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Vous êtes toujours fermée !

C’est certainement la phrase que j’ai le plus entendu la semaine dernière. Je dois d’abord souligner combien j’apprécie cette tournure de phrase qui m’assimile au CDI. Le CDI est fermé = Je suis fermée. C’est devenu une blague entre collègues. Je suis ouverte : large sourire, air détendu, mains en offrande. Je suis fermée : visage crispé, bras croisés, air constipé. J’ai essayé de m’imaginer ce que c’était, pour un être humain d’être fermé. Ce qui m’est venu à l’esprit, c’est surtout cette comparaison :

Liberté

Ouvert

Prison

Fermé

J’exagère peut-être un petit peu. J’aime bien aussi les expressions anglaises qui traduisent ouvert et fermé : open-minded / narrow-minded. En anglais comme en français, si l’on utilise l’adjectif ouvert, on ne prend pas son contraire pour désigner… le contraire, on parle de quelqu’un d’étroit. Mais je m’égare.

Pourquoi donc le CDI était-il si souvent fermé ? Je n’était pas malade, je n’étais pas en grève, j’étais physiquement présente au collège, voire au CDI, mais les élèves n’avaient pas accès au CDI. Je résume la semaine :

  • le lundi, le CDI était fermé le matin, parce que j’accompagnais la sortie « Collège au cinéma », mentionné dans cet article ;
  • le mardi, à nouveau fermé le matin : j’étais jury d’oraux, pour le projet sur les énergies, en collaboration avec mes collègues de physique-chimie et de français : c’était la phase finale de ce projet, présenté ici ;
  • le mardi après-midi, j’avais deux heures en séance avec des demi-groupes de 5e, venus pour un travail en SVT ;
  • même chose pendant deux heures le jeudi (matin et après-midi) et pendant une heure le vendredi (matin) ;
  • le jeudi soir, de 15h à 17h, le CDI est réservé aux élèves de 3e DP (découverte professionnelle).

Au total, sur trente heures d’ouverture en temps normal, le CDI n’en a assuré que 16. Du coup, j’ai du faire face aux reproches des élèves qui veulent venir pendant leurs heures de permanence, et qui trouvent, soit porte close, soit le CDI déjà occupé par une classe. Et j’ai dû promettre que, oui, la semaine d’après, soit cette semaine, le CDI serait ouvert ! Malheureusement, il faudra prendre en compte à nouveau projets et réunions.

  • ce lundi après-midi, de 15h à 16h, je vais en salle informatique pour travailler sur le projet d’atelier lecture avec les élèves de soutien CLA ;
  • mardi, j’ai une classe de 6e en demi-groupe pendant deux heures (un premier demi-groupe la première heure, l’autre l’heure d’après) pour travailler sur E-SIDOC, avec ceci comme document de travail :

Séance E-SIDOC 6e

et avec un questionnaire de français sur les expressions de la Bible.

  • et jeudi après-midi, je suis en réunion à la Défense, au salon InterTice

Sachant que la semaine prochaine, j’ai une journée de formation sur l’usage d’Internet dans les CDI, et que du coup, celui du collège sera fermé toute la journée, je sens que ça va encore grincher !!!

Encore un peu plus de cinéma !

Depuis début décembre, en plus de mes ateliers cinéma que j’essaye généralement d’animer deux fois par semaine – programmation, diffusion, tentatives de cohérence avec l’actualité – je reçois la visite d’une classe de quatrième, en collaboration avec l’enseignante d’arts plastiques du collège. Cette dernière faisait travailler ses élèves au mois de décembre sur les origines du cinéma.

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Les élèves devaient remplir un questionnaire, fourni par la collègue, et travaillaient pendant une heure. Comme je ne dispose que de cinq ordinateurs au CDI (sept en temps normal, mais l’un a un problème de connexion à Internet qu’il faut que je règle et l’écran d’un autre est en panne), je fais « tourner » les élèves : une demi-heure de recherche sur Internet et une demi-heure sur les ouvrages documentaires et encyclopédies.

Le questionnaire abordait les questions suivantes :

  • les inventeurs du cinéma (les trois premiers films de l’histoire du cinéma)
  • une biographie des frères Lumières
  • Thomas Edison et ses inventions
  • Georges Méliès, sa carrière, les innovations qu’il a apportées au cinéma (les élèves devaient également dessiner au dos de la feuille une affiche de l’un de ses films)
  • Charles Chaplin (citer trois de ses films)

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A la suite de ces séances de recherche, la collègue faisait réaliser aux élèves des courts-métrages, dont ils devaient d’abord réaliser le storyboard et fabriquer les costumes et les accessoires (le plus souvent en carton ou en papier mâché). Certains tournaient dans la cour, d’autres à l’infirmerie. Elle m’a également proposée qu’un petit groupe d’élèves viennent tourner au CDI.

J’ai donc accueilli une équipe de 5 jeunes réalisatrices – scénaristes – actrices au CDI et j’ai suivi avec intérêt leur travail. D’après ce que j’ai pu suivre de l’intrigue, du coup d’oeil que j’ai jeté au storyboard, intitulé « Le Cauchemar » et des accessoires (masques, hache en carton), en voici l’histoire, composée de trois personnages :

Dans une bibliothèque (CDI oblige), un lecteur installé dans un fauteuil voit passer un meurtrier masqué armé d’une hache à l’extérieur. L’instant d’après, le meurtrier surgit à l’intérieur de la bibliothèque pour tenter de décapiter (voix menaçante) le lecteur. Celui-ci pousse un cri de terreur – j’ai encouragé les élèves à pousser un VRAI cri de terreur : c’est le monstre du livre qu’il est en train de lire, qui vient de surgir des pages (livre fourni par le CDI : la première fois elles avaient choisi L’étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde, la seconde fois, un livre sur les Diables, zombies, monstres et compagnie.) Il est rappelé à l’ordre par un autre lecteur : « On est dans une bibliothèque ici, faites moins de bruit ».

Toute cette petite panoplie me rappelle les clichés qu’évoquent les articles de Notorious Bib, qui dissèquent l’univers des bibliothèques dans les films comme P.R.O.F.S., Star Wars, ou même Hugo Cabret si l’on veut retrouver l’univers de Méliès…

J’aimerais bien prolonger ces petites séances – après avoir vu évidemment le film fini – par une petite visite à la Cinémathèque française, partie Musée du cinéma. J’ai d’ailleurs hâte d’être au mois d’avril pour redécouvrir l’univers féerique de Jacques Demy en exposition temporaire (si jamais la visite coïncide, ce serait top, il faut que je propose à la collègue !). Infos : ici. L’affiche promet déjà :

Expo Jacques Demy Cinémathèque

Échec et mat

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Depuis début janvier, j’ai remis en place au CDI un atelier qui, du temps de mon prédécesseur, marchait plutôt bien, parait-il. Il s’agit d’un atelier jeux. Dans un carton de la réserve, on trouve des jeux de dames, d’échecs, et d’autres qui me sont moins familiers et dont je n’ai pas encore réussi à percer le mystère, même en voyant les élèves habitués y jouer volontiers. La suggestion m’est venue d’un collègue, et même si au départ j’ai craint d’être quelque peu débordée, je me suis dit que je ne perdais pas grand chose à faire un essai.

Pour compléter les jeux déjà à disposition, je voulais en racheter quelques-uns. J’ai vite écarté mes jeux de prédilection : le Munchkin, le Buzz it, le Jenga et le Dobble sont sympa dans une soirée entre amis, mais déjà dans cette situation ils peuvent dégénérer, je n’imaginais donc que trop bien le résultat dans un CDI.

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Le Munchkin est une parodie des jeux de rôle et de l’univers fantasy (entre autres Seigneur des anneaux). Chaque joueur dispose de cinq (ou six) cartes. Il incarne un personnage avec une race (elfe, nain, hobbit) et une classe (voleur, magicien, guerrier). Son objectif est de tuer le maximum de monstres pour gagner des trésors et changer de niveaux.

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Le Buzz it est un jeu de questions plus ou moins tordues (des noms d’acteurs américains aux phrases à ne pas dire à un enterrement) : non seulement il est bruyant, mais il s’adapte à la personnalité, plus ou moins malsaine de ses joueurs, et à leur âge. Sur chaque carte, une question plus ou moins normale et une autre qui va du détail tordu aux allusions sexuelles. On ne choisira pas les mêmes questions si l’on joue avec un groupe de pré-trentenaires un peu éméchés ou si l’on fait une partie avec mamie et ses copines. Chacun répond à la question, il faut trouver une réponse durant le temps imparti, et le jeu peut vite partir en délire. Le premier qui ne répond pas à temps a perdu : il récupère le buzzer et pose la question suivante.

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Le Dobble est un jeu de mémorisation, qui ressemble un peu au Jungle Speed, avec l’excitation que vous imaginez… A partir des mêmes cartes, le jeu se décline de différentes manières mais le principe reste le même : trouver le motif commun à deux cartes. Cela ressemble souvent à ça : « Fleur ! Trèfle ! Musique ! Fantôme ! Dauphin ! » Je ne me voyais pas gérer ça au CDI.

Enfin, Jenga, c’est cette fameuse tour en bois dont il faut prendre chacun des éléments sans trembler… gare à la chute. Même si je rêverais d’en avoir une géante, comme celle fabriquée par Léonard et Sheldon dans The Big bang theory, je ne crois pas que les écroulements répétés soient les bienvenus.

Grâce aux sous du foyer, j’ai donc racheté des jeux qui me semblaient un peu plus… tranquilles. Un Backgammon, un Carcassonne, un Can’t stop, un autre jeu d’échecs et deux jeux de Quarto. Mes souvenirs du backgammon sont assez anciens et pas encore remis à jour.quarto

Par contre, j’aime beaucoup le Quarto, qui est une sorte de Puissance 4 combiné au morpion, mais en trois dimensions. Il se joue sur un plateau, avec des pièces noires et blanches, de formes et de tailles différentes. Le but du jeu est simple : aligner quatre pièces soit de même couleur, soit de même forme, de même taille, soit creuses, soit pleines. J’ai déjà deux élèves adeptes que j’ai réussis à convertir, et qui vont « évangéliser » leurs camarades au Quarto !

Quant aux échecs, j’ai commencé à y jouer l’année dernière, avec davantage d’enthousiasme que de concentration. Ils ont toujours exercé sur moi une fascination peuplée de souvenirs du Septième sceau, le film d’Ingmar Bergman, où un chevalier défie la mort aux échecs, de la nouvelle de Stefan Zweig, jusqu’au premier Harry Potter et ses pièces rendues vivantes. Je connais les principaux déplacements, et j’ai désormais un collègue qui, patiemment, tente de m’inculquer certains trucs, pendant que les élèves révisent les règles des dames « Non tu n’as pas le droit de reculer ! »

J’apprends à roquer, à ne pas m’accrocher inutilement à certaines pièces, et à réfléchir aux conséquences d’un déplacement… même s’il m’arrive tôt ou tard dans ce jeu d’avoir une baisse d’attention qui me fait faire des gaffes irrécupérables ! Mais bon, je persévère, je m’applique, et j’ai même gagné ma première partie hier ! Comme quoi, un miracle est possible.

En tout cas, même si l’atelier jeux marche bien d’ordinaire, il y a une chose avec laquelle il ne peut pas rivaliser, c’est une bataille de boules de neige dans la cour !

Prendre la vie (scolaire) du bon côté

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Hier après-midi, j’étais en réunion de bassin. Les réunions de bassin sont le nom donné aux retrouvailles régulières entre collègues professeurs documentalistes. En effet, le plus souvent, nous sommes seuls en poste, alors que les autres professeurs de discipline ont souvent un ou plusieurs collègues de leur matière dans l’établissement, avec lequel (ou lesquels) ils peuvent échanger sur leurs pratiques. Mon collège étant très petit, cependant, je ne suis pas la seule à représenter d’une seule voix un lieu ou une matière.

Bref, tout cela pour dire que les réunions de bassin sont l’occasion d’échanger et de retrouver les professeurs documentalistes d’une même zone géographique. Elles servent de groupes de travail, d’information et de mutualisation, et à l’occasion de bureau des pleurs et de défouloirs. Elles sont thématiques, d’une année à l’autre on choisit parmi une liste de thèmes fournis les quatre qui vont être abordés durant les réunions obligatoires (trois réunions sont facultatives).

Cette fois-ci, l’ambiance de la réunion était particulièrement vivante, puisqu’à cette dernière étaient conviés les conseillers principaux d’éducation (CPE), qui sont gérés par les mêmes inspecteurs, dont le petit nom est Inspecteurs académiques – Inspecteurs pédagogiques régionaux Etablissement et vie scolaire (IA-IPR EVS). Décidément, j’adore les sigles de l’EN !!!

Le thème de la réunion était : … attention c’est long et ambitieux… « Renforcer l’implication des professeurs documentalistes et des CPE dans le parcours des élèves ». Il partait du constat idyllique que ses deux fonctions étaient transversales, avaient un regard global sur l’établissement et étaient pour beaucoup dans la construction d’un certain climat scolaire. L’importance des deux fonctions rappelée, nous avons été répartis en plusieurs groupes lycées / collèges, eux-mêmes se partageant différentes questions, que voici :

  • l’accueil des élèves à la rentrée de septembre
  • la distribution des manuels scolaires
  • le flux d’élèves pendant les récréations et la pause du midi
  • la place du CDI dans les inclusions / exclusions
  • le CESC (comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté)
  • la vie de classe
  • l’orientation
  • les projets menés en partenariats
  • la formation des délégués
  • la complémentarité CDI / permanence
  • la sensibilisation au bon usage d’Internet (je préfère dire bon usage que les termes utilisés par certains collègues « dangers », « problèmes » d’ampleur : ils considèrent à mon sens la chose sous un angle excessivement méfiant et dramatique, et trop éloigné des pratiques des élèves)

Un groupe « Lycées » a travaillé sur la distribution des manuels et a souligné l’importance de trouver une complémentarité entre les différentes personnes et services référents (vie scolaire, CDI, intendance, professeurs principaux). Concernant l’accueil des élèves en septembre, il a proposé, parallèlement à la grand messe en usage, des questionnaires communs sur les chartes Internet, les lieux de l’établissement et le personnel. Il a aussi abordé la question de la formation des délégués, de l’orientation et de l’accompagnement des élèves.

Un groupe « Collèges » a travaillé sur les projets menés en partenariats, partant du constat qu’il y avait un certain nombre de facteurs qui les empêchaient (affinités, architecture, temps, politique du chef d’établissement, etc.) et un élément qui les favorisait : une mission d’animation éducative commune. Il a travaillé sur les projets et les problématiques communes : l’accueil, le climat scolaire et les thématiques ponctuelles (internet, prévention, suivi des élèves, café philo…). Un autre groupe a abordé l’accueil des élèves, les nouveaux arrivants en cours d’année et la place du CDI dans les inclusions et exclusions d’élèves.

Notre groupe « Collèges » a travaillé sur les flux d’élèves et le lien entre CDI et permanence. Nous avons abordé le problème par différents angles :

  • la configuration des lieux et la proximité ou l’éloignement géographiques des deux pôles que sont vie scolaire et documentation ;
  • les élèves à accueillir : profil, travail demandé, gestion des flux (inscriptions, fiches, pass, rituels d’accueil), autonomie des élèves, activités proposées ;
  • la répartition des flux en fonction des niveaux et des activités ;
  • les missions des professeurs documentalistes et des CPE et la circulation de l’information à destination des élèves et de la communauté éducative en général.

J’ai l’avantage de travailler dans un très petit collège où quasiment tous les lieux sont concentrés. Le CDI est réellement au coeur de l’établissement par sa position géographique. L’ambiance parfois difficile avec les élèves est très largement compensée par l’ambiance entre collègues et avec l’équipe pédagogique et éducative. Nous avons donc témoigné, mes collègues et moi, d’une situation très simple et, pour ainsi dire, sans ombres au tableau, et nous avons eu la surprise de voir que nous étions l’exception à la règle.

Cette réunion, loin de nous interroger sur des problèmes qui, dans notre situation particulière, n’existent pas, nous a seulement encouragé à donner un coup d’accélérateur aux projets dont nous avions déjà envie. Depuis décembre, aux pauses café et entre deux couloirs, nous parlons d’un club journal que nous pourrions gérer en commun une fois par semaine.

Dès la fin de la réunion, nous avons discuté de son organisation et aujourd’hui, après accord de notre chef d’établissement, nous avons commencé une campagne d’affichage afin de dénicher les bonnes volontés :

Affiche journal

Vivement les premiers volontaires !

Bourdonnements d’abeille

Gérard JOYON

Gérard JOYON

« La vie moderne autorise les voyages, mais ne procure pas d’aventure. »

C’est une amie à qui je parlais de mon intention de faire un petit bulletin d’informations hebdomadaire pour le collège, qui m’a envoyé cette citation de Mermoz. En effet, je voulais trouver un nom pour cette feuille, et un nom en relation avec le nom du collège, Jean Mermoz : mot valise ou jeu de mots, peu importe, mais quelque chose qui accroche.

Evidemment, quelques mots valises me sont venus à l’esprit, mais : « Mermozades » était déjà utilisé par mon prédécesseur pour mettre en valeur des bandes dessinées dans le CDI. Il organisait des « Mermozades » avec les élèves qui choisissaient une bande dessinée du fond, celle-ci devenant la BD du mois. Les « Mermoziennes » me paraissait trop féminin. De toute façon, je voulais aussi quelque chose qui sous-entende la rapidité, le flux, la circulation de l’information. J’en étais à « Mermoclic » quand j’ai commencé à en discuter avec l’amie citée plus haut.

Elle m’a alors indiquée que les lettres de Mermoz avaient été regroupées sous le magnifique titre Défricheur du ciel. C’est sans doute l’une des plus belles métaphores de voyageur qui existent, selon moi, et elle me rappelle ce poème en prose de Baudelaire, « La Soupe et les nuages », dans le recueil des Petits poèmes en prose :

Ma petite folle bien-aimée me donnait à dîner, et par la fenêtre ouverte de la salle à manger je contemplais les mouvantes architectures que Dieu fait avec les vapeurs, les merveilleuses constructions de l’impalpable. Et je me disais, à travers ma contemplation : « Toutes ces fantasmagories sont presque aussi belles que les yeux de ma belle bien-aimée, la petite folle monstrueuse aux yeux verts. »

Et tout à coup je reçus un violent coup de poing dans le dos, et j’entendis une voix rauque et charmante, une voix hystérique et comme enrouée par l’eau-de-vie, la voix de ma chère petite bien-aimée, qui disait : « Allez-vous bientôt manger votre soupe, sacré bougre de marchand de nuages ? »

Marchand de nuages… Défricheur du ciel… D’où la suggestion : Pourquoi ne pas appeler ce bulletin Défricheur du Net ? Même si l’idée était tentante, j’avais peur que les collègues ne saisissent pas l’allusion. Et puis il aurait, pour moi, fallu mettre l’expression au féminin, et défricheuse, je trouvais ça moins joli.

Mais du coup je me suis dit : pourquoi ne pas regarder les expressions du Net : clic, flux, fil, lien, etc. Fil, je l’utilise déjà pour le Fil culture. Et là, je tombe sur BUZZ. Je ne me rappelais plus de BUZZ. J’ai trouvé que le Buzz de Mermoz, avec tous ses ZZZZZ, c’était chouette. Allons-y pour le buzz de Mermoz.

Du coup, cet après-midi, j’ai envoyé par mail le premier numéro. Une simple feuille, avec trois petites parties :

  • D’abord, le programme du CDI pour la semaine suivante : séances et projets prévus, éventuelles fermetures, ateliers.
  • Ensuite, l’actualité de la semaine en cours (en gros, un peu de lecture pour le week-end) en éducation et culture. Je m’appuie pour l’éducation sur Eduscol, le Café pédagogique, le CRDP, le site du Ministère et de l’académie, les Chroniques éducation de Philippe Watrelot. Pour l’actualité culturelle sur le Net, j’utilise aussi le CRDP, Culture.fr, et la chaîne culturelle du Monde.
  • Enfin, tout en bas, l’inévitable rappel des sites du CDI et de Cinephiledoc.

Et voilà le premier numéro, tout chaud sorti du clavier :

Buzz de Mermoz 1

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