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Blog pour cinéphiles et profs docs

Mois : octobre 2012 (Page 3 sur 4)

Docteur Sean et Mister Bond

© Columbia TriStar Films

Je profite honteusement des cinquante ans de l’agent 007, et de la sortie tant attendue par certains du dernier opus de la série, Skyfall, avec le taciturne Daniel Craig, pour piocher un peu dans les articles qui sont parus à cette occasion, notamment sur le site du Monde.

Je fais un peu figure d’amatrice en la matière. Je n’ai lu aucun des livres de Ian Fleming.  J’ai une préférence marquée et assumée pour James Bond version Sean Connery, malgré sa misogynie symptomatique et sa façon nonchalante de se tirer de toute situation – elle me fait penser à Legolas venant à bout d’un oliphant ou descendant un escalier sur un bouclier dans le Seigneur des anneaux. Sa nonchalance exaspère tout autant qu’elle fait sourire. Mieux, mon admiration pour l’acteur me fait oublier le rôle ingrat de ses James Bond girls successives, et le peu de cas qu’il fait d’elles, en particulier dans Goldfinger, où il les rembarre aussi bien qu’il les envoient voltiger dans un tas de foin.

Goldfinger reste mon film de prédilection, avec ses répliques cultes : « You expect me to talk ? – No, Mr Bond, I expect you to die », « A Martini. Shaken, not stirred », ses méchants particulièrement réussis, sa James Bond girl Honor Blackman, ex-compagne de John Steed dans The Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir) et nommée de manière très très suggestive Pussy Galore, et son Aston Martin avec siège éjectable intégré…

Mais j’assume, j’aime James Bond pour Sean Connery, et Sean Connery avant et après James Bond. Je l’apprécie surtout dans Marnie (Pas de printemps pour Marnie) d’Hitchcock, où il tombe amoureux d’une voleuse frigide – Tippi Hedren – qu’il va tenter de soigner, et Marnie reste contemporain de sa période James Bond. Il est époustouflant de Le Crime de l’Orient-Express de Sidney Lumet, où il incarne un officier des Indes britanniques très… classe. Je ne l’ai malheureusement pas vu encore dans Le Nom de la rose, mais pour moi, la qualité du troisième Indiana Jones, La dernière croisade, lui doit beaucoup :  » I suddenly remembered my Charlemagne : « Let my armies be the rocks and the trees — and the birds in the sky. » Quant à son caméo dans Robin des bois, Prince des voleurs, il reste la cerise sur le gâteau du film.

Et mon film préféré, où il apparaît vieillissant mais néanmoins impeccable, est A la rencontre de Forrester (Finding Forrester) que je recommande à tous ceux qui aiment la littérature et l’écriture, et la confrontation de deux mondes qui n’étaient pas censés se connaître : un écrivain cloîtré dans son appartement – Greta Garbo au masculin – auteur du roman du siècle, qui se lie d’amitié avec un jeune noir du Bronx, doué pour écrire. Là encore, des dialogues bien menés « No thinking — that comes later. You must write your first draft with your heart. You rewrite with your head. The first key to writing is… to write, not to think« , une histoire prenante, et cet irrésistible accent écossais qui fait que « Scotland » devient « Schcotland, for god sake ! »

Du coup, selon moi, Scotland, avec un [ch] c’est mieux, tout comme James Bond, avec un Sean, c’est mieux…

Dépendance numérique

« L’essayer, c’est l’adopter. »

Dans mes lectures d’aujourd’hui, j’ai retrouvé, formulée de différentes manières la question de notre rapport à Internet et aux usages du numérique. Olivier Le Deuff, sur son blog « Le guide des égarés », l’analyse sous un angle anthropologique, dans son article « L’homme documenté ». L’autre moi que nous utilisons lorsque nous naviguons sur Internet – notre identité numérique – nous complète, et en fonction de nos usages et de notre compréhension d’Internet, nous sert ou nous dessert. Notre réalité humaine, culturelle, sociale, professionnelle, devient une réalité augmentée par ce dédoublement numérique plus ou moins bien géré. Olivier Le Deuff nous recommande donc d’être les propres acteurs de cette construction identitaire permanente, faite de tags, de liens, bref, de traces, qu’il ne faut ni déléguer, ni délaisser, au risque d’en perdre la maîtrise. C’est la nécessité d’une culture informationnelle et d’une « méfiance cordiale » à l’égard d’Internet (voir également les textes d’Alexandre Serres sur l’évaluation de l’information, par exemple ici) qui me semble ici soulignée.

Dans l’article de Xavier de la Porte sur Internet Actu, « Les smartphones ont-ils tué l’ennui ? », ce qui est mis en avant, ce n’est plus la gestion des données personnelles et le référencement sur Internet, mais la fréquence d’utilisation des outils. On passe de l’économie de l’information à l’économie de l’attention. Il s’appuie sur un article de Doug Cross sur CNN, qui étudie la manière dont les personnes « gère » l’ennui et l’attente, chez le médecin, à la caisse d’un cinéma, dans les transports en commun, avec des gestes qui deviennent des automatismes. Ils consultent leurs mails, envoient des textos, lancent leurs applications – jeux, météo, trafic routier, restaurants et bars « Around me », presse – bref, ont les yeux rivés sur leurs écrans et s’abstraient de leur environnement proche.

Ce n’est pourtant pas abolir l’ennui que s’enfermer dans une bulle, comme toutes celles que l’on voit autour de ceux qui prennent le métro, ceux qui secouent la tête en cadence de la musique qu’ils ont sur les oreilles, ceux qui offrent à la cantonade une conversation téléphonique sensée être privée ou ceux qui s’interpellent d’un bout à l’autre de la rame… J’y participe moi-même à grands renforts de smartphone, liseuse, Ipod, etc. Mais je ne prends pas ça pour une perte d’ennui. Lorsque l’on navigue sur Internet, on peut certes se lancer dans des explorations de lien en lien (butinage) mais, en ce qui me concerne, j’en reviens toujours, aussi bien dans le cadre professionnel que dans le cadre privé, à la même dizaine de sites dont je surveille avec anxiété les mises à jour. Ma fréquentation de ces quelques sites est assez addictive et elle me rappelle cet homme incarné par Michel Serrault dans Nelly et Monsieur Arnaud, résolu à se séparer de sa bibliothèque, parce qu’à un certain âge, on ne relit plus que « les deux ou trois mêmes bouquins ».

Alors oui, on s’ennuie sur Internet, et on choisit même de s’y ennuyer volontairement, d’assumer cet ennui, même si l’on se donne l’impression d’être au beau milieu d’un rêve éveillé, rêvé par des millions d’êtres autour de soi, noyés et somnambules, mais qu’on ne partage avec personne  (sauf sur les réseaux sociaux), et qui reste individuel et isolé.

Formaliser, paperassiser

Franquin

Des dossiers, des sous-dossiers, des contrats d’objectifs, des projets d’établissement, des bilans de compétences, des bilans d’activités, des projets tout courts, des scénarios pédagogiques, des comptes-rendus, des diagnostics, des politiques documentaires… tout cela dans :

des caisses, des cartons, des dossiers suspendus, des boîtes à archives, des classeurs, des pochettes, des favoris, des téléchargements, des documents…

C’est l’un des aspects du métier qui, curieusement, ne me déplaît pas : il permet de réfléchir à ces projets et à ces démarches, dans un contexte précis, face à un public précis, et d’adapter son action à ces éléments. C’est une approche théorique du métier, comme un retour aux sources, aux textes : notions de sciences de l’information, missions et statuts de la profession, et même ses racines philosophiques et littéraires. Cette approche m’est d’autant moins fastidieuse – elle l’est pour d’autres personnes – que je compense par cette facilité à l’écrit, mon manque d’assurance à l’oral. L’écrit me rassure. Il m’offre un cadre pour appuyer et justifier ce que je fait chaque jour.

Importée de l’univers des bibliothèques, la politique documentaire vise à définir les modalités d’acquisition et d’accès aux ressources dans un établissement scolaire, dans le cadre même du projet d’établissement. Elle dépend donc des pratiques en usage et des objectifs émis, et est menée en concertation avec les autres acteurs de la communauté éducative. A l’intérieur de cette réflexion globale sur le CDI, et développée à la fois sur le long terme, le moyen terme et le court terme (voir le référentiel FADBEN) se trouvent les projets du CDI mis en place pour une année scolaire.

Ce sont ces projets que j’ai été amenée pour l’instant à rédiger, il y a deux jours, en l’absence d’une politique documentaire formalisée et d’un projet d’établissement, mais en m’appuyant sur un contrat d’objectifs de 2009.

Voici ces projets : Projets du CDI 2012 2013

Ils découlent de mes premières constatations et de ce premier mois d’immersion dans un nouvel établissement. Ils sont le point de départ de l’élaboration d’une politique documentaire, et pourront être intégrés au futur projet d’établissement.

Facebook : pourquoi tant d’amour ?

Je ne résiste pas au plaisir de faire le lien vers cet article de Télérama :

http://www.telerama.fr/medias/de-quoi-le-bouton-like-de-facebook-est-il-le-nom,87567.php

Des articles avaient déjà été publiés sur ce que révélait la mise à jour du statut de la personnalité de l’internaute, égocentrique, m’as-tu vu, voire légèrement suicidaire. Il est intéressant de voir tout ce qui peut être contenu dans un seul petit « clic ».

Technologie et médecine

Aujourd’hui, je poste un premier article de ce genre, librement inspiré des « Petits liens du week-end » d’Olivier Ertzscheid sur son blog Affordance.info et de certaines habitudes avec mes proches. Voici le petit lien du jour :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/09/27/les-conseils-du-docteur-watson_1766926_1650684.html

De manière aléatoire, et en fonction de ce qui me parait insolite, curieux, ou passionnant dans l’actualité, je ferai le lien vers d’autres articles.

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