Promenade cinéphile d’automne

Avant de parler sur ce site (il faut que je m’habitue, même si l’en-tête reste toujours « blog ») de calendrier de l’avent, de stage, de formation à la recherche et de désinformation, voici une petite promenade parmi mes lectures cinéphiles de cet automne.

Cet article ne sera pas forcément très long, en effet je compte publier un dernier compte-rendu de lecture début décembre, consacré comme il se doit à Star Wars (puisque nous verrons une dernière fois sur grand écran une Carrie Fisher épargnée d’un double numérique…).

Collection BFI / Akileos : la suite

Durant une bonne partie du mois de novembre, j’ai poursuivi mes lectures de la collection du British Film Institute, traduite et publiée chez Akileos.

Après Rio Bravo, que j’avais adoré, et Retour vers le futur, qui m’a quelque peu laissée sur ma faim, je me suis plongée dans les deux livraisons suivantes (je garde celle consacrée à Star Wars pour mon mini compte-rendu de décembre, vous l’aurez compris…).

Ces deux livraisons étaient, dans le désordre (puisqu’elles sont numérotées 6 et 9 dans la collection) : Le Voyage de Chihiro, de Andrew Osmond et Blade Runner, de Scott Bukatman.

Les deux lectures, chacune à leur manière, m’ont emballée et m’ont plongée dans l’univers cinématographique de ces deux films, aussi différents soient-ils, à la perfection !

  • Le Voyage de Chihiro

Comme avant pu le faire plus succinctement l’ouvrage consacré aux studios Ghibli dont j’ai parlé plus tôt dans l’année, le petit livre d’Andrew Osmond revient sur la genèse du film, en s’attardant davantage sur les influences de Miyazaki.

Évidemment, cela n’enlève rien à la qualité du premier ouvrage, car il analysait chacun des films du studio, quand celui publié chez Akileos se concentre sur Chihiro.

Osmond alterne l’étude de certaines scènes du film (la fameuse scène dans le train), les influences de Miyazaki (dont Alice au pays des merveilles, Le Roi et l’oiseau…) la genèse du film, la production, les méthodes de travail du réalisateur et l’ambiance des studios, la réception du film enfin, une sorte de rêve éveillé quelque peu décousu, mais auquel le rêveur adhère tout même à chaque instant, en pleine connaissance de cause.

En effet, Osmond revient sur certaines incohérences du scénario, qui ont déconcerté les critiques à la sortie du film. Il n’en demeure pas moins que Chihiro reste un bijou, un morceau de rêve dans lequel j’ai eu envie de me replonger dès ma lecture achevée.

Ce n’est pas mon Miyazaki de prédilection. Je lui ai longtemps préféré Le Château ambulant, dont la copie en DVD a fini par souffrir à force d’être regardée, et dont j’adore les personnages secondaires : Navet et Calcifer. Et j’ai un faible pour Porco Rosso, que j’ai découvert à la sortie du dernier Miyazaki, Le Vent se lève.

Mais revenons-en à ce petit livre. Ce qui intéresse surtout Osmond, c’est le personnage de Chihiro à proprement parler, son évolution, d’une adolescente grincheuse et renfermée en aventurière.

L’évocation suit Chihiro pas à pas, et c’est aussi ce qui donne envie de revoir le film et son univers foisonnant, ses bains et ses chaufferies, ses repas gargantuesques, le vieux Kamaji et ses noiraudes, son sans-visage, les employés grenouilles, Bô, les trois têtes bondissantes, Yubaba et Haku…

Voilà pour cette première lecture.

  • Blade Runner

L’autre ouvrage publié en octobre / novembre par Akileos est Blade Runner, de Scott Bukatman.

Même plaisir à la lecture, même envie – pas encore réalisée cependant – de revoir le film (même si depuis, j’ai vu et apprécié la suite, Blade Runner 2049, réalisée par Denis Villeneuve.

L’analyse de Scott Bukatman m’a fait penser à un livre que j’ai eu l’occasion de découvrir il y a plusieurs années, et je me suis demandée d’ailleurs si l’auteur n’y avait pas participé…

Il s’agissait de La Ville au cinéma, une encyclopédie publiée par Les Cahiers du cinéma, sous la direction de Thierry Jousse et Thierry Paquot.

Pourquoi ai-je pensé cela, alors que finalement, ce n’était pas le cas ? Parce que Scott Bukatman accorde une grande place dans son analyse à la façon dont la ville est filmée dans Blade Runner.

Autre film, autre voyage… et dont les évocations entrainent le lecteur, au-delà d’une ville toute en contrastes, brumes, obscurités et lumières, vers d’autres lieux et d’autres lectures.

On y suit le tournage évidemment, on y retrouve Fritz Lang et son Metropolis comme l’une des sources d’inspiration, mais on s’attache aussi aux pas des réplicants, entre vie et illusion, à nouveau rêve et réalité, cinéma et vérité.

Pour ce mois de novembre, voici donc deux belles lectures et deux escapades dans des mondes mi-rêvés mi-cauchemardés.

Et si on parlait de Clouzot ?

Enfin ma dernière lecture de novembre n’en est pas une. Je ne l’ai même pas commencée. Il s’agirait presque de ce qu’on pourrait appeler une erreur de casting.

Cette fin d’année a été l’occasion de rendre hommage au cinéaste Henri-Georges Clouzot, disparu en 1977. Cela a donné lieu à des rétrospectives et des publications.

En tant que cinéaste, mais également par sa personnalité, Clouzot m’a toujours fascinée.

J’ai adoré les quelques films que j’ai pu voir de lui : Quai des orfèvres, Le Corbeau et surtout Les Diaboliques.

Je garde en mémoire cette anecdote d’une spectatrice parlant à Hitchcock, à peu près en ces termes :

« Depuis que j’ai vu Les Diaboliques, je ne peux plus prendre de bain. Maintenant que j’ai vu Psychose, je ne peux plus prendre de douche. Que me suggérez-vous ? »

Réponse sans appel d’Hitchcock : « Le nettoyage à sec. »

J’ai donc cherché parmi les publications récentes quelque chose qui me raconte à la fois la vie de Clouzot, et qui me donne un aperçu, avec une iconographie relativement riche, de sa filmographie.

Le livre que j’ai trouvé est certainement un excellent livre, Le Mystère Clouzot, publié par la Cinémathèque française. Mais les auteurs axent leur analyse de Clouzot autour d’un film que je n’ai pas vu, Le Mystère Picasso.

Je ne peux donc ni parler correctement du film, ni, à plus forte raison, parler correctement du livre.

Il faudra que je vois ce film ou que je trouve autre chose, sur Clouzot, à me mettre sous la dent.

En attendant, je vous souhaite un bon mois de décembre, je vous parlerai très prochainement de deux petits ouvrages très intéressants sur Star Wars, avant mon compte-rendu #profdoc de mes activités entre le 27 novembre et le 22 décembre.

À bientôt sur Cinephiledoc.com !

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Novembre 2017 : séances et animations du CDI

Passée l’effervescence des séances d’ESCAPE CDI, à retrouver dans les articles précédents, j’ai eu un mois de novembre relativement calme sur le plan des séances pédagogiques, avant une bonne reprise pour la dernière semaine de novembre et le mois de décembre.

Redirection !

La grande nouvelle de ce mois-ci n’est cependant pas un projet pédagogique ou une exposition, mais la transformation de Cinéphiledoc en site internet : vous retrouverez donc les articles désormais à l’adresse suivante :

https://cinephiledoc.com

Plus de publicités, et des pages qui chargent plus rapidement, malgré mon côté « je suis gourmande et je mets plein de choses ». Il y a quelques petites choses qui risquent de changer (apparence du site), d’autres que je ne maîtrise pas encore totalement, je compte sur votre indulgence !

Mais revenons-en aux activités !

Expositions

  • Une expo ciné à la hauteur de Cinéphiledoc

Ce mois-ci, j’avais décidé d’installer au CDI une grande exposition entièrement consacrée à différents aspects du cinéma. Comme d’habitude, j’ai voulu proposer des documentaires, des fictions, une offre numérique, et quelque chose de visuel et qui attire le regard des élèves.

Affiche :

Comme toujours, j’essaye de réaliser une affiche pour l’événement, et de la rendre la plus agréable à l’œil possible. Cette fois-ci, j’ai utilisé Canva, qui proposait un modèle très satisfaisant pour cette thématique.

Côté documentaires :

J’ai fait une sélection assez simple de ressources sur le cinéma, ce qui est facilité par le fait que c’est moi qui m’occupe du rayon « arts » au CDI.

Côté fictions :

En collaboration avec Sandrine Duquenne, j’ai fait une sélection des romans adaptés au cinéma, et je les ai mis à disposition des élèves, avec des marques-pages (toujours réalisés avec Canva). Sur les marques-pages les élèves pouvaient retrouver l’affiche du film et, en flashant le QR-code, accéder directement à la bande-annonce.

Marques-pages :

Les élèves étant particulièrement demandeurs, j’ai également fait une petite sélection de marques-pages avec des répliques cultes de films (la sélection allait d’Autant en emporte le vent à Star Wars en passant par Forrest Gump). Je rajoute ci-dessous les fichiers PDF de mes marques-pages.

Avec les bandes-annonces :

marques pages livres films 1

marques pages livres films 2

marques pages livres films 3

Avec les répliques de films :

Répliques de films

Exposition d’affiches sous forme de nuages de tags :

Enfin le clou du spectacle, c’était des affiches réalisées avec des photos de réalisateurs, d’acteurs, ou renvoyant à un genre de films ou à l’histoire du cinéma, et transformées en nuages de tags, puis plastifiées. Je voulais d’abord les accrocher au plafond, mais leur manque total de bonne volonté m’a poussé à les accrocher plutôt sur l’escalier de la mezzanine, ce qui me permet de le rendre beaucoup moins moche et de « customiser » un espace du CDI jusque-là délaissé.

Le fichier réalisé sur Genially, et dont les élèves ont le QR-code, permet de voir le travail de transformation, de l’image originelle au nuage de tags.

  • Mini-expo : Journée nationale de lutte contre le harcèlement

L’expo ciné occupant pas mal de place, j’ai fait juste une petite sélection consacrée à la journée nationale de lutte contre le harcèlement, qui avait lieu le 9 novembre 2017.

  • Mini-expo : 1917-2017, Cent ans de Révolution russe

Même chose pour cette exposition, il s’agit d’une petite sélection afin de faire un petit focus sur les ressources disponibles sur le sujet en histoire-géographie.

Séances

Comme je l’ai indiqué en début d’article, pas trop de nouveauté concernant des séances pédagogiques ce mois-ci…

  • TPE

J’ai produit deux ressources à destination des élèves et des enseignants, sur la bibliographie et la note de synthèse individuelle. Le contenu des présentations a été réalisé en concertation, je me suis contentée de mettre en forme ces documents, cette fois-ci via Piktochart.

  • EMC Première L

Avec mon collègue d’histoire, nous avons reconduit le partenariat de l’an dernier en EMC, avec comme l’an dernier deux séances introductives de débat sur la thématique : « Les médias sont-ils un risque pour la démocratie ? ».

Pour faire la synthèse de ces deux séances, j’ai utilisé Framindmap, ce qui me permettait d’avoir une restitution assez visuelle et dynamique, mais aussi de voir entre les deux demi-groupes les thématiques et les idées qui revenaient, et les divergences.

Ces deux séances ont servi d’amorce à une bonne séquence de 4h (au moins) sur la désinformation, que nous démarrons le 24 novembre et dont je parlerai donc dans l’article du mois de décembre.

Projet jeux (suite)

A la suite d’une déconvenue sur laquelle je ne reviendrai pas ici, j’ai dû faire remonter à mon chef d’établissement une fiche projet sur le futur espace jeux du CDI, fiche projet qui a été validée.

Pour celles et ceux qui en aurait l’utilité, et qui souhaiterait mettre en place une action équivalente, consultez le PDF ci-dessous :

Projet Jeux

Réunions et autres rencontres

Deux temps forts ce mois-ci, sur lesquels je vais revenir en quelques mots et en images…

Retour sur une journée à Educatice…

J’étais à Educatice le mercredi 15 novembre, voici les quelques « moments » de cette journée…

  1. en arrivant, j’ai suivi une petite présentation sur le stand du ministère sur le site Genrimages, qui étudie les représentations sexuées dans les images et les vidéos
  2. j’ai retrouvé @DmonirePitrolle
  3. j’ai fait enfin la connaissance en vrai de Sophie Gronfier (co-ESCAPE CDI) qui venait à Educatice pour participer au Hackathon.
  4. j’ai retrouvé mon référent numérique qui se rendait sur le stand de CANOPÉ
  5. j’ai assisté à la présentation des comptes Twitter Eduscol par Brigitte Pierrat, et deux présentations sur l’EMI par Richard Galin. J’ai revu Aude Thépault (rencontrée au mois d’avril) – cela m’a confirmé que l’on va dans ce genre d’événement autant pour découvrir des choses que pour revoir des gens sympas…
  6. après le déjeuner, j’ai assisté à la conférence du CLEMI sur les Fake News avec @infoprofdoc et @Flashtweet qui présentaient le projet du #FlashTweetEdu
  7. j’ai assisté à la présentation de Glose sur le stand du ministère
  8. j’ai rencontré Aurélie Julien et Éric Fourcaud sur le stand de Ludomag / Ludovia afin de leur demander s’il était possible de faire de #LudoDOC un événement associé à Ludovia et… c’est bon !

Voilà pour cette petite journée, j’ai aussi suivi par la suite ce qui s’est passé sur Twitter, les résultats du #HackEduc17…

Pendant ce temps là, dans l’académie de Dijon…

… Escape CDI était présenté en journée de formation, avec le support suivant !

Eurêkoi Remix

Le 20 novembre, j’ai participé au Centre Pompidou à Eurêkoi Remix. Eurêkoi est un service de questions / réponses proposé par la BPI : les bibliothécaires répondent aux questions des internautes en moins de 72h, et leur font des suggestions de lecture.

Le but de la réunion était de proposer des idées de nouveaux services sur Eurêkoi, à partir d’un brainstorming sur les attentes des usagers, avec trois groupes de 4 à 5 personnes.

Les trois idées ayant émergé ont été : la création d’un service de rencontres entre internautes à partir des centres d’intérêts, l’organisation de rencontres avec des passionnés via la géolocalisation, et la possibilité d’obtenir des réponses et des suggestions de lecture en fonction du temps dont on dispose et du degré d’implication que l’on souhaite avoir par rapport au service.

Ce fut une journée très enrichissante et qui m’a permis aussi d’approfondir mes connaissances en terme de design thinking.

Voilà pour les quelques activités que j’ai menées en tant que profdoc ce mois-ci, je publie cet article avant la fin du mois afin une nouvelle fois d’équilibrer les articles entre novembre et décembre et de faire alterner à nouveau un article profdoc et un article cinéphile.

L’outil d’Outils Tice

Ce mois-ci, pour des raisons sur lesquelles je reviendrai en décembre, l’article qui m’a intéressée était consacré à la création d’images enrichies :

https://outilstice.com/2017/11/5-outils-en-ligne-pour-creer-des-images-enrichies/

Je connaissais déjà Genially, et j’ai déjà réussi à faire des images enrichies avec (et je continue à en faire, ce que, une fois encore, vous pourrez voir au mois de décembre).

Par contre, l’article m’a donné l’occasion de tester Thinglink, que je connaissais de réputation, mais que je n’avais encore jamais essayé.

Un exemple donc, avec les fameux marques-pages de répliques de film :

https://www.thinglink.com/scene/989587936066404355

A très bientôt sur Cinéphiledoc !

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Mythes américains : westerns, Hollywood et Fifties

Mes deux lectures cinéphiles du mois d’octobre ont en commun d’être consacrées à deux films cultes américains et de représenter deux grands mythes américains : le western et l’Amérique des années cinquante.

Les films qu’elles évoquent, aussi différents qu’ils puissent être, rendent quant à eux hommage au cinéma hollywoodien, soit parce qu’ils ont été réalisés durant « l’âge d’or » d’Hollywood – et les premières images suffisent à nous embarquer dans cette période – soit parce qu’ils ne cessent d’y faire référence.

Western : entre désamour et coup de foudre

Ma première lecture n’était au départ pas très enthousiaste. L’ouvrage évoquait un genre qu’à la fois je maîtrise mal et pour lequel je n’ai pas une affection démesurée.

Par Bernard Gagnon — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6062220

À de rares exceptions près, je n’ai pas cherché à voir des westerns. Je n’ai pas vu La Chevauchée fantastique, je n’ai pas vu La Prisonnière du désert, je n’ai pas vu Le Train sifflera trois fois.

J’ai mis un temps certain avant de voir Le Bon, la brute et le truand, et Little Big Man. La seule exception notable pour moi, la seule incursion ancienne et durable dans l’univers du western, c’est Danse avec les loups, que j’adore.

C’est donc avec beaucoup de précaution et de scepticisme que j’ai commencé à lire l’ouvrage consacré à Rio Bravo par Robin Wood, et publié chez Akileos dans la collection BFI : Les Classiques du cinéma, en juillet 2017.

Vous me direz que j’ai mis quasiment 3 mois à dénicher cet ouvrage (ainsi que le deuxième de cet article) et à vous en parler. Mais une fois encore, ma veille en matière d’ouvrages sur le cinéma était quelque peu en pause, et je n’ai pas pu me ruer sur les nouveautés de cette collection, dont j’ai déjà parlé et dont je reparlerai plus bas.

J’ai donc commencé à lire…

Du livre au film, et Howard Hawks…

Deux éléments ont joué en la faveur de Rio Bravo : d’abord, l’écriture de Robin Wood. Ce petit livre d’une centaine de pages est incroyablement bien écrit. Même sans avoir vu le film, on a l’impression de le connaître et d’être plongé dans chacune des scènes que l’auteur nous décrit.

Robin Wood évoque son expérience personnelle de Rio Bravo, et replace ce film dans la filmographie d’Howard Hawks. Ayant vu Le Port de l’angoisse, auquel l’auteur compare régulièrement Rio Bravo, j’avais un élément familier auquel me raccrocher.

Voilà pour le premier élément.

Le second, c’est un collègue avec lequel j’ai parlé de ce petit livre, et à qui j’ai confié que non, je n’avais jamais vu Rio Bravo. Au terme d’une discussion où sont revenus Le Port de l’angoisse, les westerns, Hawks, les jambes de Angie Dickinson, Dean Martin et John Wayne, j’ai été convaincue de l’absolue nécessité (bon j’exagère, mais juste un petit peu) de voir Rio Bravo.

Et évidemment, je ne l’ai pas regretté. Non seulement le film m’a réconcilié avec le genre du western, mais j’ai été à la fois époustouflée par la prestation des acteurs, qu’il s’agisse des principaux et du duo John Wayne / Dean Martin, ou des seconds rôles (Angie Dickinson et Walter Brennan) mais j’ai été à nouveau emballée par l’histoire et embarquée par Hawks avec sa façon bien à lui de me faire aimer ses films.

Walter Brennan, c’est celui qui dans Le Port de l’angoisse, joue l’ami encombrant et jamais sobre de Bogart, ne cessant de demander autour de lui « Vous avez déjà marché sur une abeille morte ? ». John Wayne face à Angie Dickinson, c’est Bogart face à Bacall, qui lui dit que s’il veut quelque chose, tout ce qu’il a à faire c’est siffler…

Bref, grâce à Robin Wood, qui a su reconstituer parfaitement les scènes de Rio Bravo, et grâce à mon collègue, j’ai vu Rio Bravo, j’ai aimé Rio Bravo et j’ai eu du coup envie de revoir un western qui, depuis mon enfance, s’était logé au fin fond de ma mémoire.

Il s’agit de Bandolero !, un western sorti près de 10 ans après Rio Bravo, où, d’après mes souvenirs, James Stewart se déguisait en bourreau pour libérer ses camarades condamnés à être pendus. S’ensuivait une poursuite qui les conduisaient jusqu’au Mexique, en compagnie d’une femme qu’ils avaient kidnappé au passage.

Évidemment, les retrouvailles avec Bandolero ! ont rendu le film quelque peu plus consistant que les quelques lignes qui précèdent.

Et si parfois, après plusieurs années à idéaliser une oeuvre, on se rend compte qu’elle n’avait finalement rien d’extraordinaire, j’ai été rassurée de constater que pour moi, Bandolero ! gardait ce charme trépidant, même sans la virtuosité de Rio Bravo...

Retour vers le futur

La deuxième lecture de ce mois-ci, c’est un ouvrage d’Andrew Shail et Robin Stoate consacré au film Retour vers le futur et publié par Akileos également en juillet 2017, dans la même collection.

Retour de vers le futur fait partie des films que les gens de ma génération ont pu voir lorsqu’ils étaient soit enfants, soit adolescents, au même titre que Gremlins, les films de Spielberg, Forrest Gump, Terminator ou encore la saga Star Wars.

Ce sont des films que je n’ai pu voir que la vingtaine bien sonnée (vers 24-25 ans). À vingt ans, je connaissais mieux les films d’Hitchcock, de Truffaut et de Chaplin, et je n’avais jamais vu les films mentionnés ci-dessus.

Évidemment, j’ai pu par la suite rattraper mon retard, mais si je garde intacte l’émotion du premier Harry Potter au cinéma, je ne saurai jamais (ou seulement en discutant avec mes amis) ce qu’on peut ressentir quand on est ado et qu’on voit pour la première fois Retour vers le futur.

Malgré ce retard, j’ai pensé que l’ouvrage d’Andrew Shail et de Robin Stoate allait ressusciter en moi le charme conjugué des années 80 et des années 50, présentes toutes deux dans Retour vers le futur, et le comique, et la folie, et la fantaisie de Marty et de Doc.

Voilà sur quoi je suis tombée au lieu de ça :

« … la capacité qu’a Marty de perturber le temps désigne une curieuse accentuation post-moderne de l’expérience adolescente, qui nécessite une conscience encore plus appuyée du caractère changeant et non-euclidien d’un mode de vie occidental dépendant de la haute technologie »

Euh… what ? Accentuation quoi ? C’est quoi le caractère non-euclidien ? Vous pouvez répéter s’il vous plait, j’ai pas tout compris. Bref, voilà l’essentiel du problème de ce petit livre.

Ce dernier s’intéresse ensuite à la restitution des années 50 et à l’image qu’elle en véhicule. Une partie est aussi consacrée à la représentation de l’informatique (sans ordinateurs contrairement à d’autres films de la même époque tels que Wargames).

Il y a un très beau chapitre sur le temps, sur les voyages spatio-temporels au cinéma. Mais je n’ai pas trouvé l’explication du « caractère non-euclidien ». D’ailleurs, si quelqu’un peut m’expliquer…

S’il restitue bien l’ambiance, le contexte, les hommages du film aux années 50, le rythme frénétique du film, le tout est plombé au détour d’une phrase par cette bouillie jargonnante, qu’on ne retrouve absolument pas dans l’ouvrage de Robin Wood sur Rio Bravo.

Une petite collection qui promet

C’est la faiblesse (et pourtant la force) de cette petite collection de Akileos. Une collection, commencée l’an dernier avec Alien, Shining, Brazil, puis Le Parrain et Les Sept samouraïs.

Cette collection s’agrandit donc cette année de Retour vers le futur, Rio Bravo, Blade Runner (déjà sortis), Le voyage de Chihiro et Star Wars (encore à paraître, ou sur le point de l’être au moment où j’écris cet article).

À l’exception des deux premiers, sur Alien et Shining, oeuvres de Roger Luckhurst, chacun des ouvrages est écrit par un ou des auteurs différents.

C’est ce qui explique la diversité du style (et parfois même de la forme) de chacun d’entre eux. Un auteur pourra privilégier son expérience personnelle du film, analyser telle ou telle scène marquante, replacer le film dans son genre, un autre pourra privilégier une approche beaucoup plus distanciée, réflexive, se pencher sur des aspects sociologiques ou psychologiques…

Telle ou telle personne retiendra un volume en particulier, qui lui correspondra, un film culte parmi la petite dizaine que s’apprête à compter désormais cette collection. Certains préféreront l’analyse distanciée de Retour vers le futur, d’autres l’approche personnelle de Rio Bravo.

Il n’en demeure pas moins que, même si certains peuvent décevoir (et cela ne constitue pas pour autant de ma part une fin de non-recevoir), chaque élément de cette collection est une pépite.

Et j’en suis venue à les guetter comme on guette la prochaine saison de Narcos, de Stranger things ou de The Crown, car c’est aussi cette diversité qui me fait les apprécier.

Pour 11€ et quelques, j’y retrouve à chaque fois l’atmosphère d’un film, et j’ajoute à ma bibliothèque une filmographie idéale.

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Octobre 2017 : séances et animations du CDI

Faute de temps pour poursuivre mes lectures cinéphiles (qui sont en cours et devraient déboucher sur un article d’ici la fin du mois), je publie directement après septembre l’article #profdoc du mois d’octobre.

Escape CDI 2017 – suite (et fin ?)

Jusqu’à début octobre, j’ai poursuivi les séances de découverte du CDI auprès des élèves de seconde.

Le bilan de ces séances est très positif et l’expérimentation a donné lieu à une série de publications, que j’aurais pu ajouter à l’article de septembre, mais je préfère finalement les lister ci-dessous :

article sur le site académique des professeurs documentalistes de l’académie de Versailles : http://www.documentation.ac-versailles.fr/spip.php?article377

article sur le site académique des professeurs documentalistes de l’académie de Dijon : http://cdi.ac-dijon.fr/spip.php?article608#608

référencement de l’escape game sur le site de Christelle Quesne, un site dédié aux escape games pédagogiques : https://www.cquesne-escapegame.com/escape-cdi

référencement de l’escape game sur le site S’cape, dédié lui aussi aux escape games pédagogiques, avec deux articles : http://scape.enepe.fr/escape-cdi.html et  http://scape.enepe.fr/escape-cdi-en-ligne.html

Avec Sophie, nous souhaitons pouvoir valoriser ce projet, notamment à la prochaine édition de Ludovia, et je le présenterai aussi durant les stages que je vais co-animer cette année.

Une déclinaison de ce projet plutôt surprenante et agréable a d’ores et déjà été menée : en effet, après les élèves de seconde, j’ai eu l’idée durant un déjeuner en salle des profs, de le proposer à mes collègues enseignants. J’ai eu près d’une quinzaine d’inscrits et cela a permis notamment à de nouveaux collègues de découvrir le CDI dans une ambiance décontractée et amusante :

Autres séances : TPE

Comme je l’ai expliqué le mois dernier, j’ai en charge sur mon emploi du temps trois groupes de TPE : une première ES (histoire-géo et SES) et deux premières S (SVT/Histoire-géo et SVT/Physique-Chimie).

Pour cette dernière classe, le collègue de physique chimie m’avait demandé d’intervenir auprès des élèves sur la démarche heuristique.

Son binôme de SVT n’était quant à elle pas convaincue par le questionnement heuristique, j’ai donc décidé d’élargir mon propos et de proposer aux élèves un document leur permettant à la fois de questionner leur sujet, d’élaborer une problématique (notamment grâce à un schéma heuristique) mais aussi de vérifier si cette dernière tient la route.

J’ai donc produit le document suivant :

En voici le lien sur Piktochart : https://create.piktochart.com/output/25104947-formuler-sa-problematique-en-tpe

Bien qu’en termes d’accompagnement des élèves dans le cadre des TPE, je sois un peu plus sûre de moi que l’an dernier (où après 4 ans en collège, j’avais parfois un peu l’impression d’être à côté de la plaque), je suis toujours assez déconcertée par certaines problématiques, en particulier en S.

Ce document, inspiré d’une présentation proposé par des professeurs documentalistes de l’académie de Nancy-Metz, m’a donc permis de consolider ma réflexion en même temps que d’apporter un document support aux élèves.

Durant ce court mois d’octobre, encore raccourci par des réunions, j’ai aussi participé aux séances d’arts visuels, mais je ne vais pas m’étendre dessus, puisque pour ces dernières, je m’appuie exclusivement sur les documents proposés par ma collègue d’histoire-géographie.

Fête de la science #FDS2017

Évidemment, la principale exposition que j’ai installée ce mois-ci était pour la Fête de la science, puisque j’avais prévu autour de cet événement un dispositif assez conséquent.

Pour communiquer sur ce dispositif, j’ai produit l’affiche suivante :

Une fois l’exposition installée, j’ai ensuite beaucoup communiqué sur Twitter, mais je vais revenir sur les principales ressources proposées.

  • Tableau périodique cliquable

Le gros du travail de préparation de la Fête de la science a consisté à élaborer, en collaboration avec Sandrine Duquenne, professeure documentaliste au lycée Émilie de Breteuil de Montigny-Le-Bretonneux, un tableau périodique cliquable.

Nous avons utilisé Genially comme « habillage » et support, et après avoir choisi en image de fonds un tableau périodique des éléments, nous avons rendu chacun des éléments cliquables, et nous avons modifié la légende afin de rendre le tout cohérent.

J’ai désormais du mal à me souvenir des types des éléments d’origine, mais nous avons du coup transformé les « métaux alcalino-terreux » en « infographies » (ou autres), et chaque couleur correspond désormais à un type de ressources : sites de référence, comptes Twitter, chaînes Youtube, films, biographies…

Le tout ayant été rempli en quatre jours, un rythme de travail relativement effréné, qui nous a épuisées même si nous étions ravies du résultats !

  • Sélection de ressources et mise à disposition d’un jeu d’échecs

C’était mon petit plus et mon terrain d’expérimentation à l’occasion de cette Fête de la science : mettre un jeu d’échecs à disposition des élèves (accompagnés de quelques ouvrages sur les maths et les jeux et du Joueur d’échecs de Stefan Zweig).

J’ai donc utilisé un « mange debout » (enfin une table haute) sur lequel j’ai scotché une indication demandant aux élèves de jouer dans le calme et de remettre les pions en place à la fin d’une partie. À proximité, j’avais également imprimé les règles.

Cette expérience me permettait d’observer de quelle manière se comportent les élèves lorsqu’un jeu est mis à leur disposition (avec une justification pédagogique) et ouvrait pour moi la voie, dans le cas d’un succès, à la construction d’un espace jeux au CDI.

L’expérience a été des plus concluantes : non seulement, les élèves respectent les règles mises en place, mais ils sont ravis de l’initiative. Je reviendrai donc ultérieurement sur la concrétisation et l’installation de cet espace au CDI.

  • Réalisation de marques-pages

Inspirées par les initiatives de @cdicorbu (dont le bouillonnement d’idées donne envie d’aller s’installer à Strasbourg), nous avons décidé avec Sandrine, de proposer également dans le cadre de la Fête de la science, des marques-pages (je reviendrai plus bas et plus en détails sur l’outil utilisé et les pistes que nous avons explorées).

Pour la Fête de la science, nous nous sommes concentrées sur des citations de scientifiques. Voilà ce que cela donne, avec deux modèles un petit peu différents :

Voilà pour cette Fête de la science qui reste la grande manifestation que j’ai privilégié au mois d’octobre, au détriment de la semaine du goût ou d’Halloween, mais j’avais aussi fait la semaine du goût l’an dernier, et je garde Halloween pour une autre année…

Et puis lorsque j’ai une idée précise de ce que je veux faire, je préfère me concentrer sur un événement, plutôt que de m’éparpiller sur plusieurs, ce qui rend pour les élèves l’action d’autant plus marquante.

Néanmoins, je n’ai pas pu m’empêcher, le 9 octobre dernier, de préparer en quelques minutes une affiche qui n’était hélas pas prévue…

Hommage à Jean Rochefort

C’est aussi dans ces moments-là que la cinéphile rejoint la prof doc. Je me souviendrai sûrement un petit moment de ce lundi matin où, allant sur Twitter, j’ai appris le décès de Jean Rochefort.

Pour certaines de ces personnalités auxquelles on est attaché, il nous apparaît indispensable de communiquer aux élèves, de partager. Certes, même si cela me touche, je ne vais pas forcément faire une expo ou une affiche à chaque fois qu’un acteur ou une personnalité disparaît.

Mais pour moi (et pour beaucoup) Jean Rochefort était un tel passeur de culture, au théâtre, au cinéma, et plus récemment avec la participation aux Boloss des Belles Lettres, qu’il était inimaginable de rester silencieux.

J’ai donc réalisé (un peu dans l’urgence) cette affiche :

Voici le lien vers l’affiche en ligne :

https://create.piktochart.com/output/25121432-jean-rochefort

J’ai affiché cette présentation à l’entrée du CDI, et l’ai également mise à disposition dans le coin lecture et en tête du rayon Arts :

Je précise juste que le nombre 113 de l’affiche n’est pas totalement exact. Enfin, il est à la fois exact et inexact : il s’agit du nombre de films dans lesquels a joué Jean Rochefort, sans compter les téléfilms et séries télévisées, ce qui monte le chiffre à 150.

Réunions et formations

Ce mois-ci j’ai participé à trois réunions :

  • le 6 octobre, la réunion nationale des référents TraAM Documentation, qui travaillent cette année sur la thématique « Repenser l’espace existant du CDI pour répondre aux besoins des usagers »
  • le 10 octobre, la formation de formateurs en documentation pour l’académie de Versailles
  • le 17 octobre, la réunion des professeurs documentalistes de mon bassin

Voilà pour les activités du mois d’octobre, je suis en ce moment en train de préparer des petites choses bien sympathiques pour le mois de novembre (formation à la recherche des secondes, projets avec des collègues, expositions, préparation de stages…) mais avant de nous quitter, deux petits ajouts supplémentaires à cet article.

Lecture : L’Innovation pédagogique, André Tricot

D’abord un petit compte-rendu de lecture rapide et sans prétention, d’une publication récente : L’Innovation pédagogique : mythes et réalités, d’André Tricot, publié en septembre 2017 aux éditions Retz.

Il s’agit d’ailleurs davantage d’une mise en bouche que d’un réel compte-rendu de lecture.

En quelques 150 pages (et 9 chapitres), André Tricot revient sur les principales idées reçues en terme d’innovations pédagogiques et démêle le vrai du faux.

Il aborde ainsi, entre autres, le travail en groupe, la pédagogie de projet, la classe inversée, le numérique ou l’approche par compétences.

Il replace chaque « idée reçue » et chaque « innovation » dans son contexte historique (mettant en lumière que bien souvent, l’innovation est loin d’être une nouveauté), étudie les travaux scientifiques publiés, donne des exemples concrets, et propose une conclusion ainsi que des pistes pour chacune des actions.

En conclusion, André Tricot revient sur les différentes actions qu’il a explorées de manière synthétique et efficace, en insistant sur le fait que chaque situation est spécifique, et doit être conçue, réfléchie et adaptée à un contexte d’apprentissage précis.

L’ouvrage se lit facilement, et est vraiment un bon angle d’attaque pour l’enseignant qui souhaite évoluer ou réfléchir sur ses pratiques.

L’outil numérique du mois

À nouveau, petite entorse à la mouture de ma nouvelle rubrique. Je n’ai absolument pas eu le temps ce mois-ci de me plonger dans les nouveaux outils recensés par Outil Tice.

Revue a certes retenu mon attention, car il correspondait à un besoin que j’avais ressenti il y a quelques années : celui de proposer une lettre de diffusion directement cliquable dans le corps du mail, ce qui m’avait conduit pendant un certain temps à joindre mon Buzz de Mermoz ou mon E-INSTANT CDI en format images. J’ai depuis renoncé et je transmets uniquement le lien aux enseignants.

Ce mois-ci, évidemment, toute à la production de marques-pages, j’ai beaucoup utilisé Canva, ce qui m’a permis de me familiariser avec cet outil. Je n’ai pas exploré les autres pistes d’utilisation, en dehors de la fabrication de marques-pages, mais je dois dire que pour l’usage que j’en ai fait, l’outil m’a vraiment satisfait.

Le seul petit bémol que je lui trouve est que, lorsqu’on importe une image, cette dernière se place de manière assez aléatoire parmi les autres images récemment importées, ce qui peut être problématique pour une situation sur laquelle j’aurai l’occasion de revenir au mois d’octobre.

Pour le reste, l’outil est agréable, intuitif et les possibilités de partages et de téléchargement sont satisfaisantes.

Vous trouverez ci-dessous en format PDF quelques exemples de marques-pages réalisés soit seule, soit avec Sandrine Duquenne :

Vous aimerez vous aimerez

Marques pages savants

Sur ce, un dernier mot : je serai le 15 novembre à Educatice, pour ceux qui seront dans les parages.

D’ici là, bonnes vacances, et soyez #LudoDOC 😉

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Septembre 2017 : séances et animations du CDI

Ce premier mois de reprise a été placée pour moi sous le signe de la mutualisation : j’ai pu travailler durant la fin août et début septembre sur un certain nombre de projets avec des collègues et des amis, que je détaillerai plus ou moins ci-dessous.

Publication / Communication

Avant d’aborder la présentation de mes activités au CDI (séances pédagogiques, expositions, projets), je reviens sur une publication qui a été faite peu avant la rentrée, à la fin du mois d’août.

Il s’agit d’un entretien que j’ai eu avec Bérengère Stassin, maître de conférence à l’université de Lorraine, sur l’éducation aux médias et à l’information, et qu’elle a publié le 29 août. J’ai essayé d’être la plus exacte possible et de donner également un certain nombre de pistes concrètes, en renvoyant vers les travaux d’autres collègues :

https://eviolence.hypotheses.org/501

Encore une fois, merci à Bérengère pour cette publication !

Comptes Twitter en pagaille…

Depuis quelques temps, je m’occupe de quatre comptes Twitter, un dernier s’étant ajouté début septembre à ma liste. Ils se présentent comme suit :

  • un personnel / personnel, @JFiliol (Cinephiledoc), sur lequel je poste des tweets sur le cinéma, mes articles, mes projets et ce qui me tient le plus à cœur à titre personnel ;
  • un personnel / professionnel : @doc_ludo (LudoDOC), axé sur la valorisation de #profdoc et le partage de ressources numériques, en lien avec Ludovia et Ludomag ;
  • un professionnel / personnel : @cdieinstein91, le compte Twitter du lycée ;
  • un professionnel / professionnel  : @eduscol_DOC, dont je suis co-responsable.

Dans cet article je reviens rapidement sur deux d’entre eux : @doc_ludo et @cdieinstein91.

En ce qui concerne @doc_ludo et #LudoDOC, j’ai déjà présenté le projet dans un précédent article. @doc_ludo compte à ce jour un peu plus de 150 abonnés et prend doucement son rythme de croisière : je tente le plus possible de valoriser des profsdocs via des tweets natifs et de retweeter des ressources et des outils numériques.

Pour ce qui est du compte Twitter du lycée, je tente de faire des publications plus régulières, avec un produit d’appel : prévenir les élèves des fermetures du CDI, donner des informations culturelles et sur l’orientation, en programmant les tweets au fur et à mesure via Tweetdeck (ce qui allège le travail a posteriori). J’ai communiqué en début d’année via cette affiche :

J’espère dynamiser peu à peu ce compte, notamment en proposant directement son fil sur le portail E-sidoc du CDI.

En passant maintenant aux projets et aux séances pédagogiques de début d’année, je vais pouvoir parler d’une collaboration qui m’a particulièrement tenue à cœur.

Projets et séances pédagogiques

  • Escape CDI

Ce premier projet est un projet sur lequel j’ai commencé à travailler à la mi-juillet. Il s’agit d’un projet de découverte du CDI via un Escape Game, que j’ai co-construit avec une collègue de l’académie de Dijon, Sophie Gronfier, avec la participation de Sandrine Duquenne pour les aspects matériels, les tests et une learning app.

Comme ce projet fera l’objet de deux articles sur les sites académiques, l’un sur le site de Dijon, l’autre sur le site de Versailles, à la mi-octobre, je vais ici rentrer dans des détails plus spécifiques à mes séances et rajouter les liens vers les articles une fois qu’ils seront en ligne.

Je vais me contenter de lister les différentes étapes du projet et d’évoquer le déroulé de l’expérience :

  1. Fin juillet : de mon côté, début de réflexion via un Google Doc et veille sur les escape game pédagogiques. Amorce d’une trame d’énigmes à résoudre par équipes en utilisant des cotes Dewey (étape 1 à 4 de l’escape game).
  2. Fin août : avec Sophie, début de réalisation des énigmes sur Learning apps (étapes 5 et 6) + trame de la grille de scénario pédagogique (nous utilisons la grille de l’académie de Dijon).
  3. Réalisation à deux de l’escape game entièrement numérique sur Genially, inspiré par un escape game valorisé par le compte Twitter du CARDIE d’Orléans-Tours. Parallèlement, réalisation d’un Genially qui rassemble les énigmes de l’étape 5, pour que les élèves puissent les retrouver.
  4. Considérations matérielles avec Sandrine : boites ou trousses / cadenas avec des codes à trois chiffres / chokobons…
  5. Réalisation par Sophie d’une vidéo d’introduction (elle a également réalisé la vidéo en page d’accueil du Genially) qu’elle projettera en début de séance. Mon vidéoprojecteur étant éloigné de l’entrée du CDI, et ne disposant pas de tablettes, je décide pour mon Escape Game d’utiliser le matériel des élèves, de demander aux professeurs principaux de faire installer l’application Unitag sur les smartphones, et de réaliser des affiches avec la vidéo comme première étape.
  6. Le 14 septembre : tout est prêt pour l’accueil de la première classe.

Voici quelques photos de cette première séance :

Pour le déroulé des séances, voici un bref résumé :

  1. accueil des groupes à l’extérieur du CDI (présentation du lieu, rappel de quelques règles, horaires, équipes…) + annonce des consignes du jeu.
  2. entrée de la classe : installation + à nouveau quelques infos (prêt, organisation de l’espace).
  3. distribution des fiches par équipes, rappel des consignes + un point « utilisation des smartphones au CDI »
  4. les élèves lisent le premier QR-code sur la fiche (la vidéo permet alors de tester l’application et de résoudre les éventuels problèmes – connexions…) puis trouvent le premier code (une cote de livre).
  5. sur la quatrième de couverture du livre, ils trouvent le 2e code, et ainsi de suite jusqu’à l’étape 5 (on remplace la cote par un QR-code, renvoyant vers une énigme à résoudre). Une fois l’énigme résolue, les élèves doivent trouver un dernier code, caché dans le « rayon de leur équipe ». Ce code leur donne la combinaison de leur cadenas, qui libère les chokobons.
  6. fin de séance : pour ceux qui finissent en avance, accès à l’escape game entièrement numérique via un QR-code que j’ai distribué (à retrouver également sur E-sidoc).
  7. après-séance : vérifier que tous les livres ont été remis en place, préparer les trousses pour les prochaines séances.

Je reviendrai plus en détail sur ces séances dans l’article publié sur le site académique, et sur les différentes ressources, dont j’ajouterai les liens ci-dessous à la mi-octobre, une grande partie d’entre elles ayant déjà été tweetée.

  • TPE : 1ES2, 1S1 et 1S2

Je m’occupe cette année de trois classes de TPE. A la rentrée, j’ai adressé aux enseignants disciplinaires responsables de ces classes le mail suivant :

Bonjour chers collègues,
Un petit mail pour vous indiquer, qu’a priori, c’est sur mes horaires de présence que se dérouleront vos TPE. Afin de faciliter leur organisation, je vous propose de choisir tout à fait librement entre 3 types d’utilisation du CDI, et après concertation avec votre binôme, de me répondre ce que vous décidez.
1ère option : formule « indépendante »
« Tu es très gentille et le CDI est très beau, mais je pense qu’avec mon binôme et nos loulous, on va pouvoir se dépatouiller tout seuls dans une salle informatique. Par contre, si jamais tu avais un petit quelque chose pour leur rappeler comment faire une recherche et une bibliographie ce serait top, et si jamais je change d’avis ou si j’ai besoin exceptionnellement du CDI ou si le réseau du lycée tombe en rade et qu’il nous faut des livres et des articles, je t’envoie un petit mail pour te prévenir. »
2e option : formule « intermédiaire »
« Je ne vais pas avoir besoin du CDI tout le temps, mais ce serait chouette si en début de TPE, par exemple à partir de la semaine du 18 septembre, tu pouvais consacrer 4/5 séances à rappeler la base à nos loulous :
– utilisation du CDI dans le cadre des TPE
– démarche heuristique et problématique
– méthodes de travail et recherche
– citation des sources »
3e option : formule « accro au CDI »
« Nous on est des fous, on viendra toutes les semaines, soit l’un soit l’autre, sauf si tu n’es pas là, on veut bien des séances au début, comme dans la formule intermédiaire, et puis on adore les livres, les périodiques, le portail esidoc et si nous on aime, y’a pas de raison que nos loulous ils n’aiment pas aussi… bref, on se voit le … « 
Voilà, je vous laisse choisir entre les 3 formules, merci de me prévenir rapidement de ce que vous décidez pour que je puisse m’organiser !

Suite à ce mail, deux classes ont choisi la formule « accro au CDI » et une classe la formule « intermédiaire ».

Pour les trois classes, j’ai préparé depuis juin un Padlet « Boîte à outils des TPE » que je leur ai transmis :

Made with Padlet

Dans ce Padlet, j’ai mis les textes officiels, un rappel des thèmes, un certain nombre de documents sur la problématique (merci à Sandrine Duquenne pour son Genially sur la problématique), et des idées de production.

Mais aussi mes deux présentations, que j’ai enrichies et complétées depuis l’an dernier. La première fait un rappel sur l’utilisation d’esidoc et la recherche ainsi que la citation de sources :

La seconde propose quelques outils pour s’organiser durant les TPE et travailler en groupes :

Pour les équipes « accro au CDI », j’avais même commencé à travailler sur des carnets de bord en ligne, mais ils ont préféré garder le traditionnel carnet de bord papier.

  • Arts visuels

Cette année je suis impliquée dans une collaboration à l’année avec la classe d’Arts visuels. J’ai notamment élaboré mon emploi du temps autour de cette collaboration, qui me fait intervenir auprès des élèves 1h30 par semaine.

J’ai pour l’instant assisté à trois séances :

  • métiers du cinéma
  • écriture scénaristique
  • règles typographiques du scénario

Si pour l’instant mon rôle est surtout d’épauler ma collègue d’histoire-géo dans l’organisation des séances, j’aurai en fin d’année un rôle plus actif et sur lequel évidemment je reviendrai.

Expositions

J’ai organisé durant ce mois de septembre deux expositions au CDI :

  • l’une, assez minimaliste, sur les journées du patrimoine
  • l’autre, plus conséquente, sur la journée européenne des langues, en m’appuyant sur le fait que c’est moi qui suis responsable du fonds 400 (langues) et du fonds en version originale et bilingue, dont vous trouverez l’affiche ci-dessous.

Voici en photos les deux expos, ainsi que l’espace « Nouveautés » :

Communications et lectures

  • le retour de l’E-INSTANT CDI

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, je propose chaque semaine à l’équipe éducative du lycée une lettre de diffusion, qui donne quelques nouveautés sur e-sidoc, fait un focus sur l’actualité du CDI, et propose une veille en éducation, culture et numérique.

https://magic.piktochart.com/output/15886286-e-instant-cdi

Petite nouveauté qui la rend un peu plus agréable cette année, j’ai viré les adresses URL et je ne donne que le titre des ressources ainsi qu’un petit message explicatif sur le contenu. Le tout est cliquable évidemment pour la version en ligne.

J’ai également ajouté cette lettre de diffusion dans l’onglet « Équipe éducative » d’E-sidoc.

  • la rubrique « CDI connecté » sur E-sidoc

Autre nouveauté cette année, j’ai ajouté (après une longue négociation) une rubrique « CDI connecté » sur le portail E-sidoc du CDI, qui recense un certain nombre de ressources dont j’ai parlé plus haut (compte Twitter, escape game, sites internet, chaînes YouTube, etc.), le but étant de proposer aux élèves des ressources organisées et validées par des professeurs documentalistes.

http://0911346u.esidoc.fr/rubrique/view/id/97

L’outil d’Outils Tice

Ce mois-ci, je renvoie à la lecture d’un article, non pas d’Outils Tice, mais du site Les Outils collaboratifs.

En effet, depuis la fin du mois de juin, j’ai commencé à me pencher davantage sur l’organisation de mon calendrier et de mes activités, et si j’ai toujours eu la manie de faire des listes dans un carnet papier, j’ai commencé à sauter vraiment le pas, avec un outil que pourtant, j’avais déjà été amenée à utiliser.

Comme le rappelle Fidel Navamuel dans son article (https://outilscollaboratifs.com/2017/09/trello-la-gestion-visuelle-de-tous-vos-projets/), Trello est un outil déjà ancien. Il y a deux ou trois ans, je l’avais utilisé pour l’organisation d’un travail en équipe.

Ce qui m’a motivé à l’utiliser à nouveau c’est surtout cet article des professeurs documentalistes de Toulouse, mais aussi l’idée d’avoir un calendrier ou une liste thématique de tâches qui fonctionnent pour moi comme des penses-bêtes :

J’y met ce qui est à faire, ce qui est en cours (jaune), ce qui est fait (rouge), j’ajoute des liens vers ma veille ou vers les textes qui me tiennent à coeur. Il me manque une rubrique ? Je n’ai qu’à rajouter une carte avec une liste. J’ai fait quelque chose qui ne me resservira pas ? Je n’ai qu’à cliquer sur archiver. Je veux garder une trace d’une année sur l’autre de ce que j’ai à faire ? Je mets des étiquettes de couleur pour indiquer « fait », « à faire », « en cours », etc.

J’ai ajouté cet outil dans les suggestions pour les élèves de TPE d’outils pour le travail en groupe. Il fait partie des outils que j’ai revu le plus souvent par la suite en passant dans chaque groupe, devant Padlet, Framapad, etc, et les élèves se l’approprient très bien.

Vous voulez bazarder votre « to do list » papier ? Trello est fait pour vous !

Cet article du mois de septembre commence à être un petit peu long : je garde sous le coude lectures, expositions et autres réjouissances pour vous en reparler au mois d’octobre !

D’ici là, un bel automne à tous, et à bientôt !

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