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Blog pour cinéphiles et profs docs

Catégorie : Aux infos, etc. ! (Page 4 sur 10)

Méfiez-vous du chat qui dort… sur Internet.

Pourquoi les chats sur Internet suscitent-ils l’enthousiasme ? Pourquoi on ne lit jamais les « commentaires précédents » sur Facebook ? Pourquoi notre voisin ne voit pas l’image de la même manière que nous ? Pourquoi le terme « officiel » fait polémique ? Peut-on atteindre le point Godwin en publiant une photo de chat qui dort sur un réseau social ? Toutes ces questions m’ont obsédée ces dernières 48 heures, tout cela à cause d’une banale anecdote, et voilà pourquoi !

Les littéraires et les amateurs de mythologie antique connaissent bien les deux monstres marins Charybde et Scylla, Charybde étant un gouffre marin qui engloutit eau, navires et poissons, Scylla une créature monstrueuse vivant sur un rocher. Les deux, tourbillon et récif, vivent de part et d’autre d’un détroit maritime que doit notamment franchir le héros Ulysse. Ils ont donné lieu à une expression : « tomber de Charybde en Scylla« , que l’on peut traduire par « de mal en pis », ou « d’un péril vers un autre plus grand encore ».

De Charybde en Scylla appliqué à l’identité numérique…

Voici une introduction bien spectaculaire pour évoquer une anecdote, ma foi, bien ordinaire. Il y a quelques jours, je discutais avec une amie sur Facebook. Au détour de la conversation, je lui affirme « demain, c’est officiel, je dors ». L’amie en question, taquine, veut me mettre face à mes contradictions : « si c’est officiel, publie-le sur ton mur ».

Mon mur sur Facebook n’est pas une coquille vide : je partage des photos, des articles de ce blog ou d’autres blogs, mais je n’aime ni les statuts qui évoquent le déroulement d’une journée du type :

  • j’ouvre la fenêtre et je découvre le temps qu’il fait
  • je compte les pas qu’arrive à faire mon bébé avant de se retrouver sur les fesses
  • je fais étalage de mes humeurs successives

ni publier des photos de moi. J’ai donc cru que je m’en tirerais à bon compte en envoyant à cette amie une photo par MMS, où je pose baillant, et un post-it sur le front « Demain, je dors ». À raison, un MMS n’était pas assez officiel pour elle.

Sleeping_baby_cat

J’ai donc publié les simples mots « C’est officiel », avec cette photo, prise sur l’article « Sommeil » de Wikipédia, et utilisée par la page « Dormir » (centre d’intérêt) de Facebook. Et voici ce qui a suivi (je restitue les grandes lignes des commentaires qui ont suivi, évidemment sans mention du nom des personnes) :

A : C’est moins drôle qu’avec le post-it, mais d’accord, on va dire que ça officialise la chose (…)

B : Tu prends un chaton et tu ne me le dis même pas ?

A : Tu vois, Juliette, je te l’avais dit, que ce n’était pas terrible comme officialisation. La preuve, les gens ne comprennent pas !

C : Le suspense est horrible, je ne comprend pas, je ne comprend pas !

A : Et moi je me marre, parce que je sais, mais c’est à Juliette de l’annoncer « officiellement » (j’adore rajouter du suspense).

D : Si c’est pas un chaton, c’est quoi ? Un bébé ? Vous allez vous marier ? Et non, en effet, on ne comprend pas trop à quoi tu fais allusion mis à part cet adorable petit chaton sur la photo.

Possibilités d’interprétation du texte et de l’image

Voilà donc la première partie de cette conversation, sans véritable intervention de ma part (j’ai découvert ça le lendemain matin). On peut constater que :

  1. je n’étais pas vraiment aidée par la copine qui était complice de cette expérience (figurée par la lettre A) – quoique ! et qui a joué sur le terme « officiel » et ses dérivés avec délectation…
  2. le dit terme « officiel » bouleverse tout le monde ;
  3. ce terme associé à un chat qui dort va susciter toutes les hypothèses, des plus cohérentes (l’adoption d’un chaton) aux plus inattendues, en tout cas pour moi (mariage, bébé…)

J’ai donc décidé au plus vite d’intervenir, histoire de remettre de l’ordre là-dedans et de calmer les imaginations les plus débridées, quitte à décevoir, soutenue par A !

J (Moi, en somme) : aujourd’hui je dors ! (on ne peut plus explicite, non ?)

A : Fallait juste comprendre que ce matin elle dormait (…)

E : Vive les vacances !

C : Tu dors, mais poilue, c’est ça?

F : Vous allez vous marier !!! Génial !

J (encore moi) : mais non !

F : un  bébé ou un petit chat ?

A : Mais il faut lire les commentaires d’avant !

Donc je reprends : je révèle le pot-aux-roses (sensationnel, il faut le rappeler, l’activité de dormir étant un événement en soi, on s’en doute), persuadée d’arrêter la chaîne de commentaires. Ma complice dans l’affaire me soutient, et une nouvelle venue dans la conversation, E., semble avoir compris, puisqu’elle associe le sommeil aux vacances.

C’est compter sans une autre personne, qui, n’ayant pas lu les commentaires précédents (défaut très répandu chez les utilisateurs de Facebook, moi la première), reprend à son compte les hypothèses inattendues. Déjà, en voyant tout ce tintouin, je me dis que tout un jargon professionnel peut être mobilisé : économie de l’attention, flux d’information, utilisation des réseaux sociaux… et je suis tentée par une action radicale : supprimer la photo.

Gestion de son profil Facebook

Evidemment, certains de mes amis, s’amusant beaucoup de cette situation, ne sont pas d’accord. Je laisse donc la photo, et s’en suit un débat passionné sur la gestion de l’identité numérique :

A (complice n°1) : C’est dommage, moi aussi je trouvais ça drôle l’imagination très fertile des gens…

C (complice n°2, qui trouve tout cela très drôle depuis le début) : Imagination fertile? Ils parlent tous de bébé ou de chat, c’est pas très fertile… Et mon dieu que c’est sexiste, en plus !

A : Je veux dire par là qu’ils extrapolent, même si c’est fait sans grande originalité…

J (toujours moi) : tu es la voix de la raison, C., et à peu près la seule personne sensée de la conversation… tu me connais assez pour savoir que je n’annoncerais jamais un mariage ou le fait d’être enceinte sur facebook… déjà une photo de chat qui dort sort complètement de l’ordinaire quand on connaît mon profil…

C : N’empêche faire le lien entre un chat et un bébé. . Je ne sais pas pour qui c’est le plus offensant, le chat, le bébé ou les parents… Tu serais plus du genre à faire une citation littéraire ou cinematographique.

J : Ou juste à prévenir les gens en privé.

À ce stade, j’ai déjà vexé les gens qui ne sont pas très familiers de ma manière de fonctionner sur Facebook et ceux qui associent le terme « officiel » et le « chat qui dort » à un mariage ou à un bébé sont partis bouder, taxés par mes copines de manque d’originalité. On en tire tout de même une conclusion : je n’annonce pas les événements importants et privés sur un réseau social.

Et nous nous orientons alors vers quelque chose de plus proche de ma personnalité, à savoir les références littéraires, cinématographiques et numériques (blogs, comportements geeks, séries télévisées, etc.) : C., qui a pointé du doigt ma passion pour les citations, s’émerveille de ce « bruit » inhabituel sur mon mur – assez calme généralement, peu commenté, en tout cas moins commenté quand je mets le lien vers un de mes articles que quand je partage une photo de chat qui dort !

C : C’est un vrai roman cette publication. A quand des livres épistolaires du 21 ieme siècle, qui relatent les conversations facebook ? Parce que tu tiens un nouveau « À la recherche du temps perdu » là. Avec cela dit, beaucoup plus d’action que dans l’original. Et des chats. Beaucoup de chats. Les chats, c’est le web. Et le porno aussi. Voir les deux en même temps.

Et si j’écrivais un article sur les chats ?

C’est donc C., la première, qui m’a donné cette idée d’article, car si j’ai abandonné l’idée de littérature épistolaire, j’ai aussitôt rebondi sur l’idée d’écriture, et un panneau lumineux dans ma tête – type néon de grande enseigne – m’a alertée : « BLOG BLOG BLOG !!! » J’en ai profité, puisqu’on parlait de chat sur Internet, pour faire de la pub à Eva, prodigieuse auteure du blog Thèse antithèse foutaises, et grande amatrice de lol cats et de chat de Schrödinger.

Du coup, la question se posait : un article d’accord, mais sur quoi et dans quelle rubrique ?

  • la capacité des gens à extrapoler à partir des photos de chats…
  • la capacité à extrapoler tout court (une rose aurait-elle eu le même effet ?)
  • la gestion de l’identité numérique

Chat, officiel, point Godwin et Radio Londres…

Et là, comme un dernier sursaut, une des participantes à la conversation qui ne s’était plus manifestée, a voulu donner son avis, tout à fait légitimement, sur notre manière de railler les amateurs de chatons qui dorment :

E : L’extrapolation ne vient pas seulement de la photo. S’il n’y avait pas eu le statut personne n’y aurait fait attention et cela restait une belle photo de chaton ! Les écrits sont plus fautifs que l’image.

C’est donc mon « C’est officiel » qui fait polémique, tout autant que la photo du chat ! Et j’ai un instant craint que la conversation, sur un sujet à la base si anodin, ne tourne au vinaigre, voire atteigne le fameux point Godwin ! Plus récemment, un internaute n’avait-il pas suscité la polémique, non pas en abordant le sujet des nazis ou de Hitler, mais en déclarant purement et simplement la guerre à ses contacts sur Facebook, et en leur crachant au visage des vérités blessantes, méchantes et gratuites – expérience risquée et totalement fausse à retrouver ici.

Pour finir sur une note plus joyeuse – et tout en m’excusant, telle les transports en communs, de la gêne occasionnée, auprès de mes contacts éventuels lecteurs de cet article – je propose de publier la première photo venue associée à un message de Radio Londres. J’attends vos interprétations, des plus sages aux plus farfelues, lâchez-vous !

Fromages

« Les fraises sont dans leur jus »

Google, c’est rien qu’une dissertation – ou comment rendre le n’internet compréhensible aux littéraires

Comme promis depuis une semaine, voici (enfin) la contribution de Sky, de Rainbow Berlin, sur Cinephiledoc. En effet, suite à sa proposition d’évoquer les splendeurs du cinéma allemand, je lui ai demandé d’apporter ses lumières à la question cruciale « Comment réussir sur Internet quand on est motivé mais naïf ? »

Avec son franc-parler naturel, elle a donc décidé de donner quelques ficelles, non pas aux profs-docs studieux qui ont bien suivi leurs cours sur les moteurs de recherche, la veille et autres joyeusetés numériques, mais plutôt aux littéraires pur jus ! Pour les premiers, voici une plaisante piqûre de rappel ; pour les seconds, une petite mise à l’étrier. Dans tous les cas, attachez vos ceintures, ça va secouer un brin !

« Tu m’écris un truc sur la visibilité sur internet en échange ? » Voilà ce que m’a dit Juliette, un dimanche soir, quand je lui ai demandé si elle était intéressée pour publier un article mon blog Rainbow Berlin à propos du cinéma allemand. Ce à quoi j’ai répondu : « C’est-à-dire ? » « T’as carte blanche »

Carte blanche. Gnié ? Alors, entre deux articles sur les élections allemandes (qui sont très drôles cette année, c’est la folie…) j’ai un peu réfléchi à cette histoire de visibilité.

Toi, toi et toi, là, au fond, vous avez aussi un blog, non ? Et à l’instar de Juliette sur cinephiledoc, ou de moi-même sur Rainbow Berlin, vous écrivez des trucs orignaux et de qualitésuper drôles, genre coolissimes à mort, parfois même carrément intelligent, et du coup, vous voulez qu’on vous lise. Nan mais parce qu’écrire pour soi seulement, ben, euh, c’est pas top moumoute. C’est l’intérêt du n’internet après tout : obtenir une audience de fooolie !

Et avouez-le : les résultats n’ont pas été à la mesure de vos espérances. Pas d’Eldorado du lecteur, pas d’amour, pas de gloire, pas de beauté. Est-ce que Google vous aurait trahis ? Hé bah non ! C’est juste que vous êtes nuls. Et voici comment l’être (un peu) moins.

Travaillez votre référencement

Source : Fenêtre sur

Source : Fenêtre sur

Vu que je m’adresse à des littéraires, je vais faire simple : Google, c’est une grande bibliothèque remplie d’étudiants studieux. L’étudiant studieux, appelé « bot » ou « spider », parcourt sans arrêt la bibliothèque (le web) pour alimenter et mettre à jour ses connaissances (soit sa base de données). Il collecte :

  • L’adresse de chaque page trouvée : soit le titre de l’œuvre et son auteur.

  • Le contenu de cette page : soit les citations

  • La liste de liens de cette page : soit les références sur lesquelles s’appuient le travail universitaire consulté

Un étudiant consciencieux prendra le temps de consulter les références données par les œuvres consultées pour enrichir sa culture et étayer ses connaissances, à l’instar du bot qui, une fois sa lecture terminée, saute à la page liée et continue son travail de recherche.

L’idée pour l’étudiant est de pouvoir, le jour de l’examen, et au regard de la problématique donnée par le sujet (soit la requête sur le moteur de recherche), s’appuyer sur les travaux et les œuvres maîtresses les plus pertinentes (soit les résultats sur les moteurs de recherche).

Donc si vous voulez que votre contenu soit visible sur Gros Google, il faut que les gens fassent référence à votre contenu : il faut qu’ils mettent des liens, de préférence dans leurs articles, vers votre site web.

Plus un étudiant studieux va voir une référence à vos œuvres dans ses recherches, plus il va se dire qu’elles sont importantes et il faut qu’il les connaisse, les consulte, les lise, les analyse. La même pour le bot : plus il voit votre lien, plus il va le suivre et tomber sur votre site et le crawler c’est-à-dire lire son contenu – et Google va se dire que, si tant de gens vous « link » (oui, le online marketeur, il parle franglais parce que c’est la classe etpicétou) alors vous devez être une pierre angulaire du grand woueb et vous devez apparaître devant les autres sur son moteur de recherche. Votre site répond à la problématique de l’internaute, tout comme des œuvres répondent à la problématique d’une dissertation.

Cela s’appelle une stratégie de backlink. Il existe d’ailleurs un petit outil très simple qui vous permet de voir quels et combien de liens pointent vers votre site – en gros, kicéki parle de vous.

La puissance de feu des mots-clefs – attention aux âmes sensibles !

Retour, donc, à notre étudiant.

Imaginons maintenant que nous avons là un élève un peu fainéant (hum, comment ça, c’est pas difficile à imaginer ?) qui lui, aimerait juste trouver deux trois œuvres pour avoir juste la moyenne, parce que oh, hein, faut pas déconner, ce soir, on s’la colle et Gégé a ramené de la vodka, et pis y’a Maud à pécho, elle est trop bonasse, enfin, c’est Gilles qui l’a dit.

Bref.

Cet étudiant fainéant va aller au plus court en allant directement au rayon de la bibliothèque qui traite de son sujet. Pour l’exemple, on prendra la littérature allemande parce que ça fait nana érudite de prétende savoir ce qu’est la littérature allemande. A l’appui de la classification de Dewey, l’étudiant va donc se rendre au rayon 830 et chercher son bonheur.

Et bien Google fonctionne (presque) pareil grâce aux Index. L’algorithme de Google dresse – à l’avance – une liste de toutes les pages qui contiennent le mot « littérature » et « allemande » de façon à pouvoir répondre immédiatement aux recherches sur ces mots : c’est un index. Et cet index, c’est le rayon 830 de la bibliothèque.

Google fait cet exercice pour tout type de combinaison de mots, dans quasiment toutes les langues du monde. Dewey peut aller se rhabiller !

Il est donc important de construire vos articles avec les mots-clefs thématiques liés à votre sujet pour que Google puisse vous intégrer à son index, et de préférence dans le bon index, hein. Parce que recevoir des visites sur son site avec des mots-clefs « Homme nu en érection » ou « Pute à baiser » fait questionner le type de contenu qu’on a publié (Juliette, tu pourras me remercier des quelques visiteurs (parce que ce sera forcément des hommes, hein) qui viendront chercher du porno sur Cinephiledoc, c’est cadeau).

Le backlink, lui, faisant preuve de votre expertise sur le sujet et vous permettant de damner le pion à vos concurrents.

J’ai beau être une experte de l’online marketing (sisi, je suis une experte d’abord), moi aussi j’ai des visites sur des mots-clefs bizarres. Pourquoi ? A cause de mon article « Pute, baiser et autres motsallemands qui nous font ricaner ». Ah bah ça, fallait s'y attendre, hein ! 

J’ai beau être une experte de l’online marketing (sisi, je suis une experte d’abord), moi aussi j’ai des visites sur des mots-clefs bizarres. Pourquoi ? A cause de mon article « Pute, baiser et autres mots allemands qui nous font ricaner ». Ah bah ça, fallait s’y attendre, hein !

Mais attention ! Tous les mots-clefs ne se valent pas ! Certains attirent plus de trafic que d’autres : en gros, ça revient à dire que certains sont des sujets plus facilement traités et donc vous aurez plus de mal à apporter un éclairage nouveau dessus, vos concurrents étant en place depuis longtemps. L’intérêt des mots-clés est de se positionner sur des termes ou des expressions pas trop concurrentiels : vous aurez ainsi plus de chances d’obtenir un bon référencement sur des requêtes très précises.

Pour continuer l’analogie avec la bibliothèque, si vous écrivez un livre sur « Toute la littérature allemande de 500 avant J.C. à 2013», votre livre (c’est à dire site) va être consulté, certes, mais :

  • Vous allez en chier à l’écrire (oui, quand même, c’est un peu long)

  • Les étudiants vont être noyés dans le flot d’informations et leur engagement, calculé par Google, sera pauvre (je vais expliquer ça plus bas). S’il faut que notre étudiant fainéant se farcisse 4 000 pages avant de trouver les deux à trois infos qu’il cherche, il va aller chercher l’info ailleurs au bout de 2 secondes. Et donc ne pas lire, ni référencer votre contenu.

  • Les bots vont avoir du mal à comprendre l’information car elle ne sera pas segmentée en partie claires et unifiée.

  • Du coup, Google ne va pas être capable de vous ranger dans un index précis (quel rayon, 840 ou 930 ?)

Finalement, et même si votre bouquin est intéressant et qu’on vous référence dans d’autres publications, Google vous trouvera chiant, ennuyant, confus, et peu pertinent par rapport aux recherches des utilisateurs. Il vous laissera tomber aux oubliettes, là d’où Chuck Norris, Miley Cyrus et des conseils très pratiques liés à votre santé n’auraient jamais dû sortir.

Il aurait était plus pertinent d’écrire plusieurs livres en découpant le sujet en unités thématiques faisant sens, pour que l’étudiant fainéant, mais aussi l’etudiant studieux (le bot quoi) trouvent l’info rapidement sans se farcir tous les auteurs relous de la littérature allemande et puissent l’intégrer à l’index qui lui est dévolu : le 840 et non le 930.

Google propose un outil très pratique nommé adwords (si vous avez des amis/connaissance qui travaillent dans le n’internet, probablement qu’ils l’ont beaucoup maudit ces derniers temps…), qui permet de générer des mots-clés sur un sujet donné, et de voir les tendances de recherche pour ces mots-clés, ainsi que leur degrés de concurrence. Cet outil est configurable par langue, par région et donne un aperçu (presque) complet des mots-clefs synonymes que vous pouvez utiliser pour vous sortir de la masse de la concurrence.

Le contenu est roi (la forme aussi un peu)

La plupart d’entre vous ici sont profs, non ? Et vous savez, comme tout prof, qu’une bonne dissertation rencontre plusieurs écueils.

Le premier, c’est la gangrène de l’enseignement : le plagiat. On connait tous l’histoire d’un prof qui a piégé ses élèves et les a pris en flagrant délit de recopiage du woueb. Pour Google, c’est tout pareil : le contenu copié (duplicate content pour les initiés, ouais, toujours ce problème de franglais, c’est une tare, dans ce métier) est pénalisé et vous risquez de perdre vos places durement acquises. Votre contenu doit donc être unique ! Mais aussi n’être ni trop court, ni trop long. En terme internetstique, 1500 mots est une longueur raisonnable et beaucoup appréciée des bots.

Second écueil : la forme. Et oui, forme et contenu sont indissociables. Lorsqu’un étudiant écrit une dissertation, il y a un minimum à respecter : le texte doit faire une longueur suffisante, le contenu doit être utile/pertinent au regard de la problématique et ce ne doit pas être du recopiage. Si vous récupérez du contenu depuis un autre article, l’œuvre d’un écrivain (soit d’un autre site), de manière légitime, vous prenez bien soin de nommer l’auteur, de mettre sa citation entre guillemet, de réécrire en entier le titre de l’article et de le souligner (soit mettre un lien vers le site original). Et bien entendu, éviter trop de fautes de gras mère et d’or tôt graphe dans votre dis sert ta sion.

Et bien c’est tout pareil pour votre site ! Il ne faut, en plus, pas abuser des mots-clés, la juste mesure se trouvant entre ce dont les bots ont besoin pour indexer votre contenu et la compréhension qu’aura l’internaute de votre contenu. En cas de doute, toujours faire pencher la balance du côté expérience utilisateur, car un contenu de qualité amène toujours du backlink de qualité spontané. Aussi garder à l’esprit les internautes, pressés et impatients (comme le sont les profs qui corrigent les copies sur un coin de table de la salle des profs en écoutant d’une oreille les ragots de Mme C. tout en essayant de corriger suffisamment vite pour aller chercher leur petite dernière au judo) lisent vos textes en diagonale et n’hésitent pas à sauter des paragraphes. Il faut donc ETRE CLAIR et structurer votre article !

Troisième écueil : les metrics (je vous le dis, indécrottables, ces marketeurs de l’internet, ils ne savent même plus parler frenssè correctement, une honte !), donc, les metrics, disais-je, des internautes visitant votre page sont pris en compte par Google pour juger de la qualité de votre texte : taux de rebond, temps de lecture, nombre de pages vues par visites etc. Soit l’intérêt que le lecteur (professeur) porte à votre site (dissertation). Si les metrics sont mauvaises, si les étudiants abandonnent votre livre sur « Toute la littérature allemande de 500 avant J.C. à 2013» dès la première page pour consulter le deuxième résultat du moteur de recherche, alors Google va envoyer votre contenu prendre la poussière sur les rayons de la réserve, là où atterrissent les livres qui ne servent plus à rien. Si les utilisateurs apprécient mieux votre concurrent, alors votre concurrent se doit d’être devant vous.

Si vous arrivez à passionner suffisamment le vieux Mr. W. pour qu’il oublie Mme C. ragotant sur Mme V. ou de passer prendre sa petite dernière au judo, alors vous avez tout bon et Google va le remarquer. Et va vous booster devant vos concurrents.

Alors si avec tout ça vous n’obtenez ni l’amour, ni la gloire, ni la beauté, vous aurez au moins quelques lecteurs en plus. Bon, allez, les devoirs pour cette semaine : faire monter votre site sur la première page de Google. Un bon point à celui qui arrive à se placer en premier dans les résultats de recherche sur le mot-clef : « la littérature allemande de 500 avant J.C. à 2013 ».

Sur la sphère…

Depuis la rentrée, Cinephiledoc est beaucoup plus doc que cinéphile, et pour cause : entre les nouveaux projets, les séances, les citations de Petite noisette, mon côté Doc est fort occupé. J’attend également la contribution de Sky, de Rainbow Berlin, qui a été retardée par divers impondérables !

En revanche, si le côté Cinéphile est plutôt calme en ce moment, c’est parce qu’il souffre cruellement du manque de nouveautés en cinéma ! J’ai repéré quelques ouvrages à paraître qui ont piqué ma curiosité, mais évidemment, j’attend de les recevoir…

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En cette fin de semaine, la grande nouvelle est que j’ai inscrit Cinephiledoc sur la ProfDocOsphère, un site de mutualisation fait pour et par des professeurs documentalistes. En cela, cet article ressemble quelque peu à celui publié par Petite noisette sur son blog, et qui salue la même démarche !

ProfDocOsphère fait partie du site Doc pour Docs, un site hyper complet et qui aborde tous les aspects du métier, et est administré par Fenêtre sur, blog(ueuse) que j’ai déjà eu l’occasion de mentionner pour son talent geek.

Le site comprend un annuaire qui référence les principaux sites de la profession : des sites collaboratifs comme Cactus acide et Doc pour docs, des sites institutionnels (en majorité des sites académiques), et des sites personnels, parmi lesquels on retrouve ceux que j’ai déjà cités dans un précédent article, certains que je connaissais déjà (Tic tac doc, Les trois couronnes) et d’autres qu’il me tarde de découvrir (Le grain et l’ivraie, BibliObjectif).

A noter que ce site dispose également d’un flux d’actualités grâce auquel on peut voir directement les dernières publications des sites référencés, et un outil de recherche fédérée. L’idéal comme outil de travail !

La petite surprise du week-end

J’ai un petit peu hésité sur la forme à donner à cet article, vous allez vite comprendre pourquoi. Hier, en vadrouillant sur mes petits sites et blogs favoris, je me suis rendue compte que j’avais été citée par Petite Noisette dans un article consacré au Versatile blogger award.

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Cette découverte a immédiatement suscité trois réactions :

  1. Petite Noisette m’a citée ! C’est super chouette ! J’adore son blog, c’est trop génial !
  2. Ok, mais il faut encore que je fasse un article sur ces awards, ma foi, fort sympathiques, mais à force je n’ai plus d’idées ? J’ai déjà fait deux articles là-dessus ! Pour preuve, ici et ici.
  3. Oui, mais bon, c’est tout de même Petite Noisette qui me cite, faut que je fasse quelque chose ! Je vais quand même écrire un petit mot.

J’ai donc décidé de ne pas poursuivre cette petite chaine, mais de faire un petit truc à ma sauce. D’abord en expliquant ce revirement. Qui est Petite Noisette ? Eh bien c’est la rédactrice du BlOg-O-nOisettes, un blog de référence pour les profs-docs et futurs profs-docs, une mine d’informations non seulement sur les textes, les séances pédagogiques, mais aussi sur la littérature jeunesse et le cinéma. Clairement, c’est le blog de quelqu’un d’hyperactif et curieux, qui s’intéresse à tout et qui ne fait rien à la légère.

Être citée par Petite Noisette, c’est un peu comme lorsque l’on voit pour la première fois l’un de ses articles publiés dans une revue scientifique, sentiment qu’a bien dû ressentir Eva lors de la parution de son article sur la sérendipité dans la revue Cygne noir (ceci est une parenthèse).

Bref, voilà, moi contente ! Et pour fêter cet évènement, j’ai décidé de mentionner dans ce petit article cinq blogs cinéphiles et cinq blogs docs (hormis le BlOg-O-nOisettes) !

Les blogs docs :

  1. L’Odyssée d’Ln, un blog très complet sur le quotidien d’une prof-doc avec ses projets, ses séquences pédagogiques et ses bilans.
  2. Fenêtre sur, le blog hyper-pro d’une prof-doc hyper-geek, avec des tutoriels et des séquences, sans cesse à l’affût de nouvelles idées (dont la profdocOsphère).
  3. Docabord, et le quotidien du CDI semaine après semaine, avec séquences et projets, évoqué par Marie.
  4. Gribouilles de doc, un blog BD très très sympa pour retrouver les affres et les bonheurs du métier en dessin…
  5. Vie de doc, une déclinaison de Vie de merde, spécialement pour les profs-docs.

Mais évidemment, maintenant que Camille, lauréate toute fraîche du CAPES de doc, est à présent stagiaire quelque part dans les montagnes, je n’attend qu’une chose, c’est qu’elle lance elle aussi son propre blog (et je l’aurai à l’usure).

Les blogs cinéphiles :

  1. Notorious Bib, un super blog sur les bibliothèques dans l’univers du cinéma, de L’Ombre d’un doute à Star Wars
  2. Cinémiam, le blog des gourmands qui ont faim quand ils vont au cinéma (sa rédactrice a d’ailleurs publié tout plein de livres bien sympas : cuisine dans les films de Chaplin, cuisine dans l’univers de James Bond et autres petites dégustations…)
  3. Ma semaine cinéma, le blog d’un hyperactif du ciné, qui donne envie de voir plein de choses (et en plus j’adore la présentation et des catégories comme « 10 bonnes raisons de regarder…« )
  4. Il a osé, un blog cinéphile passionné et passionnant, qui dévore tout, grands classiques et derniers sortis, avec le même appétit.
  5.  The Season of Margaux, un blog que Eva m’avait fait découvrir, lui aussi très beau visuellement, et dont la lecture ne me fait jamais regretter le voyage !

Décrypter la culture geek

Chercher le geek

Avec un peu d’avance, voici l’article de la rentrée. Je n’aurais pas pu faire, je n’aurais pas pu souhaiter un article plus fédérateur que celui-ci, et qui peut s’adresser aussi bien aux cinéphiles qu’aux profs-docs, et aux littéraires qu’aux scientifiques.

Au cours de mes déambulations en librairie et de mes vagabondages sur Internet, je cherchais quelque chose d’alléchant dans les nouveautés cinéma. Pendant un certain temps, échec. Quand, par hasard, je suis tombée sur le genre de livre dont on se dit : « Il me le faut, celui-là, il me le faut. » (réaction comparable à celle que l’on a face au dernier vêtement à sa taille un jour de soldes… quoique je ne sois pas sûre que ce soit la comparaison la plus appropriée !)

PlatdeCouv-CultureGeek_F47_Plat de couv INNO

Culture geek est un ouvrage de David Peyron, docteur en sciences de l’information et de la communication, paru en août 2013 aux éditions Fyp. Culture geek, pourquoi ? Parce que l’auteur tente en quelques chapitres, de cerner ce que recouvre l’identité auto-revendiquée du geek, de nous la faire comprendre et reconnaître.

Qui est le geek ?

Le livre de David Peyron n’est pas un catalogue de tout ce qu’est le geek et de tout ce qu’il aime – littérature, informatique, cinéma, comics, jeux de rôle, séries télévisées. Cependant, il nous entraîne dans l’histoire fascinante de l’émergence du terme « geek ». Brièvement, il nous semble retrouver dans ce portrait quelques éléments de l’Histoire de la folie à l’âge classique, de Foucault. À l’origine, en effet, au Moyen-âge, le « geek » (orthographié geck puis gecken) désigne soit l’idiot du village, soit un monstre de foire :

Il était généralement présenté comme un enfant sauvage (…). En réalité il s’agissait généralement d’un vagabond que les organisateurs payaient pour assurer le spectacle, d’un handicapé mental ou d’un membre de la troupe n’ayant plus les capacités physiques d’assurer ses prestations habituelles (…). Le spectacle du geek consistait à avaler tout ce qui se présentait à lui : bris de verre, pierres, objets divers. (…)

Le geek est ainsi un « idiot social » qui a du mal à communiquer. Avec l’autre acception qui garde les traces d’une forme de marginalité, arrive l’idée d’une capacité surhumaine (qui peut être feinte) à avaler tout et n’importe quoi avec avidité, et ce de manière pantagruélique et indistincte.

Au fil des pages, et au hasard des exemples que donne David Peyron, on retrouve les traces de cet appétit insatiable : de Tolkien à Terry Pratchett (en passant par Douglas Adams, Asimov, Frank Herbert, Max Brooks, George Martin) pour la littérature, de Star Trek à Fringe (en passant par X-Files, Doctor Who ou encore The Big bang theory) pour les séries télévisées, et de Star Wars au Seigneur des anneaux (en passant par Retour vers le futur, Matrix et les adaptations des studios Marvel) pour les films.

Quoiqu’il en soit, pour l’auteur, le geek est un curieux, un passionné, dont l’intérêt pour un univers le pousse sans cesse à approfondir, à éprouver la cohérence de cet univers, et à le faire déborder de son support originel :

Ce peut être le style, ou encore les personnages qui font que des geeks aiment telle ou telle oeuvre, mais le plus important est l’univers, l’arpenter, se l’approprier de manière toute personnelle et en faire un terrain connu. Ce qui prend du temps. Que ce soit par la relecture, le revisionnage, ou le rétrogaming, le temps long (de la fiction et de la réception), la fidélité à l’objet et le retour vers lui permettent de décrire ce qui fait le sel de la passion. Cela renvoie à un rapport spécifique, expert, poussant chaque univers à ses limites, chacun à sa manière. Dans cette perspective, chaque support ajoute sa pierre à l’édifice de la pratique de ces mondes comme sorte de bacs à sable, d’objets ludiques et emplis de potentiels. Le jeu est une fiction, la fiction est un jeu et le monde est un terrain ludique, d’engagement et d’appropriations multiples.

Pour mieux cerner une identité si foisonnante et si dispersée, David Peyron dégage trois aspects majeurs de la culture geek, et ce au-delà des conditions scolaires et sociales originelles du geek, même si ces dernières sont également abordées. Il s’agit de la convergence culturelle, du rapport transmédiatique aux oeuvres et de l’érudition par le détail.

Culture transmédiatique, convergence et érudition

L’exemple le plus parlant pour évoquer l’aspect transmédiatique de la culture geek est Star Wars. C’est en tout cas l’exemple, parmi tant d’autres, que choisit d’exploiter l’auteur. Il s’agit de la propension d’un univers geek à s’étendre, c’est-à-dire aussi bien à s’approfondir sur le plan géographique, sociologique, historique, qu’à s’exporter vers d’autres formats.

Star Wars, ce n’est pas seulement un film, c’est une série de romans qui explorent les confins de la galaxie, exploitent les personnages secondaires, étudient les langues et la culture des différentes civilisations. Ce sont aussi des comics, des produits dérivés, des jeux, des séries télévisées. Tout pour répondre à l’appétit des geeks, à leur besoin d’appropriation, de collection et d’extension de leurs univers favoris.

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La convergence découle de cette culture transmédiatique : il s’agit de la propension des différents médias à être des références les uns pour les autres (livres pour films, films pour livres, films pour jeux vidéos…) et des geeks à passer allègrement de l’un à l’autre. Les oeuvres ne sont plus des entités fermées : elles deviennent, à l’instar de Star Wars, des univers hyper-approfondis, hyper-référencés, que vont à leur tour étendre les geeks, puisqu’ils vont eux-mêmes produire des « hommages », des citations, et des extensions référencées de ces univers (vidéos, fanfictions, mèmes, etc.).

Enfin, l’érudition est ce qui permet au geek de se construire en tant que tel, de s’affirmer par la connaissance la plus poussée possible qu’il ait de l’univers de prédilection. Saisir la petite phrase, l’élément de décor qui fait sens dans un film, ou l’incohérence, la faille qui émerge d’un autre, c’est pouvoir revendiquer un regard d’expert sur l’oeuvre, et la reconnaissance de ses pairs.

Trouver le geek

À tous ceux qui veulent comprendre et apprivoiser cet étrange animal qu’est le geek, à tous ceux qui se demandent si un jour ou l’autre ils seront dignes de revendiquer cette identité, à ceux qui sont simplement intrigués ou fascinés par cette façon gloutonne de s’approprier l’information et de la partager, ce livre soulèvera peut-être un pan du mystère. On s’y plonge avec plaisir, un plaisir communicatif que l’auteur a bien su nous faire partager :

En 2007, lorsque je commençais à explorer ce que pouvait être le style geek et comment le caractériser, j’ai découvert un tee-shirt mis en vente sur internet. On pouvait y lire une phrase écrite en blanc sur fond noir : « I never got my acceptance letter from Hogwarts, so I left the Shire to become a Jedi. » (…) À lui seul, ce tee-shirt résume une grande partie du propos de ce livre, et la manière ludique et pulp dont les geeks s’emparent d’objets populaires pour en faire une identité affichée, revendiquée et transmédiatique.

Une chose cependant est sûre : personne n’a besoin d’un livre pour se prouver à lui-même qu’il est absolument ce qu’il croit être. Les geeks auront-ils besoin de ce livre ? Pas nécessairement. Si ce n’est pour une simple promenade de reconnaissance plutôt agréable, qui les fera sourire, et qui fourmillera, pour eux, de clins d’oeil.

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