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Catégorie : Aux infos, etc. ! (Page 6 sur 10)

Jeux de mots, accentuation, atténuation et point Godwin

Avant le prochain article cinéphile, voici un petit post sans prétention, inspiré par cet article de Thèse antithèse foutaises, et qui mêlera figures de style, mots très curieux et sujets tendancieux…

L’idée de départ est de voir de quelle manière nous jouons avec et sur les mots au quotidien.

L’un de mes précédents articles explorait de quelle manière, pour les littéraires, l’amour des cartes heuristiques peut être lié au plaisir de représentation géographique et imaginaire des mots. Pour ces littéraires, le travail de formulation d’une recherche, l’analyse d’une notion pour préparer une séquence et le moindre des projets pris sous le prisme du vocabulaire et des champs lexicaux, peuvent prendre des allures d’escapade exotique.

Cependant, bien que cet aspect des choses m’enchante, je préfère en relever les implications les plus informelles et les plus ludiques, à savoir : les jeux d’énigmes, le double discours et l’ironie en tant qu’outils pédagogiques, et les conversations caféinées.

Jeux de mots

Depuis quelques temps, j’ai redécouvert la magie d’un dictionnaire… Pas même le dictionnaire de figures de style, qui recense les anacoluthes, prosopopées et autres zeugmes, mais le dictionnaire réduit à sa simple expression et à sa destination première : collecte et définition des mots de la langue française.

A quoi dois-je ce bonheur ? Aux journées de formation, où une collègue a dit mettre toutes les semaines une énigme sur la porte du CDI. L’idée m’a paru excellente, et dès la semaine d’après, j’ai commencé à mettre mes « énigme du jour » sur la porte. Je cherche le mot qui me semble le plus mystérieux et j’en demande le sens. J’ai déjà affiché : nyctalope, triskaïdékaphobie, procrastination et aujourd’hui, palimpseste.

Bien-sûr, je ne peux pas faire trop compliqué, mais j’aime jouer avec les sonorités et voir les réactions qu’elles provoquent. Évidemment, nyctalope est tout de suite pris pour une insulte ; les autres suscitent juste quelques difficultés à être prononcés. Mais cela fait plaisir de voir les élèves se ruer sur un dictionnaire, même si, j’avoue, la récompense (une boîte de Smarties ou un Carambar) y est pour beaucoup.

Je pense à un mot dont la découverte m’a marquée – pas forcément le plus long ou le plus difficile à trouver – c’est le cas pour procrastination, qui chante à merveille l’occupation la plus agréable qui soit, et palimpseste, dont j’aime les deux « p » qui donnent bien l’idée d’une écriture qui se réécrit sur un même support sans cesse recyclé. Pour la prochaine énigme, je pense à utopie, crépuscule ou encore à kaléidoscope…

De l’imprononçable à l’ironie : palettes du discours.

L’amie de Thèse Antithèse Foutaises évoque sa figure de style favorite : le zeugme, qui correspond ma foi très bien à sa loufoquerie, à sa capacité de digression et de changement de ton. Chaque littéraire semble donc voué à apprécier dans une plus large mesure une figure de style en particulier, qui finit par le représenter.

Mes figures de prédilection sont celles dans lesquelles s’expriment le mieux un double discours, une nuance, un soulignement, voire de l’ironie ou du cynisme : la litote et l’antiphrase, avec une légère préférence pour la litote, qui est devenue dans un cercle d’amis, l’un de mes surnoms.

La litote, en effet, est le juste milieu entre le silence réprobateur et la méchanceté gratuite. C’est une figure de style assez subtile, qui permet à son usager de déguiser sa pensée de façon à en faire deviner toute la force véritable.

Cette figure, qui va de conserve avec le sens de la répartie, je l’admire chez mes amis, comme chez certains écrivains qui manient la plume avec le plus élégant cynisme (Sartre dans Les Mots, Queneau dans Le Chiendent, Drieu La Rochelle dans Gilles). Ces auteurs que j’ai cités étaient ceux que nous faisait découvrir mon ancien directeur de recherche, connu par tous ses étudiants pour son humour pince-sans-rire, qui s’accompagnait généralement d’un petit sourire en coin du plus bel effet.

C’est sans doute grâce à ce dernier que je dois le meilleur exemple des bienfaits de l’ironie en pédagogie et dans les relations humaines en général. Les exemples sont quotidiens, quoique parfois risqués, du classique :

– Madame, j’ai plus de place sur la feuille.

– Eh bien écris sur la table…

au non moins classique et beaucoup plus cruel :

 – J’ai rien fait.

– Si, tu existes.

Mes sources d’inspiration sont diverses – je suis parfois en panne sèche de répartie originale – j’ai pu dire à un élève baratineur qu’il serait capable de vendre du sable dans le désert. Il est vrai que je suis davantage un public facile qu’une artiste en la matière : j’admire l’ironie chez les autres comme une habileté, une sorte d’artisanat exercé, mais j’ai plus de difficulté à la mettre en pratique et à la doser…

De l’ironie au point Godwin : dérapages du discours

Ou comment passer de la maîtrise total à la perte de contrôle. L’ironie, en particulier, et la relation à autrui en général, étant des exercices de haute voltige, que ce soit dans le face à face direct ou sur Internet, il est inévitable dans une conversation polémique d’atteindre le point Godwin.

Greg Williams

Greg Williams

Petit rappel de définition :

La loi de Godwin provient d’un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » sont parfois attribués à l’unité. (source : Wikipédia)

Ce qui est le plus fascinant, à mon sens, c’est de considérer les deux moments de la discussion, point de départ et point d’arrivée, car le point de dérapage reste lui très subjectif, et très humain.

Exemple concret de recette : l’explosion de deux bombes au marathon de Boston comme ingrédient de base. Ajouter un participant à la discussion plus enthousiaste qu’informé, plus engagé politiquement que le reste du groupe. Déjà s’aperçoit la pente vers :

  • théorie du complot
  • Corée du Nord
  • le 11 septembre : malgré les avions, faut-il y croire ou non ?
  • La guerre froide, la superpuissance américaine…

Remuez, mélangez tous ces ingrédients individuellement inoffensifs (ou presque) et vous obtenez un magnifique raccourci pour expliquer Boston par l’incendie du Reichstag organisé par Hitler…

Bref, pour résumer :

Bombes sur le marathon de Boston ———————————> Incendie du Reichstag.

A partir de ce constat très simple, il serait amusant d’imaginer pour chaque personne son point Godwin, ou ce qui va déterminer l’arrivée du point Godwin dans son système de pensée, sans se restreindre à Hitler, évidemment. Ainsi :

  • Pour un scientifique : la moindre des ignorances ou des incohérences du non-scientifique envers lui serait équivalent à refaire le procès de Galilée ;
  • Pour un littéraire, le point Godwin n’aurait pas d’autre formulation que le rappel des inepties de Frédéric Lefebvre sur « Zadig et Voltaire ». On y retrouverait aussi pêle-mêle Thomas More condamné au bûcher, Flaubert et Baudelaire condamné pour indécence ou la mort de Socrate…
  • Pour un professeur documentaliste, ce serait la simple mention de l’expression « dame du CDI ».
  • Pour un cinéphile, ce serait très certainement les films de Vin Diesel.

Et pour vous, quel est le point Godwin ?

Représentation(s) de l’information

J’ai eu l’idée de cet article en partant d’un constat personnel très simple : j’aime les cartes heuristiques et les nuages de tags. Pas seulement parce que ce sont de bons outils de préparation et d’aide à la recherche ni parce que c’est à la mode, mais aussi parce que j’aime bien leur rendu visuel et ce qui les motive en tant qu’outils : la représentation de l’information sous une forme naturelle (arbre, nuage) ou géographique (carte, itinéraire fléché).

Définitions

Commençons par un petit rappel wikipédien de ce que sont les cartes heuristiques et les nuages de tags. Ce n’est pas très folichon ni très original, mais je n’ai pas trouvé de meilleures définitions et les sites référents – CRDP, etc. – renvoient vers ces articles.

1°) Nuages de tags :

Le nuage de mots-clés (plus rarement nuage de mots-clefs ou nuage de tags ; tag cloud, word cloud oukeyword cloud en anglais) est une représentation visuelle des mots-clefs (tags) les plus utilisés sur un site web. Généralement, les mots s’affichent dans des polices de caractères d’autant plus grandes qu’ils sont utilisés ou populaires. (source : Wikipédia)

2°) Carte heuristique :

Une carte heuristique (ou carte cognitivecarte mentalecarte des idées, etc.) ou, dans les pays anglo-saxons et usuellement, mind map, est un schéma, calqué sur le fonctionnement cérébral, qui permet de représenter visuellement et de suivre le cheminement associatif de la pensée.

Cela permet de mettre en lumière les liens qui existent entre un concept ou une idée, et les informations qui leur sont associées.

La structure même d’une Mind Map est en fait un diagramme qui représente l’organisation des liens sémantiques entre différentes idées ou des liens hiérarchiques entre différents concepts.

À l’inverse du schéma conceptuel (ou « carte conceptuelle », concept map en anglais), les mind maps offrent une représentation arborescente de données imitant ainsi le cheminement et le développement de la pensée. (source : Wikipédia)

Je ne vais pas rentrer dans des considérations d’ordre sémiologique, pédagogique ou technologique pour approfondir ces définitions, cet article étant simplement un prétexte pour étudier une sorte de cartographie littéraire – je vais m’expliquer là-dessus – et donner des exemples personnels de mise en pratique.

Des mots et des lieux – Noms de pays : le nom / Noms de pays : le pays.

Pourquoi j’aime les cartes heuristiques et les nuages de tags ? Parce que j’aime les mots, faire joujou avec, étudier les champs lexicaux, les étymologies, et comme le rappelle ma chère thésarde, en bonne littéraire que je suis, les figures de style : toutes ces métaphores, prosopopées, chleuasme, oxymore, zeugme, et autres synecdoques.

Ensuite, parce que ces deux outils font appel à un imaginaire littéraire et philosophique qui nous entraîne de la carte du Tendre aux cartes de la Terre du milieu, en passant par des dédales proustiens de noms et de lieux.

À ce propos, je vous recommande le magnifique Dictionnaire des lieux imaginaires, du grand Alberto Manguel et de Gianni Guadalupi. Si vous voulez voyager de l’Aiguille creuse d’Arsène Lupin jusque à la Zénobie, en vous arrêtant à l’abbaye de Thélème, ou dans la forêt de Brocéliande, ce livre est fait pour vous.

Dictionnaire des lieux imaginairesMais revenons brièvement à nos exemples :

  • La carte du Tendre est une représentation topographique des sentiments amoureux élaborée au 18e siècle par Mlle de Scudéry dans la Clélie, et elle préfigure complètement les schémas heuristiques.

Carte_du_tendre

  • Dans À la recherche du temps perdu, Proust passe son temps à jouer avec les noms et avec les lieux. Il aime les fabriquer : il invente des noms propres, des noms de lieux, il s’amuse de leurs symétries et de leurs résonances. Le premier volume se nomme Du côté de chez Swann, le troisième Le Côté de Guermantes. À l’intérieur du Coté de chez Swann, on trouve la partie : «Noms de pays : le nom», quand dans le 2e volume, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, on trouve : «Noms de pays : le pays». Dans l’Espace proustien, Georges Poulet évoque ce lien indéfectible qui unit noms et lieux :

Le nom est donc simultanément chose individuelle et locale. Il est nom de pays au même titre qu’il est nom de personne et nom de famille. Mais il est plus encore. Sous la forme d’un de ces phénomènes dont l’on use pour transporter les réalités objectives dans le monde mental, il est cette entité topologique inédite (issue de la fusion d’un site réel avec l’image d’une personne ou l’histoire d’une famille), qui est un lieu irréel, puisqu’il n’a pas sa place dans l’étendue externe, mais subjectivement réel, puisque situé dans les espaces de l’esprit. (p.46)

Sur la construction de la Recherche et sur la fabrication des noms et des lieux, je vous recommande ce texte de Georges Poulet, et Proust et le roman, de Jean-Yves Tadié, aux éditions Gallimard, collection Tel.

  • Enfin, en ce qui concerne Tolkien, lorsque l’on se souvient qu’il a créé un univers total, aussi bien avec son histoire, sa géographie, sa sociologie et ses langues, et lorsque l’on énumère dans sa tête Gondor, Mordor, Eriador, Rohan, Lothlorien, Comté, Fondcombe… cet espace devient à la fois linguistique, poétique et géographique.

Terre du milieu 3e age

Voilà pourquoi j’aime les cartes heuristiques : parce qu’elles se rattachent pour moi à un univers, à un espace exclusivement littéraire, beaucoup plus amusant que la géographie physique, avec laquelle j’ai toujours eu des soucis.

Applications professionnelles

Au-delà de ces considérations littéraires, il m’est arrivé d’utiliser les cartes heuristiques durant des séances pédagogiques, en particulier l’année dernière, en travaillant avec les élèves sur l’identité numérique :

Juliette Filiol, professeur documentaliste - 2011/2012

Juliette Filiol, professeur documentaliste – 2011/2012

Mais ce que je préfère, en ce moment, c’est préparer ces séances en réalisant des cartes, pour déterminer les ressources dont auront besoin les élèves et les localiser (en violet, les ressources disponibles). C’est surtout la formation que j’ai suivie il y a peu qui m’a donné l’idée de ces exploitations. Voici une carte pour préparer à une séance de défi lecture (classes de sixième) autour du texte Ariane contre le Minotaure :

Juliette Filiol - professeur documentaliste - 2012/2013

Juliette Filiol – professeur documentaliste – 2012/2013

Et voici une carte que j’ai réalisé pour préparer les recherches d’élèves de cinquième durant la lecture de L’Ile au trésor de Stevenson :

Juliette Filiol - professeur documentaliste - 2012/2013

Juliette Filiol – professeur documentaliste – 2012/2013

Chacune de ces cartes a ensuite donné lieu à un jog réalisé sur Jog the web, pour guider les élèves dans leurs recherches sur Internet :

  • Ariane contre le Minotaure : recherches axées sur la mythologie et la civilisation ;
  • L’Ile au trésor : recherches de vocabulaire (mer, piraterie, aventures) avec des approfondissement sur le roman et sur l’auteur.

Enfin, même si je les ai beaucoup moins abordés que je ne l’avais annoncé, voici un nuage de tags réalisé par le générateur Wordle, et qui me permet de voir les notions que j’utilise le plus lorsque je publie des articles sur Cinephiledoc :

Nuage de tags blog

Petit compte-rendu de formation sur Internet

Comme je l’avais mentionné dans l’article précédent, j’étais en formation la semaine dernière. Ma tendance quasi refoulée à la maniaquerie me pousse de temps en temps à retranscrire au propre ce que j’ai (mal) écrit.

Cette formation était en deux parties : la première a eu lieu début février, juste après InterTice et la conférence musclée de Marie-France Blanquet ; la seconde était le jeudi et le vendredi de la semaine dernière. Thématique générale : Internet, quelles pratiques au CDI ? Je n’avais pas tant choisi cette formation pour me familiariser avec des outils, mais plus pour avoir des idées de pratiques pédagogiques avec les élèves.

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Première partie : Internet pour les documentalistes

Cette journée était consacrée à l’usage professionnel d’Internet et aux outils de veille, que les professeurs documentalistes doivent « pratiquer » au quotidien, par exemple pour s’informer sur les dernières nouveautés en littérature jeunesse ou les dernières actualités en matière d’éducation et de documentation…

Pour cette première journée, je ne vais pas résumer tout ce qui a été dit : il s’agissait surtout d’un échange, le plus souvent informel autour de nos pratiques et des outils qui nous étaient les plus utiles et les plus familiers. Je me contenterai de faire une petite liste des points abordés et des liens suggérés.

1) Liens suggérés : 

  • La rubrique « Veille professionnelle » sur le site des documentalistes de l’académie de Versailles.
  • Le site Raynette, qui permet de retrouver qui se cache derrière le nom de domaine d’un site Internet.
  • Le site Abondance qui suit, entre autres, l’actualité des moteurs de recherche.
  • Les sites des URFIST : celui de Lyon sur la veille et les moteurs de recherche, celui de Bretagne où enseigne Alexandre Serres.

2) La veille : surveillance d’un sujet donné. Points abordés :

  • Le Portillon Doc pour docs qui permet de faire une recherche sur un champ précis du savoir, grâce à l’utilisation des indices Dewey.
  • Les newsletters, listes de diffusions et les alertes (Google Alerts : veille thématique sur des sujets d’actualités).
  • Les agrégateurs de flux RSS (ex : Portail Netvibes).
  • Twitter. Permet le suivi des blogs et actualités de certains collègues, entre autres Fenêtre sur (tutoriels, axé TICE), BlOg-O-nOisettes (comptes-rendus de lectures et critiques de films) et L’odyssée d’LN (séances pédagogiques).

3) La curation : veille et éditorialisation, scénarisation des infos. Outils mentionnés :

Deuxième partie : Former à la maîtrise de l’information en ligne.

Cette deuxième partie de formation m’a fourni un bon stock d’idées à réinvestir avec les élèves, suivant différents axes de travail :

1) Préparer sa recherche.

C’est la première étape de la recherche : il s’agit, à partir d’un sujet donné, de conceptualiser, de trouver les mots clefs, grâce à un brainstorming, des cartes heuristiques, etc. Nous avons réfléchi à plusieurs manières de procéder :

  • relever les mots clefs importants d’une phrase.
  • confronter le Larousse en ligne et Wikipédia, en faire étudier le sommaire, puis les différents paragraphes pour en retrouver les mots clefs.
  • définir des axes de recherche avec un plan ou un questionnement quintilien.
  • construire un document de collecte : en faisant plusieurs copier-coller, retrouver les mots clefs et reformuler. Le copier-coller devient ainsi le point de départ du travail, et non l’arrivée.
  • ne donner aucune consigne : laisser chercher. Appliquer le principe de sérendipité (ou plus négativement la pédagogie par l’échec) pour avoir différentes pistes de recherche et élaborer une carte heuristique.

2) Rechercher et sélectionner l’information

C’est la démarche qui consiste à trouver le bon outil de recherche (base de données, moteur…). Liens suggérés :

  • Mon diapason : étude comparative de différents outils. (attention : inscription obligatoire).
  • URFIST de Rennes : plus de 80 outils spécialisés pour différentes recherches sur le Web.
  • J’en profite pour faire de la pub vers l’article d’une copine sur la sérendipité !

3) Evaluer l’information trouvée. Là encore plusieurs démarches.

  • Vérifier la pertinence de l’information en retrouvant les mots les plus souvent utilisés (grâce au site Wordle qui permet de générer des nuages de tags en indiquant une adresse URL ou en faisant le copier coller d’un texte.
  • Proposer une grille d’évaluation de l’information sur Internet : soit celle-ci que j’avais proposée (à laquelle il faudrait ajouter la fonction de l’auteur, la présence de publicité et la qualité de la langue), soit une grille proposant trois axes : identification (URL, auteur, structure, présentation générale), popularité (page rank) et contenu (mise à jour, auteur, vocabulaire utilisé).

Différents liens ont été proposés pour cet axe : Open site explorer, un site qui donne le nombre de liens pointant vers une adresse URL (attention : gratuitement, l’accès est limité à 3 recherches par jour), et Raynette pour étudier le nom de domaine.

L’accent a aussi été mis sur la distinction entre page web et document PDF, entre page et site, et, concernant Scoop it, entre la personne qui collecte le document et l’auteur de ce dernier (qui fait quoi ? qui cite quoi ? qui est l’auteur de quoi ?)

L’exemple le plus ludique d’évaluation de l’information est la diffusion d’informations fausses sur lesquelles faire travailler les élèves. En gros, il s’agit de les faire travailler sur la rumeur et le canular (Saint Pixel, le petit Singly, la vidange du lac d’Annecy, le dahu, l’étude d’un pays imaginaire, etc.). Quelques liens utiles :

  • la perle du pearltrees de Stéphanie Galloin sur le sujet ;
  • le site Hoaxbuster ;
  • les documents de e-profdocs sur la rumeur ;
  • l’outil Jog the web pour organiser l’information dans une démarche ou un exercice à proposer directement à l’élève (inscription obligatoire).

4) Différents autres points abordés plus succinctement :

  • Restituer l’information : affiches, diaporamas.
  • Adopter une attitude responsable : sensibiliser les élèves à la notion de droit d’auteur et de citation des sources, en réalisant, par exemple, un QCM grâce à Hot potatoes.
  • Faire réaliser des bibliographies, voire même intégrer un générateur de bibliographie dans E-SIDOC, grâce au tutoriel de Fenêtre sur.
  • Travailler sur l’identité numérique. Une collègue nous a proposé un diaporama très complet sur le sujet notamment avec des vidéos de Cyprien et d’un voyant pas banal.

Au milieu de ce laboratoire d’idées, l’une des découvertes les plus affligeantes par sa bêtise abyssale reste cependant le nouveau réseau social à la mode, ask.fm, qui me paraît être le mix parfait des émissions de télé-réalité – ou pseudo télé-réalité – actuelles (Yolo), et des émissions mélos (Le jour où tout à basculé et Au nom de la vérité) qui elles-mêmes associent le talent des comédiens de Plus belle la vie, la qualité d’intrigue des Feux de l’amour et le tire-larmes de Toute une histoire.

Un gros moment de solitude intellectuelle !

Echanges inter-blogaux : regards croisés sur la journée franco-allemande

Un article a fait brièvement son apparition sur ce blog, puis a disparu. Cet article est parti, mais pas loin : il apparaît désormais ici, sur le blog Rainbow Berlin, magistralement tenu par Sky.

Sky – Lise pour les intimes, mais je ne sais pas si je peux briser de manière honteuse son anonymat, on verra – Sky, disais-je, n’est pas seulement une littéraire en camouflage, une dénicheuse d’anecdotes, et quelqu’un qui a une excellente capacité à lever le coude. C’est aussi une blogueuse de premier ordre, forte de son expérience en Web marketing.Rainbow Berlin lui ressemble parfaitement : riche (intellectuellement), curieux, volontiers anti-conformiste, aventureux, pragmatique et plein d’humour

A l’occasion de la Journée de l’amitié franco-allemande qui a eu lieu ce mardi 22 janvier, nous avons eu l’idée d’un échange inter-blogal : je lui transmets l’article sur l’organisation de cette journée et sur la manière de la faire connaître à des élèves français de collège, elle m’envoie ses impressions outre-Rhin : non seulement son regard de française infiltrée à Berlin, mais aussi sa vision de l’Allemagne, des relations franco-allemandes au quotidien, dans la culture. L’article qui suit est comme un jeu de ping-pong avec soi-même : par son regard de cosmopolite, elle nous offre une partie inédite entre la France et l’Allemagne, sous un seul crâne. 

Mais trêve de bavardage, laissons-lui la parole :

22 janvier

Gendarmenmarkt, un mardi soir. La place est couverte de quelques centimètres de neige, et une petite foule se serre dans la froideur piquante, dans l’espoir d’avoir un peu plus chaud. Sur les abords de la place, des voitures vertes de la police, et un camion de la Rote Kreuz. Il se met à neiger, quelques flocons timides. Sur les façades des cathédrales, les lumières s’affichent et se mettent à danser.

Aujourd’hui, c’est le Deutsch-Französische Tag. Et sur la Gendarmenmarkt, les gens sont venus assister à un light show, à l’emblème des deux nations, pour commémorer ce jour.

Lumières

Le choix de cette place berlinoise n’est pas juste du à son côté romantique et féérique et sa place privilégiée au cœur du quartier berlinois de Mitte. Non, Gendarmenmarkt, c’est surtout un bel emblème des relations franco-allemandes : bordée par un salle de concert nommée Konzerthaus, les deux cathédrales françaises et allemandes se font face, le Französischer Dom et le Deutscher Dom, deux amis, deux ennemis, unis dans la pierre et les évènements successifs qui se déroulent tout au long de l’année sur une des places les plus connues de Berlin.

Mais qui ça intéresse, Outre-Rhin, la journée franco allemande ?

Au dessus des toits enneigés, dans un nuage de brouillard, brille la Fersehturm. Elle est éclairée pour l’occasion, de vert. De vert ? Oui, de vert, car cette semaine est aussi celle de la Grüne Woche, un des salons internationaux les plus connus dédié à l’agriculture, l’horticulture et les industries alimentaires diverses. Avec ses 400000 visiteurs dépassent largement cette petite célébration qu’est la journée franco-allemande.

Et la Fashion Week, alors ? Ca aussi, c’est un événement qui a la classe. Même si cela est loin d’égaler ses grandes sœurs de New York, Paris, Londres et Milan, la Fashion Week de Berlin a lieu devant la Brandenburger Tor et réuni plus de 150 designers internationaux. Elle a fini le 20 Janvier, mais ses retombées passent largement le mois de février.

Alors que vaut la Deutsch-Französische Tag face à une compétition pareille ?

Pas grand chose, en tout cas, pas les gros titres.

Des relations franco-allemandes tendues

Merkel et Hollande ont beau sourire sur les photos des journaux allemands et français, il n’empêche qu’à vivre en Allemagne, on se rend compte des tensions constantes entre les deux pays.

Les titres des journaux, les infos dans le métro, jusqu’à ce policier, d’ailleurs fort charmant et qui portait des piercings un peu partout, avec lequel j’ai discuté, un soir où j’attendais quelqu’un en retard dans le froid, tous ont des mots durs pour la France.

Le nouveau président passe mal, pour sûr, et quand j’ai dit à ce policier que j’étais venue à Berlin pour travailler, il m’a dit : « Ca se passe donc si mal en France ? »

Mes amis se moquent de l’homophobie qui règne au pays des droits de l’homme et ne comprennent pas pourquoi la France laisse des gens comme Barjot manifester (moi non plus d’ailleurs). Les Allemands disent que nous allons droit dans le mur, que notre économie s’effondre, que notre système sociale s’écroule et qu’on ne va bientôt même plus pouvoir sauver les meubles. Et difficile de leur expliquer le contraire.

En attendant, ils ne valent pas mieux, avec leur pseudo AAA : rapport sur la pauvreté édulcoré, multiplication des emplois précaires ne garantissant même pas un niveau de vie décent (dont j’ai aussi été la victime), le modèle allemand a aussi ses limites !

Des amis ennemis, qui voient la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le leur.

Clichés anciens et nouveaux

Les vieux préjugés et les vieux stéréotypes n’ont pas atterri dans les poubelles de l’histoire.

Selon une étude allemande récente, les Allemands associent la France à « Paris, la Tour Eiffel, le vin rouge et baguettes ». Quant aux Français c’est « Merkel, bière, Berlin et les voitures » qu’évoquent l’Allemagne. Dès qu’un(e) Allemand(e) me sait Française, j’ai droit au même discours :

– « Je parler un peu Franssais »

– Nan mais cool, mais on peut parler Allemand, c’est bon

– Ja, petiteeuh femme, Moulin Rouche, bakette, vin rouche

– Ouais, ok, tu parles bien Français, on passe à autre chose, maintenant ?

(ouais, j’suis souvent parfois désagréable)

Et quand je rentre en France, c’est toujours les mêmes blagues graveleuses et idiotes que me sort ma famille et mes amis Français. Et ils ne s’en lassent pas. Moi si.

Au niveau des compétences linguistiques, les Français sont largués : six pour cent des Allemands parlent Français couramment et trois pour cent des Français peut parler la langue de Goethe. Dans la réalité, c’est bien plus, et dans les magasins berlinois, il ne vous sera pas difficile d’avoir des renseignements en Français (approximatifs, mais compréhensibles).

Et moi, et moi, et moi ?

En tant que Française habitant à Berlin depuis maintenant 5 ans, ce jour n’a rien de spécial. La journée franco-allemande, pour moi, c’est 24h/24, que je me batte avec l’administration allemande, monassurance sociale (tout sauf sociale, bande de rats), que je regarde le journal télévisé ou demande une baguette de pain à la boulangerie en bas de chez moi. On n’a pas l’impression, car ce sont nos voisins, mais les différences culturelles avec l’Allemagne sont bien réelles et parfois, déroutantes

Finalement, le 22 janvier, c’était juste une journée normale, sauf qu’on a eu le droit à un spectacle de lumières et à quelques articles sur François Hollande, où les mots Freude, Freundschaft et Freunde avaient enfin remplacé Fremde, Unfähigkeit et Unverantwortlich.

Je pense cependant que les relations franco-alllemandes sont suffisamment solides pour résister aux désagréments passagers européens. Un solide réseau de relations a émergé, un réseau de jumelage est né, plus de huit millions de jeunes Allemands et Français se sont rencontré ; et certains même se sont mariés, ont fondés une famille franco-allemande.

Aucun pays dans le monde ne peut se targuer d’avoir une relation aussi proche et intime avec un pays voisin. L’Allemagne et la France, c’est amis-ennemis, Freunde-Fremde.

Et vous, quelles sont vos relations avec notre voisin Outre-Rhin ?

Pour en apprendre plus sur l’Allemagne, visitez mon blog !

L’échange de (bons) procédés

Bons pour vous, je ne sais pas, vu que vous allez subir. Bons pour moi, ça reste à voir… Après les chaînes de courrier, les chaînes sur Facebook, les « postez ce message pendant une heure si vous êtes d’accord avec l’élevage domestique des huîtres », je découvre un nouveau concept, grâce à l’aimable intervention de Rainbow Berlin : les échanges co-promotionnels entre blogueurs.

Le but d’un blog étant principalement d’être lu, beaucoup de pratiques permettent d’accentuer sa visibilité : partager les articles sur Facebook et sur Twitter, rajouter l’adresse du blog à sa signature automatique lorsque l’on envoie un mail, enregistrer le blog dans un répertoire, citer des copains copines blogueurs / blogueuses qui nous rendent la politesse. Ces pratiques me sont devenues progressivement familières depuis que je tiens Cinephiledoc.

Et aujourd’hui, j’ai été taguée pour The Versatile Blogger Award, par Rainbow Berlin, le blog d’une copine française installée à Berlin, que j’avais déjà présenté dans mon article « Au menu des favoris ». Bien que je considère Cinephiledoc moins comme un outil de communication personnel que professionnel, le principe de co-promotion m’a séduit. Il est, de loin, moins agaçant que les chaînes et plus intéressant, plus éclairant sur la communauté des blogueurs. Voilà en quoi il consiste.

1°) Remercier la personne qui vous a tagué :

Merci donc, Rainbow Berlin, de cette promotion impromptue, et de me faire découvrir TVBA. Non contente d’être seulement la rédactrice d’un superbe blog sur le Berlin insolite, culturel, quotidien, caché, elle consent de temps à autre à me livrer quelques-uns de ses secrets professionnels issus du web marketing, que j’ai mis à profit dans la gestion de mon blog.

2°) Dévoiler 7 choses sur moi, que vous ne savez pas déjà (dans la limite de la décence et de l’intimité – je rajoute).

Exercice difficile, le blog étant ce que mon ex-directeur de recherche appellerait l’usage de l’extime, ou plutôt, l’exhibition au sein d’une sphère publique, d’une part d’intimité. Voyons, voyons.

  1. J’aime donner des surnoms aux gens, autant ceux que j’aime que ceux que je déteste. Seuls n’ont pas de surnom les gens qui me laissent totalement indifférentes. Les personnes que j’admirent le plus peuvent à elles seules avoir trois ou quatre surnoms à leur actif, qui ne sont pas toujours de mon cru. J’ai dernièrement donné un surnom à un élève et j’ai craint l’espace d’un instant qu’il me devrait sa future psychanalyse.
  2. J’ai une tendance à l’agoraphobie : je n’aime ni les centres commerciaux les jours de solde, ni les transports en commun. Je suis une râleuse professionnelle mais refoulée : je râle dans ma tête, au volant, et quand je suis sûre de ne pas être entendue. Au fond, c’est un comportement typiquement français, il me semble.
  3. Je déteste la niaiserie, les histoires de princesses, les attitudes girly des filles qui se maquillent dans le RER et racontent leur vie au téléphone. Par contre je peux passer la soirée à regarder Mary Poppins et avoir Le Morceau de sucre toute la journée dans la tête le lendemain au boulot.
  4. Quand je suis stressée, je range et je nettoie. Lorsque j’attendais les résultats du CAPES, j’ai failli pleurer parce que j’avais nettoyé tout l’appart’ et je me demandais ce que je pouvais bien faire d’autres. Mais non, dans ces cas-là, je ne viens pas chez vous faire votre ménage.
  5. Jusqu’à maintenant, l’un de mes rêves était d’avoir une salle de projection de cinéma à domicile. Cette année, j’ai craqué : j’ai acheté un écran et un vidéoprojecteur.
  6. J’ai une théorie selon laquelle en littérature, cinéma et musique, nous avons tous des goûts inavouables (pas forcément honteux, mais qu’on ne va pas hurler à tout le monde dans une soirée de rock celtique), et je n’en livrerai ici que deux : j’adore Dalida et Joe Dassin.
  7. J’ai horreur d’être en retard : lorsque je dois commencer au collège à 8h30, je suis là à 7h40. Cela me permet de savourer ma dose de caféine, de papoter, de bien prendre mon temps, de dire bonjour, bref de « me mettre en conditions ». Par contre, le soir, je pars à l’heure et ne fais pas une minute de plus que l’horaire prévu (sauf si j’ai été prévenue dans un délai supérieur à 24h).

3°) Nommer à son tour 15 victimes.

Etant donné que ce blog se veut, en grande partie, professionnel, je n’en nommerai que quelques-uns, et sur le lot, j’en préviendrai moins que ça. Donc, Aradane, le BlOg O NOisettes, les carnets de Bertrand CalengeOeil d’ailleurs, Chroniques éducation, Fenêtre sur, Notorious Bib, La CLAsse : atelier lecture (mais c’est pas du jeu parce que c’est en partie mon mien), et Second Flore.

4°) Prévenir les victimes.

Je le ferai – ou pas. Je ne sais pas… Flemme ?

5°) Ajouter le logo et les règles.

FIN

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