cinephiledoc

Blog pour cinéphiles et profs docs

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pharos (1)

J’ai déjà évoqué les favoris présents sur ce blog et se rattachant directement au CDI et au collège. Cet article constitue donc une sorte de « Favoris, épisode 2 ». Pour ce qui est du CDI et du collège, il s’agit du portail E-SIDOC, qui permet de consulter les ressources du CDI en ligne et qui offre tout un éventail d’informations. Il s’agit aussi du blog atelier lecture, que j’ai présenté dans l’article précédent, et qui constitue un outil destiné aux élèves de CLA et de soutien CLA. Par contre, je n’ai pas encore présenté les autres sites qui se trouvent dans cette rubrique.

Je distingue les favoris présents sur ce blog des sites internet, blogs et flux RSS présents sur le portail Netvibes que j’utilise pour ma veille professionnelle. Sur ce dernier, il y a cinq onglets : Général, avec l’actualité quotidienne de la presse en ligne (Le Figaro, Le Monde, L’Humanité, Libération), Education (actualité de l’éducation : bulletin officiel, éduscol, information syndicale, chroniques éducation, café pédagogique), Documentation, avec les blogs des chercheurs en sciences de l’information, Savoirs CDI, le CLEMI, etc., Formation (site des professeurs documentalistes de l’académie) et TIC avec Internet Actu. C’est avec ces principaux sites que je me tient au courant et que j’organise ma veille.

Les favoris de Cinephiledoc sont beaucoup plus ludiques, pour la plupart, même s’ils restent, encore pour la plupart, en relation étroite avec mon univers professionnel :

1°) Il y a ceux qui parlent des CDI et des professeurs documentalistes, et / ou qui sont tenus par des professeurs documentalistes :

  • BlOg O nOisettes : c’est le blog très complet d’une prof doc. Ce que j’apprécie surtout, ce sont ses critiques de films et ses comptes-rendus de lecture. Elle propose aussi son calendrier, semaine par semaine, une veille en science de l’info et des outils de préparation au CAPES de documentation : bref c’est une mine d’or.
  • Fenêtre sur : c’est le blog d’une collègue, également. Beaucoup plus axé Internet et technologies (beaucoup de bidouilles sur Internet et d’idées sur la formation des élèves à la recherche en ligne). Génial pour connaître les derniers outils de veille et de publication…
  • Mon CDI, c’est une caverne. Ô combien plus délirant. L’adresse m’a été donnée par mon ancien tuteur, dont le CDI, à son arrivée, ressemblait au musée des horreurs (imaginez uniquement des livres sur l’URSS dans la partie Russie de la géographie, et quasiment aucunes bandes dessinées). En gros, ce site tente de décerner les palmes des horreurs : ce qu’il y a de pire dans les rayons de nos CDI.

2°) Ensuite, il y a les sérieux, ceux qui parlent boulot :

  • Chroniques éducation : un collègue de sciences économiques et sociales épluche la presse pour nous faire un petit topo de toute l’actualité sur l’éducation. Pratique, si on veut se tenir au courant, l’argument pour les paresseux, et bien écrit : bref, un bon investissement.
  • Bertrand Calenge : carnet de notes. Les candidats au CAPES reconnaîtront l’auteur de leurs souffrances pour l’une des épreuves écrites de cette année. Actualités du monde des bibliothèques.

3°) Les professionnels, tendance dérision plus ou moins délirante :

  • Ciel ma bibliothèque ! : dans le même genre que Mon CDI est une caverne, mais élargi à l’univers des bibliothèques et à ses aspects humains (pas seulement musée des horreurs). Pour se défouler et rire un peu en fin de journée…
  • Second flore : un blog découvert par hasard, avec lettres ouvertes et comptes-rendus de lecture. Je n’ai pas encore pris beaucoup de temps pour m’y plonger, mais j’aime bien le ton, et j’ai adoré les mésaventures de l’auteur au salon du livre jeunesse de Montreuil…
  • Notorious Bib : un blog absolument génial sur l’univers des bibliothèques au cinéma. Du grand art ! Je survalide à 200%, dès que j’ai le temps de le lire.

4°) Enfin, il y a les coupines !

Bonne lecture !

Les archives nationales

Archives_nationales_(Paris)_Hôtel_de_Soubise

Au programme de la journée d’hier : sortie avec une classe d’élèves de cinquième aux archives nationales. On arrive à Paris station Saint Michel, marche le long des quais de Seine, petit détour pour entrer dans Notre-Dame – programme d’histoire de cinquième oblige, et la vieille dame fêtant ses 850 ans, il faut bien s’arrêter pour lui rendre hommage. En gros, petit itinéraire avant d’arriver aux archives :

Saint michel archives

Au menu de cette sortie, présentation aux élèves du lieu, les archives nationales, et de certaines pièces des collections, ainsi qu’un atelier d’enluminures.

Situé rue des Francs-Bourgeois, le site est très impressionnant : deux anciens hôtels particuliers, ayant appartenu à deux grandes familles de France apparentées, les Soubise et les Rohan. Devenus propriétés de l’Etat à la Révolution, l’un a été d’abord dévolu aux archives, l’autre à l’imprimerie nationale. Différentes ailes ont été ajoutées aux bâtiments principaux pour pallier l’arrivée constante des documents.

Les archives nationales regroupent en effet tout ce qui a trait à l’histoire politique, domaniale, financière et judiciaire de la France, avec des textes datant, pour les plus vieux, du VIIe siècle. Elles ont pour missions la collecte, le classement, la conservation, la restauration, la communication et la valorisation des archives publiques des services centraux de l’État. Les documents sur les arts et les sciences sont conservés par la Bibliothèque Nationale de France, le ministère de la Défense et celui des affaires étrangères ont leur propres centres d’archives. A l’exclusion de ces deux ministères, tous les autres font dépôt de leurs documents aux archives nationales. Etant donné que l’on considère la consultation des documents liés à notre histoire comme un droit, un espace au coeur du site est exclusivement dédié à la lecture : il s’agit du CARAN (centre d’accueil et de recherche des Archives nationales).

401px-Archives_nationales_(Paris)_la_galerie_du_Parlement_(Grands_Dépôts)

Les documents sont conservés dans ce qu’on appelle les « grands dépôts ». En hiver, la température est polaire, évidemment pour des raisons de bonne conservation. Les fenêtres sont occultées pour les mêmes raisons. Lorsqu’on y met les pieds, on a une impression de vertige. On se croirait dans la bibliothèque de Poudlard. Les textes sont conservés dans des boîtes à archives et dans des pochettes, sur des kilomètres et jusqu’au plafond. Le classement est thématique et chronologique. Sur les boîtes, généralement, une lettre pour distinguer le thème, un numéro (mais qui ne correspond pas à l’année du document), avec parfois une astérisque (???) et des gommettes – pour mettre en avant les documents les plus consultés, donc à restaurer…

Lors de l’atelier enluminures, on apprend à distinguer les différents supports d’écriture au Moyen-âge, comment l’on fabrique le parchemin, les écritures : caroline, gothique, et l’on apprend à dessiner sur un vrai parchemin (un dragon pour les uns, un dauphin faisant polémique pour les autres : le dauphin a des dents et une barbichette proéminente). Plume et encre, or en poudre (ça impressionne), pigments de couleurs. Chacun repart avec son parchemin.

Enfin, les archives présentent des éléments de leurs collections. A nouveau programme de cinquième oblige, les documents présentés sont du Moyen-âge, écriture caroline ou gothique, lettrines et enluminures, sceaux. Quand on voit ces documents, et quand on pense à tous ceux qui sont conservés : le procès des Templiers, l’édit de Nantes, le journal de Louis XVI, le testament de Napoléon, la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, le serment du Jeu de Paume, les Constitutions successives de la France, on retient son souffle.

Edit de Nantes

Evidemment, ce qui titille les élèves, c’est la comparaison attendue entre le CDI et les archives. Je suis, selon eux « professeur du CDI », donc forcément, j’aime les vieux livres, les endroits où on grelotte. Je leur dis que j’ai une maison et différents équipements numériques ainsi qu’un compte facebook – non je n’ai pas connu la seconde guerre mondiale – ou je leur laisse croire que tous les soirs je déplie mon hamac dans la réserve du CDI ?

Les clichés ont la vie dure : forcément quand on est documentaliste, on aime les vieux livres qui sentent le renfermé, la poussière et les bibliothèques avec des échelles. Heureusement, il y a une vie en dehors du CDI, et de la vision qu’on en a.

Pour plus d’infos, voir la visite virtuelle des archives, le site du Musée et le site des archives.

Quoi de neuf docteur ?

bip bip coyote

Ce matin, atelier bricolage en coproduction permanence / CDI : l’objectif, fabriquer un panneau réversible OUVERT / FERME pour les deux portes du CDI. En gros, un sens interdit d’un côté, un smiley de l’autre. Le tout découpé, cartonné et plastifié. Tout cela pour éviter que les élèves traînent dans les couloirs à la pause déjeuner avec pour prétexte de venir au CDI et pour qu’ils sachent clairement quand ils peuvent entrer. Du coup, j’ai un peu l’impression d’être Sophie Marceau dans La Boom, avec son sens interdit sur la porte de sa chambre, sauf que c’est moi, l’adulte, qui empêche ou autorise les ados à entrer ! Et voilà une fois de plus démontrés les bienfaits d’une signalétique claire et explicite !

Ce midi, j’organisais la troisième séance de l’atelier cinéma avec un dessin animé de Tex Avery, Le Voyage dans la lune de Méliès et deux courts métrages de Chaplin : « Charlot et le masque de fer » et « Jour de paye ». Les élèves commencent à s’habituer à mon organisation et à ce que je leur projette : ils réclament maintenant Tex Avery au début de la séance et, avec faiblesse, pour une fois j’ai cédé. J’avais tendance normalement à leur projeter le cartoon en guise de dessert, ce que je ferai à nouveau la prochaine fois. Mais il est vrai que, moi-même, j’ai toujours apprécié ces situations absurdes, ces chutes interminables et ces poursuites.

Je me souviens surtout des tentatives toujours vouées à l’échec du Coyote pour attraper Bip-Bip et des inévitables « What’s up, Doc ? » de Bugs Bunny. Généralement, les sons que produisent sur mon portable l’envoi d’un message ou la mise à jour de Tweeter me font penser à ces scènes et ces personnages de cartoon. Même la manière de s’informer devient parfois aussi absurde que les situations des dessins animés de Tex Avery. Au lieu de prendre quarante fois de suite le même couloir à la poursuite d’un fuyard insaisissable, on actualise quarante fois de suite en l’espace d’un quart d’heure la même page Facebook, Twitter ou notre boîte mail. Si l’on regroupait quarante personnes dans un lieu, on les verrait répéter le même geste de manière répétitive, avec ou sans entonnoir sur la tête… ou bien les smartphones s’animeraient, et hurleraient en sautillant « TWEET, TWEET, TWEET !!!!! »

Non, je ne pète pas les plombs. J’essaye simplement de voir comment une manière de s’informer peut devenir délirante. Et de confronter deux manières de s’informer : le push et le pull. Le push, c’est la démarche d’aller chercher l’information sur un site, par exemple, faire la démarche d’aller consulter Google actualités ou les rubriques flash d’un site de presse en ligne. Le pull, c’est recevoir l’information envoyée par un flux RSS ou à laquelle on est abonné (pages Facebook, comptes Twitter). D’un côté, on court à la poursuite de Bip-Bip, de l’autre, notre portable vivant nous crie : « TWEET, TWEET, TWEET !!!!! »

S’informer sur les réseaux sociaux est devenue en quelques années une manière à part entière de s’informer (ce qu’avaient déjà expérimentés cinq journalistes en 2010, avec l’expérience « Huis clos sur le net »), avec en plus la possibilité de personnaliser l’information reçue et recherchée (voir sur les évolutions de ces pratiques l’article d’Olivier Ertzscheid sur Affordance.info) .

Sur Facebook, on a donc différents types d’information : les informations personnelles (mises à jour de statuts, partages de photos, créations d’évènements), les relais d’informations (partages), et le suivi de l’actualité des pages que l’on aime. Sur Tweeter, tout est mis sur le même plan : tweet (infos personnelles), retweet (partage), abonnements et abonnés (suivi d’actualité). Non seulement, l’information m’est directement fournie, instantanément – on me donne la becquée – mais en plus, il n’y a plus aucune différence entre ce que je suis, ce que je publie et ce que je recueille comme information. Je suis acteur, auteur et censeur de l’information publiée.

Simba, Mufasa et Nicholas Carr

Disney

Disney

Vendredi, j’ai fini mes séances de méthodologie de recherche sur Internet avec les élèves de troisième. Pour la plupart, ces séances se sont bien passées. Elles sont éclairantes sur les habitudes de recherche des collégiens. Pour rappel, je leur demande de faire une recherche simple sur Google, avec un mot ou une expression : « énergie », « source d’énergie », « développement durable », « environnement », « effet de serre », « pollution ». En fonction des résultats proposés par Google, je demande à chaque groupe de choisir un résultat différent. A partir de là, plusieurs constatations :

Ils savent que Google leur permet de faire une recherche sur Internet, mais ils ne savent pas ce qu’est un moteur de recherche. Il faut traduire clairement Google = moteur de recherche.

Lorsque s’affiche la page de résultats, ils ne trouvent pas spontanément le nombre de résultats et seraient prêts à les compter. D’où leur surprise de voir combien de résultats il y a à leur recherche.

environnement

Ensuite, la navigation est assez fluide, bien qu’ils ne fassent pas la différence entre site web et page web. Leur donner un résultat différent permet de faire un tour assez large des sites Internet possibles, du site institutionnel au site de presse, en passant par Wikipédia.

En ce qui concerne Wikipédia, cela reste l’un de leurs sites de prédilection, et je ne vois pas pourquoi je le diaboliserais. Pour moi, c’est un bon outil de recherche, que j’utilise quasi quotidiennement, le plus souvent juste pour vérifier quelque chose – la généalogie des Valois et le lien de parenté entre Louis XII et François Ier.

Par contre, ils ne savent pas où trouver les dates de dernières mises à jour, ni à quoi sert l’onglet discussion des articles et ne se souviennent pas d’avoir vu les bandeaux qui émettent des réserves sur certains d’entre eux :

citation sources wikipédia

ébauche

Ils connaissent Wikipédia grâce à un résultat sur Google, qui les dirige directement vers un article en particulier, mais ils  n’en connaissent ni la structure, ni les outils, ni la page d’accueil. C’est sur l’information de surface, sur la « Une », sur la première page qu’ils se concentrent. Première page des résultats de recherche et première page du résultat précis qu’ils auront choisi. Ce comportement va un peu à l’encontre du butinage que l’on attend d’eux d’ordinaire. On pense qu’ils naviguent allègrement de lien en lien et de page en page, mais le plus souvent, ce que j’ai constaté, c’est ce recours à la première page comme une sorte de refuge contre la surinformation.

Dans un article paru en 2009, « Est-ce que Google nous rend idiots ? » (Is Google making us stupid ?), Nicholas Carr s’était insurgé contre cette information de surface, allant jusqu’à la diaboliser. Il opposait surface et profondeur, lecture papier et lecture numérique, avec cet oeil critique qu’a chaque génération pour la génération qui la suit. Refrain habituel, passé versus présent, ceci tuera cela, la cathédrale et le livre, le cinéma et la télévision, le papier et Internet.

La première fois que j’ai lu cet article, une phrase a surtout retenu mon attention, parce que je trouve que, vulgairement parlant, elle envoie du bois :

« Auparavant, j’étais un plongeur dans une mer de mots. Désormais, je fends la surface comme un pilote de jet-ski. »

Cette petite phrase magique, avec son rien de poésie et son vague écho de querelle des anciens et des modernes, était devenue, lorsque je préparais le CAPES, une sorte de phrase fétiche que j’étais capable de ressortir dans n’importe quel sujet de composition. Invariablement, quelle que soit la question, revenait le pilote de jet-ski. C’était presque devenu un défi, comme les blagues de certains élèves qui consistent à tous placer dans un devoir le même mot ou la même phrase. Ce n’était pas seulement le rythme de la phrase qui me plaisait, les images que Nicholas Carr utilise, ou le rendu de cette phrase lorsqu’on la prononce le plus rapidement possible. Je n’ai d’ailleurs jamais cherché à savoir ce qu’elle donnait en version originale, jusqu’à maintenant : « Once I was a scuba diver in the sea of words. Now I zip along the surface like a guy on a Jet Ski. » Même efficacité. Zip !

C’était aussi le sentiment exprimé, cette langueur de la plongée opposée à cette rapidité du jet-ski. Surfer sur Internet : l’impression d’une fulgurance, qui fait que chaque page mettant un peu plus de deux secondes pour se charger nous rend impatients. Surfer, traverser des vagues et des vagues d’informations, et selon Nicholas Carr, n’en rien retenir, ou presque. Effectivement, on a souvent l’impression de rester en surface, lorsque l’on surfe. Mais je ne pense pas que l’on sorte de l’eau aussi sec que lorsque l’on y est entré. On y boit pas la tasse, mais l’on reçoit toutes ces gouttelettes qui, par moments s’évaporent ou qui, parfois, s’imprègnent, nous pénètrent, nous hydratent. La différence, c’est que certains ont la capacité de retenir en eux ces quelques gouttelettes et que les autres les laissent s’évaporer, les laissent glisser comme sur des écailles. Pilote passif ou pilote actif ?

Reste à savoir à quelle catégorie appartiennent les élèves, et je pense que, comme tout le monde, ils ont chacun une manière propre de s’informer, un profil d’infolettrés (j’emprunte cette notion à un collègue, qui distingue deux types d’infolettrés : le type Hermione Granger, qui creuse, fouille dans les bouquins, plonge et approfondit pour faire le tour d’une question, et le type Sherlock Holmes, capable de recueillir l’information à partir des indices en présence). Rien ne se restreint à un profil type et aucune des deux attitudes n’interdit l’autre. Tout est affaire de curiosité.

Pour finir, en guise de post-scriptum, explication du titre : ma fâcheuse tendance à utiliser la phrase de Nicholas Carr comme la citation inévitable d’une composition, m’avait faite surnommer Mufasa durant la formation au concours, par certaines de mes comparses, qui invoquaient en prière l’esprit de saint Nicholas : « sssCarr, mon frère, aide-moi ! »

De l’énergie à revendre ?

Aujourd’hui et demain, j’accueille en demi-groupes les élèves de troisième. Ils viennent dans le cadre d’un projet en collaboration avec leur professeur de physique chimie et leur professeur de français. Ce projet s’étale sur quatre mois, d’octobre à janvier.

Voici ce que l’on peut en dire : les élèves ont constitué des groupes de deux ou trois. Ils travaillent chacun sur une source d’énergie (gaz, pétrole, solaire, marée-motrice, éolienne…) pour laquelle ils doivent remplir un questionnaire en s’appuyant sur des documents papier et des sites Internet. Ils sont également encouragés à consulter des articles de presse (en ligne ou papier) pour étudier les qualités et les défauts de cette énergie, et si elle fait polémique. Puis, les fiches sont mises en ligne, et pendant les vacances de Noël, les élèves doivent lire les autres fiches renseignées par leurs camarades. Fin janvier, un débat est organisé pour savoir quelle source d’énergie est la « meilleure ».

Le professeur de physique chimie évalue le contenu de la fiche et la cohérence des informations trouvées sur l’énergie choisie. Le professeur de français évalue l’argumentation lors du débat. Pour ma part, j’évalue la démarche de recherche de l’information et la citation des sources. J’ai déjà distribué des fiches de bibliographie et d’évaluation de l’information sur Internet. J’aurais voulu qu’ils les utilisent comme une sorte de carnets de bord de TPE, même si de la troisième à la première, il y a du temps… A plus court terme, c’est aussi une démarche qui pourra leur servir pour la rédaction de leur dossier d’histoire des arts. Aujourd’hui et demain, c’est la séance « méthodologie de recherche sur Internet ».

Je leur donne ceci comme document de cours :

Evaluation info internet cours

Ce que je veux, dans l’idéal, c’est qu’ils analysent leur itinéraire, à partir d’un mot tapé sur un moteur de recherche type Google. Voilà la fiche exercice que je leur propose :

Exercice méthodo de recherche projet énergies

A partir de l’ensemble des résultats trouvés sur Google, je leur demande d’en choisir un (je fixe moi-même le rang du résultat, ça évite, pour ceux qui vont travailler sur le mot clef « énergie » d’aller sur le site de la radio du même nom) pour chaque groupe de travail, et d’étudier ce résultat. Ils vont ensuite étudier les aspects formels de la page Internet, son contenu, et enfin la page d’accueil à laquelle cette page appartient. Au moins, si certains d’entre eux omettent de me rendre une bibliographie ou une sitographie, je pourrais tout de même les évaluer là-dessus.

J’avais construit à peu près le même type de questionnaire l’année dernière lors des séances sur « Presse et politique », où il fallait que les élèves (de seconde ou de première, en éducation civique ou en sciences économiques et sociales) comparent différents sites de journaux et les différentes Unes de presse d’un même jour.

Si j’avais poussé encore plus loin la comparaison de résultats de recherche, j’aurais pu approfondir (et si j’ai du temps avec certains groupes peut-être plus rapides que d’autres je le ferai) sur leurs méthodes – par questions ou par mots clefs, quelle stratégie est la plus efficace ? – ou sur le classement des résultats par le moteur de recherche (algorithme, page rank, nombre de renvois de liens). Je verrai en fonction de leur rythme de travail. Pour les éventuelles retouches sur le questionnaire ou sur la manière de gérer cette séance, elles attendront les deuxièmes demi-groupes, qui ne viennent que la semaine prochaine.

Voilà l’un des exemples de projet un peu plus sérieux que l’emballage d’un bureau dans du cellophane…

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