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Blog pour cinéphiles et profs docs

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Macrocosme et microcosme Truffaut

Pour ce nouveau compte-rendu de lecture, j’ai dû aller fouiller dans l’historique de mes articles sur Cinéphiledoc.

Truffaut sur Cinéphiledoc

En effet, j’ai l’impression qu’il ne se passe pas une année sans que je vous parle de François Truffaut, comme il ne se passe pas une année sans que je vous parle de Blow Up.

 

Alors depuis mon tableau de bord, j’ai fait défiler les articles, et je me suis rendue compte que, au moins pour le premier, ce n’était pas si exagéré que ça…

Certes, « François Truffaut » est l’un des tags (des mots clés) que j’utilise le plus sur Cinéphiledoc, pas seulement pour des articles qui lui seraient exclusivement consacrés, mais aussi pour quelques rapides évocations ici ou là…

Certes, le blog a connu un pic de convocations truffaldiennes en 2014, mais il s’agissait des 30 ans de la disparition du cinéaste.

Et avant cela, oui, j’ai eu l’occasion d’en parler abondamment, au gré des publications – la plupart de qualité – qui me tombaient sous la main.

Petite sélection :

Alors si on ajoute l’an dernier Le Figurant de Didier Blonde, et Le Paris de François Truffaut de Philippe Lombard, on se rend compte, pour plagier (ou parodier affectueusement Blow Up) que François Truffaut décidément est partout sur Cinéphiledoc, même par associations d’idées ou même, avec le cours d’arts visuels au lycée, comme support de séances !

Un article : deux prétextes

C’est justement ma comparse d’arts visuels qui m’a fourni le premier prétexte, propre à nourrir cet article et à justifier sur ce blog une nouvelle évocation de François Truffaut.

En effet, il y a quelques semaines, elle m’a fait parvenir par mail un visuel réalisé par la Cinémathèque à l’occasion des 100 ans des studios de la Victorine à Nice.

À cette occasion, la Cinémathèque avait réuni le casting de La Nuit américaine :

En effet, c’est dans ces studios créés en 1919 qu’ont été tournés en leur temps Les Enfants du paradis, La main au collet, Et Dieu créa la femme, Fanfan la Tulipe, Le Corniaud, Le masque de fer, Le gendarme se marie. Du grand cinéma, du très grand cinéma, du moins grand cinéma.

Et c’est dans ces studios que Truffaut a tourné sa Nuit américaine en 1972, dans les décors de La Folle de Chaillot. Il dira dans une interview :

C’est en voyant ce décor que je me suis dit, mais il faut que je me décide à faire cette histoire sur cinéma et aussi peut-être sur la fin d’une forme de cinéma. Parce qu’il est bien évident qu’on tourne de moins en moins en studio, quoique de tous les studios français, la Victorine a des chances d’être celui qui restera le plus longtemps. Mais enfin, on tourne de moins en moins dans des décors construits comme ça, donc c’était intéressant.

(source : https://fresques.ina.fr/reperes-mediterraneens/fiche-media/Repmed00671/l-insubmersible-victorine.html)

Cela m’a fait penser que j’avais écrit déjà un article uniquement sur La Nuit américaine : https://cinephiledoc.com/2013/05/14/revoir-la-nuit-americaine/

et ça c’était pour les 40 ans de sortie du film.

Le second prétexte, c’était la publication d’un ouvrage chez Armand Colin, un éditeur généralement très juste en terme de cinéma, et qui, comme Blow Up (encore une fois) aborde des thématiques intéressantes.

Rien qu’en levant le nez de mon ordinateur et en posant les yeux sur ma bibliothèque, je tombe sur L’écrit au cinéma, Rêves et cauchemars au cinéma, Le Mal dans le cinéma allemand et Le Moyen-âge au cinéma…

Donc en mars 2019, Armand Colin nous proposait un nouveau livre qui allait vite rejoindre ses petits camarades sur ma bibliothèque…

Quelle promesse !

Ce livre, c’est Tout Truffaut : 23 films pour comprendre l’homme et le cinéaste, d’Anne Gillain.

Si je connaissais pas déjà l’auteur, qui avait déjà publié en 1991 chez Hatier un ouvrage nommé François Truffaut : le secret perdu, j’aurais indiqué ci-dessus « Quelle ambition ! »

Et il y a encore, après lecture, une petite part en moi qui murmure que l’homme, comme le cinéaste, reste inépuisable et impénétrable.

Mais c’est justement parce que je connaissais l’auteure que j’ai accepté de lui faire confiance. C’est donc un peu méfiante (mais pas trop) que je l’ai laissée m’embarquer dans son « Tout Truffaut ».

Macrocosme / Microcosme

Elle est belle et bien huilée, la machine truffaldienne d’Anne Gillain, si je puis me permettre cette comparaison hasardeuse.

Elle nous présente 23 films dans un ordre parfaitement chronologique (23 longs métrages + deux courts) et elle explore dans ces 23 films les thématiques, à la fois humaines et cinématographiques qui couvent, à la surface ou juste en dessous.

La quête de l’identité frappée par la révélation de la bâtardise, la transgression, le « trou noir » après la perte de l’être aimée, l’écriture, la mort… j’en oublie certainement.

La force de ce livre, au-delà de l’ambitieux (ou du prometteur, comme vous voulez) « Tout Truffaut », c’est, pour chaque film, d’étudier l’un de ses plans emblématiques : pour les Quatre-cents coups, le moment où Doinel, en vadrouille avec son copain René, surprend sa mère et l’amant de cette dernière ; pour Fahrenheit 451, le moment où Montag découvre la lecture avec les premières lignes de David Copperfield ; pour La Nuit américaine, celui où le petit garçon vole les photos de Citizen Kane, etc.

Rien que ces trois exemples confirment à quel point rien ne ressemble plus à un film de Truffaut qu’un autre film de Truffaut, et à quel point le propos d’Anne Gillain est justifié.

De temps en temps, un grain de sable grippe le mécanisme du tout, ce sont des petites coquilles qu’une relecture, même attentive, avant publication, a laissé passer : Yann Dedet, l’un des monteurs de La Nuit américaine, rebaptisé Yvan à plusieurs reprises, Nestor Almendros dont le nom a été transformé au moins une fois en Amendros, et Depardieu, dans La Femme d’à côté, appelé Bernard Granger tout au début du chapitre, alors que c’est le nom qu’il porte dans Le Dernier métro.

Tout ceci, c’est un pinaillage fait par la truffaldienne maniaque que je suis, tout ça parce qu’elle ne veut pas admettre – et pourtant elle le fait ici – à quel point Anne Gillain gagne son pari.

Et la pudeur, dans tout ça ?

Si j’ai râlé et grogné malgré tout sur ce livre, c’est parce que je ne peux pas m’empêcher d’être subjective lorsque j’aborde la question « François Truffaut », au point de donner le sourire à mes amis…

Si j’ai râlé, encore une fois, c’est parce que, dès ma lecture finie, il a fallu que je m’attelle à l’écriture de cet article, avant que les impressions qu’elle avait suscité ne s’enfuient. Et aussi parce que je ne voulais pas répéter, ressasser, tout ce que j’ai déjà pu dire sur Truffaut.

Quoique.

La seule fois où je me suis permise un avis un peu plus personnel que les autres sur ses films, et sur ce blog, c’est lorsque j’ai publié, il y a environ cinq ans, la Lettre à la Femme d’à côté que j’avais écrite pour un concours organisé à l’occasion des 30 ans de sa disparition.

J’ai depuis tourné et retourné la question plusieurs fois dans ma tête, je l’ai même formulée à voix haute devant quelques amis, moins pour entendre leur avis sur la question, que pour essayer de toucher du doigt quelque chose qui m’échappait.

Alors, pourquoi lorsque je lis un livre sur Truffaut, suis-je émue à ce point ? pourquoi me donne-t-il envie de revoir toute la filmographie (et du même coup d’acheter enfin le coffret intégral de ses films, pour qu’il rejoigne mon coffret Chaplin et mon coffret de Citizen Kane – il sera tellement bien entouré !) ?

Est-ce parce que j’ai cultivé au fur à mesure cette tendresse pour cette figure tutélaire au dessus de ma cinéphilie ?

Est-ce parce que j’affectionne tout particulièrement la façon dont il parle de livres et d’amour, en décalage total avec les questionnements de son époque, au point d’être injustement jugé ?

Est-ce parce qu’à chaque minute dans ces films, j’ai l’impression qu’un ami me souffle des secrets à l’oreille et parce que j’ai, comme jamais, le sentiment d’être en communion avec ses personnages ?

Est-ce parce que sa figure paternelle s’efforce au mieux de remplacer celui qui me l’a fait découvrir ?

Ce doit être un peu de tout ça à la fois, et quelque chose de plus, car, comme Anne Gillain, je découvre à chaque fois de nouvelles choses, de nouveaux reflets dans le kaléidoscope Truffaut, et je n’ai pas fini d’écrire à la Femme d’à côté…

Mars 2019 : séances et animations du CDI

Pour équilibrer les articles des mois de mars et d’avril, je ne présenterai les séances faites dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias à l’école que dans l’article du mois d’avril.

Pour commencer, et comme promis dans l’article précédent, je reviens sur l’oral de TPE sous forme d’escape game, auquel j’ai assisté fin février.

Intervention à CANOPÉ 91

En effet, si j’ai tenu à ce point à assister à cet oral, au-delà de la sympathie que m’inspirait ce petit groupe de TPE, c’est parce qu’on m’avait proposé d’intervenir à la demi-journée de formation organisée le 25 février à l’atelier CANOPÉ du 91 sur la thématique : « Découvrir les principes de l’escape game pédagogique ».

Je remercie d’ailleurs Sidonie Richon, qui, connaissant mon souhait de m’inscrire en tant que stagiaire à cette demi-journée, m’a finalement proposé d’y avoir un rôle… disons plus actif 😉

La demi-journée s’organisait en deux temps :

  • présentation des principes de l’escape game pédagogique avec plusieurs exemples
  • participation à l’escape game « Corps en mouvement » proposé par la Petite Galerie du Louvre et installé à l’atelier

Dans ma présentation, que vous retrouverez ci-dessous, je revenais donc sur les principes de l’escape game, sur quelques éléments à prendre en compte dans la réalisation d’un escape game, sur deux exemples menés au lycée et déjà présentés sur ce blog, et sur le fameux escape game réalisé par les élèves de Première L dans le cadre de leurs TPE.

Semaine de la presse : expositions et ressources

Comme je l’ai indiqué en début d’article, je ne présenterai que très succinctement mes séances avec les élèves.

Je l’avais annoncé au mois de janvier : j’ai proposé comme chaque année juste après l’inscription du lycée, une présentation à mes collègues avec possibilité d’organiser des séances via un Google Form.

Comme la semaine de la presse coïncidait pour nous avec la semaine du bac blanc, je m’attendais à peu de retours…

J’ai finalement un certain nombre de projets :

  • avec les 2ndes : des séances en EMC sur les fake news et en anglais sur la presse anglo-saxonne
  • avec les 1L : des séances sur la liberté de la presse, la presse étrangère, les Unes de presse et le parcours Désinformation
  • avec les 1ES : des séances en anglais sur la presse anglo-saxonne, et la suite du projet #DamasEinstein sur les pratiques informationnelles en EMC/SES
  • avec les 1S : le parcours Désinformation et (en cours d’élaboration) un travail sur les fake news
  • enfin avec une classe de 1STMG, des séances sur la propagande, les rumeurs et les fake news.

Je reviendrai sur ces séances à la mi-avril.

Exposition au CDI

La thématique cette année étant « L’information sans frontières ? », j’ai proposé à l’ensemble de mes collègues de langues d’aller faire un petit tour à l’aéroport d’Orly (à environ 30 minutes de chez moi en voiture) pour y glaner quelques numéros de presse étrangère pour chaque langue vivante enseignée au lycée.

J’ai donc fait ma petite expédition le lundi 11 mars, puis j’ai installé l’exposition au CDI le mardi 12 mars.

Voilà un aperçu des installations au CDI :

En complément de cette exposition, j’ai proposé sur le portail E-SIDOC du CDI une présentation sur Genial.ly avec quelques ressources, le lien du parcours Info’sphère réalisé l’an dernier avec Sandrine Duquenne, et une sélection de sites pour vérifier l’information :

J’ai également laissé en place les ressources que j’avais installées au CDI en février dans le cadre du Safer Internet Day :

Voilà pour la mise à disposition des ressources dans le cadre de la #SPME2019.

Séances

Très rapidement, je reviens sur les séances que j’ai animées ce mois-ci, en dehors des séances #SPME2019 :

  • 1H de séance de formation à la recherche pour les 2ndes sur la thématique de la tragédie (qui vient compléter la première heure, celle-ci ayant eu lieu au mois de février).

Animations

Parallèlement à la Semaine de la presse, j’ai laissé installées certaines animations et en ai proposées d’autres.

Puzzle participatif

Mis en place le 12 février, ce puzzle a trouvé son public.

Même si le challenge de 1000 pièces à placer en 10 jours n’a pas été atteint, j’ai un petit groupe d’irréductibles qui progressent à leur rythme, comme en témoignent ces quelques photos :

Et l’infographie que j’ai réalisée sur Piktochart pour inciter d’autres élèves (voire des enseignants) à participer :

Exposition « Femmes écrivains »

Pour finir avec les animations proposées au mois de mars, voici ce que j’ai installé, bien après la journée internationale des droits des femmes (qui tombait pendant les vacances) mais c’était quelque chose qui me tenait à cœur depuis un moment – surtout depuis que le fonds s’est enrichi des derniers éléments de la collection à l’initiative de Laure Adler.

Pour l’occasion, j’ai recyclé deux affiches Lecture :

Et j’en ai réalisé deux autres, la première sur les femmes écrivains :

La seconde s’appuyant sur une citation de Marguerite Duras :

Voilà ce que donne l’expo une fois installée :

J’en termine pour cet article avec ma marotte #LudoDOC, ayant eu ce mois-ci une visioconférence avec mes comparses…

#LudoDOC

Nous avons poursuivi l’alimentation du site avec un article de Bénédicte Langlois sur la Semaine de la presse.

Nous allons bientôt publier un autre article #SPME2019 ainsi qu’une série d’articles sur le site, selon une thématique bien particulière et en lien avec le thème de cette année de Ludovia16.

Je vous redonne ici quelques infos, déjà évoquées dans l’article précédent :

Si vous souhaitez envoyer votre témoignage de profdoc sous la forme d’une interview, d’un texte, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à l’adresse suivante :

collectif.ludodoc@gmail.com

Si vous voulez nous présenter un projet pour que nous puissions continuer à nourrir le site en articles valorisant des profs docs, vous pouvez compléter le formulaire directement sur la page d’accueil de #LudoDOC :

Accueil

Enfin, si vous souhaitez participer au prochain événement associé #LudoDOC en août 2019 à Ludovia, remplissez dès maintenant le formulaire ci-dessous :

https://goo.gl/forms/ViF5K67xtVx86cBl2

J’en profite pour vous rappeler l’existence de la cagnotte sur Leetchi afin de nous permettre de faire vivre ce collectif et de vous accueillir dans les meilleures conditions possibles à Ludovia : n’hésitez pas à participer !

https://www.leetchi.com/c/ludodoc

En espérant vous retrouver nombreux cette année, à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Cartographie cinéphile

Cet article cinéphile de mars m’a été inspirée par le Dictionnaire de la Fantasy, publié par les éditions Vendémiaire et dont j’ai parlé en décembre dernier.

L’une des entrées de ce dictionnaire m’a semblé être le point de départ idéal du compte-rendu de lecture des deux ouvrages dont traitera cet article.

Imaginaire de la carte

Sans surprise, l’auteur de cette entrée est Florian Besson, co-auteur en 2018 de Kaamelott : un livre d’histoire, ouvrage également publié chez Vendémiaire, et dont j’aurai peut-être l’occasion de vous reparler.

Il s’agit de l’entrée « Cartes », qui pour moi, dans ce dictionnaire, s’est démarquée dès ma première lecture, et qui, deux mois après, me reste en tête.

J’en reprends ici les principaux arguments, juste après une introduction de l’auteur sur la carte de la Terre du Milieu de Tolkien et la carte qui figure au générique de Game of Thrones :

La carte plaît parce qu’elle est une invitation au voyage : ses toponymes mystérieux et ses sonorités exotiques évoquent des horizons lointains et promettent au lecteur un beau dépaysement […]

La carte intrigue, fascine, piège l’imagination, pousse à l’exploration. […]

Gage d’authenticité, la carte vient avant tout garantir le réalisme du monde créé par l’auteur : l’univers fictionnel se voit doté d’une géographie précise, où prennent place des langues et des religions spécifiques. […]

Pour autant […] ces représentations cartographiques sont en réalité contemporaines. Les cartes des cycles fantasy sont ainsi presque systématiquement orientées vers le nord, souvent ornées d’une belle rose des vents, alors que ce sont là des conventions cartographiques propres aux systèmes de représentations occidentaux […] les auteurs eux-mêmes sont pris à leur propre piège, séduits par le potentiel de la carte et placés de ce fait dans l’impossibilité presque absolue de ne pas en proposer au moins une.

C’est cette évocation des cartes dans l’univers de la fantasy qui a, d’une certaine manière, structuré ma pensée et qui me permet aujourd’hui de vous faire le compte-rendu de deux lectures.

La première découle directement du Dictionnaire de la Fantasy et a suivi une autre lecture : Game of Thrones : de l’histoire à la série.

Game of Thrones : l’imaginaire en cartes

Il s’agit moins d’un livre que d’un coffret, et lorsqu’on l’ouvre, celui-ci est assez spectaculaire.

Game of Thrones : les cartes du monde connu a été publié en 2015 chez Huginn & Muninn, une maison d’édition franco-américaine principalement connue pour ses ouvrages (parfois des énormes pavés dont l’achat est bien évidemment indispensable à tout fan qui se respecte) sur Harry Potter.

Huginn & Muninn est une référence en terme de lecture pour les geeks et les amateurs de pop culture. C’est elle qui a publié les premiers livres consacrés à Game of Thrones (la série télévisée) et qui a donc proposé en 2015 ce coffret.

12 pages, la lecture en pourrait être vite expédiée, et l’on pourrait penser qu’hormis pour les fans absolus et invétérés de la série, elle peut prêter à sourire.

12 cartes à déplier, les unes offrant un plan d’ensemble de l’univers d’Essos et de Westeros, les autres zoomant au-delà du mur ou sur Port-Réal et ses différents quartiers – à force de voir et revoir la série en version originale, les noms en version française me sont devenus moins familiers.

Finalement, on peut se prendre au jeu, suivre du doigt les itinéraires de nos personnages favoris, se perdre dans les territoires vallonnés de l’Ouest, et répondre à l’invitation de Cédric Delaunay dans la première partie de son ouvrage Game of Thrones : de l’histoire à la série, très justement nommée « La carte et le territoire » :

Admirons les luxuriantes cités de Braavos et de Port-Réal ; ébahissons-nous de la majesté du Mur, foulons les vastes steppes semi-arides d’Essos que hantent depuis des millénaires les cavaliers dothrakis ; festoyons dans les luxuriantes plaines du Conflans ; partons dans un monde imaginaire aussi beau et divers que le nôtre…

Invitation qu’avait déjà lancé Nota Bene dans l’un de ses épisodes « Motion VS History » (attention pour ceux qui le découvrirait maintenant, l’épisode date de 2015, comme notre livre de chez Huginn & Muninn) qui se penchait aussi sur les différents territoires de cet univers, avec l’aide du Cartographe, une autre chaîne YouTube :

C’est à cette invitation que propose également de répondre le deuxième ouvrage sur lequel se penche cet article, en s’immergeant non plus dans l’univers d’une série télévisée, mais en embrassant, sinon la totalité, du moins les infinies possibilités de l’univers cinématographique.

Pays et villes au cinéma

J’avais déjà consacré plusieurs articles à des itinéraires cinématographiques, imaginant quel film serait le plus représentatif pour moi de tel ou tel pays, circulant dans telle ou telle ville avec un ou plusieurs films en tête, voyageant avec un auteur de la côte est à la côte ouest des États-Unis, accompagnée par Hitchcock…

Lorsque l’on s’intéresse au cinéma français, japonais, italien, ou américain, les décors sont rarement absents : on voyage avec Le Parrain de la Sicile aux quartiers de New-York, on déambule dans Paris avec les Quatre-cents coups et Hôtel du Nord, on suit Cary Grant depuis le siège de l’ONU jusqu’au mont Rushmore dans La Mort aux trousses…

Et lorsqu’on peine à retrouver la bonne rue, le bon quartier, on peut de temps en temps compter sur Blow Up – encore, et toujours Blow Up – pour nous faire faire un tour d’horizon de Londres, Venise, Berlin, San Francisco ou New York au cinéma.

Enfin, si l’on veut se plonger dans un pavé consacré aux villes qui ont un jour figuré à l’écran, on peut tenter de retrouver le livre que Thierry Jousse (aux commandes de Blow Up, tiens tiens) et Thierry Paquot avaient publié en 2005 aux éditions des Cahiers du cinéma :

La Ville au Cinéma explorait la représentation de la ville à l’écran en faisant collaborer plus de 85 auteurs, des universitaires, des cinéphiles et des critiques. Cette encyclopédie était construite en cinq parties :

  1. Filmer, montrer, représenter
    Lumière, Décor, Histoire, Montage, Musique de film…
  2. Genres et écoles
    Film noir, Science-fiction, Banlieue, Western…
  3. Lieux et personnages
    30 courts textes personnels d’Aéroport à Voisinage
  4. Villes cinématographiques
    55 portraits d’Abidjan à Washington, en passant par Buenos Aires, New York, Taipei…
  5. 50 cinéastes urbains
    50 notices biographiques de Woody Allen à Wong Kar-wai.

Si vous avez l’occasion de mettre la main dessus, elle vous propose un beau voyage…

Mais je n’en suis toujours pas à ma deuxième lecture, qui, elle, proposait un voyage quelque peu différent.

Cinéma en cartes

Imaginez que vous quittez le monde réel, que vous laissez de côté les pays, les villes, les rues pour vous abandonner à une autre forme de géographie et que vous voyagez d’un film à l’autre simplement en allant du domaine du drame aux plaines de l’aventure, en faisant un détour par la péninsule initiatique.

C’est tout le propos de Movieland, de David Honnorat, publié aux éditions Hachette en octobre 2018.

Pour vous plonger dans ce petit bijou, laissez-vous guider par votre imagination, fermez les yeux (entre chaque paragraphe) et suivez l’itinéraire de votre choix. En dehors de la carte – là encore à déplier – proposée par David Honnorat, le livre ne vous proposera pas d’images, une manière encore plus décisive de vous inciter à voir ou revoir les films dont il vous parle.

Et d’ailleurs, de quoi vous parle-t-il ? Le mieux est de lui laisser la parole :

Pour ceux qui souhaiteraient voir à quoi ressemble cette carte en ligne, rien de plus simple :

Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le sujet (en anglais), c’est par ici.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est d’avoir pris presque au pied de la lettre cette idée d’itinéraires, notamment dans la présentation. Il s’agit d’un croisement entre chemins de randonnées et sélections thématiques, avec temps, niveau de difficulté et prolongements possibles. Les 50 itinéraires thématiques proposés sont d’ailleurs classés du spectateur débutant au spectateur expert, en passant par le spectateur confirmé.

Un exemple :

Je choisis dans la partie « Spectateur débutant » l’itinéraire « Spoiler Alert ! » qui me propose un parcours de 16 heures et 34 minutes (difficulté 1 étoile, mais destiné à un public averti – sexe, violence ou spoilers) avec 9 films, de Citizen Kane à L’Empire contre-attaque en passant par Sixième sens, Les Diaboliques ou Usual Suspects.

On me propose ensuite soit :

  • l’itinéraire « Héros en cape » de Batman à Superman (« Spectateur débutant » 24 heures et 15 minutes, 11 films, difficulté 1 étoile, tous publics)
  • l’itinéraire « Le regard des juges » de Fenêtre sur cour à Caché (« Spectateur averti », 16 heures et 53 minutes, 9 films, difficulté 4 étoiles, public averti – violence)
  • l’itinéraire « Modern warfare » d’Il faut sauver le soldat Ryan à Outrages (« Spectateur expert », 22 heures et 53 minutes, 11 films, difficulté 5 étoiles, public averti – violence)

Un index permet en fin d’ouvrage de cocher les films déjà vus.

Voilà pour le très beau Movieland, un de mes coups de coeur de début 2019, dont le seul point faible est la couverture, un peu fragile.

Je remercie David Honnorat de m’avoir offert avec ce livre de quoi matérialiser mes associations d’idées cinéphiles, et de répondre parfaitement à ce que dit Florian Besson, déjà cité au début de cet article :

La carte plaît parce qu’elle est une invitation au voyage : ses toponymes mystérieux et ses sonorités exotiques évoquent des horizons lointains et promettent au lecteur un beau dépaysement […]

La carte intrigue, fascine, piège l’imagination, pousse à l’exploration.

Merci pour l’invitation et merci pour le piège, très réussi !

En vous souhaitant un beau dépaysement et de belles lectures, je vous dis à bientôt sur Cinéphiledoc !

Février 2019 : séances et animations du CDI

Pour ce mois de février qui a filé très vite, je vais vous présenter un peu plus en détails le projet que j’ai mené avec Perrine Chambaud, #profdoc dans l’académie de Guyane et qui constitue, avec « Adopte un poilu », mon autre projet phare de l’année.

Avant toute chose, je vais revenir sur les quelques animations que j’ai pu mettre en place entre la fin janvier et la fin février.

Animations

  • Mini-exposition Mendeleïev

À la demande d’une de mes collègues de physique-chimie, j’ai proposé un temps fort au CDI autour de l’année internationale du tableau périodique des éléments.

J’ai donc proposé aux élèves une sélection de ressources, ainsi qu’une présentation intégrée sur la page d’accueil d’E-SIDOC sur Dmitri Mendeleïev et son tableau périodique.

Ces ressources ont été proposées aux élèves de la mi-janvier au 22 février.

  • Safer Internet Day

Pour le Safer Internet Day, j’ai proposé aux élèves quelques affiches, une table de documents et une sélection de marques-pages que j’avais déjà proposés l’an dernier pour la semaine de la presse : chacun propose une information insolite sur un outil connu des élèves : Google, YouTube, Twitter et Wikipédia.

  • Un mois, une découverte littéraire : Jules Verne

J’ai repris avec retard la valorisation de mon fonds littérature en proposant une sélection autour de Jules Verne et de la science-fiction.

Pour cette sélection, à chaque fois : une citation et un renvoi vers des lectures en ligne sous forme de QR-codes à flasher.

  • Puzzle participatif

Enfin, pour cette partie animation, j’en viens à un dispositif qui a eu son petit effet et dont je dois l’idée à Anne-Lise Dupont qui l’a relayé sur Twitter : l’installation d’un puzzle participatif au CDI.

Même si les élèves n’ont pas pu terminer le puzzle dans les temps impartis – ce qui le fait rester au CDI un peu plus longtemps, ils ont beaucoup apprécié cette initiative et plusieurs ont demandé que d’autres puzzles soient mis à leur disposition.

Séances et présentations

Rapidement je reviens sur quelques séances que j’ai animées ou auxquelles j’ai assisté, avant d’en arriver au projet « Parcours croisés » :

  • poursuite des séances de formation auprès des élèves de seconde : j’ai déjà vu deux classes, j’ai commencé pour deux autres (suite des séances après les vacances)
  • poursuite des séances d’arts visuels : écriture d’un scénario, histoire du cinéma, construction d’un thaumatrope et d’un flipbook et visionnage de La Rose pourpre du Caire
  • fin des séances de TPE. J’ai assisté à un oral de TPE d’élèves de 1L qui avaient comme production et présentation un escape game. J’en dirai plus le mois prochain.

Voilà pour ces quelques séances, j’en viens au projet « Parcours croisés ».

Parcours croisés

Comme je l’avais brièvement évoqué dans l’article précédent, « Parcours croisés » est un projet à quatre mains (voire bien plus) que nous avons élaboré avec Perrine Chambaud autour des pratiques informationnelles.

Comme je le précisais le mois dernier :

C’est un projet mené en collaboration avec Perrine Chambaud, professeure documentaliste, et des enseignants d’histoire-géo, SES et EMC, qui implique une classe de première ES et qui a pour but de les faire échanger sur différents supports de communication avec les élèves de 1ES du lycée Gontran Damas de Rémire-Montjoly (académie de Guyane) en prenant appui sur divers éléments des programmes disciplinaires.

Vous en avez eu un bref aperçu avec les échanges sur Twitter des deux classes respectives.

Il est maintenant temps d’en dévoiler davantage.

La marmite de cogitations des Parcours croisés

Depuis mai dernier, nous réfléchissons à l’élaboration de ce projet avec Perrine. Nous avons mis sur le même document nos premières idées, nos envies, nos ébauches de collaboration inter-disciplinaires, les outils que nous voulions mettre en place, le calendrier.

Cela s’est compliqué avec l’annonce de mon rendez-vous de carrière, initialement prévu pour janvier, et décalé du fait des événements de décembre, à début février. En effet, je trouvais intéressant que l’inspectrice assiste à l’une des séances qui se déroulaient dans le cadre de ce projet.

Nous avons donc organisé la séance initiale : la prise de contact sur Twitter, puis j’ai envoyé notre « marmite de cogitations » en guise de scénario pédagogique. Cela me semblait plus pertinent et plus intéressant qu’une simple grille de scénario.

Et donc voilà le bébé :

Projet “Carnets croisés de pratiques informationnelles”

Les temps forts du projet

  1. Prise de contact : sur Twitter (mi janvier)
  2. Janvier-février : phase 1, programme de géo. Présenter son territoire de proximité sur un Padlet, soit en hiérarchisant l’information et en utilisant les colonnes du Padlet (côté Guyane), soit en déposant sur le Padlet des infographies réalisées sur Piktochart (côté Versailles)
  3. Mars-mai : phase 2, programme de SES/EMC : participer à des enquêtes croisées de pratiques informationnelles et traiter les résultats.
  4. Valorisation et poursuite du projet : ce projet fait l’objet de publications régulières sur un blog hébergé par l’académie de Versailles. L’idée est de continuer à nourrir ce blog par les prolongements qui pourront être mis en place l’an prochain ou les années à venir.

Rendez-vous de carrière : phase 1, séance 2

Cette séance a eu lieu le 14 février 2019, avec la classe de 1ES1 et en collaboration avec ma collègue d’histoire-géo.

Pour cette séance, je me suis appuyée sur deux documents que j’ai mis à disposition des élèves, afin qu’ils réalisent des infographies sur leurs territoires de proximité à l’aide du logiciel Piktochart.

Sur l’écran « professeur » de la salle : les deux documents d’aide, ClassroomScreen et les deux Padlets, côté Damas et côté Einstein.

Sur les ordinateurs des élèves : un dossier, avec à leur disposition les deux documents d’aide en version numérique et des images déjà téléchargées dont la réutilisation était autorisée.

Déroulé de la séance :

  1. Présentation des documents d’aide
  2. Mise en activité des élèves en autonomie
  3. Reprise : sauvegarde des infographies, présentation des travaux réalisés par leurs camarades de Guyane. La finalisation des infographies devait avoir lieu le lendemain dans la même salle.

Cette séance s’est très bien passée, avec une classe comme d’habitude vivante, réactive et dynamique, qui ne s’est pas laissée impressionner par la présence de l’inspectrice et de la proviseure.

Encore un grand merci à Perrine de m’avoir permis de présenter une partie de ce projet pour mon rendez-vous de carrière.

Publications et valorisation

Voici les travaux réalisés sur Padlet par les élèves de Guyane :

Je rajouterai le Padlet côté Einstein quand il sera finalisé pour nos élèves.

Voici le site qui présente au fur à mesure l’ensemble du projet (et sur lequel il faut que j’ajoute les éléments les plus récents) :

http://blog.ac-versailles.fr/damaseinstein/index.php/

La phase 2 du projet est en cours de construction, avec déjà un collègue de SES qui a réalisé une enquête auprès de la classe et dont les résultats, ainsi que l’enquête, ont été communiqués aux collègues de Guyane.

L’inspectrice a émis le souhait que pour Versailles, le projet fasse l’objet d’une publication sur le site académique des professeurs documentalistes.

J’espère n’avoir rien oublié : je laisse Perrine me corriger dans le cas contraire !

Réunions et autres activités professionnelles

Voici les réunions que j’ai animées ou auxquelles j’ai assisté ce mois-ci, ainsi que les autres activités (au CDI ou en dehors) que j’ai pu mener.

Activités :

  • deux commandes de nouveautés, principalement pour alimenter le rayon histoire-géo
  • mise en forme des résultats de l’enquête mené auprès des enseignants dans le cadre de l’élaboration de la politique documentaire du lycée

  • 5 février : co-animation d’une formation sur la construction d’une progression en EMI auprès des néo-titulaires deuxième année en documentation (groupe du 91)

Réunions :

  • 6 février : j’ai assisté à une animation sur les Tiers Lieux au lab 110 Bis
  • 7 et 8 février : co-animation du séminaire des IAN Documentation

#LudoDOC

Je profite de cet article pour faire un petit point sur le collectif #LudoDOC, qui avait pris ses quartiers d’hiver du fait de nos nombreuses activités respectives, et qui commence à se réveiller.

Nous allons bientôt publier une série d’articles sur le site, selon une thématique bien particulière et en lien avec le thème de cette année de Ludovia16.

Je vous redonne ici quelques infos, déjà évoquées dans l’article précédent :

Si vous souhaitez envoyer votre témoignage de profdoc sous la forme d’une interview, d’un texte, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à l’adresse suivante :

collectif.ludodoc@gmail.com

Si vous voulez nous présenter un projet pour que nous puissions continuer à nourrir le site en articles valorisant des profs docs, vous pouvez compléter le formulaire directement sur la page d’accueil de #LudoDOC :

Accueil

Enfin, si vous souhaitez participer au prochain événement associé #LudoDOC en août 2019 à Ludovia, remplissez dès maintenant le formulaire ci-dessous :

https://goo.gl/forms/ViF5K67xtVx86cBl2

J’en profite pour vous signaler l’ouverture d’une cagnotte sur Leetchi afin de nous permettre de faire vivre ce collectif et de vous accueillir dans les meilleures conditions possibles à Ludovia : n’hésitez pas à participer !

https://www.leetchi.com/c/ludodoc

En espérant vous retrouver nombreux cette année, à très bientôt sur Cinéphiledoc !

Courses-poursuites et arrêts sur image

Pour ce premier article cinéphile de 2019, je vous propose un petit retour sur deux publications de 2018, que j’ai souhaité associer.

Et si j’ai choisi ces deux publications, c’est parce qu’elles s’intéressent, selon moi, à deux aspects du cinéma, sinon contradictoires, du moins complémentaires, à savoir, les courses-poursuites, ces moments où tout s’accélère, et les arrêts sur image, ou du moins les plans cultes du cinéma, où l’oeil du cinéaste semble se figer pour nous désigner quelque chose à garder en mémoire.

Je vous propose donc de commencer par une bonne course, pour ensuite nous détendre et nous délecter de quelques plans d’anthologie.

Courses-poursuites au cinéma

L’ouvrage consacré à ces moments d’accélération et d’adrénaline qui m’intéressent aujourd’hui est un petit livre publié en mai 2018 chez Aedon productions / La Septième obsession, dans la collection Détails : il s’agit des Courses-poursuites au cinéma, de Nicolas Tellop.

J’ai eu beaucoup de plaisir à voir qu’un deuxième opus de cette collection était sorti. En effet, en juillet 2017, Aedon productions avait publié Les Mains au cinéma, de Sandrine Marques.

Ces petits ouvrages sympathiques, qui mettent en lumière l’une des obsessions du septième art (comme l’indique si justement l’autre nom de cette maison) et s’intéressent à des détails qui peuvent paraître triviaux au profane, sont pour moi la continuité des vidéos que propose la chaîne Blow Up sur YouTube, chaîne dont j’ai déjà abondamment parlé, et j’en profiterai pour ponctuer ce compte-rendu de quelques exemples…

J’avais déjà « encensé » et présenté en long, en large et en travers cette chaîne YouTube, à l’occasion justement de mon compte-rendu sur les Mains. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, c’est par ici :

Jeux de mains, jeux de cinéma

Blow Up est l’une des pépites qui nous a été offertes par la chaîne Arte, et qui, à mon sens, devrait être toujours un peu plus connue, au même titre que l’émission Personne ne bouge (qui malheureusement a été arrêtée) ou encore Stumm, le magazine du cinéma muet.

Bref, régulièrement Arte – qui lorsque j’étais petite avait à mes yeux l’étiquette de chaîne intello – propose des petits bijoux de culture.

Et ça y est j’ai perdu le fil… j’en étais à vous parler de ce petit livre de Nicolas Tellop sur les courses-poursuites.

Le coup de génie de cet ouvrage, qui, comme le précédent sur les mains, propose une sélection de films en lien avec la thématique retenue, c’est de rappeler l’évidence : la course fait partie de la vie, et a fortiori du cinéma.

Je suis convaincue que chacun de nous, s’il ferme les yeux, peut voir une scène de marche ou de course au cinéma. Pour ma part, je vois la scène finale des Quatre-cents coups, avec Antoine Doinel qui court sur la plage, et les jambes des femmes de L’Homme qui aimait les femmes :

Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.

Mais mon univers n’est pas exclusivement truffaldien, et j’ai retrouvé, parmi les films que cite Nicolas Tellop, beaucoup de souvenirs.

La chronophotographie, et les travaux de Marey et de Muybridge, sont la première étape de son voyage.

Ce que j’ai apprécié dans ce livre qui propose une petite sélection subjective, c’est de citer des films de tous genres et de toutes époques, du Mécano de la Général à Baby Driver, et cela sans exclure les cartoons de la Warner et de Tex Avery.

On y retrouve quelques monuments d’anthologie, à savoir La Chevauchée fantastique, Duel ou Matrix, pour ne citer qu’eux, et si l’auteur choisit tel film plutôt que tel autre, il n’est pas avare non plus de références ou de clins d’oeil au détour d’une page.

Le tout se lit agréablement, en reprenant de temps en temps son souffle d’une scène à l’autre, et en se remémorant encore d’autres scènes de courses-poursuites, pour moi une des premières scènes du Cirque de Chaplin :

(j’en profite, nouvelle digression, pour rappeler que la chaîne YouTube Charlie Chaplin Official a réalisé en décembre 2017 un superbe abécédaire, en anglais et en français sur Chaplin)

ou encore les scènes de poursuite de La Mort aux trousses, et pas seulement celle avec l’avion, mais aussi celle au sommet du mont Rushmore :

Et ceci me permet de faire la transition avec ma deuxième lecture, parue elle en novembre 2018.

De la course à l’instant

Lorsque j’ai appris que François Theurel, alias Le Fossoyeur de films – sortait un livre, je l’ai immédiatement commandé.

Bien que je ne maîtrise pas toujours les sujets qu’il aborde dans ses vidéos, et que je n’ai pas toujours vu les films qu’il évoque, j’aime sa façon de parler du cinéma.

J’apprécie particulièrement ses anciens numéros où il abordait le film noir ou la mythologie au cinéma, j’ai adoré ses vidéos postées sur DailyMotion, Film wars.

J’aime beaucoup aussi ses apartés :

ou encore des épisodes du Fossoyeur consacrés à Zardoz, aux nanars, et mes deux préférés : Dracula et Le Nom de la rose.

Dans T’as vu le plan ? : 100 plans cultes (ou pas) et ce qu’ils nous apprennent sur le cinéma, publié en novembre 2018 aux éditions Tana, on retrouve dans sa manière d’écrire sur le cinéma, sa manière de nous parler du cinéma. Et déjà c’est un plus.

Ensuite, bien évidemment, on retrouve sa sélection subjective de plans au cinéma. Il y avait donc un certain nombre de films que je n’avais pas vus et sur lesquels je ne pouvais pas juger cet ouvrage. Mais ce sont autant de films que j’ai eus envie de découvrir.

Et je me suis raccrochée à ceux que je connaissais déjà.

Le livre est construit en 9 parties :

  1. Plans cultes
  2. Plans claques
  3. Prouesses
  4. Plans tableaux
  5. Détails géniaux
  6. Temps
  7. Quatrième dimension
  8. Dommage
  9. Fragments d’enfance

Chaque double page est consacrée à un plan culte : à sa façon, François Theurel nous présente le plan, et il en profite pour nous glisser quelques notions clefs du cinéma : travelling, champ-contrechamp, spoiler, grand angle, etc.

Parmi ces films, et à vous de retrouver dans quelles parties ils se trouvent, j’ai retrouvé Orange mécanique, Blade Runner, Psychose, La Communauté de l’anneau, Aliens, Steamboat Bill Jr, La Vie aquatique, Harry Potter et la coupe de feu, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Le Septième sceau, Les aventuriers de l’arche perdue, ET l’extraterrestre, Star Wars épisode II, X-Men, Shutter Island, Le Nom de la rose, Monty Python : Sacré Graal ! et West Side Story.

C’est donner une idée déjà de la diversité des plans choisis par François Theurel. C’est dire aussi si le lecteur, même néophyte, peut s’y retrouver.

Le fossoyeur nous entraîne de Kubrick à Hitchcock en passant par Bergman ou Spielberg.

Le choix de Psychose m’a fait repenser à un formidable documentaire, là encore diffusé sur Arte : 78/52, disponible en DVD, avec pour synopsis ce qui suit :

En 78 plans et 52 coupes, la scène culte du meurtre sous la douche de Marion Crane par Norman Bates dans Psychose, chef-d’oeuvre de montage, est une scène légendaire qui a bouleversé à jamais les codes du cinéma mondial. Profanant avec délice le sanctuaire blanc de la salle de bains, le maître du suspense Alfred Hitchcock libérait dans cette scène une libido et une agressivité refoulées sous le carcan victorien. Sentant l’époque changer, à l’aube d’une décennie 1960 marquée par les violences raciales et les émeutes, il envoyait aussi un message à une Amérique jugée trop candide : même sous la douche, on n’est plus en sécurité !

Je recommande ce documentaire à tous les amateurs d’Hitchcock, et j’en reviens au livre du fossoyeur.

Chaque page est illustrée du plan en question, et à l’image de Boby Lapointe dans Tirez sur le pianiste, premier chanteur sous-titré, François Theurel est, sauf erreur de ma part, l’un des premiers à faire un livre souligné.

Si l’on entend aussi bien sa voix lorsqu’on le lit, c’est grâce à ces simples effets de police : texte souligné, majuscules, phrases mises en exergue et ponctuant le texte avec érudition, aparté, et humour (« Je répète, ce n ‘est pas un exercice : LA MORT SCIE UN ARBRE »).

J’ai adoré retrouver le regard caméra d’Alex dans Orange mécanique, et comme pour le premier livre sur les courses-poursuites, les détails et les plans choisis sont inattendus, m’ont rappelé des instants des films dont je ne me souvenais pas forcément (la mort qui scie un arbre dans Le Septième sceau, le moine sens dessus dessous dans Le Nom de la rose) et en ont immédiatement évoqués d’autres.

Pour moi évidemment, des films de Truffaut, d’Hitchcock, de Chaplin, mais aussi les plans hauts en couleurs de Wes Anderson, l’atmosphère de Barry Lyndon chez Kubrick, des dessins animés aussi bien de Disney, Miyazaki, encore une fois les cartoons de la Warner et de Tex Avery, le plan sur Bogart dans Casablanca, le plan sur Bacall dans Le Port de l’angoisse, les épisodes de la trilogie de Star Wars, et plus récemment tous les films de Christopher Nolan et La Forme de l’eau, pour ne citer qu’eux.

Pour tous ces instants de cinéma, pour ces courses-poursuites et ces moments suspendus, merci à Nicolas Tellop et à François Theurel.

J’espère avoir suscité chez vous un nombre infini de souvenirs cinéphiles et je vous laisse les savourer…

À bientôt sur Cinéphiledoc !

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