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Une bibliothèque idéale sur le cinéma

Edward Hopper

Edward Hopper

Il est temps que je présente un peu plus en détail un projet qui me trotte dans la tête depuis une petite semaine, et surtout depuis mon compte-rendu de lecture de 5e avenue, 5 heures du matin.

Ce projet tient en six mots, et donne son titre à cet article : une bibliothèque idéale sur le cinéma. D’où vient-il ?

D’abord de mon environnement personnel : j’ai une bibliothèque – il faut entendre ici le meuble, et non la pièce, je ne dispose pas encore de l’espace suffisant pour consacrer une pièce entière à des livres – j’ai donc une bibliothèque entièrement dévolue au cinéma. On y trouve aussi bien ce qu’on appelle des « beaux livres », des biographies, des entretiens, des correspondances, que des essais, voire des romans.

Ensuite, de ma formation. Dans le cadre du Master « Métier de professeur documentaliste », j’ai réalisé un mémoire sur le Non-film et les bibliothèques spécialisées en cinéma, à savoir la BIFI (la bibliothèque du film, qui se trouve à l’intérieur de la Cinémathèque française, et la bibliothèque François Truffaut, au Forum des Halles). Je traduis : le Non-film, c’est tout ce qui aide à la compréhension du cinéma, tout ce qui entoure le film, aussi bien les costumes, les accessoires, les archives, que les ouvrages consacrés au cinéma, et c’est cela qui m’intéressait tout particulièrement. Grâce à ce mémoire, j’ai passé l’année à lier étroitement travail et plaisir, en appliquant des notions professionnelles (classification, valorisation, politique documentaire) à mes dadas personnels, ce que je reproduit parfaitement, sous une autre forme, dans le cadre de ce blog.

Enfin, cela vient d’une réflexion sur ce blog et sur le fait que je souhaite le rendre tout aussi Cinephile que Doc. J’ai déjà parlé de cette idée à quelques personnes, qui ont été suffisamment encourageante pour que je la creuse. L’objectif : proposer des comptes-rendus de lecture de livres sur le cinéma, les réalisateurs, les acteurs, les films. Bien-sûr, c’est aussi un prétexte pour acheter des livres – MIAM, et je ne vais pas bouder mon plaisir. Reste à savoir où les ranger !

Maintenant, le détail du projet :

  • une à deux fois par mois, la critique d’une publication récente (fin 2012-début 2013 pour février, mars et avril) sur le cinéma ;
  • en fonction des actualités culturelles (anniversaires, films, évènements) ou de mes propres envies, une sélection d’ouvrages « coups de coeur » consacrés à un film, un acteur, un réalisateur. Aussi bien des « classiques » du genre que des nouveautés, ou des inattendus.
  • évidemment, je suis ouverte – même si l’adjectif finit par me faire sourire à force de l’employer, à toute suggestion de lectures ou d’articles pour enrichir cette bibliothèque idéale.

Sortie très prochainement du premier numéro !

Dans les coulisses de Diamants sur canapé

Comme je l’ai mentionné dans un article précédent, j’ai trouvé sous le sapin à Noël quelques perspectives de lectures fort sympathiques ! Parmi elles, il y avait ce livre :

Mise en page 1

5e Avenue, 5 heures du matin, de Sam Wasson. Avec pour sous-titre : Audrey Hepburn, Diamants sur canapé et la genèse d’un film culte. Cet ouvrage est sorti en octobre 2012 aux éditions Sonatine et a reçu des critiques unanimement élogieuses et amplement méritées.

Je n’ai pu trouver le temps de le lire que durant ces deux dernières semaines, mais déjà, en le « manipulant », beaucoup de choses m’avaient séduite :

  • Son format : c’est un livre assez petit, mais épais. Il donne l’impression d’être une somme. Sa tranche est en tissu, ce qui fait penser à un carnet ou un journal de bord. On va dire que je pinaille, mais un livre, c’est d’abord un objet pour lequel tous les choix ont été mûrement réfléchis. Lorsque j’entre en contact avec un livre, j’apprends à apprécier sa forme, son odeur, le grain de sa page, ses polices de caractères et sa mise en page. Je le tourne, je le retourne, je le parcours : en gros, je fais connaissance ; je le hume et l’étudie avant de le boire.
  • La vie réelle en film, le film en vie réelle, comme vous voudrez. C’est un détail, mais c’est fichtrement bien trouvé : un générique de film pour évoquer les principaux personnages réels qui ont contribué à la construction de Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany’s). Je ne vais pas tous les citer, mais on y retrouve aussi bien des rôles principaux : Audrey Hepburn, Truman Capote, Givenchy, Blake Edwards, Henry Mancini, que des rôles secondaires : Colette, Billy Wilder, Marilyn Monroe).
  • La structure : les différents chapitres proposent une généalogie inédite du film, presque à partir des cinq sens : l’odorat, le goût, la vue, l’ouïe, le toucher. Ici, ce sont : Y penser, Le vouloir, Le voir, Le toucher, S’y laisser prendre, Le faire, Aimer ça, En vouloir plus. Toute une approche érotique de la création artistique collective !

Puis, j’ai commencé à lire. L’auteur suit la trajectoire des acteurs, des producteurs, des scénaristes, des réalisateurs, des écrivains, de tout ce microcosme qui contribue à un objet final : le film. On y apprend une foule de détails, qui vont de la vie privée (en particulier celle de Audrey Hepburn) au casting du chat, à la composition de Moon river, et à au projet d’une autre fin pour le film…

Audrey_Hepburn_Tiffany's_3

Deux petits exemples :

1. La première scène de tournage : Holly Golighlty descend d’un taxi devant Tiffany et déguste des viennoiseries tout en contemplant les vitrines de la bijouterie. Dans la tête d’Audrey Hepburn :

« La rue était déserte, comme ces routes poussiéreuses dans les westerns. La foule ne tarderait cependant pas à s’assembler. 

Tout était si absurdement difficile, jusqu’à la viennoiserie dans le sac en papier près d’elle sur un siège. Comment allait-elle faire pour avaler ce truc ? Audrey ne voulait pas faire d’histoire, mais elle avait les viennoiseries en horreur et avait demandé à Blake si cela ne le dérangerait pas qu’elle déambule devant la vitrine de Tiffany en mangeant plutôt un cornet de glace. Mais il avait refusé. Evidemment, sa décision était entièrement justifiée. C’était l’heure du petit déjeuner après tout et ce ne serait pas vraisemblable. »

2. L’histoire de la chanson Moon River. Pour moi, Moon river est l’une des plus belles chansons présentes dans un film. La musique, les paroles, forment un tout absolument captivant. Le livre nous apprend tous les détails de la collaboration entre Henry Mancini, compositeur, et Johnny Mercer, parolier, ainsi que la gaffe d’un des producteurs, qui était le seul à vouloir faire dégager du film cette « putain de chanson ».

Ce qui reste de ce livre, lorsqu’on l’a refermé, c’est un vague sentiment de mélancolie, un regard presque amoureux sur un film avec, pour reprendre une expression de Chaplin à propos du Kid, « un éclat de rire, et peut-être une larme ». C’est tout un aperçu d’une époque, avec ses stars, sa mentalité, ses métamorphoses…

Je ne nierai pas qu’on a vraiment envie de revoir ce film, merveilleux sur grand écran. Il donne envie de se plonger dans l’oeuvre de Truman Capote, auteur du Petit déjeuner chez Tiffany, déçu de l’adaptation de son roman : j’ai lu le texte il y a quelques années et j’avoue qu’il faudrait que je le relise. De Capote, j’ai surtout aimé Musique pour caméléons, que j’avais découvert grâce au film d’Almodovar, Tout sur ma mère. J’ai commencé De Sang froid, que je trouve très prenant.

Et bien-sûr, après ce livre, c’est indispensable, on veut revoir quelques bijoux de la filmographie d’Audrey Hepburn. Comme pour mon article précédent sur Spielberg, je n’en donnerai arbitrairement que trois, hormis Diamants sur canapé, qui est l’un de mes préférés :

  • Vacances romaines (Roman Holiday) : parce que c’est l’un des premiers films d’Audrey Hepburn, et qu’elle irradie dans cette belle comédie aux côtés de Gregory Peck, et parce que c’est le film conseillé à tous ceux qui veulent découvrir Rome à travers le regard des studios hollywoodiens.
  • My fair lady : le film de la consécration. Un monument, réalisé par George Cukor, avec des chansons magnifiques, même si ce n’est pas Hepburn qui chante. Le film d’une autre époque, qui confronte l’érudition et le populaire, la misogynie et l’élégance.
  • Seule dans la nuit (Wait until dark) : fin de carrière. Une Audrey Hepburn filiforme interprète une femme aveugle (non-voyante pour les gens que le mot choque), seule chez elle, et qui reçoit la visite d’un groupe de gangsters, voulant récupérer la poupée bourrée d’héroïne tombée accidentellement dans les mains de son mari à l’aéroport. Un rôle très différent, un sentiment de terreur et d’enfermement.

Un rallye librairie : pourquoi pas ?

bibliotheque-chat

Depuis un petit moment, inspirée par ma blogueuse de Berlin, je prévois, j’annonce et je promets un article sur la lecture et sur les librairies. J’ai commencé à y réfléchir fin novembre, mais, une chose en amenant une autre, un projet succédant à un autre, j’ai repoussé lectures et librairies de semaines en semaines… jusqu’à aujourd’hui. Mais la fréquentation des librairies étant généralement antérieure à l’activité de lecture, je me concentre sur les premières et repousse à nouveau la seconde.

J’en profite : j’ai envoyé aujourd’hui par mail mon Buzz de Mermoz pour la semaine suivante, mon exposition pour la journée de l’amitié franco-allemande est prête et déjà consultée par les premiers élèves, et je ne peux pas mettre à jour mon portail E-SIDOC en raison d’une opération de maintenance. Je peux donc me consacrer à ce rallye librairies. Les principales librairies que j’ai fréquenté jusqu’à maintenant sont soit seine-et-marnaises, soit parisiennes.

On peut penser beaucoup de choses sur Melun : personnellement, je l’ai toujours trouvée sinistre comme ville. Si j’essaye de faire abstraction de cet a priori, je dirais juste que je la trouve beaucoup moins vivante, comme ville « de province », que Fontainebleau, alors que Melun est une préfecture. Cependant, s’il y a quelque chose qui me plait à Melun, ce sont deux de ses librairies : la librairie Pollen, et la librairie L’Escalier.

Pour L’Escalier, c’est à la fois la configuration des lieux, et l’accueil, agréable et de bon conseil, qui me plaisent. Elle est située dans le centre-ville, juste à côté de l’église Saint Aspais. Il faut monter quelques marches, et l’on se retrouve dans un petit univers sur deux étages. Je n’ai d’ailleurs jamais compris si le nom « L’Escalier », c’était à cause des quelques marches, ou à cause de l’escalier en colimaçon qui permet d’accéder au rayon des beaux livres, au premier.

Pour Pollen, c’est davantage une question de coup d’oeil et de curiosité. Je ne connais pas énormément de librairies qui se trouvent sur des péniches. Rien que pour ça, il faut aller y faire un tour.

Il aurait fallu aussi parler de la Bande des six nez, une librairie spécialisée en BD, également située à Melun, mais l’accueil n’y est pas très sympathique (on se demande si le gérant veut faire des affaires)… je préfère parler d’une autre librairie spécialisée BD, que j’ai déjà mentionnée, et qui, elle, se trouve à Paris :

Bulles en tête

Il s’agit de Bulles en tête, située rue des Dames, juste derrière le boulevard des Batignolles, métro Rome. Non seulement le fond est impressionnant, elle est incroyablement bien fournie, mais les vendeurs y sont super sympas et donnent d’excellents conseils. Il m’est déjà arrivé de ressortir avec quatre ou cinq bandes dessinées. Au sous-sol, il y a des expositions d’affiches et de dessins. Pour plus d’infos, voir sur la page Facebook de la librairie et leur site Internet.

L’une de mes découvertes récentes, c’est la librairie L’antre monde, rue du Chemin vert, métro Père Lachaise. Elle est spécialisée science fiction, fantasy et ésotérisme. Une vraie mine d’or pour les passionnés. Un temple dédié à George Martin, Philip K Dick, Asimov, Terry Pratchett, Bram Stoker et tant d’autres… Elle est gérée par une libraire très dynamique et qui adore papoter (ou en tout cas qui préfère papoter que prendre sa pause déjeuner). Plus d’infos là encore sur sa page Facebook, sur son site Internet et sur son blog.

Pour les cinéphiles comme moi, il y a aussi la librairie de la Cinémathèque française et l’inévitable librairie Ciné Reflet, rue Monsieur le Prince, à deux pas de la Sorbonne. Si jamais vous voulez dénicher une rareté cinématographique (les aventures d’Antoine Doinel, introuvable ailleurs), allez-y, laissez votre numéro. Dès que le libraire aura mis la main sur la perle rare qui vous fait défaut, il vous passera un coup de fil. Ne pas y aller si l’on veut faire des économies.

En librairie anglophone, il y a bien-sûr Shakespeare and Company, sur les quais juste en face de Notre Dame, que l’on aime pour son côté fouillis et pêle-mêle. Mais je lui ai toujours préféré WH Smith, rue de Rivoli, métro Concorde, où j’avais trouvé une superbe édition de Rebecca, de Daphné du Maurier, et l’autobiographie de Chaplin en VO.

Sinon, en généraliste, parmi les parisiennes, j’en retiens une seule : L’Humeur vagabonde, rue du Poteau dans le 18e. Une librairie qu’on aime surtout pour le nom, et ensuite pour l’accueil, s’il n’a pas changé depuis. Elle se trouve à deux pas de la pizzeria Rossini, rue Damrémont, restaurant tenu par un sosie de Roberto Benigni et sa famille, qui fait selon moi la meilleure cuisine italienne que j’ai pu trouver en France. Vous manquez de soleil en ce moment ? Allez vous acheter un livre à l’Humeur vagabonde et manger des pâtes chez Rossini.

On me demandera : et les librairies de l’Essonne alors ? Je suis en contact avec la librairie Atout Papier de Savigny sur Orge, pour mes commandes, et le gérant est très gentil et efficace. Par contre, je n’ai pas encore réussi à trouver le temps de m’y arrêter pour voir à quoi elle ressemblait.

Voilà, je l’ai fait mon article sur mes librairies fétiches. J’attends l’équivalent berlinois maintenant !

Lectures de fêtes

travailler moins pour lire plus

Je profite de ce dernier jour avant les fêtes et les vacances, pour un petit billet de plaisir – non que les autres ne soient pas de plaisir aussi, mais celui-ci le sera à la fois dans le fond et dans la forme. Cet article était un petit peu fourre-tout dans ma tête mais je vais essayer de l’organiser. D’abord il me faut un point de départ :

à l’occasion des fêtes resurgissent les clichés concernant les littéraires et, à plus forte raison, les documentalistes (je mets de côté l’aspect avant le trait d’union : professeurs) : à Noël, il faut nous offrir des livres, on aime ça, on aime sans doute que ça, et, nous, on offre des livres. Depuis quelques années, c’est d’ailleurs un défi pour moi de trouver pour chacun de mes proches autre chose qu’un livre ou un DVD, en tout cas quelque chose de plus personnel.

Mais bon, il faut bien le dire, les vacances seront aussi pleines de lectures, dont je ferai le compte-rendu (ou pas), à leur issue :

Je suis dans une période biographies, en particulier de régentes, dirigeantes et reines de France. Je suis donc plongée en ce moment dans la biographie d’Elizabeth Ière, de Michel Duchein, une somme de près de 800 pages, mais très complète et prenante. J’envisage par la suite la lecture des biographies suivantes : Catherine de Médicis, Marie Stuart et Anne d’Autriche, ainsi qu’un livre sur les guerres de religion, ou, en tout cas, sur les derniers Valois.

elisabeth Ière

Il y a les inévitables lectures professionnelles que j’emporte pour les vacances. Dans le labyrinthe : Evaluer l’information sur Internet, d’Alexandre Serres, et Du Tag au Like : La pratique des folksonomies pour améliorer ses méthodes d’organisation de l’information, d’Olivier Le Deuff.

dans le labyrinthe

Enfin, outre les livres que l’on va certainement m’offrir pour Noël, je serai plongée dans le dernier roman de Carlos Ruiz Zafon, Le Prisonnier du ciel, qui fait partie de la tétralogie du Cimetière des livres oubliés.

le prisonnier du ciel

Evidemment, à chaque vacances, ma liste de lecture est beaucoup plus ambitieuse que le temps dont je dispose et que le temps que j’y consacre, généralement avachie sur le canapé. Si l’on prend en considération le temps passé à se goberger (j’aime bien le mot goberger, et tous les synonymes de la prise de repas : se restaurer, se baffrer, se goinfrer, s’empiffrer, etc.) mon temps de lecture subit de cruels rabotements.

En parlant des lieux où on lit – qui se résument pour ma part à trois : le lit, le canapé et les transports en commun – j’avais un moment imaginé un article sur les lieux insolites de lecture, dont ma confrère blogueuse de Berlin aurait fait un pendant sur les lieux de lecture de la capitale allemande. Pendant les vacances, j’essayerai aussi de concrétiser cela, en espérant qu’outre Rhin, mon article soit source de motivation…

En attendant, et sans céder aux énièmes élèves qui me rabattent les oreilles de leur fin du monde, bonnes fêtes à tous et à bientôt.

Atelier lecture inter-niveaux

Parmi mes favoris sur la page d’accueil (et d’ailleurs toutes les autres pages de ce blog), on trouve mentionné, en dessous du portail E-SIDOC du CDI, un autre lien en relation avec le collège : La CLAsse : atelier lecture.

favoris blog

Ce blog fait partie intégrante d’un projet que j’ai mis progressivement en place au collège, et dont la présentation aux élèves concernés a été faite hier et aujourd’hui. Ce sont des élèves de CLA, c’est-à-dire Classe d’accueil : ce sont des élèves venus de différents pays, ne parlant pas français pour la plupart d’entre eux, et qui sont regroupés pour un an dans cette classe, avec un enseignant référent. A certaines heures, ils sont avec lui. A d’autres heures, ils sont dans la classe et le niveau qu’on leur a attribué. Au bout d’un an, ils sont sortis du dispositif et rejoignent une classe à temps plein. Ils peuvent bénéficier d’heures de soutien (deux à trois heures par semaine).

En disant cela, j’ai déjà justifié une partie du titre du blog : la CLAsse, avec les trois premières lettres en majuscule. La CLAsse, c’est à la fois pour désigner le groupe – cette classe et pas une autre – et pour signaler qu’eux aussi peuvent en quelque sorte, avoir la classe… Pour la deuxième partie, il faut que j’explique la nature de ce projet et ses objectifs :

Il s’agit d’un projet en collaboration avec l’enseignant référent des élèves de CLA et les deux professeurs de français et qui ont à charge les cours de soutien pour les élèves sortis du dispositifs. En tout, un peu plus d’une quarantaine d’élèves : 30 en CLA, une dizaine en soutien.

Les objectifs sont les suivants :

    • faire travailler des élèves sur la forme courte du conte ou de la nouvelle et leur donner une expérience de lecture en français ;

    • leur donner accès, à la suite de ces lectures, à une expérience d’écriture personnelle ;

    • les familiariser avec le CDI dans le cadre du collège et avec l’utilisation d’un outil de publication en ligne (le blog) ;

    • rendre les élèves de CLA et soutien CLA visibles au sein de l’établissement par la mise en valeur de leur travail.

Ce projet a donc nécessité au début de l’année, à partir du mois de septembre, l’acquisition d’ouvrages bilingues pour les élèves concernés et le repérage d’ouvrages unilingues d’un accès aisé (albums, contes, nouvelles ou romans en français, de format court). En effet, il faut pouvoir s’adresser tout autant à l’élève qui ne parle ni ne lit la langue française, qu’à celui qui manifeste d’emblée une certaine aisance envers elle. Ensuite, les enseignants se sont répartis les ouvrages et les ont lu, puis ont rédigés cinq questions en français par ouvrage, que j’ai mis en ligne sur le blog.

C’est un projet sur le long terme, au moins trois mois, dont voici le calendrier :

  1. Une séance de présentation du projet aux élèves et de distribution des ouvrages (ainsi que des questions ?). Les élèves auront ensuite un temps de lecture, puis pourront répondre aux questions sous format papier ou numérique. Les questions seront disponibles sur le blog.
  2. Une séance d’échange des ouvrages : les élèves échangent les ouvrages avec leurs camarades et proposent à leur tour cinq autres questions ;
  3. Plusieurs séances (en classes, salle informatique ou au CDI) d’écriture personnelle en français ;
  4. Mise en forme informatique des écrits des élèves ;
  5. Deux formes de publication : un format papier (sous forme de recueil d’histoires) avec des illustrations (?) qui pourra être distribué dans l’établissement et/ou mis à disposition au CDI. Un format numérique (mise en ligne) dans un onglet dédié sur le blog, avec l’accord des élèves et, bien-sûr, avec la citation de leur nom.

C’est donc avec un peu de fébrilité que j’attendais ces séances de présentation et de distribution des ouvrages aux élèves. Les élèves de CLA se sont montrés beaucoup plus curieux et enthousiastes que ceux de soutien. Mais globalement, j’espère les intéresser et surtout les valoriser au sein du collège.

Pour ce qui est du blog, en voici le lien : La CLAsse : atelier lecture.

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