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Étiquette : littérature (Page 7 sur 14)

Le fantasme brut : Hitchcock et ses blondes

Régulièrement, des textes sur Hitchcock sont publiés : recueils d’articles et d’entretiens, dictionnaires, analyses diverses et variées de son oeuvre sous différents angles : psychanalytiques, filmographiques, biographiques et même culinaires… J’ai eu l’occasion d’en évoquer dans deux articles, l’un sur une parution récente, l’autre consacrés aux « indispensables » sur Hitchcock.

L’ouvrage qui m’intéresse ici est un texte assez court, et indéfinissable. Il ne se consacre ni à la biographie d’Hitchcock, ni à sa filmographie de manière directe. Il ne fournit pas une analyse approfondie d’un aspect de l’oeuvre. Le terme qui lui convient le mieux, c’est l’évocation.

Les blondes hitchcock

En effet, ce livre de quatre-vingt pages, Les Blondes flashantes d’Alfred Hitchcock, est moins l’étude scrupuleuse d’un sujet que le partage d’un fantasme à l’état pur de l’auteur, Serge Koster, avec le spectateur, qu’il semble imaginer quasi exclusivement comme masculin. Les hommes fantasment sur Grace Kelly et Eva-Marie Saint ; les femmes sur Cary Grant et James Stewart. Seulement il semble concéder que les héroïnes d’Hitchcock ont la même particularité qu’une comédienne comme Romy Schneider : les femmes les admirent sans les jalouser, les hommes les vénèrent sans vulgarité (ou presque).

Le livre, paru en mai 2013 aux éditions Léo Scheer, nous chante les blondes hitchcockiennes. Cette évocation est poétique, toute en digressions. La seule trame, c’est la succession de ces blondes : Grace Kelly, Kim Novak, Eva-Marie Saint, Tippi Hedren. Le contenu, en dépit des chapitres et des sous-chapitres, n’a de structure que celle du rêve éveillé, au parfum provocant légèrement iconoclaste et gentiment sexuel.

Dès la couverture, en-dessous du titre, le ton est donné : une élégante Grace Kelly entr’ouvre un rideau qui évoque davantage une vulve que les coulisses d’un théâtre… A la suite de cette invitation que ne voudra pas reconnaître une âme innocente, la parole est laissée à Hitchcock, avec l’une des citations les plus célèbres des entretiens Hitchcock / Truffaut :

« Quand j’aborde les questions de sexe à l’écran, je n’oublie pas que, là encore, le suspense commande tout. Si le sexe est trop criard et trop évident, il n’y a plus de suspense. Qu’est-ce qui me dicte le choix d’actrices blondes et sophistiquées ? Nous cherchons des femmes du monde, de vraies dames qui deviendront des putains dans la chambre à coucher. »

Dans les quatre-vingt pages suivantes, l’auteur brodera ses variations sur ce thème, alliant souvenir idéalisée du film, plaisir du voyeurisme ressassé, détails biographiques d’Hitchcock, références littéraires et cinématographiques, citant allégrement Proust, Joyce, Freud, Hugo, etc. Un voyage dans l’imaginaire par le trou de la serrure. Pour témoin, ces quelques mots sur Grace Kelly :

« Sous le fard et l’éclat du visage qui illumine la nuit pâle et ombreuse, la blonde flashante, lasse du rôle de madonne, avide des pâmoisons de Madeleine, dépouille le mannequin de la mondanité pour la salope qu’elle aspire à être – nous chuchote Hitch. Si je passe la vitesse supérieure, j’attends de la star qu’elle lance son ordurier défi que durcit l’ankylose : qu’il l’encule s’il l’ose ! »

On a vu plus gracieux… on verra plus élégant, en tout cas plus feutré, dans ce livre.

Rearwindowposter

La partie sur Kim Novak est l’une des plus belles du livre. Elle est à l’image du film, de Sueurs froides (Vertigo), toute en détours, en désordres et en vertiges :

« Dans la légende antique, Pygmalion, roi de Chypre, sculpteur amoureux de sa statue, obtient d’Aphrodite qu’elle anime Galatée : don de vie, vie de bonheur à deux. Dans Vertigo, tous les éléments sont inversés : une vivante est remodelée sur le patron d’une morte, les forces du malheur sont mises en branle par un maniaque nécrophile, la statue court inexorablement à sa perte. »

Grace Kelly la flamboyante aux trois films – comme le dit l’auteur un prélude (Le Crime était presque parfait) et la conclusion (La Main au collet) encadrant le chef d’oeuvre (Fenêtre sur cour). Kim Novak la charnelle et Eva-Marie Saint l’éthérée, comédiennes d’un seul film chacune,  Sueurs froides et La Mort aux trousses.

L’ouvrage se referme sur les deux films qui ont apporté « splendeur et misères » à Tippi Hedren, la comédienne des Oiseaux et de Marnie, créature et souffre-douleur d’Hitchcock, malmenée physiquement dans les Oiseaux et brutalisée psychologiquement dans Marnie. Serge Koster revient sur les critiques injustes qui lui ont été faites et sur la façon dont le Pygmalion, déçu sexuellement de sa créature, a mis d’autant plus d’énergie à la détruire.

Hitchcock nous est présenté comme un adorateur d’idôles, qu’il magnifie ou qu’il malmène à son gré, au gré de ses caprices, de son génie ou de ses déconvenues. Qu’il considère le spectateur comme un voyeur n’est que le point de départ : il fait de lui le voyeur ultime et universel, qui n’en finit pas d’observer, de savourer des personnages qui ont le sexe et le fantasme au bord des yeux.

Devant ce livre, les prudes et les hypocrites passeront leur chemin. Les autres se reconnaîtront et se perdront dans cette évocation délirante sous forme de dépucelage, et dans lequel, à l’image du film de Truffaut, Les Deux anglaises et le Continent, il y a toujours du sang sur l’or…

Echos et miroirs du cinéma de François Truffaut

Du plaisir à l’émerveillement : échelle d’adhésion à un livre.

L’ouvrage auquel est consacré cet article m’a laissé une telle impression que je ne sais pas par où commencer ! Il est rare qu’un livre remporte totalement notre adhésion. On peut aimer un livre, l’adorer, ne plus vouloir le lâcher, à la fois vouloir et ne pas vouloir le relire, parce qu’on se dit qu’il s’agit peut-être d’un malentendu, et qu’une deuxième lecture annihilerait complètement ce sentiment de…

De quoi d’ailleurs ? De plénitude ? D’extase ? De communion ? Mesurer le bonheur que procure un livre, ce n’est pas comme si l’on mesurait la force d’un vent ou la puissance d’un séisme, quoique…

J’ai aimé énormément de livres, et j’ai généralement adoré des livres parce qu’ils me révélaient quelque chose de l’écriture et de l’écrivain. Ce quelque chose, en refermant cette œuvre, me laissait éblouie et désemparée, parce que je n’imaginais pas, je ne pouvais pas imaginer, une autre lecture après celle-là.

Parmi ces livres-là, il y en a seulement quelques-uns qui ont remporté totalement mon adhésion. Ce sont les livres dont on se dit que l’auteur, même si on ne l’a jamais rencontré et qu’on ne le rencontrera jamais, mort ou vivant, insoupçonné ou inaccessible, est en harmonie totale avec notre compréhension du monde.

Où qu’il soit, quels que soient son caractère, ses défauts (très certainement aussi nombreux que les nôtres), son livre nous le rend sympathique. C’est peut-être de la naïveté, mais on se fait la réflexion que la personne qui a écrit cet ouvrage n’est certainement que quelqu’un de bien.

Dans le laboratoire de la création : paratexte, métafiction et métatexte

Maintenant que j’ai suffisamment préparé le terrain et qu’il est très clair qu’aucune objectivité ne sera possible ici, et avant de présenter l’ouvrage en question, quelques lignes encore.

Les œuvres que j’aime (livres, films, et même peinture ou photographies) sont celles qui laissent entrevoir, dans la fiction ou dans le réel, ce que j’appelle le laboratoire de création d’un auteur.

C’est ce que Gérard Genette distingue sous les différents aspects de la transtextualité et que je ne peux, que très maladroitement, rappeler :

  • Le paratexte est l’ensemble des signaux qui procurent au texte un entourage (titre, sous-titre, préfaces, postfaces, avant-propos, notes). C’est en quelque sorte l’écrin du texte.

C’est, au premier abord, ce qui m’a attirée dans mon choix de lecture. J’ai commandé ce livre pour son titre, Truffaut et ses doubles, et ensuite pour sa présentation en ligne. Lorsque je l’ai reçu, je ne disposais donc que de très peu d’éléments d’appréciation. Je l’imaginais plus épais, il s’agissait finalement d’un texte assez court, mais aussi d’un véritable petit bijou que j’ai dévoré en seulement deux jours.

  • Le métatexte intervient lorsqu’un texte évoque un autre texte, sans nécessairement le citer. Plus généralement, on peut dire que le métatexte est présent lorsque le texte se penche sur le travail de création littéraire, lorsque le film évoque le cinéma, mais également lorsque le non-film accompagne ou approfondit le film (comme j’ai pu l’étudier précédemment).
  • Enfin, métafiction et « métafilm » désigne la littérature de fiction qui s’interroge sur la création littéraire, et le film qui utilise le prétexte d’une histoire pour réfléchir sur le cinéma.

Voilà ce qui m’a attirée dans cette lecture, tous ces aspects mêlés de transtextualité. En d’autres termes, j’aime les livres qui évoquent l’écriture, les films qui racontent quelque chose du cinéma. Sans doute est-ce pour cette raison que j’aime faire des comptes-rendus de lecture de livres sur le cinéma : j’aurai toujours le plaisir d’observer un univers artistique vivant au cœur de ma lecture, de le voir se refléter et réfléchir sur lui-même. Et dans l’ouvrage qui m’intéresse, tout est réflexion, du titre à la dernière page.

Les beautés réfléchies

Truffaut et ses doubles

Après ces deux longs préambules, qui semblent faire beaucoup de détours mais qui sont nécessaires, voici enfin l’objet de tant de curiosité et d’admiration : un petit ouvrage, tout mince, d’à peine 150 pages, Truffaut et ses doubles, de Martin Lefebvre, publié en avril 2013 aux éditions Vrin (pour ceux qui connaissent, il s’agit du même Vrin que la librairie philosophique située juste à côté de la Sorbonne) dans la collection Philosophie et cinéma.

Il ne s’agit pas là d’un ouvrage de vulgarisation. Il faut, pour le lecteur, ne serait-ce qu’une infime connaissance de l’oeuvre de Truffaut, qui lui permette de se tromper d’abord – il va songer aux doubles fictifs de Truffaut, Antoine Doinel, Itard, Morane, Davenne, à ses acteurs et à ses cinéastes de prédilection, et il n’aura pas tout à fait tort.

Puis feuilleter le livre, avoir un premier contact physique avec lui, va lui permettre de corriger son erreur, pour un plus grand plaisir encore : celui du secret, de la confidence, du clin d’oeil, tout ce qu’il sait déjà, même inconsciemment, et que Martin Lefebvre va lui rappeler et lui révéler.

En effet, l’ouvrage est consacré aux phénomènes d’échos dans le cinéma de Truffaut, et non aux doubles cinématographiques et autobiographiques de ce dernier. Ce que nous propose Lefebvre, c’est donc une course d’orientation :

Il n’est peut-être pas de meilleure façon pour décrire l’ensemble de l’oeuvre de François Truffaut que de dire qu’elle s’apparente à une immense galerie des glaces (…). Des glaces ou des miroirs qui, en outre, pointent et réfléchissent dans plusieurs directions à la fois. (Introduction, p.9)

Il va ainsi étudier, dans les trois chapitres qui composent son livre, les différentes manifestations de ce qu’il nomme la « réflexivité truffaldienne ». Dès lors l’ouvrage va tantôt donner des films de Truffaut une vision kaléidoscopique, tantôt se pencher avec malice sur l’onomastique du cinéaste.

François Truffaut

Jeux de miroirs et canon truffaldien

  • Dans le premier chapitre, « De la politique des auteurs à l’album de famille », Martin Lefebvre montre que la façon dont les photographies surgissent dans les films de Truffaut est révélateur d’une certaine idée du cinéma (pour reprendre le titre d’un article publié par Truffaut en 1954, «Une certaine tendance du cinéma français»). Cette idée est, pour simplifier, le culte voué à l’auteur. Un auteur, en effet, va construire un univers qui lui est propre, et qui va le placer dans le panthéon cinématographique du cinéphile. Truffaut va rendre hommage à ces auteurs, en plaçant dans plusieurs de ses films leurs photographies, en les désignant sous une forme qui est à la frontière entre le réel et la fiction. De la même manière il va apparaître ou faire apparaître dans ses films des proches et des membres de son équipe, créant un imaginaire personnel qu’il va transmettre au spectateur :

En fait, si l’on prête une attention soutenue aux films de Truffaut, on finit par avoir l’impression de feuilleter l’album de famille de quelqu’un, ou même de regarder une sorte de home movie qui se déploie de différentes façons en marge des univers diégétiques et fictionnels spécifiques à chaque film. Le cinéma de Truffaut abritant rien de moins, pourrait-on dire, qu’une archive de son musée personnel et intime ; une sorte de palais de la mémoire qui prendrait la forme d’un tombeau de celluloïd. (p.36)

  • Le deuxième chapitre, « Truffaldino/Picasso » est consacré aux apparitions, dans les films de Truffaut, des différents tableaux de Picasso, et à la manière dont chacun d’eux, en fonction de l’instant où il apparaît, traduit l’atmosphère du film et les sentiments des personnages.
  • Enfin, le troisième chapitre « Autocitations et auto-allusions. Détails, motifs et autres miroirs » est consacré à deux aspects de l’oeuvre truffaldienne :
  1. Il analyse chaque film au miroir du film (ou des films) qui l’a précédé. Et il ne s’intéresse pas seulement aux thèmes. Il observe réellement la façon dont Truffaut amène le spectateur à se construire un regard familier sur son oeuvre, une cinéphilie particulière. L’impression que laisse cette lecture est vertigineuse : c’est la traversée du labyrinthe, un incroyable jeu de piste qui donne envie de revoir chaque film pour retrouver les traces du suivant ou du précédent. Comme si l’oeuvre était un canon, et que chacun des films ajoutait d’infimes variations et de singulières redites au thème originel.
  2. Il rappelle les grands motifs truffaldiens : le nombre de fois où un personnage s’interroge sur la magie des femmes, l’apparition dans le film du nombre 813, et ce que j’ai désigné comme «onomastique», c’est-à-dire la fabrication des noms propres, des noms de personnages, et leurs récurrences dans les films.

S’échanger avec malice des secrets cinéphiliques

Je me suis quelque peu étendue sur ce petit livre, et j’ai dû perdre quelques lecteurs en cours de route. Pour ceux qui restent, j’en reviens à mon point de départ : cet ouvrage est un plaisir de lecture, sans prétention, et qui ne cherche qu’à donner encore plus de bonheur, si possible, au spectacle des films de Truffaut.

Il m’a rappelé le plaisir que j’ai eu moi-même, dans le cadre de mon Master de littérature, à faire une lecture croisée de Proust et de Truffaut.

Pour tous ceux qui aiment les reflets, les jeux de miroirs, les kaléidoscopes, la magie des femmes et des noms, pour ceux aussi qui aiment repérer les minuscules détails d’un film, qui ont sur le bout de la langue le nom du second rôle qu’ils ont déjà vu ailleurs – Mais bon sang, où je l’ai vu celui-là ? – et qui s’amusent à remettre plusieurs fois leur scène favorite, pour les obsessionnels des répliques et les collectionneurs d’instants, cette lecture est indispensable !

Le Hollywood des anonymes (ou presque)…

Voici comme promis la seconde partie de ma série d’articles consacrés à Hollywood. J’ai dû attendre, pour ce second article, une accalmie – tout à fait temporaire – dans le planning plutôt chargé de mon côté DOC, pour ces dernières semaines. J’ai aussi succombé à la tentation de répondre à cette chaîne qui ne s’assume pas du Liebster Blog Award, même si cela m’a permis de constater combien ma comparse de blog, Eva de Thèse Antithèse Foutaises, était tout aussi gentille que brillante et loufoque

Le monde fantasmé des stars

Après avoir évoqué le glamour, les feux de la rampe – ou des projecteurs, le faste des costumes, le strass et les paillettes, la rubrique people, le star system, bref, le devant de la scène, voici l’envers du décor… c’est fou le nombre d’expressions imagées que l’on peut trouver sur le monde du spectacle !

J’ai l’habitude de faire généralement un long préambule avant de présenter mon compte-rendu de lecture. Faisons comme si ce préambule était déjà contenu dans mon article consacré au Hollywood des stars. Tout cet univers sur-représenté, traqué, harcelé par la presse « de caniveau » entre les années 1915 et 1970, cible du regard des journalistes et de l’amour et du désamour du public. Ce même public qui ne sait plus très bien, à propos des stars, ce qui appartient au mythe ou à la réalité, au fantasme ou à la vérité… ce public qui voit tout avec des verres grossissants, mais qui ne s’imagine pas un instant SA star fétiche utiliser les toilettes ou s’incarner d’une quelconque manière.

Un livre, son titre et son auteur : la réputation fait le titre.

C’est à ce même public, gourmand en anecdotes et en rêves de grandeur, qu’est destiné le petit livre qui nous intéresse. A toutes les midinettes des années 60 qui imitent Marilyn (sauf à la fin) ou Ava Gardner devant leur miroir et tous les jeunes ambitieux qui veulent être le nouveau James Dean (sauf à la fin) ou le dernier Marlon Brando.

Comment réussir (ou presque) à Hollywood

Ce livre, c’est… Comment réussir (ou presque) à Hollywood : les conseils du plus mauvais cinéaste de l’histoire (The Hollywood Rat Race) de Ed Wood. Deux remarques : la première, c’est que le titre original est tout à fait réjouissant : La course de rat hollywoodienne – elle me fait penser au conte du Joueur de flûte de Hamelin. La seconde, c’est à propos de son auteur. Le sous-titre français du livre n’apparaît pas dans la version originale.

Ed Wood est passé à la postérité principalement pour ses films improbables, aux effets spéciaux et aux faux raccords presque surréalistes. Il fait partie de ces personnages victimes d’une légende persistante, due à quelques articles, et qui donne ce genre de raccourci de la pensée, même pour ceux (comme moi) qui n’ont pas vu ses films : Ed Wood serait le plus mauvais cinéaste de l’histoire.

Il a fait l’objet d’un film de Tim Burton, réalisateur dont j’ai vu beaucoup de films, jusqu’aux plus récents, mais justement pas celui-ci.

C’est donc pour son titre et pour son sous-titre que j’ai choisi ce livre, écrit en 1965, publié pour la première fois en 1998  aux Etats-Unis, et traduit en français et publié aux éditions Capricci en mars 2013.

Guide de survie au pays du cinéma

Et pourtant, il n’y a rien de fantaisiste ni de léger dans cet ouvrage. Le ton est bienveillant, mais grinçant, et des plus cyniques. Le regard est désabusé. Ed Wood n’est pas un promoteur immobilier, ni un profiteur aux dents longues. C’est un acteur – réalisateur – producteur – scénariste – écrivain, revenu de toutes ses illusions sur la Mecque du cinéma, et qui cherche à les épargner à d’autres.

Il s’adresse directement aux fans de cinéma, aux lecteurs de revues et aux collectionneurs de photographies, bref à tous ceux qui ont songé, à un moment de leur très ennuyeuse vie à la Madame Bovary, « Pourquoi pas moi ? »

Tout part donc d’une erreur : il suffit d’aimer le cinéma et ses stars, et d’aller à Hollywood, pour pouvoir faire carrière :

Cap sur Hollywood ! Vous allez essayer de faire carrière sous l’oeil magique de la caméra. […] Vous allez faire sensation dans les studios. Vous voilà arrivée à Hollywood. Et Hollywood ne va pas tarder à le savoir, qu’on se le dise !

Evidemment, plus dure sera la chute. La personne folle d’espoir, pleine de rêves et de rien d’autre, se ruine (la vie est chère), et se trompe (elle croit être la seule à venir tenter sa chance, et se présente, sûre de susciter l’adhésion immédiate dans le regard des rares personnes qu’elle va croiser).

Vous quittez la capitale mondiale du glamour sans avoir vu la moindre caméra […] Vous n’avez même pas vu une star de cinéma […] Vous êtes venue, vous n’avez pas vu, vous n’avez pas joué la comédie. Vous vous êtes ruinée et êtes partie sans avoir jamais fait la moindre entaille dans l’armure d’Hollywood.

Alors, pour tous ceux pour qui le rêve reste néanmoins plus fort que la réalité triviale des studios et du quotidien, Ed Wood, malgré son ironie cinglante, va donner des conseils : savoir tout faire (jouer la comédie bien-sûr, nager, danser, monter à cheval, poser pour un photographe), avoir un agent, préférer exceller et durer dans les seconds rôles que vouloir à tout prix briller de manière éphémère dans les premiers, et ne jamais tricher.

Ses conseils vont être aussi plus pragmatique : où manger, où se loger, etc. Mais toujours, toujours, son regard sera sans illusions : impossible de vivre à Hollywood sans argent – à moins de loger sur le banc d’un parc, et impossible de faire carrière sans passer par le lit ou par les intentions plus ou moins explicites des uns et des autres. Hollywood, c’est du luxe et du sexe, point (presque) final.

Peinture au vitriol des rêves de stars

Je n’écris pas vraiment sur la ville ou sur ceux qui font les films. J’essaie de peindre un tableau factuel de ce qui vous arrive à vous, le nouvel arrivant, le gamin sans expérience auquel s’attaquent toutes les crapules qui l’aperçoivent.

Hollywood, univers des escrocs et des êtres sans scrupules. Si Ed Wood s’attarde à évoquer certains personnages professionnels (au sens noble du terme), dont le grand Bela Lugosi, qui a immortalisé Dracula, ces figures contrastent complètement avec l’univers moral de la ville. Cet ouvrage, bien qu’il demeure une véritable déclaration d’amour au cinéma et à Hollywood, mais pas son Hollywood contemporain, artificiel et dévoyé. Un Hollywood disparu où la ville incarnait réellement le cinéma, avec ses stars, qui elles aussi se sont évanouies.

En réalité, Hollywood n’existe plus. C’est un mélange d’ectoplasmes insignifiants, qui abondent entre la réalité et un monde virtuel.

On pourrait difficilement faire plus pessimiste.

C’est tout cela, Hollywood vue de l’intérieur. Dangers. Problèmes. Chagrins divers… Croyez-le ou non, votre vie est bien plus réelle que la scène hollywoodienne.

Du comédien au producteur, en passant par l’écrivain

Quelle que soit sa vision du mythe hollywoodien, Ed Wood va tout de même s’adresser à tous ceux qui tentent de survivre à Hollywood. Si son premier lecteur est la jeune fille naïve qui rêve de devenir actrice, ses conseils et ses avertissements sont aussi destinés au futur scénariste, au réalisateur en herbe et à l’apprenti producteur.

L’un des chapitres les plus beaux est celui consacré à l’écrivain : « Donc vous voulez être écrivain ? »

Comme jouer la comédie, écrire est un métier. Seulement il ne suffit pas de s’asseoir chaque matin avec son vieux crayon, ses feuilles de papier et ses grandes idées. Le plus souvent, on se retrouve assis devant une page blanche qui vous regarde fixement. Un bloc-notes rageur défiant chacune de vos pensées. Un plâtre blanc étouffant toutes vos pulsions. Mais tel est le monstre que vous devez combattre. Et une fois que vous avez pondu quelque chose, vous devez le relire pour vérifier que ce que vous avez écrit vous plaît. Puis déchirer tout, et recommencer.

Bref, loin de tout rêve et de toute illusion, amère mais juste et sincère, la vision d’Ed Wood, sa leçon, sa vérité, nous apprend une nouvelle fois que tous les mythes se construisent avec effort, que rien n’est jamais acquis, et que les rêves ne sont accessibles que si on se donne la peine, la vraie peine (comme dirait Truffaut, « 10% d’inspiration, 90% de transpiration », bref du travail, des larmes et de la sueur) d’y croire.

Jeux de mots, accentuation, atténuation et point Godwin

Avant le prochain article cinéphile, voici un petit post sans prétention, inspiré par cet article de Thèse antithèse foutaises, et qui mêlera figures de style, mots très curieux et sujets tendancieux…

L’idée de départ est de voir de quelle manière nous jouons avec et sur les mots au quotidien.

L’un de mes précédents articles explorait de quelle manière, pour les littéraires, l’amour des cartes heuristiques peut être lié au plaisir de représentation géographique et imaginaire des mots. Pour ces littéraires, le travail de formulation d’une recherche, l’analyse d’une notion pour préparer une séquence et le moindre des projets pris sous le prisme du vocabulaire et des champs lexicaux, peuvent prendre des allures d’escapade exotique.

Cependant, bien que cet aspect des choses m’enchante, je préfère en relever les implications les plus informelles et les plus ludiques, à savoir : les jeux d’énigmes, le double discours et l’ironie en tant qu’outils pédagogiques, et les conversations caféinées.

Jeux de mots

Depuis quelques temps, j’ai redécouvert la magie d’un dictionnaire… Pas même le dictionnaire de figures de style, qui recense les anacoluthes, prosopopées et autres zeugmes, mais le dictionnaire réduit à sa simple expression et à sa destination première : collecte et définition des mots de la langue française.

A quoi dois-je ce bonheur ? Aux journées de formation, où une collègue a dit mettre toutes les semaines une énigme sur la porte du CDI. L’idée m’a paru excellente, et dès la semaine d’après, j’ai commencé à mettre mes « énigme du jour » sur la porte. Je cherche le mot qui me semble le plus mystérieux et j’en demande le sens. J’ai déjà affiché : nyctalope, triskaïdékaphobie, procrastination et aujourd’hui, palimpseste.

Bien-sûr, je ne peux pas faire trop compliqué, mais j’aime jouer avec les sonorités et voir les réactions qu’elles provoquent. Évidemment, nyctalope est tout de suite pris pour une insulte ; les autres suscitent juste quelques difficultés à être prononcés. Mais cela fait plaisir de voir les élèves se ruer sur un dictionnaire, même si, j’avoue, la récompense (une boîte de Smarties ou un Carambar) y est pour beaucoup.

Je pense à un mot dont la découverte m’a marquée – pas forcément le plus long ou le plus difficile à trouver – c’est le cas pour procrastination, qui chante à merveille l’occupation la plus agréable qui soit, et palimpseste, dont j’aime les deux « p » qui donnent bien l’idée d’une écriture qui se réécrit sur un même support sans cesse recyclé. Pour la prochaine énigme, je pense à utopie, crépuscule ou encore à kaléidoscope…

De l’imprononçable à l’ironie : palettes du discours.

L’amie de Thèse Antithèse Foutaises évoque sa figure de style favorite : le zeugme, qui correspond ma foi très bien à sa loufoquerie, à sa capacité de digression et de changement de ton. Chaque littéraire semble donc voué à apprécier dans une plus large mesure une figure de style en particulier, qui finit par le représenter.

Mes figures de prédilection sont celles dans lesquelles s’expriment le mieux un double discours, une nuance, un soulignement, voire de l’ironie ou du cynisme : la litote et l’antiphrase, avec une légère préférence pour la litote, qui est devenue dans un cercle d’amis, l’un de mes surnoms.

La litote, en effet, est le juste milieu entre le silence réprobateur et la méchanceté gratuite. C’est une figure de style assez subtile, qui permet à son usager de déguiser sa pensée de façon à en faire deviner toute la force véritable.

Cette figure, qui va de conserve avec le sens de la répartie, je l’admire chez mes amis, comme chez certains écrivains qui manient la plume avec le plus élégant cynisme (Sartre dans Les Mots, Queneau dans Le Chiendent, Drieu La Rochelle dans Gilles). Ces auteurs que j’ai cités étaient ceux que nous faisait découvrir mon ancien directeur de recherche, connu par tous ses étudiants pour son humour pince-sans-rire, qui s’accompagnait généralement d’un petit sourire en coin du plus bel effet.

C’est sans doute grâce à ce dernier que je dois le meilleur exemple des bienfaits de l’ironie en pédagogie et dans les relations humaines en général. Les exemples sont quotidiens, quoique parfois risqués, du classique :

– Madame, j’ai plus de place sur la feuille.

– Eh bien écris sur la table…

au non moins classique et beaucoup plus cruel :

 – J’ai rien fait.

– Si, tu existes.

Mes sources d’inspiration sont diverses – je suis parfois en panne sèche de répartie originale – j’ai pu dire à un élève baratineur qu’il serait capable de vendre du sable dans le désert. Il est vrai que je suis davantage un public facile qu’une artiste en la matière : j’admire l’ironie chez les autres comme une habileté, une sorte d’artisanat exercé, mais j’ai plus de difficulté à la mettre en pratique et à la doser…

De l’ironie au point Godwin : dérapages du discours

Ou comment passer de la maîtrise total à la perte de contrôle. L’ironie, en particulier, et la relation à autrui en général, étant des exercices de haute voltige, que ce soit dans le face à face direct ou sur Internet, il est inévitable dans une conversation polémique d’atteindre le point Godwin.

Greg Williams

Greg Williams

Petit rappel de définition :

La loi de Godwin provient d’un énoncé fait en 1990 par Mike Godwin relatif au réseau Usenet, et popularisée depuis sur Internet : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. » Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu’il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin. Par extension, du fait de la polysémie du mot « point », des « points Godwin » sont parfois attribués à l’unité. (source : Wikipédia)

Ce qui est le plus fascinant, à mon sens, c’est de considérer les deux moments de la discussion, point de départ et point d’arrivée, car le point de dérapage reste lui très subjectif, et très humain.

Exemple concret de recette : l’explosion de deux bombes au marathon de Boston comme ingrédient de base. Ajouter un participant à la discussion plus enthousiaste qu’informé, plus engagé politiquement que le reste du groupe. Déjà s’aperçoit la pente vers :

  • théorie du complot
  • Corée du Nord
  • le 11 septembre : malgré les avions, faut-il y croire ou non ?
  • La guerre froide, la superpuissance américaine…

Remuez, mélangez tous ces ingrédients individuellement inoffensifs (ou presque) et vous obtenez un magnifique raccourci pour expliquer Boston par l’incendie du Reichstag organisé par Hitler…

Bref, pour résumer :

Bombes sur le marathon de Boston ———————————> Incendie du Reichstag.

A partir de ce constat très simple, il serait amusant d’imaginer pour chaque personne son point Godwin, ou ce qui va déterminer l’arrivée du point Godwin dans son système de pensée, sans se restreindre à Hitler, évidemment. Ainsi :

  • Pour un scientifique : la moindre des ignorances ou des incohérences du non-scientifique envers lui serait équivalent à refaire le procès de Galilée ;
  • Pour un littéraire, le point Godwin n’aurait pas d’autre formulation que le rappel des inepties de Frédéric Lefebvre sur « Zadig et Voltaire ». On y retrouverait aussi pêle-mêle Thomas More condamné au bûcher, Flaubert et Baudelaire condamné pour indécence ou la mort de Socrate…
  • Pour un professeur documentaliste, ce serait la simple mention de l’expression « dame du CDI ».
  • Pour un cinéphile, ce serait très certainement les films de Vin Diesel.

Et pour vous, quel est le point Godwin ?

Représentation(s) de l’information

J’ai eu l’idée de cet article en partant d’un constat personnel très simple : j’aime les cartes heuristiques et les nuages de tags. Pas seulement parce que ce sont de bons outils de préparation et d’aide à la recherche ni parce que c’est à la mode, mais aussi parce que j’aime bien leur rendu visuel et ce qui les motive en tant qu’outils : la représentation de l’information sous une forme naturelle (arbre, nuage) ou géographique (carte, itinéraire fléché).

Définitions

Commençons par un petit rappel wikipédien de ce que sont les cartes heuristiques et les nuages de tags. Ce n’est pas très folichon ni très original, mais je n’ai pas trouvé de meilleures définitions et les sites référents – CRDP, etc. – renvoient vers ces articles.

1°) Nuages de tags :

Le nuage de mots-clés (plus rarement nuage de mots-clefs ou nuage de tags ; tag cloud, word cloud oukeyword cloud en anglais) est une représentation visuelle des mots-clefs (tags) les plus utilisés sur un site web. Généralement, les mots s’affichent dans des polices de caractères d’autant plus grandes qu’ils sont utilisés ou populaires. (source : Wikipédia)

2°) Carte heuristique :

Une carte heuristique (ou carte cognitivecarte mentalecarte des idées, etc.) ou, dans les pays anglo-saxons et usuellement, mind map, est un schéma, calqué sur le fonctionnement cérébral, qui permet de représenter visuellement et de suivre le cheminement associatif de la pensée.

Cela permet de mettre en lumière les liens qui existent entre un concept ou une idée, et les informations qui leur sont associées.

La structure même d’une Mind Map est en fait un diagramme qui représente l’organisation des liens sémantiques entre différentes idées ou des liens hiérarchiques entre différents concepts.

À l’inverse du schéma conceptuel (ou « carte conceptuelle », concept map en anglais), les mind maps offrent une représentation arborescente de données imitant ainsi le cheminement et le développement de la pensée. (source : Wikipédia)

Je ne vais pas rentrer dans des considérations d’ordre sémiologique, pédagogique ou technologique pour approfondir ces définitions, cet article étant simplement un prétexte pour étudier une sorte de cartographie littéraire – je vais m’expliquer là-dessus – et donner des exemples personnels de mise en pratique.

Des mots et des lieux – Noms de pays : le nom / Noms de pays : le pays.

Pourquoi j’aime les cartes heuristiques et les nuages de tags ? Parce que j’aime les mots, faire joujou avec, étudier les champs lexicaux, les étymologies, et comme le rappelle ma chère thésarde, en bonne littéraire que je suis, les figures de style : toutes ces métaphores, prosopopées, chleuasme, oxymore, zeugme, et autres synecdoques.

Ensuite, parce que ces deux outils font appel à un imaginaire littéraire et philosophique qui nous entraîne de la carte du Tendre aux cartes de la Terre du milieu, en passant par des dédales proustiens de noms et de lieux.

À ce propos, je vous recommande le magnifique Dictionnaire des lieux imaginaires, du grand Alberto Manguel et de Gianni Guadalupi. Si vous voulez voyager de l’Aiguille creuse d’Arsène Lupin jusque à la Zénobie, en vous arrêtant à l’abbaye de Thélème, ou dans la forêt de Brocéliande, ce livre est fait pour vous.

Dictionnaire des lieux imaginairesMais revenons brièvement à nos exemples :

  • La carte du Tendre est une représentation topographique des sentiments amoureux élaborée au 18e siècle par Mlle de Scudéry dans la Clélie, et elle préfigure complètement les schémas heuristiques.

Carte_du_tendre

  • Dans À la recherche du temps perdu, Proust passe son temps à jouer avec les noms et avec les lieux. Il aime les fabriquer : il invente des noms propres, des noms de lieux, il s’amuse de leurs symétries et de leurs résonances. Le premier volume se nomme Du côté de chez Swann, le troisième Le Côté de Guermantes. À l’intérieur du Coté de chez Swann, on trouve la partie : «Noms de pays : le nom», quand dans le 2e volume, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, on trouve : «Noms de pays : le pays». Dans l’Espace proustien, Georges Poulet évoque ce lien indéfectible qui unit noms et lieux :

Le nom est donc simultanément chose individuelle et locale. Il est nom de pays au même titre qu’il est nom de personne et nom de famille. Mais il est plus encore. Sous la forme d’un de ces phénomènes dont l’on use pour transporter les réalités objectives dans le monde mental, il est cette entité topologique inédite (issue de la fusion d’un site réel avec l’image d’une personne ou l’histoire d’une famille), qui est un lieu irréel, puisqu’il n’a pas sa place dans l’étendue externe, mais subjectivement réel, puisque situé dans les espaces de l’esprit. (p.46)

Sur la construction de la Recherche et sur la fabrication des noms et des lieux, je vous recommande ce texte de Georges Poulet, et Proust et le roman, de Jean-Yves Tadié, aux éditions Gallimard, collection Tel.

  • Enfin, en ce qui concerne Tolkien, lorsque l’on se souvient qu’il a créé un univers total, aussi bien avec son histoire, sa géographie, sa sociologie et ses langues, et lorsque l’on énumère dans sa tête Gondor, Mordor, Eriador, Rohan, Lothlorien, Comté, Fondcombe… cet espace devient à la fois linguistique, poétique et géographique.

Terre du milieu 3e age

Voilà pourquoi j’aime les cartes heuristiques : parce qu’elles se rattachent pour moi à un univers, à un espace exclusivement littéraire, beaucoup plus amusant que la géographie physique, avec laquelle j’ai toujours eu des soucis.

Applications professionnelles

Au-delà de ces considérations littéraires, il m’est arrivé d’utiliser les cartes heuristiques durant des séances pédagogiques, en particulier l’année dernière, en travaillant avec les élèves sur l’identité numérique :

Juliette Filiol, professeur documentaliste - 2011/2012

Juliette Filiol, professeur documentaliste – 2011/2012

Mais ce que je préfère, en ce moment, c’est préparer ces séances en réalisant des cartes, pour déterminer les ressources dont auront besoin les élèves et les localiser (en violet, les ressources disponibles). C’est surtout la formation que j’ai suivie il y a peu qui m’a donné l’idée de ces exploitations. Voici une carte pour préparer à une séance de défi lecture (classes de sixième) autour du texte Ariane contre le Minotaure :

Juliette Filiol - professeur documentaliste - 2012/2013

Juliette Filiol – professeur documentaliste – 2012/2013

Et voici une carte que j’ai réalisé pour préparer les recherches d’élèves de cinquième durant la lecture de L’Ile au trésor de Stevenson :

Juliette Filiol - professeur documentaliste - 2012/2013

Juliette Filiol – professeur documentaliste – 2012/2013

Chacune de ces cartes a ensuite donné lieu à un jog réalisé sur Jog the web, pour guider les élèves dans leurs recherches sur Internet :

  • Ariane contre le Minotaure : recherches axées sur la mythologie et la civilisation ;
  • L’Ile au trésor : recherches de vocabulaire (mer, piraterie, aventures) avec des approfondissement sur le roman et sur l’auteur.

Enfin, même si je les ai beaucoup moins abordés que je ne l’avais annoncé, voici un nuage de tags réalisé par le générateur Wordle, et qui me permet de voir les notions que j’utilise le plus lorsque je publie des articles sur Cinephiledoc :

Nuage de tags blog

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