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Document de collecte, Wikipédia, énigmes et solutions

Compte-rendu de séance et correctif sur le document de collecte

Dans un article précédent, j’expliquais de quelle manière j’essayais d’utiliser la fâcheuse manie du copier-coller comme point de départ à la recherche documentaire. Les deux séances que j’ai menées avant les vacances m’ont permis de constater les défauts que présentait leur organisation. En gros :

  • des objectifs pas assez clairement énoncés, surtout pour le premier demi-groupe (le temps de présenter le projet en classe entière, de faire des binômes, de distribuer les sujets de recherche sur le petit-déjeuner, il ne me restait plus qu’une demi-heure pour faire travailler les élèves sur le document prévu). 
  • les élèves n’ont pas perçu l’intérêt dans cet exercice en particulier, de faire un copier-coller pour produire un autre document, ils ont préféré répondre directement aux questions. Seuls deux élèves se sont prêtés au jeu jusqu’au bout.

En reconsidérant mon document, je me suis rendu compte que le travail de copier-coller venait trop tard, et que l’étude du sommaire était beaucoup trop déconnectée de la pratique wikipédienne des élèves. En fait, pour résumer, mon document veut s’intéresser à deux pratiques de recherche : Wikipédia et le copier-coller, et du coup, il ne fait que survoler l’un et l’autre. Il aurait fallu faire une séance sur la pratique du copier-coller, une sur la recherche sur Wikipédia, ce qui aurait été, à mon sens, beaucoup plus constructif.

Wikipedia-logo_7483

Analyse d’un article de Wikipédia

J’ai été frappée, durant la pause déjeuner, par la réflexion d’une surveillante venue au CDI voir des élèves : elle a ainsi dit à une élève de 6e qu’il ne fallait « jamais » utiliser Wikipédia. Lorsque j’en ai rediscuté avec elle, elle a nuancé cependant son propos : il ne faut jamais utiliser QUE Wikipédia. Pour ma part, je trouve ridicule d’interdire aux élèves le recours à un outil qu’ils utilisent quotidiennement, et j’admire beaucoup les recherches sur le sujet de Laure Endrizzi.

Tout ce qui me permet de leur faire acquérir un usage réfléchi de Wikipédia m’intéresse : j’ai donc repris les principaux éléments imparfaits de ma séance avec les cinquièmes et j’ai construit un nouveau document, qui pourra servir à l’occasion :

Séance corrective doc de collecte

Retour sur le copier-coller

J’ai essayé de réfléchir à un moyen d’utiliser le copier-coller. Plutôt que de le leur faire faire directement, même si l’expérience serait à tenter à nouveau, mais je n’ai pas trouvé d’autres idées pour l’instant, je leur propose une sélection de trois copier-coller. A partir de ces derniers, ils sélectionnent les principales informations, amorcent un questionnement quintilien, et produisent un résumé personnel, comme le montre le document suivant :

Copier coller 5e

Citation et évaluation des sources

En prolongement de cette séance, l’idée serait d’amener les élèves à un regard critique sur leurs sources. Pour produire ce document, je me suis inspirée de mon précédent document sur l’évaluation de l’information sur Internet, que j’avais utilisé lors du projet « Energies » avec les troisièmes. Voilà ce que ça donne :

Evaluation info internet 5e

Indices, énigmes, recherches et solutions

Pour finir sur une note plus légère, voici le jeu que j’ai fait faire aux élèves juste avant les vacances : un questionnaire sur des personnages célèbres, réels ou fictifs, avec à la fin, une petite blague destinée à un collègue.

Concours personnages célèbres

Les quatre premiers (et non les trois premiers comme indiqué sur la feuille : les résultats étaient trop serrés) vont recevoir des Encyclopédies junior de chez Fleurus autour de l’histoire (Histoire de France, Moyen-âge, Civilisations et Egypte ancienne).

Dernières nouvelles du CDI

Comme je l’ai dit précédemment, ces deux dernières semaines sont bien intenses au CDI. J’ai reçu toutes les classes de sixième dans le cadre d’un défi lecture, en français.

Ile au trésor, vents et marées, corsaires et flibustiers.

Je reçois également les classes de cinquième, toute cette semaine, pour un travail sur L’Ile au trésor, le vocabulaire de la mer et de la piraterie, des séances que j’ai pris beaucoup de plaisir à préparer, parce qu’il a fallu trouver des ouvrages documentaires et des sites Internet, et parce que j’ai aussi proposé à la collègue de français des mots croisés sur le lexique de la mer et des bateaux.

Cela m’a aussi fait puiser dans ma mémoire et mon imaginaire, et j’ai repensé à tout un tas de bandes dessinées (L’épervier, Barracuda, Long John Silver) et de films sur les pirates et plus généralement sur l’aventure, depuis les Révoltés du Bounty à Pirates des Caraïbes, en passant par Master and Commander

Mutiny_on_the_Bounty_(1935)© United International Pictures (UIP)

Bref, après avoir bien rêvé voyages en haute mer – c’est un fameux trois mâts – bouteilles de rhum et jambes de bois, et après avoir réalisé les diaporamas de sites que j’avais déjà mentionnés, j’ai pu voir ce que cela donnait avec une classe. Certains élèves faisaient leurs recherches en ligne, d’autres des recherches papier. J’ai profité de cette première séance pour corriger mon diaporama, ajouter les sites manquants aux élèves, et pour ceux qui avanceraient le plus vite, leur proposer de remplir une petite fiche biographique sur Robert Louis Stevenson :

Fiche biographique

ou de travailler sur un autre livre ou sur un film d’aventures qui leur aurait plu :

Prolonger la lecture un livre                Prolonger la lecture un film

De belles escapades littéraires en perspective… j’ai bien envie, pour ma part de relire L’Ile au trésor et d’autres aventures, pourquoi pas Robinson Crusoé

Des bienfaits (partagés) du petit-déjeuner…

Egalement avec une classe de cinquième, nous menons conjointement, l’infirmière, l’enseignante de SVT et moi-même, un projet sur le petit-déjeuner, projet mis en place avant mon arrivée et que nous reprenons.

En prolongement du programme de SVT (digestion) et d’interventions de l’infirmière sur l’hygiène bucco-dentaire, les élèves travaillent par binômes sur un thème en relation avec le petit-déjeuner et l’alimentation (familles d’aliments, équilibre alimentaire, histoire du café, du chocolat, des céréales, ou encore présentation d’un petit déjeuner du monde).

Pour ma part, je les encadre une heure en demi-groupe pour travailler sur le « document de collecte », sujet très à la mode en ce moment. En gros, je pars de leurs mauvaises habitudes (le copier-coller) et je les utilisent comme outil de travail. Le copier-coller devient le point de départ de leur recherche, et non l’arrivée. A partir d’un article de Wikipédia (l’un de leurs premiers réflexes dans les résultats sur Google), je leur demande d’étudier le sommaire et la construction de l’article, et de construire un paragraphe de quelques lignes, en s’aidant s’il le souhaite d’un copier-coller, et en répondant aux cinq questions qui leur sont posées.

Comme document de travail, voilà ce que ça donne :

Séance recherche 5e

Au terme du projet, l’ensemble des élèves de cinquième du collège viendra prendre le petit-déjeuner un matin au collège.

Des nouvelles du Mermoz news !

Mais la grande nouvelle du moment, c’est le retour du Mermoz news, le journal du collège, après maintes péripéties et maints contre-temps. Malgré notre échec au concours de Unes, nous avons pu profiter de certaines leçons, même si les élèves restent toujours critiques par rapport à des détails de couleurs et de mises en page. Nous avons désormais un slogan : le Mermoz news… survole l’info ! Et même si nos productions restent très irrégulières, elles demeurent une grande fierté.

Bref bref bref… nous avons rapatrié certains sujets du concours de Une, fait construire aux journalistes en herbe des rubriques sport et informatique, sans négliger les infos internes au collège (AS, école ouverte…). Nous avons lutté courageusement contre les éléments déchaînés (le toner de la photocopieuse) qui s’acharnaient contre nous… et nous avons enfin pu faire la distribution du numéro 2 le vendredi 19 avril :

Mermoz news avril 2013 n°2

Vivement le prochain numéro, que nous espérons modestement sortir avant les grandes vacances…

Jeux de mots, accentuation, atténuation et point Godwin

Avant le prochain article cinéphile, voici un petit post sans prétention, inspiré par cet article de Thèse antithèse foutaises, et qui mêlera figures de style, mots très curieux et sujets tendancieux…

L’idée de départ est de voir de quelle manière nous jouons avec et sur les mots au quotidien.

L’un de mes précédents articles explorait de quelle manière, pour les littéraires, l’amour des cartes heuristiques peut être lié au plaisir de représentation géographique et imaginaire des mots. Pour ces littéraires, le travail de formulation d’une recherche, l’analyse d’une notion pour préparer une séquence et le moindre des projets pris sous le prisme du vocabulaire et des champs lexicaux, peuvent prendre des allures d’escapade exotique.

Cependant, bien que cet aspect des choses m’enchante, je préfère en relever les implications les plus informelles et les plus ludiques, à savoir : les jeux d’énigmes, le double discours et l’ironie en tant qu’outils pédagogiques, et les conversations caféinées.

Jeux de mots

Depuis quelques temps, j’ai redécouvert la magie d’un dictionnaire… Pas même le dictionnaire de figures de style, qui recense les anacoluthes, prosopopées et autres zeugmes, mais le dictionnaire réduit à sa simple expression et à sa destination première : collecte et définition des mots de la langue française.

A quoi dois-je ce bonheur ? Aux journées de formation, où une collègue a dit mettre toutes les semaines une énigme sur la porte du CDI. L’idée m’a paru excellente, et dès la semaine d’après, j’ai commencé à mettre mes « énigme du jour » sur la porte. Je cherche le mot qui me semble le plus mystérieux et j’en demande le sens. J’ai déjà affiché : nyctalope, triskaïdékaphobie, procrastination et aujourd’hui, palimpseste.

Bien-sûr, je ne peux pas faire trop compliqué, mais j’aime jouer avec les sonorités et voir les réactions qu’elles provoquent. Évidemment, nyctalope est tout de suite pris pour une insulte ; les autres suscitent juste quelques difficultés à être prononcés. Mais cela fait plaisir de voir les élèves se ruer sur un dictionnaire, même si, j’avoue, la récompense (une boîte de Smarties ou un Carambar) y est pour beaucoup.

Je pense à un mot dont la découverte m’a marquée – pas forcément le plus long ou le plus difficile à trouver – c’est le cas pour procrastination, qui chante à merveille l’occupation la plus agréable qui soit, et palimpseste, dont j’aime les deux « p » qui donnent bien l’idée d’une écriture qui se réécrit sur un même support sans cesse recyclé. Pour la prochaine énigme, je pense à utopie, crépuscule ou encore à kaléidoscope…

De l’imprononçable à l’ironie : palettes du discours.

L’amie de Thèse Antithèse Foutaises évoque sa figure de style favorite : le zeugme, qui correspond ma foi très bien à sa loufoquerie, à sa capacité de digression et de changement de ton. Chaque littéraire semble donc voué à apprécier dans une plus large mesure une figure de style en particulier, qui finit par le représenter.

Mes figures de prédilection sont celles dans lesquelles s’expriment le mieux un double discours, une nuance, un soulignement, voire de l’ironie ou du cynisme : la litote et l’antiphrase, avec une légère préférence pour la litote, qui est devenue dans un cercle d’amis, l’un de mes surnoms.

La litote, en effet, est le juste milieu entre le silence réprobateur et la méchanceté gratuite. C’est une figure de style assez subtile, qui permet à son usager de déguiser sa pensée de façon à en faire deviner toute la force véritable.

Cette figure, qui va de conserve avec le sens de la répartie, je l’admire chez mes amis, comme chez certains écrivains qui manient la plume avec le plus élégant cynisme (Sartre dans Les Mots, Queneau dans Le Chiendent, Drieu La Rochelle dans Gilles). Ces auteurs que j’ai cités étaient ceux que nous faisait découvrir mon ancien directeur de recherche, connu par tous ses étudiants pour son humour pince-sans-rire, qui s’accompagnait généralement d’un petit sourire en coin du plus bel effet.

C’est sans doute grâce à ce dernier que je dois le meilleur exemple des bienfaits de l’ironie en pédagogie et dans les relations humaines en général. Les exemples sont quotidiens, quoique parfois risqués, du classique :

– Madame, j’ai plus de place sur la feuille.

– Eh bien écris sur la table…

au non moins classique et beaucoup plus cruel :

 – J’ai rien fait.

– Si, tu existes.

Mes sources d’inspiration sont diverses – je suis parfois en panne sèche de répartie originale – j’ai pu dire à un élève baratineur qu’il serait capable de vendre du sable dans le désert. Il est vrai que je suis davantage un public facile qu’une artiste en la matière : j’admire l’ironie chez les autres comme une habileté, une sorte d’artisanat exercé, mais j’ai plus de difficulté à la mettre en pratique et à la doser…

De l’ironie au point Godwin : dérapages du discours

Ou comment passer de la maîtrise total à la perte de contrôle. L’ironie, en particulier, et la relation à autrui en général, étant des exercices de haute voltige, que ce soit dans le face à face direct ou sur Internet, il est inévitable dans une conversation polémique d’atteindre le point Godwin.

Greg Williams

Greg Williams

Petit rappel de définition :

La loi de Godwin provient d’un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » sont parfois attribués à l’unité. (source : Wikipédia)

Ce qui est le plus fascinant, à mon sens, c’est de considérer les deux moments de la discussion, point de départ et point d’arrivée, car le point de dérapage reste lui très subjectif, et très humain.

Exemple concret de recette : l’explosion de deux bombes au marathon de Boston comme ingrédient de base. Ajouter un participant à la discussion plus enthousiaste qu’informé, plus engagé politiquement que le reste du groupe. Déjà s’aperçoit la pente vers :

  • théorie du complot
  • Corée du Nord
  • le 11 septembre : malgré les avions, faut-il y croire ou non ?
  • La guerre froide, la superpuissance américaine…

Remuez, mélangez tous ces ingrédients individuellement inoffensifs (ou presque) et vous obtenez un magnifique raccourci pour expliquer Boston par l’incendie du Reichstag organisé par Hitler…

Bref, pour résumer :

Bombes sur le marathon de Boston ———————————> Incendie du Reichstag.

A partir de ce constat très simple, il serait amusant d’imaginer pour chaque personne son point Godwin, ou ce qui va déterminer l’arrivée du point Godwin dans son système de pensée, sans se restreindre à Hitler, évidemment. Ainsi :

  • Pour un scientifique : la moindre des ignorances ou des incohérences du non-scientifique envers lui serait équivalent à refaire le procès de Galilée ;
  • Pour un littéraire, le point Godwin n’aurait pas d’autre formulation que le rappel des inepties de Frédéric Lefebvre sur « Zadig et Voltaire ». On y retrouverait aussi pêle-mêle Thomas More condamné au bûcher, Flaubert et Baudelaire condamné pour indécence ou la mort de Socrate…
  • Pour un professeur documentaliste, ce serait la simple mention de l’expression « dame du CDI ».
  • Pour un cinéphile, ce serait très certainement les films de Vin Diesel.

Et pour vous, quel est le point Godwin ?

Portraits d’élèves

À l’occasion de cette veille de vacances, et en attendant d’autres articles soit plus cinéphiles, soit davantage doc, une petite détente s’impose (au milieu des commandes à traiter et du deuxième numéro du journal du collège à faire paraître)…

Je l’avais déjà évoqué, j’aime tout ce qui est prétexte à la détente (professionnelle) : je suis assidûment les mises à jour du site Vie de merde, je suis abonnée aux Perles de libraires, au groupe « Je suis bibliothécaire acariâtre et j’aime ça » et aux Brèves de Profs docs sur Facebook. Il était naturel que l’initiative d’une collègue, VDD : Vie de doc, remporte toute mon adhésion, et je n’ai pas résisté, quelques jours après l’avoir découvert, à poster ma propre VDD.

Dans cette dernière, je présente deux élèves qui sont particulièrement présents au CDI : Shamallow et Droopy. Les surnommer Laurel et Hardy aurait été tout à fait envisageable, mais j’ai trouvé que pour Shamallow, la comparaison avec Hardy n’était tout de même pas très flatteuse. Ces deux-là forment cependant un duo de choc, qui rappellent forcément les duos comiques qui me viennent à l’esprit (lien magique et improbable avec mon précédent article) : le clown blanc et l’auguste, Laurel et Hardy bien-sûr, Bourvil et De Funès…

Droopy est celui qui a, le premier, attiré mon attention, alors que j’accompagnais les élèves de sa classe en sortie. Il aime beaucoup participer, et il aime que des choses se passent et arrivent vite. Si vous l’ignorez, si vous laissez un temps mort s’installer, si vous négligez quelque chose qui lui semble capital, inévitablement, le destin semble l’accabler. Mieux, vous représentez, à vous seul, le destin qui s’abat sur lui. Droopy, c’est comme ce personnage toujours poursuivi par un nuage, alors que tout autour de lui, le soleil brille. Donc, pour résumer, pour Droopy :

  • Je suis – le CDI est – toujours fermé(e). Et oui, c’est lui, mon plaignant principal. Et si je suis fermée, c’est bien évidemment par pure méchanceté et plaisir de persécution. Chaque jour il vient donc demander si JE suis ouverte à la récré ou à midi ;
  • Lorsque je commande des livres à un représentant qui vient me les montrer, et que les livres tardent à arriver, Droopy est persuadé que je me suis faite arnaquer. Il ne cessera, jusqu’à leur arrivée, de me demander, tous les jours, s’ils sont arrivés, jusqu’à ce que je lui dise que je ne me suis pas mise à les pondre (les livres) ;
  • Droopy participe activement aux ateliers du CDI mais voudra toujours que l’atelier jeux ait lieu le jour de l’atelier cinéma, que la boîte à idées fabriquée pour le journal soit remplie une heure après sa mise en service ou que les cartes de presse des journalistes en herbe, qu’il a attendues avec impatience, aient finalement plus de couleurs et soient plus voyantes. Bref, c’est un censeur impitoyable…

Shamallow est l’auguste. Jovial, rond comme une bille, et bon vivant – visiblement – il m’a déjà proposé de me corrompre en me donnant un bonbon si je le laissais manger le sien au CDI en toute impunité. C’est le négociateur. En bon compagnon de Droopy, il le tyrannise volontiers, et lorsque ce dernier me rend chèvre, il me dit : « Je peux le taper, Madame ? » Ma position de fonctionnaire éthique et responsable me pousse à refuser…

Ce qui m’amuse surtout avec Shamallow, c’est que, comme certains enfants, et contrairement à beaucoup d’autres, il s’exprime de manière parfois très recherchée (ce qui ne se ressent pourtant pas dans son orthographe). Il me rappelle, en moins exagéré, la fillette de L’élégance du hérissonou le garçon de Préparez vos mouchoirs :

  • Si je le menace, alors qu’il hésite longuement à entrer au CDI ou à rester dans la cour, de le « pendre par les oreilles à un arbre », il me répond sans se départir de son sérieux, et sans faire entendre son éclat de rire habituellement si sonore : « C’est de la discrimination, je vais appeler mon avocat » ;
  • Il y a quelques semaines, il s’était institué mon « assistant » et m’avait annoncé son intention de me succéder à mon départ, qui, jusqu’à preuve du contraire, n’est pourtant pas à l’ordre du jour. Si je n’y avais pas mis un frein, il était prêt à s’assoir à ma place, derrière mon bureau ;
  • Shamallow est un donateur qui a voulu enrichir de quelques Titeuf et de quelques Boule et Bill (tiens un autre duo !), le fond déjà conséquent en bande-dessinée du CDI, et je sens que si je tarde à les enregistrer dans la base, je vais subir son courroux !

Même si les vacances sont les bienvenues, ce duo de choc va peut-être un peu me manquer pendant ces quelques jours, où je vais, comme d’habitude, essayer de rattraper mon retard en lecture, films et séries télé !

Valentins et valentines au CDI

Après la semaine passée, ponctuée par InterTice, et l’intervention polémique de Marie-France Blanquet, après une journée de formation, ce lundi, au CRDP de Marly-le-Roi sur les outils de veille professionnelle (favoris, netvibes, symbaloo, pearltrees, scoop it…), j’ai décidé de continuer la semaine en douceur.

En attendant le prochain compte-rendu de lecture cinéphile (en deux parties), très prochainement, je surfe sur la vague commerciale de la Saint Valentin – je n’entrerai d’ailleurs pas dans le débat pour trancher, fête romantique ou commerciale.

J’ai monté au CDI l’inévitable exposition thématique, petits coeurs à l’appui, qui ravira les lecteurs, que j’imagine surtout lectrices : les plus belles histoires d’amour, les grands classiques (Tristan et Iseult, Paul et Virginie, Roméo et Juliette, etc.), fictions plus récentes, avec bien évidemment les palpitations de Bella pour son Edward, et petits documentaires type « c’est quoi l’amour ? » et « c’est vraiment trop dur d’être amoureux »…

Par contre, j’ai rajouté un petit concours, que je trouve sympathique, sur les couples célèbres, réels ou fictifs. Voilà ce que ça donne :

Jeu concours Saint Valentin

Je mêle personnages de dessins animés, héros de différentes mythologies (grecque, romaine, arthurienne) ou de la littérature et personnages historiques ou stars contemporaines. Comme je l’explique, les trois premiers à rendre la feuille complétée recevront un prix. En effet, grâce au foyer, je pense acheter trois ouvrages en lien avec ce moment plein de romantisme moite qu’est la Saint Valentin, dont je profite pour l’assaisonner d’une pincée de culture (pour parodier le titre de l’émission de Guillaume Gallienne sur France Inter, ça peut pas faire de mal…).

Voici les lots prévus :

Couples de légende

Un livre sur les couples de légende du cinéma, même si je pense que certains seront un peu éloignés d’eux, ils vont sans doute apprécier les Tarzan / Jane, Antoine / Cléopâtre, Jack Dawson / Rose…

La mythologie grecque

Un classique de Milan Jeunesse, que j’ai au CDI, qui ne parle pas que des couples de héros, et qui est vraiment superbe au niveau du visuel.

Chevaliers de la table ronde

Un album jeunesse (même éditeur) qui me paraît assez sympa, on verra ce que ça donne. Il ne me reste plus qu’à passer commande.

Et pour en finir avec la Saint Valentin, je n’ai plus qu’à suggérer quelques ouvrages et quelques moments d’émotion sur grand écran. Pour les romans, personnellement, je choisirais de relire Wuthering Heights, Rebecca ou la Confusion des sentiments. Pour les films, trois pépites :

  1. Le Port de l’angoisse (To have and have not), avec le couple mythique Humphrey Bogart / Lauren Bacall. Réalisé par Howard Hawks, ce qui ne gâche rien. Bogart en loup de mer qui rencontre une jeune américaine esseulée, dans un Fort-de-France en pleine occupation vichyste. Des dialogues formidables et une intrigue captivante autour de ce couple.
  2. La Femme d’à côté. Je n’ai jamais pu résister à ce film de Truffaut, qui replace le mythe de la passion amoureuse au coeur de la vie quotidienne. Un blond, Depardieu, et une brune, Fanny Ardant. L’absolu de l’amour et de l’auto-destruction, Ni avec toi, ni sans toi.
  3. Mon petit doigt m’a dit, Pascal Thomas. Le premier volet des aventures de Prudence et Bélisaire Beresford, librement adapté d’Agatha Christie, est décidément le meilleur. Les dialogues sont décapants, l’humeur tour à tour légère et angoissante, et la complicité des deux acteurs, Catherine Frot et André Dussolier, est omniprésente.

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