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Atelier lecture inter-niveaux

Parmi mes favoris sur la page d’accueil (et d’ailleurs toutes les autres pages de ce blog), on trouve mentionné, en dessous du portail E-SIDOC du CDI, un autre lien en relation avec le collège : La CLAsse : atelier lecture.

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Ce blog fait partie intégrante d’un projet que j’ai mis progressivement en place au collège, et dont la présentation aux élèves concernés a été faite hier et aujourd’hui. Ce sont des élèves de CLA, c’est-à-dire Classe d’accueil : ce sont des élèves venus de différents pays, ne parlant pas français pour la plupart d’entre eux, et qui sont regroupés pour un an dans cette classe, avec un enseignant référent. A certaines heures, ils sont avec lui. A d’autres heures, ils sont dans la classe et le niveau qu’on leur a attribué. Au bout d’un an, ils sont sortis du dispositif et rejoignent une classe à temps plein. Ils peuvent bénéficier d’heures de soutien (deux à trois heures par semaine).

En disant cela, j’ai déjà justifié une partie du titre du blog : la CLAsse, avec les trois premières lettres en majuscule. La CLAsse, c’est à la fois pour désigner le groupe – cette classe et pas une autre – et pour signaler qu’eux aussi peuvent en quelque sorte, avoir la classe… Pour la deuxième partie, il faut que j’explique la nature de ce projet et ses objectifs :

Il s’agit d’un projet en collaboration avec l’enseignant référent des élèves de CLA et les deux professeurs de français et qui ont à charge les cours de soutien pour les élèves sortis du dispositifs. En tout, un peu plus d’une quarantaine d’élèves : 30 en CLA, une dizaine en soutien.

Les objectifs sont les suivants :

    • faire travailler des élèves sur la forme courte du conte ou de la nouvelle et leur donner une expérience de lecture en français ;

    • leur donner accès, à la suite de ces lectures, à une expérience d’écriture personnelle ;

    • les familiariser avec le CDI dans le cadre du collège et avec l’utilisation d’un outil de publication en ligne (le blog) ;

    • rendre les élèves de CLA et soutien CLA visibles au sein de l’établissement par la mise en valeur de leur travail.

Ce projet a donc nécessité au début de l’année, à partir du mois de septembre, l’acquisition d’ouvrages bilingues pour les élèves concernés et le repérage d’ouvrages unilingues d’un accès aisé (albums, contes, nouvelles ou romans en français, de format court). En effet, il faut pouvoir s’adresser tout autant à l’élève qui ne parle ni ne lit la langue française, qu’à celui qui manifeste d’emblée une certaine aisance envers elle. Ensuite, les enseignants se sont répartis les ouvrages et les ont lu, puis ont rédigés cinq questions en français par ouvrage, que j’ai mis en ligne sur le blog.

C’est un projet sur le long terme, au moins trois mois, dont voici le calendrier :

  1. Une séance de présentation du projet aux élèves et de distribution des ouvrages (ainsi que des questions ?). Les élèves auront ensuite un temps de lecture, puis pourront répondre aux questions sous format papier ou numérique. Les questions seront disponibles sur le blog.
  2. Une séance d’échange des ouvrages : les élèves échangent les ouvrages avec leurs camarades et proposent à leur tour cinq autres questions ;
  3. Plusieurs séances (en classes, salle informatique ou au CDI) d’écriture personnelle en français ;
  4. Mise en forme informatique des écrits des élèves ;
  5. Deux formes de publication : un format papier (sous forme de recueil d’histoires) avec des illustrations (?) qui pourra être distribué dans l’établissement et/ou mis à disposition au CDI. Un format numérique (mise en ligne) dans un onglet dédié sur le blog, avec l’accord des élèves et, bien-sûr, avec la citation de leur nom.

C’est donc avec un peu de fébrilité que j’attendais ces séances de présentation et de distribution des ouvrages aux élèves. Les élèves de CLA se sont montrés beaucoup plus curieux et enthousiastes que ceux de soutien. Mais globalement, j’espère les intéresser et surtout les valoriser au sein du collège.

Pour ce qui est du blog, en voici le lien : La CLAsse : atelier lecture.

Tenir salon

rat-de-bibliotheque

Jusqu’à hier se tenait à Montreuil le Salon du livre et de la presse jeunesse, avec comme thématique l’aventure. Ce salon a lieu tous les ans à l’automne, et il fait partie de certaines de ces rencontres et manifestations qui sont des passages obligés pour les professeurs documentalistes, les autres étant :

  • le festival international de la bande dessinée, à Angoulême (faut pouvoir y aller) du 31 janvier au 3 février 2013. En 2013, ce sera la 40e édition de ce festival. La sélection officielle et le programme sont déjà disponibles à cette adresse, ainsi que les accréditations, pour les petits chanceux !
  • le salon du livre, du 22 au 25 mars 2013, à la porte de Versailles. Pour les infos, la liste des auteurs présents (site progressivement mis à jour), c’est par ici.
  • la Semaine de la presse et des médias à l’école (cette année du 25 au 30 mars 2013, avec pour thème « Des images pour informer »). Cette semaine est l’une des occasions de sensibiliser les élèves à la lecture critique des médias, du journal papier à la presse en ligne, en passant par la télévision. Pendant cette semaine, les centres de documentation réceptionnent des journaux et des magazines gratuitement, reçoivent de la documentation pédagogique et peuvent travailler en partenariat avec les professionnels des médias.

En ce qui concerne Montreuil, c’est la 2e fois que je m’y rend. Je l’apprécie surtout parce que, contrairement au salon de la porte de Versailles, j’ai davantage l’impression qu’il est à taille humaine. La seule chose qui me chiffonne un peu, c’est la date : le budget des établissements étant établi sur l’année civile, et non sur l’année scolaire, je trouve difficile de faire des dépenses à cette période de l’année, ce même budget étant généralement déjà clos. J’ai donc récupéré un petit lot de catalogue d’éditeurs, pour me donner des idées d’achats dès qu’il y aura à nouveau des sous.

Par contre, je ne pense pas avoir encore suffisamment de bons réflexes. Lorsque l’on va dans ces salons, on en prend plein les mirettes, c’est un vrai supplice de Tantale. Mais ce que j’ai rapporté n’est pas ce qu’on peut faire de mieux en matière d’originalité : je me suis contentée des dernières demandes des élèves sur le cahier de suggestions – en effet, sur mon bureau, ils peuvent me dire ce qu’ils aimeraient trouver au CDI. J’ai donc rapporté le tome 5 d’Aya de Yopougon :

aya de yopougon

Cette bande dessinée plait beaucoup aux élèves. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est l’histoire d’une jeune fille de 19 ans, vivant à Abidjan, à la fin des années 70. Généralement à la fin du volume on trouve des petites infos comme un lexique de vocabulaire et des recettes de cuisine. J’ai pris le tome 5, qui manquait, avant de pouvoir acheter le tome 6, qui est le dernier paru.

Autre achat BD qui m’était réclamé avec insistance, et qui, lui, est une nouveauté, le tome 6 de Lou :

Lou

C’est l’histoire d’une petite fille et de ses aventures, et qui plait beaucoup aux filles, évidemment, comme Maïa ou Les Nombrils (même si ces dernières sont aussi pas mal consultées par les garçons). Les élèves attendent d’ailleurs impatiemment la suite.

La petite tentative de faire lire autre chose, pas forcément une nouveauté, s’est traduite chez moi par l’achat d’un roman de Terry Pratchett : Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants, que j’ai achetée aux éditions L’Atalante (j’aime beaucoup cette maison d’édition dont j’ai d’ailleurs embarqué le catalogue).

Le fabuleux Maurice

C’est une réécriture du joueur de flûte de Hamelin, avec l’esprit délirant et plein d’humour de Terry Pratchett. Malheureusement, pour l’instant, il n’a pas tenté d’amateurs, mais je ne désespère pas, sachant que ma lectrice la plus fidèle, une petite sixième, est en ce moment plongée dans L’Etrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman.

Voilà pour mes achats, et pour ma visite, qui était tout de même un peu trop expédiée à mon goût, mais j’entends réparer cela l’année prochaine. En effet, j’aime prendre mon temps pour préparer et installer les choses, j’aime quand elles sont bien peaufinées, j’attends donc avec impatience de pouvoir organiser une sortie et une rencontre dès l’année prochaine, avec collègues et élèves.

Humeur potache

Goscinny / Uderzo

En attendant l’heure de l’intense réflexion – en différé – que provoquera la lecture des sujets de CAPES, voici un petit échantillon de l’ambiance du collège où je « sévis » depuis cette rentrée.

Il y a beaucoup de différences entre le lycée où j’étais en poste l’année dernière en tant que stagiaire, et le collège de cette année. Une différence de publics, bien entendu, l’approche n’étant pas la même lorsque l’on gère un CDI de collège et un CDI de lycée : l’inconvénient du collège – encore qu’un collègue me dise que l’on peut aborder tous les sujets avec de la motivation – est qu’on peut, peut-être, moins approfondir les connaissances informationnelles qu’au lycée. Moins de temps ? L’avantage, c’est que le collège est plus « intimiste », la relation avec les élèves est moins distante, et j’apprécie tout particulièrement le fait qu’ils connaissent mon nom, alors que l’année dernière, quand des collègues le mentionnaient, la réponse était généralement « Qui ça ? »

Evidemment, les situations sociales et familiales de certains élèves sont plus difficiles que l’année passée, tout comme l’environnement de l’établissement. Mais je n’aborde pas cette question pour me plaindre de comportements. On m’a souvent dit, durant ma formation, que dans les petits établissements dits « difficiles », l’équipe était soudée, motivée et enthousiaste. Dans ce collège, il y a une foultitude de projets – j’aime le mot foultitude – et d’idées, qui le rendent vivant.

Et concernant l’enthousiasme de l’équipe, administration comprise, je peux en donner un petit aperçu en condensant deux journées types, à la veille des vacances de la Toussaint :

  • 8h : j’arrive au collège après un trajet en voiture d’environ trois quart d’heure. La dernière chanson qui me reste en tête est une gentille bouse des années 80, « Vent de folie ». Je le fredonne, mine de rien, et j’arrive à le mettre dans la tête des deux secrétaires. Journée délirante en perspective : je passerai à intervalle régulier devant le bureau pour rappeler le refrain. Sans m’en douter, j’instaure le rituel de la chanson du jour.

Je me souviens que l’année dernière, pour continuer avec l’esprit musical du rituel de la « chanson du jour », je me disais que ce serait sympa de faire travailler les élèves en musique, et je pensais surtout à des musiques zen ou à des bandes originales.

A la rentrée des vacances, nous avons la surprise d’une nouvelle sonnerie. La précédente était une sonnerie basique, style aéroport « Tu-du-duuuu, tu-du-duuuu ». La nouvelle fait preuve d’une originalité à toute épreuve. Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à l’introduction de la chanson « True colors », version Cyndi Lauper, et non, elle n’adoucit pas les moeurs… elle aurait plutôt tendance à taper sur les nerfs.

  • 10h20 : la récréation du matin. J’apprends que le collègue d’histoire géo, au fort potentiel potache, a piqué le squelette de la salle de SVT, avec la complicité du prof de techno (fort potentiel également) pour le promener dans les couloirs. C’est aussi le prof de techno qui a voulu me convaincre de faire des concours de pas chassés dans les couloirs du rez-de-chaussée.
  • Pause déjeuner : (imaginez plusieurs pauses déjeuner en une seule) un élève demande au collègue d’histoire depuis combien il enseigne au collège. Le collègue, ne voulant pas répondre, dit qu’il ne se souvient plus de sa vie avant. Du coup, j’invente en direct l’histoire du prof d’histoire, né au collège. Ce dernier a servi à protéger la société du collègue, et d’ailleurs c’est pour cette raison que le terrain est radioactif.
  • Plus tard, avec une autre collègue d’histoire, nous allons emballer le bureau de ce dit collègue, puis sa voiture dans du papier cellophane. Le parking des profs donne sur la cour, les élèves nous regardent faire : ils nous considèrent comme des « grands gamins ». La CPE leur rétorque : « Nous sommes pires que vous mais vous ne le savez pas ». Je me contente de répondre à ceux qui me font des remarques que je ne vois pas pourquoi il n’y aurait que les élèves qui auraient le droit de s’amuser.
  • 15h : récréation de l’après-midi. Ambiance flemmarde en salle des professeurs. Un élève frappe à la porte. Je réponds « On n’est pas là ! » J’avoue, c’était tentant…
  • 16h : la vengeance du collègue d’histoire sera terrible. Une fois précédente, j’ai entendu une dame de service crier depuis l’extérieur « Non, c’est sale, c’est sale » et je l’ai vu entrer en trombe, se servant du manche d’un balai comme de la lance d’un chevalier en tournoi… En attendant, les surveillants lui ont déplacé sa voiture et l’ont décorée.

L’heure est agrémentée d’un échange endiablé de répliques cinéphiles avec un surveillant : il ouvre la porte du CDI, me regarde et me dit « Vous connaissez Panomanix ? c’est un… droïde » devant les élèves interloqués… je passe devant le bureau des surveillants, passe la tête et répond : « C’est une bonne situation, ça, scribe ? ». Plus tard, il colle le symbole de V, dans V pour Vendetta sur ma porte.

Evidemment, j’ai condensé un certain nombre (pas que deux) de journées en une seule, pour donner une idée de l’esprit du collège. Mais j’aime beaucoup cette ambiance potache, qui permet de tenir le coup et d’avoir de l’énergie.

Mais bien sûr, il y a aussi, en dehors de ces instants de folie douce, des projets tout à fait (ou presque) sérieux, mais je les garde pour les prochains billets…

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