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Mois : octobre 2012 (Page 4 sur 4)

Gourmandises en images

Il y a longtemps que, face à mon entourage de gourmets, de gloutons, de gourmands et de bons vivants, j’avais envie de faire un petit point sur la cuisine au cinéma et à la télévision, envie ravivée par la performance de Catherine Frot en cuisinière de l’Elysée, et de Jean d’Ormesson, en locataire gourmet du palais…

Selon moi, on peut classer cette « cuisine cinéphile » en deux catégories – toujours ma manie de classer, de catégoriser, de hiérarchiser, de cataloguer, bref, de jouer aux poupées russes… : la dégustation et l’indigestion.

Pour l’indigestion, elle peut être subtile ou immédiate. La manière trouble dont les personnages se tournent autour et s’enveniment les uns les autres, dans Merci pour le chocolat, de Chabrol, pourrait en dégouter certains d’avaler un chocolat chaud, tout comme la préparation du lapin dans La Tourneuse de pages pourrait avoir tendance à couper l’appétit…

Je passe sur l’usine agro-alimentaire de L’aile ou la cuisse, et sur les spécialités culinaires du Splendid (dobitchu, klug, fondue savoyarde, etc.) et plus encore sur La Grande bouffe, que je n’ai vu qu’une seule fois. Il y a aussi plusieurs scènes de restaurant absolument éloquentes dans le film de Blake Edwards, Victor Victoria, notamment avec un chou à la crème, un spaghetti et une salade…

Le summum de l’écoeurement revient cependant pour moi au fameux Strudel d’Inglorious Bastards, de Tarantino, qui dégouterait n’importe quel être normalement constitué, et du moins pour quelques jours, de la pâtisserie allemande… Par contre je n’arrive jamais à mettre Charlie et la chocolaterie du côté de l’indigestion ou du côté de la dégustation, cela dépend de ma faim ou de ma gourmandise…

La dégustation est la partie distinguée du repas, sous forme de suggestions, de plus en plus appuyées. Au début, le réalisateur peut-être un bon vivant, les repas seront pris dans les films sur le bout des dents et en coup de vent. Je pense par exemple à la scène du train dans La Mort aux trousses : après une truite saumonée, Cary Grant se prive de dessert pour échapper aux policiers qui le poursuivent. Malgré cela, on retrouve dans un superbe livre de recettes La Sauce était presque parfaite, l’ensemble des suggestions culinaires hitchcockiennes.

La deuxième étape est de présenter les plats aux spectateurs, voire les recettes, et de s’entourer de personnages aux exigences et aux habitudes alimentaires plus ou moins particulières. De ceux-là, j’aime surtout Barbra Streisand dans Leçons de séduction, le cuisinier de La Règle du jeu – « J’accepte les régimes mais pas les manies » – la chanson du « cake d’amour » dans Peau d’âne, et, tout droit sorti de la pièce d’Edmond Rostand, Ragueneau, le pâtissier de Cyrano de Bergerac, avec sa recette des tartelettes amandines…

La troisième étape, ce sont les bons vivants et les gourmands. Ragueneau le premier, les personnages de frère Tuck dans les versions successives de Robin des bois – amoureux selon celle avec Kevin Costner, de sa pinte de bière, ou selon celle avec Russell Crowe, de sa chope d’hydromel. La série Kaamelott offre elle aussi son lot de bons vivants, Karadoc « Le gras c’est la vie » et le roi des Burgondes avec ses exclamations culinaires « fort en pommes », « j’apprécie les fruits au sirop », « pas changer assiette pour fromage ».

Et l’on termine dans la cuisine des Tontons flingueurs pour savourer un liquide bu par une polonaise au petit-déjeuner… à la vôtre !

Veille culturelle au collège

Quand j’ai commencé à m’intéresser au travail du documentaliste en général, et du professeur documentaliste en particulier, j’ai été confrontée à un concept inconnu, aussi curieux pour moi que celui du « désherbage » : celui de la veille documentaire. Chez moi, la veille c’était ça :

ou bien ça :

Et puis on m’a expliqué que la veille, c’est la surveillance des actualités d’un certain domaine de connaissances – veille technologique, veille scientifique, etc. La veille peut s’organiser selon deux techniques : le push ou le pull.

  • Le pull, c’est lorsque l’usager fait l’effort de tirer l’information à lui, il effectue lui-même une démarche de recherche, il va consulter l’actualité sur les sites Internet de son choix ;
  • Le push, en revanche, c’est lorsque l’information est poussée vers l’utilisateur, par l’intermédiaire d’outils tels que les listes de diffusion ou les flux RSS.

Généralement, le documentaliste est familier des deux techniques, puisqu’il pousse vers l’usager une information qu’il a tirée à lui ou qui a été poussée vers lui grâce à ses propres outils de veille professionnelle. L’utilisateur final, le plus souvent l’élève, suivant les situations, aura quant à lui une activité de push ET de pull : on poussera vers lui une information sélectionnée (ressources papier, portail Netvibes, pearltrees) pour lui, mais on encouragera également une démarche active de recherche, celle de REtirer tous les éléments possibles d’un document.

La question est selon moi plus complexe lorsqu’il s’agit de la communication vis à vis du personnel de l’établissement. L’année dernière, ma veille culturelle se limitait à la gestion d’un portail Netvibes, que j’avais mis à disposition des élèves et du personnel à la mi-décembre, avec un onglet « Actualités » et un onglet « Arts, culture et musées ». Je faisais de temps à autre de l’affichage papier en salle des professeurs – notamment pour les expositions organisées par le CDI – et certains évènements étaient relayés via la boîte mail.

Cette année, comme je n’ai pas encore les mails de tout le monde et comme les échanges se font de manière plus informelle, j’essaie de diversifier les techniques. Je m’appuie sur le pearltrees que j’ai conçu, même si je ne l’ai pas encore diffusé officiellement aux élèves et au personnel. Et depuis une semaine, j’ai mis en place ce que j’appelle le « fil culture », un feuillet mensuel avec une sélection d’informations culturelles à échelle locale et départementale, voire régionale. Le résultat se présente comme ça :

Fil culture octobre 2012

Il ne paye pas de mine mais c’est ce que j’ai trouvé pour répondre à deux travers : une abondance d’informations qu’on ne lit plus et un accès à l’information dépersonnalisé. Voilà la démarche qui est la mienne :

D’abord je vais consulter les sites de la mairie, de l’agglomération de communes la plus proche (ma commune n’appartenant en effet à aucune agglomération) et du département. Je hiérarchise, je sélectionne, et je mets en page, sans excéder le recto-verso et en faisant à chaque fois mention du site Internet où l’on peut trouver plus d’informations ou plus d’évènements.  Ensuite, je distribue ce « fil culture » dans tous les casiers et dans les bureaux – CPE, surveillants, gestionnaire, secrétariat, direction. J’évite ainsi aux usagers le maximum d’efforts (consulter un classeur, lire des pages entières d’un journal local ou d’un site Internet…) tout en leur suggérant de poursuivre eux-mêmes les recherches, si ma sélection ne leur convient pas…

Les premiers retours que j’en ai eus sont pour l’instant assez encourageant, aussi bien côté « bureaux » que côté « casiers ». Cette « micro-veille », qui ne doit être sans doute ni la plus moderne, ni la plus efficace, me permet tout de même de répondre à certaines attentes du Vademecum « Vers des Centres de Connaissances et de Culture », à titre expérimental.

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