à mon chef d’établissement et à mon IPR dans le cadre de mon dernier rendez-vous de carrière ;
  2. je proposerai également les différents documents de mes séances pédagogiques, supports de cours et fiches élèves ;
  3. vous retrouverez également différentes captures d’écran me permettant d’étayer mon propos ;
  4. enfin, je partagerai des images et des infographies générées par IA.

Je structurerai mon propos par les trois axes de la circulaire de missions des professeurs documentalistes, afin de montrer de quelque manière, pour chacun de ces axes, j’ai pu recourir aux outils d’intelligence artificielle, dans quelle mesure ils ont amorcé ma réflexion, et à quels moments je m’en suis affranchie.

Pour chacun de ces axes, j’utilise un point d’ancrage qui a été à l’origine de ma démarche, et qui illustre comment cette démarche s’est construite et a évolué.

Enseignante et maîtresse d’oeuvre de l’acquisition de l’acquisition par tous les élèves d’une culture de l’information et des médias

Dans mes activités professionnelles ressortant de la formation des usagers, l’intelligence artificielle constitue à la fois un objet d’étude, un terrain d’expérimentation et un point de départ à la réflexion pédagogique.

Entre 2021 et 2024, j’avais eu la possibilité déjà d’aborder la question de l’intelligence artificielle dans le cadre d’un projet interdisciplinaire : en effet, il s’agissait de faire étudier à des élèves de terminale en enseignement scientifique les avantages et les inconvénients de l’intelligence artificielle dans différents domaines d’application : les transports, le secteur militaire, la médecine, la recherche d’images et d’information, la domotique.

L’observation de ces secteurs m’a permis ensuite de poser les bases de mon jeu sur l’intelligence artificielle, dont j’avais fait le compte-rendu en 2024 et qui me permet, encore aujourd’hui, d’aborder la question de l’intelligence artificielle avec des élèves de seconde en SNT, bien qu’une mise à jour de ce jeu soit désormais nécessaire.

L’intelligence artificielle constituait alors, en enseignement scientifique comme en SNT et en HGGSP, principalement un objet d’étude.

Progressivement, il m’a ensuite paru nécessaire de construire des scénarios pédagogiques mettant en oeuvre la manipulation d’outils et l’expérimentation directe par les élèves, cette expérimentation impliquant toujours trois aspects de la question :

  1. une réflexion sur le fonctionnement des outils et sur la formulation du prompt (définir un besoin de recherche)
  2. une analyse de la réponse et des sources utilisées (vérifier l’information)
  3. l’élaboration d’un avis argumenté corrélé à la thématique de la séquence pédagogique menée

Pour deux des trois scénarios que je vais à présent détailler ci-dessous, il s’agit de scénarios entièrement élaborés par mes soins.

Pour le troisième, l’outil d’intelligence artificielle générative que j’utilise le plus, à savoir Perplexity, m’a donné le point de départ du scénario pédagogique, dont j’ai ensuite conçu les différents supports. C’est ce scénario que je vais présenter dans un premier temps.

Premier scénario, septembre 2025 / EMC seconde : les droits de l’Homme en 2026

Chronologiquement, il s’agit de la première piste de travail que j’ai voulu mettre en oeuvre, à la demande d’une collègue d’italien ayant des heures d’EMC.

Son idée originelle était de travailler sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen en faisant en sorte que les élèves puissent se l’approprier. L’idée de les faire utiliser et analyser les outils d’intelligence artificielle générative dans le cadre de cette séquence m’est rapidement venue, mais je ne savais pas comment amener les élèves à le faire.

Voici le prompt que j’ai soumis à Perplexity :

Tu es professeur d’EMC et tu souhaites que les élèves de seconde s’approprient la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et en proposent une version actualisée, étayée d’exemples contemporains et issus de l’actualité en travaillant par groupe de deux sur un article de leur choix, et en ayant un usage critique des outils d’IAG. Peux-tu me proposer une séquence pédagogique, son déroulé et ses modalités d’organisation ?

En réponse à ce prompt, Perplexity m’a proposé un déroulé de 5 à 6 séances qui m’a servi de base de travail :

  1. Séance 1 : découverte et appropriation de la DDHC
  2. Séance 2 : choix et analyse d’un article
  3. Séance 3 : usage des outils IAG de façon critique
  4. Séance 4 : réécriture contemporaine et sélection d’exemples
  5. Séance 5 : présentation orale et débat argumenté
  6. Séance 6 (optionnelle) : production écrite ou créative

À partir de cette trame, j’ai conçu un déroulé où j’ai indiqué ce qui pouvait être fait en classe (séance 1, séance 4 éventuellement, séance 5) ou au CDI (séance 2 et 3), ce qui devait constituer l’apport de ma collègue d’EMC (séance 1) et ce qui serait mon apport personnel.

Je ne m’étais pas encore penchée sur le contenu réel des séances quand la collègue s’est rendue compte que pour des raisons d’incompatibilité d’emploi du temps, nous ne pourrions pas mener le projet à terme.

Qu’à cela ne tienne, j’ai proposé le projet à une autre collègue, avec laquelle cependant je ne pouvais commencer à co-animer les séances qu’à partir de janvier, cela allait me laisser du temps pour concevoir les supports de cours et les fiches élèves des séances 2 et 3, qui allait aussi me servir de base de travail pour les autres scénarios pédagogiques de l’année.

séance 2 : choix et analyse d’un article de la ddhc

Cette séance intervenait après la découverte et l’appropriation de la DDHC par les élèves, et s’ouvrait avec le choix, par chaque binôme ou trinôme de l’un des articles.

Avec la première classe, nous avons passé un peu plus de temps à analyser les articles choisis, ce qui amenait ensuite à un travail de recherche sur E-SIDOC et sur Europresse pour trouver des exemples contemporains permettant d’illustrer chacun des articles. La séance s’est donc faite en deux heures, ce qui a permis aux élèves de passer plus de temps à analyser la presse.

Avec la seconde classe, nous sommes passé un peu plus rapidement sur le travail d’analyse de l’article, pour nous concentrer davantage sur les exemples contemporains.

séance 3 : usage critique de l’iag

C’est au sein de cette séance que je reprends la trame mentionnée plus haut, que j’ai fait évoluer en fonction des niveaux et des disciplines impliquées :

  • un rappel du fonctionnement des outils (déjà utilisé dans des séances de SNT), de ce qu’est un prompt et de la manière dont on le construit, sous la forme d’un atelier guidé

C’est cet aspect là qui parle le plus aux élèves et qui les amène davantage à se questionner sur le fonctionnement des outils, principalement lorsqu’il s’agit de les amener à donner à l’outil un rôle et un ton spécifique.

En les guidant, ils ont ainsi pu explorer des réponses apportées au travers du ton pris par un influenceur, par un poème en alexandrins à la manière de Victor Hugo ou par un discours prononcé par Emmanuel Macron.

  • une analyse de la réponse donnée :

  • la construction d’un débat argumenté en lien avec la thématique de la séance ou la réalisation d’une production

Pour cette première expérimentation, et à la suite de cette séance, nous avons choisi avec la collègue de faire réaliser aux élèves des affiches comportant l’article originel et sa réécriture contemporaine avec des éléments d’illustration. À l’exception d’un demi-groupe, tous les binômes ont pu passer à l’oral et présenter leurs travaux.

Deuxième scénario, janvier 2026 / Enseignement scientifique Terminale « Chat GPT est-il un meilleur parieur sportif que vous ? »

Pour ce deuxième scénario, ma réflexion sur les outils d’IAG était déjà un peu plus avancée, et je répondais à la commande d’une collègue qui souhaitait travailler avec sa classe en enseignement scientifique en collaboration avec une collègue d’EPS.

Dans cette classe sont regroupés les élèves de la section sportive, et j’avais eu l’occasion de travailler en SNT précédemment avec cette collègue d’enseignement scientifique.

À l’origine, elle m’avait demandé à ce que les élèves aient une séance sur le jeu de l’IA, mais je lui ai opposé qu’une partie de la classe, si ce n’est la totalité, l’avait déjà fait en seconde.

Je lui ai donc proposé une séance maison reprenant la trame prompt / analyse / avis argumenté, en axant la réflexion sur le lien entre sport et IA.

Pendant que j’accueillais les élèves en demi-groupe, ma collègue les formait à l’utilisation d’un outil d’analyse vidéo, afin de décortiquer ensuite en deuxième séance en classe entière leurs enchaînements de step pour le bac EPS.

Cette analyse faite, ils devaient ensuite soumettre leur enchaînement à Chat GPT, pour que celui-ci l’évalue et leur donne des pistes d’amélioration.

J’ai ensuite revu la classe dans le cadre de la préparation au grand oral et je leur ai rappelé ces séances, pour les inciter à soumettre leurs sujets de grand oral à un outil d’IAG, leur permettant ainsi d’anticiper les questions du jury le jour J.

Troisième scénario, octobre 2025 – avril 2026 / SNT « IA et création artistique »

C’est la conception de ce troisième scénario qui m’a demandé le plus de temps et qui est le plus abouti. Il trouve lui aussi son origine dans un prompt sur Perplexity, mais qui était destiné à la base à imaginer des activités autour de l’édition 2025 de la Fête de la science :

Dans le cadre de la fête de la science 2025 sur la thématique « Intelligence(s) », peux-tu me proposer des activités et des actions à mener dans un CDI de lycée à destination des élèves et des enseignants sur des temps hors cours ? Ces actions seront proposées par le professeur documentaliste, peux-tu en détailler les modalités de mise en œuvre ?

À partir de la réponse générée, j’ai proposé début octobre aux élèves les ateliers suivants :

Suite à ces quelques participations, j’ai eu envie de proposer une séance aux collègues de français, mais je n’ai eu aucune réponse à mon mail (contrairement à la collaboration avec les enseignants d’histoire-géo ou de sciences, la collaboration avec les enseignants de français n’est pas toujours aisée dans mon établissement).

Je voulais tout de même approfondir la question de la création artistique, et très vite, je me suis appuyée sur le fait que je travaillais en SNT avec la classe ayant l’option arts plastiques en seconde.

L’idée d’une séance « IA et création artistique » à présenter en rendez-vous de carrière a tout doucement fait son chemin, ce que j’ai également inclus dans la progression de mes séances avec cette classe :

  1. une première séance Internet et web (déjà présenté dans un article précédent) avec un rappel sur le fonctionnement des navigateurs et moteurs de recherche
  2. une deuxième séance se focalisant sur la différence entre moteur de recherche et modèle de langage
  3. une troisième séance consacrée au jeu sur l’intelligence artificielle à l’issue de laquelle je demandais aux élèves de déposer un petit travail préparatoire sur Pearltrees (3 livres / films / thématiques qu’ils avaient aimés)

Cette progression était rappelée dans ma grille de scénario pédagogique :

Grille de scénario pédagogique 2026-1

La séance « IA et création artistique » à proprement parler s’ouvrait donc sur un rappel du fonctionnement d’un modèle de langage, rappelait les avantages et les inconvénients des outils d’intelligence artificielle générative, puis amenait les élèves vers un atelier guidé, durant lequel ils devaient générer à partir des éléments donnés soit leur profil de lecteur, soit leur bibliothèque idéale, et donner leur avis sur la réponse générée.

Voici à titre d’exemples, le prompt que j’avais soumis à Perplexity afin de réaliser mon propre profil de lectrice :

À l’aide de mes 3 livres préférés (« La Trilogie de Wielstadt » de Pierre Pevel, « Blitz » de Connie Willis et « L’Ombre du vent » de Carlos Ruiz Zafon) et en t’appuyant sur des sites présentant ces livres, réalise mon portrait de lectrice. À partir de ce portrait tu me donneras ensuite une devise de lecteur ainsi que les éléments principaux d’un blason pour en réaliser une forme visuelle, enfin tu me proposeras un prompt à donner à un générateur de blason pour le réaliser.

Jusqu’ici j’ai partagé quelques éléments issus de mon support de cours, voici également la fiche élève associée (je ramasse cette fiche élève systématiquement en fin d’heure, ce qui me permet d’avoir une trace écrite) :

La séance comportait enfin un travail de génération d’image à me rendre, et je fournissais aux élèves dans mon support des exemples de réalisation possible :

Les images générées sont principalement issues des tests préparatoires que j’ai pu faire pour mener cette séance, et voici l’un des blasons que j’ai générés à partir de la réponse donnée par Perplexity :

« Crée un blason héraldique réaliste et détaillé en style médiéval, sur un écu français pointu de fond azur (bleu nuit). Au centre, un dragon d’argent rampant protège un grand livre ouvert de sable aux pages jaunies. En chef, trois bombes stylisées d’or évoquant des explosions. Ajoute deux rapières croisées en bas et une bordure crénelée rouge autour de l’écu. Surmonte d’une couronne murale portant un livre et un parchemin. Éclairage dramatique avec ombres mystérieuses, haute résolution, composition symétrique. ».

J’ai ensuite fourni aux élèves une fiche avec un rappel des différentes consignes pour me rendre leur travail :

Cette dernière séance était la plus aboutie, pas seulement parce que je l’ai particulièrement soignée pour mon rendez-vous de carrière, mais parce qu’elle touchait aussi à certains de mes domaines de prédilection (la lecture, la création littéraire et artistique) et parce qu’il me tenait à coeur de suivre les élèves dans l’utilisation des outils d’intelligence artificielle générative.

En fonction des suggestions qui m’ont été faites à l’issue de cette séance et de mes propres observations, j’ai pu voir les avantages des outils dans la conception des scénarios pédagogiques :

  • une proposition de déroulé synthétique
  • des pistes de réalisation des supports de cours et des fiches élèves (principalement en terme de structure et des consignes à donner)

Mais évidemment ces pistes de réflexion sont à adapter en fonction du contexte auquel on est confronté (progression des élèves, temporalité, thématiques et disciplines impliquées) et si l’outil peut donner le point de départ, l’enseignant reste celui qui conçoit et met en oeuvre le scénario en l’adaptant à ses objectifs pédagogiques.

Voilà pour la première partie de cet état des lieux, consacré à l’axe 1 de notre circulaire de missions, je reviendrai dans une seconde partie sur l’axe 2, puis dans une troisième partie sur l’axe 3 ainsi que sur mes perspectives de pratiques professionnelles.

Mai 2026 : séances et animations du CDI

Pour cet article du mois de mai, je présente les activités menées entre le 13 avril et le 22 mai, un mois de mai toujours un peu particulier, avec les jours fériés et les ponts, et avec un air prématuré de fin d’année. 

C’est le moment où les séances pédagogiques se raréfient, où les projets touchent à leur fin, et où je commence généralement à préparer la fin d’année et à anticiper sur l’année suivante, en essayant d’investir chaque moment de calme au CDI. 

Néanmoins, si la reprise a été très rythmée, avec une intervention sur le jeu en réunion de bassin et les grands oraux blancs organisés au lycée, mon rythme de travail a été quelque peu bouleversé, et m’a empêchée de me concentrer sur des activités que je m’étais fixées. 

Je reviendrai un peu plus tard sur l’intervention sur le jeu, je laisse de côté la participation aux grands oraux blancs (je suis chaque année sollicitée pour être jury candide, et cette année j’étais avec une collègue d’HGGSP pendant une demi-journée). 

J’avais anticipé avant les vacances et pendant la deuxième semaine des vacances de Pâques pour ne pas être débordée au retour des vacances, voici ce que j’ai pu préparé depuis la mi-avril pour le mois de mai : 

  • les animations et les activités à installer pour les deux premières semaines de mai ;
  • les sélections de nouveautés (BD, documentaires et fictions) mises en valeur au mois de mai ;
  • le désherbage des quotidiens (mai 2021 / mai 2025) et le bulletinage des numéros d’avril 2026 réalisé depuis chez moi pour ne pas avoir à faire que ça le lundi de la reprise ; 
  • la lettre de diffusion du mois de mai

Bien m’en a pris puisque le jour de la reprise, nous avons découvert au lycée que le pare-feu avait été changé pendant les vacances : nous n’avions donc plus accès à aucun site depuis le wifi du lycée et sur le réseau depuis les navigateurs Firefox et Chrome à l’exception de l’ENT et de la boîte mail académique. 

Nous avons pu avoir une solution de repli sur Edge, et durant la première semaine de mai, la plupart des accès ont été débloqués, mais à titre d’exemple, si je peux à nouveau avoir accès au google Agenda du CDI, je n’ai toujours pas accès à mon Drive, et à certains documents de travail. 

J’ai donc adapté certaines de mes activités, et je me suis concentrée sur des tâches que je comptais effectuer un peu plus tard dans l’année (réorganisation du fonds, désherbage), durant le mois de juin, quand d’autres activités (rédaction d’articles) ont été retardées. 

Avant de mettre en pause ce site pour l’été, il me reste donc quelques articles sur lesquels je dois plancher : 

  • cet article profdoc de mai que j’écris pendant le week-end de la Pentecôte ;
  • une série d’articles qui reviendra sur l’IA dans mes pratiques professionnelles, publiés les trois premiers lundis de juin ;
  • l’article ciné de juin ;
  • l’article profdoc de juin (ce dernier sera un peu plus succinct, puisque je me concentrerai davantage sur la série d’articles IA) ;
  • un autre article de retour d’expérience professionnelle que je garde pour le mois de septembre

Voilà pour ces éléments d’introduction qui me permettent également de me fixer un calendrier de travail pour les semaines et les mois à venir, et je reprends maintenant le cours normal de cet article. 

Comme pour l’article précédent, je reprends dans un premier temps les actions de communication pour montrer de quelles manières elles se répercutent sur les autres actions proposées. 

Communication

Aux élèves, enseignants et personnels

Afin d’avoir un aperçu global des actions, je reprends le tableau proposé l’an dernier, et je détaillerai ensuite chaque action proposée. 

Évidemment, au vu de l’actualité assez dense du début du mois, la communication s’est faite plus rare. 

Date Action Relai
16 avril Annonce Calendrier des sélections et actions thématiques (mai et juin) Portail E-SIDOC

Compte Instagram

29 avril Nouveautés fictions (Bookflix) et sélection poésie Actualités ENT

Compte Instagram

3 mai E-INSTANT Lettre de diffusion du CDI Actualités ENT
6 mai Zoom Actu CDI Actualités ENT

Compte Instagram

6 mai Sélection nouveautés documentaires

Sélection Tops et Flops

Compte Instagram
7 mai Planning du CDI Actualités ENT
8 mai – 22 mai Informations de fin d’année  Actualités ENT

Compte Instagram

11 mai-12 mai Activités ludiques, gestion du stress, puzzle collaboratif terminé Compte Instagram
13 mai Sélection “Résister, s’engager, vivre ensemble” Compte Instagram
13 mai Planning du CDI Actualités ENT
13 mai Prix académique en STMG Site internet lycée

Compte Instagram

17 mai Sélection “En mai, lis ce qu’il te plait”

Rappel Bookclubs / sieste contée

Actualités ENT

Compte Instagram

18 mai Carnet de bord culturel de l’été Actualités ENT

Portail E-SIDOC

Compte Instagram

21 mai Retour sur le forum de l’orientation et des métiers Site internet lycée

Compte Instagram

25 mai Planning du CDI Actualités ENT
26 mai Travaux réalisés par les élèves en EMC Compte Instagram

Je détaille ci-dessous les actions qui relèvent plus précisément de la communication et de la publication d’informations et de ressources. Les sélections thématiques, nouveautés et les actions relevant de la valorisation du fonds seront à retrouver dans la partie dédiée. 

  • Calendrier des animations mai – juin 

Pour cette dernière période, nous n’avons que 5 semaines de cours, et les activités et sélections proposées tiennent compte de cette temporalité relativement courte, avec des actions qui s’enchaînent et se répondent d’une semaine à l’autre, et la dernière qui est filée de la mi-mai jusqu’à la reprise de septembre. 

J’ai néanmoins mis à jour ce calendrier publié sur E-SIDOC et affiché sur la porte du CDI :

L’E-INSTANT était la lettre de diffusion à destination des enseignants et des personnels que j’avais eu tendance à délaisser l’an dernier. Elle se composait jusqu’à juin dernier de 5 pages : la page d’accueil, le focus, et les pages « éducation », « culture » et « numérique ».

Il garde à peu près la même structure : une rubrique “En ce moment au CDI”, un coin lecture, une veille culturelle, pédagogique et numérique. Voici le numéro proposé pour mai, que j’ai posté sur l’ENT pendant les vacances :  

  • Actualités du portail E-SIDOC

Ce mois-ci, j’ai choisi de mettre en Une l’actualité qui y restera a priori jusqu’au retour des vacances d’été, à savoir un carnet de bord culturel que j’ai réalisé sur Canva.

J’ai mis du temps à relancer cette proposition adressée aux enseignants, personnels et élèves. Il s’agit d’une revue de presse thématique s’appuyant sur les abonnements du CDI, les documents et les ressources numériques disponibles. 

J’ai proposé un nouveau numéro ce mois-ci sur le conflit en Iran et sur ses conséquences internationales.  

  • Informations de fin d’année

Ce visuel m’a permis de synthétiser et de communiquer sur toutes les actions prévues durant les 5 semaines de cours restantes, mais également sur l’arrêt des prêts :

  • Compte Instagram du CDI

Les actions postées directement sont principalement des photos mentionnées plus haut.

À la demande d’une collègue d’éco-gestion, j’ai également relayé dessus des événements ayant eu lieu dans l’année (forum des métiers, prix en STMG).

Sélections thématiques, nouveautés et valorisation du fonds

Événements recensés Animations proposées Date de début Date de fin Remplacé par
Sélection Booktok proposée par Lénaïg 18 octobre
Nouveautés documentaires / fictions / mangas 24 novembre – 22 mai
Journée internationale du droit des femmes / Printemps des poètes Sélection et affiches “Femmes en liberté” 9 mars 13 mai Sélection “Résister, s’engager, vivre ensemble”
23 – 27 mars Semaine de la presse Affiches et presse reçue + exposition et passeport 18 mars 20 mai Travaux d’élèves en EMC
Sélection Bol de nature 23 mars 4 mai Sélection “Briller à l’oral”
Concours photo et sélection photo 31 mars 6 mai Sélection “Tops et Flops”
May the fourth Sélection “Briller à l’oral” 4 mai
Sélection “Tops et Flops” 6 mai
Journée nationale de la résistance Sélection “Résister, s’engager, vivre ensemble” 13 mai
Travaux d’élèves en EMC 20-26 mai

Pour cette période, j’ai mis un peu plus de temps à installer mes sélections, qui étaient pourtant prêtes, mais j’ai laissé par exemple l’exposition Semaine de la presse puisque je devais accueillir un groupe en première HGGSP le 20 mai, et j’ai interverti certaines actions par rapport au calendrier prévu, pour pouvoir afficher certains travaux d’élèves.  

Pour chacune de ces sélections, je partage ci-dessous l’affiche de présentation et la photo de l’exposition une fois installée. 

Sélections thématiques et actions sur la période
  • Sélection “Briller à l’oral” / gestion du stress 

À l’origine, je voulais associer cette sélection à des mini ateliers d’aide à la préparation au grand oral, mais je n’ai pas pu prendre le temps de les organiser de manière poussée, puisque cela coïncidait avec les grands oraux blancs. 

Néanmoins, j’ai laissé cette sélection qui a été régulièrement consulté par les élèves, j’ai mené en parallèle des séances de préparation au grand oral avec une classe et un groupe de spécialité en SVT, et j’ai communiqué sur les actions proposées par la médiathèque pour la préparation du bac via des sondages sur Pronote. 

L’idée de proposer aussi des petits éléments ludiques pour la gestion du stress (toupies, Rubik’s cubes) m’a été donnée par certains de mes proches, et rencontre un vrai succès. 

  • Sélection “Tops & Flops” / mur d’expression 

Cette sélection m’a été inspirée par l’exposition “Flops” des arts et métiers à Paris, j’ai eu l’idée d’y associer un paperboard “Ma plus grande fierté, c’est…” dont les élèves ont mis un peu de temps à s’emparer, mais ils ont fini par s’y exprimer, et j’ai du coup décidé de laisser ce mur d’expression pour la dernière sélection de l’année consacrée au Mois des fiertés. 

  • Sélection “En mai, lis ce qu’il te plait” / bookclubs et sieste contée

Cette sélection a uniquement été postée sur le compte Instagram du CDI, elle me permettait de faire le lien avec les dernières actions de l’année, à savoir les deux sessions de bookclub qui ont eu lieu les 18 et 21 mai, et la dernière sieste contée, mettant à l’honneur Terry Pratchett, qui a eu lieu le 19 mai. 

Ces dernières actions m’ont mis du baume au cœur, puisque j’ai eu plus de participants que d’habitude, et notamment des élèves de terminale qui sont venus, justement parce que c’étaient les dernières sessions de ces activités, que j’espère reconduire l’an prochain. 

  • Sélection “Résister, s’engager, vivre ensemble”

Cette dernière sélection accompagne les travaux réalisés par les élèves durant les séances en EMC, comme le montre l’affiche ci-dessous. 

J’ai réalisé les visuels suivants pour entourer ces travaux, qui ont remplacé l’exposition consacrée à la semaine de la presse : 

Voici quelques-uns des travaux des élèves présentés au CDI : 

Nouveautés et valorisation du fonds

Outre ces sélections thématiques, je fais en sorte généralement de mettre en valeur les dernières nouveautés du CDI, ce que j’ai pu préparer pendant les vacances, comme je l’ai indiqué plus haut. 

  • Nouveautés documentaires

Cette sélection ne présente qu’une partie des nouveautés documentaires enregistrées, elle fait la part belle aux nouveautés consacrées à la nature, pour faire le lien avec la précédente sélection thématique “Bol de nature” présentée au mois de mars.

  • Nouveautés BD

Là encore, il s’agit d’une petite sélection, et je garde sous le coude certaines des dernières nouveautés reçues pour les mettre davantage à l’honneur au mois de septembre.

  • Nouveautés fictions

Pour le dernier Bookflix, j’ai proposé une sélection conjointe avec quelques documents reçus en poésie et en romans mettant à l’honneur l’écriture féminine. 

Gestion

Ce mois-ci, avec l’aide d’Anaël, j’ai pu avancer sur certaines tâches de gestion : 

  1. le catalogage de documentaires, bandes-dessinées, et fictions (commandes reçues en avril)
  2. la poursuite d’une réflexion sur la réorganisation du fonds mangas et le passage d’une dernière commande permettant de compléter certaines séries
  3. la suite de la rédaction du bilan d’activités
  4. la réorganisation du fonds fiction : j’ai mis en réserve des doublons présents dans le fonds en poésie, théâtre et romans et j’en ai profité pour désherber un bon nombre de romans, ce qui permet d’éclaircir les rayons et de mieux mettre en valeur les nouveautés – je compte poursuivre ce travail en juin avec d’autres rayons

Séances pédagogiques

Pour ce mois-ci, je recense rapidement les séances pédagogiques menées, et je vais détailler un peu plus les séances menées en collaboration en première HGGSP : 

Secondes Premières Terminales
Semaine 1 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) 1h Prépa grand oral (1 groupe, 1 classe)
Semaine 2 2h (EMC, 2 groupes, 1 classes) 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) /
Semaine 3 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe) 1h (EMC, 1 groupe, 1 classe)

2h (HGGSP, 1 groupe)

1h Prépa grand oral (1 groupe, 1 classe)
Total = 11h 4h 5h 2h

Je détaille ci-dessous les différentes séances menées. 

  • Projets en EMC et HGGSP

Différents projets se poursuivent en EMC. 

Concernant une des classes de seconde, les élèves ont rendu leurs différents travaux sur le développement durable et sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ce sont les travaux mentionnés plus haut que j’ai affichés au CDI et que nous avons évalués.

La classe de première qui travaillait le masculinisme a fini ses travaux, que nous devons pour certains encore récupérer. 

Enfin, une collègue m’a demandé d’organiser un atelier médias et presse sur deux heures avec son groupe de première HGGSP, et comme je n’ai pas eu beaucoup de temps pour préparer cette séance, j’ai repris et actualisé un livret déjà proposé en 2023 et je lui ai associé le passeport de l’info proposé dans le cadre de la semaine de la presse. 

Nous avons installé les élèves pendant une heure sur un atelier spécifique d’un livret, nous avons ensuite pendant une demi-heure fait mutualiser les élèves d’un même livret sur les autres ateliers, puis nous avons fait se croiser les deux livrets pour la dernière demi-heure. 

Pour la plupart, les élèves ont bien joué le jeu de la mutualisation et ont échangé sur les différentes informations qu’ils avaient recueillies. 

  • Retours d’expérience et pratiques professionnelles

Comme annoncé plus haut, je profiterai de la fin mai et de courant juin pour vous proposer des éléments promis depuis longtemps de retours d’expérience, mais ayant l’habitude de travailler sur mon Drive pour rédiger mes articles, et ayant pris la bonne résolution de ne pas forcément ramener trop de travail à la maison, je traine un peu sur la mise en forme de cette réflexion, vous l’aurez constaté ! 

Autres activités

Voici donc les autres activités professionnelles de la période.

Réunions, stages, déplacements
  • 5 mai : intervention auprès des professeurs documentalistes du bassin de Montgeron à Brunoy sur le jeu le matin et Grands oraux blancs dans mon lycée en HGGSP l’après-midi
  • 7 mai : formation de formateurs (réunion en visio) pour préparer le PRAF 2026-2027
  • 22 mai : préparation avec Cécile Paoli de la dernière partie de la formation IA à destination des professeurs documentalistes

Et comme je l’ai annoncé, voici un petit teasing des activités à venir : 

  • début et courant juin : publication d’un article faisant la synthèse de certaines de mes activités, rédaction du bilan d’activités, finalisation d’un escape game à destination des collègues du lycée dans le cadre des activités proposées par l’amicale
  • fin mai et courant juin : réflexion sur les séances de visites proposées aux élèves de seconde. 

Voilà pour ces activités du mois de mai, je m’arrête pour cet article et vous dis à très bientôt sur Cinephiledoc !

Secrets de tournage, épisode 2

Comme je l’avais annoncé dans l’article du mois d’avril, et comme son titre l’indique, cet article est le deuxième épisode d’une série consacrée aux coulisses de films.

Je reprends ici la structure de l’article précédent, avec deux lectures cinéphiles récentes :

  • l’une dressera un panorama de la question, abordant une multitude d’aspects et de situations (dans l’article du mois d’avril, Ça alors ! de Philippe Lombard / dans cet article, 500 secrets de tournage, publié en octobre 2025) ;
  • l’autre se focalisera en gros plan sur la figure d’un réalisateur, en revenant sur ses écrits ou sur les coulisses du tournage de ses films (dans l’article précédent, la correspondance de François Truffaut avec ses comparses réalisateurs, tour à tour mentors, complices et disciples / dans cet article, le second volume des Guerres de Lucas en bande-dessinée).

Je profite donc opportunément du calendrier, qui coïncide avec le Star Wars Day, pour plonger une nouvelle fois dans l’univers de Star Wars.

À la recherche des anecdotes perdues

Comme pour l’article d’avril, c’est une idée pré-établie, et qui ne s’est pas forcément vérifiée par la suite, qui m’a lancée dans la lecture d’un des derniers ouvrages de Philippe Lombard, même si celui-ci en a depuis quatre ? cinq ? six ? de plus à son actif.

Qu’à cela ne tienne, j’avais envie de proposer cette série « coulisses de tournage » en deux parties, et je partais, convaincue de trouver, pour le premier épisode, quantités de lettres échangées entre François Truffaut et Steven Spielberg, en amont, en aval, au départ et à l’arrivée du tournage Rencontres du troisième type.

Il fallait bien ça après que Spielberg, cet éternel enfant admirateur de Peter Pan, ait décidé de donner le rôle de Claude Lacombe, scientifique français amateur d’extraterrestres, après avoir vu François Truffaut jouer le docteur Itard dans L’Enfant sauvage. L’anecdote est rapportée, ainsi que la suite du tournage, par Philippe Lombard dans Ça alors ! 

Je me suis donc plongée dans la correspondance de Truffaut, persuadée d’y trouver maintes évocations du tournage de la part de l’un des deux principaux intéressés. Comme je l’indique dans l’article du mois d’avril, j’ai finalement fait quelque peu chou blanc.

J’ai retiré bien d’autres choses de ces deux lectures, mais pas ce que je venais y chercher de prime abord… les joies de la sérendipité se révélaient une nouvelle fois à moi, comme elles n’ont pas tardé à le faire de nouveau pour cet article de mai.

Dans ma lecture des 500 secrets de tournage, j’étais persuadée de glaner un bon lot d’anecdotes sur les différents films de la saga Star Wars, ce qui me permettrait d’amorcer (et d’annoncer) la deuxième partie de cet article, et de lui adjoindre son lot de références et d’associations d’idées, de dresser – comme je l’avais fait en 2024 – un petit panorama de lectures sur l’univers de George Lucas.

Mais…

D’une part, cette rétrospective ne se serait nourrie que de fort peu d’éléments nouveaux, autres que ceux déjà mentionnés dans cette rétrospective de 2024 : j’y mentionnais déjà mes chouchous qui le sont restés, les ouvrages des éditions Taschen et le Journal d’une princesse de Carrie Fisher.

D’autre part, dans ses 500 secrets de tournage, Philippe Lombard ne mentionne la saga Star Wars que 4 fois dans l’index de l’ouvrage, et sur ces quatre fois, on ne peut retenir qu’une seule anecdote évoquant directement la saga. En effet :

  • la première d’entre elles raconte un élément de la carrière de J.J. Abrams ;
  • la seconde rapporte les plagiats turcs de la saga (que l’on peut retrouver dans l’excellent Ça retourne, du même Philippe Lombard) ;
  • la troisième revient sur les différents acteurs ayant doublé Harrison Ford en français.

Seule la toute dernière rapporte une anecdote directement liée à l’univers Star Wars, et à l’un de ses personnages. Et en furetant ici et là, on en retrouve aussi quelques autres,  au détour d’une page.

C’est donc en y cherchant les éléments pouvant donner accès à l’envers du décor et pénétrer l’esprit de George Lucas – si tant est que la chose fut possible, ce dont Carrie Fisher a quant à elle toujours douté – que j’ai collecté les pépites qui ont jalonné ma lecture de 500 secrets de tournage, et je garde celle sur Star Wars pour la fin.

Les cailloux de Petite poucette cinéphile

Sur le chemin de la cinéphilie, il y a certes des répliques et des scènes, mais il y a aussi des rencontres (pas que du troisième type, celle-là), des baisers, des passions et des haines, des cascades et des bagarres, des gueuletons et des cuites, des « Moteur, ça tourne, partez » et des « coupés au montage ».

Afin de m’y retrouver, j’ai semé, comme j’en ai pris l’habitude depuis quelque temps dans mes lectures cinéphiles (mais aussi pour retrouver quelques phrases mémorables dans mes piles de lecture), des post-it de toutes les couleurs.

J’avais commencé à en parsemer la correspondance de Truffaut, pour retrouver tel ou tel échange, comme la fameuse réponse à Jean-Luc Godard (anecdote #225 : Godard VS Truffaut) ou la lettre de Michel Audiard de 1982, après la découverte tardive de Tirez sur le pianiste (anecdote #204 : François Truffaut VS Michel Audiard).

Les couleurs ne correspondent à rien, je les dispose au gré de mes envies et de mes souvenirs, et au fil des pages, retrouvant :

  • tout au début (anecdote #2) la scène culte de Drôle de drame, entre Michel Simon et Louis Jouvet (« je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit « Bizarre, bizarre »… – Moi j’ai dit « Bizarre » ? comme c’est bizarre »),
  • le recyclage d’un décor de La Folle de Chaillot aux studios Victorine de Nice pour le tournage de La Nuit américaine (anecdote #151), tiens d’ailleurs le même film qui a provoqué la rupture entre Godard et Truffaut (retour à l’anecdote #225)
  • Truffaut (encore lui) et Chabrol tombant dans une piscine en voulant interviewer Hitchcock (anecdote #130), faisant dire à Hitchcock plusieurs années plus tard « Je pense à vous à chaque fois que je vois des glaçons dans un verre de whisky »
  • le même Hitchcock sur le tournage de L’Étau (film d’espionnage sous-estimé de la filmographie de Hitch), qui engueule Piccoli et demande à Philippe Noiret « How was the paté ? » (scène de repas assez dingue et anecdote #90)
  • d’ailleurs si l’on veut poursuivre par une scène de repas, on peut compter sur les anecdotes concernant Lino Ventura (puisqu’il ne faudra compter que sur une seule scène de baiser avec Angie Dickinson), qu’il serve des pâtes en y mettant la quantité dans La Gifle, ou quand on sert à Jean Lefebvre un mélange de whisky, de cognac, de poire et de poivre pour le faire pleurer dans la scène de la cuisine des Tontons flingueurs (anecdote #79)
  • et c’est donc avec l’anecdote #480 que je termine (ou presque) cette petite promenade, et avec des larmes, celle d’un très jeune fan de Star Wars lors de sa rencontre avec Alec Guinness, lequel ne partageait absolument pas l’enthousiasme de son interlocuteur pour la saga…

Vous remarquerez que j’ai tenté, vaille que vaille, dans les morceaux choisis de ces secrets de tournage, de tisser un mince fil d’Ariane, sacrifiant au passage la cascade de Jeanne Moreau dans Jules et Jim (plouf, dans la Seine) et la baffe baguée de Bette Davis à Errol Flynn dans La Vie privée d’Elisabeth d’Angleterre.

Mais le propre d’une séance de rushes est bien de ne garder que certaines scènes.

L’une de ces scènes cultes est celle rapportée dans l’anecdote #111 « Nés sous X », classée secret défense et dans laquelle Carrie Fisher apprend par Mark Hamill durant le tournage du Retour du Jedi que Dark Vador est son père, ce qui provoque chez elle un fou rire.

En effet, propos de la principale intéressée : « c’est exactement comme si l’on m’avait dit : « Carrie, Eddie Fisher n’est pas votre père ! Votre père, c’est Hitler ! »

Secrets de tournage, épisode V

On assiste à une réaction quelque peu similaire dans le récit du tournage de L’Empire contre-attaque proposé par Laurent Hopman et Renaud Roche, à savoir la réaction d’Harrison Ford découvrant durant la projection de L’Empire contre-attaque la fameuse phrase « Luke, I am your father ».

Le premier volume des Guerres de Lucas, publié en 2024, revenait sur les jeunes années de George Lucas, sa venue au cinéma et le succès triomphal, quoiqu’enfanté dans la douleur, du premier épisode de la saga.

Oui, j’avoue qu’entre les différents numéros, chiffres romains ou chiffres arabes, on s’y perd un peu. Donc, dans cette deuxième partie de cet article, épisode 2 d’une série consacrée aux secrets de tournage, je vais évoquer désormais l’épisode 2 d’une série de bandes-dessinées consacré à l’épisode V (donc 2e volet de la trilogie) de la saga Star Wars. Suivent qui peuvent.

Après l’incroyable succès de Star Wars, ce deuxième tome s’ouvre sur le spectaculaire accident de voiture de Mark Hamill en janvier 1977, qui manque de compromettre la suite de l’aventure, ou tout du moins sa participation.

On y suit le calvaire de la production du film et les errances de créateurs de George Lucas, entre désir de lâcher-prise et volonté de contrôle, et parmi les nombreux déboires au compteur :

le budget du film qui enfle progressivement, un début de tournage calamiteux en Norvège par moins trente degrés, l’incendie des studios voisins occupés par Kubrick qui tourne Shining, obligeant l’équipe à se contenter d’un nombre restreint de plateaux, les jours de retard s’accumulant, le début de dépendance de Carrie Fisher à la drogue et à l’alcool qui malmène son jeu d’actrice…

Au détour des pages, on découvre les différents éléments qui viendront consolider le mythe : décors, effets spéciaux, véhicules de guerre, et l’apparition de Yoda, sur la genèse duquel les auteurs reviennent.

Si le premier volume donnait un aperçu de la psyché inaccessible de George Lucas (et donnait la part belle aux guerres intérieures du créateur pour accoucher de sa création), c’est sur ses combats contre financiers et collaborateurs que revient le deuxième opus, pour finalement offrir aux spectateurs ce qui est considéré encore aujourd’hui comme le chef d’oeuvre de cette saga.

Et si lorsque je découvrais le premier volume, j’avais en tête la partie de l’hommage de Carrie Fisher à George Lucas où elle s’exclame que tout le monde lui a caché que Star Wars serait un succès pour savoir à quoi ressemblerait son visage lorsqu’il change d’expression…

dans ce deuxième volume, j’avais plutôt en tête la partie, également présente dans cette superbe bande-dessinée, où Leïa devient même une bouteille de shampoing.

Il n’y a qu’un mot à dire pour clore cet article, vivement l’épisode 3 (et pour le coup, je parle de la bande-dessinée, même si cela pourrait tout à fait s’appliquer à autre chose) !

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