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En compagnie de Sir Ridley

Pour alterner les évocations cinéphiles entre cinéma muet et parlant, entre Hollywood et films français, j’ai choisi pour ce nouvel article de convoquer un réalisateur qui fait partie de mes cinéastes contemporains préférés.

Le titre étant sans ambiguïtés aucunes, je veux évidemment parler de Ridley Scott. J’ai loin d’avoir une connaissance exhaustive et approfondie du cinéma de Ridley Scott, qui me donne souvent l’impression d’exceller dans tous les genres, mais c’est l’un des réalisateurs pour lesquels, lorsque j’entends parler d’une sortie à venir, mes antennes de cinéphiles se dressent.

Gage Skidmore, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons

L’ouvrage qui est à l’origine de cet article, et que je vous présenterai un peu plus bas, m’a permis de faire le point sur la filmographie de Sir Ridley, de retrouver des éléments plus que familiers, et de me dire aussi que j’avais encore quelques confusions à éclaircir et quelques belles découvertes à faire.

Filmographie

Dans le livre consacré à une rétrospective de Ridley Scott, la filmographie apparaît tout à la fin, juste avant les remerciements de l’auteur et les sources. Mais c’est la rubrique que j’ai consultée en premier, histoire de faire un petit point sur l’état de mes connaissances, qui peuvent se résumer ainsi, avec des catégories relativement mouvantes :

  1. les vus, vus, vus et revus : Gladiator, Kingdom of heaven (à un détail près), Robin des Bois, Seul sur Mars
  2. les piliers : Alien, Blade Runner (et les 4 films de la catégories précédente)
  3. les vus une ou deux fois et qu’il faudrait revoir : Les Duellistes, Exodus, The Last Duel (c’est bien historique tout ça)
  4. je l’ai vu une fois et cela me suffit… 1492: Christophe Colomb
  5. ceux qui sont sur ma pile « à voir » : Thelma & Louise, Hannibal, American gangster, House of Gucci
  6. et puis tous les autres…

Mon affection pour le cinéma de Ridley Scott est fluctuante, et ne lui est pas toujours acquise, mais une chose est sûre : il ne m’a jamais laissée indifférente.

Je m’arrange toujours pour aller voir ses films au cinéma – même si certains de ses univers me sont plus familiers que d’autres – mais immanquablement, je vais avoir des trous dans la raquette. À raison de 4 films par décennie, peut-on parler d’un réalisateur prolixe ou méticuleux ? Ou les deux à la fois ?

Maximus, Maximus, Maximus

Le premier souvenir, ce n’est ni Blade Runner, ni Alien.

C’est Gladiator en cours de latin en classe de troisième. Je ne suis pas sûre que l’enseignante avait payé les droits (tiens là c’est la prof doc qui parle) mais c’était encore sur VHS, c’est une certitude.

Gladiator a enraciné en moi un goût très prononcé pour les films historiques et pour Russell Crowe, et a fait se manifester dans mon cerveau une presque vérité : les films de Ridley Scott étaient forcément avec Russell Crowe. Jusqu’en 2010 et le refroidissement de leurs relations, j’avais presque bon…

Mais c’est aussi pour cette raison que, dans ma tête, pendant un petit moment, Master & Commander de Peter Weir et Noé de Darren Aronofsky, avaient été réalisés par Ridley Scott.

Russell Crowe a longtemps fait partie des acteurs (hollywoodiens) pour lesquels j’avais le plus d’admiration, et si je mets hollywoodiens entre parenthèses, c’est parce que je lui adjoins Leonardo di Caprio et les britanniques Gary Oldman et Alan Rickman.

Des acteurs caméléons, capables de prendre 20 kilos pour un rôle et de les perdre juste derrière pour un autre, capables de se métamorphoser, devenant tour à tour gladiateur de l’empire romain, génie des maths schizophrène ou encore capitaine de vaisseau engagé dans les guerres napoléoniennes.

J’ai vu Gladiator un nombre incalculable de fois, je suis capable de scander la musique de la scène de bataille, de réciter un bon nombre de répliques de mémoire, et ma vision de l’histoire romaine est très certainement influencée par la reconstitution que nous en offre Ridley Scott.

Il est donc naturel que les films de Ridley Scott vers lesquels je me tourne le plus naturellement sont ses films historiques : le deuxième de ses films que j’ai visionné à haute dose est Kingdom of Heaven (même si je me suis rendue compte, grâce à mes lectures, que je n’en avais jamais vu la version Director’s cut).

Viennent ensuite :

  • Robin des bois (que j’aime malgré tout ce qu’on peut en dire, et en dépit de la scène de bataille finale*),
  • Les Duellistes et The Last Duel qui forment dans ma tête une symétrie parfaite,
  • Exodus, qui est bien lointain dans mon souvenir et que je croyais même ne pas avoir vu
  • et 1492 : Christophe Colomb, que je garde en tête même s’il ne fait pas du tout partie de mes préférés…

*de toute façon je ne peux pas m’empêcher de voir un film consacré à la figure de Robin des bois, et je n’arrive pas à décider, entre Errol Flynn, Kevin Costner, Russell Crowe ou le renard de Disney, lequel a ma préférence…

Une pincée de SF et d’espace…

Un autre versant du cinéma de Ridley Scott que j’ai découvert bien plus tardivement est celui de la science-fiction, avec Blade Runner et Alien, et avec beaucoup plus récemment Seul sur Mars.

Si j’arrive à reconnaître ce que les deux premiers ont de fondamental pour le cinéma de science-fiction, et si je les ai vus tous les deux plusieurs fois, ce n’est pas cette partie de l’univers Scott qui me fait aller au cinéma. J’ai vu les 3 premiers de la saga Alien, je n’ai vu ni Prometheus, ni Alien : Covenant.

Quant à Blade Runner : 2049 réalisé par Denis Villeneuve et produit par Ridley Scott, il m’a laissé beaucoup moins de souvenirs que son illustre parent.

Parmi ce pan de l’univers, le film que j’apprécie le plus c’est Seul sur Mars, qui rentre dans ma catégorie des « vus, vus, vus et revus », mais ce n’est pas tant pour sa thématique – quoique le thème de la survie en solitaire me parle bien – que pour l’humour dont fait preuve le scénario.

Ridley Scott : rétrospective

C’est avec toutes ces images en tête, celles obsédantes de Maximus, celles dépaysantes autour de Jérusalem, celles terrifiantes d’un vaisseau spatial bientôt dévasté ou celles désertiques de la planète rouge, que je me suis dans l’ouvrage qui m’intéresse aujourd’hui.

Il s’agit, en toute sobriété, d’un livre de Ian Nathan publié en octobre 2021 aux éditions Gründ – la sortie du livre était contemporaine de la sortie en France sur les écrans de The Last Duel et de House of GucciRidley Scott : rétrospective.

C’est un beau livre, qui offre un panorama tout à fait satisfaisant et agréable du cinéma de Ridley Scott, mais qui nous donne aussi un aperçu humain du cinéaste.

Ce qui fait que le livre est plus qu’un beau livre, ce qui le rend beaucoup moins impersonnel que le premier ouvrage venu sur tel ou tel réalisateur, c’est l’intervention régulière de l’auteur. Ian Nathan ne se contente pas de présenter et d’analyser la filmographie de Ridley Scott, il raconte Ridley Scott.

Il évoque non seulement sa biographie, son parcours – ce qui pousse encore un homme qui a maintenant 84 ans à continuer à faire des films tous plus étourdissants les uns que les autres – mais aussi les tournages et les interviews.

On y découvre un cinéaste méticuleux et obsessionnel à la Stanley Kubrick et un amoureux du cinéma qui aime tester les journalistes en entretien, en faisant mine de ne pas se souvenir de tel ou tel acteur ou de tel ou tel réalisateur.

C’est en le lisant, en lisant combien pouvait être épique rien que le tournage d’un film de Ridley Scott, que j’ai eu envie de voir les autres films : enfin découvrir Thelma & Louise, enfin essayer de revoir 1492 : Christophe Colomb (même si je ne parviens pas, certainement, à l’apprécier à sa juste valeur), enfin voir House of Gucci.

Lorsque l’on retourne le livre et que l’on s’attarde sur la quatrième de couverture, on voit les autres cinéastes qui ont arrêté le regard de Ian Nathan : Guillermo del Toro, Wes Anderson, Quentin Tarantino… tous ces noms, avec Ridley Scott, que l’on associe à une identité visuelle bien marquée et à une rare minutie, des cinéastes de l’obsession.

Dans les dernières pages du livre, Ian Nathan m’a rappelé cette promesse avortée de Kubrick et non tenue par Spielberg : ce Napoléon tellement fantasmé pour lequel Kubrick avait accumulé les notes, les idées de costumes et une documentation gigantesque.

Je guette ce Napoléon depuis des années, je l’aperçois de temps à autre dans tel ou tel ouvrage de cinéma, comme une mention, une petite note de bas de page, et cependant, pour une fois, le mirage semble prendre des contours un peu plus nets qu’à l’accoutumée : la fin du dernier chapitre du livre évoque un tournage début 2022 (en Angleterre et à Malte), l’article consacré à Ridley Scott sur Wikipédia annonce une sortie en 2023, certes directement sur Apple TV mais quand même…

Croisons les doigts !

Mars 2022 : séances et animations du CDI

Cet article présente les actions menées au lycée entre le 7 et le 24 mars.

Malgré un mois de mars toujours très riche en événements culturels et éducatifs, cette période a aussi été beaucoup plus calme en termes de projets pédagogiques que les mois passés.

Comme à l’accoutumée, pour équilibrer les articles à venir, je garderai pour l’article du mois d’avril tout ce qui se réfère à la préparation des journées portes ouvertes du lycée, qui ont lieu le samedi 25 mars.

Séances et actions pédagogiques

Voici un petit point rapide sur les séances menées ce mois-ci, entre le 7 et le 24 mars.

  • séances en EMC en seconde : pour le projet autour des réfugiés avec une classe de seconde, nous avons poursuivi les séances durant le mois de mars.

Après un travail sur les demandeurs d’asile, que les élèves devaient effectuer en s’appuyant sur les informations de France Terre d’asile et du site Service public, ma collègue a décidé de faire réaliser aux élèves une exposition sur la situation des réfugiés ukrainiens.

Elle a ainsi établi une liste de thématiques de recherche ainsi qu’une sitographie, à laquelle j’ai participé, pour faciliter les recherches des élèves. Nous avons fait tirer au sort les sujets des différents groupes de travail via l’outil Digiscreen.

Pour chaque demi-groupe le travail prévu est d’une heure et demie, les séances ayant commencé pour ces nouvelles activités le 18 mars.

  • séances d’escape game « Sauvez Olympe » en première générale. Comme le mois dernier, j’ai organisé en collaboration avec des collègues de français des séances pour impliquer les élèves dans la lecture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

Le mardi 8 mars, j’ai ainsi passé 4h en compagnie d’Olympe de Gouges, avec deux classes. Les collègues de français prenaient en charge un demi-groupe en mezzanine du CDI, pendant que le deuxième participait à l’escape game.

Pour ces quatre séances, les élèves étaient répartis en cinq groupes de trois élèves, ce qui permettait davantage d’implication que les organisations précédentes (trois groupes de cinq).

Le temps de reprise permet, comme à chaque fois, de revenir sur les différents temps de l’escape game, sur les notions abordées, mais aussi, dans le cadre bien spécifique de ces séances, sur la journée internationale des droits des femmes et sur les ressources disponibles au CDI.

Pour certains groupes qui finissaient plus tôt que les autres, je leur ai proposé de lancer « Zone blanche », l’escape game sur les réseaux sociaux présenté le mois dernier.

SNT : poursuite des séances et des cogitations

J’ai indiqué dans l’article du mois de février le déroulé des séances menées autour des réseaux sociaux.

L’enseignement de SNT faisant figure au lycée de « patate chaude », j’ai également mentionné les difficultés que nous avions à intervenir dans cet enseignement.

J’en veux pour preuve les séances menées avec deux classes ce mois-ci : en effet, le collègue en charge de l’enseignement de SNT n’abordant pas durant ses heures l’axe thématique des réseaux sociaux, c’est la collègue ayant en charge l’EMC pour ces deux classes qui nous a approchés pour travailler avec les élèves sur cette thématique.

  • De la SNT en EMC

Le déroulé de la séquence est quelque peu modifié, avec en première séance :

  1. une présentation sur les réseaux sociaux transmise aux élèves
  2. un sondage / questionnaire sur leurs pratiques qui a d’abord été réalisé sur wooclap, puis via un Google Form. Cette année j’ai basculé ce sondage sur Quizinière
  3. la réalisation par les élèves d’une carte mentale de leur identité numérique

Pour la suite, il nous faut encore trancher : escape game ou réalisation par les élèves d’une carte d’identité d’un réseau social…

  • Proposition d’une fiche projet en SNT pour 2022-2023

Le caractère aléatoire de ces collaborations pédagogiques (ainsi que la diminution des heures d’enseignement l’an prochain) nous a amenés à réfléchir à un nouveau mode de fonctionnement pour 2022-2023.

J’ai eu l’occasion de revenir là-dessus durant un stage : j’ai l’habitude, pour différents projets, de proposer à la direction une fiche projet.

L’idée est à la fois d’appuyer son action sur un cadre institutionnel (et ainsi de la légitimer), de lui donner une visibilité au sein de l’établissement et de renforcer notre posture, mais aussi – on le verra un peu plus loin – d’obtenir pour certaines de ces actions, un budget supplémentaire.

Cela n’est pas le cas pour cette fiche projet, qui certes concerne principalement l’enseignement de SNT mais entend aussi proposer une réflexion plus globale sur la construction de la culture numérique des élèves :

Nous avons choisi de nous concentrer sur les axes thématiques « web » et « réseaux sociaux ». À titre tout à fait personnel, je ne me sens aucune légitimité pour traiter des thématiques telles que « géolocalisation », en tout cas en pleine responsabilité.

Le fait d’être en double poste nous permettrait d’avoir, a priori, entre la période de novembre et d’avril, 4h hebdomadaires par classes.

Cette proposition a été bien reçue, même si la poursuite de ces réflexions se fera beaucoup plus tard dans l’année scolaire et en concertation avec les collègues en charge de l’enseignement l’an prochain.

Valorisation du fonds et animation du CDI

Pour ce mois-ci, grâce aux dernières commandes arrivées et aux événements organisés au mois de mars, nous avons pu proposer différentes petites sélections thématiques.

  • Printemps de l’orientation (J)

Les élèves devant finaliser leurs vœux sur Parcoursup d’ici le mois d’avril, j’ai voulu proposer un petit rappel des ressources disponibles sur l’orientation.

  • sélection Printemps des poètes (R)

En complément d’actions menées différentes classes (réalisation en français et en latin de calligrammes par les élèves de seconde et de première), Roman a proposé une petite sélection de ressources sur le printemps des poètes :

  • mise à disposition de ressources pour la semaine de la presse (J)

Ayant reçu tardivement les liasses du CLEMI, et n’ayant pas eu / pris le temps de communiquer bien en amont sur des possibilités d’actions avec les collègues de discipline, nous n’avons pas encore eu de séances autour de la semaine de la presse.

J’avais à la base l’idée d’enrichir les ressources envoyées par d’autres revues, j’ai réussi à acheter 5 revues supplémentaires – cela peut paraître peu, mais je me suis concentrée sur des périodiques qui pourraient être réutilisés en séances et par les élèves, principalement en HGGSP.

J’ai néanmoins mis à disposition les liasses au niveau du coin lecture :

Comme je l’ai indiqué plus haut, le calendrier était relativement chargé, et ne permettait pas forcément d’ajouter d’autres actions à celles déjà organisées par le lycée, à savoir aussi les épreuves du bac blanc de français du 14 au 21 mars.

Nous avions à l’origine l’idée de proposer des choses pour la semaine des maths, pour le printemps des poètes et pour la semaine de la presse, mais il a fallu revoir nos ambitions à la baisse.

Projet : coin zen et do it yourself au CDI

J’avais présenté dans l’article du mois dernier le début de mes cogitations sur la réorganisation des espaces, et les raisons qui m’ont conduit à y réfléchir.

Pour l’occasion, j’ai repris une fiche projet proposé en mars 2018 à la direction de mon lycée où il s’agissait déjà de penser à des évolutions du coin lecture, en changeant complètement le mobilier :

Projet espace détente et créativité

J’ai indiqué les éléments qui m’ont incitée à reprendre cette fiche projet, en la faisant évoluer pour proposer d’autres activités au CDI : compléter le mobilier au lieu de le changer, concentrer une partie des commandes sur de nouveaux ouvrages (loisirs créatifs, origamis, déco, récup, couture, tricot…) et proposer un petit coin dédié pour ces activités.

Le mois de mars a vu ainsi une belle progression de cet espace, avec l’arrivée de deux fatboys, un don d’aiguilles et de laine par une collègue, la réception des commandes et un peu de bricolage sur le meuble DO IT YOURSELF prévu, à l’initiative de Roman.

J’ai réalisé l’affiche suivante :

ainsi que des éléments de signalétique :

et voici quelques photos (comportant également le dernier puzzle réalisé par les élèves) pour vous donner une idée :

Communication : pour les élèves (et pour le lycée en général)

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Durant cette période, voici les articles proposés aux élèves : un ZOOM Actu sur la journée internationale des droits des femmes (8 mars)

une revue de presse (10 mars), un ZOOM Actu sur le conflit Russie / Ukraine en prenant comme angle la question des enfants :

les nouveautés sur l’orientation (mentionnées plus haut) et un ZOOM Actu sur les 60 ans des accords d’Évian.

Concernant le ZOOM Actu, comme l’actualité est focalisée sur le conflit entre la Russie et l’Ukraine, j’essaye de varier soit les thématiques (avec des événements et des journées), soit l’angle d’attaque.

  • Site du lycée : actions de février

Comme je l’avais indiqué, le site du lycée a fait l’objet d’une refonte ces derniers mois et j’envoie chaque mois le compte-rendu des actions proposées le mois écoulé.

Pour février, voici la synthèse des actions réalisées :

Communication : pour l’équipe éducative

  • E-INSTANT CDI : focus mars

Pour le mois de mars, j’ai modifié la page d’accueil de l’E-INSTANT :

J’ai fait très tardivement un focus sur la semaine de la presse :

Pour la présentation de la SPME, j’ai recyclé le genial.ly réalisé l’an dernier.

Mon envoi étant assez tardif, ce focus a eu relativement peu d’échos…

Autres activités (réunions, stages, déplacements, publications)

Voici les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 7 au 24 mars), une période un peu plus intense en stages et en réunions que les mois passés :

  • 7 mars : réunion d’harmonisation du CAPES interne
  • 10 et 14 mars : une session du stage « Jouer au CDI » co-animée à distance avec ma comparse Émilie Baille
  • 22 mars : une formation « phénomènes de rixes » de 3h à laquelle j’ai été inscrite
  • 24 mars : un cours à destination des master 2 de l’université de Montpellier, avant les toutes prochaines épreuves écrites du CAPES externe

Encore une fois, je n’ai pas pris le temps d’avancer sur les prochains articles de #LudoDOC, dont un nouvel épisode de l’histoire numérique de la documentation, j’espère pouvoir m’y consacrer prochainement.

D’ici là je vous souhaite une très bonne fin du mois de mars et vous dis à très bientôt pour un nouvel article sur Cinephiledoc !

Une pionnière du 7e art en 9e art

J’ai eu l’idée de publier cet article à l’instant de la publication de l’ouvrage qui m’intéresse. Je n’avais pas nécessairement prémédité de poster un article au moment de la journée internationale du droit des femmes, mais c’est un petit détail – qui n’en est pas forcément un – qui m’y a poussé.

Avant ma lecture, je ne connaissais pas grand chose d’Alice Guy. Je savais juste qu’il s’agissait d’une pionnière du cinéma : la première femme réalisatrice.

Où j’allie cinéphilie et culture professionnelle

L’origine de mon intérêt, et mon envie d’en savoir plus sur Alice Guy, vient d’un reportage de France télévisions qui, si mes souvenirs sont bons, avait été réalisé à l’occasion de la parution de la bande-dessinée : Alice Guy, de José-Louis Bocquet et de Catel Muller.

Le reportage annonce la sortie de la bande-dessinée, consacrée à cette figure pionnière du septième art. J’écoute avec attention. Et là mon sang ne fait qu’un tour. Une photographie en noir et blanc sert d’illustration au reportage. Une photographie d’Alice Guy ? Non, cette photo, je la reconnais, pour l’avoir utilisée pour un précédent article.

Cette photo, c’est celle de l’actrice américaine Mary Pickford.

Revenons-en, s’il vous plait, à quelques éléments de comparaisons biographiques, si l’on s’en réfère de manière assez succincte à Wikipédia :

  • Alice Guy, née le 1er juillet 1873 à Saint-Mandé et morte le 24 mars 1968 à Wayne dans l’État du New Jersey aux États-Unis, est une réalisatrice, scénariste et productrice de cinéma française, ayant travaillé à la fois en France et aux États-Unis.

Alice Guy :

  • Mary Pickford est une actrice, productrice et femme d’affaires canadienne née le 8 avril 1892 à Toronto (Ontario) et morte le 29 mai 1979 à Santa Monica (Californie).

Mary Pickford :

Je passe sur le fait que les deux femmes ont vingt ans d’écart, que l’une est née d’un côté de l’Atlantique et l’autre, de l’autre côté.

Que l’une est réalisatrice, auteure du premier film de fiction, du premier péplum et première femme à créer une maison de production, que l’autre est également l’une des premières stars hollywoodiennes, co-fondatrice avec Douglas Fairbanks, Charles Chaplin et D.W. Griffiths de la maison de production des Artistes associés.

Que s’est-il passé ? Visiblement l’auteur (ou les auteurs) du reportage consacré à la bande-dessinée a fait, comme je l’ai fait à sa suite, une recherche d’images sur un moteur de recherche, et qu’il a eu certainement ce genre de résultats :

Vous le constaterez aussi bien que moi : sur la première et la troisième photo (de gauche à droite), c’est bien Alice Guy qui est représentée. Sur la deuxième et la quatrième, c’est Mary Pickford.

Ce qui est plus triste, c’est que, sans chercher plus loin, et sans autre raison évidente que le côté « glamour » ou « en action », on ait choisi la photo de Mary Pickford pour parler de Alice Guy. Et encore, si la seule raison invoquée aurait été la présence de la caméra, on aurait pu choisir l’une des deux photos en bas à droite (en s’assurant bien qu’il s’agit d’Alice Guy) où l’on voit réellement une femme et une caméra.

Bref, en une phrase comme en cent, la pionnière du cinéma (tout court) aurait mérité mieux dans un reportage qui lui était consacré que d’être confondue avec la pionnière du cinéma hollywoodien.

Retour sur une lecture de 2018

La première trace que je trouve d’Alice Guy, sans forcément y porter davantage d’attention, date de 2018.

Dans l’ouvrage de Véronique Le Bris, 50 femmes de cinéma, que j’avais découvert à l’époque, elle apparaît en premier.

Et non seulement c’est la première de ces 50 femmes, mais c’est aussi la première du premier chapitre : « Les Pionnières ».

En deux double-pages, Véronique Le Bris revient sur les apports essentiels d’Alice Guy au cinéma :

  • en 1895, elle assiste à l’une des premières projections organisées par les frères Lumière ;
  • la première femme à réaliser des films de fiction ;
  • la première à réaliser un film parlant grâce au chronophone en 1900 ;
  • l’autrice du premier making-of ;
  • la première femme à construire son propre studio, à créer et diriger une société de production

Dans ce livre,  à la suite d’Alice Guy, on croise Frances Marion (première scénariste qui, elle, a côtoyé Mary Pickford de près, et à qui le beau livre Hollywood Boulevard, de Melanie Benjamin, était en partie consacrée), Olivia de Havilland, Tonie Marshall, Jane Campion…

Découpé en trois parties – Les pionnières, les passionnées, les engagées – la force de ce livre est de ne pas classer ces 50 femmes de manière forcément chronologique ou par profession : Olivia de Havilland, actrice, figure parmi les pionnières pour avoir gagné un procès contre les studios hollywoodiens ; Marlene Dietrich, Liz Taylor et Jane Fonda figurent elles parmi les engagées.

Dans les passionnées, on retrouve aussi bien Edith Head, costumière, que Marguerite Duras, Agnès Varda ou encore Marjane Satrapi.

Mais revenons-en à Alice Guy.

De France télévisions à Arte

Avec le reportage de France télévisions, ma curiosité s’était déjà éveillée, et j’ai, dans la foulée, commandé la bande-dessinée de Catel Muller et José-Louis Bocquet, dont je connaissais déjà la précédente publication sur Olympe de Gouges.

Quelques semaines après la parution de cet album BD, en septembre 2021 chez Casterman, j’ai découvert en parcourant la chaîne YouTube d’Arte (ce que j’ai souvent tendance à faire quand je ne sais pas trop quoi regarder), un documentaire, « Alice Guy, l’inconnue du 7e art« .

C’est ce documentaire (disponible sur Arte TV jusqu’au 12 mars) que j’ai donc regardé, avant même de me plonger dans la bande-dessinée de Catel & Bocquet.

J’ai laissé, là encore, son souvenir infuser, et ajouter à mon univers visuel familier du cinéma muet. Au moment de ce visionnage, j’étais plongée dans la lecture du Goncourt, La plus secrète mémoire des hommes, lecture qui était des plus prenantes, que je ne parvenais pas à délaisser pour une autre et qui m’a occupée tout le mois de janvier 2022 et jusqu’à la mi-février.

Hommage en BD

Posons les choses clairement d’emblée : cette bande-dessinée est un indispensable pour tout amoureux du cinéma, et pour tout amoureux de la BD.

Le dessin est magnifique, et l’histoire captivante.

On y suit les pas d’Alice Guy, ce qui nous conduit du Chili à la Suisse, de Paris à la Camargue, de la France aux États-Unis, en près d’un siècle qui voit toute l’éclosion de l’univers cinématographique.

On y croise figures et événements marquants : les frères Lumière, Léon Gaumont, Gustave Eiffel, l’exposition universelle de 1900, l’incendie du bazar de la charité, Méliès, Charlie Chaplin, les luttes féministes, la ségrégation aux États-Unis…

Au fil des pages et des planches, se dessinent les évolutions de la technique et de ce qui n’est pas encore considéré comme le septième art – photographie, chronophone, studios, star system – de la mode et des mentalités.

Le tout se dévore en un rien de temps, et l’énergie de cette pionnière nous emporte d’une décennie à l’autre, avec une curiosité contagieuse et insatiable.

En fin d’ouvrage, on retrouve une chronologie très détaillée qui suit en parallèle la vie d’Alice Guy et les progrès du cinéma.

Pour finir, cette somme d’une richesse incroyable nous propose une trentaine de notices biographiques des figures croisées par Alice Guy tout au long de sa vie, de ses parents jusqu’à son premier biographe, Francis Lacassin, ardent défenseur de la bande-dessinée et des pionniers du cinéma français, et à qui le livre est tout naturellement dédié.

La boucle est bouclée, l’hommage du neuvième art au septième art complet, et à travers cette bande-dessinée, Alice Guy retrouve sa juste place dans l’univers du cinéma : celle d’avoir été la première.

Belle journée internationale du droit des femmes, et à très bientôt pour un nouvel article sur Cinéphiledoc !

Février 2022 : séances et animations du CDI

Après un mois de décembre très axé sur le jeu, et un mois de janvier placé sous le signe de la lecture, voici un article présentant les actions menées pendant le très court mois de février.

Il s’appuie sur les événements très numériques du mois : journée de la protection des données, journée sans smartphone, Safer Internet Day, journée sans Facebook.

Séances et actions pédagogiques

Voici un petit point rapide sur les séances menées ce mois-ci, entre le 31 janvier et le 18 février.

  • séances en EMC en seconde : pour le projet autour des réfugiés avec une classe de seconde et ma collègue d’histoire-géo, nous avons poursuivi les séances début février avec la réalisation d’une revue de presse. Voici pour rappel la fiche élève qui leur était proposée (sur le modèle des documents proposés précédemment par ma collègue) :

Activité 5 EMC 2nde1

Les élèves ont eu trois séances d’une heure par demi-groupe. Nous devons évaluer leurs productions pendant les vacances.

  • séances hybrides : Escape Game Olympe de Gouges / Informations sur l’orientation. J’en avais déjà parlé au mois de novembre : une collègue de lettres m’avait sollicitée pour impliquer ses élèves de 1STMG dans la lecture de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

En février, j’ai fait à nouveau ces séances, tantôt avec une collègue d’histoire, tantôt avec une collègue de lettres. La collègue d’histoire m’avait demandé de faire en fin de séance un petit point à ses élèves sur les ressources en orientation…

Pour leur présenter ces ressources j’ai utilisé le support suivant :

  • enseignement scientifique en terminale : explorer les champs d’application de l’intelligence artificielle.

Avec Christophe, mon collègue de maths avec lequel nous avions déjà travaillé l’an dernier, nous avons repris la séance menée sur l’intelligence artificielle.

À partir d’un corpus de documents, les élèves explorent le champ d’application de l’intelligence artificielle de leur choix : voiture autonome, diagnostics médicaux, marketing, aide à la recherche, robots domestiques, intelligence artificielle et images.

Pendant 20 minutes, par groupes de quatre, ils doivent analyser le potentiel et les limites de ce champ d’application, puis faire une restitution à l’oral de cinq minutes. Un élève fait l’introduction, un deuxième présente les avantages, un troisième les limites, le dernier fait la conclusion. Ils peuvent s’aider d’un pad ouvert sur l’ENT pour lister leurs arguments.

Pour ces séances, j’ai repris et adapté le support proposé l’an dernier et j’ai actualisé les corpus de documents (voiture autonome, diagnostics et aide à la recherche) en concertation avec Christophe :

Seance IA _ Corpus de documents_complet

SNT : un début de refonte des séances proposées

Après les séances de découverte du CDI, les séances en EMC et les projets autour de la lecture entre autres, cette période de l’année voit le retour (encore un peu timide) des séances en SNT.

J’expliquerai dans l’article du mois de mars pourquoi le questionnement est vif autour de la SNT, et j’indique simplement ici les évolutions des séances proposées depuis 2020.

En effet, j’ai pour habitude de traiter avec certaines classes la thématique de programme dédiée aux réseaux sociaux. En 2020, que ce soit en présentiel ou à distance, j’avais pu intervenir avec 8 classes sur 12. En 2021, le nombre est descendu à 2 classes. Cette année, on remonterait a priori au moins à quatre classes.

  • Réseaux sociaux en SNT

La séquence alterne les apports de contenus et les travaux réalisés en autonomie par les élèves, de manière individuelle ou en groupe, et s’organise depuis 3 ans de la façon suivante :

  1. une présentation sur les réseaux sociaux transmise aux élèves
  2. un sondage / questionnaire sur leurs pratiques qui a d’abord été réalisé sur wooclap, puis via un Google Form. Cette année j’ai basculé ce sondage sur Quizinière
  3. la réalisation par les élèves d’une carte mentale de leur identité numérique
  4. la présentation en groupe par les élèves d’un réseau social (cette année tiré au sort via l’outil Digiscreen) déposée sur Pearltrees
  5. une thématique de travail choisie par les élèves : désinformation ou cyberviolence, avec là encore un questionnaire à remplir, des ressources à consulter et une affiche de sensibilisation à réaliser

En fonction du temps dont je dispose, j’ai également commencé à moduler les séances et à proposer les activités 1 à 3, suivies d’un escape game réalisé cette année et recouvrant, entre autres, les thématiques des activités 3 à 5.

  • Zone blanche : escape game

J’avais envie de faire évoluer mes séances en y ajoutant cet aspect ludique (inspiré d’un escape game proposé par Audrey Démonière-Rouvel sur l’identité numérique).

Le scénario est le suivant : durant un voyage, les joueurs se retrouvent en zone blanche, sans aucune connexion internet, et doivent résoudre des énigmes pour récupérer une vieille carte routière et sortir de la zone blanche.

Quatre zones sont à explorer successivement :

  1. l’antre du métavers, avec trois énigmes (chaque réponse trouvée est un élément de définition du mot à récupérer pour débloquer la zone 2 en cliquant sur le morceau de circuit imprimé)
  2. temps de connexion dépassé, avec deux énigmes (même procédé, cliquer sur la montre pour accéder à la zone 3)
  3. et ton empreinte, elle est carbone ? avec deux énigmes et des activités bonus (si l’on clique sur le circuit imprimé et qu’on a juste un message qui s’affiche, se dire qu’une puce peut en cacher une autre)
  4. trolls et autres fake news : deux énigmes.

Pour cette dernière zone, j’ai réalisé un vrai / faux et pour l’énigme concernant les trolls, je me suis grandement inspirée de l’harcèlomètre réalisé par A.Schmit et très relayé notamment sur Twitter.

Il faut ensuite récupérer les 4 premières lettres des quatre mots trouvés sur chaque zone pour sortir de la zone blanche.

Valorisation du fonds et animation du CDI

Comme le mois de février était relativement court, et tout de même assez rythmé, nous n’avons pas eu le temps de désinstaller les expositions de janvier, et d’en programmer d’autres de conséquence.

Cependant, arrivés à la dernière semaine avant les vacances, devant les commandes qui arrivaient et les anciennes commandes qui n’avaient toujours pas été exposées, il a fallu décharger les chariots derrière le bureau…

  • Sélection Technologies, curiosités et sports (J)

J’ai donc repris, de manière un peu artificielle, le modèle utilisé le mois dernier pour les nouveautés Histoire / Société :

Voici cette sélection :

  • Après le mois de la bande-dessinée… les nouveautés mangas (R)

Une nouvelle sélection a été proposée par Roman.

Les élèves ayant fini le puzzle Astérix, nous avons installé un puzzle Pokémon prêté par une collègue de maths la dernière semaine avant les vacances :

  • Sélection réalisée avec les dons reçus selon un regroupement quelque peu artificiel… (J)

Pour alléger le chariot derrière le bureau, j’ai remplacé la sélection proposée par Amie le mois dernier par une sélection « D’Eriador en Orient », qui regroupe des ouvrages poches en fantasy, des contes et des récits se déroulant notamment en Chine, en Inde et au Japon.

J’ai réalisé le visuel de manière expéditive :

  • Sélection « Le monde en cartes » (J)

De manière beaucoup plus soignée, j’ai été davantage satisfaite du visuel réalisé autour des nouveautés et d’une sélection de ressources en géographie / cartographie / géopolitique et voyages.

J’ai travaillé sur Canva pour les affiches qui seront ensuite publiées sur le blog du CDI :

Cette sélection remplace celle proposée au mois de janvier sur les prix littéraires et a été installée le 17 février :

  • Projet : coin zen et do it yourself au CDI (J)

Ce mois-ci j’ai commencé à réfléchir à la façon dont on pourrait élargir les activités du CDI, en repensant également une partie du fonds mis à disposition.

Cette réflexion m’a été inspirée par plusieurs éléments : un contexte quelque peu tendu au lycée (blocus, bagarres, déclenchement d’incendies…), des élèves qui apprécient de plus en plus les activités proposées (jeux, puzzles collaboratifs) sans que jamais ça ne nuise aux autres activités plus « calmes », enfin l’observation d’élèves qui viennent simplement pour trouver une sorte de cocon pour se poser, dormir, ou faire des activités manuelles (dessin, crochet).

J’ai donc décidé de solliciter l’administration et les collègues pour amorcer un réaménagement de l’espace lecture (avec l’ajout de deux poufs) et pour proposer l’initiative suivante :

J’ai complété cette initiative par une commande d’ouvrages, que nous n’avons pour l’instant pas encore reçue. Je vous tiendrai au courant de l’avancée de ce projet et de son organisation.

Travaux de gestion et d’organisation du fonds

Durant cette période, nous avons effectué les tâches de gestion suivantes sur lesquelles je reviens rapidement :

  • catalogage de fictions principalement issues de dons ;
  • réception de deux commandes : l’une dédiée à l’enrichissement du fonds BD et mangas, l’autre actualisant certains rayons documentaires ;
  • mise à disposition des brochures sur l’orientation et affichage

Communication : pour les élèves (et pour le lycée en général)

  • Articles publiés sur le blog du CDI

Durant cette période, voici les articles proposés aux élèves : une revue de presse publiée le 27 janvier, un ZOOM Actu sur les tensions entre Ukraine et Russie :

une revue de presse le 3 février, un ZOOM Actu sur les jeux olympiques d’hiver le 4 février, puis une nouvelle revue de presse le 10 février.

Enfin la présentation des nouveautés (voir plus haut) en documentaires le 14 février.

  • Site du lycée : actions de janvier

Comme je l’avais indiqué, le site du lycée a fait l’objet d’une refonte ces derniers mois et j’envoie chaque mois le compte-rendu des actions proposées le mois écoulé.

Pour janvier, voici la synthèse des actions réalisées :

Communication : pour l’équipe éducative

  • E-INSTANT CDI : focus février

Pour le mois de janvier, j’ai modifié la page d’accueil de l’E-INSTANT :

Les actions tournant principalement autour du numérique et des données personnelles ce mois-ci, j’ai consacré le focus à ces questions :

Autres activités (réunions, stages, déplacements, publications)

Voici les autres activités menées au lycée ou à l’extérieur durant cette période (du 31 janvier au 18 février) – elles ont été considérablement réduites étant donnée l’annulation des formations :

  • une réunion TraAM à distance le 2 février
  • une formation de formateurs le 15 février (réunion d’une heure en visio)
  • la réunion préparant la correction des épreuves d’admissibilité du CAPES interne le 16 février
  • une réunion consacrée au printemps des poètes le 17 février

Je n’ai pas pris le temps d’avancer sur les prochains articles de #LudoDOC, dont un nouvel épisode de l’histoire numérique de la documentation, j’espère pouvoir m’y consacrer prochainement.

D’ici là je vous souhaite de très bonnes vacances pour les chanceux qui en profitent encore, bon courage pour la reprise aux autres, et vous dis à très bientôt pour un nouvel article sur Cinephiledoc !

Tout le monde veut être Cary Grant…

Pour ce premier compte-rendu de lecture de 2022, j’ai décidé de reprendre une structure déjà éprouvée sur ce site : un acteur / un cinéaste / un ou des films.

C’est cette forme que j’ai utilisée pour mon article cinéphile de septembre dernier, avec Romy Schneider et Claude Sautet, mais aussi l’article de mai 2021 où j’évoquais Sean Connery et l’univers James Bond.

Cette structure, je ne la trouve pas forcément naturellement, et je ne l’utilise pas systématiquement.

Écrire l’article

Pour certains articles, la forme est intuitive, je vais pouvoir les préparer longtemps à l’avance, utiliser le prétexte d’une date anniversaire, d’un événement, d’un déclic (c’est ce qui sera le cas pour le prochain article du mois de mars, que j’ai déjà bien en tête).

Pour d’autres, même après avoir lu le livre auquel est consacré le plus gros de l’article, je rame. Je cogite, je tourne les idées dans ma tête, je me demande comment fournir au compte-rendu de lecture proprement dit l’écrin de l’article.

En effet, pour moi, il ne s’agit pas (seulement) de faire un compte-rendu exhaustif de ma lecture. Il s’agit de convoquer tout un contexte cinéphile pour l’accompagner.

Je laisse le livre à proximité – c’est aussi la raison pour laquelle j’évite d’utiliser des versions numériques de ce livre – pour pouvoir le feuilleter à nouveau. Je le reprends, je tourne autour, j’en feuillette d’autres, je procrastine et je grogne.

Et puis, généralement, je trouve enfin l’idée par hasard, l’idée qui donnera à l’article son fil conducteur, en tous les cas pour moi.

À l’origine, feuilleter le catalogue Gallimard

Revenons en arrière, à ce qui m’a poussé à choisir l’ouvrage que j’évoquerai dans un instant.

Je feuilletais les brochures que publie régulièrement la maison d’édition Gallimard, et qu’elle envoie aux établissements scolaires, pour indiquer les nouvelles sorties. Généralement, j’y glane quelques idées d’achats pour le CDI, mais pas la majorité, loin de là.

Au milieu des romans, dans la brochure que je tenais entre les mains, je trouve ce titre : Être Cary Grant, de Martine Reid, publié en avril 2021. Pas dans les pages consacrées aux essais, mais au milieu des romans.

Je vois la couverture, avec le visage familier et sa fossette. Je fais appel à ma mémoire et je fouille dans mes rayonnages… mis à part La Vie que tu t’étais imaginée de Nelly Allard, je n’ai pas souvenir d’avoir lu beaucoup de romans publiés chez Gallimard et consacré à un acteur.

Flammarion, avec sa pépite sur Greta Garbo, Un renoncement, de René de Ceccatty, me semble plus coutumier du fait.

Va donc pour Être Cary Grant.

Replonger dans des souvenirs cinéphiles

Cary Grant fait partie des acteurs que j’ai côtoyés au moment où je commençais à construire, tout doucement, mon univers cinématographique, de manière consciente. Je ne parle pas des premiers films vus étant enfant, mais de ceux que j’ai progressivement choisis.

Vers 15-16 ans donc, après le déclic « Truffaut », j’ai commencé à regarder les cycles du Cinéma de minuit, enregistrés sur cassettes. J’ai aussi choisi, pendant les vacances scolaires, quelques films à aller voir dans les cinémas parisiens (Grand action, Action école, Action Christine et le Championnet).

Ces choix s’appuyaient alors sur ce que je considérais comme une bible : les Chroniques du cinéma

C’est avec ce livre que je découvrais le parcours de Lauren Bacall et d’Humphrey Bogart, de Bette Davis, de Katharine Hepburn et de Spencer Tracy, de Vivien Leigh, de Grace Kelly.

J’ai donc pu découvrir dans les cinémas parisiens L’Impossible Mr Bébé, qui réunit Katharine Hepburn et Cary Grant, puis plus tard, en DVD ou à la télévision : La Dame du vendredi, Sylvia Scarlett, Indiscrétions, Elle et lui ou encore Charade, beaucoup plus tard.

Je retrouvais aussi l’image lisse et très bien mise en scène de Cary Grant dans un ouvrage acheté à l’époque :

Cary Grant : les images d’une vie, de Yann-Brice Dherbier, publié en 2009 chez YB Editions, une maison d’éditions qui proposait au lecteur pour différentes stars hollywoodiennes ces « images d’une vie », sous un format particulièrement soigné.

Retour au présent

C’est en ayant ces souvenirs en tête que j’avais posé le livre de Martine Reid sur ma bibliothèque, à l’été 2021. Il était en bonne place sur ma pile de lecture, mais je retardais le moment de venir à sa rencontre.

Puis, en novembre dernier, je tombe sur un documentaire Arte, disponible en replay jusqu’au 11 février 2022 : Cary Grant, de l’autre côté du miroirqui donne la part belle à cette citation émouvante de l’acteur : « Tout le monde voudrait être Cary Grant. Moi aussi, je veux être Cary Grant ! »

J’y découvre de nouvelles facettes du personnage : l’enfance, les mariages successifs, la psychothérapie sous LSD…

J’ai envie de confronter à ce documentaire le roman biographique de Martine Reid. Je me plonge donc dans cette lecture.

Quatrième de couverture

La quatrième de couverture de Être Cary Grant part de cette même citation, si troublante :

« Tout le monde veut être Cary Grant. Même moi, je veux être Cary Grant. »

Des comédies romantiques de l’âge d’or du cinéma américain aux chefs-d’œuvre d’Alfred Hitchcock, Cary Grant (1904-1986) demeure l’une des stars d’Hollywood les plus célèbres au monde.
Gentleman flegmatique, séducteur caustique, il a réussi grâce à un physique exceptionnel à incarner « l’homme idéal », fantasme de millions de spectatrices et spectateurs. Derrière cette belle image de cinéma se cache pourtant un être tourmenté, dont toute l’existence est fondée sur le leurre.

Sur cette quatrième de couverture, le mot leurre est en italique. C’est ce résumé qui a retenu mon attention, et qui m’a donné envie d’aller plus loin : Cary Grant n’y est pas seulement une star hollywoodienne, ou un être complexe comme le présente le documentaire produit par Arte.

C’est un personnage de roman à part entière, une incarnation qu’il a méticuleusement construite lui-même, avec des fêlures que l’on entrevoit à intervalles plus ou moins réguliers.

C’est tout cela que veut nous faire ressentir Martine Reid, en choisissant comme titre non pas simplement Cary Grant, mais Être Cary Grant.

L’homme dont on va entendre l’histoire a deux noms. Ceux-ci désignent dans le temps deux vies qui n’ont pas grand-chose à voir l’une avec l’autre. Du fait de ces deux noms, tout est irrémédiablement double chez lui : il est né deux fois, dans deux lieux distincts ; il est mort deux fois aussi, mais de façon assez dissemblable, la première mort, on va le voir, apparaissant aussi interminable que la deuxième est soudaine.

Cette construction opérée par les studios de cinéma et par l’acteur lui-même s’est faite au détriment d’un nom, Archibald Leach, d’une enfance et d’un milieu, d’une sexualité et d’une identité. Pour parvenir à incarner Cary Grant, il faut se débarrasser des oripeaux Archie Leach, quitte à les voir resurgir par inadvertance.

Non seulement, Martine Reid réussit à faire de Cary Grant ce personnage de roman qu’il était déjà de son vivant, mais elle réussit aussi à nous restituer admirablement l’ambiance du Hollywood de ces années-là, la période d’activité de l’acteur s’étalant de 1932 à 1966.

L’ouvrage ne s’ouvre pas, comme on pourrait le croire, par la citation que je viens d’en extraire. Il s’ouvre avec une scène beaucoup plus familière pour le lecteur et le spectateur : il s’ouvre sur La Mort aux trousses.

Spectateur d’Hitchcock : James Stewart ou Cary Grant ?

Parmi les films que j’ai cités plus haut de la filmographie de Cary Grant, il y en a que j’ai volontairement omis.

Si je voulais consacrer cet article à l’acteur hollywoodien, c’est aussi pour le prétexte qu’il me donnait de parler à nouveau du cinéma d’Alfred Hitchcock, que j’évoque déjà assez régulièrement sur ce site, pour parler de ses intrigues, de ses actrices fétiches, de ses storyboards, de sa cuisine, de ses itinéraires… mais pas encore de ses acteurs.

Cary Grant est à égalité avec James Stewart dans le cinéma d’Hitchcock. Et pour moi il ne s’agit pas de dire si l’un est meilleur que l’autre.

  • James Stewart : période hitchcockienne 1948-1958. Quatre films : La Corde, Fenêtre sur cour, L’Homme qui en savait trop, Sueurs froides.
  • Cary Grant : période hitchcockienne 1941-1959. Quatre films : Soupçons, Les Enchaînés, La Main au collet, La Mort aux trousses.

Ce que l’on peut comparer, ce sont les personnages qu’ils incarnent.

Concernant James Stewart, nous sommes spectateurs avec lui. Nous observons, nous sommes voyeurs de l’action, nous assistons à l’intrigue, nous la voyons se construire sous ses yeux comme sous les nôtres. Nous avons le vertige avec lui.

Concernant Cary Grant, notre rôle est moins celui d’un voyeur que d’un témoin, voire d’un complice. Nous partageons l’action.

C’est du moins ce que je ressens, à titre personnel, lorsque je revois les films d’Hitchcock avec ces deux acteurs.

Et qu’ai-je fait sitôt ma lecture de la biographie de Martine Reid achevée ? Évidemment, j’ai revu La Mort aux trousses.

Revoir La Mort aux trousses

Il y a deux films d’Hitchcock que j’ai vus et revus et que je connais jusqu’au bout des ongles. Fenêtre sur cour et La Mort aux trousses.

Lorsque je les revois, je cède soit à l’envie du huis-clos, soit à l’envie du voyage.

Pour le deuxième, ce sont les mêmes images qui me reviennent en tête :

  1. un générique qui dessine peu à peu les immeubles new-yorkais et Hitchcock qui rate son bus
  2. une soirée et une course-poursuite alcoolisées avec Cary Grant qui finit au poste de police de Glen Cove
  3. Jessie Royce Landis en mère tellement insupportable « Alors messieurs, vous voulez vraiment tuer mon grand garçon ? »
  4. une visite aux Nations Unies
  5. un repas sans dessert avec Eva Marie Saint mais avec une truite un peu trop saumonée dans le Chicago Express
  6. la fameuse scène avec l’avion qui prend le contrepied de tous les rendez-vous cinématographiques (de jour, au milieu de nulle part, au soleil)
  7. la main de James Mason sur le cou d’Eva Marie Saint à la soirée d’enchères
  8. le mont Rushmore et le pistolet chargé à blanc (avec le petit garçon à l’arrière-plan qui se bouche les oreilles)
  9. la maison de James Mason, inspirée de Frank Lloyd Wright
  10. la poursuite sur le mont Rushmore et la scène finale

Mais si vous voulez voir ou revoir La Mort aux trousses, c’est tout de même Blow Up qui en propose le meilleur visionnage en accéléré :

Bref, l’ouvrage de Martine Reid m’a permis de revoir La Mort aux trousses (en vitesse normale), m’a fait rouvrir L’Amérique évanouie de Sébastien Clerget – qui nous fait propose quelques itinéraires cinématographiques à travers les États-Unis – et La Sauce était presque parfaite, un superbe recueil de recettes hitchcockiennes.

De quoi donner envie, sinon d’être Cary Grant, du moins de lire Être Cary Grant, non ?

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